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  • il y a 15 heures
Samedi 2 mai 2026, retrouvez Nathalie Dupuy (Fondatrice, Intelligence Artificielle La Suite), Sophie Girieud (consultante en cinéma et audiovisuel, Hexacom conseil) et Adrien Chabal (directeur général, Allo Ciné) dans SMART TRENDS, une émission présentée par Thomas Hugues.

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00:00...
00:08Smart Trends, c'est le grand rendez-vous des tendances, des mutations sur Bsmart for Change.
00:13Deux fois par mois, vous le savez, on vous donne rendez-vous, on s'installe au cœur des événements
00:17qui font bouger la France et ses filières.
00:20Il y a le salon de l'auto, la Fashion Week, le salon de l'agriculture, enfin j'en passe,
00:23et des meilleurs.
00:23On est à quelques jours du festival de Cannes qui se tient du 12 au 23 mai.
00:28On se pose la question du business du cinéma en France.
00:31Bienvenue dans Smart Trends.
00:36Smart Trends, consacré au secteur du cinéma, au business du cinéma.
00:41On est à quelques jours du festival de Cannes.
00:43J'accueille Nathalie Dupuis, bonjour.
00:45Bienvenue, vous êtes directrice artistique, formatrice IA, ambassadrice du plan gouvernemental Oser l'intelligence artificielle
00:52et ambassadrice du WIFE.
00:54Vous nous expliquerez ce qu'est ce festival dans un instant.
00:56Adrien Chabal, bonjour.
00:58Bienvenue à vous aussi, vous êtes le directeur général d'Allociné.
01:01Et Sophie Girieux, bonjour.
01:02Bonjour.
01:02Bienvenue, consultante chez Exacom.
01:05Allez, en quelques mots, ce WIFE, c'est un festival cinéma et IA, c'est ça ?
01:10C'est ça, c'est le World AI Film Festival qui a eu lieu à Cannes, dont la deuxième édition
01:15a eu lieu à Cannes la semaine dernière.
01:16Et je suis ambassadrice.
01:18On a vu les dernières productions sous forme de petits films en IA mondiaux.
01:29Et ça a été des choses assez étonnantes et assez inspirantes.
01:34Et puis des débats un peu agités.
01:37Évidemment, j'imagine, parce que ça pose un certain nombre de questions sur les métiers créatifs.
01:42Allociné, quelques mots, quelques chiffres pour présenter l'entreprise ?
01:45Allociné, c'est un média que j'espère beaucoup de spectateurs connaissent.
01:48Un média qui a plus de 30 ans maintenant.
01:50Et dont la mission est d'accompagner les spectateurs dans leur recherche d'informations au cours de leur parcours.
01:55pour se rendre dans les salles de cinéma ou pour visionner des contenus sur les plateformes.
02:00Voilà, donc on parle à tous les publics de tout type de cinéma pour toutes les salles.
02:05IA, Blockbuster, Film d'auteur, voilà, tout est disponible sur Allociné, de la découverte jusqu'au parcours d'achat.
02:10Et Exacom ?
02:12Exacom, c'est un cabinet d'études et de conseils fondé il y a 30 ans maintenant.
02:16Donc 5 consultants et consultantes associées spécialisées dans le secteur du cinéma et de l'audiovisuel
02:20avec une expertise plus spécifique sur la salle de cinéma et les projets des exploitants que nous accompagnons.
02:27Alors on va s'appuyer sur quelques chiffres.
02:29Les chiffres de fréquentation de nos cinémas en France en 2025.
02:33C'est le CNC qui les donne 156 millions d'entrées en 2025.
02:40C'est une baisse de 13,6% par rapport à 2024.
02:44Adria Chabal, pourquoi ce recul ?
02:47Est-ce que l'année 2024 avait été exceptionnelle ?
02:49Ou est-ce qu'il y a aussi un certain nombre de raisons un peu plus structurelles ?
02:53Déjà, on est toujours dans une période post-Covid, comme on l'appelle sur le marché du cinéma.
02:58Covid, c'était quand même une période très noire, forcément, pour les salles de cinéma,
03:01pendant que les gens ne pouvaient pas sortir de chez eux.
03:03Donc on est toujours sur des années post-cauchemar de cette pandémie.
03:08Donc l'année 2025, elle a été en demi-teinte.
03:11On le dit souvent parce que ce n'est pas du tout une remise en cause de l'amour du
03:16cinéma qu'entretient le public.
03:18Parce qu'en fait, il y a toujours le même volume de français qui se déplacent dans les salles de
03:21cinéma.
03:22C'est juste qu'ils y sont allés moins souvent.
03:24Voilà, on sépare souvent les assidus des occasionnels et des réguliers.
03:27En fait, les assidus, c'est un peu le moteur, le poumon des spectateurs en salle.
03:33C'est eux qui s'y rendent le plus.
03:35Un assidu, c'est combien de fois par...
03:36C'est plus d'une fois par semaine.
03:38Une fois par semaine.
03:38Voilà, donc c'est quand même...
03:40Je coche la case.
03:41Félicitations.
03:42C'est vraiment ce moteur de la cinéphilie.
03:45C'est peut-être 2% de la population, donc c'est vraiment petit.
03:49En revanche, c'est eux qui réalisent 25-30% des entrées.
03:52Donc 2025, une année qui a vu une baisse de volume d'entrées en valeur absolue.
03:59En revanche, toujours un même nombre de français qui s'y rendent.
04:01Donc on dit souvent que c'est un marché de l'offre, le cinéma.
04:04Plus les films sont bons, plus il y en a, plus ils sont variés, plus les spectateurs sont au rendez
04:09-vous de la salle.
04:10Donc c'est toujours le cas.
04:11Et d'ailleurs, 2026, c'est une année qui s'annonce...
04:13Enfin, qui est déjà bien entamée, mais qui est beaucoup plus forte que 2025.
04:17Il y a plus de films, plus de gros films, plus de films diversifiés, variés, des productions françaises et internationales.
04:22Donc voilà.
04:23Sophie Girieux, est-ce qu'on est le cinéma français, peut-être les autres cinémas d'ailleurs,
04:29forcément dépendant, pour atteindre ces chiffres globaux, de grands films-événements ?
04:33Est-ce que ce sont eux les moteurs du cinéma et des petits films ?
04:39Ce n'est pas péjoratif quand je dis petits films.
04:40Parce qu'un grand film va d'un seul coup attirer des millions de spectateurs qui vont se dire
04:45« Ah bah tiens, c'est bien le cinéma, j'y retourne pour en voir d'autres ».
04:48Disons que ce sont ces gros succès qui font la différence entre des années moyennes et des très bonnes années.
04:53Voilà, 2024 était une bonne année, parce que notamment on a eu deux succès français autour de 10 millions d
04:57'entrées.
04:57Le Compte de Monte Cristo et un petit truc en plus.
05:002025 a manqué de films comme ça attrayants, porteurs, on avait une offre déficitaire.
05:04Même côté film américain, on était dans quelque chose en demi-teinte.
05:08Donc les succès sont effectivement un moteur de la fréquentation qui permet de dépasser les moyennes habituelles.
05:15Nathalie Dupuis, dans un festival comme celui auquel vous avez participé, dont vous êtes l'ambassadrice,
05:21vous sentez quoi ? Vous sentez une inquiétude ?
05:25La force du modèle français qui est quand même toujours là, avec le CNC, le modèle de financement qui est
05:31quand même très particulier ?
05:32C'est vraiment en demi-teinte, c'est-à-dire que ça polarise exactement la même chose que dans la
05:37société.
05:37On est sur une inquiétude d'une partie de la population, notamment Agnès Jaoui qui était présidente du jury,
05:45Elsa Zilberstein aussi qui avait des discours plus en demi-teinte forcément.
05:51Et à côté de ça, on avait un Mathieu Kassovitch qui était complètement pro-IA, vraiment extrêmement déchaîné même sur
05:57le sujet.
05:58Donc ça polarise la même chose.
06:00On est sur des choses qui reflètent l'état de la société et la position également de la société.
06:09Maintenant, le baromètre du CNC annonce que deux tiers de la population cinématographique, la profession, utilise déjà l'IA.
06:17Donc en fait, tout ça est à voir.
06:20On est au début de cette techno, on est au début de cette transformation aussi.
06:25C'est un tsunami, ça arrive extrêmement vite.
06:28Effectivement, c'est tout à fait un présent.
06:30Donc c'est déjà présent, pas omniprésent, mais l'utilisation de l'IA dans le secteur du cinéma, c'est
06:37quoi aujourd'hui ?
06:37Selon le CNC, c'est deux tiers de la profession.
06:40J'étais assez étonnée sur...
06:42Mais alors qu'il utilise, ça veut dire quoi ?
06:45C'est-à-dire qu'il y a quelques images qui ont utilisé l'IA dans un film ?
06:50Parce que moi, je me souviens par exemple du lauréat.
06:52Alors, est-ce que c'était le Nikon Film Festival de l'an dernier ou du précédent ?
06:56Je ne sais plus, mais c'était un film 100% IA, qui était d'ailleurs magnifique,
06:59mais qui posait une vraie question.
07:01Parce que c'était une jeune femme, talentueuse, qui avait fait ce film toute seule,
07:05avec son ordinateur et une intelligence artificielle.
07:08Alors que les autres films du Nikon, il y avait des génériques
07:11avec parfois une quinzaine ou une vingtaine de personnes.
07:13Ça pose une vraie question.
07:14Alors, lors du WIFE, il y avait justement les deux modèles.
07:17Il y avait des choses 100% IA et la plupart du temps, on est encore sur, évidemment, de l
07:22'hybride.
07:23Donc, de l'aide sur les effets spéciaux, de l'aide sur, par exemple,
07:27l'intelligence artificielle est hyper utilisée dans les documentaires.
07:31Ça permet de faire vivre des images d'archives.
07:35Il y a des secteurs où c'est vraiment très utilisé et extrêmement,
07:40et à d'autres moments, beaucoup moins forcément.
07:43Ça reste encore tout à fait hybride.
07:46Là, pour l'instant, il y a encore du monde sur les génériques.
07:49Effectivement, Adrien Chabal, votre avis.
07:51Parce que, effectivement, c'est une question que toute la société se pose,
07:54que moi, je pose quasiment maintenant à chacun de mes interlocuteurs
07:57la place de l'IA dans leur modèle économique.
07:59Donc, il n'y a pas de raison que le cinéma soit épargné.
08:02Est-ce que vous le voyez d'abord comme une inquiétude,
08:07comme une opportunité créatrice, parce que c'en est une aussi ?
08:10Comme toute transformation en profondeur,
08:14ça touche beaucoup de pans de la société et de l'économie.
08:16Je pense que l'IA, c'est avant tout un outil créatif, d'une part,
08:20et qui peut aider la logistique, les process, d'autre part.
08:23Donc, on peut gagner en efficacité, en productivité, évidemment, grâce à l'IA.
08:26Sur ce versant-là, c'est plutôt les exploitants, les distributeurs,
08:29qui peuvent améliorer leurs différents process.
08:32Nous-mêmes, en tant que médias, on le voit déjà,
08:35parce qu'il y a un certain nombre de choses qui étaient très fastidieuses précédemment,
08:38qui le seront beaucoup moins demain grâce à l'IA.
08:42Sur la création, je pense qu'il faut être assez clair.
08:44C'est pour ça que des festivals qui sont entièrement consacrés à l'IA
08:47et que c'est affiché comme tel,
08:49je pense que c'est vers ça qu'il faut tendre,
08:51dans la mesure où sinon, ça peut être pris comme une concurrence déloyale
08:54où on veut noter différemment des choux et des carottes
08:57sur des créations qui ne valent pas la même chose.
08:59Quand c'est une équipe de 15 personnes,
09:01ça pose aussi un certain nombre de questions.
09:03On le voit aussi beaucoup autour de nos publications
09:06sur les différentes plateformes,
09:08en particulier les réseaux sociaux comme Instagram ou TikTok.
09:11Le ciné, c'est un média qui touche beaucoup de monde sur le web,
09:14mais aussi beaucoup sur les plateformes sociales.
09:16Et sur Instagram, sur d'autres plateformes,
09:18on voit régulièrement que quand on parle des métiers
09:21comme ceux des doubleurs,
09:23on sent que c'est des professions qui sont assez tendues
09:26sur le sujet à juste titre.
09:28Et là, il y a un peu une différente paroisse
09:32sur les VF et l'acting que ça nécessite.
09:36Et franchement, c'est une forme de création qui est géniale.
09:37Et en même temps,
09:40toutes les possibilités qu'offre l'IA
09:41sur la possibilité de gagner en efficacité
09:45sur un doublage à scale,
09:46c'est ce que fait une plateforme comme Netflix.
09:48Les sous-titres et l'audio demain,
09:50c'est déjà le cas sur YouTube,
09:51sera disponible en 40 langues,
09:53en cliquant sur un bouton.
09:54Donc, évidemment que c'est game changer,
09:57comme dirait les Américains.
09:59Votre avis, Sophie Gérieux,
10:00il y a des métiers qui sont en train,
10:02il y a deux façons de le dire,
10:04soit de disparaître,
10:05soit de se transformer radicalement ?
10:07Oui, tout à fait.
10:08Il y a une inquiétude sur les métiers à valeur ajoutée,
10:11les métiers créatifs qui pourraient être remplacés.
10:12Donc, autant il y a des aspects, effectivement,
10:14où l'IA est purement un outil
10:15qui permet de gagner du temps.
10:17Pour les exploitants,
10:18ça peut être pour traiter de la donnée,
10:19tout ce qui est relations clients, etc.
10:21Donc là, des choses qui ont dans tous les secteurs,
10:22mais c'est plus en amont de la filière,
10:25évidemment, sur les aspects de création et de production,
10:27où là, il y a de vraies inquiétudes,
10:28effectivement, sur les métiers de doublage,
10:30sur de la post-production,
10:31sur des techniciens qualifiés,
10:33des personnes qui, là,
10:34voient leur emploi menacé, effectivement.
10:36Mais même les scénaristes,
10:37il y a eu un beaucoup de grèves à Hollywood,
10:39bien sûr, des scénaristes,
10:40pendant des mois,
10:40qui étaient une des plus lourdes grèves
10:43de l'histoire d'Hollywood.
10:44Donc, c'est presque l'essence
10:45de la création cinématographique
10:47qui est questionnée, quand même.
10:47C'est une vraie question.
10:48Oui, c'est un enjeu.
10:49Et pour l'instant, effectivement,
10:50on a différentes chapelles
10:52et des points de vue qui sont différents.
10:54Mais il y a globalement une crainte
10:55sur de la destruction d'emplois
10:56et de valeurs à terme.
10:57Est-ce que c'est une question
10:58que posent les spectateurs ?
11:01Parce que ça rejoint ce que vous disiez.
11:03Moi, je veux savoir
11:04si ça peut être vrai
11:07pour une chanson aussi
11:08ou pour n'importe quel objet de création,
11:11si c'est une IA qui l'a créée,
11:13un humain qui a utilisé l'IA.
11:15Est-ce qu'il faut une sorte de label ?
11:18En tout cas, c'est une question
11:19qui va se poser de plus en plus
11:20quand on peut comparer
11:20avec d'autres industries
11:21comme l'industrie de la musique
11:22où on voit que le pourcentage
11:24des titres mis en ligne sur Deezer
11:25chaque jour fait par l'IA
11:27est monstrueux.
11:28Je n'ai pas le chiffre en tête.
11:29Mais justement,
11:29je crois que c'est une des rares plateformes
11:30qui mentionnent quand il s'agit
11:31de création musicale assistée par l'IA
11:33contrairement à d'autres
11:33que je ne citerai pas du coup.
11:34Deezer, ils sont assez proactifs
11:35sur le sujet.
11:36C'est une dizaine de milliers
11:37le nombre de titres créés par l'IA
11:39chaque jour.
11:40C'est ça.
11:40En France, on a la chance
11:41d'avoir des garde-fous.
11:43Je pense au CNC par exemple
11:44qui pourrait très bien
11:44le moment venu
11:45avoir ce type de démarche
11:46de labellisation
11:47et de différenciation
11:48si ça venait à devenir
11:50un problème pour l'industrie.
11:51C'est une question plus générale.
11:53Je rappelle que vous êtes
11:54ambassadrice de ce plan gouvernemental
11:56aux ELA.
11:57Savoir ce que nous,
11:58spectateurs ou consommateurs
11:59on a en face de nous.
12:01La transparence,
12:02ça me paraît un point essentiel.
12:03J'ai démarré il y a trois ans
12:07en montant le premier magazine au monde
12:10dont les contenus étaient intégralement
12:11générés par l'IA
12:12sous forme d'expérience
12:13pour justement questionner
12:14mon milieu,
12:15ce que moi je viens de la presse
12:15et du cinéma.
12:18Donc, le job des journalistes,
12:20des photographes,
12:21des illustrateurs,
12:21des traducteurs,
12:23des secrétaires de rédaction,
12:24etc.
12:24Parce qu'effectivement,
12:25ça touche absolument tout le monde
12:27et à tous les endroits.
12:29Et je crois que la transparence
12:32me paraît obligatoire.
12:33Moi, immédiatement,
12:34dans le magazine que j'écris
12:35parce qu'à ce moment-là,
12:36je n'ai pas reçu de réponse
12:37sur mes questionnements
12:38mais j'ai plutôt sujeté des questions.
12:40Donc, j'ai monté un média
12:41indépendant sur le sujet
12:42et effectivement,
12:43le point de la transparence,
12:44ça me semble essentiel.
12:45C'est-à-dire,
12:45qu'est-ce qu'on lit ?
12:47Est-ce que c'est l'humain ?
12:47Est-ce que c'est l'IA ?
12:48Ça paraît essentiel.
12:51Aujourd'hui,
12:52on va tendre vers ça.
12:53En tous les cas,
12:54les médias, etc.
12:55le stipulent,
12:56le stipulent même malgré nous
12:58et c'est super pour le coup.
13:02Et c'est un des points
13:05extrêmement importants.
13:06Je me suis prête.
13:06Non, non,
13:07mais sur la réalisation
13:08et la transparence,
13:09on a bien compris
13:09ce que vous vouliez nous dire
13:11sur la place de l'IA
13:14aujourd'hui déjà
13:15dans les films
13:16dont vous pouvez parler
13:17sur Allociné et Adrien Chabal.
13:19Où est-ce que c'est le plus présent ?
13:21Sur les effets spéciaux peut-être ?
13:22Sans qu'on le sache forcément ?
13:24Je pense que ce n'est pas encore
13:26labellisé comme tel
13:27dans les catalogues de films.
13:30Je pense que l'industrie musicale
13:31est un petit peu en avance de charge
13:32par rapport au cinéma là-dessus.
13:34Et comme vous le rappeliez,
13:35c'est aussi un enjeu de filière
13:37avec la grève
13:38qu'on a pu connaître à Hollywood
13:39ces derniers mois,
13:40ces dernières années, pardon.
13:42C'est un peu tôt pour le dire.
13:44Ce qui est sûr,
13:45c'est que beaucoup de créatifs
13:47parlent de l'IA comme d'un outil.
13:49Et ça, je pense que c'est plutôt bon signe.
13:50Ça veut dire qu'ils vont s'en emparer
13:51et que ça va donner lieu
13:52à des créations demain
13:54qui seront très innovantes,
13:55très nouvelles.
13:56Et j'espère qu'ils rassembleront
13:58un grand nombre de publics.
13:59Et que ça se passera
14:00encore et toujours
14:01dans la salle de cinéma
14:02parce que c'est le meilleur endroit
14:03pour visualiser des contenus de qualité.
14:06C'est aussi le seul endroit
14:07parce qu'on parle beaucoup d'IA,
14:08mais il y a la dépendance au smartphone
14:09qui est un enjeu fondamental aussi
14:11pour les jeunes générations
14:12mais un enjeu de santé publique
14:14poussé par l'éducation nationale
14:15ou par le CNC,
14:17en tout cas dans sa thématique.
14:19Donc, on se pose pas mal de questions
14:21à cet égard.
14:21Et clairement, la salle de cinéma
14:22peut représenter un atout majeur
14:24pour contrecarrer les dérives
14:26de cette dépendance
14:27au smartphone,
14:28aux réseaux sociaux,
14:29aux digitales.
14:29Je pose cette question-là
14:30parce qu'on se pose aussi la question
14:33de comment faire revenir
14:34un peu plus massivement
14:35le public dans les salles.
14:36Est-ce que ça passe forcément
14:38par des blockbusters
14:39à effets spéciaux ?
14:40Non, comme on le disait,
14:41je pense que c'est la variété
14:43du cinéma en France
14:44qui est la clé.
14:45On a la chance d'être dans un pays
14:46qui va plutôt bien
14:48sur ce marché
14:49et qui d'ailleurs
14:50a inventé le cinéma
14:51il y a 130 ans
14:52comme on le sait tous
14:53mais qui en fait
14:54est je pense
14:55celui qui a le plus d'écrans,
14:57le plus de salles de cinéma
14:58et la plus grande offre
15:01de cinéma local.
15:02C'est je crois 40 ou 50%
15:03des entrées
15:04qui sont sur le cinéma français
15:06même sur l'année 2025
15:07qui était comme on le rappelait
15:08en demi-teinte.
15:09Donc c'est quand même
15:10une vraie force
15:11pour le pays.
15:11Donc les blockbusters,
15:12oui, c'est un peu les locomotives.
15:13Les locomotives,
15:14ce n'est pas que les blockbusters.
15:15Comme vous le rappeliez,
15:16on a aussi les comédies françaises,
15:17des films comme ça
15:18qui rassemblent 10 millions d'entrées,
15:20les grosses sorties françaises
15:21et ça de plus en plus,
15:22je pense.
15:24Mais on l'a vu aussi
15:25l'année dernière,
15:26c'est par exemple
15:27le film Sirat
15:28qui était un film
15:28vraiment indépendant
15:29qui a fait je crois
15:30700 000 entrées
15:30ce qui est énorme
15:31pour cette typologie de films
15:32où le film Sinners,
15:33alors entre-temps,
15:34il a gagné plein de prix
15:36qui était vraiment une pépite
15:37mais qui n'était pas du tout
15:38un film de franchise
15:38ou un blockbuster
15:39sur le papier.
15:41Voilà,
15:42donc c'est ces films-là aussi
15:43qui arrivent à remporter
15:44le succès public,
15:45les faveurs de...
15:46enfin pardon,
15:47de critiques,
15:48les faveurs du public
15:48et qui en même temps
15:49réinventent aussi le cinéma
15:50parce que Sinners,
15:51c'est un film
15:51qui fait beaucoup
15:52dans la créativité
15:53de ce média.
15:54Et dans le défi
15:55des exploitants
15:57de salles,
15:58Sophie Girieux,
16:00il faut aller au-delà
16:02de l'offre du film
16:03pour faire revenir
16:04encore plus...
16:05Alors c'est la base évidemment
16:06mais pour faire revenir
16:07encore plus de public
16:08dans les salles.
16:08C'est ça,
16:08s'il y a des bons films,
16:09les gens viendront,
16:10ça c'est quand même la base
16:11mais c'est vrai que
16:11dans les périodes
16:12qu'on a connues
16:13avec une offre de films
16:14qui a pu être déficitaire
16:14ces derniers temps,
16:15il a fallu un peu
16:16penser autrement
16:17évidemment face à la concurrence
16:19du streaming
16:19qui a explosé
16:20à la faveur du Covid
16:21qui s'est vraiment généralisé
16:22dans les foyers,
16:23faire sortir les gens
16:24de leur canapé,
16:25c'est devenu un vrai enjeu
16:25pour les exploitants
16:26et qu'on parle de grands circuits
16:27comme d'un petit cinéma
16:28de proximité
16:29puisqu'on a la chance
16:30d'avoir une diversité
16:31du parc français
16:32qui est unique au monde,
16:33une densité,
16:33une qualité,
16:34une diversité
16:35qui est vraiment
16:35un atout majeur
16:36et les exploitants
16:37ont déployé
16:38diverses stratégies.
16:39Ça a pu être
16:39et ça peut être toujours
16:40misé sur le premium
16:41c'est-à-dire sur un équipement
16:43haut de gamme de salles
16:44à la fois d'un point de vue
16:45technologique,
16:46un son et une image
16:47qui vont être particulièrement
16:48immersifs
16:49et aussi une qualité
16:50d'assises,
16:50de fauteuil
16:51très confortable,
16:52des conditions d'accueil
16:53parfois un peu VIP etc.
16:54Donc là pour avoir
16:55une expérience...
16:55Déjà quand on va au théâtre
16:57régulièrement
16:57et au cinéma régulièrement,
16:59on voit la différence
16:59sur la sille.
17:01On voit la différence.
17:01Donc ça c'est une expérience
17:02différenciante
17:02qui incite à sortir de chez soi.
17:04C'est des conditions
17:04de projection
17:05que je n'aurais pas chez moi.
17:06Et puis créer l'événement
17:07peut-être aussi moi
17:07j'ai ce sentiment-là
17:08quand je vais voir des films
17:09que il y a plein d'événements
17:10C'est l'événementalisation
17:11de la programmation
17:12parfois à outrance.
17:13Il a fallu aussi parfois...
17:20une séance événementalisée
17:21qu'il s'agisse
17:22d'une avant-première,
17:23d'une rencontre avec l'équipe,
17:24d'un débat,
17:25d'un moment de convivialité
17:26qui va être proposé
17:27à l'issue de la projection,
17:28un atelier jeune public etc.
17:30Les exploitants multiplient
17:31les actions
17:32de ce côté-là aussi.
17:34C'est nouveau Adrien Chabal
17:36ou c'est la continuation
17:38d'un phénomène
17:39qui existait déjà ?
17:40Ça a toujours existé.
17:40Je pense que ça s'est intensifié
17:41ces dernières années
17:41parce que les distributeurs
17:43travaillent beaucoup de concerts
17:44avec les exploitants
17:45pour organiser ces événements
17:46de ce type,
17:47des grosses tournées
17:47d'avant-première.
17:48Par contre,
17:49c'est un peu à double tranchant
17:50parce que créer l'événement,
17:51c'est super
17:51et on voit que c'est
17:52ce qui fait beaucoup d'entrées.
17:54En revanche,
17:55les gens ne se déplacent plus
17:56quand il y a moins d'événements
17:58parce qu'en fait,
17:58le cinéma est devenu
18:00en concurrence
18:00avec plein d'autres formes
18:01de loisirs.
18:02Donc, on parlait
18:02des plateformes de streaming
18:03mais il y a aussi beaucoup
18:04le smartphone,
18:05j'y reviens,
18:05les réseaux sociaux.
18:07Je crois que les gens
18:07scrollent entre 4 et 5 heures
18:09par jour sur leur téléphone
18:10et en fait,
18:11ils passent entre 4 et 5 heures
18:13par an
18:13dans une salle de cinéma.
18:14Donc, s'il y a une forme
18:15de concurrence déloyale,
18:18le cinéma affronte
18:19ces modes de consommation
18:21qui sont différents.
18:23Voilà,
18:23l'événement,
18:24avant,
18:25on pouvait aller au cinéma
18:25pour se faire une toile.
18:26C'était un réflexe
18:28culturel,
18:28social
18:29qui était installé.
18:30On ne savait pas forcément
18:31ce qu'on allait voir.
18:32Ça peut arriver toujours,
18:33je pense,
18:33dans certains comportements
18:34spectateurs
18:35mais les gens aussi,
18:36on le voit,
18:36ils ont une frénésie
18:37pour tel film
18:38qu'il ne faut pas rater
18:38et ça,
18:39c'est valable pour un blockbuster
18:40ou aussi comme le petit film
18:41Pépite
18:41comme ceux que j'évoquais
18:43tout à l'heure.
18:43En fait,
18:44ce côté événementiel,
18:45il est un peu
18:46à double tranchant.
18:47Il faut réinstaller,
18:48je pense,
18:48le réflexe cinéma
18:49comme une sortie culturelle
18:50à part entière
18:51et ça,
18:51les exploitants,
18:52les distributeurs,
18:52ceux qui font les films
18:53et qui les distribuent
18:54ont vraiment un rôle énorme
18:55à jouer.
18:56Avec la question aussi
18:57des nouveaux talents
18:59qui émergent,
19:00c'est vrai que le système
19:01français de financement
19:03du cinéma
19:03permet depuis des décennies
19:04à des nouveaux talents
19:05d'émerger.
19:05Est-ce que,
19:06je reviens vers vous,
19:06est-ce que l'IA,
19:08c'est aussi un moyen
19:10pour des créateurs
19:12qui n'arrivaient pas
19:13ou pour qui c'était
19:14plus difficile de percer
19:16de se faire un nom
19:17et de se faire connaître ?
19:18Oui,
19:19la technologie le permet.
19:20La technologie de l'IA
19:21permet de aplanir
19:24l'aspect technologique.
19:25C'est-à-dire,
19:25tout le monde a accès
19:29à la technologie.
19:31Ce qui va faire la différence,
19:32c'est la vision.
19:33Et du coup,
19:33effectivement,
19:34il y a des...
19:34Par exemple,
19:35je pense à Denis Larzière
19:37qui a été primé
19:38à Wife
19:40comme étant son premier film,
19:42alors qu'en fait,
19:42il a fait plein d'autres films
19:43parce qu'il est réalisateur,
19:44mais en fait,
19:44il a eu son prix
19:45du premier film Wife.
19:47Et notamment,
19:48les films qui ont été
19:50récompensés
19:51sont plutôt des films
19:53qui seraient qualifiés
19:54de cinéma d'auteur,
19:55en fait.
19:55Ce n'est pas du tout
19:56des films
19:56où il y avait des explosions
19:57dans tous les sens.
19:58C'était plutôt des films
19:59avec une forte vision,
20:01notamment Léo Cannon
20:03avec Costa Verde
20:04qui est vraiment un film
20:05avec les loges
20:06de la lenteur.
20:06D'ailleurs,
20:07on se posait la question
20:07de savoir si il était en IA.
20:08On était même presque certains
20:10que c'était de l'hybrisation,
20:12alors qu'en fait,
20:13c'était presque Fulia
20:14pour le coup,
20:14mais avec une équipe.
20:15Et c'était vraiment
20:16l'éloge de la lenteur.
20:19Il y a eu aussi
20:20un film d'animation
20:21qui a eu le prix de la presse,
20:22c'est Dan Orel.
20:23Et c'est pareil,
20:24c'est vraiment
20:24une très forte vision humaine.
20:26Donc,
20:26c'était plutôt
20:27très rationnel
20:28de mon côté.
20:29Oui.
20:30Je pose cette question
20:31de l'émergence
20:31des nouveaux talents
20:32parce qu'on a quand même
20:34un système,
20:34Sophie Girieux,
20:36de financement du cinéma.
20:37Alors,
20:37je ne sais pas
20:37s'il est unique au monde.
20:39Il est unique au monde.
20:39Bon,
20:39voilà,
20:40je préfère être sûr
20:42grâce à vous.
20:43Mais est-ce qu'il est
20:45un peu en danger ?
20:47C'est-à-dire qu'on est
20:48dans une période
20:51de carence budgétaire
20:53et d'endettement record
20:54en France.
20:55Donc,
20:55est-ce que ça impacte
20:56aussi le financement
20:57du cinéma ?
20:57Alors,
20:58ça ne l'impacte pas aujourd'hui
20:59parce qu'on a la chance
21:00d'avoir un système
21:00qui est très robuste,
21:01qui est très intelligent,
21:02qui a été très bien pensé
21:03après-guerre,
21:04qui fait que ce n'est pas
21:04un système qui est dépendant
21:05de subventions publiques.
21:07C'est un système
21:07qui se finance par des taxes.
21:08Par les spectateurs ?
21:09Par les entrées en salle.
21:10Et donc,
21:11comme on le rappelle souvent,
21:12le cinéma américain
21:13finance la création française
21:14puisque la taxe
21:15de 10-72% de TSA
21:16prélevée sur les entrées
21:17en salle
21:18est prélevée
21:18sur tous les billets.
21:19Il y a une taxe aussi
21:21sur les chaînes de télévision,
21:22sur les distributeurs
21:23de télévision,
21:24sur la vidéo à la demande,
21:25etc.
21:25Donc,
21:25on a un système
21:26qui s'auto-alimente
21:27et on est à la fois
21:28contributeur et bénéficiaire.
21:30Donc,
21:30c'est extrêmement vertueux
21:31et ça permet de financer
21:32tous les maillons de la chaîne
21:33de la production
21:34à l'exploitation
21:35aux nouvelles formes
21:35de diffusion,
21:36etc.
21:36Donc,
21:37tel qu'il est aujourd'hui,
21:38il n'est pas en danger
21:39mais il pourrait être
21:40remis en question
21:41s'il y avait des changements
21:43politiques dans les années
21:44à venir
21:44et une volonté
21:45de remettre en question
21:46ce système
21:47parce qu'on a pu entendre
21:48des choses ces temps-ci
21:49sur ce sujet
21:50et heureusement,
21:51le président du CNC
21:52a fait un vrai effort
21:53de vulgarisation
21:54et de pédagogie
21:55pour réexpliquer ce modèle
21:56et de dire non.
21:57En fait,
21:58si vous ne consommez pas
21:58de cinéma,
21:59vous ne contribuez pas.
22:00Donc,
22:01il y a vraiment
22:01une logique là-dessus
22:02qui est tout à fait saine
22:04et très solide en fait.
22:05Est-ce que ce modèle,
22:07il a été copié,
22:08Adrien Chabal ?
22:09Ou est-ce qu'il a inspiré
22:10d'autres pays dans le monde ?
22:12Je pense qu'il y a des gens
22:13qui ont voulu le copier
22:13mais ça n'a jamais été égalé.
22:14Comme on le disait,
22:15c'est un système
22:16qui est unique au monde
22:16et d'ailleurs,
22:17les Américains nous l'envient,
22:18ils le disent régulièrement
22:19dans les différents rassemblements
22:21interprofessionnels du cinéma.
22:23Donc non,
22:23ça n'existe nulle part ailleurs
22:24et donc non seulement
22:27chaque billet,
22:28chaque visionnage
22:29à la télévision
22:30ou sur une plateforme
22:31contribue à ce système
22:32et en plus,
22:33c'est ce qui nous donne
22:33la clé pour l'innovation
22:35culturelle de demain.
22:36C'est les films
22:37qu'on regarde aujourd'hui,
22:37notamment les gros blockbusters,
22:39les grosses comédies
22:39qui rassemblent,
22:40qui vont financer
22:41la création,
22:42l'innovation de demain.
22:44Donc c'est hyper important
22:45de conserver la philosophie
22:47de ce système
22:48qui est extrêmement vertueux.
22:49Est-ce que vous parliez,
22:51on a beaucoup parlé
22:51de smartphones dans ce débat,
22:53mais est-ce qu'on est en train
22:57d'adapter la créativité,
22:59les formats à cet outil ?
23:01Dans le monde du cinéma aussi.
23:03Oui, parce que forcément,
23:04avant l'IA,
23:04il y avait une autre évolution
23:05qui était celle
23:06des créateurs de contenu
23:06et des plateformes vidéo
23:07sur le digital,
23:08donc YouTube ou TikTok.
23:10Il y a tout un écosystème
23:11qui s'est créé autour de ça
23:13et donc forcément,
23:13les codes de la création
23:14s'y sont adaptés,
23:15que ce soit dans la conception
23:17des programmes,
23:18des formats,
23:18mais aussi dans leur distribution,
23:19leur marketing.
23:20On voit là,
23:21il y a toute une génération
23:22de jeunes talents
23:24qui ont émergé
23:25grâce aux plateformes
23:26et qui ont envie
23:27de passer devant
23:27ou derrière la caméra,
23:28mais en tout cas,
23:28de contribuer
23:30au foisonnement créatif.
23:32Aux Etats-Unis,
23:33il y a eu plusieurs exemples
23:33ces 18 derniers mois
23:34de YouTubers,
23:35de créateurs de contenu
23:36qui ont proposé des films
23:37qui ont été diffusés en salle.
23:39Donc la clé,
23:39c'est cette passerelle-là.
23:40Comment on crée
23:41une appétence
23:42pour le cinéma grand écran
23:43à partir du petit écran
23:44ou du smartphone ?
23:45C'est un peu ça
23:45le rôle de passeur
23:46qu'on doit tous endosser.
23:48C'est que je pense
23:50qu'on l'a tous vécu,
23:51on se souvient tous
23:51du premier souvenir
23:52qu'on a dans une salle
23:53de cinéma.
23:53En revanche,
23:54personne ne se souvient,
23:54je vous le défie,
23:56de la première vidéo
23:56qu'il a visionnée ce matin
23:57sur son téléphone.
24:00Ça, c'est même parfois
24:01au bout de 40 minutes
24:02de scroll,
24:02on se dit
24:03mais qu'est-ce que j'ai regardé
24:03à l'instant ?
24:04Qu'est-ce que tu te souviens ?
24:06Voilà, et donc
24:06une des clés,
24:07c'est qu'au cinéma,
24:08normalement,
24:09on ne scrolle pas
24:09sur son téléphone
24:10parce que c'est des expériences
24:12immersives, collectives
24:12qui sont formidables.
24:13Donc je pense que
24:14les créateurs
24:15et demain,
24:15les artistes IA
24:17ont conscience de ça,
24:18ont des envies
24:18d'aller inventer
24:20des nouveaux formats,
24:21des nouvelles narrations
24:22sur ces nouveaux
24:23écosystèmes créatifs.
24:24C'est ça la bonne nouvelle.
24:24Ces passerelles,
24:25elles existent déjà,
24:27Nathalie Dupuis ?
24:28Oui, en fait,
24:29les films,
24:30là aujourd'hui,
24:30en 16-9e,
24:31passent en 9-16e
24:32et effectivement,
24:33c'est une narration
24:33qui est différente,
24:34c'est un angle
24:34qui est différent,
24:35c'est un travelling
24:36en 9-16e,
24:37c'est pas la même chose.
24:38Du coup, déjà,
24:39ce sont des questions
24:39qui se posent.
24:40On apprend à filmer
24:42pour s'adapter
24:43au format d'un téléphone.
24:45Le 9-16e
24:46dont vous parlez,
24:46c'est ça,
24:47c'est le format vertical.
24:48Le format vertical,
24:49c'est un plan 9-16e,
24:50un travelling,
24:51un zoom in,
24:52un zoom out,
24:53c'est vraiment très différent
24:54et la narration
24:54pour des personnes,
24:56parce qu'il y a plein
24:56de personnes de la communauté
24:57qui sont des réalisateurs
24:58avant,
24:59avant IA,
25:00il y a plein de gens
25:00qui sont avant IA,
25:01évidemment,
25:02et c'est une technique
25:04de narration
25:05qui est complètement différente,
25:06notamment dans les micro-dramas
25:07actuels,
25:08et c'est ce petit,
25:10c'est ce format
25:11qui change tout.
25:12La conception,
25:14la conception même
25:17est impactée.
25:18La façon de penser un film,
25:20tout simplement,
25:20et de le mettre en image,
25:22c'est ce que vous êtes
25:23en train de nous décrire.
25:26Il nous reste quoi,
25:272.30 ?
25:28On a beaucoup parlé
25:29de la force du cinéma français,
25:30de la force de ce modèle,
25:31et de l'importance
25:33des films à succès
25:35qui vont tirer l'ensemble.
25:37La répartition
25:38entre films français,
25:40films américains,
25:41aujourd'hui,
25:41on est dans quelle...
25:42C'est vraiment une question
25:43de curieux.
25:44Oui, là aussi,
25:45c'est à souligner,
25:46c'est qu'on a la chance
25:47d'avoir un cinéma national
25:48qui fait des entrées,
25:49ce qui est un des rares pays
25:50au monde où c'est le cas.
25:51Donc, selon les années,
25:52le cinéma français,
25:53c'est entre un tiers
25:54et 45% des entrées.
25:55OK.
25:56Voilà, à peu près.
25:57Le cinéma américain
25:58est un peu plus fort,
25:59c'est-à-dire qu'on est plutôt
26:00entre 40 et 50%,
26:01mais vous voyez,
26:02on est presque sur...
26:02pas loin de 50-50,
26:04et on a 10-20%
26:05selon les années
26:05qui sont d'autres cinématographies.
26:07Et ça, c'est très rare.
26:08À part les États-Unis
26:09et quelques pays asiatiques,
26:14ce qui fait que les films turcs
26:15font une grande part
26:16des entrées nationales,
26:17la France est un cas d'école
26:19où on a, voilà,
26:19chaque année,
26:20allez, 40% des entrées
26:22qui sont des films français.
26:23L'Inde, peut-être ?
26:24Bien sûr, on a l'Inde,
26:25on a la Chine
26:26parce qu'il y a des quotas
26:26qui sont très élevés,
26:27donc là, c'est encore
26:28d'autres raisons,
26:28la Corée du Sud et le Japon.
26:30Voilà.
26:31Et ça,
26:33cette spécificité française,
26:34Adrien Chabal,
26:35c'est aussi ce qui permet
26:36à des petits films...
26:37Parce que souvent,
26:37moi, j'entends des critiques,
26:39j'ai des potes qui disent
26:40« Mais attends,
26:40tu vas voir ça au cinéma,
26:42mais qu'est-ce que c'est
26:42que ce film ? »
26:44Il a été fait pour une élite,
26:45il va y avoir
26:4720 000 spectateurs
26:49et pourtant,
26:49il a été financé
26:50et ils ne vont pas
26:50perdre d'argent.
26:51Vous voyez ce que je veux dire ?
26:52Cette critique-là,
26:53qu'est-ce qu'on peut répondre
26:53à ça ?
26:54Encore une fois,
26:55si c'est les assidus
26:56qui se rendent dans les salles,
26:57quand ils ont vu
26:57le blockbuster,
26:58la grosse comédie,
26:59ils vont se diriger
27:00vers leur troisième,
27:00leur quatrième,
27:01leur cinquième choix,
27:02etc.
27:03Donc forcément,
27:04il y a des plus petits films
27:05qui peuvent exister
27:06de cette manière-là
27:07grâce à ce public
27:08qui est...
27:09Mais grâce au financement
27:10aussi du CNC,
27:11c'est-à-dire que ces films
27:11n'existeraient pas
27:12sans ces films de financement.
27:13Comme on le rappelait,
27:13ce financement-là,
27:14il pèse sur le budget
27:16impôt de personnes.
27:17C'est uniquement
27:18les spectateurs
27:19qui contribuent
27:19à la télévision
27:21ou au cinéma
27:21à travers leur parcours
27:23à financer
27:24toute cette création.
27:25Et puis,
27:26il y en a qui ont vraiment
27:27une portée sociale,
27:28sociétale
27:29qui ne s'adressent pas du tout
27:30à une élite.
27:31Ces films,
27:32ils sont une toute petite part
27:33du budget global
27:34du CNC
27:35mais ils représentent
27:37la création de demain.
27:38C'est très important
27:39de les préserver
27:39et d'aller dans les salles
27:40de cinéma pour les visionner.
27:41On va terminer là-dessus.
27:42Allez au cinéma,
27:43évidemment.
27:44Merci beaucoup
27:44à tous et à tous
27:45d'avoir participé
27:46à ce débat.
27:47C'est la fin
27:47de ce Smart Trends.
27:49Merci à vous
27:50de votre fidélité
27:51à la chaîne des audacieuses
27:52et les audacieux.
27:53Je vous dis à très vite.
27:53Salut.
27:55Salut.
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