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  • il y a 17 heures
Ce jeudi 30 avril, dans sa chronique USA Today, John Plassard, associé et responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion, s'est penché sur la réunion de la Fed, la prédiction de Morgan Stanley sur un statu quo de la Fed en 2026, les croissances spectaculaires des GAFAM grâce à l'IA, et les perspectives sur la publication d'Apple. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie sur BFM Business.

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Transcription
00:00Et le CAC 40 est quasi inchangé, moins 0,05%, 8 068 points.
00:05Les autres places européennes un petit peu mieux orientées, mais la BCE a rendu son verdict sur les taux.
00:10C'est donc un statu quo qui prévaut, mais surtout des commentaires, peut-être un tout petit peu moins faucons
00:15de la part de l'institution européenne.
00:17Ce qui a permis au taux de se détendre un petit peu sur le marché obligataire et au marché actions
00:22de retrouver un tout petit peu d'alembre.
00:24Mais enfin, la tendance reste quand même bien indécise. On détaillera ça, bien sûr, dans quelques minutes, notamment avec Nicolas
00:30Lassery de Mandarit de Gestion et Yannick Lopez d'OphiInvest.
00:33Pour l'instant, la tendance à Wall Street, les marchés américains qui ont ouvert, la tendance, elle est haussière.
00:39Plus 0,43% pour le S&P 500, 7 165 points. Plus 0,45% pour le Dow Jones,
00:4649 083.
00:47Le Nasdaq, plus 0,59% à 24 818 points. Du côté de Wall Street, on réagit bien sûr aux
00:54principaux catalyseurs du moment.
00:55Les résultats des GAFAM, et ça, on va en reparler dans quelques minutes.
00:59Et puis aussi, le verdict de la Fed. C'était la dernière conférence de presse de la Réserve fédérale américaine
01:04après son rendu de décision hier pour Jerome Powell.
01:07Mais Jerome Powell qui va rester un petit peu plus longtemps que prévu au Conseil.
01:10Ça, on s'y attendait, mais c'est confirmé.
01:12John Plassard, cité gestion, bonjour.
01:15Bonjour Antoine.
01:16Merci d'être avec nous. Justement, c'était un petit peu la surprise du chef.
01:19La surprise était attendue. Donald Trump n'a qu'à s'en prendre qu'à lui-même, finalement, du fait
01:24que Jerome Powell va rester un petit peu plus longtemps que prévu au FEMC.
01:29C'est à cause des procédures qu'il avait lancées contre le patron de la Fed concernant certains griefs.
01:35Maintenant, le ton de la Fed réservait assez peu de surprises.
01:40Mais enfin, c'était un moment important quand même, cette dernière de Jerome Powell.
01:43Oui, tout à fait. Et puis surtout, alors ça, c'est pour l'anecdote.
01:46On a vu que Jerome Powell, pour une fois, a égratillé directement le président américain.
01:53C'était sa sortie, sa baisse sortie en fanfare.
01:56Mais si on revient sur les fondamentaux de la réunion, c'était la troisième réunion consécutive sans mouvement sur les
02:03taux.
02:04Ça s'était attendu. Mais il y a une chose qui est presque un choc pour les économistes.
02:08C'est le fait que le vote est extrêmement divisé. Il est le plus divisé depuis 1992 avec huit votes
02:16contre quatre.
02:17Donc on est dans une situation où on a des membres de la Fed qui sont tiraillés entre cette inflation
02:25qui est toujours élevée et qui continue à monter à cause de la crise au Moyen-Orient.
02:30Et puis d'un autre côté, eh bien, une croissance, on va en parler après, Antoine, mais qui commence à
02:36montrer des signes de fragilité.
02:39Donc le message est clair, c'est qu'il n'y a rien de clair.
02:43Alors voilà, la seule chose que je sais, c'est que je ne sais rien.
02:46La Fed n'a pas vraiment tranché. Il y a une absence de direction claire.
02:51Et donc, en fait, ça, c'est un peu plus dangereux. Le marché ne le joue pas aujourd'hui, mais
02:56c'est un peu plus dangereux que d'avoir une direction claire parce qu'on ne sait pas où aller.
03:00Et donc, on est dans une situation où, effectivement, le ton change par rapport à la réunion que la précédente
03:08réunion.
03:09Mais on n'est pas dans une situation dramatique.
03:12Et puis, peut-être la dernière des choses à noter, c'est que Jérôme Powell, pour une fois, eh bien,
03:18depuis longtemps, dit que le marché du travail est en train de se dégrader.
03:23Ça ne se voit pas sur les statistiques économiques.
03:25On le verra peut-être vendredi, d'ailleurs, vendredi prochain, pardon, lorsqu'il y aura la publication des chiffres de
03:31l'emploi américain d'avril.
03:32Mais donc, en fait, fondamentalement, le message était assez flou et, je dirais, plus au quiche que deviche.
03:40Et pourtant, les marchés, eh bien, sont en hausse.
03:43C'est assez curieux parce que, finalement, on a exactement un contraste total avec la position de la BCE.
03:49On le détaillera tout à l'heure, mais la BCE, bon, elle ne voit pas un horizon forcément plus clair.
03:53Mais elle, elle adopte un ton peut-être un tout petit peu plus accommodant.
03:57Donc, voilà, on se retrouve avec une sorte de polarisation assez intéressante.
04:02Malgré tout, bon, tout ça, ça fait évoluer un petit peu les anticipations d'action monétaire de la Fed et
04:09l'impact sur le marché obligataire, sur les taux.
04:12Et on a la banque d'affaires Morgan Stanley qui prévoit que la Fed va maintenir ses taux inchangés en
04:182026 désormais. Pourquoi ?
04:21Oui, alors, c'est important parce que Morgan Stanley, c'était un peu le dernier des Mohicans qui pensait que,
04:27effectivement, la Fed allait baisser ses taux en 2026.
04:31Eh bien, ce n'est pas du tout le cas. Il le laisse tomber, évidemment.
04:34Alors, j'enfonce une porte ouverte. La question, c'est bien évidemment l'inflation qui est au-dessus des objectifs,
04:40les préoccupations liées au Moyen-Orient et, évidemment, la fermeture du détroit d'Hormuz.
04:45Et puis, une croissance qui, pour l'instant, est résiliente, qui pousserait, en fait, la Fed à ne rien faire.
04:53L'important, c'est de rien faire.
04:54Et donc, on est dans une situation où Morgan Stanley ne prévoit plus de baisse de taux.
05:00Et si on regarde les Fed Fund Watch, eh bien, on voit que le marché anticipe à 44% contre
05:088% avant la réunion de la Fed une hausse des taux d'ici 12 mois, d'ici avril 2027.
05:16Donc, on est dans ce qu'on appelle un repricing du scénario monétaire.
05:22Alors, ça, c'est pour Morgan Stanley. On a aussi des chiffres, malgré cette énorme actualité.
05:29On a des fondamentaux qui nous attendaient, notamment les chiffres de la croissance du côté des États-Unis pour le
05:34premier trimestre.
05:35Alors, qu'est-ce qu'il faut en penser ? Globalement, on est à peu près sur ce qui était
05:39prévu.
05:40Oui, un peu. Alors, c'est une légère déception parce qu'on est à 2% sur le premier trimestre
05:45de croissance contre un consensus qui attendait 2,3%.
05:49Mais c'est une accélération par rapport au quatrième trimestre de l'année passée.
05:53On se souvient, on était à plus 0,5% en dernière lecture.
05:58Le rebond qu'on a vu là, c'est porté par les dépenses publiques face à toutes les contractions qu
06:05'on avait eues face au shot d'art.
06:07Donc, il a fallu rattraper tout ça et ça, ça a gonflé les chiffres de l'économie.
06:12Et puis, on a aussi l'investissement privé qui accélère beaucoup à plus 8,7%.
06:17Un boom des dépenses d'entreprises, notamment tiré par, Antoine, l'intelligence artificielle.
06:24Étonnant.
06:24Bien évidemment, c'est étonnant.
06:27Exactement. Si on regarde la consommation, on le ralentit un peu, légèrement, de 1,9% à 1,6%, mais
06:33ce n'est pas dramatique.
06:35Et donc, aujourd'hui, on est un peu rassuré par rapport aux chiffres, par exemple, de la croissance qu'on
06:42avait eue en France ce matin, qui était à tonnes.
06:44Et donc, on est plus ou moins rassuré.
06:47Mais évidemment, ce sont les prochains trimestres qui vont compter et voir comment la crise au Moyen-Orient impacte la
06:55croissance de la première économie mondiale.
06:57Bon, et puis, l'autre énorme actualité, c'est la publication des résultats de la high-tech américaine.
07:05Alors, on attend Apple ce soir, on en dira un mot.
07:10Mais en attendant, on peut dire globalement qu'entre Microsoft, Meta, Amazon et Google, enfin Alphabet,
07:18si on regarde les réactions boursières en premier lieu, on peut dire que c'est Google qui gagne au point.
07:24Oui, tout à fait, exactement. Alors, si on regarde Alphabet, on a des résultats qui sont nettement en-dessus des
07:31attentes.
07:31On a le cloud qui devient vraiment le moteur de croissance.
07:35Google Cloud a atteint 20 milliards de dollars, plus 63% avec une marge opérationnelle de plus de 33%.
07:43C'est absolument extraordinaire. Et puis aussi, ce qui est drôle, mais ce qui nous confirme un petit peu, ce
07:50qui nous rassure,
07:51c'est l'explosion des commandes, du caranet de commandes.
07:55Ils ont ce qu'on appelle un backlog à 460 milliards de dollars contre 240 avant.
08:02Donc, il y a une demande très forte en infrastructures d'intelligence artificielle.
08:06Et puis, on a évidemment des capex qui sont colossaux, puisqu'ils vont dépenser sur l'année entre 180 et
08:16190 milliards de dollars.
08:18Alors, quand on prend de l'autre côté, évidemment, Meta, qui baisse nettement ce matin aux États-Unis,
08:25on a des résultats qui sont bons, mais ils sont biaisés par des effets fiscaux,
08:31puisqu'ils ont eu un avantage fiscal exceptionnel de 8 milliards de dollars.
08:37On voit qu'il y a le moteur publicitaire qui fonctionne très bien, mais il y a deux mais.
08:43Le premier, c'est le ralentissement dans les engagements de Facebook,
08:49ceux qui vont sur le site social, qui ont fléchi à 3,56 milliards sous les attentes.
08:57On attendait 3,61. Et puis, évidemment, pour eux, ce sont les dépenses de capex qui inquiètent cette fois-ci,
09:06puisqu'on a des investissements qui sont relevés à 125, entre 125 et 145 milliards de dollars sur l'année,
09:13contre 115 à 135 qui étaient attendus.
09:17Donc, évidemment, on s'inquiète, puisque vous avez les composants qui montent,
09:21et la course à l'intelligence artificielle et au data center.
09:25Cela dit, concernant ces résultats de la high-tech américaine,
09:28John, je voulais juste vous faire réagir.
09:30On a eu une note de Goldman Sachs qui regardait un petit peu les résultats de Microsoft,
09:38de Meta, d'Amazon, mais c'est surtout ceux d'Alphabète qui retiennent,
09:42parce que ce qu'ils nous disent, et c'est peut-être une réponse à la question qu'on se
09:46pose depuis des mois et des mois,
09:47non, l'IA ne va pas détruire la recherche sensorisée sur Internet, voire mieux,
09:55elle va la rendre plus efficace et l'une est complémentaire de l'autre, l'une ne va pas remplacer
10:00l'autre.
10:00Et c'est peut-être un premier élément de réponse très intéressant pour l'ensemble de l'industrie.
10:06Oui, tout à fait.
10:06Et puis, on se souvient que Goldman Sachs, on en avait parlé il y a deux ou trois semaines,
10:10avait dit arrêter de tirer sur les sociétés de software parce que,
10:15alors Alphabète n'en est pas, mais sur les sociétés de software parce que,
10:19eh bien, l'intelligence artificielle va aider, va doper les chiffres.
10:24Et puis, lorsqu'on regarde Meta, je reviens sur Meta,
10:26eh bien, on voit aussi que la publicité les aide.
10:29Alors, on a l'impression qu'il n'y a plus de publicité.
10:31Eh bien, ça fonctionne aussi très bien.
10:33Les recherches, les moteurs de recherche, vous l'avez dit, Alphabète,
10:36mais on a d'autres qui aident énormément
10:38et qui vont être boostés par l'intelligence artificielle tout à fait.
10:43Et le dernier des Mohicans, d'ailleurs, c'est notre question du jour.
10:46C'est la question qu'on pose sur les réseaux aujourd'hui, sur BFM Bourse.
10:50C'est Apple.
10:51Est-ce qu'au milieu de toutes ces annonces monstrueuses de CapEx,
10:55de ceci, de cela, de data center, d'activité cloud,
10:57est-ce qu'Apple n'est pas finalement le titre le plus oublié,
11:02le plus délaissé de la tech américaine,
11:04vu qu'on en a longuement parlé, John,
11:07il n'y a pas vraiment d'enjeu IA chez Apple.
11:09Apple, son travail, c'est de vendre des téléphones,
11:11c'est de vendre des ordinateurs, c'est d'innover.
11:13Et c'est aussi de fournir du rendement
11:15et de la valeur à ses actionnaires.
11:19Qu'est-ce qu'on attend globalement ?
11:21Quel sera le point important des résultats
11:23qui vont tomber ce soir, après la clôture de Wall Street ?
11:28Vous avez touché le mille, Antoine,
11:31puisqu'effectivement, il y a deux choses,
11:33enfin trois, allez, il y a deux choses qu'on regarde surtout.
11:36C'est les iPhones, notamment les ventes du iPhone 17 Pro.
11:40On revient aux fondamentaux, notamment en Chine.
11:43Et puis de l'autre côté, la croissance des services,
11:45avec la croissance des services à 2P.
11:48Le segment est attendu autour de 30 milliards de dollars,
11:51avec des marges supérieures à 70%.
11:53Donc ça, c'est la vache à lait du iPhone, de Apple.
11:59Effectivement, la dernière chose qu'on va regarder,
12:01alors oui, vous l'avez dit, l'intelligence artificielle,
12:03on ne s'attend toujours pas à avoir une intelligence artificielle
12:06made in Apple, mais peut-être certaines associations.
12:09Mais il y a une chose qu'on va regarder,
12:11c'est peut-être un message.
12:12Vous savez que Tim Cook, on en a assez parlé,
12:15mais Tim Cook va faire une transition avec John Ternus.
12:19Et peut-être que là, on aura peut-être une indication sur le futur,
12:22parce qu'il y avait un peu un effet de flou
12:25sur le nouveau management d'Apple.
12:30Donc des choses très intéressantes à regarder
12:32et effectivement, potentiellement, un retour aux sources,
12:36c'est-à-dire des ventes d'iPhone.
12:37Ça paraît bizarre, mais ce sera certainement le cas ce soir.
12:40Tout simplement, ça reste quand même le métier d'Apple,
12:43de vendre des objets technos, d'innover.
12:45Et voilà, on l'a dit aussi,
12:47de nourrir la valeur de son action pour ses actionnaires.
12:51Apple, moins 0,4%, on est à 269,08€.
12:55Un petit point sur Amazon, moins 0,9%, 260,72€.
13:00Alors on était attentifs à Amazon,
13:01parce que Romain Dobry, à qui on parlera tout à l'heure de Bourse Direct,
13:05nous avertissait que les positions qui étaient prises
13:07sur le marché des options avec Amazon
13:10étaient un petit peu inquiétantes,
13:12et qu'à la moindre déception sur les résultats,
13:13ça risquait de chuter très très fortement.
13:16Là apparemment, on limite la casse,
13:17donc les résultats semblent un petit peu mieux appréciés que prévus.
13:20On a Meta, en revanche, qui est effectivement sanctionné,
13:23vous le disiez, John,
13:24moins de 9,7% pour Meta, on est à 604,09€.
13:28Un coup d'œil sur Microsoft,
13:30qui perd 3,4% à 410€.
13:33Et enfin, Google, on le dit,
13:35c'est le grand gagnant de cette vague de publications,
13:37le titre gagne 5,5%.
13:39John Plassard, Cité Gestion,
13:40merci infiniment d'avoir été avec nous pour commenter
13:42cette ouverture...
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