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  • il y a 6 mois
Ce vendredi 13 mars, dans sa chronique USA Today, John Plassard, associé, responsable de la stratégie d’investissement de Cité Gestion, s'est penché sur la demande de Donald Trump à la Fed de baisser ses taux de la Fed, les perspectives sur la politique monétaire de la BCE et de la Fed, l'utilisation du détroit d'Ormuz pour choisir ses alliés, la pression sur les matières premières à cause des tensions géopolitique, le projet d'Amazon d'avancer le Prime Day en juin, et la déception sur les revenus générés par l'IA chez Adobe. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer sur BFM Business.

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Transcription
00:00New York, Wall Street dans les yeux, voilà c'est votre pop-corn de l'après-midi, la séance américaine,
00:05ça fait une heure que Wall Street a ouvert,
00:06on va regarder ces indices américains là dans les yeux, bah ils ont les yeux verts aujourd'hui, on est
00:10dans le vert sur les trois indices américains,
00:12petite hausse du S&P 500 de 0,5%, le Nasdaq aussi gagne 0,4% là après une heure
00:18de cotation.
00:18John Plassard est avec nous bien sûr comme chaque jour, cité gestion, bonjour John.
00:23Bonjour Guillaume.
00:23Ravi de vous retrouver, alors on verra où mènent les discussions dont nous parle le FT entre la France-Italie
00:29et l'Iran,
00:30pour essayer de débloquer le détroit d'Hormuz, on verra bien.
00:32Mais le métrodome de la guerre, il est peut-être sur le marché obligataire, on parle tout le temps des
00:36cours du pétrole,
00:37c'est vrai, en se disant les cours qui montent, ça va peut-être pousser Donald Trump à stopper son
00:42offensive.
00:42C'est peut-être plutôt le marché obligataire, le 10 ans américain, le 30 ans américain sont proches, ben voilà,
00:47de niveau à nouveau critique,
00:48et hier soir on a vu Donald Trump s'agacer à nouveau contre les niveaux des taux obligataires.
00:55Et il a publié à nouveau sur Truth Social un message à l'adresse de Jérôme Powell, le président de
00:59la Fed,
01:00en lui disant « baisse les taux Jérôme, baisse les mêmes sans attendre la prochaine réunion de la Réserve fédérale
01:05».
01:06Oui, il faut quand même rappeler que la prochaine réunion de la Réserve fédérale, c'est mercredi prochain, donc il
01:11est très pressé.
01:12Alors il faut rappeler pourquoi il y a ce stress ici, on sait qu'une remontée durable des rendements des
01:17trésuries à 10 ans
01:18touche bien plus directement la valorisation des actions, on l'a vu par exemple sur les valeurs technologiques,
01:25le crédit, l'immobilier pour avoir un prêt hypothécaire, et donc le climat financier global.
01:31Alors le fait, en termes de timing, que Donald Trump demande hier à Jérôme Powell de baisser avant la réunion
01:40de la semaine prochaine,
01:41ça traduit une certaine forme d'urgence face au risque de durcissement financier.
01:47On se rappelle, un chiffre qu'il faut garder à l'esprit, Guillaume, c'est les 4,50.
01:524,50% sur le disant américain, c'est là où ça commence à être compliqué.
01:57Et on se souvient que la dernière fois où on était arrivé vers les 4,50%,
02:02eh bien apparemment, on avait des grands patrons de banques comme Jimmy Diamond, de JP Morgan,
02:08qui avaient appelé directement le président américain pour faire baisser ses taux longs.
02:15Et on sait que durant la période du Covid, eh bien la Banque centrale américaine avait tout fait
02:21et tout acheté, je dirais, pour faire baisser les rendements des trésuries sur les 10 ans.
02:26Donc c'est très fort et en plus, ce qu'on met aussi en avant, c'est que le dollar
02:32fort,
02:32eh bien souvent fait rapatrier des capitaux vers les États-Unis.
02:38Et lorsqu'on rapatrie les capitaux vers les États-Unis, eh bien souvent, vous avez les bons du trésor américain
02:44qui continuent à monter.
02:46Donc là, on a le double effet qui se coule, qui fait qu'effectivement, il y a urgence en la
02:51matière.
02:52Pour le président Trump, ça devient de plus en plus difficile pour l'économie américaine.
02:58Effectivement, il les regarde, les taux obligataires peut-être plus encore que les cours du pétrole
03:01parce qu'il expliquait hier la hausse des cours du pétrole.
03:03Mais ce n'est pas un souci pour les États-Unis puisqu'on produit ce pétrole.
03:06Donc la hausse des cours, ce n'est pas mauvais.
03:08C'est ce qu'il expliquait hier.
03:09C'est peut-être quand même assez mauvais pour les consommateurs.
03:11Mais voilà, lui, c'est vrai, il l'a expliqué dès le début de son mandat.
03:15Ce qu'il regarde en priorité, c'est le niveau des treasuries, les taux obligataires américains.
03:19Alors aujourd'hui, on est à 4,24 sur le 10 ans américain.
03:21Mais vous le disiez, le dollar remonte, remonte fort.
03:24L'euro est sous le dollar 15 cet après-midi.
03:26L'euro sous le dollar 15 à 1,14,80.
03:29C'est dans ce contexte tendu de guerre au Moyen-Orient
03:31que les banquiers centraux vont annoncer la semaine prochaine,
03:34et la Fed en fait partie bien sûr, leur politique monétaire.
03:36Ce sera un vrai embouteillage, j'allais dire carambolage,
03:39embouteillage de banquiers centraux
03:41puisque toutes les banques centrales du G7 vont annoncer leurs décisions.
03:44Sur la Fed, le marché n'attend plus qu'une seule baisse de taux cette année.
03:48Est-ce que vous pensez le marché excessif,
03:50trop pessimiste sur les décisions à venir de la Fed, John ?
03:54Non, je ne pense pas.
03:56Pour la simple et bonne raison qu'on se souvient d'avant la guerre,
04:00on avait des anticipations de croissance américaine
04:03qui étaient nettement plus élevées que l'Europe.
04:07Et on avait une inflation qui était aussi plus élevée que l'Europe.
04:11Donc j'avais l'impression que le marché était beaucoup trop conciliant
04:15en pariant sur trois baisses de taux.
04:18Mais comme vous l'avez dit, on a un carambolage total,
04:20on a la Banque centrale européenne.
04:22Et si on parle de la Banque centrale européenne,
04:24on se souvient qu'on attendait, il y a deux semaines de cela,
04:27un statu quo cette année, voire une baisse de taux.
04:30Là, on parie sur une hausse de taux.
04:32On parle très peu de la Banque nationale suisse.
04:35Pourquoi ? Parce qu'on est dans une situation en Suisse
04:38où tout est assez stable.
04:40Mais aujourd'hui, le consensus parie aussi sur une hausse de taux en Suisse.
04:47Et donc, effectivement, on est dans une situation extrêmement tendue
04:51où il n'y a qu'un mot qui compte.
04:53Alors, c'est le détroit d'Ormousse, bien évidemment.
04:55Mais c'est l'inflation qui, potentiellement,
04:59va impacter les décisions des banques centrales.
05:02Alors, évidemment, rien ne va se passer cette semaine.
05:05Mais c'est le message, encore une fois,
05:07le message de Jérôme Powell, le message de Christine Lagarde
05:10et de tous les dirigeants des banques centrales
05:12qui sera très importante parce que, potentiellement,
05:15on va devoir tout changer le scénario d'il y a deux semaines.
05:20Les investisseurs vont devoir changer leur fusil d'épaule.
05:23La semaine prochaine sera une semaine très, très banque centrale, effectivement.
05:26On verra aussi ce que nous réserve ce conflit,
05:28cette guerre là-bas au Moyen-Orient.
05:30Le détroit d'Ormousse, aujourd'hui, reste bloqué.
05:32Et d'ailleurs, est-ce que ce détroit d'Ormousse est une arme
05:34qui permet à l'Iran, dont use l'Iran, John,
05:37pour amplifier l'écart, le décalage entre nous, occidentaux, et les BRICS ?
05:41Parce que l'Iran dit maintenant qui peut traverser ce détroit
05:44et qui ne peut pas.
05:45Et il autorise quels pays à traverser l'Inde,
05:48les navires indiens et les navires chinois, par exemple.
05:50Est-ce que l'Iran est en train d'utiliser ce détroit
05:52pour éloigner un certain nombre de BRICS,
05:54les éloigner encore plus de nous, occidentaux ?
05:57Alors, clairement, le détroit d'Ormousse,
06:00c'est un outil géopolitique, politique, économique et inflationniste,
06:05d'une certaine manière, on l'a dit.
06:08Et vous savez, Guillaume, on parlait hier des mines
06:10qui avaient été mises potentiellement dans le détroit d'Ormousse,
06:14et on avait dit qu'une des solutions pour contourner ces mines
06:18avait été qu'on donnait une feuille de route aux navires qui passaient,
06:23c'est-à-dire, très concrètement,
06:24que l'Iran donnait, par exemple, à des navires indiens ou chinois,
06:29eh bien, une feuille de route où il n'y avait pas de mine.
06:33Eh bien, on est dans cette situation aujourd'hui.
06:36C'est un levier stratégique énorme.
06:38Et vous savez, on parle beaucoup du détroit d'Ormousse,
06:41mais de plus en plus, on est aussi dans une situation
06:45où il y a d'autres détroits, notamment le canal de Suez,
06:48qui pourrait être bloqué par des alliés, entre guillemets, de l'Iran.
06:52Et on rentrait dans une situation où, effectivement,
06:56alors qu'on pensait le gouvernement iranien sans ressources militaires,
07:03eh bien, il y a beaucoup plus de ressources géopolitiques
07:06que personne ne l'espérait,
07:08et en tout cas, que le gouvernement américain retenait,
07:13puisqu'il n'avait pas pensé à ces alternatives,
07:17c'est-à-dire le détroit d'Ormousse, bien évidemment,
07:20mais aussi potentiellement le canal de Suez.
07:22– Oui, la presse américaine rapporte que l'administration Trump
07:26n'aurait pas pensé, effectivement, aux impacts sur le détroit d'Ormousse,
07:29que l'Iran pourrait utiliser, manipuler l'étroit d'Ormousse
07:33au cœur de cette guerre.
07:34À ses fins, bien sûr, l'Iran, face à l'attaque israélienne et américaine,
07:38l'administration Trump n'y aurait pas pensé,
07:40d'après certains journaux américains.
07:41Bon, ça paraît énorme quand même.
07:43C'est vrai que le pétrole, le gaz y passent,
07:44mais aussi beaucoup d'autres actifs cruciaux, John,
07:46il n'y a pas que le pétrole et le gaz.
07:48– Oui, parce qu'on l'oublie, on parle de l'énergie, etc.,
07:52bien évidemment, mais vous savez qu'on est dans une situation
07:55où l'aluminium, le Moyen-Orient, représente environ 10%
07:59de la production mondiale d'aluminium.
08:01C'est-à-dire que l'aluminium qui ne passe plus,
08:03il faut exploser les prix.
08:05Et on voit des acteurs comme Alcoa, par exemple,
08:08qui touchent les plus hauts historiques à cause ou grâce
08:11à ce qui est en train de se passer dans le détroit d'Ormousse.
08:13Vous avez parlé du gaz naturel liquéfié,
08:16mais on peut aussi parler des engrais.
08:19Et on sait que les engrais sont un des actifs
08:24qui passent à travers le détroit d'Ormousse.
08:27Alors là, ça devient un peu plus dramatique
08:30parce qu'on sait qu'on a besoin d'engrais,
08:32notamment pour certains pays pauvres,
08:35pour faire développer leur culture.
08:38Et là, on estime qu'à cause de ce qui est en train de se passer,
08:42eh bien, on pourrait avoir, et on a déjà,
08:45on pourrait avoir les prix de la nourriture mondiale
08:48qui continuent de monter.
08:49Et évidemment, dans ces cas-là,
08:51on a des acteurs, malheureusement ou heureusement,
08:54eh bien, qui en bénéficient.
08:56Mosaïque aux États-Unis aussi a connu une progression fulgurante
09:00depuis la baisse du détroit d'Ormousse.
09:02Et je rappelle, Mosaïque est impliquée dans les fertilisants, notamment.
09:07Effectivement.
09:07Et ici en Europe aussi, les valeurs liées aux fertilisants,
09:09notamment à Stockholm, il y en a quelques-unes
09:11qui marchent bien sur l'ensemble de la semaine.
09:13Wall Street, donc, dans le vert aujourd'hui.
09:15Légère hausse du S&P, plus 0,3.
09:17Le Nasdaq, qui a ouvert aussi il y a un peu plus d'une heure,
09:19puisqu'ils sont déjà à l'heure d'été là-bas aux États-Unis.
09:21Eh bien, le Nasdaq gagne 0,2%.
09:23Nasdaq, justement, dans lequel on va surveiller.
09:25Alors, la semaine prochaine, il faut avoir un oeil dessus.
09:27Il faudra, la semaine prochaine, Nvidia,
09:29parce qu'Nvidia tiendra sa conférence
09:31où ils annoncent à chaque fois leur nouvelle puce GPU.
09:33C'est là qu'ils avaient dévoilé Rubin.
09:35Eh bien, on sera très curieux.
09:36Ça aura sans doute un impact sur le marché.
09:37Cette grande conférence, ça s'appelle la GPU Technology Conference,
09:40toute la semaine prochaine, d'Nvidia.
09:42Et, bien sûr, la présentation, l'ouverture par Jensen Luan lui-même,
09:46ce sera lundi.
09:48À part ça, des publications.
09:49Puis Amazon aussi, qui envisage, Amazon, John,
09:52de déplacer l'événement Prime Day de juillet à juin.
09:55Juillet à juin, pourquoi ?
09:58Ça paraît anodin, mais c'est quelque chose d'absolument incroyable.
10:02Ils l'ont fait assez discrètement, cette annonce.
10:05Pour rappeler que c'est un événement qui a lieu depuis 2015.
10:09L'année passée, ce Prime Day d'Amazon
10:13avait généré plus de 24 milliards de dollars de ventes en ligne,
10:17une progression de plus de 30 % sur un an.
10:20Vous l'avez dit, ils veulent avancer de juillet à juin.
10:23Et la raison, évidemment, elle est économique, vous l'imaginez bien.
10:27Pourquoi ?
10:27Parce que ça va avoir un impact direct sur les résultats trimestriels.
10:32Parce que Amazon, le Prime d'Amazon,
10:36va intégrer le deuxième trimestre qui clôt fin juillet.
10:42Donc, ça va renforcer les résultats financiers
10:45du deuxième trimestre de l'année prochaine.
10:48Donc, en fait, ce n'est pas pour faire plus de ventes,
10:50c'est pour deper leur deuxième trimestre.
10:52Alors, c'est assez incroyable.
10:53Parce qu'on imagine, évidemment,
10:56que sinon, ce serait comptabilité au troisième trimestre.
10:59Mais on pense ici qu'ils ont peut-être
11:02un petit souci en début d'année,
11:05alors qu'ils ne le disent pas,
11:06et que mécaniquement, théoriquement,
11:09et d'une manière mathématique,
11:12eh bien, ils vont essayer de doper leur deuxième trimestre.
11:14Effectivement intéressant.
11:15Tous ces signaux faibles-là.
11:16Et puis, publication dans la tech,
11:18qu'on attendait une valeur dont le marché se disait déjà
11:21qu'elle serait sans doute une perdante,
11:22une vraie perdante de l'intelligence artificielle.
11:24Ce groupe a publié,
11:25et il semble que le marché pense toujours
11:27que ce sera un futur perdant.
11:28Adobe, le titre perd 5% en ce moment, John.
11:30Oui, alors, on regarde comme à chaque fois,
11:33on se répète à chaque fois qu'on parle
11:34d'une société de la tech,
11:36les résultats supérieurs aux attentes,
11:38mais un marché qui est déçu,
11:40puisque si on regarde les titres,
11:44eh bien, on voit que la croissance ralentit.
11:46Et l'indicateur qui est regardé par les investisseurs,
11:50l'indicateur clé,
11:51c'est le revenu récurrent annuel, AAR,
11:55qui progresse de 10,9% contre 11,5% le trimestre précédent.
12:02Donc, il y a une décélération sur la croissance.
12:05Donc, évidemment, il y a de la pression
12:07sur l'intelligence artificielle
12:09et sur les modèles historiques.
12:11Et on est dans une situation
12:13où l'intelligence artificielle,
12:16et on se répète à chaque fois,
12:17ne génère encore pas assez de revenus.
12:21Alors, ce n'est pas catastrophique,
12:23mais on est dans une situation
12:25où la marge déçoit,
12:27et on a aussi le départ annoncé du CEO
12:31après 18 ans à la tête de l'entreprise.
12:34Donc, évidemment, on se pose plein de questions
12:37sur la gouvernance et sur les résultats d'Adobe.
12:40Merci beaucoup, John Plassard, avec nous pour Cité Gestion.
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