00:00New York, Wall Street dans les yeux, voilà c'est votre pop-corn de l'après-midi, la séance américaine,
00:05ça fait une heure que Wall Street a ouvert,
00:06on va regarder ces indices américains là dans les yeux, bah ils ont les yeux verts aujourd'hui, on est
00:10dans le vert sur les trois indices américains,
00:12petite hausse du S&P 500 de 0,5%, le Nasdaq aussi gagne 0,4% là après une heure
00:18de cotation.
00:18John Plassard est avec nous bien sûr comme chaque jour, cité gestion, bonjour John.
00:23Bonjour Guillaume.
00:23Ravi de vous retrouver, alors on verra où mènent les discussions dont nous parle le FT entre la France-Italie
00:29et l'Iran,
00:30pour essayer de débloquer le détroit d'Hormuz, on verra bien.
00:32Mais le métrodome de la guerre, il est peut-être sur le marché obligataire, on parle tout le temps des
00:36cours du pétrole,
00:37c'est vrai, en se disant les cours qui montent, ça va peut-être pousser Donald Trump à stopper son
00:42offensive.
00:42C'est peut-être plutôt le marché obligataire, le 10 ans américain, le 30 ans américain sont proches, ben voilà,
00:47de niveau à nouveau critique,
00:48et hier soir on a vu Donald Trump s'agacer à nouveau contre les niveaux des taux obligataires.
00:55Et il a publié à nouveau sur Truth Social un message à l'adresse de Jérôme Powell, le président de
00:59la Fed,
01:00en lui disant « baisse les taux Jérôme, baisse les mêmes sans attendre la prochaine réunion de la Réserve fédérale
01:05».
01:06Oui, il faut quand même rappeler que la prochaine réunion de la Réserve fédérale, c'est mercredi prochain, donc il
01:11est très pressé.
01:12Alors il faut rappeler pourquoi il y a ce stress ici, on sait qu'une remontée durable des rendements des
01:17trésuries à 10 ans
01:18touche bien plus directement la valorisation des actions, on l'a vu par exemple sur les valeurs technologiques,
01:25le crédit, l'immobilier pour avoir un prêt hypothécaire, et donc le climat financier global.
01:31Alors le fait, en termes de timing, que Donald Trump demande hier à Jérôme Powell de baisser avant la réunion
01:40de la semaine prochaine,
01:41ça traduit une certaine forme d'urgence face au risque de durcissement financier.
01:47On se rappelle, un chiffre qu'il faut garder à l'esprit, Guillaume, c'est les 4,50.
01:524,50% sur le disant américain, c'est là où ça commence à être compliqué.
01:57Et on se souvient que la dernière fois où on était arrivé vers les 4,50%,
02:02eh bien apparemment, on avait des grands patrons de banques comme Jimmy Diamond, de JP Morgan,
02:08qui avaient appelé directement le président américain pour faire baisser ses taux longs.
02:15Et on sait que durant la période du Covid, eh bien la Banque centrale américaine avait tout fait
02:21et tout acheté, je dirais, pour faire baisser les rendements des trésuries sur les 10 ans.
02:26Donc c'est très fort et en plus, ce qu'on met aussi en avant, c'est que le dollar
02:32fort,
02:32eh bien souvent fait rapatrier des capitaux vers les États-Unis.
02:38Et lorsqu'on rapatrie les capitaux vers les États-Unis, eh bien souvent, vous avez les bons du trésor américain
02:44qui continuent à monter.
02:46Donc là, on a le double effet qui se coule, qui fait qu'effectivement, il y a urgence en la
02:51matière.
02:52Pour le président Trump, ça devient de plus en plus difficile pour l'économie américaine.
02:58Effectivement, il les regarde, les taux obligataires peut-être plus encore que les cours du pétrole
03:01parce qu'il expliquait hier la hausse des cours du pétrole.
03:03Mais ce n'est pas un souci pour les États-Unis puisqu'on produit ce pétrole.
03:06Donc la hausse des cours, ce n'est pas mauvais.
03:08C'est ce qu'il expliquait hier.
03:09C'est peut-être quand même assez mauvais pour les consommateurs.
03:11Mais voilà, lui, c'est vrai, il l'a expliqué dès le début de son mandat.
03:15Ce qu'il regarde en priorité, c'est le niveau des treasuries, les taux obligataires américains.
03:19Alors aujourd'hui, on est à 4,24 sur le 10 ans américain.
03:21Mais vous le disiez, le dollar remonte, remonte fort.
03:24L'euro est sous le dollar 15 cet après-midi.
03:26L'euro sous le dollar 15 à 1,14,80.
03:29C'est dans ce contexte tendu de guerre au Moyen-Orient
03:31que les banquiers centraux vont annoncer la semaine prochaine,
03:34et la Fed en fait partie bien sûr, leur politique monétaire.
03:36Ce sera un vrai embouteillage, j'allais dire carambolage,
03:39embouteillage de banquiers centraux
03:41puisque toutes les banques centrales du G7 vont annoncer leurs décisions.
03:44Sur la Fed, le marché n'attend plus qu'une seule baisse de taux cette année.
03:48Est-ce que vous pensez le marché excessif,
03:50trop pessimiste sur les décisions à venir de la Fed, John ?
03:54Non, je ne pense pas.
03:56Pour la simple et bonne raison qu'on se souvient d'avant la guerre,
04:00on avait des anticipations de croissance américaine
04:03qui étaient nettement plus élevées que l'Europe.
04:07Et on avait une inflation qui était aussi plus élevée que l'Europe.
04:11Donc j'avais l'impression que le marché était beaucoup trop conciliant
04:15en pariant sur trois baisses de taux.
04:18Mais comme vous l'avez dit, on a un carambolage total,
04:20on a la Banque centrale européenne.
04:22Et si on parle de la Banque centrale européenne,
04:24on se souvient qu'on attendait, il y a deux semaines de cela,
04:27un statu quo cette année, voire une baisse de taux.
04:30Là, on parie sur une hausse de taux.
04:32On parle très peu de la Banque nationale suisse.
04:35Pourquoi ? Parce qu'on est dans une situation en Suisse
04:38où tout est assez stable.
04:40Mais aujourd'hui, le consensus parie aussi sur une hausse de taux en Suisse.
04:47Et donc, effectivement, on est dans une situation extrêmement tendue
04:51où il n'y a qu'un mot qui compte.
04:53Alors, c'est le détroit d'Ormousse, bien évidemment.
04:55Mais c'est l'inflation qui, potentiellement,
04:59va impacter les décisions des banques centrales.
05:02Alors, évidemment, rien ne va se passer cette semaine.
05:05Mais c'est le message, encore une fois,
05:07le message de Jérôme Powell, le message de Christine Lagarde
05:10et de tous les dirigeants des banques centrales
05:12qui sera très importante parce que, potentiellement,
05:15on va devoir tout changer le scénario d'il y a deux semaines.
05:20Les investisseurs vont devoir changer leur fusil d'épaule.
05:23La semaine prochaine sera une semaine très, très banque centrale, effectivement.
05:26On verra aussi ce que nous réserve ce conflit,
05:28cette guerre là-bas au Moyen-Orient.
05:30Le détroit d'Ormousse, aujourd'hui, reste bloqué.
05:32Et d'ailleurs, est-ce que ce détroit d'Ormousse est une arme
05:34qui permet à l'Iran, dont use l'Iran, John,
05:37pour amplifier l'écart, le décalage entre nous, occidentaux, et les BRICS ?
05:41Parce que l'Iran dit maintenant qui peut traverser ce détroit
05:44et qui ne peut pas.
05:45Et il autorise quels pays à traverser l'Inde,
05:48les navires indiens et les navires chinois, par exemple.
05:50Est-ce que l'Iran est en train d'utiliser ce détroit
05:52pour éloigner un certain nombre de BRICS,
05:54les éloigner encore plus de nous, occidentaux ?
05:57Alors, clairement, le détroit d'Ormousse,
06:00c'est un outil géopolitique, politique, économique et inflationniste,
06:05d'une certaine manière, on l'a dit.
06:08Et vous savez, Guillaume, on parlait hier des mines
06:10qui avaient été mises potentiellement dans le détroit d'Ormousse,
06:14et on avait dit qu'une des solutions pour contourner ces mines
06:18avait été qu'on donnait une feuille de route aux navires qui passaient,
06:23c'est-à-dire, très concrètement,
06:24que l'Iran donnait, par exemple, à des navires indiens ou chinois,
06:29eh bien, une feuille de route où il n'y avait pas de mine.
06:33Eh bien, on est dans cette situation aujourd'hui.
06:36C'est un levier stratégique énorme.
06:38Et vous savez, on parle beaucoup du détroit d'Ormousse,
06:41mais de plus en plus, on est aussi dans une situation
06:45où il y a d'autres détroits, notamment le canal de Suez,
06:48qui pourrait être bloqué par des alliés, entre guillemets, de l'Iran.
06:52Et on rentrait dans une situation où, effectivement,
06:56alors qu'on pensait le gouvernement iranien sans ressources militaires,
07:03eh bien, il y a beaucoup plus de ressources géopolitiques
07:06que personne ne l'espérait,
07:08et en tout cas, que le gouvernement américain retenait,
07:13puisqu'il n'avait pas pensé à ces alternatives,
07:17c'est-à-dire le détroit d'Ormousse, bien évidemment,
07:20mais aussi potentiellement le canal de Suez.
07:22– Oui, la presse américaine rapporte que l'administration Trump
07:26n'aurait pas pensé, effectivement, aux impacts sur le détroit d'Ormousse,
07:29que l'Iran pourrait utiliser, manipuler l'étroit d'Ormousse
07:33au cœur de cette guerre.
07:34À ses fins, bien sûr, l'Iran, face à l'attaque israélienne et américaine,
07:38l'administration Trump n'y aurait pas pensé,
07:40d'après certains journaux américains.
07:41Bon, ça paraît énorme quand même.
07:43C'est vrai que le pétrole, le gaz y passent,
07:44mais aussi beaucoup d'autres actifs cruciaux, John,
07:46il n'y a pas que le pétrole et le gaz.
07:48– Oui, parce qu'on l'oublie, on parle de l'énergie, etc.,
07:52bien évidemment, mais vous savez qu'on est dans une situation
07:55où l'aluminium, le Moyen-Orient, représente environ 10%
07:59de la production mondiale d'aluminium.
08:01C'est-à-dire que l'aluminium qui ne passe plus,
08:03il faut exploser les prix.
08:05Et on voit des acteurs comme Alcoa, par exemple,
08:08qui touchent les plus hauts historiques à cause ou grâce
08:11à ce qui est en train de se passer dans le détroit d'Ormousse.
08:13Vous avez parlé du gaz naturel liquéfié,
08:16mais on peut aussi parler des engrais.
08:19Et on sait que les engrais sont un des actifs
08:24qui passent à travers le détroit d'Ormousse.
08:27Alors là, ça devient un peu plus dramatique
08:30parce qu'on sait qu'on a besoin d'engrais,
08:32notamment pour certains pays pauvres,
08:35pour faire développer leur culture.
08:38Et là, on estime qu'à cause de ce qui est en train de se passer,
08:42eh bien, on pourrait avoir, et on a déjà,
08:45on pourrait avoir les prix de la nourriture mondiale
08:48qui continuent de monter.
08:49Et évidemment, dans ces cas-là,
08:51on a des acteurs, malheureusement ou heureusement,
08:54eh bien, qui en bénéficient.
08:56Mosaïque aux États-Unis aussi a connu une progression fulgurante
09:00depuis la baisse du détroit d'Ormousse.
09:02Et je rappelle, Mosaïque est impliquée dans les fertilisants, notamment.
09:07Effectivement.
09:07Et ici en Europe aussi, les valeurs liées aux fertilisants,
09:09notamment à Stockholm, il y en a quelques-unes
09:11qui marchent bien sur l'ensemble de la semaine.
09:13Wall Street, donc, dans le vert aujourd'hui.
09:15Légère hausse du S&P, plus 0,3.
09:17Le Nasdaq, qui a ouvert aussi il y a un peu plus d'une heure,
09:19puisqu'ils sont déjà à l'heure d'été là-bas aux États-Unis.
09:21Eh bien, le Nasdaq gagne 0,2%.
09:23Nasdaq, justement, dans lequel on va surveiller.
09:25Alors, la semaine prochaine, il faut avoir un oeil dessus.
09:27Il faudra, la semaine prochaine, Nvidia,
09:29parce qu'Nvidia tiendra sa conférence
09:31où ils annoncent à chaque fois leur nouvelle puce GPU.
09:33C'est là qu'ils avaient dévoilé Rubin.
09:35Eh bien, on sera très curieux.
09:36Ça aura sans doute un impact sur le marché.
09:37Cette grande conférence, ça s'appelle la GPU Technology Conference,
09:40toute la semaine prochaine, d'Nvidia.
09:42Et, bien sûr, la présentation, l'ouverture par Jensen Luan lui-même,
09:46ce sera lundi.
09:48À part ça, des publications.
09:49Puis Amazon aussi, qui envisage, Amazon, John,
09:52de déplacer l'événement Prime Day de juillet à juin.
09:55Juillet à juin, pourquoi ?
09:58Ça paraît anodin, mais c'est quelque chose d'absolument incroyable.
10:02Ils l'ont fait assez discrètement, cette annonce.
10:05Pour rappeler que c'est un événement qui a lieu depuis 2015.
10:09L'année passée, ce Prime Day d'Amazon
10:13avait généré plus de 24 milliards de dollars de ventes en ligne,
10:17une progression de plus de 30 % sur un an.
10:20Vous l'avez dit, ils veulent avancer de juillet à juin.
10:23Et la raison, évidemment, elle est économique, vous l'imaginez bien.
10:27Pourquoi ?
10:27Parce que ça va avoir un impact direct sur les résultats trimestriels.
10:32Parce que Amazon, le Prime d'Amazon,
10:36va intégrer le deuxième trimestre qui clôt fin juillet.
10:42Donc, ça va renforcer les résultats financiers
10:45du deuxième trimestre de l'année prochaine.
10:48Donc, en fait, ce n'est pas pour faire plus de ventes,
10:50c'est pour deper leur deuxième trimestre.
10:52Alors, c'est assez incroyable.
10:53Parce qu'on imagine, évidemment,
10:56que sinon, ce serait comptabilité au troisième trimestre.
10:59Mais on pense ici qu'ils ont peut-être
11:02un petit souci en début d'année,
11:05alors qu'ils ne le disent pas,
11:06et que mécaniquement, théoriquement,
11:09et d'une manière mathématique,
11:12eh bien, ils vont essayer de doper leur deuxième trimestre.
11:14Effectivement intéressant.
11:15Tous ces signaux faibles-là.
11:16Et puis, publication dans la tech,
11:18qu'on attendait une valeur dont le marché se disait déjà
11:21qu'elle serait sans doute une perdante,
11:22une vraie perdante de l'intelligence artificielle.
11:24Ce groupe a publié,
11:25et il semble que le marché pense toujours
11:27que ce sera un futur perdant.
11:28Adobe, le titre perd 5% en ce moment, John.
11:30Oui, alors, on regarde comme à chaque fois,
11:33on se répète à chaque fois qu'on parle
11:34d'une société de la tech,
11:36les résultats supérieurs aux attentes,
11:38mais un marché qui est déçu,
11:40puisque si on regarde les titres,
11:44eh bien, on voit que la croissance ralentit.
11:46Et l'indicateur qui est regardé par les investisseurs,
11:50l'indicateur clé,
11:51c'est le revenu récurrent annuel, AAR,
11:55qui progresse de 10,9% contre 11,5% le trimestre précédent.
12:02Donc, il y a une décélération sur la croissance.
12:05Donc, évidemment, il y a de la pression
12:07sur l'intelligence artificielle
12:09et sur les modèles historiques.
12:11Et on est dans une situation
12:13où l'intelligence artificielle,
12:16et on se répète à chaque fois,
12:17ne génère encore pas assez de revenus.
12:21Alors, ce n'est pas catastrophique,
12:23mais on est dans une situation
12:25où la marge déçoit,
12:27et on a aussi le départ annoncé du CEO
12:31après 18 ans à la tête de l'entreprise.
12:34Donc, évidemment, on se pose plein de questions
12:37sur la gouvernance et sur les résultats d'Adobe.
12:40Merci beaucoup, John Plassard, avec nous pour Cité Gestion.
Commentaires