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  • il y a 6 heures
Ce lundi 15 juin, la comparaison du stablecoin à de la mauvaise monnaie, le rôle des autorités locales sur le règlement MiCA, ainsi que la multiplication des agressions liées aux cryptos, ont été abordés par Nathalie Janson, économiste, professeure à la Neoma Business School et présidente de Génération Libre, Hubert Blanc-Jouvan, avocat associé en Financement au sein du cabinet Ashurst, et Marc-Antoine Caen Poletti, journaliste chez Cryptoast, reçus par Sandra Gandoin dans l'émission BFM Crypto, le Club sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.

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Transcription
00:02BFM Business, BFM Crypto, le club. Sandra Gandon.
00:07Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver pour le club BFM Crypto en direct sur BFM Business comme
00:12tous les jours de 15h à 15h30.
00:14Nous allons parler de stablecoin, nous allons parler largement aussi de régulation, on va parler aussi des enquêtes liées à
00:19la criminalité crypto en France.
00:22Il y a encore beaucoup à dire avec mes invités. Marc-Antoine Campoletti, journaliste chez Cryptos, est à distance.
00:27Bonjour Marc-Antoine, ravi de vous avoir dans l'émission. On vous retrouvera tout à l'heure.
00:33Hubert Blanjouvent, avocat associé au financement au sein du cabinet Aschers.
00:38Bonjour Hubert, ravi de vous accueillir dans cette émission.
00:41Et face à vous Nathalie Jansson, économiste, professeur à la Neoma Business School, présidente de Génération Libre.
00:46Je ne vous ai jamais demandé mais c'est quoi Génération Libre ?
00:47Génération Libre, c'est un think tank libéral à 360 degrés, c'est-à-dire qu'en fait on couvre
00:53effectivement toutes les dimensions libérales,
00:55qu'elles soient économiques mais aussi sociétales, voilà.
01:00Voilà exactement pour l'explication.
01:03Vous savez que vous pouvez nous écrire à cette adresse crypto au singulier à bfmbusiness.fr
01:07pour nous poser toutes les questions que vous voulez sur ce secteur, le club BFM Crypto.
01:13C'est parti !
01:16Nathalie, je commence par vous justement parce que vous êtes tombée sur cet article de Stéphane Secchetti,
01:20il est professeur de finance internationale à l'université Brandeis, c'est dans le Massachusetts.
01:26Il compare les stable coins à de la mauvaise monnaie.
01:29Oui, alors il n'est pas à son coup d'essai évidemment.
01:32C'est un prof de finance assez connu et il s'était fait connaître il y a quelques années pour
01:38une position très hétérodoxe,
01:40enfin qui peut sembler très hétérodoxe. A l'époque, on était à peine...
01:45Oui, on devait être après la chute de FTX et il avait dit...
01:49Donc on était en pleine discussion de comment réguler, que faire.
01:53Et lui, il avait sorti un article dont le titre était assez marquant,
01:58Let's burn them. Donc voilà, il faut les brûler.
02:01Effectivement.
02:02Et donc voilà, ça vous résume sa position.
02:04En somme, il disait à l'époque, moi je ne veux pas les réguler.
02:06Donc très tranchante comme opinion.
02:08Parce que si on les régule, ça veut dire qu'on donne une caution.
02:11C'est-à-dire qu'on dit aux investisseurs, vous pouvez y aller,
02:13puisqu'on va vous offrir un cadre réglementaire.
02:17Donc surtout, je ne veux pas qu'on les régule.
02:19Comme ça, elles vont partir d'elles-mêmes, les crypto-monnaies.
02:22Le Bitcoin, comme le reste, s'en ira parce que c'est du casino, etc.
02:27Donc en fait, il ne fait que dérouler.
02:28Il n'a pas changé, je pense que c'est clair.
02:31Il n'a pas changé d'opinion.
02:32Et là, il s'attaque au stable coin.
02:35Le stable coin, exactement.
02:36Et notamment, il remet en cause la solidité de Tether.
02:39Et là, c'est assez intéressant.
02:41Enfin, on voit vraiment son parti pris parce que déjà,
02:43il part de la comparaison qui est un peu hasardeuse.
02:46C'est-à-dire qu'en fait, il compare effectivement les stable coins
02:50à l'époque où la monnaie était couverte par 100% d'argent métallique,
02:56soit de l'argent, soit de l'or.
02:57Donc effectivement, on voit bien pourquoi il prend cet exemple puisque c'est du 100%.
03:02Donc stable coin, c'est 100% couverture en dollars.
03:05Et il dit, vous voyez, quand les rois, et ça, c'est effectivement très connu,
03:09quand les rois avaient des besoins de financement, en fait, ils baissaient le contenu de vrai métal dedans
03:15pour que ça coûte moins cher à la production.
03:18Et on appelait ça, en fait, le debasement en anglais.
03:22Donc comme ça, ça permet d'avoir un profit plus important à la production monétaire.
03:28Et ça permettait aux rois de financer une partie de leur guerre
03:31sans avoir à lever des impôts supplémentaires.
03:33C'était de l'inflation, en fait.
03:35Evidemment, c'est de l'inflation.
03:36Mais de l'inflation qui était déguisée.
03:39Les gens ne s'y trompant pas.
03:40Donc, cet épisode, il compare à un épisode de l'époque d'Henri VIII.
03:47Il l'appelle le copper nose.
03:49Parce qu'en fait, la pièce, elle était de moins bonne valeur au centre où il y avait le nez.
03:53Et donc, c'était resté comme étant le copper nose.
03:55Et il dit, voilà, en fait, c'est comparable.
03:58Les habitants ne s'y trompant pas.
03:59Enfin, le métal, c'est facile de savoir s'il est vraiment...
04:03Il est pur ou pas.
04:05Oui, parce que chimiquement, on peut le tester facilement.
04:07Et donc, les gens, comme on connaît l'adage, la mauvaise monnaie chasse la bonne.
04:11C'est-à-dire qu'en fait, les gens dépensaient les fameux copper nose tous les jours
04:16et gardaient ceux qu'ils avaient acquis avant.
04:19Il les gardait bien précieusement chez eux parce qu'ils avaient un meilleur contenu métallique.
04:23Et effectivement, il dit, écoutez, c'est exactement ce qu'on voit aujourd'hui.
04:26Parce que comme il n'aime pas beaucoup non plus les stable coins,
04:30mais qu'on voit qu'il a une petite préférence pour l'un des deux.
04:33Donc, le marché, je rappelle, c'est effectivement, aujourd'hui, c'est un peu plus de 300 milliards.
04:37Et celui qui domine ses tasers depuis longtemps, c'est celui qui est né en premier.
04:41Alors déjà, c'est étonnant qu'il ne se rappelle pas qu'en fait, sur un marché en général,
04:45le premier arrivé a souvent une prime au premier arrivant.
04:48Et c'est Tether.
04:50Et il dit, en fait, Tether, qui est là depuis longtemps,
04:54en fait, ce n'est pas un bon acteur.
04:57C'est quelqu'un qui ne joue pas avec les bonnes règles.
04:59Et comparé à Circle, donc Circle est arrivé beaucoup plus tard par rapport à Tether.
05:03Tether, c'est 2014. Circle, c'est 2018, voire 2019.
05:07Parfois, je confonds avec Binance, qui n'est plus là.
05:10Et il dit, écoutez, voilà, en fait, Tether remporte le marché.
05:15Il a presque 75% du marché aujourd'hui.
05:18Et il dit alors qu'en fait, il est moins bon que Circle.
05:21Moins régulé aussi.
05:22Parce qu'en fait, pour deux raisons.
05:24Parce que la composition de ses réserves est davantage en titre de marché monétaire
05:29qui ne sont pas aussi officiellement reconnus que ceux de Circle.
05:33Bon, ça, c'est une opinion.
05:34C'est-à-dire qu'en fait, effectivement, Circle a plus de titres du marché monétaire de BlackRock
05:39que, en fait, Tether, qui a un portefeuille différent,
05:43mais toujours en titre surtout de bon du trésor américain,
05:47mais pas forcément de BlackRock.
05:48Donc, visiblement, ça n'a pas l'air de lui plaire.
05:50Bon, je ne vois pas trop l'intérêt,
05:51puisque un titre de bon du trésor, qu'il soit géré par BlackRock ou un autre fonds,
05:55c'est un titre du bon du trésor.
05:57Donc, je ne vois pas quel grief il a à faire contre ça.
06:00Et effectivement, la différence, c'est que Tether a plus d'or de Bitcoin et de dettes collatéralisées.
06:09Alors bon, quand on dit plus, c'est qu'en fait, il a, je crois, à peu près plus de
06:1310%,
06:13alors que Circle n'a pas cet équivalent.
06:15Et Circle, effectivement, avait cette différence avec Tether
06:18que Circle avait toujours gardé des réserves en cash dans des banques.
06:22Et Tether, effectivement, ça n'a jamais été sa politique.
06:26Et c'est ce qui avait fait la différence.
06:27C'est-à-dire, au moment où Circle avait commencé à avoir du succès dans les années 2020-2021,
06:34effectivement, les deux étaient un peu plus au coude à coude,
06:37parce que Circle a vraiment eu un engouement lorsqu'il s'est lancé.
06:42Eh bien, il se trouve que ça a été l'épisode de la faillite des banques régionales de 2023.
06:47Il se trouve que Tether, ayant Circle, ayant eu des réserves dans ses banques,
06:52eh bien, il a été pénalisé par le marché.
06:55Donc, je ne vois pas pourquoi, en plus, il continue sur cette idée
06:57que c'est parce qu'il est mal géré qu'en fait, il gagne,
07:00puisque là, c'est un épisode de marché qui montre que, malheureusement,
07:04Circle, qui a l'air d'être plus obéissant à l'autorité,
07:10il a fait un choix de garder des réserves dans les banques commerciales.
07:13Il se trouve qu'elle était en difficulté.
07:15C'était la fameuse Silicon Valley Bank.
07:17Donc, il s'est fait pénaliser par ses utilisateurs
07:20parce qu'ils ont vu que, en fait, Tether, finalement,
07:22il avait fait le bon choix de ne pas le faire.
07:25Et pour ça, donc, il a repris, en fait, du pouvoir de marché sur Circle
07:30parce que, finalement, il s'est avéré avoir eu des choix
07:34plus en accord avec la stabilité que l'autre.
07:36Et donc, il continue en disant, mais non, mais Tether ne joue pas avec les règles
07:39parce qu'en plus, la deuxième raison, et c'est Sandra, ce que vous invoquiez,
07:44c'est qu'en fait, Tether est parti, en fait, de l'état de New York
07:48où, au début, il avait été...
07:50Enfin, il s'était établi Tether, la maison mère.
07:53Il est parti, en fait, au Salvador en réaction à toutes les affaires Binance,
07:57à la stabilité qu'on a pu connaître avec la SEC,
07:59puisqu'effectivement, la SEC commençait à avoir un peu des côtés arbitraires
08:05dans ses décisions.
08:06Enfin, on ne comprenait pas trop comment il voulait réguler.
08:08Et donc, effectivement, Tether, qui est quand même un peu toujours
08:10le vilain petit canard qui se distingue, a dit,
08:13ben, c'est comme ça, moi, je vais au Salvador
08:14puisque le Salvador accueille favorablement ce...
08:18Voilà. Et donc, il lui reproche ça, il lui reproche, en fait, d'être là-bas.
08:21Et par association, il dit oui.
08:22Puis vous voyez, en fait, finalement, il permet...
08:26En fait, on contrôle moins...
08:27À cause de ça, on contrôle moins les transactions qu'il fait.
08:31Oui, c'est ça. Il voudrait presque...
08:33Il dit qu'il ne faudrait pas réguler par pays,
08:36il faudrait réguler par outils, en réalité.
08:39Et finalement, réguler les stable coins eux-mêmes, un par un.
08:42C'est ça qui est marrant.
08:43Ben, oui, c'est presque ça, effectivement.
08:44Il dit, vous voyez, à cause de ça...
08:47C'est assez paradoxal, sa position,
08:49parce qu'en même temps, il dit que Tether, en fait,
08:51fait face à plus de transactions illicites
08:53et qu'il bloque...
08:54Enfin, en partie, il bloque une partie de ses transactions.
08:58On avait évoqué, dans les dernières émissions, effectivement,
09:02ce fait assez majeur récemment,
09:05qui consiste...
09:06Enfin, on a vu que les stable coins étaient beaucoup plus utilisés
09:08pour contourner les sanctions sur les pays.
09:11Donc ça, c'est vraiment le fait qu'a émergé avec la guerre en Ukraine.
09:14C'est vraiment, depuis 2022, effectivement...
09:17C'est une réalité.
09:18Mais je dirais que c'est de la pratique.
09:20C'est-à-dire que vous êtes un Etat.
09:22Maintenant, vous avez un nouveau jeu devant vous
09:26et vous vous apercevez qu'en utilisant des stable coins
09:29ou en utilisant Bitcoin, finalement,
09:30vous pouvez passer au travers des sanctions.
09:32Ben, évidemment, vous le faites.
09:34Ce n'est pas à cause des stable coins.
09:36Ce n'est pas la vocation du Bitcoin.
09:37C'est qu'effectivement, comme avant le cash en nature,
09:42c'était un moyen de contourner n'importe quelle sanction,
09:44puisque ça n'a pas d'odeur et ce n'est pas traçable.
09:47Aujourd'hui, toute la monnaie est traçable.
09:51Une grande partie est traçable.
09:53Mais effectivement, il s'avère que dans les stable coins et les Bitcoins,
09:57comme c'est des choses qui sont quand même centralisées
10:00pour les stable coins, mais pas centralisées pour le Bitcoin,
10:02il y a des choses qui peuvent passer plus facilement
10:06qu'à travers d'autres moyens.
10:08Donc, c'est une position un peu étrange,
10:10parce que Tether, effectivement, on peut peut-être l'accuser
10:12de ne pas assez bloquer de comptes.
10:14Bon, ça, je dirais, je ne pense pas que ce soit pour sa réputation.
10:18De toute façon, il n'a pas trop intérêt non plus
10:19à laisser trop de comptes illicites
10:23ou en tout cas, qu'il crée des dommages à ses autres clients,
10:25parce qu'il faut qu'il fasse quand même attention
10:26à la qualité pour ses autres clients,
10:29qu'il ne soit pas trop exposé à ce risque-là.
10:30Donc, je pense qu'il y a quand même un enjeu réputationnel pour Tether.
10:33Mais clairement, en tout cas,
10:35le professeur Seketi n'aime pas les cryptos
10:37et il n'aime pas les stablecoins non plus.
10:39Et il a presque un peu les mêmes arguments
10:40que les Européens sur la réglementation.
10:42C'est-à-dire, il y a de la criminalité,
10:43si on va encore réguler,
10:44ce que vous avez énormément agacé.
10:47Oui, oui.
10:47Et en fait, ce qu'il ne comprend pas,
10:48c'est que la criminalité a toujours trouvé
10:50un moyen de se financer.
10:51Enfin, je veux dire, voilà,
10:52qu'on puisse regretter qu'effectivement,
10:54il y en a plus aujourd'hui sur les stablecoins.
10:56Mais bon, je dirais que c'est juste dû
10:57à l'expansion du marché.
10:58Plus un marché,
10:59on n'y passait de même pas 6 milliards
11:02avant 2020,
11:03à aujourd'hui 300,
11:04ben forcément,
11:05voilà, ça donne des idées.
11:06Argument fallacieux,
11:07dit Nathalie Jansson.
11:08Ça ne va pas du tout.
11:09Et on va continuer à parler de réglementation.
11:11Mais justement,
11:11en Europe,
11:12parce que tic-tac,
11:14ça y est,
11:14ça approche.
11:14j'en ai à quelques jours maintenant,
11:16Hubert Blanjouvent,
11:17de cette période de transition.
11:21MICA, 1er juillet,
11:23comment c'est géré en France,
11:25pour vous, Hubert ?
11:26Alors, merci Sandra.
11:27Effectivement,
11:28on a une actualité particulière
11:30autour du règlement MICA,
11:31avec cette date du 1er juillet 2026,
11:33qui arrive demain,
11:35et qui a un impact absolument critique
11:38sur un certain nombre de prestataires,
11:40de services,
11:41qui jusque-là,
11:41en tout cas en France,
11:42étaient autorisés à fournir des services,
11:44et qui,
11:45dès le 1er juillet 2026,
11:47devront arrêter cette activité,
11:49et interrompre la fourniture de services
11:51à leurs clients.
11:53Alors, juste quelques remarques.
11:54D'abord,
11:54le 1er juillet 2026,
11:55c'est effectivement une date pour la France.
11:57C'est une date aussi,
11:58pour un certain nombre de pays européens,
11:59qui avaient fait le choix
12:00d'une période de transition
12:02la plus longue possible,
12:04bénéficiant ainsi des 18 mois,
12:05qui étaient vraiment
12:06la période la plus longue,
12:08ouverte par les autorités européennes.
12:10D'autres pays européens
12:12ont accordé des périodes de transition
12:14beaucoup plus courte,
12:15de 6 mois pour les Pays-Bas,
12:18par exemple,
12:18ou de 12 mois pour l'Allemagne,
12:20l'Espagne ou l'Italie.
12:21Donc, cette période de 18 mois,
12:23finalement, on peut se dire
12:24que ça a été un atout
12:25pour les prestataires de services français,
12:27qui ont pu bénéficier
12:29de cette période relativement longue.
12:30maintenant, malheureusement,
12:32tous les dossiers n'ont pas pu être instruits.
12:34Il n'y a pas tant que ça.
12:35Et même, au-delà,
12:36tous les prestataires n'ont pas pu déposer de dossiers.
12:41Volontairement, parfois,
12:42parce qu'ils n'ont pas voulu faire face au coût,
12:45en fait.
12:46Ça coûte très cher.
12:46Oui, ça coûte très cher,
12:48à la fois à l'entrée
12:49et puis dans la gestion quotidienne de cette activité.
12:53Devenir agréé en vertu du règlement de MICA
12:55et continuer à exercer cette activité
12:58sous la supervision de l'AMF,
13:01effectivement, ça peut coûter cher.
13:03Ça va rentrer donc en vigueur, là, officiellement,
13:06avec chaque pays qui va avoir le nombre d'acteurs,
13:08finalement, ça y est, qui a cet agrément.
13:11Mais il y a déjà une sorte de période d'observation
13:15pour se dire, ah, est-ce qu'on a bien fait ?
13:17Une sorte de consultation publique
13:19en vue, peut-être, d'améliorer ce texte MICA pour la suite.
13:24Qu'est-ce que ça pourrait changer ?
13:25Vous avez raison, Sandra.
13:26C'est quand même assez amusant
13:28de voir qu'un texte qui a été publié en 2023,
13:32qui est entré pleinement en vigueur
13:34fin décembre 2024,
13:36avec une période de transition qui n'est pas encore achevée,
13:39donne lieu à une consultation publique
13:42qui a pour objet, en fait,
13:45de s'interroger en toute sincérité.
13:48Les Européens se posent la question de savoir
13:50est-ce qu'ils ont bien fait au moyen du règlement MICA ?
13:53Est-ce qu'ils ont bien fait ?
13:54Est-ce qu'ils réglementent bien les services, les produits ?
13:57Est-ce qu'une réglementation sectorielle
14:00sous le règlement MICA
14:02devrait regrouper l'ensemble des instruments,
14:05y compris des instruments financiers tokenisés
14:08qui, pour l'instant, sont réglementés
14:11sous l'empire d'une autre série de textes communautaires ?
14:15Est-ce que tous ces produits
14:16devraient être regroupés sous le règlement MICA, par exemple ?
14:18Ou est-ce que la réglementation
14:20doit rester produit par produit ?
14:23Est-ce que tous les services,
14:24est-ce que toutes les activités
14:25sont bien réglementées sous le règlement MICA ?
14:28Pour vous, c'est de l'amateurisme ?
14:30On n'a pas vu à quoi allait ressembler le secteur ?
14:32Parce que là, ça y est,
14:33on commence à avoir une vue un peu plus précise.
14:35Effectivement, on l'a déjà dit sur ce plateau,
14:37mais il y a les trois quarts des entreprises
14:39qui n'ont pas pu l'avoir, cet agrément, en fait,
14:41sur la totalité du secteur.
14:42Donc, c'est de l'amateurisme ou c'est,
14:44bon, maintenant qu'on a remis de l'ordre,
14:46on va pouvoir un petit peu faire une réflexion
14:47sur les acteurs qui sont solides ?
14:49Alors moi, je vais vous dire,
14:49je le vois plutôt de façon très positive.
14:51Et je ne pense pas du tout
14:52que ce soit de l'amateurisme.
14:53C'est pour moi un révélateur de deux choses.
14:56La première chose, c'est le règlement MICA
14:59se veut un règlement compétitif pour l'Union Européenne.
15:03Donc, face à ce qui est fait aux États-Unis,
15:06face au volontarisme de l'administration américaine,
15:09eh bien, les Européens décident de réagir
15:11et ils réagissent maintenant plus tôt que d'habitude.
15:15Pourquoi pas ? Pour moi, c'est une bonne chose.
15:18La deuxième chose, c'est qu'il est vrai
15:19que le marché des crypto-actifs est un marché
15:22qui évolue à une vitesse extraordinaire.
15:24Des nouveaux produits sont créés
15:26quasiment toutes les semaines ou tous les mois.
15:28Donc, pour moi, le fait que les autorités communautaires
15:32réagissent aussi rapidement,
15:33même si c'est vrai, c'est un peu facteur d'instabilité,
15:36c'est un peu facteur d'insécurité juridique,
15:38mais finalement, pour moi, c'est un bon signe, un signe positif.
15:41Un commentaire sur les stable coins aussi,
15:43parce qu'il y a cette réglementation MICA,
15:45mais c'est vrai que les stable coins,
15:46déjà, on a du mal à en faire en euros,
15:48nous qui sommes Européens.
15:49Et puis, la réglementation, on essaye aussi d'adapter ça.
15:52Comment ça se finalise, finalement, Hubert ?
15:56La réglementation autour des stable coins
15:58est particulièrement complexe.
16:02Et inadaptée, peut-être ?
16:04Et inadaptée, peut-être,
16:05mais en tout cas, elle est particulièrement complexe
16:07parce qu'elle cumule, en fait, l'application
16:09de différentes réglementations communautaires
16:11qui n'ont pas été conçues, forcément,
16:13pour fonctionner ensemble.
16:14Typiquement, sur les stable coins,
16:16quand vous fournissez certains types de services
16:17sur ces produits, vous allez devoir obtenir,
16:20non seulement un agrément sous le règlement MICA,
16:22mais également un règlement de prestataire
16:24de services de paiement,
16:25ou en tout cas d'agent de prestataire
16:26de services de paiement,
16:28pour fournir ces services.
16:29Donc, oui, c'est une réglementation
16:31particulièrement compliquée.
16:32Elle est quand même à l'image de ce type de produit
16:34qui, comme vous le disiez,
16:36soulève un certain nombre de questions.
16:39Est-ce qu'elle va être simplifiée
16:41dans l'avenir, peut-être ?
16:42Est-ce qu'on a donné le secteur crypto aux banques ?
16:46Pardon ?
16:46Est-ce qu'on a donné le secteur crypto aux banques ?
16:49Pas encore, je crois.
16:51Pour moi, la question, c'est
16:52est-ce que les banques vont récupérer
16:53ce secteur crypto ?
16:54Et effectivement, on peut penser
16:56que les acteurs bancaires
16:57sont particulièrement bien équipés
16:59pour récupérer, en fait,
17:01une part importante
17:02dans un secteur régulier.
17:04Elles ont l'habitude
17:05de la réglementation,
17:06de la compliance.
17:07Elles ont les équipes
17:08et les équipes.
17:10Elles ont déjà l'expertise.
17:11Oui, c'est ça, exactement.
17:13Et la confiance, évidemment,
17:14des investisseurs, des consommateurs.
17:16Et ça, c'est vrai que c'est une bonne part aussi
17:18des choses pour faire évoluer le secteur.
17:20Et des régulateurs.
17:21Et des régulateurs, ça, c'est vrai.
17:23Une petite réaction, Marc-Antoine,
17:26sur ce qu'on vient de dire
17:26sur cette réglementation
17:28avant d'aborder notre sujet, pour finir.
17:32Écoutez, moi, justement,
17:34j'allais un peu parler de Mika
17:36et de tous les acteurs régulés casse,
17:39parce que, quand on voit dans la criminalité,
17:41dans la cybercriminalité,
17:42on voit que, c'est vrai que les acteurs régulés
17:44ont tendance à être mieux protégés
17:47des attaques, des cyberattaques
17:49et avoir plus de résilience face à ce risque.
17:52Après, je partage aussi cet avis
17:54selon lequel, une fois que Mika
17:57va être verrouillée à la fin du mois,
17:59en fait, on aura une poignée d'acteurs
18:01qui auront tout le marché
18:02et on aura les banques, effectivement,
18:04qui pourront un peu se servir
18:07et toutes les petites boîtes,
18:08tout l'écosystème de start-up,
18:11toute cette myriade d'entreprises
18:13qu'on a encensées,
18:14qui faisait un peu la fierté française et européenne.
18:18On se demande si elles ne vont pas disparaître,
18:20simplement se faire racheter
18:21ou se faire avaler par les gros.
18:23Oui, effectivement,
18:24c'est la question qu'on se pose.
18:25Bon, c'est vrai qu'il faut qu'on avance.
18:27Donc, quoi qu'il arrive, c'est comme ça
18:28et puis, on verra ce que ça va donner.
18:29Et puis, c'est vrai que ça donne,
18:30en termes de sécurité, des garanties,
18:32malgré tout, parce que c'est le constat
18:33qu'on fait avec vous régulièrement.
18:35Vous enquêtez, vous,
18:36sur les cas d'enlèvement de séquestration
18:38liées aux cryptos en France.
18:39On l'a dit déjà,
18:40on est champions mondiaux dans le domaine.
18:46Finalement, un bilan lié à des fuites de données
18:49qui ont eu liées ces derniers mois, en fait.
18:52C'est ça, en fait.
18:54Quand on enquête un petit peu,
18:55on réalise qu'à la racine de toute cette cybercriminalité,
19:00il y a les fuites de données.
19:02Donc, nous, on a mené une enquête, en fait.
19:05On a remonté après avoir eu des témoignages
19:06pour avoir contacté les forces de l'ordre.
19:09On a vu notamment que le PENACO,
19:11donc le parquet national anti-crime organisé,
19:14a mis 88 personnes en examen dans 12 dossiers.
19:17En général, ce sont des petites mains.
19:19Et quand on continue, en fait,
19:20d'essayer de remonter un peu cette criminalité,
19:23on voit qu'en amont, il y a les fuites de données,
19:26les hacks dont on entend souvent parler,
19:29les fuites de données au niveau de l'ANSI,
19:32de WTO, de Ledger, je ne sais pas,
19:34de n'importe quelle entreprise.
19:36Parfois, vous avez peut-être reçu un mail disant
19:38votre mot de base a été conventu, des choses comme ça.
19:40Et en fait, ça, c'est le premier engrenage de la roue
19:44qui aujourd'hui mène à une atteinte
19:46à l'intégrité physique des personnes.
19:49Quand on lit vos articles, il y a quand même des choses positives.
19:52C'est-à-dire que les personnes sont arrêtées rapidement,
19:54les enquêtes sont menées,
19:55les comparutions immédiates sont faites.
20:00En revanche, ce qu'on voit aussi,
20:02c'est que d'une part, le profil des victimes a changé
20:05et que, évidemment, comme vous l'avez dit,
20:07les commanditaires sont rarement arrêtés, en fait.
20:11C'est ça.
20:12Donc, on a des commanditaires qui sont...
20:13On a eu un qui a été condamné, là, au Maroc, à 25 ans de prison.
20:18Donc, il n'y a pas d'extradition parce qu'il est franco-marocain.
20:21Donc, pour les commanditaires, on a encore un peu de mal.
20:24En plus, il y a des pays où il n'y a carrément pas de collaboration
20:27avec la justice française.
20:30Et au niveau des victimes, on a aussi des soucis
20:33parce qu'en fait, on voit qu'il n'y a pas besoin d'être un influenceur
20:37qui filme sa grosse montre sur les réseaux sociaux pour être ciblé.
20:42Contrairement à un peu ce qu'on peut entendre au niveau de l'État
20:48qui dit, voilà, faites attention à votre présence en ligne.
20:51En fait, ce qu'on appelle l'hygiène numérique,
20:53c'est bien au-delà de frimer sur Instagram.
20:58Il peut y avoir beaucoup de points de fuite de données,
21:01que ce soit au niveau d'une adresse IP qu'on a laissé traîner,
21:04au niveau d'une application qui va avoir un mode GPS activé
21:09qui va permettre ensuite à des personnes de nous identifier.
21:13Et en fait, ce qu'on voit,
21:15ça se rejoint un petit peu ce que je disais avec Mika
21:19et les entreprises CASP,
21:21c'est que ce n'est pas forcément au niveau de l'entreprise finale
21:25avec laquelle on interagit qu'il va y avoir un problème.
21:28Mais ça peut être de plus en plus au niveau des intermédiaires.
21:31Et c'est de plus en plus à ce niveau-là
21:32que les pirates vont aller chercher des failles,
21:36trouver des petits endroits,
21:37récupérer une petite information qui va traîner
21:39et petit à petit en fait,
21:42constituer un dossier, une fiche client
21:44pour à terme arriver à avoir des informations
21:47pour attaquer une entreprise, attaquer un particulier.
21:51Et le tout comme entité de l'étranger
21:53avec un donneur d'ordre qui va réunir une personne
21:59qu'il a pu faire chanter ou corrompre au niveau de l'État
22:04comme on a eu avec quelqu'un du fisc
22:06qui vendait des fiches de ses clients.
22:09– Mais qui avait été jugé en l'occurrence.
22:11C'est suivi, je veux dire,
22:14ce sur quoi vous alertez,
22:16c'est qu'à la fois les enquêtes sont suivies,
22:18il y a des hommes qui sont mis sur le coup,
22:19on l'a dit, les comparations immédiates sont là.
22:22En revanche, les différents services
22:25et notamment avec les commanditaires qui sont à l'étranger
22:28le plus souvent, ont du mal à se coordonner.
22:29Ce qui veut dire que finalement,
22:31les agresseurs ont toujours une longueur d'avance,
22:32pour conclure.
22:34– Exactement, oui.
22:37En fait, il y a une montée en puissance cyber,
22:39ce qui est nécessaire pour pouvoir reprendre la main
22:42sur ce problème.
22:43Il y a une volonté de centraliser au niveau de l'État
22:46qui a créé l'OFAC en fin 2023.
22:50Mais en fait, malgré ça,
22:53en même temps qu'il a créé l'OFAC attaché à la police nationale,
22:56l'État a aussi créé l'UN cyber,
22:58qui est en fait un espèce de service jumeau,
23:01mais au niveau de la gendarmerie.
23:03Et nous, vu qu'on a fait un peu une enquête ces derniers temps,
23:06on a contacté des sources proches du ministère de l'Intérieur,
23:10qui ont bien accepté de témoigner sous l'anonymat.
23:13Et en fait, ce que ça a révélé,
23:14c'est que non seulement ces deux services ne travaillent pas forcément ensemble,
23:18ils ne partagent pas les infos,
23:19parce qu'en fait, il y a un côté un peu guerre de chapelle
23:21qui fait que chacun veut avoir, veut briller,
23:25veut réussir et donc veut devenir le service de référence.
23:29Non seulement ils ne collaborent pas,
23:30mais ils en viennent même dans certains cas
23:32à enquêter l'un sur l'autre pour savoir quelles sont les sources,
23:36que ce que l'autre connaît sur l'affaire,
23:38et donc être en compétition pendant qu'il y a une personne
23:42qui est retenue otage comme c'est arrivé lors d'un enlèvement dans l'ISER.
23:48Donc il y a un vrai problème de coordination en fait.
23:50Oui, oui, c'est ça.
23:51Et effectivement, il va falloir que ça avance aussi,
23:53parce que vous l'avez dit,
23:55ils ont étendu finalement leur champ d'action à des investisseurs
23:59qui ne font pas fortune.
24:00Dans un de votre article,
24:01on voit bien qu'il y a une des victimes qui dit
24:04quand j'ai vu combien ils me demandaient,
24:07j'ai compris qu'ils ne savaient pas qui j'étais,
24:08parce qu'effectivement, je n'avais pas cette somme-là.
24:10Donc c'est complètement fou cette façon d'agir.
24:14Merci à tous les trois, ça me fait penser qu'il faudra qu'on fasse
24:17une émission spéciale hygiène numérique,
24:20notamment sur vos outils crypto,
24:21et on en fera une d'ici la fin de la saison, je vous le promets.
24:24Merci à tous les trois d'être venus dans cette émission.
24:26Nathalie Jansson, économiste, professeure à la Néoma Business School,
24:29présidente de Génération Libre.
24:31Hubert Blanjouvent, avocat associé en financement au sein du cabinet HHR.
24:34C'était Marc-Antoine Campoletti, journaliste chez Cryptost.
24:38Merci pour vos infos, émissions à retrouver en podcast et en replay
24:41sur notre appli et notre site.
24:43Je vous laisse entre les mains de BFM Bourse.
24:45Très bonne journée sur BFM Business.
24:48BFM Business, BFM Crypto, le club.
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