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  • il y a 16 heures
Ce vendredi 20 février, dans sa chronique USA Today, John Plassard, associé, responsable de la stratégie d’investissement de Cité Gestion, s'est penché sur la déception sur la progression du PIB américain, les impacts d'une éventuelle guerre ouverte entre les Etats-Unis et l'Iran, l'avertissement de Blue Owl sur le private equity, l'exposition des acteurs du private equity au secteur des logiciels, et les pannes liées à des outils IA chez AWS. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer sur BFM Business.

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00:01– Bienvenue à tous, on ouvre BFM Bourse en même temps que Wall Street est en train d'ouvrir,
00:05c'est la rive américaine du monde qui s'ouvre à nous, l'ouverture de ce marché US avec John
00:09Plassard,
00:09il est là, notre Dream Team pour Cité Gestion, bonjour John, on est ravis.
00:13– Bonjour Guillaume, bonjour Antoine.
00:14– Ravi de vous retrouver aujourd'hui John avec des indices américains qui ouvrent dans le rouge,
00:18le S&P 500, Pair 02, le Nasdaq aussi est en baisse avec une croissance américaine,
00:22des indicateurs américains qui ont été publiés, qui doivent mettre Donald Trump vraiment tout rouge,
00:27colère, le PIB américain bien moins bon qu'attendu et l'inflation supérieure aux attentes John.
00:32– Vous voyez clairement, 1,4% au quatrième trimestre, on attendait 3%.
00:38Alors bon, il faut faire attention, vous savez, aux comparaisons,
00:41parce qu'au troisième trimestre on était à 4,4%,
00:43mais la faiblesse principale, elle vient évidemment de ce fameux shutdown.
00:51Vous vous souvenez Guillaume, le shutdown en décembre dernier,
00:54eh bien on avait eu le plus long shutdown de l'histoire américaine
00:59et donc ça, ça avait poussé à une baisse des dépenses publiques,
01:04une chute de moins 5,1%.
01:07Il y a une autre chose qui pose un tout petit peu plus de problème
01:10si on enlève le shutdown, c'est que la consommation,
01:13qui est vraiment le pilier central de l'économie américaine,
01:17a ralenti de 2,4% contre 3,5%.
01:21Et puis on a aussi le commerce extérieur qui a ralenti avec des exportations en baisse.
01:26Alors évidemment, si on regarde ces chiffres,
01:29ils seront certainement corrigés au premier ou au deuxième trimestre de cette année,
01:33mais on est toujours dans une croissance qui ralentit légèrement dans ce soft lending.
01:39Vous savez, on reparle du soft lending parce que sur l'année 2025,
01:43la croissance est de 2,2% contre 2,8% en 2024.
01:48Alors on ne s'effondre pas, mais on est dans une mode de ralentisme.
01:52Dites donc quand même mauvaise semaine pour Donald Trump quand on regarde les indicateurs.
01:55Effectivement, la croissance américaine sous les attentes,
01:57l'inflation, le PCE-Corp au-dessus des attentes
02:00et le déficit commercial qui s'aggrave malgré les droits d'ouane.
02:03Alors il a dit non, mais ça va se résoudre et cette année,
02:05ce sera super du côté de la balance commerciale américaine.
02:08C'est comme ça que Donald Trump a réagi, on verra.
02:10En attendant, on a des cours du pétrole qui restent sous pression.
02:13Pourquoi ? Parce que Washington est en train de déployer, John,
02:15autour de l'Iran, les plus fortes capacités militaires depuis la guerre en Irak en 2003.
02:19Comment regardez-vous ce qui se passe et les impacts qu'aurait une guerre ouverte entre Américains et Iraniens ?
02:26Alors on passe la ligne rouge à ce niveau-là, s'il devait y avoir une vraie guerre.
02:31Ce n'est pas du tout ce qu'on a vu par le passé.
02:34On serait vraiment dans une crise pétrolière déjà très grave.
02:38Évidemment, on l'a dit tout au long de la semaine, le détroit d'Ormouz,
02:42vous avez quand même 25% du pétrole mondial qui transite.
02:46Donc s'il y a une perturbation, évidemment, le baril passe au-dessus des 90,
02:50voire des 100 dollars quasi immédiatement.
02:53On est dans un choc pétrolier qui oblige les banques centrales à laisser les taux où ils sont,
03:00voire à remonter les taux parce qu'on sait qu'on sera dans une situation où il y aura de
03:06l'inflation.
03:06Encore une mauvaise nouvelle pour Donald Trump, pourtant c'est lui potentiellement qui va appuyer sur le bouton pour qu
03:13'il y ait une intervention militaire en Iran.
03:15Et puis évidemment, les impacts qu'on verrait, et on le voit déjà un tout petit peu sur le dollar
03:21depuis quelques jours.
03:22Eh bien le dollar et les valeurs refuge s'apprécieraient.
03:25Et on l'a vu avec le dollar, on le voit avec l'or, puisque aujourd'hui on repasse au
03:31-dessus des 5 000 dollars l'once et aussi au niveau du franc suisse.
03:36Donc en fait, les conséquences vont nettement au-delà de l'énergie, perturbations sur le pétrole, sur l'inflation, sur
03:43les banques centrales et puis évidemment sur la volatilité.
03:47Et puis juste, je me permets juste de dire une chose, Guillaume, qui est assez importante, on rappelle que l
03:53'Iran, c'est la troisième réserve de pétrole au monde et la deuxième réserve de gaz au monde.
03:59Oui, effectivement, il faut suivre ça.
04:00Et alors cet auditeur nous écrit sur I, qui s'appelle Fernand, faut-il revenir sur les valeurs pétrolières, vu
04:05que les cours remontent ?
04:07Alors c'est une question qui est assez compliquée parce qu'on voit qu'il y a, je viens de
04:11le dire, il y a beaucoup de volatilité.
04:13On sait évidemment, lorsqu'on parle du détroit d'Ormousse, que les prix du baril peuvent monter très rapidement.
04:19Mais on est dans une situation où normalement, historiquement, alors toutes les situations sont différentes, mais historiquement, les valeurs pétrolières,
04:27elles surperforment, surtout avant et pendant l'incertitude.
04:31Mais dès qu'on a des frappes ou on est dans le cœur de l'action, je dirais, ces valeurs
04:40pétrolières tendent à baisser.
04:42Donc ce qu'il aurait fallu faire, et c'est toujours très facile de regarder dans le rétroviseur, mais ce
04:46qu'il aurait fallu faire, c'est investir avant.
04:50Maintenant, ce qu'il faut dire, c'est que si on revient sur les fondamentaux, sur le message de l
04:55'OPEP+,
04:56c'est que leur prévision, c'est qu'il y a beaucoup plus d'offres que de demandes.
05:01Donc lorsqu'on regarde l'offre et la demande, on est plutôt vers un prix du baril qui est baissier,
05:07plus qu'autre chose.
05:08Donc on aura de la volatilité, ça c'est sûr.
05:11Maintenant, ce qu'il faut acheter aujourd'hui, les valeurs pétrolières, qui avaient bien fait l'année passée, ce serait
05:16un tout petit peu risqué.
05:18Wall Street vient d'ouvrir, on est en petite baisse sur le S&P, moins 0,1%, le Nasdaq lui
05:21gagne 0,1%.
05:22Dans quelques minutes, Eric Blen sera avec nous, il parlera cash, Eric, parce que pendant ce temps, l'Europe, elle,
05:27continue de surperformer, faire beaucoup mieux de Wall Street.
05:29D'ailleurs, les actions européennes, le marché européen, sont en train de se diriger vers leurs flux entrants mensuels les
05:34plus élevés de l'histoire, là, en février.
05:37Les premières semaines de février ont vu des flux entrants records, jamais vus, et donc février pourrait signer le meilleur
05:44mois historique en termes de flux entrants pour l'Europe.
05:46On en parlera donc dans quelques minutes avec Eric Blen, on reviendra sur les publications d'entreprises aussi à Paris.
05:50Air Liquide, qui est vraiment saluée aujourd'hui, le titre, gagne 4%.
05:53Pendant ce temps, quand même, aux États-Unis, il y a toujours des doutes, des craintes autour de l'IA,
05:56le scare trade continue.
05:57L'IA va-t-elle faire aussi exploser le marché de la dette privée ?
06:01Blue All Capital, géant du crédit privé, vient de bloquer les retraits sur l'un de ces fonds destinés aux
06:06particuliers.
06:06Et il y a un lien avec l'IA et les logiciels, John.
06:09Oui, tout à fait. Ils ont déclenché vraiment un signal d'alerte majeur pour le private equity parce qu'ils
06:16ont annoncé le remboursement anticipé de 30% du capital aux investisseurs sous 45 jours et la vente de 1
06:23,4 milliard de dollars de prêts.
06:25Et on a eu, et c'est là où on voit ce qu'on appelle dans le système bancaire, le
06:29bank run, où tout le monde, tout d'un coup, veut son argent et veut le remboursement des investissements qu
06:35'ils avaient faits.
06:35Les demandes de retrait ont explosé de près de 200% au quatrième trimestre.
06:40Ils ont atteint près de 3 milliards de dollars.
06:43Et vous l'avez dit, eh bien, l'ombre que l'on voit poindre derrière, eh bien, c'est les
06:51softwares.
06:51C'est la question sur les softwares, la question de l'investissement dans les softwares.
06:55Et notamment, vous vous souvenez, le private equity qui avait investi massivement dans les softwares durant les années Covid.
07:02Eh bien, ces prix ont nettement baissé.
07:04Et aujourd'hui, on a, pour certaines entreprises, pas pour toutes, mais on a cet effet boule de neige.
07:11Et lorsqu'on veut être remboursé, eh bien, tout le monde, tout d'un coup, veut être remboursé.
07:15Et ici, alors, on n'en est pas encore à un problème systémique, mais effectivement, si on devait avoir de
07:23plus en plus de demandes de remboursement,
07:25eh bien, ça pourrait avoir un impact direct sur tous les marchés, au-delà des softwares et aussi sur les
07:31marchés boursiers mondiaux.
07:32Parce que la question que le marché se pose, c'est, par exemple, Blue All Capital, là, donc, qui gèle
07:38les retraits sur un de ses fonds,
07:39ou encore Blackstone, le géant de la dette privée, quelle exposition ont-ils vis-à-vis des logiciels ?
07:44C'est ça, la question, parce que quand on voit un pont entier du marché, un secteur s'effondrer comme
07:47ça,
07:47évidemment, ça entraîne des ventes paniques, des retraits, et on peut geler tout cela.
07:51On peut empêcher les retraits dans cet univers de la dette privée comme du private equity.
07:54La question, c'est donc, quelle exposition au secteur des logiciels et au futur secteur a amené à être disrupté
07:59?
07:59Ces acteurs du crédit privé ou du private equity ont-ils ?
08:03Oui, exactement. Et puis, on a vu, par sympathie, des ans, vous avez parlé de Blackstone,
08:08mais on a vu Ares, on a vu Apollo, qui se sont littéralement effondrés en bourse ces derniers jours.
08:13Et effectivement, le doute, comme on l'a eu lorsqu'on avait la crise des banques domestiques aux États-Unis,
08:20eh bien, le doute, c'est de savoir qui a du private equity et surtout, quel type de private equity
08:25ont ces fonds.
08:27Et pour l'instant, bien évidemment, c'est une black box, c'est le cas de le dire.
08:30Et en fait, on ne sait pas vraiment. Donc, lorsqu'on ne sait pas, eh bien, on vend ces titres
08:36en bourse.
08:37John, on a cette espèce de narratif de marché là autour, et cette stratégie de marché autour de l'IA
08:44va tout disrupter.
08:45L'IA est censée aussi disrupter le code.
08:49Et on a appris qu'Amazon, en décembre, a eu les pires ennuis avec un de ses logiciels qui était
08:55bricolé via une IA,
08:56qui connaissait des bugs très, très importants.
08:59Bon, l'IA ne va peut-être pas tout disrupter, mais en tout cas, là où ça disrupte, il y
09:03a aussi des risques.
09:05Oui, tout à fait.
09:06Mais vous savez, Antoine, on met le doigt sur une question cruciale,
09:12parce qu'évidemment, cette IA, eh bien, elle a été créée par un homme.
09:17Donc, l'IA reste dépendant de la qualité des instructions et du contrôle humain.
09:24On y revient, on n'est pas encore dans cette AI générative qui, elle-même, se donne des instructions.
09:30Donc, c'est assez intéressant qu'évidemment, on dit que l'IA n'est pas parfaite,
09:34mais l'IA, elle est instruite, la data, les données sont instruites par l'humain.
09:39Donc, évidemment, le principal risque ici, c'est la propagation instantanée d'erreurs,
09:44parce que si vous avez une erreur qui est générée par l'AI,
09:48elle peut être déployée simultanément dans des millions de lignes de code
09:52et des infrastructures critiques.
09:54Donc, on peut avoir à nouveau, comme on parlait sur le private equity,
09:58là-dessus aussi un effet boule de neige.
10:00John Passard avec nous, Cité Gestion.
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