00:01– Bienvenue à tous, on ouvre BFM Bourse en même temps que Wall Street est en train d'ouvrir,
00:05c'est la rive américaine du monde qui s'ouvre à nous, l'ouverture de ce marché US avec John
00:09Plassard,
00:09il est là, notre Dream Team pour Cité Gestion, bonjour John, on est ravis.
00:13– Bonjour Guillaume, bonjour Antoine.
00:14– Ravi de vous retrouver aujourd'hui John avec des indices américains qui ouvrent dans le rouge,
00:18le S&P 500, Pair 02, le Nasdaq aussi est en baisse avec une croissance américaine,
00:22des indicateurs américains qui ont été publiés, qui doivent mettre Donald Trump vraiment tout rouge,
00:27colère, le PIB américain bien moins bon qu'attendu et l'inflation supérieure aux attentes John.
00:32– Vous voyez clairement, 1,4% au quatrième trimestre, on attendait 3%.
00:38Alors bon, il faut faire attention, vous savez, aux comparaisons,
00:41parce qu'au troisième trimestre on était à 4,4%,
00:43mais la faiblesse principale, elle vient évidemment de ce fameux shutdown.
00:51Vous vous souvenez Guillaume, le shutdown en décembre dernier,
00:54eh bien on avait eu le plus long shutdown de l'histoire américaine
00:59et donc ça, ça avait poussé à une baisse des dépenses publiques,
01:04une chute de moins 5,1%.
01:07Il y a une autre chose qui pose un tout petit peu plus de problème
01:10si on enlève le shutdown, c'est que la consommation,
01:13qui est vraiment le pilier central de l'économie américaine,
01:17a ralenti de 2,4% contre 3,5%.
01:21Et puis on a aussi le commerce extérieur qui a ralenti avec des exportations en baisse.
01:26Alors évidemment, si on regarde ces chiffres,
01:29ils seront certainement corrigés au premier ou au deuxième trimestre de cette année,
01:33mais on est toujours dans une croissance qui ralentit légèrement dans ce soft lending.
01:39Vous savez, on reparle du soft lending parce que sur l'année 2025,
01:43la croissance est de 2,2% contre 2,8% en 2024.
01:48Alors on ne s'effondre pas, mais on est dans une mode de ralentisme.
01:52Dites donc quand même mauvaise semaine pour Donald Trump quand on regarde les indicateurs.
01:55Effectivement, la croissance américaine sous les attentes,
01:57l'inflation, le PCE-Corp au-dessus des attentes
02:00et le déficit commercial qui s'aggrave malgré les droits d'ouane.
02:03Alors il a dit non, mais ça va se résoudre et cette année,
02:05ce sera super du côté de la balance commerciale américaine.
02:08C'est comme ça que Donald Trump a réagi, on verra.
02:10En attendant, on a des cours du pétrole qui restent sous pression.
02:13Pourquoi ? Parce que Washington est en train de déployer, John,
02:15autour de l'Iran, les plus fortes capacités militaires depuis la guerre en Irak en 2003.
02:19Comment regardez-vous ce qui se passe et les impacts qu'aurait une guerre ouverte entre Américains et Iraniens ?
02:26Alors on passe la ligne rouge à ce niveau-là, s'il devait y avoir une vraie guerre.
02:31Ce n'est pas du tout ce qu'on a vu par le passé.
02:34On serait vraiment dans une crise pétrolière déjà très grave.
02:38Évidemment, on l'a dit tout au long de la semaine, le détroit d'Ormouz,
02:42vous avez quand même 25% du pétrole mondial qui transite.
02:46Donc s'il y a une perturbation, évidemment, le baril passe au-dessus des 90,
02:50voire des 100 dollars quasi immédiatement.
02:53On est dans un choc pétrolier qui oblige les banques centrales à laisser les taux où ils sont,
03:00voire à remonter les taux parce qu'on sait qu'on sera dans une situation où il y aura de
03:06l'inflation.
03:06Encore une mauvaise nouvelle pour Donald Trump, pourtant c'est lui potentiellement qui va appuyer sur le bouton pour qu
03:13'il y ait une intervention militaire en Iran.
03:15Et puis évidemment, les impacts qu'on verrait, et on le voit déjà un tout petit peu sur le dollar
03:21depuis quelques jours.
03:22Eh bien le dollar et les valeurs refuge s'apprécieraient.
03:25Et on l'a vu avec le dollar, on le voit avec l'or, puisque aujourd'hui on repasse au
03:31-dessus des 5 000 dollars l'once et aussi au niveau du franc suisse.
03:36Donc en fait, les conséquences vont nettement au-delà de l'énergie, perturbations sur le pétrole, sur l'inflation, sur
03:43les banques centrales et puis évidemment sur la volatilité.
03:47Et puis juste, je me permets juste de dire une chose, Guillaume, qui est assez importante, on rappelle que l
03:53'Iran, c'est la troisième réserve de pétrole au monde et la deuxième réserve de gaz au monde.
03:59Oui, effectivement, il faut suivre ça.
04:00Et alors cet auditeur nous écrit sur I, qui s'appelle Fernand, faut-il revenir sur les valeurs pétrolières, vu
04:05que les cours remontent ?
04:07Alors c'est une question qui est assez compliquée parce qu'on voit qu'il y a, je viens de
04:11le dire, il y a beaucoup de volatilité.
04:13On sait évidemment, lorsqu'on parle du détroit d'Ormousse, que les prix du baril peuvent monter très rapidement.
04:19Mais on est dans une situation où normalement, historiquement, alors toutes les situations sont différentes, mais historiquement, les valeurs pétrolières,
04:27elles surperforment, surtout avant et pendant l'incertitude.
04:31Mais dès qu'on a des frappes ou on est dans le cœur de l'action, je dirais, ces valeurs
04:40pétrolières tendent à baisser.
04:42Donc ce qu'il aurait fallu faire, et c'est toujours très facile de regarder dans le rétroviseur, mais ce
04:46qu'il aurait fallu faire, c'est investir avant.
04:50Maintenant, ce qu'il faut dire, c'est que si on revient sur les fondamentaux, sur le message de l
04:55'OPEP+,
04:56c'est que leur prévision, c'est qu'il y a beaucoup plus d'offres que de demandes.
05:01Donc lorsqu'on regarde l'offre et la demande, on est plutôt vers un prix du baril qui est baissier,
05:07plus qu'autre chose.
05:08Donc on aura de la volatilité, ça c'est sûr.
05:11Maintenant, ce qu'il faut acheter aujourd'hui, les valeurs pétrolières, qui avaient bien fait l'année passée, ce serait
05:16un tout petit peu risqué.
05:18Wall Street vient d'ouvrir, on est en petite baisse sur le S&P, moins 0,1%, le Nasdaq lui
05:21gagne 0,1%.
05:22Dans quelques minutes, Eric Blen sera avec nous, il parlera cash, Eric, parce que pendant ce temps, l'Europe, elle,
05:27continue de surperformer, faire beaucoup mieux de Wall Street.
05:29D'ailleurs, les actions européennes, le marché européen, sont en train de se diriger vers leurs flux entrants mensuels les
05:34plus élevés de l'histoire, là, en février.
05:37Les premières semaines de février ont vu des flux entrants records, jamais vus, et donc février pourrait signer le meilleur
05:44mois historique en termes de flux entrants pour l'Europe.
05:46On en parlera donc dans quelques minutes avec Eric Blen, on reviendra sur les publications d'entreprises aussi à Paris.
05:50Air Liquide, qui est vraiment saluée aujourd'hui, le titre, gagne 4%.
05:53Pendant ce temps, quand même, aux États-Unis, il y a toujours des doutes, des craintes autour de l'IA,
05:56le scare trade continue.
05:57L'IA va-t-elle faire aussi exploser le marché de la dette privée ?
06:01Blue All Capital, géant du crédit privé, vient de bloquer les retraits sur l'un de ces fonds destinés aux
06:06particuliers.
06:06Et il y a un lien avec l'IA et les logiciels, John.
06:09Oui, tout à fait. Ils ont déclenché vraiment un signal d'alerte majeur pour le private equity parce qu'ils
06:16ont annoncé le remboursement anticipé de 30% du capital aux investisseurs sous 45 jours et la vente de 1
06:23,4 milliard de dollars de prêts.
06:25Et on a eu, et c'est là où on voit ce qu'on appelle dans le système bancaire, le
06:29bank run, où tout le monde, tout d'un coup, veut son argent et veut le remboursement des investissements qu
06:35'ils avaient faits.
06:35Les demandes de retrait ont explosé de près de 200% au quatrième trimestre.
06:40Ils ont atteint près de 3 milliards de dollars.
06:43Et vous l'avez dit, eh bien, l'ombre que l'on voit poindre derrière, eh bien, c'est les
06:51softwares.
06:51C'est la question sur les softwares, la question de l'investissement dans les softwares.
06:55Et notamment, vous vous souvenez, le private equity qui avait investi massivement dans les softwares durant les années Covid.
07:02Eh bien, ces prix ont nettement baissé.
07:04Et aujourd'hui, on a, pour certaines entreprises, pas pour toutes, mais on a cet effet boule de neige.
07:11Et lorsqu'on veut être remboursé, eh bien, tout le monde, tout d'un coup, veut être remboursé.
07:15Et ici, alors, on n'en est pas encore à un problème systémique, mais effectivement, si on devait avoir de
07:23plus en plus de demandes de remboursement,
07:25eh bien, ça pourrait avoir un impact direct sur tous les marchés, au-delà des softwares et aussi sur les
07:31marchés boursiers mondiaux.
07:32Parce que la question que le marché se pose, c'est, par exemple, Blue All Capital, là, donc, qui gèle
07:38les retraits sur un de ses fonds,
07:39ou encore Blackstone, le géant de la dette privée, quelle exposition ont-ils vis-à-vis des logiciels ?
07:44C'est ça, la question, parce que quand on voit un pont entier du marché, un secteur s'effondrer comme
07:47ça,
07:47évidemment, ça entraîne des ventes paniques, des retraits, et on peut geler tout cela.
07:51On peut empêcher les retraits dans cet univers de la dette privée comme du private equity.
07:54La question, c'est donc, quelle exposition au secteur des logiciels et au futur secteur a amené à être disrupté
07:59?
07:59Ces acteurs du crédit privé ou du private equity ont-ils ?
08:03Oui, exactement. Et puis, on a vu, par sympathie, des ans, vous avez parlé de Blackstone,
08:08mais on a vu Ares, on a vu Apollo, qui se sont littéralement effondrés en bourse ces derniers jours.
08:13Et effectivement, le doute, comme on l'a eu lorsqu'on avait la crise des banques domestiques aux États-Unis,
08:20eh bien, le doute, c'est de savoir qui a du private equity et surtout, quel type de private equity
08:25ont ces fonds.
08:27Et pour l'instant, bien évidemment, c'est une black box, c'est le cas de le dire.
08:30Et en fait, on ne sait pas vraiment. Donc, lorsqu'on ne sait pas, eh bien, on vend ces titres
08:36en bourse.
08:37John, on a cette espèce de narratif de marché là autour, et cette stratégie de marché autour de l'IA
08:44va tout disrupter.
08:45L'IA est censée aussi disrupter le code.
08:49Et on a appris qu'Amazon, en décembre, a eu les pires ennuis avec un de ses logiciels qui était
08:55bricolé via une IA,
08:56qui connaissait des bugs très, très importants.
08:59Bon, l'IA ne va peut-être pas tout disrupter, mais en tout cas, là où ça disrupte, il y
09:03a aussi des risques.
09:05Oui, tout à fait.
09:06Mais vous savez, Antoine, on met le doigt sur une question cruciale,
09:12parce qu'évidemment, cette IA, eh bien, elle a été créée par un homme.
09:17Donc, l'IA reste dépendant de la qualité des instructions et du contrôle humain.
09:24On y revient, on n'est pas encore dans cette AI générative qui, elle-même, se donne des instructions.
09:30Donc, c'est assez intéressant qu'évidemment, on dit que l'IA n'est pas parfaite,
09:34mais l'IA, elle est instruite, la data, les données sont instruites par l'humain.
09:39Donc, évidemment, le principal risque ici, c'est la propagation instantanée d'erreurs,
09:44parce que si vous avez une erreur qui est générée par l'AI,
09:48elle peut être déployée simultanément dans des millions de lignes de code
09:52et des infrastructures critiques.
09:54Donc, on peut avoir à nouveau, comme on parlait sur le private equity,
09:58là-dessus aussi un effet boule de neige.
10:00John Passard avec nous, Cité Gestion.
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