00:00Puis aux Etats-Unis, Oracle bien sûr qui cartonne, Wall Street a ouvert il y a maintenant une heure, on
00:04va en parler, notre Dream Team est là, John Plassard pour Cité Gestion, bonjour John, ravi de vous retrouver.
00:09Bonjour Guillaume, bonjour Antoine.
00:10Et Antoine il est là aussi effectivement, re-bonjour Antoine.
00:12Re-bonjour Guillaume.
00:14On va regarder tout de suite comment Wall Street réagit donc à la chance internationale de l'énergie qui officialise
00:19donc le fait que 400 millions de barils, 400 millions seront désormais libérés.
00:24Écoutez, pas de manière vraiment définie, on a une ouverture très très mitigée du côté de Wall Street avec moins
00:320,63% au compteur pour le Dow Jones, le Nasdaq lui gagne 0,25%, oui mais il y a
00:39une entre guillemets anomalie, il y a Oracle qui vraiment stimule les valeurs technologiques, on est en hausse de 12
00:46,5% sur le titre Oracle, on voit que les investisseurs sont vraiment rassurés par la publication du groupe.
00:51Et puis du côté de notre CAC 40, on perd 0,46%, 8 020 points.
00:56John, est-ce que c'est un whatever it takes de la part de l'agence internationale de l'énergie
01:00qui libère d'un coup comme ça 400 millions de barils, c'est officiel en puisant dans ses réserves stratégiques,
01:04en libérant une partie de ses réserves stratégiques ?
01:07D'abord il faut rappeler ce qui s'était passé durant la guerre ukrainienne, vous aviez donc l'agence internationale
01:14qui avait libéré 182 millions de barils et donc c'est beaucoup plus, c'est plus du double.
01:21Donc théoriquement évidemment ça devrait faire du bien, mais on en a parlé hier avec les réserves stratégiques, le problème
01:27c'est pas la quantité, le problème il est mathématique.
01:31Parce que si les flux du Golfe étaient réellement perturbés et ils commencent à l'être de plus en plus,
01:36eh bien le choc qui passe à travers le Golfe d'Ormouz pourrait atteindre de 16 à 17 millions de
01:44barils par jour,
01:45alors que la consommation mondiale, elle dépasse les 100 millions de barils par jour.
01:51Donc même avec une libération massive, comme on vient de l'entendre, de réserves, ça ne va pas compenser, ou
01:58ça va compenser qu'une part extrêmement limitée du déficit potentiel.
02:03Donc on est dans une situation où effectivement on fait tout ce qu'on veut, il faut rappeler que les
02:09stocks stratégiques des pays membres de l'agence internationale de l'énergie représentent environ 1,5 milliard de barils,
02:17mais il faut le rappeler, on l'a dit pour les États-Unis, ils sont destinés à absorber des ruptures
02:24majeures d'approvisionnement, pas à stabiliser les marchés,
02:28et à stabiliser à chaque fois que vous avez une hausse ou une baisse du prix de l'énergie.
02:33Aujourd'hui on n'a pas encore une rupture totale de l'approvisionnement, donc il faut faire attention.
02:38On est en train de libérer 400 millions, mais pour l'instant ça ne sert pas à grand chose, et
02:43on le voit sur le prix du baril.
02:44Il n'est pas en train de baisser fortement, puisque déjà il y avait une anticipation, et comme je disais
02:50avant, le problème il est mathématique et logistique.
02:53Oui, et c'est vrai que les cours du pétrole ne se détendent pas malgré l'officialisation par l'AIE
02:58de la libération d'une partie de ses stocks stratégiques.
03:00Le Brent est toujours à plus de 90 dollars, en hausse quasiment 91 dollars d'ailleurs en ce moment le
03:05Brent, le brut léger américain lui est à 86 dollars.
03:09Alors forcément les chiffres d'inflation, les indicateurs traditionnels vont finir par devenir un peu caduques et obsolètes,
03:14mais enfin quand même, on a un chiffre sur l'inflation américaine qui a été publié aujourd'hui, sans grande
03:17surprise d'ailleurs ce chiffre,
03:18les prix à la consommation du mois de février aux Etats-Unis tu vois.
03:22Oui tout à fait, mais ils sont là pour nous rassurer d'une certaine manière avant de parler du futur.
03:28Vous savez, c'est ça la frustration dans les marchés financiers, c'est qu'on parle toujours de ce qui
03:32va se passer les mois prochains,
03:34et pas de ce qui vient de se passer alors qu'au mois de février, l'inflation annuelle aux Etats
03:38-Unis est restée à 2,4% les stades par rapport à janvier,
03:42et puis elle est à son plus bas niveau depuis mai 2025.
03:46Donc c'était assez, je vous dirais, assez rassurant, je parle au passé bien évidemment,
03:50et on notait que les prix de l'énergie montaient un peu, on notait une stabilité sur l'inflation des
03:56logements et de l'alimentation,
03:58ça c'est très important, pour Trump notamment, les prix de l'alimentation sont à plus 3,1%,
04:03donc largement au-dessus du mandat de la réserve fédérale américaine,
04:07mais évidemment tout le monde se focalise sur les prochains chiffres.
04:12On a dit que si le prix du baril restait élevé pendant au moins 4 semaines,
04:18et bien ça commencerait à se voir, l'inflation commencerait à se voir,
04:22et bien au milieu de l'année sur les prix à la production et plus ou moins au troisième trimestre
04:29sur l'inflation CPI.
04:31Donc tout le monde attend ces prochains chiffres qui seront publiés ces prochains mois,
04:37donc évidemment ça ne rassure pas vraiment les marchés, vous l'avez dit Guillaume.
04:40Et le détroit d'Hormuz, pour l'instant ce détroit d'Hormuz, il reste paralysé à l'heure où l
04:44'on parle,
04:45on ne sait toujours pas si véritablement les Iraniens ont posé des mines dans le détroit,
04:49il n'y a toujours pas de confirmation, ni d'information véritable,
04:53si bien donc rien que l'idée qu'il puisse y avoir des mines va contribuer à bloquer encore plus
04:58sans doute ce trafic.
04:59La question c'est pour combien de temps ?
05:01Des sources citées Plabomberg nous expliquent qu'un certain nombre de transporteurs maritimes
05:05ont déjà tenté de contacter l'armée américaine pour les escorter,
05:08et que l'armée américaine, la Navy a dit non, pour l'instant on ne peut pas parce que ce
05:11n'est pas suffisamment sûr.
05:12Voilà où on en est dans ce conflit, on y reviendra tout à l'heure.
05:14Pour l'instant, le business de la guerre aussi, puisque Boeing décroche un contrat auprès de l'État d'Israël,
05:20un contrat pour 5000 bombes intelligentes, contrat de 289 millions de dollars pour Boeing, John.
05:25Oui, vous parliez de Rheinmetall avant, on peut parler de Boeing,
05:30vous avez dit ce qu'on appelle des bombes intelligentes,
05:33c'est des bombes guidées qui ont des marges de manœuvre extrêmement réduites,
05:38elles transforment des bombes conventionnelles en munitions de précision capables de frapper de manière chirurgicale des cibles,
05:47c'est comme ça qu'on le dit, évidemment ça illustre la forte demande d'armement depuis le retour des
05:55tensions géopolitiques.
05:56Alors on savait qu'il y avait des tensions en Ukraine, on l'oublie malheureusement souvent,
06:00mais là avec le regain de tensions au Moyen-Orient, c'est un business qui fructifie,
06:07c'est la réalité économique des conflits modernes avec des commandes d'armement,
06:13mais aussi des commandes d'armement de précision et Boeing est en plein dedans.
06:18Wall Street donc a ouvert, il y a maintenant 1h07, les Américains sont déjà passés à l'heure d'été,
06:22ils ont pris de l'avance, ça va durer 3 semaines comme ça ce décalage,
06:25pendant 3 semaines Wall Street ouvrira à 14h30, heure de Paris.
06:28Et donc on est très mitigé là sur les marchés américains, même si Oracle,
06:31Antoine en parlait, Oracle cartonne, il publie au-dessus des attentes
06:35et peut-être Oracle n'aura-t-il plus besoin de lever des fonds l'an prochain ?
06:38Oracle gagne 12% là cet après-midi, John.
06:40Vous avez tout dit Guillaume, Oracle a publié un chiffre d'affaires
06:44qui est largement au-dessus des attentes à 17,2 milliards de dollars,
06:49on attendait 16,9 milliards de dollars, c'est important,
06:52surtout lorsqu'on sait que c'est la croissance de l'intelligence artificielle
06:57qui nous permet d'avoir un carnet de commandes
07:00et de soutenir une croissance des revenus au moins jusqu'en 2027.
07:05Et vous l'avez dit, la clé ici c'est la pression financière,
07:07on savait que le titre avait fait le yo-yo et notamment avait baissé dernièrement
07:13parce qu'on craignait qu'il y ait trop de pression financière sur Oracle,
07:17et bien on apprend qu'Oracle c'est eux qui estiment ne pas avoir besoin de lever de nouveaux capitaux.
07:24Donc évidemment ça rassure les investisseurs et on est dans une situation aussi,
07:29dernier point qui est important pour les résultats,
07:32c'est que les marges sur le cloud sont amenées à s'améliorer.
07:36Donc c'est très positif.
07:37Pour la première fois en 15 ans, Oracle parvient en 2025 à faire progresser de plus de 20%
07:43simultanément son chiffre d'affaires et son bénéfice par action.
07:45Alors est-ce que ça ne valait pas le coup d'annoncer ces montagnes d'investissement,
07:48ce qui avait fait s'effondrer Oracle ?
07:49En tout cas Oracle nous dit que ses infrastructures d'IA lui ont permis de voir les revenus de cette
07:54activité-là
07:55progresser de 243% sur un an, et alors les commandes triples,
07:59les carnets de commandes triples pour l'année à venir.
08:02Ceci dit, Oracle dépend toujours énormément d'un seul acteur, d'un seul client, c'est OpenAI,
08:06et ça reste une fragilité consubstantielle à Oracle malgré tout, John.
08:10Oui tout à fait, mais vous savez on parle beaucoup d'OpenAI,
08:13mais il faut aussi parler de ceux qui sont investis dans OpenAI,
08:17on sait qu'il y a Microsoft notamment, et des grands acteurs.
08:20Donc lorsque l'on parle d'OpenAI, on parle quasiment d'un consortium investi dans OpenAI,
08:28et on rappelle une nouvelle fois que OpenAI devrait faire son introduction en bourse cette année,
08:35et que ça devrait rapporter aussi de l'argent,
08:38amener de la liquidité qui pourrait rassurer sur Oracle,
08:42et on rappelle aussi une dernière chose qui est assez importante,
08:46c'est qu'Oracle est aussi soutenu par le gouvernement américain,
08:49ce qui ne soutient pas son cours,
08:50mais ce qui évite de dire qu'on pourrait aller ou passer proche d'une catastrophe.
08:57Bon alors pour ceux qui s'inquiètent concernant les émissions de dettes
09:01pour financer les investissements dans l'intelligence artificielle,
09:04Amazon remet un petit peu les pendules à l'heure,
09:08126 milliards de dollars de demandes pour sa dernière vente d'obligations,
09:12ce sont des révélations de l'agence Bloomberg.
09:14Il y a toujours de l'appétit pour les gros acteurs bien notés quand même.
09:18Oui, et surtout qu'Amazon cherchait ou cherche à lever 37 milliards de dollars,
09:24donc c'est quatre fois plus que ce qui était attendu.
09:28Donc c'est la preuve que le financement de l'intelligence artificielle est extrêmement liquide,
09:34malgré tous ces mouvements et montants colossaux nécessaires
09:39pour soutenir les data centers, etc., dont on a déjà parlé.
09:43C'est un mouvement qui touche tout le secteur.
09:45On a Alphabet qui ont aussi levé et voulu lever des montants très importants,
09:51donc c'est un signal très positif par le marché,
09:55ce n'est pas parce qu'il y a plus de dettes, mais parce qu'il y a de l
09:58'appétit pour cette dette,
10:00et on voit que l'intelligence artificielle, malgré tout ce qu'on dit au niveau géopolitique,
10:04l'intelligence artificielle n'est toujours pas morte.
10:06Effectivement, la demande pour cette émission de dettes d'Amazon,
10:09la demande a été trois fois plus, trois fois supérieure à l'offre,
10:12encore mieux que sur les adjudications des États souverains.
10:15C'est quand même impressionnant ce qu'a fait Amazon,
10:17et c'est un signal positif pour l'intelligence artificielle.
10:19Le Nasdaq gagne 0,2% en ce moment.
10:22Mais, mais John, va-t-on vers une nouvelle crise systémique type,
10:26pour les anciens maintenant, type 2008, la crise des subprimes à l'époque ?
10:29On a de plus en plus de signaux d'alerte dans le crédit privé,
10:32cette fois c'est JP Morgan, JP Morgan qui annonce réévaluer à la baisse
10:35certains portefeuilles de prêts dans le crédit privé.
10:39Oui, ce n'est pas très positif.
10:41Alors ce n'est pas nouveau, c'est-à-dire qu'on en parle sur BFM depuis quelques semaines déjà,
10:47une problématique sur le crédit privé.
10:51On savait que Jimmy Diamond, le CEO de JP Morgan, avait déjà averti,
10:56mais là, très concrètement, vous l'avez dit,
10:58JP Morgan a commencé à réévaluer à la baisse, bien évidemment,
11:01certains portefeuilles de prêts détenus par des fonds de private equity.
11:07Alors on sait que le secteur est en forte expansion et sous surveillance
11:12puisque le marché du crédit privé a levé plus de 400 milliards de dollars depuis 2020
11:20et on sait qu'il y a beaucoup de choses qui ont été faites sur le secteur des softwares.
11:27On revient à ce qu'on disait avant, vous vous souvenez,
11:29la cannibalisation d'une certaine manière de l'intelligence artificielle
11:33pour le secteur des softwares, ce qui avait fait baisser la valorisation
11:37et évidemment, vous aviez certains fonds qui avaient dû fermer.
11:42Donc là, c'est un acteur un peu plus important
11:45puisque c'est la première banque américaine qui fait un warning.
11:49Alors ça ne se voit pas directement sur son cours de bourse aujourd'hui,
11:53mais c'est un avertissement pour l'avenir.
11:57Et certains, vous l'avez dit, alors vous m'avez fait peur Guillaume
12:01parce qu'en disant que c'était seulement les vieux qui se souvenaient de 2008,
12:05moi je m'en souviens et pourtant je suis très jeune.
12:08Mais effectivement, on est dans une situation
12:11où il faut devenir de plus en plus prudent
12:14parce qu'on peut avoir cet effet de boule de neige.
12:17On vous rassure, on était là aussi avec Antoine pendant la crise de 2008.
12:20Pour moi, c'était un vrai cours en direct 2008
12:22et puis Antoine, tu étais déjà sur le marché en matinale avec Stéphane Soumier le matin.
12:25Ça secouait bien fort.
12:27Oui, ça secouait très fort.
12:28À l'époque, le CAC sur une séance perdait 12% par exemple.
12:31Et sur une semaine, 25%.
12:32Oui, oui, c'est un peu plus costaud que...
12:34Sur le marché obligataire, ça bougeait comme les biothèques, les rendements.
12:38Oui, c'est ça.
12:39Vous ne voulez plus rien dire.
12:40Exactement.
12:41Ça ne parle pas qu'aux vieux, rassurez-vous.
12:42On en fait tous partie.
12:43Merci, à demain pour de nouvelles aventures.
12:45USA Today, Wall Street en direct grâce à vous.
12:47Cité Gestion, John Plassard avec nous chaque jour.
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