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Ce mercredi 11 mars, dans sa chronique USA Today, John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement de Cité Gestion, s'est penché sur le déblocage de 400 millions de barils de pétrole par l'AIE en libérant une partie de ses réserves stratégiques, la progression comme prévu de l'inflation aux États-Unis, le contrat de 289 millions de dollars entre Boeing et Israël, Oracle re renaissant de ses cendres avec ses logiciels d'entreprise, les signaux redevenant positifs dans le domaine de l'IA, une demande de 126 milliards de dollars sur le marché obligataire pour Amazon, ainsi que la dépréciation des prêts en crédit privé chez JPMorgan. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer sur BFM Business.
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00:00Puis aux Etats-Unis, Oracle bien sûr qui cartonne, Wall Street a ouvert il y a maintenant une heure, on
00:04va en parler, notre Dream Team est là, John Plassard pour Cité Gestion, bonjour John, ravi de vous retrouver.
00:09Bonjour Guillaume, bonjour Antoine.
00:10Et Antoine il est là aussi effectivement, re-bonjour Antoine.
00:12Re-bonjour Guillaume.
00:14On va regarder tout de suite comment Wall Street réagit donc à la chance internationale de l'énergie qui officialise
00:19donc le fait que 400 millions de barils, 400 millions seront désormais libérés.
00:24Écoutez, pas de manière vraiment définie, on a une ouverture très très mitigée du côté de Wall Street avec moins
00:320,63% au compteur pour le Dow Jones, le Nasdaq lui gagne 0,25%, oui mais il y a
00:39une entre guillemets anomalie, il y a Oracle qui vraiment stimule les valeurs technologiques, on est en hausse de 12
00:46,5% sur le titre Oracle, on voit que les investisseurs sont vraiment rassurés par la publication du groupe.
00:51Et puis du côté de notre CAC 40, on perd 0,46%, 8 020 points.
00:56John, est-ce que c'est un whatever it takes de la part de l'agence internationale de l'énergie
01:00qui libère d'un coup comme ça 400 millions de barils, c'est officiel en puisant dans ses réserves stratégiques,
01:04en libérant une partie de ses réserves stratégiques ?
01:07D'abord il faut rappeler ce qui s'était passé durant la guerre ukrainienne, vous aviez donc l'agence internationale
01:14qui avait libéré 182 millions de barils et donc c'est beaucoup plus, c'est plus du double.
01:21Donc théoriquement évidemment ça devrait faire du bien, mais on en a parlé hier avec les réserves stratégiques, le problème
01:27c'est pas la quantité, le problème il est mathématique.
01:31Parce que si les flux du Golfe étaient réellement perturbés et ils commencent à l'être de plus en plus,
01:36eh bien le choc qui passe à travers le Golfe d'Ormouz pourrait atteindre de 16 à 17 millions de
01:44barils par jour,
01:45alors que la consommation mondiale, elle dépasse les 100 millions de barils par jour.
01:51Donc même avec une libération massive, comme on vient de l'entendre, de réserves, ça ne va pas compenser, ou
01:58ça va compenser qu'une part extrêmement limitée du déficit potentiel.
02:03Donc on est dans une situation où effectivement on fait tout ce qu'on veut, il faut rappeler que les
02:09stocks stratégiques des pays membres de l'agence internationale de l'énergie représentent environ 1,5 milliard de barils,
02:17mais il faut le rappeler, on l'a dit pour les États-Unis, ils sont destinés à absorber des ruptures
02:24majeures d'approvisionnement, pas à stabiliser les marchés,
02:28et à stabiliser à chaque fois que vous avez une hausse ou une baisse du prix de l'énergie.
02:33Aujourd'hui on n'a pas encore une rupture totale de l'approvisionnement, donc il faut faire attention.
02:38On est en train de libérer 400 millions, mais pour l'instant ça ne sert pas à grand chose, et
02:43on le voit sur le prix du baril.
02:44Il n'est pas en train de baisser fortement, puisque déjà il y avait une anticipation, et comme je disais
02:50avant, le problème il est mathématique et logistique.
02:53Oui, et c'est vrai que les cours du pétrole ne se détendent pas malgré l'officialisation par l'AIE
02:58de la libération d'une partie de ses stocks stratégiques.
03:00Le Brent est toujours à plus de 90 dollars, en hausse quasiment 91 dollars d'ailleurs en ce moment le
03:05Brent, le brut léger américain lui est à 86 dollars.
03:09Alors forcément les chiffres d'inflation, les indicateurs traditionnels vont finir par devenir un peu caduques et obsolètes,
03:14mais enfin quand même, on a un chiffre sur l'inflation américaine qui a été publié aujourd'hui, sans grande
03:17surprise d'ailleurs ce chiffre,
03:18les prix à la consommation du mois de février aux Etats-Unis tu vois.
03:22Oui tout à fait, mais ils sont là pour nous rassurer d'une certaine manière avant de parler du futur.
03:28Vous savez, c'est ça la frustration dans les marchés financiers, c'est qu'on parle toujours de ce qui
03:32va se passer les mois prochains,
03:34et pas de ce qui vient de se passer alors qu'au mois de février, l'inflation annuelle aux Etats
03:38-Unis est restée à 2,4% les stades par rapport à janvier,
03:42et puis elle est à son plus bas niveau depuis mai 2025.
03:46Donc c'était assez, je vous dirais, assez rassurant, je parle au passé bien évidemment,
03:50et on notait que les prix de l'énergie montaient un peu, on notait une stabilité sur l'inflation des
03:56logements et de l'alimentation,
03:58ça c'est très important, pour Trump notamment, les prix de l'alimentation sont à plus 3,1%,
04:03donc largement au-dessus du mandat de la réserve fédérale américaine,
04:07mais évidemment tout le monde se focalise sur les prochains chiffres.
04:12On a dit que si le prix du baril restait élevé pendant au moins 4 semaines,
04:18et bien ça commencerait à se voir, l'inflation commencerait à se voir,
04:22et bien au milieu de l'année sur les prix à la production et plus ou moins au troisième trimestre
04:29sur l'inflation CPI.
04:31Donc tout le monde attend ces prochains chiffres qui seront publiés ces prochains mois,
04:37donc évidemment ça ne rassure pas vraiment les marchés, vous l'avez dit Guillaume.
04:40Et le détroit d'Hormuz, pour l'instant ce détroit d'Hormuz, il reste paralysé à l'heure où l
04:44'on parle,
04:45on ne sait toujours pas si véritablement les Iraniens ont posé des mines dans le détroit,
04:49il n'y a toujours pas de confirmation, ni d'information véritable,
04:53si bien donc rien que l'idée qu'il puisse y avoir des mines va contribuer à bloquer encore plus
04:58sans doute ce trafic.
04:59La question c'est pour combien de temps ?
05:01Des sources citées Plabomberg nous expliquent qu'un certain nombre de transporteurs maritimes
05:05ont déjà tenté de contacter l'armée américaine pour les escorter,
05:08et que l'armée américaine, la Navy a dit non, pour l'instant on ne peut pas parce que ce
05:11n'est pas suffisamment sûr.
05:12Voilà où on en est dans ce conflit, on y reviendra tout à l'heure.
05:14Pour l'instant, le business de la guerre aussi, puisque Boeing décroche un contrat auprès de l'État d'Israël,
05:20un contrat pour 5000 bombes intelligentes, contrat de 289 millions de dollars pour Boeing, John.
05:25Oui, vous parliez de Rheinmetall avant, on peut parler de Boeing,
05:30vous avez dit ce qu'on appelle des bombes intelligentes,
05:33c'est des bombes guidées qui ont des marges de manœuvre extrêmement réduites,
05:38elles transforment des bombes conventionnelles en munitions de précision capables de frapper de manière chirurgicale des cibles,
05:47c'est comme ça qu'on le dit, évidemment ça illustre la forte demande d'armement depuis le retour des
05:55tensions géopolitiques.
05:56Alors on savait qu'il y avait des tensions en Ukraine, on l'oublie malheureusement souvent,
06:00mais là avec le regain de tensions au Moyen-Orient, c'est un business qui fructifie,
06:07c'est la réalité économique des conflits modernes avec des commandes d'armement,
06:13mais aussi des commandes d'armement de précision et Boeing est en plein dedans.
06:18Wall Street donc a ouvert, il y a maintenant 1h07, les Américains sont déjà passés à l'heure d'été,
06:22ils ont pris de l'avance, ça va durer 3 semaines comme ça ce décalage,
06:25pendant 3 semaines Wall Street ouvrira à 14h30, heure de Paris.
06:28Et donc on est très mitigé là sur les marchés américains, même si Oracle,
06:31Antoine en parlait, Oracle cartonne, il publie au-dessus des attentes
06:35et peut-être Oracle n'aura-t-il plus besoin de lever des fonds l'an prochain ?
06:38Oracle gagne 12% là cet après-midi, John.
06:40Vous avez tout dit Guillaume, Oracle a publié un chiffre d'affaires
06:44qui est largement au-dessus des attentes à 17,2 milliards de dollars,
06:49on attendait 16,9 milliards de dollars, c'est important,
06:52surtout lorsqu'on sait que c'est la croissance de l'intelligence artificielle
06:57qui nous permet d'avoir un carnet de commandes
07:00et de soutenir une croissance des revenus au moins jusqu'en 2027.
07:05Et vous l'avez dit, la clé ici c'est la pression financière,
07:07on savait que le titre avait fait le yo-yo et notamment avait baissé dernièrement
07:13parce qu'on craignait qu'il y ait trop de pression financière sur Oracle,
07:17et bien on apprend qu'Oracle c'est eux qui estiment ne pas avoir besoin de lever de nouveaux capitaux.
07:24Donc évidemment ça rassure les investisseurs et on est dans une situation aussi,
07:29dernier point qui est important pour les résultats,
07:32c'est que les marges sur le cloud sont amenées à s'améliorer.
07:36Donc c'est très positif.
07:37Pour la première fois en 15 ans, Oracle parvient en 2025 à faire progresser de plus de 20%
07:43simultanément son chiffre d'affaires et son bénéfice par action.
07:45Alors est-ce que ça ne valait pas le coup d'annoncer ces montagnes d'investissement,
07:48ce qui avait fait s'effondrer Oracle ?
07:49En tout cas Oracle nous dit que ses infrastructures d'IA lui ont permis de voir les revenus de cette
07:54activité-là
07:55progresser de 243% sur un an, et alors les commandes triples,
07:59les carnets de commandes triples pour l'année à venir.
08:02Ceci dit, Oracle dépend toujours énormément d'un seul acteur, d'un seul client, c'est OpenAI,
08:06et ça reste une fragilité consubstantielle à Oracle malgré tout, John.
08:10Oui tout à fait, mais vous savez on parle beaucoup d'OpenAI,
08:13mais il faut aussi parler de ceux qui sont investis dans OpenAI,
08:17on sait qu'il y a Microsoft notamment, et des grands acteurs.
08:20Donc lorsque l'on parle d'OpenAI, on parle quasiment d'un consortium investi dans OpenAI,
08:28et on rappelle une nouvelle fois que OpenAI devrait faire son introduction en bourse cette année,
08:35et que ça devrait rapporter aussi de l'argent,
08:38amener de la liquidité qui pourrait rassurer sur Oracle,
08:42et on rappelle aussi une dernière chose qui est assez importante,
08:46c'est qu'Oracle est aussi soutenu par le gouvernement américain,
08:49ce qui ne soutient pas son cours,
08:50mais ce qui évite de dire qu'on pourrait aller ou passer proche d'une catastrophe.
08:57Bon alors pour ceux qui s'inquiètent concernant les émissions de dettes
09:01pour financer les investissements dans l'intelligence artificielle,
09:04Amazon remet un petit peu les pendules à l'heure,
09:08126 milliards de dollars de demandes pour sa dernière vente d'obligations,
09:12ce sont des révélations de l'agence Bloomberg.
09:14Il y a toujours de l'appétit pour les gros acteurs bien notés quand même.
09:18Oui, et surtout qu'Amazon cherchait ou cherche à lever 37 milliards de dollars,
09:24donc c'est quatre fois plus que ce qui était attendu.
09:28Donc c'est la preuve que le financement de l'intelligence artificielle est extrêmement liquide,
09:34malgré tous ces mouvements et montants colossaux nécessaires
09:39pour soutenir les data centers, etc., dont on a déjà parlé.
09:43C'est un mouvement qui touche tout le secteur.
09:45On a Alphabet qui ont aussi levé et voulu lever des montants très importants,
09:51donc c'est un signal très positif par le marché,
09:55ce n'est pas parce qu'il y a plus de dettes, mais parce qu'il y a de l
09:58'appétit pour cette dette,
10:00et on voit que l'intelligence artificielle, malgré tout ce qu'on dit au niveau géopolitique,
10:04l'intelligence artificielle n'est toujours pas morte.
10:06Effectivement, la demande pour cette émission de dettes d'Amazon,
10:09la demande a été trois fois plus, trois fois supérieure à l'offre,
10:12encore mieux que sur les adjudications des États souverains.
10:15C'est quand même impressionnant ce qu'a fait Amazon,
10:17et c'est un signal positif pour l'intelligence artificielle.
10:19Le Nasdaq gagne 0,2% en ce moment.
10:22Mais, mais John, va-t-on vers une nouvelle crise systémique type,
10:26pour les anciens maintenant, type 2008, la crise des subprimes à l'époque ?
10:29On a de plus en plus de signaux d'alerte dans le crédit privé,
10:32cette fois c'est JP Morgan, JP Morgan qui annonce réévaluer à la baisse
10:35certains portefeuilles de prêts dans le crédit privé.
10:39Oui, ce n'est pas très positif.
10:41Alors ce n'est pas nouveau, c'est-à-dire qu'on en parle sur BFM depuis quelques semaines déjà,
10:47une problématique sur le crédit privé.
10:51On savait que Jimmy Diamond, le CEO de JP Morgan, avait déjà averti,
10:56mais là, très concrètement, vous l'avez dit,
10:58JP Morgan a commencé à réévaluer à la baisse, bien évidemment,
11:01certains portefeuilles de prêts détenus par des fonds de private equity.
11:07Alors on sait que le secteur est en forte expansion et sous surveillance
11:12puisque le marché du crédit privé a levé plus de 400 milliards de dollars depuis 2020
11:20et on sait qu'il y a beaucoup de choses qui ont été faites sur le secteur des softwares.
11:27On revient à ce qu'on disait avant, vous vous souvenez,
11:29la cannibalisation d'une certaine manière de l'intelligence artificielle
11:33pour le secteur des softwares, ce qui avait fait baisser la valorisation
11:37et évidemment, vous aviez certains fonds qui avaient dû fermer.
11:42Donc là, c'est un acteur un peu plus important
11:45puisque c'est la première banque américaine qui fait un warning.
11:49Alors ça ne se voit pas directement sur son cours de bourse aujourd'hui,
11:53mais c'est un avertissement pour l'avenir.
11:57Et certains, vous l'avez dit, alors vous m'avez fait peur Guillaume
12:01parce qu'en disant que c'était seulement les vieux qui se souvenaient de 2008,
12:05moi je m'en souviens et pourtant je suis très jeune.
12:08Mais effectivement, on est dans une situation
12:11où il faut devenir de plus en plus prudent
12:14parce qu'on peut avoir cet effet de boule de neige.
12:17On vous rassure, on était là aussi avec Antoine pendant la crise de 2008.
12:20Pour moi, c'était un vrai cours en direct 2008
12:22et puis Antoine, tu étais déjà sur le marché en matinale avec Stéphane Soumier le matin.
12:25Ça secouait bien fort.
12:27Oui, ça secouait très fort.
12:28À l'époque, le CAC sur une séance perdait 12% par exemple.
12:31Et sur une semaine, 25%.
12:32Oui, oui, c'est un peu plus costaud que...
12:34Sur le marché obligataire, ça bougeait comme les biothèques, les rendements.
12:38Oui, c'est ça.
12:39Vous ne voulez plus rien dire.
12:40Exactement.
12:41Ça ne parle pas qu'aux vieux, rassurez-vous.
12:42On en fait tous partie.
12:43Merci, à demain pour de nouvelles aventures.
12:45USA Today, Wall Street en direct grâce à vous.
12:47Cité Gestion, John Plassard avec nous chaque jour.
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