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  • il y a 33 minutes
Ce jeudi 9 avril, dans sa chronique USA Today, John Plassard, associé, responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion, s'est penché sur l'inflation de l'économie américaine conforme aux attentes de marchés en mois de février, une possible hausse de taux de la Fed, le cesse-le-feu entre l'Iran et les USA, le nouveau modèle d'IA de Meta, et la baisse des revenus de Constellation Brands. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie sur BFM Business.

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Transcription
00:00Fin de semaine, pour l'instant, beaucoup, beaucoup d'incertitudes sur les marchés, donc du coup, un tout petit peu
00:05plus de prudence.
00:06Aujourd'hui, sur les places boursières, Wall Street en train d'ouvrir le S&P 500, moins 0,07%, 6773
00:14points.
00:15Le Dow Jones, moins 0,36%, 47735 points. Notez que le Nasdaq est en hausse, plus 0,05% à
00:2222 650 points.
00:24John Plassard, cité gestion, bonjour John, qu'on retrouve comme tous les jours pour commenter la tendance des marchés américains.
00:32On a quand même eu la grosse statistique du jour, le PCE, l'inflation calculée sur les revenus et dépenses
00:39des ménages.
00:39C'est la mesure d'inflation préférée de la Fed pour étalonner sa politique monétaire. Alors, où en est-on,
00:45John ?
00:46Il faut rappeler une chose, Antoine, qui est très importante, c'est les chiffres de février.
00:50Donc, c'est avant l'intervention en Iran. Mais, je dirais, c'est que les prix de l'énergie avaient
00:59déjà progressé depuis le début de l'année.
01:01Alors, ici, si on prend l'inflation sous-jacente de l'économie américaine au niveau mensuel, on est à plus
01:100,4%
01:12et ça égale le plus haut chiffre depuis 10 mois. Donc, on voit qu'il y a déjà de l
01:19'inflation qui est là.
01:20C'est conforme aux attentes du marché. Maintenant, si on regarde au niveau annuel, les prix PCE ont augmenté de
01:283%.
01:30Alors, c'est un peu moins que le mois de janvier où on était à 3,1%, mais on est
01:35quand même à 3%, Antoine,
01:37et on est largement au-dessus du mandat de la Réserve fédérale américaine qui est de 2%.
01:44Donc, on imagine que ces prochains mois, ce mandat, ce chiffre de 2%, évidemment, va être de plus en plus
01:51difficile à atteindre.
01:52Et en même temps, si je peux me permettre, Antoine, on a eu une révision de la croissance américaine pour
01:58le quatrième trimestre.
02:00Et on a eu une nouvelle révision à la baisse. Au quatrième trimestre, on n'est plus qu'à plus
02:060,5%.
02:08Et je rappelle quand même qu'à chaque fois qu'on a révisé, on a révisé à la baisse.
02:12La première fois, on a eu 1,4%. La deuxième révision, c'était 0,7%. Et là, on est à
02:180,5%.
02:18C'est dû à une révision, notamment, des investissements.
02:22Et c'est le chiffre le plus bas depuis le premier trimestre de l'année passée.
02:28Et c'est nettement plus bas que le troisième trimestre, où, on s'en rappelle, on était à plus 4
02:36,4%.
02:37Donc, on passe de 4,4% à plus 0,5% en fin d'année dernière.
02:42Donc, on voit qu'on est en nette décélération. Et ça devrait se confirmer au début, pour le premier trimestre
02:492026.
02:51Bon, alors, on regarde un petit peu la réaction sur les taux et l'échange.
02:55L'euro-dollar ne change pas trop. On reste en embuscade sous 1,17 sur l'euro-dollar.
02:59Du côté du 10 ans américain, c'est un petit peu tendu.
03:034,3%, alors que les taux européens restent relativement sages et sur leur niveau d'hier.
03:08Bon, ça s'est retendu aussi de quelques points de base, mais enfin, rien de spécial.
03:123,65 pour le 10 ans français, 3,01 pour le 10 ans allemand.
03:15On a eu les minutes de la Fed aussi hier, John.
03:18Qu'est-ce qu'il en est ressorti ? Qu'est-ce que vous en avez retenu ?
03:21Alors, il faut rappeler juste une chose, c'est que les minutes de la Fed,
03:25c'est publié deux semaines après la réunion de la Fed.
03:27Et on apprend un petit peu ce qui se dit en sous-marin,
03:30ce qui ne se dit pas lors de la conférence de presse.
03:32Et en fait, la Fed n'a jamais été autant dans le doute.
03:39Elle confirme ces minutes, ce qu'on appelle le double face.
03:43C'est-à-dire, d'un côté, on a la possibilité qu'il y ait une hausse de taux
03:47si l'inflation persiste.
03:49Vous avez certains membres qui vous racontent ça.
03:51Et d'autres membres qui vous disent qu'il y a aussi des chances
03:56que les taux baissent s'il y a un problème sur l'économie qui devrait ralentir.
04:03Donc, c'est un manque de visibilité.
04:06Il est dit, bien évidemment, le choc géopolitique change la donne
04:11et on en parle énormément dans ces minutes de la Fed.
04:14Il y a un risque haussier sur l'inflation et aussi baissier sur l'emploi.
04:21Et lorsque je vous dis que, et on s'en souvient,
04:24que les deux mandats de la Fed, c'est la stabilité des prix,
04:27donc l'inflation et puis le plein emploi,
04:30eh bien, on voit que cette question géopolitique frappe de plein fouet ces deux mandats.
04:36Évidemment, le pétrole redevient quelque chose d'extrêmement central.
04:42Il y a un risque de transmission à ce qui s'appelle l'inflation core,
04:46ce que surveille de très, très près la Réserve fédérale américaine.
04:51Donc, en définitive, ce qui ressort de ces minutes de la Fed,
04:55eh bien, c'est que la Réserve fédérale américaine est dans un mode wait and see.
05:01On attendra les prochaines statistiques,
05:03mais ce n'est pas rassurant du tout, Antoine.
05:06Bon, je vais faire appel un petit peu à votre sentiment,
05:09à votre flair, à votre pif de marché,
05:11mais sur une séance qu'on a connue comme hier,
05:15où c'est parti dans tous les sens, mais surtout à la hausse,
05:17où les volumes ont été très, très importants,
05:19où il y a eu des débouclements en série de positions techniques
05:23qui ont vraiment illustré la séance d'hier.
05:28Comment on navigue dans ce flou entre les annonces de Donald Trump
05:33qui, du jour au lendemain, changent diamètre allemand,
05:36où le sentiment peut changer en quelques heures, finalement,
05:40et passer du ciel bleu au noirissime ?
05:43Comment on gère ça ?
05:45Écoutez, il y a une solution,
05:47et la solution, c'est de ne surtout pas essayer de timer le marché.
05:52Qu'est-ce que ça veut dire ?
05:53Ça veut dire que, comme il y a tellement d'incertitudes,
05:56la seule solution, c'est d'être investi.
05:59On sait qu'il y a des statistiques très intéressantes
06:03qui nous disent que, en fait,
06:05si vous manquez les 10 meilleures séances
06:09de ces 30 dernières années,
06:11potentiellement hier, vous l'avez dit,
06:12le CAC 40 n'avait pas connu une telle progression depuis 5 ans.
06:16Donc, si vous manquez les 10 meilleures séances
06:19ces 30 dernières années,
06:21eh bien, vos gains seraient divisés par 2.
06:24Donc, ça veut dire très concrètement
06:25que face à cette volatilité,
06:28que personne n'arrive à timer,
06:29il ne faut surtout pas essayer de jouer au plus malin que l'autre
06:35et rester investi dans les marchés
06:37et, évidemment, d'être diversifié
06:39parce qu'on a vu qu'un jour,
06:40c'était les valeurs défensives
06:42qui tenaient le haut de la marche
06:45et de l'autre côté,
06:47un autre jour, on avait les valeurs cycliques
06:49qui rebondissaient comme hier.
06:51On rappelle, vous le disiez, Antoine,
06:53certaines valeurs du CAC 40
06:55gagnaient plus de 10 % sur la séance.
06:58Même chose aux États-Unis.
07:00Donc, avoir un portefeuille bien diversifié,
07:02ne surtout pas essayer de timer le marché.
07:06Bon, mais ça, c'est un conseil
07:08qu'on peut entendre jour après jour sur ce plateau.
07:10No timing.
07:12Ça, c'est évident.
07:13Évitez de vouloir jouer au plus malin.
07:15Même quand le marché monte,
07:17on ne prend pas le train en marche
07:18parce que sinon, on se prend une poignée dans la tête.
07:20Ça, c'est évident.
07:21Et surtout, avec des séances aussi changeantes
07:23que ces derniers jours.
07:25John, on va...
07:26Back to basics.
07:27On va revenir aux fondamentaux.
07:28On va se consacrer aux dynamiques
07:30qui animent, qui soutiennent le marché
07:33et notamment l'IA.
07:35Meta a dévoilé un nouveau modèle
07:37d'intelligence artificielle.
07:40Ça ne paraît rien comme ça.
07:41Enfin, le titre a connu une très forte hausse
07:43en après-séance hier soir du côté de Wall Street.
07:46Est-ce que le paradigme est en train de changer
07:48dans un paysage aussi
07:49où Anthropique, Claude et compagnie
07:52se tirent la bourre pour savoir
07:53lequel aura le plus chiffre d'affaires ?
07:54Est-ce que Meta n'est pas en train de remettre
07:56les pendules à l'heure, quoi, finalement ?
07:58D'une certaine manière,
08:00Meta veut combler son retard,
08:03notamment face à, vous l'avez dit,
08:05OpenAI ou même Google.
08:07Et aujourd'hui, on voit clairement
08:10que la bataille se joue
08:12sur la vitesse d'exécution
08:15et évidemment la puissance des modèles.
08:18Et on a un certain repositionnement stratégique
08:22de Meta,
08:24puisqu'on sait,
08:25et on en parle depuis des semaines,
08:27on a une refonte plus large
08:29de l'organisation d'intelligence artificielle
08:32de Meta,
08:32avec clairement une volonté
08:36de passer d'un acteur social
08:38à une plateforme technologique
08:41qui est centrée
08:42sur l'intelligence artificielle.
08:45On est aussi dans la course
08:47à ce qu'on appelle
08:48les agents intelligents
08:51qui sont capables d'automatiser
08:52des tâches pour nous, pour vous,
08:55avec des implications directes
08:56pour la productivité,
08:58les modèles économiques.
08:59Donc, on voit que ça dépasse
09:00vraiment ce qui était le cœur
09:03du métier de Meta avant,
09:05c'était les réseaux sociaux.
09:06Là, aujourd'hui,
09:07on est en train de remettre
09:09l'intelligence artificielle
09:11au milieu de l'échiquier de Meta.
09:14Mais évidemment,
09:16c'est des coûts massifs,
09:17c'est une rentabilité
09:19qui est incertaine.
09:20Donc, il y a des doutes,
09:21bien évidemment.
09:23Et lorsqu'il y a des doutes,
09:25eh bien,
09:26on est dans une situation
09:29où c'est ceux
09:30qui sont les premiers servis
09:32qui gagneront le plus.
09:34Et évidemment,
09:35il y en aura qui seront perdants
09:37dans cette histoire
09:37et qui dépenseront
09:38beaucoup plus
09:39qu'ils ne gagneront.
09:40Oui, on appelle ça
09:41le cadrage débordement.
09:42Parce que quand tout le monde
09:43va exactement dans le même sens,
09:45celui qui gagne,
09:46c'est celui qui coupe
09:46les trajectoires,
09:47qui va plus vite
09:48et qui a le plus de puissance.
09:50On va passer au secteur
09:51des vins et des spiritueux.
09:53Enfin, plus la bière, en fait.
09:55Je crois que c'est plus la bière
09:57Constellation Brands.
09:58On a eu les résultats.
10:00John, une des marques phares,
10:02c'est la bière Corona,
10:03à consommer avec modération,
10:05bien entendu.
10:05Mais il y en a d'autres,
10:06il y a Modelo.
10:08Qu'est-ce que disent ces résultats ?
10:10Alors, d'abord,
10:11je vais vous poser une question,
10:12si vous me permettez, Antoine.
10:13Dites-moi.
10:14Est-ce que vous connaissez
10:15l'histoire de Corona ?
10:17Alors, non, je ne connais pas,
10:19mais c'est une bière assez populaire
10:20et parfaite avec des tacos,
10:23mais c'est de saison,
10:23vous me direz.
10:24Mais non, je ne connais pas
10:26l'histoire de Corona, racontez.
10:28Écoutez, l'histoire de Corona,
10:29c'est une bière qui a été fondée
10:31en 1925 au Mexique,
10:34et c'était une bière
10:35qui ne fonctionnait absolument pas.
10:37Et quelqu'un a eu l'idée de génie
10:39au niveau du marketing
10:41de mettre une demi-tranche
10:43de citron à l'intérieur,
10:44ce qui coupait littéralement
10:46le goût de la bière,
10:47mais qui a eu un succès
10:49absolument extraordinaire.
10:50Excellent.
10:51Donc, d'une bière,
10:52de personne qu'on voulait,
10:53eh bien, c'est une bière
10:54qui a fonctionné très bien,
10:55et évidemment,
10:56qui fait partie du cœur
10:57de Constellation Brand,
10:59qui a eu des ventes pour,
11:01pas seulement pour Corona,
11:02mais d'autres,
11:03qui ont été en baisse
11:05de moins 11%,
11:06mais ces ventes étaient attendues
11:09à moins 13%.
11:11Et le bénéfice par action
11:12est supérieur aux attentes,
11:14donc on voit qu'il y a
11:15une certaine résilience
11:16dans un environnement
11:17qui est dégradé.
11:19Alors, il y a un signal de prudence,
11:21on sait qu'il y a moins
11:23de consommation d'alcool,
11:24et aussi, il y a des incertitudes
11:26politiques, géopolitiques, économiques,
11:29et donc, le groupe a décidé
11:30de retirer ses perspectives
11:31pour 2028.
11:34Donc, ils ont une visibilité
11:35assez faible,
11:37et on est dans une situation
11:39où, dans toutes les marques
11:41qu'ils ont,
11:41eh bien, on a quand même
11:42la bière, effectivement,
11:43on parlait de Corona,
11:45on a aussi Modelo
11:45qui tiennent,
11:46mais le consommateur faiblit.
11:48Donc, c'est aussi un message
11:50qui nous est donné
11:51par l'entreprise,
11:52de dire que le consommateur,
11:54eh bien, consomme
11:55un tout petit peu moins,
11:56même certaines bières
11:57qui sont dans le milieu de gamme,
11:59je dirais, au niveau des prix.
12:01Oui, et puis,
12:02le secteur est quand même
12:04soumis à des dynamiques
12:06particulièrement contraires
12:07et sur le long terme,
12:10dans le sens où on a eu
12:11Rémi Cointreau, par exemple,
12:13hier,
12:13qui est en train
12:14de se reformater.
12:16On a eu Diageo, aussi,
12:17il y a quelques semaines,
12:17qui était en train de nous dire,
12:18mais il faut prendre en compte,
12:19aussi, un monde
12:20où on boit un petit peu plus,
12:22mais de gamme,
12:22un petit peu moins élevé.
12:25Donc, du coup,
12:25pour tous ces groupes,
12:26effectivement,
12:27c'est un chantier à gérer,
12:28un chantier en perpétuel mouvement.
12:31Constellation, en tout cas,
12:31réagit plutôt bien
12:32à la publication de ces chiffres.
12:33Le titre gagne 5,2%.
12:36Merci pour ce vent de fraîcheur.
12:37John Plassard,
12:39Cité Gestion,
12:40merci pour cette actualité
12:41des marchés américains.
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