00:00Fin de semaine, pour l'instant, beaucoup, beaucoup d'incertitudes sur les marchés, donc du coup, un tout petit peu
00:05plus de prudence.
00:06Aujourd'hui, sur les places boursières, Wall Street en train d'ouvrir le S&P 500, moins 0,07%, 6773
00:14points.
00:15Le Dow Jones, moins 0,36%, 47735 points. Notez que le Nasdaq est en hausse, plus 0,05% à
00:2222 650 points.
00:24John Plassard, cité gestion, bonjour John, qu'on retrouve comme tous les jours pour commenter la tendance des marchés américains.
00:32On a quand même eu la grosse statistique du jour, le PCE, l'inflation calculée sur les revenus et dépenses
00:39des ménages.
00:39C'est la mesure d'inflation préférée de la Fed pour étalonner sa politique monétaire. Alors, où en est-on,
00:45John ?
00:46Il faut rappeler une chose, Antoine, qui est très importante, c'est les chiffres de février.
00:50Donc, c'est avant l'intervention en Iran. Mais, je dirais, c'est que les prix de l'énergie avaient
00:59déjà progressé depuis le début de l'année.
01:01Alors, ici, si on prend l'inflation sous-jacente de l'économie américaine au niveau mensuel, on est à plus
01:100,4%
01:12et ça égale le plus haut chiffre depuis 10 mois. Donc, on voit qu'il y a déjà de l
01:19'inflation qui est là.
01:20C'est conforme aux attentes du marché. Maintenant, si on regarde au niveau annuel, les prix PCE ont augmenté de
01:283%.
01:30Alors, c'est un peu moins que le mois de janvier où on était à 3,1%, mais on est
01:35quand même à 3%, Antoine,
01:37et on est largement au-dessus du mandat de la Réserve fédérale américaine qui est de 2%.
01:44Donc, on imagine que ces prochains mois, ce mandat, ce chiffre de 2%, évidemment, va être de plus en plus
01:51difficile à atteindre.
01:52Et en même temps, si je peux me permettre, Antoine, on a eu une révision de la croissance américaine pour
01:58le quatrième trimestre.
02:00Et on a eu une nouvelle révision à la baisse. Au quatrième trimestre, on n'est plus qu'à plus
02:060,5%.
02:08Et je rappelle quand même qu'à chaque fois qu'on a révisé, on a révisé à la baisse.
02:12La première fois, on a eu 1,4%. La deuxième révision, c'était 0,7%. Et là, on est à
02:180,5%.
02:18C'est dû à une révision, notamment, des investissements.
02:22Et c'est le chiffre le plus bas depuis le premier trimestre de l'année passée.
02:28Et c'est nettement plus bas que le troisième trimestre, où, on s'en rappelle, on était à plus 4
02:36,4%.
02:37Donc, on passe de 4,4% à plus 0,5% en fin d'année dernière.
02:42Donc, on voit qu'on est en nette décélération. Et ça devrait se confirmer au début, pour le premier trimestre
02:492026.
02:51Bon, alors, on regarde un petit peu la réaction sur les taux et l'échange.
02:55L'euro-dollar ne change pas trop. On reste en embuscade sous 1,17 sur l'euro-dollar.
02:59Du côté du 10 ans américain, c'est un petit peu tendu.
03:034,3%, alors que les taux européens restent relativement sages et sur leur niveau d'hier.
03:08Bon, ça s'est retendu aussi de quelques points de base, mais enfin, rien de spécial.
03:123,65 pour le 10 ans français, 3,01 pour le 10 ans allemand.
03:15On a eu les minutes de la Fed aussi hier, John.
03:18Qu'est-ce qu'il en est ressorti ? Qu'est-ce que vous en avez retenu ?
03:21Alors, il faut rappeler juste une chose, c'est que les minutes de la Fed,
03:25c'est publié deux semaines après la réunion de la Fed.
03:27Et on apprend un petit peu ce qui se dit en sous-marin,
03:30ce qui ne se dit pas lors de la conférence de presse.
03:32Et en fait, la Fed n'a jamais été autant dans le doute.
03:39Elle confirme ces minutes, ce qu'on appelle le double face.
03:43C'est-à-dire, d'un côté, on a la possibilité qu'il y ait une hausse de taux
03:47si l'inflation persiste.
03:49Vous avez certains membres qui vous racontent ça.
03:51Et d'autres membres qui vous disent qu'il y a aussi des chances
03:56que les taux baissent s'il y a un problème sur l'économie qui devrait ralentir.
04:03Donc, c'est un manque de visibilité.
04:06Il est dit, bien évidemment, le choc géopolitique change la donne
04:11et on en parle énormément dans ces minutes de la Fed.
04:14Il y a un risque haussier sur l'inflation et aussi baissier sur l'emploi.
04:21Et lorsque je vous dis que, et on s'en souvient,
04:24que les deux mandats de la Fed, c'est la stabilité des prix,
04:27donc l'inflation et puis le plein emploi,
04:30eh bien, on voit que cette question géopolitique frappe de plein fouet ces deux mandats.
04:36Évidemment, le pétrole redevient quelque chose d'extrêmement central.
04:42Il y a un risque de transmission à ce qui s'appelle l'inflation core,
04:46ce que surveille de très, très près la Réserve fédérale américaine.
04:51Donc, en définitive, ce qui ressort de ces minutes de la Fed,
04:55eh bien, c'est que la Réserve fédérale américaine est dans un mode wait and see.
05:01On attendra les prochaines statistiques,
05:03mais ce n'est pas rassurant du tout, Antoine.
05:06Bon, je vais faire appel un petit peu à votre sentiment,
05:09à votre flair, à votre pif de marché,
05:11mais sur une séance qu'on a connue comme hier,
05:15où c'est parti dans tous les sens, mais surtout à la hausse,
05:17où les volumes ont été très, très importants,
05:19où il y a eu des débouclements en série de positions techniques
05:23qui ont vraiment illustré la séance d'hier.
05:28Comment on navigue dans ce flou entre les annonces de Donald Trump
05:33qui, du jour au lendemain, changent diamètre allemand,
05:36où le sentiment peut changer en quelques heures, finalement,
05:40et passer du ciel bleu au noirissime ?
05:43Comment on gère ça ?
05:45Écoutez, il y a une solution,
05:47et la solution, c'est de ne surtout pas essayer de timer le marché.
05:52Qu'est-ce que ça veut dire ?
05:53Ça veut dire que, comme il y a tellement d'incertitudes,
05:56la seule solution, c'est d'être investi.
05:59On sait qu'il y a des statistiques très intéressantes
06:03qui nous disent que, en fait,
06:05si vous manquez les 10 meilleures séances
06:09de ces 30 dernières années,
06:11potentiellement hier, vous l'avez dit,
06:12le CAC 40 n'avait pas connu une telle progression depuis 5 ans.
06:16Donc, si vous manquez les 10 meilleures séances
06:19ces 30 dernières années,
06:21eh bien, vos gains seraient divisés par 2.
06:24Donc, ça veut dire très concrètement
06:25que face à cette volatilité,
06:28que personne n'arrive à timer,
06:29il ne faut surtout pas essayer de jouer au plus malin que l'autre
06:35et rester investi dans les marchés
06:37et, évidemment, d'être diversifié
06:39parce qu'on a vu qu'un jour,
06:40c'était les valeurs défensives
06:42qui tenaient le haut de la marche
06:45et de l'autre côté,
06:47un autre jour, on avait les valeurs cycliques
06:49qui rebondissaient comme hier.
06:51On rappelle, vous le disiez, Antoine,
06:53certaines valeurs du CAC 40
06:55gagnaient plus de 10 % sur la séance.
06:58Même chose aux États-Unis.
07:00Donc, avoir un portefeuille bien diversifié,
07:02ne surtout pas essayer de timer le marché.
07:06Bon, mais ça, c'est un conseil
07:08qu'on peut entendre jour après jour sur ce plateau.
07:10No timing.
07:12Ça, c'est évident.
07:13Évitez de vouloir jouer au plus malin.
07:15Même quand le marché monte,
07:17on ne prend pas le train en marche
07:18parce que sinon, on se prend une poignée dans la tête.
07:20Ça, c'est évident.
07:21Et surtout, avec des séances aussi changeantes
07:23que ces derniers jours.
07:25John, on va...
07:26Back to basics.
07:27On va revenir aux fondamentaux.
07:28On va se consacrer aux dynamiques
07:30qui animent, qui soutiennent le marché
07:33et notamment l'IA.
07:35Meta a dévoilé un nouveau modèle
07:37d'intelligence artificielle.
07:40Ça ne paraît rien comme ça.
07:41Enfin, le titre a connu une très forte hausse
07:43en après-séance hier soir du côté de Wall Street.
07:46Est-ce que le paradigme est en train de changer
07:48dans un paysage aussi
07:49où Anthropique, Claude et compagnie
07:52se tirent la bourre pour savoir
07:53lequel aura le plus chiffre d'affaires ?
07:54Est-ce que Meta n'est pas en train de remettre
07:56les pendules à l'heure, quoi, finalement ?
07:58D'une certaine manière,
08:00Meta veut combler son retard,
08:03notamment face à, vous l'avez dit,
08:05OpenAI ou même Google.
08:07Et aujourd'hui, on voit clairement
08:10que la bataille se joue
08:12sur la vitesse d'exécution
08:15et évidemment la puissance des modèles.
08:18Et on a un certain repositionnement stratégique
08:22de Meta,
08:24puisqu'on sait,
08:25et on en parle depuis des semaines,
08:27on a une refonte plus large
08:29de l'organisation d'intelligence artificielle
08:32de Meta,
08:32avec clairement une volonté
08:36de passer d'un acteur social
08:38à une plateforme technologique
08:41qui est centrée
08:42sur l'intelligence artificielle.
08:45On est aussi dans la course
08:47à ce qu'on appelle
08:48les agents intelligents
08:51qui sont capables d'automatiser
08:52des tâches pour nous, pour vous,
08:55avec des implications directes
08:56pour la productivité,
08:58les modèles économiques.
08:59Donc, on voit que ça dépasse
09:00vraiment ce qui était le cœur
09:03du métier de Meta avant,
09:05c'était les réseaux sociaux.
09:06Là, aujourd'hui,
09:07on est en train de remettre
09:09l'intelligence artificielle
09:11au milieu de l'échiquier de Meta.
09:14Mais évidemment,
09:16c'est des coûts massifs,
09:17c'est une rentabilité
09:19qui est incertaine.
09:20Donc, il y a des doutes,
09:21bien évidemment.
09:23Et lorsqu'il y a des doutes,
09:25eh bien,
09:26on est dans une situation
09:29où c'est ceux
09:30qui sont les premiers servis
09:32qui gagneront le plus.
09:34Et évidemment,
09:35il y en aura qui seront perdants
09:37dans cette histoire
09:37et qui dépenseront
09:38beaucoup plus
09:39qu'ils ne gagneront.
09:40Oui, on appelle ça
09:41le cadrage débordement.
09:42Parce que quand tout le monde
09:43va exactement dans le même sens,
09:45celui qui gagne,
09:46c'est celui qui coupe
09:46les trajectoires,
09:47qui va plus vite
09:48et qui a le plus de puissance.
09:50On va passer au secteur
09:51des vins et des spiritueux.
09:53Enfin, plus la bière, en fait.
09:55Je crois que c'est plus la bière
09:57Constellation Brands.
09:58On a eu les résultats.
10:00John, une des marques phares,
10:02c'est la bière Corona,
10:03à consommer avec modération,
10:05bien entendu.
10:05Mais il y en a d'autres,
10:06il y a Modelo.
10:08Qu'est-ce que disent ces résultats ?
10:10Alors, d'abord,
10:11je vais vous poser une question,
10:12si vous me permettez, Antoine.
10:13Dites-moi.
10:14Est-ce que vous connaissez
10:15l'histoire de Corona ?
10:17Alors, non, je ne connais pas,
10:19mais c'est une bière assez populaire
10:20et parfaite avec des tacos,
10:23mais c'est de saison,
10:23vous me direz.
10:24Mais non, je ne connais pas
10:26l'histoire de Corona, racontez.
10:28Écoutez, l'histoire de Corona,
10:29c'est une bière qui a été fondée
10:31en 1925 au Mexique,
10:34et c'était une bière
10:35qui ne fonctionnait absolument pas.
10:37Et quelqu'un a eu l'idée de génie
10:39au niveau du marketing
10:41de mettre une demi-tranche
10:43de citron à l'intérieur,
10:44ce qui coupait littéralement
10:46le goût de la bière,
10:47mais qui a eu un succès
10:49absolument extraordinaire.
10:50Excellent.
10:51Donc, d'une bière,
10:52de personne qu'on voulait,
10:53eh bien, c'est une bière
10:54qui a fonctionné très bien,
10:55et évidemment,
10:56qui fait partie du cœur
10:57de Constellation Brand,
10:59qui a eu des ventes pour,
11:01pas seulement pour Corona,
11:02mais d'autres,
11:03qui ont été en baisse
11:05de moins 11%,
11:06mais ces ventes étaient attendues
11:09à moins 13%.
11:11Et le bénéfice par action
11:12est supérieur aux attentes,
11:14donc on voit qu'il y a
11:15une certaine résilience
11:16dans un environnement
11:17qui est dégradé.
11:19Alors, il y a un signal de prudence,
11:21on sait qu'il y a moins
11:23de consommation d'alcool,
11:24et aussi, il y a des incertitudes
11:26politiques, géopolitiques, économiques,
11:29et donc, le groupe a décidé
11:30de retirer ses perspectives
11:31pour 2028.
11:34Donc, ils ont une visibilité
11:35assez faible,
11:37et on est dans une situation
11:39où, dans toutes les marques
11:41qu'ils ont,
11:41eh bien, on a quand même
11:42la bière, effectivement,
11:43on parlait de Corona,
11:45on a aussi Modelo
11:45qui tiennent,
11:46mais le consommateur faiblit.
11:48Donc, c'est aussi un message
11:50qui nous est donné
11:51par l'entreprise,
11:52de dire que le consommateur,
11:54eh bien, consomme
11:55un tout petit peu moins,
11:56même certaines bières
11:57qui sont dans le milieu de gamme,
11:59je dirais, au niveau des prix.
12:01Oui, et puis,
12:02le secteur est quand même
12:04soumis à des dynamiques
12:06particulièrement contraires
12:07et sur le long terme,
12:10dans le sens où on a eu
12:11Rémi Cointreau, par exemple,
12:13hier,
12:13qui est en train
12:14de se reformater.
12:16On a eu Diageo, aussi,
12:17il y a quelques semaines,
12:17qui était en train de nous dire,
12:18mais il faut prendre en compte,
12:19aussi, un monde
12:20où on boit un petit peu plus,
12:22mais de gamme,
12:22un petit peu moins élevé.
12:25Donc, du coup,
12:25pour tous ces groupes,
12:26effectivement,
12:27c'est un chantier à gérer,
12:28un chantier en perpétuel mouvement.
12:31Constellation, en tout cas,
12:31réagit plutôt bien
12:32à la publication de ces chiffres.
12:33Le titre gagne 5,2%.
12:36Merci pour ce vent de fraîcheur.
12:37John Plassard,
12:39Cité Gestion,
12:40merci pour cette actualité
12:41des marchés américains.
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