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  • il y a 6 heures
Ce lundi 20 avril, dans sa chronique USA Today,John Plassard, associé et responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion, s'est penché sur l'incertitude sur la participation des Iraniens aux négociations avec les États-Unis, l'impact de l'inflation sur l'électorat de D. Trump, l'enchaînement des records sur Wall Street, les publications à suivre cette semaine, la succession de K. Warsh à J. Powell à la tête de la Fed, le projet de levée de fonds de Polymarket, et la demande d'IPO de Cerebras sur le Nasdaq. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer sur BFM Business.

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Transcription
00:01Mais tout de suite, oui, le monde en XXL, c'est l'ouverture à Wall Street.
00:04Wall Street nous appelle, l'ouverture, il est 9h30 là-bas, de New York, la bourse américaine,
00:08avec notre Dream Team, Aude Kersulek, elle nous accompagnera toute la semaine.
00:11Bonjour Aude. Bonjour à tous. Ravie de vous retrouver.
00:14Et John Plassard depuis Cité Gestion, bonjour John.
00:17Bonjour John, bonjour Aude. Ravie aussi de vous retrouver.
00:20Les indices américains, Aude Wall Street, donc, ouvre une nouvelle semaine,
00:24après avoir cartonné tout au long des dernières semaines, touché plein de records.
00:27Comment ça se passe là, l'ouverture ?
00:29Ce n'est pas la même couleur que vendredi, c'est bien du rouge à l'ouverture,
00:32alors c'est un peu moins prononcé qu'attendu,
00:34moins 0,1% pour le Dow Jones à 49 385 points,
00:38moins 0,17% pour le S&P 507 111 points,
00:43et moins 0,2% pour le Nasdaq 24 415 points, c'est négatif à l'ouverture.
00:50On avait eu pourtant du vert en Asie ce matin,
00:52et puis les choses peuvent changer bien vite,
00:54parce qu'évidemment ce qu'on attend, c'est l'avancée dans les négociations.
00:58Iran-États-Unis, il y a des coups de fil qui se passent aussi en ce moment.
01:02C'est un peu guerre épée, en ce moment, les Américains veulent forcer les négociations,
01:06les Iraniens se disent toujours en guerre,
01:08et bon, aux dernières nouvelles, alors on est très prudents,
01:11parce que tout bouge très vite, mais aux dernières nouvelles,
01:12les Iraniens ne comptaient pas y participer à ces négociations.
01:14On en est où là, John ?
01:16Oui, Guillaume, on est dans une situation assez floue, on l'a vu.
01:22Alors, ce qu'on peut dire aujourd'hui, c'est qu'il y a un blocage quasi-total du Détroit.
01:28Vous l'avez dit, il y a eu une tentative de réouverture extrêmement brève,
01:32mais après il y a eu des coups de feu iraniens tirés sur un bateau indien,
01:38qui sont pourtant alliés, entre guillemets, de l'Iran,
01:41et de l'autre côté, l'arraisonnement d'un navire iranien par les Américains.
01:47Vous l'avez dit aussi, on a eu une déclaration qui vient de tomber il y a quelques minutes,
01:52selon laquelle l'Iran affirme ne pas vouloir envisager un deuxième cycle de négociations,
01:58mais d'un autre côté, vous avez les Pakistanais qui contredisent cette version.
02:03C'est pour ça que les marchés vivent toujours dans l'espoir.
02:07Alors, ça se traduit naturellement par une volatilité extrême sur les marchés pétroliers.
02:13On a vu que les marchés avaient baissé de plus de 15% vendredi.
02:17Eh bien là, il rebond de plus de 5%.
02:20Donc, on voit ici que potentiellement, l'espoir, bizarrement, pourrait arriver les Chinois,
02:27parce que le président Xi aurait appelé, toujours à prendre avec des guillemets,
02:33pour la première fois à la réouverture immédiate, je cite, du détroit d'Hormuz,
02:39lors d'un entretien téléphonique avec le prince héritier saoudien.
02:44Alors, on sait que la Chine et les pays asiatiques, notamment,
02:47dépendent beaucoup de l'approvisionnement de bruts qui passent par le détroit d'Hormuz.
02:53Et potentiellement, ce seraient les Chinois et le président qui pourraient mettre la pression sur les Iraniens
02:57pour que ce détroit se rouvre.
03:01Plein de scénarii, d'hypothèses sur la table, effectivement.
03:04Et J.D. Vance, qui est toujours en route, en vol, vers le Pakistan pour participer à des négociations.
03:11Sauf qu'on ne sait pas si, lorsqu'il arrêter Rira Islamabad, les Iraniens y seront pour, justement, négocier.
03:16Ça reste un grand point d'interrogation.
03:18Wall Street ouvre donc sur une note mitigée.
03:20Aux États-Unis, John, il faut aussi suivre l'impact électoral de ce qui se passe.
03:23Alors, bien sûr, il y a le galon d'essence, dont le prix a beaucoup augmenté.
03:27Et puis, dans les États qui votent Trump, par exemple, le Midwest, l'impact de la hausse des cours des
03:31engrais,
03:31quand même, parce que les engrais aussi sont impactés par ce qui s'y passe,
03:34et l'électorat traditionnel de Donald Trump particulièrement.
03:38Oui, vous l'avez dit Guillaume, le Midwest, le Sud, les zones rurales.
03:42Et on voit que là, l'impact est double.
03:45Alors, le carburant, on l'a dit, aux États-Unis, le prix du galon est au-dessus des 4 dollars,
03:50qui est un seuil psychologique très important.
03:52Et puis, on a celui des intrants agricoles, notamment les engrais, qui explosent, bien évidemment.
03:59Et on sait que la hausse des engrais, ça affecte directement les marges des exploitants,
04:04ça réduit leur capacité d'investissement,
04:08et puis ça alimente un mécontentement économique qui est souvent mal estimé par les marchés.
04:15Et si on regarde l'histoire, vous savez qu'on regarde souvent, on se focalise souvent sur l'histoire,
04:21pour essayer de voir ce qui va se passer demain,
04:24eh bien la hausse du prix de l'essence aux États-Unis est véritablement un baromètre électoral.
04:31C'est-à-dire que plus le prix du baril monte,
04:33et moins les gens votent pour le système, le gouvernement en place,
04:38en l'occurrence le parti républicain.
04:43Donc on est dans une situation où il ne faut surtout pas,
04:47pour le gouvernement américain en place,
04:50que ce prix de l'essence, ce prix du pétrole, ce prix du gasoil,
04:56eh bien continue à être si élevé,
04:58car il va affecter, eh bien, le moral des Américains,
05:04et évidemment du consommateur,
05:06avec, en ligne de mire, vous l'avez dit,
05:08eh bien un engrais qui continue,
05:10un prix de l'engrais qui continue de montrer.
05:13Et quand on regarde les courbes, c'est frappant,
05:15on a un S&P 500, alors il recule à peine de 0,1% aujourd'hui,
05:18qui reste au plus haut historique,
05:19tandis que le moral des consommateurs américains, lui, est au plus bas.
05:21On a vraiment un plus haut historique sur les marchés,
05:23et un plus bas historique sur le moral des consommateurs.
05:25C'est un vrai cas, là, qu'on observe.
05:27Est-ce que les marchés, d'une certaine façon,
05:29sont déconnectés de la réalité, la réalité du consommateur,
05:32mais aussi la réalité des risques géopolitiques en cours,
05:34compte tenu du fait que, oui, on reste très très haut,
05:36malgré la petite baisse du jour aujourd'hui, John ?
05:38Je dirais que la réponse, elle est un peu contre-intuitive,
05:42mais elle est assez simple.
05:44On a l'impression que le marché ne valorise absolument pas le présent.
05:48Ce qui se passe aujourd'hui, il valorise, il anticipe le monde
05:52dans 6, 12 mois, et donc il regarde moins,
05:57la photographie aujourd'hui de ce qui est en train de se passer,
06:01parce qu'on est quasiment au paroxysme,
06:04mais potentiellement la trajectoire du prochain régime économique
06:10qui potentiellement sera positif.
06:13Et on a vu dernièrement que les investisseurs ont intégré très,
06:18très rapidement les chocs, que ce soit l'ouverture,
06:22mais surtout la fermeture du détroit d'Hormuz,
06:24on l'a dit, qui est tellement importante pour l'économie,
06:27mais aussi tellement importante pour les banques centrales,
06:30savoir si elles vont monter ou baisser leur taux,
06:32et donc on est dans une situation où on se projette à 6 mois.
06:36On se projette dans la publication des résultats des entreprises.
06:40Vous l'avez dit, Guillaume, cette semaine,
06:42on aura beaucoup d'entreprises qui vont publier,
06:44et potentiellement, selon les anticipations,
06:48elles ne sont pas encore touchées par ce qui se passe dans le détroit d'Hormuz.
06:54Et cerise sur le gâteau,
06:56parce qu'on n'en a pas encore parlé aujourd'hui,
06:58après 7 minutes,
07:00les sociétés dans l'intelligence artificielle
07:03continuent de connaître une croissance incroyable.
07:07Oui, c'est vrai, c'est vrai.
07:08Il y a beaucoup d'espoir sur ces saisons de publication dans la tech.
07:11On a vu le Nasdaq enchaîner 13 hausses d'affilée.
07:14Meilleure série du Nasdaq depuis 1992.
07:17Ah oui, on n'avait pas vu ça depuis 1992.
07:19À l'époque, j'étais en cinquième ou en quatrième, je pense.
07:22Vous deviez être en seconde, peut-être, John.
07:24En tout cas, donc, Nasdaq qui aujourd'hui...
07:26Il n'était pas encore né, chère Guillaume.
07:27Il n'était pas né, oui, pardon.
07:29Nasdaq qui recule aujourd'hui d'à peine 0,1% après 13 hausses d'affilée.
07:32C'est-à-dire qu'il n'est pas exclu qu'on ait une quatorzième hausse.
07:34On n'est vraiment pas loin de l'équilibre, là, sur le Nasdaq.
07:36Justement, quels seront les autres déclencheurs de la semaine,
07:38ces autres rendez-vous à ne pas rater, John ?
07:41On a cette semaine une combinaison assez rare
07:44entre les rendez-vous macroéconomiques,
07:48les résultats d'entreprise et puis les signaux politiques.
07:50D'abord, aux États-Unis, on aura les ventes au détail.
07:55Évidemment, ça va permettre de valider la résilience du consommateur
07:59ou pas selon le choc énergétique qu'on a actuellement.
08:03On a aussi les PMI Flash, que ce soit aux États-Unis ou en Europe.
08:08Ça va nous donner aussi l'impact du conflit sur l'économie réelle.
08:14Et les résultats d'entreprises Tesla, UnitedHealth, Intel,
08:18American Express, Procter & Gamble,
08:20ces entreprises vont aussi nous parler, nous dire exactement
08:25ce qui se passe dans l'économie réelle.
08:28Et puis, potentiellement, il faudra faire très attention demain.
08:31Pourquoi ? Parce que le prétendu nouveau président de la Fed,
08:37prétendu parce qu'il n'a pas encore été formellement élu,
08:40Kevin Warsh, sera sur le grill du Congrès demain
08:45avec plein de questions qui vont lui être posées.
08:47Évidemment, son sentiment sur la situation économique actuelle.
08:53Donc, la question clé sur toute la semaine,
08:56que ce soit micro, macro, monétaire,
08:58c'est de savoir si la croissance américaine peut rester solide
09:02malgré ce qui se passe une nouvelle fois dans le détroit de l'entreprise.
09:06Effectivement.
09:06Et demain, c'est vrai, Kevin Warsh, devant le Sénat américain,
09:09ce ne sera pas une promenade de santé.
09:11Un certain sénateur républicain pourrait d'ailleurs choisir
09:14de reporter sa désignation à la tête de la Fed
09:16tant que les poursuites judiciaires vis-à-vis de Jerome Powell seront maintenues,
09:19tant que la Maison-Blanche maintiendra la pression sur Jerome Powell.
09:22Vous avez bien entendu, un des sénateurs républicains
09:24qui pourrait vouloir...
09:26Oui, John, vouloir reporter...
09:27Oui, et aussi, on se rappelle que Jerome Powell,
09:32le président actuel, avait dit qu'il ne quitterait pas ses fonctions
09:35tant que la situation juridique ne serait pas réglée.
09:41Aude, on regarde évidemment tout ça,
09:43les publications qui vont accélérer cette semaine
09:44et la thématique fusion-inquisition,
09:47les opérations spéciales, comment on appelle ça ?
09:49Merger Monday, non pas les mergers, mais c'est un Merger Monday.
09:52En tout cas, aujourd'hui, lundi, acquisition,
09:54puisque, alors c'était déjà visible pendant le week-end,
09:57le Wall Street Journal avait révélé pour Eli Lilly
09:59qui achète Kelonia Therapeutics.
10:03C'est un laboratoire qui travaille sur la résolution du cancer du sang.
10:09Alors c'est une acquisition, un deal qui va se faire jusqu'à 7 milliards de dollars,
10:14dont 3 milliards et demi up front.
10:16Donc c'est une belle acquisition pour Eli Lilly,
10:19mais alors le marché ne réagit pas du tout pour le moment,
10:21puisque l'action, elle est stable.
10:24Oui, et donc ces opérations importantes de capitalisation,
10:27parfois de rapprochement,
10:28elles vont jusqu'à toucher John Polymarket,
10:30la star de ces derniers mois.
10:32En pourparler, Polymarket, pour lever des fonds
10:33à une valorisation de 15 milliards de dollars.
10:37Oui, rien que ça.
10:38Et on rappelle quand même Polymarket,
10:39vous l'avez dit, c'est la star de ces derniers mois.
10:42Plateforme de marché de prédiction en ligne,
10:44où vous avez les utilisateurs qui parient sur l'issue d'événements réels,
10:48sur plein d'événements,
10:49qui sera le prochain président,
10:51ce qui va se passer en Iran, etc.,
10:53en utilisant notamment des crypto-monnaies.
10:55Et là, il y a une levée de fonds qui est en négociation
10:59pour lever environ 400 millions de dollars
11:01avec cette valorisation dont vous avez parlé, Guillaume,
11:04de 15 milliards de dollars.
11:06Et on sait qu'on a un soutien d'un acteur majeur,
11:11c'est l'investissement de 600 millions de dollars
11:15de l'ICE, la maison mère du NICE aux États-Unis.
11:21Alors, on est sur une question
11:24où l'ICE, dont je parlais,
11:27prévoit d'investir jusqu'à 2 milliards de dollars
11:29dans Polymarket pour se positionner sur ce segment
11:33qui est en très forte croissance,
11:35notamment aux États-Unis.
11:37Très forte croissance, mais là, je trouve quand même
11:38un risque régulatoire,
11:40parce qu'ailleurs qu'aux États-Unis,
11:43ils ont bien souvent eu des problèmes Polymarket,
11:45ils sont même interdits dans beaucoup de pays.
11:47Mais aux États-Unis, effectivement, ça flambe.
11:49Et dans la tech, ils s'en passent tout le temps des trucs.
11:51Le concurrent d'NVIDIA,
11:52dont on n'avait pas beaucoup entendu parler jusqu'ici,
11:54mais vous allez nous le présenter, ça tombe bien.
11:55John Cerebras annonce son introduction en bourse.
11:59Vous voyez, l'entreprise américaine,
12:01elle développe des puces d'intelligence artificielle
12:04qui sont ultra performantes.
12:06Elles sont conçues pour accélérer l'entraînement
12:09et l'inférence des modèles d'intelligence artificielle
12:13à très grande échelle.
12:15Donc, ils ont déposé une nouvelle demande d'IPO.
12:18Ils l'avaient déjà fait avant,
12:19mais ils avaient eu quelques problèmes.
12:21Aux États-Unis, évidemment,
12:23ils profitent du regain d'optimisme
12:25autour des valeurs qui sont liées
12:27à l'intelligence artificielle.
12:28On a vu notamment ce qui s'est passé sur ces valeurs
12:31la semaine passée,
12:32qui ont largement augmenté.
12:34Et c'est un positionnement face à NVIDIA,
12:38parce que Cerebras se distingue,
12:44parce qu'ils ont une architecture de puces
12:46un peu différente,
12:48qui sont axées, comme je disais,
12:50sur l'inférence
12:51et qui contournent les limites
12:53de la mémoire à large bande passante,
12:55qui est un des goulets d'étranglement actuel du secteur.
13:00Et puis, il faut le dire,
13:02c'est peut-être la cerise sur le gâteau,
13:04eh bien, on a une grande partie de la croissance
13:07qui est liée à OpenAI,
13:10puisqu'ils ont un accord pluriannuel
13:13qui est estimé à près de 20 milliards de dollars
13:16pour le déploiement massif de ces puces.
13:19Donc, on voit ici que NVIDIA
13:21met potentiellement plus 6 soldes
13:24tout là-haut au niveau de ces puces spécifiques.
13:27Merci, John Plassard, avec nous de retour.
13:29On est ravis, John, de vous retrouver
13:30pour une nouvelle semaine américaine.
13:32Merci, John Plassard, avec nous de retourner.
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