- il y a 4 heures
Ce mercredi 29 avril, Jean-François Robin, directeur de la recherche chez Natixis, et Mabrouk Chetouane, responsable de la stratégie globale de marché chez Natixis investment manager, se sont penchés sur la réaction des marchés face à l'escalade au Moyen-Orient, la volatilité du prix du pétrole, la bonne performances des banques européennes qui cartonnent, les GAFAM qui commencent à publier ce mercredi soir, ainsi que la politique monétaire de la Fed, dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03Jean-François Robin de La Tixis qui nous fait l'amitié de rester avec nous.
00:06Bonjour Emma Broucch et Toine de La Tixis.
00:09Bonjour.
00:10J'allais dire, le climat de marché.
00:13On est effectivement sur un CAC 40 qui a tendance à s'effriter.
00:18On est sur des niveaux techniques.
00:20Là, Romain Dobry nous a dit, ça se joue autour des 8070 points.
00:23On est même en dessous, là, moins 0,44%.
00:26On est prudent, on n'est pas non plus...
00:28Ce n'est pas la forte baisse qui domine.
00:31Il n'y a pas un changement radical de position de marché.
00:33Mais enfin, on reste au milieu des résultats d'entreprise.
00:36Et il y a vraiment à boire et à manger.
00:38Au milieu d'un environnement obligataire qui commence à devenir compliqué.
00:41On l'a dit, on a des codes d'alerte un petit peu partout sur les 10 ans.
00:45Au milieu d'un contexte où le pétrole n'arrête pas de grimper aussi.
00:48Et on se demande où ça va se terminer.
00:50Et puis, voilà, le dossier iranien qui n'est toujours pas refermé.
00:53Et on est peut-être en train de commencer à intégrer, là, au cours,
00:56le fait que ça va rester comme ça en l'état.
00:59Ça va peut-être péter de temps en temps.
01:01Mais que, globalement, il n'y aura pas de paix, il n'y aura pas de deal.
01:04Et qu'on va rester sur cette sorte d'épée de Damoclès permanente sur la région.
01:09Brouk, chez toi, vous pensez que le marché est peut-être en train d'avaler ce scénario, là, en ce
01:13moment ?
01:14Le marché, finalement, fait avec ce qu'il a, globalement,
01:16quand on observe juste l'histoire.
01:18Le scénario que vous décrivez, on le connaît déjà depuis 2022.
01:21On répète ça de manière inlassable sur les plateaux.
01:24La Russie et l'Ukraine sont toujours en guerre, ça fait 4 ans.
01:27Ça a démarré de la même manière, avec des prix du baril qui avaient littéralement explosé,
01:31qui se sont calmés, qui sont repartis à la hausse au mois de juin,
01:34quand on reprend la chronique de 2022.
01:36Et on n'a pas encore passé les niveaux qu'on avait observés au cours de la crise,
01:40de la guerre, pardon, qui oppose toujours l'Ukraine à la Russie.
01:43Donc, c'est un scénario que l'on connaît.
01:45Le marché n'attend pas la fin du conflit.
01:47Il n'est pas non plus, entre guillemets, naïf à ce point.
01:50Donc, la fin du conflit, on ne sait si c'est une variable aléatoire,
01:53donc personne ne connaît finalement la distribution.
01:56Et globalement, fondamentalement, ce qui compte, c'est surtout, encore une fois,
01:59c'est l'intensité du conflit.
02:00Est-ce qu'on repart sur des bombardements ?
02:02Est-ce qu'on repart sur des destructions de capacités ?
02:04La réponse est non.
02:05Donc, globalement, tout le monde est assez d'accord là-dessus.
02:07Personne, finalement, ne parie, finalement, que ça va de nouveau se produire.
02:10Donc, fondamentalement, le pic d'intensité, il est derrière nous.
02:14Il faut effectivement régler Hormuz.
02:16Là, clairement, c'est une question de temps.
02:17Et on va voir si les belligérants les plus importants, globalement,
02:20à savoir les États-Unis, l'Iran et la Chine,
02:23parce qu'à un moment donné, ça va commencer à coincer également
02:25au point de vue du commerce mondial.
02:26Et on sait bien que l'une des sources de croissance de la Chine,
02:29ça reste finalement les échanges extérieurs.
02:31Et fondamentalement, à un moment donné, il va falloir trouver un accord,
02:34trouver effectivement une solution pour pouvoir sortir, entre guillemets,
02:38de cette situation de blocage.
02:40Et ni les Américains, ni les Iraniens, ni les Chinois n'ont intérêt à ce que ça dure.
02:45Jouer les prolongations dans ce contexte-là, ça va être délétère,
02:48notamment pour Donald Trump, qui, alors lui, pour le coup,
02:50essaye véritablement de récupérer, en quelque sorte,
02:53comme il le peut, cette situation à des fins politiques en vue des midterms.
02:58Mais on voit bien que, finalement, avec un prix du galon qui commence à stationner,
03:02finalement, si vous me permettez le jeu de mots,
03:05au-delà de 4 dollars le galon, ça commence à être compliqué.
03:08Donc, à un moment donné, ça ne peut pas durer très longtemps.
03:10Et puis, le marché, fondamentalement, encore une fois, lui, ce qu'il regarde,
03:13ce n'est plus la question macro, on est passé dans une séquence micro.
03:16Et oui, effectivement, il y a encore, il faut faire un peu la part des choses
03:19dans ce qui est publié, mais globalement, ça se passe très bien
03:22depuis, finalement, le début de publication des résultats.
03:24Oui, et puis on commence à avoir, finalement, les choses qui se croisent,
03:27c'est-à-dire le galon à 4, peut-être un petit peu plus,
03:31les taux qui commencent à monter du côté des 4,4 %,
03:33ça commence à plafonner, on a l'impression d'avoir le feu stop.
03:38Alors, disons que les seuils de douleur ne sont pas encore atteints
03:41sur la partie obligataire.
03:42Mais bon, globalement, à mesure qu'on se rapproche,
03:44enfin, oui, là, on n'est pas dans les seuils de douleur.
03:46C'est-à-dire qu'en gros, ça monte, c'est pénible, mais...
03:48Au-delà de 4,5, là, c'est...
03:49À 4,8, typiquement, à 4,8 sur les taux américains.
03:52Oui, là, 4,8.
03:53Oui, non, mais on a encore d'un marge.
03:55On est à 4,4, ça va, ce n'est pas non plus catastrophique.
03:57Et puis, 4,4, encore une fois, il faut voir d'où ça vient.
03:59Donc, il ne faut pas non plus se dire...
04:00Mais attention, 4,4 %, c'est un seuil qui commence à être très pénible.
04:04Si ça vient de la partie inflation, effectivement,
04:06sur la partie de taux nominaux,
04:07bah oui, ça, c'est assez logique.
04:09En revanche, si ça vient tout simplement d'une réappréciation
04:11des taux d'intérêt réels,
04:12tout simplement parce que les marchés se disent
04:14que finalement, le cycle américain n'est pas si faible que ça,
04:16au contraire, il peut nous surprendre à la hausse,
04:18c'est pas non plus dramatique.
04:19Donc, encore une fois, d'où vient, finalement,
04:21la question à laquelle il faut répondre,
04:23c'est d'où vient cette croissance, finalement,
04:24des taux d'intérêt ?
04:25Est-ce qu'elle vient d'un choc inflation ?
04:27Est-ce qu'elle vient d'un choc réel ?
04:28Là encore, il faut regarder un peu les données.
04:30Alors, oui, pour revenir à la situation géopolitique,
04:33il y a un super tweet de Javier Blas,
04:34qui est éditoriiste à Bloomberg,
04:37qui dit, on pensait qu'on allait avoir un taco,
04:39Trump always chickens out.
04:41En fait, on a un nacho.
04:43C'est, not a chance, almost opens.
04:46Voilà, on reste dans la gastronomie Tex-Mex.
04:48Mais enfin, globalement, voilà,
04:49est-ce que c'est peut-être, voilà, ce que dit Mabrouk,
04:51c'est-à-dire que les marchés ont réussi
04:54à pricer l'imprévisible ?
04:56Là, moi, je trouve qu'on est surtout dans un entre-deux.
04:59C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le marché...
05:00Mais un entre-deux permanent, quoi.
05:02Voilà, il y a deux queues de distribution très opposées,
05:04qui, d'un côté, vous avez une escalade de nouveau du conflit
05:07avec la destruction d'infrastructures énergétiques,
05:09ce qui n'a pas été le cas, à l'exception du gaz.
05:11Donc, on pourra reparler du pétrole après,
05:13mais on est dans un scénario qui serait beaucoup plus méchant,
05:16avec un prix du pétrole qui serait sans doute plutôt
05:18à retrouver les niveaux de post-Ukraine.
05:20Donc, on serait sur du 130-140 dollars.
05:23Donc, c'est un scénario très extrême, très stagflationniste.
05:25On ne peut pas exclure une récession.
05:27De l'autre côté, vous avez un cessez-le-feu possible.
05:30Il y a encore, vendredi, il y a 15 jours,
05:32c'était le scénario même presque central qui était là.
05:35Si on a un cessez-le-feu, une réouverture totale du Détroit,
05:37la question, c'est combien de temps ça prendra de revenir à la normale ?
05:40Mais finalement, on aurait évidemment des prix du pétrole
05:42qui repasseraient très, très vite repricés par les marchés,
05:44en tout cas, sous les 80 dollars.
05:46Et là, aujourd'hui, on se retrouve avec un prix du Brent à autour de 109.
05:50Ça va durer un peu plus longtemps.
05:51Les 4-5 semaines sont évidemment largement passées.
05:54Nous, on avait un scénario de deux mois typiquement.
05:57Là aussi, on est un peu au bout de ça.
05:59Donc, on rajoute un mois dans notre scénario central,
06:01faute de mieux, on n'en sait rien.
06:03Donc, on a un pic du pétrole que nous, on voit au mois de mai
06:05autour de 118 dollars typiquement.
06:09Après, évidemment, ça dépendra de la résolution de cette crise.
06:12Je suis assez d'accord pour penser qu'à la fin, de toute façon,
06:15c'est un peu tautologique, mais on aura, c'est le feu,
06:18on aura une réouverture du Détroit,
06:19on aura un accord entre les Iraniens et Donald Trump.
06:23Vite fait.
06:24Non, mais ce qui est très intéressant, ce que je trouve,
06:26c'est qu'on a basculé.
06:27Le maître du temps, c'est l'Iran.
06:29En fait, Trump, il est d'accord de faire un taco,
06:32sauf qu'il texte tout, tout taco, quoi.
06:34C'est qu'il faut être deux pour faire machine arrière.
06:36Et là, on a un gros problème, c'est que l'Iran,
06:38c'est l'art du deal.
06:39C'est eux qui l'ont gagné, cette négociation.
06:42S'ils ne bougent pas, Trump est en train de faire des concessions
06:44les unes après les autres.
06:45Donc là, il est en train de dire que c'est la fin du gentil Trump.
06:48Bon, on va voir.
06:49Je pense qu'il de nouveau fait remonter les tensions.
06:51Mais je pense quand même qu'à la fin,
06:53on se retrouve avec un Détroit d'Hormuz
06:54qui ouvre peut-être avec des fils à verser aux Américains et aux Iraniens,
06:58beaucoup moins fluide qu'auparavant.
07:00Je pense surtout qu'à la fin,
07:02Trump va faire passer comme une victoire
07:03le fait qu'on va réouvrir le Détroit
07:05à la moitié de ce qu'il était avant l'opération du 28 février.
07:08Ce sera une victoire absolue.
07:09Mais je pense qu'il a besoin de ça pour les élections mid-terme.
07:12Il a besoin de ça avant le 14 mai,
07:13quand il va aller voir Xi Jinping.
07:15C'est quand même une visite que lui-même a sollicité
07:17et qu'il a repoussée une fois.
07:18Quand il va arriver en Chine,
07:19je ne pense pas qu'il puisse arriver en disant
07:21« J'ai de nouveau détruit toute possibilité de paix,
07:23de réouverture du commerce international. »
07:26Comme le disait Mabrouk,
07:26c'est évidemment le moteur principal de l'économie chinoise en ce moment.
07:30C'est 50% de ses importations de pétrole,
07:32c'est 30% de ses importations de gaz.
07:34On sait que les Chinois ont des moyens
07:35de contourner ça et des réserves.
07:37Ils peuvent tenir un petit moment.
07:38En revanche, l'économie mondiale, beaucoup moins.
07:41Et ça, ça a un impact de seconde ordre sur la Chine.
07:43Donc je pense quand même, à un moment donné,
07:45le scénario central qui est le nôtre
07:46et qui est à mon avis celui du marché,
07:48c'est que ça va finir par se résoudre.
07:49On ne sait pas quand.
07:50Mais à la fin, on retrouve une situation
07:52par retour à la normale.
07:53Les prix du pétrole seront plus élevés.
07:55Les prix des engrais, des produits agricoles
07:58seront sûrement plus élevés.
07:59Mais on se retrouve avec une situation
08:00quand même moins dramatique
08:01que n'elle l'est aujourd'hui
08:03où tout est bloqué.
08:03Cela dit, le retour à la normale,
08:06quand on regarde juste la courbe
08:07finalement sur les prix du pétrole,
08:09elle est toujours en backwardation.
08:10C'est-à-dire qu'en gros, elle est inversée.
08:11On a un prix du baril à court terme
08:13qui est plus élevé
08:13que ce qu'on attend finalement sur le long terme.
08:16Alors qu'en principe, ça va être l'inverse.
08:17Mais le retour à 80,
08:18qu'on estime être finalement le seuil
08:20d'acceptabilité finalement sur le prix du pétrole.
08:23Ça arrange un peu tout le monde.
08:23Voilà, ça arrange les exportateurs.
08:25Ils sont assez contents d'exporter à 80.
08:27Après, ça dépend des types de pétrole, bien sûr.
08:29Le pétrole algérien ne s'exporte pas à 80
08:30alors que le pétrole saoudien,
08:31il est rentable à 10 dollars déjà.
08:35Et donc du coup, on se rend compte
08:37que les pays importateurs à 80 dollars,
08:39c'est encore finalement un seuil
08:40qui est encore acceptable.
08:41C'est pénible, mais ça passe.
08:43Mais par contre, ce niveau-là,
08:45le marché l'anticipe dans un an.
08:47Donc ça, c'est un peu problématique.
08:49C'est un problème de timing.
08:51Un problème de timing.
08:51Et puis, vous le soulignez finalement,
08:53la partie obligataire,
08:53et en fait, on aime toujours dire
08:55que la vérité est dans les taux,
08:56elle n'est pas ailleurs.
08:57Finalement, les taux nous disent,
08:58attention là, fondamentalement,
08:59on a un durcissement des conditions monétaires
09:02et financières.
09:03Il va falloir effectivement faire quelque chose.
09:04Et bon, ça tombe bien.
09:05On a les banquiers centraux
09:06qui vont se mettre tous à parler.
09:08En tout cas, les principaux ce soir.
09:11On est mercredi ?
09:12Oui, c'est mercredi.
09:13C'est la fête ce soir.
09:14Ce soir et la BCE demain.
09:16Donc du coup, on va voir effectivement
09:18quel va être leur discours.
09:19Et là, encore une fois,
09:21on a des attentes de marché
09:22qui nous semblent totalement délirantes par ailleurs,
09:24notamment concernant l'Europe.
09:25Ce n'est pas le moment
09:26de resserrer des conditions financières
09:28et monétaires,
09:28alors même finalement qu'on a déjà
09:29un choc négatif qui s'applique à la demande.
09:32Donc fondamentalement, à mon sens,
09:34il y a un discours un peu d'apaisement
09:36qui doit venir de la part des banquiers centraux
09:38pour essayer finalement
09:39de réduire cette pression
09:41qui finalement, si elle perdure,
09:43va poser finalement des problèmes
09:45au cycle macro.
09:46Donc là aussi, il faut faire attention.
09:49Effectivement.
09:50Allez, un petit peu plus de 15 minutes
09:52de cotation encore.
09:54La Bourse de Paris,
09:55moins 0,51% pour le CAC,
09:5748 062 points.
09:59On a un Eurostock 50
10:01qui recule de 0,46%,
10:02moins 0,41% pour le DAX à Francfort,
10:04moins 0,55% pour l'Ibex à Madrid.
10:07On est partout dans le rouge,
10:08même du côté de Londres.
10:10On a même une baisse un petit peu plus prononcée,
10:12moins 1,2%.
10:14Du côté de Wall Street,
10:15on est dans le rouge.
10:15Moins 0,08% pour le Nasdaq
10:17et moins 0,57% pour le Dow Jones.
10:19La tendance s'inverse.
10:20On avait le Nasdaq qui sous-performait tout à l'heure.
10:23Ce sont les valeurs industrielles
10:24qui subissent les dégagements
10:26les plus marqués pour le moment.
10:27La volatilité ne bouge pas trop
10:28du côté des 18 points pour l'indice VIX.
10:31À Paris, quelques hauts spectaculaires.
10:33On va en reparler.
10:34Un Soprasteria qui gagne 15,8%,
10:37132 euros.
10:38Soitech, plus 13,4% à 112,15 euros.
10:41Le titre, c'est bien de la folie.
10:43Médincelle, plus 6,6% à 24,38 euros.
10:46Semi-conducteur, toujours resté micro,
10:47plus 6,2%.
10:4844,80 euros.
10:50Et à la baisse, on retrouve
10:52Aéroport de Paris, moins 7,2%.
10:54100,60 euros.
10:55Valneva, moins 3,9.
10:562,32.
10:57On a Pernod Ricard aussi.
10:58On ne parle plus de la fusion
11:01avec Brandt Forman,
11:02la maison mère de Jack Daniels.
11:03Tout ça a été mis sous le tapis.
11:07On n'en parle plus.
11:07Les négociations sont terminées.
11:09Donc, du coup, le marché en prend acte.
11:12À noter l'obligataire,
11:14toujours tendu,
11:153,75 pour le 10 ans français.
11:163,09 pour le 10 ans allemand.
11:184,39 pour le 10 ans américain.
11:20Le pétrole, on en parle beaucoup
11:21depuis le début de ce club.
11:23105,20 pour le baril de Brun.
11:25Légis américain, le Bren de Mer du Nord.
11:28109,80.
11:29Jean-François Robin et Mabrouk Chetouane
11:31de Natixis.
11:32On va peut-être parler du catalyseur,
11:34de l'autre catalyseur majeur des marchés
11:36en ce moment,
11:37c'est celui des résultats d'entreprise.
11:39Et c'est vrai qu'avant de parler
11:41des GAFAM,
11:42bon, ce sera le feu d'artifice
11:44après la clôture de Wall Street.
11:46Là, surtout, ce qui ressort,
11:47c'est que le pétrole cher,
11:49on en a parlé,
11:50ça fait des affaires de Total, de BP.
11:52On a eu des très bons résultats
11:53ces dernières heures.
11:54Puis, il y a un autre secteur
11:55qui commence à devenir étonnant,
11:56c'est le secteur bancaire,
11:57parce qu'on se dit
11:58qu'il a pas mal grimpé
11:58ces derniers mois.
12:01Mais quand on regarde
12:01les performances de Santander,
12:03de Deutsche Bank,
12:05d'UBS,
12:05qui revient du diable au vaud vert,
12:08et nos banques françaises,
12:10on attend quand même des bons chiffres,
12:11ce sera lors de la séance de demain.
12:14On a des fondamentaux d'entreprise
12:16qui continuent quand même
12:17de soutenir le marché.
12:19Les résultats des banques
12:20disent quelque part, au fond,
12:21que le cycle macro dans son ensemble,
12:25qu'il s'agisse du cycle européen
12:26ou du cycle américain,
12:27avant finalement ce choc énergétique
12:30et ce choc sur l'activité,
12:31globalement ça allait bien.
12:32C'était un peu le scénario
12:33avant le 28 février.
12:36C'est-à-dire que globalement,
12:37on était encore sur un cosme
12:39où l'Europe,
12:39ça allait de mieux en mieux,
12:41où les États-Unis,
12:42après le creux conjoncturel
12:44de 2025-2026,
12:45allait être un millésime
12:46qui allait être pas trop mal.
12:49Et globalement,
12:50les résultats du secteur bancaire
12:51viennent attester,
12:53viennent valider un peu
12:54cette thèse.
12:56Alors maintenant,
12:56bien évidemment,
12:57si on a un fort freinage
12:58conjoncturel au second trimestre,
13:00ça va se voir également
13:01dans le résultat des banques.
13:02Mais là, pour le moment,
13:03fondamentalement,
13:04il n'y a pas de raison
13:05de se dire
13:06que le premier trimestre,
13:07d'un point de vue macro,
13:09va être mauvais
13:10puisque la micro
13:10confirme quelque part
13:11que les entreprises
13:13continuent finalement
13:14de faire affaire
13:15avec les banques,
13:16que les banques finalement
13:16continuent de soutenir l'économie
13:18via le crédit,
13:18que l'activité de transformation
13:19d'échéance,
13:20ça se passe bien
13:20et que même l'activité
13:21pour compte propre,
13:22ça se passe plutôt bien.
13:23Donc globalement,
13:24il n'y a pas grand-chose
13:25sinon à dire
13:25si ce n'est que
13:26le secteur bancaire
13:27dont on disait
13:28qu'il était un peu cher,
13:29que finalement,
13:29les attentes étaient peut-être
13:31un peu spectaculaires par ailleurs,
13:32ça ne déçoit pas,
13:33ça continue.
13:34Donc fondamentalement,
13:35la dimension micro
13:37continue de soutenir le marché
13:38et c'est une bonne nouvelle
13:39quelque part
13:40puisque ça nous permettra
13:40de conclure
13:45sur l'activité,
13:46sur la demande,
13:47on avait une activité
13:49fondamentalement
13:49qui était assez forte
13:51et qui pourra finalement
13:51absorber une partie
13:53de ce choc.
13:53Pas tout évidemment,
13:54mais une partie
13:55pourrait être absorbée
13:55par le cycle.
13:56Jean-François Robin,
13:57secteur bancaire,
13:58secteur pétrolier finalement,
13:59même combat ?
14:00Alors je ne pense pas
14:01que ce soit le même combat
14:02quand même.
14:02Non mais la hausse des taux,
14:04les taux c'est le carburant
14:05du secteur bancaire.
14:06Oui, mais ce qu'on voit
14:07c'est les dynamiques,
14:07alors après c'est pareil,
14:08il y a des dynamiques
14:09qui sont très différentes
14:10entre différents marchés,
14:11je pense aux banques américaines
14:12ou aux banques européennes,
14:13mais c'est vraiment
14:13les chiffres qui sont
14:14aussi intéressants
14:15à l'aune de la conjoncture,
14:17c'est ce qui était sorti
14:18des chiffres de ce matin,
14:20c'est que finalement
14:21la distribution de crédit
14:22par les banques européennes,
14:23elle augmente au mois de mars
14:25de 3%,
14:25c'est-à-dire que grosso modo
14:26les banques en Europe
14:28ont continué de prêter
14:29plus vite que le PIB
14:30et ça veut dire aussi
14:31que de l'autre côté
14:31il y a une demande
14:32de la part des entreprises
14:33d'emprunter auprès
14:35de leurs banques.
14:36Ça ne laisse pas penser
14:38quand même que jusqu'au mois de mars
14:39en tout cas,
14:39il y avait un gros ralentissement
14:41des entreprises
14:42au niveau européen.
14:44De la part des ménages,
14:45c'est pareil,
14:46on est au-delà de 3%
14:46de demandes
14:47sur les prêts des ménages
14:49adressés aux banques européennes,
14:51donc la dynamique
14:52du premier trimestre,
14:53elle semble assez bonne.
14:54Mais encore une fois,
14:55c'est un peu comme
14:55tous ces résultats
14:56qu'on va voir ce soir,
14:57on est quand même
14:58dans des résultats
14:59qui sont un peu
15:00backward looking,
15:01c'est-à-dire on est quand même
15:02en train de regarder
15:02dans le rétroviseur
15:03ce qui s'est passé,
15:04le choc probablement
15:05de la crise en Iran,
15:07on le voit sur les taux,
15:08mais on va le voir bientôt
15:09sur la conjoncture,
15:10il est plutôt au S2
15:11et donc les résultats
15:12d'aujourd'hui,
15:13ce n'est peut-être pas
15:13la vérité de demain quand même.
15:15Écoutez,
15:16en tout cas,
15:16on va continuer
15:17à décortiquer tout ça
15:18parce qu'il y a encore
15:18pas mal de choses à venir.
15:21Dites,
15:22les GAFAM ce soir,
15:23ça vous inspire particulièrement ?
15:25Il y a un truc
15:26que vous allez regarder
15:28de très près ?
15:29Alors,
15:29on avait Romain Dobry
15:30tout à l'heure,
15:30il nous reconfirmera ça
15:31peut-être en fin de séance,
15:33mais qui disait
15:34attention,
15:34les attentes sont monstrueuses
15:36sur Amazon
15:36si on regarde
15:37les facteurs techniques,
15:38les positions qui sont
15:38prises à terme,
15:40etc.,
15:40en fonction des résultats.
15:42Il y a Microsoft,
15:43moi j'entends autour
15:43de cette table
15:44tout le monde dire
15:45Microsoft,
15:46c'est vraiment
15:46la valeur value.
15:48Bon,
15:48il y a un truc
15:49qui vous...
15:50sur les GAFAM ?
15:51Sur les GAFAM,
15:53on attend,
15:54à un moment,
15:55à un autre,
15:55on est tous d'accord
15:56pour dire qu'on va être
15:57sur le moment asymptotique
15:57du truc
15:58et que les résultats
15:58vont finir par ralentir
16:00un petit peu.
16:00On est plutôt
16:01agréablement surpris
16:02jusque-là,
16:02mais encore une fois,
16:03sur des dynamiques
16:04qui sont celles
16:05un peu du passé,
16:06entre guillemets,
16:07quelque part,
16:07et puis les marchés
16:08jouent quelque chose
16:09d'au-delà,
16:10sans doute,
16:10du court terme
16:11avec l'IA,
16:13bien entendu.
16:14Moi,
16:14ce que je trouvais rigolo,
16:15c'était,
16:15nous,
16:15on regardait beaucoup
16:16Nvidia,
16:17parce qu'à un moment
16:17ou un autre,
16:18Nvidia était plus
16:19un market maker,
16:21c'est-à-dire que
16:21c'était plutôt Nvidia
16:22qui donnait la tendance
16:23du marché
16:23que typiquement
16:24les chiffres
16:24de l'emploi américain.
16:25Parce que traditionnellement,
16:26pendant des décennies,
16:27le chiffre
16:27qui regardaient les marchés,
16:28là,
16:28pour voir si la dynamique
16:30du marché action
16:31américaine
16:31allait continuer,
16:32on regardait un petit peu
16:33ce qui se faisait
16:33sur un certain nombre
16:34de valeurs,
16:34dont Nvidia,
16:36et donc ce soir,
16:36ça va donner un petit peu
16:37le là.
16:38Et je termine sur un truc
16:39un petit peu macro
16:39qui est intéressant,
16:40c'est qu'aujourd'hui,
16:41c'est très intéressant
16:41aux Etats-Unis,
16:42c'est que vous avez
16:43des Etats-Unis,
16:44des actions qui sont
16:45au plus haut de l'histoire,
16:46alors qu'on est au milieu
16:47d'un conflit quand même
16:48qui est sans doute,
16:48si vous regardez
16:49la destruction de prix
16:50du baril de pétrole,
16:52on est plus qu'en 73-74,
16:54mais on a quand même
16:54un marché action
16:55qui est au plus haut,
16:56alors qu'à l'inverse,
16:56vous avez la confiance
16:57des ménages américains
16:58qui est au plus bas historique.
16:59La seule façon
17:00de réconcilier ça quand même,
17:01c'est de se dire
17:02qu'on est dans une économie
17:03en cas et qu'en fait
17:04le gros du marché américain,
17:06il est détenu
17:06par les 10% les plus riches
17:07qui détiennent 90%
17:09des actions aux Etats-Unis
17:10et ces 10% les plus riches
17:11font maintenant
17:12plus de 50%
17:12de la consommation américaine.
17:14Donc on comprend
17:14que l'économie américaine
17:15tienne bien,
17:16que l'économie tient bien
17:17parce que la conso tient,
17:19mais la conso tient
17:19parce que les plus riches consomment.
17:21Et ça, c'est très lié
17:22au marché américain.
17:23Vous allez quand même
17:23pas circulaire,
17:24mais on a cette espèce
17:25d'effet richesse incroyable
17:27sur les ménages les plus riches
17:28qui tiennent le marché américain
17:29qui elle-même
17:30tient l'économie américaine.
17:31Et ça, c'est un truc
17:32complètement nouveau.
17:33Est-ce que c'est durable,
17:34tonable ?
17:35La question se pose quand même.
17:37C'est une bifurcation.
17:38Ce n'est pas si nouveau que ça.
17:40Les économies américaines
17:41n'est pas connues
17:41pour être l'économie
17:42la plus égalitaire du monde.
17:43C'est que je ne l'ai jamais vu.
17:44Oui, on franchise des niveaux
17:45qui battent tout le temps des records,
17:46ça oui,
17:47mais que finalement,
17:48encore une fois,
17:49qu'on dise qu'on a
17:50une répartition très forte
17:51aux Etats-Unis.
17:52Ça, par contre, non.
17:54Et donc, évidemment,
17:55l'accentuation de ce phénomène
17:57pose question
17:58à ce que c'est étonnable.
17:59J'ai presque envie de dire
17:59que malheureusement,
18:00ça va encore s'accentuer davantage.
18:02Il y a un point
18:02dont on n'a pas trop parlé,
18:03c'est la politique budgétaire.
18:04Et avec l'obibi,
18:05entre guillemets,
18:06donc la fameuse loi budgétaire
18:07qui va encore accentuer finalement
18:09cette bifurcation
18:10dont vous parliez,
18:11ça va encore continuer.
18:12Donc globalement,
18:13nous, on se dit,
18:14bon, bah,
18:14cet effet richesse positif
18:16qui nourrit la confiance
18:17des ménages les plus élevés
18:18qui nourrit la consommation,
18:20il y a un effet certes circulaire,
18:22mais qui est vertueux
18:23d'une certaine manière,
18:24en tout cas pour les marchés actions.
18:26Et les GAFAM,
18:27globalement,
18:27quand on regarde juste
18:28les marges des entreprises,
18:30on est au plus haut
18:31depuis à peu près 2015.
18:32C'est-à-dire qu'en gros,
18:32les marges des entreprises
18:33aujourd'hui,
18:34à l'échelle macro,
18:35sont revenues
18:35sur des points hauts historiques.
18:37Et donc globalement,
18:38c'est tiré par qui ?
18:39De nouveau, en fait,
18:40les mêmes.
18:41Alors, on retrouve un peu
18:41les utilities aussi
18:42qui retrouvent du poil de la bête
18:43et qui surtout, en fait,
18:44sont alimentés
18:46par cette histoire tech,
18:47de nouveau.
18:48Donc, amener l'énergie,
18:50la ressource,
18:51là où effectivement
18:52c'est nécessaire,
18:53là où il y a plus de croissance,
18:54ça devient un enjeu
18:55absolument crucial.
18:56Et donc, fondamentalement,
18:57nous, on se dit,
18:58depuis le début du conflit,
18:59en fait,
18:59on a même renforcé
18:59notre expo sur l'Amérique
19:00et sur les Etats-Unis,
19:01mais en particulier
19:02sur la partie la plus
19:03« high beta »,
19:04parce qu'on se dit,
19:05si il y a recovery,
19:06et c'est exactement
19:06un remake de 2025
19:07qui est en train de se passer,
19:08le Nasdaq...
19:09Impossible de passer à côté.
19:11De toute façon,
19:11le Nasdaq,
19:12months to date,
19:12depuis le début du mois,
19:13c'est plus qu'un,
19:14c'est un tout droit.
19:14Donc, c'est absolument
19:17stratosphérique.
19:17Ça fait limite un peu peur.
19:18Mais on se dit
19:19que si vous avez raté,
19:20entre guillemets,
19:22ce rebond,
19:23en quelque sorte,
19:24eh bien, le problème,
19:25c'est que pour retrouver,
19:26finalement,
19:27pour le rattraper,
19:28il faut ramer,
19:28il faut ramer très dur.
19:30Et donc, nous, finalement,
19:32ce n'est pas une question
19:33qu'on se pose, finalement,
19:34sur la question de la tech,
19:35c'est là pour durer.
19:37Et l'excès de dépenses
19:38d'investissement
19:39qui leur a été reproché
19:40me sont butés
19:41à un faux procès.
19:41S'ils ne l'avaient pas fait,
19:42on leur a dit,
19:44on aurait dit,
19:45mais oui, regardez,
19:45vous n'investissez pas assez,
19:46ils en font peut-être
19:47un peu trop,
19:47mais c'est clairement,
19:48à mon avis,
19:49le sens de l'histoire,
19:50c'est la croissance future
19:51qui le s'assure.
19:52C'est clair.
19:52Et puis, encore une fois,
19:56on en parle assez régulièrement.
19:58Si on se met à se dégager
20:00du marché sous prétexte
20:01que ça baisse,
20:02on perd toutes les reprises en V.
20:04Il y a un phénomène
20:05qui est...
20:06Je reviens à ce qu'on dit,
20:07c'est quand même
20:07complètement unique,
20:08ce que je disais
20:09dans l'histoire.
20:09Aujourd'hui,
20:1080% des ménages américains
20:12ne font plus que 30%.
20:14Non, mais je dis l'inverse.
20:15C'est que 10% des plus riches
20:16font 50% de la conso.
20:18Mais si vous descendez
20:18dans les autres déciles,
20:19vous avez 80% des ménages
20:20les plus pauvres
20:21qui ne font plus que 30%
20:22de la conso.
20:23Ça, c'est jamais vu,
20:24même au début des marchés.
20:25Quand il y avait
20:25les Rockefeller, etc.,
20:27les 10% des plus riches,
20:28ils étaient responsables
20:29d'à peine...
20:30On n'était sur même pas
20:3125% de la conso américaine.
20:33Sur la tech,
20:34pour rebondir,
20:35ce que je trouve aussi intéressant,
20:36c'est que finalement,
20:37la tech, elle se tient bien
20:38parce que d'abord,
20:38les résultats ne déçoivent pas
20:39et aussi que la tech
20:40est moins chère, finalement.
20:41C'est que comme ils ont
20:42des résultats meilleurs
20:42qu'attendus
20:43et qu'il y a une correction
20:44du marché,
20:44en termes de multiples
20:45de valorisation,
20:46vous avez plutôt
20:46un secteur qui est intéressant.
20:49Alors, on parlait des banques,
20:50c'est le cas aussi,
20:51mais il y a aussi
20:51le secteur de la défense.
20:53Aujourd'hui,
20:53vous êtes dans le milieu
20:54d'un conflit
20:54qui, évidemment,
20:55va avoir des conséquences
20:56à long terme
20:57où il va falloir se réarmer,
20:58accélérer le réarmement,
21:00ne serait-ce que pour reconstituer
21:02des stocks de munitions,
21:02etc.
21:03Donc, on va avoir
21:05un méga trend
21:06sur la défense
21:06et vous avez le secteur
21:07de la défense
21:08qui est 10% moins cher
21:09qu'avant le début du conflit.
21:11Vous avez des trucs comme ça
21:11qui, à mon avis,
21:13peuvent expliquer aussi
21:14des rebonds de secteur
21:15comme ça,
21:15assez impressionnants
21:16alors qu'on est au milieu
21:16du conflit,
21:17comme vous le disiez,
21:18la vérité dans le marché
21:19obligataire,
21:20mais aussi le marché action
21:22vous voit un petit peu
21:22après le conflit,
21:23je pense.
21:24Bon,
21:25dernier sujet,
21:27ça va être
21:27la dernière
21:28de Jérôme Powell
21:30lors d'un rendu
21:31de décision
21:31de la Fed.
21:31Ensuite,
21:32il va confier son mandat
21:35à Warch,
21:35à Kevin Warch
21:36qui vient de franchir
21:37la première étape
21:38de confirmation
21:39au Sénat.
21:40Donc, a priori,
21:41ça devrait bien se passer.
21:42Mais selon vous,
21:43le testament
21:44de Jérôme Powell,
21:45ce sera quoi ?
21:46Mabrouk ?
21:47Le testament !
21:49Vous vous posez des questions,
21:50franchement,
21:51j'avoue,
21:51je ne confesse
21:51pas avoir réfléchi.
21:52Non,
21:53déjà,
21:53si on fait juste
21:54trois secondes le bilan,
21:55c'est quasiment
21:56à sans faute.
21:56Je veux dire qu'en gros,
21:57à chaque fois qu'il prend la parole,
21:59c'est tout à fait impressionnant.
22:01De voir à quel point
22:02les anticipations
22:04sont correctement ancrées,
22:05à quel point
22:05le message est très clair.
22:07Et quelque part,
22:08finalement,
22:08si on doit retenir une chose,
22:09c'est que
22:10quand on a un banquier central,
22:12du moins un chairman,
22:12qui est aussi clair
22:13et qui pilote aussi bien,
22:14finalement,
22:15les anticipations,
22:16alors, bien évidemment,
22:17il y a eu quelques moments
22:18de doute,
22:19mais bon,
22:19là encore,
22:20on ne peut pas non plus
22:20lui reprocher une perfection,
22:22enfin,
22:22on ne peut pas lui faire
22:22le procès
22:23de manque de perfection.
22:25je pense que globalement,
22:26si on doit l'héritage,
22:28quelque part,
22:28de M. Powell,
22:30c'est dire
22:30une communication claire,
22:32c'est finalement
22:33un des atouts nécessaires également,
22:34un des instruments
22:35de politique monétaire
22:36les plus importants aujourd'hui,
22:39au-delà, effectivement,
22:40des questions techniques
22:41de taux,
22:42d'augmentation,
22:42etc.
22:43Donc, globalement,
22:44avoir une communication
22:44extrêmement claire
22:45assure la crédibilité
22:46qui assure finalement
22:47l'efficacité
22:48de la transmission
22:49de la politique monétaire
22:50vers, finalement,
22:51l'économie,
22:52et c'est ce qu'on demande
22:52à une banque centrale.
22:53C'est clairement son mandat
22:54et si on doit retenir une chose,
22:57c'est clairement
22:57qu'encore une fois,
22:58je le répète,
22:59c'est une masterclass
23:00à chaque fois qu'il prend la parole.
23:01Franchement,
23:01on écoute,
23:02on se délecte quelque part
23:03et puis, fondamentalement,
23:06les autres,
23:06certaines autres
23:07grandes banques centrales
23:08devraient peut-être
23:09s'inspirer un petit peu plus
23:11de Jérôme Powell.
23:12Oui,
23:12joli,
23:14joli,
23:14joli dithirande
23:16de Mabrouk.
23:18Jean-François Robin,
23:20non seulement ça,
23:20mais en plus,
23:22il est resté comme un roc
23:23et en tenant tête
23:24à Donald Trump
23:25qui l'a menacé
23:27de tout un tas de trucs
23:28qu'il n'a jamais vraiment fait,
23:31mais globalement,
23:31il a été
23:33l'incarnation
23:33de l'indépendance
23:34de l'institution monétaire.
23:35Oui,
23:36je crois que c'est exactement
23:36le terme
23:37qu'on peut peut-être regarder.
23:40Il est là depuis 14 ans,
23:41donc évidemment,
23:41dans ce cycle-là,
23:43il a réussi des trucs
23:44mieux que d'autres
23:45et il y en a
23:45qui l'a sûrement loupé.
23:46Quand vous êtes aux États-Unis
23:47en ce moment,
23:48il se fait quand même
23:48un peu aussi tirer
23:49à boulet rouge
23:49parce que ça fait 5 ans
23:50que l'inflation
23:51est largement
23:52au double de sa cible,
23:53etc.
23:54En moyenne,
23:54bon bref,
23:54vous avez un problème
23:55d'inflation et des prix
23:57qui est quand même
23:57normalement son boulot
23:58qu'il n'a pas trop géré,
23:59mais c'est vrai
24:00que sur l'ensemble
24:01de ses mandats,
24:02sur ses 14 ans de mandat,
24:04c'est quelqu'un
24:04qui est rentré à la Fed
24:05nommé par Obama.
24:07Là,
24:07ce que je trouve intéressant,
24:08c'est effectivement
24:08que c'est quelqu'un
24:09qui aura maintenu
24:10l'indépendance de la Fed.
24:11On retiendra ces images
24:12où il tient tête
24:12à Trump
24:14sur le chantier de la Fed
24:15avec son petit papier
24:20il avait réussi
24:20quand même
24:21le petit bonhomme
24:22qui avait tenu tête
24:22quand même
24:24au promoteur
24:25de l'immobilier.
24:26Bon,
24:27c'était très marrant.
24:28Évidemment,
24:28moi,
24:28c'est ça que je retiens,
24:29c'est quand même
24:29quelqu'un qui a défendu
24:30bec et ongle à la Fed.
24:31Il était encore
24:32devant la Cour suprême
24:34présent
24:34pour un peu mettre
24:36le soutien
24:36de toute la Fed
24:37vers Lisa Cook
24:38qui était menacée
24:38de destitution,
24:39etc.
24:40Moi,
24:40je retiens un peu ça.
24:41Puis,
24:41je retiens une deuxième chose,
24:42c'est que Jérôme Powell,
24:43alors ça fait un peu
24:44le pendant avec Christine Lagarde,
24:46c'est pas un économiste.
24:48C'est un avocat,
24:50c'est un lawyer,
24:51donc c'est exactement
24:52le même profil
24:52que Christine Lagarde.
24:54Donc,
24:54il était très clair
24:55dans sa communication.
24:56Là,
24:56je mets un petit bémol,
24:57moi,
24:57je préférais les discours
24:58de Janet Yellen
24:59qui était niveau prix Nobel,
25:00enfin,
25:00qui ne l'a pas,
25:01mais en termes économiques.
25:03Elle avait quelque chose
25:03de quand même,
25:04je trouve,
25:04d'un autre ordre
25:05en termes économiques.
25:07En revanche,
25:07effectivement,
25:08lui,
25:08dans sa communication
25:09était assez clair.
25:09Là aussi,
25:10où on peut mettre
25:10un petit bémol,
25:11c'est qu'il y a quand même
25:11pas mal de volatilité
25:12dans la politique monétaire
25:13américaine
25:14et notamment la volatilité
25:15autour des meetings
25:16de la Fed
25:17est plus élevée
25:18qu'autour des meetings
25:19de la BCE.
25:20Quelque part,
25:21la fameuse forward guidance,
25:22elle est très nécessaire
25:23comme a été dit précédemment.
25:25En revanche,
25:25elle n'a pas forcément suffi
25:26à la Fed
25:27quand on compare
25:27avec d'autres banques centrales
25:28et typiquement,
25:29la BCE a été plus vite
25:30sur les taux négatifs,
25:31ce qu'ont pas fait la Fed.
25:33On peut critiquer la chose
25:34mais on a eu
25:34de la réactivité
25:35pas forcément là.
25:36Et je termine là-dessus,
25:37c'est que quand même,
25:38du coup,
25:39Jérôme Powell,
25:40on va voir un petit peu
25:42ce qui va se passer
25:43mais probablement
25:44qu'après lui,
25:45la Fed sera un peu
25:46moins indépendante.
25:47Moi, c'est ça
25:48que je retiens
25:48de Kevin Walsh.
25:50Powell a été nommé
25:51aussi par les républiques,
25:52finalement,
25:53à la tête de la Fed
25:53par Trump.
25:55Mais je pense quand même
25:56que Kevin Walsh
25:57est plus un homme de Trump,
25:59c'est plus un yes man
26:00de Trump
26:00que n'a été Jérôme Powell,
26:01que le marché achète l'idée.
26:03C'est quelqu'un
26:03qui va être très indépendant.
26:04D'ailleurs,
26:04il a fait le discours
26:05qu'il fallait
26:05pour être sûrement confirmé
26:08là dans les prochains jours.
26:09Mais quand même,
26:10attention,
26:10Kevin Walsh,
26:11il est plus proche
26:12de Trump que de Powell
26:12et je pense qu'après Powell,
26:14la Fed sera un peu
26:15moins indépendante.
26:15Cela dit,
26:16c'est la crainte qu'on avait
26:16quand Powell est entré
26:17en fonction.
26:18C'est toujours le même discours.
26:21En fait,
26:21quelque part,
26:21le risque est tellement
26:22asymétrique
26:23d'avoir une banque centrale
26:24qui devient la première
26:25banque centrale du monde
26:26qui perd,
26:27entre guillemets,
26:28même un peu d'indépendance.
26:29En fait,
26:29le prix à payer
26:30va être immense.
26:31En gros,
26:32une banque centrale
26:32qui n'est plus lisible,
26:36entre guillemets,
26:37c'est trop coûteux
26:38en termes de marché,
26:38en termes de volatilité,
26:39etc.
26:40Donc,
26:40je pense effectivement
26:41que c'est un débat
26:43qui va revenir de nouveau
26:44et moi,
26:46entre guillemets,
26:46je parie sur
26:47une transition lisse
26:48entre guillemets
26:49entre Jérôme Powell
26:50et Kevin Walsh.
26:51Le seul truc
26:52qui va faire la différence,
26:53c'est que l'un était,
26:54jusqu'à effectivement
26:55Jérôme Powell,
26:56axé sur une politique
26:57de demande,
26:58soutien à la demande,
26:58alors que Kevin Walsh
26:59va être beaucoup plus équilibré,
27:00politique d'offres,
27:01politique de demandes
27:02avec justement
27:02un accent
27:03qui va être mis
27:03sur la productivité.
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