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  • il y a 4 mois
Ce mardi 28 avril, Gabriel Karaboulad, directeur adjoint des investissements chez Neuflize OBC, et Jean-Jacques Friedman, directeur des gestions déléguées chez VEGA Investment Solutions, se sont penchés sur la décision des Émirats arabes unis de se retirer de l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) à partir du 1er mai 2026, la résilience économique des États-Unis qui perdure malgré la guerre au Moyen-Orient, ainsi qu la réaction des marchés face à la guerre en Iran, dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:04Gabriel Karaboulade, Neuflis, OBC, bonjour.
00:07Bonjour.
00:07Et Jean-Jacques Friedman de Vega Investment Solutions.
00:11Bonjour.
00:12Bonjour Antoine.
00:12Je voulais juste qu'on réagisse deux secondes à cette décision des Émirats Arabes de quitter l'OPEP.
00:19En claquant un petit peu la porte,
00:22alors on peut se dire l'Iran marque un point contre des adversaires géopolitiques, ça c'est évident.
00:31Les Américains se frottent les mains en disant notre pétrole et notre gaz, ça va être très bien.
00:37Plus l'OPEP est divisé, plus c'est bon pour nous.
00:40Est-ce que finalement, c'est ce que semblait penser Christopher Dembic de PICTAM qu'on a interrogé tout à
00:45l'heure,
00:46est-ce que finalement le véritable vainqueur de cette opération, ce ne sont pas les Émirats Arabes Unis eux-mêmes,
00:50qui vont se dire les quotas de production, tout ça, on n'en a plus rien à faire.
00:54Le pétrole, il est cher, nous ça nous arrange, donc gros profit en vue.
00:58Cela dit, derrière, le pétrole, ça ne bouge pas, le détroit d'Ormouz, il est toujours bouché.
01:02Alors, est-ce que c'est un coup de court terme, un coup de long terme ?
01:05Qui c'est qui veut répondre ?
01:07On peut citer la capacité de production aujourd'hui
01:10qui permettrait aux Émirats Arabes Unis de mettre un million de barils par jour supplémentaires sur le marché.
01:16Ce qui n'est effectivement pas pour déplaire aux Américains.
01:20Après, difficile de ne pas faire le lien avec les déclarations de Scott Besant il y a cinq jours sur
01:24des aides financières
01:25et notamment l'accès au swap sur le dollar pour les Émirats Arabes Unis.
01:30On peut maintenant légitimement se demander si le deal n'était pas justement ses facilités de caisse,
01:38cet accès aux lignes de crédit en échange d'une sortie de l'OPEP.
01:42Et effectivement, une capacité de venir concurrencer l'hégémonie saoudienne au sein de l'OPEP.
01:52Au niveau local, effectivement, pour les Émirats Arabes Unis, c'est quelque chose de politique
01:56puisqu'on le voit de plus en plus, Émirats Arabes Unis et Arabie Saoudite
02:01deviennent des concurrents plus seulement commerciaux et plus seulement sur les sujets du pétrole.
02:08Il suffit de regarder ce qui se passe en Afrique de l'Est.
02:11Mais en plus de ça, c'est effectivement un bon coup, à peu de coups justement, pour les Américains.
02:18Bon, donc les États-Unis qui peuvent se frotter les mains.
02:22Jean-Jacques Friedman, quel est votre sentiment là-dessus ?
02:26Je pense que par rapport aux 10 millions de barils manquants,
02:30si ça fait déjà plus 1, c'est déjà quelque chose.
02:32Il faut voir qu'avant ce conflit, il y a l'idée quand même que par rapport à tous les
02:38investissements
02:38qui existent sur l'énergie, il y a une suroffre finalement énergétique à la base.
02:44Et notamment, c'était le cas en 2026 par l'AIE,
02:47où il y avait une prévision de plus de 4 millions de barils en trop.
02:51Alors ça paraît curieux d'en parler maintenant alors qu'il en manque 10,
02:54mais c'était un peu le sous-jacent du marché.
02:57C'est-à-dire qu'on voit à la fois les premiers effets d'électrification,
03:00notamment en Chine, et donc il y a une moindre consommation.
03:02On voit tout ce qu'il y a sur l'éolien aussi, enfin on voit tout ce qui fonctionne.
03:07Et puis il y a la grosse production de l'Amérique,
03:09non seulement du Nord, mais du Brésil, du Canada, des États-Unis.
03:13Et donc tout ça mis à bout, je pense qu'il y a l'idée finalement
03:16qu'il faut dégainer vite et profiter finalement d'un pétrole
03:22qui vaudra moins cher un jour le stock qu'on a.
03:25Il y a une opportunité de le faire.
03:26Les États-Unis ont dû leur donner leur blanc-seing.
03:29Donc bien sûr qu'autant en profiter, profiter de ces niveaux-là.
03:33Et ça aide tout le monde.
03:35Ça ne résout pas totalement de problèmes qui durent, qui tardent,
03:38mais ça aide toutes les parties prenantes bien sûr.
03:40Tiens, et c'est vrai que là, j'en parlais dans le rappel d'info,
03:46BYD qui se fait tailler des croupières par sa propre concurrence domestique.
03:52General Motors qui sort des résultats bien meilleurs qu'attendus
03:55et qui nous dit non, non, les Américains, le baril a beau être à 4 dollars le galon,
03:59ils continuent d'acheter des SUV, des gros camions, des gros sportifs, etc.
04:02Là aussi, il n'y a pas un monde qui change à une vitesse absolument phénoménale.
04:07Ou alors il n'y a qu'une partie du monde qui change,
04:08parce que finalement, ils sont à l'image de leurs pays respectifs.
04:11C'est-à-dire que les États-Unis, Trump, ils ne militent qu'à la limite pour le nucléaire,
04:15mais surtout pour l'énergie, le gaz, l'énergie fossile, etc.
04:17Ça nous rattache au monde du passé.
04:19Et puis on voit de l'autre côté la production automobile.
04:22Et on est en plein salon de Pékin.
04:24Je pense que tous ceux qui y sont allés, c'est absolument faramineux.
04:27Des centaines de nouveaux véhicules.
04:29Et donc, je pense que la mainmise et l'avantage compétitif...
04:33Alors BYD, on citait toujours l'exemple de l'avantage compétitif
04:36avec l'intégration verticale des batteries, des matières premières de BYD,
04:40comparativement à Tesla, qui eux-mêmes dominent finalement les entreprises européennes.
04:44Mais là, BYD, il est face à d'autres concurrents.
04:47Mais c'est un peu comme peut-être l'industrie automobile en Europe,
04:50au début du siècle, où il y avait beaucoup de marques automobiles
04:53et beaucoup ont disparu.
04:55Mais c'est là où il y a l'innovation.
04:57Et le coût de production est bien moins de niveau son...
05:01Voilà, le coût de production, une technologie extrêmement puissante et importante.
05:07Donc, un tiers de la consommation, un tiers de la production en Chine.
05:11Donc, je pense que c'est là où se situe l'avenir,
05:13plus que l'exemple peut-être que General Motors connaît mal,
05:17mais qui nous rattache au monde quand même du passé, je pense.
05:20Gabriel Caraboulade, ça vous évoque quelque chose, ça ?
05:23Je sortirai du seul monde de l'automobile pour remettre ça dans le contexte
05:27des cinq dernières années sur la tendance économique de la Chine et des Etats-Unis.
05:32C'est un consommateur américain qui est extrêmement résilient,
05:36qui surprend d'année en année face à l'inflation,
05:39face à la concurrence chinoise, au pétrole,
05:44qui reste à son poste.
05:46Et à l'inverse, une Chine qui déçoit sur sa consommation intérieure,
05:50qui a énormément de mal à activer ce levier.
05:53qui essaie de se reposer sur les exportations et qui le fait, bien sûr, très bien.
05:58Mais dans le cas du marché européen, on en arrive aux limites
06:00avec une volonté d'exporter vers l'Europe pour BYD
06:04qui compense à peine justement la faiblesse de la consommation chinoise,
06:11les faibles marges et la consommation intérieure,
06:15la concurrence, pardon, avec les autres acteurs de l'automobile électrique.
06:20On a également une surcapacité assez flagrante du côté de l'automobile électrique en Chine.
06:26De plus en plus de difficultés à exporter et des mesures de rétorsion commerciale
06:30qui sont prises plus seulement du côté des Etats-Unis, mais également du côté de l'Europe.
06:35Et la conséquence est finalement assez logique à mon sens.
06:39Bon, mais enfin, c'est quand même très intéressant et mine de rien,
06:42on se disait que tu es un peu morne, mais non, il y a plein de choses à dire.
06:46On va peut-être revenir au climat de marché actuel,
06:51entre les résultats d'entreprise, les banques centrales qui s'expriment,
06:55le pétrole qui reste tendu, les taux qui restent tendus.
07:00On peut parler de...
07:03Le marché ne fait pas grand-chose, mais il y a quand même une nervosité latente
07:06qui reste extraordinaire.
07:09Les entreprises surprennent positivement pour les Etats-Unis,
07:14très légèrement positivement, on va dire, pour l'Europe.
07:16Les résultats ne sont pas encore sortis, c'est plus mitigé, on va dire, du côté de l'Europe.
07:21Et donc, ça a permis de calmer un petit peu les marchés,
07:24mais le scénario de stagflation est là, planqué derrière un coin, prêt à sortir,
07:32et il fait un peu peur à tout le monde, ce qui fait que la moindre déception,
07:34le moindre chiffre un petit peu inférieur aux attentes du côté des résultats,
07:38donne des sanctions immédiates.
07:40On a vu les moins 4% sur Air Liquide, alors que la tendance est plutôt très bonne.
07:45Et donc, effectivement, on a cette nervosité.
07:48On a finalement, dans les faits, plutôt des bonnes surprises.
07:51Je pense en particulier aux conséquences de la guerre en Iran,
07:54où là, on pouvait envisager un scénario, des ruptures de chaînes d'approvisionnement
07:59et un scénario d'inflation plus rapide et plus violent que ce qui s'est produit,
08:06même si les choses ne sont pas terminées.
08:09Finalement, ce sont plutôt des bonnes surprises,
08:12mais on reste sur un marché qui est assez fébrile.
08:15Jacques Friedman, fébrilité aussi.
08:17Assez peu de volatilité, fondamentalement.
08:19Oui, je pense qu'il faut arriver à faire le lien entre des marchés qui reviennent sur leur plus haut
08:25et malgré tout des conséquences que vous évoquez qui arriveront sur l'inflation et sur une moindre croissance.
08:31Ce qu'on peut dire peut-être, c'est qu'il y avait un potentiel en début d'année,
08:35à la fois sur l'accroissement des bénéfices, sur une baisse des taux.
08:39Donc, il y avait à la fois un numérateur et un dénominateur favorables pour les actions.
08:43Là, le scénario a quand même un peu changé.
08:44Donc, on revient à un zéro plus sur les actions.
08:48Peut-être qu'on aurait été sans doute même plus haut s'il n'y avait pas eu ces événements
08:52-là.
08:53Surtout que finalement, c'est la séquence habituelle de début d'année qui est favorable.
08:56Dans une année d'élections aux États-Unis, souvent, il y a six mois, un peu calme,
09:02où il ne se passe plus grand-chose avant les élections, demi-mandat.
09:05Donc là, peut-être qu'on a pu recoller un peu par rapport au décrochage qu'on a eu.
09:11Le démarrage, finalement, avant la reprise des négociations entre l'Iran et les États-Unis,
09:16ça a été le fait que le marché a au moins compris, avec les propos de Powell,
09:20qu'il n'y aurait pas la double erreur, en plus d'une intervention trop rapide des banques centrales.
09:23C'est ça, à un moment donné, qui faisait peur, avec des anticipations
09:25qui, nous, nous semblaient vraiment trop fortes, de réactions trop fortes des banques centrales.
09:30Surtout qu'il n'y a pas matière A par rapport au problème, finalement, du pétrole.
09:33On ne voit pas tellement l'idée.
09:35Donc, il faut arriver à cranter, malgré tout, la crédibilité.
09:38Et donc là, je pense que le marché s'est un peu recalé.
09:40Donc, sur le papier, il y aura peut-être à peine besoin d'eux.
09:43Il faudra peut-être quand même une baisse de la BCE.
09:45Mais c'est sans doute peut-être des effets second tour,
09:47s'il y a des négociations salariales en fin d'année.
09:49Ou là, peut-être que pour 2027, il pourrait y avoir une ou deux hausses de taux supplémentaires sur la
09:55BCE.
09:56Je pense qu'à la fois, finalement, le fait qu'il n'y aura pas l'erreur des banques centrales
10:01qui viendront intervenir trop tôt, et qu'elles se donnent du temps,
10:04qu'elles résonnent à moyen terme, et qu'il y a quand même des négociations.
10:07Mais tout le monde attendait un conflit en termes de durée moyenne, quelques semaines.
10:16Ça se déboute assez médiocrement, tout ça, malgré tout.
10:19Donc, il y a quand même des conséquences à venir.
10:22C'est peut-être ça aussi que les marchés prennent en compte et intègrent au cours.
10:27C'est le fait qu'on est dans un monde nouveau,
10:31où les guerres se finissent finalement,
10:35parce qu'on pense quand même que ça ne va plus durer très longtemps, cette histoire,
10:39mais de manière totalement filandreuse,
10:42avec des négociateurs qui se voient à peine.
10:44Ça va se régler en un coup de communiqué de presse ou un post sur True Social,
10:49et puis on ne va plus en parler.
10:50Oui, non mais, vous voyez, c'était Donald Trump qui voulait résoudre le conflit en Ukraine
10:56en serrant la main à Zelensky, serrant la main de Poutine.
11:01De l'autre côté, une guerre, ça se finit entre belligérants.
11:05C'est ce côté peut-être filandreux que les marchés ont du mal à intégrer.
11:09C'est le problème et c'est la raison pour laquelle je suis tout à fait d'accord sur ce
11:15diagnostic
11:15que le conflit côté iranien va durer beaucoup plus longtemps
11:19que les quelques semaines dont on parlait initialement.
11:23Tout simplement parce que cette lubie de sortir tous les jours un tweet,
11:30un post sur True Social pour expliquer que l'accord, le deal,
11:35est à l'angle de la rue et qu'on y arrive tout de suite,
11:38contre tous les faits en pratique.
11:41Du côté iranien, ils sont dans une position qu'ils estiment plutôt favorable.
11:48Il y a peu de volonté d'avancer dans les négociations.
11:52Et donc, on est aujourd'hui dans une situation où sur tous les conflits,
11:56on a l'une des parties prenantes, les États-Unis,
11:59qui négocie très difficilement et de façon, on va dire, sous-optimale.
12:06C'est un sacré obstacle sur la route justement d'une solution au conflit.
12:12C'est vrai également du côté de l'Ukraine où on peut imaginer que si le soutien américain
12:17s'était poursuivi vis-à-vis des Ukrainiens, la situation leur serait plus favorable aujourd'hui
12:22et ça aurait poussé les Russes à la négociation.
12:26On a une résolution des conflits qui est clairement compliquée aujourd'hui.
12:31Et donc, un président américain qui souhaite faire son poste,
12:35essayer de, dès qu'un sujet devient compliqué, sortir du sujet, passer à autre chose.
12:40Le problème, c'est que là, concernant l'Iran et le détroit d'Hormuz,
12:43on a fait sortir le dentifrice du tube et c'est très compliqué de le faire rentrer ensuite.
12:48Donc, là, on reviendra un petit peu sur les données concernant les navires qui passent,
12:56le détroit d'Hormuz et les liens économiques dans la région.
13:00Mais clairement, on est dans une situation qui va traîner,
13:04d'autant plus que l'Iran est parti pour conserver ses matières fissiles
13:07et donc un réchauffement du conflit vis-à-vis d'Israël est tout à fait possible.
13:13Donc, voilà, le plus probable est un conflit larvé qui reprend de façon sporadique sur les prochains mois.
13:21On va observer ça et c'est peut-être les indices que nous donne, en tout cas le marché,
13:26du point de vue de leur préparation à cet état de fait.
13:30Il reste un petit peu moins d'un quart d'heure de cotation du côté de la Ponce de Paris.
13:35Le 440 qui perd 0,25%.
13:36On est à 8122 points du côté de l'Euronext Tech Leaders,
13:41notre petit Nasdaq à nous, on perd 1,3%.
13:44Eurostock 50, moins 0,25%, moins 0,14% pour le DAX à Francfort.
13:48Le soleil vient du sud avec la bourse de Madrid qui est en hausse de 0,56%.
13:52La bourse de Milan aussi qui est en hausse 0,76%.
13:56Tiens, puis le FTSE à Londres qui est inchangé, qui surperforme un petit peu.
14:00Plus forte hausse du CAC 40, elle est tout à fait logique.
14:02C'est Total Energy qui est à 9,9%.
14:0478 euros, 24, les prix du pétrole qui se sont quand même bien tendus en 24 heures.
14:08On est à nouveau au-delà des 100 dollars largement pour le baril de Brenne-de-Mer-du-Nord à
14:13104 dollars.
14:14Et en embuscade du côté du brut léger américain qui est du côté des 100 dollars.
14:17On est à 99,70.
14:20Donc ça aide Total Energy, ça aide l'ensemble du secteur pétrolier à signer de bonnes performances.
14:25On a GTT par exemple du côté du SBF 120 qui est en hausse de 2,15%, 204,20 euros.
14:32Sur l'indice large, la plus forte hausse, elle est pour Nexans.
14:34Coup double pour Nexans, notre spécialiste des câbles en cuivre qui signe de bonnes performances trimestrielles
14:40et qui en plus s'assure une tête de pont du côté du marché américain qui est en pleine ébullition
14:44avec les data centers, l'électrification de l'industrie, le bâtiment, etc.
14:48Nexans gagne 8,5% à 148,50 euros.
14:51Plus forte baisse de l'indice large, elle est pour Soitec qui perd 9,3% à 99,22 euros.
14:58Il faut dire que le titre sort quand même d'une série de hausses absolument incroyables.
15:02La plus forte baisse du CAC 40, c'est pas souvent, c'est Air Liquide.
15:06Moins 3,3%, 181,46 euros.
15:09Air Liquide, on le redit, est-ce que c'est le crime parfait ?
15:13Une société défensive avec des secteurs dynamiques, avec du rendement.
15:17Et qui en plus est en solde là en ce moment.
15:20On posera la question à Clémence Dorothiakob là tout à l'heure.
15:23On refait la séance.
15:24Pour l'instant le CAC 40, 0,25%, 8,121 points.
15:29Jean-Jacques Friedman, il y a beaucoup de résultats d'entreprises qui restent à venir là en ce moment.
15:35Est-ce que tout ce qui est en train de se passer entre la géopolitique, l'action des banques centrales,
15:40risque pas de provoquer un tel effet sur les taux et l'échange
15:42que les entreprises commencent à sentir que ça pique ?
15:46Sur les taux un petit peu, sur l'échange, l'année dernière ça a été manifeste.
15:50C'est-à-dire que l'année dernière, la progression de 15% des indices européens,
15:56enfin du dollar pardon, de l'euro, j'y arrive contre le dollar,
15:58a fait que finalement les résultats des entreprises finalement
16:01ont été un peu écrétés au cours des différentes révisions.
16:05Alors on dit que 10% de la hausse de l'euro, c'est 3-4% de moins des
16:09bénéfices européens.
16:09Donc il n'y a pas que ça qui explique finalement qu'on est passé de 10 à 0 en
16:13gros sur les indices européens l'année dernière.
16:16Moi je crois toujours que ce conflit, et par rapport à ce que vous expliquiez,
16:21c'est la fin de la domination américaine.
16:23Ça c'est vraiment l'élément important.
16:25C'est-à-dire que Trump s'est mis à mal ses partenaires.
16:31Un pays qui auparavant se sentait protégé par les Etats-Unis, c'est beaucoup moins le cas.
16:36On voit que les Etats-Unis, par rapport aux difficultés qu'ils ont face à une guerre asymétrique,
16:40ils s'y reprendront à deux fois avant de réintervenir.
16:43Donc je pense qu'on peut avoir de nouveau finalement un affaiblissement du dollar,
16:48lent ou rapide.
16:51rapide, c'est si autour des élections de mi-mandat,
16:56en gros la démocratie américaine est contestée.
16:59Soit en amont, soit en aval.
17:00Et là ça peut être vraiment un élément d'accélération de la baisse du dollar.
17:04On l'a encore vu ce week-end.
17:06Ça fait plusieurs mois, oui.
17:08Et c'est une question que je me posais aussi,
17:10c'est que certes on a parlé ces dernières semaines,
17:12est-ce que le marché n'est pas un petit peu complaisant
17:14avec quand même un climat géopolitique mondial qui devient assez étouffant.
17:20Et puis, enfin je veux dire, les Etats-Unis, c'est grave ce qui se passe quand même.
17:25Oui, je pense aussi.
17:25Je pense aussi, c'est la...
17:28Ils accélèrent en fait le passage, voilà,
17:31à un monde au moins avec l'émergence de la Chine, des pays asiatiques.
17:35Vous citiez tout à l'heure, par exemple, la Corée,
17:37la capitalisation coréenne qui dépasse la capitalisation...
17:40Voilà, le sens de l'histoire, de la démographie,
17:43et dans le sens de l'Asie.
17:45Et je pense que Trump accélère finalement la perte de puissance
17:50des Etats-Unis.
17:52Et donc, ça, ça devra aller de pair
17:54avec une perte de puissance du dollar.
17:59Peut-être que juste l'aimant,
18:00parce que le paradoxe, on pourrait se dire,
18:01tiens, si les résultats européens souffrent un peu
18:04parce qu'il y a une appréciation de l'euro,
18:07eh bien, ça ferait une sous-performance de l'Europe.
18:09Et ce qui est déterminant,
18:11c'est plutôt l'allocation et les flux.
18:13Et on l'a vu l'année dernière,
18:14c'est-à-dire que l'aspect allocation,
18:16et ça, je crois que c'est l'aimant important,
18:18c'est-à-dire que le marché américain,
18:20qui représente deux tiers des indices mondiaux,
18:22ça ne représente plus la puissance américaine
18:27comparativement à l'Europe et à l'Asie.
18:30Donc, je pense que la part, petit à petit,
18:32du marché américain va aller en gré 5,
18:33des investisseurs qui réallouent finalement leurs flux
18:36vers soit au moins des indices mondes,
18:39soit vers des indices domestiques,
18:40et plus seulement vers des indices américains.
18:42Et donc, ces flux qui vont de nouveau
18:44en faveur de différents pays,
18:46on le voit par rapport au Brésil ou d'autres éléments,
18:48ça fait aussi une performance de ces indices,
18:53même si d'un point de vue microéconomique,
18:55les entreprises pourraient souffrir
18:57d'une valorisation par rapport à l'euro.
19:00C'est l'élément important.
19:01Un petit peu à l'image,
19:02plus du côté macro,
19:04du fait que la plupart des grandes banques centrales
19:07commencent à se dégager un petit peu
19:09des actifs américains
19:10pour embrasser d'autres devises,
19:12d'autres types d'actifs,
19:13l'or aussi.
19:14Bon, alors l'or en profite plus trop en ce moment.
19:16Mais voilà, est-ce que dans l'allocation d'actifs,
19:18de manière générale,
19:19comme quand on joue une partie d'échec,
19:21il y a quelque chose à changer en ce moment
19:25où ne rien faire,
19:26conserver les choses en l'état,
19:27c'est déjà faire un pas décisif
19:30vers une décision d'investissement ?
19:34Je pense qu'il est important
19:35de changer certaines choses
19:36parce qu'au même titre que l'IA,
19:39au même titre que les investissements
19:40dans la défense,
19:43la dédollarisation des échanges
19:45est une tendance de fonds.
19:47Et elle est accentuée.
19:48Alors, je partage la conséquence,
19:49je ne partage pas le diagnostic
19:50parce que sur la conséquence,
19:53je suis tout à fait d'accord
19:54qu'on va vers une baisse du dollar
19:56en tendance de fonds à long terme.
19:58Je ne partage pas le diagnostic
20:00parce que j'estime que cette baisse du dollar
20:02est souhaitée.
20:03On le voit du côté de l'état-major républicain
20:05et de l'état fédéral américain.
20:08C'est dans les papiers d'ailleurs
20:10de la campagne qui ont été écrits
20:12par les têtes pensantes
20:13de l'administration Trump.
20:15On a un souhait de faire baisser le dollar
20:18pour deux raisons principales,
20:20booster les exports
20:21et réindustrialiser le pays.
20:24Je pense qu'il y a une part
20:25qui est peut-être un petit peu
20:27de l'ordre du fantasme,
20:28mais en tout cas,
20:30c'est un souhait.
20:31Et un deuxième but,
20:33qui est justement de résoudre
20:34le problème de la dette,
20:36simplement via le fait
20:38de baisser la devise
20:39et de générer de l'inflation.
20:41Alors, c'est le cœur
20:42de l'électorat Trump
20:43qui est heurté le premier
20:44par cette inflation,
20:46mais ça a été un souhait
20:47qui a été clairement assumé
20:48pendant la campagne.
20:49Et donc, c'est pour ça
20:49qu'il était important
20:50de se protéger sur le dollar.
20:52On se rappelle de l'élection de Trump
20:54où on a eu des flux d'investissements
20:55colossaux vers les États-Unis,
20:57justement, en se disant
20:58qu'il allait libéraliser le marché,
20:59pousser l'innovation, etc.
21:01Et donc, on a vu des parcours
21:02d'actions comme Tesla,
21:03par exemple,
21:04ou d'autres,
21:05et les crypto-monnaies également
21:06qui en ont bénéficié.
21:09Donc, dans cette euphorie-là,
21:11il était très important
21:12de baisser son exposition au dollar
21:13parce que quand l'État fédéral
21:15annonce quelque chose,
21:16en général,
21:16ils ont les moyens de le faire.
21:18On a eu cette pause
21:20ce début d'année
21:22avec le dollar
21:23qui a plutôt bien joué
21:24son rôle d'actif refuge.
21:26Au moment où les tensions géopolitiques
21:28ont repris au Moyen-Orient,
21:29le dollar bondit tout de suite,
21:31je schématise,
21:31mais de 1,20 à 1,15.
21:33On est de retour maintenant
21:35vers les 1,17, 1,18.
21:38Notre conviction est que
21:40cette baisse du dollar,
21:41elle, elle est toujours là
21:43et elle est pour les prochains
21:46semestres, années à venir.
21:48Et donc, c'est un point
21:49à prendre en compte
21:50dans les allocations d'actifs.
21:52Après, là-dessus,
21:53je relativise simplement
21:54en disant que l'épargnant français moyen,
21:55son exposition au dollar,
21:58on doit plus être proche
21:59des 1 ou 2 %
22:01que des 30 %.
22:02Cela dit,
22:03c'est aussi le problème
22:05de l'épargnant français
22:06qui a peut-être acheté des ETF
22:07en se disant
22:08« La tech américaine,
22:09il faut absolument que j'en ai »
22:11et qui s'est fait bouffer
22:12ses performances
22:12par l'effet de vise
22:14l'année dernière, par exemple.
22:15Donc, c'est aussi quelque chose
22:18à prendre en ligne de compte
22:18dans le sens où, là,
22:19il y a un mouvement de fonds
22:21qui est inscrit
22:21et on pourra toujours acheter
22:23du Nvidia.
22:23Il faudra en prendre conscience
22:26pour avoir
22:27la véritable performance.
22:29Depuis l'année dernière,
22:30l'idée, c'est vraiment
22:31qu'on couvre très majoritairement
22:33nos pauses en dollars aussi.
22:35Sur le diagnostic,
22:36je suis quand même assez d'accord.
22:37Il y a peut-être un troisième point,
22:38c'est aussi que les entreprises
22:39tech soutient
22:40de Trump
22:41leurs résultats sont favorisés
22:43par une baisse
22:44du dollar.
22:47ça a quand même été débattu
22:48et la chose que je ne comprends pas
22:49par contre,
22:50c'est que ça fonctionne.
22:52Enfin, je veux dire,
22:52c'est mettre la charrue
22:53avant les bœufs
22:54que de penser
22:55qu'on a toute une politique
22:56qui va à l'encontre
22:57de la réindustrialisation,
22:59notamment sur la politique
22:59d'immigration
23:00et que la baisse du dollar
23:01serait suffisante.
23:02C'est ça qui est absolument dingue.
23:03C'est-à-dire que
23:04si au moins,
23:04il y avait un vrai programme
23:06de réindustrialisation,
23:07la baisse du dollar
23:08derrière aurait du sens.
23:10Mais là,
23:11c'est pour ça que ça peut
23:12quand même être débattu,
23:13je crois, politiquement.
23:14Ce n'est pas aussi...
23:15Mais en tout cas,
23:16il y a aussi le fait
23:17que les entreprises
23:17de la tech US,
23:18elles sont favorisées
23:19et peuvent, elles,
23:20pousser l'administration américaine
23:22en faveur de ce plan-là.
23:24Une dernière chose,
23:26il y a un secteur
23:27qu'on regarde quand même
23:28et qui se tient bien.
23:29C'est normal,
23:30les pétroliers se tiennent bien
23:31parce que les cours du pétrole
23:32sont en hausse.
23:33C'est le secteur bancaire
23:34qui se tient bien
23:34parce que les taux
23:35sont en hausse aussi.
23:38C'est un secteur clé
23:39pour la fin de l'année,
23:40le secteur bancaire.
23:42Il commence à être
23:43un peu cher.
23:44C'est ça aussi le problème.
23:46Donc, attention
23:47aux différents prix,
23:48mais je pense en particulier
23:49aux banques
23:51dont le bilan
23:52est de meilleure qualité.
23:53Les banques nord-européennes,
23:55certaines banques françaises,
23:57par exemple,
23:57comme BNP,
23:59présentent des prix
24:00qui sont encore attractifs
24:01avec un rendement
24:02pour des investisseurs
24:03qui cherchent du yield.
24:05C'est un secteur
24:06qui se regarde.
24:08Sur les banques
24:08d'Europe du Sud,
24:09on commence à être
24:10un petit peu plus discriminant.
24:11Oui, parce qu'elles ont
24:12déjà bien profité
24:13il y a un an,
24:14un an et demi,
24:14etc.
24:15Les Centenders,
24:16les banques du BNP,
24:17Unicredit, etc.
24:19Effectivement.
24:19Jean-Jacques Friedman.
24:20Il y a deux ans
24:21sur les banques du Sud,
24:21l'année dernière,
24:22avec le doublement
24:24par exemple du titre
24:26Soxgen.
24:26Oui, je pense qu'il n'y aura
24:27pas le même niveau
24:28de surperformance.
24:29Là, il y a juste
24:30l'idée finalement
24:31d'une courbe des taux
24:32qui peut les favoriser,
24:33mais ce n'est pas
24:35une méga tendance
24:36quand même.
24:36Et puis un jour,
24:37elles auront aussi
24:38à souffrir
24:39de la dette privée,
24:41de beaucoup d'éléments
24:42quand même.
24:43Donc même si elles restent
24:43solides,
24:44je pense que la très forte
24:45surperformance
24:46qu'il y a eu à un moment donné
24:46avec justement
24:48la montée des taux longs,
24:49l'histoire est quand même
24:50un peu derrière nous.
24:50et puis...
24:51Merci.
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