- il y a 9 heures
Ce mercredi 10 juin, Thierry André, président d'André le Groupe, Jean-Pierre Cointreau, président du groupe Iconic Nectars, François Weiler, président d'Altair Engineering France, et Philippe Bernard, président du Groupe Bouchard, étaient les invités, dans l'émission Pari ETI présentée par Patrice Bégay. Pari ETI est à voir ou écouter tous les mercredis et samedis sur BFM Business.
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00:07BFM Business fait le pari des entreprises de taille intermédiaire.
00:11Paris ETI avec Patrice Bébé.
00:14Ah dans ce générique, il parle de intermédiaire.
00:17Non, non, non, non, non, non.
00:19On le dit aujourd'hui, les ETI, c'est les entreprises de taille idéale.
00:22Et on a un plateau idéal avec 4 chefs d'entreprise formidables.
00:27Thierry André, le CEO, André Legroupe de Bourgogne-Franche-Comté.
00:30Bienvenue à toi.
00:31Merci, bonjour.
00:33Deuxième invité, Jean-Pierre Cointreau, le président d'Iconique Nectar.
00:36Bienvenue à toi également.
00:37Bonjour à tous.
00:39Et puis François Véler, président directeur général d'Altaïr.
00:43Tu nous viens de Lyon.
00:45Bienvenue.
00:45Merci.
00:47Dernier invité et non des moindres.
00:49Philippe Bernard du groupe Bouchard.
00:51Bienvenue, tu es le président.
00:53Merci beaucoup, l'invitation.
00:55Toujours un plaisir.
00:55Messieurs, est-ce que vous êtes prêts ?
00:58Oui, tout à fait.
00:59Voilà, c'est parti, Paris ETI.
01:07Alors, Thierry André, président d'André Legroupe.
01:11Thierry André, expert comptable et président d'André Legroupe.
01:15Ton métier, c'est d'accompagner tes clients quotidiennement dans leurs projets,
01:20faire grandir les idées des équipes et des solutions au service des entrepreneurs.
01:24accompagner et fédérer vos talents autour des projets de vos clients.
01:29C'est ce qui te motive en fait quand on a préparé cette émission tous les jours.
01:33André Legroupe, c'est 500 collaboratrices et collaborateurs, 36, 36, oui c'est ça, fondé il y a 80 ans.
01:39Et le groupe s'est structuré autour de 4 branches.
01:42Le conseil, les richesses humaines, le numérique et...
01:46Le chiffre.
01:47Le chiffre.
01:48Pour accompagner les entreprises à 360 degrés à chaque étape de leur vie.
01:53De la création jusqu'à la transmission.
01:56Alors vous êtes présents, c'est vrai.
01:57Hambourgogne-Franche-Comté, très belle région qui va recevoir Micronora du 29 septembre au 2 octobre,
02:05comme tu le sais.
02:06à Paris, à Lyon, à Ottawa, au Canada et bientôt en Asie.
02:10Tu vas nous en reparler.
02:12En fait, c'est quoi le risque ?
02:14Le plus audacieux que tu as mis en tant que dirigeant et que tu te referais sans hésiter.
02:23Un des risques qu'on a pris à un moment donné, ça a été de se diversifier dans le numérique.
02:27Donc le jour où on a décidé d'acheter une SS2i avec un data center,
02:32devenir opérateur FIP, VOIP,
02:34de se lancer dans le développement de logiciels avec une vision de souveraineté numérique.
02:39Parce qu'on s'est dit à l'époque,
02:41donc ça c'était en 2020 quand on s'est lancé dans ce projet-là,
02:44que ce sujet de souveraineté numérique était un enjeu majeur pour nous et pour nos clients.
02:49Et je crois que ce qui s'est passé ces dernières années, ces derniers mois, ne fait que le confirmer.
02:54En quoi la convivialité peut-elle être un levier de performance
02:58pour tes équipes et tes clients ?
03:01La convivialité, nous on vient d'une région de gastronomie,
03:03on vient d'une région de vin, de viticulture.
03:05Et c'est dans notre ADN cette convivialité,
03:08parce qu'on ne travaille bien ensemble que quand on se connaît bien et se bien se connaître,
03:13c'est aussi partager des moments de convivialité.
03:15Et autour d'un bon verre de Bourgogne, je crois qu'il n'y a rien de tel.
03:18Je pense que ton voisin va acquiescer dans pas longtemps.
03:21Sans aucun doute, mais avec modération toujours, bien évidemment.
03:25Qu'est-ce qui permet à une entreprise de 80 ans de rester indépendante, innovante, jeune,
03:30dans un monde de plus en plus dominé par les fonds d'investissement et les géants du numérique ?
03:34Je crois qu'il faut être toujours dans l'agilité, dans la réflexion,
03:38c'est travailler sa vision, sa stratégie.
03:40C'est ça qui nous intéresse.
03:42Accompagner les entrepreneurs, c'est les accompagner dans leur vision, dans leur projet.
03:44Nous aussi, on doit toujours se remettre en question, s'adapter.
03:47Il y a des nouvelles technologies, il y a l'intelligence artificielle.
03:50On nous disait, il y a une quinzaine d'années qu'on allait disparaître et qu'on n'existerait plus
03:54en 2025.
03:55On est toujours là aujourd'hui, donc on s'adapte en permanence.
03:58Et je crois que c'est ça qui doit être l'ADN de toute entreprise, de toute ETI.
04:03Et nous, comme les autres, il faut toujours regarder ce qui se passe autour de nous,
04:06s'adapter, évoluer en permanence.
04:08Formidable entreprise également, celle de Jean-Pierre Cointreau, président de l'iconique Nectar.
04:14Aussi président de la Maison des Vins et Spiritueux, Liqueur, Champagne, Cognac.
04:20Tu es sur tous les terrains de la filière des vins et des spiritueux français.
04:24Ton entreprise, c'est une affaire de famille, une affaire de cœur, parents, frères et sœurs, enfants.
04:30Vous n'avez jamais cessé d'explorer la France.
04:33Des savoir-faire authentiques et ancestraux.
04:37Pourquoi qualifies-tu le monde des vins spiritueux de magique ?
04:41Parce qu'il y a une création permanente pour s'adapter au marché,
04:46s'adapter au goût des consommateurs qui, par définition, évoluent avec chaque génération.
04:53Ta passion aujourd'hui, en fait, elle est intacte.
04:56On le sent quand tu parles de tes marques, quand tu parles de tes produits.
05:00Ta passion, elle vient d'où ?
05:01Cognac Frappin s'est installé en Charente à partir de 1270.
05:06La famille Gosset était en Champagne à partir de 1584.
05:13Et les licoristes, ça a commencé en 1859 au Pion-Velay.
05:19Pourquoi le groupe iconique Nectar n'a aucune filiale à l'étranger ?
05:25C'est un choix de gestion.
05:28Je hais les frais fixes.
05:31Et j'ai vu, pendant la crise du Covid, des groupes avoir d'énormes difficultés.
05:36Heureusement que le gouvernement français a fait ce qu'il fallait pour les entreprises françaises.
05:41Mais tous ceux qui avaient des filiales à l'étranger ont énormément souffert.
05:44Voilà la réponse.
05:45Les prix grandit par l'État, notamment, qui ont été utiles pour les entreprises ?
05:49Oui. Nous, on l'a remboursé très rapidement.
05:51On l'avait pris par sécurité.
05:53Donc, heureusement, à l'époque, les choses étaient presque plus faciles
05:57que sur ces deux dernières années avec les Américains et les Chinois.
06:01Oui.
06:02Pourquoi dis-tu que le terme d'ETI a été créé par McKinsey ?
06:07Parce que j'avais fait mon stage de troisième année d'HEC chez McKinsey
06:13et que j'ai travaillé pendant trois mois.
06:16J'ai même prolongé pendant mon service militaire sur l'analyse des chiffres.
06:21Il y avait pour McKinsey un souci.
06:24Il ne travaillait que pour des grands groupes.
06:25Il voyait des PME comme possibilité de développement commercial.
06:30Et donc, on a trouvé la manière de faire.
06:34Et j'ai encore chez moi le rapport qui parle des ETI en zone de turbulence.
06:39Et honnêtement, je l'ai relu il y a encore quelques semaines.
06:42Ça n'a pas beaucoup changé.
06:44Ça, c'est assez incroyable.
06:46En fait, tu as un groupe.
06:48Je parlais tout à l'heure de passion, de détermination que tu as.
06:53C'est quoi l'évolution, la métamorphose que tu comptes faire de ton groupe ?
06:58Alors, la métamorphose, ce n'est pas moi qui la ferais.
07:00Aujourd'hui, je suis déjà dans le schéma de la transmission,
07:04puisque j'ai un fils et un neveu qui travaillent avec moi.
07:06Je crois que c'est important pour le cognac frappin, le champagne gossé,
07:11les différentes liqueurs, de savoir évoluer.
07:14Et je pense que la jeune génération est beaucoup plus à même de voir
07:18les nouvelles tendances de consommation, notamment en cocktail,
07:23que moi qui suis par définition à mon âge un peu dans la tradition.
07:28Donc la transmission est assurée ?
07:30Elle est déjà assurée et on verra s'il y a plus de cette génération
07:36qui arrive dans l'entreprise.
07:38François Véler, président et directeur général d'Altaïr.
07:42Ingénieur de formation, tu as très tôt eu cette chance
07:46de découvrir les technologies en plein développement
07:49et de la simulation numérique et des phénomènes physiques.
07:53Après dix ans à faire des études pour des clients,
07:57tu intègres un petit éditeur qui s'appelle Altaïr,
08:00où tu es depuis 19 ans et chez qui tu découvres beaucoup de facettes
08:04des métiers de la recherche et du développement,
08:07d'accompagnement technique, commercial, marketing,
08:09avec la croissance de l'entreprise jusqu'à prendre la responsabilité de la filiale.
08:13En fait, une formidable aventure.
08:15C'est ça qu'on aime dans cette émission,
08:17une formidable aventure humaine et technologique.
08:2119 ans chez Altaïr, entreprise familiale,
08:24devenue leader internationale,
08:26qui a participé à la convergence des technologies de jumeaux numériques,
08:30de calculs haute performance et d'analyse de données,
08:35ayant surtout, avant qu'on ne parle d'intelligence artificielle,
08:40une ETI qui, pendant 40 ans, a conjugué vision et exécution,
08:47exploration et fidélité aux valeurs
08:50et a décidé de rejoindre le groupe Siemens
08:52pour accélérer la vision, on en parlait il y a quelques instants,
08:56de l'IA pour l'industrie.
08:58Alors, mon cher François,
08:59comment vraiment développer la mixité et l'inclusion
09:03dans tous les postes qui sont à pourvoir chez toi ?
09:05C'est un grand défi, on en parlait, on en se rend tout à l'heure,
09:08la parité n'est pas bien respectée ce soir.
09:10C'est un défi de beaucoup de nos métiers,
09:12mais beaucoup dans le numérique,
09:15parce qu'on a encore peu de jeunes femmes
09:18qui rejoignent les métiers de mathématiques et des technologies.
09:21Et donc, en plus, plus on monte dans la hiérarchie,
09:23moins il y a de femmes présentes.
09:24Donc, c'est bien sûr quelque chose d'un challenge de longue haleine,
09:28on ne va pas le résoudre tout seul,
09:31mais il faut que chacun y participe.
09:32Donc, déjà, montrer nos métiers,
09:34nos métiers de l'industrie, nos métiers du numérique,
09:36attirer des talents que les jeunes filles ne s'auto-censurent pas le plus tôt possible.
09:41Et puis après, donner des chances et de l'audace
09:46pour essayer d'avoir des parcours moins habituels,
09:49puisqu'on reproduit souvent les schémas qu'on connaît bien.
09:51Donc, on reproduit ceux comme seniors.
09:54Manager, c'est le métier certainement le plus difficile,
09:57mais aussi le plus gratifiant au monde.
10:00Comment ne pas se laisser user ?
10:02Ça, c'est le défi du quotidien.
10:04Je pense que travailler avec des collaborateurs,
10:05c'est ce qu'il y a de plus formidable.
10:07De voir des gens qui grandissent,
10:08qui arrivent à s'affirmer, à découvrir des nouvelles choses,
10:10à faire des choses qu'ils n'arrivaient pas à faire auparavant,
10:12c'est ce qu'il y a de plus gratifiant.
10:14Et puis, je pense qu'il y a quand même tous les jours
10:15des petits ennuis de collaborateurs qui nous usent,
10:18qui nous fatiguent, en plus de gérer sa vie privée.
10:21On est trop gâtés en France là-dessus ?
10:23Je ne sais pas, il y a une attente.
10:25Ça ne dépend vraiment des personnes, honnêtement.
10:26Il y a des gens qui sont très corrects là-dessus,
10:29d'autres qui sont effectivement plus pénibles.
10:31Je ne sais pas si c'est une vraie différence culturelle,
10:34mais c'est prenant.
10:37C'est sûr que ça prend et du temps et de l'énergie.
10:41On parle souvent des équilibres.
10:42Quels sont les équilibres qui te paraissent aujourd'hui importants,
10:46et à la fois durs à trouver et à conserver ?
10:48On en parlait un petit peu avec les autres invités.
10:52D'essayer de conserver des acquis, d'avoir des choses qu'on fait très bien,
10:56donc l'efficacité, mais en même temps de savoir s'adapter,
10:59de tourner de main, de remettre en question ce qui marche bien.
11:02Donc cet équilibre entre court terme et long terme,
11:05entre tradition, excellence, et puis innovation, agilité,
11:08c'est toujours un équilibre à trouver,
11:10parce que les deux sont intéressants, mais à bon équilibre.
11:14– Allez, en face de toi, on revient en Ile-de-France,
11:17mais pas très loin du Grand Est, comme on a dit, province, c'est pas loin.
11:21– Pas loin de Champagne.
11:21– Voilà, exactement.
11:23Philippe Bernard, président du groupe Bouchard,
11:27membre du Family Business Network, FBN,
11:30en deux mots, tu peux nous en parler ?
11:32– C'est simplement une association mondiale,
11:35qui est représentée aussi en France,
11:37qui regroupe les entreprises capitaux familiaux.
11:40– Alors, votre entreprise, elle est fondée en 1941,
11:45reprise par la famille Bernard, en fait, en 1985.
11:50– Ah, oui.
11:51– Et le groupe Bouchard réunit huit filiales
11:55couvrant l'agriculture, les espaces verts, la forêt,
12:00la manutention, la location et l'importation de matériel agricole.
12:06– Oui.
12:07– Vous êtes présent avec 19 implantations,
12:0918 en France, une en Côte d'Ivoire,
12:12et vous accompagnez des professionnels de la forêt,
12:15des carrières, des espaces verts et des cultures locales.
12:19En fait, tu représentes la deuxième génération
12:22à la tête du groupe et de la holding Bouchard.
12:26Plusieurs métiers, et tous les métiers du BTP,
12:28de l'industrie, de l'agriculture, des espaces verts
12:32et des os et forêts, nécessitent quel type d'équipement spécifique
12:37et surtout performant ?
12:39– Disons qu'il faut avoir des matériels qui correspondent aux besoins
12:42de nos clients, puisque ce sont des outils de production,
12:46que ce soit matériel forestier, matériel agricole.
12:49C'est vraiment de la production pour cultiver du blé,
12:53pour sortir du bois des forêts.
12:56Donc, c'est des machines extrêmement sophistiquées
12:59avec de l'informatique embarquée.
13:01Donc, c'est très complexe, mais c'est aussi très gratifiant.
13:07– Peux-tu nous parler de l'ADN propre du groupe,
13:10qui repose sur les compétences, sur l'ambition
13:12et sur la proximité humaine ?
13:14– Déjà, nous, on travaille, mon père était maréchal Ferrand,
13:18donc il a commencé, il a suivi, maréchal Ferrand,
13:20il a suivi l'évolution de l'agriculture,
13:22il a fait tous les métiers.
13:23Moi-même, j'ai fait tous les métiers dans l'entreprise
13:25parce que je n'ai pas fait d'études.
13:27Et c'est quand même quelque chose, on vit avec des hommes.
13:31Et on ne peut pas faire ce métier si on n'aime pas les hommes,
13:36ni nos clients, voilà, c'est les fondamentaux.
13:39Mais il faut aussi un profond respect vis-à-vis de nos collaborateurs,
13:42vis-à-vis de nos clients.
13:43Il faut de l'authenticité, il faut de la générosité,
13:48il faut de l'humilité parce qu'on apprend tous les jours.
13:50C'est un monde qui bouge, mais qui bouge lentement.
13:55Un agriculteur, un jour, m'a dit, moi, je fais une expérience par an.
13:58Toi, tu en fais une tous les jours, moi, j'en fais une par an.
14:01Donc, si je me plante, je me plante pour un an.
14:03Donc, voilà.
14:04– On parle souvent de complémentarité.
14:06Et justement, quelle est la complémentarité
14:08entre les huit filiales du groupe, y compris en Côte d'Ivoire ?
14:13– Alors, la Côte d'Ivoire fait le même métier que ce qu'on fait en France.
14:16Moi, je suis toujours parti du principe qu'il vaut mieux être assis
14:18sur un tabouret à quatre pieds que sur un tabouret à un pied.
14:22S'il y a un pied qui va mal,
14:24et Dieu sait si j'ai connu des aléas dans la vie économique,
14:28il y a toujours trois pieds où on est stable.
14:32Et ça, c'est pour la résilience du groupe, c'est hyper important.
14:37– Messieurs, il y a une deuxième partie, toujours dans cette émission,
14:40qui s'appelle Le Débat.
14:41J'ai une question et j'attends une réponse.
14:44Est-ce que vous êtes prêts ?
14:45– Oui, tout à fait.
14:45– Ouh là là !
14:46Ils l'ont dit ensemble, Paris-ETI, Le Débat, c'est parti.
14:49– Paris-ETI, sur BFM Business.
14:53– Proche de cette équipe, leader, leader, le patron d'ETI, c'est un modèle.
14:59Comment vous inspirez les autres patrons ?
15:02À toi, Jean-Pierre.
15:04– En fait, déjà au travers des fédérations professionnelles
15:08où je me suis beaucoup investi, le débat est permanent.
15:13Et l'avantage de travailler dans les fédérations professionnelles,
15:16c'est qu'on rencontre des gens de très grosses entreprises,
15:19des gens de très petites entreprises.
15:22Donc, on arrive à faire un amalgame des qualités
15:25et quelquefois des défauts de chacun.
15:27– Oui, c'est ça. Thierry ?
15:29– Moi, j'adore cuisiner.
15:32C'est pareil, en fait.
15:33On s'inspire de ce que font les autres chefs.
15:35On regarde les recettes des uns des autres.
15:37Je crois qu'il faut toujours s'inspirer, effectivement,
15:39des recettes des autres,
15:40toujours être à l'affût de ce qui se passe, des tendances.
15:43Et quand on est trop longtemps seul à avoir une bonne idée,
15:45c'est que ce n'était peut-être pas une bonne idée.
15:47– François ?
15:47– Effectivement, il faut sortir de sa cuisine.
15:49Donc, le côté réseau et association professionnelle,
15:52c'est très important.
15:53Il y a toujours le risque.
15:54On a toujours beaucoup à faire en interne.
15:56Donc, penser à sortir, aller voir ce que font les autres
15:59et l'échange avec les homologues, c'est clé.
16:01– Philippe Bernard.
16:02– Exemplarité.
16:03– Ouh là !
16:05– Détail un peu.
16:06– Je pense qu'un patron ne peut être un vrai leader
16:09que s'il est exemplaire dans son comportement de tous les jours,
16:12s'il est juste, s'il sait dire non.
16:16Et pas toujours oui, ce qui n'est pas facile à faire.
16:19Mais c'est toujours un moteur qui m'a conduit pendant toutes ces années.
16:24– On va rester avec toi.
16:25Pourquoi on se sent plus vivant à la tête d'une entreprise comme une ETI ?
16:29– Pourquoi on se sent plus vivant ?
16:32Parce que je suis passionné et j'aime transmettre cette passion à mes collaborateurs.
16:39J'aime que mes collaborateurs, lorsqu'ils arrivent le matin, soient heureux de venir travailler.
16:45Et si jamais ils ont un problème, qu'on puisse en discuter.
16:49C'est vraiment une relation humaine extrêmement forte.
16:51– François ?
16:52– Parce qu'on voit le résultat de ce qu'on fait tous les jours, à travers les équipes, effectivement.
16:56Les gens avec qui on travaille, on les voit tous les jours.
16:58Et puis le résultat sur le terrain, avec nos clients aussi, tous les jours.
17:01Donc le retour, il est immédiat.
17:03– Jean-Pierre ?
17:03– Pour moi, c'est la diversité.
17:05Parce que quand je suis chez Champagne-Gosset, à Épernay,
17:09ou chez Cognac-Frappin, en Charente, ou à Nuit-Saint-Georges,
17:12j'ai chaque jour des collaborateurs différents,
17:15et donc une expérience différente de relations humaines,
17:19de relations professionnelles, sur des produits qui sont similaires,
17:23mais pas tout à fait identiques.
17:25– Claire, André ?
17:27– Clairement, une entreprise de taille intermédiaire, taille idéale,
17:30c'est une entreprise qui est avant tout familiale, très souvent,
17:35et c'est une entreprise qui est incarnée autour de valeurs.
17:37Et je crois que c'est ça qui fait la différence,
17:39c'est qu'on a ce socle de valeurs auquel tous les collaborateurs s'identifient,
17:42qu'ils partagent, et qui font que tous les jours,
17:45on sait pourquoi on vient travailler.
17:47– Thierry, on reste avec toi, comment on fait pour que la France
17:50soit cette championne d'Europe qu'on veut de la croissance ?
17:55– Si on se compare un petit peu avec nos copains, par exemple avec les Allemands,
17:5812 000 ETI en Allemagne, 4 000 en France, pourquoi ?
18:02– 6 000 en France.
18:03– Ouais, 6 000.
18:05Ils en ont deux fois plus que nous.
18:08Globalement, le sujet, je pense qu'il est quand même très fiscal.
18:11Donc à un moment donné, le pacte du Thierry, c'est bien,
18:13je crois que les Allemands sont allés beaucoup plus loin.
18:15Si on veut que les entreprises puissent grandir,
18:17il faut qu'elles puissent se transmettre,
18:19et pour qu'elles puissent se transmettre,
18:20il faut que la fiscalité soit adaptée, c'est-à-dire très faible,
18:23et qu'on arrête de penser qu'on s'enrichit grâce à ça.
18:25On crée de l'emploi, on crée de la richesse, on crée de la valeur dans les territoires.
18:29– Jean-Pierre ?
18:30– En fait, moi, c'est surtout les marchés d'exportation qui m'importent,
18:34c'est la moitié de l'activité du groupe,
18:36et c'est là où on s'enrichit, en fait, d'expériences encore une fois différentes,
18:40parce que quand vous discutez avec un Américain, un Japonais, un Chinois,
18:43c'est tout à fait différent, quel que soit le produit.
18:45– C'est ça.
18:49François ?
18:49– C'est une question d'équilibre,
18:51donc nous, dans le numérique, effectivement, l'international,
18:53c'est une obligation, on ne peut pas vivre dans ces métiers-là que sur la France.
18:57Donc c'est toujours un équilibre d'être bien dans ses racines,
19:00de savoir ce qu'on fait et d'avoir une agilité que les autres n'ont pas,
19:03mais aussi d'aller chercher les clients, les compétences aussi, dans les autres pays.
19:08– Philippe, la France championne d'Europe de la croissance ?
19:11– Je pense qu'il n'y a pas que le côté fiscal qui compte,
19:15il y a aussi l'anticipation de la transmission.
19:18Moi, j'ai commencé à travailler en 2018 sur la transmission de l'entreprise,
19:22parce que j'étais PDG, je ne suis devenu que président.
19:24Il faut du temps, et quand on fait des réunions avec le FBN,
19:29on s'aperçoit que toutes les ETI ont le même problème,
19:31et il y a peu de chefs d'entreprise qui préparent l'avenir.
19:35Je vais avoir 69 ans, donc à un moment donné, il faudra que je m'arrête.
19:38Qui prend la suite ? Est-ce qu'on a des enfants ? Pas des enfants.
19:42Moi, j'ai des enfants qui vont être administrateurs, mais pas présidents.
19:45– On diffuse dans le pays, et on le voit à travers vous,
19:49la culture de la gagne, la culture de la niaque dans notre pays.
19:54Comment on la diffuse, Jean-Pierre ?
19:57– On en a déjà parlé tout à l'heure, c'est l'exemplarité.
20:00Par définition, il faut se montrer proche de ses collaborateurs,
20:06donner quelques objectifs quand même de temps en temps,
20:08et faire en sorte qu'ils soient respectés.
20:10– La niaque, elle vient d'où Thierry ?
20:11– La niaque, elle vient de la volonté d'entreprendre,
20:14de se remettre toujours en question,
20:15de s'adapter en permanence à un monde qui bouge vite,
20:17intégrer ses nouvelles technologies.
20:20Voilà, tous les jours, il y a de nouvelles idées,
20:22il faut encourager cet entrepreneuriat, cet intrapreneuriat aussi.
20:26Quand il y a des gens qui arrivent avec des idées,
20:28pourquoi pas créer une nouvelle filiale, une nouvelle offre de service,
20:30et puis on étudie le marché, on regarde comment on y va,
20:33et on se lance.
20:34– Philippe ?
20:36– Il faut avoir envie soi-même,
20:38il faut être heureux de venir au travail le matin,
20:40et d'emmener tout le monde,
20:42et de faire grandir les gens.
20:44Moi, je trouve ça hyper important,
20:46et j'ai toujours cette phrase de Fabien Galtier,
20:49c'est qu'une équipe de rugby a des grands, des petits, des gros, des minces,
20:53des bourrins, des hyper intelligents,
20:55mais avec ça, on fait une équipe de France qui peut être championne du monde.
20:57Voilà, donc c'est former les gens et les emmener,
21:00et les emmener vers un objectif qu'on partage.
21:03– J'aime bien l'analogie, François.
21:05– Le sourire, ça en fait partie, effectivement,
21:07avoir envie soi-même.
21:08– Ah, une entreprise qui sourit, une entreprise qui va bien.
21:10– Voilà, et célébrer les victoires,
21:13mais surtout les petites.
21:15– On va revenir sur une question essentielle,
21:17en une phrase ou deux phrases, Jean-Pierre,
21:20c'est quoi ton ambition ?
21:22Grandir ou transmettre ?
21:23Ou les deux ?
21:24– La réponse, c'est grandir plutôt que grossir.
21:28– En deux mots.
21:29– Oui, tu l'as dit tout à l'heure, c'est aussi transmettre.
21:31– Absolument.
21:32– Voilà, j'avais bien noté Philippe.
21:35– Grandir, grossir et transmettre.
21:38– En tout cas, t'es le parfait élève.
21:39Là, c'est formidable.
21:41– Qui n'avance pas recul.
21:43– Voilà.
21:43– Il faut avancer.
21:44– Vous avez vu, c'est l'homme des citations, Philippe.
21:47Thierry ?
21:48– Pour moi, c'est être une entreprise
21:50qui arrive à se transmettre à ses talents,
21:52et faire en sorte qu'elle arrive à être indépendante
21:54et continuer à grandir et à évoluer en permanence.
21:57– Tu voulais rajouter quelque chose, non ?
21:59– Sur la transmission, je pense qu'il faut très clairement expliquer
22:02que ça se commence très tôt.
22:04Moi, je l'ai fait avant 50 ans,
22:07et on ne le dit jamais assez aux dirigeants d'entre vous.
22:10– Et t'as bien fait.
22:10– Oui, et François ?
22:12– Grandir et faire grandir.
22:15– Ça, c'est presque le mot de la fin.
22:17C'est le truc qui te le pose comme ça.
22:19Ne t'y attendais pas.
22:20En tout cas, Thierry, André, CEO d'André Le Groupe de Bourgogne-Franche-Comté,
22:26merci beaucoup d'être venu.
22:28Merci à toi, Jean-Pierre Cointreau, grand chef d'entreprise, visionnaire.
22:32Et puis, on a parlé de transmission, on a parlé d'ambition ensemble.
22:35Merci d'être venu sur le plateau.
22:38Merci également, François Veller, le président directeur général d'Alterir.
22:41Merci à toi, Philippe Bernard, le président du groupe Bouchard-Cua, je l'ai bien fait.
22:47– C'est bien.
22:47– Et puis, merci aux équipes, on en a parlé, les équipes.
22:49– Oui.
22:49– Merci à la réalisation, Maxime, chef de plateau, Justine, au son, Guillaume, à l'image, Léo,
22:57et à la personne qui prépare avec moi cette émission depuis 4 ans.
23:01Je remercie une fois de plus Camille Bourg.
23:03Salut, bonne soirée, bon après-midi, parce qu'on passe tout le temps sur BFM,
23:08cette émission-là, et surtout à la semaine prochaine.
23:10Ciao !
23:10Paris ETI sur BFM Business
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