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  • il y a 14 heures
Ce vendredi 13 mars, Alexandre Taieb, analyste et gérant chez Sycomore AM, et Nicolas Voinchet, responsable de l'allocation et des thématiques actions chez BNP Paribas CIB, se sont penchés sur le recul des indices européens, la volatilité du pétrole et la paralysie du détroit d'Ormuz dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:04Nos experts du club ce soir, ils viennent de nous rejoindre.
00:06Nicolas Voinchet, responsable de la location des thématiques d'action pour BNP Paribas CIB.
00:11Bonsoir Nicolas, bienvenue.
00:12Et Alexandre Tailleb, bonsoir Alexandre.
00:14Bonsoir Guillaume.
00:15Ravis de vous retrouver aussi Alexandre, analyste et gérant pour Sycomore AM.
00:17On va parler bien sûr de la situation au Moyen-Orient, de l'évolution des cours du pétrole.
00:21Juste avant donc, cette semaine, aura fait basculer l'Europe dans le rouge.
00:25Ça y est, depuis le début de l'année, désormais l'Europe qui caracolait largement devant Wall Street,
00:29qui progressait fortement, ont gagné 7-8% il y a encore trois semaines sur le CAC depuis le début
00:33de l'année.
00:34Là, désormais, on est dans le rouge.
00:35Depuis le 1er janvier, le CAC perd désormais plus de 2% et même l'Eurostock 50 désormais recule depuis
00:42le 1er janvier.
00:43Cette semaine, Alexandre nous aura fait basculer dans le rouge.
00:45Oui, tout allait bien en début d'année.
00:47On avait tous un scénario de croissance modérée, mais un petit peu mieux qu'attendu pour la zone euro notamment.
00:53Une croissance qui se tient bien aux Etats-Unis.
00:55Donc, on était assez confiants, on commençait à diversifier, notamment sur certains émergents.
01:00Et puis, on a ce conflit qui est arrivé avec la fermeture du détroit d'Harmouz,
01:05le prix du pétrole dont on a parlé maintes et maintes fois, j'imagine, partout.
01:10Et donc, on a le choc du conflit.
01:13Mais j'allais dire, le conflit n'est pas tellement relevant pour les marchés en tant que tel.
01:20C'est vraiment la fermeture du détroit d'Harmouz qui bloque les échanges et les exportations de pétrole.
01:26Et le point d'interrogation, c'est la durée de ce conflit et de cette fermeture
01:30qui pourrait changer ce scénario de croissance en scénario du pire, à savoir la stagflation.
01:36Ah, stagflation.
01:37Ah, vous entrez direct dans le débat, là, comme ça, sans prévenir.
01:40Oui, parce que c'est l'essentiel du sujet, à mon avis.
01:43Oui, on va y aller, effectivement.
01:45Mais cette semaine, on aura fait basculer les indices européens dans le rouge,
01:48même l'Eurostock 50, qui était, pareil, magnifique, un magnifique début d'année.
01:52Là, c'est fini, on efface tout et on recommence, Nicolas.
01:54Oui, la fin que je suis venu, c'était en janvier.
01:57On parlait justement du fait que ça se passait beaucoup mieux que prévu sur l'Europe à ce moment-là.
02:00On commençait d'ailleurs à avoir de l'intérêt de zones étrangères à la zone euro,
02:06d'investisseurs qui regardaient l'Europe parce qu'ils avaient l'impression qu'il y avait un espèce de faux
02:11mot,
02:11vous savez, le Fear of Missing Out, ils voyaient l'Europe qui commençait à décoller,
02:15ils n'en avaient peu en portefeuille, et donc on commençait à avoir vraiment des interrogations positives
02:19de la part de beaucoup d'investisseurs sur comment on fait pour acheter des actions européennes, etc.
02:23Et puis, effectivement, on a le contre-pied parfait, vous disiez jouer dans votre camp ou pas tout à l
02:29'heure aux auditeurs.
02:30Là, on a un contre-pied sur ce qui se passe au Moyen-Orient,
02:34parce que le positionnement des investisseurs auxquels on parlait chez BNP,
02:38c'était globalement d'avoir de moins en moins de dollars.
02:40Il y avait la dédollarisation dont on parlait, une vision sur le pétrole,
02:44que le pétrole n'avait aucune chance de monter particulièrement parce qu'on avait du pétrole en abondance,
02:48et donc une volonté d'aller se diversifier sur les pays émergents, l'Asie du Sud-Est, l'Europe.
02:54Et finalement, le contre-pied est totalement parfait.
02:57Le dollar rebondit, et ça, ça fait un petit peu mal, effectivement, au terme de positionnement d'investisseurs,
03:01et le dollar rebondit parce qu'en général, quand on a un choc énergétique,
03:04le dollar redevient une monnaie de réserve.
03:05Et aujourd'hui, l'euro passe un cap sous le dollar, sous 1,15 l'euro aujourd'hui.
03:091,14,50, ça va très vite. Le rebond du dollar, vraiment spectaculaire.
03:13Oui, et ça prend tout le consensus à contre-pied, donc c'est ça qui est difficile.
03:16Le pétrole, j'en parle même pas.
03:18Et globalement, en termes de diversification en dehors des actions américaines,
03:22que ce soit l'Europe ou l'Asie du Sud-Est,
03:23c'est les deux des principales zones qui importent le plus d'hydrocarbures.
03:29Et donc, en fait, en termes de termes de l'échange,
03:31quand on regarde les différentes zones et qu'on se dit,
03:34OK, qu'est-ce qu'on doit acheter par rapport à un choc pétrolier ?
03:36L'Europe et l'Asie du Sud-Est sortent plutôt négativement sur ce point-là.
03:40L'Europe, par exemple, importe, par rapport à son PIB,
03:44la zone européenne, importe 2% d'hydrocarbures en pourcentage de son PIB.
03:50Donc, c'est beaucoup.
03:51Et donc, dans un environnement comme ça,
03:53ça remet effectivement en question tout ce qu'on avait en début d'année,
03:56notamment on parlait de l'Allemagne.
03:57Nous, on était assez confiants sur le plan allemand,
03:59mais relancer l'économie allemande,
04:01c'est relancer une économie qui est très énergivore,
04:03avec un pétrole et surtout un gaz qui monte beaucoup.
04:07Eh bien, la question du plan allemand, de son efficacité, etc.,
04:09va se reposer dans des conditions différentes, en plus avec des taux qui montent.
04:12C'est pour ça que, d'après l'EFT, donc, les Européens,
04:14et notamment la France et l'Italie, sont en train de discuter avec l'Iran.
04:17Des discussions directes, là, entre Paris, Rome et Téhéran
04:20pour sécuriser le passage du détroit d'Hormuz,
04:22nous fait savoir le Financial Times.
04:24Les marchés n'y croient pas vraiment,
04:25puisque le Brent reste tendu et même rebondit à nouveau,
04:27en cette fin de journée, 102 dollars actuellement, le Brent.
04:30On n'est pas encore sortis de l'auberge.
04:31On va vraiment rentrer dans le détail de la crise pétrolière, bien sûr,
04:34mais est-ce que le marché ne craint pas trois crises à la fois, là ?
04:37Ne craint pas de revivre même trois de ses derniers cauchemars à la fois ?
04:40À savoir, une crise énergétique, comme en 2022 avec la guerre en Ukraine,
04:43une crise financière, comme en 2008, un peu,
04:45avec ce qui se passe sur le marché du crédit,
04:47plusieurs fonds gelés sur le marché du crédit, les retraits gelés,
04:49est-ce qu'il n'y a pas un peu de 2008, là, en fantasme global des marchés ?
04:52Et puis la crise de 2000 avec, ben voilà, l'IA, la tech,
04:55est-ce qu'on craint, est-ce qu'on doit craindre l'explosion d'une bulle,
04:58un peu comme en 2000 ?
04:59Voilà, est-ce qu'on n'est pas en train de jouer trois scénarios cauchemardes
05:02qu'à la fois sur les marchés ?
05:03Alexandre ?
05:04Alors, non, mais l'idée est bonne.
05:10Je m'explique.
05:12Le marché craint effectivement 2022 parce que c'est le souvenir le plus proche.
05:16Donc je pense que la baisse récente, c'est les échos de 2022
05:20avec le pétrole, le gaz qui explosent à la hausse,
05:23une banque centrale qui se retrouve bloquée parce qu'elle ne peut plus baisser les taux.
05:26Il y a l'inflation qui repart, mais en même temps, il y a la croissance qui ralentit.
05:30Donc ça, c'est vraiment le scénario le plus proche
05:32et celui auquel ça ressemble le plus.
05:35Sur 2008, je dirais plutôt non pour le moment
05:39parce que quand on regarde les valeurs de la tech et de l'intelligence artificielle,
05:42en fait, avec le dollar en plus qui monte, ça tient bien en euros.
05:47Le marché américain tient relativement bien par rapport aux autres indices.
05:49On n'est pas dans la crise de 2000, en l'occurrence.
05:51De 2000, pardon.
05:52Et 2008, j'ai envie de dire pas encore,
05:56mais probablement qu'il n'y avait pas le conflit en Iran.
05:58On se focaliserait beaucoup plus sur le marché du crédit
06:01et sur le sujet du crédit aujourd'hui, des crédits privés,
06:03comme vous l'avez dit, qu'on ne le fait.
06:05Donc peut-être que c'est un problème à venir.
06:07D'accord. Il y a un vrai risque potentiellement systémique
06:10sur ces fonds où les retraits sont désormais gelés,
06:13empêchés dans le marché du crédit privé.
06:15C'est un vrai risque systémique ou on en fait un peu trop quand même ?
06:17Est-ce qu'on n'est pas en train de vendre de la peur ?
06:19Il y a aussi parfois cette tentation de la part de nous, journalistes.
06:22Aujourd'hui, en tout cas, sur le marché du crédit,
06:24ce qu'on constate, même s'il y a eu un petit écartement des spreads récemment,
06:27c'est une certaine complaisance.
06:28Les spreads restent encore très bas sur le marché du crédit,
06:31et notamment sur le marché à l'île.
06:32Donc il n'y a pas de contagion.
06:34Ça reste vraiment cantonné aux crédits privés
06:36et aux prêts l'évergés aux États-Unis spécifiquement.
06:40Donc ça reste très cantonné.
06:41Donc pour l'instant, il n'y a pas de stress.
06:43Mais vous savez, le marché du crédit marche finalement par palier.
06:48Donc la question n'est pas tellement de savoir si c'est un risque systémique ou pas,
06:51c'est est-ce que le marché va y croire à un moment donné ?
06:53Pour l'instant, ce n'est pas le cas.
06:54Ça peut arriver, donc on reste en surveillance accrue là-dessus.
06:58Oui.
06:59Cherchez un truc, quoi.
07:00Le marché joue trois crises à la fois.
07:02Une possible crise financière, on vient d'en parler.
07:04Une crise type 2000 dans la tech avec l'IA, peut-être une bulle.
07:07Et puis une crise énergétique comme en 2022, post-guerre en Ukraine.
07:11Cherchez l'intrus là.
07:12Est-ce qu'il y en a une de trop, deux de trop, voire trois de trop dans ce que
07:14joue le marché ?
07:15J'en rajouterai une.
07:16Enfin, je rajouterai une période qu'on a oubliée parce qu'une personne d'entre nous ne l'a connue,
07:21qui sont les années 70.
07:23En fait, on a fait un travail chez BNP qui était assez intéressant.
07:27On a eu deux chocs inflationnistes dans les années 70, 74, puis 79.
07:32Il est deux fois sur le pétrole.
07:34L'inflation a monté en 74 dans la même ampleur que ce qu'elle a monté en 2022.
07:39Si vous mettez le pic d'inflation de 1974 sur le pic d'inflation de 2022,
07:43on a en 79 un deuxième choc qui vient et là, le marché se dit vraiment,
07:48il y a un vrai problème géopolitique, une inflation qui est plus structurelle, etc.
07:51Et donc, on a un deuxième choc pétrolier qui est lié à l'Iran en 79,
07:55qui fait remonter l'inflation.
07:57Et là, vraiment, c'est le moment où le marché commence à vraiment angoisser sur la situation.
08:00Et si on met la crise iranienne actuelle en décalage temporel avec l'Iran de 1979
08:08comparé à 2022 par rapport à 1974,
08:11la crise iranienne devrait intervenir aujourd'hui comme elle a été intervenue
08:14quatre ans après celle de 1974 en 79.
08:18Et donc, on est dans une redite assez impressionnante, potentielle.
08:23Si on a vraiment un choc pétrolier significatif qui amène de l'inflation à nouveau à 10%, etc.
08:27comme en 2022, on vit le même écart entre 2022 et 2026 qu'entre 1974 et 79.
08:35Donc, c'est un risque important.
08:36Ça amène la stagflation.
08:37Donc, je pense que mon collègue et néanmoins amis a eu raison d'en parler, de la stagflation.
08:42Et je rappelle juste sur le crédit que le pire des scénarios,
08:45et ça, c'est des choses qu'on a aussi travaillé chez BNP,
08:47sur le crédit, notamment à Yield, le pire des scénarios, c'est une stagflation.
08:51Quand vous avez un ralentissement macroéconomique avec de l'inflation,
08:54pour la partie crédit, c'est compliqué parce que les entreprises ont une activité
08:57qui diminue, elles ont un environnement de taux qui se dégrade,
09:00elles n'ont pas accès au crédit dans les mêmes conditions.
09:02Alors, OK, elles ont un peu plus de hausse nominale grâce à l'inflation,
09:04mais au global, c'est l'environnement dans lequel le crédit,
09:07en tant que classe d'actifs, fait les pires performances.
09:09Et c'est quelque chose qu'on regarde.
09:10Oui, 101 dollars le baril de pétrole aujourd'hui.
09:13Quand Donald Trump choisira-t-il d'arrêter cette guerre ?
09:16Il y a les buts de guerre, bien évidemment.
09:17Il n'a jamais dévoilé très explicitement sa stratégie,
09:19mais ça peut faire partie de la stratégie.
09:21Que d'être flou, ça lui est reproché,
09:22mais ça peut faire partie de la stratégie aussi.
09:24Est-ce que plus que les cours du pétrole eux-mêmes,
09:26ce sont les taux obligataires qui pourraient pousser Donald Trump
09:29à stopper son offensive ?
09:30Il se trouve qu'hier, Donald Trump a publié un poste
09:33dont il a le secret sur son réseau social,
09:35True Social, un poste envers Jérôme Powell,
09:37le président de la Fed, pour lui dire
09:38« Jérôme, baisse tes taux, baisse les taux,
09:40surtout le plus vite possible,
09:42n'attend pas la prochaine réunion de la Fed. »
09:43La prochaine réunion, c'est mercredi.
09:45Il est sacrément pressé, là, Donald Trump, quand même,
09:46de voir une baisse de taux de la Fed.
09:48C'est mercredi, la prochaine réunion.
09:49Et pour Donald Trump, il ne faudrait même pas attendre mercredi.
09:52Est-ce que quelque part, plus que le pétrole,
09:54la hausse des taux souverains américains,
09:55on est actuellement à 4,24 sur le 10 ans américain,
09:58pourrait être de nature à pousser Donald Trump
09:59à stopper cette guerre ?
10:00Est-ce que le vrai métronome, plus que le pétrole,
10:02ce sont les taux obligataires ?
10:03Nicolas.
10:04Alors, selon moi, la principale différence,
10:07c'est assez amusant, parce qu'en fait,
10:08quand je viens sur ce plateau, je suis peut-être un chat noir,
10:10mais il y a souvent des environnements complexes.
10:12J'étais là en avril de l'année dernière.
10:14Et la principale différence entre avril de l'année dernière
10:17et cette année...
10:17Ou à l'époque, c'était justement le marché obligataire
10:19qui avait freiné Donald Trump.
10:20Oui, mais l'année dernière, en fait,
10:22Donald Trump, c'était un petit peu le fait du prince,
10:24entre guillemets, c'est-à-dire qu'il pouvait arrêter tout seul
10:27la situation dans laquelle il avait mis l'économie mondiale.
10:30Aujourd'hui, il y a quand même un interlocuteur
10:31dont on parle de plus en plus,
10:33mais dont on ne parlait pas assez au début,
10:34qui est quand même l'Iran.
10:35C'est-à-dire, est-ce que l'Iran est d'accord aujourd'hui
10:38pour négocier ?
10:39Dans quelles conditions l'Iran négociera avec Donald Trump ?
10:41Et donc, on n'a pas un seul acteur,
10:42on a deux acteurs qui doivent s'entendre.
10:44On espère tous que les deux acteurs vont s'entendre
10:47pour le bien de l'économie mondiale,
10:49mais l'Iran est dos au mur,
10:51et donc globalement,
10:51Donald Trump n'a pas toute la main sur le sujet.
10:54Et je trouve qu'aujourd'hui,
10:55dans la manière dont il communique,
10:56on sent qu'il y a des allers et retours,
10:58et on sent qu'il y a peut-être la volonté aussi
11:00d'aller chercher un interlocuteur en face
11:02et de trouver comment on peut trouver
11:05une solution à la crise actuelle entre les deux,
11:07sachant que le temps est compté,
11:09parce qu'effectivement,
11:10on a des réserves de pétrole,
11:11mais pas non plus extensibles à l'infini,
11:13et on a 20% de la capacité de pétrole et de gaz
11:16qui aujourd'hui n'est pas accessible
11:17pour l'économie mondiale.
11:18Donc il y a un sujet majeur,
11:19et on comprend bien que l'Italie et la France
11:22aient envie de régler ce problème-là.
11:24Et négocier avec Téhéran
11:25pour sécuriser l'étroit d'Hormuz.
11:27Le temps joue contre les Américains dans cette histoire.
11:30Il joue contre les marchés aussi.
11:32Alexandre, c'est peut-être l'arme la plus redoutable
11:34dont dispose l'Iran aujourd'hui, c'est le temps.
11:37Le but de l'Iran,
11:38ce n'est pas de gagner la guerre et que ce soit fini,
11:40c'est de ne pas la perdre
11:41et de la faire durer le plus possible.
11:43Donc c'est la politique de la terre brûlée.
11:45Pour revenir à votre question sur les taux,
11:47je ne suis pas certain
11:49que Trump sache exactement comment ça marche, tout ça.
11:53Inciter Jérôme Powell à baisser les taux courts,
11:57je ne vois pas vraiment l'effet que ça va avoir,
11:59à part relancer d'autant plus l'inflation.
12:03À la limite, qu'il lui demande de faire un quantitative easing
12:05pour ne pas que les taux longs à 10 ans explosent à la hausse,
12:09ce serait une chose.
12:09Mais la baisse de taux, je ne vois pas.
12:11Dans tous les cas, je suis assez,
12:12en tout cas à court terme,
12:14je suis assez négatif sur les taux 10 ans US.
12:18Je pense qu'ils vont continuer de monter,
12:21qui vont dépasser les 4,5 dans les deux cas.
12:24C'est-à-dire que dans un cas,
12:26on a un conflit qui, par miracle, s'arrête.
12:29On reprend notre scénario de croissance
12:31et donc de pontification de la courbe.
12:33Et la partie longue a tendance à monter un petit peu
12:36avec ce contexte de croissance.
12:37Et puis dans l'autre, on a un conflit qui s'enlise,
12:40ce qui a l'air aujourd'hui d'être le cas,
12:41même si ça ne fait que 15 jours que ça a commencé, vraiment.
12:45Et donc, on a des États-Unis qui s'endettent davantage,
12:48qui creusent le déficit,
12:49un stress sur le marché de taux,
12:51et donc des taux, là aussi, américains,
12:52à 10 ans et plus, qui montent.
12:54Donc, assez négatif sur les taux américains.
12:56Et je pense que le marché va continuer de chercher.
12:59Le marché, là, en fait, joue le Trumput,
13:02essaye de chercher à quel point on doit aller
13:04pour que le taco arrive.
13:06Là, pour l'instant, il n'arrive pas.
13:07Non, et la Fed, la semaine prochaine,
13:09annoncera sans doute un statu quo.
13:10Il y aura vraiment un bouteillage de banquiers centraux
13:12puisque la Fed va annoncer sa décision politique monétaire.
13:14La BCE va l'annoncer aussi.
13:15La Banque du Japon et la Banque d'Angleterre.
13:17Toutes les grandes banques centrales du G7,
13:18la semaine prochaine,
13:19ça tombe presque bien dans le timing
13:20parce que ça va les obliger à communiquer,
13:22à sortir du bois,
13:23annonceront leur décision politique monétaire.
13:25Sur la Fed, désormais,
13:26le marché n'attend plus qu'une seule baisse de taux cette année.
13:29Tout à l'offre, avec du Crozet pour Pecter West Management,
13:31nous disait
13:31« Je commence même à pricer,
13:33à anticiper qu'il n'y aura plus de baisse de taux du tout
13:35de la Fed cette année. »
13:36Est-ce que vous êtes dans ce camp-là ?
13:38Ou encore une ?
13:38Ou peut-être encore deux ?
13:39La Fed ?
13:40Nicolas ?
13:41Je partage complètement ce que tu disais.
13:44C'est-à-dire l'idée selon laquelle
13:46en fait, les taux courts
13:47dans des phases d'inflation,
13:49baisser les taux courts,
13:50c'est potentiellement contre-productif
13:52parce qu'en fait,
13:54ça décrédibilise une banque centrale
13:55et donc les taux longs ne suivent pas les taux courts.
13:57Et donc, on peut avoir un univers
13:58dans lequel on baisse les taux courts
13:59sans que les taux longs ne baissent,
14:00voire à l'inverse.
14:01Et donc, nous, on travaille plus sur l'idée
14:04selon laquelle on voit,
14:05parce qu'il y a aussi une chose importante
14:07dont on parlait avant,
14:08il y a dix jours,
14:09dont on ne parle plus du tout,
14:10le fait qu'on a un nouveau président de la Fed
14:12qui arrive en mai quand même.
14:13Donc, c'était un gros sujet.
14:14Ça a fait un buzz.
14:15Aujourd'hui, plus personne n'en parle.
14:17Il y en a Kevin Warch
14:18qui arrive à la tête de la Fed.
14:19Et donc, en fait, nous,
14:20on travaille beaucoup au sein du CIO Office de BNP
14:22sur ce que pourrait faire Kevin Warch.
14:24Et effectivement,
14:25on le voit plus travailler
14:26sur la manière dont il va essayer
14:27de travailler le bilan de la Fed,
14:29pas forcément le réaccroître,
14:30mais au moins le travailler,
14:31pour tenir un petit peu
14:33les échéances 5 et 10 ans
14:34qui sont les plus importantes quelque part
14:37et sur lesquelles il ne faut pas
14:38que les taux montent trop.
14:38Et donc, on essaie de réfléchir
14:40à la manière,
14:40je ne vais pas le détailler ici,
14:42dont la Fed pourrait quelque part
14:43essayer de maintenir
14:44des taux relativement bas
14:46par rapport au reste de la courbe
14:47sur le 5 et le 10 ans
14:48qui sont les échéances
14:49les plus importantes
14:49parce que c'est les échéances
14:50sur lesquelles les entreprises empruntent,
14:52l'État emprunte.
14:53Et donc, c'est là-dessus
14:54où on a potentiellement
14:54le plus de tensions à venir.
14:56On poursuit nos échanges,
14:57messieurs,
14:57on est à 13 minutes de la clôture.
14:58Le CAC perd toujours 1%.
14:59On accélère dans cette dernière
15:01ligne droite de la semaine.
15:037 910 points CAC 40.
15:05Baromètre de l'évolution
15:06des cours du pétrole,
15:06c'est Antoine qui l'a repéré.
15:08Ce titre,
15:08pas Total Energy,
15:09non, non,
15:09ArcelorMittal
15:10parce qu'il faut beaucoup de pétrole
15:11et d'énergie justement
15:12pour nourrir l'activité sédérurgique
15:14et quand le pétrole monte,
15:15ça fait chuter ArcelorMittal.
15:16C'est le cas aujourd'hui.
15:17Cherchez pas trop longtemps pourquoi,
15:19c'est parce que le pétrole monte.
15:20Voilà.
15:20On a un Brent à 101 dollars
15:21et ArcelorMittal,
15:23lanterne rouge du CAC
15:23à moins 4,5.
15:24Le secteur du luxe aussi souffre.
15:26C'est Bernstein
15:27qui nous dit que
15:28LVMH a 8% de son activité
15:30exposée à ce qui se passe
15:31au Moyen-Orient.
15:32Idem pour Kering
15:34et Richemont aussi d'ailleurs.
15:36LVMH et Kering
15:37sont en repli
15:37et notamment LVMH
15:38de 4% supplémentaires aujourd'hui.
15:40Kering, moins 3%.
15:41Et puis à la hausse donc
15:41avec le pétrole Total Energy,
15:43plus 2,5.
15:44On a aussi les grandes défensives
15:45Danone, Engie
15:46qui progressent d'à peu près 1,2%.
15:47On en parle avec Alexandre Tailleb
15:49et Nicolas Voycher.
15:51Pétrole donc qui progresse
15:53même si l'Agence internationale
15:54de l'énergie,
15:55parce que c'est l'autre fait de la semaine,
15:56annonce libérer un record
15:57de volume de pétrole,
15:59400 millions de barils,
16:00ça n'a pas l'air de suffire.
16:01Est-ce que même ce qu'a fait la IE
16:03en annonçant libérer autant de barils
16:04n'est pas contre-productif
16:05parce qu'elle va avoir du mal
16:07à se réapprisionner,
16:07à re-remplir ses socs stratégiques
16:09puisque le pétrole est coincé
16:11là à Hormuz ?
16:11Est-ce que c'est d'une certaine façon
16:12un peu contre-productif
16:13ce qu'a annoncé la UE ?
16:14Est-ce que ça n'empêche pas
16:15les cours de progresser
16:16et en revanche elle va en perdre
16:17des réserves stratégiques ?
16:18Alexandre ?
16:19Oui, ils essayent de compenser
16:21mais effectivement
16:21la baisse des réserves stratégiques
16:24est un problème en soi.
16:26Celle des Etats-Unis d'ailleurs,
16:28les réserves sont historiquement basses
16:30depuis plusieurs années maintenant.
16:33Donc oui, c'est un sujet
16:35mais on essaye de contrecarrer
16:36comme on peut
16:37le conflit en Iran,
16:39la baisse de production
16:40de...
16:41Que je ne dise pas de bêtises
16:42je crois que c'est l'Arabie Saoudite
16:44qui a annoncé ça.
16:47Et effectivement
16:48ça ne semble pas suffire
16:49parce qu'on cherche à comprendre
16:52les objectifs des belligérants
16:54qu'on n'a pas encore réellement
16:55mais il y a quand même
16:57un sommet dont on parle peu
16:59et qui arrive
16:59la rencontre Trump-Gzi
17:02le 31
17:04et je pense que Trump
17:05veut arriver avec un pouvoir
17:06de négociation.
17:07La grosse question c'est
17:08parce que les bateaux chinois
17:11arrivent à passer
17:12à peu près dans le pétrole d'Hormuz
17:14aujourd'hui.
17:15Les Chinois sont approvisionnés
17:16manifestement
17:17en pétrole iranien.
17:18Bon la question c'est
17:20est-ce que Trump
17:21va menacer Carg
17:23endroit par lequel
17:24passe 90% du pétrole iranien ?
17:26Une toute petite île
17:27toute petite île
17:28où 90% du pétrole iranien
17:30est concentré.
17:31Il suffirait de tirer dessus
17:32pour couper l'approvisionnement chinois
17:33et surtout couper les ressources
17:34au régime iranien en l'occurrence.
17:35Voilà.
17:36Donc là rien que ça
17:37je veux dire
17:37c'est le mouvement de l'AIE
17:41est anecdotique
17:43comparé à ce type d'événements.
17:45Oui oui.
17:45Tout est concentré
17:46sur cette petite île de Carg
17:47sur laquelle les Américains
17:49ou les Israéliens
17:49ont le pouvoir de tirer
17:51et dans ce cas
17:51ce serait la catastrophe
17:52vraiment financière
17:53pour le régime iranien
17:54et en matière d'approvisionnement
17:55et complication pour la Chine
17:56dont on se dit
17:57qu'elle tire les marrons du feu
17:58comme la Russie d'ailleurs.
17:59La Russie là
18:00avec la hausse des cours du pétrole
18:01gagne 150 millions de dollars
18:03par jour
18:03de plus qu'avant
18:04grâce au pétrole.
18:04150 millions de dollars
18:05de gains supplémentaires
18:07par jour.
18:07La Russie.
18:08Oui.
18:09C'est sûr que
18:10je ne sais pas si
18:11toutes les conséquences
18:12qu'on est en train de vivre
18:12de ce qui a été
18:14mis en place
18:15fin février
18:16étaient anticipables
18:17dès le départ.
18:17On les découvre
18:18les unes après les autres.
18:19On a découvert Carg
18:20je pense que personne
18:21ne connaissait l'existence
18:22de cette île
18:23il y a peu de temps
18:24mais c'est souvent comme ça
18:24dans la finance.
18:25On découvre des choses
18:27un petit peu
18:27au fil de l'eau
18:28mais effectivement
18:29la Russie est plutôt
18:30favorisée en ce moment.
18:32La Chine moi
18:32ce qui m'avait rendu
18:33plutôt...
18:33En fait ce qu'il va falloir
18:34c'est discuter.
18:35Donc on est dans une économie mondiale
18:37dans laquelle
18:37on avait compris
18:38ces dernières années
18:39qu'on aurait moins de collaboration
18:41moins de multilatéralisme
18:42plus des décisions
18:43qui seraient prises
18:44par certaines personnes
18:45d'ailleurs
18:45et pas tant que ça finalement.
18:47Et aujourd'hui
18:47on se rend compte
18:48qu'il va falloir discuter.
18:49Et ce que j'ai trouvé intéressant
18:50c'est que la Chine
18:51alors qu'elle est quand même
18:52quelque part attaquée
18:53par ce qui se passe en Iran
18:54et ce que font les Etats-Unis
18:55en Iran
18:56est d'accord pour discuter
18:57et a maintenu le sommet
18:58donc on a bien fait
19:00d'en parler là
19:00parce que c'est important.
19:01La Chine maintient
19:02l'idée qu'il faut
19:02que ce sommet ait lieu.
19:04D'ailleurs ce week-end
19:05le vice-premier ministre chinois
19:05sera en France à Paris
19:06pour discuter
19:07une délégation américaine
19:08qui représentera Donald Trump
19:09et préparer leur rencontre
19:10à Pékin en fin de mois.
19:11Ça se jouera à Paris
19:11ce week-end, demain.
19:12Donc en fait
19:13le scénario positif en ce moment
19:15ce serait des discussions
19:16constructives
19:17entre Xi et Trump
19:19des discussions constructives
19:21d'une manière ou d'une autre
19:22entre l'Iran
19:22et les Etats-Unis
19:24et ce qu'on appelle
19:25dans le théâtre
19:26dans ces cas-là
19:26un deus ex machina
19:27quelque chose
19:28qui termine bien.
19:29Voilà.
19:30Est-ce qu'on va en arriver là ?
19:31Le marché déteste l'incertitude
19:32mais aujourd'hui
19:33on en a trop.
19:33Là on en est où ?
19:34C'est l'Iran qui dit
19:35qui peut passer ou pas
19:36dans le détroit d'Hormuz.
19:37L'Iran autorise
19:38les navires indiens
19:39et chinois
19:40à passer dans le détroit d'Hormuz.
19:42Est-ce que l'Iran
19:42quelque part
19:43est en train de commencer
19:44à se servir de ce détroit
19:45pour éloigner encore un peu plus
19:47certains BRICS
19:48de l'Occident
19:48en leur favorisant un passage
19:50alors que les navires
19:51vaillant vers l'Occident
19:52eux ne pourront pas passer.
19:53Est-ce que quelque part
19:54ce détroit peut éloigner
19:56les deux rives
19:56entre l'Occident
19:57et les BRICS en l'occurrence ?
19:58C'est tout à fait possible
19:59et puis c'est une stratégie
20:00qui serait somme toute intelligente
20:03pour l'Iran
20:04et pour la grande gagnante
20:05vous l'avez dit
20:06la Russie
20:07qui est en partie
20:09en partie derrière tout ça
20:10on a retrouvé
20:11des drones kamikazes iraniens
20:13avec des bouts
20:14de mécanique russe
20:16où c'est écrit en russe dessus
20:17donc
20:19on se doute quand même
20:20que les Russes
20:21ne sont pas tout à fait étrangers
20:22à ce qui se passe
20:25donc oui
20:26il y a sûrement une stratégie
20:27d'éloignement
20:28je pense que pour le sommet
20:30l'accord
20:31le fameux Deus Ex Machina
20:33il est assez simple
20:35j'ai pas réussi
20:36donc de la part de Trump
20:37j'ai pas réussi
20:38à faire cavalier seul
20:39sur les métaux critiques
20:40j'ai besoin de toi
20:41mon ami chinois
20:43la Chine aide
20:44les Etats-Unis
20:44sur les métaux critiques
20:45et moi je te laisse
20:46ton pétrole
20:47les Etats-Unis
20:48se retirent
20:49du conflit en Iran
20:50en revanche
20:51ça continuera probablement
20:53pour Israël
20:54parce que là
20:54on a un sujet
20:55beaucoup plus existentiel
20:58mais ce sera
20:59beaucoup moins douloureux
21:00au niveau du marché
21:01oui
21:01alors on suit tout cela
21:03bien évidemment
21:03l'Europe
21:04elle aussi
21:05tente d'ajuster le tir
21:06bien sûr
21:06parce que vous le disiez
21:07l'un d'entre vous
21:08expliquait
21:09que l'Europe
21:09était beaucoup plus
21:10dépendante
21:11des matières premières
21:12énergétiques
21:12du pétrole
21:13du gaz
21:13du Moyen-Orient
21:14que les Etats-Unis
21:14par exemple
21:15l'Asie et l'Europe
21:16sont les plus dépendantes
21:17en Europe
21:18on risque de voir
21:18les factures d'électricité
21:20progresser
21:20dans certains pays
21:21notamment en Allemagne
21:22et en Italie
21:22qui sont encore
21:23assez dépendants au gaz
21:24et là-bas
21:24la facture électrique
21:25dépend beaucoup
21:25des cours du gaz
21:26est-ce que
21:27l'inflation en Europe
21:29va véritablement
21:29faire son retour du coût
21:30est-ce que la BCE
21:31va devoir augmenter ses taux
21:32maintenant le marché
21:33semble-t-il
21:34price deux hausses de taux
21:35cette année
21:35une en juin
21:36une en décembre
21:36est-ce que ça devient
21:37ce scénario-là
21:38devient crédible
21:39Nicolas ?
21:39en fait c'est une inflation
21:40qui est terrible
21:41pour les banques centrales
21:42l'inflation actuelle
21:43parce que c'est une inflation
21:43qui n'est pas endogène
21:44elle est exogène
21:45c'est un choc
21:46on n'y peut rien
21:47monter les taux
21:48est-ce que ça va calmer
21:49le pétrole
21:50ben non
21:51pas forcément
21:51juste par un aspect récessif
21:53qui vient de toute façon
21:54et donc
21:55je trouve qu'il est peut-être
21:56un petit peu trop tôt
21:57pour donner une réponse
21:58sur ce que va faire la BCE
21:59en ce moment
22:00c'est plutôt les membres
22:01AUC
22:02donc ceux qui ont envie
22:03de monter les taux
22:04qui parlent
22:04on a cette vue
22:05dans laquelle
22:06peut-être que la BCE
22:07monterait les taux
22:08bon courage à Christine Lagarde
22:09puisque la semaine prochaine
22:10conférence de presse
22:11la communication va être ténue
22:13est-ce que c'est rationnel
22:14de monter les taux
22:15de manière agressive
22:15quand on a un choc
22:16qui est vraiment exogène
22:18comme ça
22:18dont on ne sait pas très bien
22:19ce qu'il va donner
22:19j'ai du mal à avoir une réponse
22:21dès aujourd'hui
22:21je voudrais dans un premier temps
22:23prendre un peu de recul
22:25et j'espère qu'ils prendront
22:25les bonnes décisions
22:26et laisser passer le temps
22:27parce que vous le disiez
22:27la clé c'est le temps
22:28pour que l'inflation
22:29véritablement finisse
22:29par s'ancrer
22:30il faudrait 4, 5, 6 semaines
22:32de pétrole à plus de 100 dollars
22:33on n'est qu'à
22:34une grosse dizaine de jours
22:35et encore
22:36avec un pétrole
22:36à plus de 100 dollars
22:37on n'est même pas une semaine
22:38et dans un univers
22:39dans lequel
22:40nous on aimait bien
22:41l'Europe quand même
22:41en début d'année
22:42en termes d'actifs risqués
22:43parce qu'on trouvait
22:44qu'on avait quand même
22:45un avantage en Europe
22:45qui était qu'on a
22:46des taux d'utilisation
22:47de capacités
22:47qui ne sont pas
22:48complètement utilisés
22:50on a un marché du travail
22:52sur lequel on a
22:53potentiellement
22:53moins de hausse de salaire
22:55et donc on se disait
22:56si on a de la croissance
22:56en Europe
22:56on aura moins d'inflation
22:58qu'aux Etats-Unis
22:58et donc c'est typiquement
23:00le genre de combo
23:02monétaire, budgétaire
23:03qu'on aimait bien
23:03alors que les Etats-Unis
23:04nous paraissaient plus
23:05à risque là-dessus
23:05c'est ça
23:07parce qu'il y a l'inflation
23:08liée au cours du pétrole
23:09du gaz
23:09l'inflation alimentaire
23:10peut-être aussi
23:11puisqu'un tiers des engrais
23:12azotés dans le monde
23:12passe par le détroit d'Hormuz
23:13etc.
23:15et ça tombe très mal
23:16pour la France
23:16ou encore l'Allemagne
23:17qui doivent se refinancer
23:18à des montants records
23:19cette année
23:19la France doit émettre
23:20un montant record
23:21jamais vu d'obligation
23:22de dette
23:23pour financer son train de vie
23:24notamment
23:24mais aussi un peu
23:25d'investissement
23:26l'Allemagne aussi
23:26pour financer son plan
23:27de défense
23:28et d'infrastructure
23:29il se trouve que
23:30le 10 ans allemand
23:30est quasiment à 3%
23:312,98
23:32là le 10 ans allemand
23:332,98 à l'instant
23:34et le 10 ans français
23:35est à 3,66
23:36c'est pas le meilleur timing
23:38on va dire
23:39non c'est sûr
23:40au niveau des taux
23:42c'est sûr
23:43le coût de la dette
23:44va augmenter
23:45oui le coût de la dette
23:46va augmenter
23:47c'est un problème
23:48évidemment pour toute l'Europe
23:49il y avait eu un stress
23:50le stress politique
23:50en France
23:51bon là ça continue
23:53mais ça continue
23:53sur des considérations
23:54beaucoup plus économiques
23:55et de beaucoup plus long terme
23:56vous parliez de l'Italie
23:58l'Italie importe
23:5930% de son gaz
24:00depuis le Qatar
24:01donc ça devient compliqué
24:02pour l'Italie
24:03je voudrais quand même
24:04terminer en disant
24:05c'est peut-être le moment
24:06là aussi
24:06de saisir une opportunité
24:07et pour l'Europe
24:08et pour les marchés
24:09je vois venir
24:10Sikomor
24:10de réétudier son mix énergétique
24:13et donc il y a peut-être
24:14une opportunité
24:14sur les renouvelables
24:15on parlait du nucléaire
24:16aussi avant
24:17avant l'émission
24:18donc je pense
24:19qu'il y a quand même
24:20des choses intéressantes
24:21à jouer sur cette partie-là
24:22et qui fonctionnent bien
24:23déjà depuis le début de l'année
24:24oui
24:25elle l'Italie
24:26ce qu'elle propose
24:27c'est au contraire
24:28d'assouplir les émissions
24:29de quotas de CO2
24:30ou les quotas d'émissions
24:31de CO2 plutôt
24:31elle propose au contraire
24:32d'aller un peu moins
24:33dans l'ESG
24:34pour au moins répondre
24:35aux enjeux de très court terme
24:36possible qu'on soit déçus
24:37et qu'on repasse au charbon
24:39elle développe beaucoup aussi
24:40elle se développe
24:41elle essaye en tout cas
24:41d'investir beaucoup
24:42en Algérie l'Italie
24:43elle est très présente
24:44actuellement sur le marché
24:45algérien du gaz
24:46pour un peu moins dépendre
24:47aussi du Moyen-Orient
24:47elle l'était déjà
24:48depuis 2-3 ans
24:49mais voilà
24:50c'est en train de se confirmer
24:51alors la résurrection
24:52il faut en parler aussi
24:53avec ce conflit au Moyen-Orient
24:54la résurrection des épaves
24:56il se trouve que le plus grand
24:57des épaves
24:58on parle des navires
24:59des navires un peu fatigués
25:01qui mouillent comme ça
25:02dans la mer rouge
25:04et que les pétroliers saoudis
25:07tentent de louer
25:08en fait c'est le plus grand
25:09transporteur pétrolier
25:10d'Arabie saoudite
25:11qui tentera actuellement
25:12de réserver des pétroliers
25:13en mer rouge
25:13à des tarifs exorbitants
25:15même des pétroliers
25:16en mauvais état
25:16pourquoi ?
25:17parce que ces navires
25:18sont bloqués
25:19dans le golfe Persique
25:20et donc ils essaient
25:21de réacheminer
25:22un petit peu de carburant
25:24de pétrole
25:24vers la mer rouge
25:25et pour ça
25:26il faut pouvoir transporter
25:27pour ensuite
25:27aller disperser ce pétrole
25:29dans le monde
25:29et donc louer
25:30de nouveaux navires
25:31en mer rouge
25:31qui eux ne sont pas bloqués
25:32dans le golfe Persique
25:33si bien donc que même
25:34les épaves actuellement
25:35sont recherchées
25:36et se louent à prix d'or
25:37c'est ce qu'on apprend
25:37dans la presse britannique
25:38aujourd'hui
25:39voilà où on en est
25:40il fait moins de propriétaires
25:41d'une épave flottante
25:42les pétroliers se les arrachent
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