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  • il y a 20 minutes
Face au dérèglement climatique et aux crises diplomatiques, penser le temps long pour les agriculteurs est essentiel. C’est ce que peut faciliter le modèle coopératif. Thierry Blandinières, président de l’union nationale des coopératives agricoles et un des premiers groupes européens agricoles, Invivo, explique que l’agriculture régénératrice peut être un moyen de concilier transition écologique et souveraineté.

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Transcription
00:04Prêt pour l'impact, c'est la question que je pose chaque jour à une personnalité qui compte dans notre
00:08économie.
00:09Je reçois aujourd'hui Thierry Blandinière, bonjour, le directeur général d'Invivo.
00:13Je veux bien que vous nous présentiez Invivo pour commencer en quelques mots.
00:16Voilà, en quelques mots. Invivo c'est l'union nationale des coopératives à la base,
00:19donc c'est une union de services, on a des services coopératives, c'est-à-dire qu'on vend des
00:23intrants
00:23et puis on leur achète aussi et leur collecte pour l'exporter dans le monde entier.
00:27Ça c'est deux métiers statutaires et ensuite on s'est diversifié pour créer un groupe agricole et industriel
00:32avec le rachat des groupes soufflés.
00:33Donc on intervient sur toute la filière blé et orche, donc de la semence jusqu'à la baguette de pain.
00:40Donc on est le premier meunier français, premier malteur européen et puis on est aussi très présent dans le retail,
00:46donc c'est à côté mais il faut le dire avec Jardinland et Gambert.
00:49Ok, très bien, avec quelques chiffres. On a les chiffres 24-25, chiffre d'affaires 11,4 milliards d'euros,
00:55un effectif autour de 15 000 collaborateurs, une présence dans 38 pays et 163 coopératives sociétaires.
01:01Qu'est-ce que ça change, ce mot-là, coopérative ? À quel point ça change la donne ?
01:06C'est important parce que quand on parle de collectif aujourd'hui, si on veut changer d'échelle,
01:10si on veut essayer d'avancer sur les transformations aujourd'hui de l'agriculture,
01:14on ne peut pas le faire tout seul.
01:16Donc d'abord c'est les agriculteurs mais aussi c'est les organisations agricoles
01:19qui doivent se mobiliser pour essayer de transformer, de rentrer dans les grandes transformations,
01:24les grandes transitions agricoles, environnementales.
01:27Et donc l'Union Nationale sert à ça, c'est-à-dire qu'on réunit l'ensemble des 200 coopératives
01:31françaises
01:32pour partager des solutions et essayer d'engager les adhérents agricoles,
01:37donc les agriculteurs, de ces coopératives dans ces programmes de transformation,
01:40en essayant de les sécuriser aussi autant que faire se peut sur les modèles économiques.
01:44Ça veut dire quoi une coopérative ? Ça veut dire qu'il n'y a pas d'actionnaire ?
01:47Ça veut dire comment ça fonctionne ?
01:49Les actionnaires sont des agriculteurs qui sont sociétaires de leur coopérative.
01:53Ils sont à la fois clients, ils sont fournisseurs et ils sont aussi actionnaires.
01:59Donc ils ont trois casquettes.
02:00C'est un modèle tout à fait particulier.
02:02Qui est original.
02:03Mais c'est comme un modèle mutualiste de banque.
02:07Et souvent d'ailleurs quand je discute avec des représentants de banques mutualistes,
02:11ils parlent de temps long.
02:11Est-ce que vous avez ce sentiment aussi ?
02:13Est-ce que l'organisation en coopérative vous permet d'être un peu moins court-termiste ?
02:19C'est exactement ça.
02:20Et c'est une force en fait.
02:22C'est une force.
02:22On voit bien qu'aujourd'hui dans le monde,
02:25les gouvernements qui pensent le temps long
02:28maîtrisent un peu leur destin,
02:29ne subissent pas à l'actualité le court terme.
02:31Si on voit la Chine, comment est organisée la Chine ?
02:33Alors malheureusement, c'est pas très démocratique.
02:36C'est pas démocratique, mais en tout cas ils pensent le temps long.
02:38Donc on peut être démocratique et aussi peut-être s'inspirer de certains modèles
02:41qui pensent le temps long.
02:42Et le monde coopératif, c'est ça.
02:43C'est essayer de penser le temps long.
02:45On vit tout le temps avec des crises.
02:47Tous les ans il y a une nouvelle crise, c'est assez incroyable.
02:49Depuis 4 ans, dernier pacté, on se dit
02:51mais quand même, le point d'arrivée ça va être quoi ?
02:54Comment on embarque notre groupe, nos adhérents ?
02:57Et donc comment on réfléchit au futur ?
02:59Et on s'accroche à ça parce que ça donne une espérance en fait
03:02en disant nourrir ça va être essentiel.
03:05Nourrir c'est essentiel.
03:06Donc les agriculteurs sont essentiels.
03:08Vous êtes essentiels.
03:09A partir de là, comment on construit l'avenir ?
03:11Et alors justement, comment vous, vous imaginez l'agriculture française
03:16dans, on va dire temps long, c'est quoi ?
03:19C'est 20 ans, 20 ans, 25 ans ?
03:21Est-ce qu'elle sera tout biologique ?
03:24Est-ce qu'on sera encore dans une agriculture conventionnelle ?
03:26Est-ce qu'il y aura une troisième voie ?
03:27Comment vous l'imaginez ça ?
03:28C'est une bonne question.
03:30Qui a la réponse ?
03:31Mais en tout cas, on voit les trajectoires.
03:33On a fait une étude Résilience 2050
03:36qui mesure les impacts climatiques,
03:39notamment sur les cultures.
03:41Comment vont évoluer les cultures demain dans le sud de la France ?
03:44Imaginez qu'en 2050, on aura le climat de Barcelone à Périgueux.
03:48Donc vous imaginez les impacts sur les cultures du sud-ouest.
03:52Donc il faut vraiment penser l'avenir
03:54et dire qu'est-ce qu'on va produire dans ces régions.
03:56C'est d'abord ça, qu'est-ce qu'on produit, qu'est-ce qu'on plante, qu'est-ce
03:58qu'on produit.
03:59Et du coup, si on réfléchit à qu'est-ce qu'on plante,
04:01c'est comment on prend en compte, du coup,
04:03une nouvelle agriculture plus en phase avec les enjeux environnementaux.
04:07Et la qualité des sols, la biodiversité, c'est essentiel.
04:10Et donc c'est le moment où il faut décider.
04:12C'est-à-dire, comme on a cette vision en 2050,
04:14comme on est sur le temps long dans l'agriculture
04:16et qu'il faut du temps pour lancer des cultures,
04:19c'est maintenant qu'on doit prendre des décisions.
04:22Et ça, ce n'est pas évident, c'est pour donner des trajectoires.
04:25Donc quel type de ferme ?
04:26Quelle taille ? Quel prix ?
04:28Quelle compétitivité ? Quel modèle économique ?
04:31Et ce sont des questions qui sont compliquées et complexes
04:34parce qu'il y a des enjeux, bien évidemment, environnementaux, certes,
04:38mais aussi sociétaux.
04:40Comment va évoluer la ferme France ?
04:41Mais ça dépend des régions.
04:43Vous parlez d'agriculture régénératrice.
04:47Voilà.
04:47Le mot est beau, mais qu'est-ce que ça veut dire ?
04:49Ça fait longtemps qu'on en parle.
04:50Donc la question, c'est comment, effectivement,
04:52on en fait une agriculture compétitive
04:55et qui donne du sens parce qu'on a besoin de travailler la qualité des sols.
04:59Les sols sont pauvres et donc il faut régénérer les sols.
05:01À partir de là, il faut rentrer dans un schéma de rotation de culture.
05:04C'est-à-dire qu'on ne peut pas faire simplement une seule culture
05:06avec de l'engrais et puis l'agriculture conventionnelle, les phyto, etc.
05:11Certes, il faut de l'engrais, mais il faut produire différemment.
05:14Donc comment produire différemment ?
05:15Ça veut dire qu'il faut rentrer dans un schéma de rotation de culture.
05:17Je fais du blé, je fais des légumineuses,
05:20je travaille mes sols sur des cycles de 5-6 ans.
05:23Donc pour l'agriculteur, c'est un changement de modèle économique complet.
05:26L'agriculteur qui était dans la logique de dire
05:28« je produis régulièrement mes céréales tous les ans »
05:30va devoir changer et produire différemment et d'autres cultures.
05:34Donc la question qui est posée par l'agriculteur,
05:36c'est qu'il se dit « mais finalement, je vais bien m'engager
05:38dans ce type d'agriculture, mais est-ce qu'il y a un marché en face ?
05:42Qu'est-ce que je vais gagner dans l'affaire ? »
05:43Oui, parce qu'il y a quand même pas mal d'agriculteurs qui sont passés au bio
05:45et qui malheureusement ont été décentés.
05:47Et on voit bien la limite, effectivement, il y a un consommateur,
05:50il y a un pouvoir d'achat et il y a un prix.
05:52Donc la question, c'est comment on transforme l'agriculture,
05:54mais en maintenant les prix, sans trop les augmenter.
05:57Sinon, ça ne passera pas sur les volumes.
05:58Donc l'idée, c'est de travailler ces rotations de culture
06:01et d'avoir effectivement des coopératives,
06:04et c'est là où on retrouve le modèle,
06:06des industriels qui contractualisent sur un schéma de rotation de culture
06:10d'une manière pluriannuelle pour sécuriser un revenu à l'hectare à l'agriculteur.
06:14Et c'est ça l'enjeu.
06:15Et l'agriculteur, si on le sécurise dans son revenu minimum garanti à l'hectare,
06:19il peut s'engager, il va s'engager.
06:21Parce que pour l'instant, vous avez encore pas mal d'agriculteurs,
06:25de vos interlocuteurs qui voient dans ces enjeux de régénération,
06:29de transition écologique, plus une contrainte qu'une opportunité économique.
06:35Mais parce qu'en fait, ils demandent aux opérateurs
06:37qui mettent en marché de s'engager.
06:40En disant, regardez le bio.
06:42Donc on a des aides, les aides publiques, c'est très bien.
06:45Mais si en face, il n'y a pas le marché, qu'est-ce qu'on fait ?
06:47On ne vend plus, on déclasse les produits.
06:49Et donc, la crainte des agriculteurs, c'est effectivement,
06:52si on est trop dogmatique, c'est de forcer la production,
06:55mais qu'il n'y ait pas de marché en face.
06:57Donc, les coopératives, ou les négoces, ou la filière,
07:01les filières agroalimentaires, doivent s'engager,
07:05qui comprennent le marché, qui comprennent le consommateur,
07:08qui ont une logique de marketing,
07:10à orienter les agriculteurs dans la bonne direction.
07:13En disant, mais vous inquiétez pas, si on va là,
07:15il y aura un marché qui sera pérenne.
07:16Ce n'est pas toujours facile, mais c'est exactement ça.
07:18Et l'agriculteur, s'il a des contrats,
07:20enfin, s'il est sécurisé sur son revenu, il va y aller.
07:24Avec ou sans intrants, pesticides, etc.
07:29Parce que ça, c'est quand même une question assez majeure.
07:31Par exemple, décision à la fois européenne, française,
07:36surtout française, de réintroduction des néonicotinoïdes.
07:39Alors, c'est essentiellement pour les betteraviers et les noisotiers.
07:42Est-ce que, je vais poser une question, comment je peux la poser ?
07:47Est-ce qu'ils ont suffisamment investi pour trouver une alternative ?
07:50Parce qu'ils nous disent, on ne peut pas s'en passer.
07:52J'entends cet argument, mais est-ce qu'il y a eu,
07:55de la part de la filière, peut-être d'un groupe comme l'autre,
07:57suffisamment d'investissement pour trouver une alternative ?
07:59Alors, pas assez, parce qu'effectivement, il y a des groupes comme le nôtre,
08:03mais il y a tous nos fournisseurs, les grands groupes qui font des intrants,
08:08traitements phytosanitaires, qui doivent investir en recherche et développement
08:13pour essayer de faire baisser l'impact de ces phytosanitaires
08:16ou de ces engrais à base de pétrole ou de gaz.
08:21Et donc, la question qui se pose, c'est de se dire,
08:24comment on met assez d'argent, y compris dans la recherche,
08:27y compris dans la semence, est-ce qu'il y a assez d'argent fléché dans cette direction-là ?
08:32La réponse est non, aujourd'hui.
08:34Donc, quelque part, on est un peu dans des solutions,
08:38mais qui ne sont pas complètement finies.
08:39Et donc, on est vraiment dans une période de transition.
08:41Donc, il faut massivement investir plus dans la recherche.
08:44L'INRAE, ils travaillent en France, mais aussi les grandes entreprises,
08:48pour trouver des solutions.
08:49Par exemple, sur les betteraves, la génétique de la betterave
08:52pourrait, à un moment, évoluer pour éviter qu'il y ait un traitement.
08:55parce que la plante sera plus résistante.
08:58Donc, il y a des travaux qui sont actuellement en recherche
08:59et c'est la solution qui permettra d'éviter d'utiliser
09:04les phytosanitaires dont vous parliez.
09:05Mais il faut du temps, peut-être qu'il faut 5 ans, 6 ans.
09:07Là, il y a une solution devant nous qui est génétique.
09:08On a pris un peu de retard.
09:09Oui, on a pris du retard parce que
09:11quand il n'y a pas la pression, il y a aussi le confort.
09:14Donc, du coup, on dit, on a le temps.
09:16Mais quand il y a une pression,
09:17alors une pression, on va dire, intelligente,
09:20pas trop contraignante,
09:22il y a un point d'arrivée,
09:23mais ça engage les transformations.
09:25Alors, vous parliez d'engrais, d'engrais pétrochimiques.
09:28Ça m'amène à ouvrir un chapitre actualité
09:31avec peut-être les conséquences de 3 mois et demi
09:34de quasi-fermeture des 3 dormous.
09:38Ça a une conséquence-là directe sur les prix ?
09:42C'est une conséquence pour nous sur les prix,
09:44mais pas sur les volumes
09:45puisqu'on n'est pas directement concerné
09:47par ces zones du monde
09:48sur l'approvisionnement de nos engrais
09:49qui viennent principalement...
09:51Alors, avant, c'était la Russie,
09:52mais on a arrêté.
09:53Du coup, on a basculé sur le Maroc,
09:55États-Unis, pays de l'Europe du Nord.
09:58Donc, l'incidence que l'on a aujourd'hui,
10:00c'est sur les prix.
10:02Bon, voilà.
10:03Qui sont quand même significatifs.
10:05Donc, l'agriculteur se pose des questions.
10:06À quel prix doit-il acheter son engrais maintenant
10:09pour les cultures d'automne ?
10:11Parce que c'est là où ça va se jouer.
10:13Et là, vous avez beaucoup d'agriculteurs
10:14qui attendaient des engrais à 600, 700 euros la tonne
10:17alors qu'on était à 250, 300
10:20et que le cours des céréales reste stable.
10:22Pourquoi je planterais ?
10:24Parce que j'ai intérêt à faire l'impasse
10:26sur les cultures.
10:27Et ça, c'est dans le genre.
10:28Carrément, l'impasse sur les cultures.
10:28Ou faire autre chose, ou faire l'impasse.
10:30Parce que de toute façon, c'est à perte.
10:31Sauf si les cours des céréales augmentent.
10:33Alors, justement, vous disiez...
10:34Ce n'est pas le cas aujourd'hui.
10:35C'était une interview du mois de mars.
10:36Fin mars, vous disiez,
10:37on va avoir certainement une inflation
10:39sur les céréales à la rentrée
10:40de manière significative pour le consommateur.
10:42L'augmentation des prix, elle se fera en janvier
10:45ou à la rentrée.
10:46Tout dépend de l'arrêt ou non
10:47de cette guerre en Iran, évidemment.
10:48Donc là, malheureusement, cette guerre, elle dure.
10:51Oui et non, parce qu'il y a des discussions aujourd'hui.
10:53Si j'écoute le président américain,
10:57je peux comprendre que le 15 juin,
10:59il arrêtait tout et que ça en partait.
11:00Soyons optimistes.
11:01Il a une coupe du monde à organiser.
11:03C'est vrai que c'est compliqué
11:04d'être devant les projecteurs
11:06de l'actualité mondiale en étant en guerre.
11:08Pour négocier, il faut être deux.
11:09Je suis où l'accord.
11:10Donc, forcément, en face,
11:11ils ne sont peut-être pas d'accord.
11:11Et espérons que ça se termine.
11:13Mais cette inflation, elle est écrite ?
11:15Oui, parce qu'elle est embarquée.
11:17Parce que regardez,
11:18les agriculteurs déjà dans les zones,
11:20on va dire, africaines, Australie,
11:22ne peuvent plus se payer l'engrais à ce prix-là.
11:24Donc, ils vont moins produire.
11:25Si on produit moins, mondialement,
11:27vous allez avoir un déséquilibre offre et demande
11:29et mécaniquement,
11:30les cours des céréales à Chicago ont monté.
11:33Et je vous rappelle,
11:34et je ne veux pas effrayer personne ce matin,
11:37mais après la guerre en Ukraine,
11:39le blé était monté à 440 euros la tonne.
11:42Aujourd'hui, on est à 180.
11:43Et vous avez vu l'inflation pendant deux ans,
11:47les produits alimentaires ont augmenté de 12 à 15%.
11:50Voilà, on y est.
11:52J'espère que ce ne sera pas comme ça.
11:54Je le souhaite vraiment.
11:55Mais mécaniquement,
11:56quand on regarde ce qui va se passer,
11:58moins de production parce que les engrais sont trop chers,
12:00mécaniquement, les prix vont monter.
12:01Le temps que les meuniers achètent leur blé, etc.,
12:05vous avez toute l'inertie du système,
12:07de la transformation qui nous amène en début d'année, 2027.
12:11Ça nous ramène finalement à ce qu'on disait précédemment
12:14et à cet enjeu de souveraineté.
12:16C'est-à-dire que plus on réussit cette transformation
12:19en agriculture régénératrice dont vous parlez,
12:21moins on sera dépendant de ces engrais, pétrochimiques, etc.
12:25De ces engrais, mais oui et non,
12:26parce qu'il y a quand même une logique de prix mondialisé.
12:30On n'est pas sur des marchés fermés.
12:32Donc si je prends les céréales,
12:33ce n'est pas la France qui fait le prix des céréales.
12:36Même si on était complètement fermé,
12:37ça ne serait pas nous.
12:38Ou alors il faudrait revenir au quota d'avant,
12:40où il y a des stockages stratégiques,
12:42comme ça se passe aujourd'hui en Inde,
12:43où quelque part on maintient un prix d'État,
12:47quelque part, le prix de la baguette,
12:49je vous rappelle, dans les années 70,
12:52était réglementé.
12:53C'était, je ne sais plus combien,
12:55un franc, j'ai dit n'importe quoi,
12:56mais c'était réglementé.
12:57Et donc on ne va pas revenir à ça.
12:58Non, je ne pense pas qu'on revienne en arrière.
13:00Il me semble.
13:01Bien qu'aujourd'hui, il faut faire attention à ce qu'on dit,
13:02mais quand même, on ne va pas revenir à ça.
13:04Donc du coup, il y aura quand même cette inflation.
13:06L'important, c'est l'offre-la-demande.
13:07C'est la mondialisation.
13:08On est dans la mondialisation.
13:10Et les prix, c'est un équilibre offre-demande
13:12qui est mondialisé.
13:13Mais est-ce qu'on peut garder,
13:14parce qu'en ce moment,
13:15il y a des vrais enjeux de balance commerciale agricole
13:19et de souveraineté.
13:20Est-ce qu'on peut garder
13:21ou recréer une agriculture française
13:26souveraine ou plus souveraine ?
13:27Ou ça vous semble dater comme vision ?
13:30Je pense que,
13:31quand on parle de souveraineté,
13:33de quoi on parle ?
13:34Parce qu'en fait,
13:35la souveraineté, par exemple,
13:37sur les céréales,
13:37on est exportateur.
13:38Donc quelque part,
13:39la souveraineté,
13:40ça nous permet aussi de rayonner
13:41à l'international.
13:43Et c'est un enjeu aussi
13:44du rayonnement de la France
13:45à l'international
13:45sur un savoir-faire
13:46qui est la filière blé.
13:47Quand on parle d'importer,
13:49par exemple, des oranges,
13:50on ne sera jamais souvent en orange.
13:52Ça vient du Maroc.
13:52Donc après,
13:53ça dépend de comment on parle.
13:55Mais sur l'essentiel,
13:56je pense vraiment
13:56que la France est un grand pays agricole
13:58qui a un potentiel incroyable.
14:00Il faut juste le prendre en compte,
14:02l'organiser,
14:04gagner en compétitivité
14:05dans nos infrastructures,
14:06parce qu'il y a énormément
14:07d'intermédiaires aujourd'hui
14:08qui coûtent
14:09dans la chaîne de valeur.
14:10Et puis penser le temps long.
14:12Et je pense qu'on peut être souverain
14:13à l'échelle française
14:14dans certaines cultures.
14:16Et on peut être souverain
14:17surtout à l'échelle européenne.
14:18Parce que là,
14:19ça permet de mixer
14:20les différentes filières.
14:21Et on peut être souverain
14:22dans la logique
14:23où notre agriculture
14:24pourrait être beaucoup plus vertueuse
14:26à l'échelle européenne.
14:27Et du coup,
14:28on pourrait peut-être travailler
14:29un système de taxes,
14:30parce que c'est à la mode
14:31à l'importation,
14:32pour quelque part
14:32bloquer certains produits.
14:34en mettant des taxes
14:35peut-être pas très chères
14:36pour créer de l'inflation,
14:37mais symboliques
14:38qui pourraient monter
14:38pour des importations
14:40qui ne respectent pas
14:42les cahiers des charges européens.
14:43Une dernière question d'actu.
14:45Vous parliez de céréales
14:47qui concernent l'Ukraine
14:48et donc les céréales
14:49puisque l'Union européenne
14:50relance, active
14:51le processus d'adhésion
14:52de l'Ukraine.
14:54Moi, je juge que symboliquement,
14:56c'est essentiel.
14:58Mais après,
15:00pour un secteur,
15:02en l'occurrence,
15:02les céréales françaises,
15:03c'est quand même
15:04un sacré concurrent, l'Ukraine.
15:06C'est un sacré concurrent.
15:08Tout est possible,
15:09mais il faut qu'ils respectent
15:10les normes européennes.
15:10Même si, ok,
15:12leurs terres sont plus
15:13riches, sont plus compétitifs,
15:14bon, ça fait partie du jeu.
15:15Encore faut-il
15:16qu'ils respectent
15:16les normes européennes
15:17qui s'inscrivent
15:18dans la même logique européenne.
15:19Ils n'auront pas besoin d'aide,
15:20ils sont compétitifs,
15:21mais au moins qu'ils fassent
15:22les efforts environnementaux.
15:24Ils ne les font pas pour l'instant.
15:25Ils ne les font pas suffisamment.
15:27Bon, c'est bon,
15:27puis c'est un temps de guerre.
15:28De toute façon,
15:28un processus d'adhésion,
15:29c'est un processus long.
15:30Non, mais sur le long terme,
15:32pourquoi pas ?
15:32Mais du coup,
15:33ça va nous obliger
15:33d'investir en Ukraine, nous aussi.
15:35C'est pour ça qu'on y est déjà.
15:36On y était déjà.
15:37Bon, maintenant,
15:38on va essayer de réactiver.
15:40Parce que du coup,
15:40un groupe comme une Vivo
15:41doit être européen,
15:42ce qui nous permet
15:43de faciliter la fluidité
15:45de la liquidité du marché.
15:47Vous voyez ?
15:47Et donc, il faut qu'on soit présent
15:48aussi en Ukraine,
15:49à Odessa.
15:50Si ça repart,
15:50ce serait plutôt une bonne nouvelle
15:51à nous d'équilibrer l'ensemble.
15:53On va parler un peu
15:54de financement
15:55de la transition,
15:57de la transformation
15:58de notre agriculture.
16:00Et c'est la question
16:01que l'une de nos invités
16:02la semaine dernière,
16:03Marion Enzer,
16:04qui est directrice générale
16:05de Ferme d'Avenir,
16:06a voulu vous poser.
16:08Bonjour Théry.
16:09Eh bien, nous,
16:09chez Ferme d'Avenir,
16:10on voulait savoir
16:11si vous seriez prêts
16:12à expérimenter
16:12la comptabilité écologique
16:14au sein de vos fermes
16:15avec nous.
16:15C'est tout simple.
16:17La comptabilité écologique.
16:18Est-ce que vous en avez
16:19déjà entendu parler
16:20et est-ce que ça pourrait
16:21vous intéresser ?
16:22Ça pose la question
16:23du financement
16:24de la transition
16:24d'une certaine façon.
16:26Le financement,
16:27le levier de financement
16:28qui serait idéal,
16:28ce sont les crédits carbone.
16:30Aujourd'hui,
16:31ça ne fonctionne pas bien
16:31parce qu'on a du mal
16:33mondial du crédit carbone.
16:34Le crédit carbone,
16:35c'est valoriser
16:36la qualité des sols
16:37qui capent du carbone
16:38au sol, etc.
16:39Et donc,
16:39il y a un prix de marché
16:40qui est trop bas aujourd'hui
16:41qui ne fonctionne pas
16:43pour différentes raisons.
16:44Mais il faudrait relancer
16:46cette idée.
16:47C'est-à-dire,
16:47dès l'instant,
16:47on commence à avoir
16:48des crédits carbone,
16:49c'est un revenu complémentaire
16:50pour l'agriculteur
16:51dès l'instant où il s'engage
16:52dans les grandes transitions.
16:53Et là,
16:53il y a des leviers
16:54qui sont très intéressants.
16:55Alors,
16:55pour que ça fonctionne,
16:56il faudrait avoir
16:56des crédits carbone
16:57autour de 50 dollars minimum
16:59pour 50 euros
17:00la tonne.
17:01On en est où aujourd'hui ?
17:02On est autour de 20,
17:0430,
17:04maxi,
17:05et encore,
17:05et ce n'est pas fluide.
17:06Et qu'est-ce qui fait
17:08que les cours sont aussi bas ?
17:10Parce qu'on n'a pas créé
17:11le marché,
17:11la place de marché
17:12de crédits carbone
17:13qui fonctionne.
17:14Aujourd'hui,
17:14les grandes entreprises
17:16compensent,
17:16font de la compensation
17:17dans leur bilan
17:19sur des crédits carbone,
17:21par exemple,
17:22dans l'ambérique du Sud,
17:23sur les mangroves,
17:24etc.,
17:24à 7 dollars.
17:25Mais du coup,
17:26il faudrait valoriser
17:27des crédits carbone
17:28dans l'agriculture,
17:29parce qu'agriculture,
17:30c'est un sens,
17:31ça tourne la planète.
17:32Et donc,
17:33si on arrivait à créer
17:33ce cercle vertueux
17:34de dire à ces grands groupes
17:36qui font de la compensation
17:37aujourd'hui,
17:38de flécher leur compensation
17:40vers du crédit carbone
17:41agricole,
17:41on aura un levier financier
17:43formidable.
17:44La transition,
17:45la transformation,
17:46elle coûte cher
17:46dans tous les secteurs,
17:47notamment l'agriculture.
17:48Qui porte le coup
17:49aujourd'hui,
17:50principalement ?
17:52Ce sont les opérateurs,
17:53c'est In vivo
17:54qui financent,
17:55il faut trouver
17:55des partenaires financiers aussi,
17:56qui sont les filières agroalimentaires.
17:59Donc,
17:59c'est beaucoup d'argent
18:00effectivement engagé.
18:01C'est sûr
18:01qu'il en manque toujours,
18:02on n'en a jamais assez.
18:03Donc,
18:03il y a des choix à faire,
18:05des priorités.
18:06C'est vrai que
18:06quand on investit,
18:07on cherche plutôt
18:08un retour rapide
18:09sur 5-7 ans.
18:10Donc,
18:10investir sur le temps long,
18:1110-15 ans,
18:12aujourd'hui,
18:12pour les opérateurs économiques,
18:13c'est extrêmement difficile
18:14sans avoir des aides,
18:15des structures.
18:16Est-ce qu'il faudrait
18:17que ce coût
18:17soit mieux partagé,
18:19peut-être par exemple
18:20avec la grande distribution
18:21ou même nous,
18:23consommateurs,
18:23ça repose la question du prix.
18:25Oui,
18:26j'ai vu la chaîne de valeur
18:27et puis le camembert
18:29avec les différentes marges
18:31sur l'étude
18:32qui a été faite
18:33par le Sénat.
18:35J'ai vu les réactions
18:36aussi des distributeurs
18:37et de beaucoup.
18:38Oui,
18:38qui considéraient
18:39qu'ils étaient injustement
18:40montrés du lois.
18:42Mais bon.
18:42Une part de vérité quelque part,
18:43parce qu'en fait,
18:44les marges nettes,
18:45c'est à 1%.
18:46Mais vous savez,
18:46dans les filières,
18:47on ne gagne pas beaucoup d'argent.
18:48Chacun se bat pour gagner
18:501 ou 2% de résultats nets
18:51à chaque étape de la filière.
18:53Donc,
18:53si vous prenez les marges brutes,
18:54ça paraît considérable.
18:55Mais derrière,
18:56il faut financer des CAPEX.
18:58Pour ouvrir des magasins,
18:59il faut qu'ils financent
19:00aussi leurs CAPEX.
19:01Les outils industriels,
19:02c'est très cher.
19:02Tout ça,
19:03il faut le financer.
19:04Et ça garantit
19:04la sécurité alimentaire.
19:05Mais les marges
19:06ne sont pas très importantes.
19:08Donc,
19:09quelque part,
19:09tout est très très tendu.
19:10on est sur des métiers
19:11de centimiers.
19:12Et puis,
19:13le consommateur,
19:14il n'a pas envie
19:15de payer trop cher.
19:16Et l'agriculteur,
19:16il veut quand même
19:17avoir son revenu pour produire.
19:18Et au milieu,
19:18vous avez une chaîne alimentaire
19:21peut-être qui mériterait
19:23d'être un peu plus concentrée
19:24pour être plus compétitif.
19:25C'est le travail
19:25sur lequel on est aujourd'hui.
19:27Mais cette agriculture
19:29régénératrice
19:29que vous prenez,
19:32pour changer d'échelle,
19:33il va falloir quand même
19:34un soutien financier
19:37un peu plus massif.
19:39Alors,
19:39c'est quoi ?
19:40C'est les pouvoirs publics ?
19:41Alors,
19:42il y a la PAC.
19:43Donc,
19:43il y a quand même des aides.
19:44Donc,
19:44la PAC,
19:45c'est un grand débat.
19:46C'est en négociation
19:47aujourd'hui sur la PAC
19:492032.
19:50Comment flécher les aides
19:51sur Tech,
19:52l'agriculture ?
19:53C'est un vrai débat politique,
19:54ça aussi,
19:55qui n'est pas simple.
19:56Donc,
19:56je vous l'accorde.
19:57Et ensuite,
19:58une fois qu'on a la PAC,
19:59il peut y avoir
19:59des leviers financiers
20:02avec des endettements,
20:04porter des CAPEX,
20:05des partenaires financiers,
20:06des clients
20:06qui peuvent aider à financer.
20:07Donc,
20:08en fait,
20:08on peut structurer tout ça.
20:10Si je prends par exemple,
20:10je vous donne trois chiffres,
20:12vous allez vite comprendre.
20:13Parce qu'on a l'étude,
20:14on a pas mal de fermes pilotes,
20:15on sait exactement
20:16de quoi on parle en fait.
20:17Si on veut transformer
20:18un agriculteur
20:19qui aujourd'hui
20:20fait des céréales,
20:21des meilleurs classiques,
20:22en agriculteur
20:22qui devient s'engage
20:23sur un programme
20:24d'agriculture génératrice
20:25sur cinq ans
20:26avec ses rotations de culture,
20:27avec les légumineuses,
20:28il y a des impacts
20:29de marge brute.
20:30On sait qu'il va perdre
20:32potentiellement,
20:32enfin le risque,
20:33qu'il perd entre 150 euros
20:35et 200 euros l'hectare,
20:37parfois dans certaines
20:38rotations de culture.
20:39La question,
20:40c'est comment on lui garantit
20:41qu'il ne les perdra pas
20:42si jamais il les perd ?
20:43Et comment on finance
20:44cette garantie ?
20:45Donc,
20:45il y a trois léviers.
20:46Je reviens sur les crédits carbone.
20:48Donc,
20:48si on arrive à avoir
20:49des crédits carbone
20:50à 50 euros,
20:5160 euros,
20:51ça compenserait le risque.
20:52Du coup,
20:53il serait sécurisé.
20:54Et ensuite,
20:55il y a les contrats
20:56des clients.
20:56C'est-à-dire qu'on pourrait
20:57contractualiser,
20:58nous en tant qu'industriel,
20:59sur cinq ans,
21:00un prix moyen
21:00qui éviterait la volatilité.
21:03Et ensuite,
21:03des aides publiques.
21:04Vous voyez,
21:05sur 150 euros,
21:0650 euros,
21:07les crédits carbone,
21:0850 euros,
21:09le client,
21:10il pourrait payer
21:10et répercuter au consommateur
21:12et 50 euros
21:13par des aides publiques
21:14qui se réfléchissent
21:14pour soutenir
21:15ce type d'agriculture.
21:16Il y a certains agriculteurs
21:17qui ne peuvent même pas
21:19imaginer le faire
21:20parce qu'ils sont en difficulté.
21:22Parce que,
21:22donc,
21:23j'imagine qu'arriver
21:24avec un discours
21:25comme le autre
21:26ou des questions,
21:27il est bien gentil le journaliste,
21:28il y a peut-être des gens
21:29qui nous regardent
21:29et disent bien gentil,
21:30mais moi je ne peux pas,
21:31j'ai zéro marge,
21:32etc.,
21:33je me paye à peine.
21:33C'est là où le rôle
21:34des coopératives est essentiel.
21:36Parce qu'une coopérative
21:37est capable de travailler
21:39avec tout type d'agriculteurs
21:40pour l'engager
21:41en mutualisant ses moyens
21:42et quelque part
21:43en mutualisant aussi
21:45les aides
21:45pour aider tel ou tel
21:46agriculteur
21:47qui rentrerait dans ce processus.
21:49C'est l'intérêt
21:49des unions de coopératives.
21:51D'accord,
21:52donc ça permet
21:53aux agriculteurs
21:54les plus en difficulté
21:55de malgré tout
21:56être éventuellement embarqués.
21:57ça a eu garantie
21:59il produit,
22:00il est sûr de vendre.
22:01Alors la question
22:01c'est le prix de marché
22:02mais un agriculteur indépendant
22:04s'il n'a pas sa coopérative
22:05à qui vend-il ?
22:06Il est au marché.
22:07Donc il y a quand même
22:08une sécurité.
22:09Une coopérative
22:10vend des intrants
22:11mais l'agriculteur
22:12ne paye pas ses intrants.
22:13Il les paye
22:14neuf mois après
22:15par compensation.
22:16Donc la coopérative
22:17fait la banque.
22:18Oui,
22:19bien compris.
22:20Il nous reste
22:21deux minutes trente
22:22on va parler
22:22d'intelligence artificielle
22:23dans un instant
22:24mais je voudrais quand même
22:25évoquer la question
22:26de la transmission
22:27parce qu'il y a
22:27une génération
22:28d'agriculteurs
22:29qui part à la retraite
22:30là.
22:31C'est quand même
22:32un défi majeur
22:34là aussi à relever.
22:35C'est un challenge majeur.
22:37Après il faut aussi
22:38réfléchir à la taille
22:39d'exploitation
22:40et dire
22:41de quelle exploitation
22:43sur quelle exploitation
22:44le jeune va s'investir
22:45parce que
22:46il faudra en profiter
22:48pour agrandir
22:49un peu les exploitations.
22:50Ça dépend des régions
22:50mais il faut qu'elles
22:51restent compétitives
22:52sur l'exploitation
22:53et quand je parlais
22:54de l'étude 2050
22:55on a regardé
22:56les tailles d'exploitation
22:56des fermes
22:57et vous regardez
22:58depuis 20 ans
23:01les tailles ont doublé.
23:03Il y a moins
23:04d'agriculteurs
23:05mais le potentiel
23:05de production
23:06reste là.
23:07Et donc quand on se projette
23:08ça va être pareil.
23:09Donc pourquoi
23:10ça se passe comme ça ?
23:11Parce que la seule façon
23:12de maintenir un revenu
23:13puisque les charges
23:14augmentent
23:14puisque les charges
23:15environnementales
23:16augmentent
23:16et qu'on ne peut pas
23:17monter les prix
23:18c'est d'écraser
23:19nos coûts fixes.
23:20Et donc ça se fait
23:22naturellement
23:22et donc le jeune agriculteur
23:23il faut qu'il s'inscrive
23:24dans cette trajectoire
23:25et s'il s'inscrit
23:26dans cette trajectoire
23:27s'il est aidé
23:28il aura une ferme
23:29compétitive demain
23:30et je pense que
23:31dans ce endroit-là
23:32il trouvera des financements.
23:32une ferme compétitive
23:34et qui utilisera
23:35de plus en plus
23:36les données
23:36la data
23:37c'est déjà le cas
23:38c'est déjà le cas
23:39mais oui
23:40aujourd'hui
23:41il y a des applications
23:42nous on a lancé
23:42plein d'applications
23:43qui font que l'agriculteur
23:44il peut rentrer ses datas
23:45son cahier des charges
23:46tout ça c'est crunché
23:48dans les IA
23:48on renvoie du prédictif
23:50sur voilà ce qu'il faut faire
23:51voilà comment ils font semer
23:52la technologie
23:53c'est formidable
23:53ça permet d'utiliser
23:55moins d'intrants aussi
23:56oui bien sûr
23:56parce que ça permet
23:57de développer une agriculture
23:57de précision
23:59donc sécuriser
24:00en disant
24:00ben là sur tel endroit
24:01de la parcelle
24:02c'est pas la peine
24:04il n'y a pas besoin
24:04de rajouter d'intrants
24:05pas d'engrais
24:06ça va fonctionner
24:07alors qu'aujourd'hui
24:08enfin aujourd'hui
24:09plutôt hier
24:09parce que maintenant
24:10on est plutôt
24:10dans l'agriculture de précision
24:11qui s'est vraiment développée
24:12hier en fait
24:13par sécurité
24:14il traitait de la même façon
24:16tous les hectares
24:17de ces parcelles
24:18là il peut
24:20ajuster
24:20en fonction du potentiel
24:22agronomique du sol
24:24pratiquement
24:24au mètre carré près
24:25aujourd'hui
24:26et ça veut dire
24:27c'est 1%
24:2820%
24:2930%
24:29d'intrants en moins
24:30parfois
24:30oui ça veut dire
24:31nous sur les fermes pilotes
24:3220-25%
24:33d'intrants en moins
24:34donc 25%
24:35de résultats en plus
24:36si le rendement
24:37est garanti
24:38c'est du coût
24:40il a intérêt
24:41il faut juste le rassurer
24:42en fait
24:42c'est vertueux
24:43et ben on termine là-dessus
24:44merci beaucoup
24:45Thierry Biondini
24:46et à bientôt
24:47sur Miss Smart4Chain
24:48on passe tout de suite
24:49à notre rubrique
24:50Startup
24:50sur Miss Smart4Chain
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