- il y a 2 heures
Ce mercredi 20 mai, Rachid Medjaoui, directeur adjoint de la gestion privée chez Louvre Banque Privée, et Benoit Peloille, CIO chez Natixis Wealth Management, se sont penchés sur le marché obligataire qui reste sous pression, la flambée des taux américains, européens et japonais, l'endettement qui dégrade la souveraineté, ainsi que la tendance actuelle des marchés boursiers, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03Nos experts du club, ils viennent de nous rejoindre.
00:05Rachid Medjawi, directeur adjoint de la gestion privée de Louvre, banque privée.
00:08Bonsoir Rachid.
00:09Bonsoir Guillaume.
00:10Bienvenue.
00:10Et Benoît Pellewal.
00:11Bonsoir Benoît.
00:12Bonsoir Guillaume.
00:12Directeur des investissements de Natixis Wealth Management.
00:16Des marchés en hausse aujourd'hui, figurez-vous.
00:18Après les inquiétudes des derniers jours liées au marché obligataire,
00:20on reprend du poil de la bête.
00:22On respire à nouveau un peu.
00:23Le Nasdaq gagne 1%.
00:24Avant Nvidia ce soir, on en parlera.
00:26Et à Paris, le CAC 40 gagne carrément 1,6%.
00:30Est-ce que quelque part, Benoît, le marché se dit
00:32« Oui, oui, les taux sont élevés, mais la croissance des entreprises,
00:36la croissance des bénéfices des entreprises va encore plus vite
00:38que la hausse des taux obligataires. »
00:40Et c'est ça qui compte.
00:41Et c'est pour cette raison peut-être que malgré les taux élevés,
00:43on peut continuer d'acheter des actions.
00:44Est-ce que c'est ça que se disent les investisseurs ?
00:46C'est probablement ça parce qu'on a le dernier gros morceau de la tech
00:49qui doit publier.
00:50Et quand on voit comment s'est déroulée cette saison des publications,
00:53en particulier pour le secteur de la tech,
00:57ça vient encore nourrir l'enthousiasme autour de ce qui se passe dans la tech.
01:01Pour rappel, la tech est vraiment au cœur des révisions en hausse
01:04des attentes de profit sur cette saison des résultats.
01:07Si on y ajoute les effets positifs du pétrole pour l'énergie aux Etats-Unis,
01:11quasiment 98% des révisions en hausse sont expliquées par ces simples deux secteurs.
01:15Donc là on a le dernier gros morceau de la tech
01:17qui est en plus le baromètre semi-conducteur, etc.
01:20qui doit publier.
01:22Donc évidemment ça nourrit toujours cet enthousiasme.
01:25Mais il y a aussi l'histoire sur les taux qui a agité les marchés récemment.
01:29Et en fait c'est un peu ça qui est aussi bien pris aujourd'hui.
01:31C'est qu'il y a une détente obligataire qui est assez nette
01:35et qui s'explique notamment par le fait qu'un des points un peu chauds sur les taux,
01:40c'est le Royaume-Uni.
01:41On a des chiffres de l'inflation au Royaume-Uni qui sont finalement mieux
01:43que ce qui était attendu, qui a été publié en fin de matinée.
01:46Et on a aussi la confirmation des estimations de l'inflation aussi en zone euro
01:51qui a été publiée, qui montre qu'effectivement il y a un impact de l'énergie, certes,
01:55qui est relativement attendu par tout le monde,
01:57mais qui se limite globalement à l'énergie.
01:59Quand on regarde justement tout ce qui concerne plutôt les services,
02:02qui ne sont pas véritablement liés à l'énergie,
02:03il n'y a pas spécialement de problématiques d'inflation encore à ce stade.
02:07Donc ça c'est plutôt de nature à aider la détente obligataire.
02:10Et donc je pense que c'est en partie ce qui est derrière la séance du jour,
02:13parce que c'est justement ces tensions sur les taux qui, à notre sens,
02:17sont le sujet maintenant important.
02:19On va refermer avec NVIDIA cette parenthèse pleine d'enthousiasme
02:23liée aux résultats de société.
02:24On va revenir, clairement on pourra en reparler sur ces chiffres,
02:28mais on va revenir à la problématique centrale
02:29qui est la dimension inflationniste, même stagflationniste,
02:34de ce conflit en Iran et la façon dont ça se propage à l'ensemble de l'économie.
02:39– Oui, aujourd'hui donc détente obligataire,
02:42est-ce que malgré tout structurellement vous êtes de ceux, Rachid,
02:44qui pensait que la détente du jour c'est ça la parenthèse
02:46et que structurellement les taux vont continuer de progresser ?
02:48Je vous pose la question, parce qu'il y a un an par exemple,
02:50on avait eu un accès de fièvre sur le marché obligataire avec le Liberation Day
02:53et il a suffi d'une phrase, d'une prise de parole de Donald Trump
02:56pour que ce marché obligataire se détente d'un coup de baguette magique comme ça.
03:00Est-ce qu'on peut imaginer que la même chose se produise là
03:02avec la remontée des taux qu'on observe cette année ?
03:04– Non, ça va être compliqué parce que l'année dernière,
03:09M. Trump avait été à l'origine du krach obligataire
03:14et donc il a pu l'éteindre avec son fameux recul qu'on appelle maintenant taco.
03:20Là, pour une fois j'allais dire,
03:23les Américains ne sont pas franchement à l'origine
03:26de cette nervosité de nouveau sur les tensions obligataires.
03:31Les deux pays incriminés, on en parlait, c'est le Royaume-Uni et le Japon.
03:35Parce que si vous regardez la hausse des taux depuis le début de l'année,
03:37en gros ces deux pays ont rajouté à peu près 60 centimes de hausse de taux sur le 10 ans
03:41alors que les Américains ont rajouté à peu près à peine 30 centimes.
03:46Donc ça c'est la première chose, ça va être compliqué.
03:48Alors il peut l'éteindre en signant un deal avec les Iraniens,
03:53mais on voit bien que c'est compliqué parce que les Iraniens ont compris
03:55qu'ils avaient besoin du deal et donc font monter les surenchères.
03:58Ensuite, quand on parle du marché obligataire,
04:00je pense qu'il y a deux matchs aujourd'hui dans la courbe des taux.
04:03Il y a un match, on va dire, sur la partie courte et moyen terme,
04:07en gros du 2 ans au 5 ans,
04:09c'est clairement les anticipations sur Hormuz,
04:12l'inflation court terme,
04:14est-ce que ça va percuter ou non sur l'inflation.
04:18Donc ça, ça dépend bien entendu de comment va évoluer la situation au Moyen-Orient
04:24et clairement, moi je n'ai pas de boule de cristal.
04:27Ça c'est sur les tensions sur les dettes de 2 à 5 ans.
04:29Voilà, 2 à 5 ans.
04:30Donc le match, ça c'est vraiment le principal driver.
04:35Bien entendu, il y a les banques centrales.
04:36Alors nous, on a du mal à acheter ce que le marché intègre comme anticipation,
04:423 hausses de taux.
04:42On va y venir, Nadia, mais vous disiez, c'est intéressant,
04:44vous disiez, il y a deux salles, deux ambiances dans ce marché obligataire,
04:48même si tous les taux montent.
04:49Donc sur les courts termes, ok, on a compris, c'est lié à Hormuz.
04:51Sur les autres échéances, c'est lié à quoi ?
04:53Voilà, et donc sur le court terme, encore une fois, il suffit que ça se calme là-dessus, c'est
04:57bon.
04:57Sur le long, c'est-à-dire au-delà du 5 ans et surtout les parties très longues,
05:01là tout le monde parle du 30 ans qui a cassé très facilement le plafond des 5 %,
05:07on revient à des choses qu'on n'avait pas vues depuis très très longtemps, depuis 2007.
05:11Là, on rentre plutôt dans des problématiques, justement, de croissance économique à long terme,
05:16de déficit budgétaire, enfin, toutes ces questions plus structurelles
05:20sur lesquelles nous, nous pensons que l'histoire...
05:22Enfin, c'est pas terminé, quoi.
05:23Le sens de l'histoire, nous le symbolisons par un terme qui est devenu très à la mode post-Covid,
05:31c'est le thème de la reflation.
05:32C'est-à-dire que nous sommes rentrés depuis le Covid
05:35avec le retour des États-nations à la manœuvre, avec ces plans budgétaires colossaux
05:40pour des bonnes choses, peut-être, mais ça veut dire beaucoup de dépenses budgétaires,
05:44beaucoup de croissance d'investissement.
05:46Et ça, ça nourrit l'idée que la croissance économique mondiale,
05:50nominale, je dis bien nominale, c'est-à-dire inflation plus croissance,
05:54a rifté vers le haut et ça, ça doit se traduire par des taux plus longs.
05:58Il ne faut pas exagérer, 5% sur le 30 ans, c'est des choses qu'on a vues avant
06:032008.
06:04Ah oui, en 2007, qui n'était pas une super année, ça a enclenché 2008.
06:08Le taux de l'OAT française était à la porte des 4%, bon, c'est pas...
06:11Voilà, ce qui compte pour les marchés equity, c'est pas le niveau des taux longs.
06:16Alors, il y a bien un niveau de souffre-douleur, mais c'est la vitesse, encore une fois, de remonter.
06:20Mais c'est pas le niveau absolu qui est primordial.
06:22Antoine, on fait de la politique fiction, supposons que ce soir,
06:26Donald Trump dise, c'est bon, on arrête, on s'en va d'Iran, c'est terminé,
06:30on est copains, on a un deal, etc.
06:33L'économie, elle va mettre 2 ou 3 ans à s'en remettre du bazar
06:37qui est actuellement sur les circuits d'approvisionnement, l'énergie, etc.
06:42Ça va mettre un temps fou, ça va mettre un temps fou.
06:44Et d'ici là, les taux ont largement de quoi déborder.
06:47Ça a finalement été un accélérateur de problèmes qui existaient déjà, en fait, la crise en Iran.
06:54Non, non, mais je reprends complètement vos propos, Antoine.
06:58C'est l'Ukraine et l'Iran, pour la partie très longue,
07:03ce sont, comme le Covid, des accélérateurs d'une tendance qui était inscrite,
07:07qui est en gros le retour de l'inflation, le retour de la croissance nominale.
07:11Et ça, le meilleur indicateur à long terme d'un taux long, Guillaume,
07:14et ça marche très très bien, c'est le PIB nominal.
07:17Et donc là, il y a encore un petit gap avant d'aller, si jamais, la tendance qu'on observe.
07:23Quelqu'un ici a-t-il la clé ?
07:25Qui arrêtera la flambée des taux obligataires ?
07:27Aujourd'hui, on a une petite pause, mais structurellement, sur les taux longs.
07:30Qui a la clé ? Benoît, est-ce que vous l'avez ?
07:31Alors, en tout cas, ce n'est pas moi qui ai la clé.
07:33Je suis désolé de vous décevoir.
07:35Mais en tout cas, Rachid a vraiment raison.
07:37Il y a quelque chose de très intéressant qui se passe sur la partie longue des courbes de taux.
07:43Évidemment, cet accès d'inquiétude qu'il y a eu avec cette hausse des taux longs,
07:46c'est la rapidité de cette tension sur les taux qui pose question.
07:49Il y a deux points chauds bien identifiés, le Royaume-Uni et le Japon.
07:52Mais encore une fois, les États-Unis, c'est quand même le cœur des marchés financiers.
07:55Et il y a quand même eu quelque chose d'un peu nouveau récemment.
07:58C'est que, bien évidemment, c'est toujours l'impasse du côté d'Ormouz,
08:02mais ça, ça n'affecte pas tant ce qui se passe à très long terme sur les courbes de taux.
08:06Il y a eu les chiffres de l'inflation aux États-Unis.
08:08Et les chiffres de l'inflation, ils montrent qu'évidemment, comme partout, il y a un impact énergétique.
08:11Mais il n'y a pas que ça.
08:12Il y a aussi la confirmation qu'il y a bien une inflation persistante qui date d'avant ce conflit,
08:16qui est reflétée à travers tout un tas de services
08:19qui ne sont absolument pas directement liés à ce qui se passe en matière énergétique.
08:22Et le deuxième élément, et c'est très important pour nous, pour le scénario de marché...
08:26Ce que vous venez de dire est déjà très embêtant quand même.
08:28C'est pour ça que nous, on est assez convaincus que l'économie américaine
08:31ne va pas échapper comme ça aussi facilement à ce qui se passe
08:34et que les problématiques inflationnées sont peut-être même plus aiguës en réalité aux États-Unis,
08:37parce qu'on n'a pas regagné fondamentalement la maîtrise de l'inflation,
08:40ce qui est le cas du côté de la zone euro.
08:41Ce qui s'est passé, qui explique à notre sens de la nervosité sur les taux,
08:44c'est qu'on a eu un décalage qui n'est pas anodin sur les anticipations d'inflation à long
08:50terme.
08:50Les swaps d'inflation 5 ans dans 5 ans aux États-Unis sont significativement remontés sur une semaine.
08:54Ils ont pris 20 points de base.
08:55On est sur des swaps d'inflation 5 ans dans 5 ans à 2,6% aujourd'hui.
09:00C'est élevé.
09:01La dernière fois qu'on avait eu un point haut majeur, c'était l'après-Covid, on était à 2
09:04,8%.
09:05Ça veut dire quoi ? C'est très important.
09:07Probablement ce qui explique aussi que les taux réels à long terme se tendent aux États-Unis,
09:10notamment sur le 30 ans réel, ça se tend plus vite que sur le 10 ans.
09:14Et quand les taux l'eau se tendent, c'est comme si votre moelle épinière n'arrivait plus à circuler.
09:18Attention, c'est hyper important, c'est structurel pour les marchés.
09:21C'est ça. Pour nous, c'est quand même un petit drapeau qu'il faut surveiller, qui vient de se
09:24lever,
09:24parce que qu'est-ce qu'ils font de la réaction des banques centrales ?
09:28Quand il y a un choc énergétique, elles ne sont pas vouées à réagir immédiatement.
09:31Elles doivent réagir si ça se transmet plus généralement dans l'économie,
09:35et ou s'il y a un mouvement sur les anticipations d'inflation à long terme.
09:38C'est précisément ce qui est en train de se produire.
09:40Et ça, pour nous, on est très attentifs à cela,
09:43et c'est pour ça qu'on se méfie quand même de ce qui se passe aux États-Unis,
09:45c'est qu'on a multiplié les chocs inflationnistes au cours de la dernière décennie.
09:49On n'a pas regagné fondamentalement la maîtrise de l'inflation,
09:51donc on peut reprocher à la Banque centrale américaine,
09:53on peut reprocher à la politique fiscale très expansionniste,
09:56qui est probablement ça la vraie raison.
09:59Mais quoi qu'il en soit, on n'a pas regagné la maîtrise de l'inflation,
10:01et il y a probablement plus de volatilité dans ces anticipations d'inflation à long terme aux États-Unis,
10:05et ça, ça pourrait justement faire réagir à la hausse les taux sur la partie longue de la courbe.
10:09Et ça, c'est quelque chose qu'on ressurrait,
10:11parce que si c'est le cas, ça peut pousser les banques centrales à se montrer
10:14effectivement un peu plus restrictives que prévues,
10:16et donc avoir un impact un peu plus négatif sur le sentiment de marché,
10:18notamment par ricochet sur les marchés actions.
10:20– Oui, oui, c'est vraiment, voilà, on est sur la moelle épinière,
10:23on attaque la moelle épinière,
10:24et attention à ce qu'elle ne se dérègle pas trop rapidement.
10:27On a quand même des bonnes nouvelles, quand même, par exemple.
10:29La dérégulation bancaire aux États-Unis,
10:31cette dérégulation bancaire,
10:32alors on peut se dire que ça ouvre le champ à tous les excès financiers, etc.
10:36La boîte de Pendant, oui, mais elle apporte aussi des liquidités supplémentaires.
10:39Apparemment, de ce qu'on lit, les chiffres qu'on voit passer,
10:424 000 milliards de dollars supplémentaires, rien que cette année,
10:44grâce à la dérégulation bancaire qui arrive sur le marché,
10:47qui sont prêts à s'investir sur le marché, 4 000 milliards.
10:49Alors, ça va peut-être aider à, justement, modérer la hausse des taux,
10:53parce qu'une partie de cet argent ira s'investir sur la dette américaine
10:55et sur nos dettes aussi.
10:56Est-ce que cette dérégulation bancaire, finalement,
10:58peut venir sauver le marché obligataire ?
11:00– Je ne sais pas si ça peut venir sauver le marché obligataire.
11:03Je ne sais pas d'ailleurs si le marché obligataire a besoin d'être sauvé.
11:05Encore une fois, on est sur des niveaux de taux,
11:06on a connu plus élevés, mais encore une fois,
11:09c'est la vitesse de tension qu'il y a sur les taux
11:12qui peut faire dérailler les marchés.
11:13Encore une fois, si on regarde tous les phénomènes historiques d'euphorie sur les marchés,
11:18d'optimisme un peu excessif, voire de bulle,
11:21ils ne se sont pas toujours corrigés, soit par un événement exogène
11:24ou alors parce qu'on a des déceptions en premier lieu sur les profits.
11:27Ils se sont généralement calmés,
11:29parce que, tout simplement, les taux sont significativement remontés.
11:31Et c'est ça, effectivement, qu'il faut surveiller,
11:33c'est cette vitesse de progression des taux d'intérêt,
11:35de tension qui peut avoir des effets, encore une fois,
11:38qui sont relativement importants,
11:39parce qu'on a une politique fiscale aux États-Unis
11:42qui est très expansionniste.
11:43On est toujours sur un niveau de déficit
11:44qui est autour de quasiment 6%,
11:47ce qui est généralement ce qu'on voit dans une situation de récession,
11:49alors qu'on est une économie qui continue d'être extrêmement solide.
11:52Donc, c'est effectivement quelque chose qu'il faut surveiller.
11:54Oui, alors, on peut se dire aussi que le marché,
11:56le marché obligataire anticipe la croissance à venir aux États-Unis,
11:58boostée par les gains de productivité, par l'IA.
12:00Est-ce que c'est ça aussi,
12:01et là, on essaie de voir les choses en positif,
12:03que traduit la hausse des taux obligataires ?
12:05Il y a de la croissance nominale embarquée dans ces taux obligataires à long terme.
12:08Donc, est-ce que le marché parie aussi
12:09sur une accélération de la croissance à long terme ?
12:11Moi, je pense qu'il y a de ça.
12:14Oui, oui, il y a un peu,
12:16enfin, il y a plus qu'un peu que ça.
12:17Je pense que, enfin,
12:19on est tous contents de tous ces plans d'investissement colossaux,
12:23on est tous contents de tous ces plans d'investissement colossaux
12:26des États et des sociétés,
12:28notamment dans la tech,
12:28mais ça veut dire une demande à l'épargne mondiale.
12:31Donc, vous allez avoir une compétition
12:34pour l'épargne mondiale
12:35à un moment donné où, franchement,
12:38je regardais encore avant de venir les chiffres,
12:40les perspectives budgétaires américaines,
12:42il faut voir que, par exemple,
12:4510 points de base de plus, Guillaume,
12:47si ça se maintient sur les 10 prochaines années,
12:50c'est 400 milliards de plus sur le déficit.
12:54La hausse des taux que nous avons eues
12:55sur le 5 ans américain depuis le début de l'année,
12:58si elle se maintient sur les 10 prochaines années,
13:01c'est un peu plus de 1500 milliards
13:03sur le déficit budgétaire.
13:05Ce n'est pas prévu dans les perspectives
13:07du CBO américain.
13:09Les dépenses de défense ont été sous-estimées.
13:14Donc, il va y avoir une compétition mondiale
13:16pour l'épargne,
13:17et ça, ça fait monter ce qu'on appelle
13:20le taux d'équilibre des taux d'intérêt à long terme.
13:22Mais, encore une fois,
13:23ce n'est pas que ce n'est pas grave.
13:25Ce n'est pas un handicap pour les marchés d'action.
13:27Ce qui est un handicap, encore une fois,
13:29c'est que ça aille trop vite
13:30et ça peut rebattre un peu la rotation,
13:32notamment des valeurs de croissance.
13:34Voilà, ça peut devenir gérant.
13:37Mais, encore une fois,
13:38il ne faut pas voir dans cette tension
13:39sur l'obligataire.
13:40Je répète, ce qui est important,
13:41c'est ce qui se passe sur le 2-5 ans,
13:43où là, c'est plus problématique
13:44parce que c'est les banques centrales,
13:46c'est le court terme.
13:46Sur le long terme,
13:47on peut avoir une lecture
13:48qui est un peu moins pessimiste,
13:50et c'est celle que vous aviez
13:50il y a 30 secondes.
13:51Mais alors, on va regarder aussi,
13:53dans un instant,
13:53on regardera d'ailleurs
13:54pourquoi les marchés sont autant en hausse aujourd'hui,
13:55parce qu'on a une accélération du CAC,
13:57là, plus 2,2% d'un seul coup.
13:58On va regarder,
13:59on ouvre un oeil et des radars
14:00sur tous les pans du marché,
14:02bien sûr,
14:02pour comprendre ce qui se passe,
14:03là, en cette fin de séance,
14:04plus 2,2% d'un coup,
14:06le CAC 40.
14:06Mais juste avant,
14:07vous disiez,
14:08il va y avoir une course à l'épargne,
14:09une concurrence sur l'épargne
14:10pour essayer de venir financer
14:11les dettes publiques.
14:12En fait,
14:12les pays qui dépendent le plus
14:14des créanciers extérieurs internationaux
14:16sont les plus en danger.
14:17Je voyais,
14:17les Etats-Unis,
14:18plus de 30% de leur dette
14:20est détenue par des investisseurs étrangers,
14:21plus de 30%,
14:22mais alors nous,
14:22c'est bien pire,
14:23nous, c'est 54% la France.
14:25C'est-à-dire qu'on parle beaucoup des Etats-Unis,
14:26là,
14:26mais en fait,
14:27la France,
14:27là-dedans,
14:27elle est encore pire.
14:29Il y a trois pays qui inquiètent,
14:32effectivement,
14:32Etats-Unis,
14:33France,
14:34Royaume-Uni,
14:34mais en réalité,
14:37oui,
14:37la France inquiète,
14:38si on regarde,
14:39par exemple,
14:39la charge en termes de taux d'intérêt,
14:41on était quatrième sur le podium européen,
14:45on est devenu premier.
14:46Donc,
14:47on est,
14:47voilà,
14:47record man aujourd'hui
14:49en termes de charge d'intérêt
14:51par rapport au PIB.
14:53Mais la France,
14:54il ne faut pas non plus exagérer les choses,
14:56tout simplement parce que ce qui compte,
14:57ce n'est pas que le pourcentage d'étrangers
15:00qui détiennent la dette,
15:02c'est en gros la situation de balance courante.
15:05Vous savez,
15:05c'est un peu le compte bancaire,
15:07le solde bancaire des Etats.
15:08Et là,
15:09il y a deux pays
15:10qui, pour le coup,
15:11sont très inquiétants,
15:11c'est le Royaume-Uni
15:12et les Etats-Unis.
15:14Voilà.
15:15Donc ça,
15:15c'est quelque chose.
15:16Et puis,
15:16pour les Etats-Unis,
15:17il faut rajouter autre chose,
15:18quelque chose de fondamentalement stratégique,
15:20et ça,
15:21c'est la faute de Trump,
15:22c'est que beaucoup de pays
15:24qui,
15:24historiquement,
15:25recyclaient leur excédent
15:27sur le marché américain,
15:29vont avoir bu mal
15:30ou peut-être un peu plus de difficultés
15:32à le recycler.
15:33On pense à cause de quoi ?
15:35À cause de ce qui se passe
15:36sur la géopolitique
15:36où beaucoup de pays
15:38s'aperçoivent
15:38que les Etats-Unis
15:39ne sont pas forcément
15:40un allié
15:41comme ça,
15:42de premier ordre.
15:43La saisie des avoirs russes,
15:46on a ouvert la boîte de Pondor.
15:48Ça rend beaucoup d'émergents
15:49très méfiants.
15:49Pas que les émergents d'ailleurs.
15:51La France a rapatrié
15:52une partie de son stock d'or
15:53qui était à New York.
15:54Vous avez cité le mot émergent.
15:56Où est-ce qu'il y a
15:57de la croissance d'épargne
15:58dans le monde actuellement
15:59et dans les prochaines années ?
16:00C'est dans les pays émergents.
16:01Et ces pays-là,
16:03peut-être qu'ils vont acheter
16:04un peu moins d'obligations américaines.
16:05Ça aussi,
16:06ça met un peu de pression
16:07sur la courbe très longue
16:10des Etats-Unis.
16:10On est à 16 minutes
16:11de la clôture.
16:12Le CAC 40,
16:12dans la dernière ligne droite,
16:14accélère,
16:14on gagne 2%.
16:15Voilà,
16:178136 points.
16:18Je ne sais pas Antoine
16:18si on a des infos particulières.
16:20Rachid ?
16:21Alors en revenant,
16:21j'ai vu une nouvelle Bloomberg.
16:23Apparemment,
16:23je ne sais pas,
16:24parce que vous savez
16:25qu'il y avait des inquiétudes
16:25sur des grèves chez Samsung
16:27qui pouvaient complètement bloquer.
16:29Et en fait,
16:29apparemment,
16:29ils auraient trouvé un deal
16:31salarial.
16:32Peut-être que...
16:33On peut participer un peu.
16:34Peut-être qu'une goutte d'eau.
16:36Il en faut peu quand même
16:37pour souter le marché.
16:38Non, mais c'est important
16:39pour les Coréens.
16:39Mais pour nous,
16:40c'est très important.
16:41C'est important pour la tech.
16:43Non, mais c'est important
16:46post-déclenchement de cette crise.
16:48La lecture du marché,
16:49elle est très claire.
16:50C'est la thématique tech
16:53qui fait exploser les marchés.
16:55Parce que nous,
16:55au CAC 40,
16:56actions zone euro,
16:57nous sommes toujours en négatif.
16:59Alors que les autres,
17:00ils sont bien au-dessus.
17:01Et c'est la tech.
17:01Donc c'est important.
17:02Donc si Samsung évite une grève,
17:04parce que c'est un très gros groupe,
17:05bien sûr, Samsung,
17:06notamment.
17:06Et alors pour le PIB coréen,
17:08évidemment, c'est important.
17:08Le risque, la menace de grève,
17:09ça plomberait l'économie sud-coréenne.
17:11Enfin, de là,
17:12permettre une accélération haussière
17:13des marchés en Europe.
17:13Je ne sais pas,
17:14il y a vraiment un lien potentiel ?
17:15En Europe et partout,
17:16la moindre nouvelle
17:16qui concerne la tech dans le monde,
17:19c'est ça des répercussions
17:21sur les marchés mondiaux.
17:22C'est très clairement le secteur.
17:24Si on regarde la progression des marchés
17:26sur ces dernières semaines,
17:28en fait,
17:28c'est uniquement lié à la tech.
17:30Je l'expliquais à travers
17:31les révisions de bénéfices.
17:33On est aujourd'hui,
17:34pour cette année 2026,
17:36la croissance des profits
17:37qui est attendue en 2026,
17:38on est maintenant
17:39à quasiment 25% de croissance.
17:41En début d'année,
17:41on attendait 15%,
17:42ce qui apparaissait déjà
17:43comme relativement challenging
17:44alors que l'économie américaine
17:45est censée ralentir.
17:47On est à 25%,
17:48ça paraît tout à fait normal
17:49pour à peu près tout le monde,
17:50mais en fait,
17:51en dehors de l'après-Covid
17:52où l'économie américaine
17:53était surstimulée
17:55par la politique expansionniste,
17:56on a rarement eu
17:57des croissances de profits
17:58attendues aussi importantes
17:59alors que l'économie
18:00est censée ralentir.
18:01C'est pour ça que j'ai tendance
18:02à me dire,
18:02les marchés peuvent continuer
18:03de monter malgré
18:04des taux très élevés.
18:05On a une croissance bénéficiaire
18:06des entreprises
18:06jamais vue.
18:08Rarement vue en tout cas.
18:09Justement,
18:09attention,
18:09il y a quand même
18:10des épisodes historiques
18:10qui vous montrent
18:11que ce n'est pas toujours le cas
18:13et effectivement,
18:13il y a souvent un parallèle
18:14qui est fait
18:14entre les valeurs
18:15de technologie américaine,
18:17les valeurs de croissance
18:18et ce qui s'est passé
18:19au tout début des années 70
18:20avant le premier choc pétrolier,
18:23c'est le dégonflement
18:25des Nifty Fifty.
18:26On était dans une situation
18:27un peu comparable,
18:28alors pas aussi tendue
18:29mais un peu comparable.
18:31On avait toute une série
18:32d'entreprises américaines
18:33absolument fantastiques
18:35dont beaucoup existent
18:35encore aujourd'hui,
18:36McDonald's, Coca-Cola,
18:37mais il y a aussi Polaroid
18:38ou Avon Products,
18:40etc.
18:40qui étaient des sociétés
18:41qui semblaient comme ça
18:42depuis des années
18:42défier tous les cycles économiques
18:44avec des profits
18:44absolument fantastiques
18:45et il faut bien avoir en tête
18:47qu'il n'y a pas eu spécialement
18:48d'effet d'événements exogènes,
18:51le choc pétrolier
18:51n'arrive qu'en 73,
18:52là je parle de la fin
18:53des années 60
18:54et avant c'est 73,
18:56ou simplement le fait
18:57que les taux remontent
18:57à cause de pressions
18:59inflationnistes persistantes,
19:00alors à l'époque
19:01elles étaient beaucoup plus graves
19:02parce qu'il y avait
19:02de l'indexation,
19:03des salaires bien évidemment,
19:04des politiques fiscales
19:05très expansionnistes,
19:07profits extrêmement solides,
19:08on parle de croissance de bénéfices
19:10de l'ordre de 30 à 40%
19:11– Oui c'est comparable
19:12à ce qu'on voit aujourd'hui clairement
19:13– ont vu leurs primes
19:14de valorisation se dégonfler
19:15extrêmement rapidement
19:16simplement sous l'effet
19:17de la hausse des taux
19:18et donc attention,
19:19encore une fois,
19:20même si on génère
19:21beaucoup de profits,
19:21c'est souvent un argument
19:22qui est mis en avant
19:23pour expliquer qu'il n'y a pas de bulle,
19:24c'est tout à fait juste,
19:24on n'est pas dans une situation
19:25qui se compare à 2000
19:28où effectivement
19:29on avait des espérances
19:30de profits assez surprenantes,
19:33là ce n'est pas le cas,
19:33on génère énormément de profits
19:34mais attention,
19:35des profits ne rendent pas
19:36forcément invincibles,
19:37si on a effectivement
19:38une hausse des taux
19:39qui commence à être jugée
19:40relativement excessive,
19:42elle va révéler
19:42des valorisations
19:43qui sont un peu excessives
19:45et entraînent
19:45un mouvement de dégonflement.
19:46– Mais le sont-elles excessives
19:47les valorisations ?
19:48Tout le monde nous dit
19:49oui oui les marchés
19:50sont sur des records
19:50mais en fait compte tenu
19:51de l'ampleur des hausses
19:52de bénéfices des entreprises
19:53en fait on est sur des valos
19:54qui restent très raisonnables
19:55dans la moyenne historique.
19:56– Ce qui inquiète
19:58c'est pas…
19:58– Vous n'allez pas être d'accord
19:59l'un et l'autre là.
19:59– Non non,
20:00après c'est factuel,
20:02si vous dites
20:03les prévisions
20:03de croissance de bénéfices
20:05à 12 ou 24 mois
20:06elles sont crédibles
20:07ce qu'on croit
20:08globalement
20:08sauf accident
20:10taxationiste
20:13la comparaison
20:14on était sur des niveaux
20:16de 40 fois
20:17les PE de 24 mois
20:19dans les années 70
20:20on était 30 fois
20:21ou 40 fois pas loin
20:22dans les années 2000
20:23là on est à 20, 25
20:24– Ah ouais
20:25– À Wall Street
20:26ça va à dire
20:27– Nvidia se paye
20:27comme le Real
20:28pour faire simple
20:28donc vous voyez
20:29c'est pas non plus
20:29voilà
20:30donc le problème
20:31pour nous il est pas là
20:33le problème
20:33il y a un problème
20:33de concentration
20:34il y a quelque chose
20:35il y a un chiffre
20:36qui vraiment inquiète
20:37et qui sonne
20:38c'est qu'on a aujourd'hui
20:39les 10 grosses valeurs
20:40qui représentent 40%
20:41alors le 40%
20:42de la market cap
20:43il est magique
20:43on a tapé dessus
20:45historiquement
20:46dans tous les pics de bulles
20:47dans les années 70
20:49la bulle japonaise
20:51la bulle TMT
20:52on est allé toper
20:53à peu près 40
20:54la seule bulle
20:54sur laquelle
20:55on a été plus loin
20:55c'est la bulle
20:56des chemins de fer
20:57au 19ème siècle
20:58je sais pas s'il faut
20:59le prendre en compte
20:59donc ça ça fait peur
21:01à certains investisseurs
21:03cette concentration
21:04donc plus que les valos
21:05oui mais à l'époque
21:05quand il y avait
21:06ces niveaux de concentration
21:07est-ce que les valos
21:08elles étaient excessives
21:09parce qu'actuellement
21:09elles étaient excessives
21:11elles étaient excessives
21:12mais Guillaume
21:13l'autre point important
21:14est-ce qu'on peut extrapoler
21:17ces niveaux de croissance
21:18on a un problème
21:19de goulot d'étranglement
21:20l'énergie
21:21il vous a pas échappé
21:22qu'il y a à peu près
21:23300 lois aux Etats-Unis
21:25qui ont été mises sur la table
21:26depuis le début de l'année
21:27dans les régions
21:28pour un moratoire
21:29sur les data centers
21:30alors ce qui nourrit
21:31l'explosion
21:33des valeurs
21:33semi-conducteurs
21:34c'est les fameuses
21:35data centers
21:36un problème d'eau
21:38donc il y a beaucoup
21:38d'états américains
21:39qui appelaient de leur vœu
21:40ces data centers
21:41qui commencent à les bloquer
21:42donc il y a ce risque
21:43c'est vraiment ce risque-là
21:44qui peut venir un peu
21:45non pas renverser la table
21:48mais bloquer un peu
21:48la tendance
21:49plus que les taux
21:50à mon avis
21:51et sur les valorisations
21:51je vous voyais pas d'accord
21:52là Benoît
21:53vous trouvez que les marchés
21:54sont trop chers ?
21:55alors encore une fois
21:56les valorisations
21:57quand on les compare comme ça
21:58il faut encore une fois
21:59prendre le contexte
22:00de taux d'intérêt
22:00ce qui importe pour nous
22:02c'est la valorisation
22:03en relatif au taux d'intérêt
22:05et il faut bien avoir en tête
22:06qu'aujourd'hui
22:07il y a une situation
22:07qui n'est pas dramatique
22:09je rejoins Rachid là-dessus
22:10mais qui pose quand même
22:11question en termes
22:11d'allocations actives
22:12c'est-à-dire qu'on a une prime
22:12de risque qui devient
22:13négative aux Etats-Unis
22:14c'est-à-dire que
22:15le niveau de valorisation
22:16en relatif vous indique
22:17qu'effectivement
22:17les marchés actions
22:18c'est pas forcément
22:19là où on est censé
22:20dans les années qui viennent
22:20faire le plus
22:22où ça a le plus d'intérêt
22:24c'était la même chose
22:25justement dans les années 70
22:26avec des niveaux de valorisation
22:27qui étaient peut-être
22:27plus élevés
22:28mais quand on regarde
22:29la prime de risque
22:29on a eu à peu près
22:30le même type de mouvement
22:30ça montre qu'il y a
22:31un appétit pour le risque
22:32finalement assez féroce
22:33dans les marchés
22:34dans les deux cas
22:36ensuite l'autre élément
22:37qui me semble
22:38extrêmement important
22:39c'est de regarder ça
22:40sur une perspective
22:41plus longue
22:41encore une fois
22:42Rachid a raison
22:42sur cet élément-là
22:43est-ce qu'à 12 mois
22:44effectivement on peut
22:45avoir confiance
22:46dans les anticipations
22:46de profit
22:47mais à plus long terme
22:48il y a des challenges
22:49qui vont devoir être résolus
22:51notamment pour la tech
22:53et justement
22:53nous ce qui nous préoccupe
22:54c'est que progressivement
22:55ce secteur qui est
22:56très concentré
22:57encore une fois
22:58on parle aujourd'hui
22:59on parle de quoi ?
22:59Cette valeur ?
23:00Une dizaine de valeurs
23:01et on parle de concentration
23:02extrême
23:03pour vous donner une idée
23:04de cette concentration
23:05à l'époque des nifty-fifty
23:06on parlait de 50 boîtes
23:06donc on en a que 10
23:08donc la concentration
23:09est particulièrement importante
23:10Mais est-ce que c'est un problème
23:10toute la lumière du monde
23:11est concentrée
23:12c'est le soleil qui l'envoie
23:13est-ce que c'est un problème ?
23:14Oui on peut vivre
23:15avec la concentration
23:16ça peut même faire vivre
23:16la concentration
23:18Alors en tout cas
23:19c'est un facteur
23:19qui est pour nous
23:20à surveiller
23:21qui est un vrai facteur de risque
23:22parce qu'en fait
23:22le moindre freinage
23:23sur ce secteur
23:24une simple déception
23:26sur les profits
23:27peut avoir des conséquences
23:28beaucoup plus importantes
23:29et une réaction en charme
23:30qui va impacter justement
23:31l'économie de façon plus générale
23:32Antoine ?
23:33Donald Trump vient d'annoncer
23:34que Iran et Etats-Unis
23:36seraient sur la phase finale
23:38de leur négociation
23:39pour réaliser un deal
23:40C'est la combien de fois ?
23:42Oui ça doit être
23:43la 450ème fois
23:44mais disons que le marché
23:46pour l'instant y croit
23:47étant donné que le CAC 40
23:48gagne 2%
23:49et qu'on a quand même
23:50une nette accalmie
23:51notamment autour du pétrole
23:53104 dollars
23:53pour le baril de Brent
23:54de Mer du Nord
23:55la correction est assez violente
23:56et 97 pour le brut léger américain
23:58Oui
23:59Voilà 2% de hausse à Paris
24:00le Nasdaq gagne 1,2%
24:02le S&P plus 0,8
24:03mais vous emballez pas
24:04parce qu'on entre
24:05dans la pire période
24:05de l'année les amis
24:06Oui oui oui
24:06de mai à octobre
24:08les années d'élection
24:09de mid-terme
24:09donc on y est là
24:10élection de mid-terme
24:11dans 6 mois
24:11de mai à octobre
24:12depuis 1962
24:13les marchés américains
24:14reculent à chaque fois
24:15pendant les 6 mois
24:1615 fois sur 16
24:17il y a eu 16 élections
24:18de mid-terme aux Etats-Unis
24:19depuis 1962
24:2015 fois sur 16
24:21le marché de mai à octobre
24:22a reculé
24:23et parfois de 20 voire 25%
24:25pas qu'à moitié
24:25on entre dans cette phase
24:26mai-octobre
24:27précédant une élection
24:28de mid-terme
24:29est-ce que vous avez
24:30le sentiment
24:30vous aussi
24:30peut-être qu'il s'en fiche
24:31Donald Trump
24:32des mid-termes
24:32qui se dit
24:33qu'elles sont perdues d'avance
24:34et que vaille que vaille
24:35si ce conflit on y rend dur
24:36et bien c'est pas si grave
24:37même si là
24:38pour la 300ème fois
24:39il dit qu'on est proche
24:40d'un accord
24:41Alors je connaissais pas
24:42cette prophétie pour Sierre
24:44mais ce que j'avais en tête
24:45moi c'était plutôt
24:46C'est une stat
24:46c'est pas une prophétie
24:4715 fois sur 16
24:48le marché recule
24:48Qu'est-ce que je veux dire
24:49c'est que j'avais plutôt
24:50en tête l'idée
24:51que historiquement
24:52à quelques mois
24:53des mid-termes
24:54c'est à partir
24:55en gros
24:55vous avez raison
24:56du mois de mai
24:56jusqu'au mois de septembre
24:57les marchés font plus rien
24:58beaucoup de volatilité
24:59ça monte
25:00ça baisse
25:01voilà
25:01et pourquoi
25:02parce que le marché
25:02attend un peu
25:03d'être sûr des résultats
25:05et ce qu'adore le marché
25:06c'est qu'en fait
25:06dès la rentrée
25:07quand il va s'apercevoir
25:09qu'il y a un split
25:11ce qu'adore le marché
25:11c'est quand
25:12le président en place
25:15n'a pas de majorité
25:16dans les deux chambres
25:17il adore les situations
25:18où il y a une séparation
25:19des pouvoirs
25:21parce qu'en général
25:21ça évite les bêtises
25:24macroéconomiques
25:24et donc
25:25si on part vers une situation
25:27où on s'aperçoit
25:28à partir de septembre
25:29que en gros
25:31les républicains
25:32n'auront plus la majorité
25:33dans les deux chambres
25:33c'est pas grave
25:34ce qui serait grave
25:35c'est qu'à mon avis
25:37on bascule vers des anticipations
25:39où les démocrates
25:40l'emporteraient
25:41je ne sais même pas
25:41si c'est techniquement possible
25:42là ça serait plus
25:44c'est possible bien sûr
25:45là c'est plutôt
25:45là pour les marchés
25:46ça serait à mon avis
25:47plutôt une vision
25:49un peu négative
25:49parce que
25:49ça introduirait l'idée
25:51qu'ils vont en faire encore
25:52de la relance fiscale
25:53et que c'est pas le moment
25:54quand on a un déficit
25:55déjà de 6 ou 7%
25:57le roi de la relance fiscale
25:58c'est quand même
25:59Donald Trump
25:59il distribue des chèques
26:00en ce moment
26:01oui oui oui
26:02Benoît
26:03justement ça
26:04c'est un gros changement
26:05aux Etats-Unis
26:06on est en train d'enchaîner
26:07plusieurs mandats
26:07démocrates ou républicains
26:09où la relance fiscale
26:10est le nerf de la guerre
26:12encore une fois
26:13on entretient un déficit
26:14de près de 6% du PIB
26:15alors qu'on n'est pas du tout
26:16c'est ce qu'on voit d'habitude
26:17dans une situation de récession
26:18donc j'ai envie de dire
26:19démocrate ou républicain
26:20Rachid a parfaitement raison
26:21c'est surtout le discours
26:22qu'il va y avoir
26:22sur cette idée
26:23qu'il faut en perpétuellement
26:24nourrir la demande
26:26attention encore une fois
26:28ce genre de problématiques
26:29alors sur la répétition
26:31des comportements boursiers
26:33moi ce qui me frappe surtout
26:34c'est qu'on est en train
26:34de s'installer durablement
26:36dans un monde d'incertitudes
26:37particulièrement élevées
26:37et notamment d'incertitudes politiques
26:39géopolitiques particulièrement élevées
26:40et les Etats-Unis
26:41n'y échappent pas
26:42il y a certes toujours
26:42les Etats-Unis
26:43qui sont loués
26:43pour la stabilité
26:44de leurs institutions
26:45etc
26:45et on voit que
26:46effectivement
26:47comme partout ailleurs
26:48dans le monde
26:48il y a un peu plus
26:49d'incertitudes politiques
26:50parce que
26:51il y a cette dimension fiscale
26:53qui est extrêmement importante
26:54et qui est devenue déterminante
26:56dans l'économie américaine
26:57le retour des Etats
26:59de la politique
27:00et de la géopolitique
27:01en l'occurrence
27:01le retour de la géographie
27:03les marchés n'aiment pas trop
27:03effectivement
27:04même si aujourd'hui
27:05on est sur une belle hausse
27:06pour le CAC 40
27:07Nvidia publiera ses résultats
27:09ce soir
27:10on verra si Nvidia
27:10redonne le moral au marché
27:12si Nvidia est plus fort
27:13que le marché obligataire
27:14pour redonner en tout cas
27:15de l'optimisme aux investisseurs
27:16regardez là
27:17Alphabet
27:19parvient à générer
27:201 million de dollars
27:21de bénéfices
27:22toutes les 4 minutes
27:23c'est le site
27:24bestbrokers.com
27:25qui a compilé
27:25les entreprises
27:26les plus rapides
27:27à générer des millions
27:27de bénéfices
27:28et bien sûr
27:29ce sont les grandes tech américaines
27:30qui dominent ce classement
27:31au premier rang Alphabet
27:32moins de 4 minutes
27:33pour générer
27:341 million de dollars
27:35de bénéfices
27:35Nvidia arrive derrière
27:36il faut à Nvidia
27:374 minutes 23 secondes
27:38pour générer
27:391 million de bénéfices
27:40on parle bien de bénéfices
27:41pas de chiffre à faire
27:42alors Apple et Microsoft
27:43petits joueurs
27:44il leur faut 5 minutes
27:455 longues minutes
27:46pour générer
27:471 million de dollars
27:48de bénéfices
27:50c'est fou
27:50on a des marchés
27:52qui du coup
27:52continuent de monter
27:53et un Nasdaq
27:54qui même s'il a reculé
27:55ces 3 derniers jours
27:56reste proche des records
27:56qui même s'il a reculé
27:56qui même s'il a reculé
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