- il y a 1 heure
Ce jeudi 12 mars, Olivier Lechevalier, directeur général de Defthedge, et Gilles Guibout, responsable des actions européennes AXA IM chez BNP Paribas AM, se sont penchés sur la volatilité du prix du baril du pétrole, le déblocage des réserves stratégiques de pétrole, le plan B pour contourner le passage au détroit d'Ormuz, la tendance des marchés financiers cette semaine, l'intelligence artificielle qui continue de bouleverser les marchés, ainsi que la flambée du prix du kérosène pour l'aérien, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03Nos experts ce soir, ils viennent de nous rejoindre.
00:05Gilles Guibourg, responsable des actions européennes pour BNP Paribas AM.
00:09Bonsoir Gilles.
00:10Bonsoir Guillaume.
00:11Ravis de vous retrouver.
00:12Et Olivier Lechevalier, directeur général de Deft Edge.
00:15Bonsoir Olivier.
00:16Bonsoir Guillaume.
00:17Et bienvenue également.
00:18On est sur une actualité très très chaude.
00:20Et on voit, Gilles, très clairement que désormais les indices d'action sont des proxys du pétrole.
00:26Tout à l'heure, le pétrole a franchi les 100 dollars pour le baril de Bren.
00:28C'était à 15h30 à l'ouverture de l'émission.
00:30Le CAC s'est mis à perdre 1,5.
00:32D'un seul coup.
00:32Là, on est en train de limiter la hausse sur le pétrole.
00:35Le CAC limite sa baisse.
00:36Il ne perd plus que 0,7%.
00:37C'est-à-dire que là, en une heure, on a réduit de moitié nos pertes sur le CAC.
00:41Juste parce que le pétrole a légèrement évolué.
00:45Je pense que c'est surtout qu'on a un changement d'ambiance sur les marchés.
00:48Il y a quelques semaines, en début d'année, quand on se voyait, on se disait c'est quoi les
00:52perspectives de début d'année ?
00:53Et on avait des perspectives qui étaient plutôt constructives.
00:56et qui étaient assises sur deux piliers.
01:00Qui étaient d'un côté une croissance du PIB qu'on voyait solide et avec des perspectives de résilience plutôt
01:07à la hausse.
01:07Et des banques centrales qui étaient plutôt en clean, je pense notamment à la Fed, a baissé les taux.
01:13Et en réalité, cette hausse du prix du pétrole, elle a potentiellement un impact sur ces deux piliers.
01:20D'un côté, parce que ça pourrait réduire les perspectives de croissance du PIB.
01:25Alors les économistes vous donnent des relations de 10 dollars en plus égale à 0,1% de croissance en
01:31moins sur le PIB.
01:33Et de l'autre côté, vous venez de le mentionner sur les perspectives de baisse de taux, on parle maintenant
01:41de potentielle hausse de taux.
01:43Et donc d'un côté, on n'a pas de perspective d'amélioration des résultats d'entreprise,
01:48plutôt même des révisions à la baisse si l'économie ralentit.
01:51Et on n'a pas d'expansion du multiple de valorisation à attendre, puisqu'on a plutôt des taux qui
01:56remonteraient.
01:58Et du coup, c'est normal que les investisseurs au moins fassent un pas en arrière et prennent le temps
02:05de réfléchir.
02:05C'est vrai que le marché, manifestement, price de hausse de taux cette année de la BCE.
02:10De hausse de taux, vous avez bien entendu.
02:12Ça vous semble être un délire de marché là ou devenir une hypothèse crédible ?
02:17Moi, je ne suis pas économiste, je ne suis pas gérant obligataire, donc ce n'est pas ce que je
02:22regarde au quotidien.
02:25Je l'ai subi et je suis comme vous, c'est ce que je constate.
02:28Est-ce qu'il y en aura deux ? Est-ce qu'il y en a zéro ? Est-ce
02:30qu'il y en aura... Je ne sais pas vous dire.
02:32Ce que je sais vous dire, c'est qu'il y a très clairement une inflexion par rapport à la
02:36situation qu'on avait en début d'année.
02:38Et ça, ça suffit, on l'a vu, pour influer sur la direction des marchés.
02:44Les marchés qui reculent, Wall Street aussi d'ailleurs, qui reculent, le S&P 500 perd aujourd'hui 1%,
02:49avec donc ces cours du pétrole qui ont refranchi tout à l'heure la barre des 100 dollars.
02:53Même si l'Agence internationale de l'énergie hier a annoncé libérer des stocks stratégiques,
02:57ça n'a presque pas d'effet.
02:59Donc on est à nouveau à 100 dollars le baril de Brent, Olivier.
03:02Comment vous regardez ça ?
03:03Est-ce que vous vous dites que forcément les cours vont de toute façon continuer de se tendre jour après
03:07jour
03:07parce qu'un jour de plus de guerre et de blocage du Détroit, ce sera un jour de plus de
03:11déséquilibre entre l'offre et la demande ?
03:13Alors effectivement, je voulais juste rebondir un peu sur l'étau, sur cette partie.
03:20Moi je trouve qu'aussi pour l'Europe, on est en double peine aussi, parce qu'on a une hausse
03:23du pétrole,
03:24on essaie d'avoir plus d'industrialisation et ça devient difficile.
03:27Et puis de l'autre côté, vous avez un renforcement du dollar.
03:30Donc en fait, l'Europe est prise en étau et ils avaient annoncé effectivement de baisser les taux,
03:35comme vous disiez deux fois, là on se dit peut-être qu'on ne va rien faire avec un mouvement
03:39potentiel de Christine Lagarde.
03:40Et aussi ce qu'on constate, c'est que la Banque d'Occleterre, qui devait annoncer le 18 mars une
03:45baisse des taux,
03:46a priori devrait maintenir et repousser aussi son cap.
03:50Donc effectivement, là par rapport à ça, il y a cette tension.
03:52Et quand on regarde les marchés, effectivement, on voit bien que la partie pétrole vient influencer le S&P, toutes
04:02ces informations.
04:03Et c'est vrai que là, le S&P avait perdu 1,05 ou quelque chose comme ça récemment.
04:09Et c'est vrai qu'on est sur une volatilité de marché où le S&P, c'est la tech
04:14aussi derrière.
04:15Donc on vient rappeler que le pétrole, finalement, pour faire de l'énergie rapidement, pour pouvoir produire,
04:22ça reste quand même le meilleur compromis.
04:26Donc effectivement, là il y a une première réaction, je dirais, parce qu'aussi on peut regarder des études qui
04:33ont été publiées
04:34en disant qu'il y a eu plein de conflits internationaux, je crois que c'était Ferrara qui avait produit
04:40cette étude,
04:41en disant que finalement, effectivement, un événement tel va faire monter les marchés,
04:46mais après ça va aussi les faire, ils vont redescendre.
04:49Quand on a eu la guerre des 12 jours, déjà au mois de juillet dernier, l'auto est montée à
04:5390-100,
04:54enfin sur le bret, à 80, et il est redescendu aussi vite après la descente.
04:59Donc techniquement, de toute façon, ce sont des marchés, le S&P qui réagit quand même à la tech,
05:03et si la tech se sent un peu en danger, et les capitaux commencent à se redanger,
05:07effectivement, il va se revenir.
05:08Oui, il y a un lien, tout est d'une certaine façon lié, effectivement.
05:11Mais quand même, à quoi sert de, on va dire, libérer des stocks stratégiques de pétrole,
05:17si on se retrouve avec un cours du baril à nouveau à plus de 100 dollars ?
05:20Est-ce qu'on est même, d'une certaine façon, en train de gâcher nos munitions ?
05:23A savoir que les stocks stratégiques 400 millions de barils,
05:26donc libérés par l'Agence internationale de l'énergie, très bien,
05:29c'est supposé peut-être avoir détendu les cours, mais pas beaucoup.
05:32Et surtout, on est en train de se priver d'une partie de ces stocks,
05:34parce qu'on ne va pas pouvoir les renouveler.
05:36Les 400 millions, on ne pourra pas les réapprovisionner de sitôt.
05:38Donc, est-ce qu'on n'est pas en train de gâcher des munitions, là, également ?
05:41Pour le moment, en tout cas, je pense que le marché a déjà un peu pricé
05:46cet effet aussi dedans, en disant, ben voilà.
05:49Moi, je pensais que, sincèrement, le cours allait vraiment davantage casser les 100 dollars,
05:53qu'il allait peut-être aller atteindre les 120, les 130 de manière plus violente.
05:57On l'a vu, là, en fin de semaine dernière, au début de semaine,
06:00quand Trump a dit, bon, la guerre, elle ne va pas durer si longtemps que ça.
06:03Le prix s'est vraiment écroulé tout de suite derrière.
06:06Il pensait que ça faisait tampon et que ça allait être libéré.
06:08Mais effectivement, d'avoir lancé ces 400 millions de barils,
06:12bon, effectivement, est-ce qu'on gâche ou pas ?
06:14En tout cas, on achète du temps.
06:16On espère régler, je pense, 20, 26 jours de stock.
06:19Et puis, on voit le Japon qui n'a pas attendu non plus les annonces
06:23pour relibérer ces barils.
06:24On achète juste du temps, rien de plus.
06:26Ce que vous dit le marché, c'est que cette libération de stock,
06:30ça pouvait tout à fait le faire dans un cadre de, effectivement,
06:33on a un conflit qui est bref et ça permet de faire face à une fermeture
06:39temporaire du Détroit d'Hormuz.
06:41Ce que vous dit le marché aujourd'hui, c'est qu'en fait,
06:43il commence à mettre en doute le fait que le Détroit d'Hormuz
06:46ne serait fermé que de manière brève.
06:49C'est ce que dit aujourd'hui Amaninejad.
06:56Amaninejad, le nouveau Amaninejad, le fils Oujaba.
07:01Oui, c'est ce que dit Amaninejad.
07:03Le nouveau guide suprême iranien qui dit le Détroit restera fermé.
07:05Et qu'effectivement, si on est dans la perspective d'un Détroit
07:09qui reste fermé pour très longtemps, c'est quand même,
07:11alors on a rappelé les chiffres, les montants de pétrole
07:14qui passaient par là tous les jours, ça pose un vrai problème.
07:17Et ça, ça laisse penser qu'effectivement,
07:19il va falloir trouver une solution, soit parce qu'effectivement,
07:22Trump fait marche arrière, ce qui semble peut-être compliqué,
07:26soit parce qu'à un moment donné, effectivement,
07:27il va falloir faire un engagement pour libérer le Détroit d'Hormuz.
07:30Oui, mais ça ne va pas être juste des vœux puits.
07:33Non, et en plus, ce Détroit est peut-être miné.
07:35On ne sait pas, y a-t-il des mines ou pas dans le Détroit d'Hormuz.
07:37On se dit, non, il ne peut pas y avoir de mines,
07:39puisque les Iraniens parallèlement disent,
07:42on laisse passer les navires indiens.
07:44Ils disent, on autorise les navires indiens à continuer de passer.
07:46Alors, s'ils autorisent à continuer de passer, c'est qu'il n'y a pas de mines.
07:49Mais tout à l'heure, John Passard nous disait,
07:50« Si, si, il peut y avoir des mines, mais qui n'explosent qu'en fonction du navire qui leur
07:54passe dessus. »
07:55Des mines programmées pour exposer quand c'est un navire, je ne sais pas, américain, irakien, machin,
07:59mais pas un navire chinois.
08:00Voilà, ça existe, des mines programmables comme ça.
08:03Intéressant, on peut miner un Détroit,
08:04mais quand même sélectionner les navires qui parviendraient à continuer de passer.
08:07Olivier.
08:08Oui, d'où l'augmentation d'ailleurs des primes de risque des assureurs,
08:12pour laisser passer ces fameux bateaux.
08:16Mais là où il y a un débat aussi,
08:17c'est qu'on peut bloquer effectivement le Détroit,
08:21mais là ce que j'ai cru comprendre aussi,
08:22c'est qu'ils essayaient d'attaquer plus des infrastructures.
08:25Et donc s'ils commencent vraiment à toucher à des infrastructures d'exportation américaines,
08:29notamment l'île de Gark, etc.,
08:31c'est vrai qu'on va avoir, je pense que le conflit sera beaucoup plus long.
08:34Et le temps qu'on s'achète avec les 400 millions de barils,
08:36on aura du mal.
08:37Mais là où peut-être l'Iran peut-être surréagit actuellement,
08:41en disant,
08:44la mine qui laisse passer le bateau ou quoi que ce soit,
08:47s'il a un pavillon chinois,
08:48il paraît qu'il y a plein de bateaux pavillons chinois,
08:50battant pavillons chinois,
08:51qui rôdent dans le secteur où les Chinois mettent bien en avant leur pavillon en ce moment
08:55pour ne pas se faire tirer dessus.
08:56– Non mais ils ont raison.
08:58Mais du coup, ce sont les Chinois,
09:00l'Asie est quand même le premier acheteur de Brent iranien.
09:05Donc effectivement, ils n'ont pas intérêt de se couper
09:07parce que c'est une ressource.
09:08Pendant ce temps-là, ça bénéficie à d'autres guerres.
09:11– D'ailleurs, on se demande si la Chine est en train de tirer un moment du feu
09:13parce que les bateaux iraniens, eux, passent encore le détroit d'Hormuz
09:17pour aller ravitailler la Chine en pétrole, manifestement.
09:19C'est ce qu'indiquent plusieurs sources.
09:20Les bateaux iraniens transportant du pétrole vers la Chine,
09:23eux, continuent de passer par le détroit.
09:24Donc pour la Chine, on n'est peut-être pas encore au seuil de douleur.
09:27L'approvisionnement n'est pas encore coupé, manifestement.
09:29– A priori, non.
09:30Enfin, a priori, ça continue.
09:32En tout cas, la Chine continue de…
09:35Parce que ça s'est ressenti aussi sur les marchés asiatiques.
09:37Ils ont un peu piqué, comme disait Antoine tout à l'heure,
09:40ça pique, ça remonte, etc.
09:42Et là, ils avaient piqué et ils sont remontés.
09:43Donc du coup, eux, derrière, ils ont quand même besoin d'énergie
09:48pour délivrer les puces.
09:50Ils ont besoin d'énergie pour pouvoir traiter les métaux rares
09:53parce que c'est quand même eux qui ont les plus grosses industries
09:56sur ces domaines.
09:57Donc effectivement, ils ont tout intérêt quand même à laisser passer.
10:00Et aussi, ça permet de faire financer son économie de guerre,
10:03comme le prix du Brent qui a pu augmenter,
10:05aide aussi parallèlement à la Russie.
10:08– Bien sûr, la hausse des cours du pétrole profite à la Russie.
10:11Et donc des bateaux iraniens qui continueraient de passer le détroit
10:14pour aller alimenter la Chine, manifestement.
10:16L'Iran qui dit aux Indiens, vous pouvez faire passer vos bateaux,
10:19on ne va pas les attaquer.
10:20En revanche, les autres, ceux des Américains, des Israéliens
10:23et de leurs complices, on attaque.
10:24Voilà le message iranien.
10:27Difficile, compliqué d'y voir clair pour la suite.
10:29Alors, est-ce qu'il y aura des voies de détournement ?
10:30Par exemple, on entend parler de la mer rouge.
10:32C'est super sécurisé de faire passer des bateaux en mer rouge,
10:34sachant qu'elle est outil aussi.
10:36La mer rouge, c'est 10% du commerce mondial.
10:37– Oui, oui, oui, c'est 10%.
10:40Mais effectivement, là, ce qui est évoqué,
10:43c'est qu'ils arrivent aussi à envoyer maintenant
10:45des éléments balistiques aussi loin, enfin, pour toucher.
10:49Donc, je ne sais pas si c'est mieux.
10:51Donc, c'est vrai que là, on a vu récemment
10:53les 20 milliards qui ont été pris par le gouvernement américain
10:58pour aider les réassureurs, justement,
11:01pour la prime de risque des bateaux.
11:03Donc, typiquement, bon, il faut quand même avoir envie
11:07d'y aller, de passer.
11:10Et puis, la mer rouge, c'est qu'une réponse partielle,
11:13puisqu'il y a effectivement des pipelines
11:14qui peuvent relier, on va dire,
11:18le golfe Persique et la mer rouge.
11:20Ça peut être, effectivement, pour le pétrole,
11:22mais il y a tout le reste.
11:23Il y a l'urée, il y a des choses comme ça,
11:25qui, à partir du moment où c'est bloqué
11:27dans le golfe Persique, il faut passer par l'éthroite d'Hormuz
11:29ou alors il faut mettre des camions,
11:30mais c'est un peu plus compliqué.
11:32Donc, la réalité, c'est que, par le golfe Persique,
11:36ça peut être une réponse que partielle.
11:37et certainement pas suffisante.
11:38Alors là, c'est la question à 100 dollars.
11:40Ça tombe bien, c'est le prix d'un baril.
11:41Vous êtes prêts l'un et l'autre ?
11:42La question à 100 dollars du soir.
11:43Bon, c'est parti.
11:44Pour l'économie mondiale, c'est quoi le pire ?
11:46Un baril à 100, 120 dollars,
11:47mais juste pendant 3-4 semaines,
11:49ou un baril plus bas, 30% plus bas,
11:5285 dollars, mais pendant des années ?
11:53C'est quoi le pire ?
11:57Gilles, Gilles, Gilles.
11:58Je n'allais pas vous échapper comme ça.
11:59Quelles seraient les raisons pour avoir un baril 30% plus bas ?
12:03Parce qu'aujourd'hui, le niveau...
12:0585 dollars, on y était hier.
12:06Oui, non, mais le prix du pétrole aujourd'hui,
12:11naturellement, le prix d'équilibre,
12:12il n'est pas à 85 dollars.
12:13Je ne suis pas spécialiste pétrole,
12:14mais ce qu'on vous dit, c'est qu'on ne manque pas de pétrole.
12:16On était en suroffre il y a encore quelques semaines.
12:18Donc la raison, c'est qu'est-ce qui fait qu'on est à 85 ou qu'on est à
12:21130 ?
12:24La réalité, c'est que si demain,
12:25on avait une résolution du conflit,
12:27et ça dépend, il faut voir ce qu'on entend par résolution du conflit,
12:31mais si on avait, on va dire, un Iran débarrassé de son régime politique actuel
12:38et qu'il reviendrait sur le jeu des marchés,
12:40on se retrouve avec beaucoup trop de pétrole.
12:41Et à ce moment-là, ce n'est pas 85.
12:42C'est 50.
12:43Ça serait 50, voire plus bas.
12:45Donc je ne suis pas sûr de comprendre la question,
12:48de dire 85 ou 130.
12:49Ce qu'il y a, c'est que si effectivement ça se durcit,
12:51on peut effectivement aller un peu plus haut.
12:53Ce qu'on voit, c'est quand même, c'est qu'il y a des...
12:57Moi, ce que ça m'inspire, c'est que ça vient renforcer
13:01une conviction et une nécessité,
13:03c'est de travailler sur les énergies de substitution
13:06et sur la souveraineté.
13:08Ça, si on avait encore des doutes,
13:10et on voit que l'Europe régulièrement,
13:12il y a des doutes qui montent parce qu'on se dit
13:13ça va un peu mieux et puis on ne veut pas faire les efforts,
13:16la réalité, c'est qu'il faut faire les efforts
13:18et que les énergies renouvelables,
13:20on peut en dire pique-pande,
13:21mais qu'on a besoin des énergies renouvelables.
13:22L'Espagne, aujourd'hui, ils n'ont pas vraiment de sujet
13:25avec les prix du pétrole parce qu'en fait,
13:27aujourd'hui, ils sont quasiment autonomes
13:30avec...
13:31Mais nous non plus, on n'a pas de gros sujets,
13:33nous les Français.
13:33Donc le sujet, c'est véritablement
13:36d'accélérer sur les énergies renouvelables,
13:37d'accélérer sur les réseaux.
13:38Et je pense que c'est vraiment
13:41un autre wake-up call sur le fait que
13:45il va falloir convaincre Georgia Méloni
13:47parce que Georgia Méloni, ce qu'elle dit,
13:49c'est attention, l'économie italienne
13:51avec les cours du gaz, c'est une grande économie industrielle
13:53encore l'Italie, les cours du gaz, ça fait très très mal.
13:55C'est une économie beaucoup plus carbonée que la nôtre.
13:57Et elle dit, pour essayer de soutenir nos industries
14:00face à la hausse des cours du gaz,
14:01il faut que la Commission européenne nous aide.
14:03Nous aide comment ? En assouplissant les quotas d'émissions de CO2.
14:06À court terme, oui.
14:08Parce qu'elle parle d'une mesure à court terme.
14:10Mais structurellement, il faut accélérer sur la réforme
14:15pour pouvoir travailler sur les réservoirs.
14:18Il y a d'énormes réservoirs hydrauliques dans les Alpes.
14:20Ils n'arrivent pas à se mettre d'accord
14:22pour les remettre en état
14:26et pour pouvoir augmenter leur capacité
14:28de réservoirs hydrauliques.
14:29parce que l'énergie hydraulique,
14:31les barrages hydrauliques,
14:32c'est vraiment les premiers
14:35et la manière la plus efficiente
14:37de stocker de l'électricité.
14:38Donc il faut faire ce travail-là
14:40et qu'aujourd'hui, il n'est pas fait
14:41parce qu'il y a des problèmes de régulation.
14:44On verra si de nouveaux barrages hydrauliques rouvrent.
14:46En attendant, Total Energy annonce rouvrir
14:48un champ pétrolier en Libye.
14:49Un champ pétrolier en Libye
14:51qui n'est pas le plus stable des États non plus.
14:53En l'occurrence, Olivier, comment on va faire là ?
14:54La souveraineté énergétique.
14:56Juste pour répondre à la question,
14:57moi, je préfère un baril à 60.
14:58Je préfère le baril à 60
15:00parce que du coup,
15:01c'est ce qui a été demandé aussi par Trump,
15:03c'est de pouvoir avoir un accès à l'énergie
15:05à bas coût, etc.
15:06Donc là, pour moi, pour celui-ci,
15:08je suis plus dans cette dynamique.
15:10C'était pas une option,
15:11c'était 85 plus 130.
15:12C'était 85 plus 130.
15:13Mais c'est bon, c'est de l'équilibre, je pense.
15:16Posez-vous cette question
15:17pour en faire un thème de débat
15:18auprès de vos amis tout au long du week-end.
15:20Vous serez la star de la soirée.
15:22Imaginez, vous êtes autour d'un bon verre
15:23comme ça, avec modération quand même,
15:24et vous dites à vos potes,
15:25voilà, tu as le choix,
15:26entre 100-120 dollars le baril,
15:28mais juste deux semaines,
15:29ou 85 dollars pendant un an,
15:31tu choisis quoi ?
15:32Qu'est-ce qui est moins pire
15:33pour l'économie mondiale ?
15:34Bref, la question est ouf.
15:35On est d'accord.
15:35Mais en tout cas,
15:36pour moi, c'est plutôt ça.
15:38Après, ce que j'ai peur aussi,
15:39c'est que par rapport aux énergies,
15:40là, il y a un coup de stress
15:41sur les marchés,
15:43autour du pétrole,
15:44et après, pour les énergies renouvelables,
15:46ça retombe un petit peu
15:47parce qu'avec la guerre
15:48qui se passait en Ukraine,
15:50les tensions sur l'inflation, etc.,
15:52ça a été un petit peu mis de côté,
15:54malheureusement.
15:54Et donc là, on revient en disant
15:56qu'effectivement,
15:57il faudrait s'en occuper.
15:58Mais ce qu'on oublie,
15:58c'est qu'il faut quand même
16:00du pétrole, de l'énergie,
16:01pas cher,
16:02parce qu'il faut raffiner
16:03tous ces métaux.
16:04Quand vous étiez sur la dynamique
16:08de rouvrir un champ de pétrole
16:10en Libye,
16:11effectivement,
16:12je reviens sur le point
16:13que vous avez cité tout à l'heure aussi,
16:15c'était de se dire
16:15qu'il faut peut-être être autosuffisant,
16:17il faut être capable
16:18de contrôler ses sources
16:19et peut-être parfois
16:20d'aller chercher trop loin.
16:21Effectivement,
16:22on s'expose
16:22à tous ces sujets
16:25de détroit,
16:26de route
16:28et de difficulté.
16:29– La géographie se venge
16:31en ce moment.
16:32– Exactement.
16:33– Vengeance géographique.
16:34Tout vient de l'histoire
16:35et tout revient à la géographie.
16:37Alors on va continuer
16:37d'évoquer ces thématiques.
16:38Bien sûr,
16:39il reste un quart d'heure
16:39jusqu'à la clôture des marchés.
16:41On entre dans la dernière ligne droite
16:42de cette scénation accélère.
16:44Et le CAC perd 0,8%.
16:46Donc 7,978 points.
16:47Pernod Ricard,
16:48désormais lanterne rouge là.
16:49Moins 5% Pernod Ricard.
16:50Oui, parce qu'il y a toujours
16:51la question des droits de douane quand même.
16:52Il ne faudrait pas les oublier cela.
16:54L'administration Trump
16:55vient de lancer
16:55une série d'enquêtes
16:56visant une douzaine
16:57de partenaires économiques majeurs
16:58dont l'Union européenne.
16:59Des enquêtes
17:00qui pourraient permettre
17:01à Washington
17:02d'ouvrir de nouveaux droits de douane
17:03ou prolonger
17:04les droits de douane
17:05de l'année qui vient de s'écouler
17:07malgré leur annulation
17:08par la Cour suprême.
17:09Voilà, la prolongation
17:10vous savez
17:13que l'administration Trump
17:14vient de lancer,
17:15on l'apprend aujourd'hui,
17:15une série d'enquêtes
17:16visant notamment l'Union européenne
17:18mais pas que.
17:19Le Japon et la Chine aussi.
17:20Résultat,
17:20des groupes très exposés
17:21comme Pernod Ricard
17:22souffrent et perdent,
17:23reperdent un peu de terrain,
17:24un peu plus de 5% de baisse
17:25aujourd'hui Pernod Ricard.
17:26Et puis à la hausse,
17:26on a les acteurs de la défense
17:28comme d'habitude.
17:28Thalès aujourd'hui
17:29dans le contexte
17:29qu'on ne cesse de décrire.
17:30Thalès gagne encore 3%.
17:32Également bien orienté,
17:33Air Liquide gagne à 1,8%.
17:35On en parle ce soir
17:37avec nos deux experts,
17:38Gilles Guibou
17:38et Olivier Lechevalier.
17:40Gilles,
17:41c'est vrai que l'Europe
17:42depuis le début de ce conflit
17:43souffre beaucoup plus
17:44que Wall Street.
17:46Qu'est-ce que ça dit ?
17:47Plus de dépendance énergétique
17:48ou l'Europe avait trop progressé,
17:50trop surperformé
17:51depuis le début de l'année ?
17:52Comment vous regardez
17:52cette dynamique-là ?
17:53D'un coup,
17:54Wall Street fait un peu mieux
17:55que l'Europe depuis 10 jours.
17:56Je pense qu'on en revient
17:57au point initial,
17:58c'est que l'Europe est par nature
18:00le marché le plus cyclique au monde.
18:03C'est le marché le plus ouvert
18:04sur le monde.
18:05Les entreprises ont plus de 50%,
18:07quand on regarde
18:08l'indice européen Eurostox,
18:10plus de 50% du chiffre d'affaires
18:11des entreprises européennes
18:13est fait en dehors de l'Europe.
18:16Donc, c'est les entreprises
18:17les plus en prise
18:19avec le commerce mondial.
18:20Il n'y a pas une autre zone
18:22qu'à ça.
18:23Les entreprises américaines
18:24ont quelques très grandes sociétés.
18:25On les connaît,
18:26les GAFAM,
18:26qui sont très internationales,
18:27mais la réalité de l'économie américaine,
18:29c'est qu'elle est très
18:30américano-centrée,
18:31comme les sociétés chinoises
18:32sont centrées sur la Chine.
18:35Et donc, effectivement,
18:37à un moment donné
18:38où on se pose des questions
18:40sur la croissance du PIB,
18:42parce que c'est ça dont on parle,
18:44sur est-ce qu'on ne va pas
18:45devoir remettre en cause,
18:46est-ce que ça ne va pas entraîner
18:47un ralentissement de la croissance,
18:49c'est normal d'avoir
18:51la composante la plus cyclique
18:52qui baisse un tout petit peu plus.
18:54Et en plus,
18:56comme vous l'avez dit,
18:57c'est celles qui souffrent
18:58assez directement,
18:59puisqu'elles souffrent
19:01des prix du gaz.
19:04Et du coup,
19:05dans ce contexte-là
19:05qu'on est en train de décrire,
19:06vous choisissez d'investir
19:08dans quoi ?
19:08Comment vous arbitrez
19:09les portefeuilles en ce moment ?
19:10Alors,
19:11c'est assez simple,
19:12quand on est gérant européen,
19:12on achète des sociétés européennes.
19:14Donc ça,
19:14ça ne change pas.
19:15C'est simple,
19:16mais pas forcément confortable.
19:16Maintenant,
19:18je crois qu'on avait déjà
19:19eu l'occasion d'en discuter.
19:21L'intérêt de ces sociétés européennes,
19:23c'est qu'en réalité,
19:24c'est des sociétés
19:24qui sont pour une très grande part
19:26d'entre elles,
19:27qui sont très globales.
19:29Et en réalité,
19:30quand vous achetez une société
19:31qui est basée à Paris,
19:33ou à Milan,
19:34ou en Allemagne,
19:36la réalité,
19:37c'est qu'il y a plein de sociétés
19:38pour lesquelles
19:39le chiffre d'affaires
19:40réalisé en Europe
19:41est minuscule.
19:42Vous prenez un pris smian,
19:45va faire plus de 50%,
19:46de son chiffre d'affaires
19:47aux Etats-Unis.
19:48Ça va être la même chose
19:48pour un publiciste,
19:49ça va être la même chose
19:50pour un Schneider.
19:52Ils sont très bien équilibrés.
19:55Finalement,
19:55quand on est sur ces sociétés globales,
19:57on arrive à mieux
20:00passer ces turbulences.
20:01Ça, c'est la première chose.
20:02C'est le paradoxe du marché
20:03parce qu'on dit souvent
20:04le MSCI World,
20:05c'est surtout Wall Street.
20:0670% du MSCI World,
20:07c'est Wall Street.
20:07Et vous, ce que vous dites,
20:08c'est que quand vous achetez l'Europe,
20:09en fait,
20:09vous achetez presque le MSCI World.
20:11Alors,
20:12on n'a pas la composante tech.
20:13On n'a pas la composante tech,
20:17en plus de ça,
20:18on a quand même une chose
20:19qui n'est quand même pas mauvaise
20:19pour ces sociétés-là.
20:21L'an dernier,
20:22la baisse du dollar
20:23leur avait coûté très cher.
20:25Dans cette phase-là,
20:25le dollar a plutôt
20:26tendance à se renforcer.
20:27Alors attention,
20:28année sur année,
20:29si on devait rester là
20:30où on est aujourd'hui,
20:30on serait quand même
20:31sur une petite perte
20:32puisque le dollar moyen
20:33sur 2025,
20:34c'est 1,13.
20:36Donc à 1,16,
20:36on a encore un petit effet
20:37de change négatif.
20:38Mais néanmoins,
20:38bien moins négatif
20:39que quand on était parti
20:40vers les 1,20
20:41et que certains évoquaient
20:42les 1,25.
20:42Donc ça,
20:43c'est plutôt pas mal
20:43pour ces sociétés-là.
20:45Donc c'est peut-être
20:47revenir sur ces sociétés
20:48internationales
20:49qui l'an dernier
20:49étaient celles
20:50qui avaient plutôt
20:50été délaissées en Europe.
20:53Ça, c'est la première chose.
20:54La deuxième chose,
20:55et je crois qu'on avait eu
20:56l'occasion d'en parler
20:57en début d'année,
20:57c'est surtout maintenir
20:58une bonne diversification
20:59parce qu'on le voit
21:01dans cette phase.
21:02Il y a quelques semaines,
21:03il ne fallait faire
21:04que des semi-conducteurs
21:06et de l'IA
21:07et on voit comment
21:08les choses se retournent
21:09assez vite
21:09et plus personne n'a regardé
21:10les boîtes de consommation durable.
21:13Et je vous disais,
21:13non, avoir un peu
21:14de consommation durable
21:14qui traite sous les multiples
21:15de moyen terme,
21:17ce n'est pas forcément mal
21:18et si jamais
21:19il y a un accident,
21:21finalement,
21:21on pourra amortir.
21:22C'était ringard
21:22il y a deux mois,
21:23c'est indispensable aujourd'hui.
21:24Ça permet d'avoir
21:25des portefeuilles équilibrées,
21:26ça permet de pouvoir naviguer.
21:28Encore une fois,
21:28ça dépend quel type
21:29de course on peut faire.
21:29Est-ce qu'on est sur
21:30une course au long cours
21:30ou est-ce qu'on est sur un sprint ?
21:33Quand on fait une gestion
21:33de moyen terme
21:34et qu'on est un investisseur,
21:36on est obligé
21:36de regarder au-delà
21:37des vagues.
21:38Et on est obligé
21:39de vous interroger
21:39sur les dividendes aussi
21:40parce qu'on va bientôt
21:41rentrer dans la saison
21:41des dividendes.
21:42Il faut y aller
21:42sur les valeurs à dividendes.
21:43Là, c'est en avril, mai
21:44qu'ils sont distribués
21:46ces fameux dividendes.
21:46Encore une fois,
21:47il faut regarder
21:48comment ces dividendes
21:49sont constitués.
21:50Les sociétés qui payent
21:51des dividendes
21:51sont des sociétés
21:52qui, souvent,
21:54sont des sociétés
21:54qui versent un dividende
21:55parce qu'elles n'ont pas
21:56la capacité
21:57ou la possibilité
21:58de réinvestir.
21:59Et donc, ça peut être
21:59des business
22:00qui n'ont pas nécessairement
22:00de croissance.
22:07capital parce que
22:08ça viendrait diluer
22:09les returns.
22:09Je pense notamment
22:10au secteur bancaire.
22:11Et dans le secteur bancaire,
22:13on a des sociétés
22:14aujourd'hui qui sont
22:14très, très, très bien
22:15capitalisées
22:16avec une activité
22:18sous-jacente
22:18qui, certes,
22:19se ralentit,
22:19mais qui reste encore
22:20un peu solide
22:21avec un coût du risque
22:22qui reste bas.
22:23Et donc, on peut
22:24s'intéresser aux dividendes
22:26dans ce cadre-là.
22:28Donc, les dividendes
22:28dans le secteur bancaire,
22:29pourquoi pas ?
22:30On a quelques acteurs
22:33qui sont très intéressants
22:34avec des dividendes
22:34qui ne comptent pas loin de 10%.
22:35Et les papes du dividendes
22:36en orange,
22:37Air Liquide aussi ?
22:38Alors, Air Liquide,
22:39le dividende n'est pas
22:39très élevé,
22:39mais vous avez des activités.
22:41Alors après,
22:42il peut y avoir
22:43des dividendes élevés
22:44parce qu'on a des craintes
22:45qui pèsent
22:46sur les modèles économiques
22:47parce qu'il y a des,
22:48notamment sur un certain
22:49nombre de sociétés
22:50qui sont exposées
22:50à de la régulation.
22:51Je pense à toutes
22:52les sociétés de jeux
22:55qui peuvent être,
22:56qui ont pu souffrir
22:58de hausses de taxes.
22:59La réalité,
23:00c'est qu'à court terme,
23:01on peut souffrir
23:01de hausses de taxes,
23:01mais néanmoins,
23:02il y a quand même
23:03des dividendes élevés
23:03et l'activité
23:04ne va pas disparaître.
23:05Vous parliez
23:05des acteurs des jeux,
23:06il se trouve qu'aux Etats-Unis,
23:08mais dans le monde entier maintenant,
23:08ce qui cartonne,
23:09c'est les marchés prédictifs.
23:10Les marchés prédictifs
23:12avec cette guerre
23:12au Moyen-Orient
23:13peuvent-ils même
23:14servir à spéculer
23:15sur des vies humaines ?
23:17En fait,
23:17le développement actuel
23:18de ces fameux marchés prédictifs
23:19permet de parier
23:20sur à peu près tout.
23:21Vous pouvez même anticiper
23:22ou parier sur le retour
23:24de Jésus-Christ,
23:24il n'y a pas de problème.
23:25Regardez,
23:25ça rapporte 3%, ça.
23:27Rendement de 3%
23:28sur un retour de Jésus-Christ.
23:33macabre.
23:35Des initiés,
23:35par exemple,
23:36parviennent à tirer profit
23:38d'informations classifiées.
23:39On l'a vu
23:39sur la capture de Maduro
23:41au mois de janvier.
23:41Il y a eu des délits d'initiés
23:42sur les plateformes
23:44de prédictifs
23:44liées à cette capture
23:46de Maduro.
23:47Et aujourd'hui,
23:47donc,
23:47sur des vies humaines
23:48avec cette guerre
23:49au Moyen-Orient
23:49sur laquelle il y a
23:50plein de paris réalisés
23:51sur les plateformes
23:51de marchés prédictifs.
23:52Antoine ?
23:53Pas mal que les autorités américaines
23:55se consacrent à la chose
23:57parce que je remarque quand même
23:58que sur les réseaux sociaux
23:59et même pas mal
24:00d'analystes financiers
24:02se fient aux probabilités
24:05qui sont sur Polymarket,
24:08Calchi,
24:08je crois qu'elles appellent
24:09l'autre grosse plateforme.
24:12Est-ce qu'on imagine
24:12des analystes financiers
24:14sérieux chez nous,
24:15chez Exxon,
24:15chez les grosses sociétés
24:18de bourse,
24:19se fier au sondage
24:21qu'il y a sur BetClick ?
24:23Enfin,
24:23on en est là.
24:24On en est là.
24:25Et ça devient
24:26autoréalisateur.
24:27Si vous avez un pari
24:28sur tel scénario
24:29sur la guerre au Moyen-Orient,
24:30ça va inciter peut-être
24:31les marchés
24:31à pousser tel scénario
24:32et peut-être derrière
24:33des acteurs politiques
24:33à épouser la courbe.
24:35Totalement.
24:35Mais est-ce qu'on va se mettre
24:37aussi à croire
24:38à des sondages
24:39d'ordre politique
24:40qui pourraient sortir
24:41des sites de Paris en ligne ?
24:43Juste pour éviter
24:44toute confusion,
24:45quand je pensais au jeu,
24:46je pensais plus
24:46aux loteries nationales.
24:47On a changé de sujet.
24:50Non,
24:51mais on est en plein
24:53sur ces interrogations.
24:54Le sujet est
24:56super intéressant en tout cas.
24:58Une récente étude
24:59montre qu'un tiers
25:00des Américains
25:01de moins de 30 ans,
25:02un tiers,
25:03regardent quasi quotidiennement
25:04les plateformes
25:05de marché prédictif.
25:06C'est complètement fou.
25:07Oui,
25:07et puis les algorithmes
25:09et les robots de trading
25:10ont aussi un œil
25:11sur ces plateformes-là
25:12pour réaliser leurs ordres.
25:14Enfin,
25:14tout ça est très lié,
25:16très intriqué.
25:17Et ça a quelque chose,
25:18alors,
25:19on peut toujours ouvrir
25:20les boîtes de Pandore
25:21et jouer les cassantes,
25:22mais au moins
25:22qu'on s'y intéresse
25:23un petit peu
25:23dans un fonctionnement
25:24normal de marché,
25:26c'est quand même
25:27quelque chose
25:27d'assez questionnant.
25:29Les démocrates poussent
25:30un projet de loi
25:30justement pour réguler
25:31beaucoup plus fort
25:32ces plateformes
25:32de marché prédictif
25:33donc qui sont en train
25:34de parier aussi
25:35sur la suite
25:35de cette guerre en Iran.
25:36Olivier,
25:37voilà,
25:38je ne sais pas
25:38ce que ça vous inspire
25:38ou n'inspire pas d'ailleurs,
25:39ça peut me prendre.
25:41Là,
25:42moi,
25:43je suis toujours
25:43du côté entreprise
25:44donc du coup,
25:45c'est vrai que la difficulté,
25:47je ne suis pas sûr
25:48qu'une entreprise lambda
25:50soit arrivée
25:51sur un œil
25:52et pourra peut-être
25:52le regarder
25:53mais les algorithmes,
25:54je rejoins Antoine,
25:56c'est vrai que
25:58on l'a vu sur l'argent
25:59récemment
25:59quand il y a eu
26:00une personne
26:01qui s'est retiré
26:03ces 20 millions
26:03sur le marché
26:04de l'argent
26:04qui a été peu profond
26:05etc.,
26:05les algorithmes
26:06ont continué
26:07à vendre,
26:07à enchaîner
26:08et du coup,
26:09le marché ne s'est pas
26:09stoppé effectivement.
26:10Donc ça,
26:11ce sont des sujets
26:12algorithmes
26:13et on de trade.
26:15On en est où
26:15sur le pétrole ?
26:16Il est 17h29
26:17dans 6-7 minutes
26:18de la clôture en Europe.
26:19Sur le pétrole,
26:19on est toujours
26:20à 100 dollars
26:20pour le baril de Brent
26:21aujourd'hui
26:22et ça y est,
26:24des compagnies aériennes
26:25arrivent.
26:26Aujourd'hui,
26:27c'est Air France Calem
26:27qui annonce une hausse
26:29des billets de 50 euros
26:30sur les longs courriers
26:31à partir du 11 mars prochain
26:32en classe économique.
26:3350 euros d'euros
26:34des tarifs
26:35parce que ça leur coûte cher
26:35aux compagnies aériennes
26:36tout ce qui est en train
26:37de se dérouler,
26:37la hausse des cours du pétrole,
26:38du kérosène.
26:39Exactement.
26:41En fait,
26:41là,
26:42je voulais rebondir,
26:43c'était un très bon sujet
26:43parce que c'est vrai
26:44que ça fait partie
26:44des sociétés américaines,
26:47ça leur coûte
26:48280 millions de dollars
26:49par semaine
26:49sur les quatre principales.
26:50On peut répéter,
26:54oui, exactement.
26:55Donc, on a un potentiel
26:57à 11 milliards 6,
26:58quelque chose comme ça.
26:59Et en fait,
27:00on en parle pour les sociétés
27:04européennes de vol.
27:05Bon,
27:07très bien soit,
27:07mais elles ont quand même
27:08dans leur culture
27:08une couverture des risques,
27:10en tout cas en interne.
27:11Chose qui n'est pas forcément
27:12faite aux US
27:13parce que du coup,
27:14le cash is king
27:15et du coup,
27:16c'est la valeur principale.
27:17Donc, typiquement,
27:18sur ces sujets-là,
27:20c'est un peu comme
27:21le baril vient juste
27:22de monter,
27:23hop,
27:24tout de suite à la pompe,
27:25ça se ressent,
27:262 euros.
27:26Là, je pense qu'il y a aussi
27:27un peu de l'effet
27:29où effectivement,
27:30ils anticipent
27:30et du coup,
27:31ils montent leur prix
27:31immédiatement.
27:32Sauf que les sociétés américaines,
27:33elles,
27:34vont vraiment avoir
27:35des difficultés
27:35parce que là,
27:36elles ont commencé
27:37à annoncer aux consommateurs
27:39que ça allait être
27:39beaucoup plus cher
27:40en termes de billets d'avion
27:41et pour les compagnies low cost,
27:43ça va être compliqué aussi.
27:44On risque de ne pas avoir
27:44beaucoup d'Américains
27:45en Europe cet été
27:46entre la hausse des prix
27:47des billets d'avion
27:47et puis la baisse du dollar
27:48depuis quelques mois
27:49face à l'euro.
27:50Est-ce que vous vous dites,
27:50Gilles,
27:51parce que vous êtes,
27:51encore une fois,
27:52responsable des actions européennes
27:53chez BNP Paris-Bahem,
27:55est-ce que vous vous dites
27:55que les compagnies aériennes
27:57européennes,
27:58quelque part,
27:59peuvent tirer
27:59les marrons du feu
28:00parce que pendant ce temps,
28:01les compagnies émiratis
28:02ne sont pas complètement
28:03clouées au sol,
28:03mais enfin,
28:03quand même,
28:04beaucoup d'avions clouées au sol.
28:05Est-ce que les compagnies européennes
28:05peuvent restaurer
28:06comme ça des lignes directes
28:07entre l'Europe et l'Asie
28:08sans faire poser leur avion
28:09à Dubaï ou voilà ?
28:11Est-ce qu'elles peuvent reprendre
28:12des parts de marché
28:12à ces compagnies aériennes ?
28:13Encore une fois,
28:13dans une optique
28:14de trading court terme,
28:16elles peuvent avoir
28:17une opportunité
28:17puisque vous avez
28:18moins de concurrence,
28:19vous avez une partie
28:20de l'offre de siège
28:22qui disparaît
28:23et donc ça,
28:24elles peuvent effectivement
28:25sans doute en profiter.
28:28Mais c'est ce qui fait
28:29la différence entre
28:29faire un investissement
28:31on va dire
28:32à court terme
28:33et être un investisseur
28:33de moyen terme.
28:34À moyen terme,
28:36structurellement,
28:36les compagnies aériennes
28:38restent un marché
28:41difficile
28:42avec des barrières d'entrée
28:43finalement qui ne sont
28:43pas si élevées que ça.
28:46On voit que
28:46ce n'est pas très compliqué
28:47de pouvoir créer
28:49des nouvelles capacités
28:50d'offre de siège
28:51et donc c'est un secteur
28:53sur lequel
28:55nous,
28:55on n'est pas forcément
28:56à l'aise
28:57pour investir
28:57de manière durable.
28:59Après,
28:59à court terme,
29:00il y a sans doute
29:01effectivement une opportunité
29:02pour essayer
29:04de monétiser.
29:04Mais court terme,
29:05c'est très important
29:06de le souligner.
29:07Évidemment,
29:08l'agroalimentaire aussi
29:09risque d'être concerné
29:09par le blocage
29:10du détroit d'Hormous
29:11qui se poursuit ce soir.
29:13Beaucoup d'engrais,
29:1330% des engrais azotés
29:15à l'échelle mondiale
29:15passés par ce détroit,
29:16désormais ils sont bloqués.
29:18Ça va devenir aussi
29:19un sujet agroalimentaire
29:20la crise en cours
29:20au Moyen-Orient, Olivier.
29:22Pour le moment,
29:22c'est vrai que les engrais
29:23sont passés
29:24à 630 dollars la tonne.
29:27On vient quand même
29:28d'un univers
29:28où on était plutôt
29:29dans les 300,
29:30400 dollars.
29:32Et effectivement,
29:34mais vous voyez
29:34que le cours du blé
29:35n'a pas monté
29:35de manière,
29:36n'a pas suivi encore.
29:38En général,
29:39lors de la guerre en Ukraine,
29:40les cours étaient montés
29:41relativement haut
29:41sur le blé.
29:42Il faut dire que l'Ukraine
29:43en produit beaucoup.
29:43Exactement.
29:44Ce qui est moins le cas
29:44des Émirats.
29:45Voilà, exactement.
29:46Mais du coup,
29:46ils ont vraiment
29:47tout ce qui est phosphate,
29:50urée, etc.
29:51Donc c'est vrai
29:51que c'est important.
29:52Mais je pense que ça va
29:53être un retardement
29:54et je pense que ça,
29:54ça se jouera sur la durée.
29:56On va voir aussi
29:57si on s'achète du temps.
29:58Et à suivre le destin
29:59des usines de dessalement d'eau
30:00aussi dans cette région
30:01du Moyen-Orient
30:02puisque 90% de la consommation
30:04dans les Émirats d'eau
30:05vient des usines de dessalement.
30:06Elles ont fait leur fortune
30:07sur le pétrole
30:07et sur l'eau aussi.
30:08L'eau potable
30:09grâce à ces usines de dessalement.
30:10Sauf que s'il y a des marées noires
30:11avec les attaques
30:12sur les pétroliers,
30:13les marées noires,
30:14ça va boucher les tuyaux, etc.
30:15Ça va être compliqué
30:16de dessaler de l'eau de mer.
30:17Et par ailleurs,
30:17ces usines restent la cible
30:18bien sûr des Iraniens.
30:19On continue de parler
30:20de tout ça, bien sûr.
30:21On reste au contact
30:22des marchés,
30:23du prix que les marchés
30:24donnent à ce conflit,
30:25au pétrole surtout,
30:26au gaz aussi,
30:26dont les cours ont progressé
30:27de 50% en quelques jours.
30:29Le Brent actuellement
30:29est à 100 dollars.
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