- il y a 2 jours
Ce jeudi 19 mars, Alexandre Baradez, chef analyste chez IG, et Patrick Barbe, responsable de l'investissement obligataire Investment grade en Europe chez Neuberger Berman, se sont penchés sur la volatilité des marchés qui retombent dans le rouge avec la flambée des cours du pétrole et du gaz, les perspectives de marché face à la guerre, et la BCE qui relève ses prévisions d'inflation, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03Nos experts du club, ils viennent de nous rejoindre à l'instant.
00:06Alexandre Baradez, chef-analyste d'IG.
00:08Bonsoir Alexandre.
00:09Bonsoir Guillaume.
00:10Bienvenue.
00:10Et Patrick Barbe, bonsoir Patrick.
00:12Bonsoir Guillaume.
00:13Bienvenue également, responsable de la gestion billétaire européenne chez Neuberger.
00:17Alors, comment on prononce ?
00:18Neuberger.
00:18Neuberger, voilà, Berman.
00:19On est bien, on est ensemble.
00:21Et bienvenue Patrick sur ce plateau.
00:23Les marchés, les indices donc souffrent beaucoup.
00:26Aujourd'hui, le CAC perd 1,6%.
00:27Il perdait encore plus tout à l'heure, il perdait 2%.
00:30À Francfort, évidemment, il y a beaucoup de valeurs industrielles en Allemagne.
00:33Valeurs industrielles qui subissent la hausse des cours de l'énergie.
00:36ThyssenKrupp, par exemple.
00:38ThyssenKrupp, c'est l'ArcelorMittal allemand.
00:39ThyssenKrupp perd 7% en ce moment.
00:42Dans la chimie, BASF perd 4% en ce moment.
00:45Et le DAX, en Allemagne, signe une des plus fortes baisses en Europe.
00:48Moins 2,6% en ce moment.
00:51Alexandre, cette réaction des indices à la hausse des cours de l'énergie,
00:54elle vous semble encore finalement modérée ?
00:57Ça pourrait être pire.
00:57Ou elle vous semble nous amener là désormais vers le point bas de cette séquence ?
01:02Au niveau européen, on a quand même une correction qui est pas mal avancée.
01:05On ne peut pas dire qu'on attend encore 10 ou 15% de correction.
01:08On attendait, avant l'intervention de l'Iran,
01:10une espèce de catalyseur qui pouvait faire respirer un peu
01:12cet enseignement qui était un peu tendu.
01:14Les bancaires, des secteurs qui avaient vraiment très largement performé.
01:17Et des indices aussi globaux en Italie, en Espagne,
01:20qui avaient connu plusieurs mois de hausse sans grande respiration.
01:23Donc, la question iranienne est venue offrir un argument, un alibi à ceux qui cherchaient à prendre un petit peu
01:27leurs gains.
01:28Et on comprend aussi pourquoi l'Europe est plus touchée.
01:30Il suffit de regarder les différences de cours de gaz.
01:32Par exemple, vous regardez le cours du gaz naturel en Europe.
01:34Ce matin, c'est plus de 30% sur le contrat un mois, donc un futur un mois.
01:39Aux Etats-Unis, ça ne bouge pas du tout.
01:40Le prix du gaz naturel est complètement stable.
01:42Parce que les Etats-Unis sont un gros pays producteur de gaz naturel.
01:46Alors que l'Europe ne l'est pas.
01:47Donc, c'est là qu'on voit et on comprend très bien pourquoi les valeurs européennes
01:51de certains secteurs chimiques, même ArcelorMittal, très dépendants des coûts de l'énergie,
01:55sont beaucoup plus à la baisse que certaines valeurs américaines.
01:58Et puis aussi ce phénomène de toujours un peu de valeurs refuge,
02:00même si les Etats-Unis sont à l'origine du mouvement des interventions militaires en Iran.
02:04Historiquement, quand la géopolitique s'invite à la table des marchés,
02:07les actifs américains sont plutôt résilients.
02:09Le dollar est recherché.
02:11Mais pour répondre à la question, je trouve en revanche qu'autant sur l'Europe,
02:14ça a déjà pas mal avancé, autant sur les Etats-Unis,
02:16le marché est peut-être un peu trop sûr.
02:19Ou alors, il est à la limite de faire quelque chose.
02:21Mais je trouve encore une fois que les degrés de correction qu'on a sur les indices,
02:24comme le SP500, sont trop peu suffisants.
02:26Sachez encore une fois que l'Iran, quand on regarde un graphique du SP500 sur plusieurs mois,
02:30la hausse s'était déjà arrêtée pendant plusieurs mois.
02:33Et l'Iran vient juste faire basculer un peu,
02:35et faire peser un peu de poids sur la partie droite.
02:37Mais ça fait déjà des mois qu'on avait des thèmes taxes commerciales
02:40et d'autres thèmes, inflation, taux de la fête qu'on ne peut pas baisser, etc.,
02:43qui empêchaient le marché de monter.
02:45Donc c'est là que je trouve que le choc iranien devrait provoquer
02:49ce qu'on appelle la fameuse capitulation.
02:51À un moment donné, on latéralise, on capitule.
02:53Et pour moi, il manque cette capitulation.
02:54Mais oui, mais les Etats-Unis produisent du pétrole.
02:56Il y a quelques jours, il ne l'a pas répété depuis,
02:58mais il l'avait dit un jour, Donald Trump, il y a une grosse semaine,
03:01avait expliqué, non mais la hausse des cours du pétrole,
03:02ce n'est pas un souci, puisqu'on le produit nous aussi le pétrole.
03:04Donc à la limite, ce n'est pas si mauvais que ça.
03:05Il l'a dit une fois, il ne l'a pas trop répété,
03:07parce que les consommateurs américains quand même subissent
03:09la hausse des cours de l'essence.
03:09Mais voilà, c'est vrai, l'économie américaine est quand même
03:11un peu moins exposée que l'économie européenne à ce qui se passe.
03:14C'est vrai que Wall Street souffre beaucoup moins
03:16que les indices européens.
03:18En gros, vous savez, les Américains, ils disent
03:20le dollar, c'est notre monnaie, votre problème.
03:22Là, la guerre, c'est notre guerre, votre problème.
03:25On en est là, Patrick, effectivement ?
03:27Je pense, comme vous le soulignez aujourd'hui,
03:29que les marchés financiers ont peut-être tenu compte
03:33de tous ces déséquilibres qu'il y a entre les différentes zones,
03:35et que lorsqu'on regarde les marchés à terme aujourd'hui,
03:38à la clôture, on anticipe sur les matières premières énergétiques
03:42plus de trois mois de fort niveau de prix.
03:45Alors, ça revient à la question que vous évoquiez,
03:47c'est que trois mois, c'est beaucoup pour un conflit
03:50qui était a priori à ne pas durer.
03:52Après, peut-être qu'on en reparlera,
03:53mais ce que je veux dire, c'est que trois mois,
03:55c'est un scénario qui est un scénario déjà assez prudent
03:59pour les marchés financiers et qui explique peut-être
04:02qu'on est plutôt sur une phase de stabilisation.
04:04parce qu'anticiper que le conflit va durer trois mois
04:06avec les incidents qu'on voit aujourd'hui,
04:08ça paraît tout de même plutôt…
04:10Je ne dis pas que ça va rebondir,
04:12mais je pense qu'on a fait une première étape,
04:15déjà, d'évaluation de quel peut-être
04:17le mauvais scénario pour l'Europe.
04:20Évidemment, maintenant, ce qu'il va falloir voir,
04:21c'est les dégâts.
04:22Autant peut-être le conflit au sens des trois dormous,
04:26énergie, et peut-être pas aussi long que le conflit iranien lui-même.
04:29Peut-être qu'on peut trouver des solutions,
04:30parce que tout le monde a intérêt à ce que le pétrole passe par le décroi d'Hormoz.
04:34L'Iran, la première.
04:36Donc, ce que je veux dire, c'est que pour nous,
04:37pour les marchés financiers,
04:38on est peut-être dans une zone intermédiaire maintenant
04:40pour savoir où est-ce qu'on va aller dans le mois qui vient.
04:42Et c'est vrai qu'on est sur la bascule, là,
04:44parce que depuis deux, trois semaines,
04:46on n'arrête pas de dire,
04:47mais les analystes, les investisseurs,
04:50la géopolitique, tout le monde,
04:51que la clé de ce conflit, c'est sa durée.
04:53Un baril de pétrole à 100 dollars ou à 120 dollars,
04:56ce n'est pas la même chose si ça dure un mois
04:57ou si ça dure deux ans, quoi.
04:59Est-ce que là, justement, la question n'est pas en train de changer ?
05:01L'inconnu de l'équation n'est pas en train de changer,
05:03à savoir que la nuit dernière,
05:05l'Iran a attaqué des infrastructures majeures,
05:07des infrastructures majeures,
05:08et ils les ont attaqué massivement,
05:10au point que le Qatar explique qu'il faudra 3 à 5 ans pour les réparer.
05:13Ça, c'est nouveau.
05:14D'autres installations commencent aussi à être attaquées
05:17plus sérieusement par l'Iran.
05:18Israël a attaqué des installations gazières,
05:21hier, de façon massive également.
05:22Bref, on vient s'attaquer plus directement
05:24au cœur énergétique du monde,
05:25les infrastructures elles-mêmes.
05:28Réparer les infrastructures, ça peut prendre du temps.
05:29Et donc, la nouvelle question, la nouvelle inconnue,
05:31plus que la question de la durée de ce conflit,
05:33c'est de savoir combien de dégâts.
05:35Parce que même si le conflit s'arrête dans une semaine,
05:37si entre-temps, on a détruit la moitié des installations,
05:40ça va être très compliqué de tout redémarrer.
05:41Ça prendra des années.
05:42Et donc, cette question du prix, de la rareté même,
05:44des ressources restera posée,
05:46même quand la guerre sera finie, Alexandre.
05:47C'est ce qu'a déclaré aujourd'hui le président de Qatar Energy,
05:50donc une grosse entreprise qatariste sur la partie gaz,
05:53en expliquant qu'effectivement 3 à 5 ans pour réparer les dégâts.
05:55Et ça a touché 17% des capacités de production.
05:58Donc, c'est quand même considérable.
06:00Et sachant que d'autres pays, Koweït également, qui ont été visés,
06:02tout à l'heure, on a encore vu, juste avant le plateau,
06:04des tirs vers des raffineries à Haïfa, donc en Israël.
06:08Donc, on voit qu'ils ne s'arrêtent pas.
06:10Et c'est vrai que, très clairement, nous, c'est un argument qu'on mette en avant
06:13en disant, attention, il y a certes une asymétrie énorme
06:15de moyens militaires, États-Unis-Iran,
06:17mais même, et c'est ce que Pete Exet déclarait de manière un peu arrogante,
06:2190% de moins de tirs de l'Iran depuis le début du conflit,
06:24il y a quelques jours, mais il suffit, on le voit très bien,
06:27de quelques projectiles qui passent les pare-feux et autres,
06:30et puis vous arrivez sur des installations clés,
06:33et même 5% de missiles, même 1% de missiles,
06:36peut suffire à faire des dégâts.
06:38Donc, c'est ça qu'on est en train de voir.
06:40Alors, on a quand même eu des petites phrases du ministère iranien,
06:43des, je crois que c'est des affaires étrangères,
06:45je me trompe pas d'être, en tout cas, un responsable iranien,
06:47qui indiquait que c'était pas une déclaration d'escalade.
06:52Il disait, voilà, on a frappé les installations énergétiques d'autres pays
06:55en retour des frappes qui ont eu lieu il y a quelques jours sur les nôtres.
06:58Donc, en gros, si on n'observe pas de nouvelles frappes sur nos installations,
07:02il n'y aura pas d'autres frappes de notre part.
07:04Donc, on voit qu'il y a quand même une espèce de langage
07:06qui peut être audible de la part des Israéliens et des Américains.
07:09La question, c'est quels sont les projets militaires aussi ?
07:11Est-ce qu'on a fait tout ça pour en arriver là et s'arrêter et repartir ?
07:14Ou est-ce qu'il y a une volonté d'aller plus loin en Iran, de changer le régime ?
07:16Et le même ministre des Affaires étrangères iranien ajoute
07:19qu'on pourrait de toute façon envisager une fin de la guerre
07:21que si, entre autres conditions, il y avait un dédommagement
07:24pour les infrastructures civiles iraniennes endommagées.
07:28Bon, on n'en est pas là, on n'est pas encore au bout de ce conflit.
07:32Comment on voit les choses, là ?
07:33Par exemple, le baril de Brent est à 110 dollars aujourd'hui.
07:35Elle est où, la limite, à la hausse ?
07:37On est à 110, on n'est pas à 150 encore.
07:40150, c'est la limite ?
07:41Comment vous voyez, d'un point de vue graphique, le potentiel, Alexandre ?
07:44Là, l'aspect graphique compte pas en ce moment.
07:47Autant il est fausse où les graphiques,
07:48quand il y a une volatilité qui est maîtrisée,
07:49on a des niveaux qui sont intéressants.
07:51Là, il suffit effectivement d'une frappe quelque part
07:52et le baril peut aller à 110, 120 dollars.
07:54Historiquement, on est monté dans les zones à 150.
07:56C'était juste avant la crise des Suprême, en 2008.
07:58Donc, on a déjà touché ces zones-là,
08:00un peu au-delà de 120 pour le WTI post-invasion de l'Ukraine.
08:03Donc, ça peut bouger.
08:05Mais c'est vrai que les banquiers centraux nous ont fait comprendre,
08:07à la fois Jérôme Pauhlière et Christine Lagarde aujourd'hui,
08:10c'est que tout va dépendre de la durée de tout ça.
08:14Et il est possible que même la BCE est peut-être un peu surjouée
08:16au niveau de ses anticipations,
08:18c'est-à-dire les anticipations d'inflation qui remonteront à 2,7.
08:20En dehors d'énergie, je ne vois pas des facteurs fondamentaux
08:22qu'ils pourraient faire si ça s'arrête en deux mois
08:24que l'inflation arrive à 2,7.
08:26Et donc, voilà, les banquiers centraux quand même
08:27dans une condition très inconfortable.
08:31Ils se sont exprimés.
08:32La Banque Centrale Européenne, certes, annonce un statu quo aujourd'hui,
08:34mais Patrick relève vraiment fortement sa prévision d'inflation.
08:37Jusqu'ici, pour cette année, elle attendait 1,9% d'inflation.
08:39Elle relève à 2,6%.
08:41Pour les marchés financiers,
08:43on regarde bien sûr plutôt l'inflation de base,
08:46c'est-à-dire hors énergie et hors alimentaire.
08:48Parce que si la Banque Centrale a une politique monétaire
08:50qui peut être efficace,
08:52ce n'est pas pour lutter contre le prix de l'énergie.
08:54Ce qu'elles doivent regarder, c'est quelle est la diffusion
08:56de la prise de l'énergie dans toute l'économie,
08:58ce que vous évoquiez tout à l'heure l'un et l'autre.
08:59Et donc, c'est ce qu'elle a regardé.
09:00Et là, elle a relevé sa prévision pour cette année que de 0,1%.
09:04Parce que c'était exactement ce que vous évoquiez tout à l'heure,
09:06c'est qu'il ne faut pas oublier le contexte actuel
09:09qui n'était pas non plus exceptionnel
09:10en termes de croissance économique pour la zone euro.
09:13Et quand les économistes étaient positives pour 2026,
09:16pour l'économie européenne,
09:17c'était par le biais de la consommation qui allait augmenter
09:19parce que l'épargne avait beaucoup augmenté.
09:21Avec la hausse des prix de l'essence,
09:23je ne suis pas convaincu que la consommation des Français,
09:25des Européens va être forte d'ici l'été.
09:28Donc, le scénario économique va rattraper aussi celui de l'inflation.
09:31Et je rappelle qu'à court terme,
09:34les marchés, par rapport à votre question,
09:35ont d'abord comparé la situation d'aujourd'hui avec 2022.
09:38La première étape, ce n'est pas dire où va le prix du baril.
09:41C'est surtout, parce qu'à l'époque,
09:43ce n'était pas le baril, souvenez-vous, c'était le gaz.
09:45Et ensuite, tous les produits agricoles,
09:47souvenez-vous, avec l'invasion russe en Ukraine.
09:50Et donc, aujourd'hui, on n'est pas dans cette situation.
09:52Pour répondre à votre question,
09:53l'économie européenne, elle est plus liée à l'ensemble des prix
09:56comme le gaz et les prix agricoles que le pétrole.
09:59Alors, le pétrole joue, bien entendu, beaucoup,
10:01mais ce n'est qu'un élément.
10:02Et donc, par rapport à 2022,
10:04on est dans un scénario, pour l'instant,
10:06qui n'est pas aussi grave qu'en 2022.
10:08En 2022, il y avait eu ce qu'on appelle un choc d'offres.
10:11La crise dont vous parlez,
10:12elle n'amène pas pour l'instant un choc d'offres pour la zone euro.
10:14Pour la Chine, pour les pays d'Asie, oui.
10:16Eux importaient essentiellement de plus de 3 d'Ormousse.
10:19Pour nous, c'est un choc de prix
10:21sur les matières premières énergétiques,
10:24ce qui est un vrai problème, évidemment,
10:27comme vous le soulignez,
10:28mais ça n'est pas comparable à 2022 pour l'instant.
10:30D'accord, mais est-ce vraiment le point de vue de la BCE ?
10:32Quand on écoute Christine Lagarde,
10:34certes, un statu quo monétaire annoncé aujourd'hui,
10:36mais la BCE relève fortement sa prévision d'inflation.
10:39Et tout à l'heure, on était avec Gilles Mouek,
10:40le chef économiste du groupe AXA,
10:41il nous disait qu'elle relève sacrément sa prévision d'inflation,
10:44mais en plus, elle sera peut-être amenée à la relever encore.
10:47Pourquoi ?
10:48Parce que sa prévision d'inflation,
10:49elle se base sur un pétrole qui était monté à l'époque à 90 dollars,
10:52quand elle a arrêté sa nouvelle prévision.
10:54On est maintenant à 100-110.
10:55Donc, il dit qu'elle est peut-être encore conservatrice,
10:58sa nouvelle prévision d'inflation.
10:59Oui, mais à condition que les prix se maintiennent.
11:01L'inflation, encore une fois, on rappelle,
11:02c'est un cycle,
11:03et vous vous rappelez le très juste titre,
11:04le cycle d'inflation précédent,
11:06le pétrole, le cycle d'ose du pétrole,
11:08elle avait démarré depuis le creux, le point bas touché,
11:11juste post-Covid, quelques mois après,
11:12et le pic, c'était en 2022, post-évasion de l'Ukraine.
11:15On avait eu un cycle de rebond des prix du pétrole,
11:17quasiment pendant deux ans,
11:19donc de manière quasi ininterrompue,
11:21et sur d'autres matières premières également.
11:22Plus des salaires qui progressaient,
11:24et plus les effets bilanciels des banques centrales,
11:26qui avaient doublé la taille de leur bilan,
11:27donc il y avait toute une boucle de soutien
11:29et de consommation massive,
11:31qui avait généré cette inflation.
11:32Là, Christine Lagarde, par exemple, a appelé,
11:34je crois que c'est Christine Lagarde qui a appelé,
11:36les États, en gros, attention au niveau des soutiens budgétaires.
11:39Elle a conscience de ça,
11:40c'est en gros, oui, si les consommateurs souffrent un peu,
11:42mais il ne faut pas que ce soit,
11:44et de toute façon la France n'a pas les moyens non plus,
11:46mais pas de soutien budgétaire massif
11:48pour contrer un peu ces effets-là,
11:49parce que ça, c'est le genre de choses
11:50qui pourraient, en revanche, alimenter un peu l'inflation.
11:52Mais ce que rappelait la Banque d'Arrèglements Internationaux
11:54il y a quelques jours,
11:55elle disait, voilà, on ne peut pas répondre
11:57à un choc d'offres temporaire
11:59par des hausses de taux.
12:00Et je pense qu'aucun des banquiers centrales ne veut le faire,
12:02et c'est pour ça que je pense qu'il y a un peu de,
12:03enfin, pas une guidance,
12:04mais une façon de, une forme de rhétorique actuellement,
12:06à la fois chez Jérôme Paul hier
12:08et aujourd'hui chez Christine Lagarde,
12:10de parler un peu de ce risque.
12:11Hier, Jérôme Paul l'a un peu abordé,
12:13cette discussion qui revenait un petit peu
12:15sur faut-il relever les taux à un moment donné ou pas.
12:17On a l'impression que c'est aussi une manière
12:18de, peut-être, par des effets de rhétorique,
12:21de limiter peut-être un petit peu les effets
12:23sans avoir à faire sur la partie taux
12:25et la partie bilancielle pour l'instant,
12:26mais une rhétorique plus musclée.
12:27– Je comprends, mais Gilles Mouèque, le même,
12:29donc d'Axane, nous disait,
12:30le problème, c'est que, l'autre problème,
12:32c'est que la BCE relève sa prévision d'inflation
12:33fortement pour cette année du fait des prix de l'énergie,
12:36alors que le pétrole n'était pas encore à 110 dollars
12:38comme il l'est aujourd'hui quand elle a créé,
12:40écrit sa nouvelle prévision,
12:42mais en plus, nous dit-il,
12:43cette nouvelle prévision d'inflation,
12:44elle tient compte du fait que le marché
12:47anticipe deux hausses de taux cette année.
12:48C'est-à-dire que même avec deux hausses de taux,
12:50la BCE pense que si elle relevait deux fois
12:52ses taux cette année,
12:53l'inflation serait de 2,6%.
12:55– Mais l'inflation dont vous parlez,
12:56c'est l'inflation totale,
12:58et le prix de l'énergie,
12:59vous pouvez monter les taux comme vous voulez,
13:01ça ne changera rien sur les prix de l'énergie.
13:02Je reviens à ce qu'on disait,
13:03c'est le prix de base,
13:04l'inflation de base,
13:05qu'elle ne relève que de 0,1%.
13:06– Elle relève quand même.
13:07– Donc ça veut dire qu'elle a une vision
13:09un peu plus constructive,
13:10au sens que la demande,
13:12parce qu'elle a aussi dit
13:13qu'elle voyait un risque à la baisse d'activité,
13:17et que l'inflation de base,
13:19donc l'inflation domestique,
13:20si je peux caractériser,
13:22elle est quand même plutôt vue à la baisse,
13:24mais juste à rajouter que pour la BCE,
13:27aujourd'hui l'exercice était un peu plus global,
13:29c'est-à-dire qu'aujourd'hui,
13:30vous avez la Banque d'Angleterre,
13:31la Banque centrale d'Angleterre,
13:32la Banque du Japon,
13:33hier la Fed,
13:33et je crois que le message aujourd'hui
13:35des banques centrales était vraiment
13:37de tenir compte des anticipations du marché,
13:39et je suis d'accord avec Gilles Moex,
13:41c'est-à-dire qu'aujourd'hui la Fed
13:42et la Banque centrale d'Angleterre
13:44voulaient calmer les anticipations de baisse des taux,
13:46qui étaient fortes aux Etats-Unis,
13:48comme vous le savez,
13:49et qu'il fallait commencer par calmer,
13:51pour dire que tout simplement,
13:52il faut voir ce qui va se passer sur le pétrole,
13:54et qu'aujourd'hui,
13:55effectivement,
13:55votre question est pertinente,
13:56on ne sait pas où sera le pétrole d'ici un mois,
13:58peut-être d'ici une semaine d'ailleurs,
14:00et peut-être dans trois mois,
14:01ça sera différent.
14:02Et aujourd'hui,
14:02les banques centrales ont plutôt voulu
14:04gérer les marchés financiers
14:05et leurs anticipations,
14:06qu'il n'y ait pas d'anticipations excessives,
14:08et je pense qu'en zone euro,
14:10avant le comité,
14:11le marché anticipait déjà deux hausses des taux,
14:13ce qui est beaucoup,
14:14si on compare à l'historique de la BCE,
14:16et surtout à ce qui a été fait en 2022,
14:18parce que je tiens à rappeler
14:19qu'en 2022,
14:21l'inflation a été montée de façon vertigineuse,
14:24et que là,
14:24pour l'instant,
14:25on attend le prochain chiffre
14:26qui sera à la fin du mois,
14:27on ne l'a pas encore.
14:28– Mais alors,
14:28ma question,
14:29elle va être très simple,
14:30et je vais vous demander à l'un et à l'autre
14:31une réponse en dix secondes.
14:32Est-ce qu'à l'issue de cette réunion de la BCE,
14:34parce que quelque part,
14:35c'est la question que se pose le marché,
14:36est-ce qu'après cette réunion,
14:37on se dit que,
14:38oui,
14:38la probabilité d'une hausse cette année
14:40se renforce,
14:41ou pas,
14:41Alexandre ?
14:42– Une hausse,
14:43si vraiment la conflit dure,
14:44oui,
14:45mais je pense que ce serait
14:46un risque d'accident,
14:47en fait,
14:47un risque d'accident.
14:48– Je ne vous demande pas
14:48votre point de vue à vous,
14:49je vous demande la façon
14:50dont elle a communiqué,
14:50est-ce qu'elle a ouvert les portes
14:52à plus de probabilités
14:53de hausse de taux
14:53pour y préparer le marché ?
14:55– À l'instant,
14:55les probabilités ont peut augmenter,
14:56mais la réalité de ces probabilités,
14:58je ne crois pas
14:59que cette année,
15:00il y aura de hausse de taux.
15:01– Patrick ?
15:01– Non,
15:02je ne pense pas.
15:02– Ou non ?
15:03– D'accord.
15:04Bon,
15:04il y a débat dans le marché,
15:05aux Etats-Unis,
15:06la Fed aussi a délivré,
15:07statu quo pareil,
15:09Jérôme Powell qui a annoncé,
15:10alors c'est l'un des exotismes
15:12de Jérôme Powell,
15:13il a annoncé qu'il resterait
15:14au bord de la Fed,
15:15bien sûr,
15:15son mandat s'achève
15:16de président en mai,
15:17mais il restera quand même
15:18au bord de la Fed
15:18jusqu'à ce que l'enquête judiciaire
15:19du ministère de la Justice
15:20à son rencontre soit conclue,
15:22ce qui pourrait durer longtemps,
15:23c'est-à-dire qu'il pourrait rester
15:24peut-être jusqu'en 2028
15:26à la Fed,
15:27Jérôme Powell,
15:27lui que Donald Trump
15:28essaie de faire partir
15:29depuis longtemps,
15:30lui que Donald Trump
15:31a poussé à démissionner
15:32même,
15:32mais sans y parvenir,
15:34lui que Donald Trump
15:35traite de late Powell,
15:36toujours en retard Jérôme Powell,
15:38pourrait devoir peut-être
15:39demain l'appeler
15:40collant Jérôme,
15:41il resterait à la Fed
15:42plus longtemps,
15:43peut-être jusqu'en 2028,
15:44sticky Powell.
15:46Possible parce qu'il y a quand même
15:47peut-être un petit peu
15:48de revanche chargée là-derrière,
15:50il se prend mal à plaisir,
15:51il n'était pas forcément
15:52de le dire hier,
15:53de dire que si le nouveau président
15:54n'est pas validé,
15:54c'est le Sénat qui doit valider,
15:55n'est pas validé par le Sénat,
15:57eh bien le règlement,
15:59la loi l'autorise
16:00à poursuivre,
16:01on s'impose de président,
16:02c'était une petite pique
16:03attention Donald Trump,
16:04la probabilité,
16:05je ne sais pas si elle était levée,
16:06mais oui c'était une pique
16:07attention de Trump très probablement.
16:08Je rappelle juste
16:09qui avait nommé Powell
16:10comme président de la Fed.
16:11Oui,
16:12bonsoir Donald.
16:13Donald lui-même,
16:14comme vous vous en souvenez.
16:15Non,
16:16il ne faut pas oublier
16:17que les banques centrales
16:18et la Fed,
16:19on est vraiment
16:20la représentation typique,
16:21c'est un comité,
16:23chaque membre de la Fed
16:24a réellement une importance,
16:26c'est un travail collectif,
16:27donc une personne
16:29est importante
16:29quand c'est le président,
16:30mais par rapport à votre question,
16:32c'est un travail collectif,
16:33donc je ne dirais pas
16:34que ça change.
16:34Ah mais justement,
16:35je suis en contre-pied là,
16:38messieurs,
16:38face à vous ce soir,
16:39et voilà,
16:40justement,
16:40c'est une super mauvaise nouvelle
16:41pour Donald Trump
16:42parce que ça fait,
16:42Jérôme Powell,
16:43il n'est pas spécialement
16:44pro baisse des taux
16:45ni pro hausse de taux,
16:46il est assez neutre Jérôme Powell.
16:48Donald Trump,
16:48lui,
16:48il veut absolument
16:49des membres de la Fed
16:49qui pousseraient
16:51des baisses de taux.
16:51S'il reste membre
16:52du board de la Fed
16:53jusqu'en 2028,
16:54Donald Trump
16:55ne pourra pas le remplacer
16:55et avoir un nouveau membre
16:57très accommodant.
16:58Jérôme Powell
16:59resterait neutre
16:59et pour Donald Trump,
17:01ce sera sans doute frustrant.
17:02Je pense que,
17:02quoi qu'il en soit,
17:03les personnes qui sont nommées
17:05à la Fed
17:05sont des gens de qualité,
17:07quoi qu'il arrive,
17:08même si Trump
17:08a nommé deux personnes,
17:09ce sont des gens
17:10qui seront sérieux
17:11dans leur travail
17:12et je rappelle
17:13qu'un seul était en faveur
17:14d'une baisse des taux
17:14hier soir
17:15et qu'un des deux
17:16qui a été nommé par Trump
17:17n'était pas en faveur
17:18d'une baisse des taux.
17:19Ah, hier soir, c'est vrai ?
17:22Un des deux membres
17:23de la Fed
17:24nommé récemment
17:24par Donald Trump
17:25s'est montré hier soir
17:26plutôt opposé.
17:26En tout cas,
17:27il ne s'est pas prononcé
17:27pour une baisse de taux.
17:28Ah, ça, c'est intéressant
17:29entièrement.
17:30Parce que, quand même,
17:30le contexte avec la hausse
17:31des cours des matières premières
17:32compliquées de plaider,
17:33il y en a quand même un
17:34qui a plaidé,
17:34c'est Steve Miran.
17:35Je ne vais pas regarder.
17:36Je crois que c'est Miran.
17:37Je ne veux pas dire une bêtise.
17:40Je ne veux pas dire une bêtise.
17:40Le scénario de l'année
17:41n'est pas écrit,
17:41même si, effectivement,
17:42on sait que la Fed
17:43dans cette belle plot,
17:44c'est des projections
17:45et Jérôme Paul le rappelle souvent,
17:46ce n'est pas noir sur blanc,
17:48ce n'est pas un engagement
17:48à ne faire qu'une baisse de taux.
17:50Il a dit une chose intéressante hier,
17:52Jérôme Paul.
17:52Il dit qu'il estime
17:53que l'effet de surcroît d'inflation
17:55généré par les taxes douanières
17:57sur les biens,
17:57grosso modo,
17:58le scénario de la Fed,
17:59c'est de voir ces effets
17:59s'estomper d'ici l'été.
18:01Or, ce que Jérôme Paul rappelle,
18:03c'est que c'est la plus grosse partie
18:05du surcroît d'inflation.
18:06En gros, s'il n'y avait plus
18:06des taxes douanières
18:07et sur les biens,
18:09on serait beaucoup plus proche
18:09du 2% en termes d'inflation
18:10et probablement que la Fed
18:12aura déjà pu ligner
18:12une baisse de taux supplémentaire.
18:14Donc, ça, c'est intéressant
18:15de le rappeler
18:15parce que si le choc pétrolier,
18:17enfin, le lien à la stress en Iran,
18:19ne devait durer qu'un mois ou deux
18:20et puis retomber derrière
18:21et donc que les effets
18:22sur l'inflation soient très limités
18:24et que les effets sur les biens,
18:25enfin, l'inflation sur les biens
18:27ralentissent,
18:28le risque pour l'économie américaine,
18:30c'est qu'il peut-être
18:30ce petit choc d'offre
18:30qui aura pu durer
18:31un mois ou deux
18:32et s'il s'estompe ensuite,
18:33ralentissent un peu
18:34l'économie américaine
18:35et on se pourrait retrouver
18:35dans un scénario au S2
18:36où finalement, la Fed
18:38pourrait aligner
18:38non pas une,
18:39mais peut-être deux baisses de taux.
18:40Donc, moi, le scénario
18:42ralentissement de l'économie américaine,
18:43je le coche un petit peu quand même
18:44parce que les données
18:45sur la consommation,
18:46les chiffres de ventes au détail
18:47en tout cas depuis deux mois
18:48sont un peu moyennes
18:49et l'inflation reste toujours présente.
18:51Donc, pour moi,
18:51la consommation,
18:52ce n'est pas garantie
18:53qu'elle tienne l'ensemble de l'année
18:54à un rythme.
18:55On est d'accord,
18:56mais je reviens à ce que vous disiez,
18:57je pense que Powell hier
18:58s'est vraiment fait plaisir
18:59parce qu'il a quand même
19:00rajouté quelques petites choses
19:01très croustillantes.
19:03Il a expliqué quand même
19:03que le boom
19:04de l'intelligence artificielle
19:05et de son développement
19:06a entraîné une hausse des prix
19:07notamment de l'électricité.
19:08J'ai compris comme ça
19:09dans le détail.
19:10Donc, il explique
19:11comme votre question
19:12qu'il y a des bonnes raisons
19:13à court terme
19:13de ne pas baisser les taux
19:14ce qui va faire enrager Trump.
19:17On suit tout ça.
19:18Évidemment, on y est sur les marchés
19:19et les marchés donnent un prix
19:20à tous ces enjeux.
19:22On en est à moins 1,9%
19:24sur le CAC à 11 minutes
19:25de la clôture.
19:26On accélère
19:27dans la dernière mine droite
19:29de cette séance.
19:29Donc, moins 1,9%
19:31même si Total Energy
19:32gagne 5%.
19:33C'est quand même
19:34le fait du jour.
19:34Le CAC perd quasi 2%
19:36avec un titre Total Energy
19:37qui gagne lui 5%.
19:38C'est une grosse modération
19:39du CAC.
19:40On voit que...
19:41On imagine surtout
19:42que si Total Energy
19:43ne progressait pas autant,
19:45ne progressait pas autant,
19:46le CAC souffrirait d'autant plus.
19:47Les valeurs qui se distinguent,
19:48alors Total à la hausse,
19:49on le disait,
19:50puis à la baisse,
19:50ces valeurs énergivores
19:51qui ont besoin
19:52de beaucoup de gaz,
19:53de pétrole aussi,
19:54en tout cas d'électricité
19:55et d'énergie au sens global
19:56pour fonctionner.
19:57ArcelorMittal
19:57perd 6% cet après-midi.
19:59On vend aussi
20:00les valeurs
20:01qui avaient le mieux performé
20:01ces derniers trimestres.
20:03ArcelorMittal,
20:03ce n'est pas le cas,
20:04mais on se dit d'ailleurs,
20:05ArcelorMittal en fait partie.
20:06Mais il y a aussi
20:06Société Générale,
20:07tout le secteur bancaire
20:08qui recule et consolide
20:09aujourd'hui.
20:10Société Générale
20:10perd 5,5%.
20:11On en parle avec
20:12Patrick Barbe
20:13et Alexandre Baradez.
20:14Et puis dans ces actifs
20:14qui ont cartonné
20:15et qu'on vend,
20:15il y a également l'or.
20:17Antoine en parlait.
20:18L'once d'or recule
20:204 609 dollars
20:21en ce moment.
20:22L'once d'or, Patrick.
20:24Certains analystes
20:24expliquent que
20:25la baisse de l'once d'or
20:26est liée aux moyens orientaux.
20:28Les moyens orientaux,
20:28les investisseurs du Golfe
20:29qui se délestent un peu
20:30de leur or
20:31pour avoir du cash,
20:32du cash qu'ils vont devoir investir
20:33pour d'abord réparer
20:34leurs infrastructures
20:35parce qu'il commence
20:35à y avoir des dégâts
20:36dans le Golfe désormais
20:37et peut-être investir
20:38dans qui sait,
20:39on ne l'espère pas,
20:40mais l'armement,
20:41une économie de guerre
20:42puisque les pays du Golfe
20:43désormais commencent
20:44à menacer l'Iran.
20:45Ce serait une des explications
20:46à la baisse de l'or.
20:47Les agents du,
20:48les investisseurs du Golfe,
20:49les agents économiques du Golfe
20:51vendraient leur or
20:52pour pouvoir investir
20:53dans leurs besoins à venir.
20:55Nous avons la même explication.
20:57Je pense que c'est tout à fait crédible.
20:59L'avantage de l'or,
21:00c'est que c'est mobilisable
21:01et quand il y a une crise
21:03dans un pays,
21:03on vend ce qui est
21:04le plus facile à vendre,
21:05comme toujours.
21:07Il n'y a pas de problème
21:08de devise,
21:08il n'y a pas de problème
21:09de quoi que ce soit.
21:09Vous vendez l'or,
21:10c'est un actif
21:11qui est facile à mobiliser
21:13au niveau d'un État
21:13d'un institutionnel,
21:15je pense.
21:17On a beau vivre
21:19dans des statuts,
21:20dans des draps
21:20de valeurs refuge,
21:22on perd quand même
21:23sur l'once d'or
21:24quasiment 1000 dollars
21:25depuis les plus hauts, Alexandre.
21:26Je pense qu'effectivement,
21:27c'est peut-être
21:28une partie de l'explication,
21:30mais on voit bien
21:30que c'est un enchaînement
21:31d'éléments.
21:32Il y a à la fois les taux
21:33qui sont redressés
21:33en peu de temps,
21:34vous avez l'aspect dollar
21:35qui peut compter un petit peu,
21:36il y a l'aspect aussi
21:37un peu sales de news
21:38aussi,
21:39certains actifs
21:39dont tout le monde
21:40était gavés finalement.
21:41Qui n'a pas acheté d'or
21:42depuis 2-3 ans ?
21:43Donc à un moment donné,
21:43quand on price absolument
21:45l'or pour couvrir
21:46un risque géopolitique,
21:47quand il intervient,
21:48on a suffisamment à acheter,
21:50on peut le liquider
21:50un petit peu.
21:51Et puis effectivement,
21:51je pense qu'il y a des phénomènes
21:52aussi, peut-être un peu
21:53pas de rotation,
21:54mais un peu de liquidation
21:55par des professionnels,
21:56pas forcément des États,
21:57de la partie souveraine,
21:58mais des fonds d'investissement,
22:00des fonds spéculatifs
22:01qui sont peut-être
22:02un peu plus tendus
22:02sur d'autres positions
22:03qu'ils ont à côté,
22:04qui liquident un peu
22:05l'actif mobilisable
22:06pour générer un peu
22:07de liquidité
22:07et assurer un peu plus
22:09leur marge de l'autre côté.
22:10Donc peut-être aussi
22:11des effets comme ça
22:11un peu de liquidation,
22:13pas forcément forcés,
22:14mais être un petit peu volontaires
22:14pour générer un peu
22:15de liquidité dans les portefeuilles.
22:16Nous, ce qu'on constate
22:17d'une façon générale,
22:18c'est qu'il y a
22:20de grands mouvements
22:21sur les marchés
22:21parce qu'il y a
22:22beaucoup de spéculation.
22:23Les hedge funds
22:23sont très présents,
22:25ils voient les mouvements,
22:26donc typiquement
22:26ce que vous disiez,
22:27s'il y a quelques vendeurs
22:28un peu forcés,
22:29ils vont appuyer
22:30parce qu'aussi l'or
22:31a été acheté
22:32par des États,
22:33des pays de l'Est,
22:34d'Asie,
22:34je ne pense pas
22:35que ce soit eux qui vendent
22:35et les hedge funds
22:36sont présents partout.
22:37Sur le marché obligataire,
22:38c'est assez criant
22:38de voir que les volumes
22:40sur les futurs,
22:40les marchés dérivés
22:41sont extrêmement importants
22:42par rapport à ce qui se passe
22:43sur les obligations,
22:44le marché obligataire.
22:45C'est disproportionné
22:46les volumes qu'il y a
22:47entre les deux.
22:48Oui,
22:49des mouvements puissants
22:50et peut-être
22:50quand la guerre s'arrêtera,
22:52le problème,
22:52c'est qu'on ne sait pas
22:53quand et ni dans quelles conditions
22:54ni si beaucoup
22:55d'infrastructures énergétiques
22:56auront été cassées.
22:57C'est ça la question aussi,
22:59c'est l'ampleur des dégâts.
23:00Il n'y a pas que la durée
23:00de la guerre,
23:01il y a l'ampleur des dégâts
23:02désormais depuis cette attaque
23:03de la nuit dernière
23:04et hier Israël
23:04qui avait attaqué
23:05une base iranienne
23:06très importante.
23:07Donc l'ampleur des dégâts.
23:08Mais cette question
23:09de savoir le moment du rebond
23:10sera-t-il puissant,
23:11aussi puissant
23:11qu'il l'avait été
23:12après la guerre en Ukraine,
23:13aussi puissant qu'il l'avait été
23:15ou presque après le Covid.
23:17Il y a un niveau de cash
23:18dans les portefeuilles
23:19des investisseurs
23:25internationaux
23:25d'un mois sur l'autre
23:27bat des records.
23:28C'est-à-dire que
23:29jamais depuis le Covid,
23:30pour être précis,
23:31Alexandre,
23:31jamais depuis le Covid,
23:32les investisseurs
23:33n'avaient autant
23:33d'un seul coup
23:34accumulé de cash.
23:35Oui, mais sachant
23:35qu'on a eu une situation
23:36qui, quelques mois auparavant,
23:37c'est qu'on était
23:38sur les plus bas niveaux
23:38de cash dans les portefeuilles
23:39de mémoire.
23:39Si on prend les datas
23:40de BOFA,
23:42on était toujours
23:43temporairement sous les 3%
23:44de cash.
23:44C'était un de plus bas
23:45quasiment depuis le début
23:46de leur série.
23:47Donc effectivement,
23:48il y avait aussi
23:49peut-être une surexposition
23:50à un moment donné
23:51et tout le monde
23:52un peu sur-exposé.
23:53Du coup,
23:53quand la volatilité progresse,
23:54on va un petit peu.
23:55Donc peut-être,
23:55on est arrivé
23:56à une situation
23:56où les portefeuilles
23:58étaient plutôt
23:58très bien exposés
23:58que sous-exposés.
24:00Oui, en tout cas,
24:01on est beaucoup sollicité
24:02par nos clients
24:02pour avoir des explications
24:04comme vous en doutez.
24:05Et c'est exactement
24:05ce que vous dites,
24:06c'est que les investisseurs
24:07cherchent à savoir
24:09quoi acheter,
24:09à quel moment,
24:10à quel prix.
24:11Ils ne sont pas là
24:12pour vendre,
24:12si c'est votre question.
24:13Ils ne sont pas là
24:14pour vendre.
24:15Ah tiens,
24:16ils perçoivent
24:16une opportunité
24:17dans ces marchés baissiers.
24:18Absolument, oui.
24:20Et vous leur répondez quoi
24:21par exemple
24:22sur les valorisations ?
24:23Est-ce que vous leur dites
24:23l'Europe désormais
24:25c'est bon marché
24:25ou toujours pas vraiment
24:26bon marché
24:27même si elle recule fortement ?
24:28Qu'est-ce que vous leur répondez là-dessus ?
24:30Nous,
24:30on est une société
24:31de gestion
24:32basée sur le crédit.
24:34On fait beaucoup
24:34de crédits,
24:35de fonds de prêt-à-t-écoutie.
24:36Donc c'est un peu
24:37ormeux.
24:38Ce n'est pas lié
24:39au marché directement.
24:40Donc vous faites
24:40que leur critiquez les actions.
24:41Vous dites
24:41surtout pas sur les actions.
24:42Non,
24:43ce qu'on regarde plutôt
24:46c'est ce qui est
24:47un peu plus
24:48bêta de marché
24:49comme le high yield
24:49par exemple
24:50les obligations hybrides
24:51où les rendements
24:52ont fortement progressé
24:53et si vous êtes
24:54un investisseur
24:55à long terme
24:56les sociétés
24:57en tant que telles
24:57tout à l'heure
24:58on en parlait
24:58il n'y a pas de problème
24:59aujourd'hui intrinsèque
25:01à la zone euro.
25:01La zone euro
25:02subit un choc
25:03pétrolier externe
25:04qui est bien fort
25:05qu'on ne s'est pas jugé
25:07de la durée
25:07et de l'ampleur
25:08des destructions
25:09dont vous parlez
25:09mais les entreprises
25:10vous parliez tout à l'heure
25:11de Total Énergie
25:11les entreprises
25:12en tant que telles
25:13françaises vont bien.
25:15Et on n'a pas eu
25:16de profit warning encore
25:17alors il y a Manitou
25:17qui a suspendu
25:18ses prévisions
25:19pour la suite de l'année
25:19en raison du contexte
25:20international
25:20mais bon c'est les seuls
25:21mais c'est vrai
25:22qu'on sort à peine
25:22de la saison de publication
25:23on aura le temps
25:24de voir venir
25:24et il faudra voir
25:25effectivement
25:25si ce conflit
25:26s'en crée pas
25:27pour les investisseurs
25:28il y avait des thématiques
25:29qui étaient en cours
25:29comme la défense
25:30qui reste.
25:31Oui
25:32Rheinmetall
25:32vous en parlez
25:33effectivement
25:33Rheinmetall
25:34le PDG de Rheinmetall
25:35était l'invité de CNBC
25:36nos confrères américains
25:37tout à l'heure
25:37il a annoncé
25:38que tous les stocks
25:40de Rheinmetall
25:40que ce soit en Europe
25:41au Moyen-Orient
25:41ou aux Etats-Unis
25:42tous les stocks
25:43étaient désormais vides
25:44tellement la demande
25:45était importante
25:46Rheinmetall
25:46voilà Alexandre
25:47Oui j'en veux juste
25:48toujours sur le terrain
25:49du Dax
25:50et des valeurs allemandes
25:50et de l'économie allemande
25:51c'est vrai que
25:52pas de pot pour l'Allemagne
25:53parce qu'après 3 ans
25:54de stagnation
25:56légère récession
25:57on voyait
25:58toutes les datas
25:59aller mieux
25:59les indices de confiance
26:00sentiment économique
26:01donc indices EU
26:02indices IFO
26:03ça allait mieux
26:04les chiffres de croissance
26:04aussi
26:05pour les derniers mois
26:05étaient mieux
26:06les projections
26:07avaient été rehaussées
26:07des instituts économiques
26:08donc ça repartait
26:09on sentait
26:10ça commençait à frémir
26:11un petit peu
26:11dans l'économie allemande
26:12et puis malheureusement
26:12le prix de l'énergie
26:13qui flambe
26:14c'est pour ça que je pense
26:15que c'est effectivement
26:15le trou d'air
26:16dans le jargon
26:17c'est un peu du buy the deep
26:18quand vous avez un Dax
26:19qui perd peut-être
26:20à moins 10
26:21moins 12
26:21sur le Dax
26:22depuis le sommet
26:23si on commence
26:24à aller chercher
26:24du moins 15
26:25on se rapproche
26:25je pense entre 10
26:27et 20% de correction
26:27c'est plus une belle opportunité
26:29de racheter
26:29des belles valeurs du Dax
26:30alors je ne dis pas
26:31des cotés
26:31mais qui auront pas mal baissé
26:33plutôt que de se dire
26:34c'est un top de long terme
26:35qu'il faut durablement vendre
26:36moi c'est quand même
26:36plutôt une opportunité
26:37effectivement
26:38d'acheter le creux
26:38que l'inverse
26:39On citait Bank of America
26:40figurez-vous que cet après-midi
26:41Bank of America s'excuse
26:42en fait il y a eu un article
26:43du Financial Times
26:44expliquant que
26:45sur le crédit privé
26:46vous savez on craint
26:47une explosion du marché
26:48du crédit privé
26:49et bien cet article du FT
26:50explique que
26:51le Bank of America
26:52conseille à certains clients
26:54de prendre des positions
26:55vendeuses
26:55sur les acteurs du crédit privé
26:57ceux qui n'auraient pas
26:57assez baissé ici en Europe
26:58parmi lesquels AXA par exemple
26:59donc Bank of America
27:00qui recommanderait
27:01de prendre de grosses positions
27:02vendeuses
27:03sur un certain nombre
27:05de sociétés
27:06exposées au marché du crédit privé
27:07et parallèlement
27:08les analyses de Bank of America
27:10eux disent que
27:10chaque vente du marché
27:12du crédit privé
27:13offre un nouveau point d'entrée
27:14un point d'achat
27:14alors là c'est vraiment
27:15double jeu
27:15pompier pyroman
27:16Bank of America
27:17et bien il s'excuse
27:18cet après-midi
27:18Bank of America
27:19pour donc réagir
27:20à cet article du FT
27:21il s'excuse en expliquant
27:23que non non
27:24effectivement
27:25les conseils à la vente
27:27sur les acteurs
27:28du marché du crédit privé
27:30ces conseils étaient erronés
27:31parce que
27:31pas basés sur des données
27:33suffisamment actualisées
27:34voilà ce que dit
27:34Bank of America
27:35cet après-midi
27:36alors je ne sais pas forcément
27:37mais juste
27:37il y a quand même
27:38moi je pense
27:38ce qui se passe
27:39on ne le dit pas publiquement
27:40parce qu'elle ne se fait pas
27:41mais d'après Bloomberg également
27:42vous avez Goldman Sachs
27:44et JP Morgan
27:44qui proposent
27:45et ça me paraît
27:46voilà
27:46ils ont toujours fait ça
27:46dans l'histoire
27:47des produits permettant
27:48à des fonds d'amendation
27:49s'ils le souhaitent
27:50de shorter
27:51le marché de la dette privée
27:52donc ça on l'avait vu
27:53au monde des suprêmes
27:54on l'avait vu
27:54c'est pas nouveau
27:55mais effectivement
27:56le dire publiquement
27:57ça se fait pas trop
27:57et c'est pour moi
27:58et puis ce qui a surpris
27:59c'est que Bank of America
28:01donc d'après l'article
28:02conseille à certains clients
28:03de vendre
28:03de shorter les acteurs
28:04certains acteurs
28:05liés au crédit privé
28:06et parallèlement
28:07les analystes
28:07de cette même banque
28:08Bank of America
28:09disent
28:09toute baisse sera
28:11un point d'entrée
28:11et une opportunité d'achat
28:12j'ai suivi aussi
28:13je pense que le crédit privé
28:17c'est un marché
28:18qui a fortement progressé
28:20et donc il y a
28:21beaucoup de produits différents
28:22tout n'est pas comparable
28:23et aujourd'hui
28:23le vrai axe d'analyse
28:25vous le savez
28:25c'est quelle est la diversification
28:27sectorielle
28:27notamment sur tout ce qui est
28:29IT software
28:30informatique
28:31qui est la vraie question
28:32aujourd'hui
Commentaires