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  • il y a 5 heures
Ce mardi 28 avril, Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM, a abordé le retrait des Émirats arabes unis de l'OPEP et de l'OPEP+ à compter du 1er mai 2026, ainsi que les banques centrales prononçant cette semaine sur leur politique monétaire dans le contexte du conflit en Iran, dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudire BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:03Christopher Dambic, PICTAM, et puis mon collègue aussi de présentation pour TPI, la Masterclass,
00:12tous les vendredis sur l'antenne de BFM Business.
00:14Christopher, avant d'attaquer la macroéconomie dure,
00:18on a commencé l'émission en apprenant le retrait des Émirats Arabes Unis de l'OPEP.
00:25La première chose à laquelle ça fait penser, c'est que l'Iran doit jubiler,
00:29en voyant le front du producteur de pétrole, qui sont pour la plupart des concurrents,
00:36commencer à se morceler.
00:37Ça fait aussi les affaires des États-Unis, d'une manière ou d'une autre.
00:40Qui est le gagnant de cette espèce de coup de tonnerre ?
00:43Et qu'est-ce qu'on peut en dire de manière générale, fondamentalement,
00:47de ce retrait des Émirats Arabes Unis de l'OPEP ?
00:51Le premier gagnant, ce sont les Émirats Arabes Unis, puisque ce n'est pas complètement nouveau.
00:56Ça faisait plusieurs fois qu'ils avaient menacé de quitter l'OPEP sans prendre effectivement les devants.
01:00Pourquoi ils ont agi ainsi ?
01:02Déjà, il faut regarder la stratégie économique des Émirats Arabes Unis.
01:05Leur stratégie, elle est très, très claire.
01:07Ils souhaitent avoir un peu plus de flexibilité sur les quotas de production,
01:11tout simplement pour avoir des rentrées financières à très court terme.
01:14Et j'insiste sur le très court terme.
01:16Donc, ils veulent inonder un peu le marché de leur production pour justement diversifier leur économie.
01:20C'est un peu la stratégie de l'Arabie Saoudite, mais l'Arabie Saoudite est une stratégie plus sur le
01:24temps long.
01:25Et surtout, même si on a eu une amélioration des relations diplomatiques en l'Arabie Saoudite et les Émirats Arabes
01:30Unis,
01:31ils sont très clairs, les Émirats ne souhaitent pas que ce soit des grands acteurs comme l'Arabie Saoudite qui
01:35décident des quotas.
01:36Donc, il y avait ces dissensions qui sont très claires.
01:38Bien évidemment, dans le contexte de la guerre en Iran,
01:40on a bien sûr eu un impact beaucoup plus important sur les rentrées financières et budgétaires des Émirats Arabes Unis,
01:45ce qui fait qu'automatiquement, ils ont tout intérêt aujourd'hui à ne pas essayer de respecter les quotas
01:49et à inonder le marché, ce qui est plutôt salutaire, puisqu'on a des prix qui sont très élevés.
01:54Donc, c'est une stratégie qui est vraiment court-termiste et parfaitement opportuniste.
01:58Outre les Émirats Arabes Unis, finalement, c'est un peu l'Asie qui va en bénéficier,
02:02puisque vous savez, aujourd'hui, on n'a pas vraiment une pénurie de pétrole du côté européen.
02:06On a des prix élevés, certes, mais pas de pénurie.
02:08En revanche, on a déjà dans certains pays asiatiques une pénurie.
02:11Et donc, si les Émirats Arabes Unis, bien évidemment, il faudra aussi franchir ce détroit.
02:16Mais si les Émirats Arabes Unis parviennent à augmenter plus significativement leur production,
02:20c'est plutôt bienvenu pour les pays asiatiques qui souffrent justement de cette pénurie.
02:24Donc, c'est un mouvement de court terme.
02:26On peut tout à fait, d'ailleurs, envisager que les Émirats, à un certain stade, reviennent au sein du cartel.
02:30Mais la réalité, c'est qu'aujourd'hui, ils ont tout intérêt à le faire avec des prix qui sont
02:34élevés,
02:34des rentrées financières qui vont être importantes pour eux à un moment particulièrement opportun.
02:38Donc, c'était une stratégie qui fait sens.
02:41Bon, effectivement, oui, ça se défend tout à fait.
02:44On est à 100, 102 sur le brut léger américain et 104 sur le bret de mer du Nord.
02:49Mais c'était même bien avant que les Émirats Arabes Unis fassent cette annonce.
02:53On est quand même sur une nouvelle face haussière,
02:55alors qu'il semble y avoir aucun progrès et aucune avancée sur le dossier iranien.
03:00C'est la question du jour qu'on posait sur les réseaux.
03:03C'est quand même la grande semaine des banques centrales, Christopher.
03:07On a eu la Banque du Japon ce matin.
03:10On va avoir la Fed demain soir, la BCE jeudi, la Banque d'Angleterre jeudi aussi.
03:15Est-ce que finalement, ça va avoir un impact structurel, durable sur les marchés,
03:20ce qui va être édicté cette semaine ?
03:23Alors, pas vraiment.
03:24On a effectivement beaucoup de banques centrales qui se réunissent.
03:26On a au total à peu près une dizaine de grandes banques centrales mondiales.
03:29La plupart ont tout intérêt finalement à ne pas augmenter les taux,
03:33puisque c'est un peu le sujet,
03:34c'est de savoir est-ce que les banques centrales vont sur-réagir à l'inflation plus qu'à autre
03:37chose.
03:38À l'instant T, à mon avis, celle qui va être peut-être,
03:41celle qui va laisser les portes les plus grandes ouvertes à toutes les options,
03:44que ce soit augmenter ou baisser les taux, ça va être sûrement la BCE ce jeudi.
03:48Du côté du FOMC, donc de la Fed, on est plutôt sur une stratégie qui va être de patienter,
03:53comme l'a fait d'ailleurs la Fed lors du choc pétrolier au début des années 90.
03:56Donc, à mon avis, pas de surinterprétation.
03:59Ce qu'il faut bien voir, c'est que les banques centrales ont tout intérêt à attendre.
04:03Un, on a l'appétit au risque qui est revenu très nettement sur les marchés financiers,
04:07ce qui est assez surprenant, alors qu'on a, comme vous l'avez dit à présent,
04:10un baril qui reste quand même très élevé.
04:12Et l'autre point, c'est que si on souhaite vraiment savoir si l'inflation est durable,
04:16il faudra quand même plutôt attendre deux, trois mois
04:18pour voir vraiment les chiffres d'inflation, où est-ce qu'on se situe.
04:21Donc, il n'y a pas de raison de surréagir.
04:24Et d'ailleurs, lorsqu'on regarde les anticipations du marché,
04:26après la phase de risque géopolitique, où le marché s'attendait,
04:29ça y est, les banques centrales vont durcir le loyer de l'argent.
04:32A priori, aujourd'hui, il y a plus un consensus sur le fait qu'elles vont patienter.
04:37Même certains attendent encore des hausses de taux.
04:39Mais de mon point de vue, à l'instant, ce n'est pas le cas aujourd'hui.
04:43Merci Christopher Dembic pour toutes ces explications PIC-TAM.
04:48Et puis, on vous retrouve, TPI, la Masterclass, tous les vendredis sur BFM Business.
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