00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:03Christopher Dambic, PICTAM, et puis mon collègue aussi de présentation pour TPI, la Masterclass,
00:12tous les vendredis sur l'antenne de BFM Business.
00:14Christopher, avant d'attaquer la macroéconomie dure,
00:18on a commencé l'émission en apprenant le retrait des Émirats Arabes Unis de l'OPEP.
00:25La première chose à laquelle ça fait penser, c'est que l'Iran doit jubiler,
00:29en voyant le front du producteur de pétrole, qui sont pour la plupart des concurrents,
00:36commencer à se morceler.
00:37Ça fait aussi les affaires des États-Unis, d'une manière ou d'une autre.
00:40Qui est le gagnant de cette espèce de coup de tonnerre ?
00:43Et qu'est-ce qu'on peut en dire de manière générale, fondamentalement,
00:47de ce retrait des Émirats Arabes Unis de l'OPEP ?
00:51Le premier gagnant, ce sont les Émirats Arabes Unis, puisque ce n'est pas complètement nouveau.
00:56Ça faisait plusieurs fois qu'ils avaient menacé de quitter l'OPEP sans prendre effectivement les devants.
01:00Pourquoi ils ont agi ainsi ?
01:02Déjà, il faut regarder la stratégie économique des Émirats Arabes Unis.
01:05Leur stratégie, elle est très, très claire.
01:07Ils souhaitent avoir un peu plus de flexibilité sur les quotas de production,
01:11tout simplement pour avoir des rentrées financières à très court terme.
01:14Et j'insiste sur le très court terme.
01:16Donc, ils veulent inonder un peu le marché de leur production pour justement diversifier leur économie.
01:20C'est un peu la stratégie de l'Arabie Saoudite, mais l'Arabie Saoudite est une stratégie plus sur le
01:24temps long.
01:25Et surtout, même si on a eu une amélioration des relations diplomatiques en l'Arabie Saoudite et les Émirats Arabes
01:30Unis,
01:31ils sont très clairs, les Émirats ne souhaitent pas que ce soit des grands acteurs comme l'Arabie Saoudite qui
01:35décident des quotas.
01:36Donc, il y avait ces dissensions qui sont très claires.
01:38Bien évidemment, dans le contexte de la guerre en Iran,
01:40on a bien sûr eu un impact beaucoup plus important sur les rentrées financières et budgétaires des Émirats Arabes Unis,
01:45ce qui fait qu'automatiquement, ils ont tout intérêt aujourd'hui à ne pas essayer de respecter les quotas
01:49et à inonder le marché, ce qui est plutôt salutaire, puisqu'on a des prix qui sont très élevés.
01:54Donc, c'est une stratégie qui est vraiment court-termiste et parfaitement opportuniste.
01:58Outre les Émirats Arabes Unis, finalement, c'est un peu l'Asie qui va en bénéficier,
02:02puisque vous savez, aujourd'hui, on n'a pas vraiment une pénurie de pétrole du côté européen.
02:06On a des prix élevés, certes, mais pas de pénurie.
02:08En revanche, on a déjà dans certains pays asiatiques une pénurie.
02:11Et donc, si les Émirats Arabes Unis, bien évidemment, il faudra aussi franchir ce détroit.
02:16Mais si les Émirats Arabes Unis parviennent à augmenter plus significativement leur production,
02:20c'est plutôt bienvenu pour les pays asiatiques qui souffrent justement de cette pénurie.
02:24Donc, c'est un mouvement de court terme.
02:26On peut tout à fait, d'ailleurs, envisager que les Émirats, à un certain stade, reviennent au sein du cartel.
02:30Mais la réalité, c'est qu'aujourd'hui, ils ont tout intérêt à le faire avec des prix qui sont
02:34élevés,
02:34des rentrées financières qui vont être importantes pour eux à un moment particulièrement opportun.
02:38Donc, c'était une stratégie qui fait sens.
02:41Bon, effectivement, oui, ça se défend tout à fait.
02:44On est à 100, 102 sur le brut léger américain et 104 sur le bret de mer du Nord.
02:49Mais c'était même bien avant que les Émirats Arabes Unis fassent cette annonce.
02:53On est quand même sur une nouvelle face haussière,
02:55alors qu'il semble y avoir aucun progrès et aucune avancée sur le dossier iranien.
03:00C'est la question du jour qu'on posait sur les réseaux.
03:03C'est quand même la grande semaine des banques centrales, Christopher.
03:07On a eu la Banque du Japon ce matin.
03:10On va avoir la Fed demain soir, la BCE jeudi, la Banque d'Angleterre jeudi aussi.
03:15Est-ce que finalement, ça va avoir un impact structurel, durable sur les marchés,
03:20ce qui va être édicté cette semaine ?
03:23Alors, pas vraiment.
03:24On a effectivement beaucoup de banques centrales qui se réunissent.
03:26On a au total à peu près une dizaine de grandes banques centrales mondiales.
03:29La plupart ont tout intérêt finalement à ne pas augmenter les taux,
03:33puisque c'est un peu le sujet,
03:34c'est de savoir est-ce que les banques centrales vont sur-réagir à l'inflation plus qu'à autre
03:37chose.
03:38À l'instant T, à mon avis, celle qui va être peut-être,
03:41celle qui va laisser les portes les plus grandes ouvertes à toutes les options,
03:44que ce soit augmenter ou baisser les taux, ça va être sûrement la BCE ce jeudi.
03:48Du côté du FOMC, donc de la Fed, on est plutôt sur une stratégie qui va être de patienter,
03:53comme l'a fait d'ailleurs la Fed lors du choc pétrolier au début des années 90.
03:56Donc, à mon avis, pas de surinterprétation.
03:59Ce qu'il faut bien voir, c'est que les banques centrales ont tout intérêt à attendre.
04:03Un, on a l'appétit au risque qui est revenu très nettement sur les marchés financiers,
04:07ce qui est assez surprenant, alors qu'on a, comme vous l'avez dit à présent,
04:10un baril qui reste quand même très élevé.
04:12Et l'autre point, c'est que si on souhaite vraiment savoir si l'inflation est durable,
04:16il faudra quand même plutôt attendre deux, trois mois
04:18pour voir vraiment les chiffres d'inflation, où est-ce qu'on se situe.
04:21Donc, il n'y a pas de raison de surréagir.
04:24Et d'ailleurs, lorsqu'on regarde les anticipations du marché,
04:26après la phase de risque géopolitique, où le marché s'attendait,
04:29ça y est, les banques centrales vont durcir le loyer de l'argent.
04:32A priori, aujourd'hui, il y a plus un consensus sur le fait qu'elles vont patienter.
04:37Même certains attendent encore des hausses de taux.
04:39Mais de mon point de vue, à l'instant, ce n'est pas le cas aujourd'hui.
04:43Merci Christopher Dembic pour toutes ces explications PIC-TAM.
04:48Et puis, on vous retrouve, TPI, la Masterclass, tous les vendredis sur BFM Business.
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