00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:03Avec Christopher Ndenbik, conseiller en stratégie d'investissement pour PICTAM.
00:07Bonjour Christopher.
00:08Embouteillage de banquiers centraux, on craint, on craignait le pire.
00:11Alors un statut quo sur les taux, mais une communication beaucoup plus dure des banquiers centraux
00:16face à la hausse des cours du pétrole et du gaz, face au risque d'inflation.
00:19Et puis on a eu la Banque d'Australie l'année dernière, qui a relevé ses taux certes,
00:22mais en s'inquiétant d'un possible ralentissement économique.
00:24Est-ce que la Fed, comme la BCE, pourrait aussi insister sur les risques de ralentissement
00:28et donc de ce point de vue rassurer le marché en disant, en expliquant,
00:31en laissant entendre qu'elles ne sont pas prêtes de relever les taux,
00:33même si les cours du pétrole montent ?
00:36Je pense que l'enjeu pour la Fed, les cas, il va être expliqué.
00:39Personne ne va être satisfait, ça paraît assez limpide à cet égard.
00:42Si on regarde les estimations aujourd'hui du marché monétaire,
00:45pour la première fois depuis finalement que la Fed a commencé son cycle de baisse de taux,
00:49le marché monétaire estime qu'il y a plus de fortes probabilités d'ici trois mois
00:53que la Fed augmente les taux, qu'elle ne les baisse.
00:55La réalité, c'est qu'aujourd'hui, si on est extrêmement humble,
00:59on a une incapacité quand même à savoir quel va être l'impact durable
01:03de la hausse des prix de l'énergie.
01:04Alors bien sûr, c'est-à-dire l'inflation, plus les prix resteront élevés,
01:08plus ça veut dire qu'il y aura un sujet d'inflation.
01:09Mais encore une fois, on n'a pas une connaissance extrêmement fine
01:13des répercussions exactes sur quel secteur d'activité,
01:16sur le consommateur final et sur les différentes économies.
01:19Donc la Fed, comme les autres banques centrales finalement,
01:21a tout intérêt aujourd'hui à faire le dos rond,
01:24envoyer peut-être un message au marché qu'en revanche,
01:27elle regarde les points d'incertitude ou les points même où on a de la tension.
01:30On ne peut pas négliger qu'il y a une tension qui est extrêmement importante
01:33sur la dette privée américaine.
01:34Si on regarde les niveaux de liquidité au niveau du S&P 500,
01:37on a eu un très fort net retrait de la liquidité,
01:40ce qui veut dire aussi plus de volatilité sur les indices.
01:43Donc elle peut aussi essayer d'envoyer un message en disant
01:44on regarde ce qui se passe au niveau des conditions monétaires et financières,
01:49laissant entendre qu'éventuellement, si elle a nécessité,
01:52elle peut toujours intervenir.
01:53Ça me paraît être un message censé sur les risques actuels,
01:57sur l'inflation, je pense qu'il faut vraiment garder la porte ouverte
02:00et voir ce qui va dépendre de la durée du conflit.
02:04Christopher, du côté de la BCE,
02:06on voit que les taux restent assez volatiles et assez tendus en Europe,
02:11avec cette impression qu'on price, qu'on intègre au cours,
02:15deux hausses de taux avant la fin de l'année.
02:17Pourtant, rien ne le justifie.
02:19Est-ce que les marchés ne jouent pas un petit peu à se faire peur sur ce coup-là ?
02:24Complètement.
02:25Ce qu'on voit, c'est que généralement,
02:27les situations des marchés, notamment du marché monétaire,
02:30elles sont extrêmement volatiles, elles sont fluctuantes.
02:33Ça va dépendre de la moindre nouvelle.
02:35Il y a un mois de cela, personne n'aurait anticipé qu'on pourra voir éventuellement,
02:38peut-être, deux hausses de taux du côté de la BCE.
02:41De mon point de vue, vous ne serez pas surpris,
02:43et je n'anticipe pas deux hausses de taux du côté de la BCE.
02:46Je pense plutôt qu'elle va faire le dos rond.
02:48L'enjeu pour la BCE, c'est aussi de laisser la porte ouverte.
02:51On a eu récemment un membre du Conseil des gouverneurs,
02:53c'était la semaine dernière, qui est plutôt un faucon malgré tout.
02:56Donc, il faut aussi contextualiser,
02:57qui a laissé entendre que la BCE pourrait discuter de hausses de taux.
03:01Et pourquoi pas ? On peut enflancher le débat.
03:03Mais la réalité, c'est qu'à l'instant T, en tout cas,
03:05il n'y a pas de pression inflationniste.
03:07Et si on devait effectivement avoir des pressions inflationnistes,
03:10ça ne se matérielle pas plutôt à partir de l'été.
03:13Christopher Damique avec nous.
03:14Merci beaucoup, Christopher, d'avoir répondu à nos questions.
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