- il y a 4 mois
Ce jeudi 30 avril, François Dossou, directeur de la Gestion Actions Listed Assets chez Sienna IM, et Michel Martinez, chef économiste Europe chez Société Générale CIB, se sont penchés sur l'attentisme observé au niveau des banques centrales, la réaction des marchés face à la guerre au Moyen-Orient, la saison des publications qui bat son plein, ainsi que le retour en force de la tech sur les marchés, dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03Et on retrouve François Dossous, il y en a IEM, bonjour François.
00:06Bonjour Antoine.
00:07Merci d'être là avec nous en direct, Michel Martinez de la Société Générale CIB.
00:12Merci d'être là également en direct.
00:15Bon, des marchés encore très prudents, un petit peu volatiles.
00:19Bon, globalement, qu'est-ce que nous dit Powell hier soir ?
00:23Qu'est-ce que nous disent Christine Lagarde et le gouverneur de la Banque d'Angleterre
00:28à la mi-journée, c'est que globalement, on ne sait absolument pas où on va.
00:32Donc globalement, on ne va pas se presser, on ne va pas faire de bêtises.
00:36Et le discours a l'air de se détendre un petit peu par rapport justement à ces dernières semaines
00:40où, bon, ça allait quand même de son commentaire ferme sur l'étau.
00:45Qu'est-ce que vous en pensez Michel ?
00:46Moi, je ne partagerai pas vraiment ce point de vue.
00:50Je pense que...
00:51Alors, je ne vous cacherai pas que vous êtes très divisé aujourd'hui.
00:54On a Gilles Mouac qui disait, oui, le ton a l'air de s'adoucir un petit peu.
00:58Et d'autres qui, comme vous, en début d'émission, ont dit
01:00non, non, non, non, on reste sur une ligne faucon, là, il ne faut pas se battre.
01:04Oui, oui, oui, pour moi, je dirais que si on considère la Fed, la Banque d'Angleterre,
01:12le message est très clair, c'est que la porte à des baisses de taux, elle est fermée.
01:18Voilà, donc, et il y a même un biais à remonter les taux.
01:23Ou alors qu'il n'existait pas, en tout cas, il n'est pas encore activé, il n'est
01:27pas encore formel du côté de la Fed, il est formel du côté de la Banque d'Angleterre.
01:32Et ça va être très difficile pour le nouveau président de la Fed, Warch, de baisser
01:36les taux, on sait qu'il voulait, vu la montée de l'inflation aux Etats-Unis, ça va être
01:40très difficile.
01:41Pour la BCE, alors moi, je considère que c'est un discours qui est en ligne avec ce qu'on
01:47attendait, à savoir qu'il est acquis, qu'on aura une hausse des taux en juin.
01:51Là, je crois que la...
01:52Oui, ça pour le coup, on est unanimé.
01:55C'est acquis, et Christine Lagarde a aussi mentionné que dans ses prévisions de mars,
02:05il était incorporé dans le scénario central de hausse des taux, et que ce qui est en
02:10train de se passer, en termes d'inflation, c'est un peu plus fort que ce qu'ils attendaient
02:15au mois de mars.
02:16Donc on aura au moins deux hausses des taux.
02:19Donc je ne vois pas vraiment où est-ce qu'il y a un adoucissement.
02:25Par contre, il y a la réaffirmation du discours que c'est une approche meeting par meeting
02:32qui va dépendre des données.
02:34Encore une fois, mais est-ce que c'est une information nouvelle, ça ? Je ne sais pas.
02:39Si, c'est peut-être pour rappeler que si ça se dégrade vraiment beaucoup, beaucoup
02:44du côté du détroit d'Hormuz, de la guerre au Moyen-Orient, oui, peut-être que là,
02:51l'espèce de balance des risques entre l'inflation et le PIB, où on sentait que la BCE craint
03:02beaucoup plus l'impact sur l'inflation que l'impact sur le PIB, ça se voit dans tout
03:06le scénario.
03:06Si ça se dégradait et détériorait fortement, peut-être que là, cette balance des risques
03:12entre, on craint beaucoup plus l'inflation que l'on craint l'impact négatif sur la
03:18croissance, peut-être que cette balance des risques pourrait changer et que la BCE pourrait
03:23se dire, en fait, comme on va avoir des dégâts beaucoup importants sur l'activité,
03:28on ne remonte pas les taux.
03:32Mais c'est juste un rappel du discours précédent, ce discours était déjà tenu en mars.
03:38François Dessou, pas trop de changements, un peu de nuances ?
03:43Oui, moi je vois quelques éléments de nuances, c'est-à-dire que je pense que par rapport
03:47à la dernière fois, ce qu'on peut constater quand même, c'est que la croissance économique
03:50est un peu plus révisée à la baisse et que les anticipations d'inflation aujourd'hui,
03:56lorsqu'on regarde sur les marchés, si vous voulez, peut-être ce qui peut être perçu
04:00comme quelque chose de relativement positif, c'est que les marchés, ils anticipent plutôt
04:04trois hausses de taux et donc par rapport à ce que vous disiez tout à l'heure, là,
04:08on est en train de se dire minimum deux, il n'est pas certain qu'on ait trois hausses
04:13de taux sur... et je pense que le marché aussi est peut-être en train de se faire une raison,
04:19c'est-à-dire que c'est difficile aujourd'hui de trouver des arguments, même si c'est ancré
04:25dans les marchés, des arguments pour monter autant les taux. Alors vous avez une croissance
04:29qui atone et dans les arguments que moi je lis sur le marché, c'est qu'il y a beaucoup
04:36d'amalgame par rapport à la situation de 2022-2023 et pour moi, il y a quand même
04:43des éléments de différenciation, c'est-à-dire qu'on parle d'une croissance qui est faible
04:48et à l'époque on nous expliquait qu'on a monté les taux de 400 BP sans pour autant
04:54que ça casse la croissance et à la fin on n'a pas eu de récession. Mais la situation
05:00aujourd'hui, de mon point de vue, est totalement différente. Donc je pense que ce qui a rassuré
05:06sur les messages de la BCE, c'est qu'aujourd'hui elle a évoqué une situation où elle ne croit
05:13pas à ce stade d'effet de second tour parce que c'est les effets de second tour qui pourraient
05:17amener les banques centrales à bouger. Il me semble que pour le moment en fait, Christine
05:22Lagarde n'est pas dans ce scénario.
05:24Oui, donc du coup, Michel Martinez ?
05:26Oui, oui, je pense, non, elle a bien évoqué les effets de second tour. Ils sont incorporés
05:32dans le scénario de la BCE, donc ça fait partie de ce qu'on attend. Pour moi, il est évident
05:41qu'on aura les effets de second tour. J'ai aucun, zéro doute là-dessus. Après, la croissance
05:46en fait, elle est faible, mais elle est structurellement faible en Europe. Et une croissance de 0,2%
05:54par trimestre, c'est la croissance de l'Europe en moyenne sur long terme parce qu'on a une
05:59démographie négative. Et donc, je ne dirais pas que la croissance, elle est faible, elle
06:08est en ligne avec la croissance naturelle. Et il y a, après, cet impact temporaire, on l'espère,
06:19si, comme tout le monde l'espère, la crise au Moyen-Orient se termine dans les prochaines semaines,
06:24cet impact négatif temporaire sur l'activité sera suivi par un rebond qui peut être prononcé avec le plan de
06:31relance en Allemagne,
06:32l'histoire de l'intelligence artificielle qu'on voit sur la table. Il y a aussi des signaux de reprise
06:40dans d'autres secteurs,
06:41le marché immobilier partout en Europe, un peu beaucoup moins en France, mais en Europe. Il y a quand même
06:47beaucoup de raisons de penser que 0,8, c'est un plancher. C'est un plancher. Et je rappelle,
06:55on a eu 0,8% de croissance 2022-2023. Donc là, la croissance actuelle, elle n'est pas à
07:05tonne. C'est juste que la
07:09croissance en Europe et en France, elle est naturellement faible.
07:12– C'est le potentiel structurel.
07:15– Oui, je peux être d'accord avec vous, mais dans ce cas, en fait, on ne peut pas considérer
07:18non plus que la situation
07:20monétaire soit accommodante aujourd'hui, parce que si vous voulez, vous êtes avec une croissance
07:23qui est relativement faible, si vous considérez que la croissance, elle est à son potentiel,
07:28il n'y a pas non plus de raison aujourd'hui, vous avez des taux réels qui sont...
07:31– Oui, non, mais c'est... – Donc vous n'avez pas besoin non plus de monter les taux.
07:35– Non, mais encore une fois, l'objectif de la Banque Centrale Européenne, c'est l'inflation à 2%.
07:40L'inflation, elle est très au-dessus de 2% depuis le Covid. Très au-dessus.
07:46Très au-dessus. Ça, c'est factuel. Et en projection,
07:51si effectivement on inclut des effets de second tour,
07:54et il y en aura, il y aura les effets indirects, on va voir sur le prix du transport aérien,
07:58les prix du voyage, tout ce qui est lié au transport va augmenter beaucoup cet été.
08:03Il y aura aussi inévitablement des effets sur les salaires,
08:07à commencer par la hausse du SMIC, par exemple en France, dès le mois de juin, mais partout.
08:13– Ça, elle s'est exprimée là-dessus, à plus court terme, Christine Lagarde,
08:17en disant que les coûts salariaux, le coût du travail avait tendance à légèrement baisser pour le moment.
08:22Est-ce que c'est de nature à changer le paradigme ?
08:25– Il ralentit, mais le coût du travail en Europe, vous savez combien il a augmenté au quatrième trimestre 2025
08:29?
08:29De 3,7%.
08:31– Ah ouais, mine de rien.
08:33– Voilà, mais il va ralentir peut-être, il va ralentir au début des premiers semestres,
08:39parce qu'effectivement il faut, à part pour les mécanismes d'indexation automatique comme le SMIC,
08:45les hausses de salaire viennent au moment des négociations salariales.
08:49Donc il y a en général un an de retard.
08:51C'est une histoire de 1027, ce n'est pas une histoire de 1026.
08:54Mais il y en aura, pour moi c'est inévitable.
09:00Il faut bien avoir en tête que, encore une fois, il ne faut pas regarder le chiffre de croissance.
09:04Pour moi, le juge de paix, c'est souvent le marché du travail.
09:07Le taux de chômage, il est à un plus bas historique.
09:10On n'a jamais eu un taux de chômage aussi bas de quasiment toute l'histoire de la zone euro.
09:15Depuis 40-50 ans, il est à 6,2%.
09:19Alors c'est vrai qu'en France, le taux de chômage remonte.
09:22C'est vrai qu'en Allemagne, le taux de chômage remonte un petit peu, mais il reste très bas.
09:25Mais partout ailleurs, le taux de chômage est extrêmement faible.
09:29Et donc vous n'avez partout ailleurs qu'en France, des hausses de salaire qui sont vives.
09:34Or la BCE, qui vont probablement s'accélérer en 2027.
09:40Donc la BCE, elle a un mandat qui est zone euro, elle n'a pas un modat France.
09:44C'est surtout un mandat d'inflation.
09:46Voilà, elle a un mandat d'inflation.
09:48Oui, c'est ça, c'est son objectif.
09:51Et je rappelle, elle ne respecte pas son objectif d'inflation depuis 5 ans, 6 ans.
09:57Oui, elle nous dit quand même aussi, Christine Lagarde, cet après-midi,
10:01même si ça paraît un peu discutable,
10:05elle nous dit, ouais, les prix d'inflation, ça hover, ça oscille autour de 2%.
10:11Enfin, c'est vrai que si on regarde la carte un petit peu plus globalement,
10:16le paysage est peut-être un petit peu différent.
10:19Mais l'inflation en zone euro, aujourd'hui, elle est à 3%.
10:22On n'a à peine vu, on n'a pas encore vu l'impact.
10:26Vous avez un objectif à 2 et vous êtes à 3.
10:31Je ne sais pas, si c'est votre mandat d'être à 2,
10:35vous ne pouvez pas vous satisfaire d'être à 3.
10:37Oui, absolument.
10:37Il y a une tare sur la balance, en fait, c'est ça le truc.
10:40Mais après, l'hypothèse implicite qu'on fait,
10:42c'est qu'en fait, on croit à la capacité de la Banque centrale,
10:46à travers la hausse des taux,
10:47à pouvoir régler un problème d'inflation qui est d'ordre exogène.
10:53Oui, oui, mais ce qui est du domaine de la capacité d'action de la BCE,
10:58c'est les effets de second tour.
11:00Là, elle peut jouer.
11:01Elle peut jouer.
11:02Alors, effectivement, elle ne peut pas jouer sur les prix du pétrole.
11:05Mais sur les effets de second tour, elle peut jouer.
11:07C'est pour ça qu'elle le dit encore.
11:10Et c'est vraiment la diplomatie et la réouverture des détroits d'Hormuz
11:15qu'il faut privilégier.
11:16Elle peut aussi beaucoup jouer sur la demande.
11:19Oui, aussi.
11:20À travers...
11:21Allez, encore un petit quart d'heure de cotation du côté de Paris.
11:24Le CAC 40 qui s'achemine vers une fin de séance positive.
11:28On maintient le cap, 0,36%.
11:318101 points.
11:32En tout cas, nettement plus positif que ce matin où on était en baisse.
11:34Mais il semble que cette légère nuance en loi de changement de ton
11:38du côté de la BCE a permis au taux obligataire de quand même nettement corriger.
11:44On était proche des 3,8% pour la dette française dix ans hier.
11:48Et là, on redescend sous 3,7 à 3,68.
11:50On est à 3,03 pour le dix ans allemand.
11:544,39 pour la dette américaine qui semble vouloir se détendre.
11:57Elle aussi, mais plus avec des aspects sans doute un petit peu techniques.
12:01En tête des progressions du CAC 40 NJ, plus 4,79%, 28,03.
12:06Veolia, plus 3,22, 35,93 euros.
12:09Valeurs ennuyeuses.
12:10En tête des progressions du CAC 40.
12:12Mais à noter STMicro aussi, plus 2,44, 45,80 euros.
12:15On fera le bilan hebdo, mais STMicro, le bilan reste très intéressant.
12:20À noter les plus fortes baisses des prises de bénéfices sur le secteur bancaire
12:24malgré des performances qui étaient quand même très, très solides.
12:27Crédit agricole perd 4,15 pour 116,51.
12:29Société générale, moins 3,56 à 68,46 euros.
12:33Puis à noter STELANTIS, moins 6,5 à 6,20.
12:36Malgré des résultats au-dessus des attentes, mais beaucoup, beaucoup d'exceptionnels.
12:40Si on les enlève, on se rend compte que STELANTIS est quand même loin d'être tiré d'affaires.
12:45Soitec plus 12,07, 126,75 euros.
12:49Là aussi, on va faire le bilan hebdomadaire.
12:51On fera un paquet de STMicro et Soitec.
12:53Mais alors, le bilan hebdo risque d'être assez spectaculaire.
12:57À noter qu'avant, même le fixing, les volumes d'échange du côté du CAC 40 sont très élevés.
13:03On est à 2,5 milliards d'euros d'actions négociées.
13:06Ça devrait faire une dernière journée du mois assez active, voire même très active.
13:11Plus 0,36 pour le CAC 40.
13:12On est à 8101 points.
13:14François Dossot, Siena IM et Michel Martinez, Société Générale CIB.
13:19On poursuit ce club.
13:21On parlait des résultats d'entreprise.
13:23Il y a pas mal de résilience quand même dans ces chiffres.
13:26Je vois le secteur bancaire.
13:29Je vois énormément d'entreprises qui ont publié toute cette semaine et qui montrent de la solidité.
13:35Je n'ai des électriques, bien sûr, etc.
13:38Mais c'est la valorisation qui a l'air de coincer.
13:40On a l'impression, enfin, à chaque fois, c'est des retours de balancier d'assez court terme.
13:44Mais on a l'impression que le niveau des valorisations, pour l'instant, ne fait pas de cadeau.
13:49Les marchés vendent dès qu'il y a la moindre déception.
13:52Et on a l'impression que c'est encore le cas.
13:54Et particulièrement avec le secteur bancaire, qui était pourtant une des superstars du moment.
13:58François ?
13:59Oui, en fait, je pense que ce qui se passe sur le secteur bancaire, c'est un secteur qui a
14:03quand même beaucoup rireté.
14:06C'est un secteur qui est revenu au-dessus de sa valorisation des 5, voire même des 10 dernières années.
14:11Et ce qui se passe, c'est que sur les publications, le marché se rend compte, en fait, que c
14:16'est quand même des proxys éco.
14:17Bon, probablement que, d'un point de vue banque centrale, on n'aura pas de super bonnes surprises en termes
14:26de politique monétaire.
14:28Mais quelque part, ça veut dire que la croissance économique va quand même ralentir.
14:32Et puisque les banques, elles sont très connectées à l'économie.
14:36Et aujourd'hui, quand vous regardez les résultats, il y a quand même une hausse du coût du risque,
14:41qui est aussi liée au fait que la situation macroéconomique est en train de se détériorer.
14:45D'où cette balance dont vous parliez tout à l'heure, à savoir cet objectif de politique monétaire
14:52qui n'intègre peut-être pas assez une vision plus d'une économie qui se détériore
14:57et qui commence en fait à être perçue comme un élément à risque sur le bilan des banques.
15:05Il y a aussi peut-être un autre élément qu'il faut prendre en compte, c'est qu'avec la
15:09hausse des taux courts,
15:10il y a probablement des arbitrages qui sont en train de se faire vers des banques qui sont plus sensibles
15:14aux taux courts.
15:15Et les banques françaises, par définition et par nature de leur business, elles le sont un peu moins.
15:19Mais dans ces publications, je ne vois pas des éléments qui, deux d'entre elles, étaient plutôt au-dessus en
15:26termes des attentes.
15:28Et d'ailleurs, je vois qu'il n'y a que Crédit Agricole qui a déçu.
15:34Quand vous regardez BNP, c'est plus cohérent avec les résultats que l'ouverture de ce matin qui était beaucoup
15:40plus négative.
15:41Donc le titre est en train de revenir et finalement, elle est plutôt bien reçue sur les marchés.
15:49Il y a peut-être eu un petit peu d'exagération.
15:51Michel Martin, de manière peut-être un petit peu plus globale sur ses résultats d'entreprise.
15:56En France, notamment, vous sentez de la résilience, vous sentez des bonnes choses.
16:01Peut-être au niveau européen aussi, on regardait le secteur bancaire.
16:04Santander, c'est un truc de malade.
16:07UBS aussi, Deutsche Bank.
16:10C'est vrai qu'on a eu des beaux cas de résilience dans la publication des chiffres trimestriels.
16:16Après, quand même, ce qu'on observe, c'est que la performance du CAC 40 relativement aux autres marchés,
16:23et à commencer par les marchés européens depuis un ou deux ans, elle est faible.
16:28Il y a une sous-performance raduelle et un peu systématique.
16:33On pourra dire que c'est à cause du luxe, mais bon, il n'y a peut-être pas que
16:36ça.
16:39On la voit à travers quasiment tous les secteurs.
16:43Et donc là, on peut se demander s'il n'y a pas une prime liée à la situation politique
16:49et fiscale en France.
16:51Ça commence à se voir, oui.
16:53Et on est à un an des élections présidentielles.
16:58Historiquement, c'est aussi un moment où l'ensemble des actifs français
17:02a plutôt tendance à sous-performer par rapport aux autres actifs européens.
17:07Tout le monde est un peu en attente, ne pas se positionner.
17:15Parmi ces résultats, il y a aussi, pas oublié, les résultats des GAFAM
17:20qui ont été publiés hier soir.
17:22On attend juste Apple après la clôture de Wall Street ce soir.
17:25Moi, il y a quand même quelque chose que je trouve très intéressant
17:28qui a été publié ce matin par Goldman Sachs, qui faisait un peu le breakdown,
17:33qui détaillait un petit peu les résultats d'Amazon, d'Apple, de Meta, mais alors surtout de Google.
17:41Et il disait, voilà, on relève, si on compare les performances et la rentabilité de la simple recherche
17:47par rapport à l'IA, on se rend compte que l'IA ne détruit pas de valeur.
17:53Qu'en fait, l'IA va compléter la valeur de la recherche simple
17:58et que la recherche simple va compléter la valeur de l'IA.
18:01C'est quelque chose qui fonctionne ensemble.
18:03Est-ce qu'on n'a pas là une première réponse à cette espèce de,
18:06on en parle depuis des semaines et des mois, de cette espèce de chumpeterisme de l'IA,
18:11la destruction créatrice ?
18:12De toute manière, il y en a qui y passeront.
18:14Non, c'est plus compliqué que ça.
18:15Ça arrive au même moment, d'ailleurs, où les ESN, aux sociétés de services informatiques,
18:20arrivent à nous dire, non, non, non, l'IA ne va pas nous disrupter, ne va pas nous détruire.
18:24On va se servir de l'IA et on va la rendre plus performante, nous, parce qu'on a le
18:28savoir-faire.
18:29Est-ce que vous ne pensez pas que ces indications, la combinée,
18:31vont remettre un petit peu le marché dans le bon sens par rapport à l'IA
18:34et aux dynamiques de croissance que ça peut induire ?
18:37Oui, pour ces entreprises, le marché est déjà dans le bon sens.
18:40Le problème aujourd'hui, c'est plutôt par rapport aux entreprises,
18:43aux softwares et aux entreprises SS2I, en fait, les IT services.
18:48C'est plutôt qu'elles soient considérées comme étant...
18:50Oui, ça va mieux, mais quand vous regardez des entreprises comme SAP,
18:53quand vous voyez des entreprises comme Capgemini,
18:56malgré les résultats qui ont été publiés, c'était hier ou ce matin,
19:01vous avez quand même un titre qui perd encore,
19:04des titres qui perdent encore 30%,
19:05qui pour eux, ce raisonnement ne semble pas trop tenir.
19:08Non, je pense qu'aujourd'hui, il y a probablement ce qui se valorise bien en bourse,
19:13c'est plutôt les CAPEX, le super cycle de CAPEX.
19:16On n'en sort pas.
19:17Et pour le moment, en fait, c'est vrai que, si vous voulez,
19:20il y a eu une période où il n'y a rien qui allait,
19:24c'est-à-dire que quand vous annonciez des CAPEX importants,
19:27vous étiez sanctionné, ou c'était trop, ou c'était pas assez.
19:30Donc la réalité, c'est qu'on est visiblement rentré dans une phase
19:33où les CAPEX, plus vous annoncez des CAPEX,
19:37et mieux, en fait, votre titre se revalorise.
19:39C'est sans doute à mettre en perspective avec des résultats,
19:43parce que quand vous regardez, quand même,
19:44il y a des trimestres qui sont historiquement hauts,
19:46et donc ça a été plutôt rassurant, d'une certaine mesure,
19:51parce qu'on voit justement qu'il y a cette capacité,
19:55justement, à apporter de la rentabilité.
19:59Mais si vous voulez, aujourd'hui, en bourse,
20:01ce qu'on peut constater, c'est qu'il y a un peu un poids de mesure,
20:04c'est-à-dire que le marché paye cette vision pour des entreprises
20:08qui sont déjà très bien valorisées,
20:11et pour des entreprises pas valorisées, en fait,
20:13il ne semble pas vraiment avoir le même raisonnement,
20:16et c'est peut-être une des pistes d'appréciation.
20:22C'est probablement là où il faut voir de la création de valeur
20:25sur les mois à venir, s'il a raison.
20:27En principe, en appliquant le même raisonnement,
20:30on devrait voir des entreprises qui, aujourd'hui, sont au tapis,
20:32qui aussi utilisent l'IA comme levier,
20:36et qui devraient normalement se revaloriser dans les mois à venir,
20:41et notamment, on en a beaucoup en Europe,
20:43qui sont considérées comme étant disruptées,
20:45et cette logique ne l'aurait...
20:47Et aujourd'hui, en tout cas, le marché ne donne pas de crédit à ces boîtes-là.
20:52Moi, j'avais lu Goldman Sachs ce matin,
20:54j'étais plutôt avec le smile comme ça, vous...
20:57Oui, mais pour les boîtes américaines.
20:59Pour les boîtes américaines, c'est vrai qu'il faut toujours...
21:01Pour les boîtes européennes, on est quand même loin du compte,
21:05alors que, quelque part, l'intégration de l'IA dans les entreprises,
21:08ça va aussi passer par des entreprises de services.
21:11Michel Martinez, cet arbitrage entre destruction, création de valeur,
21:15ça va encore prédominer pendant des mois et des mois ?
21:18Après, moi, je ne suis pas un spécialiste sectoriel,
21:20je peux faire quelques remarques...
21:22Non, mais en termes de dynamique de développement...
21:24Le moment de macroéconomie sur l'impact d'une révolution industrielle,
21:29technologique extraordinaire,
21:32la première remarque, c'est qu'on est aujourd'hui encore
21:35dans la fameuse frénésie d'investissement,
21:38et de croissance à tout faire.
21:40On parle quand même d'investissement par an d'environ 2 000 milliards,
21:46et 2 000 milliards, c'est 2 % du PIB mondial.
21:49Mais ce sont des sommes extraordinaires.
21:54Pour l'Europe, si on prend l'Europe,
21:56ça rajoute 0,3 ou 0,4 dixième à la croissance par an.
21:59On parlait de croissance potentielle à 0,8, vous voyez ?
22:03Quasiment la moitié.
22:06Et autre point, pendant cette période de frénésie,
22:09c'est inflationniste.
22:11Oui, c'est inflationniste sur le prix d'énergie,
22:14sur le prix des composants informatiques.
22:17C'est ce qu'on a observé sur toutes les révolutions industrielles,
22:20et c'est ce qu'on observe maintenant,
22:22ce qu'on a observé l'an dernier, et ce qu'on observe maintenant.
22:25Donc ça, c'est aussi du point de vue des banques centrales à avoir à l'esprit.
22:29Donc ça soutient la croissance, la résilience de l'économie,
22:31et c'est inflationniste.
22:35Après, un peu plus loin dans le temps,
22:36et c'est très difficile de prévoir,
22:38il y a toujours un retournement,
22:41parce que cette frénésie ne peut pas durer éternellement.
22:44Elle est probablement insoutenable.
22:47Ce rythme d'investissement,
22:48il est selon toute probabilité insoutenable.
22:52Donc l'investissement va ralentir beaucoup,
22:54et ça va cette fois-ci peser sur la croissance.
22:56Et dans un troisième temps,
22:58on verra effectivement les gains de productivité,
23:02les gagnants et les perdants,
23:04on les verra se distinguer beaucoup plus.
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