00:00Good morning business, le pitch.
00:03Il est 6h15 sur BFM Business et sur RMC Live.
00:06Le pitch ce matin c'est avec Céline Domer.
00:08Bonjour, bienvenue dans la matinale.
00:10Vous êtes la présidente et cofondatrice d'Agrilab, le Vredge.
00:13Une minute pour pitcher et on débriefe.
00:15Très bien, bonjour à tous.
00:16Je suis Céline Domer, présidente cofondatrice d'Agrilab et Vredge
00:19aux côtés de trois autres cofondateurs.
00:22Chez Agrilab et Vredge, on a inventé un procédé
00:24qui permet de significativement valoriser
00:27les coproduits de production alimentaire.
00:29pour les transformer en ingrédients
00:31qui permettent de remplacer les additifs.
00:34Ce ne sont pas des additifs,
00:35qui permettent de remplacer les additifs
00:37dans les recettes que fabriquent les industriels de l'agro.
00:41Des additifs, c'est les E avec trois chiffres derrière que vous connaissez.
00:46Et nous, on est spécialisés dans tout ce qui est
00:50antioxydants, acidifiants et texturants.
00:52En gros, les additifs qui permettent aux produits
00:55de durer plus longtemps dans le temps.
00:56Un coproduit, c'est quoi ?
00:57Un coproduit, c'est un résidu d'une première transformation.
01:01Typiquement, notre matière première de référence,
01:04ça va être le coproduit de l'industrie du sucre,
01:07donc la pulpe de betterave sutrière.
01:09Le sucre, typiquement, c'est de la pulpe de betterave.
01:11On en extrait 30% de sucre.
01:13Il en reste à peu près 70% d'une matière fibreuse
01:16qui aujourd'hui part en nutrition animale essentiellement.
01:19Donc, c'est ce qui reste au moment de la production.
01:21Ce n'est pas un déchet vraiment,
01:23mais c'est un résidu un peu automatique.
01:25Exactement.
01:27C'est plus ou moins un déchet.
01:28C'est ce que j'allais dire.
01:29Vous allez nous faire manger des déchets agricoles, en fait,
01:30à la place des additifs.
01:31Ce n'est pas un déchet.
01:32Non, ce n'est pas un déchet.
01:33Et la vraie différence entre les déchets et les coproduits,
01:36les déchets, c'est jeté.
01:37Et les coproduits, ça part, ça a une autre utilisation.
01:41Aujourd'hui, c'est utilisé en nutrition animale
01:43parce que c'est plein de propriétés,
01:46notamment nutritionnelles, fibreuses,
01:48mais à un prix hyper bas, 30 euros la tonne.
01:51Et nous, on a trouvé le moyen
01:52de significativement revaloriser ça
01:54et de le remettre en nutrition humaine.
01:56Ce qui est hyper intéressant,
01:58c'est qu'on donne une deuxième vie
02:00plus intéressante à ce coproduit
02:02et on va fabriquer des choses,
02:04des ingrédients qui remplacent
02:06des additifs qui viennent de Chine, notamment,
02:08et qui ne vont pas exploiter encore plus la planète
02:12puisque, quelque part, ils sont là,
02:13prêts à être encore mieux valorisés.
02:15Eva ?
02:15Alors, vous les achetez plus cher,
02:17enfin, au-dessus du marché ?
02:19Donc, déjà, c'est du coup mal barré
02:21pour la nutrition animale,
02:22mais du coup, ce prix-là, il est de combien ?
02:25Alors, aujourd'hui, le prix de marché,
02:27c'est environ 30 euros la tonne,
02:30donc vraiment pas cher.
02:31Et nous, on s'engage à l'acheter
02:33à environ entre 15 à 20 %
02:35au-dessus de ce prix de marché.
02:37Et vous dites, c'est mal barré
02:38pour la nutrition animale,
02:41mais il se trouve que les besoins
02:42en nutrition, de bétail, etc.,
02:44baissent.
02:44Et nous, on vient compenser
02:47à peu près cette baisse.
02:48Donc, au contraire, c'est super bien
02:49pour les coopérateurs et les agriculteurs
02:51puisque ça veut dire que,
02:53eh bien, ces résidus
02:57ne vont pas être invendus
02:58et, en plus, on va leur acheter
03:00un petit peu plus cher
03:01que le prix de marché.
03:02Et alors, c'est quoi votre procédé
03:03pour faire en sorte que ça puisse rentrer
03:04dans la nutrition humaine ?
03:06Alors, notre procédé, il est secret, évidemment.
03:08Oui, mais alors, c'est quoi l'idée, quoi ?
03:09Mais alors, l'idée, en fait,
03:11c'est qu'on prend le coproduit humide
03:13pour éviter des coûts,
03:16de l'impact carbone, etc.
03:17Donc, la fibre.
03:19Et on a inventé un procédé, en fait,
03:21qui sépare deux flux de fibres
03:22en fonction des fonctionnalités.
03:24Et ça va donner lieu à deux produits.
03:26Un produit qui est vraiment
03:28antioxydant et acidifiant
03:29pour remplacer les acides ascorbiques,
03:31acides citriques, etc.
03:32Et un autre produit, toujours une fibre,
03:34qui a plutôt des fonctionnalités
03:37texturantes et qui, lui,
03:38va remplacer un autre type d'addit.
03:40Et donc, ça, sur les aliments,
03:42on va retrouver ça dans quel type d'aliments ?
03:44Et ça n'a aucun impact sur le goût
03:46et sur la texture par rapport aux additifs
03:48qu'on a aujourd'hui ?
03:48Évidemment, c'était tout l'enjeu.
03:50C'est aussi une des particularités
03:51de notre procédé.
03:53Donc, dans quel type de produit
03:55ça va se retrouver ?
03:56Ça va se retrouver dans des produits,
03:58des marchés très grands publics,
03:59comme les boissons, les sodas, par exemple,
04:01les biscuits, les pains, les brioches,
04:05les céréales de petit-déjeuner,
04:07tout ce qui a besoin, en fait,
04:08qui a une DLC, vous voyez,
04:11la date limite de consommation,
04:14et qui a besoin d'être prolongée
04:16un petit peu dans le temps.
04:17Tous ces produits-là utilisent
04:19des stabilisants, des acidifiants,
04:20des antioxydants,
04:21et c'est dans ces produits
04:22qu'on va se retrouver.
04:23Donc, c'est un très gros marché dans le monde.
04:25Vous vendez à des grands industriels
04:27qui sont vos clients ?
04:28Oui, nos clients sont tous les industriels
04:30qui, aujourd'hui, ont besoin
04:32d'acidifiés, antioxydés ou texturés,
04:35et qui décident de rendre leurs produits
04:39plus, ce qu'on dit, clean label,
04:41c'est-à-dire d'enlever ces œufs
04:42de leurs étiquettes.
04:43Mais c'est déjà sur le marché, là ?
04:44On peut, sur certains aliments,
04:46si on regarde à l'arrière,
04:47il n'y a pas les œufs,
04:48et ce sera remplacé par quoi, d'ailleurs ?
04:49Ce sera marqué, coproduit de l'agriculture ?
04:52Non, ce sera remplacé par un étiquetage
04:55fibre-végétale.
04:56Fibre-végétale.
04:57Oui, hyper simple.
04:57Et pourquoi vous êtes obligés
04:58d'acheter au-dessus du prix du marché ?
05:01On n'est pas obligés.
05:02On n'est pas obligés.
05:03En fait, c'est un parti pris,
05:05dès le départ.
05:06On s'est dit que cette création de valeur,
05:08on voulait qu'elle profite
05:10au plus grand nombre sur le marché,
05:13recommencé par les agriculteurs.
05:14On a de la chance en France,
05:15c'est que toute cette industrie du sucre
05:17est hyper bien organisée
05:18autour de coopératives,
05:21et qu'à chaque fois qu'il y a un prix
05:23qui est fixé tous les ans,
05:24et à chaque fois que ce prix est augmenté,
05:26on sait que le différentiel
05:28va repartir à tous les coopératifs.
05:31Donc, on trouve que c'est...
05:32C'est un choix éthique plus que...
05:34C'est un choix éthique.
05:35Mais ça se répercute sur le prix de votre produit.
05:36Est-ce que c'est entre 5 et 10 euros le kilo ?
05:39Non, la tonne.
05:40La tonne.
05:42Mais ce que je voulais dire,
05:43c'est que les ordres de grandeur,
05:44par rapport à des additifs chinois,
05:46c'est beaucoup plus cher quand même.
05:47Ça reste plus cher.
05:48C'est plus cher,
05:49comme tout ce qui est made in France déjà,
05:51versus made in China.
05:52Et en même temps,
05:53c'est des dosages d'incorporation
05:55qui sont tellement microscopiques
05:57qu'au final,
05:58c'est un impact sur le prix de fabrication
06:01de quelques centimes par kilo par litre.
06:03Donc, ça reste hyper en ligne
06:05avec cette équation économique
06:07et ce positionnement très grand public
06:08qu'on a voulu vraiment jouer.
06:10Ça s'appelle AgriLab Le Vredge.
06:12Merci beaucoup Céline Domer
06:13qui est venue ce matin
06:14dans la matinale de l'économie.
06:16Et à la fin, ça finit dans une petite poudre.
06:18Merci d'être venue ce matin.
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