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  • il y a 10 mois
Antoine Collette, directeur général de Sodiaal, était l'invité de Sandra Gandoin dans Good Morning Business, ce jeudi 30 octobre. Ils ont évoqué les initiatives de la coopérative, notamment sa défense des produits français et des valeurs qui les sous-tendent, ainsi que ses résultats solides pour 2025, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Le grand entretien de ce matin, c'est avec Antoine Collette, directeur général de Sodial.
00:04Bonjour, bienvenue dans la matinale de l'économie.
00:06Combien de marques Sodial ? On connaît Yoplait, on connaît Candia, on connaît Entremont, mais il y en a plein d'autres.
00:11Il y en a plein d'autres et il y a aussi plein d'agriculteurs et plein de salariés,
00:14puisqu'aujourd'hui je viens ici au nom de nos 15 000 agriculteurs,
00:18qui sont aussi propriétaires de la coopérative et propriétaires des marques qu'on voit ici.
00:23Les grandes marques effectivement c'est Candia, c'est Entremont, c'est Yoplait.
00:26Je viens aussi au nom de nos 9 000 salariés qui travaillent dans nos 53 usines en France,
00:30réparties dans tout le territoire, ce qui est aussi très important pour l'emploi français,
00:34et pour présenter cette initiative qu'on met en place pour faire un appel finalement aux consommateurs français,
00:40pour défendre le made in France, défendre le lait français,
00:43avec toutes les valeurs qui sont derrière, les valeurs coopératives.
00:46On va y revenir dans un instant, je voulais revenir sur les chiffres de 2024,
00:49un chiffre d'affaires de 5,8 milliards, c'est de bons résultats,
00:52comment ça se passe alors qu'on atteint quasiment la fin de l'année 2025 ?
00:57Alors l'année se passe, les résultats seront solides sur cette année,
01:02on a des positifs et des négatifs comme dans toutes les années.
01:06Ce qui n'est pas facile c'est l'incertitude, ce qui n'est pas facile c'est effectivement aussi les marchés mondiaux,
01:11qui dévissent en ce moment sur les produits cotés,
01:13comme le beurre ou la poudre de lait sur les marchés mondiaux,
01:16et qui va aussi faire baisser une partie des prix sur les marchés mondiaux.
01:20Vous avez effectivement dévoilé, vous en parliez, une signature oui au lait de notre coopérative,
01:26qui sera progressivement apposée sur l'ensemble des produits issus de la coopérative Saudiale.
01:31Est-ce que c'est important aujourd'hui le consommer français encore pour le consommateur ?
01:36On sait que c'est particulièrement important pour le consommateur français,
01:39on sait que ça résonne, mais on sait qu'on ne l'a pas forcément suffisamment dit,
01:42on veut le dire vraiment maintenant aujourd'hui,
01:44Candia, Entremont et Yoplait, ce n'est pas des marques comme les autres,
01:47et on dit, en fait, en consommant ces produits, vous faites un acte militant.
01:51Un acte militant sur trois points.
01:53D'abord, défendre le lait français, défendre la juste rémunération du lait français.
01:57Il faut savoir, aujourd'hui, on parle beaucoup du renouvellement des générations,
02:00il faut savoir qu'un agriculteur sur deux, un éleveur laitier sur deux,
02:03aujourd'hui, va partir à la retraite dans les dix ans qui viennent.
02:07Si l'équation économique n'est pas intéressante,
02:10et si on ne peut pas se rémunérer en faisant du lait en France,
02:12nous n'aurons plus d'éleveurs laitiers.
02:14Et c'est ça qu'on essaye de faire avec cette initiative.
02:17Le deuxième acte militant qu'on dit, c'est consommé français,
02:20c'est des produits qui sont faits en France.
02:22Nos usines ne sont pas délocalisables,
02:24elles sont liées à des bassins, à des terroirs,
02:27à des AOP, comme on dit sur le fromage,
02:30et tout ça, c'est consommé français.
02:32Et le troisième point dans l'acte militant,
02:33qui est aussi important, c'est qu'on est très engagé
02:35dans la réduction de notre empreinte carbone.
02:38Dans nos fermes, on s'est engagé à faire moins 20% d'ici 2030.
02:41Dans nos usines, moins 50%.
02:43Et donc c'est vraiment ça qu'on dit,
02:45on n'en est pas une entreprise comme les autres,
02:48et on veut que le consommateur, au moment du choix,
02:50parce qu'on sait que le consommateur a le choix dans le rayon,
02:54il va pouvoir faire un choix qui a du sens.
02:56Privilégier les valeurs, privilégier aussi la rémunération,
02:59le prix du lait conventionnel a décroché à 450 euros
03:03pour 1000 litres en octobre et novembre.
03:06Alors, vous pensez que la situation pourra s'améliorer pour 2026 ?
03:11Comment on peut savoir si ça va s'améliorer et se remonter un peu ?
03:16Alors, il y a une tension, effectivement,
03:19comme je le disais juste avant, sur les marchés mondiaux.
03:21Donc il y a forcément de l'inquiétude dans les campagnes en ce moment,
03:23de se dire à quel point les marchés mondiaux
03:25vont nous faire descendre le prix français aussi.
03:27Et c'est pour ça qu'on lance cette initiative.
03:29C'est exactement pour ça, pour défendre le prix du lait français
03:33et pour pouvoir créer une communauté de destin
03:38entre les distributeurs, entre les parties prenantes politiques
03:41et surtout les consommateurs pour défendre la valeur du lait français
03:44pour qu'aujourd'hui, on décide de soutenir l'avenir, finalement, de demain.
03:50Les actes d'aujourd'hui vont avoir une influence sur demain.
03:53Pour autant, la Fédération nationale de l'industrie laitière
03:55et la Banque de France disent que les éleveurs ont vu le prix du lait
03:58augmenter de 35% en trois ans.
04:01Est-ce que c'est un rattrapage d'un prix qui était trop bas à l'époque
04:04ou est-ce que ça y est, ils commencent vraiment à bien vivre,
04:08tout simplement, de leurs exploitations ?
04:10Alors, c'est exactement ça.
04:11C'est-à-dire que c'était un rattrapage.
04:12Il y a eu vraiment des salaires très bas dans l'industrie laitière.
04:16Il y a eu beaucoup, du coup, de décapitalisation, d'arrêt,
04:20de personnes qui ont changé soit d'agriculture,
04:22soit qui ont juste jeté l'éponge.
04:23Donc maintenant, comme ils disent, et on en a parlé hier
04:26à notre conseil d'administration,
04:28les gens vivent dignement de leur métier.
04:29Il faut savoir que c'est un métier où on travaille énormément.
04:32La traite, c'est quand même un métier qui est très astreignant.
04:34Et donc, c'est une rémunération qui est, je dirais,
04:38on parle de juste, on parle de digne,
04:40mais qui finalement, au taux horaire, n'est quand même pas très élevé.
04:42Et donc, c'est pour ça que c'est très important
04:44de défendre le niveau que nous avons aujourd'hui
04:47et de ne pas retomber dans les niveaux difficiles
04:50qu'il y a eu dans les années passées.
04:51Les négociations commerciales vont reprendre
04:53de la fin d'année jusqu'à mars prochain.
04:56Ça tire déjà dans tous les sens
04:58entre les différents acteurs de la grande distribution.
05:01Qu'est-ce que vous en attendez, vous,
05:03en tant que coopérative laitière ?
05:04Alors nous, la première chose qu'on fait,
05:06c'est qu'on explique aux partenaires distributeurs
05:09notre modèle qui est différent.
05:11On n'est pas une entreprise laitière comme les autres,
05:13on est une entreprise unique pour trois raisons.
05:16Notre lait est uniquement français.
05:18Notre lait assure une juste rémunération.
05:20Nos agriculteurs, c'est eux qui décident du prix du lait
05:23en conseil d'administration.
05:24Et tous les bénéfices, et ça c'est très important,
05:26qui sont dégagés aussi avec ces produits-là,
05:29sont réinvestis soit dans les fermes,
05:31redistribués dans les fermes ou dans la coopérative.
05:33Et c'est entendu, ça, lors des négociations ?
05:35C'est entendu.
05:36Bien sûr, les négociations, ça reste des négociations.
05:39Mais nous, ce qu'on essaye d'expliquer,
05:40c'est qu'on a ce petit supplément d'âme additionnel
05:43avec ces produits, avec ces marques
05:44qui sont aimées des consommateurs.
05:46On est dans neuf foyers sur dix aujourd'hui en France,
05:48avec ces grandes marques.
05:50Et donc, il y a cette idée de se dire,
05:51c'est des grandes marques,
05:52c'est des marques qui sont aimées des consommateurs.
05:55Et puis, en plus, on est une coopérative.
05:57Donc, en soutenant finalement les coopératives,
06:00Sodial, on fait un acte militant.
06:02Et c'est ça qu'on essaye d'expliquer
06:04à tous nos amis distributeurs.
06:06C'est plus ou moins, bien entendu,
06:07mais on a quand même beaucoup de partenariats
06:10qui se nouent.
06:10Et je garde toujours l'esprit positif
06:14sur ces sujets-là.
06:15Très vite, Michel-Édouard Leclerc sera à votre place demain.
06:17Est-ce que vous avez un message à lui passer
06:19juste avant ces négociations commerciales ?
06:21Eh bien, exactement ça.
06:22De se dire que si, aujourd'hui,
06:24on prend le lait comme une variable d'ajustement
06:27dans la guerre des prix entre les distributeurs,
06:29on n'aura plus de lait.
06:30Les jeunes ne vont plus reprendre des fermes laitières.
06:33Donc, c'est une course, une fuite en avant,
06:36mais une fuite en avant dangereuse
06:37parce qu'on ne garantira pas le lait pour demain
06:40pour nos enfants et nos petits-enfants.
06:41Des conséquences sur les exploitations
06:43et sur la reprise.
06:44Et sur l'emploi français, finalement,
06:46parce que les 9000 personnes qu'on emploie
06:48dans nos usines et dans notre siège,
06:50eh bien, tout ça, ça va être à risque
06:52si on ne consomme pas du lait français.
06:53Le contexte international est compliqué en ce moment.
06:57Ça ne vous concerne peut-être pas directement,
06:59mais vous vous étendez à l'international,
07:01vous regardez ce qui se passe.
07:03Je recevais, il y a quelques jours,
07:05le groupe Bell qui ne regarde plus
07:07du côté des Etats-Unis pour le moment,
07:09mais regarde du côté de l'Asie
07:10parce qu'il y a un panel inouï de consommateurs
07:13qui va se développer dans la prochaine décennie.
07:16Est-ce que vous aussi, vous regardez de ce côté-là ?
07:18Alors, nous, on s'est engagé,
07:19je me suis engagé avec le plan stratégique
07:21qu'on a écrit il y a deux ans,
07:22de passer de 20% de notre chiffre d'affaires
07:24à 30%.
07:25Voilà.
07:26Donc, il y a vraiment aussi une volonté
07:28de se développer à l'international.
07:29On est déjà passé à 26%
07:32avec l'acquisition du Yoplait Canada
07:34que j'étais venu présenter sur ce plateau.
07:35Effectivement, une très belle acquisition.
07:37On en est particulièrement contents.
07:38La marque Yoplait au Canada
07:40revient à la coopérative
07:42et donc revient au propriétaire,
07:44finalement fondateur, d'il y a 60 ans.
07:46Donc ça, c'est vraiment quelque chose
07:48qu'on est en train d'absorber,
07:50de faire rentrer dans notre organisation
07:52avec succès.
07:54On est très contents.
07:55Et ça pourra devenir aussi
07:56une plateforme de développement.
07:57On regarde d'autres opportunités, effectivement.
08:01Pour nous, c'est très important
08:02d'avoir tout ce travail français actuellement
08:04qui est fait de retravailler des fondamentaux
08:07pour vraiment expliquer et donner du sens
08:10aux consommateurs français
08:11et en parallèle, se développer à l'international.
08:13Ça nous donne deux jambes de développement
08:15qui nous permet de vraiment assurer
08:17une création de valeur pour les fermes françaises.
08:19Vous travaillez pour la formation,
08:22l'accompagnement des éleveurs
08:24et finalement, pour que ces exploitations
08:27soient reprises, pour que les jeunes viennent,
08:29peut-être les femmes aussi davantage,
08:30une féminisation des métiers du lait.
08:33Quels sont les arguments, en une minute,
08:34pour les faire venir aujourd'hui ?
08:36Le premier argument, c'est l'économique.
08:39Si le plan économique d'une ferme ne fonctionne pas,
08:41comme souvent les jeunes doivent s'endetter
08:43pour refaire des bâtiments,
08:44racheter des terres, racheter du cheptel,
08:47c'est l'économique.
08:48Donc l'économique, c'est le prix du lait.
08:50Et c'est pour ça que c'est si important.
08:51C'est vraiment le nerf de la guerre.
08:52Ensuite, on a beaucoup de travail d'accompagnement,
08:55technique, au quotidien,
08:58on va les aider à s'installer.
08:59Mais le plus important,
09:01c'est que le prix du lait tienne.
09:02C'est pour ça,
09:03et c'est ça que j'explique à tous les distributeurs
09:04et à tous les Français.
09:06En achetant les produits Sodial,
09:08on fait tous un petit geste.
09:09On sait que les produits sont de toute façon
09:11très accessibles.
09:12On sait des produits qui sont très bons,
09:13très sains, très accessibles.
09:15Et en achetant ces produits-là,
09:16on fait un geste pour tous ceux
09:17qui s'installent aujourd'hui dans les fermes.
09:19Voilà.
09:19Merci beaucoup, bonne collègue d'être venu.
09:21Il y a de l'émotion.
09:23Voilà, c'est terminé.
09:24Merci, directeur général de Sodial.
09:26Merci d'avoir été dans la matinale
09:27de l'économie.
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