00:00Good morning business, le pitch.
00:046h14 sur BFM Business et sur AMC Live.
00:06Le pitch aujourd'hui c'est avec Grégoire Alston.
00:08Bonjour, vous êtes le cofondateur de RISOL.
00:11Une minute pour pitcher et on débriefe.
00:13Vendredi dernier, on fêtait les 10 ans de l'accord de Paris
00:16qui vise la neutralité carbone en 2050.
00:18Et un chiffre est encore peu connu en France,
00:2086% du potentiel de stockage de carbone additionnel
00:23se trouve sous nos pieds, dans les sols agricoles.
00:26Alors même que l'agriculture est le deuxième poste
00:28d'émission de gaz à effet de serre du pays.
00:30Chez RISOL, on est l'entreprise à mission
00:31pour mesurer, valoriser et financer la transition agricole.
00:34Concrètement, on a développé un outil logiciel
00:36qui permet de mesurer les émissions de CO2
00:38et le stockage de carbone en fonction
00:40des pratiques agricoles mises en place sur les fermes.
00:43On valorise l'amélioration des pratiques
00:44pour permettre aux agriculteurs de financer
00:46le coût de leur transition,
00:48notamment via la génération de crédits carbone
00:50qui sont scientifiquement reconnus
00:51et certifiés par le ministère de la Transition écologique.
00:54On vend ces crédits carbone à des entreprises
00:56situées sur le même territoire que nos agriculteurs.
00:58L'intérêt pour elles,
01:00c'est qu'au lieu d'aller planter un arbre au bout du monde,
01:02on leur propose une action locale,
01:04identifiable, mesurable et valorisable
01:06qui ne tombe pas dans le greenwashing.
01:08Aujourd'hui, on travaille avec plus de 80 entreprises
01:10qui financent nos projets,
01:11plus de 300 agriculteurs en transition
01:12et c'est 3 millions d'euros
01:14pour financer l'agriculture durable
01:15et la souveraineté alimentaire en France.
01:17Donc, votre boulot, c'est les crédits carbone
01:19parce que vous avez parlé de stockage aussi de carbone.
01:21Oui, les crédits carbone, en fait,
01:23un crédit carbone, c'est une tonne de CO2
01:24soit réduite, soit stockée dans les sols.
01:26C'est la monétisation de l'impact, quelque part.
01:28Et donc, l'une des façons de financer l'impact,
01:31c'est les crédits carbone.
01:31C'est un des leviers du financement
01:32de la transition qu'on développe.
01:33Donc, ça veut dire que concrètement,
01:35vous allez voir les agriculteurs
01:37et vous leur expliquez
01:38comment ils pourraient stocker du carbone
01:41pour générer des crédits carbone.
01:43C'est comme ça que ça fonctionne.
01:43On identifie des pratiques
01:44qui permettraient d'améliorer
01:45le stockage de carbone dans les sols,
01:47donc des changements sur leur ferme.
01:47Et donc, c'est quoi ?
01:48Alors, concrètement, qu'est-ce qu'on peut faire
01:49pour ceux qui ont du carbone ?
01:50Il y a plusieurs pratiques,
01:51mais si je vous donne un exemple,
01:52ça va être de couvrir les sols en permanence.
01:55Aujourd'hui, si vous êtes un agriculteur
01:56et que sur votre parcelle,
01:57vous cultivez, par exemple, du blé
01:59et ensuite une culture de printemps
02:00comme de la betterave ou du maïs,
02:02la moisson du blé, la récolte, c'est en été.
02:04Et ensuite, vous allez semer
02:05votre culture de printemps en mars ou avril.
02:07Ce qui fait qu'entre août et février,
02:09à peu de choses prêches,
02:10je simplifie un tout petit peu,
02:11il y a quelques obligations réglementaires,
02:12mais vos sols vont rester à nu
02:13ou en tout cas, il y aura peu de choses
02:14qui vont pousser.
02:15Nous, on va développer ce qu'on appelle
02:16des couverts végétaux
02:17qui, par la magie de la photosynthèse,
02:19vont stocker du carbone
02:20et ces cultures-là,
02:21elles ne sont pas valorisées économiquement
02:22pour l'agriculteur.
02:23L'idée, c'est de les broyer
02:24et de les restituer au sol.
02:25Donc, il n'y a pas de vente de ces cultures,
02:27d'où le besoin d'additionnalité financière
02:28pour financer la mise en place.
02:30Mais je reprends le système,
02:31c'est-à-dire que vous avez des boîtes
02:32qui sont dans la même région,
02:34qui, elles, ont besoin de crédit carbone
02:36pour faire baisser l'ensemble
02:38de leurs empreintes
02:40et ils vont financer, eux,
02:42le projet dont vous venez de nous parler.
02:44Exactement.
02:45Il y a des enjeux différents.
02:46Soit c'est des entreprises,
02:47par exemple, du secteur agroalimentaire.
02:48Dans ce cas-là, leur enjeu,
02:49c'est de financer
02:50leur chaîne d'approvisionnement,
02:51leurs agriculteurs fournisseurs,
02:52concrètement, décarboner
02:54les cultures qu'elles achètent,
02:55comme ça, elles se décarbonent elles-mêmes.
02:56Soit ça va être un cas complètement différent
02:58d'une entreprise industrielle
02:59qui va souhaiter stocker du carbone
03:00autour de son usine
03:01ou autour de son site
03:02et qui va avoir un focus particulier,
03:04par exemple, sur la préservation de l'eau
03:06qu'on va également mesurer
03:06puisqu'on va mesurer des indicateurs
03:08sur la biodiversité
03:08et sur les ressources naturelles.
03:10Pendant cette transition,
03:11du coup, les agriculteurs,
03:12ils ont rien à payer, finalement ?
03:15Alors, d'un point de vue outil, non,
03:16parce qu'ils ont déjà suffisamment
03:18de charges à prendre en compte
03:19pour mettre en place
03:20les levées de transition.
03:21Je vous prenais l'exemple
03:21des couverts végétaux,
03:23c'est un achat de semences,
03:24c'est de la consommation de carburant
03:25pour les implémenter,
03:26de la consommation de carburant
03:27pour les détruire
03:27et du temps de travail supplémentaire.
03:29Ça peut être de l'achat de matériel
03:34pour diversifier les rotations de culture,
03:36introduire des légumineuses
03:37qui vont avoir une rentabilité économique
03:38un peu moindre
03:39par rapport à certaines céréales.
03:40Donc, l'idée,
03:41c'est de les aider
03:41à rentrer dans leurs coûts
03:42mais que leurs charges,
03:43elles soient uniquement sur leur ferme
03:45et pas sur tous les outils
03:46qui les aident à valoriser cette transition.
03:47Et donc, ça, c'est vous
03:48qui le labellisez ?
03:50C'est-à-dire que vous avez
03:51des gens qui vont sur les exploitations
03:55et qui vont analyser
03:56les changements réalisés
03:57après quelques mois
03:58et en fonction de ça,
03:59on peut dire
03:59là, vous avez gagné
04:00tant de crédits carbone ?
04:02Oui, alors on a un logiciel
04:03pour faire ça
04:03qui permet de la remontée
04:04de données et de collecter
04:05en fonction de données de sol
04:06et de tous les itinéraires techniques
04:07de ce qui est mis en place
04:07sur les fermes.
04:09Mais ce qu'on fait,
04:09ce n'est pas nous
04:09qui avons inventé la méthodologie,
04:11on se base sur le rapport du GIEC
04:12et sur des méthodes
04:12qui ont été développées
04:13par notamment le ministère
04:14de la Transition écologique
04:15à travers un label
04:16qui s'appelle l'Abel Bacarbone.
04:17Donc, tout ce qu'on fait
04:17est audité par un auditeur indépendant
04:19et certifié par les directions
04:21régionales de l'environnement.
04:23Mais ça finance le projet,
04:25par exemple,
04:25pour couvrir les sols,
04:26mais ça permet aussi
04:27du revenu pour les agriculteurs ?
04:29En fait, pour les agriculteurs,
04:30la transition à moyen terme
04:31et à long terme,
04:32c'est du revenu additionnel
04:33parce que la transition
04:34de mettre du carbone dans le sol,
04:35c'est remettre de la matière organique
04:36et c'est ce qui fait
04:36la fertilité des sols.
04:38Donc, à court terme,
04:38c'est un coût,
04:39mais aujourd'hui,
04:4087% des agriculteurs
04:41veulent faire cette transition
04:42pour, à moyen terme,
04:43préserver leur rendement,
04:45préserver leur production,
04:46c'est-à-dire leur sol,
04:47qui vont derrière les gays
04:48à leurs enfants.
04:48Mais vous leur parlez
04:49de revenu futur ?
04:49On leur parle de revenu futur,
04:51mais d'intérêt
04:51d'être plus indépendant.
04:57Au cours des engrais.
04:58Mais attendez,
04:58parce que vous dites
04:58revenu futur,
04:59mais les crédits carbone,
05:01c'est eux qui récupèrent l'argent.
05:02Oui, les crédits carbone,
05:03c'est le revenu aujourd'hui,
05:04mais qui vient contrebalancer
05:05un coût qui est le plus
05:06de la base pratique sur la ferme.
05:07Donc, nous,
05:08notre objectif,
05:09c'est presque d'en faire un jeu
05:10à somme nulle,
05:10ce qui est compliqué
05:11parce que le coût de la transition
05:12est très élevé,
05:12mais c'est déjà de les aider
05:13à rentrer dans leurs coûts.
05:14Eux, le bénéfice,
05:15il est juste après.
05:16Passé 5 ans,
05:17leurs sols sont plus fertiles,
05:19ils résistent beaucoup mieux
05:19aux aléas climatiques,
05:20aux sécheresses
05:21et aux inondations.
05:22Ils ont beaucoup moins
05:22de risques, en fait,
05:23sur leur exploitation
05:24et ils ont une exploitation
05:25qui conduise de façon
05:26beaucoup plus intéressante pour eux.
05:27Du coup,
05:27il vous faut une espèce
05:28de double force commerciale,
05:29c'est-à-dire il y a ceux
05:29qui parlent aux agriculteurs
05:31et puis il y a ceux
05:32qui parlent aux boîtes.
05:33Ce n'est pas les mêmes profils.
05:34Exactement.
05:35Et c'est d'ailleurs pour ça,
05:35aujourd'hui,
05:36qu'on a levé des fonds
05:37avec la Banque des Territoires,
05:40Inves,
05:40un fonds d'amorçage
05:41de la région de France
05:41et Generali,
05:42dans le but
05:43de recruter
05:43des ingénieurs agronomes.
05:44Notre équipe,
05:45elle est composée
05:46d'ingénieurs agronomes
05:46côté agriculteur
05:47et d'experts carbone
05:48et biodiversité
05:48côté entreprise
05:49pour s'adapter
05:50aux besoins des entreprises.
05:51Vous avez levé
05:524 millions d'euros.
05:54Ça suffira ?
05:55Ça suffira dans un premier temps
05:56pour emmener,
05:57aujourd'hui,
05:57on travaille,
05:58comme je le disais,
05:58avec plusieurs centaines
05:59d'agriculteurs,
06:00300 projets déjà développés,
06:01300 en cours.
06:02Notre objectif,
06:02c'est d'emmener
06:032000 agriculteurs
06:03en transition d'ici 2028
06:05et 5000 d'ici 2030.
06:07Donc, ça suffira
06:07dans un premier temps
06:08pour ça,
06:08mais comme on veut
06:09être le leader
06:09de la transition agricole
06:10en France,
06:11il va falloir aller
06:11encore plus loin.
06:11Et quand vous allez
06:12parler aux agriculteurs,
06:13la discussion est facile ?
06:15Ils sont ouverts
06:16tout de suite ?
06:17Ils comprennent leur intérêt
06:18d'un point de vue
06:19changement de pratique.
06:20Forcément,
06:21la première question,
06:21c'est combien ça va me coûter
06:22et combien vous allez
06:23pouvoir me rapporter.
06:24Et nous,
06:24grâce à cette levée de fonds
06:25notamment,
06:26on leur garantit
06:26un revenu en amont.
06:27On n'attend pas
06:28d'avoir trouvé l'entreprise
06:29pour lancer le projet
06:29et pour les financer.
06:31On leur offre
06:31une visibilité financière,
06:33qu'est-ce qui leur manque
06:33cruellement aujourd'hui
06:34pour lancer des projets
06:35de transition.
06:37Et on a pensé
06:37à notre outil
06:37qu'on est en train
06:38d'encore plus développer
06:39pour qu'il soit
06:39sans friction pour eux
06:41en termes d'attents administratifs,
06:43de collègues de données
06:43pour qu'ils soient
06:44un maximum automatisés.
06:45Ça s'appelle Rissol.
06:46Merci beaucoup Grégoire Alston
06:47d'être venu ce matin
06:48sur le plateau
06:48de la matinale
06:49de l'économie.
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