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  • il y a 5 semaines
Grégoire Alston, cofondateur de ReSoil, était l'invité de Laure Closier dans Le Pitch de l'émission Good Morning Business, ce mardi 16 décembre. Ils sont revenus sur la mesure et la valorisation de la transition agricole pour permettre aux agriculteurs de la financer, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, le pitch.
00:046h14 sur BFM Business et sur AMC Live.
00:06Le pitch aujourd'hui c'est avec Grégoire Alston.
00:08Bonjour, vous êtes le cofondateur de RISOL.
00:11Une minute pour pitcher et on débriefe.
00:13Vendredi dernier, on fêtait les 10 ans de l'accord de Paris
00:16qui vise la neutralité carbone en 2050.
00:18Et un chiffre est encore peu connu en France,
00:2086% du potentiel de stockage de carbone additionnel
00:23se trouve sous nos pieds, dans les sols agricoles.
00:26Alors même que l'agriculture est le deuxième poste
00:28d'émission de gaz à effet de serre du pays.
00:30Chez RISOL, on est l'entreprise à mission
00:31pour mesurer, valoriser et financer la transition agricole.
00:34Concrètement, on a développé un outil logiciel
00:36qui permet de mesurer les émissions de CO2
00:38et le stockage de carbone en fonction
00:40des pratiques agricoles mises en place sur les fermes.
00:43On valorise l'amélioration des pratiques
00:44pour permettre aux agriculteurs de financer
00:46le coût de leur transition,
00:48notamment via la génération de crédits carbone
00:50qui sont scientifiquement reconnus
00:51et certifiés par le ministère de la Transition écologique.
00:54On vend ces crédits carbone à des entreprises
00:56situées sur le même territoire que nos agriculteurs.
00:58L'intérêt pour elles,
01:00c'est qu'au lieu d'aller planter un arbre au bout du monde,
01:02on leur propose une action locale,
01:04identifiable, mesurable et valorisable
01:06qui ne tombe pas dans le greenwashing.
01:08Aujourd'hui, on travaille avec plus de 80 entreprises
01:10qui financent nos projets,
01:11plus de 300 agriculteurs en transition
01:12et c'est 3 millions d'euros
01:14pour financer l'agriculture durable
01:15et la souveraineté alimentaire en France.
01:17Donc, votre boulot, c'est les crédits carbone
01:19parce que vous avez parlé de stockage aussi de carbone.
01:21Oui, les crédits carbone, en fait,
01:23un crédit carbone, c'est une tonne de CO2
01:24soit réduite, soit stockée dans les sols.
01:26C'est la monétisation de l'impact, quelque part.
01:28Et donc, l'une des façons de financer l'impact,
01:31c'est les crédits carbone.
01:31C'est un des leviers du financement
01:32de la transition qu'on développe.
01:33Donc, ça veut dire que concrètement,
01:35vous allez voir les agriculteurs
01:37et vous leur expliquez
01:38comment ils pourraient stocker du carbone
01:41pour générer des crédits carbone.
01:43C'est comme ça que ça fonctionne.
01:43On identifie des pratiques
01:44qui permettraient d'améliorer
01:45le stockage de carbone dans les sols,
01:47donc des changements sur leur ferme.
01:47Et donc, c'est quoi ?
01:48Alors, concrètement, qu'est-ce qu'on peut faire
01:49pour ceux qui ont du carbone ?
01:50Il y a plusieurs pratiques,
01:51mais si je vous donne un exemple,
01:52ça va être de couvrir les sols en permanence.
01:55Aujourd'hui, si vous êtes un agriculteur
01:56et que sur votre parcelle,
01:57vous cultivez, par exemple, du blé
01:59et ensuite une culture de printemps
02:00comme de la betterave ou du maïs,
02:02la moisson du blé, la récolte, c'est en été.
02:04Et ensuite, vous allez semer
02:05votre culture de printemps en mars ou avril.
02:07Ce qui fait qu'entre août et février,
02:09à peu de choses prêches,
02:10je simplifie un tout petit peu,
02:11il y a quelques obligations réglementaires,
02:12mais vos sols vont rester à nu
02:13ou en tout cas, il y aura peu de choses
02:14qui vont pousser.
02:15Nous, on va développer ce qu'on appelle
02:16des couverts végétaux
02:17qui, par la magie de la photosynthèse,
02:19vont stocker du carbone
02:20et ces cultures-là,
02:21elles ne sont pas valorisées économiquement
02:22pour l'agriculteur.
02:23L'idée, c'est de les broyer
02:24et de les restituer au sol.
02:25Donc, il n'y a pas de vente de ces cultures,
02:27d'où le besoin d'additionnalité financière
02:28pour financer la mise en place.
02:30Mais je reprends le système,
02:31c'est-à-dire que vous avez des boîtes
02:32qui sont dans la même région,
02:34qui, elles, ont besoin de crédit carbone
02:36pour faire baisser l'ensemble
02:38de leurs empreintes
02:40et ils vont financer, eux,
02:42le projet dont vous venez de nous parler.
02:44Exactement.
02:45Il y a des enjeux différents.
02:46Soit c'est des entreprises,
02:47par exemple, du secteur agroalimentaire.
02:48Dans ce cas-là, leur enjeu,
02:49c'est de financer
02:50leur chaîne d'approvisionnement,
02:51leurs agriculteurs fournisseurs,
02:52concrètement, décarboner
02:54les cultures qu'elles achètent,
02:55comme ça, elles se décarbonent elles-mêmes.
02:56Soit ça va être un cas complètement différent
02:58d'une entreprise industrielle
02:59qui va souhaiter stocker du carbone
03:00autour de son usine
03:01ou autour de son site
03:02et qui va avoir un focus particulier,
03:04par exemple, sur la préservation de l'eau
03:06qu'on va également mesurer
03:06puisqu'on va mesurer des indicateurs
03:08sur la biodiversité
03:08et sur les ressources naturelles.
03:10Pendant cette transition,
03:11du coup, les agriculteurs,
03:12ils ont rien à payer, finalement ?
03:15Alors, d'un point de vue outil, non,
03:16parce qu'ils ont déjà suffisamment
03:18de charges à prendre en compte
03:19pour mettre en place
03:20les levées de transition.
03:21Je vous prenais l'exemple
03:21des couverts végétaux,
03:23c'est un achat de semences,
03:24c'est de la consommation de carburant
03:25pour les implémenter,
03:26de la consommation de carburant
03:27pour les détruire
03:27et du temps de travail supplémentaire.
03:29Ça peut être de l'achat de matériel
03:34pour diversifier les rotations de culture,
03:36introduire des légumineuses
03:37qui vont avoir une rentabilité économique
03:38un peu moindre
03:39par rapport à certaines céréales.
03:40Donc, l'idée,
03:41c'est de les aider
03:41à rentrer dans leurs coûts
03:42mais que leurs charges,
03:43elles soient uniquement sur leur ferme
03:45et pas sur tous les outils
03:46qui les aident à valoriser cette transition.
03:47Et donc, ça, c'est vous
03:48qui le labellisez ?
03:50C'est-à-dire que vous avez
03:51des gens qui vont sur les exploitations
03:55et qui vont analyser
03:56les changements réalisés
03:57après quelques mois
03:58et en fonction de ça,
03:59on peut dire
03:59là, vous avez gagné
04:00tant de crédits carbone ?
04:02Oui, alors on a un logiciel
04:03pour faire ça
04:03qui permet de la remontée
04:04de données et de collecter
04:05en fonction de données de sol
04:06et de tous les itinéraires techniques
04:07de ce qui est mis en place
04:07sur les fermes.
04:09Mais ce qu'on fait,
04:09ce n'est pas nous
04:09qui avons inventé la méthodologie,
04:11on se base sur le rapport du GIEC
04:12et sur des méthodes
04:12qui ont été développées
04:13par notamment le ministère
04:14de la Transition écologique
04:15à travers un label
04:16qui s'appelle l'Abel Bacarbone.
04:17Donc, tout ce qu'on fait
04:17est audité par un auditeur indépendant
04:19et certifié par les directions
04:21régionales de l'environnement.
04:23Mais ça finance le projet,
04:25par exemple,
04:25pour couvrir les sols,
04:26mais ça permet aussi
04:27du revenu pour les agriculteurs ?
04:29En fait, pour les agriculteurs,
04:30la transition à moyen terme
04:31et à long terme,
04:32c'est du revenu additionnel
04:33parce que la transition
04:34de mettre du carbone dans le sol,
04:35c'est remettre de la matière organique
04:36et c'est ce qui fait
04:36la fertilité des sols.
04:38Donc, à court terme,
04:38c'est un coût,
04:39mais aujourd'hui,
04:4087% des agriculteurs
04:41veulent faire cette transition
04:42pour, à moyen terme,
04:43préserver leur rendement,
04:45préserver leur production,
04:46c'est-à-dire leur sol,
04:47qui vont derrière les gays
04:48à leurs enfants.
04:48Mais vous leur parlez
04:49de revenu futur ?
04:49On leur parle de revenu futur,
04:51mais d'intérêt
04:51d'être plus indépendant.
04:57Au cours des engrais.
04:58Mais attendez,
04:58parce que vous dites
04:58revenu futur,
04:59mais les crédits carbone,
05:01c'est eux qui récupèrent l'argent.
05:02Oui, les crédits carbone,
05:03c'est le revenu aujourd'hui,
05:04mais qui vient contrebalancer
05:05un coût qui est le plus
05:06de la base pratique sur la ferme.
05:07Donc, nous,
05:08notre objectif,
05:09c'est presque d'en faire un jeu
05:10à somme nulle,
05:10ce qui est compliqué
05:11parce que le coût de la transition
05:12est très élevé,
05:12mais c'est déjà de les aider
05:13à rentrer dans leurs coûts.
05:14Eux, le bénéfice,
05:15il est juste après.
05:16Passé 5 ans,
05:17leurs sols sont plus fertiles,
05:19ils résistent beaucoup mieux
05:19aux aléas climatiques,
05:20aux sécheresses
05:21et aux inondations.
05:22Ils ont beaucoup moins
05:22de risques, en fait,
05:23sur leur exploitation
05:24et ils ont une exploitation
05:25qui conduise de façon
05:26beaucoup plus intéressante pour eux.
05:27Du coup,
05:27il vous faut une espèce
05:28de double force commerciale,
05:29c'est-à-dire il y a ceux
05:29qui parlent aux agriculteurs
05:31et puis il y a ceux
05:32qui parlent aux boîtes.
05:33Ce n'est pas les mêmes profils.
05:34Exactement.
05:35Et c'est d'ailleurs pour ça,
05:35aujourd'hui,
05:36qu'on a levé des fonds
05:37avec la Banque des Territoires,
05:40Inves,
05:40un fonds d'amorçage
05:41de la région de France
05:41et Generali,
05:42dans le but
05:43de recruter
05:43des ingénieurs agronomes.
05:44Notre équipe,
05:45elle est composée
05:46d'ingénieurs agronomes
05:46côté agriculteur
05:47et d'experts carbone
05:48et biodiversité
05:48côté entreprise
05:49pour s'adapter
05:50aux besoins des entreprises.
05:51Vous avez levé
05:524 millions d'euros.
05:54Ça suffira ?
05:55Ça suffira dans un premier temps
05:56pour emmener,
05:57aujourd'hui,
05:57on travaille,
05:58comme je le disais,
05:58avec plusieurs centaines
05:59d'agriculteurs,
06:00300 projets déjà développés,
06:01300 en cours.
06:02Notre objectif,
06:02c'est d'emmener
06:032000 agriculteurs
06:03en transition d'ici 2028
06:05et 5000 d'ici 2030.
06:07Donc, ça suffira
06:07dans un premier temps
06:08pour ça,
06:08mais comme on veut
06:09être le leader
06:09de la transition agricole
06:10en France,
06:11il va falloir aller
06:11encore plus loin.
06:11Et quand vous allez
06:12parler aux agriculteurs,
06:13la discussion est facile ?
06:15Ils sont ouverts
06:16tout de suite ?
06:17Ils comprennent leur intérêt
06:18d'un point de vue
06:19changement de pratique.
06:20Forcément,
06:21la première question,
06:21c'est combien ça va me coûter
06:22et combien vous allez
06:23pouvoir me rapporter.
06:24Et nous,
06:24grâce à cette levée de fonds
06:25notamment,
06:26on leur garantit
06:26un revenu en amont.
06:27On n'attend pas
06:28d'avoir trouvé l'entreprise
06:29pour lancer le projet
06:29et pour les financer.
06:31On leur offre
06:31une visibilité financière,
06:33qu'est-ce qui leur manque
06:33cruellement aujourd'hui
06:34pour lancer des projets
06:35de transition.
06:37Et on a pensé
06:37à notre outil
06:37qu'on est en train
06:38d'encore plus développer
06:39pour qu'il soit
06:39sans friction pour eux
06:41en termes d'attents administratifs,
06:43de collègues de données
06:43pour qu'ils soient
06:44un maximum automatisés.
06:45Ça s'appelle Rissol.
06:46Merci beaucoup Grégoire Alston
06:47d'être venu ce matin
06:48sur le plateau
06:48de la matinale
06:49de l'économie.
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