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Mercredi 22 avril 2026, retrouvez Nadège Dufossé (Global Head of Multi-Asset, Candriam), Jean-Jacques Friedman (Directeur de gestions déléguées, Vega IS) et Damien Charlet (Directeur de la Gestion sous mandat, Mandarine Gestion) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:103 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:13Nadej Dufossé est avec nous ce soir, la responsable de la gestion multi-actifs de Kandriam.
00:18Bonsoir et bienvenue Nadej.
00:19Bonsoir Grégoire.
00:20A vos côtés Jean-Jacques Friedman, le directeur de gestion déléguée de Vega IS.
00:24Bonsoir Jean-Jacques.
00:25Bonsoir Grégoire.
00:25Et Damien Charlet nous accompagne également le directeur de la gestion sous mandat de Mandarine Gestion.
00:29Bonsoir Damien.
00:30Bonsoir Grégoire.
00:30Nadej, qu'elle est là ?
00:31On va parler des marchés bien sûr et de la période de publication aussi qui apporte pas mal de nourriture
00:37aux investisseurs.
00:38Mais il faut bien qu'on s'attarde encore quelques instants sur cette situation géopolitique
00:42qui a guidé beaucoup des mouvements des dernières semaines.
00:46C'est une situation un peu à la Schrödinger, estiment certains analystes.
00:49On n'est plus vraiment dans la guerre, en tout cas le pic.
00:52L'intensité du pic est sans doute derrière nous.
00:56On n'est pas non plus dans une véritable paix.
00:58Le Détroit n'est pas vraiment ouvert ni fermé.
01:03On reste dans une situation inconfortable.
01:06Quel est le degré de confort ou d'inconfort qu'on a encore vis-à-vis de cette situation sur
01:10les marchés, Nadej ?
01:11Donc je pense que oui, vous avez évoqué les différents éléments.
01:17Alors concrètement, nous on reste quand même un petit peu prudents au niveau actuel.
01:22On a pris en compte les bonnes nouvelles.
01:25La bonne nouvelle, c'est que l'escalade militaire, elle semble être derrière nous.
01:31Et donc on est passé à une autre phase, qui est une phase où on devrait entrer en négociation.
01:38Après concrètement, le Détroit d'Hormuz, il est fermé, il n'est pas ouvert.
01:42Et il y a un blocus sur l'Iran.
01:44Et donc les marchés ont assez naturellement, comme ils le font d'habitude, très vite intégré la partie des bonnes
01:50nouvelles.
01:51À savoir que l'escalade militaire, elle est un peu derrière nous.
01:55Mais le Détroit étant toujours fermé, l'impact économique est là et le temps joue contre nous.
02:01Et là aujourd'hui, c'est la principale variable qui va commencer à jouer.
02:05Et ça explique ce que Pauline finalement décrivait précédemment.
02:09C'est-à-dire que la réaction des marchés aujourd'hui, elle est assez intéressante.
02:11On a un marché américain qui est en hausse, mais qui est tiré par une dynamique autre que celle de
02:16l'énergie.
02:16Et les marchés européens ont légère baisse parce qu'ils commencent à intégrer quand même l'impact de ces prix
02:22d'énergie plus élevés sur leur économie.
02:25Cette variable de temps là, effectivement, qui est clé depuis le début du conflit avec ce point, ce levier stratégique
02:31qui est Hormuz,
02:33qui déplace d'ailleurs la guerre du terrain militaire vers le terrain économique.
02:37Nadège dit que ça joue contre nous.
02:38C'est-à-dire qu'on reste quand même dans un risque potentiellement non linéaire.
02:43Ce qui est fascinant dans le marché d'ailleurs, c'est quand on regarde les produits dérivés sur le pétrole,
02:48etc.
02:48On arrive à extrapoler un peu ce que pense le marché.
02:51Et c'est vrai que le marché nous dit que d'ici l'été, le D3 sera rouvert.
02:57En tout cas, qu'il y a peut-être 90% de chances que d'ici l'été, le D3
03:00soit rouvert.
03:01Donc, on est encore dans les clous de ce scénario de marché.
03:05Il y a des choses qui, quand on les regarde, paraissent un peu effrayantes.
03:08Par exemple, se dire que la semaine prochaine, le dernier navire parti fin février sera arrivé en Europe.
03:15Il est encore à venir.
03:15Moi, je pensais qu'il était déjà arrivé.
03:17Par contre, c'est vrai qu'en Europe, vous avez raison, c'était autour du 10 avril que les derniers
03:22bâtons sont arrivés.
03:24Donc, après, admettons que le D3 rouvre, il va falloir à peu près deux mois, je pense, dans la plupart
03:32des estimations, pour normaliser l'intégralité de ce flux.
03:36Après, le marché, il va regarder à travers tout ça.
03:38C'est déjà ce qu'il est en train de faire.
03:40Mais le souci, c'est que le D3 n'est toujours pas ouvert.
03:43Et que si d'ici mi-mai, il n'est pas ouvert, à un moment donné, on va tomber dans
03:46des vraies pénuries.
03:47Et là, on a quand même du mal. Et pour en parler avec nos économistes chez Candriam, on a du
03:53mal.
03:53Alors, sur les pétroles, on voit, on arrive, on essaye de mesurer.
03:56Sur les produits raffinés, c'est un peu plus compliqué.
03:58Mais après, les différents effets de bord en cascade sont vraiment très difficiles à appréhender aujourd'hui.
04:07On sait que le monde agricole va être sans doute frappé assez durement par la question des intrants, des engrais,
04:14etc.
04:14Des engrais. Après, je pense que la plupart des engrais ont déjà été utilisés.
04:18Donc, c'est pour les prochaines récoltes que ça se posera probablement.
04:21Mais il y a énormément d'effets de bord qu'on commence à pressentir, y compris sur les semi-conducteurs,
04:26sur la production de cuivre.
04:28Il manque du sulfure. Il y a un déficit d'aluminium aussi.
04:32Enfin voilà, sur des métaux, sur des sous-composants.
04:35Et je pense qu'on va découvrir énormément de choses, vu l'imbrécation de toutes les chaînes de valeur.
04:39Et voilà.
04:40Il y a encore des conséquences à venir qu'on n'a pas forcément intégrées.
04:44Enfin, que le marché n'a pas encore forcément intégrées.
04:46Je comprends.
04:46Le marché, encore une fois, peut passer à travers tout ça.
04:50Si le Détroit ouvre, même si il faut deux mois pour normaliser la situation.
04:54Après, le souci, c'est que c'est toujours pas ouvert.
04:57Et qu'on va commencer à entrer au mois de mai.
04:59Si c'est pas ouvert, dans une phase, on aura des vrais pénuries physiques.
05:03Voilà.
05:03Et là, on pourrait avoir un effet un peu plus négatif sur les marchés.
05:07Après, le risque de prix, le risque physique.
05:10Comment vous regardez la situation ?
05:12C'est-à-dire le rallye de soulagement qui a ramené les actifs risqués, quand même, au niveau qui prévalait
05:17avant le déclenchement du conflit.
05:19Et cette situation qui reste à la fois incertaine et sans doute aussi inconfortable, Jean-Jacques.
05:24Je crois qu'il ne faut pas mélanger justement la résilience du marché et la résilience de l'économie.
05:29C'est-à-dire qu'au départ, on démarrait vers quelque chose qui était un peu borné en termes de
05:33durée.
05:33On savait que ça durait quelques semaines.
05:35D'ailleurs, pour que ça dure au-delà de deux mois, il fallait l'aval du congrès.
05:38Donc ça, c'était un peu une date limite.
05:41Mais la résolution et les budgets qui ont changé n'ont pas été atteints quand même.
05:48Donc la sortie est assez moyenne, malgré tout.
05:51On a vu tous les errements, on a vu que ça durait un peu davantage que ce qu'on pouvait
05:56estimer.
05:56Il n'y a pas vraiment de résolution, ça prend du temps.
05:59Donc bien sûr qu'il y aura un impact économique, il n'y a pas de… voilà.
06:03Oui, mais on en discutait hier, parce que hier c'était les chefs économistes qui étaient là.
06:06Mais un impact qui reste là aussi borné à ce stade.
06:10C'est-à-dire, on a les projections de la BCE dans les scénarios, entre le scénario central et le
06:14scénario adverse.
06:15Il y a effectivement un impact sur l'activité, un peu d'impact aussi sur l'inflation.
06:21Mais on reste dans des écarts-types normaux par rapport au scénario central qu'on avait en tête en début
06:28d'année.
06:28Par rapport à ce que vous décriviez sur le fait que déjà il peut y avoir des impacts sur certains
06:33intrants,
06:34il y avait aussi la peur peut-être d'une surréaction des banques centrales traitant mal un problème de l
06:41'offre.
06:41Et d'ailleurs, avant finalement que l'Iran arrive à la table de négociation, ce qui a marqué une inflexion,
06:47c'est vraiment le discours de Powell qui a indiqué qu'il allait regarder, attendre éventuellement avant d'agir.
06:53Parce que là, on avait peur qu'il y avait un peu une sous-anticipation. D'ailleurs, ça nous étonnait
06:56beaucoup d'anticiper trois hausses de taux,
06:58donc d'avoir déjà un peu une réaction mécanique des banques centrales qui viendraient mettre un mauvais traitement sur déjà
07:03une difficulté.
07:04Donc là, on était un peu soulagés. Mais derrière ça, il y a peut-être quand même une forme de
07:07vérité.
07:08C'est-à-dire qu'on ne croyait pas nous, par exemple, du tout de notre côté à trois hausses
07:11de taux.
07:12Pour l'Europe.
07:14Par contre, c'est-à-dire qu'on peut peut-être en avoir une. Et je pense que les effets
07:17de second tour aussi,
07:18c'est au moment des négociations, par exemple, salariales de fin d'année.
07:20On voit qu'il peut, là, déjà, il y a l'Allemagne. Alors la France, on n'a pas beaucoup
07:23de moyens.
07:24Mais on voit en Allemagne qu'il y a déjà des chèques de restitution de mille euros, etc.
07:28On voit bien qu'il peut y avoir quelques effets de second tour.
07:31Et peut-être que les deux hausses qui étaient pressées trop rapidement peuvent survenir aussi en 2027.
07:38Donc, je pense que résilience du marché, encore résilience, c'est qu'il revient en gros à zéro plus, par
07:43exemple, sur le marché européen.
07:45Il y avait matière à plus que ça peut-être en ce début d'année.
07:49Parce qu'il y avait à la fois les plans de relance, et là, on voit que finalement, les plans
07:53de relance en Allemagne continuent,
07:55mais qu'elle a baissé, elle a divisé par deux sa croissance pour 2026.
07:58Il y a un vent contraire qui faut régler.
07:59Il y avait aussi le One Big Beautiful Act aux États-Unis, qui aurait dû aussi tourner à plein.
08:07Et il y avait, alors ça, c'est du côté numérateur et du côté dénominateur, on espérait des taux peut
08:10-être un peu plus bas.
08:11Et là, ils sont un peu plus élevés.
08:13Donc, le potentiel de hausse de cette année, il a quand même été impacté.
08:18Donc, on pouvait revenir un peu à la case départ en passant outre, en se disant que le point de
08:22focalisation, il y avait beaucoup de gens short,
08:24donc ils rachetaient un peu leur position, notamment des hedges.
08:26Il y avait le fait que sur les résultats, ils n'allaient pas encore être fortement impactés là, parce qu
08:30'avec deux mois sur trois des résultats du T1.
08:32Mais par la suite, on aura sans doute aussi des révisions négatives, parce que là, il y a aussi des
08:38analyses qui vont avoir des inputs,
08:39et sans doute que les anticipations de hausse qui étaient fortes sur les bénéfices à la fois en Europe et
08:44aux États-Unis vont être challengées.
08:46Donc, le potentiel de marché pour 2026, il a été impacté, oui.
08:52Bon, au-delà, Damien, au-delà de l'affaire sur le terrain, j'entends bien sûr cette crise du Golfe,
08:57effectivement,
08:58cette capacité de résilience des actions, elle est justifiée, à quoi est-ce qu'elle est due ?
09:03Et puis, si on en vient à la dimension microéconomique, qu'est-ce qu'apportent déjà les premiers résultats au
09:08marché actions ?
09:09Ça a plutôt l'air d'être quand même un soutien à ce stade.
09:12Et qu'est-ce qu'on peut dire du fait qu'effectivement, y compris pendant cette crise du Golfe,
09:17les révisions à la hausse des perspectives bénéficiaires ne se sont pas arrêtées ?
09:22Oui, alors les révisions à la hausse des perspectives bénéficiaires,
09:25c'est un des sujets et un des arguments utilisés par les plus boules pour dire qu'il faut encore
09:31acheter le marché.
09:33Maintenant, je suis d'accord avec ce qui a été dit, c'est-à-dire que l'impact sur les
09:37bénéfices,
09:37il risque d'arriver dans les six derniers mois de l'année et pas aujourd'hui.
09:41Donc, il y a un risque de ce point de vue-là.
09:43Non, mais c'est important, parce qu'on a vu dans le secteur Elengaz, je l'ai beaucoup raconté,
09:47mais les analystes ont tout de suite révisé à la hausse les profits.
09:49C'est assez facile quand vous rentrez un nouveau paramètre qui est le prix du pétrole,
09:53qui est 30 ou 40 % au-dessus de ce que vous avez comme estimation.
09:56C'est sûr que tout le modèle change et le prix de sortie change très très vite.
10:00Pour d'autres secteurs, vous dites, le travail des analystes va être quand même beaucoup plus compliqué,
10:05prendra beaucoup plus de temps quand même.
10:06Oui, parce que la visibilité sur l'impact sur les marges va être faible,
10:10parce qu'on ne sait pas très bien quelle est la capacité aujourd'hui des entreprises à passer des hausses
10:13de prix.
10:13Il y a certaines industries qui annoncent déjà des hausses de prix,
10:18mais ce n'est pas du tout évident que quand on descend dans la chaîne,
10:21au niveau de celui qui va vendre au consommateur final, il arrivera à passer des hausses de prix.
10:26Donc au niveau marge, on ne sait pas encore très très bien quel sera l'impact.
10:29Maintenant, justement, vous parlez du secteur pétrolier,
10:33les révisions à la hausse sur les prévisions de bénéfices sur les indices,
10:38en généralisant, c'est 100 % de l'énergie.
10:41Oui, c'est ça.
10:41Donc il n'y a personne d'autre qui révisent à la hausse.
10:44Oui.
10:45Donc de ce point de vue-là...
10:46Un peu dans la tech, peut-être aussi.
10:48Oui, un petit peu dans la tech.
10:49J'ai lu rapidement que Micron aux Etats-Unis et Exxon aux Etats-Unis,
10:53les révisions des perspectives bénéficiaires de ces deux seules entreprises
10:58justifiaient une bonne moitié, voire un peu plus,
11:00des révisions totales de bénéfices pour l'année sur deux entreprises.
11:05Ce qui est assez étonnant, c'est qu'Exxon, le cours n'a pas monté.
11:08Non.
11:09Les cours des valeurs pétrolières américaines ne montent pas depuis fin février.
11:13Donc là, pour le coup, il y a de la dévalorisation.
11:15De toute façon, on sait que le marché américain monte sur une poignée de valeurs
11:18sur lesquelles les investisseurs se sont réfugiés
11:20parce qu'ils considèrent que c'est celles qui ne sont pas susceptibles d'être affectées
11:24par une éventuelle volatilité du cycle économique.
11:27mais aujourd'hui, est-ce qu'on peut justifier facilement un marché américain
11:34qui est nettement au-dessus de son niveau pré-crise ?
11:37Ça ne paraît pas évident.
11:39Alors effectivement, il n'y a pas de révision à la baisse pour l'instant.
11:42Alors, il y a des révisions à la baisse économique sur l'Europe.
11:44On est passé de 1,2 à 0,9 maintenant.
11:48On a mentionné aussi l'Allemagne qui a dit aujourd'hui qu'ils divisent par deux leurs prévisions.
11:51Alors, divisés par deux par deux, c'est un impact de 0,5 points.
11:54Oui, un impact de 0,5 points.
11:55C'est beaucoup.
11:55C'est beaucoup quand on n'a que 1% de croissance après 3 ou 4 années de croissance.
12:00Oui, c'est beaucoup.
12:00C'est beaucoup.
12:01Alors, évidemment, naturellement, ça se traduit par une surperformance
12:04depuis deux mois des marchés américains sur les marchés européens.
12:06Mais, ce qu'on oublie souvent de dire, c'est que ça les ramène juste
12:10un petit peu au-dessus du marché européen finalement
12:12parce que depuis le début de l'année, la différence de perf entre les États-Unis et l'Europe
12:15n'est pas criante.
12:17Et la devise, l'euro-dollar est flat.
12:20Oui, l'euro-dollar est flat et...
12:21Il n'y a pas d'effet de vise sur le premier trimestre.
12:23Comme vous le disiez en introduction, je pense que c'est une vraie illustration
12:28de potentiellement la faiblesse structurelle du dollar dans les mois qui viennent.
12:32Oui.
12:32Parce que ça n'a pas vraiment joué son rôle de valeur refuge.
12:36Donc, toujours de la méfiance sur la parité euro-dollar.
12:41Et en ce qui concerne le reste, il y a des secteurs, même en Europe,
12:47où on commence quand même à se poser un peu des questions.
12:49Et le jour où il y aura plus de visibilité sur la géopolitique,
12:55bon, le marché, il a clairement aujourd'hui choisi quel était le scénario.
12:58Oui.
12:59Donc, le scénario, ça va s'arrêter dans les deux semaines qui viennent, on va dire.
13:04Parce que sinon, là, pour le coup, l'impact économique...
13:06Tu as l'impression que c'est du début, mais...
13:07Oui, oui, oui, mais là...
13:08Oui, oui, mais là...
13:08Oui, oui, mais là...
13:09Oui, mais après, on passe dans un vrai risque de rupture, un risque physique.
13:13Et là, les risques sont peut-être moins linéaires que ce qu'on a jusqu'à présent.
13:17Et là, si ça se concrétise, on peut avoir quand même une certaine rotation sectorielle,
13:22sachant qu'on a des secteurs comme les semi-conducteurs,
13:25où, honnêtement, je veux bien que les économies soient soutenues par l'intelligence artificielle
13:31et que c'est ce qui permet notamment à l'économie américaine de montrer une croissance toujours très élevée.
13:36Mais quand on voit un ST micro qui progresse de 35% depuis fin février,
13:42c'est-à-dire depuis le déclenchement de la crise, pour atteindre des niveaux de valo,
13:44alors OK, on achète ces valeurs-là quand elles sont chères parce que c'est...
13:47Oui, c'est des cycliques.
13:48Mais il y a quand même un moment où je pense que si la situation s'éclaircit,
13:54il y aurait une rotation sectorielle en défaveur de ces titres-là,
13:56parce qu'il y a quand même eu des écarts de perf en faveur des technos qui aujourd'hui sont
14:00pas...
14:00Donc on reprendra en Europe notamment ce qui fonctionnait auparavant,
14:03les thèmes industriels, l'infrastructure, donc beaucoup plus cycliques d'une certaine manière.
14:09Oui, absolument. On reviendra sur du beaucoup plus cyclique.
14:14Ce qui est assez courageux, je trouve, aujourd'hui, de repartir sur du cyclique une fois de plus
14:18avec le manque de visibilité qu'il y a, mais sans doute le marché repartira sur les cycliques.
14:22Et puis, dernière chose aussi, c'est qu'on voit quand même, et c'est assez rassurant,
14:29que la capacité de rebond du marché ou la capacité de baisse du pétrole est quand même très importante.
14:36Si on voit que vendredi, le pétrole a touché 85, c'est-à-dire que dès qu'il y a
14:40une bonne nouvelle, quand même...
14:41Donc aujourd'hui, on parle d'un pétrole qui va durablement rester élevé.
14:44Et la logique est tout à fait claire d'un pétrole qui resterait autour de 80 dollars pendant des mois
14:52et des mois.
14:52En attendant, dès qu'il y a une bonne nouvelle, on voit que le pétrole tombe à 85.
14:56On peut très bien avoir des bonnes surprises aussi sur ces sujets-là.
15:00Donc aujourd'hui, la visibilité n'est pas élevée.
15:03On trouve que le marché a quand même pas mal anticipé sur beaucoup de bonnes nouvelles.
15:07Le marché actions a très bien résisté, ce qui a été moins le cas du marché obligataire.
15:12Donc, un peu méfiant ou en tout cas potentiel, peut-être un peu limité sur le marché actions à court
15:17terme.
15:18Mais après, pas de raison non plus pour que vraiment ça se casse la figure parce que les entreprises restent
15:22solides.
15:23Benadège, avec quel schéma de marché en tête on repart après ce conflit ?
15:29Est-ce qu'il faut repartir d'une page blanche ?
15:31Ou est-ce qu'on a envie de se raccrocher quand même aux idées, aux bonnes idées qu'on pouvait
15:35avoir quelques mois en arrière ?
15:38Avec quand même un paysage de marché qui était en train de s'ouvrir.
15:42Ça faisait tout au long de 2025, depuis le retour de Trump, beaucoup d'investisseurs, d'allocataires un peu globaux,
15:49avaient plutôt envie de se projeter en dehors des États-Unis, quitter un peu le dollar, le monde du dollar,
15:55pour visiter l'Europe et les émergents.
15:59Et d'ailleurs, en termes de performance, le reste du monde arrivait à faire aussi bien voire mieux que les
16:03marchés américains.
16:05C'était encore vrai sur les deux premiers mois de cette année 2026, Nadège.
16:09Est-ce que ce genre de schéma, on le garde en tête pour la suite ?
16:11Ou est-ce que la crise aura quand même marqué un retour à quelque chose d'un peu plus traditionnel,
16:17à savoir que le marché américain concentre beaucoup et de profits et de performances ?
16:22Alors, je dirais oui et non. Et il y a également quelques conditions.
16:27Alors, sur la tech, très rapidement, je pense que beaucoup de choses ont été dites.
16:30Mais si on regarde le Nasdaq, fin mars était au niveau de fin juin l'année dernière.
16:36Ça veut dire qu'il n'avait pas bougé en neuf mois.
16:38Quand on voit la masse de bénéfices qui est dégagée, en fait, par la tech américaine,
16:44quelque part, on mesure un peu la dépréciation.
16:46C'est-à-dire que chaque mois où le Nasdaq ou la tech américaine ne bougent pas en termes de
16:49prix,
16:50en fait, c'est autant de valorisation en moins.
16:54Donc, oui, ça a rebondi de 15% depuis.
16:56Donc, c'est une partie qui est déjà à nouveau intégrée, mais il y a encore de la place.
17:01Il y a encore de la place, en fait, pour continuer à intégrer ces bénéfices qui sont juste énormes.
17:07Plus de la moitié des bénéfices du S&P cette année sont liés à l'intelligence artificielle.
17:12Enfin, des bénéfices attendus cette année liés à l'intelligence artificielle.
17:15Donc, c'est une thématique qu'on ne peut pas éviter et qui porte également certains pays émergents,
17:18comme la Corée, Taïwan, des valeurs chinoises.
17:22Voilà.
17:22Dans le rebond, les marchés émergents, COSPI, etc.
17:27Ça a très bien fonctionné.
17:28Donc, l'intérêt de cette crise, quelque part, a eu le mérite de voir les choses
17:34de manière peut-être un peu plus positive et constructive sur la tech
17:36et de prendre conscience, en fait, de cette dévalorisation du secteur technologique
17:41qui ne le méritait peut-être pas complètement.
17:43Je rappelle juste la perspective.
17:45C'est que la tech, en tout cas le groupe des Max 7, ne faisait plus rien depuis l'automne
17:48dernier,
17:48depuis le mois d'octobre.
17:49Il y avait eu un pic du Nasdaq en octobre.
17:51Et depuis, effectivement, le reste du marché qui surperformait par rapport à la tech,
17:55avec beaucoup de doutes sur les investissements, le retour sur investissement,
18:00la crise du logiciel, etc.
18:01Donc, le thème était moins homogène, on va dire.
18:05C'est ça.
18:05Et en fait, le marché choisissait de voir le verre d'eau à moitié vide,
18:08maintenant peut-être à moitié plein.
18:09C'est un changement de perspective du marché.
18:12Donc ça, ça devrait se poursuivre tant que les capex,
18:15pardon, les investissements prévus par ces sociétés sont là et continuent à délivrer.
18:20Après, sur les autres thématiques qui sont plus cycliques, effectivement, en Europe,
18:26là, une nuance, on devrait peut-être introduire une nuance parce que ça va dépendre,
18:30finalement, du prix de l'énergie et de la durée, voilà.
18:36Est-ce que ce prix de pétrole va rester aussi élevé pendant deux mois, trois mois, six mois, un mois
18:42?
18:42Parce que c'est vrai que vous avez raison, ça peut baisser également très vite.
18:45Aujourd'hui, on se dit, le prix de l'énergie va rester durablement élevé.
18:48Il faut se rappeler qu'on était quand même en surcapacité avant.
18:50Donc le marché peut aussi regarder à travers et le prix du pétrole, en tout cas sur les futurs,
18:55revenir très rapidement proche des niveaux qu'on avait auparavant ou même autour de 75.
19:02Et ça, c'est parfaitement supportable.
19:03Donc cette thématique cyclique, elle va dépendre de ça.
19:06Elle va dépendre de l'impact économique in fine qu'on aura en Europe.
19:10Et je dirais que la manière la plus sûre d'investir et de revenir sur les valeurs européennes,
19:14c'est de plutôt revenir sur la thématique d'investissement qui concerne l'Europe.
19:19Donc il y a une thématique intelligence artificielle, il y a une thématique infrastructure, data center, etc.
19:24Mais il y a aussi une thématique défense.
19:27Bien sûr.
19:28Et puis il y a tout ce qui est lié aux investissements qui sont réalisés en Allemagne,
19:32qui ont pris un peu de temps à décoller l'année dernière, qui sont un petit peu en accélération.
19:36On commence à percevoir des choses cette année.
19:38C'est un petit peu en accélération.
19:40Et donc ça, ça devrait se poursuivre.
19:42C'est plus du tout regardé par le marché.
19:43Quand on regarde le parcours des valeurs allemandes,
19:46alors ça a également rebondi depuis le point bas,
19:48mais ça avait repris un peu de retard.
19:51Donc oui, moi, en Europe, plutôt que de revenir sur les cycliques au sens large,
19:56plutôt sur ce qui bénéficie des investissements.
19:59Cette logique d'investissement.
20:00Là aussi, c'est les dépenses et les capex.
20:02Exactement.
20:03Il faut suivre les capex dans le marché.
20:05Sur la tech aux Etats-Unis et en Europe peut-être de manière un peu plus large.
20:09La défense, oui, parce qu'on parlait des secteurs un peu bouillonnants,
20:13alors les semi-conduitants, mais la défense en est un.
20:15Enfin, c'est un secteur qui a beaucoup bouillonné sur le plan boursier.
20:19Il y a en commentaire la publication de Thalès,
20:21qui est excellente sur le papier.
20:22Alors le marché trouve maintenant,
20:24on commence à faire un peu la fine bouche.
20:25Et c'est vrai que quand on regarde ce thème de la défense,
20:27alors il a bondi l'an dernier, au moment de l'été,
20:29quand tous les pays européens ont annoncé des budgets en hausse
20:34jusqu'à 3,5% de leurs dépenses de PIB pour l'OTAN,
20:40bien sûr, la défense.
20:41Et puis en fait, depuis, c'est un thème boursièrement qui fait plus grand-chose,
20:44enfin qui fait la performance du marché.
20:46Oui, la performance pressante a été vraiment décevante.
20:48Donc ça peut également redonner des opportunités d'investissement
20:53sur ce type de secteur qui va de toute façon bénéficier quand même
20:57d'investissements assez massifs.
20:59Comment vous regardez crise égale opportunité ?
21:01Comme on dit souvent Jean-Jacques,
21:03est-ce qu'il y a déjà des opportunités évidentes
21:05qui ont été ouvertes ou rouvertes par cette crise ?
21:08Est-ce qu'il y a d'autres thèmes ou sujets dont il faut se méfier un peu plus ?
21:11Non, je trouve qu'on a appris beaucoup de choses.
21:13Sur le Nasdaq, c'est vrai que quand on voit les résultats,
21:17mécaniquement, au bout d'un an, les valeurs apparaissent peu chères.
21:20Donc il ne faut pas qu'il y ait de signes noirs sur ces valeurs-là.
21:23Le signe noir, ça pouvait être l'émergence de DeepSeek,
21:26ça peut être une obsolescence finalement plus rapide des investissements.
21:30Donc pour ceux qui payent, in fine,
21:32notamment les Max 7, c'était ça un peu le danger.
21:34Et là, un des éléments importants, ça a été justement
21:36de montrer que les groupes,
21:38ces groupes, alors c'était Amazon, c'est Alphabet,
21:40ont pu prendre des participations
21:42dans des boîtes comme Anthropic,
21:44qu'ils ont extrêmement bien valorisées.
21:45Donc ça, c'est rassurant pour ces boîtes-là.
21:47Donc des investissements de 10 milliards
21:48sont multipliés par 10 en peu de temps, finalement.
21:50Donc pour Amazon, ça a été quelque chose, par exemple,
21:53qui a été perçu favorablement.
21:55Positivement, oui.
21:56Voilà, positivement.
21:56C'est un point.
22:00Sur le dollar, je rejoins tout à fait ce qui a été dit,
22:02c'est-à-dire que par rapport à ce qu'on vivait en début d'année,
22:06où il y avait vraiment le fait que,
22:08que ce soit des pays, des banques centrales,
22:10et aujourd'hui, il y a le sentiment que le maximum de pouvoir
22:14des États-Unis a été dépassé, atteint,
22:16dans sa lutte avec la Chine.
22:18Et que, alors que les indices dans le monde,
22:23les valeurs américaines, représentaient 40% il y a 15 ans,
22:26et qu'elles sont montées à deux tiers,
22:27le sens de l'histoire, c'est que ça se dégonfle aussi,
22:29et que ça laisse place aux émergents,
22:31d'un point de vue même démographique, et à l'Europe.
22:33Donc ça, c'est aussi un thème, je crois, très porteur.
22:38Structurel.
22:38Donc nous, dans les deux idées qu'il y avait,
22:41c'était qu'on privilégiait justement l'Europe et les émergents au détriment des US,
22:46mais quand il y a la crise, par définition,
22:47il y a l'autonomie pétrolière et autres,
22:50et le lien dollar-pétrole.
22:52Donc là, à ce moment-là, on se remet sur les valeurs américaines, etc.
22:54Mais c'est une parenthèse.
22:56Après, on recouvre justement le risque de change sur les valeurs US qu'on a,
23:01et on reprivilégie de nouveau.
23:03Alors, par rapport à une consommation faible,
23:05aussi les industries et les CAPEX au détriment de la consommation,
23:09et sur les émergents,
23:14on voit bien qu'il y a à la fois, je dirais, l'intelligence, l'IA, etc.
23:18pour des pays comme la Corée, Taiwan,
23:19je vous évoquais,
23:20qui elles, contrairement à la Chine en plus,
23:22souffraient plus directement du pétrole,
23:24qui rebondiront.
23:25Et puis de l'autre côté,
23:26il y a aussi tous les fournisseurs, l'Amérique latine,
23:29qui là, offrent vraiment aussi un terrain de jeu intéressant.
23:32Donc, nous, il nous semble que c'est plus porteur de ce côté-là.
23:35Donc, ça reste un monde ouvert.
23:36Le monde de l'investissement reste ouvert.
23:38Non, mais après les années de surconcentration
23:40et de surdomination du marché américain,
23:44on reste dans l'idée que le reste du monde
23:47peut connaître aussi des vents porteurs,
23:48peut-être un peu structurés.
23:50L'exemple typique, c'est l'or, par exemple.
23:54L'or, c'est-à-dire que toutes les banques centrales,
23:56notamment, qui achetaient de l'or,
23:57je ne dis pas qu'on a une dédolarisation,
23:58ce n'est pas aussi marqué que ça.
24:00Mais bien sûr que tout pays, aujourd'hui,
24:02aurait peur de l'extraterritorialité du droit américain
24:05et aurait peur de se faire saisir ses avoirs, etc.
24:07Donc, il privilégiait l'or.
24:09Et on voit bien que,
24:09dès que finalement,
24:11c'est un système de vases communiquants
24:13entre l'or et le dollar.
24:15Je pense que l'élément,
24:17c'est vraiment le maximum de puissance politique américain
24:21qui est derrière nous.
24:22L'effet Trump, c'est la paix qu'on a connue de la puissance.
24:26Voilà.
24:26Et mécaniquement, et on le voit notamment sur la lutte,
24:30parce que derrière cette intervention aux États-Unis,
24:33il y a aussi une lutte sur l'énergie,
24:34sur les matières premières avec la Chine.
24:36Et on voit bien que la Chine est gagnante
24:39dans beaucoup d'éléments.
24:40Et même le précaré, soi-disant, d'Amérique latine
24:43sur les matières premières au niveau des États-Unis,
24:46on voit bien que malgré des régimes politiques
24:48sur le papier favorables à Trump,
24:50les accords précédents passés avec la Chine
24:53continuent à bien fonctionner.
24:55Par exemple, sur le lithium.
24:56Donc, je pense vraiment que le poids des États-Unis,
25:01ça ne se fait pas du jour au lendemain.
25:03Vraiment, c'est une tendance de long terme.
25:04Oui.
25:05Vous le disiez tout à l'heure d'un mot, Damien.
25:07Il y a la résilience des marchés actions
25:09et puis il y a la souffrance continue des marchés obligataires,
25:13si je puis dire,
25:13en tout cas qui n'ont pas recoupé leurs pertes totalement.
25:16Et on a l'impression qu'à chaque crise,
25:17on a des taux qui franchissent des paliers à la hausse.
25:20qu'on a du mal à refranchir à la baisse ensuite.
25:25Comment vous lisez cette situation ?
25:27Et dans l'univers fixed income, taux, crédit,
25:31est-ce que là aussi il y a des opportunités quand même dans ces mouvements de marché ?
25:36Tout à l'heure, on mentionnait la problématique de passer les hausses de prix par les entreprises.
25:41Si on part du principe que les entreprises passent des hausses de prix,
25:45à la limite pour elles, l'inflation c'est peu douloureux.
25:49En revanche, quand vous êtes détenteur d'obligations,
25:53si les taux montent, les taux montent.
25:57Donc ça impacte vos investissements obligataires.
26:00Il n'y a pas de mécanisme dans le marché obligataire qui permette de compenser une hausse des taux.
26:07Aujourd'hui, les taux d'intérêt sont plus élevés qu'au moment du déclenchement de la crise
26:13et ne sont pas revenus.
26:14Simplement parce que l'interrogation sur l'inflation et sur le fait que la crise n'est pas terminée,
26:20donc que le pétrole reste à des niveaux trop élevés, ces interrogations demeurent.
26:24Donc c'est normal, j'allais dire, que les taux d'intérêt n'aient pas encore reflués.
26:30Maintenant, si la situation est réglée dans les deux prochaines semaines,
26:34normalement, on devrait quand même se calmer un petit peu sur le sujet de l'inflation
26:38et les taux d'intérêt devraient recommencer à baisser.
26:40Ce qui fait que si ce scénario est bon, effectivement, il y a des opportunités sur le marché obligataire
26:45parce qu'aujourd'hui, vous achetez des obligations investment grade
26:50ou des obligations au rendement à des taux qui vous fournissent plus de rendement qu'il y a deux mois.
26:55Et il y a des taux qui ne sont plutôt pas mauvais
26:57parce qu'on est sur les 5,5 sur du rendement et 3,5 sur l'investment grade.
27:04Donc même si l'inflation monte, on est quand même sur des taux de rendement qui sont très élevés.
27:09C'est peut-être l'occasion de reverrouiller du rendement, là.
27:11Absolument.
27:12Absolument.
27:13Et tout ça avec, une fois de plus, des entreprises qui...
27:16Alors, les publications, on ne les a pas vraiment évoquées,
27:19mais des publications qui, globalement, dans l'ensemble, ne sont quand même pas si mauvaises que ça.
27:22Bon, alors, il y a des entreprises qui ont plus de mal.
27:24Le secteur du luxe, ça n'a pas été terrible la semaine dernière,
27:27mais le secteur du luxe, ils n'ont pas de problème bilancier.
27:31Il survivra, oui.
27:32Oui, il survivra.
27:35Donc, on peut acheter des obligations correctement notées
27:38qui fournissent un bon rendement
27:39avec un risque de défaut qui est extrêmement faible.
27:41Donc, aujourd'hui...
27:42Oui, pour le luxe, c'est un point intéressant.
27:44Le secteur du luxe, aujourd'hui, vous avez plus envie de le jouer sur la partie obligataire
27:47que sur la partie equity, par exemple.
27:49Alors, je vous avoue...
27:50Alors, en détail, je ne connais pas le...
27:52Je pense que le rendement d'un LVMH ne doit pas être terrible.
27:55C'est pas très, très d'accord.
27:56C'est pas très excitant.
27:57À partir du moment où le risque est très, très faible, il est faible aussi.
28:00Donc, il faut prendre un intermédiaire.
28:03Mais effectivement, on peut loquer des très bons rendements sur l'obligataire aujourd'hui.
28:08Et ce qui permet, mais ce qui a été le cas déjà depuis 2022,
28:11d'avoir des portefeuilles diversifiés avec plusieurs moteurs de performance qui marchent.
28:15Et le sujet de la diversification, on le réabordera peut-être sur la partie actions,
28:19mais c'est vrai qu'on a parlé un peu des émergents, de l'Amérique latine, etc.
28:23Les dernières fois qu'on s'est vus, on avait parlé du Brésil.
28:26Oui.
28:26Ça continue de marcher très, très bien.
28:28C'est vrai.
28:28Et le Brésil, ils sont gros producteurs de pétrole,
28:31ils ont une situation économique qui s'améliore,
28:34une inflation qui baisse, des taux qui vont baisser,
28:36un réel, du coup, qui commence à monter.
28:38Donc, sur un Brésil, on est toujours...
28:40Alors, ça marche très, très bien, et ça marche bien au niveau actions,
28:43mais ça marche bien aussi au niveau monétaire.
28:45Bien sûr.
28:46Donc, vous êtes gagnant sur les deux tableaux.
28:47Donc, typiquement, c'est des diversifications comme ça
28:50qui continuent d'être particulièrement intéressantes.
28:52Oui.
28:53Dans l'univers crédit, taux, Nadej, comment vous regardez la situation ?
28:57Là aussi, partant de marchés qui étaient chers,
28:59je parle du crédit, des spreads très serrés,
29:02des primes de risques quasi au plus bas historiques.
29:05Ça, c'était le monde d'avant la crise du Golfe.
29:09Est-ce qu'on a retrouvé, est-ce que les trous d'air des dernières semaines
29:12permettent effectivement, là aussi, de réinvestir plus confortablement
29:16sur ces marchés de crédit ?
29:17Je pense que si on regarde justement les spreads de crédit,
29:21on fait la même chose que les marchés actions.
29:23Les marchés actions ont progressé, les spreads de crédit se sont resserrés.
29:27Donc, si on achète les obligations aujourd'hui,
29:30c'est principalement sur l'argument de la duration quelque part.
29:32D'accord.
29:33Donc, ça veut dire qu'on croit un scénario dans lequel on passe…
29:36Le point d'entrée, il est déjà passé quoi, en fait ?
29:38Sur les spreads, oui.
29:39Oui, c'est ça.
29:39Après, si on a toujours des rendements attractifs,
29:41c'est parce que les taux ont monté et qu'on pense qu'il y a une possibilité…
29:44Mais c'est la logique de portage qui revient.
29:46Voilà, c'est la logique de portage.
29:47Mais là, vous gagnez effectivement si les taux reviennent un peu,
29:50c'est-à-dire si la situation se normalise.
29:52Donc, si on parie justement sur une normalisation de la situation,
29:55oui, ça vaut la peine d'acheter des obligations crédit et gouvernementales,
30:01mais plutôt sur cet aspect peut-être de duration.
30:04Oui.
30:04Jean-Jacques ?
30:05Sur notre diame obligataire, on voit beaucoup plus de flux sur les fonds de portage…
30:09Oui.
30:09C'est la logique qui s'est installée maintenant.
30:12C'est-à-dire que les gens ne croient pas tellement à une décrue…
30:16Les banquiers et les conseillers sont une décrue finalement obligataire.
30:19C'est-à-dire qu'il y a quand même le fait que,
30:22soit les entreprises arrivent à faire passer les hausses de taux et créer de l'inflation,
30:30globalement, ils ne croient pas trop parce que par rapport à 2022,
30:33à ce moment-là, il y avait vraiment un appétit de consommation
30:36de la part des ménages qui a disparu.
30:39Et puis, il y avait un pricing power de la part des entreprises aussi à ce moment-là.
30:45Aujourd'hui, c'est moins le cas.
30:47Donc, elles auront peut-être plus de difficultés.
30:48Donc, soit c'est par les taux d'intérêt, soit par les marges,
30:51mais…
30:52Oui, oui, il y en a quelque chose.
30:53Ce n'est pas un perdant dans un autre cas.
30:55Donc, plus de portage.
30:56Sur les taux, les gens jouent plutôt la stabilité
30:59qu'un réel potentiel de décru.
31:01Nadal, il nous reste quelques minutes.
31:03Là, vous avez regardé hier l'audition de Kevin Wurge
31:06devant la commission bancaire du Sénat
31:09dans la perspective de sa validation,
31:11toujours attendue et à venir.
31:14Ça m'intéresse d'avoir votre point de vue.
31:15Je ne l'ai pas vu en live ou même en replay.
31:18J'ai lu beaucoup de choses de ce qu'il avait dit,
31:21mais le voir et voir l'ambiance aussi,
31:23ça peut apporter des éléments de réflexion supplémentaires.
31:26Ce n'est pas le driver du moment sur les marchés,
31:31mais c'est quand même un sujet important pour plus tard.
31:33Oui, il y avait des sujets importants.
31:36Alors, ce qui était important,
31:37c'est que justement, il ne s'était pas exprimé ces dernières semaines.
31:40Donc, cette audition, elle était quand même très attendue.
31:42Donc, c'était assez long.
31:44Je n'ai pas tout écouté, mais effectivement,
31:47l'ambiance, il a été quand même pas mal challengée
31:50par un grand nombre de sénateurs
31:51et sur des questions parfois un peu compliquées
31:55liées à l'indépendance de la Banque Centrale.
31:56Donc, ce que le marché,
31:58ou en tout cas les investisseurs en ont retenu aujourd'hui,
32:00était plutôt, on va dire, relativement positif.
32:04En tout cas, ça a eu assez peu d'impact
32:05sur les attentes de taux de la Fed dans les mois qui viennent.
32:11Mais, les sujets les plus importants sont ceux effectivement...
32:17Alors, sur les taux...
32:18Il est convaincant sur l'indépendance ou pas ?
32:20C'est toute la question qu'on lui a posée...
32:24Est-ce qu'il a pu convaincre les sénateurs ?
32:26Et notamment Tillis qui bloque...
32:28Alors, Tillis, de toute façon, il ne pouvait pas le convaincre.
32:30Quoi qu'il arrive, il bloquera.
32:32Et quelque part...
32:33Tant qu'il y a l'enquête...
32:34Et quelque part, il doit être plutôt content, quand même,
32:36d'être bloqué dans l'immédiat parce que...
32:37Warch !
32:39Oui, parce que, voilà, entrer en fonction aujourd'hui,
32:44c'est quand même un peu compliqué.
32:46Enfin, en tout cas, tant qu'on n'a pas plus de visibilité
32:48sur l'évolution de cette crise.
32:51Après, est-ce qu'il a été convaincant ou pas ?
32:53Oui, il a réitéré, évidemment, l'indépendance de cette Banque Centrale.
32:56Après, on sait, et la presse avait quand même fait état de...
33:00Voilà, d'un président américain qui déclarait qu'il lui avait demandé
33:04de baisser les taux.
33:05Donc, voilà, il a été confronté, quand même, à...
33:08Bah, voilà, ce qui était écrit...
33:08Il est un peu victime de ce que dit Trump, quoi.
33:10Il est un peu victime de ce que dit Trump,
33:12et confronté à ce qui était écrit dans la presse à de nombreuses reprises.
33:16Bon, c'est difficile de répondre.
33:18Après, il s'en est quand même plutôt bien sorti.
33:20Il n'a pas vraiment répondu à la question, en fait.
33:22Ouais, ouais. Il connaît le métier.
33:24Voilà, il connaît le métier.
33:25Il n'a pas non plus vraiment répondu à la question de la trajectoire des taux à venir.
33:30Enfin, on n'a pas une vision très claire de ce qu'il y a.
33:32Mais ce que je trouve à la fois intelligent de sa part, et même responsable.
33:35Oui, tout à fait.
33:36De ne pas interférer alors qu'il est dans une audition de validation.
33:39Exactement.
33:40Après, ce qui était intéressant,
33:42c'est plutôt la manière dont il veut faire évoluer l'institution.
33:45Ça, c'est plus profond.
33:46Donc ça, c'est plus profond.
33:48Après, est-ce qu'il va être capable de le faire ?
33:49À quel rythme ?
33:50Voilà.
33:51Et sur l'histoire de la communication,
33:52je pense que ça, ça a été quand même pas mal retenu.
33:55C'est vrai qu'il l'avait déjà dit,
33:57que la Fed communiquait trop,
34:00s'engageait trop,
34:02était prisonnière, finalement, des guidances qui étaient données.
34:07Il y a un bon côté au fait, effectivement, de peut-être moins s'engager.
34:11Ça laisse peut-être plus de liberté.
34:12Mais il faut se rappeler pourquoi on s'était engagés.
34:17Pourquoi est-ce qu'on donnait plus de visibilité au marché ?
34:19C'était pour essayer d'avoir un peu moins de volatilité aussi.
34:23Permettre aux investisseurs d'anticiper progressivement ce que la Fed allait faire.
34:28Et c'est la même chose pour la BCE.
34:31Permet d'avoir une trajectoire un peu plus fluide, on va dire, sur les taux.
34:36Demain, s'il y a moins de communication, moins de rôles actifs de la Fed,
34:41ça veut dire qu'il y a plus de surprises, peut-être plus de volatilité.
34:43La Fed devient vendeuse de volatilité au marché.
34:46Voilà.
34:46Et donc, bon, on peut vivre avec, il n'y a pas de souci.
34:49Pour nous, ça peut aussi offrir des opportunités.
34:51Mais voilà, ça va être un mode de fonctionnement intéressant et différent.
34:55On a connu un monde où il n'y avait pas de forward guidance,
34:57où il n'y avait pas de conférence de presse toutes les six semaines,
35:00où les banquiers centraux appliquaient une forme de discrétion
35:04par rapport à leur prise de décision.
35:07Là, rapidement, en quelques secondes, oui,
35:10si ça n'a pas d'impact aujourd'hui sur le marché,
35:12c'est quand même une succession et un changement à la tête de la Fed important.
35:16C'est moins tranquille que la succession entre Ben Bernanke et Janet Yellen, par exemple ?
35:23On va se rappeler que Paul, il avait été nommé par Trump.
35:26Bien sûr.
35:27Mais la succession, honnêtement, je ne sais pas.
35:31Effectivement, on a vu des articles dans l'AFTI
35:34disant que des proches disaient qu'il avait promis à Trump
35:39de faire des baisses de taux
35:40et puis qu'après, il appliquerait la politique dont il est convaincu.
35:46C'est difficile à dire.
35:47Est-ce qu'une partie de la faiblesse du dollar aujourd'hui,
35:50ce n'est pas justement lié au fait qu'on a assez peu de visibilité
35:53sur comment il va gérer la Fed ?
35:55Je rappelle que c'est 12, quand même, juste.
35:57C'est un consensus qui forme la décision.
36:01Il peut y avoir des votes, bien sûr,
36:03mais quand même, il a 11 autres personnes à son board à convaincre.
36:07Enfin, au moins la moitié.
36:09Là, je parle pour moi à titre perso.
36:11Moi, j'ai le sentiment qu'il va être assez droit dans ses bottes,
36:15même si au début, il y aura peut-être un peu de volatilité,
36:18mais qu'après, on aura une politique monétaire
36:20qui sera adaptée aux chiffres économiques.
36:23Dix secondes.
36:24Pas de rupture ?
36:24Non, il lui laissera peut-être l'opportunité de baisser une fois les taux,
36:28justement, pour avoir l'air d'eux.
36:30Mais derrière, l'institution prendra, je pense, son empreinte sur lui.
36:35On verra.
36:36Bon, le marché nous dit que ce n'est pas impossible
36:38que la Fed puisse baisser une fois les taux d'ici la fin de l'année.
36:41Donc, il a déjà un chemin presque balisé de son point de vue-là.
36:44Je pense que le politique avec Trump autour des électrons mi-mandat
36:46nous donnera beaucoup plus de volatilité que moi, je pense.
36:50Quand même, Trump, c'était CNBC avant-hier,
36:52ou hier, je ne sais plus, on lui parle de Walsh.
36:56Alors, il dit déjà, bon, la rénovation du building de la Fed,
36:59c'est 4 milliards, c'est 2,5 milliards.
37:01L'immeuble ne sera pas terminé avant la fin de l'année.
37:03Moi, je pense que Kevin devrait avoir un bureau à côté de lui-même à la Maison-Blanche.
37:06Ah ouais, ouais, ouais.
37:08Il transgresse quoi ? On ne sait plus.
37:10Je pense qu'il rappelait de la transgression.
37:12Bon, merci beaucoup à vous trois d'avoir été invités de Planète Marché ce soir.
37:15Nadej Dufossé, Candriam, Damien Charlet, Mandarine Gestion
37:18et Jean-Jacques Friedman, VEGAIS.
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