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En 2025, Les Restos du Cœur ont accueilli 110 000 enfants qui ont entre 0 et 3 ans. La Fondation Carrefour, lauréate du Grand Prix de la Philanthropie, accompagne l’association dans l’aide alimentaire qu’elle apporte aux plus petits. Les magasins de l’enseigne de grande distribution se transforment en lieu de solidarité en permettant de récolter des dons.

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Transcription
00:00C'est le débat de ce Smart Impact, on parle de lutte contre la précarité infantile avec Marie-Astrid Raoult,
00:11bonjour, bienvenue, vous êtes présidente de la Fondation Carrefour, Fabienne Lambert, bonjour, secrétaire générale des Restos du Coeur, on va
00:18présenter la Fondation Carrefour, vous êtes déjà venu dans cette émission, mais en quelques mots, vous avez remporté le Grand
00:23Prix de la Philanthropie cette année, c'est quoi la Fondation Carrefour ?
00:29C'est mission en quelque sorte ?
00:30Mission, principalement comme la raison d'être de notre groupe sur la précarité alimentaire et l'éducation nutritionnelle, savoir aussi
00:37rendre accessible une alimentation saine, avec des habitudes alimentaires pour les publics les plus vulnérables et fragiles, et dans ce
00:46cadre-là du Grand Prix que vous avez reçu.
00:47Alors pourquoi vous l'avez reçu ce Grand Prix ? C'était pour quelles actions ?
00:50Oui, principalement sur la sécurité alimentaire, et on rejoint par là aussi c'est quoi la sécurité alimentaire dans son
00:57ensemble, et nous on a des focus, et notamment les familles, et notamment aussi cette précarité infantile qui nous permet
01:05d'être là aujourd'hui et d'en discuter.
01:07Fabienne Lambert, juste avant que l'émission démarre, on m'est dit secrétaire générale bénévole des Restos du Coeur, je
01:13pense que c'est important de le dire aussi à nos téléspectateurs.
01:14Oui effectivement, je suis bénévole, une bénévole parmi les 78 000 bénévoles des Restos du Coeur, c'est une association
01:21qui a plus de 40 ans, qui repose essentiellement, un de ses piliers essentiels c'est le bénévolat, et on
01:27lutte contre toutes sortes d'exclusions, et au cours de la dernière année on a accueilli 1,3 million de
01:34personnes, voilà, on est connus pour l'aide alimentaire, donc on a distribué 161 millions de repas, mais on ne
01:40fait pas que ça,
01:42puisqu'on a tout un volet d'aide par ailleurs, ça peut être du soutien à recherche d'emploi, de
01:46l'accès aux droits sociaux, et bien sûr, tout un axe pour aider la petite enfance.
01:50Et sur la précarité alimentaire, je voyais ces chiffres, un enfant sur cinq concerné par la précarité infantile, 41%
01:58des enfants de familles monoparentales qui sont pauvres,
02:01on va faire le lien avec la Fondation Carrefour et ce défi de l'accompagnement nutritionnel des tout-petits, quel
02:08rôle jouent les Restos du Coeur dans ce cadre particulier ?
02:12Alors déjà on part d'un constat, en fait, il faut savoir qu'au Restos du Coeur, 40% des
02:17personnes que nous accueillons sont des mineurs, voilà, ça c'est le premier point,
02:22et en fait on voit de nombreuses familles qui basculent dans la précarité.
02:27Il faut voir qu'en ce moment, même selon l'INSEE, on est sur des pics de pauvreté, malheureusement, puisqu
02:33'on a atteint un pic de pauvreté depuis 1996,
02:37il y a 15% des personnes qui sont en dessous du seuil de pauvreté, et au Restos du Coeur,
02:4470% des familles que nous accueillons ont moins de la moitié du seuil de pauvreté,
02:50c'est-à-dire moins de 644 euros par mois, et 42% n'ont plus rien après avoir payé
02:55leur charge, pas un euro.
02:57Et malheureusement, comme le fait remarquer l'INSEE, nous voyons beaucoup de familles monoparentales, d'enfants, parmi ces enfants précaires,
03:05donc c'est vraiment un axe sur lequel on a voulu travailler, et pour lequel on a été heureux que
03:11la Fondation Coeur Carrefour nous aide.
03:13Pourquoi cette... On parle souvent des mille premiers jours, Maria Sridrault, à quel point c'est majeur dans la structuration
03:19d'un enfant,
03:19et donc la précarité alimentaire, à quel point elle peut aussi avoir des conséquences néfastes ?
03:26Tout à fait, on le disait la dernière fois dans une des émissions sur la précarité étudiante, c'est important
03:29pour le déploiement nutritionnel,
03:32de leur capacité à pouvoir apprendre, à pouvoir se développer, leur aspect cognitif, le lien social aussi,
03:39de pouvoir aussi avoir une alimentation autour de la famille, avec la famille, et voilà, c'est aussi un des
03:45sujets sur lesquels nous on s'est beaucoup axés.
03:48Alors on a des programmes sur l'ensemble des enfants de 0 à 18 ans, bien sûr, mais on a
03:54aussi cet axe 0-3 ans qui je pense est primordial,
03:57parce que c'est vraiment les premiers pas, et je pense que c'est là aussi que tout se joue,
04:00et les études le montrent aussi.
04:02Pourquoi et comment vous accompagnez les Restos du Coeur ?
04:04On accompagne sur plusieurs volets, sur le volet d'urgence, pouvoir sur ce volet 0-3 ans donner de l
04:12'aide alimentaire appropriée,
04:14c'est-à-dire avec des produits spécifiques, donc c'est des enveloppes d'achat de denrées spécifiques sur ces
04:21enfants,
04:22qui sont en lien aussi avec le PNNS, enfin voilà, une régularité.
04:26Ensuite on a aussi l'accompagnement des bénévoles et la formation des bénévoles, à pouvoir accompagner ces espaces petits-enfants,
04:33ils sont nombreux en France, et puis déployer tous ces espaces, et aussi ces ateliers d'accompagnement sur comment on
04:43peut alimenter notre enfant,
04:44comment on peut prendre des habitudes plus saines de pouvoir les alimenter,
04:49et puis malheureusement de faire un constat que de plus en plus de familles monoparentales, d'enfants, sont touchées et
04:58viennent dans ce réseau d'aide alimentaire.
05:00Ça veut dire, Fabienne Lambert, que votre action au Restos du Coeur pour ces tout-petits, elle va au-delà
05:06de l'aide d'urgence ?
05:07Exactement. En fait, nous avons accueilli l'an dernier 110 000 enfants entre 0 et 3 ans.
05:12Nous constatons une hausse de la pauvreté, nous avons près d'un quart des familles qui sont des familles monoparentales,
05:18et donc nous nous sommes mobilisés avec l'aide de partenaires, dont la Fondation Carrefour, pour adapter notre aide vis
05:24-à-vis de la petite enfance.
05:26Donc c'est à la fois adapter l'aide alimentaire par rapport aux besoins nutritionnels,
05:32mais c'est également créer ces espaces petite enfance.
05:36Nous avons 773 espaces petite enfance, et ça a vocation à augmenter, voilà, ces espaces sont dans des centres Restos
05:45du Coeur.
05:46Nous avons plus de 2300 centres Restos du Coeur, donc on va pouvoir augmenter ce centre d'accueil.
05:52Et donc dans ces espaces petite enfance, on va avoir à la fois une aide alimentaire,
05:56et à la fois on va avoir des bénévoles formés pour accueillir, conseiller.
06:01C'est un espace de partage avec les parents, avec les bénévoles, d'orientation, et on va faire un certain
06:07nombre d'actions,
06:08donc des actions sur le plan nutritionnel, notamment avec des ateliers baby-cooks, pour lesquels la Fondation Carrefour nous aide.
06:16Alors qu'est-ce que c'est qu'un atelier baby-cooks ?
06:18Alors un atelier baby-cooks, c'est un atelier où vous allez en général trouver des mamans,
06:23parce que ce sont souvent les mamans qui viennent dans les centres Restos du Coeur,
06:26vous allez trouver des mamans qui vont utiliser les fruits et légumes frais que nous leur donnons,
06:32nous leur fournissons aussi des recettes, et avec ça elles vont fabriquer des purées,
06:37des compotes fraîches qu'elles vont pouvoir ramener à la maison,
06:40et comme ça elles vont apprendre à fabriquer elles-mêmes les produits,
06:43et avoir des produits sains qu'elles puissent fabriquer elles-mêmes et moins chers.
06:46Il y a une sorte de défi à transformer les dons que vous recevez dans les magasins
06:52en repas équilibrés pour les enfants, c'est-à-dire que ce n'est pas forcément adapté ?
06:57Alors en fait on a toujours donné des repas équilibrés,
07:00par contre le grand mouvement qu'on a fait, c'est face au constat de ce nombre d'enfants,
07:05je rappelle 110 000 enfants de 0 à 3 ans, près d'un quart des familles monoparentales,
07:10nous avons voulu en 2024 lancer la nouvelle aide-resto avec une priorisation sur la petite enfance,
07:17notamment en adaptant nos repas pour qu'ils répondent aux besoins nutritionnels de l'enfant.
07:23Mais quand vous donnez à manger un enfant, quand vous donnez à manger une maman pour un enfant,
07:28en fait il faut derrière que la maman sache utiliser les produits,
07:31parce que ce que nous voulons c'est apprendre aux mamans aussi à consommer, à utiliser des produits frais.
07:36Donc c'est en ce sens-là par exemple qu'on fait ces ateliers.
07:41Carrefour, ce n'est pas seulement le financement, on l'a bien compris.
07:44Les magasins, ils peuvent se transformer en lieu de solidarité aussi ?
07:48Toujours. On en parlait juste là, on a fait le bilan un peu de la collecte,
07:53on a quand même 1500 magasins, on a récolté pour les magasins Carrefour,
07:581700 tonnes pratiquement de produits.
08:00Et dans tout ça, il y a aussi le don de nos clients, de nos collaborateurs aussi,
08:06qui permettent aussi d'approvisionner en produits, que ce soit de l'hygiène aussi.
08:13Nous accompagnons aussi sur les produits d'hygiène,
08:15je pense qu'il y a aussi besoin de toute cette partie-là d'accompagnement.
08:18Ce n'est pas que l'alimentation parfois, c'est très important aujourd'hui.
08:22Et donc ça fait partie des dons qui sont aussi donnés par les clients
08:26et qui sont récoltés par toutes les antennes des Réseaux du Coeur sur toute la France pendant la collecte.
08:29À quel moment vous vous dites, ça ne peut pas être seulement,
08:32c'est déjà très bien de donner de la nourriture, des produits d'hygiène,
08:37mais il faut aussi, d'une certaine façon, rajouter à une brique conseil, formation, aide aux familles ?
08:46Parce que je pense qu'on est dans un modèle qui a quand même changé,
08:49on sait qu'il faut qu'on consomme aussi différemment,
08:51que ça vient aussi sur le coût que ce peuple-là peut représenter de se nourrir,
08:57et de faire, et d'apprendre à faire, peut aussi engendrer tous ces sujets.
09:03Et puis de lien social, enfin, faire ensemble, faire avec les enfants, montrer aux enfants.
09:09Je pense que c'est une dynamique collective de la société,
09:12d'aller aussi vers ça, que ce soit dans les cantines scolaires,
09:16que ce soit dans les accompagnements d'autres...
09:19On accompagne d'autres structures, on n'accompagne pas que les Réseaux du Coeur,
09:23mais ils ont pris, voilà, c'est un grand axe qu'ils ont pris il y a 2-3 ans,
09:27et sur lequel on a été très heureux de les accompagner dès le début.
09:31Mais voilà, on accompagne d'autres formats,
09:34de redonner en tout cas cette envie de faire à manger aussi ensemble.
09:39Quel retour d'expérience, vous avez des familles,
09:42et à quel point ça peut transformer, si c'est possible,
09:46la façon de cuisiner, de préparer, pour les petits-enfants,
09:49mais peut-être pour la famille en général ?
09:51Alors, des histoires, moi je voudrais écouter des histoires très simples,
09:54des histoires vécues, en fait, ce sont des mamans qui, au départ,
09:58moi je me souviens d'une maman qui, au départ, venait,
10:01déjà elle n'aimait pas trop les fruits et légumes frais,
10:03elle préférait les conserves et tout,
10:05et puis, avec cette émulation, on l'a fait venir,
10:08en voyant les autres mamans, en fait, c'est un moment de partage entre elles,
10:11de discussion, et c'est surtout après,
10:14quand elle a vu la façon avec laquelle son enfant aimait.
10:16Il y avait comme un geste de transmission d'amour de la maman,
10:20et elle a pris conscience de l'importance de la nutrition,
10:23et quand je parlais de ces espaces de mes petits-enfants,
10:26ce sont aussi des espaces de conseil,
10:27ce sont des espaces où on va les aider sur le vestiaire,
10:30on va les aider sur l'hygiène,
10:32Donc, c'est tout un mouvement où elles peuvent aussi se retrouver entre elles,
10:38échanger, et après, créer du lien social entre elles,
10:41et créer du lien social au niveau de ces enfants qui sont petits,
10:44qui ne vont pas encore à l'école.
10:45Alors, peut-être que c'est un fantasme que j'ai là,
10:48c'est illusoire, mais est-ce que cette démarche,
10:51elle permet aussi d'activer une sortie,
10:54ou ça facilite une sortie de la précarité ?
10:57Alors oui, si vous permettez,
10:59je vais vous raconter quelque chose que j'ai vécu,
11:02donc c'est une maman qui était dans ses ateliers,
11:06qui n'a pas tout exprimé tout de suite,
11:08c'est une maman qui était seule,
11:10qui était logée chez son oncle,
11:12et en fait, cette maman sentait qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas bien,
11:15parce que cette maman, elle était angoissée,
11:17elle était angoissée en fait,
11:19parce que son oncle menaçait régulièrement de la renvoyer de chez elle,
11:24et donc elle se voyait à la rue,
11:26et en fait, elle s'est livrée aussi,
11:27parce qu'elle nous en a parlé plus ouvertement,
11:30parce que dans ses ateliers, c'est créé un lien de confiance,
11:32il y avait d'autres choses à côté, bien évidemment,
11:35mais ça a créé un lien de confiance,
11:37du coup, on l'a aidée,
11:38on l'a aidée à trouver un emploi avec des services,
11:40à trouver d'abord, pardon,
11:42un logement avec les services d'aventure,
11:44et puis on a pu continuer l'accompagnement,
11:46une fois qu'elle était dans son nouveau logement,
11:48ça a pris quand même six mois,
11:49et après, on l'a aidée,
11:51et quelques mois plus tard,
11:52on l'a aidée à trouver un emploi,
11:53et cette maman, on ne l'a pas revue,
11:56parce qu'elle n'a pas eu besoin de nous,
11:57elle nous a juste dit qu'elle ait trouvé un emploi,
11:59mais elle est partie,
12:00je veux dire, c'était le démarrage d'une action
12:02qui a fait que maintenant,
12:03cette maman n'a plus besoin de nous,
12:05je sais qu'elle,
12:06je suis persuadée que maintenant,
12:08elle cuisine,
12:09elle fait attention à l'équipe nutritionnelle de ses enfants,
12:12et qu'elle vit dans de bien meilleures conditions,
12:13voilà un exemple.
12:14On termine sur cette très belle histoire,
12:16merci beaucoup à toutes les deux,
12:18d'avoir participé à notre émission,
12:19encore bravo pour ce grand prix de la philanthropie,
12:22et à bientôt sur Bsmart4Chain,
12:24c'est l'heure du grand entretien de ce Smart Impact,
12:27avec le président du pôle agri-agro du MEDEF International.
12:29Sous-titrage Société Radio-Canada
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