- il y a 4 mois
Ce mardi 22 avril, Matthieu Barrière, responsable de l'allocation d'actifs d'ODDO BHF AM, et Stéphane Levy, stratégiste chez Irivest IM, ont abordé les grandes tendances des marchés internationaux, la Bourse sous pression pendant la saison des résultats, l'IA à l'origine de l'effervescence à Wall Street, et le coup de frein sur la croissance européenne, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:019h35, en plateau donc ce matin, Mathieu Barrière, responsable de l'allocation d'actifs de Odo BHF Asset Management,
00:07et Stéphane Lévy, stratégie chez Irivesti. Bonjour messieurs, content de vous retrouver ce matin pour débriefer,
00:13regarder un petit peu les grandes tendances de marché. L'Europe continue de sous-performer les Etats-Unis,
00:20aujourd'hui c'est le cas, Stéphane Lévy, il faut voir que Wall Street a enchaîné un nombre de records
00:26ces derniers jours, assez impressionnant, bon on sort de deux séances de baisse, mais néanmoins la tendance acheteuse est toujours
00:32là,
00:33le marché continue de se dire que tout va bien se passer, même hier il y avait de l'incertitude,
00:36c'était le dernier jour avant la fin du cessez-le-feu, et puis ça tient, envers et contre tout.
00:42Oui ça tient, on est en fait dans un moment un peu suspendu, on est un petit peu contraint de
00:49suivre cette situation géopolitique,
00:51avec un, je crois, avec distance. Il faut profiter de ce moment d'incertitude, de ce moment donc un peu
00:59suspendu,
01:00pour je crois avoir à l'esprit là où on se trouve dans le cycle de marché. Vous l'avez
01:06dit, Etienne, ça bouge,
01:09voilà, en fait aux Etats-Unis, ce qui est absolument extraordinaire, c'est qu'aujourd'hui, on est à notre
01:17pio historique.
01:17L'Europe, vous l'avez dit, ça sous-performe un peu, mais la réalité est un peu plus nuancée,
01:23puisque l'Europe aujourd'hui, selon les indices, est à peu près à 2%, 1,5% de son record
01:28historique.
01:29Les petites et moyennes valeurs en Europe sont à leur record historique, donc la réalité c'est que le marché
01:35semble observer ça avec beaucoup de distance, néanmoins c'est probablement un environnement
01:41dans lequel il faut, je crois, être un petit peu plus prudent que dans les derniers mois,
01:49voire les dernières années. Une nouvelle fois, je crois qu'il faut prendre un peu de hauteur.
01:54Qu'est-ce qui s'est passé depuis 2000 ? On a eu un cycle boursier absolument extraordinaire.
02:01Extraordinaire. Depuis les plus bas de 2020, les indices européens sont à hausse d'environ 200%.
02:08On a des secteurs tels que les banques qui ont fait depuis cette date dividendes réinvestis fois 8.
02:15Ce sont des parcours absolument extraordinaires. Et cette séquence restera, je crois...
02:202020.
02:212020, vous parlez de 2020.
02:22Depuis les plus bas de 2020. Et globalement, en fait, depuis 2020, les actions européennes,
02:27selon les indices, ça évolue à 20% annualisé. Et ça, c'est quelque part, ça n'a jamais été
02:32trahi.
02:32Si on regarde depuis les plus bas de 2022, c'est exactement le même rythme.
02:36Mais si on fait l'analyse de ce qui s'est passé, je crois qu'on peut être parfaitement satisfait
02:42en tant qu'investisseur de ce mouvement-là. Ça restera clairement dans l'histoire
02:46comme le plus puissant processus de normalisation fondamentale qu'on ait pu observer dans l'histoire.
02:53Pourquoi ? Il y a eu en 2022 ce reset obligataire qui a amené la classe obligataire
02:59qui est la référence mondiale de la valorisation de tous les actifs financiers
03:03à un niveau standard, une courbe des taux normales, normalement pentifiée aujourd'hui,
03:07alors qu'elle ne l'était pas. On avait, à l'époque, des taux qui étaient négatifs.
03:11Et cette normalisation fondamentale de l'obligataire a conduit
03:15à une normalisation fondamentale de la classe d'actifs actions.
03:20Et à telle enseigne qu'aujourd'hui, le marché européen
03:23se paye légèrement au-dessus des standards habituels de valorisation.
03:28Et ça, c'est une très bonne nouvelle, évidemment une très très bonne nouvelle,
03:31parce que le fondamental est encore opérant.
03:34Néanmoins, ce qu'il faut également retenir, c'est que ce qui guide durablement
03:39le comportement de la classe d'actifs actions, c'est le cycle économique.
03:43La classe d'actifs actions, c'est une classe d'actifs, comme chacun sait, qui est cyclique.
03:47Et nous avons bénéficié pendant six ans d'un cycle porteur.
03:50Et nos modèles nous indiquent que ce processus vertueux,
03:56notre modélisation du cycle, est arrivé à son terme.
04:02Donc aujourd'hui, un peu plus de prudence, pas du tout de, je veux dire, pas d'inquiétude majeure.
04:07Je pense qu'on est plutôt arrivé dans un marché qui a besoin de digérer,
04:11de digérer la situation avant de repartir dans une nouvelle tendance, je l'espère, porteuse.
04:17Mais nous, ce qu'on envisage dans les prochains mois, c'est un marché plutôt horizontal.
04:21Vous nous expliquerez dans un instant, en termes d'allocations,
04:23comment ça se traduit, cette vision prudente.
04:25Mais juste avant, Mathieu Barrière, par rapport à ce qui vient d'être dit,
04:29c'est vrai que le scénario macro est revu à la baisse depuis le début de ce conflit en Iran.
04:34Mais les résultats qui sont publiés, certes, on est au début de cette saison,
04:38ne sont pas catastrophiques.
04:39Les entreprises sont quand même très résilientes.
04:40Elles ont montré leur résilience ces dernières années.
04:42Alors, ils sont loin d'être catastrophiques, notamment aux Etats-Unis.
04:47Quand on regarde les croissances séquentielles,
04:49premier trimestre 2026 par rapport au premier trimestre 2025,
04:53aux Etats-Unis, on devrait atterrir aux alentours de 15% de croissance.
04:57Certes, après une image et un an,
04:59qui était une situation un peu plus difficile localement,
05:01et donc une croissance attendue très forte,
05:03et qui devrait se continuer aux Etats-Unis durant l'année 2026.
05:08Alors, en Europe, quand on prend cette même image,
05:12cette même statistique de croissance sur un an,
05:14évidemment, l'image n'est pas aussi glorieuse.
05:17On attend un peu de réaccélération sur 2026,
05:20mais finalement, c'est ça la grande question,
05:22et peut-être ça qui fait que ces derniers jours,
05:24les Etats-Unis redémarrent.
05:27Finalement, il y a moins d'incertitudes macroéconomiques
05:30pour les Etats-Unis qu'en Europe,
05:32liées à cette situation de volatilité des prix de l'énergie.
05:35Les Etats-Unis, grosso modo, sont légèrement exportateurs d'énergie,
05:41mais finalement, c'est à peu près équilibré.
05:46Et finalement, la seule incertitude aux Etats-Unis,
05:48c'était un peu la séquence d'hier,
05:50c'est le changement possible de politique monétaire,
05:54plus de souplesse, plus d'incertitudes,
05:56des avantages et des inconvénients,
05:57c'est ça aussi que le marché va essayer de digérer dans les prochains jours.
06:00En tout cas, pour l'instant, ce n'est pas son sujet.
06:02C'est vrai que l'audition de Kevin Walsh n'a eu aucun impact,
06:05ou presque, sur les marchés.
06:07En ce moment, c'est l'intelligence artificielle qui porte toute la cote.
06:11On a encore vu Amazon prendre 2% parce qu'ils allaient prendre une participation dans l'anthropique.
06:15Ce matin, une nouvelle fois, c'est le secteur des semi-conducteurs
06:18qui est boosté par les résultats de ASM International.
06:21Bref, c'est vraiment l'IA, l'IA, l'IA tout le temps.
06:23Alors, plus globalement, je pense que dans un monde où l'incertitude monte un peu,
06:32les investisseurs considèrent que la séquence de la dernière année ou du dernier semestre,
06:36c'est peut-être une occasion pour se repositionner sur des thèmes un peu plus tranquilles de croissance séculaire.
06:42Vous avez dit IA, vous avez dit quelques minutes auparavant,
06:46l'ensemble de la thématique de l'électrification,
06:48où finalement, sur ces thématiques, on est sur des valorisations qui sont élevées,
06:52mais qui ne sont pas les plus élevées qu'on ait pu voir sur les dernières années,
06:56en termes de multiples instantanées.
06:58Les grands acteurs américains de la tech
07:01traitent sur des prix grosso modo équivalents à ceux qu'on pouvait voir il y a environ un an.
07:05Dans le même temps, ils ont effectivement livré de la croissance de résultats.
07:09Donc, en termes de valorisation instantanée,
07:11ils sont sur des niveaux bien plus abordables.
07:14Et le marché se repositionne dessus dans une phase un peu d'incertitude
07:18qui fait de la rotation au sein des marchés d'action
07:20vers des thèmes, je pense, de croissance séculaire.
07:23Stéphane Lévy, est-ce qu'aujourd'hui,
07:24les valeurs technologiques sont devenues des valeurs défensives ?
07:27Ça dépend desquelles.
07:29Le secteur technologie est un secteur extrêmement vaste,
07:32extrêmement diversifié,
07:34dans lequel on va trouver effectivement des dossiers
07:37qu'on peut qualifier de croissance visible aujourd'hui,
07:40des dossiers qui étaient historiquement des vrais dossiers de croissance.
07:43Je pense globalement à toute la tech américaine
07:48qui a changé de statut.
07:49Notre approche, nous avons une approche de gestion actions quantitative.
07:53On a beaucoup observé le marché sous l'angle des facteurs, des styles.
07:57Et effectivement, ces valeurs, qui étaient des valeurs de croissance,
08:01parce qu'elles avaient des niveaux de croissance
08:03qui étaient très clairement dans les premiers décides
08:06de l'univers d'investissement américain,
08:08sont aujourd'hui, oui, ont basculé,
08:11sont aujourd'hui des valeurs de visibilité,
08:15ce qui veut dire effectivement que leur comportement
08:18et leur appréhension doit évoluer.
08:21On a également dans la technologie des secteurs
08:25qui sont encore aujourd'hui beaucoup plus proches
08:29de ce qui est traditionnellement la croissance
08:31et ce qui est traditionnellement la perception
08:33qu'on peut avoir de la technologie.
08:35et je pense au segment des semi-conducteurs.
08:39Et pour peut-être rebondir sur les propos de Mathieu,
08:42c'est vrai qu'on a aujourd'hui fondamentalement
08:47une très très forte dynamique,
08:50et ça peut surprendre,
08:53de révision des perspectives bénéficiaires
08:56et ce, des deux côtés de l'Atlantique.
08:58En Europe, par exemple,
09:02le bénéfice de cette année, de 2026, de l'indice,
09:06a été relevé depuis le début de l'année de 3%.
09:09Et ce n'est pas que lié aux valeurs de l'énergie,
09:11c'est quelque chose qui a pu être observé en janvier,
09:12en février, de manière assez linéaire.
09:15Néanmoins, ce que je constate,
09:16c'est qu'il y a une forme d'incohérence
09:19avec l'observation top-down des marchés,
09:21parce qu'en parallèle de cette révision micro-économique,
09:24bottom-up,
09:25on a des révisions top-down,
09:27elles, qui sont à la baisse.
09:28Et depuis le début du mois de mars,
09:30depuis le début du mois de mars,
09:31ce n'est pas rien.
09:33On prévoyait 1,20 de croissance du PIB
09:36en zone euro pour 2026,
09:38on n'est plus qu'à 0,90.
09:39En parallèle, 2027 a été aussi abaissé de 20 centimes,
09:43ce qui veut dire un demi-point de PIB perdu
09:45en un mois et demi.
09:47Donc je crains que la dynamique macro,
09:50aujourd'hui,
09:52soit plus le reflet du passé,
09:55comme c'est traditionnellement le cas,
09:58que d'un proche avenir.
09:59Et pour vous provoquer, Stéphane,
10:00je peux vous dire,
10:01c'est peut-être les économistes qui se plantent.
10:03Peut-être qu'ils sont trop pessimisés sur la situation.
10:05Non, parce que,
10:06je ne leur jette pas la pierre,
10:07mais faire des prévisions macro aujourd'hui,
10:10qui peut savoir où sera le baril de pétrole dans trois mois,
10:12comment vont réagir les acteurs économiques, etc.
10:15Ce sont des prévisions.
10:16Donc au final,
10:17ce sont peut-être les prévisions de la France
10:18qui sont trop pessimistes.
10:20Que les macroéconomistes se plantent,
10:23ce ne serait pas la première fois,
10:25mais quelque part,
10:25là, on est dans un débat entre macro et microéconomie,
10:28donc il y en a un des deux qui se plante.
10:29Et les analystes, côté micro,
10:31parfois aussi,
10:32peuvent se tromper.
10:34Je pense que dans le contexte actuel,
10:36ce qui est un contexte très clairement macro,
10:43j'aurais plutôt tendance à faire confiance
10:46aux observateurs top-down.
10:49Et c'est également quelque chose
10:51que l'on retrouve dans la modélisation propriétaire
10:54que l'on peut faire du marché et du cycle économique.
10:58Mathieu Barrière, Odo BHFM,
11:00comment vous regardez un petit peu ce débat
11:02entre économistes et vues de marché,
11:04de ces acteurs de marché
11:04qui, c'est vrai,
11:05ne sont pas tout à fait d'accord ?
11:07Alors, c'est intéressant,
11:08le point qu'a soulevé Stéphane.
11:10Ce n'est pas simplement 2026,
11:11c'est aussi 2027
11:12qui est revu à la baisse
11:13du point de vue macro.
11:14Et ça, c'est assez rare.
11:16Quand on regarde historiquement,
11:18depuis un peu plus d'une décennie,
11:19en Europe,
11:20la croissance,
11:20c'était un peu l'arlésienne,
11:21c'est-à-dire qu'à chaque fois,
11:23en début d'année,
11:25que ce soit sur les résultats,
11:26un micro ou sur la macro,
11:28il y avait une révision à la baisse
11:29de l'année en cours,
11:30mais ça a recréé du potentiel
11:32de croissance pour l'année ultérieure.
11:33Là, ce n'est pas le cas.
11:35Il y a aussi d'autres marchés
11:38qui ne sont pas très enthousiastes
11:41sur la croissance de long terme
11:43et qui sont des marchés intéressants
11:44à suivre actuellement,
11:45c'est les marchés de l'énergie.
11:46On parle beaucoup
11:47de la hausse du pétrole.
11:49Alors, souvent,
11:49ce qu'on affiche en référence,
11:51c'est le prix du pétrole
11:53pour la prochaine livraison
11:55aux États-Unis.
11:58Il y a effectivement
11:59des prix spot
12:00qui sont encore différents,
12:01mais quand on regarde
12:01des contrats de long terme
12:02sur le pétrole,
12:04on s'aperçoit
12:04qu'au raison 5 ans,
12:06le pétrole livrable
12:07dans 5 ans
12:07n'est pas plus cher
12:08qu'avant la crise
12:10et le pétrole
12:12à très long terme
12:12et même encore plus bas.
12:14Ça, ça veut dire
12:16que les acteurs
12:17qui traitent
12:18sur les marchés pétroliers
12:19se disent
12:20qu'il y a quand même
12:22potentiellement
12:22une baisse de demande.
12:23Cette baisse de demande,
12:24ça peut être lié
12:25effectivement une augmentation
12:26de la vitesse d'électrification,
12:28mais aussi,
12:28ce n'est pas très très compatible
12:30avec un maintien
12:31de croissance élevée
12:32des économies développées.
12:34Le gaz également,
12:35qui est sur des cours
12:36qui sont également étonnants.
12:38On était à 42 euros
12:39sur le mégawatt-heure de gaz.
12:41On était monté
12:41à un peu plus de 60 euros
12:43au mois de mars
12:44et avant le conflit,
12:45en Iran,
12:46on était aux alentours
12:46des 30-35 euros.
12:48Donc au final,
12:48c'est 42 euros
12:49sur le mégawatt-heure.
12:51Stéphane Lévy,
12:52sur le gaz en Europe,
12:52le TTF ne montre pas
12:54d'inquiétude majeure.
12:56Non.
12:57Le gaz,
12:59par nature,
12:59c'est physique,
13:00c'est volatile.
13:02Je trouve le point
13:03de Mathieu très intéressant
13:04sur les livrables
13:06pétrole à long terme.
13:08Et j'aurais peut-être
13:09une interprétation autre
13:10ou alternative.
13:12Il y a peut-être
13:13un grand nombre
13:14d'opérateurs
13:16qui spéculent
13:17sur un scénario
13:18qu'il ne faut pas
13:19complètement occulter.
13:20C'est un scénario
13:21dont on nous parle peu
13:21dans les médias mainstream
13:22parce que c'est
13:24bien moins vendeur
13:26que ne l'est la peur.
13:29Mais il peut y avoir
13:30aussi un choc d'offres
13:32sur le pétrole
13:34si on devait avoir
13:35une issue positive
13:37au conflit en cours
13:38au Moyen-Orient.
13:39Si le pétrole iranien
13:40devait rentrer dans le système
13:41après le pétrole vénézuélien,
13:43ça pourrait avoir
13:44un impact extrêmement massif
13:45sur les prix forward
13:47du pétrole.
13:48Il faut être ouvert.
13:49et donc je serais plutôt
13:52de cet avis-là
13:53et même si j'ai un ton
13:55relativement prudent
13:56pour le court-moyen terme,
13:58je reste extrêmement constructif
14:00et positif
14:01sur la classe d'actifaction.
14:02Le fait d'être désinvesti
14:03est pour moi
14:04le plus grand risque
14:05pour un investisseur.
14:06Le baril de bret
14:07est à 99 dollars,
14:0991 dollars
14:10pour le WTI.
14:12C'est tout à fait vivable
14:13un baril de pétrole
14:14à 100 dollars
14:15aujourd'hui,
14:16Stéphane Lévy ?
14:17Oui, c'est tout à fait
14:18c'est tout à fait
14:21vivable,
14:22évidemment,
14:23surtout avec un dollar
14:24qui est relativement
14:26faible.
14:27Un 18 sur l'euro-dollar.
14:30Rappelons quand même
14:31qu'il y a un an
14:31on était
14:32on était
14:32on était
14:33on était à 1,02
14:34enfin il y a un peu plus
14:35d'un an maintenant
14:35mais à peine
14:36en plus.
14:37Donc c'est tout à fait
14:38vivable.
14:39Le Brent, une nouvelle fois,
14:40il a été très volatile.
14:42On partait d'une situation
14:43dans laquelle on était
14:44plutôt dans les 60-65 dollars.
14:46on est monté à 120 dollars.
14:48Non, on est sur des niveaux
14:50qui je crois
14:50sont gérables,
14:53monitorables.
14:54Et il ne faut pas exclure
14:56évidemment un retour du pétrole
14:57à des niveaux
14:58pas très très éloignés
15:00de son niveau pré-crise
15:02s'il devait y avoir
15:03la moindre avancée positive
15:05même si on peut en douter
15:07à court terme.
15:08Du côté de Odo BHF
15:09Asset Management,
15:11Mathieu Barrière,
15:11une fois qu'on a fait
15:12ces différents constats
15:13sur les résultats d'entreprise,
15:15sur la façon
15:16dont réagissent les marchés
15:18à la géopolitique.
15:19Comment vous arbitrez
15:20les portefeuilles ?
15:21Qu'est-ce que vous avez fait
15:22dans vos allocations
15:23depuis le début de ce conflit ?
15:24Et puis comment vous voyez
15:25un petit peu la suite
15:26pour ce deuxième trimestre ?
15:28Alors,
15:30on demeure
15:31surpondérés
15:32sur les actifs
15:34dits risqués,
15:36y compris
15:37les actions.
15:38Évidemment,
15:39tactiquement,
15:40on module
15:42cette surexposition.
15:43On a des marchés
15:44qui se cherchent un peu.
15:46Là,
15:47on a l'impression
15:47depuis quelques jours
15:48qu'on décrit
15:49un grand catastrophisme
15:50sur les marchés européens
15:51parce qu'effectivement,
15:52ils sont enloignés
15:52de leurs plus hauts.
15:53Les plus hauts
15:54de vendredi dernier,
15:55c'était aussi
15:56le troisième vendredi du mois,
15:57le jour de clôture des options.
15:59Ce qui,
15:59dans des marchés
16:00qui ne sont pas forcément
16:01les plus liquides,
16:02vient faire un peu
16:03de distorsion
16:03de court terme.
16:05Donc évidemment,
16:06il y a des opportunités
16:07quand on reste actif
16:09sur le très court terme.
16:10Mais globalement,
16:11on reste attaché
16:12à des thématiques
16:13de croissance séculaire
16:16où on considère
16:18que la prime de risque
16:19d'action en Europe
16:20est tout à fait décente.
16:24Ensuite,
16:25là où,
16:27finalement,
16:28on bouge peut-être
16:29le plus,
16:29c'est au niveau
16:30des expositions
16:32de vise.
16:32On revient
16:33sur la macroéconomie
16:36et puis l'actualité
16:37d'hier
16:37où, effectivement,
16:38Warch
16:38n'a pas tellement fait
16:39bouger les marchés
16:40parce que son discours
16:41n'était finalement
16:42pas très clair.
16:44Mais il évoque quand même
16:46des histoires
16:46de changement,
16:48de la guidance
16:49de la Fed,
16:49de la communication
16:50de la Fed.
16:52Alors que la BCE
16:53est beaucoup plus statique.
16:54Elle vise
16:56à inscrire
16:57encore ce matin
16:58dans les pensées
16:59le fait qu'elle n'a pas
17:00besoin de réagir
17:01tout de suite
17:01à cette hausse,
17:02somme toute,
17:03encore modérée
17:04du prix de l'énergie.
17:06Donc finalement,
17:07des banques centrales
17:08qui ont des politiques
17:09monétaires
17:10qui se désynchronisent,
17:11voire des communications,
17:13des modes de communication
17:13qui se désynchronisent,
17:15ça peut créer
17:16de la volatilité supplémentaire
17:17côté change
17:19et ça oblige
17:20à rebouger un peu
17:21les portefeuilles.
17:22Ça crée aussi
17:22des opportunités.
17:23Des opportunités,
17:25vous parliez tout à l'heure
17:26du secteur
17:26de l'électrification.
17:28Typiquement,
17:28c'est un secteur
17:29qui peut vous intéresser.
17:29Est-ce qu'il y en a d'autres ?
17:30Alors l'électrification,
17:32la thématique
17:34de la technologie
17:35et je dirais
17:36de manière un peu globale
17:37parce qu'effectivement,
17:38c'est vrai que le secteur
17:39technologique,
17:40quand on l'aborde
17:41d'un seul bloc,
17:42on se dit
17:42est-ce que ce bloc
17:43est bien homogène ?
17:43On a vu que non
17:44lors des derniers trimestres
17:45avec notamment
17:46toute la partie software
17:47qui était énormément attaquée.
17:49Notre analyse,
17:50c'est qu'on a effectivement
17:51des entreprises
17:52dites de croissance
17:53qui sont devenues
17:53presque des entreprises
17:54de qualité
17:55qui demeurent à
17:56des valorisations raisonnables
17:57et puis de l'autre côté,
17:58des entreprises
17:58de croissance
17:59qui sont peut-être
18:01un peu moins croissants
18:02en tout cas
18:03avec plus de risques
18:04mais qui ont énormément
18:05directé.
18:06Donc finalement,
18:07quand on fait
18:08cette analyse
18:09perspective de croissance
18:11et incertitude
18:12de croissance
18:13rapportée aux risques,
18:15l'ensemble du bloc tech
18:16nous semble
18:17assez attractif.
18:19Surpondération
18:20de la partie américaine
18:22par rapport à l'Europe,
18:23c'est un peu
18:23le consensus de marché
18:24depuis plusieurs semaines,
18:25vous l'accompagnez ?
18:27On l'a accompagné
18:29mais on était aussi
18:31assez présents
18:32en début d'année
18:32sur la thématique
18:34des petites
18:35moyennes capitalisations
18:37que récemment
18:38on a un peu déplacées
18:40vers le haut
18:40en revenant
18:41plutôt vers les moyennes
18:43que les petites
18:44capitalisations américaines.
18:45Du côté de la tech,
18:47il y a une grande question,
18:48ça sera
18:48qui sera l'acheteur
18:49marginal demain ?
18:51Quand je dis demain,
18:52c'est après demain
18:52dans les semaines à venir
18:53sur les grandes valeurs
18:54technologiques,
18:55Stéphane Lévy.
18:56On l'a vu sur le bitcoin,
18:58sur l'once d'or.
18:58Au bout d'un moment,
18:59quand tout le monde en a,
19:00il n'y a plus personne
19:01pour en acheter.
19:01La question peut se poser
19:02aujourd'hui sur les
19:03méga tech américaines
19:04quand on voit des hausses
19:05de 20 à 30 %
19:06en l'espace de 15 jours,
19:083 semaines,
19:08c'est à la fin
19:09qui va pouvoir acheter
19:10ces valeurs ?
19:11Oui, c'est la bonne question
19:12je crois à se poser,
19:13Étienne.
19:14On est quand même
19:14aujourd'hui
19:15dans des niveaux
19:18de concentration,
19:20de représentation,
19:21de poids économique
19:23très très élevés.
19:24et je crois qu'il y a
19:27clairement un effet taille
19:30qui cape le potentiel
19:31de reconduction
19:32tout simplement
19:33de ces croissances
19:34stratosphériques
19:34à l'avenir.
19:35Donc nous,
19:36c'est clairement
19:37un segment
19:40sur lequel on est
19:41sous-pondéré
19:41aux États-Unis.
19:42Alors nous,
19:42on n'est pas des allocataires
19:43d'actifs,
19:44on est des gestionnaires,
19:46des gérants actions,
19:46on gère des fonds actions,
19:48essentiellement européens
19:49mais aussi US.
19:50Et très clairement,
19:51aujourd'hui,
19:51on va plutôt privilégier
19:52des solutions
19:53qui vont ressembler
19:54plus à de l'ecole weight
19:56pour les États-Unis
19:57qu'à du capi-weighted
19:58parce qu'on a personnellement
20:00de gros doutes
20:03en fait
20:03sur la poursuite
20:06de ce parcours fabuleux
20:08et d'ailleurs
20:09quand on regarde,
20:10je regardais notre fonds US
20:11par exemple,
20:12mais depuis le mois de novembre,
20:16il y a près de 35 à 40 points
20:17de surperformance
20:18par rapport à un indice
20:19qui lui est capi-weight
20:20et surreprésente
20:21les GAFAM.
20:22Mais vous ne pouvez pas
20:22tout vendre,
20:23il faut quand même
20:23rester investi.
20:25Comment aujourd'hui
20:25on arrive à rester
20:27dans le marché
20:27tout en se désensibilisant
20:29du risque ?
20:30Il faut tout simplement
20:31accepter d'être un acteur
20:32dans une classe d'actifs
20:33vis-à-vis de laquelle
20:34la durée minimum recommandée
20:35c'est de 5 ans.
20:37Ce n'est pas du fixe income
20:38les actions.
20:39Moi, je ne vais pas vous dire
20:39ça va monter,
20:40ça va monter,
20:40ça va monter.
20:41J'ai beaucoup poussé
20:42pendant ces dernières années
20:43sur la classe d'actifs,
20:44je n'en ai plus envie
20:45pour les 6 prochains mois.
20:47Je ne suis pas,
20:47une nouvelle fois
20:48je n'ai pas peur
20:50d'un krach.
20:51Ce n'est pas du tout
20:51mon sentiment.
20:52Je pense que le marché
20:54européen essentiellement
20:56pourrait être qualifié
20:57de dead money
20:59comme disent les anglo-sexuels.
21:00Donc quelque chose
21:00d'assez neutre.
21:01Donc pour nous,
21:01c'est un environnement
21:02relativement édouane
21:03parce qu'on est
21:04des gestionnaires actifs.
21:05Quelque part,
21:05quand il n'y a plus
21:06véritablement d'espérance
21:08de gain sur l'indice
21:09dans les 6 prochains mois,
21:11votre seule espérance
21:12de gain,
21:12c'est la surperformance
21:14et je crois que
21:15les conditions de marché
21:16sont particulièrement propices
21:19à la génération
21:20de surperformance.
21:21Il y a beaucoup
21:21de dispersion,
21:22il y a beaucoup
21:23de décorélation
21:24entre les valeurs.
21:25À titre d'illustration,
21:27on est aux Etats-Unis
21:28au plus haut,
21:28il n'y a que 10%
21:29des valeurs
21:29qui le sont.
21:30Merci à tous les deux.
21:31Nous a raccompagnés ce matin
21:32Stéphane Lévy,
21:33stratégie chez Irivest IM
21:35et Mathieu Barrière
21:36pour Odo BHF,
21:38AM,
21:38responsable de la location
21:39d'actifs.
21:40et Alivine Lévy,
21:40– Sous-titrage FR 2021
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