00:00Générique
00:02Bienvenue à tous, BFM Bourse ouvre en même temps que Wall Street est en train d'ouvrir à l'instant.
00:06Il est 9h30 à New York, on vous accompagne bien sûr tout au long d'après-midi en direct jusqu
00:09'à 18h.
00:10Encore une séance très lourde sur les marchés avec un pétrole en hausse.
00:13Le baril de bret vient franchir à la hausse la barre des 90 dollars.
00:1690 dollars 06 à l'instant avec toujours cette guerre au Moyen-Orient qui fait rage.
00:20Le ministre des Finances, Qatari, qui explique qu'au rythme où vont les choses,
00:24lui imagine un baril de pétrole pourquoi pas à 150 dollars.
00:28150 dans deux semaines, voilà ce qu'il dit.
00:30En tout cas, aujourd'hui, on est encore sous pression.
00:31On va regarder comment Wall Street arbitre tout cela avec notre Dream Team.
00:35John Plassa pour Cité Gestion. Bonjour John, ravi de vous retrouver.
00:37Bonjour Guillaume.
00:38Et Aude Kersulek en fil rouge. Bonjour Aude.
00:40Bonjour.
00:41Comment Wall Street ouvre-t-il ?
00:42Aïe, mal, mal, mal. 1,5% de baisse pour le Dow Jones,
00:47moins 1,3% pour le S&P et le Nasdaq.
00:50Le rouge qui continue, mauvaise fin de semaine à venir.
00:55Il faut dire qu'il y a quand même des mauvaises nouvelles sur le front du pétrole.
00:59On a franchi les 90 dollars le baril de Brent.
01:03Et puis, il y a aussi ce rapport à 14h30, le rapport sur l'emploi, on va en parler.
01:06Oui, il n'est pas bon.
01:07Le rapport sur l'emploi même nous surprend tous, tellement il est négatif sur tous les fronts.
01:11Alors, vous l'avez regardé plus en détail, John, 92 000 destructions de postes.
01:15On attendait 58 000 créations.
01:16Finalement, ce sont 92 000 destructions de postes au mois de février.
01:19Oui, absolument fou.
01:20Un rapport sur l'emploi très, très mauvais pour le mois de février.
01:25On a un taux de chômage qui monte.
01:26On passe de 4,3 à 4,4.
01:28Vous l'avez dit, destruction d'emplois.
01:31Des révisions des mois précédents de décembre et de janvier qui, combinées, sont de 69 000 inférieures.
01:40Donc, c'est comme si vous rajoutiez encore près de 70 000 destructions d'emplois.
01:46Au niveau de l'inflation, le salaire horaire, il progresse.
01:49Donc, on est dans une situation, on est dans la définition de ce qu'on appelle la stagflation.
01:55C'est-à-dire une croissance qui est faible, des destructions d'emplois et puis une inflation qui monte.
02:03Alors, il faut faire très attention dans les chiffres, comme à chaque fois.
02:06Il faut rappeler qu'en février, on avait plusieurs événements.
02:09On avait des grèves.
02:10On avait eu un partiel shutdown à la fin du mois de janvier.
02:15Et puis, on avait aussi une météo catastrophique.
02:19Et ça se voit sur le taux de participation.
02:22Le taux de participation revient à 62 % et on est au plus bas depuis décembre 2021.
02:29Ça veut dire que vous aviez moins de personnes, moins d'Américains qui allaient au chômage.
02:35Donc, il faut faire attention.
02:36Ce n'est pas un seul mois qui va faire le printemps.
02:40Il va falloir ou pas que ça se confirme dans les prochains mois.
02:44Mais si on regarde les chiffres d'aujourd'hui, ils sont effectivement très, très mauvais.
02:50Et c'est une mauvaise passe pour le président américain qui disait qu'en fait, au niveau domestique, tout allait
02:57bien.
02:57Mais John, sur ces chiffres, est-ce qu'il y a une explication saisonnière politique ?
03:00Je sais que ce n'était pas attendu.
03:02Mais le précédent chiffre négatif, c'était en octobre au moment du shutdown.
03:06Là, comment on peut expliquer ça ?
03:08Alors, il y a une grève.
03:09On a eu une grève assez importante au niveau de la santé aux États-Unis, dans le métier de la
03:14santé.
03:15On avait la météo qui était extrêmement froide dans certaines parties américaines.
03:19Et donc, ça, ça pousse les Américains à moins aller.
03:24Alors, il y a toujours une compensation qui arrive après.
03:27Il faudra regarder, bien évidemment, les chiffres de l'emploi de mars.
03:31Mais pour l'instant, ce début d'année est extrêmement compliqué.
03:37Vous le disiez avant, il y a deux choses qu'on regarde aujourd'hui.
03:40C'est l'inflation qui monte et c'est l'emploi qui est détruit,
03:45parce qu'on a clairement des destructions d'emplois.
03:48Et bien évidemment, la situation géopolitique.
03:50Mais alors, justement, la réaction du marché nous surprend,
03:52parce qu'on comprend pourquoi les actions américaines baissent, John,
03:54parce qu'on a une déception sur l'emploi et en même temps un salaire horaire qui remonte plus que
03:59prévu.
04:00Donc, dans l'inflation, ce n'est pas bon, c'est de la stagflation, vous le disiez très bien.
04:03Mais on se disait, peut-être que la Fed, du coup, va agir,
04:06compte tenu du marché de l'emploi qui fait partie de son mandat.
04:09Non, pas du tout.
04:09En tout cas, les taux américains, aujourd'hui, cet après-midi,
04:11sont plutôt en train de s'emballer à la hausse.
04:14Oui, parce que tout le monde a les yeux rivés sur ce fameux pétrole qui transite par le détroit d
04:22'Hormuz.
04:22Et ici, avec la forte progression du jour sur le pétrole,
04:28qui a commencé depuis une semaine, on est en air à plus de 20% depuis le déclenchement de la
04:33guerre en Iran.
04:34Eh bien, ça laisse présager d'une inflation qui pourrait avoir un impact direct sur le consommateur américain
04:42et donc empêcher la Fed de baisser ses taux.
04:46Donc, même si on pourrait se réjouir, vous savez, on dit aux États-Unis souvent,
04:51« What is bad news is good news », eh bien là, « What is bad news is bad news
04:55»,
04:55les mauvaises nouvelles sont effectivement des mauvaises nouvelles pour la réserve fédérale américaine.
04:59C'est le pire des scénarios de début d'année pour la Fed.
05:02Effectivement, le pétrole qui monte donc très fortement aujourd'hui,
05:05plus de 90 dollars pour le baril de Brent, il est en hausse rien que sur la séance du jour
05:09de 6%.
05:09Et alors, le WTI que suivent les Américains, le WTI, lui, gagne 10% rien qu'aujourd'hui.
05:1588,23 dollars le WTI.
05:17Ça inquiète sans doute Donald Trump.
05:19Et on apprend que les États-Unis seraient en train de manœuvrer à tout bout de champ
05:22pour essayer de limiter la hausse des cours du pétrole.
05:25Cet incroyable revirement, déjà, ça c'est officiel, vis-à-vis du pétrole russe,
05:28finalement les États-Unis, Washington accepte que l'Inde achète du pétrole russe.
05:33C'est un vrai revirement de la part des États-Unis.
05:35Oui, et ça nous dit une chose qui est assez incroyable,
05:38c'est que le grand vainqueur, s'il doit y avoir un vainqueur ici,
05:41c'est bien évidemment la Russie, la Russie dont on ne peut pas se séparer
05:47parce qu'ils ont cette puissance dans le gaz, parce qu'ils ont cette puissance dans le pétrole.
05:52Et effectivement, le gouvernement américain qui avait signé des accords tarifaires avec l'Inde
05:58en se mettant d'accord sur le fait que l'Inde ne puisse plus racheter de l'énergie à la
06:04Russie,
06:05c'est un revirement total parce qu'effectivement, l'Inde choisirait à un moment ou à un autre
06:12d'acheter du pétrole en Russie malgré les tarifs américains
06:17parce que les réserves indiennes sont en train de fondre comme neige au soleil.
06:24Alors ce qu'il faut rappeler quand même une chose, c'est que les États-Unis ont donné 30 jours
06:29à l'Inde
06:30pour qu'ils puissent racheter massivement d'ailleurs du pétrole et du gaz aux États-Unis,
06:38à la Russie pardon.
06:41Et il faut rappeler aussi qu'on avait de nombreux cargos qui stationnaient juste à l'extérieur de l'Inde,
06:47mais les Indiens ne pouvaient pas acheter ou faire venir ces paquebots à l'intérieur du pays
06:54parce qu'il y avait ces nouveaux accords avec les États-Unis.
06:57Donc l'objectif principal, c'est bien évidemment d'éviter une rupture d'approvisionnement.
07:03C'est ça exactement, et ainsi limiter un risque de flamber encore supplémentaire des cours du pétrole.
07:09Donc le pétrole russe, ok, les Américains disent ok, ok, les Indiens peuvent acheter ce pétrole russe désormais
07:14pour essayer de soulager un peu le marché.
07:16Ça n'empêche pas le Bren de Flirtek, les 91 là désormais, il monte très vite le Bren, 90,70
07:21dollars en ce moment.
07:22Et face à cette montée des cours, on a des rumeurs aussi qui circulent dans le marché
07:26d'une possible supervision des contrats à terme du pétrole par le Trésor américain.
07:30Vous voyez, le Trésor américain ferait du trading géopolitique pour calmer les cours du pétrole.
07:34C'est techniquement et légalement possible, John ?
07:38Alors, il faut faire très attention parce qu'évidemment c'est controversé, j'enfonce une porte ouverte.
07:44Il faudrait que ce soit accepté aussi par le Sénat.
07:49Vous auriez une démarche totalement inhabituelle puisque ça reviendrait à faire de ce qu'on appelle
07:54du macro trading gouvernemental, ce qui est totalement inhabituel pour une institution
08:01dont la mission principale c'est la gestion de la dette et la politique financière de l'État.
08:06Ce n'est pas pour faire baisser le prix du baril, mais on imagine que via certains mécanismes existants
08:13comme l'Exchange Stabilization Fund, le fonds de stabilisation, on pourrait potentiellement travailler
08:21ou la Fed pourrait potentiellement travailler sur les futurs pétroliers.
08:26Alors, le but principal, évidemment, ce n'est pas de rentrer dans des questions juridiques.
08:30Le but principal, potentiellement, c'est de faire un peu peur aux spéculateurs pour essayer d'être dissuasif
08:38puisqu'on a l'impression que si on menace d'avoir une intervention, ça pourrait suffire à stabiliser les marchés.
08:45Mais ce n'est pas du tout le cas aujourd'hui.
08:47On le voit avec la réaction sur le prix du baril, vous l'avez dit, WTI qu'on suit de
08:53très près, plus 10%.
08:54– Effectivement, c'est fou, le WTI est en train de rattraper à vitesse grand V le Brent.
08:59Est-ce qu'à un moment, dans cette guerre au Moyen-Orient, on va voir le WTI passer devant le
09:03Brent,
09:03devenir plus cher que le Brent, ce ne serait pas grave.
09:05Donc ça, quand même, WTI, c'est plus américain.
09:07C'est une question qu'on posera dans la suite de l'émission, mais le WTI gagne 10% aujourd
09:10'hui.
09:10Et Wall Street, 10%, vous avez bien entendu, le baril, juste sur une journée.
09:14Wall Street est en baisse du coup, S&P 500, moins 1,6%, Nasdaq, moins 1,5%.
09:19Un titre, un titre s'en sort, on est dans la tech.
09:21C'est peut-être la nouvelle star de l'IA.
09:23Vous allez nous dire ce que vous en pensez.
09:24Marvel Technologies a annoncé ses résultats hier soir.
09:26Marvel, c'est manifestement plutôt une bonne surprise,
09:28mais en ce moment, Wall Street, quand il y a une bonne surprise dans la tech,
09:31elle n'est pas forcément saluée.
09:32Là, Marvel s'est vraiment saluée, le titre gagne 16%.
09:34Marvel est-il en passe de devenir la nouvelle star, John ?
09:38Oui, on rappelle d'abord que Marvel conçoit des semi-conducteurs
09:41qui sont spécialisés dans les data centers, les réseaux, le cloud, l'infrastructure 5G
09:46et toutes les applications, évidemment, qui sont liées à l'intelligence artificielle.
09:50D'abord, on a eu, évidemment, on ne regarde plus tous les résultats, Guillaume,
09:54on regarde les prévisions, c'est ce qui nous intéresse ici.
09:56Et puis, on a des prévisions supérieures aux attentes,
09:59puisque le prochain trimestre, le groupe anticipe un chiffre d'affaires
10:03d'environ 2,4 milliards de dollars, qui est largement au-dessus des estimations du marché.
10:10Évidemment, on a une dynamique qui est portée par l'intelligence artificielle,
10:15puisque l'exercice 2026 devrait se terminer avec un chiffre d'affaires
10:21de 8,2 milliards de dollars en forte progression.
10:26On a une visibilité qui est absolument extraordinaire
10:29et on a une direction qui prévoit une accélération de la croissance
10:35dans le courant de ces 12 prochains mois.
10:38Donc, on est un tout petit peu…
10:40Alors, ce n'est pas tout à fait le même secteur.
10:42Enfin, je veux dire, ils ne font pas la même chose.
10:45Vous vous souvenez, Broadcom, on avait eu les résultats avant-hier.
10:48La réaction n'avait pas été extrêmement forte.
10:51On avait terminé à plus 4 %, mais le message du management avait été extrêmement fort
10:58sur la demande qui continue, évidemment, dans l'intelligence artificielle.
11:03Donc, lorsque la géopolitique aura, on l'espère, rapidement disparu,
11:08eh bien, il faudra qu'on se focalise sur ces entreprises,
11:11parce que c'est les gagnants, clairement, de demain.
11:14Et Marvel, ils sont aussi dans la photonique,
11:16la photonique qui fait partie aussi de l'avenir des puces.
11:17Voilà, et on a une valorisation sur le marché pour une valeur tech
11:21pas particulièrement élevée, en l'occurrence.
11:23C'est un de nos auditeurs, d'ailleurs, qui nous dit
11:24« C'est fou, quand même, le potentiel de Marvel,
11:26les bons résultats, la guidance en hausse. »
11:28C'est Boris qui nous a écrit sur le Philix.
11:29La collaboration même de Marvel avec Microsoft et AWS
11:32est pourtant une capi, une valorisation plutôt inférieure à bon nombre de ses pairs.
11:36Voilà. Bon, en tout cas, aujourd'hui, Marvel gagne 15 %.
11:38Aude ?
11:38Oui, il est vraiment tout seul parce que Nvidia recule.
11:40Broadcom ne fait rien du tout.
11:41Et ST Microelectronics sur le marché parisien,
11:44qui était hier en forte hausse,
11:46perdait tout ce qu'il avait gagné.
11:48Moins 4,4 %.
11:49À l'inverse, c'est le secteur de la défense hier.
11:51On ne comprenait pas bien pourquoi il baissait.
11:52Là, qui remonte en flèche.
11:54Parce qu'en tout cas, sur le total, c'est la même chose.
11:57On continue de baisser de 1,5 % à Paris.
12:00John, on vous salue. Merci beaucoup.
12:01On a parlé un peu plus qu'on avait prévu du pétrole.
12:03Du coup, un peu moins de temps de parler des autres sujets.
12:04Il y en a beaucoup en ce moment aux États-Unis.
12:06Mais voilà, le baril de Brenne,
12:07donc c'est l'info de cet après-midi,
12:08franchit les 90 dollars.
12:09On est presque à 91.
12:10Même en ce moment, on est à 90,80 dollars pour être très précis.
12:14Et le WTI qui monte encore plus vite,
12:16il gagne 10 % le WTI.
12:17Aujourd'hui,
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