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  • il y a 16 heures
Ce vendredi 6 mars, dans sa chronique USA Today, John Plassard, associé, responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion, s'est penché sur le rapport sur l'emploi américaine avec des chiffres moroses en mois de février, le revirement des Etats-Unis face à la hausse du cours du pétrole, les résultats de Marvell Technology au dessus des attentes. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer sur BFM Business.

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Transcription
00:00Générique
00:02Bienvenue à tous, BFM Bourse ouvre en même temps que Wall Street est en train d'ouvrir à l'instant.
00:06Il est 9h30 à New York, on vous accompagne bien sûr tout au long d'après-midi en direct jusqu
00:09'à 18h.
00:10Encore une séance très lourde sur les marchés avec un pétrole en hausse.
00:13Le baril de bret vient franchir à la hausse la barre des 90 dollars.
00:1690 dollars 06 à l'instant avec toujours cette guerre au Moyen-Orient qui fait rage.
00:20Le ministre des Finances, Qatari, qui explique qu'au rythme où vont les choses,
00:24lui imagine un baril de pétrole pourquoi pas à 150 dollars.
00:28150 dans deux semaines, voilà ce qu'il dit.
00:30En tout cas, aujourd'hui, on est encore sous pression.
00:31On va regarder comment Wall Street arbitre tout cela avec notre Dream Team.
00:35John Plassa pour Cité Gestion. Bonjour John, ravi de vous retrouver.
00:37Bonjour Guillaume.
00:38Et Aude Kersulek en fil rouge. Bonjour Aude.
00:40Bonjour.
00:41Comment Wall Street ouvre-t-il ?
00:42Aïe, mal, mal, mal. 1,5% de baisse pour le Dow Jones,
00:47moins 1,3% pour le S&P et le Nasdaq.
00:50Le rouge qui continue, mauvaise fin de semaine à venir.
00:55Il faut dire qu'il y a quand même des mauvaises nouvelles sur le front du pétrole.
00:59On a franchi les 90 dollars le baril de Brent.
01:03Et puis, il y a aussi ce rapport à 14h30, le rapport sur l'emploi, on va en parler.
01:06Oui, il n'est pas bon.
01:07Le rapport sur l'emploi même nous surprend tous, tellement il est négatif sur tous les fronts.
01:11Alors, vous l'avez regardé plus en détail, John, 92 000 destructions de postes.
01:15On attendait 58 000 créations.
01:16Finalement, ce sont 92 000 destructions de postes au mois de février.
01:19Oui, absolument fou.
01:20Un rapport sur l'emploi très, très mauvais pour le mois de février.
01:25On a un taux de chômage qui monte.
01:26On passe de 4,3 à 4,4.
01:28Vous l'avez dit, destruction d'emplois.
01:31Des révisions des mois précédents de décembre et de janvier qui, combinées, sont de 69 000 inférieures.
01:40Donc, c'est comme si vous rajoutiez encore près de 70 000 destructions d'emplois.
01:46Au niveau de l'inflation, le salaire horaire, il progresse.
01:49Donc, on est dans une situation, on est dans la définition de ce qu'on appelle la stagflation.
01:55C'est-à-dire une croissance qui est faible, des destructions d'emplois et puis une inflation qui monte.
02:03Alors, il faut faire très attention dans les chiffres, comme à chaque fois.
02:06Il faut rappeler qu'en février, on avait plusieurs événements.
02:09On avait des grèves.
02:10On avait eu un partiel shutdown à la fin du mois de janvier.
02:15Et puis, on avait aussi une météo catastrophique.
02:19Et ça se voit sur le taux de participation.
02:22Le taux de participation revient à 62 % et on est au plus bas depuis décembre 2021.
02:29Ça veut dire que vous aviez moins de personnes, moins d'Américains qui allaient au chômage.
02:35Donc, il faut faire attention.
02:36Ce n'est pas un seul mois qui va faire le printemps.
02:40Il va falloir ou pas que ça se confirme dans les prochains mois.
02:44Mais si on regarde les chiffres d'aujourd'hui, ils sont effectivement très, très mauvais.
02:50Et c'est une mauvaise passe pour le président américain qui disait qu'en fait, au niveau domestique, tout allait
02:57bien.
02:57Mais John, sur ces chiffres, est-ce qu'il y a une explication saisonnière politique ?
03:00Je sais que ce n'était pas attendu.
03:02Mais le précédent chiffre négatif, c'était en octobre au moment du shutdown.
03:06Là, comment on peut expliquer ça ?
03:08Alors, il y a une grève.
03:09On a eu une grève assez importante au niveau de la santé aux États-Unis, dans le métier de la
03:14santé.
03:15On avait la météo qui était extrêmement froide dans certaines parties américaines.
03:19Et donc, ça, ça pousse les Américains à moins aller.
03:24Alors, il y a toujours une compensation qui arrive après.
03:27Il faudra regarder, bien évidemment, les chiffres de l'emploi de mars.
03:31Mais pour l'instant, ce début d'année est extrêmement compliqué.
03:37Vous le disiez avant, il y a deux choses qu'on regarde aujourd'hui.
03:40C'est l'inflation qui monte et c'est l'emploi qui est détruit,
03:45parce qu'on a clairement des destructions d'emplois.
03:48Et bien évidemment, la situation géopolitique.
03:50Mais alors, justement, la réaction du marché nous surprend,
03:52parce qu'on comprend pourquoi les actions américaines baissent, John,
03:54parce qu'on a une déception sur l'emploi et en même temps un salaire horaire qui remonte plus que
03:59prévu.
04:00Donc, dans l'inflation, ce n'est pas bon, c'est de la stagflation, vous le disiez très bien.
04:03Mais on se disait, peut-être que la Fed, du coup, va agir,
04:06compte tenu du marché de l'emploi qui fait partie de son mandat.
04:09Non, pas du tout.
04:09En tout cas, les taux américains, aujourd'hui, cet après-midi,
04:11sont plutôt en train de s'emballer à la hausse.
04:14Oui, parce que tout le monde a les yeux rivés sur ce fameux pétrole qui transite par le détroit d
04:22'Hormuz.
04:22Et ici, avec la forte progression du jour sur le pétrole,
04:28qui a commencé depuis une semaine, on est en air à plus de 20% depuis le déclenchement de la
04:33guerre en Iran.
04:34Eh bien, ça laisse présager d'une inflation qui pourrait avoir un impact direct sur le consommateur américain
04:42et donc empêcher la Fed de baisser ses taux.
04:46Donc, même si on pourrait se réjouir, vous savez, on dit aux États-Unis souvent,
04:51« What is bad news is good news », eh bien là, « What is bad news is bad news
04:55»,
04:55les mauvaises nouvelles sont effectivement des mauvaises nouvelles pour la réserve fédérale américaine.
04:59C'est le pire des scénarios de début d'année pour la Fed.
05:02Effectivement, le pétrole qui monte donc très fortement aujourd'hui,
05:05plus de 90 dollars pour le baril de Brent, il est en hausse rien que sur la séance du jour
05:09de 6%.
05:09Et alors, le WTI que suivent les Américains, le WTI, lui, gagne 10% rien qu'aujourd'hui.
05:1588,23 dollars le WTI.
05:17Ça inquiète sans doute Donald Trump.
05:19Et on apprend que les États-Unis seraient en train de manœuvrer à tout bout de champ
05:22pour essayer de limiter la hausse des cours du pétrole.
05:25Cet incroyable revirement, déjà, ça c'est officiel, vis-à-vis du pétrole russe,
05:28finalement les États-Unis, Washington accepte que l'Inde achète du pétrole russe.
05:33C'est un vrai revirement de la part des États-Unis.
05:35Oui, et ça nous dit une chose qui est assez incroyable,
05:38c'est que le grand vainqueur, s'il doit y avoir un vainqueur ici,
05:41c'est bien évidemment la Russie, la Russie dont on ne peut pas se séparer
05:47parce qu'ils ont cette puissance dans le gaz, parce qu'ils ont cette puissance dans le pétrole.
05:52Et effectivement, le gouvernement américain qui avait signé des accords tarifaires avec l'Inde
05:58en se mettant d'accord sur le fait que l'Inde ne puisse plus racheter de l'énergie à la
06:04Russie,
06:05c'est un revirement total parce qu'effectivement, l'Inde choisirait à un moment ou à un autre
06:12d'acheter du pétrole en Russie malgré les tarifs américains
06:17parce que les réserves indiennes sont en train de fondre comme neige au soleil.
06:24Alors ce qu'il faut rappeler quand même une chose, c'est que les États-Unis ont donné 30 jours
06:29à l'Inde
06:30pour qu'ils puissent racheter massivement d'ailleurs du pétrole et du gaz aux États-Unis,
06:38à la Russie pardon.
06:41Et il faut rappeler aussi qu'on avait de nombreux cargos qui stationnaient juste à l'extérieur de l'Inde,
06:47mais les Indiens ne pouvaient pas acheter ou faire venir ces paquebots à l'intérieur du pays
06:54parce qu'il y avait ces nouveaux accords avec les États-Unis.
06:57Donc l'objectif principal, c'est bien évidemment d'éviter une rupture d'approvisionnement.
07:03C'est ça exactement, et ainsi limiter un risque de flamber encore supplémentaire des cours du pétrole.
07:09Donc le pétrole russe, ok, les Américains disent ok, ok, les Indiens peuvent acheter ce pétrole russe désormais
07:14pour essayer de soulager un peu le marché.
07:16Ça n'empêche pas le Bren de Flirtek, les 91 là désormais, il monte très vite le Bren, 90,70
07:21dollars en ce moment.
07:22Et face à cette montée des cours, on a des rumeurs aussi qui circulent dans le marché
07:26d'une possible supervision des contrats à terme du pétrole par le Trésor américain.
07:30Vous voyez, le Trésor américain ferait du trading géopolitique pour calmer les cours du pétrole.
07:34C'est techniquement et légalement possible, John ?
07:38Alors, il faut faire très attention parce qu'évidemment c'est controversé, j'enfonce une porte ouverte.
07:44Il faudrait que ce soit accepté aussi par le Sénat.
07:49Vous auriez une démarche totalement inhabituelle puisque ça reviendrait à faire de ce qu'on appelle
07:54du macro trading gouvernemental, ce qui est totalement inhabituel pour une institution
08:01dont la mission principale c'est la gestion de la dette et la politique financière de l'État.
08:06Ce n'est pas pour faire baisser le prix du baril, mais on imagine que via certains mécanismes existants
08:13comme l'Exchange Stabilization Fund, le fonds de stabilisation, on pourrait potentiellement travailler
08:21ou la Fed pourrait potentiellement travailler sur les futurs pétroliers.
08:26Alors, le but principal, évidemment, ce n'est pas de rentrer dans des questions juridiques.
08:30Le but principal, potentiellement, c'est de faire un peu peur aux spéculateurs pour essayer d'être dissuasif
08:38puisqu'on a l'impression que si on menace d'avoir une intervention, ça pourrait suffire à stabiliser les marchés.
08:45Mais ce n'est pas du tout le cas aujourd'hui.
08:47On le voit avec la réaction sur le prix du baril, vous l'avez dit, WTI qu'on suit de
08:53très près, plus 10%.
08:54– Effectivement, c'est fou, le WTI est en train de rattraper à vitesse grand V le Brent.
08:59Est-ce qu'à un moment, dans cette guerre au Moyen-Orient, on va voir le WTI passer devant le
09:03Brent,
09:03devenir plus cher que le Brent, ce ne serait pas grave.
09:05Donc ça, quand même, WTI, c'est plus américain.
09:07C'est une question qu'on posera dans la suite de l'émission, mais le WTI gagne 10% aujourd
09:10'hui.
09:10Et Wall Street, 10%, vous avez bien entendu, le baril, juste sur une journée.
09:14Wall Street est en baisse du coup, S&P 500, moins 1,6%, Nasdaq, moins 1,5%.
09:19Un titre, un titre s'en sort, on est dans la tech.
09:21C'est peut-être la nouvelle star de l'IA.
09:23Vous allez nous dire ce que vous en pensez.
09:24Marvel Technologies a annoncé ses résultats hier soir.
09:26Marvel, c'est manifestement plutôt une bonne surprise,
09:28mais en ce moment, Wall Street, quand il y a une bonne surprise dans la tech,
09:31elle n'est pas forcément saluée.
09:32Là, Marvel s'est vraiment saluée, le titre gagne 16%.
09:34Marvel est-il en passe de devenir la nouvelle star, John ?
09:38Oui, on rappelle d'abord que Marvel conçoit des semi-conducteurs
09:41qui sont spécialisés dans les data centers, les réseaux, le cloud, l'infrastructure 5G
09:46et toutes les applications, évidemment, qui sont liées à l'intelligence artificielle.
09:50D'abord, on a eu, évidemment, on ne regarde plus tous les résultats, Guillaume,
09:54on regarde les prévisions, c'est ce qui nous intéresse ici.
09:56Et puis, on a des prévisions supérieures aux attentes,
09:59puisque le prochain trimestre, le groupe anticipe un chiffre d'affaires
10:03d'environ 2,4 milliards de dollars, qui est largement au-dessus des estimations du marché.
10:10Évidemment, on a une dynamique qui est portée par l'intelligence artificielle,
10:15puisque l'exercice 2026 devrait se terminer avec un chiffre d'affaires
10:21de 8,2 milliards de dollars en forte progression.
10:26On a une visibilité qui est absolument extraordinaire
10:29et on a une direction qui prévoit une accélération de la croissance
10:35dans le courant de ces 12 prochains mois.
10:38Donc, on est un tout petit peu…
10:40Alors, ce n'est pas tout à fait le même secteur.
10:42Enfin, je veux dire, ils ne font pas la même chose.
10:45Vous vous souvenez, Broadcom, on avait eu les résultats avant-hier.
10:48La réaction n'avait pas été extrêmement forte.
10:51On avait terminé à plus 4 %, mais le message du management avait été extrêmement fort
10:58sur la demande qui continue, évidemment, dans l'intelligence artificielle.
11:03Donc, lorsque la géopolitique aura, on l'espère, rapidement disparu,
11:08eh bien, il faudra qu'on se focalise sur ces entreprises,
11:11parce que c'est les gagnants, clairement, de demain.
11:14Et Marvel, ils sont aussi dans la photonique,
11:16la photonique qui fait partie aussi de l'avenir des puces.
11:17Voilà, et on a une valorisation sur le marché pour une valeur tech
11:21pas particulièrement élevée, en l'occurrence.
11:23C'est un de nos auditeurs, d'ailleurs, qui nous dit
11:24« C'est fou, quand même, le potentiel de Marvel,
11:26les bons résultats, la guidance en hausse. »
11:28C'est Boris qui nous a écrit sur le Philix.
11:29La collaboration même de Marvel avec Microsoft et AWS
11:32est pourtant une capi, une valorisation plutôt inférieure à bon nombre de ses pairs.
11:36Voilà. Bon, en tout cas, aujourd'hui, Marvel gagne 15 %.
11:38Aude ?
11:38Oui, il est vraiment tout seul parce que Nvidia recule.
11:40Broadcom ne fait rien du tout.
11:41Et ST Microelectronics sur le marché parisien,
11:44qui était hier en forte hausse,
11:46perdait tout ce qu'il avait gagné.
11:48Moins 4,4 %.
11:49À l'inverse, c'est le secteur de la défense hier.
11:51On ne comprenait pas bien pourquoi il baissait.
11:52Là, qui remonte en flèche.
11:54Parce qu'en tout cas, sur le total, c'est la même chose.
11:57On continue de baisser de 1,5 % à Paris.
12:00John, on vous salue. Merci beaucoup.
12:01On a parlé un peu plus qu'on avait prévu du pétrole.
12:03Du coup, un peu moins de temps de parler des autres sujets.
12:04Il y en a beaucoup en ce moment aux États-Unis.
12:06Mais voilà, le baril de Brenne,
12:07donc c'est l'info de cet après-midi,
12:08franchit les 90 dollars.
12:09On est presque à 91.
12:10Même en ce moment, on est à 90,80 dollars pour être très précis.
12:14Et le WTI qui monte encore plus vite,
12:16il gagne 10 % le WTI.
12:17Aujourd'hui,
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