- il y a 3 heures
Ce mercredi 8 avril 2026, Thibault Prébay, auteur et économiste indépendant, et David Gaud, partner et CIO chez B. Durand Capital Partners, se sont penchés surla réaction du marché après l'annonce d'un cessez-le-feu de deux semaines conclu entre l'Iran et les Etats-Unis, la détente observée sur le marché obligataire, ainsi que le rebond de la tech notamment celui de Samsung, dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03On le retrouve avec plaisir, David Gau, Bédurand Capital.
00:07Bonjour David.
00:08Et Thibaut Prébec qui nous fait l'amitié de rester avec nous.
00:10Rebonjour Thibaut.
00:13Ça fait à peu près trois ou quatre semaines qu'on se demande
00:16quand est-ce que la poussière va retomber.
00:17Bon, là elle retombe un bon coup.
00:20Cela dit, moi j'ai vraiment en tête, je regarde peut-être trop Twitter,
00:25mais j'ai vraiment en tête Donald Trump après-demain disant
00:29« Ouais, mais en fait non. »
00:31Et le marché qui repère 4%.
00:32Donc du coup, voilà, on est gérant, on est stratège,
00:36on est investisseur, on a des sous sur le marché.
00:39Qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on prend le train en marche ?
00:41Est-ce qu'on attend patiemment que les choses se déroulent ?
00:44Est-ce qu'on attend que...
00:45Parce que là aussi, il y a beaucoup de débouclements de positions techniques,
00:47ça doit être un enfer.
00:49Vraiment pour ceux qui ont les mains dans le cambouis.
00:52Concrètement, voilà, qu'est-ce qu'on fait en tant qu'investisseur
00:55qui a une optique un petit peu de moyen terme sur les marchés, David Gau ?
00:57Déjà, il faut reconnaître qu'on a une situation
01:01où ce qui était clair, c'est que c'était Hormuz complètement fermé
01:05ou Hormuz rouvert ou partiellement ouvert.
01:09Et là, clairement, on a une situation qui s'améliore.
01:12Alors pour combien de temps ? Vous avez raison.
01:13Ce n'est peut-être pas quelque chose qui va durer.
01:15Mais le fait que partiellement, on recommence à avoir du trafic,
01:19il est normal que les marchés saluent en fait ce mouvement.
01:23Le deuxième élément, c'est que ce qui vient de se passer, ça a duré un mois.
01:30Ça a forcé tout le monde à se poser des questions, des sujets sur ses approvisionnements,
01:35sur sa façon de fonctionner.
01:37Donc ça va amener probablement un grand nombre de sociétés
01:40à revisiter un petit peu leurs points faibles.
01:43Et ça, ce n'est jamais mauvais en fait ultimement.
01:46Ça peut même mener à de la consolidation.
01:48Ça peut mener...
01:49Donc il y a quand même des vertus en fait qui peuvent ressortir de ce type de mouvement.
01:53Le troisième aspect, c'est qu'on n'a pas eu l'envolée des taux long terme
01:57qu'on aurait pu craindre.
01:59Des taux américains qui restent en dessous des 4,50.
02:04Finalement, ça prouve qu'il y a toujours une demande.
02:06Et vous l'avez mentionné,
02:08c'est cette liquidité qu'on voit et ces échanges, ce volume d'échanges.
02:12On n'est pas dans un marché qui est asséché au niveau liquidité.
02:16Et ça, c'est essentiel pour voir ce type de rebond.
02:19Après, je mettrai un gros bémol.
02:20C'est qu'on a quand même un effet de cliquet.
02:22À chaque fois que Donald Trump nous fait une nouvelle attaque sur un sujet ou un autre,
02:27on a les taux d'intérêt quand même long terme qui montent un petit peu graduellement.
02:31On a les prévisions d'inflation qui grimpent aussi un petit peu.
02:34Et les prévisions de croissance qui sont revues à la baisse.
02:36Alors on peut jouer à ça parce qu'on est sur des niveaux acceptables.
02:39Il ne faut pas qu'on aille trop loin et il ne faudrait pas que dans deux semaines,
02:43ils nous réengagent sur encore un autre sujet qui rapporte.
02:47C'est des petites contributions, mais qui vont finir par nous faire chuter si ça se poursuit.
02:53Bien sûr, et puis qui ont des effets de long terme.
02:54On l'a vu avec cette histoire de hausse des prix du gaz de 15% d'un coup.
02:58Et ça va commencer à piquer.
02:59C'est peut-être maintenant que ça va commencer à piquer.
03:01Que ce soit bien que ça s'apaise un peu dans un premier temps.
03:03Thibaut Prébet, vous aussi, on regarde calmement ce qui se passe et éventuellement on prend des décisions une fois que
03:10la poussière est retombée.
03:12Parce que c'est bon, on a répondu à la question, elle n'est toujours pas retombée la poussière.
03:16Je ne sais pas, le problème c'est que c'est toujours la même chose dans ces cas-là.
03:18C'est quel est votre sens, qu'est-ce que vous voulez faire, est-ce que vous avez investi avant.
03:21La réalité c'est que la poussière est déjà un peu retombée dans le sens où quand on regarde les
03:24niveaux d'indices, on en parlera.
03:25On a quand même un peu l'impression qu'il ne s'est rien passé.
03:27Donc dans ce sens-là, l'épisode est presque déjà terminé.
03:31Il laissera des dégâts majeurs.
03:33Et donc c'est vrai qu'à ce niveau-là, il y a beaucoup d'éléments qui vont retomber.
03:37C'est-à-dire qu'on peut se dire, le pétrole, tout va bien.
03:39La réalité c'est qu'il y a eu des gros champs de gaz endommagés,
03:41qu'on va rentrer dans une phase où à la fois, on a le sentiment d'avoir le temps parce
03:45qu'on consomme très peu de gaz.
03:46Mais en réalité, en revanche, on a besoin quand même de re-remplir les réserves.
03:50On ne sait pas très bien avec quoi.
03:51Et donc c'est vrai qu'on est en une phase où on va rentrer maintenant dans un inventaire un
03:55peu comptable
03:56des dégâts de ce que ça implique.
03:58Les plus optimistes se diront la magie du one-off, c'est-à-dire tous les effets négatifs,
04:03une fois que tout sera restauré, n'existeront plus, donc on ne peut pas en tenir compte.
04:07Et d'autres plus chagrins pourront dire que les dégâts sont majeurs,
04:09les dégâts sur le consommateur sont majeurs.
04:11Et donc il faut s'attendre à ce que ça pèse sur l'économie
04:13et que tout ce qui aura été dépensé en prix du gaz,
04:16tout ce qui aura été dépensé en prix du carburant ne sera pas dépensé ailleurs.
04:19Et donc on va quand même avoir un effet sur la consommation et la croissance
04:23de la plupart des pays mondiaux qui est quand même assez délétère.
04:27Bon, David Goh, on voit aussi les mouvements.
04:30Alors encore une fois, c'est des mouvements de court terme.
04:33Vous parliez du marché obligataire qui a quand même bien tenu, qui n'a pas débordé.
04:37Maintenant, voilà, on a des mouvements peut-être un petit peu outranciés en ce moment.
04:40Et ça, ça va être un petit peu compliqué à gérer pour une Fed
04:44qui avait des objectifs avant la guerre,
04:47qui se retrouve au milieu d'une tourmente qui va être de toute manière compliquée à gérer,
04:52mais des anticipations de marché qui ne lui rendent pas la tâche forcément facile.
04:56Surtout qu'elle ne voudra pas prendre parti.
04:58Elle se retrouve en fait prise dans un jeu politique
05:01dans lequel elle n'excelle pas.
05:04En plus de ça, on a un changement de gouverneur
05:07qui va arriver d'ici quelques semaines théoriquement.
05:11Donc, ça crée un contexte où, même plus que les décisions,
05:15en fait, c'est aussi les mots qui vont être employés
05:17pour nous dire qu'est-ce qui nous attend sur les mois à venir.
05:21On le voit bien, vous avez mentionné la hausse du prix du gaz.
05:26Cette hausse rampante d'inflation, elle va se poursuivre pendant des mois.
05:32Et même la Fed, à ce stade, doit avoir des difficultés,
05:35même avec tous ses indicateurs et toutes ses bases de données
05:38et ses analyses, doit avoir des difficultés à se dire
05:42où est-ce qu'on va être dans 12 mois.
05:44Surtout qu'il y a toujours les tarifs américains en place,
05:47il y a toujours tout un tas d'éléments qui ont des effets qui se cumulent
05:52et qui n'ont pas leurs effets aussi rapidement.
05:55Donc, il faut laisser du temps au temps pour pouvoir voir ce qu'il en est.
05:58Et donc, ce qui pourrait...
06:00Alors, après, les marchés ajustent très vite.
06:02On reste dans une zone où les taux d'intérêt, globalement, restent encore tolérables.
06:07Tant qu'il y a de la croissance, tant qu'il y a des profits,
06:10il y a la génération de trésorerie,
06:12une majorité de sociétés arrivent encore à s'en sortir.
06:16Donc, c'est tolérable.
06:17On reste dans cette zone de tolérabilité actuellement.
06:21Pour combien de temps ?
06:22Encore une fois, il ne faut pas qu'on emmagasine d'autres événements de ce type-là.
06:28Et si les choses devaient redégénérer à nouveau, on aurait un mouvement dans l'autre sens.
06:35La qualité des résultats va être importante dans les prochaines semaines.
06:39Et surtout, les guidance des sociétés, notamment si elles finissent par revoir à la baisse leurs investissements.
06:47Ça, ce serait un indicateur qui serait extrêmement négatif.
06:50Le CAPEX.
06:51Et puis, Thibaut Prébet, c'est vrai qu'on est dans un plein retour aux fondamentaux d'une certaine manière.
06:57C'est une des thématiques du jour.
06:59On regarde les secteurs qui ont été les plus attaqués.
07:01C'est sans doute les valeurs cycliques qui se remettent le mieux.
07:05Mais si on regarde le tissu des entreprises et un petit peu les attentes du marché
07:10par rapport aux performances d'entreprise, à leurs perspectives en matière de résultats,
07:14tout ce qui va être publié dans les prochaines semaines,
07:16de toute manière, il manquera le chénon guerre et les effets guerre qui restera à calculer.
07:23Ou alors, est-ce qu'on a déjà une petite idée des directions que ça prend ?
07:27Non, mais on va les avoir.
07:28C'est-à-dire que toute entreprise qui publie, le plus important pour les marchés,
07:31c'est jamais les résultats, c'est les prévisions.
07:33Et sur les prévisions, évidemment, vous vous donnez toujours une idée claire
07:35de ce que ça va vous coûter, particulièrement quand une partie du chemin est déjà faite,
07:39puisque quand vous publiez cours en mai sur le premier trimestre,
07:41vous avez déjà une bonne idée au moment où vous parliez de ce que ça donne sur le mois en
07:44cours.
07:45Et vous avez l'obligation d'être transparent avec le marché sur tout ce qui, matériellement, va impacter les résultats.
07:49Donc, de toute façon, on va avoir l'info.
07:51Et ce ne sera pas bon, parce que tous les effets qui existent ne sont que des effets négatifs,
07:55à part pour deux ou trois sociétés type pétrolier,
07:58et encore qu'à condition qu'ils aient fait les bons choix stratégiques pour se protéger.
08:03Donc, ça va être assez mauvais.
08:05Il y a également, pour les entreprises américaines, quelques soucis des taux d'intérêt qui sont plus hauts.
08:08Il y a également une image américaine qui reste relativement dégradée dans le monde.
08:12Il y a un sentiment d'instabilité américaine qui a toujours été un peu le socle du marché américain.
08:17C'est tous les fonds de pension qui vont en se disant, il y aura toujours de la croissance, c
08:20'est toujours solide.
08:21Là, qu'ils vont tout seuls partir dans n'importe quoi, ça n'est pas très motivant.
08:25On a aujourd'hui des marchés qui mettent en avant des probabilités de décision de Donald Trump qui sont énormes
08:30désormais.
08:31Et ça, c'est quand même des facteurs d'instabilité qui ne donnent pas envie d'être sur place.
08:34Parce qu'on a bien vu que la dernière fois que Donald Trump a quitté le pouvoir, ça a quand
08:37même été un peu tendu.
08:39Il y a eu cinq morts, voilà, c'est tout.
08:40Voilà, et c'est vrai que, bon, moi, je pense qu'il faut résumer ça.
08:44Vous savez, tout le monde nous a parlé du « art of the deal » de Donald Trump.
08:47On est passé dans la version « art of the deal », comment on se met à genoux devant tout
08:50le monde.
08:50Et en réalité, là-dedans, ce n'est pas un bon vecteur pour les États-Unis.
08:54C'est-à-dire que c'est un vecteur de faiblesse qui n'existait pas avant.
08:57C'est un vecteur d'imprévisibilité qui est quand même quelque chose qui n'est pas apprécié par les marchés.
09:05Et donc, quelque part, je pense que tout ce qui va ressortir de cette période est mauvais pour l'Europe,
09:10de par les sensibilités à l'énergie du Moyen-Orient, et pour les États-Unis, par l'image, par la
09:16situation,
09:17et par, quelque part, le chaos politique qui nous attend dans les mois à venir.
09:21Je rappelle quand même que Donald Trump est parti attaquer un pays, menacer quand même cette nuit d'éradiquer une
09:26civilisation sans l'accord du Congrès.
09:28Alors, je ne dis pas que ça veut dire que si le Congrès était d'accord, ce serait bien.
09:31Je veux dire par là que quand on voudra parler impeachment,
09:34ce sera quand même assez compliqué pour Donald Trump de dire que c'est une opération technique et pas une
09:37guerre,
09:38vu où il en est allé.
09:39Donc, on va arriver dans des thèmes un peu lourds, et je pense que ça donne pas très envie.
09:43Et qu'à ce stade, quelque part, le bruit politique peut l'emporter sur le détail microéconomique,
09:48qui pourrait presque devenir un poil anecdotique par rapport à ce que nous attend d'ici la fin d'année
09:53aux États-Unis.
09:54D'autant qu'il y a deux aspects qui restent quand même assez ambivalents chez Donald Trump.
09:59C'est le rôle qu'il a eu sur le lancement des investissements totalement délirants sur l'IA.
10:03Puis, c'est sûrement toutes ces carambouilles financières qui vont bien finir par lui retomber.
10:08Mais ça, c'est sûr qu'une fois qu'il sera impitché, l'idée qu'il va finir en taule...
10:13Vous pourrez regarder le cours du Melania Coin ou tout ce genre de conneries.
10:16On est quand même dans un truc... Je vous rappelle quand même que Trump a créé un board of peace,
10:20où les gens, en gros, l'utilisent du pognon.
10:22L'action de ce board of peace sur la situation en Iran aura été majeure.
10:25Ça aurait été très impressionnant.
10:27C'était pas censé régler les soucis à Gaza, plutôt ?
10:30Enfin, je sais plus quel est l'argument du truc.
10:32L'headline que vous avez eu sur les trois derniers mois, c'est l'entrée de la Biélorussie,
10:35qui est évidemment, pour la perle-le-monde, un pas majeur.
10:37Donc, on est quand même dans un assemblage de trucs complètement débiles et délirants
10:41qui lassent tout le monde.
10:42Mais, comme toujours dans les dérives dictatoriales, il y a quand même une inquiétude des gens
10:45de se mettre en face.
10:46Et là, on va arriver probablement dans le moment où tout le monde va le lâcher.
10:49Parce que tout le monde va se rendre compte qu'il va tomber et qu'il vaut mieux pas tomber
10:51avec.
10:52Que quand il commence à être très impopulaire dans l'électorat,
10:54il vaut peut-être mieux pas se mettre trop près.
10:56Et donc, je pense qu'on va arriver dans un retournement de veste assez majeur aux Etats-Unis,
11:00qui va nous donner un spectacle qui, effectivement, peut mettre la microéconomie
11:04un peu loin de tout cela.
11:06Et c'est vrai que, par contre, sur le thème de l'IA qui reste fort,
11:09il n'y a pas de raison qu'on ait des vrais problèmes.
11:11Mais, en fait, on n'est plus dans des marchés où on regardera beaucoup les résultats.
11:14Je pense que dans un marché où on regardera beaucoup les valorisations.
11:16Sans doute.
11:17Et oui, ça va être un des enjeux.
11:19Clôture dans un tout petit peu plus d'un quart d'heure pour le CAC 40.
11:22Il faudra garder le volume qui s'annonce sans doute record.
11:26Pour l'année, on est déjà à 4,3 milliards d'euros d'actions négociées sur le CAC 40.
11:32Donc, ça nous laisse augurer au fixing, a priori, d'un chiffre monstrueux.
11:36Plus 4,37%, on est à 8254 points.
11:39Il y a toujours deux titres en hausse à deux chiffres sur le CAC 40.
11:43ArcelorMittal qui gagne 11,7% à 50,94 euros.
11:46Safran, plus 10,7%, 313,30 euros.
11:51Air France-KLM coiffe tout le monde au poteau sur le SBF 120 avec une hausse de 12,18%
11:55et vient s'intercaler aussi à Perham, le spécialiste de l'inox, plus 12 à 39 euros.
12:00Donc, séance de reprise générale pour les secteurs les plus cycliques.
12:04A noter que malgré cette hausse du CAC 40, Total Energy perd quand même 3,3% à 76,58
12:11euros.
12:11Mais ça n'arrive pas à freiner l'indice parisien.
12:14Euronext, moins 1,18% à 142,10 euros.
12:17Les valeurs les plus défensives, Danone, Orange, Engie, perdent un petit peu de terrain.
12:22Et on le redit, le pétrole, 95,02 pour le Brent de Mer du Nord, 95,61 pour le brut
12:29léger américain.
12:31David Goh, malgré tout et malgré les appréhensions qu'on peut avoir,
12:35ça fait quand même plusieurs spécialistes qui viennent s'exprimer sur ce plateau en disant
12:40« Ouais, mais la surperformance de l'Europe par rapport aux actions américaines dans les prochains mois,
12:45elle est inéluctable et on va vraiment arriver à de bien meilleures performances que Wall Street. »
12:52Est-ce que ça ne devient pas ce qu'on appelle un « crowded trade » du côté des investisseurs
12:58américains ?
12:59C'est-à-dire vraiment l'avis bateau qu'on a sur les marchés, le truc qu'on mise,
13:05et qu'on peut avoir des déconvenus quand même ?
13:07Les marchés, ces temps-ci, nous ont appris qu'il fallait…
13:10Le consensus, c'est bien.
13:12Après, le consensus, il peut se prendre aussi des portes de Saloon assez fortement.
13:16On l'a vu sur l'or soudainement, on l'a vu auparavant sur les cryptos.
13:23En fait, le constat qu'on fait là, c'est qu'il y a un appétit à s'exposer au
13:27marché qui reste phénoménal.
13:29Et donc, il y a tout un tas de catégories d'épargnants qui probablement n'étaient pas encore sur les
13:36marchés il y a quelques années,
13:37qui ont des liquidités.
13:38Et il y a quand même ce mouvement avec la baisse des taux d'intérêt et du rendement, notamment du
13:42fonds euro, des livrets arts.
13:44Alors ça, c'est à l'échelle française et européenne, mais globalement, il y a un appétit.
13:48Et donc, dès qu'on a un phénomène de baisse, finalement, il y a une forme un peu de stress
13:52test.
13:52On essaie de se dire, bon, alors est-ce que c'est vraiment la bonne ? Il va y avoir
13:55une crise ou pas ?
13:56Et puis qu'on se rend compte que ça tient et qu'on a des journées comme celle-ci,
14:00ça encourage les gens à se dire, la prochaine fois, ce n'est pas 20% de mon patrimoine que
14:04je vais mettre en action, mais c'est 30%.
14:05Et là, on a ce phénomène, finalement, enthousiasmant.
14:09Et ultimement, le marché qui reste quand même, le marché qui peut absorber tout cela, c'est les États-Unis.
14:15C'est quand même le marché, vous voyez, le comportement de la dette américaine quand même dans cet exercice.
14:21Alors qu'ils ont quand même demandé un budget de 1 500 milliards de défense,
14:25c'est des éléments dont fondamentalement, ça aurait dû avoir un impact sur les taux.
14:30L'appétit pour les bons du trésor américain, on le voit, on est à 4,24 aujourd'hui, 4,23.
14:37Donc, il y a, en fait, on est de plus en plus, de plus en plus de gens dans le
14:43monde s'exposent au marché financier.
14:45Ça devient une solution de plus en plus pérenne et nécessaire pour tout un tas de gens,
14:50pour les pensions, les retraites.
14:52Et ça, c'est un phénomène de fond qui soutient et qui fait qu'à chaque fois qu'on passe
14:58une crise
14:59et qu'elle n'est pas mortelle, on remonte d'un cran.
15:02Donc, moi, je n'enterrerai pas du tout le marché américain à ce stade, malgré son président.
15:08Malgré le président, oui, ça reste quand même vaguement embêtant pour l'économie américaine, tout ça.
15:15Cela dit, Thibaut Prébet, et il y a quelque chose que je retiens chez David Gau,
15:20il y a cet appétit pour les marchés de la part des investisseurs,
15:23il y a cet appétit des marchés qui redevient assez féroce de la part des entreprises.
15:30Moi, je vois énormément d'entreprises qui annoncent des transformations industrielles assez importantes
15:35en vue d'être plus efficaces.
15:36Je vois des tas de boîtes qui disaient, mais on s'en fiche de la bourse, il y a deux
15:41ans,
15:42qui disaient, on va croître en private equity.
15:45Non, tout le monde revient à la bourse.
15:46SpaceX, ça va être un truc transformant.
15:49L'IA, avec Anthropik, avec toutes ces entités qui ne sont pas cotées
15:54et qui vont venir chercher de la croissance en bourse,
15:57finalement, tout le monde y revient.
15:58Et est-ce que c'est un facteur qui peut être déterminant sur les prochains mois ?
16:01Oui, c'est un vrai sujet.
16:02C'est-à-dire qu'en réalité, on est toujours sur un cycle.
16:04C'est-à-dire que vous avez des cycles où la bourse s'envole.
16:07Normalement, ça devient hyper cher.
16:09Et les gens rentrent, ça a été le cas beaucoup sur un cycle biotech,
16:13sur des valeurs trop élevées, qu'après, ça enchaîne les gadins.
16:16Et puis, les sociétés n'arrivent plus à arriver à se financer,
16:19alors que sur le marché du private equity, où il y avait un peu une bulle quand même,
16:22on les payait très bien.
16:23Donc, en fait, il n'y avait plus aucun intérêt pour les marchés cotés.
16:25Et puis là, évidemment, au bout d'un moment, ça s'inverse.
16:27C'est-à-dire que sur les marchés cotés, il n'y a plus d'argent
16:30parce que comme il n'y a plus de remboursements et de sorties des fonds de private equity,
16:33il n'y a plus beaucoup d'argent à investir non plus.
16:35Ils attendent des valeurs beaucoup plus basses.
16:37Donc, ils sont plus prêts à financer à des prix qui sont extrêmement élevés.
16:40Et donc, tout d'un coup, l'intérêt de la société cotée redevient.
16:44Et donc, on réassiste à une inversion qui durera le temps
16:46que l'aplanissement des valorisations du non-côté
16:49ou la crise de la dette privée se résorbe.
16:51C'est-à-dire qu'on retrouve des investisseurs plus importants.
16:55Et à partir de là, les choses devraient se calmer.
16:57Mais il y a un moment de l'actif non-côté où il y a eu des excès.
17:01Il y a eu deux excès.
17:02Il y a eu un excès de valorisation et il y a eu un excès de marketing.
17:05C'est-à-dire qu'avec tous ces fonds evergreen,
17:07on a essayé de vendre l'idée qu'on pouvait aller sur des marchés non-côtés
17:10et que quand vous voulez sortir, vous inquiétez pas, il y a de la liquidité.
17:12On retrouve dans des proportions différentes
17:14exactement la même chose sur les SCPI.
17:16C'est-à-dire, ne vous inquiétez pas, souscrivez.
17:18On va prendre 10% et dès que vous voulez sortir, vous pouvez.
17:20Et puis, en fait, on se rend compte que quand tout le monde demande à sortir en même temps,
17:24que ce soit les SCPI actuellement pour certains d'entre elles
17:26ou que ce soit pour les fonds de dette privée aux États-Unis,
17:29en fait, on n'est pas capable de payer.
17:30Et donc, quelque part, tous ces éléments très attractifs,
17:33où on leur vendait le fait de ne pas avoir de valorisation qui baissait,
17:36mais les marchés ne baissent plus jamais,
17:38disparaissent.
17:39Et donc, c'est vrai qu'on est dans un moment
17:40qui est un moment marché coté,
17:42qui peut durer 2, 5, 10 ans,
17:43qui se réinversera un jour,
17:45mais qui va commencer à réattirer les investisseurs des deux côtés.
17:48Côté entreprise, pour avoir un accès à de l'argent
17:50qui est moins présent sur le long côté,
17:52et côté acheteur,
17:53parce que quand on lance des cycles,
17:54comme on l'a connu par exemple de 2010 à 2020,
17:57sur les petites et moyennes valeurs,
17:58ça crée un effet d'entraînement qui est intéressant.
18:00Donc, une étape de structuration de marché
18:02qui est assez intéressante,
18:02qui se dessine devant nous.
18:04Oui, peut-être intéressante,
18:05aussi bien pour les investisseurs que pour les entreprises.
18:08David Gau,
18:08vous avez longtemps été sur les marchés en Asie,
18:11et on vous parlait le matin.
18:14Moi, il y a une nouvelle
18:15que je trouve absolument hallucinante.
18:17C'est effectivement, là,
18:18comme il y a un petit peu de business as usual sur les marchés,
18:21on va continuer à se consacrer
18:23aux dynamiques qui sont en train de forger
18:26la croissance de ces prochains mois.
18:28Il y a une nouvelle,
18:29c'est les résultats et les perspectives de Samsung.
18:32Si on poursuit sur les mêmes dynamiques
18:35que sa grosse Samsung va rapidement devenir,
18:39selon pas mal d'analystes,
18:41la compagnie la plus profitable au monde.
18:43On est bien devant Saudi Aramco,
18:45Apple, Google, etc.
18:48C'est vrai qu'il y a l'effet puce mémoire
18:50qui est en train de changer complètement la donne,
18:52qui est en train de donner une nouvelle dimension
18:53à la bourse de Séoul.
18:55Mais au-delà de ça,
18:56est-ce que ce n'est pas, là encore,
18:58un petit peu comme Microsoft
18:59qui prépare peut-être sa revanche,
19:00la revanche de Samsung
19:02qui revient au premier plan ?
19:03Oui, c'est un titre qui est tombé tellement bas,
19:05qui a été vraiment la valeur tech asiatique
19:08pendant des dizaines d'années.
19:11Quand on voulait acheter le marché coréen,
19:13on achetait Samsung
19:13et finalement on capturait l'ensemble du marché.
19:15C'est un titre qui avait énormément baissé,
19:17qui était devenu très peu cher.
19:19Ça reste quand même un conglomérat.
19:21Donc, dans ce conglomérat,
19:22vous avez un segment
19:23qui est en train d'exploser actuellement.
19:25Mais en fait,
19:26ce n'est pas le leader non plus dans ce segment-là.
19:28Vous avez une autre société coréenne
19:29qui s'appelle S&P Anix,
19:31mais qui traite à des valorisations maintenant très élevées.
19:33C'est un peu le quart d'heure Samsung actuellement.
19:37Il ne faut pas oublier
19:37tous les autres segments de Samsung
19:39qui ne fonctionnent pas aussi bien
19:40et avec la même profitabilité.
19:43Donc, dire que Samsung va redevenir
19:44la boîte la plus rentable,
19:45je pense qu'on aura un TSMC, par exemple,
19:48qui restera largement devant.
19:49Oui.
19:50Dans les semi-conducteurs et ces éléments-là.
19:52Donc, c'est un très beau rebond
19:54et il fallait jouer ce rebond.
19:56Maintenant, le titre commence à être un peu cher
19:58puisqu'on n'est pas loin des 40 fois
20:00les PE sur la valeur.
20:02Donc, tant qu'il y a ce momentum,
20:04elle va poursuivre sa hausse.
20:05Mais ça reste très cyclique.
20:08Le business des chips mémoires,
20:09des puces mémoires,
20:10va rester quand même assez...
20:12Il y a une belle visibilité,
20:13mais il y a de la concurrence.
20:14Il y a quand même pas mal d'acteurs
20:16qui peuvent prétendre
20:17à rentrer sur ce marché.
20:19Donc, un peu de prudence, oui,
20:21sur cet enthousiasme
20:22qui vient après que le titre ait pris,
20:24je prends, à plus de 200%
20:26ou qu'il y a eu un rebond déjà phénoménal.
20:28C'est vrai qu'on n'en a pas forcément parlé
20:31au premier chef,
20:32dans le sens où,
20:33bon, nous, c'est l'après-midi,
20:34on regarde surtout Wall Street et l'Europe,
20:36mais au matin,
20:37il s'est passé des choses extraordinaires
20:38sur les marchés asiatiques.
20:40Et c'est vrai que c'est toute une zone
20:42d'influence qui, justement,
20:44a été très jouée
20:44par ceux qui voulaient jouer
20:45l'étape d'après,
20:46qui a été complètement mise à plat
20:48par cette crise énergétique.
20:49Quand on lit des dépêches
20:51en Corée du Sud,
20:52on est en rade,
20:53on est en rupture de stock total
20:55de sacs poubelles.
20:57Ils n'ont plus de quoi jeter l'ordre.
20:58La région est très dépendante.
20:59Très, très dépendante.
21:00C'est quelque chose de fou.
21:01Et la Corée du Sud, effectivement,
21:02ben oui,
21:02ils n'ont pas beaucoup de pétrole.
21:04C'est ce qui fait la nouvelle d'aujourd'hui,
21:05d'autant plus positif pour une région.
21:09Et on l'a vu avec le marché japonais
21:10qui repart à la hausse.
21:13Mais oui,
21:14ce sont des enjeux essentiels
21:15pour la région.
21:16Et c'est vrai que,
21:17plutôt que l'arbitrage Europe-Etats-Unis,
21:21Thibaut Prébert,
21:21vous regardez un petit peu
21:22le continent asiatique
21:23comme une terre d'investissement
21:24pour cette année.
21:24Oui, absolument.
21:25Et c'est vrai que c'est un thème
21:26en particulier de la Chine
21:27qui a été très délaissé.
21:28On a vu l'Inde exploser la Chine
21:30au palmarès des actions mondiales
21:32en peu de temps, finalement.
21:33Et une zone qui a été considérée
21:35comme ininvestissable
21:36à un moment
21:37où les dirigeants chinois
21:38disparaissaient
21:39pour quelques mois régulièrement.
21:40C'est un peu calmé.
21:41Ils font un peu plus gaffe.
21:42Et de facto,
21:43dans le même temps,
21:44on parle un peu moins de Taïwan.
21:46Et donc,
21:46les marchés reviennent un peu plus
21:47dans le spectre.
21:49Et puis, c'est vrai que
21:50un des points clés aussi du marché
21:51qui amène toujours
21:52un rebond asiatique,
21:53c'est quand les autres zones
21:54sont trop chères.
21:55Et c'est vrai que les valorisations
21:56américaines,
21:57sauf creux liés à la guerre,
22:00sont quand même extrêmement élevées
22:01à des zones
22:01où on ne gagne globalement
22:02pas d'argent en les achetant.
22:03En Europe,
22:04c'est vrai que la décote
22:05qu'on a traînée pendant pas mal d'années,
22:06c'est un peu résorbée.
22:07Donc, on n'est plus dans des marchés
22:09pas chers.
22:10Et donc, dans ce cadre-là,
22:11quand vous regardez
22:11les actions chinoises en particulier,
22:13mais asiatiques en général,
22:14vous vous dites
22:14que ça ne coûte quand même que dalle,
22:16ce n'est pas con de regarder.
22:16Et donc,
22:17il y a cette idée-là.
22:19Et je pense qu'aujourd'hui,
22:21on est sur un moment asiatique
22:22qui a démarré.
22:23Je pense que les zones
22:23restent politiquement
22:24très compliquées
22:25entre les pays comme la Chine
22:26qui restent politiquement à risque,
22:28les pays comme l'Inde
22:28où la comptabilité
22:29reste une notion
22:32relativement discutable.
22:32Je pense que ça ne peut jamais
22:33être une très grosse allocation
22:34d'un portefeuille,
22:35mais je pense que c'est une zone
22:36qui a tout ce qu'il faut
22:37pour bien performer
22:38dans les années à venir.
22:38Et c'est vrai qu'on en était aussi
22:41sur les émissions précédentes
22:42à dire d'Enthropique,
22:45de Claude,
22:46qui va être le meilleur moteur IA,
22:47etc.
22:48Et il y en a
22:48qu'on n'entend pas en ce moment.
22:50Ça fait des semaines
22:50qu'on ne les entend pas.
22:51C'est les Tencent,
22:52c'est les Alibaba,
22:53c'est les Baidu.
22:54Mais sûr,
22:55qu'ils préparent quelque chose.
22:56C'est évident, David.
22:57Ils auront du mal
22:58à s'imposer globalement.
22:59C'est un peu comme Alibaba
23:01dans le e-commerce, en fait.
23:03Ce n'est pas devenu l'Amazon
23:05dans les pays en Europe
23:07où cette géopolitique,
23:10elle va continuer
23:11à heurter le business chinois.
23:12On l'a vu dans les télécoms.
23:13Roi V, à l'époque,
23:14ils voulaient vendre
23:15ses équipements de partout
23:17parce qu'il y aura
23:17de la suspicion,
23:18il y aura des doutes
23:19sur la protection des données.
23:21C'est un peu ce qui explique
23:23la valorisation faible
23:24de ces valeurs chinoises.
23:25C'est qu'on ne peut pas
23:26leur prêter,
23:27malgré leur talent
23:27et leur technologie,
23:28on ne peut pas leur prêter
23:29à une carrière
23:31vraiment globale.
23:33Il va quand même
23:33falloir les suivre
23:34parce que c'est
23:35des moments deep-sy
23:37que connaissent justement
23:38les grosses disruptions.
23:39Ce n'est pas impossible.
23:39et...
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