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  • il y a 12 heures
Ce mercredi 8 avril, Jacques Lemoisson, fondateur de GATE Capital Management, et Antoine Ternon, gérant de portefeuille chez APICIL Asset Management, ont abordé l'accord de cessez-le-feu conclu mardi soir entre les États-Unis et l'Iran, ainsi que la réaction excessive des marchés ce matin, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:019h36, en plateau ce matin, Jacques Lemoisson, fondateur de Gay Capital Management.
00:06Bonjour Jacques.
00:07Bonjour Yann.
00:07Merci de nous accompagner ce matin avec Antoine Ternon, gérant de portefeuille chez Apicil Asset Management.
00:12Avec donc Jacques Lemoisson cette nuit, Donald Trump qui finalement n'a pas mis à exécution ses menaces.
00:20Un accord a été trouvé, reste maintenant à le ficeler.
00:24Des négociations doivent se tenir ce vendredi, avec 10 points qui ont été mis en exergue par l'Iran.
00:31Et ce sont des points qui sont assez frappants dans le sens où ce sont les mêmes points de blocage
00:36que depuis le début du conflit.
00:37Oui absolument.
00:39Déjà objectif de guerre américain, c'était changement du régime.
00:45C'était abandon et destruction de tout ce qui était nucléaire et programme nucléaire.
00:52Il y avait aussi le détroit d'Hormuz qui devait être complètement ouvert.
00:58Donc tous ces objectifs de guerre ne sont pas pour l'instant remplis.
01:01Mais en tout cas, heureusement, il n'y a pas de destruction totale d'une civilisation comme le menacé Trumpière.
01:06Et puis, en effet, les points qui sont mis sur la table, une grosse partie,
01:11étaient en effet la base de l'intervention israélo-américaine en Iran.
01:20Dans le sens où aujourd'hui, l'Iran demande une reconnaissance explicite du programme nucléaire civil.
01:25Elle demande également des compensations, des réparations sur les dommages de guerre subis,
01:31un contrôle du détroit d'Hormuz.
01:33Bref, ce sont autant de raisons qui bloquent depuis des semaines.
01:36Qu'est-ce qui a pu faire que ça y est, d'un seul coup, Donald Trump accepte ?
01:39En tout cas, c'est ce qui a été dit cette nuit.
01:40On n'est pas à l'abri encore de volte-face dans les prochaines heures.
01:43Je pense qu'il y a une pression d'une partie de...
01:46Apparemment, J.D. Vence et la Chine ont vraiment agi fortement.
01:50Donc, je pense qu'il y a une partie de l'équipe Trump qui ne voulait pas cette escalade finale,
01:56on va dire.
01:57Sachant que les Iraniens menaçaient de détruire encore plus les installations du Golfe Persique dans le pétrole et le gaz,
02:04qui vont mettre des années à être réparées entre nous.
02:08Et puis, derrière, il y avait aussi l'urgence pour des pays asiatiques de pouvoir réouvrir le détroit d'Hormuz.
02:15Donc, bon, je pense que tout le monde avait à y gagner.
02:20Et même là, on a eu Merckx tout à l'heure qui vient de communiquer sur...
02:25Oui, le détroit d'Hormuz est ouvert, mais on attend quand même de voir les détails
02:29pour laisser les bateaux circuler, parce que les bateaux sont notre responsabilité
02:35et les équipages sont notre responsabilité.
02:38Pour l'instant, les détails ne sont pas très clairs.
02:40Et je ne vois pas les assureurs baisser les primes d'assurance du jour au lendemain.
02:44Donc, réouverture, oui.
02:45Maintenant que les bateaux circulent librement, encore un peu de doute.
02:50Antoine Ternon, comment vous regardez cette situation et surtout cette réaction de marché
02:54qui est très forte ce matin, surtout les actifs cotés ?
02:56Oui, exactement. On efface quand même la moitié du drawdown,
02:59donc la moitié du stress, disons, si on en croit juste les indices boursiers.
03:04Pareil, vous l'avez très bien dit sur le baril.
03:06Finalement, on avait une prime qui correspondait à quelque chose de l'ordre
03:09de moins 8 millions de barils le jour à l'échelle mondiale.
03:13Bon, si on suppose que le péage, le détroit d'Hormuz réouvre progressivement,
03:18peut-être que ça sous-entend 5 millions de barils qui circuleraient
03:21et donc une prime de 30 dollars actuellement par rapport au point de départ
03:26qui était de 60 dollars, considérant qu'à l'époque, il n'y avait pas de prime géopolitique.
03:30Voilà, tout ça, ça paraît à peu près cohérent.
03:33Moi, je rejoins ce que vous dites tous les deux.
03:36C'est très compliqué de voir quelque chose de réconciliable là-dedans.
03:39Quelles sont les sources officielles, fuite médiatique ?
03:42On se bat sur pas grand-chose.
03:44Effectivement, reconstruction, indemnisation,
03:50plus de présence au sol américaine.
03:52Enfin, de quoi parle-t-on vraiment ?
03:54C'était l'ensemble des points qui avaient bloqué lors des premiers discussions de cessez-le-feu.
04:03Donc voilà, on se souvient qu'aussi, à l'époque, Trump avait considéré qu'un accord à 90 %
04:07avait été conclu avec l'Ukraine.
04:08On en est toujours au point de départ.
04:10Donc voilà, je pense que peut-être que les investisseurs en mettront un peu d'eau dans leur vin.
04:14Mais là, en tout cas, ils célèbrent plutôt l'absence d'un chaos total
04:20plutôt qu'un vrai cessez-le-feu, une vraie résolution du conflit.
04:23D'autant plus que les marchés qui sont toujours dans l'anticipation,
04:25c'est vrai qu'à chaque fois, on anticipe des nouvelles.
04:29Là, pour une fois, ça n'a pas du tout été anticipé.
04:31Hier, les trois indices américains ont clôturé stable.
04:33Le baril de pétrole était encore à 110 dollars hier.
04:35Il y avait une grande méfiance dans le sens où, c'est vrai que Donald Trump,
04:39Antoine Ternon a repoussé plusieurs fois un ultimatum.
04:41Et hier, la question, c'était est-ce qu'il va repousser encore une cinquième fois son ultimatum envers l
04:45'Iran ?
04:45Chose faite, je crois qu'au cinquième, si on compte le premier ultimatum
04:48qui avait commencé le 21 ou 20 mars,
04:52dans ce taco, pour une fois, il n'est pas tout seul, donc ça marche,
04:56puisque ça a été confirmé, à voir si ça serait démenti plus tard,
04:59mais par un des ministres israéliens, pardon, iraniens.
05:04Après, il y avait le point aussi du sud-Liban qui pose vraiment une question.
05:08Aujourd'hui, ça fait sûrement partie du lot de mesures sous lesquelles l'Iran souhaite discuter.
05:13Ben Atianyou a directement fermé la porte à toute discussion de cet ordre-là.
05:18Donc voilà, je pense qu'on va attendre vendredi de voir si déjà ils sont capables de se mettre autour
05:22de la table,
05:23est-ce qu'ils le feront physiquement, et ensuite quels seront les points amenés par les deux parties.
05:29Quand vous regardez cette réaction de marché, elle est excessive.
05:31Comment vous la qualifiez, Jacques Lemoisson ?
05:33Des indices européens qui prennent 4%, ce matin en Asie, on avait du 5-6% même pour Séoul,
05:39les matières premières qui cèdent 10-15%, on est vraiment sur des réactions très fortes,
05:44épidermiques certes, algorithmiques, tout s'est fait à l'ouverture à chaque fois, mais c'est fort quand même.
05:49Oui, c'est fort, mais c'était ce que vous avez dit tout à l'heure, le stress était fort
05:52aussi.
05:54Maintenant, on a aussi un positionnement, ça va être assez compliqué quand même d'avoir une narrative constructive à moyen
06:01terme,
06:01si on n'a pas en effet vendredi des choses qui sont très claires, et en plus vendredi, ce qui
06:06est intéressant,
06:07c'est qu'on a le CPI américain qui va être publié, et là...
06:11Donc c'est l'inflation.
06:11Et là, c'est l'inflation, et là, les chiffres d'inflation vont montrer un certain rebond, on va dire,
06:16et la narrative autour de ça va être intéressante, parce que oui, en effet, nous avons un cesse-le-feu,
06:21en tout cas, on a 10 points qui sont à la base d'un cesse-le-feu,
06:25vous l'avez évoqué, Etienne, ces 10 points-là sont relativement intersidéraux
06:29lorsqu'on les compare par rapport au but de guerre et au début, et ce qui a initié le conflit,
06:36et après, derrière, on a le chiffre d'inflation qui va vraiment marquer un coût,
06:39parce que l'inflation de l'année précédente, sur le même mois, le CPI était négatif,
06:46donc vous enlevez un point négatif, vous avez un effet de base qui est gigantesque,
06:50plus le baril, et que le baril soit à 130 ou à 100 dollars, honnêtement,
06:54pour l'économie, ce n'est pas la différence, la différence, c'est le régime.
06:58Et pour l'instant, vous l'avez dit, il y en a une prime de 30-35 dollars,
07:01ce qui est intéressant, c'est que le WTI est au-dessus,
07:04donc le pétrole, on va dire, américain, le prix est au-dessus du Brent,
07:09ce qui n'est pas normal.
07:10On n'est pas sur les mêmes contrats aussi, c'est technique,
07:13le Brent est sur juin, et le WTI est sur...
07:15Tout à fait, mais on a des arbitrages assez énormes sur le Brent WTI,
07:20et là, pour une fois, on a un WTI qui était en effet au-dessus,
07:23ou en tout cas proche du Brent, ce qui montre aussi,
07:27je dirais, il y a des acteurs qui ont commencé à jouer,
07:30en effet, si les trois dormous ne rouvrent pas aussi vite,
07:32et si les capacités de production ne reviennent pas très vite,
07:35cette destruction d'offres, en fait, peut bénéficier au pétrole américain,
07:40Trump l'a dit d'ailleurs, si vous n'achetez pas le pétrole à Hormuz,
07:44enfin, dans le Golfe, achetez le nôtre.
07:46Et donc, comme par hasard, le WTI a commencé à combler son gap,
07:50et à créer même un prime par rapport au Brent.
07:53Aujourd'hui, face à une hausse de 4% sur les marchés européens,
07:58des taux, des rendements qui baissent sur le marché obligataire,
08:01des matières premières en forte baisse,
08:03qu'est-ce qu'on fait dans ce contexte aujourd'hui,
08:04Antoine Ternon, en tant que gérant de portefeuille ?
08:07Déjà, on espère avoir été resté positionné
08:10pendant toute cette période très tumultueuse.
08:13Il y avait plein de portes de saloon à prendre,
08:15avec des pics intraday, qui étaient assez incroyables.
08:19On a minimum une séance avec un low to high à 5%,
08:22donc voilà, on peut faire une volatilité là-dessus,
08:26c'est assez intéressant, on revient sur des sommets de 22,
08:28des sommets de Covid, etc.
08:30Donc déjà, ça, ça en dit long sur le...
08:33Enfin, il faut rester positionné pour espérer potentiellement
08:36participer au rebond et aux crises.
08:38Rester investi, voilà.
08:39Après, on a pu faire des arbitrages à l'intérieur sectoriel,
08:42des arbitrages géographiques.
08:44Chez Apicilem, on avait choisi la visibilité
08:47au détriment de cette incertitude ambiante
08:51qui est surtout valable en Europe,
08:52en plus avec des poids plus cycliques dans les indices.
08:54Donc, on s'était tourné vers ce que peuvent offrir
08:56comme visibilité qualité les boîtes américaines,
09:00avec des bénéfices par action qui ont été révisés
09:03à la hausse de manière assez considérable.
09:05Peut-être que ça demandera une petite digestion,
09:07mais en tout cas...
09:07Donc, c'est le secteur technologique, par exemple ?
09:09Les boîtes de la tech, typiquement,
09:10je regardais le Nasdaq hier, pour les BPA pour 2026,
09:13donc la croissance des bénéfices pour l'ensemble de l'année 26,
09:16sont attendues près de 30%.
09:17C'est 10 points au-dessus du début de la crise,
09:21donc je pense que ça en dit long.
09:23Évidemment, ça, ça compresse les multiples de valo,
09:25puisqu'on parle souvent des deux points d'écart
09:26entre le S&P 500 et le Nasdaq actuellement,
09:28et ça vient de cet effet bénéfice par action
09:30qui est au dénominateur.
09:32Et puis, en Europe, on a aussi une progression
09:35des bénéfices par action
09:36qui est liée surtout à la composante énergie
09:38qui est venue gonfler le tout,
09:40et surtout à une non-révision du reste.
09:42On considère que tout ça, ça devra potentiellement
09:44demander à être un petit peu digéré,
09:46en attendant de voir des impacts vraiment macro
09:48dans lesquels on repositionnerait le portefeuille
09:50vraiment différemment,
09:51puisque c'est comme ça qu'on réfléchit
09:53à plus long terme, à très court terme.
09:55Voilà, on reste à l'aise avec ce positionnement-là.
09:58Et on évite évidemment la partie obligataire
09:59la plus sensible, c'est-à-dire courte et souveraine.
10:02Du côté des marchés européens,
10:05les bénéfices par action ont été revus à la hausse,
10:08grâce notamment au secteur énergétique.
10:10Tout dépend bien sûr du baril de pétrole,
10:12Jacques Lemoisson, on voit bien aujourd'hui la réaction,
10:14Total Energy perd 6%.
10:16C'est sûr que ce n'est pas la même affaire
10:18à 110 dollars qu'à 80 ou à 70 dollars.
10:22Comment aujourd'hui, vous choisissez un petit peu
10:24les secteurs dans vos portefeuilles sur la partie actions ?
10:26Nous d'abord, on a une allocation géographique d'abord.
10:30On commence toujours en top-down.
10:32Donc pour nous, tout rebond du marché américain
10:36doit être utilisé pour réduire sa poche américaine
10:39et augmenter la poche chinoise.
10:42Là, la Chine a démontré son intervention
10:44et son rôle global.
10:47Et ce matin, elle salue ce cessez-le-feu.
10:49Oui, bien sûr.
10:50Et in fine, quand vous regardez un peu
10:52toutes les nouvelles qui tombent,
10:53elle a été quand même partie prenante,
10:55avec J.D. Events notamment,
10:56pour avoir, pour au moins,
10:59obliger l'Iran à pouvoir discuter.
11:02Donc l'impact de la Chine géopolitique
11:04est relativement clé.
11:05Et même d'ailleurs, Trump ou son équipe
11:07a salué l'intervention de la Chine
11:09dans ce cessez-le-feu.
11:14Après, derrière,
11:15Trump a démontré que
11:17c'est un peu compliqué d'avoir une visibilité
11:19et une cohérence sur le marché américain.
11:21Même si la tech, l'IA,
11:23il n'y a pas de problème.
11:24Ces thématiques-là sont des régimes complets.
11:27Donc ça, c'est important.
11:28Maintenant, je pense qu'il y a pas mal de pays,
11:31notamment même du Golfe
11:32ou dans d'autres pays asiatiques,
11:34qui vont commencer à unloader, si j'ose dire,
11:37et réduire leur pondération
11:38sur les tréjuries américains, par exemple,
11:40parce qu'on a quand même un pays,
11:42un régime qui est relativement peu lisible,
11:45qui voire éventuellement chaotique.
11:47Et d'un autre côté, vous avez le 10 ans chinois
11:49qui est à 1,80 %.
11:51Donc, in fine, vous regardez les courbes
11:53des différents indices
11:55d'obligation gouvernementale.
11:58La Chine a été d'une stabilité remarquable
12:00pendant la crise.
12:01Et donc, in fine, le safe haven
12:03était le 10 ans chinois.
12:05Parce qu'il y a l'interventionnisme aussi
12:06sur ces marchés, peut-être, non ?
12:07Oui, mais je pense que les États-Unis
12:10ou le Trésor américain
12:11ou la Banque centrale interviennent aussi.
12:12Donc, l'interventionnisme, il y en a partout.
12:15Et la Banque centrale européenne intervient aussi.
12:18Ou les banques, type Banque de France ou autre,
12:20via directement, ou via des assureurs
12:23ou d'autres types d'inzins, comme on appelle,
12:27qui achètent leurs propres dettes
12:29sous recommandation, on va dire, gouvernementale.
12:32Donc, tout le monde intervient dans tous les marchés.
12:34Il n'y a pas de petites interventions,
12:36de grosses interventions.
12:37Tout le monde intervient.
12:37Et qu'est-ce qui vous rend plus prudent
12:39sur la partie américaine
12:40et plus optimiste sur la partie chinoise ?
12:42On parlait des bénéfices par action
12:44sur la tech américaine.
12:46Je n'ai pas dit que la tech américaine
12:47n'était pas bon.
12:48Au contraire, la tech américaine.
12:50Mais on voit bien, par exemple,
12:52Goldman a réduit tout ce qui est consumer
12:54aux États-Unis.
12:55On a un problème de consommation éventuelle
12:57si l'inflation commence à taper aux États-Unis.
12:59Les Américains commencent à utiliser
13:01leur carte de crédit pour acheter de l'alimentaire.
13:04Voilà.
13:04Donc, on a pas mal de cracks qui arrivent.
13:06Les fameux crédits privés,
13:09qui commencent à devenir de plus en plus problématiques.
13:11Et en même temps, vous avez une gouvernance du pays.
13:13Parce qu'on parle tous de gouvernance avec SFDR.
13:16En parlant de la gouvernance américaine,
13:18c'est un peu compliqué.
13:19Donc, nous, notre call n'est pas de dire
13:20qu'il faut tout vendre aux États-Unis.
13:22Non.
13:22Mais vous avez quand même 50% des allocations mondiales
13:24sur un pays qui menace de raser une civilisation.
13:27Bon.
13:27Qui, deux jours après,
13:29ah ben non, en fait,
13:29on va faire un accord à cesser le feu
13:31et on voit que les 10 points, c'est...
13:32Bon.
13:32Ça, c'est 50% des allocations dans le monde.
13:36Bon.
13:36Et à côté, vous avez la Chine
13:38qui reste quand même relativement stable
13:39et qui a une vision très claire
13:41et qui a un mix énergétique.
13:43Et on voit avec la guerre
13:44qui correspond au futur.
13:46Même si le charbon est encore une part importante,
13:48mais globalement,
13:49un mix énergétique correspond au futur.
13:51Et donc, de commencer à faire un petit switch gentil
13:54alors que vous avez zéro action chinoise
13:56et 50% à l'États-Unis,
13:58je pense que de commencer à faire un petit switch,
14:00c'est quand même pas mal.
14:01Antoine Ternon,
14:02votre regard sur ces marchés émergents,
14:04si on met la Chine dans les marchés émergents,
14:05le début d'année était très bon.
14:07Et puis, c'est vrai que la guerre
14:08avec ce conflit en Iran
14:11a totalement cassé la tendance,
14:12que ce soit sur les marchés européens
14:14et les marchés émergents.
14:15Oui, là, je parlais vraiment tout à l'heure
14:16sur les bénéfices par action
14:17d'un côté stratégique dans une allocation.
14:20C'est vrai qu'à long terme,
14:21le narratif de stabilité
14:22qu'offraient les États-Unis,
14:24il est assez abîmé.
14:25Et en opposition,
14:26oui, effectivement,
14:27vous l'avez très bien dit,
14:28la Chine ressort un peu gagnante.
14:29Elle regarde les choses de loin.
14:31On a beaucoup décrié
14:32le fait qu'ils allaient avoir plus de mal
14:35à se procurer des barils de pétrole.
14:36Bon, il s'avère que ça a été assez bien routé.
14:40Mais en plus de ça,
14:41elle en sort aussi gagnante
14:42d'un point de vue stabilité
14:43dans les yeux des investisseurs.
14:45Alors, on ne l'a pas trop entendu
14:46dans son positionnement diplomatique.
14:49Mais en tout cas,
14:49on sait qu'elle est à la manœuvre.
14:51Donc ça, déjà, je pense que
14:52d'un point de vue assez long terme,
14:54ça doit peser.
14:56Ensuite, on a des thématiques très précises
14:58qu'on aime effectivement
14:59bien retrouver en Chine.
15:00On en parlait tout à l'heure
15:01avec Jacques Rantenne.
15:03On a effectivement
15:04beaucoup parlé de la tech,
15:05de la tech avec les modèles fermés,
15:07les modèles d'IA.
15:08On a aussi les modèles open source
15:09en Chine qui a pris une place,
15:11qui commence à prendre une place
15:12prépondérante aussi
15:14dans cet écosystème.
15:16Puis on a aussi la robotique
15:16sur laquelle ils sont assez en avance.
15:18On avait eu ce fameux moment de DeepSync.
15:21On en aura peut-être d'autres.
15:22Peut-être que ça vaut le coup
15:23d'avoir un pied au moins dedans
15:24pour pouvoir en profiter.
15:26C'est vrai que DeepSync,
15:27c'était il y a un peu plus d'un an,
15:28début 2025.
15:29Absolument.
15:29Et puis, il n'y a pas eu
15:30d'annonce fracassante.
15:32Non, il y en a,
15:32il y en a tout le temps.
15:33Mais ils ont listé
15:35trois sociétés d'IA
15:38qui ont été créées
15:39par des anciens
15:42de NVIDIA
15:43ou d'AMD
15:44ou même d'Intel.
15:46Donc, notamment Minimax
15:47qui prend 8% aujourd'hui
15:49et d'autres sociétés
15:50qui sont liées
15:51aux semi-conducteurs
15:51liés à l'IA.
15:53Donc, nous,
15:55on voit un flux constant.
15:56Évidemment, dans la presse,
15:57ce n'est pas forcément relayé,
15:58mais on voit un flux constant.
15:59Le fameux OpenClaw,
16:01le fameux Omar
16:02qui est avec l'IA agentique,
16:05donc à l'agent,
16:06qui fait une révolution gigantesque
16:08où des secteurs complets
16:09d'activité en Chine
16:10commencent à venir.
16:11Ici, on n'entend pas
16:12beaucoup parler,
16:13mais nous,
16:14on a lancé l'IA robotique
16:16en thématique en 2021.
16:18Tout le monde a découvert
16:19que la Chine avait une IA
16:20et des robots en 2025.
16:22voire en 2026
16:24quand les robots
16:25faisaient du Kung-Fu.
16:26Mais bon,
16:27ça fait depuis 2021
16:28qu'on a investi dedans.
16:30Donc, la Chine est une puissance
16:31sans commune mesure
16:32industrielle.
16:34Ça tombe bien,
16:34les robots,
16:35c'est de l'industrie.
16:36L'IA,
16:37c'est de l'industrie
16:38déguisée en logiciel.
16:40Voilà.
16:40Et donc,
16:41il faut un pouvoir industriel
16:43non négligeable
16:43qu'a conservé la Chine
16:45très clairement en avance.
16:48Les patents,
16:49donc les brevets d'IA
16:50sont stratosphériques
16:51en termes de nombre
16:52maintenant en Chine.
16:53Et là,
16:54ils viennent d'annoncer
16:55la capacité
16:56de faire des composants
17:00semi-conducteurs
17:01pour tout ce qui est
17:02imagerie de nuit
17:04à 99%
17:06de coûts réduits.
17:08Donc,
17:08cette industrialisation totale
17:10de façon à baisser
17:11les coûts de tout
17:12sans être forcément
17:13le meilleur quelque part.
17:14Mais vous,
17:14en tant qu'actionnaire,
17:15comment vous regardez ça
17:16en termes de gouvernance,
17:17en termes de rentabilité ?
17:18Je ne sais pas.
17:19Gouvernance,
17:19après ce qui a été dit
17:20depuis 48 heures aux Etats-Unis,
17:22je ne sais pas,
17:22la gouvernance...
17:23Gouvernance des entreprises.
17:24Oui,
17:24mais enfin bon,
17:25la gouvernance des entreprises,
17:26elles sont cadrées.
17:27Elles sont enregistrées
17:29par un régulateur.
17:32En Chine,
17:33si vous ne restez pas les règles,
17:34vous allez en prison.
17:36Je ne pense pas
17:36que des personnes
17:37aux Etats-Unis
17:38ou en Europe...
17:39C'est dissuasif.
17:40C'est dissuasif.
17:41Bon, voilà.
17:41Donc, la gouvernance,
17:42bien sûr qu'il y a des problèmes
17:43en Chine
17:43et il y a des problèmes partout.
17:46On a vu des problèmes
17:47chez Wirecard,
17:48par exemple,
17:48en Europe,
17:49de gouvernance.
17:50Donc,
17:50la gouvernance,
17:51c'est l'un des piliers chinois
17:53de façon à conserver
17:54les investisseurs institutionnels
17:55et les investisseurs étrangers
17:57chez eux.
17:58Ils vont tout faire
17:59pour que ça marche
17:59et ils ont ouvert
18:00pendant que Trump
18:01tapait en Iran.
18:02Ils n'ont cessé de dire
18:04qu'ils ouvraient le pays.
18:05Il y a de plus en plus
18:06de pays
18:07qui peuvent
18:09envoyer leurs concitoyens
18:10en Chine
18:11sans visa
18:11et on a une ouverture
18:13en termes boursiers.
18:15Le canal d'IPO
18:16à Hong Kong
18:16est gigantesque.
18:18Donc,
18:18il y a une ouverture totale.
18:20Ils ont conscience
18:20que s'ils se ferment,
18:21c'est pas bon.
18:22Historiquement,
18:22ils l'ont vécu
18:23au 15e siècle
18:24et au 16e siècle.
18:25Donc,
18:27la gouvernance
18:28est un pilier
18:29de reconnaissance
18:30pour la Chine
18:31et ils n'ont aucun intérêt
18:32à le galvauder
18:34et à le minimiser.
18:36Antoine Ternon,
18:37le mot de la fin,
18:37il nous reste une minute.
18:38Restons,
18:39gardons la tête froide.
18:40Attendons de voir
18:41ce qui peut ressortir
18:42des discussions
18:44du 10 avril.
18:45Donc,
18:45ça nous amène
18:45à vendredi
18:46et surtout,
18:47qui sera autour
18:47de la table
18:48pour discuter
18:49quels seront les points.
18:50En tout cas,
18:51à terme,
18:51ce matin,
18:52c'est du vert vif
18:53sur l'ensemble
18:54des places boursières
18:55plus 4%
18:56pour le CAC 40
18:56qui est sur un plus haut
18:57de début mars
18:58au-delà des 8200 points.
19:008 230 points
19:01tirés notamment
19:02par Safran
19:03qui gagne 11%
19:03à 314 euros.
19:05ArcelorMittal
19:05plus 11%
19:06également à 50,48 euros.
19:08Suivi de Saint-Gobain,
19:09Société Générale
19:10Accor ou encore Schneider
19:11qui gagne plus de 8%
19:13à l'inverse.
19:13Total Energy
19:14perd un peu plus de 6%,
19:166,8%
19:17à 73,90 euros
19:19avec donc un baril de pétrole
19:20qui a perdu plus de 15%
19:22depuis le début de la semaine.
19:23On est passé de 110 à 95 ce matin.
19:2695 dollars
19:27pour ce baril de Brent.
19:28qui a perdu 10,60 euros,
19:282,10 euros,
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