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  • il y a 5 heures
Ce mercredi 1er avril, Sébastien Korchia, directeur général et directeur des investissements de Cogefi Gestion, et Raphaël Thuin, directeur des stratégies de marchés de capitaux chez Tikehau Capital, se sont penchés sur les réactions des marchés après l'annonce hier de Donald Trump que les États-Unis allaient quitter l'Iran très bientôt, le rebond du climat de marché, les taux qui poursuivent leur détente en séance aujourd'hui, la BCE et la FED qui pourraient augmenter leur taux, la bonne performance des "utilities" en bourse, dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:04Raphaël Thuin, Tickeo Capital, bonjour.
00:06Bonjour.
00:07Sébastien Corchia de Cogefi, bonjour à vous, merci d'être là en direct avec nous en plateau.
00:13Donc, voilà, JP Morgan nous dit, foncez pas dedans, tête baissée, tout ça est très technique.
00:20Peut-être, peut-être qu'on commence à avoir les premiers effets,
00:23parce que vous savez, on a eu les chiffres de flux ces derniers jours du côté des flux marché actions
00:28américains,
00:29où on voit que, alors, ils n'ont pas forcément disparu les clients du retail,
00:33mais ils sont beaucoup, beaucoup moins actifs.
00:35Est-ce que, premièrement, ils sont prudents ?
00:37Deuxièmement, qu'ils ne commencent pas à en avoir marre de voir à longueur de journée sur les réseaux sociaux
00:41des trucs documentés de personnels proches du pouvoir qui s'en mettent plein les poches
00:46en déréglant complètement le marché et en le manipulant, de manière ouverte, sans aucun problème.
00:53Et puis, tout simplement, le fait que, voilà, ce rebond, pour l'instant, il est très technique,
00:57il reste encore beaucoup d'incertitudes, et donc, il faut manipuler tout ça avec précaution.
01:02Raphaël, tu as ?
01:03Oui, on voit une forme de rebond, alors, effectivement, technique,
01:06une forme de soulagement aussi dans ce marché, qui a été très pressurisé à la baisse,
01:11très longuement pressurisé, qui montrait des signes, d'ailleurs, qu'il était très vendu.
01:16Et, effectivement, les annonces récentes, qui semblent vouloir pointe vers une désescalade,
01:20ont globalement soulagé les marchés, ont justifié un rebond.
01:24Et, d'ailleurs, quand on regarde, effectivement, la qualité du rebond et la composition du rebond,
01:29on va retrouver les perdants d'hier, ceux qui avaient le moins performé,
01:33qui, aujourd'hui, performent le mieux.
01:36Donc, effectivement, une forme de soulagement, de boomerang qui revient un petit peu dans l'autre sens,
01:41et à un moment où le marché, effectivement, cherchait une forme de respiration.
01:45Alors, il reste beaucoup de questions, effectivement, pour les investisseurs.
01:48On s'interroge toujours sur la pérennité des annonces récentes.
01:51D'ailleurs, est-ce qu'on peut appeler ça des annonces ? On n'en est pas certain.
01:54Mais, en tout cas, le brouhaha récurrent autour de cette désescalade,
01:58on se demande dans quelle mesure il va être suivi des faits.
02:01Il semblerait que, oui, l'administration Trump cherche très activement à sortir de cette impasse.
02:07Il semble, d'ailleurs, en mesure de vouloir faire des concessions autour du détroit d'Ormuz.
02:13On verra. Et que, face à ça, l'Iran a, certes, la main forte et une forme de levier dans
02:20les négociations,
02:21mais semble aussi vouloir ouvrir quelques canaux de conversation.
02:23Donc, tout ça encourage les marchés.
02:25La question qui se posera demain pour l'investisseur, une fois que ce rebond,
02:29que vous avez qualifié de technique, sera derrière nous, c'est où en sommes-nous ?
02:34Quel est le jour d'après ?
02:36C'est ça, le problème.
02:37Parce que, le souci, c'est que quand il y a une guerre,
02:41quand il y a une très forte friction géopolitique,
02:43qu'il y a des négociations entre belligérants,
02:45qu'on arrive à signer un truc à peu près acceptable,
02:47qu'on se serre la main, on garde du ressentiment,
02:49mais au moins, la chose est bouclée.
02:51Là, c'est une guerre un peu bizarre
02:55qui commence entre deux pays qui, maintenant, nous disent,
03:00et c'est ce que nous dit Donald Trump,
03:01en gros, il a commencé des négociations que tout le monde remet en cause
03:06avec des responsables, on ne sait même pas qui c'est.
03:08Donc, ça se trouve, il n'y a rien.
03:10Il n'y a pas de victoire.
03:12Entre les deux belligérants, il n'y a pas d'accord de paix.
03:15Les négociations, il n'y en a même pas.
03:17Tout ça est très filandreux.
03:18Et c'est peut-être pour ça aussi que le marché reste aussi prudent et aussi volatile.
03:22Oui, absolument.
03:22Et d'ailleurs, on le voit sur les cours du pétrole,
03:24on a vu un reflux, mais qui n'est pas massif.
03:26On reste au-dessus des 100 dollars.
03:28Parce que, oui, est-ce que cette désescalade va aboutir ?
03:30Première question.
03:31Deuxième question.
03:32Même si elle aboutit, dans quelles mesures le pétrole va pouvoir à nouveau
03:36circuler librement au Détroit ?
03:38On est loin d'être sûr.
03:39Et puis, troisième question qui n'est pas anodine.
03:41Dans quelles mesures l'économie réelle a été impactée par cette crise ?
03:45Doit-on maintenant réviser très fortement à la baisse
03:48nos projections pour la croissance, les résultats, l'inflation ?
03:52C'est ça, les grandes questions qui restent à répondre.
03:55Sébastien Corchia, donc des questions.
03:59Finalement, toujours plus de questions.
04:00On n'a pas tellement de réponses sur comment la situation va évoluer
04:05sur ces prochains mois.
04:07Non, parce qu'on ne sait même pas...
04:08Je ne suis même pas sûr que Donald Trump, lui-même,
04:10sache du jour au lendemain ce qu'il va véritablement faire
04:13dans cette guerre ou pas guerre.
04:14D'ailleurs, parce que je trouve qu'il n'utilise pas beaucoup le mot « guerre ».
04:18Il parle même de balade ou je ne sais plus ce qu'il a utilisé comme mot « excursion ».
04:23C'est quand même assez bizarre.
04:26Mais c'est un point commun entre les différentes opérations
04:28de ces dernières années aux États-Unis.
04:30C'est-à-dire que ce n'est jamais vraiment des guerres.
04:32Et quand l'ennemi réplique, on lui dit « Non, non, non, tu n'as pas le droit de répliquer
04:35».
04:35Enfin, il n'y a aucun sens là-dedans.
04:38Non, alors, ce n'est jamais vraiment des guerres d'un point de vue du wording.
04:41Parce qu'en fait, pour faire une guerre, il faut demander l'accord du Congrès.
04:45Et comme il n'a pas demandé l'accord du Congrès,
04:47c'est difficile aussi d'utiliser le mot « guerre ».
04:49Donc, il fait attention aux mots qu'il utilise.
04:52Il n'est pas si stupide que ça, parfois.
04:54Et puis, encore une fois, Raphaël a dit presque tout dit, effectivement.
04:59Il reste aussi qu'il y a d'autres protagonistes
05:01qui ne vont peut-être pas avoir la même envie
05:05ou le même avis, je pense à Israël.
05:07Israël, l'Arabie Saoudite.
05:08L'Arabie Saoudite, les Émirats, ce matin,
05:10qui ont laissé comprendre que non.
05:13Et puis, quel sera, en fait, l'état du monde,
05:17entre guillemets, dans le monde au point de vue golfe persique ?
05:20Après, est-ce qu'on va avoir des tarifs, entre guillemets,
05:23mais cette fois-ci, pas de Donald Trump, mais de l'Iran,
05:25pour ne pas voir passer par là ?
05:27Est-ce que tout le monde va avoir le droit de passer ?
05:30Et puis, même si tout ça, par un coup de baguette magique,
05:34allait soudainement mieux ?
05:36Très honnêtement, on sait très bien,
05:38et tout le monde le dit,
05:39qu'il faut remettre toute une logistique en place,
05:43des flux et autres.
05:44Rappelez-vous, post-Covid,
05:46combien de mois il a fallu pour que la situation se normalise
05:50entre les commandes, les bateaux qui sont à un côté de la planète,
05:53mais qui sont vides,
05:53les autres qui sont là, mais qui sont tous remplis,
05:55ceux qui sont milieux.
05:57Bref, on sait que ça va être très, très compliqué.
05:59Moi, ce que je regarde toujours, dans ces moments-là,
06:02c'est moins les marchés actions, plus les marchés de taux.
06:06Bien sûr.
06:06On a toujours pensé que les marchés de taux,
06:07et on est nombreux à le penser,
06:09ils ont un peu plus de retenue, un peu moins de volatilité,
06:12un peu plus de profondeur et de réflexion.
06:15Comme vous l'avez dit, les marchés de taux,
06:17les marchés du pétrole,
06:18ils ont du mal à valider cette discussion,
06:21d'autant qu'on est quand même à quelques heures d'un week-end
06:28un peu long de 4 jours, tout à fait propice.
06:32On l'a vu, à chaque fois qu'il y a eu des opérations,
06:34on le sait, ce sont des opérations qui peuvent se profiler
06:37pendant que les marchés sont fermés.
06:38On aura quand même 3 jours de fermeture de Wall Street.
06:41Donc, ça peut être aussi le moment où il se passe quelque chose.
06:45De toute façon, il ne va pas envahir l'Iran,
06:48on ne va pas envahir un pays qui fait 3 fois la France
06:51avec 50 000 hommes.
06:52On voit bien ce qui se passe en Ukraine
06:54et on sait ce qui s'est passé en Afghanistan.
06:56Donc, le but peut être de prendre quelques îles
06:59parce que moi, je veux bien qu'ils s'arrêtent là
07:00et la planète entière serait ravie, moi aussi.
07:04N'empêche qu'il n'y a aucun totem qui est à ramener à la maison.
07:07Il n'y a pas des 400 kilos d'uranium qu'on cherche partout.
07:11On a détruit...
07:12Vous vous souvenez des armes de destruction de Saddam Hussein aussi ?
07:16Oui.
07:16On les a longtemps cherchées.
07:17Voilà, on ne les a pas trouvées.
07:19Alors, ceux-là, les 400 kilos, visiblement, ils existent.
07:21Mais je veux dire, il faut...
07:23S'ils s'arrêtent, il faut qu'ils ramènent un totem à la maison
07:26parce que là, finalement,
07:28il va laisser des brides verts derrière lui
07:31qui va pouvoir s'en occuper.
07:33Et alors, certes, les États-Unis sont autonomes
07:35d'un point de vue pétrolier.
07:37Donc, il peut laisser derrière lui, finalement, les pots cassés.
07:41Mais le cours du pétrole, il lui sera affecté aussi.
07:45De manière ou d'une autre.
07:46De manière ou d'une autre.
07:47Et les problématiques de chaînes logistiques
07:51resteront là.
07:52Il faudra qu'il les gère.
07:53Donc, il y a quelque chose qui manque dans cette équation
07:55de dire, bon, bientôt, ce n'est plus mon problème.
07:58Je m'en vais.
07:58Vous vous en occuperez.
07:59Peut-être qu'on s'en occupera.
08:00On ne s'en occupera pas.
08:01Mais il y aura quand même un problème
08:02sur les prix, sur les approvisionnements.
08:04Raphaël Thuin, il y avait une réaction de marché tout à l'heure
08:07qui était assez intéressante sur les taux.
08:09Mais alors, vraiment, sur de la volatilité très court terme.
08:11On voyait quand même qu'il y avait une certaine forme d'apaisement
08:14sur les dettes européennes.
08:15Ça restait quand même très tendu sur la dette américaine, disons.
08:18Pourquoi ?
08:18Parce qu'on a eu le chiffre ADP de l'emploi privé
08:22qui était quand même bien supérieur aux attentes.
08:24Qui prouve, enfin, qui tente à prouver que l'Amérique,
08:27même alors qu'elle commençait la guerre,
08:29parce que c'est les chiffres du mois dernier,
08:30elle continuait à embaucher.
08:31Et on a eu 60 000 créations de postes sur le mois.
08:34Et ça, évidemment, cette diagonale de l'économie américaine,
08:39de l'inflation et de la politique monétaire,
08:42tout ça va se retrouver et se croiser sur les courbes de taux.
08:46Et c'est peut-être ça qui va occasionner
08:48deux, trois problèmes à gérer en plus.
08:50Alors, ne serait-ce que pour la Fed,
08:51mais aussi, évidemment, pour le Trésor américain et Donald Trump.
08:54Oui, alors, c'est intéressant.
08:56D'ailleurs, on peut peut-être se rassurer en partie là-dessus.
08:58C'est qu'on est rentré dans cette crise
09:00avec des économies mondiales, et américaines en particulier,
09:03qui, globalement, se portaient bien,
09:06étaient sur des tendances assez supérieures,
09:08pour ce qui est de l'Europe ou de l'économie mondiale,
09:10au potentiel de croissance naturelle long terme.
09:13Et donc, effectivement, si on doit être optimiste,
09:16on peut espérer que dans un scénario de désescalade,
09:19dans un scénario de réouverture du Détroit,
09:22peut-être que ces économies mondiales pourraient absorber le choc,
09:25un choc qui serait a priori temporaire,
09:28une hausse temporaire des prix de l'énergie,
09:30une hausse temporaire de l'inflation,
09:32une baisse raisonnable de la croissance,
09:34mais toujours un maintien à des niveaux qui soient acceptables
09:37pour les entreprises et les investisseurs.
09:39Ça, c'est un petit peu le scénario que les investisseurs expèrent,
09:43et qui justifierait qu'on ait encore un potentiel de hausse sur les marchés,
09:46que ce soit encore le moment d'aller jouer ce scénario.
09:50Le problème, c'est que ce scénario, il reste aujourd'hui très indécis.
09:53Déjà, on n'a pas de certitude sur le fait que,
09:55oui, les prix de pétrole vont rebaisser,
09:57qu'il ne puisse pas y avoir quelque chose qui arrive de manière diagonale
10:01et rechamboule à nouveau encore tout ce narratif autour du Détroit.
10:06Et dans ces conditions, il est très difficile pour l'investisseur de dire
10:09avec certitude aujourd'hui, je réinvestis avec conviction
10:12pour aller attraper un potentiel de hausse qui est réel
10:16et qui semble raisonnablement probable.
10:18Donc, on ressent effectivement cette forme de retenue de la part des investisseurs
10:24à aller complètement acheter ce scénario,
10:26même si effectivement, pour l'instant, et vous l'avez dit,
10:28aux États-Unis, on voit encore un impact limité de la crise,
10:33que l'économie globalement se tient,
10:35que ces chiffres de l'emploi vont un petit peu à l'encontre
10:38du discours précédent qui consistait à dire
10:40que le marché de l'emploi aux États-Unis
10:42était en train de se contracter très rapidement.
10:45Peut-être sur certains secteurs uniquement.
10:47Et on le voit, par exemple, du côté de la high-tech,
10:51qu'il y a certaines entreprises qui sont en train de geler leurs embauches.
10:55Mais ce n'est pas le cas de tout le monde.
10:56Et il y a des secteurs qui s'en tirent bien.
10:58Et on l'a vu, d'ailleurs, sur le mois passé,
11:00les valeurs cycliques se sont beaucoup mieux comportées,
11:03les valeurs industrielles, notamment.
11:04Voilà. Et d'ailleurs, ça va être probablement une des interrogations
11:07pour le reste de l'année.
11:08Qu'en est-il de ce marché du travail ?
11:10Vous l'avez dit, en fait, il y a beaucoup de forces contraires
11:12qui se manifestent dans les chiffres.
11:14Des secteurs, on peut parler aussi de la santé,
11:16par exemple, qui ont été très robustes en termes d'emploi.
11:19Manifestement, d'autres secteurs sur lesquels il y a un ralentissement
11:22d'une part cyclique.
11:23Et puis, le ralentissement autour de l'IA,
11:25qui commence aussi à se manifester.
11:27Et donc, au milieu de tout ça,
11:29vous avez cette pauvre banque centrale fédérale aux États-Unis.
11:32D'ailleurs, on fera un parallèle avec Christine Lagarde et la BCE,
11:36qui doit juguler un petit peu ces forces contraires.
11:39D'une part, le risque inflationniste dû à l'Iran.
11:44D'autre part, la nécessité d'y voir plus clair
11:46sur ce potentiellement ralentissement économique.
11:50Et donc là, on sent bien qu'il y a une forme de malaise
11:52dans la conduite de la politique monétaire.
11:54Sébastien Corchia, ce côté gros dilemme
11:58du côté des banquiers centraux,
12:00ça peut être aussi un des enjeux de ces prochains mois ?
12:02D'avoir des fondamentaux qui réclament une action
12:05et puis de ne pas pouvoir faire grand-chose
12:07parce qu'on est encore au summum de l'incertitude ?
12:10Oui, déjà, il y a deux banques centrales
12:12qui ont deux mandats différents.
12:13Il y en a un qui s'occupe des prix
12:15et l'autre qui s'occupe des prix et de l'emploi.
12:17Donc, ils vont déjà à un prisme
12:18et un schéma de réflexion qui est différent.
12:21Vous avez une de ces deux banques centrales,
12:24la Fed, pour ne pas la nommer,
12:25qui va avoir un changement de gouvernance en plus
12:27et les jours se rapprochent, c'est au mois de mai,
12:30avec en plus, j'aime bien le répéter,
12:32mais une situation qui ne sera pas forcément,
12:34qui aujourd'hui n'est pas dénouée.
12:35Parce que je vous rappelle que le président de la Fed
12:38a dit que tant qu'on ne lui enlevait pas les charges
12:41qui pesaient contre lui et qu'il juge injustifié,
12:44il resterait gouverneur, donc membre votant.
12:47Et en même temps, comme les Républicains,
12:51tant qu'il sera accusé,
12:53ne nommeront pas Kevin Warsh,
12:55donc on n'aura peut-être pas Kevin Warsh,
12:57on aura peut-être toujours Jérôme Powell,
13:00mais Jérôme Powell qui ne sera plus président de la Fed,
13:02donc une Fed qui sera dirigée par son vice-président.
13:07Imaginez le chaos que ça peut faire
13:09en termes de crédibilité et de politique monétaire,
13:11c'est un scénario tout à fait possible.
13:15Donc personne n'a envie de prendre d'avis et d'opinion,
13:20d'autant que finalement les chiffres qui sont à leur disposition
13:25sont des chiffres qui, notamment sur l'inflation,
13:28commencent à naître seulement.
13:30Parce que si vous prenez les entreprises
13:32qui vont nous parler incessamment sous peu,
13:34vous allez voir que les entreprises,
13:35elles ne vont pas vous dire grand-chose,
13:37donc les banques centrales ne peuvent plus,
13:39non plus parce que quand vous êtes une entreprise aux États-Unis,
13:41vous utilisez des produits qui viennent du Moyen-Orient,
13:44par exemple, des produits pétrochimiques.
13:47Les derniers bateaux qui sont passés par le détroit d'Ormose
13:51il y a trois semaines, ils viennent d'arriver.
13:52Là, vous les avez payés avec les prix qui n'étaient pas encore chers.
13:55Donc vous avez des stocks,
13:57donc ça ne joue pas trop en fait.
13:59Mais vous ne savez pas à quel prix vous allez payer les prochains bateaux,
14:03s'ils arriveront, vos clients eux-mêmes,
14:05dans quelle situation c'est, etc.
14:07Donc on n'a même pas une grande idée,
14:09puisque c'est tout juste avant la fin du trimestre,
14:11de l'impact inflationniste,
14:13de l'impact sur la croissance,
14:15de l'impact sur l'emploi.
14:16Donc je pense que tout le monde,
14:18la planète en direct,
14:18les banquiers centraux sont,
14:20mais alors complètement à l'aveugle.
14:22Il nous faudra un minimum un trimestre,
14:24un, pour que tout ça se remette en forme,
14:27si ça s'arrête vite,
14:28deux, pour que ça se traduise vraiment dans les comptes,
14:30parce que c'est les prochains bateaux là,
14:32ceux qui sont bloqués,
14:34qu'on ira chercher ailleurs,
14:35ou voilà, qu'on paiera plus cher,
14:37et on pourra se dire, ah oui, l'inflation va être à peu près de temps,
14:40et il faut que j'agisse ou pas,
14:41tout en se rappelant que remonter les taux dans un choc d'offres,
14:44ça n'a jamais fait baisser les prix du pétrole,
14:46et que les prix du pétrole mécaniquement baisseront de même,
14:50parce qu'on passera d'une stagflation à une récession,
14:53et c'est la récession qui fera baisser les coûts de l'énergie.
14:55Tout ça, c'est un temps long, en fait,
14:57avec une bourse qui est dans le temps court,
14:59voire dans le réactionnel,
15:01parce qu'elle regarde l'actualité.
15:03Donc, c'est compliqué pour nous, investisseurs,
15:06petits, moyens, ou plus grands,
15:09d'anticiper à la fois Donald Trump,
15:11d'anticiper Jérôme Powell,
15:13et celui qui le remplacera,
15:15on ne sait pas qui c'est.
15:17Madame Lagarde, dont on peut s'interroger,
15:19pourquoi tout d'un coup,
15:20elle a été tout aussi dure,
15:23dans son discours.
15:24Alors oui, elle veut sûrement ancrer les anticipations,
15:27mais enfin, bon, je pense que
15:28monsieur et madame tout le monde,
15:30qui regarde plutôt le prix à la pompe,
15:32et puis n'écoute pas madame Lagarde,
15:33pour savoir si on va monter ou pas.
15:3512 minutes de cotation encore à Paris,
15:38et on s'achemine vers une clôture,
15:40quasiment plus haut du jour,
15:427 978 points pour l'instant,
15:44on est en hausse de 2,08%,
15:46l'Euronext Tech Leaders,
15:49plus 3,5%.
15:50On va juste jeter un petit coup d'œil
15:52sur les volumes du CAC 40,
15:54mais a priori, ça s'annonce
15:55comme une journée assez copieuse.
15:57Et vous voyez, on est loin d'être au fixing,
15:59on est déjà à 2,6 milliards en termes d'échange,
16:01ouais, ça va être une grosse, grosse journée,
16:03sans nul doute.
16:04L'Eurostock 50 gagne 2,85%,
16:07plus 2,74% pour le DAX à Francfort,
16:09et même plus 3,2% pour l'Ibex à Madrid.
16:12Comment ça se fait que le CAC 40 ne gagne que 2% ?
16:15La réponse, elle est facile,
16:16Total Energy,
16:17PR 4,4%,
16:1977,34€,
16:20mais c'est normal,
16:21on est entré en sillage de la correction,
16:23on va dire assez brutale à court terme,
16:25du Brent,
16:26qui est à 101,50$,
16:27on prend quelques profits,
16:29après une excellente performance,
16:30plus 44% depuis le début de l'année.
16:33Société Générale a repris son chemin à la hausse,
16:35plus 7%,
16:3666,14€,
16:37on se consacre aux valeurs à fort bêta,
16:39comme on dit,
16:40notamment ArcelorMittal,
16:41qui a beaucoup souffert depuis que le pétrole
16:43n'a pas arrêté de grimper,
16:44c'était sans doute la valeur du CAC 40
16:46la plus réactive à la crise énergétique
16:47ces dernières semaines.
16:49Le titre reprend quasiment 7%,
16:50là on est à 46,78€,
16:52à noter la belle performance de Thalès aussi,
16:55qui gagne 6% à 267,10€,
16:57un petit coup d'œil sur ce qui se passe sur le SBF 120,
17:00Virilien,
17:01plus forte baisse,
17:02on est lié au secteur énergétique évidemment,
17:04moins 8% à 124€,
17:06en revanche très forte hausse
17:07pour pas mal de valeurs de la défense,
17:09et en particulier pour Excel Technologies,
17:11qui gagne 10,6% à 131,60€,
17:14motion spéciale pour la biotech,
17:16très bien orientée,
17:17et c'est singulièrement Nanobiotics,
17:18qui gagne 11% à 28,70€ après des bons résultats.
17:24Sébastien Corchia,
17:25Cogéfi,
17:26Raphaël Thuin,
17:27Tikeo,
17:27au milieu de ce contexte un petit peu compliqué,
17:31entre dynamique de croissance,
17:33un petit peu complexe,
17:35géopolitique toujours très compliqué,
17:37envie quand même d'avoir des valeurs sûres,
17:40est-ce qu'on n'est pas encore une fois,
17:41peut-être pour la deuxième fois en quelques mois,
17:43en train de se replier à fond sur les utilities,
17:45sur les spécialistes de l'infrastructure,
17:48de l'énergie,
17:48qui sont alors déjà très pourvoyeurs de rendements,
17:51de coupons,
17:51et ça c'est important quand on est actionnaire,
17:54et puis aussi de dynamique,
17:55parce qu'il y a de l'investissement,
17:56parce qu'il y a une volonté de sécuriser
17:58une certaine forme de souveraineté en Europe,
18:00c'est des valeurs qui sont très domestiques,
18:03est-ce que c'est pas un petit peu le carré de l'hypoténuse,
18:07du mouton à cinq pattes,
18:08la valeur que tout le monde veut finalement,
18:10que nos bonnes vieilles valeurs ennuyeuses
18:12redeviennent à nouveau des valeurs intéressantes
18:14et des petites pépites ?
18:15Oui, ça a été un des marqueurs de ce mois écoulé,
18:17effectivement les utilities se sont globalement bien tenus,
18:21alors il y a plusieurs facteurs,
18:23et vous en avez cité quelques-uns,
18:24effectivement il y a d'une part le fait qu'elles sont défensives,
18:27elles sont globalement moins cycliques
18:29que d'autres activités,
18:30dans ces conditions quand on a une peur sur le cycle,
18:33une peur de ralentissement économique,
18:35un choc exogène géopolitique par exemple,
18:38on aime bien aller se cacher dans ce type de secteur,
18:40donc c'est assez naturel de les voir surperformer,
18:42mais c'est vrai que ce facteur s'est doublé d'un autre facteur
18:46qui lui est présent depuis un certain temps,
18:48c'est une espèce de méga tendance qui se construit sur ce groupe,
18:51autour de l'IA, autour des centres de données,
18:54autour de l'électrification,
18:56là on est vraiment sur des temps longs d'investissement,
18:59qui sont eux aussi peut-être moins sensibles au cycle,
19:02au bruit, à la fureur du quotidien,
19:04et des annonces des uns et des autres,
19:07qui permettent aux investisseurs de se projeter,
19:09donc si vous prenez ce facteur défensif,
19:12et cette tendance de fonds positifs,
19:14effectivement c'était un bon véhicule pour les investisseurs,
19:17donc c'est à noter,
19:19on pourra même étendre la réflexion sur les défensives en général,
19:23les biens de consommation quotidienne par exemple,
19:25la santé,
19:26et c'est vrai qu'on a eu quelques déceptions malgré tout,
19:29pendant cette période,
19:30on s'est rendu compte que certains de ces secteurs,
19:32qu'on attendait un peu plus résilients,
19:34dans un phénomène de volatilité, de baisse,
19:36qui ont été emportés un peu avec le reste.
19:38Un petit peu emportés avec le reste,
19:40on parle en particulier des biens de consommation quotidienne,
19:42les fameuses staples,
19:43qui ont un petit peu déçu par ailleurs,
19:47la santé aussi n'a pas nécessairement bien performé,
19:49et on s'interrogera si demain,
19:51on rentre dans un monde un petit peu plus stagflationniste,
19:55avec un peu moins de croissance,
19:56un peu plus d'inflation,
19:57et peut-être que ça sera beaucoup moins de croissance,
19:59et beaucoup plus d'inflation, on verra.
20:02Traditionnellement, ce sont des secteurs
20:03dans lesquels on aime un petit peu se réfugier aussi,
20:06qui ne sont pas immunisés contre la baisse dans ce scénario-là,
20:09mais qui globalement font un peu mieux.
20:11Et c'est vrai que là, on voit des forces assez inhabituelles
20:14qui font qu'on n'est plus très certains de ces corrélations finalement.
20:17Donc ça sera un des facteurs à suivre.
20:19Sébastien Corchia, les utilities,
20:21c'est un secteur qui est toujours intéressant ?
20:24Raphaël a très bien expliqué le sujet,
20:26donc il n'y a pas grand-chose à rajouter.
20:28Je vais peut-être reprendre un de ses arguments sur l'IA,
20:32qui est effectivement bon côté,
20:34ça participe à l'IA avec l'électricité,
20:36et puis en même temps, ça ne souffre pas de l'IA,
20:39parce que juste avant la guerre, rappelez-vous,
20:41on a eu cette frénésie de rechercher,
20:45d'aller chercher dans les coins tout ce qui pouvait être disrupté par l'IA,
20:50et ça se faisait allumer en bourse.
20:53Et en fait, effectivement, les utilities ont un peu cette double casquette
20:58de pouvoir profiter de l'IA,
21:00et ne pas être disrupté par l'IA.
21:02C'est ça qui est assez intéressant,
21:05et qui renforce dans le contexte actuel,
21:08où j'aime bien dire, en ce moment,
21:10un train peut un cacher un autre,
21:11et en fait, il y a beaucoup de trains qui cachent beaucoup d'autres trains,
21:14c'est-à-dire qu'on a, pour ne pas revenir à l'Iran,
21:17mais on a l'Iran, on a le crédit,
21:19on avait les tarifs, on les a oubliés un peu,
21:21mais à un moment, ça va nous revenir.
21:23On avait cette disruption d'IA et autres,
21:25et vous avez vu, il n'y avait plus de valeur refuge.
21:28C'est un peu au niveau macro, on parle de l'or, des cryptos, de ceci, cela,
21:32mais il n'y avait plus de valeur.
21:33Et au niveau micro, c'est-à-dire des valeurs,
21:36il n'y en avait pas vraiment beaucoup,
21:38sauf à remplir son portefeuille de pétrole
21:41et de valeurs un peu alimentaires qui peuvent profiter,
21:44ou autres agroalimentaires,
21:45et puis se prendre l'inverse dans des journées mauvaises comme ça.
21:48Et effectivement, les utilities alignent.
21:52Alors, c'est souvent des longues traversées du désert aussi.
21:55Il faut rappeler aux gens que les utilities,
21:57vous dites boring company,
21:59parce qu'effectivement, des fois,
22:02le marché ne leur trouve pas beaucoup de qualité,
22:05il n'y a pas besoin d'être défensif,
22:06il n'y a pas une croissance qui est extraordinaire,
22:08il y a un rendement qui peut être challengé
22:10par le rendement des obligations.
22:11On peut trouver plein de choses
22:12qui font qu'on passe d'un désalignement de planètes
22:15à, cette fois-ci, un alignement de planètes.
22:18C'est un tout petit bémol.
22:19Elles commencent toutes, quand même,
22:21à être dans le haut de leur valorisation.
22:25Et il ne faudrait pas que quelqu'un qui dise
22:27« Ah, oui, tiens, ça, je n'avais pas vu ça,
22:29c'est une bonne idée,
22:30je vais remplir mon portefeuille d'utilities ».
22:32Il arriverait peut-être sur la fin de la partie, quand même.
22:35Oui, d'accord.
22:36Il y a quelque chose d'intéressant que je retiens,
22:38c'est ce côté à la fois exposé à l'IA
22:41et pas exposé à l'IA,
22:42dans le sens où, et on le voit,
22:44et on l'a vu, Sébastien Lecornu,
22:45qui demande un plan,
22:47il n'y a pas que l'IA qui va électrifier la société,
22:49il y a toute l'industrie qui a besoin de s'électrifier.
22:51Donc, on a besoin d'électriciens,
22:53on a besoin de spécialistes de l'infrastructure électrique,
22:56comme Schneider Electric, comme Legrand,
22:58on a besoin d'énergéticiens patentés,
23:00de BTP spécialisés,
23:01on voit que Bouygues,
23:04Keffage, etc.,
23:05sont eux aussi,
23:06Altaria est même à fond sur les data centers.
23:09Regardez, la Chine,
23:10on n'en parle pas trop en ce moment,
23:12parce que ce n'est pas trop le focus des investisseurs,
23:14mais un pays en ce moment qui regarde de loin,
23:18sans trop d'inquiétude, à mon avis,
23:20la situation,
23:21c'est la Chine,
23:22avec un niveau d'électrification assez extraordinaire,
23:26très en avance sur tous les autres pays,
23:28donc il y a ses conforts,
23:30et puis en plus,
23:31accessoirement,
23:32des réserves pétrolières pléthoriques,
23:34puisqu'ils détiennent à peu près
23:3610 jours de consommation mondiale,
23:38140 jours de leur propre consommation,
23:40et puis vu le delta qui leur manque,
23:42à ce rythme-là,
23:43ils peuvent tenir 700 jours
23:44sans qu'ils soient gênés.
23:46Et puis, ils ont 50% de charbon encore.
23:48Ils ont du charbon.
23:49Donc en tout cas,
23:50mais sur l'électrification,
23:51ils ont compris depuis un certain temps,
23:53et je regardais un peu par curiosité
23:54des valeurs chinoises
23:55cotées à New York hier,
23:57même si ce n'est pas ma spécialité,
23:58et je m'apercevais que dans le rebond hier,
24:02suite à l'annonce,
24:04eh bien, il y avait des valeurs
24:06de voitures électriques
24:08cotées à New York
24:09qui progressaient très fortement.
24:11Bah oui, parce que ça va,
24:13cette crise-là va renforcer
24:14qu'il faut être encore plus électrifié
24:16chez eux comme chez nous, d'ailleurs.
24:17Oui, bien sûr.
24:18Les Xpeng, les Wadi, etc.
24:21C'est très intense.
24:21Sous-titrage Société Radio-Canada
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