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  • il y a 17 minutes
Face à la guerre au Moyen-Orient, le solaire peut devenir un levier d’amélioration de la souveraineté énergétique française. Photosol, acteur historique de ce secteur, se focalise sur le marché français pour y construire des infrastructures de production. Alix Lajoie, présidente de l’entreprise, explique qu’elle a besoin que la France fixe de meilleures ambitions et établisse une politique plus stable pour relever ces défis.

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Transcription
00:04Etes-vous prêts, êtes-vous prêtes pour l'impact ?
00:06C'est la question que je pose chaque jour à une personnalité qui compte dans notre économie.
00:10Et je reçois aujourd'hui Alix Lajoie, bonjour.
00:12Bonjour.
00:12Bienvenue, vous êtes la présidente de Photosol, c'est une entreprise qui a été créée en 2008.
00:17Alors c'est drôle parce que votre histoire, elle est complètement liée à celle de l'entreprise, racontez-nous.
00:23Oui tout à fait, donc Photosol aujourd'hui, nous on est producteur d'énergie renouvelable
00:26et donc on développe, on finance et puis on produit de l'énergie à partir de grandes installations solaires.
00:33Et mon parcours est peut-être un peu atypique puisque j'ai effectivement rejoint l'entreprise à ses débuts,
00:37lorsqu'elle était une start-up en 2009.
00:40Une des premières salariées ?
00:42La première salariée de l'entreprise, on peut le dire.
00:45Et puis effectivement, petit à petit, j'ai développé l'entreprise aux côtés des fondateurs,
00:49puis nous avons cédé l'entreprise à l'actionnaire Ruby,
00:53qui ensuite m'a nommée à la présidence du groupe Photosol.
00:55C'est quand même un beau destin commun entre Photosol et vous.
01:02Donc on a quoi ? On a 18 ans quasiment d'expérience, de bilan.
01:08C'est un secteur qui a été quand même soumis à des injonctions, des règlements, des crises.
01:15Comment vous avez résisté à ces différentes difficultés ?
01:20Absolument.
01:21Donc effectivement, le développement des énergies renouvelables, ce n'est pas linéaire.
01:24On dit souvent que c'est cyclique.
01:26Et il y a eu plusieurs cycles de développement dans le parcours de Photosol et des énergies renouvelables en général.
01:32Donc nous, on est assez focalisés sur le marché français et quelques marchés européens également.
01:37Et donc en France, il y a eu effectivement des premières accélérations et ralentissements du développement dans les années 2010,
01:43avec un moratoire qui avait été prononcé,
01:45puis des réinvestissements enclenchés à l'issue de nouvelles initiatives politiques.
01:50Le secteur énergétique, c'est un secteur régulier.
01:53C'est un secteur qui nécessite une vision et une ambition politique pour pouvoir investir dans les infrastructures
01:59et avoir une vision d'avenir sur lequel on construit des infrastructures et on produit pendant très longtemps.
02:05Pendant très longtemps, les installations durent 35 ans, voire 40 ans en moyenne.
02:10C'est vraiment du temps long.
02:11Donc il nous faut du temps long, il nous faut une vision politique,
02:13il faut une impulsion pour que les investissements puissent être levés.
02:17Et donc ça, c'est effectivement assez variable dans le temps.
02:20Et si on prend un exemple récent, cette loi, d'ailleurs ce n'est pas une loi,
02:24ça a été un décret de programmation pluriannuelle de l'énergie
02:26que tous les secteurs ont attendu pendant des années.
02:31Quelles conséquences ça peut avoir pour une entreprise comme la vôtre ?
02:35C'est-à-dire que vous étiez dans une sorte d'incertitude ?
02:38Comment ça se passait ?
02:39Absolument.
02:40En fait, aujourd'hui, on est dans une situation un petit peu paradoxale
02:43parce qu'on est en crise énergétique dans le monde.
02:47On voit la guerre en Iran, l'explosion des prix oil and gas partout dans le monde
02:51qui touche tout le monde.
02:54Et on a envie de répondre à ça en disant que le développement de l'énergie renouvelable
02:58est un amortisseur de crise puisque ça permet de sécuriser des prix d'électricité
03:03très bas et stables dans le temps.
03:06En revanche, en France, on a un peu à rebours de tout ce qui se passe,
03:11on met beaucoup de temps et on a créé une période d'instabilité réglementaire
03:15notamment depuis la dissolution de l'Assemblée nationale, il y a deux ans maintenant,
03:20où une succession de gouvernements a mis beaucoup de temps à sortir
03:23cette programmation pluriannuelle de l'énergie.
03:25On a eu deux, trois ans de retard pendant laquelle on n'avait pas de visibilité.
03:29Vous investissez moins par exemple ? Il y a des projets sur lesquels vous dites
03:32on ne va peut-être pas y aller parce qu'on n'est pas sûr que le contexte réglementaire
03:36nous sera suffisamment favorable ?
03:38Absolument. Les entreprises, elles ont besoin de visibilité pour pouvoir investir
03:42et planifier dans le temps leurs besoins et leurs ressources.
03:45Et c'est ça qui nous manque aujourd'hui.
03:48La France avait des ambitions à annoncer avec la loi APER en 2023,
03:52avec le pacte solaire qu'on a signé dans ces années-là,
03:55avec des ambitions énormes.
03:57Et la programmation pluriannuelle, trois ans plus tard, ralentit ces ambitions-là.
04:02Alors il y a quand même 48 gigawatts d'ambition pour la France développée
04:06pour le solaire en 2030, et entre 55 et 80 gigawatts annoncés pour 2035.
04:11Donc c'est quand même une croissance, mais en fait elle est réduite
04:15largement par rapport à ce qui avait été annoncé deux ans auparavant.
04:18Donc c'est un peu des stop and go que la filière subit,
04:20et moi en tant que chef d'entreprise, les stop and go, je n'aime pas ça.
04:24Je ne sais plus planifier mes investissements.
04:27Donc aujourd'hui, on a un plan pluriannuel de l'énergie.
04:30On a félicité effectivement le gouvernement à l'époque
04:32de nous avoir enfin donné un peu de visibilité.
04:34Et depuis, on est toujours dans un marasme
04:37où on attend des appels d'offres pour pouvoir vendre notre énergie,
04:41qui mettent du temps à sortir.
04:43Ils ont annoncé une des ambitions de 2,9 gigawatts par an
04:46pour le solaire, de nouvelles moyennes de production.
04:49Et bien aujourd'hui, ils viennent tout juste, il y a moins d'un mois,
04:51d'annoncer, même pas un tiers de ça, 925 mégawatts en appel d'offres
04:58pour l'année 2025, pour l'instant.
04:59Donc ça veut dire que pour l'instant, si je l'entends bien,
05:00les promesses de la PPL ne sont pas tenues ?
05:04Elles sont, pour l'année 2026,
05:06elles ne seront pas au volume annoncé initial de 2,9 gigawatts par an, non.
05:11On a beaucoup de mal à rebondir par rapport à ça,
05:13et à savoir se positionner.
05:15Donc ça va accroître la compétitivité entre les entreprises,
05:18ce qui peut être un bon signe pour tendre les prix de l'énergie vers le bas.
05:24Et ça, c'est OK.
05:25Mais par contre, il nous faut quand même une visibilité,
05:27que les volumes minimums vont être maintenus comme annoncés
05:29pour qu'on puisse conserver nos investissements.
05:32Est-ce que ça veut dire que vous êtes condamné ?
05:35C'est pas condamné, parce que c'est plutôt une bonne nouvelle.
05:38À vous diversifier vers d'autres pays ?
05:40À vous développer à l'international ?
05:42Oui, non, j'aime pas trop le mot condamné, au contraire.
05:45Non, c'est pas le bon mot.
05:47Effectivement, nous, on opère sur des marchés régulés.
05:49Donc il faut qu'on soit diversifiés
05:51pour pouvoir pallier à des stop-and-go réglementaires.
05:54Et clairement, la France, pour l'instant,
05:56est plutôt dans un ralentissement et dans un stop de la filière.
06:01Ce qui se joue en ce moment est assez important.
06:04Donc déjà en France, j'aimerais pouvoir demander plus de visibilité
06:09et plus d'annonces sur des AO sur un certain nombre d'années
06:12sans remettre ça en cause tous les six mois.
06:14Et ensuite, oui, à titre de photosol,
06:18nous on diversifie à l'international.
06:19Vous êtes déjà présent dans d'autres pays ?
06:20Oui, on est présent dans différents pays européens.
06:22En Italie notamment, on a une branche qui construit
06:25et qui exploite des parcs solaires également.
06:27Et puis on regarde d'autres marchés comme l'Europe de l'Est,
06:30la Pologne, etc., sur lesquels on se développe.
06:32Et alors, est-ce qu'à l'inverse de la France,
06:34il y a d'autres pays qui, eux, sont plutôt dans le go ?
06:37Est-ce qu'il permet d'équilibrer ?
06:38Ou alors, est-ce que ce côté cyclique que vous décriviez,
06:43il est malgré tout assez européen ?
06:46Vous voyez ce que je veux dire ?
06:47Non, non, la France est particulière.
06:49Les autres pays accélèrent.
06:51L'Italie, elle a par exemple un programme,
06:53en termes de comparaison, un programme d'appel d'offres
06:55de 4 gigawatts par an, à comparer avec la France
06:57qui vient d'annoncer 925 mégawatts
06:59et qui voulait avoir l'ambition de faire 2,9 gigawatts.
07:03Donc là, l'Italie accélère bien plus,
07:05et les autres pays également.
07:07La France, je pense que sa particularité,
07:09elle vient du fait qu'elle a quand même l'énergie nucléaire
07:12bien au-delà des mixtes énergétiques des autres pays.
07:14C'est plus de 60 ou 70 % du mixte énergétique français.
07:18De l'électricité fournie par le nucléaire,
07:22il n'y a pas de pays qui fait plus au monde.
07:2460 % on est leader.
07:26Voilà.
07:27Donc ça, c'est un enjeu qui peut expliquer
07:32pourquoi la France, elle ne se dépêche pas
07:34d'accélérer autant que les autres pays.
07:35Pour autant, quand on écoute Arthur Mensch
07:38qui fait sa présentation à la commission d'enquête
07:41la semaine dernière,
07:42qui annonce des besoins colossaux
07:43de consommation énergétique
07:45pour l'industrie de la data,
07:46je crois qu'il a annoncé 40 gigawatts de besoins
07:48d'ici à 2030, c'est astronomique.
07:50Mais c'est astronomique, il disait
07:51qu'il faudrait construire 24 EPR2.
07:56Alors, on est d'accord.
07:57Là, il y a un programme pour 6
07:59et on ne sait pas en combien de temps on va les faire.
08:01Donc effectivement, on se dit, c'est illusoire,
08:04ça n'arrivera pas.
08:05Non, c'est très, très ambitieux.
08:07Je pense que ce qu'il faut,
08:08le programme annonce aujourd'hui,
08:10c'est 6 nouveaux EPR2.
08:11Il faut surtout accompagner ça
08:12du développement des énergies renouvelables
08:14avec les installations de batterie.
08:16Il faut les deux piliers, quoi.
08:16Il faut les deux piliers.
08:18Et je préfère rappeler
08:19que le développement des énergies
08:21est beaucoup plus rapide
08:22et décentralisé
08:24et s'accompagne avec les batteries
08:25d'une énergie tout autant,
08:27voire plus compétitive, évidemment,
08:28que les nouveaux EPR2
08:30qui seront nécessaires.
08:31Oui, ça pose la question du pilotage
08:32et la critique qui est faite régulièrement aux énergies.
08:36Mais ça, on y reviendra un peu plus tard.
08:37Je voudrais vous citer,
08:38c'était il y a quelques semaines
08:39dans un post sur LinkedIn,
08:40vous disiez l'énergie,
08:41c'est plus seulement une question technique
08:43ou climatique,
08:44c'est un choix de souveraineté
08:46et de dépendance.
08:47On voit bien,
08:48on est en plein dedans
08:49avec une guerre au Moyen-Orient
08:51qui dure depuis bientôt 3 mois.
08:54Et pour autant,
08:56à vous écouter, là,
08:57depuis une dizaine de minutes,
08:58ce sentiment que ça n'infuse pas,
09:03cette urgence
09:05de renforcer notre souveraineté énergétique.
09:08En tout cas,
09:08je pense qu'il y a quand même
09:09une prise de conscience.
09:10Il y a eu des annonces
09:11faites par le gouvernement.
09:12Mais derrière les annonces,
09:14moi, effectivement,
09:16je trouve qu'on pourrait aller plus vite
09:18et qu'il faut que ça infuse
09:19de façon plus vite
09:21en se transformant
09:22par des mesures d'application.
09:24Et la première,
09:25c'est de prendre conscience
09:25que l'urgence pour la souveraineté
09:27de l'Europe,
09:28c'est de sortir de la dépendance
09:29à l'oil et de gaz.
09:30Donc, c'est d'électrifier les usages.
09:32Alors, il y a un plan d'électrification
09:34qui est annoncé,
09:35à mon sens,
09:36pas du tout suffisant
09:37ni assez ambitieux.
09:39Et donc, c'est ça que je dis,
09:40c'est qu'on n'accélère pas assez vite
09:42sur les moyens mis en œuvre
09:44pour la transition énergétique
09:47et pour le changement des usages.
09:48Oui.
09:49Alors, effectivement,
09:49les critiques qui sont faites
09:52aux énergies renouvelables,
09:54pas seulement aux photovoltaïques,
09:56c'est la question du pilotage.
09:59Qu'est-ce que vous répondez
10:00à ceux qui disent, de toute façon,
10:02ce n'est pas pilotable,
10:03certaines des ONR ne sont pas pilotables,
10:06un mix énergétique 100% énergie renouvelable,
10:09c'est totalement illusoire,
10:11ça ne répondra pas aux besoins.
10:12Je ne suis pas du tout d'accord avec ça.
10:14Pas du tout.
10:15Non, non, non.
10:16Oui, on est une énergie intermittente
10:18dans le sens où on dépend du solaire
10:19ou du vent, etc.
10:20En revanche, on est pilotable.
10:21On est pilotable d'abord aujourd'hui
10:23par des actions de commande
10:24à distance de tous nos systèmes
10:26et donc pilotable à la baisse
10:28puisqu'on peut décider d'arrêter
10:29tout ou partie de toutes nos installations solaires
10:32à la demande du gestionnaire
10:33de réseau ou de marché.
10:37Donc, aujourd'hui,
10:38les installations solaires sont pilotables.
10:40Ce n'était peut-être pas le cas avant
10:41puisqu'elles avaient moins de contrôle commande,
10:43mais c'est important de se rendre compte
10:44que c'est le cas aujourd'hui.
10:46Et ensuite, regardez les modèles
10:47des pays qui n'ont pas de nucléaire,
10:49il y en a beaucoup.
10:51En Californie,
10:52ils ont explosé
10:54les moyens de production renouvelable
10:56accompagnés de moyens de stockage
10:57parce que c'est effectivement
10:58des outils de flexibilité nécessaires.
11:00Vous avez raison.
11:01Et nous, ce qu'on défend,
11:02c'est qu'en développant
11:03les énergies renouvelables massivement
11:05accompagnés de moyens de flexibilité
11:06comme des installations
11:07de stockage d'énergie,
11:08on peut reporter
11:10les pics de consommation
11:11des énergies renouvelables
11:12de production
11:13le soir ou le matin
11:15quand on a des pics
11:16de consommation nécessaires
11:18et donc de correspondre
11:19aux besoins des consommateurs.
11:21Mais ça, ces moyens de stockage,
11:24technologiquement,
11:24on en est où ?
11:26Je pense qu'on est aujourd'hui
11:27arrivé à justement
11:28une filière qui atteint
11:29un stade mature.
11:30Les prix de ces installations
11:33par batterie
11:37ont drastiquement baissé
11:39mais de façon colossale
11:41ce qui permet à ces installations
11:42maintenant de pouvoir
11:44se développer en étant rentables
11:46accompagnés des moyens de production.
11:48Et donc c'est ça qui s'est passé
11:49avec un développement massif
11:50du stockage aux Etats-Unis
11:51puis en Europe, en Allemagne,
11:53il y en a partout.
11:53En Italie, il y a des gros appels
11:55d'offres pour des volumes énormes.
11:56Ça permet d'apporter
11:57des services système au réseau,
11:59des régulations en fréquence,
12:00des régulations en volume,
12:02en tension, pardon.
12:03Ça permet d'arbitrer
12:04sur les marchés de l'énergie
12:05les pics et les creux de consommation
12:09et du coup de moduler
12:11tout le système énergétique.
12:12Alors votre dernière réalisation,
12:14on va rentrer dans un projet
12:16très concret
12:16puisqu'il est opérationnel
12:18je crois depuis quelques semaines.
12:19C'est à Creil,
12:21le parc solaire de Creil,
12:2320 mois de construction,
12:24150 millions d'euros
12:25d'investissement,
12:26350 000 modules implantés
12:28sur 150 hectares
12:30et une production annuelle
12:33annoncée de plus de 200 gigawatts-heure.
12:36C'est ça, je ne me trompe pas,
12:37l'équivalent de la consommation annuelle
12:38de 85 000 personnes.
12:40Donc ce n'est pas un petit parc solaire.
12:42C'est quoi, l'un des plus gros en France ?
12:45C'est ça ?
12:46C'est ça, effectivement,
12:47on est assez fiers de cette réalisation.
12:49On vient de mettre en service
12:49cette installation à Creil
12:52qui est la deuxième plus grosse installation
12:54de production solaire en France.
12:56Donc grande fierté pour nous
12:58et c'est un bel exemple
12:59de ce que la filière peut créer.
13:01C'est des effets d'échelle
13:03avec ces volumes-là
13:05qui permettent d'atteindre
13:06des prix de l'énergie très bas,
13:07de fournir de l'énergie
13:09à plus de 85 000 personnes.
13:11Et juste pour vous donner aussi
13:12un titre d'exemple
13:13et répondre à certaines informations
13:15qu'on peut entendre,
13:17cette centrale-là,
13:18c'est de l'investissement
13:20principalement en France.
13:21C'est plus de 130 millions
13:22investis par Photosol
13:24qui est réinjecté
13:26dans l'économie française.
13:28On parle des constructeurs,
13:29on parle des installateurs,
13:31on parle de tous les fournisseurs
13:33d'équipements électriques ou techniques.
13:36et puis on parle aussi
13:40du paiement par cette production électrique
13:44de retombées fiscales locales.
13:46C'est plus de 600 000 euros annuels
13:47qui est reversé à tout l'écosystème territorial
13:51avec des moyens de prélèvement fiscaux.
13:56Et donc on est assez fiers de dire
13:58que c'est un projet qui est impactant
13:59pour le territoire financièrement,
14:01créateur de valeurs
14:02et surtout qui permet de produire
14:04une énergie stable et prévisible dans le temps.
14:06C'est une façon de répondre à la critique
14:08qui consiste à dire
14:08que les panneaux solaires aujourd'hui
14:10viennent de Chine.
14:11Oui, aujourd'hui les panneaux viennent de Chine.
14:13C'est à 80, je ne sais pas, 15%.
14:16Est-ce qu'il y a vraiment une alternative ?
14:20Alors, les panneaux viennent effectivement
14:22majoritairement, très majoritairement de Chine
14:23pour l'ensemble des acteurs installateurs solaires.
14:26En revanche, ça représente quoi
14:27sur l'investissement d'une installation ?
14:29Dans un grand parc de production,
14:31c'est moins de 15% des investissements.
14:33D'accord.
14:34Donc tout le reste,
14:35ce que je vous expliquais,
14:35tout le reste,
14:36c'est l'idée de l'économie française ou européenne.
14:39Alors pour cette partie
14:41de panneaux photovoltaïques,
14:43il y a des initiatives
14:46de réindustrialiser en Europe
14:47et en France notamment
14:48la production de panneaux solaires.
14:50Vous y participez ?
14:51Oui, on y participe.
14:52On soutient deux grands projets.
14:55Alors malheureusement,
14:56il y a un mauvais signal
14:56qui est paru dans la presse aujourd'hui
14:58qui est que l'un des deux grands projets carbone
15:00a décidé d'arrêter.
15:03Donc c'est un mauvais signal
15:04et pour moi,
15:05c'est le reflet de toute cette incertitude française
15:07que l'on vit depuis 2-3 ans.
15:08Je pense que c'est en train de commencer
15:10à faire beaucoup de dégâts,
15:11notamment l'arrêt de ce grand projet industriel.
15:12C'était plus de 3 000 emplois à la clé
15:14qui ne verront pas le jour à faussure mer
15:16du fait de ces stop-and-go
15:18que la filière subit.
15:19Il reste des beaux projets.
15:21On soutient aussi Holosolisk,
15:22qui est un projet d'usine
15:23plutôt dans l'est de la France
15:24et qu'on espère qu'il pourra voir le jour
15:26d'ici quelques années.
15:28Je lisais en préparant l'émission
15:30à propos du parc solaire de Creil
15:32qu'il avait fallu 6 ans
15:35pour le mettre en place.
15:37Alors 20 mois de construction,
15:38mais 6 ans pour le mettre en place.
15:40Donc là, on est dans la complexité administrative
15:43et réglementaire française, c'est ça ?
15:45Ça a été très compliqué ?
15:47Ça a été compliqué du fait de sa taille.
15:49C'est des enjeux territoriaux importants
15:51et ça met du temps à développer.
15:54Mais effectivement,
15:57les ENR, c'est des grands projets,
15:59ça met du temps.
15:59C'est un temps très long de développement.
16:01On parle de 3 à 8 ans de développement
16:02avant même de pouvoir produire
16:04le moindre électron sur le réseau.
16:07Et donc ces développements-là,
16:09c'est nous qui portons un risque d'investissement
16:11pendant toutes ces années jusqu'à faire aboutir un projet.
16:14Et ensuite, c'est une période de production électrique
16:16pendant 35 à 40 ans minimum.
16:19Mais cette phase-là, pendant 8 ans, c'est long.
16:22Ça nécessite de pouvoir supporter des coûts
16:24de ressources humaines pour traiter les dossiers
16:26et de discuter avec un dialogue infini,
16:29parfois qui semble infini en tout cas,
16:31pour pouvoir faire aboutir ces projets.
16:33Donc c'est aussi le reflet d'une complexité française.
16:37C'est un des temps les plus longs, je pense,
16:40en Europe certainement et dans le monde.
16:42C'est pour ça que je parlais de complexité administrative
16:43parce qu'il y a cette volonté affichée
16:46notamment par le Président de la République
16:47de multiplier les projets un peu en mode Jeux Olympiques
16:50ou en mode Notre-Dame de Paris,
16:52c'est-à-dire simplifier les procédures.
16:56Concrètement, où est-ce que vous avez perdu du temps
16:59par rapport à un projet similaire dans un autre pays ?
17:02Eh bien, on a eu cette loi d'accélération des énergies renouvelables,
17:07la loi APER, mai 2023, mars 2023,
17:09qui était censée apporter des moyens de simplification.
17:15Notre perception de la filière, c'est qu'il n'y a rien dû simplifier
17:18et qu'on a augmenté les exigences.
17:21Donc ça, ce n'est pas plus mal pour certains critères,
17:23mais qui dit augmenter les exigences,
17:25dit augmenter la complexité et le temps de traitement.
17:27des administrations qui se sont retrouvées effectivement un petit peu débordées,
17:31des critères plus exigeants qui demandent la consultation de multiples acteurs
17:36et ça n'a fait qu'augmenter.
17:39Donc on espère qu'il va y avoir des...
17:42Il y a des prises de conscience quand même de cette complexité aujourd'hui
17:44et qu'on essaye de donner aux administrations des moyens
17:47de pouvoir accélérer les traitements de nos dossiers.
17:50Et donc j'appelle ça de tous mes vœux, effectivement.
17:53Effectivement. Alors il y a un principe dans cette émission,
17:55c'est que l'invité du Grand Entretien pose une question
17:57à celui ou celle qui lui succède.
17:59La semaine dernière, on avait Angelo D'Ambrosio,
18:02qui est le directeur général Europe du Sud d'Acer.
18:05Voici sa question.
18:07Bonjour Alix.
18:09Alors j'ai vu et découvert que Photosol était un pionnier de l'agrivoltaïsme
18:14et je me demande, et je suppose que c'est un enjeu majeur pour votre entreprise,
18:20les panneaux photovoltaïques, avec des grands parcs qui sont implantés à travers le territoire,
18:30quels sont vos enjeux d'installation, de recyclage, de maintenance de ces grands panneaux ?
18:35Parce que j'imagine que ça doit être un sujet très important pour votre entreprise.
18:39Je vais me concentrer sur la partie recyclage.
18:41Qu'est-ce qui deviennent les panneaux ?
18:43Les panneaux sont recyclables à plus de 95%.
18:46Donc c'est important de le savoir.
18:49Et en plus, en France, on a quand même une avance là-dessus,
18:52c'est qu'on a constitué une filière industrielle de recyclage de ces composants.
18:57Donc c'est notamment organisé via des éco-organismes,
19:01notamment Sorène pour la France, dont je suis également administratrice.
19:05Et donc Sorène, en tant qu'éco-organisme, collecte auprès des émetteurs de marché
19:10une éco-participation qu'il conserve pendant des années,
19:14qui permet d'organiser la collecte future et le recyclage à terme de ces modules.
19:23Donc en fait, c'est au moment où on les achète que l'on paye le prix du recyclage futur
19:28de ces modules.
19:29Ça garantit, ça assure le fait que ça sera fait.
19:32Et puis en plus, l'éco-organisme met en place toute la chaîne industrielle.
19:35Donc les usines qui se montent de recyclage, etc.
19:38Donc c'est un bon dynamisme économique aussi,
19:41un débouche économique pour les usines françaises
19:43qui sont en train de se développer pour pouvoir recycler.
19:46Et sur l'agri-voltaïsme, on en est où ?
19:49Parce que là aussi, nous, on a reçu ici assez régulièrement des entreprises qui le faisaient,
19:54des agriculteurs qui avaient fait ce choix, etc.
19:56Est-ce que vous avez l'impression qu'on est plutôt dans un stop,
19:59pour reprendre l'expression que vous utilisiez tout à l'heure,
20:01ou plutôt dans un go ?
20:03Alors nous, effectivement, on est très fervent partenaires de l'agri-voltaïsme.
20:09C'est notre cœur de métier.
20:11On réalise et on conçoit des parcs solaires en accord avec souvent un ou deux exploitants agriculteurs.
20:17Et on cohabite ensemble sur le site où on produit de l'énergie et de l'agroaliment,
20:25enfin de l'agriculture, sur la même parcelle.
20:28Donc c'est assez beau comme concept.
20:31Ça partage la valeur sur le territoire.
20:35C'est aussi des panneaux, ça dépend desquels,
20:37mais qui peuvent servir d'ombrières,
20:38enfin qui peuvent permettre aux bétails de se protéger du soleil de temps en temps, c'est ça ?
20:44Absolument.
20:45Donc sur l'élevage, il y a plusieurs activités,
20:47mais sur l'élevage, on travaille avec différents types de bétails,
20:50tout ce qui est ovins, bovins, avicoles aussi, faune avicoles.
20:54Et donc oui, ils aiment bien les parcs parce que c'est silencieux,
20:58parce que c'est immobile,
20:59ou alors si ça bouge en tant que tracker, ça penche légèrement les modules,
21:04et ça fait de l'ombre.
21:05Donc en fait, justement, par là de changement climatique,
21:10dans ces montées en température et ces grosses vagues de chaleur que l'on peut avoir,
21:15finalement, ça préserve beaucoup la pousse de l'herbe et les terrains.
21:18Est-ce qu'il y a des freins ?
21:19Et si oui, lesquels ?
21:20Oui, il y a des freins.
21:21Il y a des freins aujourd'hui,
21:23donc on a parlé des incertitudes politiques,
21:26on a parlé un petit peu de l'embrouglio administratif,
21:30qui est très compliqué,
21:32et qui est accentué par une surcouche de réglementation.
21:38Il y a des enjeux de partage de valeurs dans les territoires
21:41et avec le monde agricole sur lequel on travaille,
21:43et je trouve que ça avance plutôt très bien.
21:45Donc je ne mets pas ça dans un frein,
21:47mais ça fait partie des enjeux qu'il faut avoir en tête.
21:50Et puis, il y a l'enjeu du réseau électrique,
21:53qui doit s'adapter à ces infrastructures,
21:56qui doit investir pour être disponible.
22:00Et effectivement, aujourd'hui,
22:02pour l'électrification et l'augmentation des sources de production électrique,
22:06la disponibilité du réseau est un frein.
22:08Est-ce que vous devez faire face
22:11à un certain nombre de fausses informations,
22:13de fake news sur la transition énergétique,
22:16et notamment sur votre cœur de métier,
22:18sur le photovoltaïque ?
22:19Parce que ça devient de plus en plus compliqué
22:22pour les citoyens et pour les consommateurs de se faire un avis.
22:25On est bombardés de fake news,
22:27et je suis contente que vous me posiez la question,
22:28en tant que journaliste,
22:30parce que, oui, dans le débat médiatique,
22:37les contre-vérités sur le monde du renouvelable,
22:39et notamment du solaire, sont acharnées.
22:43Donc, si je peux en rétablir quelques-unes.
22:46Allez, on va casser quelques fausses infos, allons-y.
22:49Vous l'avez déjà dit,
22:50les énergies renouvelables sont des énergies pilotables aujourd'hui.
22:54Elles peuvent être flexibles,
22:56accompagnées d'outils de flexibilité, comme le stockage.
22:58Et elles produisent l'énergie,
23:01le nouvel électron le moins cher que vous pourrez trouver aujourd'hui
23:04et dans le monde, et pour les décennies à venir.
23:07Elles sont prévisibles.
23:09Le solaire, on a des données météo de plus de 40 ans d'historique.
23:12Je sais exactement prédire quel temps et quelle irradiation
23:16je recevrai demain, et donc comment je pourrai produire.
23:20Si elles sont intermittentes, elles peuvent pallier à ces défauts-là.
23:25Deuxième contre-vérité, on ne pèse pas cher sur le budget de l'État.
23:31C'est important de l'avoir en tête.
23:33C'est contraire à tout ce que vous pouvez souvent lire.
23:37C'est quoi le coût des énergies renouvelables du solaire ?
23:40C'est 5 à 7 milliards d'euros dans le casse de l'État
23:43pour compenser les prix de l'énergie qu'ils soutiennent via des contrats long terme.
23:47Mais c'est rien sur des infrastructures énergétiques,
23:505 milliards d'euros.
23:51À titre de comparaison,
23:52L'importation de fuel, c'est 80 milliards d'euros hors crise par an.
23:58Le nucléaire, c'est 1 milliard d'euros d'importation de combustible par an.
24:06Une crise énergétique, c'est une centaine de milliards d'euros de surcoût non prévu par an.
24:12Donc investir régulièrement 5-6 milliards par an
24:14pour des nouvelles infrastructures fiables et prévisibles,
24:16je ne peux pas accepter qu'on dise que c'est cher.
24:19C'est une contre-vérité à l'échelle de l'ordre de grandeur
24:21de ce que c'est qu'une infrastructure de production d'énergie.
24:28C'est déjà deux contre-vérités qui me viennent à l'esprit.
24:32C'est une contre-vérité qui était importante de combattre ça.
24:35Si vous vous projetez dans 10 ans,
24:40qu'est-ce qui pourrait vous rendre la plus fière ?
24:45Ce qui me rendrait la plus fière,
24:47c'est qu'effectivement,
24:49Photosol puisse s'être développé à hauteur de nos ambitions sur le marché français,
24:54qu'on continue à pouvoir s'étendre en Europe
25:00et que la France ait réussi son électrification d'usage
25:04en soutenant un peu plus massivement que ce qu'ils ont prévu de faire,
25:07l'électrification de la mobilité des industries françaises.
25:11Merci beaucoup.
25:12Et puis qu'on puisse voir naître une industrie de fabrication de panneaux en France.
25:16Oui, que renaître, parce qu'on était bon.
25:20On était bon jusqu'à la fin des années 80, si je ne me trompe,
25:23des années 80-90.
25:24Merci encore Alex Lajoie, à bientôt sur Be Smart for Change.
25:27On passe à notre rubrique Startup tout de suite.
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