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  • il y a 6 heures
Ce vendredi 8 mai, Nicolas Voinchet, responsable de l'allocation et des thématiques actions chez BNP Paribas CIB, et Sylvain Tiger Loganadin, fondateur d'Ultra Bourse, se sont penchés sur la réaction des marchés face à l'évolution de la situation au Moyen-Orient, l'impact de l'intelligence artificielle sur l'emploi, la place qu'occupe la tech sur les marchés boursiers, la levée de fonds massive d'Anthropic pour cet été, ainsi que le marché de l'automobile en Europe, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:04Nos experts du club, ils viennent à l'instant de nous rejoindre pour cette dernière demi-heure de la semaine
00:08sur les marchés.
00:09Nicolas Wanchet, responsable de l'allocation et des thématiques actions de BMP Paris Basse CIB.
00:13Bonsoir Nicolas.
00:14Bonsoir Guillaume.
00:15Bienvenue.
00:15Et Sylvain Tijet, Logan Adin, fondateur d'Ultra Bourse.
00:18Bonsoir Sylvain.
00:19Bonsoir Guillaume.
00:20Bienvenue également, c'est votre première dans le club de la bourse ce soir.
00:23Pas sur BFM Business mais dans le club, c'est votre première bienvenue.
00:25Donc Wall Street est en hausse, on aurait pu dire ça quasiment tous les jours cette semaine.
00:29Voilà, vous prenez le replay d'hier, d'avant-hier, tout ça, c'est presque pareil.
00:33Wall Street est en hausse aujourd'hui sur de nouveaux records.
00:35Je ne rigole pas, on est sur un nouveau plot historique sur le Nasdaq comme sur le S&P.
00:38Le CAC lui est en baisse d'1,2% Nicolas.
00:41C'est malheureusement assez logique, je peux l'expliquer de manière très simple.
00:48Les marchés ont compris qu'il y avait aujourd'hui une dimension très importante liée à l'IA.
00:52Je pense que vous en parlez tous les jours avec tout type d'interlocuteurs sur le plateau.
00:56On avait dit qu'on ne prenaissait pas le mot IA avant deux minutes.
00:59Oui, c'est impossible, surtout quand on commençait à parler du Nasdaq.
01:02Donc on est obligé quand même de parler de l'IA immédiatement.
01:05Aujourd'hui, on a une thématique qui est que la nouvelle économie mange l'ancienne économie.
01:11Le capital potentiellement mange le travail.
01:13Mais cette idée, c'est que la nouvelle économie, quand on veut l'acheter, on l'achète aux Etats-Unis.
01:17On l'achète aussi, et vous le savez, également en Asie, en Chine, en Corée, etc.
01:21Donc on parle beaucoup de ces marchés-là.
01:23Et en parallèle, en Europe, on a très peu d'expositions à la technologie, hormis quelques valeurs, mais beaucoup plus
01:29symboliques, on va dire.
01:30Et donc en fait, aujourd'hui, les investisseurs recherchent une sécurisation de leurs investissements dans des secteurs de croissance.
01:35Et la croissance, on l'a avant tout dans la tech.
01:37Et en Europe, on est exposé quand même beaucoup aux consommateurs, au sens large, à des valeurs de consommation.
01:42Et aujourd'hui, on est en train de vivre une période dans laquelle l'investissement prend le dessus sur la
01:46consommation.
01:46Et donc on achète l'investissement là où il est le plus performant, c'est-à-dire aux Etats-Unis
01:50et également en Asie.
01:51Et quelque part, on a moins d'investissement en Europe parce que le plan allemand est un petit peu battu
01:55en brèche par ce qui se passe en Iran et par la hausse du prix du pétrole.
01:59Et donc en Europe, on souffre du fait qu'on est un peu plus dans de l'ancienne économie.
02:02Et l'ancienne économie souffre.
02:04En parallèle, les indicateurs économiques sont en train de piquer du nez en Europe, alors qu'ils continuent à très
02:10bien se comporter, notamment aux Etats-Unis.
02:12Et donc ça fait très longtemps qu'on n'avait pas eu une telle déconnexion entre les indicateurs économiques américains,
02:17qui se portent très bien, et européens, qui souffrent.
02:20Je ne comprends pas.
02:20Vous êtes en train de nous dire qu'en fait, on a des régimes de croissance qui sont en train,
02:23encore plus qu'avant, de diverger entre Etats-Unis et Europe.
02:25Et l'IA vient porter le coup de grâce.
02:27C'est ça l'idée ?
02:28Je ne comprends pas à quel point c'est le cas ou à quel point on est en train là
02:31-dessus de fantasmer.
02:32Ce n'est pas du fantasme parce que c'est de l'investissement réel.
02:36Cette année, vous le savez sans doute, sur les quatre hyperscalers américains que tout le monde connaît aujourd'hui,
02:41les investissements qu'ils vont faire dans les data centers aux Etats-Unis, c'est 700 milliards de dollars.
02:46Ce qu'on estime chez BNP Paribas, c'est par exemple sur l'année dernière, et je pense que ce
02:49sera encore plus le cas cette année,
02:51à peu près la moitié de la croissance américaine a été tirée par les investissements dans l'IA et les
02:56faits richesses liés à l'IA,
02:57qui se retrouvent plutôt sur des boîtes américaines que des boîtes européennes.
03:00Donc on a un énorme différentiel de croissance qui se fait par l'investissement et les faits richesses,
03:05et c'est des choses dont on ne bénéficie pas en Europe.
03:07Alors qu'ici, c'est un PIB encore porté, tiré, dépendant plutôt de la consommation,
03:11là-bas c'est l'investissement qui tracte, après l'investissement c'est pas infini.
03:15Et vous disiez tout à l'heure, vous rebondirez bien sûr Sylvain dans un instant,
03:19vous disiez tout à l'heure Nicolas, l'IA aggrave le fait que le capital mange le travail.
03:26Le capital mange le travail, je vous ai entendu dire il y a quelques instants,
03:29qu'est-ce que vous voulez dire et en quoi l'IA aggrave ça ?
03:31En fait là, on va revenir, Marx avait raison quelque part,
03:35c'est-à-dire que globalement, ce qui se passe avec l'IA,
03:37on commence à avoir des exemples très concrets qui commencent à arriver,
03:42on a la possibilité, via des agents dans l'IA, etc.,
03:46de remplacer des salariés à bon compte pour les entreprises,
03:49dans le sens où globalement pour des gains de productivité,
03:51si l'IA continue à performer comme elle performe,
03:54et même encore mieux puisque c'est exponentiel la progression de l'IA,
03:56on va pouvoir commencer à remplacer des pans entiers de col blanc,
04:00d'économies salariées traditionnelles, par de l'IA.
04:03Et donc ça veut dire que les entreprises vont sans doute, dans ces cas-là,
04:06commencer à ne plus embaucher ou licencier potentiellement certains salariés,
04:09et les remplacer par de la technologie.
04:11Et donc quand elles font ça, on a fait un calcul chez BNP qui était assez intéressant,
04:15pour toute baisse de 1% des effectifs de salariés dans les entreprises,
04:20on pense qu'on peut avoir une hausse des investissements technologiques
04:24de la part de ces entreprises, de 5%.
04:26Elles vont réembaucher, réemployer une partie des gains qu'elles vont faire
04:30sur le fait qu'elles ont moins d'effectifs dans le développement de leur modèle.
04:34Et si on a de technologiques pour continuer dans cette optique-là.
04:37Et donc on a des gains de productivité qui sont aujourd'hui très favorables
04:40au fait de faire de l'investissement et moins d'embauches,
04:43et évidemment c'est un modèle qui pousse plutôt le capital que le travail,
04:46et c'est un sujet majeur.
04:48Vous dites 1% de licenciement dans une entreprise mènera à 5% de hausse
04:54des investissements dans l'IT, dans la technologie.
04:56C'est les calculs qu'on a fait chez BNP Paribas.
04:58Pour le dire autrement, typiquement si on prend des secteurs très disruptés
05:02potentiellement par l'IA, comme la banque, les services financiers,
05:06d'autres secteurs qui sont des secteurs de col blanc,
05:08ce qu'on dit c'est qu'au fur et à mesure où une partie des effectifs
05:13pourrait être non seulement augmentée mais potentiellement remplacée,
05:17on pourrait avoir des budgets technologiques dans certaines entreprises
05:20qui atteignent les 10% du chiffre d'affaires,
05:22alors qu'aujourd'hui on est plutôt à 3-4% du chiffre d'affaires.
05:25Donc globalement ce qu'on voit c'est le fait que la technologie
05:28mange l'ancienne économie et on le voit dans la performance des marchés d'action
05:31puisque finalement les marchés d'action qui performent bien aujourd'hui,
05:34ce n'est pas des zones géographiques, c'est des marchés d'action
05:36dans lesquels on a une très grosse composante de technologie.
05:39Effectivement, cette semaine aura été marquée par le fait que Séoul est passée en capitalisation
05:42devant la bourse de Londres.
05:43La bourse de Séoul est plus grosse que Londres, désormais plus grosse aussi que la bourse de Paris
05:46est plus grosse que la bourse de Francfort, Séoul,
05:47et ça tient sur 2-3 valeurs qui sont des valeurs technologiques en l'occurrence.
05:52Vous le disiez, les licenciements liés à l'IA, on en voit beaucoup dans la tech,
05:55Cloudflare aujourd'hui annonce vouloir supprimer 20% de ses effectifs,
05:5920% du fait de l'IA.
06:00On peut aussi se demander s'il y a un bondeau.
06:02Comment vous regardez tout ça Sylvain ?
06:04On en a discuté justement, juste avant cette émission, il y a une décorrélation en fait très forte
06:10entre aujourd'hui les marchés financiers et l'économie réelle.
06:13C'est-à-dire qu'aujourd'hui vous avez effectivement des valorisations sur les marchés d'action américains
06:17qui sont tirés par ces valeurs technologiques qui entre elles s'auto-alimentent.
06:21C'est-à-dire que vous avez aujourd'hui Google qui investit dans l'entropie,
06:24qui va ensuite sceller un partenariat avec SpaceX justement et augmenter la puissance de calcul.
06:28Et puis toute cette bulle, toutes ces 7 valeurs en fait s'auto-entretiennent
06:32et viennent composer, viennent tirer et viennent si vous voulez représenter 50%
06:38de la performance du S&P 500 en 2025.
06:41Et c'est pour ça que les gens d'ailleurs ne comprennent pas intellectuellement,
06:43mais je ne comprends pas, au Moyen-Orient ça explose, il y a un conflit
06:47et pourtant les marchés d'action américains continuent si vous voulez de monter.
06:50Je pense qu'il faut vraiment aujourd'hui faire le distinguo en 2026
06:53entre économie réelle et valeurs financières des titres et des actions cotées,
06:59notamment aux Etats-Unis.
07:00C'est deux choses différentes, comme l'a dit notre intervenant ici.
07:03Il y a un schisme entre les marchés et l'économie réelle.
07:05L'économie réelle et la valorisation des titres financiers,
07:08notamment aux Etats-Unis, aujourd'hui n'ont plus rien à voir.
07:10Vous avez des forward PI, c'est-à-dire des ratios cours-bénéfices
07:15qui sont extrêmement élevés en faveur des entreprises technologiques américaines.
07:20Et pourtant, comme vous le dites, on va potentiellement licencier tout un pan de l'économie.
07:25La vraie question que je pose, c'est aujourd'hui, effectivement,
07:28l'IA va permettre de réaliser des gains de productivité énormes,
07:31ça c'est un fait, mais un petit peu comme lors de la révolution industrielle,
07:36il y a quelques centaines d'années, vous avez tout un pan de l'économie qui va disparaître.
07:40Donc toutes ces personnes, col blanc, qui vont se retrouver au chômage,
07:44qui aujourd'hui constitue aussi un certain socle de la croissance,
07:47que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis,
07:48une fois qu'on aura viré tout le monde, qui va consommer ?
07:51Et donc une fois qu'on aura viré tout le monde et que plus personne ne pourra consommer,
07:55d'où viendra la croissance ?
07:56Notre modèle économique mondial aujourd'hui repose sur la consommation.
08:00Mais si la consommation, nous la tuons par des gains de productivité réalisés par la machine,
08:06comment est-ce qu'on réinvente notre économie ?
08:08Il y a un vrai sujet sur ça.
08:09Open AI fait une proposition, justement, vous savez,
08:11ils ont publié des propositions comme ça,
08:13quel modèle de croissance demain si l'IA aspire l'emploi ?
08:17Et ce qu'ils disent, c'est pourquoi pas créer une forme de revenu universel,
08:20financé par justement les gains de productivité liés à l'IA.
08:23C'est la thèse d'Elon Musk,
08:24vous aurez un revenu universel généreux,
08:27et tout le monde vivra dans la prospérité et au Jardin d'Éden.
08:32Écoutez, effectivement, on a cité Marx juste avant,
08:34j'ai l'impression que c'est cette espèce de paradis, si vous voulez,
08:38communiste, socialiste, avec l'idée d'un État-providence.
08:41Le problème, c'est que nous avons vu,
08:43et c'est Tocqueville qui en parlait en regardant les démocraties américaines
08:46il y a 200 ans, il disait, Tocqueville,
08:49en regardant les démocraties américaines,
08:50vous voyez que l'État engendre toujours plus d'États,
08:53toujours plus de dépenses pour l'État.
08:54Et on a poussé, si vous voulez, ce concept à son paroxysme aujourd'hui en France,
09:0057% des dépenses du PIB,
09:02et au final, l'avenir n'est pas forcément plus rose qu'ailleurs.
09:05Donc, j'ai du mal avec ce concept de revenu universel pour tout le monde,
09:09financé par l'IA.
09:10– Et sachant que l'IA est privé aujourd'hui.
09:12– Et sachant que le travail est nécessaire pour forger des valeurs,
09:14quand même, on est de simple.
09:16– Le travail donne une dignité aux individus.
09:18– Oui, et des valeurs, l'effort, la modestie, l'interaction.
09:20– Si on retire le travail, quelle dignité a l'être humain ?
09:22Et ça, c'est une question qu'on peut aussi soulever.
09:24C'est plus philosophique que financier.
09:26– C'est hyper important, il y a la valeur qui dépend aussi de la valeur humaine.
09:29Tout ça est lié, le travail crée de la valeur humaine également.
09:32Bon, en tout cas, on est sur de nouveaux plots historiques.
09:34Aujourd'hui, sur le NASAC, on disait plus 1,3%.
09:36J'aurais aimé qu'on ne démarre pas par l'IA.
09:38On parlera d'autres choses que l'IA promis dans un instant.
09:40Mais quelque part, vous connaissez l'adage,
09:42peu importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse.
09:45Est-ce qu'aujourd'hui, sur les marchés,
09:46c'est peu importe le montant pourvu qu'on ait l'IA en portefeuille ?
09:49Est-ce qu'on est prêt à mettre des sommes infinies dans l'IA
09:51quand on est investisseur aujourd'hui ?
09:52Parce qu'il faut être dans ce train, on n'a pas le droit de pas y être.
09:54Ça coûterait plus cher de pas y être
09:55que d'y investir à des prix déraisonnables.
09:58Il faut aussi réfléchir à la manière dont on peut,
10:00dans le temps, évoluer.
10:02Le meilleur exemple que j'ai donné par le passé,
10:03c'était NVIDIA,
10:05qui pendant très longtemps était le seul acteur
10:07que tout le monde achetait dans l'IA.
10:08Et puis, on s'est rendu compte qu'après le GPU,
10:11donc ce que vend NVIDIA,
10:12on allait commencer à avoir un marché de l'IA
10:14qui allait évoluer vers de l'inférence.
10:15Et donc, on allait avoir d'autres types de puces
10:17qui allaient arriver.
10:18Et puis ensuite, les puces, ça amenait une réflexion
10:19sur le marché de l'électricité, qui est important,
10:21sur l'optique.
10:24On s'intéresse à un segment du marché.
10:27Et puis, peu à peu, on voit que ça peut concerner
10:29d'autres typologies d'investissement
10:31et d'autres typologies de secteurs.
10:32Et donc, peu à peu également,
10:33on perfectionne, je pense,
10:36l'expertise qu'on a dans l'IA.
10:38Et donc, aujourd'hui, pour moi,
10:39il y a deux thématiques qui sont intéressantes.
10:41La première, on a eu, effectivement,
10:43une performance encore extraordinaire
10:45de ce qu'on appelle le hardware.
10:46Donc, tout ce qui est conducteur, etc.
10:48Où les performances sont dingues,
10:50depuis le début de l'année, aux Etats-Unis,
10:52en Corée, etc.
10:53Intel est encore sur un peu historique aujourd'hui.
10:54Je le signale juste comme ça.
10:55Encore plus 5% Intel aujourd'hui.
10:56Oui, Intel, ARM, AMD, etc.
10:59Et dans le même temps,
11:00on a tout un pan de valeurs technologiques.
11:02Parce qu'on parle de la technologie,
11:03mais il faut séparer ces valeurs-là,
11:05par exemple, du software qui s'est effondré.
11:07Parce que ce qu'on pense,
11:08c'est qu'en fait, les modèles
11:09pourront potentiellement remplacer
11:10une partie du business model,
11:12les softwares.
11:13Et donc, en fait,
11:13on a eu un effondrement du software.
11:14Moi, ce que je commence à faire en ce moment,
11:16c'est regarder,
11:16avec les analystes de BNP Paribas,
11:18au sein des valeurs de software,
11:21sur lesquelles on a pu voir
11:23le marché jeter le bébé avec l'eau du bain.
11:26Et donc, on a vu, typiquement, cette semaine,
11:27et j'ai trouvé ça intéressant,
11:28des valeurs de software
11:29très fortement rebondir.
11:30On a eu la semaine dernière
11:31Atlassian aux Etats-Unis,
11:33Datadog cette semaine.
11:3430% d'eux aussi.
11:35Exactement.
11:36Et donc, en fait,
11:36la question, c'est dans l'IA,
11:38comment on fait pour gérer une rotation
11:40entre les pans de l'IA ?
11:42Et là, en l'occurrence,
11:43ce qu'on voit,
11:43c'est qu'aujourd'hui,
11:44on doit amener une réflexion
11:44sur le hardware versus software.
11:46Et puis, également, pour moi,
11:47une deuxième question
11:48sur laquelle je reviendrai,
11:49je pense, à la fin de l'émission.
11:50De vrais journalistes,
11:51vous posez beaucoup de questions, Nicolas.
11:52On en a parlé ensemble.
11:53Mais j'aurais rêvé.
11:55Malheureusement,
11:56je termine en finance
11:57plutôt que dans le journalisme.
11:58Mais globalement,
11:59le point essentiel là-dessus,
12:01c'est aussi tech américaine,
12:03tech chinoise.
12:04Aujourd'hui, voilà.
12:05Donc, typiquement,
12:05ce que je veux dire,
12:06c'est qu'investir dans l'IA
12:08de manière indéterminée,
12:10en essayant uniquement
12:11d'être sur les chevaux
12:12qui fonctionnent à l'instant T,
12:14c'est ne pas assez réfléchir
12:15et ne pas imaginer
12:16ce qui va se passer
12:17en termes de rotation
12:18au sein de l'IA
12:18et les valeurs
12:19qui vont en bénéficier.
12:21Mon job aujourd'hui,
12:22ça va être aussi
12:23d'essayer d'imaginer
12:23à partir du moment
12:24où l'IA va être monétisée,
12:25qu'elles seront,
12:26par rapport à la période d'Internet,
12:27le Facebook,
12:28le Microsoft
12:29ou l'alphabète de l'IA.
12:31C'est-à-dire, évidemment,
12:32ces boîtes-là
12:32seront sans doute dans l'IA.
12:34C'est elles qui font advenir l'IA.
12:36Mais je pense que
12:36quand on voit la création de valeur
12:38qu'il y a eu sur ces titres en bourse,
12:39ce que je dois faire aujourd'hui,
12:40c'est essayer de travailler
12:41sur les entreprises
12:42qui vont monétiser l'IA
12:44et qui ne seront pas uniquement
12:45les vendeurs de pelles,
12:46mais les chercheurs d'or de l'IA.
12:47Les agents de l'IA.
12:48Voilà, et qui sont sous-valorisés aujourd'hui.
12:51Vous avez forcément des noms,
12:52vous ne voulez pas les donner,
12:52mais vous avez déjà...
12:53Alors, il y en a certains
12:53qui ne sont pas encore cotés,
12:54sur lesquels il faudra qu'on réfléchisse.
12:55Regardez, par exemple,
12:56Anthropik,
12:56vous en parliez tout à l'heure.
12:57Anthropik par rapport à OpenAI.
12:59La valo au début d'OpenAI
13:00était 4-5 fois supérieure
13:01à celle d'Anthropik.
13:02Et puis on a vu,
13:03et même vous, comme moi,
13:05Claude,
13:05commencé à concurrencer OpenAI.
13:07Donc on a déjà de GPT.
13:08Donc on a commencé à réfléchir à ça.
13:09Et aujourd'hui,
13:10la valorisation d'Anthropik
13:11en 3 mois
13:12va devenir potentiellement
13:13supérieure à celle d'OpenAI.
13:14Ces réflexions-là
13:15sont importantes.
13:16C'est fou, ça va très très vite.
13:18Et même dans la tech,
13:18les derniers parfois
13:19peuvent retrouver très très vite
13:20les premiers.
13:21Anthropik,
13:21on entend parler donc
13:22d'une capitalisation,
13:23d'une valorisation
13:24désormais supérieure
13:24à celle d'OpenAI
13:25parce que d'ici l'été,
13:26d'après la presse américaine,
13:27d'ici l'été,
13:28Anthropik va procéder
13:29à une grande levée de fonds
13:30pour accélérer,
13:32accroître,
13:33amplifier drastiquement
13:34sa puissance de calcul.
13:35Voilà, Anthropik
13:35qui a déjà pris un peu d'avance,
13:36Claude est un peu en avance
13:37sur les autres,
13:37eh bien il compte accroître
13:38massivement la puissance de calcul.
13:40Sylvain ?
13:40Oui, Anthropik
13:41qui s'est changé.
13:43Donc la valorisation d'Anthropik
13:44était d'environ 65 milliards de dollars
13:46en mars 2025.
13:47On vise 1000 milliards de dollars
13:49d'ici l'été 2026.
13:50C'est 1500% à un an.
13:52Pour le coup,
13:53on est sur des performances
13:54dignes d'une crypto-monnaie.
13:56Mais en même temps,
13:57vous avez le modèle Claude Mythos
13:59qui a révélé des failles
14:00absolument énormes
14:01dans le système,
14:02que ce soit dans le système bancaire
14:03ou pour les gouvernements.
14:04Donc ils ont sorti un modèle
14:05qui est tellement puissant
14:06qui aujourd'hui,
14:08comme l'a très bien dit
14:09notre intervenant,
14:10peut révolutionner
14:11des pans entiers de l'industrie.
14:12Aujourd'hui,
14:12vous n'avez plus forcément besoin
14:13d'avoir et d'acheter
14:15des logiciels,
14:16des licences
14:16pour justement avoir des softwares.
14:18Claude peut vous faire
14:19un dashboard financier
14:20avec vos KPIs
14:21personnalisés sur mesure.
14:23Donc on vit dans un monde
14:24où effectivement Anthropik
14:25est en train de rafler
14:25un petit peu tout le marché.
14:26La seule question
14:27que je soulève
14:28et c'est une vraie question,
14:29c'est ce type de hausse,
14:32on en a eu,
14:33ça rappelle fortement
14:34le type de mouvement
14:35en fait post-pandémie.
14:36Vous savez,
14:37après 2020,
14:37quand on avait injecté
14:39un maximum de liquidités
14:40après le Covid,
14:41vous aviez en fait
14:42les bourses au plus haut,
14:43vous aviez
14:43les crypto-monnaies au plus haut,
14:44tout était au plus haut.
14:45Et là, en fait,
14:46j'ai un peu l'impression
14:46qu'on termine en fait
14:47ce dossier d'étroit d'Hormuz
14:49du premier trimestre 2026.
14:50On regagne,
14:52il y a tout un vent d'enthousiasme
14:54en fait comme si,
14:54voilà,
14:55on relâche la pression,
14:56tout est payé.
14:57Et puis la question,
14:58c'est sur quelle base
14:59et quel lending
15:01pour la suite ?
15:01Parce qu'un sujet
15:03dont il faut qu'on parle,
15:03c'est les taux aux Etats-Unis.
15:04Les taux qui vont forcément
15:06avoir un impact
15:06sur les marchés boursiers.
15:08Et ça, à mon avis,
15:09ça sera le dossier de la rentrée.
15:11Oui, on va parler des taux,
15:12bien sûr.
15:12Et puis aussi,
15:13même imaginons,
15:13la paix est annoncée,
15:14je ne sais pas,
15:15demain matin,
15:15ce n'est pas le cas,
15:16mais à ce stade,
15:17en tout cas,
15:17imaginons,
15:18la guerre pèsera
15:20dans les indicateurs
15:21macroéconomiques
15:21encore pendant plusieurs mois.
15:22Comment les marchés
15:23atterriront-ils,
15:24comme vous disiez,
15:25alors que la paix sera annoncée ?
15:26Comment ils réagiront,
15:27digéreront tout ça ?
15:28C'est des questions,
15:28des vraies questions.
15:29Juste pour terminer,
15:30vraiment,
15:30je vous promets sur l'IA,
15:31donc Anthropique,
15:33manifestement,
15:34valorisé 1 000 milliards,
15:35peut-être plus qu'Open AI
15:36d'ici à l'été,
15:37les deux veulent s'introduire
15:38en bourse.
15:39Est-ce que celle qui gagnera,
15:40qui lèvera le plus d'argent,
15:41qui attirera le plus ses capitaux,
15:44sera celle qui aura réalisé
15:46la première sur l'introduction ?
15:47Est-ce que la première
15:48qui s'introduira
15:48attirera le plus de liquidités
15:50quelque part ?
15:50Est-ce que le calendrier
15:51de l'introduction,
15:52la course à qui sera
15:52la première à s'introduire
15:53est importante ?
15:54Je pense qu'il y a aussi
15:55un enjeu politique très fort.
15:56Vous avez aujourd'hui
15:57Sam Altman qui est dans une logique
16:00aussi de regagner
16:01du capital sympathique.
16:03Le PDG d'Entropique,
16:04en fait, s'est placé
16:05comme non seulement
16:06le possesseur
16:07d'une technologie
16:07absolument formidable,
16:09mais si vous voulez,
16:10en gardien de cette technologie,
16:12en expliquant qu'elle est
16:12trop puissante,
16:13qu'elle peut avoir
16:13des répercussions
16:14absolument monstrueuses
16:16pour la société.
16:17Il y a tout un capital sympathique
16:19qui a été construit
16:19autour d'Entropique
16:20qui n'existe pas aujourd'hui
16:21autour d'Open AI.
16:22Open AI qui était à la base
16:23une fondation non-profit,
16:25c'est-à-dire une organisation
16:27dans l'Ukraine de charité
16:30qui est devenue aujourd'hui
16:31ensuite une entreprise
16:32qui fait du profit
16:33avec les procès
16:35qui existent
16:36entre Elon Musk
16:36et Sam Altman
16:37et puis cette vision
16:38d'un patron,
16:39donc Sam Altman
16:40qui serait un petit peu
16:40le diable,
16:41si vous voulez,
16:42un peu comme
16:42le Fus Zuckerberg
16:43à une époque
16:44avec Meta.
16:46Donc je pense
16:47qu'il y a deux choses.
16:48Il y a la technologie
16:49sous-jacente,
16:49le capital sympathique
16:50et puis potentiellement aussi
16:52ce timing,
16:53ce calendrier
16:53qui sera le premier côté.
16:55mais en même temps
16:56aujourd'hui,
16:56je pense qu'Enthropique
16:57a un avantage
16:58qui est quand même
17:00non négligeable.
17:01Il est 17h22,
17:02dans 13 minutes la clôture,
17:04on entre dans la dernière
17:04ligne droite de cette séance.
17:06Notre CAC 40
17:08accélère,
17:09vous l'entendez bien,
17:10mais accélère à la baisse
17:11malheureusement.
17:12On perd 1,2%
17:13désormais à Paris,
17:13Thalès,
17:14Lanterne Rouge,
17:14moins 3,9%
17:15avec Safran,
17:16voilà les valeurs
17:16liées à la défense
17:17sont parmi les plus fortes
17:18baisses aujourd'hui,
17:19Safran à moins 3%,
17:20Airbus aussi recule
17:21de 2,5%.
17:22Puis à la hausse,
17:22Stellantis,
17:25partenariat avec le chinois
17:27Lipmotor là-bas en Espagne,
17:28figurez-vous.
17:29On rentrera dans le détail
17:30parce que c'est très intéressant.
17:31Sylvain,
17:32je vois que vous voulez réagir
17:32et rebondir là-dessus,
17:33on va le faire ensemble
17:34dans un instant.
17:34Stellantis progresse en ce moment
17:36en tête du CAC
17:37plus 1,3%.
17:38C'est très intéressant effectivement.
17:40Stellantis en tête du CAC,
17:41certes,
17:41mais alors qu'il fait encore
17:42un peu plus entrer
17:44le loup dans la bergerie,
17:45un partenariat encore approfondi
17:47avec le chinois Lipmotor
17:48en Espagne.
17:49Est-ce que vous vous dites
17:50que nos constructeurs
17:51vont devenir les sous-traitants
17:52des chinois ?
17:52Est-ce qu'avant les chinois
17:54étaient nos sous-traitants ?
17:54Maintenant,
17:55c'est que c'est l'inverse
17:55qui est en train de se bâtisser.
17:56C'est une très bonne question
17:57et en réalité,
17:59si vous voulez,
17:59les chinois aujourd'hui
18:00ont inversé le rapport de force.
18:02Vous aviez cette image
18:03de la Chine
18:03qui était les petites mains
18:05de l'Occident.
18:06Aujourd'hui,
18:07les chinois ne font plus,
18:08si vous voulez,
18:09que des t-shirts
18:10et des chaussettes
18:11pour vulgariser,
18:14mais sont aujourd'hui
18:16tout aussi respectables
18:17dans le domaine
18:17de la technologie.
18:18Et en quelques années,
18:19ils sont devenus
18:20premiers producteurs
18:20de véhicules électriques au monde.
18:22Aujourd'hui,
18:23le vrai sujet,
18:23c'est qu'ils peuvent
18:24potentiellement inonder
18:25le marché européen
18:26de véhicules.
18:27On essaye de faire
18:28du protectionnisme
18:29tant bien que mal
18:30en instaurant des droits
18:31d'importation
18:32sur les véhicules chinois,
18:33en mettant des taxes
18:35dans tous les sens.
18:36Les chinois trouvent
18:36des solutions
18:37en construisant des usines
18:38en Europe de l'Est
18:39pour justement
18:40essayer de pénétrer
18:41le marché européen.
18:42Et je pense que oui,
18:43le rapport de force
18:44est clairement en train
18:45de s'inverser.
18:45Et dans le deal
18:46qui est annoncé,
18:46les chinois,
18:47l'Hipmotor pourrait même
18:47devenir propriétaire
18:49de certaines usines
18:50en l'occurrence,
18:52parce que là,
18:54le deal d'origine
18:55qui est d'ailleurs
18:55à l'initiative
18:56de Carlos Tavares
18:57à l'époque où il dirigeait
18:58Stellantis,
18:59était de se dire
19:00plutôt que de s'acharner
19:01à mettre des droits de douane
19:02ou à essayer de résister
19:03à la déferlante chinoise,
19:05prenons-en notre parti.
19:06Et donc,
19:07ça a été un des premiers
19:07à dire
19:08mais il faut prendre
19:09du capital de l'Hipmotor,
19:10ce qui a été fait
19:11et ce qui a permis
19:12de signer des accords
19:14permettant de fabriquer
19:15des L'Hipmotor
19:16dans les usines Stellantis
19:17en Europe
19:18avec de la main-d'œuvre européenne
19:20et des standards
19:20de qualité européens.
19:22Ce qui est aussi essentiel
19:23pour les Chinois,
19:23les standards de qualité.
19:25Et du coup,
19:26là,
19:27c'est le deuxième étage
19:27de la fusée
19:28parce qu'il n'est pas question
19:29que de construire
19:30une L'Hipmotor
19:31dans une usine
19:32en Espagne.
19:33Il est question aussi
19:34qu'elle s'appelle Opel,
19:35qu'elle ait un badge Opel
19:36et qu'elle soit déclinée
19:38en version L'Hipmotor
19:39et en version Opel.
19:40Donc là,
19:40c'est encore autre chose
19:42et finalement,
19:43c'est peut-être
19:44la quadrature du cercle.
19:46C'est-à-dire,
19:46quel serait le scénario idéal ?
19:49C'est que les Chinois
19:50construisent des voitures
19:51pour les vendre
19:51sur le marché européen,
19:52mais les construisent
19:53en Europe.
19:54Voilà,
19:54alors il commence
19:55avec l'Europe de l'Est,
19:56il commence à...
19:57N'est-ce pas ?
19:58Mais que tout cela
19:59soit construit
20:00par des ouvriers européens
20:01et avec des standards
20:02de qualité européens.
20:04Là,
20:04je pense que tout le monde
20:05serait content.
20:05Et on aurait des voitures
20:07chinoises,
20:07aux technologies chinoises,
20:09les entrailles chinoises,
20:10mais avec le sigle Opel dessus.
20:12Souvenez-vous
20:12ce qui s'est passé
20:13à Honnain dans le Nord.
20:14Quand Toyota a débarqué,
20:16on disait qu'ils allaient
20:16faire crever l'ensemble
20:17de l'automobile européenne.
20:19C'est une des plus belles
20:20histoires industrielles
20:20que le secteur connaît.
20:23Ça s'appelle
20:23l'usine de Valenciennes
20:24et c'est vraiment quelque chose
20:26dont tout le monde se félicite
20:27avec un modèle économique
20:28qui a été excellent
20:31et copié.
20:31Pourquoi pas une usine
20:32BYD géante
20:34en Europe
20:34avec des ouvriers européens,
20:35du travail pour les ouvriers européens,
20:37de la technologie
20:38qui pourrait être partagée
20:39et fiabilisée
20:40aux normes européennes ?
20:41Et des emplois ici en Europe.
20:42Des emplois ici en Europe
20:43en l'occurrence,
20:44moins d'émissions CO2 en plus,
20:46d'abord parce que c'est fabriqué ici
20:46pour c'est des véhicules propres
20:48a priori,
20:48enfin électriques.
20:49Pourquoi pas ?
20:49Et évidemment,
20:50oui, avec la Chine
20:51parce que c'est la réalité du monde.
20:52Le réel,
20:53c'est quand on se cogne.
20:54La réalité,
20:55c'est que c'est la Chine
20:55aujourd'hui qui est meilleure.
20:57Nicolas ?
20:57On a un avantage.
20:59En Europe,
21:04on peut avoir
21:04une espèce de liberté géopolitique
21:06et globalement,
21:07on joue l'accord,
21:09on est obligé de garder
21:10l'accord américain en partie.
21:11On peut intégrer
21:12un petit peu la Chine
21:13et je voulais juste revenir
21:14sur la différence
21:14entre le capitalisme chinois
21:15et le capitalisme américain.
21:16Je trouve ça très intéressant.
21:18Aux Etats-Unis,
21:19il faut écouter
21:19ce que dit Peter Thiel,
21:20ils ont une logique
21:21de concurrence verticale.
21:23Ce qu'ils disent,
21:24c'est que l'objectif,
21:25c'est de se créer des monopoles,
21:26d'innover
21:26et en innovant,
21:27de se créer des monopoles.
21:28C'est ce qu'on réussit à faire.
21:29Microsoft, Google, etc.
21:30Chacune de ces entreprises
21:31est un monopole
21:32et dans un monopole,
21:33on ne se concurrence pas
21:34sur le prix.
21:35On a quelque chose
21:36que personne d'autre
21:37ne peut avoir à sa place
21:38et on le vend très cher.
21:40Ça, c'est le capitalisme américain.
21:41C'est très bon
21:42pour la shareholder value.
21:43Le capitalisme chinois,
21:44c'est un capitalisme industriel
21:46dans lequel ce qu'on cherche,
21:47c'est la concurrence
21:47pure et parfaite.
21:48Donc, on fait s'opposer
21:49plein d'entreprises
21:50qui font la même chose.
21:51C'est ce que veut l'État chinois.
21:52Ce qui fait qu'on a
21:53des gains importants
21:55qui sont faits
21:55sur les filières industrielles
21:58mais également sur les prix.
21:58Et donc, à la fin,
21:59on arrive sur des solutions chinoises
22:01en termes de prix
22:01qui sont souvent
22:02très très concurrentielles
22:03par rapport au reste du monde
22:04et qui en plus maintenant
22:05sont technologiquement intéressantes.
22:07Et donc, globalement,
22:07l'Europe, je trouve,
22:08a intérêt effectivement
22:09à intégrer cette composante
22:11prix chinoise
22:11qui peut nous intéresser
22:12dans certains secteurs
22:13dans un cadre européen.
22:14Je suis complètement d'accord
22:15avec ce qui a été dit
22:15et garder les États-Unis
22:17pour autre chose que ça.
22:18Mais on doit garder
22:19une forme d'indépendance
22:20en Europe géopolitique
22:22et cette indépendance,
22:23on doit prendre le meilleur
22:24de ce que la Chine peut nous donner,
22:25le meilleur de ce que
22:26les États-Unis peuvent nous donner
22:27et trouver une voie européenne.
22:29Oui, c'est ce que tente
22:30peut-être aussi Stellantis.
22:311,4%, c'est la hausse
22:32de cette valeur ce soir.
22:33Derrière,
22:34STMicroelectronics,
22:35on revient au texte,
22:35c'est la tech,
22:36les semi-conducteurs
22:37qui signent les plus fortes
22:37progressions aujourd'hui à nouveau
22:38et Soitec à Paris
22:40gagne en ce moment
22:40plus de 10% une nouvelle fois.
22:42Soitec, incroyable.
22:43Le Nasdaq est sur un plus haut.
22:45Plutôt, enfin, quitte à quoi.
22:48Taco ou Nacho ?
22:49Enfin, vous avez plutôt quoi
22:50l'un et l'autre là ?
22:50Taco ou Nacho ?
22:51Quitte à choisir rapidement,
22:53Sylvain ?
22:55Je suis...
22:56Pour acheter tout ce qui bouge,
22:57de toute façon,
22:58le marché perd 5%,
23:00il remonte dans...
23:01Donc, il me semble
23:02que c'est le premier,
23:04c'est ça ?
23:05C'est ça.
23:05En fait, Taco,
23:06vous savez,
23:06vous connaissez l'acronyme
23:07et puis maintenant,
23:07il y a le Nacho
23:08qui arrive aussi dans les marchés.
23:09Taco, c'est
23:10Trump always chickens out
23:11et Nacho,
23:12alors c'est le nouveau truc du jour
23:13et qui explique la baisse en Europe.
23:15Nacho, c'est quoi ?
23:16On est toujours dans la gastronomie mexicaine
23:17mais surtout appliqué à la géopolitique.
23:18Nacho, not a chance,
23:21Hormuz opens.
23:23Jamais Hormuz ne rouvrira.
23:24Voilà, c'est ça.
23:25Le marché, là, se dit,
23:26on y a cru à la paix,
23:27la réouverture il y a quelques jours
23:28et puis là, on n'y croit plus.
23:29Hier, le CAC perdait 1%,
23:30encore 1,2% de baisse ce soir.
23:32Le CCFE, il est beaucoup fragilisé
23:33au Moyen-Orient.
23:35Il faut essayer de s'abstraire
23:37de ce conflit,
23:38de l'enjamber quand on est investisseur
23:39où c'est impossible.
23:40Au contraire,
23:40il faut suivre les choses au jour le jour
23:42parce qu'il suffit d'un tweet
23:43pour que la tendance change.
23:44Non, le problème,
23:44c'est qu'on le voit très bien.
23:46On en a discuté,
23:47même avec Nicolas,
23:48dans l'émission.
23:49Aujourd'hui,
23:50vous avez le détroit d'Hormuz
23:51qui est officiellement fermé
23:53mais en même temps,
23:54ou, je ne sais pas,
23:55l'Iran bombarde, etc.
23:57Mais vous n'avez pas de réaction
23:58sur le marché,
23:58ce qui veut bien dire
23:59qu'il y a une décorrelation
24:00entre les deux, en fait.
24:01Et pour vous donner aussi
24:03quelque chose de très concret
24:04sur lequel réfléchir,
24:06vous voyez aujourd'hui
24:07qu'en France et en Europe,
24:08il y a quand même une récession.
24:09On a un problème d'énergie,
24:10l'énergie coûte beaucoup trop cher,
24:11le secteur industriel,
24:12notamment en Allemagne,
24:13est en train de souffrir
24:15et pourtant,
24:16vous avez un...
24:17On a une faible croissance.
24:18Exactement.
24:19Et vous avez un DAX et un CAC 40
24:20qui culminent au plus
24:21en ce qui n'a...
24:22En fait,
24:23assez logiquement,
24:24dans un marché
24:25comme on l'a analysé en 2010,
24:26n'a pas de sens.
24:27Mais en 2026,
24:28il faut comprendre
24:28que ce sont deux choses différentes.
24:30Et donc,
24:30ce détroit d'Hormuz,
24:32on peut suivre les conflits
24:33dans une certaine mesure,
24:34mais vous le disiez juste avant,
24:36faut-il suivre ce conflit
24:37au jour le jour
24:38ou plutôt de façon globale ?
24:40Plutôt de façon globale.
24:41Au jour le jour,
24:42c'est plutôt du bruit
24:43et ça engendrerait justement,
24:45enfin,
24:45ça pousserait l'investisseur
24:46à la faute
24:47à essayer de micro-ajuster
24:48son portefeuille
24:49à chaque tweet
24:50ou à chaque missile.
24:51Oui, oui,
24:51parce que chaque jour
24:53contredit ce qui avait été annoncé
24:54la veille.
24:55C'est compliqué.
24:55Et le problème,
24:56c'est que l'année
24:57pourrait se jouer
24:57juste sur un tweet,
24:58juste sur une annonce.
25:00C'est très compliqué
25:01pour les investisseurs.
25:02Il faut rester investi.
25:03C'est ça la clé,
25:03en tout cas, Nicolas ?
25:04Je sais qu'on est,
25:05je crois,
25:06dans les séries en basket.
25:09On est dans le money time
25:10sur le pétrole.
25:11C'est-à-dire que là,
25:12nous,
25:13c'est intéressant
25:13parce que plus personne n'en parle.
25:14Mais là,
25:15vraiment,
25:16quand j'en parle
25:16avec les spécialistes
25:17de la maison,
25:17on n'est vraiment pas très loin
25:19du moment où,
25:20si on n'ouvre pas
25:20le détroit d'Hormuz,
25:21le prix du pétrole,
25:22tout le monde s'en fiche
25:23parce qu'il est à 100 dollars
25:23depuis un certain temps.
25:24Mais si le prix du pétrole
25:26réaccélère
25:26et passe de 100 à 150 dollars,
25:28à partir du moment
25:29où on n'aura plus de pétrole
25:30dans les stocks,
25:32ça va être non linéaire.
25:33C'est-à-dire qu'il faudra
25:33détruire de la demande physique.
25:34Et pour détruire
25:35de la demande physique,
25:36le pétrole va devoir monter
25:37à 125, 130, 140, 150.
25:39Et là,
25:40je vous garantis
25:40que le marché
25:40ne va pas rester au niveau actuel.
25:41Il va beaucoup baisser.
25:42Et donc,
25:43taco ou nacho,
25:44je pense que Trump
25:45est conscient de ça.
25:46Mais en ce moment,
25:46il n'a pas de stress
25:46parce que les marchés
25:47lui renvoient une situation
25:48qui est tranquille.
25:50Mais je pense qu'à un moment donné,
25:51on peut avoir une réaccélération
25:52très violente
25:53si on n'a pas taco.
25:54Et en même temps,
25:55on aura taco de la part de Trump
25:56que s'il ne peut justifier
25:57auprès de sa base électorale
25:58un accord avec l'Iran
26:00meilleur que celui
26:01qu'avait signé
26:02en 2015, Obama.
26:03Et donc,
26:03il faut qu'il obtienne
26:04quelque part dans l'accord final
26:05plus que ce qu'Obama
26:06avait obtenu en 2015.
26:08Sinon,
26:08son opération globale
26:09aura été un échec retentissant.
26:11C'est compliqué.
26:12Donc, taco ou nacho,
26:13je ne sais pas.
26:14Mais s'il n'y a pas de taco
26:15dans les 2-3 semaines
26:16qui viennent,
26:17ça va être
26:18un bain de sang potentiel
26:19à la fois à la hausse
26:20sur le pétrole
26:21et sur les marchés.
26:22Et peut-être même
26:23à une réouverture
26:24dès la semaine prochaine
26:25ou d'ici la semaine prochaine,
26:25dans moins d'une semaine,
26:27Donald Trump rencontrera
26:28à Pékin Xi Jinping.
26:29Elle est très attendue
26:29cette rencontre.
26:30Et la Chine,
26:33que Washington,
26:34donc Donald Trump,
26:35à l'occasion de sa rencontre
26:36avec Xi Jinping,
26:37va essayer de faire pression
26:38sur Xi Jinping
26:38pour qu'il demande lui-même,
26:40donc en tant que président chinois,
26:41à l'Iran de faire un effort
26:42et rouvrir ce détroit.
26:43Et finalement,
26:44c'est la Chine qui permettrait
26:45une réouverture du détroit d'Hormuz.
26:46En échange de quoi,
26:47les États-Unis feraient
26:48des concessions,
26:48notamment technologiques,
26:49par exemple.
26:50On sait que les Chinois
26:51n'ont pas le droit
26:52d'accéder à cette anepuce Nvidia.
26:53Là, pour le coup,
26:53Washington devrait faire là-dessus
26:55une possible concession
26:56en échange
26:56de la réouverture d'Hormuz.
26:58Oui, écoutez,
26:59et je vais juste compléter
27:00le propos de Nicolas.
27:01C'est ce qui se dit,
27:01ça n'a rien d'officiel,
27:02on verra.
27:02Le propos de Nicolas,
27:03d'ailleurs,
27:03quand le pétrole cote
27:04à 90 ou 100 dollars,
27:05ce qu'il faut savoir,
27:06c'est que sur le marché réel
27:08des pétroliers,
27:08des tanqueurs,
27:09le vrai prix auquel s'échange
27:10aujourd'hui la marchandise
27:11est 150,
27:12des fois 200 dollars
27:13le baril de pétrole.
27:15Donc,
27:15quand vous avez
27:16un marché officiel à 100,
27:18en réalité,
27:18ça se paye 150,
27:19voire 200
27:20dans le marché réel.
27:22Aujourd'hui,
27:23Trump n'a pas le,
27:23si vous voulez,
27:24n'a pas l'ascendant
27:25dans cette négociation
27:26avec Xi Jinping.
27:26C'est-à-dire qu'il rentre
27:28dans une négociation
27:28où de toute façon,
27:29il est face à des midterms
27:31en novembre
27:32où il est dans une situation
27:33assez compliquée.
27:33L'opinion américaine
27:35ne le soutient pas
27:36sur ce conflit en Iran.
27:38Il ne peut donc pas,
27:39en fait,
27:39si vous voulez,
27:39arriver de façon agressive
27:41face à Xi Jinping
27:42en lui disant,
27:42bon, écoutez,
27:43vous faites ça
27:44et ça va être comme ça.
27:46D'accord ?
27:46Ce qui est,
27:47on va dire,
27:48plutôt le mode opératoire
27:49de Trump
27:49qui est de taper très fort
27:51sur la table
27:52pour ensuite faire des concessions.
27:53Je vous rappelle
27:54que la Chine sort
27:55grande gagnante de ce conflit
27:56pour une raison
27:56qui est très simple.
27:58Diplomatiquement parlant,
27:59la Chine a très bien géré
28:00le conflit au Moyen-Orient,
28:01ne s'est pas positionnée
28:02de façon agressive et militaire,
28:04a vraiment pris sa place
28:07de deuxième,
28:08voire première puissance mondiale
28:09aujourd'hui
28:10qui vient équilibrer
28:10un petit peu les deux pôles
28:11et je pense que les Chinois
28:13aujourd'hui
28:13ont tout intérêt,
28:14au contraire,
28:14à laisser ce détroit bloqué
28:17pour affaiblir les États-Unis
28:18et pour justement
28:19les pousser à Trump
28:20à la faute.
28:21Si vous êtes Chinois
28:22aujourd'hui,
28:23vous payez votre énergie
28:24un peu plus chère,
28:25certes,
28:26mais vous pouvez faire tomber
28:27le rival américain
28:28qui est devant vous
28:29et qui vous pose problème.
28:31Je pense qu'il y a
28:32potentiellement aujourd'hui
28:33un coup à jouer
28:34pour les Chinois
28:34qui, je vous le rappelle,
28:35ont une culture aussi
28:36de la stratégie,
28:37l'art de la guerre.
28:38Toute guerre est basée
28:39sur la tromperie,
28:39c'était Sun Tzu.
28:41Si j'étais aujourd'hui
28:42un stratège chinois,
28:43je serais partant
28:44d'au contraire
28:44laisser Trump
28:45s'étouffer gentiment
28:47sur son conflit
28:47au Moyen-Orient,
28:48sachant qu'au Moyen-Orient,
28:52le deal du Moyen-Orient,
28:53c'est Arabie Saoudite,
28:56Qatar,
28:57échangez votre pétrole
28:58en dollars américains,
28:59recyclez vos dollars américains
29:01dans ma dette américaine
29:02et en échange,
29:03j'assure votre protection
29:04au Moyen-Orient.
29:05Il ne l'a pas fait,
29:06l'équilibre des forces
29:07est en train de se redessiner
29:08et les Chinois pourraient
29:09justement sceller
29:10des partenariats
29:11potentiellement
29:11avec certains pays du Golfe.
29:12C'est passionnant,
29:13on verra comment les choses
29:14se traduisent dans cette rencontre
29:15dans une semaine
29:16entre Xi Jinping et Donald Trump.
29:17On a vu les Saoudiens
29:18aussi ces derniers jours
29:19interdire aux avions américains
29:20de survoler leur espace aérien
29:22parce que les Saoudiens
29:23effectivement sont déçus
29:24de Washington
29:24du fait que Washington
29:25ne les a pas protégés
29:26manifestement,
29:26c'est ce que nous rapportent
29:27les médias américains
29:28et donc les Saoudiens
29:29qui...
29:29Plus Mohamed Bin Salman
29:30se fait régulièrement
29:30insulter par Donald Trump
29:32et les Chinois
29:34ont pas le tout à gagner
29:34dans cette configuration.
29:35Oui, tout à fait.
29:36Bon, ben voilà.
29:37La semaine prochaine sera passionnante,
29:38la rencontre entre Xi Jinping
29:39et Donald Trump
29:39en fin de semaine
29:40et un nouveau président
29:40à la tête de la Fed,
29:41Kevin Walsh,
29:42qui va arriver dans une semaine.
29:43Il succédera à Jerome Powell.
29:45Vous disiez,
29:46il faut qu'on parle
29:50et puis bien sûr Nicolas,
29:51vous allez aussi
29:52nous livrer votre data.
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