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Invité sur BFMTV, Dominique de Villepin, ex ministre des Affaires étrangères et fondateur du mouvement La France humaniste, livre une analyse choc du conflit Iran / Israël.
Il dénonce une guerre absurde, une logique de destruction et une déshumanisation totale. Selon lui, les États-Unis et Israël poursuivent des objectifs irréalistes et dangereux, incapables de stabiliser la région malgré leur puissance militaire.
Il alerte sur une fuite en avant incontrôlable et un déséquilibre mondial inquiétant. Donald Trump et Benjamin Netanyahu sont directement visés.

#Villepin #Trump #Netanyahu #Iran #Guerre

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Réponses au quiz de fin :
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Quelle réalité contredit la domination aérienne américaine annoncée ?
➡ une résistance iranienne.

Quelle solution alternative au conflit appliquée par Obama est évoquée par Villepin ?
➡ un accord diplomatique.

Quelle dérive est dénoncée dans le traitement des Palestiniens selon De Villepin?
➡ une logique d’apartheid.

Catégorie

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Éducation
Transcription
00:00Le discours que tient aujourd'hui le président Trump, il faut voir les mots qu'il emploie.
00:06Ouvrez ce putain de détroit, bande de bâtards, sinon vous vivrez en enfer.
00:19C'est un langage peu habituel sur la scène internationale,
00:23et en particulier pour un chef de guerre qui engage la vie de ces hommes.
00:33Donc, la première chose qu'il faut constater, c'est que les États-Unis sont en zone de risque.
00:39Ils n'ont pas l'initiative sur ce conflit,
00:43même si le déséquilibre de la puissance est considérablement en leur faveur.
00:47La capacité de résistance des Iraniens et de ce régime,
00:51la capacité de jouer sur leur propre terrain,
00:54qui est un terrain très hostile, on l'a vu dans la zone où ce pilote est tombé,
01:00fait qu'aujourd'hui, les Américains sont obligés, pour toute opération,
01:05de prendre en compte ce risque très grand de tomber dans les mains de l'ennemi.
01:09Ce que vous dites, c'est que Donald Trump ne contrôle pas tant que ça la situation.
01:12Lui qui dit depuis des jours, nous contrôlons l'espace aérien au-dessus de l'Iran.
01:16La réalité sur le terrain, pour vous, n'est pas exactement celle-là.
01:18Mais ils sont devant un régime qui résiste.
01:23Et devant un régime qui n'est pas sensible aux arguments employés par les Américains.
01:29L'utilisation de la force, de la violence tous azimuts,
01:32ce n'est pas quelque chose qui est farouche.
01:34Les tenants d'un régime pour qui la première préoccupation, c'est de survivre.
01:39Faire survivre ce régime.
01:40Et on connaît cette réalité asymétrique dans le jeu de la puissance.
01:45Ce n'est pas la puissance la plus forte qui a alors l'initiative et qui tient les choses.
01:51C'est celle, au contraire, qui peut employer le peu de moyens à sa disposition,
01:56mais qui peut les employer avec une détermination sans égale.
02:00Si on s'en tient au but de la guerre, tel qu'ils ont été définis,
02:04même s'ils ont un peu varié depuis le début de la guerre,
02:06le changement de régime et l'impossibilité pour les Iraniens d'avoir un jour la bombe atomique.
02:11Est-ce que vous faites partie de ceux qui disent absolument rien ne justifiait cette guerre
02:16si l'on s'en tient à l'aspect uranium enrichi ?
02:19Ou est-ce que vous dites finalement il y avait un risque et après tout les Américains font le sale
02:24boulot ?
02:25Tous les arguments qui ont été employés ne résistent pas à l'analyse.
02:30Tout simplement parce que si les États-Unis avaient véritablement voulu mettre hors jeu le programme nucléaire,
02:37nous le savions, il y avait d'autres solutions et en particulier faire ce qu'avaient fait certains de ses
02:43prédécesseurs
02:44et en particulier Barack Obama, signer un accord avec un régime qu'il a respecté à tout le moins de
02:502015 à 2018.
02:52Un accord que Donald Trump a rayé d'un trait de plume pendant son premier mandat.
02:55Est-ce que ça veut dire ?
02:56On est dans une aventure qui vise à, depuis les airs, détruire un programme nucléaire
03:02dont nous savons que quoi qu'il arrive, il comporte des acquis qui sont irréversibles.
03:11Il y a aujourd'hui un certain nombre d'Iraniens qui détiennent les clés de ce nucléaire
03:16et qui, si les conditions le permettent, sont susceptibles de refaire cette bombe.
03:20Donc il y a un chemin qui a été fait qui est difficilement réversible.
03:24Mais ce qui me paraît important, si vous me le permettez,
03:27c'est que nous voyons bien que les buts de guerre affichés n'ont pas été remplis
03:30et que les Américains, comme les Israéliens, bien que les buts israéliens, eux, étaient clairs,
03:36c'est au moins leur mérite,
03:37mais nous voyons bien qu'ils ne sont pas susceptibles d'être remplis par la force.
03:42Nous rentrons dans une autre période qui montre la véritable réalité du jeu américain.
03:48Première réalité, l'Amérique a un pouvoir très grand
03:52qui est celui de la destruction.
03:54Et on voit bien, dans l'ultimatum qui est donné,
03:57qu'aujourd'hui, la véritable capacité américaine,
04:00c'est celle qui consiste à donner libre cours à cette destruction.
04:04Quand ils affichent l'objectif de détruire les ponts,
04:07de détruire les centrales électriques,
04:09nous voyons bien qu'ils ont la possibilité d'un feu illimité
04:13visant à détruire les conditions de vie dans ce pays.
04:17Vous pensez qu'aujourd'hui, c'est devenu un but de guerre ?
04:20Détruire le quotidien des Iraniens et qu'on est entré dans autre chose
04:23où les buts de guerre qui, beaucoup variés, n'existent plus ?
04:26Les buts de guerre affichés n'ont aucune réalité.
04:29La vérité, aujourd'hui, c'est que là où ils sont inarrêtables, les Américains,
04:33c'est dans leur capacité de destruction et de rendre la vie impossible en Iran.
04:37Ça, cette puissance négative, dans une relation asymétrique avec les Iraniens,
04:42ils détiennent cette puissance.
04:45Mais il y a une deuxième réalité.
04:46Et il faut le mesurer sur chacun des plateaux
04:51où la parole s'exerce chez nous, aux États-Unis et ailleurs.
04:56C'est qu'à côté de cette logique de destruction,
04:58il y a une deuxième logique qui s'est mise en place depuis déjà un certain temps.
05:02C'est la logique de déshumanisation.
05:04Le peuple iranien, il n'est pas là.
05:06On n'en parle pas.
05:07On ne parle pas de tous ceux qui perdent la vie dans cette guerre,
05:12de tous ceux qui se retrouvent dans des conditions de vie effroyables,
05:15le plus d'un million de réfugiés au Liban.
05:18Ces femmes, ces enfants ne sont rien à côté de la cible prétendument visée,
05:25un terroriste ici, un terroriste là et au nom de ces cibles.
05:30Eh bien, cette déshumanisation de la guerre, elle est totale.
05:34Et on revient...
05:34Non, mais le portrait que vous dressez là, presque d'action par cruauté de guerre,
05:41ce serait celle d'un tirant.
05:43Vous considérez qu'aujourd'hui, Donald Trump et Benjamin Netanyahou...
05:46Et on revient au troisième point.
05:48C'est destruction, déshumanisation et déséquilibre.
05:53Nous voyons bien que la guerre est aujourd'hui dans les mains de gens
05:56dont on peut s'interroger sur leur équilibre.
05:59Quand on écoute Pitex-7, qui fait des pompes à côté des militaires,
06:04comme s'il jouait dans la même catégorie.
06:06Quand on écoute Donald Trump, j'ai cité quelques extraits.
06:09Mais nous voyons bien que le leadership américain est aujourd'hui plus que discussable.
06:14Il y a une fuite en avant.
06:16Et, M. Fauvel, il faut comprendre, ce n'est pas ma pensée que j'exprime.
06:22C'est le regard des trois quarts de l'humanité.
06:24C'est-à-dire, vous mettez ça sur le compte de la santé mentale de Donald Trump et de ses
06:28proches,
06:29d'un trait de caractère.
06:31Les trois quarts de l'humanité ont compris qu'il n'y avait aucune rationalité
06:37dans la conduite de cette guerre.
06:39Et tous les pays occidentaux le mesurent aujourd'hui.
06:42Mais vous savez que ses adversaires ont dit ça pendant toute la campagne présidentielle.
06:45Il a été élu avec des millions de voix d'avance.
06:48Mais il n'empêche que vous pouvez être un personnage tout à fait excessif
06:51et obtenir un certain soutien.
06:53Mais pour dire les choses de manière moins diplomatique que vous,
06:59vous considérez que ce homme est fou ?
07:01Pourquoi aucun pays européen ?
07:03Et Dieu sait si dans les pays européens, une grande partie de ces pays sont atlantiques.
07:09favorables à la relation atlantique.
07:11Pourquoi aucun ne le suit ?
07:13Parce que personne ne comprend ce que les Américains vont faire dans cette galère.
07:18C'est ça la réalité de cette affaire inouïe.
07:21Alors ça fait de beaux plateaux de télévision.
07:23Ça fait des images formidables.
07:26Ça fait des histoires et des récits étonnants avec des pilotes qu'on va rattraper au milieu du désert.
07:33Mais la réalité de cette guerre, elle nous renvoie à quelque chose de très cru et de très absurde.
07:40Et en tout cas de totalement inhumain.
07:42Et c'est pour cela que nous devons avoir le souci face à cela,
07:45de rappeler à l'administration Trump son humanité.
07:50Aujourd'hui, on ne peut pas agir selon son bon plaisir
07:54quand on détient dans sa main la vie de millions, pour ne pas dire de dizaines de millions de personnes.
08:00Vous parlez d'humanité, Dominique de Villepin.
08:02Est-ce que vous mettez le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou,
08:05si vous me passez l'expression, dans le même panier que Donald Trump ?
08:08Lui qui a, par exemple, fait passer une loi il y a quelques jours pour rétablir la peine de mort,
08:13mais uniquement contre les Palestiniens, qui seraient reconnus coupables, de terroristes.
08:17Est-ce que vous y voyez une faute politique, un défaut d'humanité ?
08:21Ou est-ce qu'après tout, la menace, le souvenir du 7 octobre, sont-elles qu'il peut se faire
08:26mettre ça ?
08:26Vos mots sont bien tièdes par rapport à une réalité beaucoup plus crue.
08:31La réalité beaucoup plus crue, c'est qu'il y a une logique du côté de l'administration de M.
08:38Netanyahou.
08:38Cette réalité, c'est, par tous les moyens, assurer la sécurité d'Israël.
08:44Par tous les moyens.
08:45Ce qu'on peut comprendre.
08:46Par tous les moyens de force, c'est-à-dire, sans limite, quelles que soient les destructions réalisées.
08:52C'est le cas au Liban, c'est le cas en Syrie, c'est aujourd'hui le cas en Iran.
08:57Est-ce que cela va se traduire par plus de sécurité pour Israël ?
09:00Je le dis très solennellement, non.
09:04Pourquoi ?
09:05Parce que la sécurité, à partir d'un certain moment, elle dépend de conditions politiques.
09:11Benjamin Netanyahou ne veut pas entendre parler d'objectifs politiques.
09:15Il ne veut pas d'un État palestinien.
09:16Il ne veut pas d'un compromis avec l'Iran qui placerait Israël en situation d'avoir à garder un
09:26rapport de force avec l'Iran.
09:27Donc nous sommes dans une situation où Benjamin Netanyahou, à la fois pour des raisons politiques,
09:32il est constant dans la ligne qu'il a choisie, mais aussi pour des raisons personnelles et politiques,
09:36s'installe dans la conduite d'une guerre illimitée, d'une guerre sans fin,
09:41au risque de trahir les idéaux même qui sont ceux d'Israël.
09:46Et quand on voit que cette loi est passée à la Knesset,
09:50on peut espérer que la Cour suprême ne la fera pas appliquer,
09:54qu'il a débouché le champagne.
09:55On voit bien qu'on est, alors là, clairement, il n'y a pas d'autre mot que celui-là,
09:59dans une logique d'apartheid.
10:01À partir du moment où on traite les Palestiniens différemment,
10:04à partir du moment où il y a plusieurs règles qui s'appliquent,
10:07on voit bien qu'il y a là une pente, une logique qui est désormais malheureusement fatale.
10:50Abonnez-vous !
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