00:00La vérité que personne ne dit, c'est que moi je considère que le Parti Socialiste a pâti d'une
00:04vague dégagiste contre ses maires sortants,
00:06après c'est à Clermont-Ferrand qui s'est installé depuis un certain nombre d'années,
00:09et a pâti du boulet que constitue par exemple son groupe parlementaire à l'Assemblée Nationale,
00:15qui a accompagné les politiques macronistes et que vous avez des électrices et des électeurs.
00:20Mais il est intéressant d'observer qu'il y a des gens qui ne sont pas allés voter socialiste,
00:24parce que les socialistes n'ont pas censuré les gouvernements,
00:26qu'ils ont approuvé le budget de la sécurité sociale et qu'à un moment ça a des conséquences.
00:36Lors de ces élections municipales, la France Insoumise, qui a dix ans,
00:40qui a abordé pour la première fois vraiment ce scrutin,
00:43fait une percée, une progression, qui a une progression remarquable.
00:47Ça se résume à deux chiffres, vous savez.
00:49La France Insoumise dirigeait zéro commune parmi les 50 communes les plus peuplées de France.
00:53Aujourd'hui elle va en diriger deux.
00:56Saint-Denis et Roubaix.
00:57Il y avait à peu près 30 000 habitants qui vivaient dans une commune dirigée par la France Insoumise.
01:02Demain il y en aura 550 000, c'est-à-dire 18 fois plus.
01:05Parce que vous vous êtes concentré sur des secteurs plus que pour vous étendre dans toute la France, ce qui
01:10est vrai.
01:10Attendez, après on pourra parler de toute la France si vous voulez.
01:13Je vous dis juste qu'il y a 18 fois plus de citoyennes et de citoyens
01:17qui demain vont vivre dans une commune dirigée par la France Insoumise qu'avant.
01:20Donc ça c'est le résultat de la France Insoumise dans ses élections municipales.
01:24Donc c'est une percée qui est une percée remarquable.
01:25Après, quand j'entends, pardon M. Tréard, c'est quand même hallucinant.
01:30C'est-à-dire, j'entends des socialistes qui, il y a 15 jours, disaient plus jamais avec la France
01:35Insoumise.
01:36Il y a une semaine, nous suppliaient de vouloir faire des fusions pour essayer de sauver leur mère qui était
01:41en très mauvaise posture.
01:42Et à 20h01 hier soir, parce que leur mère en très mauvaise posture ont perdu,
01:47viennent nous dire non finalement c'est pas de notre faute si on a perdu, c'est de la faute
01:50des Insoumis.
01:50Franchement, c'est ridicule.
01:51Parce qu'ils ont regardé les cartes.
01:52Je vous montre une carte.
01:52Regardez les cartes et regardez les chiffres.
01:54Je vous montre une carte.
01:55Les grandes villes où la gauche partait unie au deuxième tour, y compris unie avec vous.
02:01Voici ce que ça a donné à la fin.
02:03Victoire à Grenoble, Lyon, Nantes, Tours.
02:04Mais défaite à Toulouse, Brest, Clermont, Tulle, Cherbourg, Limoges, Besançon.
02:08C'est cette carte qui amène le PS à vous attaquer.
02:10Mais alors regardez, prenons...
02:12En disant on aurait dû gagner ou vous nous avez fait perdre.
02:14Mais c'est pas vrai.
02:15Dans aucune de ces villes-là, dans aucune des villes que vous montrez là,
02:19où il y a eu des fusions au deuxième tour,
02:22dans aucune d'entre elles, s'il n'y avait pas eu de fusion
02:25et si le PS était resté tout seul au deuxième tour,
02:28aucune de ces villes-là, il n'aurait gagné.
02:30C'est en partie vrai, M. Bopin.
02:32Oui, mais j'ai quand même quelques remarques à vous faire.
02:34On va prendre Toulouse.
02:35Trois remarques sur Toulouse.
02:36Très intéressant, Toulouse.
02:38Toulouse, il y a eu un sursaut de l'électorat en faveur de M. Moudinck.
02:4230 000 voix.
02:43Qui a gagné 30 000 voix entre le premier et le deuxième tour.
02:47Attendez, c'est pas terminé.
02:48Dans la même ville, le nombre de bulletins blancs ou nuls,
02:51c'est-à-dire probablement, c'est une supposition,
02:55un électorat de gauche, mais qui ne veut pas voter
02:58parce qu'il y a cette fusion, il a doublé, voire triplé selon les villes.
03:04Troisième chose, quand il y a des triangulaires,
03:07le candidat le plus faible de la triangulaire ou de la cadre angulaire,
03:11d'ailleurs, vous apercevez que son résultat, il fond comme neige au soleil.
03:17Ça veut dire que quand même, il y a eu un réflexe anti-LFI,
03:21me semble-t-il, même si, même si, dans les villes en question,
03:26seul ou avec les communistes et les écologistes, il ne serait pas arrivé à l'ordre.
03:30Réflexe anti-LFI.
03:31Non, attendez, c'est intéressant, c'est bien, on prend des cas concrets.
03:35Je vais vous dire une chose, M. Tréard, vous pourrez vérifier si ce que je vais vous dire est vrai
03:38ou pas.
03:38François Picmal, à la tête de la liste de rassemblement au second tour de l'élection municipale à Toulouse,
03:45dimanche, réalise dimanche le nombre de voix le plus important
03:49qui n'a jamais été réalisé par un candidat de gauche au second tour de l'élection municipale à Toulouse.
03:55Il fait 25 000 voix de plus qu'en 2020.
03:58En 2020, on pourrait me dire que c'était le Covid.
04:00C'était particulier.
04:01Allez, mettons-le de côté.
04:02Il fait 10 000 voix de plus qu'à l'élection municipale précédente de 2014.
04:06Alors, si vous arrivez à m'expliquer pourquoi, alors qu'il y aurait eu un effet repoussoir,
04:10puisque c'est ça, la thèse que vous développez là,
04:13il fait un record du nombre de voix réalisé par un candidat de gauche au second tour,
04:18vous voyez qu'il y a quelque chose qui n'a pas là-dedans.
04:19Vous racontez la moitié de l'histoire, Manuel Bompard.
04:21Non, je l'ai.
04:21J'ai regardé aussi, les chiffres que vous donnez sont parfaitement bons, il n'y a aucun problème.
04:25J'ai regardé l'écart entre Jean-Luc Moudinck et le candidat de gauche qui l'affronte
04:29depuis trois municipales, parce que c'est son troisième mandat aujourd'hui.
04:33Il n'a jamais été aussi confortablement élu.
04:38Il y a quasiment huit points d'écart.
04:39Donc, ça revient à ce que disait tout à l'heure Yves.
04:41Ça ne change rien à la démonstration que je fais.
04:43Mais ça ne change rien à la démonstration d'Yves.
04:45C'est de dire, est-ce que finalement, alors oui, vous avez obtenu plus de voix que lors des fois
04:51précédentes.
04:51En revanche, le maire sortant en obtient encore beaucoup plus.
04:56C'est une élection municipale.
04:58Ça rejoint le réflexe anti-LF.
05:00Ce que je vous dis à Toulouse est vrai à Brest, est vrai à Argenteuil, est vrai à Clermont, est
05:06vrai à Avignon.
05:07Je pense que les gens ne vont pas comprendre, M. Trayard.
05:09Je voulais juste vous dire sur un deuxième argument que vous avez avancé,
05:13qui je trouve est quand même l'angle mort des commentaires politiques auxquels on assiste depuis hier soir 20h.
05:18Pourquoi, je vais vous dire, pourquoi à Brest, le candidat socialiste fait la fusion avec la France insoumise ?
05:24Parce qu'il réalise au premier tour le pire score que le candidat socialiste n'a jamais réalisé à Brest
05:30depuis des décennies.
05:32Pourquoi à Clermont-Ferrand, le candidat socialiste fait la fusion ?
05:35C'est parce qu'il réalise le pire score qu'il n'a jamais réalisé un candidat, un maire sortant.
05:39Et que sans vous ?
05:40Et qu'il a besoin de nous au deuxième tour.
05:43Mais donc, s'il a perdu au deuxième, c'est pas parce qu'il y avait la France insoumise au
05:47deuxième.
05:47C'est parce qu'au premier, il a fait le pire score qu'aucun maire socialiste n'avait jamais réalisé.
05:52Je disais, écoutez attentivement hier, M. Bompard, dans votre déclaration, vous avez dit, en gros,
05:57ils étaient tellement décrédibilisés, les socialistes, que même avec notre apport,
06:02fantastique si j'ose dire, on n'a pas pu les sauver.
06:03Donc, le prochain fois, votez pour nous plus fortement dès le premier tour.
06:08Est-ce que c'est pas un peu facile de dire ça ?
06:10Non.
06:10Finalement, vous dites, on n'a pas été repoussoirs, mais ils étaient tellement décrédibilisés qu'on n'a pas pu
06:14les sauver.
06:15Est-ce que vous ne réécrivez pas un peu l'histoire ?
06:16Non, parce que je prends des exemples très concrets, je m'appuie sur des chiffres.
06:20À Brest, je le disais, le candidat socialiste perd à peu près 8 points par rapport au score qu'il
06:25avait réalisé lui-même
06:26lors de la dernière élection municipale.
06:27Donc, si c'est par repoussoir, en tout cas, ça ne permet pas de gagner l'apport de la France
06:31insoumise.
06:31Et nous, les insoumis, à Brest, on fait un score qui est au-delà d'un score qu'on faisait
06:35nous aux élections européennes dans cette ville.
06:37Mais ça ne suffit pas.
06:38Ah bah oui, ça ne suffit pas.
06:39Pour vous montrer le caractère repoussoir en deux mots, à Brest, par exemple, le troisième candidat qui est un candidat
06:47Rassemblement National,
06:48il perd 3000 voix qui se reportent sur le vainqueur.
06:53Vous avez raison, et ça, c'est un phénomène qu'on a observé, que j'observe, qui est un phénomène
06:56assez nouveau, d'ailleurs,
06:57qui est que le Rassemblement National, d'habitude, entre les deux tours, gardait plutôt ses voix.
07:01Et là, c'est vrai que souvent, ces électrices et ces électeurs sont allés voter à droite, entre guillemets.
07:06Pour faire barrage.
07:07Pour vous faire barrage.
07:08Non, précisément, ce que j'allais dire, vous savez, M. Tréard, si vous êtes attentif, vous verrez que ce phénomène
07:12existe aussi
07:13dans les endroits où, au deuxième tour, il n'y avait pas la France insoumise en face.
07:17C'était des listes du Parti Socialiste, des écologistes, etc.
07:20Donc, en fait, ça n'a rien à voir avec la France insoumise.
07:22Donc, vous voyez, je trouve qu'il faut faire attention, quand même, sur les analyses un peu hâtives qui sont
07:26faites.
07:27La vérité, que personne ne dit, c'est que moi, je considère que le Parti Socialiste a pâti d'une
07:31vague dégagiste
07:32contre ces maires sortants, après, c'est à Clermont-Ferrand qui s'est installé depuis un certain nombre d'années,
07:36et a pâti du boulet que constitue, par exemple, son groupe parlementaire à l'Assemblée Nationale,
07:42qui a accompagné les politiques macronistes.
07:44Il y a un boulet de chaque côté, alors.
07:46– Mais non, mais je pense quand même, c'est intéressant d'observer qu'il y a des gens
07:49qui ne sont pas les plus votés socialistes, parce que les socialistes n'ont pas censuré les gouvernements,
07:54qu'ils ont approuvé le budget de la sécurité sociale, et qu'à un moment, ça a des conséquences.
07:57– Manuel Bompard, si tout le monde est le boulet de tout le monde,
07:59si vous êtes le boulet du PS, et le PS est votre boulet, à vous, je caricature les choses.
08:04– Il y a une semaine, vous avez remarqué que la musique n'était pas tout à fait la même.
08:06– J'entends bien, j'entends bien.
08:08– Mais quelles conséquences vous en tirez ?
08:10Est-ce que, en gros, les deux s'annulent, et vous dites,
08:13bon, malgré tout, on est obligé de s'entendre, et je pense évidemment à 2027,
08:16ou au contraire, vous dites, écoutez, si c'est ça, fermez le banc, et ce sera le divorce.
08:20– Je vais vous dire franchement, mon intérêt, là j'ai répondu parce que vous m'avez posé la question,
08:24en vrai, je m'en fiche de ce que pense le Parti Socialiste, etc.
08:28Ce que j'observe, c'est que la France insoumise, elle a été créée dans un contexte,
08:32qui est un contexte difficile pour la gauche, qui est au lendemain du quinquennat de François Hollande,
08:36où le total de la gauche a perdu 20 points, entre 2012 et 2017.
08:41Et depuis, la France insoumise, elle prend et acte de cette situation,
08:45et on travaille pour essayer de récupérer des points qui ont été perdus par la gauche,
08:49parce que c'est la seule solution qui permettra à la gauche de prendre le pouvoir dans ce pays, demain.
08:54– Mais est-ce que vos électeurs insoumis se retrouvent aussi…
08:55– Attendez, je termine, si vous voulez bien,
08:57à ma démonstration, après je vous laisse poser votre question,
08:58et on avance aux élections européennes,
09:01on progresse par rapport aux élections européennes précédentes,
09:03aux élections municipales, on progresse par rapport aux élections municipales précédentes.
09:06Vous savez, dans toutes les grandes communes, là, si vous regardez au premier tour,
09:09les listes d'union, PS, PCF, ELV,
09:13elles perdent 6 points en moyenne dans toutes les communes de plus de 100 années.
09:16– Elle remporte Paris, Paris, Paris, Paris, Paris…
09:17– Attendez, attendez, attendez, elles perdent 6 points en moyenne.
09:20Là, je regarde sur les scores de premier tour, d'accord ?
09:22Les listes insoumises, elles gagnent 9 points en moyenne.
09:25Donc qu'est-ce que ça dit ?
09:26Ça dit qu'il y a la gauche traditionnelle qui baisse,
09:29qui perd de l'influence,
09:30et à la gauche de rupture dirigée par la France insoumise…
09:32– Vous partiez plus loin, donc vous avez une progression plus nette.
09:34– Et il y a la gauche de rupture dirigée par la France insoumise
09:37qui progresse, et qui progresse davantage et qui fait augmenter le total gauche.
09:40Mais aujourd'hui, je le reconnais, c'est insuffisant pour gagner à Toulouse,
09:43c'est insuffisant pour gagner à Limoges.
09:45Eh bien, il faut continuer notre travail.
09:46Et donc, pour les prochaines élections présidentielles, je dis,
09:48la force est de notre côté.
09:49Donc je dis aux gens qui nous écoutent,
09:51venez nous aider pour faire ce travail.
09:52C'est un travail compliqué, c'est un travail…
09:54On gratte la montagne de la résignation avec nos doigts.
09:57Ce n'est pas facile de le faire.
09:58Mais il faut qu'on soit plus nombreux à le faire.
10:00C'est un travail compliqué, c'est un travail compliqué, c'est un travail compliqué.
10:29C'est un travail compliqué, c'est un travail compliqué, c'est un travail compliqué.
10:36C'est un travail compliqué, c'est un travail compliqué.
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