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  • il y a 2 jours
Les travaux de la commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public, créée à la demande du groupe d'Éric Ciotti (Union des droites pour la République) se poursuivent. Le 2 avril, les députés auditionnent Michèle Cotta, directrice générale de France 2 de 1999 à 2002, et Marc Tessier, président de France Télévisions de 1999 à 2005. Sont également présents Patrice Duhamel, directeur général de France Télévisions de 2005 à 2010, et le président du groupe durant la même période, Patrick de Carolis. Retrouvez?les temps forts de leurs échanges.

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00:00:01Générique
00:00:07Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de la séance est ouverte sur LCP.
00:00:12Nous sommes le jeudi 2 avril, la commission d'enquête sur l'audiovisuel public auditionne d'anciens dirigeants de France
00:00:18Télévisions,
00:00:19dont Patrice Duhamel et Michel Cotta. Regardez.
00:00:23Depuis des semaines, je crois que vous avez entendu beaucoup de choses et que malheureusement, je crains de répéter un
00:00:32certain nombre de choses qui ont été dites.
00:00:35En gros, ce que je voulais dire, c'est que je crois au service public. Je crois qu'il faut
00:00:40à la France un service public.
00:00:43Et un service public, ça veut dire un service pour tous les publics et un service pour tous les genres
00:00:50de télévision.
00:00:53Donc de ce point de vue-là, je trouvais que la formation, et que je trouve toujours d'ailleurs, que
00:00:57la formation du service public en une, deux ou trois chaînes est quelque chose de nécessaire.
00:01:04Je pense, je sais que j'ai été accusé à un certain moment de vouloir rechercher la clientèle de TF1,
00:01:14mais je pense quand même qu'il faut une chaîne qui soit en concurrence avec une chaîne comme TF1,
00:01:24c'est-à-dire qui réunisse assez de public, qui touche sa cible, avec une différence majeure, qui est que
00:01:35je crois que les cibles qui sont définies par la publicité
00:01:42sont forcément, correspondent à un ciblage particulier, c'est-à-dire que les chaînes payantes, ou les chaînes comme TF1,
00:01:54les chaînes privées, ont besoin d'une publicité,
00:01:57que cette publicité s'adresse aux ménagères de plus de 50 ans, on le sait, qu'elle est au demeurant
00:02:04de plus en plus ciblée au fur et à mesure,
00:02:06et que le service public ne doit pas s'adresser uniquement aux ménagères de plus de 50 ans.
00:02:14Donc ça posera sûrement des problèmes, mais ça peut-être qu'on y reviendra en cas d'éventuelle privatisation.
00:02:22Et quand je dis tous les gens, je crois aussi que tous les gens doivent passer sur la même chaîne,
00:02:27une chaîne comme France 2 en tout cas,
00:02:31qui est, si j'ose dire, ce que Hervé Bourge appelait le navire amiral.
00:02:35L'info, bien sûr, les magazines, les documentaires, je vous rappelle qu'il n'y a plus de documentaires ou
00:02:41pratiquement pas, pratiquement plus sur TF1.
00:02:46Alors, fiction plus ou moins patrimoniale, on en reparlera aussi, variété, jeux, culture, tout cela doit cohabiter sur le service
00:02:57public.
00:02:57Tous les genres de télévision correspondant à tous les publics.
00:03:00Alors, un mot sur la culture. Je lisais dans le questionnaire qui m'a été envoyé que j'avais dit
00:03:08un jour qu'on ne peut pas obliger à écouter la culture avec un Kalachnikov.
00:03:16Paraphrasant ainsi un mot de Michel Charas, vous vous rappelez, qui avait dit à un moment donné qu'on ne
00:03:20pouvait pas faire monter des gens dans un train à coup de Kalachnikov.
00:03:25Donc, par rapportant cette phrase, oui, je pense, en effet, qu'il y a une grosse place pour la culture
00:03:30dans le service public.
00:03:33Et je prends une référence qu'on a dû vous donner 14 fois, ou même plus que ça, qui est
00:03:39le fameux bouillon de culture de Bernard Pivot.
00:03:43Je me rappelle très bien quand même, c'était l'émission la plus célébrée à l'époque, et elle l
00:03:49'est toujours, et je trouve que c'est toujours une émission formidable quand je la revois.
00:03:54Vous voyez dans quoi, elle faisait effectivement une audience assez basse et une audience qui, assez rapidement, aurait terrifié une
00:04:03chaîne comme TF1.
00:04:04Mais, en revanche, je trouve qu'il est important que les chaînes trouvent leur public, c'est-à-dire qu
00:04:11'il y ait place pour un public qui a envie de se cultiver, qui a envie de regarder du théâtre,
00:04:16qui a envie, parce que tout ça, au fond, qui a envie de lire des livres.
00:04:20Et je remarque avec plaisir qu'une émission de livres continue en ce moment sur les chaînes de services publics.
00:04:29Donc, l'essentiel pour une émission culturelle est de trouver son public.
00:04:33Si elle ne trouve pas son public, c'est qu'elle ne correspond pas à ce qu'on en attend,
00:04:37mais elle peut trouver un public, même si c'est un public minoritaire, et surtout si c'est un public
00:04:41minoritaire.
00:04:42Voilà ce que je voulais dire, en disant qu'on n'obligeait pas des gens à regarder de l'opéra
00:04:45s'ils n'aimaient pas ça.
00:04:46Moi, j'adore ça, donc je peux regarder ça à 8 heures du matin. Mais bon. Alors, moi, j'aime
00:04:57bien la notion de compétition entre public et privé.
00:05:03Ça a des avantages et des inconvénients. Les inconvénients, sûrement, c'est que ça a fait monter les salaires du
00:05:08service public, je pense.
00:05:10que la compétition TF1-France 2 a eu des effets qui n'étaient pas forcément volontaires.
00:05:19Et si j'ajoute à ça que je trouve que les chaînes, en ce moment, ont déjà un gros problème
00:05:29de publicité,
00:05:31puisque la publicité, à la fois, passe sur tous les supports, y compris aux supports comme YouTube,
00:05:39où on ne demande pas de faire de la création, de faire de la production, ils ont quand même de
00:05:45la publicité.
00:05:46Donc, cette publicité pose déjà à l'heure actuelle, et on le sait, des problèmes au privé.
00:05:50Je ne souhaiterais pas ajouter une concurrence à ça. Par conséquent, c'est un service public qui n'a pas
00:05:58de publicité.
00:05:58Ça veut dire un service public cher, en effet. De notre temps, il était moins cher que la BBC et
00:06:03que la chaîne allemande.
00:06:07Mais voilà. Ceci étant, la situation a complètement changé depuis que nous avons commencé, Marc et moi.
00:06:12Il y avait quelques chaînes, il y en a maintenant des centaines.
00:06:15C'est une différence, c'est une différence appréciable et qui a des conséquences sûrement.
00:06:22Écoutez, à titre préliminaire, moi, je voulais surtout insister sur le fait que j'ai eu la chance d'avoir
00:06:30à intervenir dans pratiquement tous les domaines de la télévision
00:06:36et en particulier, bien entendu, France Télévisions, puisque j'ai commencé et je suis rentré dans ce secteur par Canal+.
00:06:44J'ai occupé les fonctions de directeur général adjoint de Canal+.
00:06:48Et donc, payante, ensuite, j'ai pu avoir le privilège de jouer de l'un à l'autre.
00:06:57J'ai été aussi, comment dirais-je, membre du Conseil national du numérique.
00:07:04Donc, j'ai plongé à ce moment-là dans un secteur qui était sensiblement différent de celui que l'on
00:07:11connaissait avant et que l'on connaîtra par la suite.
00:07:13Et puis, enfin, dernier élément, donc France Télévisions et le passage notamment de la TNT, qui est un élément de
00:07:23l'époque où j'étais président de France Télévisions.
00:07:28Et cette TNT a proliféré, puisque depuis qu'elle a été mise sur les rails, le nombre de chaînes a
00:07:38explosé.
00:07:39Et c'était l'objectif qu'on poursuivait.
00:07:41Voilà, je ne ferai pas d'autres commentaires.
00:07:44Je pense que les questions, et notamment celles qui nous sont suggérées, répondront à vos préoccupations.
00:07:50Juste quelques mots rapides, comme Marc, sur les leçons que je peux tirer de plus de 25 ans dans le
00:07:58service public.
00:07:59Pas dans la continuité.
00:08:00Il y a eu 69-81, puis 93-95, 96-99 et 2005-2010.
00:08:12Ce n'est pas 25 ans dans la continuité.
00:08:13Il y a des allers-retours avec notamment la presse écrite.
00:08:17Deux, trois leçons.
00:08:19La première, c'est que j'ai toujours en tête, quand on est dans ces circonstances-là, un formidable slogan
00:08:25qui remonte à des décennies pour Radio France et pour France Inter, plus précisément, qui était « Écouter la différence
00:08:34».
00:08:34Et je pense que l'audiovisuel public, ça doit être « Écouter la différence » pour la radio et «
00:08:39Regarder la différence » pour la télévision publique.
00:08:44La différence, c'est... Il y a une autre définition que j'aime bien, qui est d'un de mes
00:08:48amis, qui est un grand universitaire spécialiste des médias, qui a été membre du CSA, Francis Ball,
00:08:53et qui a dit à plusieurs reprises, il a théorisé... Alors c'est un petit peu plus sophistiqué que «
00:09:00Regarder la différence ».
00:09:02C'est l'audiovisuel public, et notamment la télévision publique, doit faire différemment ce que le privé fait aussi, l
00:09:11'information, le sport, la fiction, le divertissement,
00:09:14et doit faire ce que le privé ne fait pas. Les grands documentaires, Michel y faisait référence, les grands spectacles
00:09:22vivants, nous en avons fait beaucoup avec Patrick pendant les 5 ans à France Télévisions,
00:09:28l'opéra, le théâtre en première partie de soirée, une dizaine de premières parties de soirée par an. La différence,
00:09:35c'est ça.
00:09:36La différence dans la fiction, c'est par exemple ce que Patrick avait présenté quand il a été élu, c
00:09:43'est-à-dire une collection d'adaptation des Contes et Nouvelles de Maupassant,
00:09:49avec une satisfaction que j'ai eue une année après, où j'ai croisé le patron d'édition de poche,
00:09:56qui m'a dit, dans les mois qui ont suivi,
00:09:59la vente des éditions de poche, toutes les œuvres de Maupassant a augmenté de 60%. C'est ça la différence,
00:10:07et c'est ça la télévision publique.
00:10:09Et puis les grands documentaires, nous avons créé par exemple une collection qui existe, je crois, toujours, qui s'appelle
00:10:16Apocalypse,
00:10:18qui était absolument extraordinaire, qui a été vendue dans le monde entier, et la première soirée pour un documentaire qui
00:10:25a dépassé les 6 millions de téléspectateurs.
00:10:27Alors c'est ça aussi la différence, et c'est ça aussi le service public.
00:10:31Très vite, la deuxième leçon, c'est que l'audiovisuel public doit pouvoir, non pas bénéficier, mais s'appuyer sur
00:10:39un financement pérenne et durable.
00:10:42Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas faire d'efforts quand le pays a des difficultés budgétaires,
00:10:46bien entendu.
00:10:47Mais je pense, en regardant, je ne connais pas dans le détail les comptes actuels, mais je pense que le
00:10:55yo-yo ou les coûts d'accordéon budgétaires,
00:10:58c'est extraordinairement difficile à gérer quand on est à la tête d'une entreprise de l'audiovisuel public.
00:11:04La troisième leçon, c'est un souvenir que j'ai avec Patrick, où un soir, nous avions des difficultés avec,
00:11:12non pas la tutelle, parce que ce mot est absolument insupportable,
00:11:16mais avec l'actionnaire, c'est-à-dire l'État, on avait compté le nombre d'actionnaires.
00:11:23Et on était arrivés à huit. La télévision publique et la radio publique, ils ont huit actionnaires.
00:11:29L'Élysée, Matignon, le ministère de la Culture, le ministère des Affaires étrangères, le ministère des départements et territoires d
00:11:38'outre-mer,
00:11:38la direction du budget, l'agence des participations de l'État et la DGMIC, la Direction générale des médias et
00:11:44des industries culturelles.
00:11:45Quand vous avez huit actionnaires qui ne sont pas toujours d'accord, et c'est un euphémisme entre eux, c
00:11:53'est extraordinairement difficile de tenir un cap.
00:11:56Voilà les trois leçons que j'ai tirées de cette expérience.
00:12:01Merci beaucoup et qui sont effectivement utiles.
00:12:05Que nous donne à réfléchir, M. de Carolis, vous qui avez été président de France Télévisions.
00:12:11Bonjour M. le Président, M. le rapporteur, Messieurs.
00:12:15Je crois qu'ils ont planté le décor, mes collègues ont planté le décor.
00:12:21Je ne reviendrai pas sur ce qu'il a dit et sur la volonté que nous avons eue à nos
00:12:27époques différentes et à nos responsabilités respectives.
00:12:32Moi, j'ai toujours essayé, en tout cas, parce que j'ai travaillé à la fois dans le privé et
00:12:42sur le service public,
00:12:46d'avoir le souci du citoyen.
00:12:53Quand on travaille dans le service public, dans le public, il y a peuple, et dans le peuple, il y
00:12:59a pays.
00:13:01Et quand vous avez l'honneur de diriger un groupe, une chaîne de télévision de service public, un groupe de
00:13:08service public,
00:13:08vous devez avoir ce souci du citoyen.
00:13:11Ce que le général de Gaulle avait résumé en disant, la culture, c'est ce qui permet à un peuple
00:13:21de devenir plus grand que lui-même.
00:13:24Eh bien, le service public, c'est ce qui permet justement à nos concitoyens de devenir plus grand qu'eux
00:13:30-mêmes.
00:13:31Et lorsque j'ai eu moi-même à créer des émissions, à imaginer des émissions,
00:13:37j'ai toujours essayé de faire en sorte de rendre intelligible l'intelligence,
00:13:45essayer de rendre accessible ce qui pouvait paraître complexe.
00:13:54Et le service public, c'est deux jambes.
00:13:59La jambe information, c'est-à-dire il y a un travail journalistique important,
00:14:06et puis il y a le programme.
00:14:07Et pour moi, le programme, c'est justement ce flot d'émissions, de documentaires,
00:14:15de programmes qui doivent irriguer notre territoire.
00:14:20Et c'est le maire qui parle à ce moment-là.
00:14:23Quand vous êtes maire d'une ville, d'une petite ou d'une grande commune,
00:14:29vous observez la scène audiovisuelle
00:14:34et vous espérez que beaucoup de programmes touchent vos concitoyens,
00:14:41touchent vos administrés,
00:14:43et faire en sorte que l'effervescence créative parisienne,
00:14:48qui est importante, puisse irriguer votre territoire.
00:14:53Vous savez, la comédie française, elle est à Paris.
00:14:56Et bien, quand vous, comme le disait Patrice Duhamel,
00:15:00vous retransmettez des pièces de théâtre de la comédie française,
00:15:04vous irriguez le territoire et vous rendez accessible quelque chose qui est à Paris.
00:15:08Quand vous avez un programme de l'Opéra Bastille, par exemple,
00:15:13un opéra à l'Opéra Bastille,
00:15:14il n'y a pas d'opéra partout en France.
00:15:17Et lorsque vous mettez à 20h30,
00:15:20comme nous le faisions avec Patrice Duhamel,
00:15:22un opéra en première partie de soirée,
00:15:26même si les audiences n'étaient pas aussi fortes
00:15:29qu'un film ou qu'une série ou qu'un autre programme,
00:15:33je me souviens de la retransmission en direct des Corrigi d'Orange,
00:15:38je crois, du Trouver avec Alania,
00:15:43nous avions eu ce soir-là 1 800 000 téléspectateurs.
00:15:48Alors sur la grille, ce n'est pas beaucoup par rapport aux autres,
00:15:51mais c'est énorme, 1 800 000 téléspectateurs.
00:15:54C'est, tenez-vous bien, deux ans,
00:15:57deux ans de programmation quotidienne de l'Opéra Bastille.
00:16:00Donc en une soirée, vous gagnez deux ans de programmation d'Opéra Bastille.
00:16:06C'est ça le service public pour moi.
00:16:08C'est ce qui irradie, c'est ce qui permet à un pays
00:16:14d'avoir une souveraineté culturelle.
00:16:17La souveraineté culturelle passe par le service public.
00:16:21Et l'influence culturelle passe par le service public également.
00:16:27Voilà ce qui, moi, m'a animé pendant toute cette carrière.
00:16:32Voilà, essayer de, en tout cas, d'élever et d'éclairer nos concitoyens,
00:16:40comme le disait le général de Gaulle,
00:16:41pour essayer de les rendre plus grands qu'eux-mêmes.
00:16:46Merci beaucoup.
00:16:47Je vous propose peut-être de rentrer directement dans le vif du sujet.
00:16:51J'aurais une question, puis je laisserai la parole au rapporteur.
00:16:54L'une des missions du service public audiovisuel,
00:16:58et notamment de France Télévisions, vous l'avez dit,
00:16:59c'est d'informer les Français,
00:17:02et de le faire dans un cas, qui est celui de la loi 86,
00:17:06qui exige le pluralisme, l'honnêteté de l'information,
00:17:09son impartialité, et ce pluralisme interne
00:17:14conduit notamment au respect strict des temps de parole,
00:17:18qui parfois peut compliquer la gestion et la tâche
00:17:23qui était la vôtre, comme dirigeant de France Télévisions.
00:17:27Et peut-être vous demandez,
00:17:28comment, dans les fonctions qui étaient les vôtres,
00:17:31vous avez veillé à cet équilibre,
00:17:33à ce pluralisme de l'information,
00:17:36à cette impartialité de l'information ?
00:17:39Est-ce que, pour vous, les règles doivent évoluer ?
00:17:43Sont-elles adaptées à la réalité du paysage informationnel aujourd'hui,
00:17:47où les réseaux sociaux deviennent aussi des lieux
00:17:50où on s'informe, n'ayant pas les mêmes règles
00:17:52que le service public audiovisuel et que les médias en général ?
00:17:57Et peut-être une dernière question sur le sujet,
00:17:58mais tout ça est lié.
00:18:00Delphine Ernotte,
00:18:02qui a succédé au moins à deux d'entre vous ici,
00:18:08a jeté, je vais le dire comme ça,
00:18:09un pavé dans la mare il y a quelques semaines,
00:18:11en indiquant que la multiplicité de ces règles,
00:18:14la complexité de les mettre en œuvre,
00:18:16nécessitait peut-être une évolution de la loi
00:18:19pour assumer des médias d'opinion,
00:18:20s'inspirer finalement de ce qui existe dans la presse écrite,
00:18:23où le pluralisme interne n'est pas obligatoire,
00:18:25avec des lignes éditoriales très marquées
00:18:26dans les journaux et dans la presse écrite.
00:18:28Est-ce qu'il faut renoncer à ce pluralisme interne
00:18:33au sein de l'audiovisuel ?
00:18:34Je ne parle pas seulement de l'audiovisuel public,
00:18:37mais est-ce qu'il faut assumer que certains médias privés
00:18:40puissent devenir des médias d'opinion
00:18:41qui n'ont pas à respecter les règles de pluralisme interne ?
00:18:45Il y a deux questions en une.
00:18:47D'un côté, le respect des règles de pluralisme,
00:18:50d'impartialité de l'information dans l'audiovisuel public,
00:18:52et peut-être l'évolution au sein de ce secteur audiovisuel
00:18:56vers des médias d'opinion ou pas.
00:18:59Je serais heureux de vous entendre là-dessus.
00:19:00Je ne sais pas qui ont commencé.
00:19:05Je vais bien commencer sur les temps de parole.
00:19:07Ici même, j'avais évoqué,
00:19:09ça avait été un petit peu agité après,
00:19:12les règles, notamment pour les campagnes présidentielles.
00:19:15On va y arriver dans quelques mois.
00:19:17Et j'avais dit à la fois que sous l'autorité de Patrick,
00:19:22nous avions pendant cinq ans absolument respecté
00:19:25à la seconde près ou à la minute près,
00:19:27les équilibres de temps d'antenne.
00:19:30Mais que comme journalistes ou éditorialistes politiques,
00:19:35et comme le disent beaucoup de journalistes politiques,
00:19:38les règles, notamment, et je l'ai redit devant l'ARCOM
00:19:41il y a quelques semaines,
00:19:43je crois que ce n'est pas faisable, malheureusement.
00:19:46C'est quelque chose qu'on peut faire au lendemain d'une élection.
00:19:48Mais quand on est à un an d'une élection, c'est très difficile.
00:19:51Mais je trouve que l'obligation donnée aux médias
00:19:56de respecter à la seconde près, ou disons à la minute près,
00:20:01l'égalité de tous les candidats dans les 15 derniers jours
00:20:04avant le premier tour, pose un problème journalistique.
00:20:09Alors on me répond que ce n'est pas très démocratique.
00:20:11Mais moi, ce que les Français s'intéressent aux campagnes,
00:20:16et notamment à la campagne présidentielle,
00:20:18ce qu'on appelle à partir de la période de cristallisation,
00:20:21quand c'est au mois d'avril, ça démarre en février-mars,
00:20:24mais les 15 derniers jours, ils sont vraiment passionnés par la campagne.
00:20:27On le voit dans toutes les audiences, des journaux télévisés,
00:20:29des émissions politiques, etc.
00:20:32Eh bien, compte tenu de cette règle,
00:20:33ils sont privés de ce qu'ils souhaitent voir.
00:20:35Et ce que souhaitent voir les Français,
00:20:37on le mesure quand il y a des débats de cette nature,
00:20:39en dehors de cette période,
00:20:41c'est par exemple un débat entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.
00:20:46C'est un débat à l'intérieur des camps,
00:20:48que quand il y a des primaires à droite, à gauche ou au centre,
00:20:51et qu'on voit tous les candidats,
00:20:53il y a des audiences qui ont surpris tout le monde.
00:20:554 millions, 5 millions de téléspectateurs.
00:20:57Et ça, c'est des choses qui ne peuvent pas se faire
00:20:59dans les 15 jours qui précèdent le premier tour,
00:21:01au moment où les Français se passionnent pour l'élection.
00:21:04Et moi, je trouve que ce n'est pas normal.
00:21:06Bon, maintenant, je l'ai dit,
00:21:07et ça ne changera rien avant la prochaine présidentielle,
00:21:10parce que je crois qu'il faudrait à la limite,
00:21:12peut-être même changer la Constitution.
00:21:14M'a-t-on répété ?
00:21:15Sur la Constitution, je ne suis pas convaincu.
00:21:17La loi, sûrement.
00:21:19Voilà ce que je voulais dire sur les temps d'antenne.
00:21:21Et sur les médias d'opinion,
00:21:21vous pensez qu'il faut alléger les règles
00:21:25qui pèsent sur le secteur privé, par exemple ?
00:21:27Est-ce qu'il faut que certaines chaînes privées,
00:21:29comme CNews, comme BFM,
00:21:32voient leurs règles évoluer ?
00:21:33Ou vous êtes attachés ?
00:21:34Sur les temps d'antenne ?
00:21:35Non, sur le pluralisme interne.
00:21:36Aujourd'hui, vous savez bien
00:21:37qu'ils doivent respecter le pluralisme interne,
00:21:39c'est-à-dire donner la parole
00:21:42à une pluralité de courants d'opinion,
00:21:43de courants politiques.
00:21:46Certains, Delphine Ernotte l'a indiqué,
00:21:48a proposé qu'on évolue,
00:21:49qu'on fasse évoluer les règles
00:21:50pour aller vers des médias d'opinion,
00:21:52comme la presse écrite,
00:21:53c'est-à-dire où il n'y a pas de règles
00:21:55sur le pluralisme interne.
00:21:56Moi, je vais laisser mes amis s'exprimer,
00:21:58mais je ne suis pas un militant fanatique
00:22:01de faire des lois à chaque fois
00:22:03pour changer les choses,
00:22:05qui sont des lois d'opportunité, etc.
00:22:07En revanche, il faut que toutes les chaînes
00:22:09respectent le pluralisme, effectivement.
00:22:11Il peut y avoir des chaînes d'opinion,
00:22:13mais qui doivent respecter le pluralisme.
00:22:17Alors, attendez, monsieur,
00:22:18allez-y, Mme Cotard.
00:22:19Autant qu'il y a différentes façons de le faire.
00:22:22Je reprends ce que dit Patrice.
00:22:25Moi, je me suis beaucoup occupé de ça
00:22:27du temps de la Haute Autorité.
00:22:29Nous avions comme la loi nous obligés
00:22:33à respecter l'équilibre de l'information,
00:22:36c'était un peu vague,
00:22:37et la variété des programmes
00:22:41et le pluralisme des programmes.
00:22:44Alors, c'était tout à fait facile,
00:22:46effectivement, dans une période préélectorale,
00:22:50mais autrement, on sortait évidemment
00:22:53de la part des journalistes.
00:22:55Et d'ailleurs, nous n'étions pas
00:22:57un ordre des journalistes.
00:22:58On n'étions pas l'ordre des journalistes
00:23:00comme l'ordre des médecins.
00:23:01Donc, nous étions obligés, évidemment,
00:23:05de reprendre, de temps en temps,
00:23:06par injonction, de leur imposer,
00:23:09de rectifier un papier
00:23:12ou de donner un droit de réponse.
00:23:13Nous le faisions forcément.
00:23:17Mais c'est vrai qu'on s'était dit,
00:23:19à un moment donné,
00:23:19la règle des trois tiers,
00:23:21vous savez, un tiers gouvernement,
00:23:22un tiers opposition,
00:23:23un tiers majorité,
00:23:26et l'égalité des temps de parole,
00:23:28tout ça, c'est très arithmétique.
00:23:30Alors, oui, on peut se dire
00:23:33que ce n'est pas suffisant,
00:23:34et c'est même idiot de se limiter.
00:23:37Mais comme dirait Churchill,
00:23:39c'est comme la démocratie,
00:23:40il n'y a rien de mieux,
00:23:41voilà, il n'y a rien d'autre.
00:23:42Donc, on est bien obligés,
00:23:44à certains moments,
00:23:45effectivement, de comptabiliser
00:23:46les temps d'antenne.
00:23:47Quant au public privé,
00:23:49moi, je suis contre,
00:23:51je suis effectivement pour un équilibre
00:23:53des programmes,
00:23:54des informations à l'intérieur aussi
00:23:56des privés,
00:23:57simplement pour ne pas faire
00:23:58des télévisions communautaires.
00:24:00Alors, j'ai très peur
00:24:01des télévisions communautaires.
00:24:02Le service public,
00:24:03c'est le service de la communauté française.
00:24:06Si on transforme les privés
00:24:08en chaînes communautaires,
00:24:09ça me paraît un danger,
00:24:10un danger vraiment important
00:24:14pour la France.
00:24:16Merci beaucoup.
00:24:18Vous vouliez réagir,
00:24:19monsieur Tessier ?
00:24:20Pour votre simplement,
00:24:25je suis d'accord
00:24:28avec ce que vous vienne de dire,
00:24:30et en particulier Michel Cotard,
00:24:32les personnes ici,
00:24:33autour de cette table.
00:24:34Je voudrais vraiment indiquer
00:24:36que sur cette,
00:24:38comment dirais-je,
00:24:39cette priorité absolue
00:24:43fixée aux chaînes généralistes
00:24:50comme aux chaînes locales,
00:24:54je dis simplement
00:24:55qu'on a un foisonnement
00:24:57et successifs de règles.
00:24:59qu'on pense pouvoir
00:25:01tout améliorer
00:25:02en proposant
00:25:05un nouveau projet
00:25:08de loi applicable.
00:25:09Je pense qu'il faut être
00:25:10plus modéré
00:25:11et reconnaître
00:25:12que ce qu'ont fait
00:25:15les chaînes de télévision
00:25:16publiques,
00:25:17comme privées d'ailleurs,
00:25:18mais publiques en priorité,
00:25:21a été quand même
00:25:22très positif
00:25:23pendant toute cette période.
00:25:24Merci beaucoup
00:25:25et je laisse M. de Carolis
00:25:25se conclure.
00:25:26Même si la loi
00:25:27date quand même de 1986,
00:25:28on ne peut pas dire
00:25:29que sur le sujet
00:25:29on a changé beaucoup
00:25:30les règles
00:25:30alors que le paysage
00:25:31audiovisuel aujourd'hui
00:25:32est quand même
00:25:32bien différent
00:25:33de celui de 1986.
00:25:34M. de Carolis,
00:25:35je ne sais pas si vous
00:25:35vouliez compléter,
00:25:36sinon je donne la parole
00:25:36au rapporteur.
00:25:38Alors M. le rapporteur,
00:25:39M. de Carolis,
00:25:40rapide.
00:25:41Votre micro alors.
00:25:43Pardon,
00:25:44pas de phrase supplémentaire,
00:25:47mais je ne pense pas
00:25:49que la répartition
00:25:51à égalité des temps de parole
00:25:57nous fasse dire
00:25:58qu'on est exemplaire.
00:26:03Je pense qu'il y a
00:26:05des lignes éditoriales
00:26:06qui se développent
00:26:08et c'est la ligne éditoriale
00:26:10qui va donner le ton
00:26:13plus que le chronomètre.
00:26:17Moi, j'ai participé
00:26:18en tant que maire
00:26:18dernièrement dans une élection
00:26:20où j'étais face
00:26:22à quatre personnes
00:26:23qui m'attaquaient
00:26:26et nous avions exactement
00:26:27le même temps d'antenne.
00:26:29À peu près,
00:26:30je vais vous donner un exemple,
00:26:31on avait deux minutes chacun
00:26:32à chaque fois
00:26:32que nous prenions la parole.
00:26:33Simplement,
00:26:34j'avais en face de moi
00:26:35quatre personnes
00:26:35qui accumulaient
00:26:37les deux minutes
00:26:38pour m'attaquer
00:26:39et je n'avais que deux minutes
00:26:40pour répondre
00:26:40aux quatre autres personnes.
00:26:42Donc je pense que le chronomètre
00:26:43n'est pas forcément
00:26:44le bon système.
00:26:48en revanche,
00:26:49bien travailler,
00:26:50bien faire son métier
00:26:51de journaliste
00:26:54fait en sorte
00:26:55qu'il y ait des faits,
00:26:57pas que des faits,
00:26:59mais des faits
00:27:00avec un discernement.
00:27:01Le travail journalistique,
00:27:03qu'est-ce que c'est ?
00:27:04C'est de prendre un fait
00:27:05et de le mettre
00:27:06en perspective,
00:27:08de lui donner
00:27:09du discernement
00:27:12et après,
00:27:13vous avez le commentaire
00:27:13et c'est dans le commentaire
00:27:15que vous donnez
00:27:15une ligne éditoriale.
00:27:17Je peux me permettre
00:27:18de prendre un exemple ?
00:27:20Je vais vous parler
00:27:20de rapporteur.
00:27:22Oui, bon.
00:27:23En 95,
00:27:26j'étais journaliste,
00:27:28j'étais directeur
00:27:28de l'information
00:27:29d'EM6.
00:27:30En 95,
00:27:32il y avait un ennemi
00:27:34public numéro 1
00:27:35qui s'appelait
00:27:35M. Kelkal.
00:27:37Il était recherché
00:27:38par toutes les polices
00:27:39de France.
00:27:41Et ce Kelkal,
00:27:42un jour,
00:27:44il est repéré
00:27:44à côté de Lyon
00:27:47et un certain nombre
00:27:48de journalistes
00:27:48se précipitent
00:27:49pour assister
00:27:51à son arrestation.
00:27:53et ce Kelkal est tué
00:27:56sous l'œil
00:27:57des journalistes
00:27:58et sous les caméras
00:27:59des journalistes.
00:28:00Enfin,
00:28:00sous les caméras
00:28:00partielles des journalistes
00:28:02parce que les caméras
00:28:02filment,
00:28:03mais pour se protéger
00:28:04de la fusillade,
00:28:06s'abritent derrière
00:28:07des voitures.
00:28:08Et donc,
00:28:09la caméra continue
00:28:10et on entend
00:28:11des sons.
00:28:12Et à un moment donné,
00:28:14on entend
00:28:14« Finis-le,
00:28:15finis-le ».
00:28:17Mais on n'a pas l'image.
00:28:20Et donc,
00:28:21ces images
00:28:21nous reviennent
00:28:22et ces documents
00:28:23nous reviennent
00:28:24à la rédaction nationale
00:28:25et on doit faire
00:28:27un montage.
00:28:28Et je réunis
00:28:29à ce moment-là
00:28:29ma rédaction
00:28:30et je dis
00:28:30« Voilà,
00:28:31Kelkal est mort,
00:28:32il a été tué.
00:28:33Nous avons l'image
00:28:34de sa mort.
00:28:35Nous n'avons pas
00:28:35l'image des derniers instants
00:28:37mais nous avons
00:28:38un son qui dit
00:28:39« Finis-le,
00:28:40finis-le ».
00:28:41Si nous passons
00:28:42ce son,
00:28:44ça veut dire
00:28:45que l'homme
00:28:45a été tué
00:28:47sans sommation.
00:28:49Or,
00:28:50tous les témoins
00:28:51oculaires
00:28:52de la scène
00:28:53disent
00:28:53qu'il y a eu
00:28:54des sommations.
00:28:55Qu'est-ce que nous faisons ?
00:28:57Et la rédaction
00:28:58à l'unanimité
00:28:59dit « On ne passe pas
00:29:00le « Finis-le,
00:29:01finis-le ».
00:29:01Et nous avons
00:29:02l'impression
00:29:02pendant deux jours
00:29:03d'avoir fait
00:29:04correctement
00:29:05notre travail.
00:29:06Le lundi,
00:29:07la presse
00:29:08se déchaîne
00:29:08en disant
00:29:09« Ils ont omis
00:29:10de dire
00:29:11« Finis-le,
00:29:11finis-le ».
00:29:12Ils ont caché
00:29:13l'information,
00:29:14ils ont trahi
00:29:15la réalité. »
00:29:19Eh bien non,
00:29:19on n'avait pas
00:29:21dit et diffusé
00:29:22ce son
00:29:23« Finis-le,
00:29:24finis-le »,
00:29:24on induisait
00:29:26une réalité
00:29:27qui n'était pas
00:29:28vraie.
00:29:30Et donc,
00:29:31nous avons pris
00:29:31la responsabilité
00:29:32de ne pas le faire.
00:29:33L'information,
00:29:34c'est un miroir
00:29:35brisé.
00:29:37Chaque élément
00:29:37du miroir
00:29:38ne peut pas
00:29:39lui seul
00:29:40refléter
00:29:41l'intégralité
00:29:42de la vérité.
00:29:44C'est ça
00:29:44qui est important.
00:29:45Et donc,
00:29:45quand vous avez
00:29:46un fait,
00:29:47que vous êtes
00:29:47journaliste,
00:29:48il faut toujours
00:29:49avoir le discernement
00:29:50de ce fait.
00:29:51Et que vous soyez
00:29:52sur le public,
00:29:53sur une chaîne publique
00:29:54ou que vous soyez
00:29:55sur une chaîne privée,
00:29:56vous êtes d'abord
00:29:57journaliste.
00:29:59Et après,
00:30:00vous avez
00:30:00le commentaire
00:30:02et c'est le commentaire
00:30:03qui va donner
00:30:03la ligne éditoriale.
00:30:04Et c'est le commentaire
00:30:05qui va donner
00:30:06la ligne éditoriale
00:30:07de CNews
00:30:07ou de LFI
00:30:08ou d'une autre chaîne.
00:30:11Et c'est cela
00:30:12à la différence.
00:30:13Ce n'est pas
00:30:13le chronomètre.
00:30:16Merci beaucoup,
00:30:16M. Descarolis.
00:30:17M. le rapporteur,
00:30:18la parole est à vous.
00:30:21Merci, M. le Président.
00:30:23Merci, Madame.
00:30:23Merci, Messieurs,
00:30:24pour votre participation
00:30:25ce matin.
00:30:26Vous êtes quatre.
00:30:27Vous avez tous,
00:30:28à divers titres,
00:30:30dirigé tout ou partie
00:30:31de l'audiovisuel public.
00:30:32Vous avez tous
00:30:33signé des contrats,
00:30:34nommé des directeurs,
00:30:35négocié avec l'État,
00:30:37géré des budgets.
00:30:37Et vous êtes tous là
00:30:39aujourd'hui
00:30:39à un moment
00:30:39d'une commission d'enquête
00:30:40où la Cour des comptes
00:30:42parle
00:30:42à propos de France Télévisions,
00:30:44une situation insoutenable
00:30:45où le déficit cumulé
00:30:46depuis 2017
00:30:47par cette entreprise
00:30:48dépasse 80 millions d'euros
00:30:50et où un rapport
00:30:51qui devait sortir,
00:30:53un rapport de la Cour des comptes
00:30:54avant la reconduction
00:30:55de Mme Ernotte
00:30:56pour un troisième mandat,
00:30:57a probablement dû être,
00:30:59a probablement été retardé.
00:31:01J'aimerais commencer,
00:31:02si vous le voulez bien,
00:31:04parce que vous avez pu voir
00:31:05de l'intérieur
00:31:06de l'audiovisuel public
00:31:07pour mieux le comparer
00:31:09à la situation
00:31:10d'aujourd'hui,
00:31:12ma première question
00:31:13s'adressera à vous,
00:31:14M. Tessier,
00:31:15la direction de France Télévisions,
00:31:18lorsqu'on les a entendues,
00:31:19ces dirigeants,
00:31:20met régulièrement en cause
00:31:22les dotations de l'État,
00:31:24l'absence de pilotage
00:31:25de l'État
00:31:26pour expliquer notamment
00:31:27la situation financière critique
00:31:29de France Télévisions.
00:31:30Alors, je le rappelle,
00:31:31entre l'année d'arrivée
00:31:32de Mme Ernotte 2015
00:31:34et le dernier budget
00:31:35vérifié par la Cour des comptes,
00:31:36il y a pourtant eu
00:31:37une augmentation
00:31:37de 136 millions d'euros
00:31:39de dotation publique.
00:31:41Mais bon,
00:31:42en tout cas,
00:31:42c'est l'argument principal
00:31:43défendu par la direction
00:31:45de France Télévisions
00:31:45pour expliquer
00:31:46la situation budgétaire critique.
00:31:48Et j'ai retrouvé
00:31:50un article,
00:31:52un entretien,
00:31:53M. Tessier,
00:31:54c'était le 1er février 2004,
00:31:56c'était dans les Echos,
00:31:57et à l'époque,
00:31:58vous vous alertiez
00:31:58sur les perspectives
00:31:59de financement du groupe
00:32:00en expliquant,
00:32:01je vous cite,
00:32:02la croissance des ressources
00:32:03diminue régulièrement
00:32:04et vous appeliez
00:32:05à ce moment-là
00:32:07en conséquence
00:32:07à une nécessaire réforme.
00:32:08Bon, pardon
00:32:09si le propos liminaire
00:32:10est un peu long,
00:32:10mais ma question
00:32:11s'adressera à vous quatre,
00:32:13en commençant par vous,
00:32:14M. Tessier,
00:32:15quels étaient
00:32:16les enjeux budgétaires
00:32:17que vous pouviez avoir
00:32:18à l'époque
00:32:19où vous étiez
00:32:19en responsabilité ?
00:32:20Et est-ce qu'au fond,
00:32:22cette critique
00:32:23des baisses
00:32:24de dotation de l'État
00:32:25n'ont pas été
00:32:26toujours des critiques
00:32:28assumées et affirmées
00:32:29par les dirigeants
00:32:30de l'audiovisuel public ?
00:32:34Je ne suis pas sûr
00:32:35de vous comprendre
00:32:38parfaitement.
00:32:39Moi, je peux dire
00:32:40simplement
00:32:40qu'entre le moment
00:32:42où j'ai pris
00:32:42les rênes
00:32:43du groupe
00:32:44France Télévisions
00:32:44et la période
00:32:47où je les ai rendues
00:32:48suite à des...
00:32:55Comment dirais-je ?
00:32:57Suite à des...
00:32:59Excusez-moi,
00:33:00j'ai quelques...
00:33:00changements de...
00:33:02Jusqu'à votre départ,
00:33:03on va dire comme ça ?
00:33:04L'opinion générale
00:33:07était que la gestion
00:33:08financière
00:33:09du groupe
00:33:10France Télévisions
00:33:10s'était améliorée
00:33:12par rapport
00:33:12à la période antérieure
00:33:14et que, par conséquent,
00:33:16il n'y avait pas lieu
00:33:17d'en faire un...
00:33:18J'allais dire...
00:33:20Un sujet.
00:33:20Un sujet important.
00:33:22M. de Carolis,
00:33:22peut-être que vous vouliez
00:33:23compléter sur la gestion...
00:33:27Non, nous avons...
00:33:32Nous avons tous bataillé
00:33:34le moment venu
00:33:35pour avoir,
00:33:36c'est vrai,
00:33:38un meilleur budget
00:33:39pour...
00:33:40Soit pour nos rédactions,
00:33:42soit pour nos programmes,
00:33:43soit pour nos rédactions,
00:33:45parce que vous avez
00:33:45du matériel
00:33:47à renouveler,
00:33:48vous avez des cartes
00:33:49de production
00:33:49à renouveler
00:33:51en région
00:33:51et notamment
00:33:52pour le service public.
00:33:53Nous avions à l'époque,
00:33:54je crois,
00:33:56sept quarts de production.
00:33:57Il fallait en renouveler
00:33:58un tous les deux ans.
00:34:00Enfin, tout ça,
00:34:00ce sont des investissements lourds.
00:34:02Et puis après,
00:34:03en fonction de l'ambition
00:34:04que vous avez
00:34:05pour votre programme,
00:34:08eh bien,
00:34:08vous espérez
00:34:10que l'actionnaire,
00:34:12l'État,
00:34:13vous suivent.
00:34:14Donc, on s'est toujours
00:34:16bataillé.
00:34:18Moi, pendant ma période,
00:34:20j'ai eu un événement crucial
00:34:21qui a changé
00:34:22mon modèle économique.
00:34:25Je pense qu'il y aura
00:34:26des questions là-dessus.
00:34:29Donc, voilà,
00:34:31vous arrivez
00:34:31à un moment donné
00:34:32où vous avez
00:34:34à peu près,
00:34:35je me tourne vers Patrice,
00:34:37on avait à peu près
00:34:38800 millions
00:34:38de recettes publicitaires
00:34:40par an
00:34:41sur un budget
00:34:42qui était à l'époque
00:34:43de 3 milliards.
00:34:45Vous voyez,
00:34:45il n'était pas
00:34:46de 2,6 ou de 2,8,
00:34:47il était de 3 à l'époque.
00:34:49Mais on avait
00:34:51une capacité
00:34:52d'autofinancement
00:34:53de 800 millions
00:34:56d'euros
00:34:57de publicité.
00:34:58Et quand on vous dit
00:34:58du jour au lendemain,
00:34:59il n'y a plus de publicité,
00:35:01vous voyez fondre
00:35:02à un moment donné
00:35:03un pan
00:35:03de votre apport financier.
00:35:06Et donc,
00:35:07pour vos programmes,
00:35:08c'est un problème.
00:35:09Donc, moi,
00:35:10je pense que
00:35:12je pense que
00:35:15on a toujours
00:35:16on a toujours
00:35:17regardé
00:35:18le service public
00:35:18à l'envers.
00:35:22Et nous devons répondre,
00:35:24vous devez répondre,
00:35:26l'État doit répondre
00:35:27à une seule question.
00:35:30À quoi sert
00:35:31le service public ?
00:35:34Si on arrive
00:35:35à répondre
00:35:35à cette question,
00:35:36on arrivera
00:35:37à mettre en face
00:35:38les vrais moyens,
00:35:39les bons moyens,
00:35:40le bon périmètre
00:35:41du service public.
00:35:44Et je crois
00:35:45qu'il sert
00:35:45à quelque chose.
00:35:46J'ai toujours lutté
00:35:47pour ça.
00:35:48Mais nous devons
00:35:49définir aujourd'hui
00:35:50ce à quoi il sert
00:35:52pour pouvoir mettre
00:35:53les bons moyens
00:35:54en face.
00:35:55Ça, c'est une...
00:35:56On ne doit pas
00:35:57en permanence
00:35:58réformer
00:35:59le service public
00:36:00pour réformer
00:36:01le service public.
00:36:02On doit le réformer
00:36:03parce qu'il a
00:36:04un projet.
00:36:06Et on met
00:36:07d'abord le projet
00:36:08sur le papier
00:36:09et ensuite
00:36:11on lui donne
00:36:11les moyens
00:36:12et les moyens
00:36:12qui correspondent
00:36:13à ce projet.
00:36:14Donc on aura beau
00:36:15se tordre le cerveau
00:36:19en disant
00:36:19est-ce qu'il y a
00:36:20trop d'argent,
00:36:20pas assez d'argent,
00:36:22etc.
00:36:23Définissons
00:36:24la mission
00:36:24du service public
00:36:25et après,
00:36:26vous verrez,
00:36:26les moyens
00:36:27viendront en face.
00:36:29Merci, monsieur
00:36:30le rapporteur.
00:36:32Merci, monsieur
00:36:33le président.
00:36:35Vous pouvez tout à fait
00:36:36si vous le souhaitez.
00:36:38Juste vu du côté
00:36:39de la mission
00:36:41que Patrick
00:36:43m'avait confiée,
00:36:44c'est-à-dire
00:36:44tous les contenus,
00:36:45programmes,
00:36:46informations,
00:36:46etc.
00:36:49Ce qui était
00:36:50très important,
00:36:52c'est que,
00:36:52enfin,
00:36:53c'était notre conception
00:36:55et le projet
00:36:56que Patrick
00:36:56a présenté
00:36:57devant le CSA,
00:36:58ce qu'on a appelé
00:36:59le virage éditorial,
00:37:01c'est la sanctuarisation
00:37:04des budgets
00:37:05de l'information
00:37:06et des œuvres.
00:37:08Et je pense
00:37:09que ça correspond
00:37:10à cette idée
00:37:11de service public
00:37:12que Patrick
00:37:13a défendu
00:37:14et que nous avons
00:37:14ensuite mis en œuvre.
00:37:15les œuvres,
00:37:16je répète,
00:37:18donc c'est la fiction,
00:37:19le documentaire,
00:37:20le spectacle vivant
00:37:21et l'animation.
00:37:22Il faut,
00:37:23je pense,
00:37:23impérativement,
00:37:24s'efforcer,
00:37:25ce n'est pas toujours possible,
00:37:26ça dépend des circonstances
00:37:27et je ne peux pas du tout
00:37:28juger les budgets
00:37:292025, 2026
00:37:30ou les projets 2027,
00:37:32je ne connais pas
00:37:33les chiffres
00:37:33dans leur précision.
00:37:35Mais c'est très important
00:37:36de sanctuariser
00:37:37ces deux piliers
00:37:39qui font la spécificité
00:37:40et la différence
00:37:41de l'audiovisuel public.
00:37:43Et juste un mot
00:37:43sur ce que Patrick
00:37:44vient d'évoquer,
00:37:45peut-être qu'il y aura
00:37:46d'autres questions après,
00:37:48sur ce qu'on a appris
00:37:50ensemble,
00:37:51en direct,
00:37:51à la télévision,
00:37:52sans avoir été informé
00:37:54avant,
00:37:55c'est-à-dire
00:37:55la suppression
00:37:56de la publicité.
00:37:56C'était un grand moment,
00:37:57je dois dire.
00:37:58On était dans le bureau
00:38:00de Patrick,
00:38:01on était trois ou quatre
00:38:01et ça nous est tombé dessus
00:38:03comme ça,
00:38:04boum,
00:38:04il n'y a plus de publicité.
00:38:05Donc il n'y a pas eu
00:38:06de travail préparatoire
00:38:07mais le rapporteur
00:38:07viendra sur la publicité.
00:38:09Je ne pense pas
00:38:10donc il n'y a pas eu
00:38:12d'informations préalables
00:38:13en tout cas.
00:38:14Mais c'est devenu
00:38:15quelque chose
00:38:15de très important
00:38:17parce que dans le projet,
00:38:20dans les missions
00:38:21et dans l'ambition
00:38:22du service public,
00:38:23à partir du moment
00:38:24où vous avez,
00:38:25je crois,
00:38:26à France Télévisions
00:38:27autour de 350 millions
00:38:28d'euros
00:38:28de recettes publicitaires,
00:38:30ça doit être
00:38:30quelque chose comme ça.
00:38:31Donc avant 20 heures,
00:38:34ça veut dire qu'avant 20 heures,
00:38:35il faut quand même
00:38:36des émissions
00:38:36qui drainent un public
00:38:38qui correspondent
00:38:39aux cibles commerciales,
00:38:41les ménagères
00:38:41de moins de 50 ans
00:38:42notamment,
00:38:44parce qu'il faut
00:38:44que ces recettes publicitaires
00:38:47correspondent
00:38:47à la réalité budgétaire.
00:38:49En revanche,
00:38:51après 20 heures,
00:38:52et ça c'est une des choses
00:38:53qui nous a fait encore
00:38:54accélérer le mouvement,
00:38:55et on avait même démarré
00:38:56à ce moment-là
00:38:57les programmes
00:38:57à 20h35.
00:38:59On l'avait fait mettre
00:39:00dans le cahier des charges.
00:39:01Je propose d'y revenir
00:39:02après sur le rapport
00:39:02à des questions
00:39:03sur la publicité.
00:39:03Mais juste un mot,
00:39:04ça veut dire
00:39:04qu'il faut que le service public,
00:39:06après 20 heures,
00:39:07quand il n'y a plus
00:39:07de recettes publicitaires,
00:39:09et peut-être qu'on viendra
00:39:10à l'audience
00:39:10parce que c'est quelque chose
00:39:11de très important
00:39:13pour nous,
00:39:13la conception que nous avions
00:39:15des priorités
00:39:16et que l'audience
00:39:17n'en était pas forcément une
00:39:18dans le service public,
00:39:20pas forcément,
00:39:21et bien ça veut dire
00:39:22qu'après 20 heures,
00:39:23il n'y a plus de publicité
00:39:23et que le service public
00:39:24peut prendre des risques,
00:39:26peut oser,
00:39:26comme disait notre ami
00:39:28regretté,
00:39:29Jean-Pierre Elkabach.
00:39:30Ça, c'est absolument essentiel
00:39:32dans la spécificité,
00:39:33je crois,
00:39:34du service public.
00:39:34Vous avez dit quelque chose
00:39:35d'important avec monsieur
00:39:36de Carolis,
00:39:38vous avez dit qu'à votre époque,
00:39:40vous aviez demandé
00:39:41l'exclusivité.
00:39:45Alors, au-delà de cette question
00:39:46des animateurs-producteurs,
00:39:47dont on comprend bien
00:39:47qu'une bonne idée peut venir
00:39:49d'une société de production
00:39:49privée,
00:39:50la créativité existe aussi
00:39:51dans le privé,
00:39:52on vient apporter une bonne idée
00:39:53au service public
00:39:53et puis les bonnes idées
00:39:55peuvent germer de l'intérieur,
00:39:56même si vous admettrez,
00:39:57monsieur Duhamel,
00:39:58que si on crée,
00:39:58attendez, monsieur Duhamel,
00:39:59si on crée des conditions,
00:40:01si on souhaite avoir une stratégie
00:40:03pour produire plus en interne,
00:40:05il faut aussi s'en donner
00:40:05les moyens,
00:40:06c'est-à-dire que ça vient
00:40:07de l'intérieur,
00:40:08encore faut-il qu'on suscite
00:40:10cette envie-là
00:40:12et cette possibilité,
00:40:13mais ça, c'est un autre débat.
00:40:14Ma question,
00:40:15elle est sur le...
00:40:15Attendez, monsieur Tessier,
00:40:16pardon.
00:40:17Ma question,
00:40:17elle est sur peut-être
00:40:19le mélange des genres.
00:40:20Et là, je ne parle pas
00:40:21des animateurs-producteurs,
00:40:22je parle des figures
00:40:23de l'audiovisuel public
00:40:25qui, par ailleurs,
00:40:26officient sur l'audiovisuel privé
00:40:27ou ont des sociétés
00:40:29de production
00:40:30qui vont proposer
00:40:32des programmes
00:40:32pour des entreprises privées,
00:40:35travaillent parfois même
00:40:37pour des entreprises privées.
00:40:38Je vais vous donner un exemple
00:40:38et je voudrais savoir
00:40:39si vous,
00:40:40à la tête de France Télévisions,
00:40:42vous l'auriez accepté.
00:40:44Monsieur Hugo Clément,
00:40:45qui est aujourd'hui
00:40:45une figure de l'information
00:40:47scientifique de France Télévisions,
00:40:49qui anime des émissions,
00:40:50qui prend des émissions
00:40:51importantes pour le service public,
00:40:53dont je ne remets pas en cause
00:40:54l'intérêt et l'utilité,
00:40:56mais il nous a expliqué
00:40:56ici, dans cette commission d'enquête,
00:40:57que par ailleurs,
00:40:58il était à la tête
00:40:59d'une société de production
00:41:01qui travaillait
00:41:02avec des entreprises privées,
00:41:04parfois des entreprises,
00:41:06on ne l'a pas cité,
00:41:06donc je ne vais pas le citer ici,
00:41:07mais c'est des entreprises privées,
00:41:09que par ailleurs,
00:41:10il est à la tête
00:41:10d'un média
00:41:11qui s'appelle Vakita,
00:41:13que sur ses réseaux sociaux,
00:41:15ça lui arrive
00:41:16de promouvoir
00:41:17ses différentes activités.
00:41:19Est-ce que pour vous,
00:41:20c'est normal
00:41:21ou est-ce que c'est
00:41:21un mélange des genres ?
00:41:23C'est-à-dire,
00:41:23est-ce que vous auriez accepté
00:41:24qu'une figure
00:41:25de l'audiovisuel public
00:41:27puisse aussi travailler
00:41:28avec des entreprises privées,
00:41:29puisse animer
00:41:30un média privé ?
00:41:32Est-ce que sous votre mandature,
00:41:34ça aurait été possible ?
00:41:35Et je pose la question
00:41:35à M. Tessier,
00:41:36M. de Carolis,
00:41:37parce que vous étiez
00:41:38des présidents.
00:41:39Parmi les obligations,
00:41:41parmi les missions
00:41:42de la télévision publique,
00:41:45il y a une demande
00:41:48réitérée
00:41:48de faire travailler
00:41:49les producteurs indépendants.
00:41:52– Je vous entendais
00:41:55parler en permanence
00:41:56de « est-ce que vous auriez
00:41:57confié ceci
00:41:58au public
00:41:59ou au privé ? »
00:42:00Je comprends très bien.
00:42:01Mais moi,
00:42:01ce que je peux vous dire,
00:42:02c'est dans mon quotidien,
00:42:04c'était que j'étais soumis
00:42:06à une pression
00:42:07pour faire travailler
00:42:08les producteurs privés.
00:42:09Et l'équilibre
00:42:11entre les deux,
00:42:11c'est-à-dire,
00:42:12on ne peut pas considérer
00:42:14que le fait
00:42:17que tel ou tel producteur privé
00:42:21ne soit pas exactement
00:42:24prêt à réaliser
00:42:27les objectifs
00:42:28qu'on lui a fixés.
00:42:30Mais bien entendu.
00:42:32Bien entendu.
00:42:33Combien de fois
00:42:34on m'a dit
00:42:35dans les accords,
00:42:38parce qu'il faut en parler,
00:42:40les accords
00:42:41avec les syndicats professionnels,
00:42:43dans ces accords,
00:42:44les syndicats professionnels
00:42:44essayent
00:42:45et en partie obtiennent
00:42:47de pouvoir avoir
00:42:48des garanties,
00:42:49de pouvoir avoir
00:42:50un débouché
00:42:50et que je sache,
00:42:53les débouchés
00:42:57dont ils bénéficient
00:42:58sont,
00:43:01j'allais presque dire,
00:43:02une condition vitale
00:43:05du développement
00:43:07des producteurs privés.
00:43:09Alors,
00:43:10je sais bien
00:43:10que cet équilibre
00:43:12est toujours sujet à caution.
00:43:14qu'il y a forcément
00:43:15des critiques,
00:43:16que vous pouvez citer
00:43:17des cas
00:43:20où manifestement
00:43:22on aurait pu
00:43:23fonctionner autrement.
00:43:24Mais l'objectif
00:43:25qu'on avait
00:43:25n'était pas de production,
00:43:27de produire en interne.
00:43:28Elle était
00:43:29de faire produire.
00:43:31Et c'est quand même
00:43:32une grande différence.
00:43:38Je crois alors,
00:43:39mais je n'ai pas actualisé ça.
00:43:42Nous,
00:43:42quand on était en charge,
00:43:44donc entre 2005 et 2010,
00:43:46il y avait un pourcentage
00:43:48maximum de production interne.
00:43:50Je ne parle pas de l'information,
00:43:51je parle des programmes.
00:43:53De mémoire,
00:43:54je crois que c'était 5%
00:43:55à ce moment-là.
00:43:56De mémoire.
00:43:56Je ne suis pas absolument
00:43:57sûr du chiffre.
00:43:59Aujourd'hui,
00:43:59je ne sais pas
00:44:00quel est ce chiffre.
00:44:01Peut-être a-t-il évolué,
00:44:02peut-être a-t-il augmenté.
00:44:05Je vais être...
00:44:05Pardon,
00:44:06c'est quand même
00:44:07une commission d'enquête.
00:44:07On a besoin
00:44:08de réponses précises.
00:44:09Oui.
00:44:10Mais ma question...
00:44:11Non, non, mais c'est pour ça
00:44:12que j'ai l'actualisé.
00:44:13Mais je pense qu'il faut
00:44:14aller au bout de ce sujet.
00:44:15Ne nous faites pas dire
00:44:15ce qu'on n'a pas dit.
00:44:16On ne parle pas
00:44:17du recours de France Télévisions
00:44:19à des sociétés de production
00:44:20pour produire des documentaires,
00:44:22des fictions,
00:44:22des émissions.
00:44:23Ce n'est pas notre question.
00:44:24La question,
00:44:24c'est qu'il y a des animateurs
00:44:25qui sont des figures
00:44:27de l'audiovisuel public.
00:44:28Monsieur De Carolis
00:44:29a expliqué
00:44:29que ces figures-là,
00:44:31pour lui,
00:44:32devaient accorder
00:44:32une exclusivité
00:44:33à l'audiovisuel public.
00:44:35Ces figures de l'audiovisuel,
00:44:36il n'y en a pas 150.
00:44:37Je ne vais pas les citer ici.
00:44:37On les connaît,
00:44:38celles d'aujourd'hui.
00:44:39Il se trouve
00:44:39que ces figures-là,
00:44:40aujourd'hui,
00:44:41pour certaines d'entre elles,
00:44:43elles ont des sociétés
00:44:44de production,
00:44:46alors qu'elles sont elles-mêmes
00:44:47parfois salariées
00:44:48du service public
00:44:48ou en tout cas
00:44:49qu'elles en sont
00:44:49des incarnations.
00:44:50Et ces sociétés
00:44:51de production
00:44:52travaillent pour
00:44:53des entreprises privées.
00:44:54Ils ont aussi
00:44:55des activités de médias.
00:44:57Moi, je rebondissais
00:44:58sur votre question,
00:44:58monsieur De Carolis,
00:44:59où vous nous expliquez
00:44:59que vous,
00:45:00vous avez fixé
00:45:00l'exclusivité
00:45:02pour justement,
00:45:02j'imagine,
00:45:03éviter le mélange des genres.
00:45:05Donc, je voulais
00:45:05vous interroger
00:45:06sur des cas concrets
00:45:07où aujourd'hui,
00:45:08est-ce que pour vous,
00:45:09les incarnations
00:45:10du service public,
00:45:11c'est normal
00:45:13qu'elles puissent
00:45:13à côté avoir,
00:45:14et ensuite,
00:45:15je vous donne la parole
00:45:15au monsieur le président,
00:45:15avoir des activités
00:45:16de producteurs privés,
00:45:18travailler avec des entreprises privées,
00:45:20parfois gérer
00:45:21des médias privés.
00:45:22Est-ce que tout ça,
00:45:23c'est tout à fait normal
00:45:24ou est-ce que c'est
00:45:25un mélange des genres ?
00:45:28Alors, je ne vais pas
00:45:29me prononcer
00:45:29sur le nom
00:45:30que vous avez donné
00:45:32tout à l'heure
00:45:32parce que je ne suis pas
00:45:33en capacité
00:45:34de le faire.
00:45:36Mais je reviens
00:45:37et je confirme
00:45:38que nous étions
00:45:39à l'époque
00:45:40contre le mélange
00:45:43des genres.
00:45:43Voilà.
00:45:44À partir du moment
00:45:45où vous êtes
00:45:46salarié,
00:45:47que vous êtes
00:45:48une vitrine
00:45:50du service public,
00:45:51il faut que
00:45:52vous soyez
00:45:55sinon exclusivement
00:45:56sur le service public,
00:45:58en tout cas
00:45:58pour votre image,
00:46:00pour votre image.
00:46:01Après,
00:46:01le travail qui est fait,
00:46:02il peut être bénéfique,
00:46:04il peut être sain,
00:46:05il peut être...
00:46:05Voilà.
00:46:06Mais nous sommes
00:46:09particulièrement attentifs
00:46:10au non-mélange
00:46:11des genres.
00:46:12Monsieur Balanon,
00:46:13allez-y.
00:46:14Oui, merci,
00:46:15Monsieur le Président.
00:46:15Est-ce qu'exceptionnellement,
00:46:17je peux avoir un peu plus
00:46:17de temps que d'habitude
00:46:18étant tout seul ?
00:46:20Je vais vous donner
00:46:21trois, quatre minutes,
00:46:21allez-y.
00:46:22Oui, merci.
00:46:23Non, juste parce qu'avant
00:46:24de poser ma question,
00:46:25j'aimerais revenir
00:46:26sur cette question
00:46:26qui est une vraie question
00:46:27de la structuration
00:46:28économique du secteur.
00:46:30Il y a deux éléments.
00:46:32Le premier élément,
00:46:33c'est qu'une entreprise
00:46:36audiovisuelle,
00:46:36un producteur
00:46:38qui travaille
00:46:39pour une chaîne
00:46:41aujourd'hui,
00:46:42vu la structuration,
00:46:43aura beaucoup de mal
00:46:44à ne travailler
00:46:45que pour vous.
00:46:46Pour faire tourner
00:46:47l'ensemble de son équipe
00:46:48par rapport à la façon
00:46:49dont se fait un projet
00:46:50audiovisuel
00:46:50où on a des moments
00:46:51de travail,
00:46:53de préparation,
00:46:54il faut avoir
00:46:55des équipes
00:46:56qui tournent
00:46:58et on ne pourrait pas
00:46:59avoir des gens
00:47:00qui ne travailleraient
00:47:01que en externe,
00:47:04que pour la chaîne
00:47:06de télé en question.
00:47:08En plus,
00:47:08c'est un vrai problème
00:47:09qui est dans le cadre
00:47:11de nos règles,
00:47:12c'est qu'on ne peut pas
00:47:13avoir de dépendance
00:47:14économique
00:47:14à un seul client.
00:47:16C'est un vrai sujet
00:47:17qu'on n'a pas abordé
00:47:18non plus.
00:47:19C'était le premier point.
00:47:21Deuxième point
00:47:21pour revenir plus
00:47:22sur le fond
00:47:25de notre commission
00:47:27d'enquête.
00:47:28Je trouve très intéressant
00:47:30l'audition
00:47:30et vos propos
00:47:32à vous quatre
00:47:33parce que vous posez
00:47:35des questions
00:47:35qu'on ne s'est pas
00:47:36assez posées
00:47:37durant cette commission
00:47:38d'enquête.
00:47:38Pas faute d'avoir eu
00:47:40cette volonté,
00:47:41mais la question
00:47:42à quoi sert
00:47:42l'audiovisuel public ?
00:47:45À quoi il sert ?
00:47:46Vous avez donné
00:47:46quelques éléments
00:47:47de réponse.
00:47:49Déjà,
00:47:49je pense que c'est
00:47:50un élément
00:47:52incroyable
00:47:52de notre souveraineté
00:47:54culturelle,
00:47:55vous l'avez dit,
00:47:55mais également
00:47:56de soutien
00:47:58et de structuration
00:47:59de notre souveraineté
00:48:01informationnelle.
00:48:02et cette mission
00:48:05est d'autant plus
00:48:06aujourd'hui
00:48:07urgente,
00:48:08importante
00:48:08face à la transformation
00:48:10aux mutations
00:48:11numériques
00:48:12qui sont cataclysmiques
00:48:13et qui,
00:48:14on le voit,
00:48:15créent un certain
00:48:16nombre
00:48:17de concurrences
00:48:19déloyales
00:48:20entre
00:48:20un espace,
00:48:22le nôtre,
00:48:22extrêmement régulé
00:48:23avec des règles
00:48:24et puis un espace
00:48:25qui est complètement
00:48:26dérégulé.
00:48:27Alors,
00:48:27moi,
00:48:28la question,
00:48:28c'est
00:48:30aujourd'hui,
00:48:31on ne se satisfait pas
00:48:32de la situation
00:48:34actuelle,
00:48:34c'est-à-dire
00:48:34qu'il faut que ça évolue.
00:48:36Et moi,
00:48:36je vous pose la question,
00:48:37quelle piste d'évolution
00:48:39voyez-vous
00:48:39pour,
00:48:40justement,
00:48:41que cet outil
00:48:42de souveraineté culturelle
00:48:43soit renforcé,
00:48:44qu'il soit encore
00:48:45plus efficace
00:48:46et que,
00:48:47nous,
00:48:48législateurs,
00:48:49est-ce que nous avons
00:48:50des ajustements
00:48:52législatifs,
00:48:53soit à notre niveau
00:48:54français ou au niveau
00:48:55européen,
00:48:55pour que notre modèle,
00:48:57qui est un modèle
00:48:58génial,
00:48:59qui est un modèle
00:48:59magnifique.
00:49:00Nous avons des belles
00:49:01émissions,
00:49:01nous avons des productions
00:49:03incroyables et on peut
00:49:04se féliciter,
00:49:05justement,
00:49:05d'être ce que vous avez
00:49:08dit,
00:49:08M. de Carolis,
00:49:09que ça fait participe
00:49:12de l'influence culturelle
00:49:13et donc de l'influence
00:49:14de la France.
00:49:15Donc,
00:49:15moi,
00:49:15j'aimerais avoir
00:49:17concrètement,
00:49:17si vous avez quelques pistes,
00:49:18au vu de vos expériences,
00:49:20au vu de vos...
00:49:20Et M. de Carolis aussi,
00:49:22avec cette situation,
00:49:23cette particularité
00:49:24que vous êtes aujourd'hui
00:49:25un homme politique,
00:49:27donc vous avez
00:49:27parfois
00:49:31cette capacité
00:49:32à devoir prendre
00:49:33des décisions
00:49:34qui sont des décisions
00:49:34politiques.
00:49:35Et chacun d'entre vous,
00:49:36évidemment,
00:49:37par vos expériences
00:49:37multiples.
00:49:39Merci beaucoup,
00:49:39M. Belanant.
00:49:40Je ne sais pas
00:49:40qui veut commencer.
00:49:44Je suis très sensible
00:49:46à ce qui vient
00:49:46d'être dit,
00:49:47pardon.
00:49:48Je suis très sensible
00:49:48à ce que vous êtes
00:49:50en train de dire
00:49:51parce que
00:49:54je suis absolument
00:49:55persuadée
00:49:55que le service public
00:49:56crée un lien,
00:49:58crée un espèce
00:49:58de ciment
00:49:59qui n'appartient
00:50:00qu'à lui
00:50:01et qui ne doit appartenir
00:50:02qu'à lui,
00:50:03qui est de joindre
00:50:05à des heures différentes
00:50:07des publics
00:50:08qui s'additionnent,
00:50:09des publics différents
00:50:10qui s'additionnent,
00:50:11faire des offres
00:50:12différentes
00:50:12et surtout
00:50:14ne pas céder
00:50:16à ce que j'appellerais
00:50:20une télévision
00:50:22communautariste.
00:50:23On ne peut pas avoir
00:50:25une émission
00:50:26pour telle population.
00:50:28Enfin,
00:50:29on doit les avoir,
00:50:30mais on doit trouver
00:50:31le moyen de les réagir
00:50:31parce que c'est ça
00:50:32qui fait France,
00:50:33finalement.
00:50:34C'est ça qui fait
00:50:35l'existence
00:50:36de la France
00:50:37à l'extérieur
00:50:37et à l'intérieur.
00:50:39Et c'est ça
00:50:39qui fait un ciment social
00:50:40qui est,
00:50:41même si la télévision évolue,
00:50:43et on aurait
00:50:44d'autant plus besoin
00:50:45de ça
00:50:45que justement
00:50:46la télévision
00:50:48et les images
00:50:49sont de plus en plus
00:50:49nombreuses,
00:50:50qu'elles explosent,
00:50:51raison de plus
00:50:52pour garder
00:50:53un service public fort
00:50:54qui permette,
00:50:56oui,
00:50:57de regarder
00:50:58la même chose
00:50:59en même temps
00:51:00et que tout le monde
00:51:01se sente
00:51:02comme les administrés
00:51:04maintenant
00:51:05de Patrick de Carolis,
00:51:06concernés
00:51:07par une télévision
00:51:09qui aborde
00:51:10tous les projets
00:51:11de la population.
00:51:12Donc c'est vraiment
00:51:12un élément
00:51:13de souveraineté
00:51:14essentiel,
00:51:14je trouve.
00:51:15Voilà.
00:51:21Vous mettez le doigt
00:51:23sur un combat
00:51:24que j'essaie de mener
00:51:25depuis des années.
00:51:27Alors,
00:51:28pour revenir tout à l'heure
00:51:29sur la...
00:51:30propos liminaires
00:51:31que vous avez évoqués,
00:51:33nous,
00:51:34notre exclusivité,
00:51:35elle était sur
00:51:37le passage
00:51:38à l'antenne.
00:51:39C'est la présence
00:51:40à l'antenne.
00:51:41Voilà.
00:51:42Après,
00:51:42bien sûr,
00:51:43s'il a une société
00:51:44de production,
00:51:45il peut produire
00:51:46pour d'autres chaînes.
00:51:47Mais son identité,
00:51:50son identité
00:51:51et c'est l'identité
00:51:53du présentateur
00:51:54qui est exclusive
00:51:55pour nous.
00:51:56Ce n'est pas son activité
00:51:57de producteur.
00:51:59Voilà.
00:52:00Sur le reste,
00:52:03c'est l'essentiel,
00:52:05à mon avis.
00:52:06C'est l'essentiel.
00:52:07Mais,
00:52:09vous savez,
00:52:10nous allons aborder
00:52:11une politique,
00:52:12une période
00:52:13électorale capitale
00:52:15pour la France.
00:52:18Les présidentielles.
00:52:20Quelle va être
00:52:21la place
00:52:21du culturel
00:52:22dans le débat
00:52:24présidentiel ?
00:52:27On parle beaucoup
00:52:28de sécurité,
00:52:28on parle beaucoup
00:52:29d'économie,
00:52:31de dette.
00:52:33Le culturel,
00:52:37ça,
00:52:37c'est important.
00:52:38Ça,
00:52:38c'est stratégique.
00:52:42Ça me paraît
00:52:43être l'essentiel.
00:52:47si on veut
00:52:47que notre pays,
00:52:49que notre nation
00:52:52puisse compter
00:52:54sur la place,
00:52:56sur la scène internationale,
00:52:57il faut que nous ayons
00:52:58une influence
00:52:59industrielle,
00:53:01évidente,
00:53:02mais aussi culturelle.
00:53:03Et nous avons
00:53:04énormément perdu
00:53:06en matière
00:53:06d'influence culturelle.
00:53:08Il suffit
00:53:09de regarder
00:53:09nos lycées,
00:53:10l'état
00:53:10de nos lycées français
00:53:11à l'étranger.
00:53:12Ça commence par ça.
00:53:14Ça commence par ça.
00:53:15Il suffit
00:53:16de regarder
00:53:17les premières
00:53:18réductions budgétaires
00:53:19que nous faisons,
00:53:20elles sont toujours
00:53:21sur la culture.
00:53:23Rappelez-vous
00:53:23la phrase
00:53:24de Churchill
00:53:25pendant la guerre,
00:53:26la dernière guerre mondiale,
00:53:28où on lui demande
00:53:29de réduire
00:53:30le budget
00:53:30de la culture.
00:53:32Il répond,
00:53:33mais si on réduit
00:53:35le budget
00:53:35de la culture,
00:53:36pourquoi on se bat ?
00:53:38On se bat pourquoi ?
00:53:39Si ce n'est pas
00:53:40pour justement
00:53:41un modèle culturel,
00:53:42un modèle
00:53:43de civilisation.
00:53:45Et donc,
00:53:46nous devons,
00:53:47nous,
00:53:47prendre conscience
00:53:48en France
00:53:48que nous avons
00:53:49un travail considérable
00:53:50à faire
00:53:51sur le plan culturel.
00:53:53Regardez les GAFAM,
00:53:56toutes américaines.
00:53:58Et vous croyez
00:53:58que les Américains
00:53:59ne font pas
00:53:59de l'influence culturelle ?
00:54:01Ils ne font que ça.
00:54:03Que ça.
00:54:03Et si nous ne voulons pas
00:54:05que notre jeunesse
00:54:05et notre population
00:54:06soient élevées
00:54:08au prisme américain,
00:54:09au prisme,
00:54:10en tout cas,
00:54:11de pays
00:54:11d'influence étrangère,
00:54:13il faut que nous
00:54:13ayons conscience
00:54:14que la culture française
00:54:16doit être
00:54:17un moteur essentiel
00:54:18de notre démocratie.
00:54:21Voilà ce que moi,
00:54:22j'essaie.
00:54:23Et quand je pense
00:54:24au service public,
00:54:24je me dis que
00:54:25le service public
00:54:26est cet outil.
00:54:28C'est un outil
00:54:29indispensable.
00:54:30Et c'est pour ça
00:54:31qu'il faut redéfinir
00:54:32sa position
00:54:33et sa mission.
00:54:33Et que je pose la question
00:54:34à quoi ça sert ?
00:54:35Si nous n'avons pas
00:54:36conscience
00:54:37au plus haut niveau
00:54:38de l'État,
00:54:39que nous devons
00:54:40favoriser notre culture,
00:54:42favoriser nos artistes,
00:54:43favoriser la création,
00:54:45favoriser notre littérature,
00:54:47les adaptations,
00:54:48etc.,
00:54:48et attaquer
00:54:49le marché universel,
00:54:51faire des plateformes
00:54:52numériques,
00:54:54françaises
00:54:54ou européennes,
00:54:56eh bien,
00:54:56nous perdrons
00:54:56cette influence-là.
00:54:58Donc,
00:54:59je le redis,
00:55:00la culture,
00:55:02elle sert
00:55:02à éduquer,
00:55:03à élever,
00:55:05à faire qu'un peuple,
00:55:06comme le disait
00:55:06le général de Gaulle,
00:55:07soit plus grand
00:55:07que lui-même,
00:55:08mais elle sert aussi
00:55:09à être fort
00:55:10sur la place internationale.
00:55:12Regardez l'art,
00:55:14le marché de l'art.
00:55:15Nous étions
00:55:15le premier marché
00:55:17il y a 20 ou 30 ans,
00:55:18nous ne le sommes plus.
00:55:20Tout ça,
00:55:20ça compte.
00:55:21Tout ça,
00:55:22ça compte
00:55:22et ça doit
00:55:23nous animer
00:55:24et faire en sorte
00:55:27que le futur débat
00:55:29présidentiel
00:55:29porte aussi
00:55:31sur l'éducation,
00:55:33nos écoles
00:55:35et la place
00:55:36de la culture
00:55:36en France.
00:55:38Merci.
00:55:39attendez,
00:55:39monsieur,
00:55:39rapidement,
00:55:40parce que j'ai encore
00:55:40beaucoup de questions
00:55:40du rapporteur.
00:55:41En un mot,
00:55:42monsieur Duhamel
00:55:42et monsieur Tessé.
00:55:44Très vite,
00:55:45dans les pistes
00:55:46sur lesquelles
00:55:47vous vous interrogez
00:55:49légitimement,
00:55:49il y a évidemment
00:55:52l'idée
00:55:53qui a fait
00:55:54l'objet
00:55:55d'une proposition
00:55:56de loi
00:55:57sur la holding.
00:56:00Bon,
00:56:00visiblement,
00:56:01il ne se passera rien
00:56:03avant la présidentielle.
00:56:04Est-ce que ce sera
00:56:05un sujet
00:56:05de la présidentielle ?
00:56:06Ce serait peut-être
00:56:08et sans doute souhaitable,
00:56:09mais je pense
00:56:09que ça ne le sera pas.
00:56:10Simplement,
00:56:11moi,
00:56:11j'étais dans la continuité
00:56:13de ce qu'on a fait
00:56:14avec Patrick
00:56:15pendant cinq ans,
00:56:17c'est-à-dire
00:56:17l'entreprise unique,
00:56:18dans la continuité
00:56:19sur la philosophie.
00:56:20Au départ,
00:56:20j'étais plutôt pour.
00:56:22Mais ça a été
00:56:24extraordinairement mal géré.
00:56:25Il s'est passé
00:56:26trois choses
00:56:27et puis j'en termine là-dessus.
00:56:28Donc,
00:56:28c'est des leçons
00:56:29pour la suite.
00:56:30S'il y a d'autres
00:56:31tentatives
00:56:31d'addition des forces,
00:56:33c'est plutôt ça.
00:56:33C'est que ça a été présenté
00:56:35avec un objectif
00:56:37quasiment strictement financier,
00:56:39donc pas très mobilisateur
00:56:40pour les équipes.
00:56:42Deuxièmement,
00:56:43très politisé,
00:56:44c'est le projet de X,
00:56:46c'est le projet de Y,
00:56:47etc.
00:56:48Et troisièmement,
00:56:50il a manqué,
00:56:51à mon avis,
00:56:52et moi,
00:56:53là,
00:56:53il y a marqué
00:56:54ancien directeur général
00:56:55de France Télévisions,
00:56:56mais je suis très fier aussi
00:56:57d'avoir été directeur général
00:56:58et Michel en a été
00:57:00la présidente
00:57:00de Radio France
00:57:01qui est une maison
00:57:02formidable,
00:57:03magnifique.
00:57:04Je pense qu'on n'a pas
00:57:05suffisamment,
00:57:05dans cette idée-là,
00:57:07et j'ai compris
00:57:08la position
00:57:08de Sybille Veil,
00:57:11évoquer
00:57:13le maintien
00:57:14et même
00:57:14le renforcement
00:57:15de l'identité
00:57:16de Radio France.
00:57:17On avait l'impression
00:57:18que c'est France Télévisions
00:57:20qui allait gérer
00:57:20tout ça,
00:57:21etc.
00:57:21Donc ça a été
00:57:22très mal emmanché,
00:57:23mais c'est effectivement
00:57:24dommage,
00:57:24Patrick parlait du numérique,
00:57:26là,
00:57:26je ne suis pas un spécialiste,
00:57:27donc je,
00:57:28voilà,
00:57:29mais il y aurait
00:57:29une grande plateforme
00:57:30numérique,
00:57:33audiovisuelle publique,
00:57:34ça serait extraordinaire.
00:57:36Là,
00:57:36en termes de souveraineté,
00:57:38ça serait extraordinaire.
00:57:39Maintenant,
00:57:39c'est peut-être facile
00:57:40à dire ici,
00:57:40je ne suis plus aux bannettes.
00:57:43Alors,
00:57:43il me semble pas
00:57:44qu'il voulait reprendre
00:57:45et je vous redonne
00:57:45la parole après.
00:57:49Merci,
00:57:50Monsieur le Président.
00:57:52Madame Cotta,
00:57:53votre parcours résume
00:57:54à lui seul
00:57:55presque la question
00:57:57des rapports
00:57:57entre les médias
00:57:58et le pouvoir.
00:57:58Vous avez été présidente
00:57:59de la Haute Autorité
00:58:00de la Communication
00:58:01Audiovisuelle,
00:58:01vous avez été présidente
00:58:02de Radio France,
00:58:03directrice de l'Information
00:58:04à TF1,
00:58:05directrice générale
00:58:06de France 2,
00:58:06vous avez été au cœur
00:58:08des nominations,
00:58:08des arbitrages
00:58:09et des rapports de force
00:58:10entre l'exécutif
00:58:11et l'audiovisuel public.
00:58:13J'aimerais revenir
00:58:14sur votre entretien
00:58:15sur l'INA
00:58:16qui est paru en 2024.
00:58:18Dans cet entretien,
00:58:19il y a un chapitre encier
00:58:20qui est consacré
00:58:20aux relations
00:58:21entre les médias
00:58:22et le pouvoir.
00:58:22C'est le chapitre 12.
00:58:24Vous expliquez notamment,
00:58:25Madame Cotta,
00:58:26que Pierre Desgroupe,
00:58:27directeur d'Antenne 2
00:58:29sous François Mitterrand
00:58:30de 1980 à 1984,
00:58:32je vous cite,
00:58:32ne déjeuner pas avec les politiques.
00:58:34Est-ce que vous diriez
00:58:35qu'il y avait à l'époque
00:58:38davantage de distance
00:58:39mise entre le pouvoir politique
00:58:42et les rédactions,
00:58:43les cadres de l'audiovisuel public ?
00:58:45Est-ce que peut-être
00:58:46avec un peu de recul,
00:58:47vous avez l'impression
00:58:48que c'est aujourd'hui perdu ?
00:58:51Allez-y,
00:58:51Mme Cotta.
00:58:51Oui,
00:58:52j'en viens sur un sujet.
00:58:54C'est une question
00:58:54à aborder.
00:58:55Pardon,
00:58:57Mme Cotta,
00:58:57excusez-moi,
00:58:57Mme Cotta,
00:58:58il y avait une question,
00:58:58Mme Cotta,
00:58:59allez-y,
00:58:59Mme Cotta.
00:59:00Excuse-moi.
00:59:01Non, non,
00:59:02mais la question lui était...
00:59:03C'est une question,
00:59:05quand on est journaliste,
00:59:06c'est une question
00:59:07qu'on se pose.
00:59:08Mais,
00:59:10si vous voulez,
00:59:11lorsque j'étais journaliste
00:59:12de presse écrite,
00:59:12puisque c'est ma...
00:59:14mon origine,
00:59:16lorsque j'étais journaliste
00:59:17de presse écrite,
00:59:18lorsque nous étions à L'Express,
00:59:19nous avions une mission essentielle
00:59:21qui nous était fixée
00:59:25par les deux co-présidents de L'Express
00:59:29ou co-directeurs de L'Express,
00:59:30Jean-Jacques Savon-Schreiber
00:59:31et François Giroux,
00:59:34on nous disait
00:59:35« Voyez le plus possible de monde
00:59:36pour avoir le plus possible d'informations ».
00:59:39Et c'est ce que nous avons fait.
00:59:41Donc,
00:59:41je maintiens
00:59:41que ça fait partie
00:59:42d'un boulot de journaliste
00:59:44et qu'au fond,
00:59:45il était d'ailleurs plus facile
00:59:46de le faire peut-être
00:59:47il y a des années que maintenant
00:59:48où au contraire
00:59:49les hommes politiques
00:59:50sont tous armés
00:59:51d'un service de communication
00:59:52qui naturellement vous éloigne
00:59:55de l'homme qui doit parler.
00:59:56Mais enfin,
00:59:57c'est comme ça
00:59:57qu'on a tous...
00:59:59que les journalistes
01:00:01qui ont débarqué
01:00:04dans la presse
01:00:05depuis une cinquantaine d'années
01:00:06ont commencé à travailler.
01:00:08Ça ne me gênait pas du tout.
01:00:09Au contraire,
01:00:10je ne pense pas
01:00:12que parce qu'on déjeune
01:00:13ou qu'on voit un homme politique
01:00:15ou qu'on invite
01:00:15des hommes politiques
01:00:16à déjeuner
01:00:17ou des femmes politiques.
01:00:19On est dans une situation
01:00:24de ville flagorneur.
01:00:26Je pense que
01:00:27quand on veut recueillir
01:00:28des informations,
01:00:29il faut le faire.
01:00:29Maintenant,
01:00:30c'est autre chose
01:00:30quand on a des organes
01:00:32de direction
01:00:33et quand on occupe
01:00:35des fonctions directoriales
01:00:38ou des fonctions
01:00:39à la tête
01:00:40de la haute autorité
01:00:41où, au contraire,
01:00:43on ne doit pas chercher
01:00:44tellement à avoir
01:00:44des informations
01:00:45et on ne doit surtout pas
01:00:46chercher les influences.
01:00:48On doit surtout éviter
01:00:49les influences politiques
01:00:50qui peuvent jouer sur vous.
01:00:51Donc, au fond,
01:00:52moi, j'ai l'impression
01:00:53d'avoir joué deux cartes
01:00:54dans ma vie,
01:00:55mais nous sommes
01:00:57quelques-uns.
01:00:58Ne pas être devenus
01:00:59des journalistes politiques.
01:01:02Je me rappelle
01:01:03Raymond Barillon
01:01:03du Monde
01:01:04qui était un vieux
01:01:05monsieur du Monde
01:01:06qui disait
01:01:06qu'il ne faut jamais voir
01:01:07les hommes politiques,
01:01:08il ne faut jamais les approcher.
01:01:09mais moi,
01:01:10j'ai toujours pratiqué
01:01:11le contraire
01:01:12et je pense que
01:01:14c'est dans une liberté
01:01:15de circulation
01:01:16entre les hommes politiques
01:01:17et les journalistes
01:01:18que se fait le journalisme.
01:01:19Et c'est comme ça
01:01:20qu'on peut voir
01:01:21des points de vue différents,
01:01:23assurer une diversité
01:01:25de l'information
01:01:26et des différents points de vue.
01:01:29L'accès à l'antenne
01:01:30ou l'accès à la réflexion
01:01:32des différents points de vue,
01:01:35moi, je trouve
01:01:35que ce n'est pas tout seul
01:01:36qu'on se la fait
01:01:37dans un coin.
01:01:38C'est autre chose.
01:01:39On est libre
01:01:40vis-à-vis de ce qu'on voit
01:01:42et on reste libre
01:01:43vis-à-vis de ceux
01:01:44qui ont demandé
01:01:44des informations.
01:01:45Ça, c'est sûr.
01:01:46Mais je ne vois pas
01:01:47comment on fait
01:01:48le journalisme
01:01:50sans savoir
01:01:50ce que les gens pensent
01:01:51et sans savoir
01:01:52ce qu'ils disent directement.
01:01:53Très clair.
01:01:54C'est la conception
01:01:56du métier
01:01:56qui était la nôtre
01:01:58et qui finalement
01:02:01était celle aussi
01:02:02de Patrice,
01:02:02je suppose.
01:02:05Monsieur Rapportant,
01:02:06vous voulez rebondir.
01:02:06Allez-y.
01:02:07Merci.
01:02:08Monsieur le Président.
01:02:09Merci Madame Cota
01:02:09pour votre réponse.
01:02:11Vous avez raison.
01:02:11Vous avez expliqué
01:02:12qu'il y a une liberté
01:02:13de circulation
01:02:13entre journalistes
01:02:14et politiques,
01:02:15que c'est au fond
01:02:15un peu le métier
01:02:16de journaliste
01:02:17d'aller s'entretenir
01:02:18avec des politiques.
01:02:19Vous avez tout à fait raison.
01:02:21Mais dans cet entretien
01:02:22de l'INA,
01:02:22vous expliquez
01:02:23qu'à l'époque,
01:02:24il n'était pas possible
01:02:25de deviner
01:02:25le positionnement politique
01:02:27des éditorialistes.
01:02:28Vous ajoutez notamment,
01:02:29je vous cite,
01:02:30on ne pouvait pas dire
01:02:31qu'il y a quelqu'un
01:02:31qui est plutôt au centre,
01:02:33quelqu'un qui est plutôt
01:02:33à gauche,
01:02:34quelqu'un qui est à droite.
01:02:35On ne pouvait pas le faire.
01:02:36Fin de la citation.
01:02:38Et quand on prend le sujet
01:02:39de l'affaire Patrick Cohen
01:02:40et Thomas Legrand,
01:02:41quand on entend
01:02:42Thomas Legrand dire,
01:02:44je vais rapporter
01:02:45ses propos précisément,
01:02:46nous on fait ce qu'il faut
01:02:47pour Dati,
01:02:47Patrick,
01:02:48Patrick Cohen et moi,
01:02:49en parlant à des cadres
01:02:51du Parti socialiste,
01:02:52en parlant de la campagne
01:02:53des municipales à Paris,
01:02:55est-ce que vous n'avez pas
01:02:55l'impression qu'aujourd'hui,
01:02:57en tout cas,
01:02:57dans ce que cette affaire
01:02:58a révélé,
01:02:59il peut y avoir
01:03:00une connivence
01:03:01et pas une liberté
01:03:02de circulation,
01:03:03mais bien une connivence
01:03:04entre des politiques,
01:03:05des éditorialistes
01:03:06du service public
01:03:07et est-ce que,
01:03:08parce que notre commission
01:03:09d'enquête s'intéresse
01:03:10à la neutralité
01:03:11du service public,
01:03:12il n'y a pas des garde-fous
01:03:14à apporter aujourd'hui
01:03:15à l'heure de cette confusion ?
01:03:19Dans cette affaire,
01:03:20je suis surtout sensible
01:03:22au fait qu'une conversation
01:03:23puisse être écoutée de loin.
01:03:26Ça, ça m'a...
01:03:27Oui, c'est vraiment
01:03:28la méthode aussi
01:03:29qui est discutable.
01:03:31Et ensuite,
01:03:32je ne suis pas sûr
01:03:33que dans une conversation,
01:03:34on peut dire,
01:03:35pour faire parler des gens,
01:03:36on peut dire,
01:03:36oui, oui,
01:03:36on a ça,
01:03:37on s'en occupe,
01:03:37mais voilà.
01:03:38Donc je trouve
01:03:40que j'ai gardé
01:03:45mon estime
01:03:45pour ces journalistes-là
01:03:47et pour Patrick Cohen,
01:03:48notamment.
01:03:49très clair.
01:03:51M. le rapporteur.
01:03:53Ah, M. Diamet,
01:03:55vas-y.
01:03:56Non,
01:03:56je ne connais pas du tout
01:03:59le détail
01:04:00des conditions
01:04:00dans lesquelles ça s'est fait.
01:04:01J'ai vu dans la presse
01:04:02des choses contradictoires,
01:04:03donc je ne veux pas
01:04:04porter de jugement
01:04:05là-dessus.
01:04:07Simplement,
01:04:10je...
01:04:11Nous,
01:04:11quand on a été confrontés,
01:04:13puisque vous parlez
01:04:14de Pierre Desgroupe,
01:04:15qui dirigeait une chaîne
01:04:15à ce moment-là,
01:04:16il n'était pas journaliste politique,
01:04:17il dirigeait une chaîne,
01:04:18il avait été producteur d'ailleurs
01:04:19en interne,
01:04:20puisqu'il n'y avait que
01:04:20de la production interne
01:04:21à ce moment-là,
01:04:22des démissions formidables,
01:04:23cinq colonnes à la une,
01:04:24etc.
01:04:26Mais quand on a eu
01:04:26le problème financier
01:04:27après la suppression
01:04:28de la pub avant 20 heures,
01:04:30mais on a passé notre temps
01:04:32à voir des élus,
01:04:34des députés,
01:04:35des sénateurs
01:04:36qui nous ont d'ailleurs
01:04:36beaucoup aidés
01:04:37sur le plan budgétaire
01:04:38pour arriver à compenser
01:04:40la perte budgétaire
01:04:42que représentait
01:04:44l'absence de la pub
01:04:47après 20 heures.
01:04:48C'est tout à fait normal
01:04:49quand on est soit des dirigeants...
01:04:51Alors,
01:04:51si je mets la casquette
01:04:52journaliste politique,
01:04:54j'ai un peu de mal
01:04:55à comprendre
01:04:57comment des journalistes politiques...
01:04:59Mais je ne donne aucune leçon,
01:05:00je déteste ça en plus.
01:05:02Mais en ce qui...
01:05:02Alors,
01:05:02je parle pour moi,
01:05:04je vois mal
01:05:04comment on peut être
01:05:05journaliste politique
01:05:06ou éditorialiste politique
01:05:07sans voir des politiques.
01:05:10C'est quand même comme ça
01:05:11qu'on comprend,
01:05:11au-delà de leurs déclarations publiques,
01:05:13ce qu'ils ont vraiment
01:05:14dans la tête,
01:05:14ce qu'ils envisagent,
01:05:15leur stratégie,
01:05:16etc.
01:05:17etc.
01:05:17Voilà.
01:05:18Mais s'il y en a d'autres,
01:05:20et je sais qu'il y en a d'autres
01:05:21qui considèrent qu'il ne faut voir
01:05:23absolument personne,
01:05:24etc.,
01:05:24très bien.
01:05:26Ils ont totalement le droit
01:05:27de pratiquer leur métier
01:05:29comme ça.
01:05:29mais je pense que c'est la nécessité
01:05:35du dialogue
01:05:36et elle me paraît
01:05:36absolument évidente.
01:05:40Très clair.
01:05:42Très clair.
01:05:42Je vous remercie
01:05:43pour vos réponses.
01:05:43Ma question ne portait pas
01:05:44sur la nécessité du dialogue.
01:05:45Évidemment,
01:05:46qu'un journaliste,
01:05:47pour bien faire son travail,
01:05:48doit aussi se documenter,
01:05:49obtenir des informations.
01:05:51Mais c'est quand ce journaliste
01:05:53ou cet éditorialiste
01:05:54du service public
01:05:55franchit la frontière
01:05:56et bascule dans une frontière militante
01:05:58où il va mettre ses moyens
01:06:00à disposition,
01:06:01comme d'ailleurs M. Pigasse,
01:06:02qu'on auditionnera
01:06:03cet après-midi,
01:06:04qui est producteur,
01:06:06fondateur de la première société
01:06:07qui produit les émissions
01:06:08du service public
01:06:09qui explique
01:06:09qu'il mettra tous les moyens
01:06:10dont il dispose
01:06:12pour lutter contre la droite radicale,
01:06:14y compris des moyens médiatiques.
01:06:16Cette porosité interroge
01:06:18quelle est la limite
01:06:19entre l'exercice
01:06:20d'une mission de service public
01:06:22si importante
01:06:23et en même temps
01:06:24le militantisme,
01:06:25l'activisme politique
01:06:26qu'elle soit prise
01:06:28dans des contextes privés
01:06:29ou assumée
01:06:30de façon beaucoup plus publique
01:06:31comme M. Pigasse.
01:06:33Je voudrais enchaîner
01:06:35peut-être sur une dernière question
01:06:37sur ce sujet-là,
01:06:38notamment sur vos propos,
01:06:39M. De Carolis,
01:06:40où vous avez déclaré
01:06:41comme ça a été rapporté
01:06:42le 2 juillet 2008
01:06:43dans Le Point,
01:06:44« Jamais je ne soumettrai
01:06:45mes grilles
01:06:46à un visa extérieur. »
01:06:47Fin les citations.
01:06:48C'était un engagement
01:06:49assez fort
01:06:50qui a été prononcé
01:06:51dans un contexte,
01:06:51on l'a rappelé,
01:06:52de tension à l'époque
01:06:53avec l'Elysée.
01:06:56Est-ce que
01:06:57tous les quatre,
01:06:58lors de vos mandats respectifs,
01:07:00vous avez eu des pressions
01:07:01quelconques
01:07:02du pouvoir politique,
01:07:04de l'Elysée,
01:07:04de Matignon,
01:07:05de certains ministres ?
01:07:06Et comment est-ce que
01:07:07vous avez fait
01:07:07pour ne pas vous y soumettre ?
01:07:11Peut-être que vous voulez
01:07:12commencer, M. De Carolis ?
01:07:14Donc vous,
01:07:14c'était sous la...
01:07:15Demine.
01:07:17Oui, je me souviens
01:07:18avoir prononcé
01:07:19effectivement cette phrase
01:07:21dans cette interview.
01:07:26Ça rejoint
01:07:27ce que je disais précédemment,
01:07:29c'est-à-dire que
01:07:29nous avions été élus
01:07:32par le CSA...
01:07:34Enfin, j'avais été élu
01:07:35au CSA
01:07:37sur la base
01:07:38d'un programme,
01:07:39d'une intention
01:07:41et que
01:07:42cette intention-là,
01:07:44je voulais l'appliquer.
01:07:46C'était mon devoir
01:07:49par rapport
01:07:49au CSA.
01:07:51Et c'est dans ce cadre-là
01:07:52que j'ai dit cela.
01:07:53Je soumets pas
01:07:54mes grilles de programme
01:07:56à une quelconque
01:07:58autorité.
01:07:58En revanche,
01:08:00je ne conteste pas
01:08:02le devoir
01:08:03de sanction
01:08:03si jamais
01:08:05je dérape
01:08:06et si jamais
01:08:07je ne suis pas
01:08:08cohérent
01:08:09avec ce que j'ai proposé
01:08:11au CSA.
01:08:14Sur
01:08:16l'influence
01:08:17et la porosité
01:08:18entre le pouvoir
01:08:19et le service public,
01:08:22je n'ai pas souvenir
01:08:25d'une quelconque
01:08:26injonction
01:08:29du président Chirac
01:08:30à mon époque
01:08:33ni du président
01:08:35Sarkozy.
01:08:38En revanche,
01:08:41et je l'ai d'ailleurs écrit
01:08:43très directement
01:08:45dans un livre
01:08:46que j'ai publié
01:08:47en 2016,
01:08:49vous pouvez vous y référer,
01:08:51tout y est,
01:08:52tous les noms,
01:08:54qui s'appellent
01:08:55les ailes intérieures.
01:08:58J'évoque effectivement
01:09:00les agacements
01:09:01que pouvait ressentir
01:09:05M. Sarkozy
01:09:06à l'époque
01:09:07vis-à-vis
01:09:08de tel ou tel
01:09:11animateur
01:09:12ou journaliste,
01:09:13etc.
01:09:14Mais c'était de l'ordre
01:09:15de l'agacement.
01:09:17M. Sébastien,
01:09:17à votre place,
01:09:18il y a quelques jours,
01:09:19nous a indiqué
01:09:19que Nicolas Sarkozy,
01:09:20vous aurait demandé
01:09:21sa tête.
01:09:21Alors,
01:09:23on ne demande pas
01:09:24la tête de quelqu'un.
01:09:25Je le cite.
01:09:25Vous savez,
01:09:26quand vous êtes
01:09:26le président de la République,
01:09:27vous ne dites pas
01:09:28« je veux sa tête »,
01:09:29mais vous montrez
01:09:31un certain nombre,
01:09:31comme je le dis,
01:09:32d'agacement
01:09:32qui vous fait comprendre
01:09:35que si vous pouviez
01:09:36l'enlever de l'antenne,
01:09:38ce serait bien.
01:09:39Nous n'avons jamais
01:09:41obtempéré
01:09:41à une quelconque demande
01:09:44ou agacement.
01:09:46C'était notre liberté,
01:09:49c'était notre façon
01:09:51d'agir.
01:09:52Et les noms
01:09:54qui pouvaient agacer
01:09:55tel ou tel,
01:09:55que ce soit
01:09:56François-Olivier Gisbert,
01:09:58que ce soit
01:10:01Patrice Duhamel,
01:10:02que ce soit
01:10:02Arlette Chabot,
01:10:05pouvaient agacer
01:10:06le président de la République.
01:10:08Je n'ai jamais
01:10:09cédé à cela.
01:10:11En tout cas,
01:10:12ça n'a jamais eu
01:10:13d'influence sur moi.
01:10:14Et je vais même
01:10:15vous dire une chose
01:10:16et je l'ai écrite.
01:10:19Quand le président Sarkozy,
01:10:21au mois de juin 2010,
01:10:23me convoque à l'Élysée
01:10:25pour me renouveler,
01:10:28sa confiance est pour 5 ans,
01:10:32puisqu'il avait changé la loi
01:10:33et que la loi n'était plus
01:10:35une élection
01:10:36mais une nomination,
01:10:39il me propose
01:10:40de continuer
01:10:43et il me pose
01:10:44la question
01:10:46aussi clairement
01:10:46que ça
01:10:47en me disant
01:10:47« Et ton équipe ? »
01:10:51Sous-entendu,
01:10:51j'espère que tu vas changer
01:10:53un certain nombre
01:10:54de personnes
01:10:55qui pouvaient correspondre
01:10:56à ces agacements
01:10:57dont je parlais
01:10:58il y a un instant.
01:10:59Et je lui ai dit
01:11:00« Monsieur le président,
01:11:01si vous me reconduisez,
01:11:02c'est parce que
01:11:02j'ai bien travaillé
01:11:03et que si j'ai bien travaillé,
01:11:05c'est parce que
01:11:06j'avais une bonne équipe
01:11:07et donc je repars
01:11:08avec la même équipe. »
01:11:10Et il me regarde
01:11:12et il me dit
01:11:12« Bon,
01:11:13j'ai toujours pas pris
01:11:14ma décision,
01:11:15on se revoit
01:11:16dans quelques jours. »
01:11:18Et effectivement,
01:11:18on s'est revus
01:11:19quelques jours après
01:11:20dans les mêmes circonstances
01:11:21où il m'a annoncé
01:11:23que je n'étais pas reconduit.
01:11:26Donc voilà,
01:11:28vous portez
01:11:30un programme,
01:11:30vous portez...
01:11:31C'est plus qu'un agacement,
01:11:32M. Carolis.
01:11:32Comment ?
01:11:33Donc c'est entre
01:11:33le mot « pression du rapporteur »
01:11:35et votre mot « agacement »,
01:11:36il y a peut-être
01:11:37une gradation des mots.
01:11:38Ce n'est peut-être
01:11:39pas qu'un agacement.
01:11:40Je vous laisse juge,
01:11:41je vous laisse juge,
01:11:42mais je vous rapporte
01:11:43les faits
01:11:44tels qu'ils ont été,
01:11:45tels qu'ils se sont produits.
01:11:47Voilà.
01:11:47Peut-être,
01:11:48M. Tessi,
01:11:48vous avez connu
01:11:49le président Chirac.
01:11:51Est-ce qu'il y aura une pause ?
01:11:54On a bientôt terminé.
01:11:55On a bientôt terminé,
01:11:57je crois,
01:11:57que le rapport...
01:11:59Je peux ajouter un mot ?
01:12:02Il va falloir
01:12:03qu'on termine
01:12:03dans pas de longtemps.
01:12:04Il faut qu'on termine
01:12:05dans pas très longtemps
01:12:06et le rapporteur
01:12:06encore quelques questions
01:12:07sur le sujet ?
01:12:08Oui, c'est un rebond
01:12:09sur le sujet.
01:12:09C'est un rebond
01:12:10et M. Duarmel,
01:12:10je vous laisse répondre
01:12:11au rebond.
01:12:12À vous,
01:12:12notamment,
01:12:13Mme Cota,
01:12:13vous avez présidé
01:12:14la Haute Autorité
01:12:14de la Communication
01:12:16Audiovisuelle
01:12:16de 1982 à 1986,
01:12:18instance qui était
01:12:19précurseur du CSA.
01:12:20Vous avez donc été
01:12:21des deux côtés,
01:12:22du côté dirigeante
01:12:23de l'audiovisuel public
01:12:24et présidente
01:12:25de l'instance
01:12:26censée le contrôler.
01:12:28Et dans cet entretien
01:12:29à l'INA en 2024,
01:12:30vous évoquez explicitement
01:12:31les pressions
01:12:32que vous avez subies
01:12:33de la part du pouvoir politique.
01:12:34En 1986,
01:12:36Jacques Chirac
01:12:36vous annonce
01:12:37dès son arrivée au pouvoir,
01:12:39je le cite,
01:12:39« Excuse-moi,
01:12:40mais tu gicles ».
01:12:41Fin de la citation.
01:12:42Ce sont les propos
01:12:42que vous avez vous-même
01:12:43rapportés dans le reportage
01:12:45« Empreinte » de 2010.
01:12:46Comment est-ce que
01:12:47vous avez vécu
01:12:48ces pressions-là
01:12:49et quelles ont été
01:12:50derrière les garanties
01:12:51que vous avez prises ?
01:12:55Je ne suis jamais
01:12:55très optimiste de nature,
01:12:57donc je m'y attendais.
01:12:58Ça, ce n'est pas un problème.
01:12:59Après, non,
01:13:00mais à la haute autorité,
01:13:01j'ai surtout eu
01:13:01des problèmes
01:13:03sur un terrain grève
01:13:05avec le président
01:13:06de la République,
01:13:06François Mitterrand,
01:13:09puisque lui voulait
01:13:10se débarrasser
01:13:11de Père des groupes.
01:13:13Et j'ai tout fait
01:13:14pour garder Père des groupes.
01:13:17On l'a gardé, d'ailleurs.
01:13:18Et lorsqu'il est parti,
01:13:20atteint par l'âge
01:13:21de la retraite et qu'on
01:13:23l'a remplacée,
01:13:24je n'étais pas d'accord
01:13:25et je l'ai fait savoir
01:13:28avec la personne
01:13:29qui m'a été proposée.
01:13:30Bon, donc,
01:13:30j'ai eu effectivement
01:13:31ce genre de pression.
01:13:32Mais à la haute autorité,
01:13:34je veux dire,
01:13:35je m'y attendais.
01:13:36Je m'y attendais.
01:13:37Alors, quitter la haute autorité,
01:13:39je vais vous dire,
01:13:39d'un certain côté,
01:13:40c'était un soulagement
01:13:41formidable parce que
01:13:42c'était très difficile
01:13:45à poser.
01:13:46Et de l'autre côté,
01:13:48lorsque Jacques Chirac
01:13:49m'a dit exactement
01:13:50poussinette,
01:13:50comme à sa manière
01:13:52un tullugicle,
01:13:54j'ai dit,
01:13:55je m'y attendais.
01:13:56Mais j'ai noté
01:13:58que, contrairement
01:14:01à Valéry Giscard d'Estaing,
01:14:03pendant toute la période
01:14:04de la haute autorité,
01:14:05Jacques Chirac
01:14:05avait joué le jeu
01:14:06et avait saisi lui-même
01:14:08la haute autorité
01:14:10de problèmes.
01:14:11Donc, je ne peux pas dire
01:14:12que c'était des pressions.
01:14:13Il avait joué le jeu
01:14:14de la haute autorité
01:14:15et il jouait le jeu
01:14:16après de François Léotard
01:14:18qui pensait que la haute autorité
01:14:20ne servait à rien
01:14:20et qu'il fallait la remplacer
01:14:21d'urgence.
01:14:22Il y a un rebond du rapporteur
01:14:24sur l'indépendance
01:14:25et les pressions.
01:14:26Je laisserai ensuite
01:14:26M. Duhamel et M. Tessier
01:14:28qui voulaient réagir
01:14:28à cette question
01:14:29des pressions politiques
01:14:29du rapporteur.
01:14:30Enfin, du politique,
01:14:32question posée par le rapporteur.
01:14:36Oui, je vous pose effectivement
01:14:38cette question,
01:14:39notamment sur l'indépendance réelle
01:14:42du CSA, maintenant Arcom,
01:14:44et du pouvoir politique.
01:14:46Est-ce que ça n'a pas toujours
01:14:47un peu fonctionné
01:14:48comme une chambre d'enregistrement ?
01:14:49Si je vous pose cette question,
01:14:50c'est parce qu'on a entendu
01:14:52les propos d'Olivier Schrammeck,
01:14:53ancien président du CSA en 2015,
01:14:56qui, sous serment,
01:14:57dans une précédente commission d'enquête,
01:14:59a révélé que François Hollande,
01:15:01alors président de la République,
01:15:02qui s'était pourtant engagé
01:15:03lors du débat du deuxième tour
01:15:05face à Nicolas Sarkozy,
01:15:06que lui, président de la République,
01:15:07ne se mêlerait pas
01:15:08au processus de désignation
01:15:10des présidents de l'audiopédiaire du public,
01:15:12eh bien M. Schrammeck a expliqué
01:15:13que François Hollande
01:15:14lui avait décommandé
01:15:15une ou deux personnes
01:15:16concurrentes de Delphine Arnault
01:15:18dans le cadre de la nomination
01:15:19de Delphine Arnault en 2015.
01:15:22Des faits et des révélations
01:15:23qui, on peut le dire,
01:15:24sont quand même très graves
01:15:25parce que ce serait une violation de la loi
01:15:27et ce serait une intervention directe
01:15:28du même président de la République
01:15:30qui pourtant avait voulu apporter
01:15:32une indépendance totale à l'ARCOM.
01:15:35Donc, est-ce que vous pensez
01:15:36que ce type de pratique
01:15:38d'intervention directe de l'Elysée
01:15:41pour la nomination
01:15:42des présidents de l'audiopédiaire du public
01:15:44est une pratique saine ?
01:15:45Est-ce qu'elle vous paraît normale ?
01:15:46Est-ce qu'au fond,
01:15:47il ne faudrait pas arrêter l'hypocrisie
01:15:49et donner à l'État,
01:15:51au président de la République,
01:15:53la possibilité,
01:15:54comme l'a fait visiblement François Hollande
01:15:55dans une tentative d'intervention,
01:15:57les dirigeants de l'audiopédiaire du public ?
01:16:01Vous posez toutes les questions
01:16:02d'une instance de régulation.
01:16:04Est-ce que,
01:16:06telle qu'elle était définie en tout cas,
01:16:08est-ce qu'on pouvait vraiment,
01:16:10moi j'ai ressenti au moment de la haute autorité,
01:16:12est-ce qu'on pouvait nommer
01:16:13des personnalités dont on savait
01:16:15qu'elles étaient une espèce de torchon rouge
01:16:19pour la présidence de la République
01:16:21et pour le gouvernement
01:16:22qui lui-même distribuait
01:16:24le budget du service public ?
01:16:27Donc, des gens qu'on nommait.
01:16:29Donc, vous voyez, c'était très difficile.
01:16:30On ne pouvait pas nommer
01:16:33quelqu'un qui était,
01:16:34encore une fois,
01:16:35qui était un chiffon rouge.
01:16:37Donc, oui,
01:16:38il y avait des négociations préalables.
01:16:40en disant,
01:16:41moi je m'en tenais à,
01:16:45s'il y a un feu rouge,
01:16:46il ne faut pas le faire.
01:16:47Maintenant,
01:16:48les feux verts,
01:16:49c'est à nous de les donner.
01:16:50Mais un feu rouge
01:16:51était une,
01:16:53pour une instance de régulation,
01:16:55était une manière
01:16:56de se condamner à terme.
01:16:58Et d'ailleurs,
01:16:59c'est comme ça que la haute autorité
01:17:00s'est finalement arrêtée,
01:17:03a été remplacée.
01:17:03Donc, je crois qu'il y a
01:17:05un moyen terme
01:17:06entre défier
01:17:10le président de la République,
01:17:12le gouvernement, etc.
01:17:13et se conformer
01:17:15exactement comme il le désire.
01:17:17Voilà.
01:17:18Et je trouve que,
01:17:18de ce point de vue-là,
01:17:20l'ARCOM a bien évolué
01:17:21et que les instances de régulation
01:17:23maintenant sont finalement
01:17:25au meilleur de leur fonctionnement.
01:17:27Très bien.
01:17:28Monsieur Duhamel,
01:17:28vous voulez réagir ?
01:17:29Quelque chose d'abord
01:17:31sur la question
01:17:33sur les pressions
01:17:33– ça dépend de ce qu'on appelle
01:17:36une pression –
01:17:36des interventions du politique,
01:17:38de l'économie,
01:17:39des syndicats, etc.,
01:17:40de tous les acteurs
01:17:41de la vie publique.
01:17:42Il y en a sans interruption.
01:17:44Le problème est de savoir
01:17:45comment on y fait face.
01:17:48Voilà.
01:17:48C'est ça le sujet.
01:17:51Nous, on nous demande sans arrêt,
01:17:52compte tenu de nos longs parcours,
01:17:54enfin, je parle pour moi,
01:17:56alors les pressions,
01:17:57des exemples, etc.
01:17:58Bien entendu,
01:17:59mais il y en a sans interruption,
01:18:00sans arrêt.
01:18:01Je n'ai jamais connu des moments
01:18:02où il n'y en avait pas,
01:18:03pour être clair.
01:18:04Alors, maintenant,
01:18:05sur l'ARCOM,
01:18:06moi, pardon,
01:18:06je parle en mon nom personnel,
01:18:08d'ailleurs,
01:18:08je ne vois pas pourquoi
01:18:09je parle en mon nom
01:18:09de quelqu'un d'autre.
01:18:11Je ne suis plus en responsabilité.
01:18:13Je suis hostile
01:18:14au mode de nomination actuel.
01:18:15Et depuis le début,
01:18:17je pense que c'est trop politique.
01:18:19Je pense que ce n'est pas normal
01:18:20que le président de la République
01:18:21choisisse le président
01:18:23ou la présidente
01:18:24de l'instance de régulation.
01:18:26je trouve que quand
01:18:28imaginez que c'est déjà arrivé,
01:18:29d'ailleurs,
01:18:30une seule fois,
01:18:31je crois,
01:18:31avec la gauche
01:18:33sous François Hollande,
01:18:34qui avait à la fois
01:18:35l'Élysée,
01:18:36la majorité large
01:18:38à l'Assemblée
01:18:38et la majorité au Sénat.
01:18:40À ce moment-là,
01:18:40vous avez la possibilité,
01:18:42s'il y a un arrière-pensée politique,
01:18:44de nommer des gens
01:18:44qui pensent tous la même chose.
01:18:46Moi, je suis hostile.
01:18:47J'ai une proposition
01:18:48que j'avais déjà faite.
01:18:49Ça figurait,
01:18:50d'ailleurs,
01:18:50monsieur,
01:18:51dans le papier
01:18:52qu'on a reçu.
01:18:53Moi, je trouve,
01:18:54à partir du moment
01:18:55où les parlementaires
01:18:56votent le budget,
01:18:57je trouverais normal
01:18:58que les commissions
01:18:59des affaires culturelles
01:19:00de l'Assemblée
01:19:01et du Sénat
01:19:03nomment
01:19:03à une majorité qualifiée,
01:19:05comme ça,
01:19:05il n'y aura pas
01:19:06de caractère partisan,
01:19:07donc des 3 cinquièmes,
01:19:09la majorité qualifiée,
01:19:10les membres,
01:19:125, 7, 9,
01:19:13j'en sais rien,
01:19:13aujourd'hui,
01:19:14c'est 9,
01:19:14très bien 9,
01:19:15de l'ARCOM,
01:19:17du CSA hier
01:19:18ou de la Haute Autorité
01:19:19avant, etc.
01:19:20La CNCL,
01:19:21c'était beaucoup plus compliqué.
01:19:22Il y avait
01:19:22les conseillers
01:19:23d'État,
01:19:23de la Cour des Comptes,
01:19:24etc.,
01:19:25on n'y comprenait
01:19:25pas grand-chose.
01:19:26Et j'ajoute même
01:19:27que je trouverais normal
01:19:28que ces 9 membres
01:19:30étant choisis
01:19:31avec des auditions publiques,
01:19:33ils élisent eux-mêmes
01:19:35leur président
01:19:35ou leur présidente.
01:19:36Et je pense
01:19:37qu'il faut couper
01:19:38au maximum
01:19:39le lien
01:19:40entre la politique
01:19:42exécutive,
01:19:42je parle bien
01:19:43de l'exécutif,
01:19:44et l'instance
01:19:46de régulation.
01:19:46Mais je suis peut-être
01:19:47tout seul
01:19:47à penser ça.
01:19:48C'est-à-dire
01:19:49pour bien comprendre,
01:19:50vous proposez
01:19:50que les 9 membres
01:19:51soient nommés
01:19:53par les deux membres
01:19:54des commissions
01:19:54des affaires culturelles
01:19:56de l'Assemblée
01:19:56et du Sénat
01:19:57à la majorité qualifiée.
01:19:58Donc ça, c'est l'article 13
01:19:59de la Constitution
01:19:59qui prévoit effectivement
01:20:00pour certaines nominations,
01:20:02pas celles de l'ARCOM,
01:20:03mais pour certaines nominations,
01:20:04c'est comme ça que ça se passe,
01:20:05vous avez parfaitement raison,
01:20:06c'est l'article 13
01:20:07de la Constitution
01:20:07et ça existe
01:20:08pour certaines nominations.
01:20:09Donc vous proposez
01:20:10d'avoir recours
01:20:11à cet article
01:20:12pour la nomination
01:20:13des membres
01:20:13de l'ARCOM
01:20:14et ensuite que...
01:20:15Et que les 9 membres,
01:20:16si c'est 9,
01:20:17élisent leur président.
01:20:18Très clair.
01:20:19Il ne sera plus
01:20:22nommé
01:20:22par le président
01:20:23de la République.
01:20:25Parce que symboliquement,
01:20:26ça représenterait quelque chose.
01:20:29C'est sûrement une piste
01:20:30à creuser.
01:20:32Non, c'est sur le 3 cinquième,
01:20:33l'article.
01:20:34C'est sur la majorité qualifiée.
01:20:39Sur le mode de nomination
01:20:41effectivement
01:20:41qui avait été calqué
01:20:42pour la haute autorité
01:20:43sur le Conseil constitutionnel,
01:20:45il n'est pas dit
01:20:46qu'en matière de lieu visuel,
01:20:49on doit absolument le garder.
01:20:50Moi, je trouve qu'effectivement,
01:20:52une nomination
01:20:52par les commissions,
01:20:54les différentes commissions
01:20:54serait plutôt bienvenue.
01:20:57Vous pensez,
01:20:58on va faire un peu
01:20:58de la politique fiction,
01:20:59mais si ce n'était pas
01:21:00le président
01:21:00qui nommait
01:21:01les règles en vigueur actuelles,
01:21:02c'est-à-dire l'ARCOM,
01:21:03vous auriez été sans doute
01:21:04reconduit.
01:21:05Ce que je veux dire par là,
01:21:07est-ce que l'ARCOM,
01:21:08effectivement,
01:21:08la nomination par l'ARCOM,
01:21:10garantit quand même
01:21:11un peu plus
01:21:13l'indépendance
01:21:14par rapport aux politiques,
01:21:15même si le président
01:21:16de l'ARCOM
01:21:16est nommé,
01:21:16comme on l'a dit.
01:21:17Vous voyez ce que je veux dire ?
01:21:18Il y a un lien
01:21:19entre l'ARCOM
01:21:20et le politique,
01:21:21ne serait-ce qu'en raison
01:21:22des nominations.
01:21:23Mais est-ce que
01:21:23la nomination
01:21:26des patrons
01:21:27et des dirigeants
01:21:28de l'audiol public
01:21:28par l'ARCOM
01:21:29donne un peu plus
01:21:30d'indépendance
01:21:30vis-à-vis du pouvoir politique
01:21:32à votre sens ?
01:21:36Sans doute,
01:21:38Monsieur le Président,
01:21:38sans doute.
01:21:42Moi, je sais que
01:21:43lorsque j'ai terminé
01:21:45mon mandat,
01:21:47le président de la République
01:21:48avait changé la loi
01:21:49pour pouvoir nommer
01:21:51le président.
01:21:54Je me souviens à l'époque
01:21:56avoir eu
01:21:57un communiqué de presse
01:22:01du CSA
01:22:04de l'époque
01:22:05extrêmement élogieux
01:22:06sur ma mandature,
01:22:11ce qui n'a pas
01:22:13inspiré
01:22:14le président
01:22:16de l'époque.
01:22:18Donc, je pense
01:22:19que
01:22:20ce qui peut éloigner
01:22:24l'arrivée
01:22:26d'un président
01:22:27ou d'une présidente
01:22:27à la tête
01:22:28d'audiovisuel
01:22:28du pouvoir central,
01:22:31c'est-à-dire
01:22:31du président
01:22:32de la République,
01:22:32est une bonne chose.
01:22:34À l'intérieur
01:22:35de l'ARCOM,
01:22:36cela me semble
01:22:37plus judicieux
01:22:39qu'au sein
01:22:40du Conseil
01:22:41d'administration
01:22:42effectivement.
01:22:45Voilà.
01:22:46Après,
01:22:46la façon
01:22:47dont l'ARCOM
01:22:48peut être constituée,
01:22:51ça demande débat.
01:22:55Monsieur le...
01:22:56Oui, parce qu'on a vu
01:22:58par exemple
01:22:58d'anciens dirigeants,
01:22:59c'est toujours pareil,
01:23:00mais il y a effectivement
01:23:01par conséquent
01:23:02d'anciens dirigeants
01:23:02de France Télévisions
01:23:03et de Radio France
01:23:03qui deviennent membres
01:23:04de l'ARCOM,
01:23:05ce qui peut poser question
01:23:07et en même temps,
01:23:07il faut bien des spécialistes
01:23:08des médias.
01:23:08C'est une question importante
01:23:09mais il faudra aussi
01:23:12qu'on y travaille
01:23:13sur ces modes de nomination.
01:23:14Monsieur le rapporteur.
01:23:17Deux dernières questions.
01:23:18Une question pour vous,
01:23:20Madame Cota.
01:23:21Lorsque vous étiez
01:23:21directrice générale,
01:23:23enfin, vous étiez
01:23:23directrice générale,
01:23:24lorsque François Nitterrand
01:23:25a été interviewé,
01:23:26c'était le 14 juillet 1992,
01:23:27par Anne Sinclair
01:23:29et Christine O'Krent
01:23:29qui étaient les épouses
01:23:32de deux ministres
01:23:33de son gouvernement d'alors.
01:23:34Vous étiez alors élevée
01:23:35contre ce choix
01:23:36qui pouvait être de nature
01:23:37à jeter le discrédit,
01:23:39en tout cas en apparence,
01:23:40sur l'audiovisuel public.
01:23:42Est-ce que selon vous,
01:23:43il y aurait des garde-fous
01:23:45à mettre en œuvre
01:23:46pour prévenir
01:23:46tout risque de conflit
01:23:48d'intérêts,
01:23:48notamment politique,
01:23:50dans l'information
01:23:51du service public
01:23:52de l'audiovisuel ?
01:23:54Je suis en tant que femme
01:23:56très gênée
01:23:57quand on me pose
01:23:58ce genre de questions.
01:23:59Anne Sinclair
01:24:00et Christine O'Krent
01:24:02étaient incontestablement
01:24:05deux professionnels
01:24:06tout à fait formidables
01:24:08qui ont été reconnus
01:24:09comme tels.
01:24:12Je ne sais pas,
01:24:13Anne Sinclair,
01:24:14je ne sais pas combien
01:24:15de cèd d'or
01:24:16de la meilleure journaliste
01:24:17de France.
01:24:18Ça a été aussi le cas
01:24:19de Christine O'Krent.
01:24:22En tant que femme,
01:24:23moi j'ai un mari
01:24:25que j'aime beaucoup
01:24:25mais je ne partage pas
01:24:26toutes ses opinions
01:24:27et je me suis toujours
01:24:29sentie libre
01:24:29de dire et d'écrire
01:24:31ce que je voulais
01:24:34même en revanche
01:24:37pour les élections présidentielles
01:24:39ou pour les élections législatives,
01:24:41je comprends
01:24:41que des femmes
01:24:43qui peuvent être
01:24:43directement plus proches
01:24:44des gens
01:24:45comme l'a été
01:24:46Béatrice Schoenberg
01:24:47par exemple
01:24:48à France 2
01:24:50qui avaient démissionné.
01:24:55Mais je me dis
01:24:56après tout
01:24:56alors on est dans un monde
01:24:58où si on est marié
01:24:59à un homme
01:25:00qui est ministre
01:25:01on est obligé
01:25:02de s'en aller
01:25:02même si on est
01:25:03une grande professionnelle.
01:25:04En revanche
01:25:05je n'ai jamais vu
01:25:05un homme
01:25:07grand professionnel
01:25:07s'en aller
01:25:08parce que sa femme
01:25:09était au gouvernement.
01:25:10Je ne sais pas
01:25:10si ça a été
01:25:12un jour le cas
01:25:13mais je trouve
01:25:14que c'est une façon
01:25:15de traiter les femmes
01:25:15comme si les femmes
01:25:16qui ne ressemblent plus
01:25:18à notre époque
01:25:19comme si les femmes
01:25:19étaient absolument
01:25:20dépendantes de leur mari
01:25:22comme si
01:25:23comme sous la 3ème république
01:25:24on refusait le droit
01:25:26et on refusait
01:25:28le droit de femme
01:25:28le droit de vote aux femmes
01:25:29parce qu'elles pensaient
01:25:30comme leur mari.
01:25:31Voilà ça m'a toujours gêné
01:25:32ceci étant
01:25:34avec ce que je viens
01:25:35de dire là
01:25:35c'était deux grandes
01:25:36professionnels
01:25:37je pense que ça n'était
01:25:38pas très habile
01:25:40et que les gens
01:25:41ont pu
01:25:41certaines personnes
01:25:42ont pu trouver
01:25:43que c'était
01:25:45une intervention majeure
01:25:46mais encore une fois
01:25:47la professionnalité
01:25:49de ces deux personnes
01:25:50me paraissait
01:25:52leur éviter
01:25:54ce genre
01:25:54de remarques
01:25:56et en effet
01:25:58il n'y en a pas eu
01:25:59tellement
01:26:00j'ai regardé
01:26:02justement
01:26:03l'autre jour
01:26:03ce qui s'était dit
01:26:04pendant cet entretien
01:26:05et c'est un entretien
01:26:06qui finalement
01:26:06n'aura pas marqué
01:26:08dans la 5ème république
01:26:11ni dans les entretiens
01:26:12de François Mignor
01:26:12C'est un rebond du rapporteur
01:26:14puis je vous laisserai
01:26:15répondre à cette question
01:26:15qui est importante
01:26:16Merci Madame Clota
01:26:17Si je vous pose la question
01:26:18c'est parce qu'à l'époque
01:26:19vous étiez élevé
01:26:21contre ce choix éditorial
01:26:23donc ce n'est pas
01:26:25ce n'est pas mon avis
01:26:26je vous pose la question
01:26:27parce qu'à l'époque
01:26:28ça vous avait ému
01:26:31bon visiblement
01:26:32aujourd'hui
01:26:32vous n'auriez pas forcément
01:26:33eu la même lecture
01:26:34mais c'était la raison
01:26:35pour laquelle
01:26:37J'avais peur de la réaction
01:26:38d'un certain nombre
01:26:41de la presse
01:26:42et d'un certain nombre
01:26:43de tels des spectateurs
01:26:44mais je me l'étais posée
01:26:45à l'époque
01:26:47je trouvais
01:26:48qu'elles étaient
01:26:49tout à fait dignes
01:26:51de faire un entretien
01:26:53du 14 juillet
01:26:54moyennant quoi
01:26:55j'avais peur
01:26:55plutôt des réactions pour nous
01:26:56C'est la fin de cet épisode
01:26:58à bientôt sur LCP
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