- il y a 21 heures
À l'approche des élections présidentielles, les potentiels candidats s'emparent des « peurs des Français » pour proposer de nouveaux projets politiques. Aussi bien individuelles que collectives, les peurs prennent une place croissante dans nos sociétés à mesure que les dangers auxquels nous faisons face s'accentuent. Si émotions et politique ont toujours été intimement liées, la sociologue Anne Muxel constate que le pouvoir politique ne régule plus les peurs, il les utilise comme nouveau lien social. De quoi les Français ont-ils réellement peur ? Pour en discuter Jean-Pierre Gratien reçoit Anne Muxel, directrice de recherches émérite en sociologie et en sciences politiques au CNRS et chargée de mission auprès du directeur du CEVIPOF. Elle a écrit Inventaire des peurs françaises avec Pascal Perrineau, livre issu de plusieurs enquêtes pour appréhender le phénomène. LCP fait la part belle à l'écriture documentaire en prime time. Ce rendez-vous offre une approche différenciée des réalités politiques, économiques, sociales ou mondiales...autant de thématiques qui invitent à prolonger le documentaire à l'occasion d'un débat animé par Jean-Pierre Gratien, en présence de parlementaires, acteurs de notre société et experts.
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00:00:09Générique
00:00:16Bienvenue à tous.
00:00:17Débat Doc s'intéresse aujourd'hui aux préoccupations qui taraudent les Français.
00:00:21Avec pour commencer le documentaire exclusif qui va suivre Paris un jour de mai.
00:00:26Ces réalisateurs Vania Chocrohaï et Romain Rampillon partent ici, vous allez le voir,
00:00:33à la rencontre de Parisiens dans leur vie quotidienne, constituant ainsi par touche
00:00:37un portrait à la fois politique, social et culturel de ceux qui chaque jour vivent au rythme de la capitale.
00:00:44Je vous laisse le découvrir et je vous retrouverai juste après sur ce plateau
00:00:47en compagnie de la sociologue et politologue Anne Muxel.
00:00:50Avec elle, nous nous interrogerons sur les craintes pour l'avenir exprimées aujourd'hui par les Français.
00:00:57Bon Doc.
00:01:12C'est une capitale du monde
00:01:14qui s'offre à cette heure pudique
00:01:17comme une vue d'éternité.
00:01:22Devant nous, un parterre de zin et de petites cheminées immuables,
00:01:26parsemait ça et là d'un arc de triomphe, d'une tour Eiffel ou Montparnasse.
00:01:38Un voyageur du temps, revenu après une longue errance
00:01:41et embrassant d'un large coup d'œil cette vue,
00:01:44reconnaîtrait sans mal sa ville, à quelques détails près.
00:01:51Pourtant, les serrures ne s'ouvrent plus aux mêmes clés.
00:02:02Les fenêtres que nous observons et qui s'éclairent une à une
00:02:05nous paraissent d'étonnantes constellations.
00:02:10Dans un instant, les quelques onze millions d'âmes qu'abrite la ville
00:02:13vont glisser de leur lit,
00:02:16s'habiller, s'embrasser, encore embuée, un peu gauche,
00:02:20pour sortir, courir, se presser,
00:02:23traçant autant de trajectoires qu'ils portent de possibles.
00:02:30Pour aller où ?
00:02:33Pour chercher quoi ?
00:02:35Qu'est-ce qui les anime ?
00:02:40En ce jour de printemps, l'aube comme un rideau va se lever
00:02:44et chaque Parisien s'apprête une fois de plus
00:02:46à jouer la pièce ou la siffler.
00:02:50Et nous, de leur demander
00:02:52de quoi est fait cette ville
00:02:54un jour du mois de mai.
00:02:55et l'aube comme un sol.
00:03:12La elle sera de la ville
00:03:13mais une seule vie.
00:03:15C'est comme ça,
00:03:15c'est l'un des moments de vie.
00:03:15c'est l'un des moments de vie.
00:03:15C'est l'un des moments de vie.
00:03:21C'est connu.
00:23:23En ce moment, ce qui me fait vivre, c'est ma fille.
00:23:27Le reste, je n'en ai rien à foutre.
00:23:29Et qu'est-ce que vous souhaitez pour la génération ?
00:23:31Elle va en chier.
00:23:33Je suis dédosée, je suis grossière, mais je pense que ça va être terrible.
00:23:36Du coup, les gens m'ont dit que les jeunes ne font plus rien.
00:23:39Mais ça, c'est faux.
00:23:40C'est faux.
00:23:41Pour ma part, ils font des TikTok.
00:23:43Ils font des TikTok, mais ils ne font pas tous des TikTok.
00:23:45Il y en a qui font notre indélande.
00:23:47C'est vrai.
00:23:47J'ai bon espoir.
00:23:48Ils ne mettent plus le feu à leur porte de leur lycée.
00:23:51J'ai toujours été en colère.
00:23:53Il y a des chiffres qui sont rassurants pour ces élections.
00:23:57Pour les jeunes, du coup, elle aussi est en colère.
00:24:02Je ne suis pas démonstratif.
00:24:05Je ne suis plus démonstratif qu'elle, mais je pense que c'est génétique.
00:24:07Je sais que la colère est génétique.
00:24:10J'avais un grand-père qui était très en colère.
00:24:13Un militant communiste.
00:24:14Je pense que ça vient de leur...
00:24:17Je suis très fière d'être sa petite fille.
00:24:20Est-ce que vous êtes heureuse ?
00:24:22Oui.
00:24:23Oui.
00:24:25Et en même temps, insatisfaite.
00:24:30Mais oui, je suis dans la gratitude de ce que j'ai, du milieu dans lequel je vis et de
00:24:35la chance que j'ai de faire le métier que je fais parce que je l'aime.
00:24:39Et que je suis en contact avec des êtres humains tous les jours et que j'ai l'impression de
00:24:41servir un minimum à quelque chose, même si c'est imparfait.
00:24:47Mais que je vis dans un pays en paix et que je suis une femme dans une société où je
00:24:52suis libre et ce n'est pas le cas partout.
00:25:24C'est important d'être.
00:25:24C'est important d'être au soleil, au bord de la mer, avoir une vie plus saine.
00:25:28Je n'en sais rien.
00:25:29Respecter davantage mon monde, le rythme de mon corps.
00:25:34Et qu'est-ce qui vous en empêche ?
00:25:40Mon incapacité à concrétiser des rêves, de ne pas savoir dans quelle direction aller, peut-être un manque de confiance
00:25:49en moi qui me sabote un peu le truc.
00:25:54Il y a plusieurs facteurs.
00:25:58Des peurs, certainement.
00:26:02Quoi d'autre, je ne sais pas.
00:26:03Il n'y a pas grand-chose qui m'en empêche, en fait, parce que je suis assez libre, en
00:26:06fait.
00:26:06Mais je suis toujours là, quand même.
00:26:11Et c'est Emmanuel Macron qui est réélu président de la dette.
00:26:15Quand tu as la merde jusqu'au cours, il ne faut surtout pas baisser la dette.
00:26:18C'est exactement ça.
00:26:19Il faut toujours lever la tête, il faut toujours être dans l'espérance, croire et espérer que les choses iront
00:26:26mieux.
00:26:27Parce que si on se met à être trop pessimiste...
00:26:30Moi, j'ai très peu d'espoir.
00:26:31Je pense que je fais partie de ces pessimistes-là.
00:26:33Pas qu'ils pensent qu'il n'y a plus rien à faire et qu'il faut tout abandonner.
00:26:38Je pense qu'il y a encore des choses à faire.
00:26:40Mais c'est vrai que quand on voit nos dirigeants actuels, surtout dans les pays les plus puissants,
00:26:47en fait, par moi, je me dis que tout est foutu.
00:26:53Clairement, je me dis que pour moi, ça ira le temps que je vive.
00:26:58Je vais faire ma vie et puis ça ira.
00:27:01Mais pour les générations sûres, moi, j'ai des Neuvenias, j'en ai sept.
00:27:07Et je m'inquiète aussi pour eux.
00:27:09J'ai du mal à comprendre quelqu'un qui, par exemple, est totalement indifférent par rapport à tout ce qui
00:27:13se passe en Ukraine.
00:27:14C'est pas juste en Ukraine, il y a le Sahel, il y a partout un peu dans le monde.
00:27:18La situation, par exemple, de certains étudiants qu'on a ici en France.
00:27:22Quelqu'un qui restait chez soi et qui dirait...
00:27:25Ça ne le toucherait pas parce que c'est pas dans ce monde, parce que c'est des sujets que
00:27:29j'ai vraiment du mal.
00:27:33On ne vit pas tout seul et on vit avec les autres.
00:27:36On a besoin des autres.
00:27:37Quand on va au travail, c'est qu'il y a des autres qui travaillent pour nous ou avec nous,
00:27:40qui sont dans des situations totalement différentes.
00:27:42Donc on ne peut pas dire que leur situation ne touche pas parce que ça ne touche pas.
00:27:49Ça nous touche forcément parce qu'on a interagi avec eux.
00:28:33C'est parti.
00:29:32C'est parti.
00:30:16Je pense qu'il n'a jamais été brillant, mon regard vers l'avenir.
00:30:20Quand tu es en manif et qu'il y a des gens qui chantent l'international, c'est absolument magnifique.
00:30:24Et en même temps, tu te dis, cette chanson, quand elle a été écrite, les gens, ils y croyaient.
00:30:28Il y avait cette idée que c'était possible que le combat politique, notamment, pouvait permettre ça.
00:30:33Et maintenant, en tout cas, moi, je n'ai plus du tout cette impression-là, je n'ai pas l
00:30:37'impression que s'unir politiquement pour faire changer les choses, ça va améliorer sur le long terme ou qu'il
00:30:43est possible qu'on arrive à une situation d'équité ou des choses comme ça.
00:30:45Parce que, en fait, les choses ont été tentées et on est dans des cercles de régression.
00:30:54Ça ne donne pas l'impression qu'on peut, de manière pérenne, accéder à un meilleur équilibre.
00:31:01Et que, globalement, on est en crise depuis les années au moins 90, qu'on exécute toujours qu'il va
00:31:07falloir se serrer plus la ceinture, qu'il va falloir faire des efforts, qu'il faut toujours faire des choix
00:31:11qui ne sont pas forcément ceux de nos envies, mais ceux du rationnel.
00:31:15Là-dessus, ça évoque une crise climatique qui dit que, globalement, l'endroit même dans lequel on vit est fortement
00:31:19menacé, qu'on va transformer ça en espèce de désert aride, à faire pallir Lucifer, quoi.
00:31:24Et du coup, ça ne donne pas... Je me demande comment on grandit les gens qui pouvaient se tourner en
00:31:31espérant quelque chose de mieux du futur.
00:31:34Et je pense que c'est ça qui manque, il manque un côté enchanté, même en politique, quoi.
00:31:39Je ne sais pas, on manque de bienveillance, globalement.
00:31:41Les gens ont très peur. Ils me demandent de bienveillance les uns envers les autres.
00:31:47Je pense que ça passe nécessairement par une plus grande sobriété, après...
00:31:51Et toi, tu as peur ?
00:31:55Ben, oui.
00:31:58Tu as peur de quoi ?
00:32:04Ben, j'ai peur de l'avenir.
00:32:08J'ai peur que ça ne soit jamais aussi bien qu'on le souhaite.
00:32:33Comment vous voyez l'avenir ?
00:32:36Mal.
00:32:38Pourquoi mal ?
00:32:39Plutôt contente avec l'avenir.
00:32:42On n'a pas la même impression.
00:32:44Je sais pas, il y a plein de découvertes.
00:32:45On a envie de faire plein de trucs, on va avoir du temps.
00:32:47Après, quand nos études sont finies, on aura plus de temps libre.
00:32:51On peut travailler, gagner des sous.
00:32:53On peut faire plus de choses.
00:32:56Ouais, dans ce sens-là, ouais.
00:32:57Je suis contente, hein ?
00:32:57Ouais, bah...
00:32:58Dans ce sens-là, ouais.
00:32:59Mais c'est plus environnementalement parlant, je ne le vois pas super bien.
00:33:09Ça ne va pas gâcher ton quotidien, du coup ?
00:33:11Ça peut, non ?
00:33:12Ça peut.
00:33:14Ça peut.
00:33:15Si on me dit que je dois être enfermé parce que je ne peux plus respirer l'air dehors,
00:33:20ou que tu as...
00:33:21Moi, je suis collapsologue.
00:33:25Quand on pense au futur, on pense aussi à enfants, travail, responsabilités.
00:33:31Et c'est des choses qui sont pile l'inverse de la liberté, au final, d'avoir toutes ces responsabilités.
00:33:38Et donc, peut-être que là, on essaye de fuir un peu la société et toutes les responsabilités pour se
00:33:43sentir bien.
00:33:44Est-ce que vous êtes heureux de l'école ?
00:33:46Qu'est-ce que ça veut dire, en vrai, être heureux ?
00:33:49Je ne sais pas, c'est à vous de me dire.
00:33:51Je ne sais pas non plus.
00:33:52Je pense que le bonheur et être heureux, c'est des courts instants.
00:33:57C'est des petits moments et tout, mais la recherche de...
00:34:01C'est par un état général.
00:34:03J'ai été heureux, ça peut-être.
00:34:05C'est ça.
00:34:06Je pense que c'est un peu à l'heure de vouloir chercher le bonheur, l'idéal.
00:34:15Non, il faut juste composer avec les choses qui se passent et essayer de provoquer aussi.
00:34:23Justement, ces petits moments de bonheur qu'on a envie de vivre.
00:34:27Il ne faut pas vouloir que ce soit constant, sinon ça n'existe pas.
00:34:31Et on fait en sorte de provoquer des moments où là, on va être heureux ce week-end.
00:34:36Là, on est en préparation du déjeuner.
00:34:43Alors, vous vivez à Paris?
00:34:44Oui.
00:34:46Je vis à Paris.
00:34:49C'est là, parc Montserré.
00:34:51Je vis là, parc Montserré.
00:34:53Dans le parc Montserré?
00:34:54C'est là, parc Montserré.
00:34:54D'accord.
00:34:56Et tout ça, dans le parc?
00:34:57Voilà, quelque part.
00:34:58Je dors ici, je fais mes trucs ici.
00:35:01Je n'ai pas de domicile.
00:35:04Est-ce que vous pouvez nous raconter une de vos journées?
00:35:08Qu'est-ce que vous faites de vos journées?
00:35:11Quand je me réveille le matin, j'essaie de boire un café, faire du jogging et poser une plante de
00:35:21l'air.
00:35:21Toujours dans le parc Montserré?
00:35:23Oui, toujours dans le parc Montserré.
00:35:37Je connaissais beaucoup de militaires français.
00:35:39Ce sont eux qui ont installé la légende à ma tête.
00:35:42Tu es bien costaud, la légende s'est bien faite pour toi.
00:35:45Je me suis dit pourquoi pas.
00:35:47Je n'ai pas de métier et la légende est là pour...
00:35:51Je n'ai pas de grandes études non plus.
00:35:52Donc c'est la légende, c'est juste pour se présenter avec ton passeport.
00:35:55Si tu as la chance d'être au Tunis, tu peux faire une carrière.
00:35:58Et c'était devenu un rêve.
00:36:01Voilà, je suis venu en France et je me suis engagé, ça ne s'est pas passé comme j'ai
00:36:04voulu.
00:36:05Et je ne peux pas retourner chez moi comme ça.
00:36:09J'attends.
00:36:13Qu'est-ce que c'est le bonheur pour toi?
00:36:16Pour moi, le bonheur, c'est d'être tranquille.
00:36:21C'est d'être bien et d'être tranquille.
00:36:26Avoir une bonne santé, être tranquille en fait, être vraiment cool dans sa vie.
00:36:30Tu te réveilles le matin, tu vas au travail.
00:36:32Tu reviens, tu t'occupes de ta famille, ta femme, tes enfants.
00:36:36Pour moi, il n'y a pas mieux que ça en ce moment.
00:36:41Donc la famille, c'est important.
00:36:43Très, oui.
00:36:45C'est du sens du tout.
00:36:48Je pense que c'est ce qui se construit et que si on apprend, parce que ça s'éduque, l
00:36:53'amour, l'amour entre frères et sœurs, ça s'éduque.
00:36:56Et si on a ça, je pense qu'on apprend à aimer le monde aussi.
00:37:00C'est intéressant, vous dites que l'amour s'apprend.
00:37:02Oui, ça s'éduque, bien sûr.
00:37:04On apprend aux frères et sœurs à s'aimer.
00:37:07Il y a quelque chose qui est inné, mais je pense qu'il y a un apprentissage.
00:37:11Ça s'apprend.
00:37:13Et alors pourquoi on apprend l'amour ?
00:37:16Pour rendre plus fort ?
00:37:18Oui, pour se protéger, déjà.
00:37:21Se protéger de qui ? De quoi ?
00:37:23Toujours pareil, des méchants.
00:37:26Parce qu'il y en a.
00:37:27Parce que la vie est dure.
00:37:28Et puis parce que c'est bon de s'aimer aussi.
00:38:08On fait un film pour comprendre un peu comment les gens vivent aujourd'hui.
00:38:11Vous vivez comment ?
00:38:13Mal.
00:38:14Qu'est-ce que c'est bon ?
00:38:15C'est-à-dire trop cher.
00:38:16Aujourd'hui, c'est trop cher.
00:38:18Qu'est-ce qui est trop cher ? Le loyer ?
00:38:20Il y a le loyer, le marché, le commerce, l'électricité, les transports.
00:38:28Si on a des enfants quand ils vont à l'école pour les centres de loisirs, c'est cher.
00:38:32Mais qu'est-ce qu'il y a encore qui est cher ?
00:38:33Surtout la banque quand on fait des retraits.
00:38:36Quand vous n'avez pas votre carte tout bancaire, on vous demande 5 euros.
00:38:40Ce n'est pas normal.
00:38:41Ce n'est pas normal.
00:38:42Moi, je viens au marché parce que je connais quelqu'un.
00:38:44Parce que je prends toujours des éponges parce que j'en ai besoin.
00:38:47Des éponges ?
00:38:48Des éponges pour faire...
00:38:50Aujourd'hui, c'est cher parce qu'au mois de juin, les tarifs vont remonter.
00:38:56Et moi, quand vous voulez une thomasse, c'est déjà 80 centimes et que vous n'avez rien dans votre
00:39:06caddie.
00:39:07Alors moi, qu'est-ce que je dis ? Qu'on baisse un peu.
00:39:10Parce que...
00:39:12Comment je vais dire ?
00:39:13On dit que ça n'a pas monté.
00:39:14Mais les tarifs, ils ont monté bien avant le mois de juin.
00:39:18Le salaire, il ne monte pas.
00:39:19Mais tout monte.
00:39:20Pourquoi le salaire, il ne monte pas ?
00:39:21Pourquoi toujours 2% ?
00:39:22Ça ne suffit pas de plus de 2%.
00:39:24On devrait monter pour maximum de 10%.
00:39:27La recherche du bonheur, ce serait une recherche de confort aussi.
00:39:30Ah oui.
00:39:31Oui, quand même.
00:39:32Oui, oui.
00:39:33Ce n'est pas que vivre d'amour et d'eau fraîche et au milieu de la nature et dire
00:39:37moi je travaille, je ne fais que ce que j'aime.
00:39:40Non, non.
00:39:40Au bout d'un moment, le quotidien nous rattrape.
00:39:43Il y a des frais, il y a des charges.
00:39:46On ne peut pas vivre indépendamment d'un minimum de confort.
00:39:50Après, ça dépend comment on se situe, à quel niveau on situe le confort.
00:39:54Il y en a qui vont se dire avec 1500 euros, j'ai mis bien.
00:39:57D'autres qui vont se dire non, non, moi j'ai besoin de plus.
00:40:00Chacun met le curseur là.
00:40:02Alors s'il veut travailler, s'il y a des frais, est-ce qu'on est libre ?
00:40:05Ah non, on n'est pas libre.
00:40:06Ah non.
00:40:07Ah non.
00:40:10Ah non, on n'est pas libre.
00:40:12On n'est pas libre.
00:40:13On n'a que des contraintes aujourd'hui.
00:40:17Même si on veut s'en détacher, se libérer, c'est impossible.
00:40:21Je pense qu'on n'est pas libre.
00:40:22On n'est pas libre.
00:40:23On est dans un pays comme la France.
00:40:25Ah oui.
00:40:28La liberté, la vie, c'est personnel.
00:40:31Moi, je ne me sens pas libre.
00:40:33Qu'est-ce qu'on fait, on reprend la vie ?
00:40:36Oui.
00:40:36On les fait prendre la main ?
00:40:56C'est la question piège un peu.
00:40:59Pourquoi la question piège ?
00:41:00Parce qu'on ne peut pas trop pousser les murs.
00:41:02Parce qu'on en parle un peu tous les jours de cette histoire.
00:41:05Et donc, en fait, tu vois, la question, c'est soit pour rester à Paris, trouver un truc, quelque chose
00:41:12pour pousser un peu les murs.
00:41:14Soit on n'aura pas trop le choix.
00:41:15On va devoir aller quitter la région parisienne.
00:41:19Parce qu'en plus, nous qui sommes provinciaux, c'est Paris qui nous attire.
00:41:28Ce n'est pas la banlieue.
00:41:28Enfin, on voit, on a des potes qui sont banlieusards.
00:41:32C'est leur vie, c'est une vie, en fait, la banlieue parisienne, en soi.
00:41:37Renzo, parfois, ça le met un peu en transe.
00:41:40C'est-à-dire en transe ?
00:41:42Bah, tu as des idées, Renzo, sur l'immobilier, en rapport avec...
00:41:48C'est quelque chose qui ne crispe à fond, l'immobilier.
00:41:53Les gens ne sont pas libres de s'installer où ils veulent à cause de ça.
00:41:56Il y a une grande injustice.
00:41:58En fait, des gens qui se retrouvent relégués aux confins d'une ville loin de là où ils travaillent.
00:42:03Il n'y a pas la liberté d'installation en France.
00:42:06Les gens ne peuvent pas habiter près de là où ils bossent.
00:42:08Parce que le marché immobilier est complètement délirant.
00:42:12Et ça amène plein de problèmes.
00:42:14Plus large, quoi.
00:42:15C'est ce point de crispation fait que...
00:42:21Ouais, je pense que c'est le problème.
00:42:23Les gens ne se logent pas bien.
00:42:24Les gens perdent leur vie dans des transports en commun.
00:42:27Ou pire, dans des bagnoles.
00:42:29C'est...
00:42:31Chacun achète au détriment de celui à qui il va revendre.
00:42:34Jusqu'au point où...
00:42:36On ne peut pas acheter, quoi.
00:42:37On ne peut pas se loger.
00:42:39Et c'est pareil pour les loyers.
00:42:42Là, on paye un loyer, c'est indécent, c'est une rente, quoi.
00:42:48C'est pas normal.
00:42:49Et dans ce temps-là, l'été passe et arrive l'automne.
00:42:56Alors, elle se construit un cocon.
00:43:05C'est parti.
00:43:08C'est parti.
00:43:13C'est parti.
00:43:18C'est parti.
00:43:18De deux ans, il n'y a pas été arrêté.
00:43:32Saabou, Robert.
00:43:33On est tranquilles quand même.
00:43:34T'es chez toi.
00:43:36A Paris, si je vais, c'est que pour aller au resto.
00:43:39Il y a des bons restos.
00:43:41Est faire un tour sur les Champs-Elysees.
00:43:43quand je vais c'est je vais à pierre armée je vais récupérer des macarons je ramène à ma mère
00:43:49c'est trop bon les macarons même la vie elle n'est pas faite pareil sur Paris manche souvent sur
00:43:59les
00:43:59trottoirs moi à chaque fois je vois c'est étonnant pour moi personne ne mange sur le trottoir à
00:44:03aubervilliers à Paris tu prends deux trois ruelles tu vas tomber sur un survoi là des tables des
00:44:09bières des y'a pas ça ici et même la façon de s'habiller de parler on n'a pas
00:44:18le même
00:44:21dialecte sur Paris c'est plus individualiste qu'ici sans mentir comment veut l'expliquer ça par exemple
00:44:30c'est tout bête mais sur Paris tu vas demander le chemin à quelqu'un moi personnellement je sais
00:44:36même pas si la personne va me répondre alors que sur auberv je sais que je demande à n'importe
00:44:39qui
00:44:40je sais que j'aurais au moins 50% d'avoir une réponse mais sur Paris je suis pas sûr
00:44:43qu'on me réponde
00:44:43carrément non c'est pourquoi on vous répond pas pas pourquoi les gens répondent moins à Paris
00:44:51non ils sont ils sont comme vous avez dit des préjugés ils sont dans leur monde moi je suis pas
00:44:59de leur
00:44:59monde comme eux ils sont pas du mien s'ils viennent ici et être brusqués c'est pareil pour moi
00:45:05si je vais
00:45:06sur Paris je demande le chemin à quelqu'un et que je parle pas comme eux ou je me scribe
00:45:09pas comme
00:45:10eux ou j'ai pas leur mimique quelqu'un peut me répondre tout simplement Paris c'est un monde à
00:45:15part
00:45:15ça c'est clair ça c'est clair c'est clair tout le monde sait Paris c'est pas Paris
00:45:23ça vende à part
00:45:24ouais je suis d'accord ouais ils sont non les Paraisons sont dans un délire
00:45:28c'est non qu'est ce que c'est que le bonheur pour vous
00:45:35le bonheur c'est large le bonheur c'est tout ce que c'est ce qu'on a tout ce
00:45:39que tu as voulu
00:45:40et même quand t'as ratou tu vas gérer après
00:45:46tu peux pas te contenter de ce que tu as tu sais on est des êtres humains tu peux pas
00:45:51c'est en nous
00:45:52enfin moi c'est en moi personnellement je sais pas pour vous mais moi je sais que je voudrais toujours
00:45:58plus je suis sûr et le bonheur c'est quoi alors pour toi le bonheur c'est le paradis on
00:46:11n'est que de
00:46:11passage ici le bonheur c'est après c'est pour après on peut profiter maintenant et après aussi moi j
00:46:22'ai
00:46:22pas dit qu'on pouvait pas ouais ça existe partout le bonheur il faut pas vraiment limiter le bonheur
00:46:30pour après la mort on sait rien après la mort c'est ça toi qu'est ce qui te fait
00:46:38peur alors
00:46:43non je suis pas de crainte je suis pas forcément de grandes craintes mais j'en ai plusieurs mais c
00:46:53'est des petites craintes quoi j'aimerais bien
00:46:57j'ai la crainte de pas de peut-être pas réussir déjà accomplir ma vie de femme religieusement j'ai
00:47:10peut-être la crainte je
00:47:11sais pas en tant que femme que ma mère elle voit peut-être ses petits enfants moi j'ai peur
00:47:21de finir pauvre
00:47:23j'ai tout le temps
00:47:32Merci.
01:07:00ont été exprimés à travers la voix de ceux qui ont témoigné dans ce film.
01:07:06Cette distinction entre peur individuelle et peur collective, on peut rapidement la faire ?
01:07:11Oui, alors ce qui est intéressant, c'est que les peurs individuelles et les peurs collectives,
01:07:16aujourd'hui, se mêlent dans une anxiété qui a gagné, en fait.
01:07:23Auparavant, dans les époques antérieures, on va dire, les peurs étaient encadrées par des grandes institutions,
01:07:29par la religion, y compris aussi par la politique.
01:07:32Il y avait des grandes institutions qui cadraient ces peurs et qui fournissaient, finalement, des repères,
01:07:38voire des perspectives d'avenir.
01:07:40Aujourd'hui, dans une société qui s'est profondément individualisée,
01:07:44où il y a moins, effectivement, de dépendance à des grands récits, à des grandes narrations
01:07:54qui mettent en scène non seulement le présent, mais aussi le futur de la société,
01:07:58c'est vrai que les individus se retrouvent face à toutes sortes de peurs qui débordent,
01:08:04toutes sortes de craintes qui ne sont plus encadrées.
01:08:07Et c'est vrai que les menaces sont très diffuses et, en même temps, très variées.
01:08:14On a peur, à la fois pour sa vie, pour sa vie professionnelle, pour sa vie sociale.
01:08:19On a peur que ses enfants réussissent moins bien que soi.
01:08:23On a peur de perdre son travail, on a peur de ne pas y arriver.
01:08:27La peur du déclassement, on l'entend très bien dans le film.
01:08:30Mais aussi, on a peur des guerres.
01:08:32On voit aussi ce qui se passe aux confins de nos territoires, aux confins de l'Europe, dans le monde.
01:08:39On a peur du réchauffement climatique, des conséquences de la pollution,
01:08:46de la perte d'équilibre des écosystèmes.
01:08:49Bref, il y a toutes sortes de peurs qui assaillent les individus.
01:08:54Le Covid, on le voit encore dans le film, toutes ces personnes qui portent un masque
01:08:57a aussi sa part dans toutes ces peurs.
01:09:00– Autant plus que ce film a été tourné en 2023.
01:09:02On sortait à peine de cette crise de la Covid.
01:09:05– Oui, mais il y a des traces, par exemple, on sait aujourd'hui,
01:09:07dans la santé mentale des jeunes, c'est bien repéré,
01:09:10la santé mentale des jeunes est très problématique aujourd'hui
01:09:13et c'est en partie dû à cette expérience de la crise sanitaire et du Covid.
01:09:18Donc on voit bien que les peurs débordent de leur lit naturel,
01:09:22puisque les hommes ont, encore une fois, la condition humaine,
01:09:25les hommes et les femmes ont toujours été confrontés à des peurs ancestrales.
01:09:28Mais aujourd'hui, ces peurs débordent et les individus ont de moins en moins
01:09:33de possibilités de les réguler.
01:09:36– Au chapitre des peurs collectives, c'est comme ça que vous les avez intitulées,
01:09:41vous notez le sentiment d'insécurité collective, la pédophilie,
01:09:45la prise en charge des personnes âgées, les violences conjugales et les addictions.
01:09:50– Oui, alors ce sont là, on est vraiment dans des peurs vraiment individuelles
01:09:54auxquelles je rajouterais les peurs de l'agression.
01:09:58De l'agression, de la violence, de la violence à laquelle on peut être confronté
01:10:02dans l'altérité, dans le rapport à l'autre.
01:10:04Ça c'est vrai que c'est quelque chose qui habite beaucoup les Français,
01:10:08en tout cas tel que ça apparaît dans cette enquête.
01:10:11Et évidemment qu'un certain nombre aussi d'affaires liées à la pédophilie,
01:10:17aux violences sexuelles, à la question des femmes, et tout,
01:10:21évidemment on les trouve.
01:10:23Et les addictions, la question de la drogue,
01:10:24dont on sait que dans notre pays…
01:10:26– Le narcotrafic, par exemple, c'est quelque chose dont on perçoit
01:10:29dans votre enquête que c'est quelque chose qui s'installe aussi, ce genre de choses.
01:10:33– Oui, voilà, donc il y a en fait, ces peurs, elles se démultiplient en fait.
01:10:40Et on peut parler de…
01:10:41Elles viennent s'articuler aussi à sentiments de ces,
01:10:44selon le mot d'Edgar Morin, de ces polycrises qui nous assaillent.
01:10:49Et donc on dirait qu'il y a des peurs aussi qui résonnent avec toutes ces crises.
01:10:54Et c'est presque un paradoxe de voir que dans nos sociétés,
01:11:00où malgré tout on a pu croire au progrès,
01:11:03on a pu croire au progrès scientifique,
01:11:05à la possibilité de maîtriser par la technologie, par la science,
01:11:09beaucoup plus de périls auxquels les sociétés avant étaient confrontées,
01:11:13et bien là on voit aussi que ce progrès, cette idée de progrès,
01:11:19cette idée de maîtrise scientifique ne tient plus non plus la route
01:11:22puisque la science fait aussi peur.
01:11:25Il y a par exemple, il y a fait peur.
01:11:27– Oui, oui, oui, délégitimation, pardon, de la science,
01:11:31ça vous l'avez noté, c'est juste pour vous comprendre ça.
01:11:33– On a vu aussi ces discussions autour des vaccins,
01:11:36le refus effectivement, la peur des vaccins,
01:11:38la peur de certains médicaments, voilà.
01:11:41Donc même l'IA qui évidemment aujourd'hui interroge beaucoup de gens,
01:11:46qui malgré tout, dont l'usage se répand,
01:11:48mais qui interroge quant aux conséquences.
01:11:50– Bien sûr, sur l'emploi notamment.
01:11:52– Sur l'emploi, donc.
01:11:53Il y a beaucoup de zones, je dirais, qui sont concernées par ces peurs.
01:12:00– Est-ce que ça se traduit, ces peurs,
01:12:03se traduisent par une défiance vis-à-vis aujourd'hui
01:12:06de notre État régalien, de notre État providence français ?
01:12:11– Oui, bien sûr, alors il y a une défiance envers les institutions,
01:12:15envers les responsables politiques,
01:12:19oui, une crise de confiance qui est bien mesurée dans nos travaux,
01:12:23par exemple, que nous faisons au Cevipof,
01:12:25et que l'on retrouve bien dans cette enquête,
01:12:28c'est-à-dire que les organisations, on va dire,
01:12:33les institutions qui, dans le passé,
01:12:35pouvaient être en charge, encore une fois,
01:12:37de réguler ces peurs, et bien suscitent aujourd'hui de la méfiance,
01:12:43suscitent le sentiment qu'elles sont impuissantes
01:12:47à justement répondre aux préoccupations des gens
01:12:51dans leur vie ordinaire,
01:12:53mais aussi dans ce que peut être le vivre ensemble dans une société,
01:12:57dans la possibilité de se projeter dans un avenir.
01:13:00Par exemple, l'inquiétude des jeunes face à l'avenir
01:13:02est absolument considérable, il y a une incertitude.
01:13:06Dans l'enquête, il y a un chiffre très fort
01:13:08qui nous a beaucoup frappés,
01:13:104 Français sur 10, 39% donc,
01:13:12pensent que la fin du monde va intervenir
01:13:15à l'échéance de quelques dizaines d'années.
01:13:18C'est absolument considérable.
01:13:20Donc on retrouve des peurs,
01:13:22une peur millénariste, en fait,
01:13:25alors même que l'on est dans un temps
01:13:29où, normalement, il y a une maîtrise.
01:13:31– Expliquez en deux mots ce que c'est.
01:13:32– Peur millénariste du Moyen-Âge,
01:13:34le passage à l'an 1000,
01:13:35où on pensait que ça allait être la fin du monde.
01:13:37Donc ça a été, voilà, à l'époque,
01:13:39mais à l'époque, on n'avait pas, effectivement,
01:13:41tous ces instruments et toute cette maîtrise
01:13:45induite par la science
01:13:46ou aussi par les nouvelles technologies
01:13:50pour avoir le sentiment
01:13:52que les hommes avaient une prise
01:13:54sur leur destin, leur destinée.
01:13:57Mais aujourd'hui, ces instruments sont là,
01:14:00mais en fait, on n'y croit plus.
01:14:02Et on pense que, voilà,
01:14:05cette fin du monde peut advenir.
01:14:06Alors par les guerres,
01:14:07par un virus ravageur,
01:14:09par le réchauffement climatique
01:14:11et donc, voilà, un chaos
01:14:14qui va condamner les conditions
01:14:17de survie sur la planète.
01:14:19Mais c'est beaucoup, 4 sur 10.
01:14:20– Il y a des conséquences politiques,
01:14:22on va peut-être voir d'ailleurs
01:14:23à travers les bulletins de vote
01:14:24qui vont être versés
01:14:26à l'occasion de la prochaine présidentielle,
01:14:28ce sera le rendez-vous
01:14:30de la politique française.
01:14:31C'est là qu'en général,
01:14:33les Français participent le plus.
01:14:35Même s'ils participent de moins en moins
01:14:36au scrutin, on a encore pu le vérifier
01:14:38à l'occasion des dernières municipales.
01:14:41Les politiques,
01:14:42est-ce qu'ils portent ces colères ?
01:14:43– Il est clair qu'en tout cas,
01:14:45certaines forces politiques
01:14:47alimentent ces peurs,
01:14:48se nourrissent de ces peurs.
01:14:49On peut dire que c'est un ressort
01:14:51des forces populistes, notamment,
01:14:53que de surfer, en fait,
01:14:55sur les peurs
01:14:57pour désigner des boucs émissaires,
01:15:00pour se présenter
01:15:00comme des solutions providentielles,
01:15:04des recours
01:15:05pour régler les problèmes
01:15:07de tout le monde.
01:15:08– Le populisme fait son nid
01:15:10à travers ces peurs.
01:15:11– Tout à fait, tout à fait.
01:15:12Le populisme fait son nid
01:15:14à travers ces peurs
01:15:14parce que ces peurs,
01:15:15elles alimentent aussi
01:15:17de la colère,
01:15:18de la frustration,
01:15:20du ressentiment,
01:15:21autant d'affects négatifs
01:15:23qui viennent nourrir
01:15:25de la protestation
01:15:26et laquelle protestation
01:15:28aussi se nourrit
01:15:29de la défiance
01:15:29à l'égard des institutions.
01:15:31– Et les Français
01:15:31peuvent-ils encore croire
01:15:32à des alternatives
01:15:33à travers les propositions
01:15:35qu'on va leur faire,
01:15:35notamment à l'occasion
01:15:36des prochaines échéances électorales
01:15:38qui sont assez majeures
01:15:39pour notre pays ?
01:15:39– Oui, ben là,
01:15:40il y a vraiment,
01:15:41en tout cas,
01:15:42une, comment dire,
01:15:44pour les responsables politiques,
01:15:45pour les forces politiques,
01:15:47on va dire, démocratiques,
01:15:48il y a tout à fait
01:15:50nécessité de répondre
01:15:54à la...
01:15:55de répondre aux préoccupations
01:15:57des Français
01:15:57qui sont encore une fois
01:15:58un peu,
01:15:59qui se portent sur un registre
01:16:01de plus en plus important,
01:16:04de répondre
01:16:05à ces préoccupations
01:16:07mais surtout
01:16:08de leur permettre
01:16:08d'envisager
01:16:09un avenir possible.
01:16:10Je crois que,
01:16:11là, on l'entend,
01:16:12à un moment dans le film,
01:16:14on voit des jeunes
01:16:15dans un parc
01:16:16qui ont du mal
01:16:17à se projeter
01:16:19dans le futur.
01:16:20Ils n'arrivent même pas
01:16:21à l'envisager
01:16:22ce futur.
01:16:22Ils sont dans
01:16:24ce temps
01:16:26présentiste
01:16:28qui est bien repéré
01:16:29par certains historiens,
01:16:30notamment François Arthog.
01:16:32Ils sont dans le présent.
01:16:33On n'arrive plus
01:16:33à se projeter
01:16:34dans l'avenir.
01:16:35Et dans le présent,
01:16:36on est assailli
01:16:37par tous ces affects négatifs,
01:16:39ces peurs,
01:16:40ce ressentiment,
01:16:41cette colère
01:16:41et c'est de plus en plus
01:16:43difficile
01:16:44de trouver
01:16:45un débouché politique.
01:16:46Vous dites que la réponse
01:16:48électorale
01:16:48des abstentionnistes
01:16:49de 2026,
01:16:50vous faites donc référence
01:16:51aux dernières municipales,
01:16:53sera politique
01:16:54et aura toute sa place
01:16:55dans l'élection présidentielle
01:16:57à venir.
01:16:58Oui, effectivement,
01:16:59m'intéressant
01:16:59à l'abstention,
01:17:01c'est ce que j'avais pu dire,
01:17:02parce qu'un des phénomènes
01:17:05les plus significatifs
01:17:06de ces élections municipales,
01:17:08alors même que
01:17:09c'est l'échelon politique
01:17:10qui suscite
01:17:11le plus de confiance,
01:17:13le plus de confiance
01:17:14où la figure du maire
01:17:16est en proximité
01:17:17avec les préoccupations
01:17:19quotidiennes,
01:17:20on l'a vu
01:17:20pour ces parisiens,
01:17:23eh bien,
01:17:24cette fois-ci,
01:17:25il y a eu
01:17:25un retrait
01:17:27des urnes
01:17:28très significatif,
01:17:29on ne l'a jamais
01:17:30vu à un tel niveau
01:17:31sous la Ve République,
01:17:33donc je crois
01:17:33qu'il faut effectivement
01:17:35entendre cela,
01:17:36c'est à la fois
01:17:38du mécontentement,
01:17:39de la protestation,
01:17:40c'est-à-dire
01:17:40c'est l'usage
01:17:41de l'abstention
01:17:42pour envoyer
01:17:42un message politique,
01:17:44mais c'est aussi
01:17:46une peur
01:17:47sans doute
01:17:48sourde
01:17:50que les politiques
01:17:51n'arrivent plus
01:17:52à offrir
01:17:53des réponses
01:17:54satisfaisantes.
01:17:55Merci beaucoup
01:17:55Anne Muxel
01:17:56d'avoir été avec nous
01:17:57à l'occasion
01:17:57de ce débat d'oc
01:17:58après ce film,
01:18:00un jour de mai,
01:18:01qui nous a permis
01:18:02de vivre,
01:18:03de ressentir
01:18:04ce qu'ont pu vivre
01:18:05les Parisiens
01:18:06au quotidien
01:18:08durant le mois de mai
01:18:102023,
01:18:10nous sommes aujourd'hui
01:18:11en mai
01:18:122026,
01:18:13mais je crois
01:18:14que les choses
01:18:14ont assez peu
01:18:15changé
01:18:15dans l'état
01:18:17d'esprit
01:18:17des Français.
01:18:18Trois ans plus
01:18:18tard,
01:18:19la réalisation
01:18:19de ce documentaire,
01:18:20merci encore,
01:18:21merci aussi
01:18:22à Emery Colagné
01:18:23et félicité
01:18:24Gavalda
01:18:24qui m'ont aidé
01:18:25à préparer
01:18:25cette émission,
01:18:26vos réactions
01:18:27ce sera sur
01:18:27hashtag
01:18:28débat d'oc.
01:18:28Anne Muxel
01:18:29pourra répondre
01:18:29d'ailleurs
01:18:30à ce que seront
01:18:31vos réactions
01:18:32après cette émission.
01:18:33Je vous donne
01:18:34tout simplement
01:18:35rendez-vous
01:18:35pour un prochain débat d'oc
01:18:36et ça sera bien sûr
01:18:38avec son documentaire
01:18:39et son débat.
01:18:40A très bientôt.
01:18:41Sous-titrage Société Radio-Canada
01:18:49Sous-titrage Société Radio-Canada
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