- il y a 9 heures
Les députés auditionnent Cécile Duflot, directrice générale d'Oxfam France, Layla Abdelké Yakoub, responsable de plaidoyer "Justice fiscale et inégalités" d'Oxfam France, et Ryad Selmani, chargé de plaidoyer "Justice fiscale" de CCFD-Terre solidaire. Tous trois sont auditionnés par la commission d'enquête relative à l'imposition des plus hauts patrimoines et des revenus les plus élevés et à leur contribution au financement des services publics. Cette commission d'enquête a été créée en février dernier à l'initiative du groupe "LIOT" et a pour rapporteur Charles de Courson (LIOT) et pour président Jean-Paul Mattei (MoDem).
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00:00:07Bonjour à tous et bienvenue dans la séance est ouverte.
00:00:11Dans ce numéro, je vous propose de revenir sur les travaux de la commission d'enquête
00:00:14sur l'imposition des plus hauts patrimoines et des revenus les plus élevés
00:00:18et leur contribution au financement des services publics.
00:00:22Auditionnées deux organisations, CCFD Terre Solidaire et Oxfam France,
00:00:27vous reconnaîtrez notamment Cécile Duflo. Regardez.
00:00:30Comme vous le savez, ces deux associations sont investies dans la lutte contre les inégalités et la pauvreté.
00:00:37Dans ce contexte, vous menez régulièrement des campagnes en faveur d'une plus grande justice fiscale,
00:00:44par exemple en vous impliquant dans les négociations au cours au sein de l'ONU
00:00:50pour lutter contre l'évasion fiscale ou en proposant des réformes fiscales
00:00:54ciblant les acteurs économiques les plus aisés, qu'il s'agisse d'entreprises ou de personnes physiques.
00:01:01Notre commission d'enquête s'intéresse aux contribuables disposant des plus hauts patrimoines
00:01:06et ou des plus hauts revenus et aux mécanismes auxquels, le plus souvent, ils ont tendance à recourir.
00:01:13Ainsi aussi, nous avons souhaité entendre différents acteurs comme des représentants d'entreprises,
00:01:18des think tanks, des économistes ou des juristes pour enrichir nos réflexions
00:01:23sur cette thématique et dégager les pistes d'évolution.
00:01:26Dans ce contexte, il nous a semblé très important de vous entendre également.
00:01:33Je précise à l'attention de mes collègues qui vont arriver quatre thèmes.
00:01:41Les inégalités des revenus de patrimoine, la progressivité du système fiscal,
00:01:47la fiscalité sur la détention et la transmission du patrimoine et l'évasion fiscale.
00:01:53Une fois que le rapporteur aura posé ces questions sur une thématique,
00:01:59on reprendra la parole en fonction de chaque thème
00:02:02et on pourra ainsi établir un dialogue, un échange sur ces différents sujets.
00:02:09Il s'agit d'un sujet très technique
00:02:15et certaines questions ne pourront pas être totalement abordées
00:02:19dans le cadre de notre audition qui est beaucoup trop courte pour aborder tous ces sujets.
00:02:24Donc nous vous demandons, dans la mesure du possible et assez rapidement,
00:02:30de nous répondre par écrit sur certaines des questions
00:02:33puisque vous avez vu que le questionnaire a à la fois des questions plus orales
00:02:36et des questions qui nécessitent un peu plus de réflexion pour les réponses.
00:02:42Nous sommes dans le cadre d'une commission d'enquête
00:02:45et l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958
00:02:49relative au fonctionnement des assemblées parlementaires
00:02:52impose aux personnes intuitionnées, par une commission d'enquête,
00:02:56de prêter serment, de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.
00:03:01Je vais donc vous inviter à lever la main droite et à dire le jure.
00:03:05Je le jure, pardon, je vais y arriver, chacun l'un après l'autre.
00:03:11Je le jure.
00:03:14Je le jure.
00:03:16Je vous remercie. Je donne donc la parole immédiatement à M. le rapporteur
00:03:20qui va commencer. Il y a des propos introductifs peut-être ou pas ?
00:03:24Vous vouliez faire quelques propos introductifs ?
00:03:27Si vous me laissez deux minutes.
00:03:28Oui, bien sûr, bien sûr.
00:03:29D'abord, M. le Président, M. le rapporteur et membres de la commission,
00:03:34je voulais vous remercier d'avoir initié cette commission d'enquête
00:03:38sur un sujet qui nous semble pas du tout technique.
00:03:41Vous avez dit, M. le Président, que c'était un sujet très technique.
00:03:44Et je voudrais simplement, en ouverture de cette audition,
00:03:49et parce qu'effectivement, nous allons rentrer dans le détail
00:03:51de certains sujets techniques, vous dire qu'il nous semble
00:03:54que c'est un sujet éminemment politique,
00:03:56et même un sujet fondamentalement républicain.
00:03:58Ce qui fonde notre République, c'est la nuit du 4 août
00:04:02et l'abolition des privilèges. Et c'est précisément de ce sujet
00:04:05dont il est question, quand on parle des questions
00:04:08qui nous occupent aujourd'hui, de comment être lucide
00:04:12sur le risque de fracturation de notre société et du pacte républicain
00:04:16que serait la réapparition de fait d'une partie de citoyens français
00:04:22qui disposeraient de privilèges et d'une certaine forme d'exemption
00:04:26de la progressivité de la fiscalité.
00:04:29Donc je voulais juste vous remercier de l'existence de cette commission,
00:04:33vous dire que nous sommes très heureux,
00:04:35Oxfam France, de pouvoir y contribuer,
00:04:37que nous serons très heureux de pouvoir vous apporter
00:04:39d'autres éléments par écrit, mais qu'il ne s'agit pour nous
00:04:42pas du tout d'un sujet technique, mais fondamentalement
00:04:44d'un sujet d'égalité républicaine.
00:04:46Déjà, vous remercier aussi pour cette audition,
00:04:50et je pense que c'est une commission qui est extrêmement importante,
00:04:53à un moment où la justice fiscale est quand même une demande centrale
00:04:57de nos concitoyens, et je me joindrai aux propos de Mme Duflo pour dire
00:05:00que c'est un enjeu démocratique majeur.
00:05:03Et pour nous aussi dire que la question ne se pose pas seulement
00:05:07en termes de choix politiques, faut-il ou non davantage taxer les plus riches,
00:05:11mais elle se pose aussi en matière de conditions concrètes
00:05:15qui peuvent rendre cette taxation effective,
00:05:17et notamment dans un contexte où la richesse des plus riches est de plus en plus détenue
00:05:23via des véhicules complexes, dans des structures de détention internationale assez complexes.
00:05:29Et donc peut-être la perspective complémentaire, et je serais ravi aussi de compléter par écrit,
00:05:35qu'on souhaiterait apporter, c'est aussi celle de la coopération internationale
00:05:39et de la transparence fiscale, qui à notre sens sont aussi deux conditions
00:05:43qui sont indispensables pour rendre effective la taxation des plus riches,
00:05:49au-delà de la simple question « faut-il ou non les taxer ? »
00:05:53et pour dire effectivement qu'il y a une lecture à la fois nationale de la question,
00:06:00mais je pense que nos organisations travaillent aussi au niveau international,
00:06:04et pour dire que ça s'inscrit dans une dynamique internationale,
00:06:06et à ce titre-là, je serais ravi de vous donner des éléments sur ce processus à l'ONU,
00:06:11qui à notre sens est un véritable espoir aussi pour se doter d'un cadre de coopération
00:06:16qui permettrait de rendre effective la coopération fiscale internationale
00:06:21et de fait la taxation effective des plus hauts patrimoines,
00:06:26et que voilà, à notre sens, la perspective nationale, les outils nationaux
00:06:30et la coopération internationale sont deux éléments qui sont très complémentaires
00:06:35et dont on a besoin, et deux jambes sur lesquelles il faut marcher pour trouver des solutions.
00:06:40Merci beaucoup. Je vais simplement rappeler à mes collègues
00:06:42que le rapporteur va aborder quatre thèmes.
00:06:47Les inégalités de revenus et de patrimoine,
00:06:50la progressivité du système fiscal,
00:06:52la fiscalité sur la détention et la transmission du patrimoine,
00:06:56et enfin l'évasion fiscale, donc vous pourrez rebondir chaque fois
00:07:00quand on aura fini cette partie.
00:07:03Je donnerai la parole à mes collègues.
00:07:04Voilà, monsieur le rapporteur.
00:07:07Merci, monsieur le président.
00:07:08Alors, ma première question est la suivante.
00:07:11Oxfam France estime que le 1% des personnes les plus riches,
00:07:15en termes de patrimoine,
00:07:17possèdent près de 50% des richesses mondiales,
00:07:20et qu'en 2025, je cite,
00:07:22la richesse des milliardaires a augmenté de 2 500 milliards de dollars
00:07:25en une seule année.
00:07:27Ce constat mondial se transpose-t-il en France dans les mêmes proportions
00:07:31et y a-t-il une spécificité française en la matière ?
00:07:37Alors, monsieur le rapporteur,
00:07:39le chiffre que vous donnez pour le monde
00:07:42a été actualisé récemment dans notre dernier rapport
00:07:45sur les inégalités mondiales,
00:07:46et ce ne sont pas les 1% des personnes les plus riches,
00:07:49mais seulement 12 milliardaires,
00:07:52les 12 milliardaires les plus riches du monde,
00:07:53qui possèdent à eux seuls plus de richesses
00:07:55que la moitié la plus pauvre de l'humanité,
00:07:57soit plus de 4 milliards de personnes.
00:07:59Donc la concentration s'est poursuivie.
00:08:00C'est la 13e année que Oxfam publie un rapport
00:08:03sur les inégalités mondiales,
00:08:04et cette tendance,
00:08:05qui avait été identifiée comme un signal d'alerte,
00:08:08il y a 13 ans,
00:08:10s'est malheureusement matérialisée
00:08:12et concrétisée par cette aggravation
00:08:15de la concentration des richesses.
00:08:16De fait, la situation en France est similaire,
00:08:19puisque les 53 milliardaires français
00:08:22sont désormais plus riches
00:08:23que plus de 32 millions de personnes,
00:08:25soit près de la moitié de la population,
00:08:2747% exactement.
00:08:29Leur fortune a augmenté
00:08:30de près d'un milliard d'euros en moyenne par an.
00:08:33Donc l'équivalent du revenu annuel moyen d'un Français,
00:08:3742 438 euros,
00:08:39est gagné par un milliardaire
00:08:41en 24 minutes en moyenne.
00:08:44Ces éléments chiffrés sont réalisés par Oxfam
00:08:48pour essayer de donner à voir cette réalité,
00:08:52qui est une réalité qui est difficilement perceptible,
00:08:54au-delà de quelques millions en fait,
00:08:56à part les quelques rares personnes,
00:08:57qui sont capables de se rendre compte
00:08:59de cette échelle de valeur.
00:09:00Et ce qui est très important de constater,
00:09:04c'est que cette situation n'était pas une situation
00:09:07qui existe de tout temps en France.
00:09:08C'est une situation récente
00:09:12qui va de pair ces dernières années
00:09:15avec deux phénomènes très inquiétants.
00:09:17Un, l'augmentation de la pauvreté.
00:09:20Nous avons battu des records depuis 30 ans.
00:09:22Et surtout, une aggravation des inégalités.
00:09:24Il y a 10 ans, en 2014,
00:09:26la France avait un niveau d'inégalité inférieur,
00:09:29mesuré par l'indice de Gini,
00:09:30inférieur à la moyenne des inégalités en Europe.
00:09:34En 10 ans, les inégalités en Europe ont baissé,
00:09:37mais les inégalités en France ont progressé
00:09:40et les inégalités françaises sont désormais
00:09:42au-dessus de la moyenne des inégalités en Europe.
00:09:45Donc, la tendance est à l'aggravation
00:09:48à la fois de l'intensification de la pauvreté,
00:09:51de la concentration des ultra-riches
00:09:53et conséquemment de l'aggravation des inégalités.
00:09:56Donc, voilà la spécificité française,
00:09:59celle d'une aggravation rapide de cette situation
00:10:03qui est le résultat de plusieurs facteurs,
00:10:06mais notamment de choix de politique publique,
00:10:08que ce soit des choix fiscaux,
00:10:09tout autant que des choix qui ont été faits
00:10:12pendant la période du Covid,
00:10:13qui ont permis à certains de bénéficier
00:10:16d'une augmentation de leur patrimoine,
00:10:18notamment professionnel.
00:10:20Je me joins à ce constat
00:10:22et peut-être rajouter qu'en France,
00:10:25il y a une spécificité,
00:10:27peut-être celle d'un modèle redistributif
00:10:29qui permet de contenir les inégalités de revenus,
00:10:32certes, mais qu'en face de ça,
00:10:34on constate quand même
00:10:34que les inégalités de patrimoine,
00:10:36elles, explosent
00:10:38et qu'on a ce chiffre,
00:10:39un des 10%,
00:10:40les Français qui détiennent
00:10:41plus de la moitié du patrimoine total
00:10:44et que donc,
00:10:45c'est en matière de concentration du patrimoine
00:10:48et pas seulement en matière
00:10:49de concentration de revenus
00:10:50que cette question se pose
00:10:52et je me joins aux propos qui consistent
00:10:55à dire que ça résulte de choix politiques
00:10:58et notamment d'une concurrence fiscale
00:11:00qui s'est accrue ces dernières décennies
00:11:03et qui a permis d'alléger, en fait,
00:11:05l'imposition sur les bases les plus mobiles,
00:11:07les plus riches, certes,
00:11:09mais aussi les grandes entreprises
00:11:10et que ces deux volets doivent être gardés
00:11:14de manière concomitante aussi
00:11:15pour expliquer l'augmentation
00:11:17des inégalités de patrimoine.
00:11:19Ma deuxième question
00:11:21qui est dans la suite
00:11:22de cette première question
00:11:23est la suivante.
00:11:25Lors de son audition,
00:11:26M. Piketty faisait observer
00:11:27que sur le temps long,
00:11:29c'est-à-dire de 1900 à nos jours,
00:11:32la concentration du patrimoine
00:11:34a tendance à diminuer
00:11:35au sein de la population globale.
00:11:37C'est vrai d'ailleurs
00:11:38dans la plupart des pays,
00:11:40du moins jusqu'à une période
00:11:42qui tourne autour de 1975, 1980.
00:11:47Ça dépend des pays,
00:11:48mais grosso modo,
00:11:51cette période.
00:11:52Il souligne néanmoins
00:11:54dans son ouvrage
00:11:55Une brève histoire de l'égalité
00:11:56qu'au cours du siècle écoulé,
00:11:58le fait le plus frappant
00:11:59est la persistance
00:12:00d'une hyper-concentration
00:12:01de la propriété.
00:12:03Comment expliquez-vous
00:12:04les évolutions
00:12:05de la concentration du patrimoine
00:12:07entre les ménages en France ?
00:12:08Sont-elles le résultat
00:12:09de la rentabilité différenciée
00:12:11des différentes composantes
00:12:12du patrimoine,
00:12:14inégalement réparties
00:12:15entre les ménages ?
00:12:19Alors d'abord,
00:12:20effectivement,
00:12:21je suis évidemment d'accord
00:12:24avec un constat
00:12:25qui est un constat factuel
00:12:26sur le fait
00:12:27qu'il y a eu
00:12:28une inversion de tendance
00:12:29à partir des années
00:12:311975-1980,
00:12:32ce qui est très bien montré
00:12:33d'ailleurs par ce chiffre,
00:12:34qui montre que la part
00:12:36de la fortune héritée
00:12:37dans le patrimoine en France
00:12:38est aujourd'hui
00:12:40de 60% du patrimoine total
00:12:41quand elle était
00:12:42de 35%
00:12:43au début des années 70.
00:12:46Donc on voit bien
00:12:47effectivement
00:12:47qu'il y a cette cassure
00:12:49qui s'explique
00:12:49par beaucoup de phénomènes,
00:12:51mais néanmoins
00:12:51qui est à mettre en regard
00:12:53avec là aussi
00:12:54un élément d'histoire
00:12:55assez intéressant.
00:12:56Je vous renvoie
00:12:56vers un article
00:12:58qui a été publié
00:12:59par Guillaume Manzo
00:13:00dans le dernier numéro
00:13:01de Challenge
00:13:03sur la fortune
00:13:04des 500 plus grosses fortunes françaises.
00:13:08Il a fait un exercice
00:13:10assez intéressant
00:13:11qui consiste à remettre
00:13:13à la valeur d'aujourd'hui
00:13:15l'ensemble des éléments financiers
00:13:18qui figurent
00:13:18dans toute l'œuvre de Balzac.
00:13:20Balzac étant,
00:13:21comme chacun le sait,
00:13:21obsédé par l'argent,
00:13:23il chiffrait l'intégralité
00:13:24des événements
00:13:25qui arrivaient
00:13:25dans la vie de ses personnages,
00:13:27que ce soit leur propriété,
00:13:28le prix des fêtes,
00:13:29leur rémunération.
00:13:31Et ce qui est intéressant
00:13:32de constater,
00:13:33c'est que le plus riche
00:13:34des plus riches
00:13:34des plus riches
00:13:35qui figurent dans Balzac
00:13:37ne rentrerait pas
00:13:38aujourd'hui
00:13:39dans le classement
00:13:40des 500 plus grandes fortunes
00:13:42de France.
00:13:43Donc, de fait,
00:13:45cette hyperconcentration
00:13:46et cette augmentation
00:13:47de la valeur
00:13:48est un phénomène
00:13:49très récent.
00:13:50On a tendance
00:13:51à l'expliquer
00:13:51souvent par la question
00:13:53du patrimoine immobilier,
00:13:56ce qui est en partie vrai.
00:13:58La conséquence
00:13:59la plus pratique
00:14:01étant l'exclusion
00:14:02de plus en plus importante
00:14:04d'une partie des Français
00:14:05de la possibilité
00:14:06de devenir propriétaire,
00:14:08notamment dans un certain
00:14:08nombre de zones.
00:14:09Et une étude de l'INSEE
00:14:10publiée il y a trois ans
00:14:11maintenant donne enfin
00:14:12à voir la réalité
00:14:13des propriétaires bailleurs
00:14:14qui sont pour plus de 50%
00:14:16d'entre eux
00:14:16des multi-multi-propriétaires
00:14:18dans les grandes métropoles
00:14:19que sont Paris et Lyon,
00:14:21ce qui est très significatif
00:14:22en matière de valeur.
00:14:23Mais ce qui est sûr,
00:14:25c'est que pour les plus
00:14:26hauts patrimoines,
00:14:27c'est surtout la part
00:14:28de patrimoine
00:14:29dit professionnel
00:14:30qui joue un rôle central.
00:14:31C'est lui
00:14:32qui est le plus inégalement
00:14:33réparti,
00:14:34puisque les 5%
00:14:35qui en ont le plus
00:14:36possèdent à eux seuls
00:14:3795% du total,
00:14:41alors que 85%
00:14:43des ménages
00:14:44n'en détiennent
00:14:45pas du tout.
00:14:46Ainsi,
00:14:46si on va au sommet
00:14:47de la pyramide
00:14:48des richesses,
00:14:49la fortune
00:14:49des 0,001%
00:14:53les plus aisés
00:14:53est constituée
00:14:55à 88%
00:14:56de ce type
00:14:57de patrimoine.
00:14:58Or,
00:14:59précisément,
00:15:00le patrimoine professionnel
00:15:01est celui
00:15:01que nous taxons
00:15:02le plus mal
00:15:03et c'est ce qui rend
00:15:04notre système fiscal
00:15:06régressif
00:15:07et injuste.
00:15:07Je le dis,
00:15:08on ne parle plus
00:15:08des 1%,
00:15:09mais des 0,01%,
00:15:120,001%.
00:15:15Ce sujet
00:15:16a fait débat
00:15:17ici dans cet hémicycle
00:15:18sur l'existence
00:15:19de ce chiffre
00:15:20et la disposition
00:15:21de données
00:15:22au ministère
00:15:23des finances
00:15:24et je pense
00:15:25que le travail
00:15:26de votre commission
00:15:26permettra
00:15:27de consolider
00:15:28ces informations
00:15:29qui nous semblent
00:15:29absolument centrales.
00:15:31Nous ne disposons
00:15:32pas des mêmes pouvoirs
00:15:33que les vôtres,
00:15:35de la même manière
00:15:36que des chercheurs
00:15:37nous approximons
00:15:38un certain nombre
00:15:38de données,
00:15:39mais en tout cas,
00:15:39ce qui est certain,
00:15:40c'est qu'aujourd'hui,
00:15:42et cette formule
00:15:43n'est pas de moi,
00:15:44elle est de Jacques Attali,
00:15:47la France est devenue
00:15:48un paradis fiscal
00:15:49pour les plus riches.
00:15:51Et ça, c'est un problème.
00:15:54Et donc,
00:15:55votre question,
00:15:55c'était l'inégale
00:15:56répartition
00:15:58de la rentabilité
00:15:59différenciée.
00:16:01Effectivement,
00:16:02si une partie
00:16:02du patrimoine
00:16:03est beaucoup plus rentable,
00:16:04c'est aussi
00:16:05parce qu'il est
00:16:05beaucoup moins taxé.
00:16:06Et je pense que ça,
00:16:07c'est très important
00:16:08de le comprendre.
00:16:08Évidemment,
00:16:10il ne s'agit pas seulement,
00:16:11comme je l'ai dit,
00:16:11du patrimoine immobilier,
00:16:13mais du patrimoine
00:16:14professionnel.
00:16:15Quand on dit
00:16:15patrimoine professionnel,
00:16:16et les récents débats
00:16:17qui ont eu lieu
00:16:18à la Commission des finances
00:16:19le montrent,
00:16:20il y a eu une capacité
00:16:21d'avoir une vision
00:16:22extensive
00:16:22de ce qui pouvait être
00:16:23considéré
00:16:24comme patrimoine
00:16:25professionnel
00:16:26avec des effets
00:16:26notables
00:16:27sur l'héritage.
00:16:28Mais je crois
00:16:28que nous en parlerons
00:16:29plus tard.
00:16:32Pour compléter
00:16:33peut-être
00:16:33effectivement
00:16:34la question,
00:16:35est-ce que
00:16:36l'évolution
00:16:37de cette concentration
00:16:38est due aussi
00:16:39à une rentabilité
00:16:40différente,
00:16:43différenciée
00:16:43de ce qui compose
00:16:45aussi les patrimoines ?
00:16:46Oui,
00:16:47parce qu'on observe
00:16:48aussi cette hyper
00:16:50concentration
00:16:52dans le plus haut
00:16:53de la pyramide,
00:16:54dans le plus haut
00:16:55de la distribution
00:16:57d'une très petite partie
00:16:58de la population
00:16:59qui dispose aussi
00:17:00d'actifs
00:17:01extrêmement rentables.
00:17:03Et c'est surtout
00:17:03en fait la structuration
00:17:04de ce patrimoine
00:17:05qui est intéressante.
00:17:05C'est que pour la majeure
00:17:06partie de la population,
00:17:09le patrimoine,
00:17:10ça peut être
00:17:11du patrimoine immobilier,
00:17:13peut-être,
00:17:14un petit peu
00:17:15de patrimoine financier,
00:17:16parfois,
00:17:17très peu,
00:17:18alors que plus on monte
00:17:19dans la distribution,
00:17:20plus on observe
00:17:20effectivement
00:17:21que ce patrimoine,
00:17:23en fait,
00:17:23il est constitué
00:17:24d'actifs détenus,
00:17:26comme je l'ai dit,
00:17:27plutôt dans des structures
00:17:28assez,
00:17:29dans des véhicules
00:17:29juridiques diverses
00:17:30et variées,
00:17:31et qu'effectivement,
00:17:34ce qui fait que
00:17:34cette question
00:17:36de l'hyperconcentration
00:17:36du patrimoine,
00:17:37elle est intimement liée
00:17:38à la question
00:17:39de l'imposition
00:17:40sur les sociétés
00:17:41et de la fiscalité
00:17:42sur le capital,
00:17:42et je rejoins
00:17:43en ce sens-là
00:17:44le constat
00:17:45qui consiste à dire
00:17:46aussi que,
00:17:47effectivement,
00:17:48c'est en lien
00:17:49avec des biens professionnels
00:17:50et c'est peut-être
00:17:50la partie de la fiscalité
00:17:52qui est la moins,
00:17:53c'est la partie
00:17:54du patrimoine
00:17:55qui est la moins taxée,
00:17:56mais en tout cas,
00:17:57effectivement,
00:17:57c'est dû aussi
00:17:58à une rentabilité
00:17:59différenciée des actifs
00:18:01et à une composition
00:18:02du patrimoine
00:18:02qui est extrêmement différente
00:18:04entre le plus haut
00:18:05de la distribution
00:18:06et le reste
00:18:07de la distribution,
00:18:08et le plus haut
00:18:08de la distribution,
00:18:09c'est des actifs financiers
00:18:11ou non financiers
00:18:12en très grande partie.
00:18:15Bien, merci.
00:18:15Sur ce premier thème,
00:18:17répartition des richesses,
00:18:18inégalités
00:18:18des revenus
00:18:19et de patrimoine,
00:18:21le collègue veut intervenir ?
00:18:22M. le Président
00:18:23de la Commission
00:18:23des finances.
00:18:25Bonjour.
00:18:26Merci d'être ici.
00:18:27Toujours heureux
00:18:28d'entendre Oxfam.
00:18:31J'ai plusieurs questions
00:18:32à vous poser, justement,
00:18:33sur un peu cette évolution.
00:18:34La première,
00:18:34Mme le Président,
00:18:35tout à l'heure,
00:18:35vous parliez
00:18:36des études d'Oxfam régulières
00:18:38depuis maintenant 13 ans
00:18:39au niveau international.
00:18:40Moi, je me souviens très bien
00:18:41quand j'étais élu député
00:18:43de celle qui est parue
00:18:45fin 2017.
00:18:46Je crois qu'à l'époque,
00:18:48on devait être à peu près
00:18:49donc pas à 12 personnes
00:18:51les plus riches,
00:18:51possédant la moitié,
00:18:53l'équivalent de la moitié
00:18:54la plus pauvre,
00:18:54mais on devait être
00:18:55à une cinquantaine,
00:18:56de mémoire.
00:18:57Mais ce qui m'avait frappé,
00:18:59c'est que dans cette étude
00:18:59en 2017,
00:19:01la France était,
00:19:02entre guillemets,
00:19:03un peu en retard
00:19:04sur les autres pays
00:19:07industrialisés,
00:19:07les plus riches,
00:19:08en termes d'inégalité.
00:19:10Est-ce que vous diriez
00:19:11que depuis 2017,
00:19:14elle a comblé ce retard ?
00:19:15Ce retard étant pris
00:19:16dans un sens contre...
00:19:20C'est ma première question.
00:19:21La réponse est oui.
00:19:23Je l'ai déjà dit
00:19:24tout au début
00:19:25sur le nombre
00:19:26de milliardaires français,
00:19:27mais dans notre
00:19:29focus France
00:19:30de cette année,
00:19:31nous avons fait
00:19:32le constat
00:19:33que les 17 milliardaires
00:19:34qui étaient milliardaires
00:19:35au moment de l'élection
00:19:36d'Emmanuel Macron
00:19:37en 2017
00:19:38ont doublé
00:19:40leur fortune
00:19:40jusqu'à cette année.
00:19:43Donc oui,
00:19:44un certain nombre
00:19:45de choix fiscaux
00:19:46qui ont été faits
00:19:47ont permis
00:19:49à la France
00:19:50de rattraper son retard
00:19:51dans les inégalités,
00:19:52pour suivre votre question,
00:19:54malheureusement,
00:19:55ce qui est documenté.
00:19:56Donc, pour tout dire,
00:19:57en septembre 2017,
00:19:59donc après la publication
00:20:01du rapport
00:20:01sur les inégalités mondiales,
00:20:03Oxfam France
00:20:04a publié un rapport
00:20:07sur le premier projet
00:20:08de loi de finances
00:20:09de la législature
00:20:10qui y commençait,
00:20:12qui s'appelait
00:20:13« Vers un quinquennat
00:20:14des inégalités »
00:20:15qui faisait l'analyse
00:20:15que l'application
00:20:16des mesures
00:20:17du PLF
00:20:19présentées
00:20:20à l'automne 2017
00:20:22allait,
00:20:23si elles étaient
00:20:23mises en œuvre,
00:20:25conduire à une
00:20:25aggravation mécanique,
00:20:27si je puis dire,
00:20:28des inégalités.
00:20:29C'est exactement
00:20:30ce qui s'est passé
00:20:30avec un parallèle
00:20:33très net,
00:20:33une augmentation
00:20:34de la pauvreté
00:20:35et une augmentation
00:20:38et concentration
00:20:39de la richesse
00:20:40des plus riches
00:20:40avec un élément
00:20:42particulier
00:20:43qui est qu'il y a eu
00:20:44un moment
00:20:45de légère inversion
00:20:46lors des mesures
00:20:48post-gilets jaunes
00:20:49qui ont très bien
00:20:50montré
00:20:50l'effet évident
00:20:53de choix
00:20:54de politique publique
00:20:55sur les inégalités
00:20:56ou sur la redistribution.
00:20:57Je le redis,
00:20:58la redistribution,
00:20:58c'est pour nous deux choses,
00:20:59pas pour nous seulement,
00:21:01de façon très claire.
00:21:02C'est la redistribution
00:21:03via des mesures
00:21:05fiscales
00:21:06et de redistribution
00:21:07par des prestations sociales,
00:21:08mais aussi
00:21:08la redistribution
00:21:10via les services publics
00:21:11et le fait
00:21:12d'avoir fait des choix
00:21:12notamment en matière
00:21:13de santé
00:21:14qui rendent
00:21:15l'accès aux soins
00:21:15plus coûteux
00:21:16participe
00:21:17de l'aggravation
00:21:17de ces inégalités.
00:21:19Ma deuxième question,
00:21:20c'est l'évolution
00:21:21cette fois-ci
00:21:21à l'autre bout
00:21:22de l'échelle.
00:21:24C'est-à-dire là,
00:21:25c'est pour à la fois
00:21:26Oxfam
00:21:26et le CCFD.
00:21:28Vous pointez
00:21:28tous les deux régulièrement
00:21:29l'aggravation
00:21:30des conditions de vie
00:21:30des plus pauvres,
00:21:31parfois en montrant
00:21:32une dégradation nette
00:21:33depuis 2017.
00:21:34Quand on regarde
00:21:35les données Eurostat,
00:21:36on s'aperçoit
00:21:37que sur plusieurs critères
00:21:38très précis,
00:21:39la France depuis 2017
00:21:41est championne d'Europe
00:21:42des dégradations
00:21:44justement de ces conditions
00:21:46de vie
00:21:47des plus défavorisées.
00:21:48Est-ce que vous avez
00:21:48des données
00:21:49qui convergent
00:21:50dans le même sens ?
00:21:52Je n'ai pas forcément
00:21:53les données exactes
00:21:55en tête,
00:21:55mais effectivement,
00:21:56et je pense que ça a rejoint
00:21:57un élément qui avait été
00:21:58mentionné plus tôt,
00:21:59c'est que la France
00:22:00va vraiment à contresens
00:22:01de la dynamique européenne
00:22:02où en fait,
00:22:03on constate une résorption
00:22:05des inégalités
00:22:06au niveau européen,
00:22:07une augmentation en France.
00:22:08Je pense que...
00:22:09Et c'est pour ça d'ailleurs
00:22:10que c'est effectivement important
00:22:11de regarder ça dans le temps
00:22:12parce que si on regarde
00:22:13la carte de manière statique,
00:22:15on va regarder,
00:22:16on va voir que peut-être
00:22:17le pays le plus inégalitaire
00:22:18d'Europe,
00:22:19ça doit être la Bulgarie.
00:22:20Là où l'indice de Gini
00:22:23témoigne des inégalités
00:22:24les plus fortes,
00:22:25mais là,
00:22:25en tout cas,
00:22:26ce qu'on constate,
00:22:27c'est qu'effectivement,
00:22:28la France,
00:22:28dans ce sens-là,
00:22:29va à rebours
00:22:30d'une grande partie
00:22:31de ses voisins européens
00:22:33et ça,
00:22:34c'est directement en lien
00:22:35avec ce qui avait été dit avant,
00:22:36des choix fiscaux
00:22:37aussi nationaux
00:22:38qui ont aggravé
00:22:40la concentration
00:22:42du patrimoine
00:22:42et donc l'accélération
00:22:44des inégalités.
00:22:45Et je le redis,
00:22:46à notre sens,
00:22:47il faut aussi regarder
00:22:48d'ailleurs les choix fiscaux
00:22:49qui ont été opérés
00:22:50sur les plus riches,
00:22:52mais aussi les choix fiscaux
00:22:54qui ont été opérés
00:22:54sur la fiscalité,
00:22:55sur les sociétés,
00:22:56parce que c'est aussi ça
00:22:57qui a accru
00:22:58une certaine concentration
00:22:59du patrimoine,
00:23:00notamment depuis 2017.
00:23:02Si je peux ajouter un point,
00:23:04donc la France partait
00:23:05quand même de plus haut,
00:23:06c'est-à-dire qu'en termes
00:23:06de lutte contre les inégalités,
00:23:09notamment par la redistribution financière,
00:23:12la France était plutôt,
00:23:13et d'ailleurs on le sent
00:23:14parce qu'il y a une sorte
00:23:14de persistance rétinienne,
00:23:16on entend souvent cette phrase,
00:23:17la France est le pays
00:23:18le plus redistributif,
00:23:20ce qui est faux
00:23:20depuis un certain temps,
00:23:22mais ce discours continu,
00:23:24ça a été le cas.
00:23:26Je pense que les trois secteurs
00:23:27dans lesquels on voit
00:23:28la dégradation des conditions
00:23:30sont le logement,
00:23:33la santé,
00:23:34avec des privations de soins
00:23:35et l'insécurité alimentaire.
00:23:36L'insécurité alimentaire
00:23:37a progressé en France,
00:23:39en particulier
00:23:39dans les familles monoparentales
00:23:41et chez les enfants.
00:23:42C'est des indicateurs très clairs
00:23:44qui valident,
00:23:45qui appuient,
00:23:47j'allais dire,
00:23:47ou qui illustrent
00:23:48cette augmentation
00:23:49et ce record de pauvreté en France.
00:23:53D'accord.
00:23:53Ma troisième et dernière question,
00:23:54c'est justement le lien
00:23:55entre, j'allais dire,
00:23:57cette accumulation
00:23:58de richesses
00:23:59aux mains
00:23:59de quelques-uns
00:24:01et les effets
00:24:02en matière
00:24:03de moindre redistribution.
00:24:05Si on regarde,
00:24:06vous avez cité
00:24:07d'autres chiffres tout à l'heure,
00:24:08mais si je regarde
00:24:08le classement challenge
00:24:10des 500 personnes
00:24:12les plus riches
00:24:12qui passent
00:24:13de 20% du PIB
00:24:14au niveau de leur patrimoine
00:24:16à 40% du PIB
00:24:17depuis 2017,
00:24:19on s'aperçoit
00:24:19que dans le même temps,
00:24:20le PIB ne double pas.
00:24:22Est-ce à dire,
00:24:23pour parler trivialement,
00:24:25que finalement,
00:24:26leur accumulation
00:24:27de richesses
00:24:28se fait sur le dos
00:24:29de tout le reste ?
00:24:30En fait,
00:24:32je pense que
00:24:33ces deux quinquennats,
00:24:35et je le dis
00:24:35sans aucun esprit
00:24:36de polémique,
00:24:36auront permis
00:24:37de valider
00:24:38une théorie.
00:24:40Les choix
00:24:41qui ont été faits
00:24:41à l'époque,
00:24:42dont j'ai parlé
00:24:42de ce rapport Oxfam
00:24:43qui alertait
00:24:44sur l'augmentation
00:24:45des inégalités,
00:24:46le contre-discours
00:24:47parlait
00:24:48du terme
00:24:49qui est communément utilisé,
00:24:51qui est celui
00:24:51de ruissellement.
00:24:52C'est-à-dire
00:24:52qu'en fait,
00:24:53l'enrichissement
00:24:54des plus riches
00:24:55allait par effet
00:24:55de ruissellement
00:24:57bénéficier à l'ensemble
00:24:58de la société
00:24:58par un phénomène naturel
00:25:01d'accroissement
00:25:01de la consommation,
00:25:03de mobilisation
00:25:04des actifs financiers
00:25:05au profit
00:25:05de l'investissement
00:25:06dans les entreprises.
00:25:07De fait,
00:25:08on peut constater
00:25:09que ça n'est pas du tout
00:25:09le cas.
00:25:10Ça n'est pas du tout
00:25:11le cas.
00:25:12Et d'ailleurs,
00:25:12si on prend une analyse
00:25:13qui est une analyse
00:25:14un peu à distance,
00:25:15mais assez simple,
00:25:18la crise des gilets jaunes,
00:25:19je le dis parce que,
00:25:20vu dans les yeux
00:25:20de nos collègues Oxfam
00:25:21et membres d'Oxfam
00:25:22international,
00:25:23donc souvent,
00:25:25dans les échanges
00:25:25que j'ai avec mes collègues,
00:25:26on peut regarder la France
00:25:27avec des yeux étrangers.
00:25:30Et si on regarde la France
00:25:31avec des yeux étrangers,
00:25:32on se rend compte
00:25:33que depuis 2018,
00:25:36il y a eu de nombreux
00:25:36mouvements sociaux
00:25:38à peu près partout,
00:25:39dont celui
00:25:40qui est le plus identifié,
00:25:41qui est celui
00:25:42des gilets jaunes,
00:25:42et qui n'est moins
00:25:44la résultante
00:25:46de l'augmentation
00:25:47du coût
00:25:48du carburant.
00:25:49On a communément
00:25:51tendance à penser
00:25:51c'est ça,
00:25:52mais je rappelle
00:25:52le scandale à l'époque,
00:25:53c'était 1,50€ le litre,
00:25:55on est à plus de 2€
00:25:55et il n'y a pas eu
00:25:56de gilets jaunes,
00:25:57mais il y avait eu
00:25:58un choix fiscal
00:25:59qui était d'une lisibilité
00:26:00totale pour 100%
00:26:01de la population,
00:26:02supprimer l'ISF,
00:26:04transformant en IFI,
00:26:05et baisser les APL.
00:26:07Et en fait,
00:26:08la crise des gilets jaunes
00:26:09est probablement davantage
00:26:10une crise du prix
00:26:11du logement,
00:26:12parce que le déplacement
00:26:13voiture est la résultante
00:26:14de la contrainte
00:26:15de s'éloigner
00:26:16de son lieu de travail
00:26:17pour pouvoir avoir
00:26:18un logement accessible,
00:26:20du coup,
00:26:20qui crée une dépendance
00:26:21à la voiture,
00:26:22mais avec ce message envoyé
00:26:23qui était un message
00:26:24qu'on allait faire
00:26:24des économies
00:26:25sur les prestations sociales
00:26:26et on allait rendre
00:26:28de l'argent
00:26:28aux plus fortunés,
00:26:30puisque l'ISF,
00:26:31c'était de manière
00:26:32très claire,
00:26:33identifié comme étant
00:26:34un impôt qui n'affectait
00:26:35que les plus riches
00:26:36de la population.
00:26:37Donc oui,
00:26:38bien sûr,
00:26:38il y a eu une forme
00:26:39de ruissellement inversé,
00:26:40finalement,
00:26:41c'est-à-dire que pour
00:26:41permettre cette accumulation,
00:26:43il a fallu faire des choix
00:26:44au détriment des plus pauvres.
00:26:45En tout cas,
00:26:47ça pouvait être
00:26:47un a priori idéologique
00:26:49dans le bon sens du terme,
00:26:50d'échange d'avis divergents,
00:26:54mais après 10 ans,
00:26:56on peut vérifier
00:26:56que ce risque annoncé
00:26:59s'est traduit dans les faits.
00:27:04Et juste pour compléter,
00:27:06en quelques mots,
00:27:07Cécile Duflo évoquait tout à l'heure
00:27:09la question de l'insécurité alimentaire,
00:27:11qui est quelque chose
00:27:11qui nous inquiète particulièrement,
00:27:14étant donné les chiffres
00:27:16et le niveau d'augmentation
00:27:17de ces chiffres en France
00:27:19depuis quelques années.
00:27:20Et on constate,
00:27:21par exemple,
00:27:21notamment dans notre dernier rapport,
00:27:24que cette augmentation,
00:27:25elle se fait sur une courbe
00:27:26qui est à peu près la même
00:27:27que celle de l'augmentation
00:27:28de la fortune
00:27:30des milliardaires en France
00:27:31depuis 2020.
00:27:33Vous avez deux courbes ascendantes
00:27:34qui vont vraiment
00:27:34dans le même sens,
00:27:35qui convergent globalement
00:27:37avec les constats
00:27:37pas seulement faits par Oxfam,
00:27:38mais en effet,
00:27:39avec cette année,
00:27:40les constats de l'INSEE
00:27:42sur les records d'inégalité,
00:27:43les records de pauvreté,
00:27:45aussi ceux,
00:27:46même par exemple,
00:27:47de l'étude récente
00:27:48de la Banque Postale
00:27:50sur, là encore,
00:27:52l'inégalité
00:27:53dans le patrimoine financier,
00:27:54mais aussi
00:27:55avec les derniers chiffres
00:27:59de challenge
00:27:59ou même
00:28:00sur les travaux
00:28:01ou avec les travaux
00:28:02d'autres associations
00:28:04qui sont des associations
00:28:05de terrain en France,
00:28:06comme par exemple
00:28:07Secours Catholique
00:28:08qui cette année
00:28:08avait quand même
00:28:09fait un rapport
00:28:10qui fait un rapport annuel
00:28:12de statistiques
00:28:13sur la base
00:28:13des personnes rencontrées
00:28:15dans le cadre
00:28:16de leur travail
00:28:18et malheureusement,
00:28:19on est dans tout
00:28:20ce genre d'associations
00:28:21qui font des constats records
00:28:22en termes de pauvreté,
00:28:24en termes de niveau
00:28:24d'intensité de la pauvreté,
00:28:26de record
00:28:28à quel point
00:28:29le niveau moyen
00:28:30de pauvreté
00:28:31des personnes
00:28:31qui viennent demander
00:28:32de l'aide auprès d'eux
00:28:33est éloigné
00:28:33et bas
00:28:34par rapport au seuil
00:28:35de pauvreté global.
00:28:36On a les mêmes constats
00:28:37par exemple à la Fondation
00:28:38pour logement
00:28:38des défavorisés
00:28:39où là aussi,
00:28:40sur tous les sujets,
00:28:41il y a des batailles
00:28:42de record
00:28:42du nombre de morts
00:28:43à la rue,
00:28:44du nombre de personnes
00:28:46sans domicile.
00:28:48Donc malheureusement,
00:28:48tous les constats
00:28:50convergent avec nous.
00:28:51Ça fait partie
00:28:52des rares contextes
00:28:53dans lesquels
00:28:53on n'est pas très heureux
00:28:54d'avoir raison
00:28:55mais malheureusement,
00:28:56nos alarmes
00:28:57de ces dernières années
00:28:57ont été pas mal confirmées
00:28:59de manière convergente.
00:29:02Merci.
00:29:03Eva Sass, je crois.
00:29:06Oui, merci M. le Président.
00:29:08Merci pour vos interventions.
00:29:10Moi, j'avais deux questions.
00:29:11On a souvent l'image
00:29:12du milliardaire
00:29:13comme d'un entrepreneur.
00:29:15Est-ce que c'est le cas
00:29:16ou est-ce qu'il y a
00:29:16des héritiers
00:29:18parmi les milliardaires,
00:29:19en particulier en France ?
00:29:21Et ma deuxième question,
00:29:22c'est est-ce qu'il y a
00:29:23un impact environnemental
00:29:24et en particulier climatique
00:29:26à cette montée
00:29:27des inégalités
00:29:28et à cette concentration
00:29:29de la richesse ?
00:29:33Alors, la réponse
00:29:34à vos deux questions
00:29:35est oui.
00:29:37Oui, et en France,
00:29:39ce sont des chiffres
00:29:41du Financial Times,
00:29:43la fortune des milliardaires
00:29:44est plus héritée
00:29:46en pourcentage
00:29:47que dans beaucoup
00:29:48d'autres pays.
00:29:49Donc, ça,
00:29:51c'est le premier point.
00:29:52Le deuxième point,
00:29:53c'est qu'une grosse partie
00:29:55des très riches,
00:29:56même s'ils ont été
00:29:57pas héritiers
00:29:59de milliardaires,
00:30:01se sont appuyés sur,
00:30:02enfin, on fait fructifier
00:30:04une fortune déjà existante.
00:30:06Donc, il y a très peu
00:30:07de profils
00:30:08de self-made men
00:30:09en France,
00:30:10quelques-uns,
00:30:11mais très, très peu,
00:30:12encore moins d'ailleurs
00:30:12de women.
00:30:14Mais ça,
00:30:15c'est le premier élément.
00:30:16Donc, c'est très majoritairement
00:30:18une fortune héritée.
00:30:20Et d'ailleurs,
00:30:21le vrai,
00:30:24le meilleur conseil
00:30:25à donner
00:30:26pour que quelqu'un
00:30:27qui souhaiterait
00:30:28de devenir milliardaire
00:30:29ait d'être l'enfant
00:30:30d'un milliardaire.
00:30:30C'est la seule garantie
00:30:32que l'on peut avoir.
00:30:34Pour ce qui est
00:30:34de la dimension climatique,
00:30:37la part
00:30:39de détention
00:30:40des actifs climaticides
00:30:41a été documentée
00:30:43dans plusieurs
00:30:43de nos rapports
00:30:45avec l'impact
00:30:46en termes d'émissions
00:30:49de ces détentions
00:30:52d'actifs.
00:30:53C'est pour ça,
00:30:54puisque vous travaillez
00:30:55aussi sur quelles réponses
00:30:56possibles
00:30:57que nous avons proposé
00:30:58la recréation
00:30:59d'un ISF
00:31:00avec une composante
00:31:01climatique
00:31:03qui permettrait
00:31:03justement
00:31:04de fiscaliser
00:31:05de manière différenciée
00:31:06en fonction des impacts
00:31:07les actifs détenus
00:31:09par les ménages.
00:31:13Juste un mot sur l'héritage.
00:31:18Non seulement,
00:31:19en effet,
00:31:21aujourd'hui,
00:31:23on hérite plus,
00:31:24on devient plus ultra,
00:31:26plus souvent ultra riche
00:31:27en héritant
00:31:28qu'en entreprenant,
00:31:29mais c'est de plus en plus
00:31:30le cas.
00:31:31On avait étudié
00:31:32lors de notre rapport
00:31:33sur le sujet,
00:31:34on avait sorti
00:31:35il y a deux ans
00:31:36un rapport
00:31:36sur la taxation
00:31:38de l'héritage
00:31:38en France.
00:31:40On s'était aperçu
00:31:41à partir des données
00:31:42de Forbes
00:31:42que sept des neuf
00:31:43nouveaux milliardaires
00:31:44de l'année
00:31:45l'étaient devenus
00:31:46en héritants.
00:31:47Il faudrait voir
00:31:49sur les deux années écoulées
00:31:50si c'est toujours le cas,
00:31:51mais globalement,
00:31:52au niveau international
00:31:53et national,
00:31:54c'est le constat
00:31:55qui est fait
00:31:56et qui pose question
00:31:58sur l'imaginaire
00:31:59et le rapport
00:32:01un peu fantasmé
00:32:02qu'on peut avoir
00:32:02avec l'ultra richesse.
00:32:05Je voulais juste compléter
00:32:06sur la question précédente.
00:32:10Il y a aussi
00:32:11et peut-être
00:32:12pour rejoindre
00:32:12le constat
00:32:13de ma collègue,
00:32:14cette accumulation
00:32:15elle va s'aggraver
00:32:17et notamment
00:32:18parce que
00:32:18dans le très haut
00:32:19du panier,
00:32:20la richesse
00:32:21elle est accumulée
00:32:22via des systèmes
00:32:25ou en tout cas
00:32:25des véhicules légaux
00:32:27qui justement
00:32:27favorisent encore plus
00:32:28cette accumulation
00:32:29et donc
00:32:30il faut s'attaquer
00:32:32de fait
00:32:32non seulement
00:32:33au constat
00:32:34de comment est-ce
00:32:35que la richesse
00:32:35est aujourd'hui répartie
00:32:36mais quels sont
00:32:37les mécanismes,
00:32:38les véhicules légaux
00:32:38aujourd'hui
00:32:39qui vont permettre
00:32:40cette accumulation
00:32:41et qui derrière
00:32:42vont faciliter
00:32:43la transmission
00:32:45de ce patrimoine
00:32:46qui est en train
00:32:47de s'accumuler.
00:32:47C'est vrai
00:32:48pour les milliardaires,
00:32:48c'est vrai
00:32:49pour ceux
00:32:49qui sont un peu moins
00:32:50un peu moins
00:32:51enfin pas milliardaires
00:32:53mais presque
00:32:54et notamment
00:32:55tout ce qui est
00:32:55holding patrimonial
00:32:56par exemple
00:32:57qui permettent aussi
00:32:58d'une certaine manière
00:32:58de thésauriser
00:32:59une forme de richesse
00:33:00qui derrière
00:33:00va être encore plus
00:33:02qui va être transmise
00:33:03et donc
00:33:04je rejoins le constat
00:33:05qui consiste à dire
00:33:06que la meilleure manière
00:33:07de devenir riche
00:33:08est d'hériter
00:33:09de cette richesse.
00:33:10Sur le deuxième aspect,
00:33:11sur la question,
00:33:12sur le lien
00:33:13avec le climat,
00:33:15absolument
00:33:16pour diverses raisons.
00:33:17De fait,
00:33:18les plus riches
00:33:18aujourd'hui
00:33:19sont ceux
00:33:19qui contribuent
00:33:20le plus,
00:33:21en tout cas
00:33:22de manière disproportionnée
00:33:23au réchauffement climatique.
00:33:25c'est aussi lié
00:33:27à la détention
00:33:28par les plus riches
00:33:30de part
00:33:31ou la détention
00:33:32de groupes multinationaux
00:33:33ou de part
00:33:34dans des entreprises
00:33:35multinationales
00:33:36qui elles-mêmes
00:33:37sont extrêmement responsables
00:33:38du changement climatique
00:33:39et donc ça,
00:33:40ça nous fait aussi penser
00:33:41qu'il y a une réflexion
00:33:42à avoir
00:33:43sur une fraction
00:33:45de cette richesse
00:33:46qui devrait aussi
00:33:46être fléchée
00:33:48et que ce soit
00:33:49au niveau national
00:33:50d'ailleurs
00:33:50ou au niveau international
00:33:51sur la lutte
00:33:52contre le changement climatique.
00:33:53C'est d'ailleurs une question
00:33:54qui se pose aujourd'hui
00:33:55dans le processus
00:33:56que le CCF des Terres Solidaires
00:33:57suit à l'ONU
00:33:59de Convention cadre
00:34:00sur la coopération
00:34:01fiscale internationale.
00:34:02On se pose la question
00:34:03de savoir
00:34:04est-ce qu'aujourd'hui
00:34:05dans un monde
00:34:05dans lequel cette richesse
00:34:06est mondialisée
00:34:07et où les plus riches
00:34:10et notamment les milliardaires
00:34:11sont les plus responsables
00:34:12du réchauffement climatique,
00:34:14est-ce qu'il n'y aurait pas
00:34:14une logique
00:34:15à ce que les droits
00:34:16d'imposition
00:34:17soient définis
00:34:18de telle sorte
00:34:19à ce qu'une fraction
00:34:20de cette richesse
00:34:20puisse aussi venir financer
00:34:22les biens communs
00:34:23et notamment la lutte
00:34:24contre le changement climatique ?
00:34:25En tout cas,
00:34:25ce sont des discussions
00:34:26aujourd'hui
00:34:26qui existent aussi
00:34:27au niveau international
00:34:28et qui se poursuivent
00:34:29et à notre sens,
00:34:30il y a une logique
00:34:30à ce que ce soit le cas.
00:34:34Moi, j'ai remarque une question
00:34:37par rapport à la répartition
00:34:38des richesses et des revenus.
00:34:40Il semblerait qu'il y ait
00:34:42une différence
00:34:42entre cette accumulation
00:34:43de richesses
00:34:45qui est plus importante
00:34:46qu'une inégalité des revenus
00:34:49qui est moins flagrante.
00:34:51Il y a une différence.
00:34:52C'est une question
00:34:53et c'est ce que vous aviez l'air
00:34:54de dire tout à l'heure
00:34:55dans vos propos.
00:34:57Il y avait quand même
00:34:57une différence
00:34:58entre cet écart
00:35:01entre les revenus
00:35:02et cet écart
00:35:03entre le patrimoine.
00:35:04Et puis,
00:35:04j'ai une deuxième question
00:35:06qui vient un peu enrôler.
00:35:07C'est la différence
00:35:08entre patrimoine privé
00:35:09et patrimoine professionnel.
00:35:11Parce que beaucoup
00:35:12d'accumulations
00:35:12en haut de...
00:35:14Je ne sais pas,
00:35:14ce sont des fortunes
00:35:16professionnelles.
00:35:17Le problème de liquidité,
00:35:18c'est des débats
00:35:19qu'on a régulièrement,
00:35:20les liquidités et autres.
00:35:21Comment vous l'abordez,
00:35:23je dirais ?
00:35:23Parce qu'on peut faire
00:35:25une différence
00:35:25entre la fortune privée
00:35:27et la fortune professionnelle.
00:35:30On a un problème
00:35:31de gouvernance,
00:35:32de politique,
00:35:33de décision,
00:35:34de concentration.
00:35:35Mais comment vous l'abordez,
00:35:37ce sujet ?
00:35:41Alors, nous,
00:35:42on l'aborde
00:35:43de manière assez tranquille
00:35:44en considérant que
00:35:45ce n'est pas parce que
00:35:46c'est un patrimoine professionnel
00:35:47que ça n'est pas un patrimoine.
00:35:48Et d'ailleurs,
00:35:49il y a eu beaucoup
00:35:49d'enfumage
00:35:52autour de cette dimension
00:35:53pour expliquer
00:35:54qu'en fait,
00:35:54il ne s'agissait pas vraiment
00:35:56de patrimoine.
00:35:56D'ailleurs,
00:35:57sur la question des liquidités,
00:35:58pour ça,
00:35:59Elon Musk a été très efficace.
00:36:00Il nous a montré
00:36:01à quel point
00:36:02toute cette fortune
00:36:02était monétisable
00:36:03et très rapidement monétisable,
00:36:05y compris dans des proportions
00:36:07considérables.
00:36:08Donc,
00:36:10cet élément-là,
00:36:11pour nous,
00:36:11est un élément
00:36:12qui est un élément
00:36:12un peu biaisé
00:36:13parce qu'il a abouti,
00:36:14d'ailleurs,
00:36:16ça fera écho
00:36:16à la question
00:36:17de M. Morel
00:36:19sur l'héritage.
00:36:21Il a abouti
00:36:22à la création
00:36:23du pacte d'Utreil,
00:36:23il a abouti
00:36:24à la mise en place
00:36:25de tout un tas
00:36:26de dispositifs fiscaux
00:36:27qui visent à considérer
00:36:28que le patrimoine
00:36:30dit professionnel
00:36:31ne serait pas exactement
00:36:31de même nature.
00:36:32D'ailleurs,
00:36:33en déguisant
00:36:34cette identité
00:36:35de patrimoine professionnel
00:36:37sous le petit entrepreneur
00:36:38qui possède son entreprise
00:36:40de plomberie
00:36:40et ses dits salariés,
00:36:41ça n'est pas de cela
00:36:42dont on parle.
00:36:43On parle plutôt
00:36:44d'une forme
00:36:44de blanchiment
00:36:45des actifs
00:36:47sous la forme
00:36:49d'un patrimoine
00:36:49professionnel,
00:36:50notamment via les holdings
00:36:51qui visent à considérer
00:36:53que tout est patrimoine
00:36:54professionnel.
00:36:56Ce qui est certain,
00:36:57c'est que,
00:36:57et le débat viendra
00:36:58sur le sujet,
00:36:59il nous a semblé
00:37:00absolument nécessaire
00:37:01de pouvoir avoir
00:37:02ce plancher fiscal
00:37:04en deçà duquel
00:37:05on ne peut pas descendre
00:37:05parce qu'une telle
00:37:07accumulation de richesses
00:37:08permet de vivre
00:37:09sans revenus,
00:37:10si j'étais un peu provocatrice,
00:37:11c'est-à-dire
00:37:11uniquement à crédit.
00:37:12On peut même imaginer
00:37:13que certains
00:37:14de ces multimilliardaires
00:37:16bénéficient
00:37:17de crédit d'impôt.
00:37:19C'est dommage
00:37:20parce que,
00:37:20je ne sais pas
00:37:21si vous aurez accès,
00:37:22je pense que les compétences
00:37:23de la commission d'inquiète,
00:37:24mais je serais prête
00:37:25à prendre le pari
00:37:26que parmi ces super fortunes,
00:37:28certains,
00:37:28ils sont allés tellement
00:37:29au bout de l'optimisation
00:37:30qu'ils bénéficient
00:37:31de crédit d'impôt
00:37:32et peut-être même
00:37:33que nous avons remboursé
00:37:34certains de nos multimilliardaires
00:37:36de leurs dons
00:37:37à des associations
00:37:39étant donné qu'ils n'étaient
00:37:40pas fiscalisés
00:37:40sur leurs revenus.
00:37:41Donc, vous avez raison
00:37:43sur le fait
00:37:44que les inégalités
00:37:45de revenus
00:37:45sont moins fortes,
00:37:46c'est tout à fait vrai,
00:37:48mais une partie,
00:37:49au-delà d'un certain patrimoine,
00:37:51vous n'avez plus besoin
00:37:52de revenus,
00:37:52vous pouvez vivre
00:37:53sans revenus,
00:37:53ce qui est un problème
00:37:54pour un système fiscal
00:37:56qui s'appuie majoritairement
00:37:57sur l'aspect redistributif
00:37:58de la fiscalité
00:37:59des revenus.
00:37:59d'où cette trappe
00:38:01d'échappement total
00:38:02à l'impôt
00:38:03qu'a créé
00:38:04cette génération
00:38:05de très,
00:38:08très, très, très riches.
00:38:09Et puisque
00:38:10on fait le lien
00:38:10avec ce que disait
00:38:11M. le rapporteur
00:38:12tout à l'heure,
00:38:13probablement peut-être,
00:38:14et c'est tout l'intérêt
00:38:15de vos travaux,
00:38:15parce que notre système fiscal
00:38:17n'avait pas du tout
00:38:18été pensé
00:38:20avec l'existence
00:38:21de ce type
00:38:21de profil de ménage.
00:38:23Il devait y avoir
00:38:24un moment ou un autre
00:38:25des revenus
00:38:25qui pouvaient être
00:38:26fiscalisés
00:38:28avec un taux marginal
00:38:29suffisamment important.
00:38:31Eh bien,
00:38:31nous ne sommes plus
00:38:32dans cette situation,
00:38:34y compris,
00:38:34je le dis,
00:38:35par une absence
00:38:36de revenus.
00:38:37Donc, vous avez des gens
00:38:38qui ont une énorme fortune
00:38:40et pas du tout de revenus,
00:38:41mais qui vivent néanmoins
00:38:42extrêmement confortablement.
00:38:44J'oserais ici,
00:38:45sans citer son auteur,
00:38:47reprendre les propos
00:38:48de quelqu'un
00:38:50qui a travaillé
00:38:51avec une partie
00:38:52de ses grandes fortunes,
00:38:53parce qu'il faut savoir
00:38:54qu'une partie
00:38:54de nos informations,
00:38:55et je les remercie,
00:38:56c'est l'occasion,
00:38:58proviennent d'un certain
00:38:58nombre de professionnels,
00:39:00y compris d'avocats
00:39:01fiscalistes
00:39:01ou de spécialistes
00:39:02qui, pour une part,
00:39:04trouvent que même
00:39:05si c'est leur métier,
00:39:05c'est un peu exagéré
00:39:08la dérive,
00:39:09ce qui nous a permis
00:39:09de disposer
00:39:10d'un certain nombre
00:39:12d'éléments.
00:39:13Et je cite donc sa phrase,
00:39:15il dit,
00:39:16il faut quand même
00:39:16se dire la vérité,
00:39:18ces gens vivent
00:39:18dans un abus
00:39:19de biens sociaux
00:39:20généralisés.
00:39:21Dépenser 10 euros
00:39:22et une atteinte
00:39:25quasiment psychologique
00:39:26à leur bien-être.
00:39:27Donc je pense
00:39:27qu'il y a un sujet
00:39:28justement de confusion,
00:39:30c'est le principe même
00:39:32de l'abus de biens sociaux,
00:39:33entre patrimoine professionnel
00:39:34et patrimoine privé,
00:39:35dans les deux sens.
00:39:37Et c'est pour ça
00:39:38qu'il nous semble
00:39:38qu'il faut mettre
00:39:40l'accent
00:39:40sur cette question-là.
00:39:42Vous voulez peut-être
00:39:43compléter, monsieur ?
00:39:44Oui, compléter
00:39:46en disant effectivement
00:39:46que c'est peut-être
00:39:47cette lecture
00:39:48qu'il faut changer,
00:39:49celle en termes de revenus,
00:39:50dans la mesure
00:39:51d'ailleurs où plus on monte
00:39:52dans la distribution des revenus,
00:39:53plus les patrimoines
00:39:55les plus riches
00:39:57en fait sont riches
00:39:58parce qu'ils aussi
00:39:58ont des revenus
00:40:00non distribués
00:40:00dans des sociétés contrôlées
00:40:02ou des holdings.
00:40:03Et que donc,
00:40:04effectivement,
00:40:04ce n'est pas parce
00:40:05qu'on n'a pas ce revenu,
00:40:07qu'on ne touche pas ce revenu,
00:40:09qu'on n'en a pas forcément
00:40:10les bénéfices.
00:40:11Et il me semble
00:40:12que c'était les travaux
00:40:13de l'Institut des politiques publiques
00:40:16qui montraient bien
00:40:16à quel point,
00:40:17plus on monte
00:40:18dans la distribution,
00:40:19plus le rôle
00:40:20des revenus non distribués
00:40:21finalement via des structures
00:40:23comme les holdings
00:40:24joue un rôle
00:40:24dans la concentration
00:40:25du patrimoine.
00:40:27Et je pense
00:40:28qu'on aura le temps
00:40:29d'y revenir,
00:40:30mais en tout cas,
00:40:30effectivement,
00:40:31je me joins
00:40:31à cette lecture
00:40:32qui consiste à dire
00:40:33que c'est peut-être ça
00:40:34qu'il faut au moins
00:40:34en changer,
00:40:35c'est de se dire
00:40:35que ce n'est pas parce
00:40:36qu'on ne peut pas avoir
00:40:38une lecture seulement
00:40:39en termes d'inégalité
00:40:40de revenus,
00:40:41parce que les revenus
00:40:42non distribués aussi
00:40:43jouent un rôle
00:40:43et que donc,
00:40:44on doit nécessairement
00:40:45avoir une lecture
00:40:46en termes
00:40:47d'inégalité
00:40:49de patrimoine
00:40:49et de concentration
00:40:50du patrimoine
00:40:51et donc peut-être
00:40:52avoir une approche
00:40:53dans laquelle
00:40:53on définit
00:40:55le revenu économique,
00:40:58mais qui n'est pas
00:40:58le revenu
00:40:59au sens
00:40:59où on l'entend
00:41:00aujourd'hui
00:41:00et qui doit inclure
00:41:02de manière
00:41:03plus grande
00:41:05le patrimoine
00:41:07qui soit personnel
00:41:08ou professionnel
00:41:09et je tiens
00:41:09à préciser d'ailleurs
00:41:10que la frontière
00:41:11est assez floue
00:41:12entre professionnel
00:41:13et personnel
00:41:14et d'ailleurs
00:41:14on a des cas
00:41:15en Europe
00:41:16où la taxation
00:41:18des plus hauts
00:41:19patrimoines
00:41:19ne s'embête pas
00:41:20de la question
00:41:21de patrimoine
00:41:22professionnel
00:41:22ou personnel
00:41:23il me semble
00:41:24que c'est
00:41:24l'Autriche
00:41:25par exemple
00:41:26qui ne fait
00:41:26aucune exception
00:41:27sur la question
00:41:28des biens professionnels
00:41:29ce qui veut dire
00:41:30aussi que
00:41:31c'est un débat
00:41:32très français
00:41:32mais ce qui veut dire
00:41:33aussi que
00:41:33ce qu'on met derrière
00:41:35le patrimoine
00:41:36professionnel
00:41:37reflète aussi
00:41:38la vision
00:41:39qu'on peut avoir
00:41:39des revenus
00:41:40et que dans
00:41:40d'autres pays
00:41:41effectivement
00:41:41on inclut
00:41:42les biens professionnels
00:41:44sans aucun problème
00:41:45Monsieur Morel
00:41:47Là je pose
00:41:48une question
00:41:49qui ne contrarie pas
00:41:50le rapporteur
00:41:50c'est vraiment
00:41:51dans la première partie
00:41:53dans la montée
00:41:54des inégalités
00:41:55de patrimoine
00:41:56il y a
00:41:56la croissance
00:41:57des actifs financiers
00:41:59et d'ailleurs
00:42:00je lis
00:42:01dans votre rapport
00:42:01vous dites
00:42:01la fortune immobilière
00:42:03ça n'a augmenté
00:42:03que
00:42:04de 18%
00:42:06entre 2017
00:42:07et 2022
00:42:07et la question
00:42:08que je pose
00:42:09c'est quoi
00:42:10la part
00:42:10de cette croissance
00:42:11qu'Oxfam
00:42:12et CCFT
00:42:13attribue directement
00:42:15à la concurrence
00:42:15fiscale
00:42:15entre états
00:42:17en gros
00:42:17s'il n'y avait pas eu
00:42:18la réforme
00:42:19de l'ISF
00:42:20et le PFU
00:42:21la flat tax
00:42:21comment serait
00:42:24ventilée
00:42:24les fortunes
00:42:25aujourd'hui
00:42:27alors là
00:42:27je n'ai pas un chiffre
00:42:28tout fait
00:42:28sous la main
00:42:29à vous donner
00:42:32ce qui est certain
00:42:33c'est que
00:42:33en effet
00:42:35c'est un phénomène
00:42:37qui a très clairement
00:42:38été aggravé
00:42:39par les
00:42:40différentes
00:42:41décisions
00:42:41fiscales
00:42:42enfin par les
00:42:43différents choix
00:42:44fiscaux
00:42:44qui ont été
00:42:45faits ces dernières
00:42:45années
00:42:46on voit bien
00:42:47qu'il y a une
00:42:48augmentation
00:42:48de plus en plus
00:42:49importante
00:42:49comme on le dit
00:42:50de la fortune
00:42:53des plus riches
00:42:53qui est vraiment
00:42:54concentrée
00:42:54sur le patrimoine
00:42:55financier
00:42:55qui est celui
00:42:56qui est aujourd'hui
00:42:57le plus mal taxé
00:43:00aujourd'hui
00:43:01dans notre pays
00:43:01et notamment
00:43:02avec la suppression
00:43:03de l'ISF
00:43:04dont les différentes
00:43:06études estiment
00:43:07à plusieurs milliards
00:43:08de pertes
00:43:08quand même
00:43:09par an
00:43:11pour les finances
00:43:12publiques
00:43:12le passage
00:43:14à l'IFI
00:43:15avec en plus
00:43:15quand même
00:43:16une perte
00:43:16non négligeable
00:43:17pour la qualité
00:43:18de nos débats
00:43:19et des prises
00:43:19de décisions
00:43:20politiques
00:43:20et la perte
00:43:21aussi de données
00:43:22qui va avec
00:43:23la perte
00:43:23de la perception
00:43:25de l'ISF
00:43:25en termes
00:43:26de
00:43:28de
00:43:29de
00:43:32patrimoine
00:43:32pardon
00:43:32financier
00:43:34donc là
00:43:35j'ai pas
00:43:35c'est quelque chose
00:43:36à laquelle on pourrait
00:43:36répondre dans un second temps
00:43:37il faudrait
00:43:39essayer
00:43:39d'estimer ça
00:43:41mais
00:43:42mais c'est certain
00:43:43que ces phénomènes
00:43:43sont liés en tout cas
00:43:46après si je peux dire
00:43:47une chose
00:43:48c'est qu'un des éléments
00:43:49qui a accru
00:43:49la valeur du patrimoine
00:43:50financier
00:43:51est directement lié
00:43:52au politif
00:43:53que massif
00:43:54de rachat d'actifs
00:43:55qui ont été
00:43:55mis en place
00:43:56pendant le covid
00:43:57c'est ça qui a permis
00:43:59de maintenir
00:44:01la valeur
00:44:01d'un certain nombre
00:44:02d'actifs
00:44:03mais
00:44:04aussi
00:44:06paradoxalement
00:44:06de leur faire
00:44:07bénéficier
00:44:09des choix
00:44:10qui ont été faits
00:44:11pendant la période
00:44:13de covid
00:44:13qui n'ont pas fait
00:44:14l'objet
00:44:14de taxation
00:44:16sur les super profits
00:44:17à hauteur
00:44:17de ce qu'aurait
00:44:18dû être
00:44:21une réciprocité
00:44:22de solidarité
00:44:22à l'égard
00:44:24de ces portefeuilles
00:44:25bien on continue
00:44:26monsieur le rapporteur
00:44:27merci
00:44:28bon on passe
00:44:29au deuxième bloc
00:44:30mais qu'on a déjà
00:44:31partiellement
00:44:33attaqué
00:44:33qui est la fiscalité
00:44:36des revenus
00:44:36du ménage
00:44:37les plus aisés
00:44:38alors les travaux
00:44:39de l'IPP
00:44:40quels impôts
00:44:41les milliardaires
00:44:42payent-ils
00:44:43de juin 2023
00:44:44concluent
00:44:45à une progressivité
00:44:46globale
00:44:46du système fiscal
00:44:47jusqu'à 0,1%
00:44:48des plus hauts
00:44:50revenus économiques
00:44:51puis à une régressivité
00:44:53passer ce niveau
00:44:54principalement
00:44:54en raison de l'importance
00:44:55que prennent les revenus
00:44:56non distribués
00:44:57des sociétés contrôlées
00:44:59dont les revenus
00:45:00totaux de ces minages
00:45:01pour renforcer
00:45:02la contribution
00:45:03des minages
00:45:03les plus aisés
00:45:04ne faudrait pas
00:45:05plutôt concentrer
00:45:06les réformes
00:45:06de la fiscalité
00:45:07des revenus
00:45:07sur les revenus
00:45:09non distribués
00:45:09des sociétés contrôlées
00:45:10et quelles sont
00:45:11vos préconisations
00:45:12en la matière
00:45:13d'abord nous ne pensons pas
00:45:14qu'il y ait une mesure
00:45:15miracle pour résoudre
00:45:17l'ensemble des problèmes
00:45:17que nous venons
00:45:18d'évoquer
00:45:19et nous pensons
00:45:21à l'inverse
00:45:22qu'une mesure
00:45:23trop restreinte
00:45:23comme celle
00:45:24qui a été proposée
00:45:25ces dernières années
00:45:26par le gouvernement
00:45:28fait peser le risque
00:45:29de donner l'impression
00:45:31de s'occuper d'un problème
00:45:31alors qu'on le traite
00:45:32de manière très marginale
00:45:34on l'a vu
00:45:34je parlais de la taxation
00:45:36sur les super profits
00:45:37voilà
00:45:37c'est exactement
00:45:38sur ce
00:45:40sur ce plan là
00:45:41dont
00:45:43c'est de cette question
00:45:44dont je parle
00:45:45et nous avons
00:45:46une attente
00:45:46assez forte
00:45:48à l'égard
00:45:48de la représentation nationale
00:45:49pour justement
00:45:51apporter des réponses
00:45:52qui soient
00:45:53des réponses
00:45:55efficaces
00:45:55et il nous semble
00:45:56que pour
00:45:57répondre au constat
00:45:59fait par l'IPP
00:46:00sur le manque
00:46:01de progressivité
00:46:01de l'impôt
00:46:03l'imposition planchée
00:46:04sur le patrimoine
00:46:05que certains appellent
00:46:06taxe Zuckman
00:46:07qui n'ont pas une taxe
00:46:09mais qui est simplement
00:46:09la vérification
00:46:10qu'il y a un plancher
00:46:12pour éviter
00:46:12une forme d'optimisation
00:46:14qui soit
00:46:14totale
00:46:15devrait être
00:46:17la bonne solution
00:46:18et nous sommes même
00:46:19favorables
00:46:20à ce que ce taux
00:46:20soit de 3%
00:46:21pour retrouver
00:46:23une véritable progressivité
00:46:24de l'impôt
00:46:25et pas seulement
00:46:25pour combler
00:46:26sa régressivité
00:46:28actuelle
00:46:30le risque
00:46:31de mettre en place
00:46:32une disposition
00:46:34sur
00:46:35les plus-values
00:46:36latentes
00:46:37ou une disposition
00:46:38sur les holdings
00:46:40serait
00:46:40d'ouvrir
00:46:42la porte
00:46:43à une autre
00:46:43optimisation
00:46:44qui permettrait
00:46:46de s'exonérer
00:46:47de cette obligation
00:46:48Oui
00:46:49je rejoins
00:46:50l'idée
00:46:51qu'il faut
00:46:52en fait
00:46:52avoir une vision
00:46:53holistique
00:46:53et qu'effectivement
00:46:56s'il n'y a pas
00:46:56de mesures miracles
00:46:57les mesures
00:46:58trop restreintes
00:46:59elles vont
00:46:59de toute façon
00:47:00vu l'agilité
00:47:02des personnes
00:47:02les plus
00:47:03les plus fortunées
00:47:05qui sont aussi
00:47:05souvent les personnes
00:47:06les mieux conseillées
00:47:07en matière fiscale
00:47:08il y a toujours
00:47:09un loup
00:47:10et qu'en fait
00:47:10un mécanisme
00:47:11qui permettrait
00:47:11un mécanisme
00:47:13d'imputation
00:47:13minimal
00:47:14qui se concentrerait
00:47:16justement
00:47:16avec un mécanisme
00:47:17planché
00:47:18sur une certaine
00:47:21fraction
00:47:21de la richesse
00:47:22tout actif
00:47:24tout revenu
00:47:24confondu
00:47:25effectivement
00:47:25ça peut permettre
00:47:26plus facilement
00:47:27de répondre
00:47:29à l'objectif
00:47:30qu'on se fixe
00:47:31et sur
00:47:32les revenus
00:47:34non distribués
00:47:35des sociétés
00:47:35contrôlées
00:47:36il y a aussi
00:47:36un enjeu
00:47:36à mieux définir
00:47:37les sociétés
00:47:37contrôlées
00:47:38et aussi
00:47:38il y a un enjeu
00:47:39de transparence
00:47:41fiscale
00:47:41qui est évident
00:47:42c'est qu'il y a
00:47:42aussi plein
00:47:43de mécanismes
00:47:45aujourd'hui
00:47:45d'optimisation
00:47:46qui reposent
00:47:46sur des structures
00:47:47assez complexes
00:47:48avec une sophistication
00:47:50aussi des chaînes
00:47:51de détention
00:47:52et des chaînes
00:47:54d'entités
00:47:54qui permettent
00:47:55finalement à la fin
00:47:56de bénéficier
00:47:56d'un certain actif
00:47:58et que donc
00:47:59pour nous
00:48:00le préalable
00:48:02aussi à cette discussion
00:48:03c'est d'avancer
00:48:04sur les questions
00:48:05de transparence fiscale
00:48:06encore faut-il
00:48:07être en mesure
00:48:08de bien définir
00:48:09l'entièreté
00:48:10de l'assiette taxable
00:48:11l'entièreté
00:48:12des revenus
00:48:12dont on parle
00:48:13et d'identifier
00:48:14de bien raccrocher
00:48:15une personne physique
00:48:17avec les sociétés
00:48:18contrôlées
00:48:18et les potentiels
00:48:20actifs
00:48:21donc tels les bénéficiaires
00:48:22c'est l'enjeu
00:48:22qui se pose
00:48:23autour de la question
00:48:24de la transparence
00:48:26des bénéficiaires
00:48:26effectifs
00:48:27je pourrais
00:48:28donner plus de détails
00:48:29au besoin
00:48:30mais effectivement
00:48:31on doit aussi
00:48:31avancer là-dessus
00:48:32parce que c'est un préalable
00:48:33c'est nécessaire
00:48:36pour pouvoir appréhender
00:48:37aussi l'ensemble
00:48:38de la richesse
00:48:39dont on parle
00:48:39et donc à la fois
00:48:41avoir une vision holistique
00:48:42et peut-être se dire
00:48:43effectivement
00:48:43que l'approche
00:48:44d'un pot plancher
00:48:45qui dit
00:48:47on ne va pas regarder
00:48:48effectivement
00:48:49morceau par morceau
00:48:50les différentes
00:48:52manières
00:48:53dont vous constituez
00:48:54votre patrimoine
00:48:54parce que ça peut
00:48:55permettre justement
00:48:56aux personnes
00:48:57les plus fortunées
00:48:58des effets
00:48:59de contournement
00:49:00et d'évitement
00:49:01vers d'autres schémas
00:49:01vers d'autres mécanismes
00:49:03vers d'autres
00:49:04types d'actifs
00:49:05ou vers d'autres types
00:49:06de chaînes de détention
00:49:07d'actifs
00:49:08et en face de ça
00:49:09aussi pouvoir avancer
00:49:10sur la vraie détermination
00:49:12de l'ensemble de la richesse
00:49:14et de l'ensemble de l'assiette
00:49:15et ça pour ça
00:49:15on a besoin d'avancer
00:49:16aussi sur les questions
00:49:17de transparence fiscale
00:49:19Je passe à la question 4
00:49:21Qu'est-ce que vous pensez
00:49:22de l'instauration
00:49:23de la contribution différentielle
00:49:24sur les titulaires
00:49:25de hauts revenus
00:49:26la CDHR
00:49:27dans la loi de finances initiale
00:49:29pour 2025
00:49:30au regard des possibilités
00:49:32observées
00:49:32chez les contribuables
00:49:33les plus aisés
00:49:34d'optimiser le versement
00:49:35de leurs dividendes
00:49:36que pensez-vous
00:49:37en termes clairs
00:49:38certains ont anticipé
00:49:39le versement des dividendes
00:49:40et l'ont fait chuter
00:49:42d'une année sur l'autre
00:49:43pour le contourner
00:49:44puisqu'elle était exceptionnelle
00:49:45donc qu'est-ce que vous pensez
00:49:47de sa prolongation
00:49:48sa prorogation
00:49:49jusqu'au retour
00:49:50à un déficit public
00:49:51inférieur à 3%
00:49:52tel qu'adopté
00:49:52en déléfi pour 2026
00:49:55Alors d'abord
00:49:55on salue le petit pas
00:49:57effectivement
00:49:57et on voit quand même
00:49:58que ça donne un signal
00:49:59je parlais tout à l'heure
00:50:00du signal que ça donne
00:50:03collectivement
00:50:04pour faire écho
00:50:05à ce que je disais
00:50:05en introduction
00:50:06à l'ensemble
00:50:07des habitants de ce pays
00:50:09et donc ça donne quand même
00:50:10un signal
00:50:10qui va dans le bon sens
00:50:12mais c'est pour nous
00:50:13largement insuffisant
00:50:14vous le comprendrez
00:50:15à la fois sur
00:50:17le taux
00:50:17et puis aussi
00:50:18sur les possibilités
00:50:19d'optimisation
00:50:20qui peuvent créer
00:50:21une situation
00:50:22de poids de mesure
00:50:24donc nous on aurait
00:50:25évidemment
00:50:26on serait en faveur
00:50:29d'une mesure
00:50:30permanente
00:50:31même si on peut
00:50:32imaginer qu'elle est
00:50:33durable
00:50:35mais
00:50:36plutôt que temporaire
00:50:38et parce que sinon
00:50:39elle donne le sentiment
00:50:40qu'on peut essayer
00:50:40d'attendre
00:50:41avant de faire
00:50:42des distributions
00:50:43et elle aurait dû
00:50:44être pour nous
00:50:45elle devrait être
00:50:46associée à d'autres
00:50:47mesures de justice
00:50:48fiscale
00:50:49mais je le dis
00:50:50je salue à la fois
00:50:52l'initiative
00:50:53des travaux
00:50:54de votre commission
00:50:54d'enquête
00:50:55et puis le fait
00:50:55qu'il y ait eu
00:50:56effectivement
00:50:57ce petit pas
00:50:58qui donne le signal
00:51:00quand même
00:51:00que comme l'a dit
00:51:02un ancien premier ministre
00:51:04il n'était pas contre
00:51:06un peu plus
00:51:07ou un peu moins
00:51:08d'injustice fiscale
00:51:10donc oui
00:51:11nous ne sommes pas
00:51:11contre
00:51:12un peu moins
00:51:13d'injustice fiscale
00:51:13mais nous serions
00:51:15pour plus
00:51:16de justice fiscale
00:51:17la troisième
00:51:18c'est sur la fiscalité
00:51:19de la détention
00:51:19et de la transmission
00:51:21du patrimoine
00:51:21des ménages
00:51:22les plus cessés
00:51:22alors la cinquième
00:51:23question
00:51:23est la suivante
00:51:24le gouvernement
00:51:24a un temps envisagé
00:51:25la mise en place
00:51:27d'une contribution
00:51:27différentielle
00:51:28sur le haut patrimoine
00:51:29plus modeste
00:51:30que l'impôt planché
00:51:31de 2%
00:51:31proposé par monsieur
00:51:32Zuckman
00:51:34que pensez-vous
00:51:35de la mise en oeuvre
00:51:35vous l'avez évoqué
00:51:36tout à l'heure
00:51:37madame la présidente
00:51:38d'Oxam
00:51:38que pensez-vous
00:51:39de la mise en oeuvre
00:51:40d'une telle contribution
00:51:41à un taux réduit
00:51:42par exemple
00:51:42de 0,5%
00:51:44qui exclurait
00:51:44les biens professionnels
00:51:45comme le recommande
00:51:46la cour des comptes
00:51:48d'abord nous
00:51:48on aime être positifs
00:51:50et donc
00:51:50on est très contents
00:51:52que le gouvernement
00:51:53admette
00:51:54même à mot couvert
00:51:55même sans totalement le dire
00:51:57qu'il y a un problème
00:51:58et se sent obligé
00:52:00de réagir
00:52:00et de mettre
00:52:01quelque chose en place
00:52:01donc je veux
00:52:02c'est exactement
00:52:03la même chose
00:52:03avec le débat
00:52:05que nous avons eu précédemment
00:52:06c'était très bien
00:52:08en revanche
00:52:09c'est très insuffisant
00:52:11c'est très insuffisant
00:52:12parce que
00:52:12la mesure proposée
00:52:14par monsieur Zuckman
00:52:15elle permet juste de lutter
00:52:17contre la régressivité
00:52:19de l'impôt
00:52:19c'est une sorte de palliatif
00:52:21ça ne met pas
00:52:22de progressivité
00:52:23et étant donné
00:52:25comme on l'a dit
00:52:25tout à l'heure
00:52:26que les biens professionnels
00:52:27constituent 88%
00:52:29de la fortune
00:52:29des ultra riches
00:52:30à ce niveau là
00:52:31de richesse
00:52:32une telle mesure
00:52:33va être dérisoire
00:52:34par rapport
00:52:35à son objectif affiché
00:52:360,5%
00:52:38de 12%
00:52:39en moyenne
00:52:40c'est très faible
00:52:42donc
00:52:43si on exclut
00:52:44les biens professionnels
00:52:46et on parlera ensuite
00:52:47du
00:52:49du
00:52:49du pack du treil
00:52:51et de la question
00:52:51de la fiscalité
00:52:53du
00:52:53de la transmission
00:52:54du patrimoine
00:52:55et de l'héritage
00:52:55en fait on est dans
00:52:56une espèce de fantasme
00:52:57c'est à dire
00:52:58qu'il y a une sorte
00:52:58de sacralisation
00:52:59des biens professionnels
00:53:02qu'on distingue
00:53:04totalement du patrimoine
00:53:05alors qu'en fait
00:53:05dans ces biens professionnels
00:53:07on le sait
00:53:08alors même s'il y a eu
00:53:09ce travail sur les biens
00:53:09somptuaires
00:53:10il y a tout un tas
00:53:11de biens
00:53:11dont la qualification
00:53:12de professionnel
00:53:14peut singulièrement
00:53:15être la détention
00:53:17de filiales
00:53:19ou d'autres actifs
00:53:19financiers
00:53:21est-ce que c'est
00:53:21des biens professionnels ?
00:53:22non c'est pas forcément
00:53:23des biens professionnels
00:53:24cette définition
00:53:26ou alors
00:53:26j'allais dire
00:53:27si vous vouliez
00:53:27qu'on puisse rentrer
00:53:28dans cette logique
00:53:29il faudrait une définition
00:53:30extrêmement restrictive
00:53:31de ce qu'on appelle
00:53:32biens professionnels
00:53:33peut-être pour exonérer
00:53:35certaines
00:53:35soit entreprises
00:53:36entreprises en croissance
00:53:37soit entreprises
00:53:38avec de très fortes
00:53:39immobilisations
00:53:40mais
00:53:42aujourd'hui
00:53:43on appelle biens professionnels
00:53:44la détention d'actions
00:53:47en fait
00:53:48je pense que cette question
00:53:49peut être singulièrement
00:53:50interrogée
00:53:51en tout cas
00:53:51en l'état actuel des choses
00:53:52cette proposition
00:53:53qui serait de 0,5%
00:53:55sur 12%
00:53:56en moyenne
00:53:56nous semble
00:53:57totalement insuffisante
00:53:58après avoir
00:53:59essayé d'avoir
00:54:00un mot positif
00:54:01comme vous l'avez
00:54:02je l'espère noté
00:54:040,5%
00:54:05c'est toujours mieux
00:54:06que rien
00:54:07je voulais revenir
00:54:08très précis
00:54:08juste
00:54:10par exemple
00:54:10sur la contribution
00:54:11différentielle
00:54:12que vous avez évoqué
00:54:13plus tôt
00:54:14on voit bien
00:54:15néanmoins
00:54:15pour aussi avoir
00:54:16un mot positif
00:54:17et d'ailleurs
00:54:18quand on lit
00:54:18le rapport
00:54:19de la Cour des comptes
00:54:20sur l'état
00:54:21des finances publiques
00:54:21au premier trimestre
00:54:232026
00:54:24on voit bien
00:54:25que la réduction
00:54:26du déficit
00:54:27est portée
00:54:28par deux choses
00:54:29l'augmentation
00:54:30des cotisations
00:54:30et les hausses
00:54:32d'impôts
00:54:32notamment la contribution
00:54:33différentielle
00:54:34sur les hauts revenus
00:54:35et la contribution
00:54:36sur les grandes entreprises
00:54:38qui est un signal positif
00:54:40pour dire effectivement
00:54:40qu'augmenter les impôts
00:54:43ça a aussi des vertus
00:54:44pour les finances publiques
00:54:45donc je pense que ça
00:54:46c'est quelque chose
00:54:46qui est important à dire
00:54:47et deuxièmement
00:54:49effectivement
00:54:51ce débat
00:54:52il est assez fort en France
00:54:52sur la qualification
00:54:53des biens professionnels
00:54:55mais en fait
00:54:55aujourd'hui
00:54:56c'est exactement là
00:54:58que se situe le problème
00:54:59c'est à dire que
00:54:59si on ne définit pas bien
00:55:01une assiette
00:55:02qui aujourd'hui
00:55:02est beaucoup trop restreinte
00:55:03on manquera le problème
00:55:05et aujourd'hui
00:55:06le problème
00:55:07il est bien celui
00:55:07de l'assiette
00:55:08et d'ailleurs
00:55:10c'est bien professionnel
00:55:12il y a aussi
00:55:12beaucoup d'actifs
00:55:16dont on n'a pas connaissance
00:55:17par exemple
00:55:18justement pour revenir
00:55:19à ces questions
00:55:19de transparence
00:55:20des personnes aussi
00:55:22qui détiennent des actifs
00:55:23justement
00:55:23par société interposée
00:55:25par des banques écrans
00:55:28ou alors par des chaînes
00:55:30interposées
00:55:30de détention
00:55:31qui font aussi
00:55:32que c'est très compliqué
00:55:33de savoir
00:55:33qui détient quoi
00:55:35je ne suis pas sûr
00:55:36en tout cas
00:55:36que quelqu'un
00:55:37qui détient
00:55:37un actif
00:55:39par une chaîne
00:55:39interposée
00:55:40de détention
00:55:40ce soit vraiment
00:55:42dans une optique
00:55:44professionnelle
00:55:44pour autant
00:55:45c'est quelque chose
00:55:45c'est la détention
00:55:46d'un actif
00:55:47qui permet
00:55:47d'échapper
00:55:48en tout cas
00:55:49d'optimiser sa fiscalité
00:55:50si ce n'est pas
00:55:50de faire une forme
00:55:52d'évasion fiscale
00:55:54effectivement
00:55:54qu'il y ait une réflexion
00:55:55sur que veut dire
00:55:56un bien professionnel
00:55:57pourquoi pas
00:55:57mais comme je le disais
00:55:58aussi précédemment
00:55:59il y a des pays
00:56:01même au niveau européen
00:56:02où justement
00:56:03l'assiette
00:56:03inclut
00:56:06très largement
00:56:07tout un type
00:56:08d'actifs
00:56:09et où ce débat
00:56:10professionnel
00:56:11cette dichotomie
00:56:12professionnelle
00:56:12non professionnelle
00:56:13est beaucoup moins marquée
00:56:14ce qui veut dire aussi
00:56:15que c'est possible
00:56:16de le faire
00:56:16et je ne pense pas
00:56:17que dans ces pays
00:56:18l'activité économique
00:56:19pour autant
00:56:20se soit effondrée
00:56:24alors ma sixième question
00:56:25concerne les propositions
00:56:27fiscales
00:56:28d'Oxam France
00:56:30dans ces propositions
00:56:32figure exactement
00:56:33la mise en oeuvre
00:56:34d'un ISF climatique
00:56:36que vous avez tout à l'heure
00:56:37évoqué
00:56:38madame la présidente
00:56:39qui prévoit
00:56:40notamment la transformation
00:56:40de l'abattement
00:56:41de 30%
00:56:42sur la résidence principale
00:56:44en abattement forfaitaire
00:56:45de 500 000 euros
00:56:46mais pourquoi vouloir
00:56:47renforcer la fiscalité
00:56:49sur le patrimoine
00:56:50immobilier
00:56:51alors même que c'est
00:56:52la seule catégorie
00:56:52de patrimoine
00:56:53dont la détention
00:56:54est actuellement taxée
00:56:55et que l'immobilier
00:56:57occupe une place faible
00:56:58dans le patrimoine
00:56:59des personnes
00:56:59les plus aisées
00:57:03merci beaucoup
00:57:05pour cette question
00:57:06alors en effet
00:57:07la mise en place
00:57:09d'un ISF climatique
00:57:11fait partie
00:57:11de notre panel
00:57:12de 19 mesures
00:57:14pour une fiscalité
00:57:15juste
00:57:15verte et féministe
00:57:18alors juste
00:57:19pour pas qu'il y ait
00:57:20de confusion
00:57:21sur le sens
00:57:22de la mesure
00:57:25l'ISF climatique
00:57:26ne porte pas
00:57:28spécifiquement
00:57:28uniquement
00:57:31sur l'immobilier
00:57:32ou sur des valeurs
00:57:33immobilières
00:57:34mais justement
00:57:35contrairement
00:57:36à l'IFI
00:57:37qui a été mise en place
00:57:38suite à la suppression
00:57:39de l'ISF
00:57:39il réintègre bien
00:57:41la taxation
00:57:41du patrimoine
00:57:42financier
00:57:43c'est un enjeu central
00:57:44pour nous
00:57:44dans cette mesure là
00:57:46une de ses spécificités
00:57:48c'est que
00:57:50on lui
00:57:50on propose
00:57:51de lui adosser
00:57:52ce qu'on appelle
00:57:53une surtaxe climatique
00:57:54c'est pour ça
00:57:54qu'on appelle ça
00:57:55l'ISF climatique
00:57:56ou l'ISF vert
00:57:57qui là aussi
00:57:58porte
00:58:00surtout
00:58:00sur le patrimoine
00:58:02financier
00:58:04en revanche
00:58:05c'est vrai
00:58:05qu'il a aussi
00:58:05été conçu
00:58:06en essayant
00:58:07de tirer des leçons
00:58:08des défauts
00:58:09de l'ISF
00:58:10alors on a beaucoup
00:58:11dénoncé évidemment
00:58:12le fait
00:58:13qu'il soit
00:58:14supprimé
00:58:15à la fois
00:58:15pour des raisons
00:58:16symboliques
00:58:17politiques
00:58:18qu'on trouve
00:58:18très fortes
00:58:19mais aussi
00:58:19pour des raisons
00:58:21fiscales
00:58:21et de recettes
00:58:22pour l'état
00:58:22qu'on trouve
00:58:22très fortes
00:58:23aussi
00:58:24mais ça nous empêche
00:58:25pas d'avoir
00:58:26un regard critique
00:58:27sur les limites
00:58:28qu'avait
00:58:28cet ISF
00:58:29avant sa suppression
00:58:31il en avait
00:58:32plusieurs
00:58:32c'est pour ça
00:58:33qu'on parle
00:58:33d'un ISF
00:58:34rénové
00:58:35c'est une mesure
00:58:35qui a été pensée
00:58:36notamment
00:58:37par l'association
00:58:38Attaque
00:58:40avec qui
00:58:40on travaille
00:58:41régulièrement
00:58:42un des points
00:58:43qui a été
00:58:45remarqué
00:58:45dans les limites
00:58:46de l'ISF
00:58:47telles qu'il existait
00:58:47et qu'on propose
00:58:50de modifier
00:58:51c'est notamment
00:58:51le fait que
00:58:52plusieurs des niches
00:58:53fiscales
00:58:53qui s'y appliquaient
00:58:55étaient exprimées
00:58:55en pourcentage
00:58:56le fait qu'elles soient
00:58:57exprimées en pourcentage
00:58:58comme c'est le cas
00:58:59en effet
00:58:59de l'abattement
00:59:00sur la résidence principale
00:59:02qui permettait
00:59:03donc de retrancher
00:59:0430% de la valeur
00:59:05de sa résidence principale
00:59:06quel que soit
00:59:07le montant
00:59:08sans plafond
00:59:10ce pourcentage
00:59:11il crée
00:59:12une manière
00:59:14d'être exonéré
00:59:15de l'ISF
00:59:16qui est beaucoup
00:59:16plus avantageuse
00:59:17si on a
00:59:18je ne sais pas
00:59:20plein de villas
00:59:21que si on a
00:59:22certes une résidence
00:59:23principale
00:59:24qui a de la valeur
00:59:25mais
00:59:27ce qui peut être
00:59:28le cas
00:59:28de richesses
00:59:30disons plus modérées
00:59:31ou même
00:59:32de personnes
00:59:34faisant partie
00:59:34disons
00:59:34d'une classe moyenne
00:59:36aisée
00:59:37donc remplacer
00:59:38cet abattement
00:59:39en pourcentage
00:59:41par une valeur
00:59:41forfaitaire
00:59:42ça permet à la fois
00:59:43de répondre
00:59:43à l'inquiétude
00:59:44qui a souvent été
00:59:45exprimée
00:59:46et partagée
00:59:47concernant l'ISF
00:59:47de dire
00:59:48oui mais qu'est-ce que
00:59:48je fais si la valeur
00:59:49de mon logement
00:59:50a énormément augmenté
00:59:51mais que je veux
00:59:52simplement continuer
00:59:52d'y vivre
00:59:53mais que j'ai pas forcément
00:59:54les revenus
00:59:54pour autant
00:59:55pour payer un impôt
00:59:56important dessus
00:59:57donc ça répond
00:59:58à ce problème
00:59:59et notamment
00:59:59à celui
01:00:00de l'augmentation
01:00:00de la valeur
01:00:01de l'immobilier
01:00:02en ayant un abattement
01:00:03important
01:00:05et en même temps
01:00:05ça permet
01:00:06un abattement
01:00:07qui soit plus juste
01:00:08c'est-à-dire que
01:00:08du coup oui
01:00:09pour toute personne
01:00:10jusqu'à ce montant-là
01:00:12l'abattement existe
01:00:14mais par contre
01:00:14vous n'allez pas avoir
01:00:15pour certains
01:00:16par exemple
01:00:17un abattement
01:00:18de 30%
01:00:19de votre logement
01:00:21qui vaut
01:00:21un million et quelques
01:00:22alors que ça va être
01:00:24aussi 30%
01:00:24de quelqu'un
01:00:26qui va posséder
01:00:26je ne sais combien
01:00:27de logements
01:00:28à plusieurs millions
01:00:29d'euros
01:00:29qui là du coup
01:00:30va faire perdre
01:00:32au fisc
01:00:34potentiellement
01:00:35des montants
01:00:36beaucoup plus importants
01:00:37sans que ça bénéficie
01:00:39à la justice fiscale
01:00:40donc en effet
01:00:41c'est pas l'aspect
01:00:42prioritaire
01:00:43de la mesure
01:00:44mais ça en fait partie
01:00:45pour avoir
01:00:46une mesure
01:00:46qui soit
01:00:47véritablement
01:00:48juste
01:00:48pour tout le monde
01:00:50je passe
01:00:51à la septième
01:00:52question
01:00:54oui
01:00:55j'ai une question
01:00:56supplémentaire
01:00:57voilà
01:00:58sur ce bloc
01:01:00qui est sur
01:01:01la transmission
01:01:02puisque sur la transmission
01:01:04le dispositif
01:01:05fiscal français
01:01:06enfin quand on
01:01:08essaie de le comparer
01:01:08aux autres
01:01:09c'est très compliqué
01:01:10parce que je ne dis pas
01:01:12qu'il y a autant
01:01:12de situations
01:01:13que de pays
01:01:13puisque ça va
01:01:14d'une quasi suppression
01:01:16dans une dizaine
01:01:17de pays
01:01:17de tout droit
01:01:18de succession
01:01:19à des situations
01:01:20où on a plutôt
01:01:21tendance à durcir
01:01:22et on fait partie
01:01:23plutôt de cela
01:01:24bon mais enfin
01:01:25c'est compliqué
01:01:26mais il y a un certain
01:01:27nombre de dispositifs
01:01:28dont vous avez
01:01:30parlé
01:01:30qui est le Dutreil
01:01:31il y a le problème
01:01:36du statut
01:01:36au regard
01:01:38de la transmission
01:01:38de la résidence
01:01:40principale
01:01:43et voilà
01:01:44enfin il y en a
01:01:45d'autres
01:01:46de l'épargne
01:01:47salariale
01:01:48qu'on peut transmettre
01:01:51si on le garde
01:01:52jusqu'à sa mort
01:01:53enfin je veux dire
01:01:53qu'est-ce que vous pensez
01:01:55et quelles sont
01:01:56vos préconisations
01:01:57sur la réforme
01:01:59des droits
01:02:00de succession
01:02:01et de donation
01:02:03alors ça fera écho
01:02:04aussi à la question
01:02:05qu'avait posée
01:02:06tout à l'heure
01:02:09Emmanuel Morel
01:02:10sur ce moment
01:02:12de grande transmission
01:02:13c'est vrai
01:02:13qu'il y a un moment
01:02:14d'actualité
01:02:15particulier
01:02:16on l'a documenté
01:02:17la position
01:02:19d'Oxfam
01:02:19sur cette question
01:02:20elle est double
01:02:21elle est
01:02:22d'abord
01:02:23de s'intéresser
01:02:24de manière
01:02:26particulière
01:02:27à ce que nous appelons
01:02:28les super héritages
01:02:29au delà de 13 millions
01:02:31qui aujourd'hui
01:02:33font eux aussi
01:02:34l'objet
01:02:34d'une taxation
01:02:35en pourcentage
01:02:37inférieure
01:02:37aux plus petites
01:02:38successions
01:02:40et il nous semble
01:02:40que c'est problématique
01:02:41notamment
01:02:42autour de la question
01:02:44du pacte du Très
01:02:44alors là aussi
01:02:45on se félicite
01:02:45quand on a commencé
01:02:46nos travaux
01:02:47on était encore
01:02:48dans cette espèce
01:02:48de brume
01:02:49autour du coût réel
01:02:50du pacte du Très
01:02:51d'ailleurs
01:02:52je trouverais ça
01:02:53assez intéressant
01:02:54de voir comment
01:02:54entre
01:02:56la manière
01:02:57dont ça a été annoncé
01:02:58historiquement
01:02:59favoriser
01:03:00le maintien
01:03:01en France
01:03:01et la détention
01:03:02par les successeurs
01:03:04enfin par la famille
01:03:05ou les enfants
01:03:06du fondateur
01:03:07d'une entreprise
01:03:08d'une entreprise
01:03:09existante en France
01:03:10on est passé
01:03:10à tout à fait
01:03:11autre chose
01:03:13et il nous semble
01:03:14que c'est
01:03:14totalement dysfonctionnel
01:03:16donc il y a
01:03:16pour nous
01:03:16une priorité
01:03:17sur cette question
01:03:19ensuite nous
01:03:19les travaux
01:03:20que nous avons mené
01:03:21nous ont conduit
01:03:22à penser
01:03:22qu'il pouvait y avoir
01:03:25une réflexion inverse
01:03:26sur le fait
01:03:27de se placer
01:03:27du point de vue
01:03:28de l'héritier
01:03:29qui disposerait
01:03:31d'une franchise
01:03:32de droits de succession
01:03:34sur ce qu'il recevrait
01:03:35en héritage
01:03:37qui conçoit
01:03:39le donateur
01:03:40ce qui permettrait
01:03:41de répondre aussi
01:03:42aux nouvelles formes
01:03:42de famille
01:03:43au fait qu'il y a des gens
01:03:44qui décèdent
01:03:45sans enfant
01:03:45mais qui peuvent
01:03:46avoir tissé
01:03:47des relations
01:03:47avec des enfants
01:03:48aux beaux-parents
01:03:48par exemple
01:03:49on parle d'une maison
01:03:51achetée
01:03:52par un parent
01:03:53et un beau-parent
01:03:54qui lègue
01:03:54aux enfants
01:03:55de l'un
01:03:55mais la moitié
01:03:57qui est du beau-parent
01:03:58même au bout
01:03:59de 40 ans
01:04:00de vie commune
01:04:01va se retrouver
01:04:01dans une situation
01:04:02plus compliquée
01:04:03et notamment
01:04:03quand vous n'êtes pas
01:04:05parmi les plus hauts
01:04:06patrimoines
01:04:06qui eux
01:04:06seraient tout à fait
01:04:07capables d'avoir
01:04:08des dispositifs
01:04:09de type SCI
01:04:10etc.
01:04:11c'est pour ça
01:04:11qu'il nous a
01:04:11semblé intéressant
01:04:12de se concentrer
01:04:13sur ceux
01:04:14qui payent
01:04:14en proportion
01:04:15beaucoup
01:04:15plus de
01:04:17droits de succession
01:04:18parce qu'ils n'ont pas
01:04:18du tout optimisé
01:04:19comme l'ont fait
01:04:20les plus hauts patrimoines
01:04:22ça c'est la première chose
01:04:23donc les super héritages
01:04:25le fait de se placer
01:04:27du point de vue
01:04:27des héritiers
01:04:28plutôt que du point de vue
01:04:31des auteurs
01:04:32entre guillemets
01:04:33d'héritage
01:04:36et enfin
01:04:37évidemment
01:04:37de s'attaquer là
01:04:38de manière extrêmement résolue
01:04:41au dispositif
01:04:42du PAC
01:04:43du TRAIL
01:04:44même s'il y a eu
01:04:45à votre initiative
01:04:46un certain nombre
01:04:47de patchs
01:04:48qui ont été
01:04:48mis en oeuvre
01:04:49il nous semble
01:04:50qu'il faudrait
01:04:50pouvoir avoir
01:04:51un suivi
01:04:52extrêmement précis
01:04:53de l'ensemble
01:04:54de l'utilisation
01:04:55de ce dispositif
01:04:55et que
01:04:57là
01:04:57je ne sais pas
01:04:58si ça rentre
01:04:58dans le champ
01:04:59des travaux
01:05:00de votre commission
01:05:00d'enquête
01:05:01mais le fait
01:05:01qu'aujourd'hui
01:05:02il n'y ait que
01:05:03des documents papiers
01:05:04relatifs aux successions
01:05:05et qu'il n'y ait pas
01:05:06la possibilité
01:05:07de pouvoir avoir
01:05:08des extractions
01:05:09informatiques
01:05:10précises
01:05:11de ces données
01:05:12par exemple
01:05:12il est impossible
01:05:13de savoir
01:05:14l'évolution
01:05:15du nombre
01:05:15de refus
01:05:15de succession
01:05:16en France
01:05:16ce qui serait
01:05:17pour le coup
01:05:17un indicateur
01:05:18assez intéressant
01:05:18de l'évolution
01:05:20de la pauvreté
01:05:20et notamment
01:05:20de la pauvreté
01:05:21des plus âgés
01:05:22mais ce taux
01:05:22de refus
01:05:23de succession
01:05:23et son évolution
01:05:24on ne peut pas
01:05:25le connaître
01:05:25tout comme
01:05:26on ne peut pas
01:05:26connaître
01:05:26réellement
01:05:27l'usage
01:05:27du pacte
01:05:28du TRAIL
01:05:28sauf par
01:05:29sondage
01:05:29etc
01:05:29il nous semble
01:05:31que là
01:05:31je fais écho
01:05:31à ce que disait
01:05:32mon collègue
01:05:33Riyad Selmanik
01:05:34la question
01:05:35de la transparence
01:05:36sur l'utilisation
01:05:38des dispositifs
01:05:39qui permettent
01:05:39à certains
01:05:40de s'exonérer
01:05:41des droits
01:05:41de succession
01:05:42communs
01:05:43serait absolument
01:05:45nécessaire
01:05:47mais je pense
01:05:47qu'il va y avoir
01:05:48des compléments
01:05:49point
01:05:50c'est un des
01:05:51sujets
01:05:52que nous aborderons
01:05:53longuement
01:05:53dans la première partie
01:05:54du rapport
01:05:55que je suis en train
01:05:56de cogiter
01:05:59voilà
01:05:59la CCFD
01:06:01là dessus
01:06:01pas de
01:06:04alors
01:06:05est-ce qu'il y a
01:06:05des questions
01:06:08juste pour compléter
01:06:10quelques mots
01:06:11pour souligner
01:06:11ça a été évoqué
01:06:12en effet
01:06:13par monsieur
01:06:13Morel
01:06:15la question
01:06:16de l'urgence
01:06:16historique
01:06:17dans laquelle
01:06:17on est
01:06:19sur la question
01:06:20de la transmission
01:06:20qui a longtemps
01:06:22été sujet
01:06:22un peu tabou
01:06:24pour plein de raisons
01:06:25certaines très légitimes
01:06:27d'autres peut-être
01:06:29un peu plus
01:06:30parfois
01:06:32instrumentalisées
01:06:32aujourd'hui
01:06:34il y a quand même
01:06:34une conscience
01:06:34accrue
01:06:35du fait que
01:06:36c'est un sujet
01:06:37lui aussi
01:06:38éminemment politique
01:06:39qui peut poser question
01:06:42qu'il ne s'agit pas
01:06:44d'inquiéter
01:06:46entre ce qu'on pourrait
01:06:48appeler les citoyens
01:06:48ordinaires
01:06:49vous et moi
01:06:49de les déposséder
01:06:52par exemple
01:06:52de l'héritage
01:06:54de la maison
01:06:55de leurs parents
01:06:56comme on peut
01:06:56l'avoir un peu
01:06:57dans le fantasme
01:06:58collectif
01:06:59quand on imagine
01:07:00une taxation
01:07:00plus importante
01:07:01des successions
01:07:03là ce dont on parle
01:07:04quand on utilise
01:07:05le terme
01:07:05de super héritage
01:07:06c'est vraiment
01:07:06d'héritage
01:07:08qui correspondent
01:07:08à une infime
01:07:09partie de la population
01:07:10qui relève
01:07:11en moyenne
01:07:1313 millions d'euros
01:07:13les 0,1%
01:07:14qui héritent le plus
01:07:15parmi une population
01:07:16beaucoup n'héritent pas
01:07:17du tout
01:07:18et surtout
01:07:19on est donc
01:07:19comme je le disais
01:07:20dans un moment
01:07:21d'urgence politique
01:07:22parce que ce sujet
01:07:23qui a été longtemps
01:07:23ignoré
01:07:24on a laissé s'accumuler
01:07:26exonération
01:07:27après exonération
01:07:28niche fiscale
01:07:28après niche fiscale
01:07:29une situation
01:07:29aujourd'hui
01:07:30où certains
01:07:31arrivent à payer
01:07:32du coup
01:07:32ces super héritiers
01:07:33arrivent à payer
01:07:34en moyenne
01:07:34seulement 10%
01:07:35d'imposition
01:07:36quand leur taux marginal
01:07:37devrait être à 45%
01:07:39pour les plus hauts
01:07:40d'entre eux
01:07:43il a lieu
01:07:43dans un moment
01:07:44historique important
01:07:45ce qui est celui
01:07:46de la grande transmission
01:07:47sur lesquels maintenant
01:07:48il y a des chiffres
01:07:49encore plus inquiétants
01:07:50parce qu'ils portent
01:07:51sur une partie
01:07:52plus large
01:07:53de la population
01:07:54ultra riche
01:07:56mais le chiffre
01:07:57qu'on avait fait
01:07:58lors de notre étude
01:07:59d'il y a deux ans
01:08:00qu'on avait calculé
01:08:02permettait de constater
01:08:03qu'aujourd'hui
01:08:03parmi les milliardaires français
01:08:04donc cette cinquantaine
01:08:05de personnes
01:08:06les plus riches
01:08:06dans notre pays
01:08:07la moitié avait aujourd'hui
01:08:09plus de 70 ans
01:08:12et avait une telle richesse
01:08:14qu'on pourrait imaginer
01:08:15dans les 30 prochaines années
01:08:16avec la mise en place
01:08:17peu à peu
01:08:17de leur transmission
01:08:18de richesse
01:08:20un manque à gagner
01:08:21pour l'Etat
01:08:21si ces exonérations
01:08:22continuent d'exister
01:08:23de plus de 160 milliards d'euros
01:08:25alors évidemment
01:08:26c'est une estimation
01:08:27ça ne dit rien
01:08:29des situations individuelles
01:08:30de chacun
01:08:30etc
01:08:31mais par contre
01:08:32ça permet de souligner
01:08:33à l'heure
01:08:33où on cherche
01:08:34les coupes de dépenses fiscales
01:08:36au fond des tiroirs
01:08:37de chaque ministère
01:08:38de savoir
01:08:39quel petit million
01:08:40on pourrait couper
01:08:40par-ci par-là
01:08:41quand on a des montants
01:08:42aussi importants en jeu
01:08:43et on parle
01:08:44en effet de 9000 milliards
01:08:46si on se penche
01:08:47sur ce qui va être transmis
01:08:48par les plus grandes fortunes
01:08:50là il y a une urgence législative
01:08:53qui est vraiment très importante
01:08:55et qu'on souligne
01:08:57et qui fait qu'on travaille encore
01:08:58sur ce sujet
01:09:00qu'on continue de creuser
01:09:01à Oxfam
01:09:01et qu'on va continuer
01:09:02de nous faire des propositions
01:09:02en ce sens
01:09:04et pour juste
01:09:05moi je voudrais
01:09:06rebondir
01:09:06mais allez-y
01:09:07oui juste pour dire
01:09:08la même chose
01:09:09je vous disais
01:09:09le témoignage
01:09:11qu'on a eu
01:09:12sur ce sujet
01:09:13le pacte d'Utreil
01:09:14s'était fait
01:09:14pour que les entreprises
01:09:15restent en France
01:09:16on a eu plusieurs témoignages
01:09:18de signatures
01:09:19du pacte d'Utreil
01:09:20en présence
01:09:21des futurs acquéreurs
01:09:22de la société
01:09:23avec des dates
01:09:24qui collaient
01:09:25à la durée
01:09:26de détention minimale
01:09:27mais donc il n'y avait
01:09:28aucunement
01:09:28au moment de la signature
01:09:29de ce pacte d'Utreil
01:09:30l'intention
01:09:32de conserver
01:09:33la détention
01:09:34de l'entreprise
01:09:34il y avait juste
01:09:35l'optimisation
01:09:36de la défiscalisation
01:09:38des droits de succession
01:09:39et donc c'est vraiment
01:09:40une non-réponse
01:09:42et donc à minima
01:09:43cet allongement
01:09:43il est bon
01:09:44et je pense qu'on pourrait
01:09:45même le mettre
01:09:46beaucoup plus long
01:09:47et j'allais dire
01:09:48que si vous poussiez
01:09:49vos réflexions
01:09:51je parlais de l'héritage
01:09:53du point de vue
01:09:53de ceux qui le reçoivent
01:09:55la question de la transmission
01:09:56des entreprises
01:09:57aux salariés
01:09:59et donc
01:10:01de la réserve
01:10:02héréditaire
01:10:03sur les biens
01:10:04professionnels
01:10:05finalement
01:10:05on pourrait l'utiliser
01:10:06dans l'autre sens
01:10:07honnêtement
01:10:07pourrait se débattre
01:10:10bien
01:10:11même si en tant que président
01:10:12j'ai un petit devoir
01:10:13de réserve
01:10:13mais vous savez
01:10:14que je ne partage pas
01:10:15tout à fait votre vision
01:10:16sur certains sujets
01:10:17notamment
01:10:18puisque moi j'ai connu
01:10:19avant le pacte d'Utreil
01:10:20et notamment
01:10:22les conséquences
01:10:22mais je ne sais pas
01:10:23si vous l'avez analysé
01:10:24j'ai posé d'ailleurs
01:10:25la même question
01:10:26à monsieur Gickman
01:10:27et à monsieur Piketty
01:10:28savoir si dans la modélisation
01:10:29les conséquences
01:10:30par exemple
01:10:31que ça pourrait avoir
01:10:32pour une taxe
01:10:32parce que
01:10:32je veux bien
01:10:33mais le pacte d'Utreil
01:10:34on peut très bien dire
01:10:35mais la conséquence
01:10:37c'est quand je n'ai pas
01:10:38la trésorerie
01:10:39pour payer les droits
01:10:40je vais aller les chercher
01:10:41dans l'entreprise
01:10:42ou je vais les chercher
01:10:42dans une vente
01:10:43et donc c'est une forme
01:10:45de cession
01:10:45je dirais
01:10:46de pas entier
01:10:47d'entreprise
01:10:48à des fonds de pension
01:10:49ou autre
01:10:50et on voit bien
01:10:51les dégâts que ça peut faire
01:10:52sur la présence
01:10:53de l'entreprise
01:10:53dans le rapport
01:10:54on a fait une étude
01:10:56et moi ce qui m'a un peu
01:10:57gêné
01:10:58effectivement
01:10:59entre 500 millions
01:11:00et 3 ou 4 milliards
01:11:02on était quand même
01:11:03loin du compte
01:11:04ça c'est une évidence
01:11:05mais quels sont
01:11:06les effets dominos
01:11:08parce que
01:11:08cette trésorerie
01:11:09elle n'est pas magique
01:11:10il faut bien la prendre
01:11:11quelque part
01:11:11et on va la prendre
01:11:12dans l'entreprise
01:11:14par l'effet de distribution
01:11:15de rachat d'actions
01:11:16ou je ne sais quoi
01:11:17donc il y aura
01:11:18un frottement fiscal
01:11:18mais cette valeur
01:11:19elle va disparaître
01:11:20elle ira certes
01:11:21à l'Etat
01:11:22en recette
01:11:23mais il faut bien voir
01:11:24ce que j'ai en compensation
01:11:24ça me semble
01:11:26un peu plus compliqué
01:11:27le souci de justice fiscale
01:11:29il peut se comprendre
01:11:30mais attention
01:11:31aux conséquences
01:11:32que ça peut avoir
01:11:32en mettant de côté
01:11:34je dirais
01:11:35les personnes
01:11:35mais toutes les conséquences
01:11:37économiques
01:11:38de l'ensemble
01:11:39de ces mécanismes
01:11:39voilà
01:11:39moi c'est
01:11:40les interrogations
01:11:41que j'ai
01:11:42on peut être
01:11:42là sur
01:11:43oui
01:11:44en dirant
01:11:45on a un sujet
01:11:47réel
01:11:48de justice
01:11:48mais les conséquences
01:11:50ensuite
01:11:50d'un dispositif
01:11:52qui serait mis en place
01:11:52voilà
01:11:53moi je ne sais pas
01:11:54si dans vos travaux
01:11:55j'ai peut-être pas été
01:11:56assez claire
01:11:56monsieur le président
01:11:57mais nous nous ne demandons
01:11:57pas la suppression
01:11:58du pacte du treil
01:11:59il faut être très clair
01:12:00nous ce qui nous pose problème
01:12:02c'est le dévoiement
01:12:03du pacte du treil
01:12:05parce que vous avez dit
01:12:05si on supprime
01:12:06le pacte du treil
01:12:07on conduit à la cession
01:12:08moi je vous parle
01:12:09de cessions
01:12:09qui sont faites
01:12:11simultanément
01:12:11avec la signature
01:12:12du pacte du treil
01:12:13donc nous
01:12:14la question
01:12:15qui est posée
01:12:16c'est que
01:12:16on n'a aucune difficulté
01:12:18avec ce principe
01:12:19même si j'ai entendu
01:12:20d'ailleurs en échangeant
01:12:20avec des chefs d'entreprise
01:12:21sur l'évidence
01:12:23que ce sont
01:12:24les enfants
01:12:25qui sont les mieux
01:12:25à même
01:12:26pour reprendre
01:12:26les entreprises
01:12:27quelques exemples
01:12:28récents
01:12:28de réussite économique
01:12:30française
01:12:30pourrait nous faire
01:12:31se poser la question
01:12:32sur la pertinence
01:12:33de transmettre
01:12:33aux enfants
01:12:34mais c'est pour ça
01:12:36que je parlais
01:12:36de la transmission
01:12:37aux salariés
01:12:37par exemple
01:12:37aujourd'hui
01:12:38il n'y a pas
01:12:39de pacte du treil
01:12:39possible avec des salariés
01:12:40et donc
01:12:41il vaudrait peut-être
01:12:42mieux pour certaines
01:12:43notamment
01:12:44ETI
01:12:44qu'il y ait
01:12:453, 4, 5
01:12:46des cadres
01:12:47de l'entreprise
01:12:47qui puissent reprendre
01:12:49aujourd'hui
01:12:49ça pour le coup
01:12:50à part des montages
01:12:51extrêmement compliqués
01:12:52c'est impossible
01:12:52donc je vais vous dire
01:12:54s'il fallait être
01:12:55très honnête
01:12:55et ça n'est pas
01:12:56une position
01:12:57aux femmes consolidées
01:12:58mais peut-être
01:12:59qu'il vaudrait mieux
01:12:59travailler
01:13:00à un pacte
01:13:01de transmission
01:13:01d'entreprise
01:13:02pour maintenir
01:13:03leur détention
01:13:03en France
01:13:05indépendamment
01:13:05des questions
01:13:05de droits de succession
01:13:07et quels que soient
01:13:08les successeurs
01:13:11en compte
01:13:11mais ce que je veux dire
01:13:12c'est qu'aujourd'hui
01:13:13le pacte du treil
01:13:14a été dévoyé
01:13:15de son usage initial
01:13:16pour en faire un outil
01:13:17de blanchiment
01:13:18des super héritages
01:13:19voilà c'est la réalité
01:13:21c'est la réalité
01:13:21factuelle
01:13:22je ne sais pas
01:13:23si c'est le blanchiment
01:13:24parce qu'on a interrogé
01:13:25d'autres représentants
01:13:26d'entreprises
01:13:27d'intermédiaires
01:13:27notamment
01:13:28qui nous disent
01:13:28que c'est très rare
01:13:30et autres
01:13:30ces montages
01:13:32qui existent peut-être
01:13:33de donations
01:13:35en anticipant
01:13:36les sessions
01:13:37je n'ai pas d'éléments
01:13:38pour vous répondre
01:13:39ce sera peut-être
01:13:40intéressant
01:13:40de les avoir
01:13:41mais on n'a pas
01:13:43les chiffres
01:13:45après il y a le sujet
01:13:46des plus-values
01:13:46latentes
01:13:47qui sont évoquées aussi
01:13:48qui ne sont pas neutres
01:13:49dans la réflexion
01:13:51à voir
01:13:51par rapport à ça
01:13:52la durée des tensions
01:13:53aussi
01:13:53on est passé
01:13:54de 4 à 6 ans
01:13:56certainement
01:13:56ce n'est pas
01:13:56c'est certainement
01:13:58pas suffisant
01:13:59mais moi j'ai connu
01:14:00le premier pacte d'Utreil
01:14:01il y a 15 ans
01:14:01c'était quasiment inopérant
01:14:04si vous voulez
01:14:04c'est toute une question
01:14:05d'équilibre
01:14:06après je vous rejoins
01:14:08sur la notion
01:14:09de réserve héréditaire
01:14:10qui peut être un problème
01:14:11par rapport à la transmission
01:14:12aux salariés
01:14:13et autres
01:14:13parce qu'aujourd'hui
01:14:14on peut même utiliser
01:14:15le pacte d'Utreil
01:14:16si on n'avait pas
01:14:17ce problème de réserve
01:14:18pour des gens sans enfants
01:14:18on pourrait très bien
01:14:19transmettre à des tiers
01:14:21en ayant
01:14:22des droits abattus
01:14:24même si c'est 60%
01:14:25des droits abattus
01:14:27ça peut se faire
01:14:28mais si effectivement
01:14:30on a des enfants
01:14:31on est limité
01:14:32par les règles
01:14:32du code civil
01:14:33bien sûr
01:14:34très très rapidement
01:14:35j'entends
01:14:35l'argument
01:14:37qui consiste à dire
01:14:38il faut trouver
01:14:39un équilibre
01:14:39et vous parlez
01:14:40de frottement fiscal
01:14:41et en fait
01:14:43qui vous demandez
01:14:44à balancer
01:14:45l'impératif de justice
01:14:46avec les conséquences
01:14:47économiques
01:14:47de mesures
01:14:49de justice fiscale
01:14:50mais nous
01:14:50ce qu'on prône
01:14:52je pense qu'au CCF
01:14:53des terres solidaires
01:14:54à Oxfam aussi
01:14:55c'est aussi l'inverse
01:14:56c'est à dire
01:14:57les effets dominos
01:14:57aussi des mesures
01:14:58d'injustice fiscale
01:14:59quelles sont les conséquences
01:15:00aussi de la persistance
01:15:01de mesures d'optimisation
01:15:03de mesures qui permettent
01:15:04aussi la fraude
01:15:06ou l'évasion fiscale
01:15:06et est-ce qu'on est
01:15:08en capacité aussi
01:15:08de chiffrer
01:15:09ce que le manque
01:15:10à gagner
01:15:10de l'état
01:15:11a aussi comme conséquence
01:15:13économique
01:15:13je veux dire
01:15:14aujourd'hui
01:15:15ce qui s'est passé
01:15:16ces dernières décennies
01:15:17c'est que c'est au nom
01:15:18de l'investissement
01:15:19au nom de l'activité économique
01:15:21justement
01:15:21qu'on a laissé
01:15:22les bases fiscales
01:15:23s'éroder
01:15:24qu'on a laissé
01:15:24la concurrence fiscale
01:15:25s'accroître
01:15:26avec des conséquences
01:15:27majeures
01:15:28sur l'accroissement
01:15:29de la pauvreté
01:15:29sur l'accroissement
01:15:30des inégalités
01:15:31donc je pense
01:15:31que ce raisonnement
01:15:32aussi
01:15:32s'il doit y avoir
01:15:33un équilibre
01:15:34entre investissement
01:15:35et justice fiscale
01:15:36certes
01:15:37mais le raisonnement
01:15:37inverse aussi
01:15:38est important
01:15:39c'est à dire
01:15:39de mesurer aussi
01:15:40les coûts
01:15:41de l'injustice fiscale
01:15:42qu'on peut laisser
01:15:44prospérer
01:15:44au nom de l'investissement
01:15:45économique
01:15:48le dernier bloc
01:15:49concerne
01:15:50l'évasion fiscale
01:15:51je vais vous regrouper
01:15:53les deux
01:15:53puisque ça applique
01:15:55l'une à Oxfam
01:15:56et l'autre à la CCFD
01:15:57en avril 2026
01:15:59Oxfam a publié
01:15:59un rapport
01:16:00sur l'évasion fiscale
01:16:01estimant que
01:16:01la fortune non imposée
01:16:03dissimulée
01:16:03dans les paradis fiscaux
01:16:05par les 0,1%
01:16:06les plus riches
01:16:07est supérieure
01:16:08à la richesse totale
01:16:09de la moitié
01:16:09des plus pauvres
01:16:10de l'humanité
01:16:10c'est à dire
01:16:114,1 milliards
01:16:12de personnes
01:16:13comment avez-vous
01:16:14calculé
01:16:15ces estimations
01:16:15et pourriez-vous
01:16:17transposer ces chiffres
01:16:18pour les ménages français
01:16:19les plus aisés
01:16:20c'est à dire
01:16:20quelle est la part
01:16:21d'après vous
01:16:21de ces
01:16:260,1%
01:16:30des plus aisés
01:16:31et de la même manière
01:16:32CCFD
01:16:33Terre solidaire
01:16:34estime que
01:16:34l'évasion fiscale
01:16:35coûterait
01:16:35427 milliards
01:16:37de dollars
01:16:38chaque année
01:16:38dans le monde
01:16:39comment avez-vous
01:16:39obtenu cette estimation
01:16:41et quelle est la part
01:16:42française
01:16:42de cette estimation
01:16:45merci beaucoup
01:16:46donc en effet
01:16:48il y a
01:16:49à peu près
01:16:50un mois
01:16:51OXAM a publié
01:16:52un rapport
01:16:53sur l'évasion
01:16:54fiscale
01:16:54estimant que
01:16:55la fortune
01:16:55non imposée
01:16:56dissimulée dans
01:16:57les paradis fiscaux
01:16:57par les 0,1%
01:16:58les plus riches
01:16:59et super à la richesse
01:17:00totale de la moitié
01:17:01la plus pauvre
01:17:02de l'humanité
01:17:03on l'a fait
01:17:03à l'occasion
01:17:04en fait
01:17:04des 10 ans
01:17:05du scandale
01:17:06des Panama Papers
01:17:07l'idée c'était
01:17:08de se dire
01:17:08une décennie plus tard
01:17:09où en est-on
01:17:10et malheureusement
01:17:12le constat
01:17:12était que
01:17:13même si
01:17:13quand même
01:17:14des choses
01:17:14ont été faites
01:17:15notamment les premières
01:17:16années après le scandale
01:17:17et après différents
01:17:18scandales qui ont eu lieu
01:17:19malheureusement
01:17:21malheureusement
01:17:2110 ans plus tard
01:17:22les ultra riches
01:17:22exploitent toujours
01:17:23les systèmes offshore
01:17:25pour échapper à l'impôt
01:17:26et dissimuler leurs actifs
01:17:27de manière en effet
01:17:29assez importante
01:17:30et on a souhaité
01:17:31donc souligner
01:17:32la nécessité urgente
01:17:34d'agir
01:17:35au niveau international
01:17:36de manière
01:17:37coordonnée
01:17:38et aussi
01:17:39au niveau national
01:17:40pour taxer
01:17:41les fortunes extrêmes
01:17:42et mettre enfin
01:17:43véritablement fin
01:17:44aux paradis fiscaux
01:17:45ces estimations
01:17:46on les a faites
01:17:48sur l'année 2024
01:17:49sur l'année 2024
01:17:50on a pu
01:17:52estimer que
01:17:543550 milliards
01:17:55de dollars
01:17:55de richesses
01:17:56non imposées
01:17:57étaient dissimulés
01:17:58dans les paradis fiscaux
01:17:59et dans des comptes
01:18:00non déclarés
01:18:01c'est une somme
01:18:02pour quand même
01:18:03se faire une idée
01:18:03qui dépasse
01:18:04le PIB de la France
01:18:05et représente
01:18:06plus du double
01:18:07du PIB combiné
01:18:08de 44 pays
01:18:09parmi les moins
01:18:10avancés du monde
01:18:12et on a pu
01:18:13le calculer
01:18:14notamment
01:18:15en partant
01:18:16de la donnée
01:18:17qui est que
01:18:17les 0,1%
01:18:18les plus riches
01:18:19détiennent
01:18:20environ 80%
01:18:21de l'ensemble
01:18:22de la richesse
01:18:22offshore
01:18:23non imposée
01:18:25ça c'est
01:18:25différentes études
01:18:26qui convergent
01:18:27et qui permettent
01:18:29d'atterrir
01:18:30sur ce même chiffre
01:18:31on a utilisé
01:18:31des données
01:18:32qui ont déjà
01:18:32été établies
01:18:33par différents
01:18:35chercheurs
01:18:36ce qui revient
01:18:37donc à environ
01:18:392840 milliards
01:18:40de dollars
01:18:41ce qui permet
01:18:42donc d'établir
01:18:43que les 0,01%
01:18:45les plus fortunés
01:18:46détiennent
01:18:46à eux seuls
01:18:47environ la moitié
01:18:48de cette richesse
01:18:49au total
01:18:50donc voilà
01:18:51c'est des chiffres
01:18:52qui sont faits
01:18:52au niveau international
01:18:53en croisant
01:18:54en fait
01:18:55de nombreuses données
01:18:56qui ne sont pas évidents
01:18:57on pourra renvoyer
01:18:58bien sûr
01:18:59vous renvoyer
01:18:59la méthodologie
01:19:00plus complète
01:19:01difficile à résumer
01:19:02à l'oral
01:19:04pour les biens
01:19:05du rapport
01:19:06sans problème
01:19:09donc voilà
01:19:09donc on croise
01:19:10en fait généralement
01:19:11et là c'est ce qu'on a fait
01:19:12les données qui existent
01:19:14déjà
01:19:14au niveau international
01:19:16et on arrive
01:19:17à en déduire
01:19:18ces ordres
01:19:19de grandeur
01:19:20en recoupant
01:19:21les différentes données
01:19:22qui existent
01:19:23là pour nous
01:19:24ce qui était important
01:19:24c'était
01:19:26donc de faire ce constat
01:19:27des 10 ans plus tard
01:19:28de se rendre compte
01:19:29que le problème
01:19:29est toujours très important
01:19:30en France
01:19:31si là on n'a pas
01:19:32cet exact même
01:19:33chiffre transposé
01:19:35on a depuis des années
01:19:37ce chiffre
01:19:37qui est reconnu
01:19:38y compris
01:19:38considéré comme sérieux
01:19:40par la direction générale
01:19:41des finances publiques
01:19:42qui n'a pas
01:19:43l'équivalent
01:19:45de son côté
01:19:45qui est le chiffre
01:19:46qui avait été
01:19:48calculé par
01:19:49Solidaires Finances Publiques
01:19:50de 80 à 100 milliards
01:19:52d'évasion fiscale
01:19:53estimée par an
01:19:54en France
01:19:55donc c'est des montants
01:19:56qui sont là encore
01:19:57extrêmement importants
01:19:58on parle de dizaines
01:19:58de milliards
01:19:59dans un contexte
01:20:00où comme je le disais
01:20:00on est prêt à couper
01:20:02les budgets par-ci
01:20:03par-là
01:20:03pour récupérer
01:20:041 million
01:20:05dans les services publics
01:20:09voilà
01:20:10donc on a un constat
01:20:11qui est quand même
01:20:11assez inquiet
01:20:1210 ans plus tard
01:20:13on avait quand même
01:20:13constaté une évolution
01:20:14positive
01:20:15assez importante
01:20:16par les différentes choses
01:20:17qui ont été mises en place
01:20:18au niveau international
01:20:21notamment
01:20:21les toutes premières années
01:20:22mais peu à peu
01:20:23ces effets
01:20:24deviennent
01:20:25moins importants
01:20:26et puis ils ont aussi
01:20:27leurs limites
01:20:28notamment en termes
01:20:29d'inclusion
01:20:30des pays du sud
01:20:31qui eux aussi
01:20:32subissent
01:20:34les méfaits
01:20:36de l'évasion fiscale
01:20:37donc on a là aussi
01:20:39beaucoup de propositions
01:20:39précises
01:20:40à faire dessus
01:20:41qu'on pourra vous renvoyer
01:20:46les 80
01:20:48autour de 100 milliards
01:20:49120 milliards
01:20:50d'estimation
01:20:51de la fraude fiscale
01:20:52ils sont sur tous
01:20:54impôts confondus
01:20:57le gros morceau
01:20:58comme toujours
01:20:58c'est la TVA
01:20:59bon voilà
01:21:00donc c'est pour ça
01:21:01que ce qui nous intéresse
01:21:03nous c'est la part
01:21:04qui pourrait être
01:21:04imputée
01:21:05au plus haut revenu
01:21:18comme elles ont vraiment
01:21:19été calculées
01:21:21avec les données
01:21:21internationales
01:21:22je ne suis pas sûre
01:21:22qu'on puisse les transposer
01:21:23telles quelles
01:21:24de manière
01:21:26carrée
01:21:27mais on va
01:21:28on mène l'enquête
01:21:31pour les chiffres
01:21:32que nous on utilise
01:21:33donc ce ne sont pas
01:21:34des chiffres
01:21:35qui sont produits
01:21:35directement
01:21:36par le CCF
01:21:37des terres solidaires
01:21:38c'est les chiffres
01:21:39qu'on utilise
01:21:39d'une institution
01:21:40d'une organisation
01:21:42qui s'appelle
01:21:42le Tax Justice Network
01:21:43qui est une organisation
01:21:44assez ancienne
01:21:45et avec laquelle
01:21:46on collabore énormément
01:21:47et qui est une méthodologie
01:21:49qui est assez robuste
01:21:50qui est prouvée
01:21:51qui est publique
01:21:51et qui est d'ailleurs
01:21:53revue d'année en année
01:21:54pour être de plus en plus
01:21:55pertinente
01:21:56avant juste de donner
01:21:57quelques détails
01:21:58sur la méthodologie
01:21:59et je serais ravi
01:22:01de donner des éléments
01:22:03en détail
01:22:03par écrit
01:22:04seulement dire
01:22:05déjà
01:22:05ce qui est important
01:22:06c'est que c'est des estimations
01:22:07assez robustes
01:22:08mais surtout
01:22:08que ce sont des estimations
01:22:09prudentes
01:22:10et qui sont probablement
01:22:12sous-évaluées
01:22:13au vu du niveau d'opacité
01:22:14et du peu de données
01:22:15aujourd'hui
01:22:16auxquelles on a accès
01:22:17cette méthodologie
01:22:18donc elle est publiée
01:22:19chaque année
01:22:19dans ce qu'on appelle
01:22:20l'état des lieux
01:22:21de la justice fiscale
01:22:22du Tax Justice Network
01:22:23et elle distingue
01:22:26deux blocs
01:22:26donc un bloc
01:22:28sur les multinationales
01:22:29qui elle utilise
01:22:30les données
01:22:31des déclarations
01:22:33pays par pays
01:22:34des rapports
01:22:34pays par pays
01:22:35et qui en fait
01:22:35essayent d'estimer
01:22:37pour un pays
01:22:37d'estimer
01:22:38l'activité réelle
01:22:40à partir de certains indicateurs
01:22:42vente, emploi,
01:22:43actif, etc.
01:22:44et de comparer
01:22:48aux impôts
01:22:49qui sont effectivement payés
01:22:50du coup
01:22:50d'essayer
01:22:51d'en estimer
01:22:54les transferts
01:22:55de bénéfices
01:22:56et du coup
01:22:56combien est-ce que
01:22:57s'il n'y avait pas
01:22:58ces transferts
01:22:58de bénéfices
01:22:59à taux légal
01:23:01applicables
01:23:01le pays
01:23:02aurait pu récupérer
01:23:03en termes
01:23:03de recettes fiscales
01:23:04pour les particuliers
01:23:06fortunés
01:23:06la méthodologie
01:23:07est un peu différente
01:23:08elle se base
01:23:09sur la richesse
01:23:10offshore
01:23:10qui est non déclarée
01:23:11et on en déduit
01:23:12des recettes fiscales
01:23:13perdues
01:23:14sur le revenu
01:23:15qui aurait été
01:23:16généré par cette richesse
01:23:17ça provient
01:23:18notamment de données
01:23:18qui sont issues
01:23:19de la banque internationale
01:23:20des règlements
01:23:21qui a des données
01:23:23sur les dépôts
01:23:24transfrontaliers
01:23:25offshore
01:23:26et notamment
01:23:28dans les juridictions
01:23:28les plus opaques
01:23:29et des données
01:23:31qu'on croise
01:23:31avec les échanges
01:23:32automatiques
01:23:33les données
01:23:33du CRS
01:23:34de l'OCDE
01:23:34donc issues
01:23:35des échanges
01:23:36automatiques
01:23:37d'informations
01:23:37et qui permettent
01:23:39aussi avec certaines
01:23:40hypothèses
01:23:40de rendement du capital
01:23:41d'avoir des estimations
01:23:42sur la richesse
01:23:45offshore
01:23:45des plus fortunés
01:23:46plutôt sur les pertes
01:23:48fiscales liées
01:23:48à cette richesse
01:23:49offshore
01:23:49parce que cette richesse
01:23:50offshore
01:23:50c'est quand même
01:23:51aujourd'hui toujours
01:23:52environ 10%
01:23:53l'équivalent de 10%
01:23:54du PIB mondial
01:23:56ce qui est énorme
01:23:57et donc
01:23:57pour les estimations
01:23:59on est plutôt
01:23:59aujourd'hui
01:24:00autour de 492 milliards
01:24:01en 2024
01:24:02pour le monde
01:24:03ce qui veut dire
01:24:04quand même
01:24:04que ça augmente
01:24:04pour la France
01:24:06c'est 33 milliards
01:24:08dont 28 milliards
01:24:09qui seraient imputables
01:24:11aux multinationales
01:24:11et 5 milliards
01:24:12pour les individus
01:24:13les plus fortunés
01:24:14et je le redis
01:24:15ces estimations
01:24:16elles sont robustes
01:24:18et surtout
01:24:18elles sont
01:24:19très sous-estimées
01:24:20parce qu'aujourd'hui
01:24:21on a à la fois
01:24:21des trous dans la raquette
01:24:22en matière de
01:24:23rapport public
01:24:24pays par pays
01:24:24pour les multinationales
01:24:25on a un système
01:24:27de rapport public
01:24:28pays par pays
01:24:28au niveau européen
01:24:29qui est assez lacunaire
01:24:31assez agrégé
01:24:31et surtout
01:24:32qui s'applique
01:24:32à des multinationales
01:24:33qui ont un chiffre d'affaires
01:24:35supérieur à 750 millions d'euros
01:24:36donc c'est à peu près
01:24:3710 à 15%
01:24:38des multinationales
01:24:39et pour les particuliers fortunés
01:24:43ça se confronte
01:24:44à deux
01:24:47trois problèmes majeurs
01:24:48le fait que
01:24:49l'échange automatique
01:24:50d'informations
01:24:50comme le disait
01:24:51ma collègue
01:24:52Leïla
01:24:53l'échange automatique
01:24:54d'informations
01:24:55aujourd'hui
01:24:55il a des limites
01:24:57il est assez discriminatoire
01:24:58envers les pays du sud
01:24:59il ne permet pas
01:25:01d'avoir l'entièreté
01:25:01des informations
01:25:02qu'on voudrait
01:25:03aujourd'hui
01:25:04un pays comme les Etats-Unis
01:25:05par exemple
01:25:05avec le FATCA
01:25:06ne fait pas partie
01:25:07de l'échange automatique
01:25:08d'informations
01:25:08troisième chose
01:25:09et je reviens
01:25:10à la question
01:25:11une question évoquée
01:25:12plus tôt
01:25:13c'est la question
01:25:13de la transparence
01:25:14sur les bénéficiaires effectifs
01:25:15le fait qu'aujourd'hui
01:25:16en fait
01:25:16on ne dispose pas
01:25:17d'un registre global
01:25:18des actifs
01:25:18et des bénéficiaires effectifs
01:25:20fait aussi
01:25:21qu'on sous-estime
01:25:22énormément
01:25:22la richesse offshore
01:25:23des tenues
01:25:25de manière opaque
01:25:27et c'est ça aussi
01:25:28qui nous fait dire
01:25:28et c'est pour ça
01:25:29que nous on appelle
01:25:30aussi les parlementaires
01:25:31à s'intéresser
01:25:31vraiment
01:25:32à ces négociations
01:25:33qui sont en cours
01:25:33à l'ONU
01:25:34et que le CCF
01:25:35des terres solidaires
01:25:36suit
01:25:36parce que ces négociations
01:25:37qui sont en cours
01:25:38à l'ONU
01:25:38c'est vraiment
01:25:38une opportunité
01:25:39de mettre en place
01:25:40une architecture
01:25:41de transparence financière
01:25:42de transparence
01:25:43fiscale internationale
01:25:44qui justement
01:25:45à la fois
01:25:46pourrait permettre
01:25:46de mieux évaluer
01:25:48les phénomènes
01:25:49qu'on essaye de contrer
01:25:50et surtout
01:25:51de lever l'opacité
01:25:52qui nous empêche
01:25:52de contrer
01:25:55ces phénomènes-là
01:25:56et moi
01:25:56je serais ravi
01:25:57de vous donner
01:25:58davantage d'éléments
01:25:59là-dessus
01:25:59et surtout
01:25:59de vous appeler
01:26:00à vous intéresser
01:26:01aussi à ces négociations-là
01:26:03parce qu'elles sont en cours
01:26:04jusqu'en 2027
01:26:05et surtout aujourd'hui
01:26:06la France
01:26:07a une position
01:26:08assez problématique
01:26:09dans ces négociations-là
01:26:10en fait
01:26:11la France
01:26:11prône des approches
01:26:13non contraignantes
01:26:15optionnelles
01:26:16une certaine
01:26:17un statut quo
01:26:19qu'il ne faudrait pas toucher
01:26:20alors qu'aujourd'hui
01:26:21on a l'opportunité
01:26:22d'en faire un vrai outil
01:26:23pour rendre plus effectif
01:26:24la taxation
01:26:25des individus
01:26:27les plus fortunés
01:26:28pour taxer
01:26:29les multinationales
01:26:30de manière plus juste
01:26:31notamment par un système
01:26:32de taxation
01:26:32unitaire
01:26:33et pour créer
01:26:34une architecture
01:26:35de transparence
01:26:36fiscale
01:26:36internationale
01:26:37qui est nécessaire
01:26:38à la fois
01:26:39pour les plus fortunés
01:26:41et pour les multinationales
01:26:42et qui serait
01:26:43je pense
01:26:44extrêmement utile
01:26:45à la France
01:26:45qui figure d'ailleurs
01:26:46d'après les chiffres
01:26:47du Tax Justice Network
01:26:48parmi les pays
01:26:49développés
01:26:50les plus touchés
01:26:51par l'injustice fiscale
01:26:52voilà pour ce numéro
01:26:53de la séance
01:26:54est ouverte
01:26:55à très bientôt
01:26:55sur LCP
01:26:56Sous-titrage Société Radio-Canada
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