- il y a 2 jours
Un déjeuner partagé avec Christophe Bex, député La France insoumise de la Haute-Garonne pour parler du repas à 1 euro ! Généralisé des les CROUS , ce sera à partir du mois de mai ! Mais comment proposer de la qualité pour 1 euro ?
Focus également sur les "Bouillons". ces restaurants qui proposent une cuisine familiale à des prix serrés. Celui de Lille, le " chaud bouillon" se veut "solidaire" en proposant aux clients des ateliers pour partager, avant ou après le repas, des savoir-faire en matière culinaire, histoire d'apprendre à mieux cuisiner et aussi à mieux se nourrir...
Elsa Mondin-Gava et Jean-Pierre Montanay partagent un repas avec une personnalité : politiques, chefs cuisiniers, artistes.... L'occasion d'aborder un thème d'actualité, autour de reportages et d'un menu élaboré avec des plats typiques de leur région, souvenirs d'enfance ou qu'ils apprécient particulièrement. Comment le contenu de nos assiettes impacte-t-il nos modes de vie ? Tout en parlant gastronomie, c'est l'avenir de notre société et les enjeux de demain qu'ils questionnent.
Focus également sur les "Bouillons". ces restaurants qui proposent une cuisine familiale à des prix serrés. Celui de Lille, le " chaud bouillon" se veut "solidaire" en proposant aux clients des ateliers pour partager, avant ou après le repas, des savoir-faire en matière culinaire, histoire d'apprendre à mieux cuisiner et aussi à mieux se nourrir...
Elsa Mondin-Gava et Jean-Pierre Montanay partagent un repas avec une personnalité : politiques, chefs cuisiniers, artistes.... L'occasion d'aborder un thème d'actualité, autour de reportages et d'un menu élaboré avec des plats typiques de leur région, souvenirs d'enfance ou qu'ils apprécient particulièrement. Comment le contenu de nos assiettes impacte-t-il nos modes de vie ? Tout en parlant gastronomie, c'est l'avenir de notre société et les enjeux de demain qu'ils questionnent.
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00:17Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Politique à table.
00:21Vous avez réservé la meilleure table du PAF, alors installez-vous confortablement
00:26pour déguster notre cuisine fusion entre politique et gastronomie.
00:31Aujourd'hui, nous avons le plaisir d'accueillir Christophe Bex. Bonjour.
00:34Bonjour et merci pour votre invitation.
00:36Bonjour Christophe Bex.
00:37Et bonjour à vous Jean-Pierre Montanet.
00:38Bonjour Elsa.
00:39Christophe Bex, vous êtes passé du nord-est au sud-ouest.
00:42Vous avez quitté la Lorraine pour la Haute-Garonne, deux salles, deux ambiances.
00:46Vous avez fait mijoter votre engagement dans les marmites du service public,
00:5016 ans au PTT, alors pour les plus jeunes c'était la poste.
00:53Vous avez travaillé à l'université de Toulouse, Jean Jaurès, où vous deviendrez délégué syndical.
00:59Votre recette, c'est la lutte à toutes les sauces.
01:02Mobilisation contre Parcoursup, contre la réforme des retraites,
01:05contre des projets industriels contestés.
01:07Candidat malheureux en 2017, vous prenez votre revanche en 2022
01:10en devenant député de la 7e circonscription de Haute-Garonne.
01:14Sous l'étiquette de la France insoumise, vous serez réélu en 2024 après la dissolution.
01:19Pour nous ramener sur vos terres Lorraine, vous nous avez concocté un menu de votre enfance, n'est-ce pas
01:25Jean-Pierre ?
01:26Oui, avec un must, le pâté Lorrain et en dessert, une tarte au flanc.
01:30Dans les dessous des plats, on revient sur le repas à 1 euro généralisé dans les Crousses.
01:35Pour tous les étudiants, ce sera à partir du mois de mai.
01:37Dans les pieds d'en plat, créer du lien et partager des savoir-faire tout en mangeant,
01:42c'est le pari de Chaud-Bouillon à Lille, un lieu où il est possible de déguster une cuisine sans
01:47chichi
01:48tout en s'inventant des projets.
01:50Reportage à suivre.
01:51Voilà, vous connaissez le menu Christophe Bex, on va passer à table et commencer avec cuisine et confidence.
02:02Ah, je sais se faire inviter Christophe Bex à cette table de PAT, alors que le moral des troupes de
02:06LFI n'est pas au Zénith, ce n'est pas un cadeau.
02:08Et oui, des choses enfouies chez vous, remontent à la surface et souvent ont un impact inconscient sur le choix
02:14de votre menu.
02:15Regardez, en commandant un pâté Lorrain, vous ne pouvez ignorer qu'il ne sort pas de nulle part ce mot
02:21pâté.
02:21Et oui, chaque fois que vous croisez un socialiste dans l'Assemblée, il se détourne, vous obligeant à réagir et
02:26dit donc, je ne sens pas le pâté.
02:28Ce n'est pas fini, même vous le matin avec ce climat délétère, en vous regardant dans la glace le
02:32matin pour vous raser,
02:34en voyant votre mine et cette impression d'être dans le brouillard, votre premier mot, ce n'est pas de
02:38vous dire, oh je suis dans le pâté ce matin.
02:40Il faut dire qu'après ces polémiques autour de LFI, une question vous taraude dans la perspective des élections municipales.
02:46Comment vont réagir les électeurs ? Bref, LFI risque-t-elle de prendre une pâté ?
02:52Allez, stop, non, je n'ai plus. Pas d'acharnement et oui, trop de pâté.
02:56Tue le pâté, sauf celui que vous souhaitez nous faire découvrir, le pâté Lorrain.
03:00Oublions tous les sens figurés du mot pour nous concentrer sur cette définition.
03:04Une charcuterie pâtissière, pâté chaud, spécialité traditionnelle, j'allais dire identitaire de la cuisine française.
03:11Mais oups, ce n'est sans doute pas le mot que vous préférez.
03:15Le pâté Lorrain ?
03:16Non, le pâté identitaire.
03:19Pourquoi avoir choisi ce plat ?
03:21Ce plat me renvoie déjà à mon enfance, au repas de famille, c'était le repas qu'on mangeait le
03:27soir quand il y avait la fête, la fête au niveau du village.
03:31Et ma mère commandait toujours des grands pâtés Lorrain chez le boulanger, chacun avait son boulanger attitré.
03:38Elle ne les faisait pas ?
03:39Alors, on peut les faire, j'en fais des fois, c'est de la pâte feuilletée avec de l'échine
03:42de porc, avec du veau qu'on laisse mariner avec des herbes la veille, avec du vin blanc.
03:47Et on peut le faire.
03:48Elle ne le faisait pas parce qu'on le commandait toujours chez le boulanger.
03:52Voilà.
03:52Comme avant, on faisait cuire son gigot chez le boulanger parce qu'il avait un four.
03:56Et c'est resté très identitaire.
03:59Vous parliez d'identitaire.
04:00Et quand on a des copains ou de la famille qui vient nous rendre visite dans le sud-ouest, parce
04:04que maintenant j'habite à 25 cm.
04:06C'est ce qu'avait dit Elsa, oui.
04:08Qu'apportent les gens ?
04:09Deux salles, deux ambiances.
04:10Ils apportent du pâté Lorrain.
04:12Alors, goûtons-le.
04:13Parce que ça se transporte bien, ça se congèle.
04:16Et à l'époque, c'est quand même une recette qui date du Moyen-Âge.
04:18Et ça permettait de conserver la viande.
04:21Oui, c'est ça.
04:22Alors, goûtez-le.
04:22Il est proposé comme chaque tas par le Bourbon, qu'on remercie.
04:26Oui, bravo.
04:26On va le goûter, évidemment.
04:28Il est servi avec une petite salade, comme ça, un petit peu de fraîcheur à côté.
04:31C'est parfait, c'est parfait.
04:35Alors, comment vous le trouvez ?
04:36Alors, moi, ce que j'aime bien, justement, dans le pâté Lorrain, c'est que la viande, elle cuit dans
04:40la pâte feuilletée.
04:41Et ça fait le moelleux avec la pâte.
04:43La pâte feuilletée s'imbibe des saveurs de la viande.
04:46Et c'est fondant.
04:48Alors, quand vous le préparez, comment vous faites ?
04:50Déjà, pâte feuilletée.
04:50Vous faites vous-même ou pas ?
04:52C'est pas facile à faire.
04:53Il faut faire des tours et des tours et des tours.
04:54La pâte feuilletée, ça nécessite 64 pliages avec du beurre.
04:56C'est compliqué, c'est long.
04:58Alors, je préfère le commander à la boulangerie.
05:00Très bien.
05:00Et après, je prépare ma pâte feuilletée.
05:02Mais surtout, je prépare ma viande la veille.
05:04Alors, quelle viande ?
05:05Il y en a qui le...
05:05Attends, je reviens sur la pâte, Elsa.
05:06Il y en a qui le font à la pâte brisée aussi.
05:08Oui, oui.
05:09C'est plus simple.
05:09Ça, c'est de la pâte feuilletée.
05:10Mais est-ce qu'on ne trouve pas quand même des bonnes pâtes feuilletées maintenant
05:13dans le commerce qui permettent de faire un bon pâté lorin ?
05:15Je pose la question.
05:16Non ?
05:16On peut toujours en trouver.
05:17Mais c'est vrai que si le pâtissier ou le boulanger peut vous en offrir...
05:20Enfin, en vente, c'est encore mieux.
05:21Le pâtissier ou le boulanger, il me prépare de la pâte feuilletée.
05:23C'est plus rapide.
05:25C'est vrai que la pâte feuilletée, c'est aussi un art.
05:27Ah non, mais c'est très cool.
05:2864 pliages.
05:29Quand j'ai travaillé dans un restaurant, un des cuisiniers faisait justement le pâté lorin.
05:34Et il m'expliquait comment il fait.
05:35C'est un long travail.
05:36Alors moi, c'est la première fois que je goûte un pâté lorin.
05:38Vous, Elsa, vous aviez des résultats ?
05:38Pareil, c'est la première fois.
05:39Moi, je trouve ça très, très bon.
05:41Et c'est très relevé, justement.
05:43Oui, oui, avec les herbes.
05:43Comment vous le préparez-vous ?
05:45Alors, il faut prendre de l'échine de porc, de la noix de veau, qu'on coupe en petits bouts.
05:49Mais en petits bouts, il ne faut pas le hacher.
05:50Là, il est très bien parce qu'on a vraiment les morceaux en entier.
05:53Qu'on laisse mariner la veille dans du vin blanc avec des épices, du sel, du poivre, du thym, du
05:59persil.
06:00Et il faut bien laisser la viande mariner.
06:02Le lendemain, on enlève l'humidité de la viande et on le met tout simplement dans une pâte feuilletée.
06:06Et après, on fait ?
06:07Carré.
06:09Rectangulaire.
06:10Rectangulaire, que l'on couvre comme ça.
06:11Puis après, on remet une pâte feuilletée dessus et après, on le sèle.
06:15Enfin, comment on sèle ?
06:17On le sale.
06:18Non, on le colle.
06:18On le sèle, oui, c'est le terme de sceller avec un peu de jaune d'oeuf.
06:22Voilà.
06:22Nous dire à tout aussi sur ce pâté, Laurent.
06:24Et la difficulté, il ne faut pas que ça soit bien enfermé parce que si jamais ça se décolle, ça
06:29coule.
06:30Alors, ce qu'il faut faire, mais on en parlera tout à l'heure.
06:31Exactement.
06:31Ce n'est pas la peine de déflorer les choses à savoir.
06:33Et vous disiez, en Lorraine, on l'achète dans une boulangerie.
06:37Boulangerie ou charcuterie.
06:38Ou charcuterie.
06:39Et chacun, chaque famille a sa petite habitude.
06:42Sa petite habitude.
06:43Je sais que ma mère, elle l'achetait dans son village auprès du boulanger où elle le mangeait quand elle
06:48était petite.
06:49Et elle allait l'acheter là.
06:50Et c'était souvent les dimanche-sorts parce que c'était un repas.
06:52Le soir, la fête, on sortait le pâté Lorrain avec une salade.
06:56C'est parfait.
06:57Et on en mange encore très souvent, Lorraine.
06:59Ah bah oui.
07:00Ah oui, oui, oui.
07:01Là, Lorraine a ses totems.
07:02Mais c'est vrai que la quiche Lorraine, par-dessus tout, elle a un peu fait de l'ombre à
07:06ce pâté Lorrain.
07:07Là, c'est peut-être l'occasion de réhabiliter ce pâté Lorrain.
07:11Alors la quiche Lorraine, elle est devenue internationale.
07:13Elle a plein de dérivés.
07:15Alors après, elle est dans toutes les pâtisseries, les boulangeries.
07:17Aujourd'hui, à midi, on mange une quiche Lorraine.
07:20C'est vrai qu'on ne mange pas un pâté Lorrain.
07:21On appelle ça maintenant une quiche.
07:23Il y a même un groupe, les B52, ils en avaient fait un morceau quiche Lorraine.
07:26C'est devenu international comme la pizza.
07:29Alors j'ai retenu que vous êtes cuisinier, parce que vous avez dit tout à l'heure, je le fais
07:33ce pâté.
07:34Oui, oui, oui.
07:35C'est moi qui l'ai fait.
07:36Oui, c'est moi qui l'ai fait.
07:37Est-ce que vous faites d'autres choses à part le pâté Lorrain ?
07:39Est-ce que vous êtes assez multitâche ?
07:41J'aime bien cuisiner.
07:41Ce que j'aime bien faire aussi quand il reste des choses dans le frigo, c'est faire des samoussas.
07:46Des petits triangles avec des légumes.
07:48Et ça, ça passe bien.
07:50Parce qu'à l'intérieur d'un samoussat, on peut faire manger des tas de choses.
07:53Pas très Lorrain le samoussat.
07:54Non, non, mais il y a le côté pareil, croustillant et fondant.
07:57Vous connaissez quelle pâte pour faire le samoussat ?
07:59Ah, c'est des feuilles de briques.
08:00Feuilles de briques, d'accord.
08:01Feuilles de briques que j'utilise souvent.
08:03Mais j'aime bien, maintenant que j'habite dans le sud-ouest, je me suis exercé au cassoulet.
08:07Parce qu'on m'a dit, mais tu viens à cette émission, pourquoi tu ne présentes pas le cassoulet ?
08:11Mais le cassoulet, ce n'est pas le repas de mon enfance.
08:14Moi, j'ai mangé quand j'étais petit, ou un peu plus tard, mais j'en mange encore, c'est
08:18le pâté Lorrain.
08:18Et il y a toujours, donc là vous disiez, de viande, il y a parfois des alternatives végétariennes ?
08:24On se pose beaucoup de questions sur la consommation de viande en ce moment.
08:26Oui, tout à fait.
08:27On peut très bien faire un pâté Lorrain avec des légumes.
08:29On peut remplacer la viande, comme la quiche, on peut remplacer le lardon par des légumes.
08:34Et bien entendu, il faut une alternative à la viande.
08:37Parce que pour moi, on mange trop de viande, il faut aller manger moins de viande, mais de la viande
08:41de meilleure qualité.
08:42Vous, c'est ce que vous faites par exemple ?
08:43Est-ce que beaucoup dans vos habitudes, peut-être qu'il y a quelques années, vous mangez de la viande
08:48quasiment à chaque repas,
08:50est-ce que vous avez changé vos habitudes alimentaires ?
08:51Il m'arrive des semaines de ne plus manger de la viande du tout et de prioriser des légumes.
08:57Des légumes, il faut prendre le temps de le cuisiner.
08:59Mais après, on va acheter des légumes auprès.
09:02Moi, je suis affilié dans des amaps, ou aller dans des biocops, acheter des légumes au plus près du producteur
09:09et cuisiner les légumes.
09:11Faire des tartes aux légumes, des légumes vapeur, des brocolis.
09:14Il m'arrive même dans l'année de faire carrément du jeûne.
09:17C'est-à-dire ne plus manger pour se régénérer.
09:20Pendant combien de temps ?
09:21Une semaine.
09:22Très bon pour les cellules.
09:23Jeûne et randonnée.
09:24C'est un chercheur japonais qui a été récompensé sur ses travaux sur le jeûne parce qu'effectivement, c'est
09:28une cure de jouvence.
09:29Mais il faut faire l'attention parfois.
09:31Il faut aussi prendre certaines précautions.
09:33Il faut que ça soit encadré.
09:33C'est-à-dire que quand vous faites un jeûne, pendant 15 jours, vous descendez, vous retirez de votre alimentation,
09:39de la viande, tout ce qui est toxique.
09:41Pendant une semaine, jeûne et randonnée.
09:42C'est-à-dire le matin, vous faites une randonnée l'après-midi, toute la journée du jeûne.
09:47Et après, vous remontez tranquillement.
09:49Et ça nettoie.
09:50Il paraît-il, ça lave.
09:52C'est super bien.
09:53Je reviens sur, parce que ça m'intéresse, vous étiez en Lorraine avec des recettes très classiques, la quiche Lorraine,
09:59la crème, le porc, etc.
10:01Vous arrivez dans le sud-ouest.
10:03Comment s'est faite cette acclimatation culinaire ?
10:05Est-ce que ça a été longtemps ?
10:06Est-ce que vous avez longtemps réclamé du pâté Lorrain à votre maman, par Colissimo ?
10:10Ou est-ce que vous vous êtes fourdu dans le cassoulet très vite ?
10:13Non, mais moi j'adore.
10:14La saucisse de Toulouse, le foie gras.
10:16Le confit, tout ça, j'adore tout ce qui est...
10:18Si vous faites le match, vous dites sud-ouest ou Lorraine ?
10:20Les deux, on peut très bien commencer par un pâté Lorrain et suivre avec...
10:24Un cassoulet ?
10:25Oui, alors après on a besoin d'une ou deux semaines de jeûne, j'imagine quand même.
10:28Non, mais quand je suis arrivé à Toulouse, je suis allé au marché Victor Hugo, au restaurant qui était au
10:32-dessus,
10:32et j'ai commencé à manger le bas de cassoulet, les confits, dans le même repas.
10:37Je veux dire, j'ai voulu tout goûter.
10:39Et l'après-midi, j'ai fait une grosse sieste parce que là j'étais...
10:41Mais moi j'adore bien manger, être autour d'une table.
10:45C'est pour ça qu'une fois par an, j'essaye de faire du jeûne, quoi.
10:50Parce qu'on aurait tendance à prendre un peu de poids et c'est pas bon pour le dynamisme.
10:54Mais manger moins de viande, oui.
10:56Et de la viande de bonne qualité ?
10:58On disait donc Racine en Lorraine, vous êtes près de Toulouse et puis une partie du temps à Paris aussi.
11:03Est-ce que quand vous êtes ici à l'Assemblée, vous arrivez aussi à cuisiner un peu ou vous mangez
11:08plus sur le pouce ?
11:09Est-ce que vous arrivez aussi à vous faire des petites adresses pour acheter ou pour manger ?
11:13Alors, à Paris, c'est difficile.
11:14Je ne cuisine pas du tout à Paris parce qu'on est quand même bien pris en charge.
11:17On a un restaurant et tout ça.
11:19Et on a une difficulté de sortir.
11:21On est à l'Assemblée nationale, on a le restaurant, on est dans le 7e, on siège le soir.
11:27Et c'est difficile de faire des petites sorties.
11:29Mais ça nous arrive des fois d'aller dans des petits restaurants parisiens, quoi.
11:33Mais c'est très très rare, en fait.
11:35On est quand même dans une bulle.
11:36Est-ce que vous êtes plutôt gourmet ?
11:39Vous cherchez les bonnes tables, un peu chic, bourgeoise, ou un peu gourmand, un peu curieux.
11:43Et vous préférez aller manger un peu de street food dans les quartiers du 10e, 9e arrondissement.
11:47Est-ce que vous êtes attiré par ça ?
11:48J'aime bien.
11:49Tout ce qui est cuisine comme ça...
11:50Parce que vous parliez des samoussas qui sont de la street food un peu asiatique.
11:53J'aime bien les petits bistros, gastros.
11:55Je sais qu'à Muray, il y a une excellente adresse.
11:57Ils proposent une formule à 20 euros, entrée, plat, dessert.
11:59Et c'est déjà un plat, s'il est bien présenté, s'il y a des belles couleurs.
12:04Ce que fait, par exemple, la cuisine japonaise.
12:06La cuisine japonaise, déjà, c'est un tableau.
12:08C'est magnifique.
12:09Mais ce n'est pas entrée plat-dessert à 20 euros, les Japonais.
12:11Non.
12:11Alors là, oui, parce que la bonne cuisine japonaise, c'est...
12:13Mais quand c'est bien présenté et puis que la personne vous explique comment c'est préparé,
12:18c'est déjà 50% du plat.
12:20Puis après, vous rentrez dans le plat, vous goûtez des saveurs, le croustillant, le moelleux, tout ça.
12:23Et donc, je suis à la recherche de petits bistrots ou de restaurants qui essayent de faire de la gastronomie.
12:30Et puis, la France, c'est une terre de cuisine, je veux dire, des influences.
12:36On est en bout de continent, on a un climat qui fait qu'on a une agriculture très diversifiée.
12:41Et puis, je suis très attiré aussi par la cuisine asiatique, j'adore.
12:44Ou cuisine indienne, enfin, toutes les cuisines, en fait.
12:48Mais même le burger.
12:49Le burger, j'adore le burger.
12:50Donc, vous aimez tout, vous n'avez pas de...
12:52On a le sentiment, voilà.
12:54Ça va.
12:56Bio, local, vous faites très attention à la provenance aussi de ce que vous achetez ?
12:59Tout à fait.
12:59On essaye de consommer auprès des producteurs locaux.
13:02Alors, ça peut être de l'agneau, du bœuf et des légumes.
13:06On essaye de voir comment on est affilié, je me disais, à Inamap.
13:10Et puis, il y a des producteurs locaux qui font des biscuits, qui font de la viande, qui font du
13:14miel.
13:14Donc, on essaye d'être au plus près des producteurs.
13:17Et ça ne coûte pas plus cher d'acheter directement auprès du producteur que d'acheter dans la grande distribution.
13:22Parce que c'est parfois, exactement, c'est parfois ce qui peut rebuter certains.
13:26On dit, le bio, parfois, c'est quand même plus cher.
13:29Oui.
13:29Ça prend plus de temps aussi de cuisiner.
13:31Certains ont un peu parfois la facilité.
13:33Ou alors aussi, à propos des problèmes de porte-monnaie, en se disant, ça va peut-être coûter moins cher
13:37d'aller finalement dans une grande surface.
13:39Alors, disons que l'avantage de la grande surface pour les gens, c'est qu'ils trouvent tout en même
13:42temps.
13:43Par contre, si vous voulez acheter vos légumes, votre viande, vos produits, il faut faire le marché.
13:49Il faut aller dans une amapte.
13:50Donc, ça prend plus de temps.
13:51Mais le temps, il faut arriver à le prendre.
13:53Parce que les gens, on n'a pas le temps, on n'a pas le temps.
13:55Quand je vois ce qu'est les drives dans les supermarchés, les gens ne vont même plus au contact.
14:00Et ce que je reproche aussi, quand on va acheter son alimentation, c'est d'avoir aussi une discussion avec
14:04le producteur,
14:05ou la personne qui transforme, ou la personne qui commercialise.
14:08D'avoir comment, quelqu'un qui élève ses brebis, qui fait son fromage, c'est intéressant.
14:13Quelle est sa vie derrière ?
14:14Parce qu'on a le produit, mais comment se passe la production ?
14:17Et comment vivent les gens de cette production-là ?
14:20Donc, il y a toute cette histoire à raconter, cette culture.
14:24Ça, il y a du travail derrière, et il y a des gens qui l'ont produit.
14:26Et donc, j'aime bien voir ce qui se passe derrière.
14:28Donc, il faut prendre du temps pour discuter, et donc d'aller sur les marchés.
14:32Dans votre quête de resto, on a bien compris que vous cherchez un peu de gastronomie.
14:35Bistro, c'est ce qu'on appelle la bistronomie.
14:37Voilà, c'est ça.
14:38La contraction des deux mots, mais à des prix un peu serrés.
14:41Est-ce que vous êtes prêt, de temps en temps, à faire des folies ?
14:43Aller dans un étoilier, un, deux étoiles,
14:45ou vous trouvez que non, ça ne vaut pas le coup ?
14:47C'est beaucoup trop cher pour ce que c'est ?
14:48Des portions un peu riquiqui, mais derrière, un service irréprochable, un travail hors pair.
14:54Est-ce qu'il y a un moment où vous n'avez plus envie de dépenser de l'argent pour
14:57aller au restaurant ?
14:58Alors, étoilier, j'y suis allé une fois dans un, deux étoiles.
15:00Il y en avait un à Toulouse.
15:01Et c'est vrai que, oui, c'est une super expérience.
15:04Je veux dire, déjà, le service, les mises en bouche,
15:08et puis toute l'histoire, la personne.
15:10Et ça, j'adore, je veux dire.
15:12Après, c'est sûr que c'est quelque chose...
15:13C'est un budget.
15:14C'est un budget.
15:15Des fois, c'est peut-être disproportionné par rapport à ce qu'il y a dans l'assiette.
15:19Mais il faut regarder les adresses, il faut voir.
15:22À Toulouse, il y a une multitude de restaurants, ou même dans certains villages.
15:26N'importe comment, une adresse qui marche bien, s'il fait de la qualité,
15:29forcément, les gens vont venir, quoi, je veux dire.
15:31Et ce que je reproche, il y a beaucoup de restaurants.
15:33Dans un restaurant, quand vous voyez 15 pages dans le menu, avec tout ce qui est proposé...
15:37Ça, généralement, ça vous inquiète.
15:38Là, il y a un problème.
15:38Par contre, quand il y a deux entrées, trois plats et deux desserts,
15:41je me dis, là, c'est fait sur place.
15:43Pâté Lorrain, c'est abordable quand on l'achète ?
15:45Oui, oui, oui, c'est très, très, très abordable.
15:47Alors, justement, on va continuer à en parler de ce fameux pâté Lorrain,
15:51continuer à en déguster un petit peu Christophe Bex.
15:53On va revenir dessus.
15:54C'est les trois choses à savoir de Jean-Pierre Montanet.
15:56Attention, respect, Elsa.
15:57Le pâté Lorrain, recette phare de la Lorraine, remonte,
16:00on l'a entendu dans la bouche de M. Bex, au Moyen Âge.
16:03L'illustre chef Taïvan l'évoque déjà dans son livre de cuisine en 1392.
16:07À cette époque, le pâté était une astuce pour conserver,
16:12grâce à la pâte, la viande, plus longtemps.
16:14Comme ça, elle n'était pas avariée.
16:16C'était un plat de luxe, à l'époque,
16:19servi lors des festins médiovaux.
16:22J'aurais bien aimé être à cette époque, ça devait avoir de la gueule.
16:24Pour la pâte, on peut imaginer qu'à l'époque, elle était brisée,
16:27alors qu'aujourd'hui, la feuilleté semble l'emporter.
16:30La farce, elle est composée de deux viandes,
16:32un noix de veau et échine de porc coupée en petits dés
16:34et marinée pendant au moins une nuit dans un mélange de vin blanc,
16:37d'échalote, d'ail, de thym.
16:39Et là, on sent qu'elle est très parfumée.
16:41Donc là, ils n'ont pas triché.
16:43C'est vraiment un très bon pâté qui a été mariné.
16:47Ensuite, il faut envelopper la farce,
16:49assaisonner avec sel, poivre et herbe fraîche comme estragon et persil,
16:52puis souder ou sceller, comme vous dites, les bords de la pâte
16:55avec un jaune d'œuf qui vous servira aussi à dorer la pâte.
16:57À l'aide d'un couteau, dessiner des lignes sur le pâté
17:00et fabriquer, c'est une astuce, une petite cheminée
17:03pour évacuer l'humidité avant d'enfourner la pâte à 180 degrés
17:07pendant 50 minutes à déguster tiède ou chaud.
17:09La cheminée va faire en sorte que l'air et la vapeur vont s'évaporer
17:13et ne pas trop humidifier la viande
17:15et ne pas trop humidifier, de fait, cette pâte qui doit rester un peu croustillante.
17:19Et alors, le pâté lorrain, est-ce que c'est une forme de pâté en croûte
17:23ou de pâté croûte ou c'est quelque chose de très différent ?
17:25Alors, c'est vrai que des fois, on entend pâté croûte
17:27mais on va avoir un pâté avec une toute petite fin de...
17:30J'aime pas trop l'expression, enfin pâté croûte.
17:32Nous, on reste sur pâté lorrain
17:33puisque c'est une marque, on va dire, déposée, je pense, en appréhension.
17:36Et après, c'est vrai qu'on a du mal à en trouver,
17:39comme je disais tout à l'heure, ailleurs.
17:40Il va y avoir ce qu'on appelle les friands.
17:43Ah oui, mais ça, c'est autre chose.
17:45Pâté à la viande.
17:46Oui, mais ça n'a rien à voir.
17:47Il y a les pâtés croûte et les pâtés en croûte.
17:49C'est de la même famille, Elsa, que le pâté en croûte.
17:52Ce sont des productions charcutières,
17:54alors même si on les achète dans les boulangeries en Lorraine,
17:57mais c'est vrai que c'est peut-être un peu moins fin que le pâté en croûte.
18:01Vous savez, on rajoute...
18:01Il y a plus de mélanges parfois dans le pâté en croûte, du foie gras.
18:04Oui, oui, oui, tout à fait.
18:05Et puis c'est devenu maintenant un art,
18:07il y a les championnats du monde de foie gras,
18:08donc je ne sais pas si le pâté lorrain a droit à ces championnats du monde encore.
18:11Il y a une fête du pâté lorrain, je crois que ça existe en Lorraine.
18:14Oui, alors il y a Baccarat et puis aussi dans les Vosges,
18:18il y a des championnats du monde ou championnats de...
18:21Et le petit charcutier, boulanger, pardon,
18:25boucher charcutier à deux manges aux eaux,
18:27là où je vais acheter mes pâtés lorrain quand je retourne en Lorraine,
18:29il participe aussi.
18:31Il avait fini deuxième, donc...
18:32Donc c'est toute une tradition en Lorraine.
18:36C'est une fierté pour vous quand on est en Lorraine.
18:37Est-ce que ces plats sont des ambassadeurs de votre région, de votre terroir ?
18:41Oui.
18:42Ça compte beaucoup dans l'identité de ces territoires ?
18:44Oui, parce que la Lorraine, en plus,
18:45moi je suis résident d'un département de la Lorraine qu'on connaît mal,
18:47c'est la Meuse.
18:48Et c'est vrai que la Meuse, quand on parle de la Meuse,
18:50les gens vont parler de Verdun, mais après...
18:53Non mais c'est vrai.
18:54Non mais c'est vrai, plutôt une image...
18:55Alors on va parler des dragées de Verdun.
18:58Ou les madeleines de Commercy.
18:59Ah oui, les madeleines, oui.
19:00Et à Bar-le-Duc, la spécialité, c'est...
19:04Ah non, moi je...
19:04La confiture de Groseille avec épis pigné à la plume d'oie.
19:08Bravo, voilà.
19:09Là, franchement, là, on monte...
19:12Et donc, il y a ces spécialités, justement, culinaires,
19:14qui permettent de parler des territoires.
19:16Dans toutes les petites villes ou les sous-préfectures de France,
19:18ou les préfectures,
19:19c'est bien souvent par le plat ou par la spécialité
19:22qu'on connaît les villes.
19:25Ou alors, le football, enfin, il y a...
19:27Ça permet au...
19:28Et c'est une forte identité.
19:29Et le pâté-le-rin, justement, ça permet de parler de la Lorraine.
19:32Vous, quand vous vous déplacez, parfois, dans vos activités de député,
19:34vous prenez la spécialité du coin, tout le temps ?
19:37Quand vous vous déplacez en France ?
19:38Si elle est là, puis disons que...
19:41C'est bizarre que plus on est loin du territoire où on est né,
19:45et plus on a envie de le revendiquer.
19:46Plus on a envie de le revendiquer.
19:48Parce qu'avant, quand j'étais en Meuse,
19:50moi, j'ai quitté la Meuse parce qu'il n'y avait plus de boulot,
19:51je suis allée en Meur-Temoiselle.
19:53Mais c'est marrant, il y a ce côté de valoriser le territoire
19:56où on n'habite plus.
19:57Une fois qu'on en est parti, parfois.
19:59Alors, on boit un petit peu avec ce pâté-le-rin.
20:02Vous nous avez proposé, Christophe Bex,
20:05une alternative, blanc-rouge.
20:07Vous, vous avez voulu du rouge.
20:08Alors, parlez-nous.
20:09C'est le domaine de la Ribonnet.
20:11Parlez-nous, justement, de ce domaine.
20:13Alors, le domaine de Ribonnet, c'est un domaine
20:15qui est dans ma circonscription.
20:16C'est à 15 kilomètres de chez moi.
20:18Il y a 25 hectares de vignes,
20:20et puis après, le reste, il y a du céréal.
20:21Et c'est interpris par un jeune, dans les années 70,
20:24un jeune qui venait de Suisse,
20:25qui a racheté le domaine
20:26et qui ont refait, revivre ce domaine.
20:28Parce qu'à l'origine, ce domaine appartenait
20:30à une personne très connue dans le sud toulousain,
20:34surtout à Muret, c'est Clément Adair.
20:36Clément Adair, c'est carrément...
20:38Enfin, c'est le Léonard de Vinci de l'époque.
20:40Il a créé l'aviation.
20:41Il a créé le premier appareil volant.
20:45Il a créé, en fait, l'avion.
20:47Parce qu'à l'époque, on appelait ça des aéroplanes.
20:48Il a créé l'avion.
20:49Et d'après la légende, avion, ça serait un acronyme.
20:52Ça voudrait dire appareil volant, imitant un oiseau naturellement.
20:57Avion.
20:58Il a créé aussi, il a travaillé aussi dans tout ce qui était téléphonie.
21:03Il a travaillé...
21:04C'est lui qui a inventé le caoutchouc pour mettre sur les roues de vélo,
21:06à la place du bois et du fer.
21:08Et il s'est fait de l'argent avec ça.
21:09Et c'est pour ça qu'après, il a été le premier homme volant du monde.
21:13Donc Clément Adair.
21:15Et ils ont fait une cuvée, justement, Clément Adair, que je vous ai apportée.
21:18C'était pour le centenaire de sa mort, parce qu'il est mort en 1925.
21:22Donc l'année dernière, on était en 2025.
21:24Et Clément Adair est né en 1925.
21:26Et je fais un petit clin d'œil pour la circo.
21:27Il est né l'année où était élu...
21:29Mort en 1925.
21:30Il est mort en 1925.
21:32Il est mort l'année où était élu maire Vincent Auriol, amuré.
21:36Et qui, par la suite, est devenu président de la République,
21:38premier président de la 4e République, amuré.
21:41Tout ça dans un petit périmètre.
21:42Et alors, on rappelle que l'alcool, on en boit avec modération.
21:45Mais que vous, quand vous mangez, pour vous, le verre de vin, pareil,
21:49c'est un peu obligatoire à table ?
21:51Non, j'évite...
21:53Sauf quand je suis avec des amis et des copains,
21:55ou quand je fais des rencontres.
21:57Mais la semaine, j'évite de boire de l'alcool, en fait.
22:01Mais si vous devez choisir, c'est le verre de vin rouge ?
22:02Oui, vin rouge, même à l'apéritif, oui.
22:05Le vin rouge, oui.
22:06Et dans le pâté Laurent, c'est du vin blanc, mais ça peut être du vin rouge aussi ?
22:10Non, c'est vin blanc, généralement.
22:11Non, généralement, c'est du vin blanc.
22:13Quand on fait marinades, alors on peut faire des marinades avec du vin rouge,
22:15mais là, ça serait peut-être un peu fort en goût.
22:18C'est plutôt du vin blanc qui est choisi.
22:20Tout à fait.
22:20Vous pouvez peut-être rajouter une petite goutte de cognac, etc.
22:23On peut le parfumer avec de la Mirabelle.
22:24Ah, bah vous, la Mirabelle.
22:25Ah, bah voilà, de Lorraine, évidemment.
22:27Allez, on a repris des forces, justement, avec ce pâté Laurent.
22:30On va faire chauffer nos neurones à présent avec les quiz.
22:36On va en profiter pour manger un petit peu, Christophe Bex.
22:39Et faites travailler vos neurones parce que ça va dépoter.
22:41C'est un peu capilotracté.
22:42Vous qui avez travaillé pour l'université Jean Jaurès de Toulouse,
22:46sauriez-vous nous dire si ces affirmations concernant Jean Jaurès sont vraies ou fausses ?
22:52Il a été assassiné au cours d'un dîner dans un restaurant baptisé, appelé, le Croissant Doré.
22:59Alors, il a été assassiné en 1914 dans un restaurant qui s'appelait le Croissant.
23:03Mais j'ai un doute sur le Doré.
23:05C'est à vous de me dire.
23:06J'ai un doute sur le Doré.
23:08Alors ici, il n'y a pas Jean-Pierre Foucault.
23:10On ne peut pas appeler quelqu'un.
23:10Appeler un ami.
23:11Non, non, mais moi, il a été assassiné, oui, c'est clair.
23:15Mais le Croissant, mais le Doré, je dirais que c'est faux.
23:18C'est faux, vous avez raison.
23:19Vous avez écouté, c'est bien.
23:20C'était au Café du Croissant.
23:21Voilà.
23:22Ce café porte toujours le même nom aujourd'hui.
23:26Vrai ou faux ?
23:30Faux.
23:31Faux, bien sûr.
23:32Il a été, bien entendu, il a été rebaptisé en 2014, la Taverne du Croissant.
23:36Et il s'appelle aujourd'hui le Bistrot du Croissant.
23:39On garde Croissant, mais on essaie de le customiser un peu.
23:44La légende raconte que Jean Jaurès était en train de déguster une tarte aux fraises lorsqu'il a été assassiné.
23:51C'est une légende ou je dirais vraie, une tarte aux fraises ?
23:54C'est vrai.
24:20Il portait toujours le même nom.
24:22Il y avait bien un menu spécial, mais il a disparu depuis de la carte, j'allais dire dommage.
24:26Eh bien écoutez, bravo.
24:27Alors, on vous avait dit qu'on vous avait demandé pourquoi vous n'avez pas demandé du cassoulet justement à
24:32cette table.
24:32On y revient au cassoulet avec ce quiz justement, puisque je rappelle que vous êtes député de Haute-Garonne.
24:37Alors, le cassoulet a toujours contenu des haricots blancs.
24:41Est-ce vrai ou est-ce faux ?
24:43Faux.
24:44C'était des...
24:44Alors, il y avait des fèves dedans.
24:48Eh bien exactement.
24:49C'était...
24:50On utilisait des fèves dans la recette médiévale.
24:53Tout à fait.
24:53En principe, un cassoulet authentique est cuit dans une cassolette.
24:58Une cassole.
25:00Vraie.
25:00Parfait.
25:01Pour l'instant, c'est parfait.
25:03Regardez, Jean-Pierre n'en croit pas ses yeux.
25:05Pour l'instant, vous avez un sans-coute.
25:06En fait, c'est un Toulousain déguisé.
25:07Il nous a fait croire qu'il était Laurent.
25:09Le folklore qui entoure cette recette recommande de casser la croûte sept fois lors de la cuisson pour enrichir la
25:15texture.
25:16Alors, il y a une recette, c'est celle de carcassonne.
25:19C'est vrai.
25:20Sept fois.
25:21Exactement, c'est vrai.
25:22Alors, la croûte, ce n'est pas une vraie couroute.
25:24C'est, expliquez-nous, Jean-Pierre, quand la cuisson remonte, ça crée une petite...
25:28Ce n'est pas une croûte au sens avec une pâte.
25:31Parce qu'il n'y a pas de chapelure dans le vrai cassoulet.
25:32Non, c'est parce que les haricots caramélisent un petit peu au-dessous parce que ça a été cuit très
25:36longtemps.
25:37Donc, les sucres remontent et créent une petite couverture.
25:40Allez, toujours sur cette dernière question.
25:42Ça peut être le sans-faute ou alors, sinon...
25:44Alors, Toulouse se revendique capitale mondiale du cassoulet.
25:48Il y a quatre villes.
25:49Moi, je dirais Castel-Noudari.
25:51Eh bien, c'est un sans-faute.
25:52Et il y a trois villes.
25:54Toulouse, Castel-Noudari, Carcassonne.
25:55Et il y a Saint-Félix-le-Raguay aussi qui fait un cassoulet.
25:58Oui, mais ça, c'est parce que c'est votre pote qui tient le...
26:00C'est moins connu.
26:01C'est parce qu'on vous a demandé de...
26:02Mais c'est vrai que chacun...
26:04Castel-Noudari, c'est vrai que c'est là...
26:06Bon, bravo.
26:07Alors, en tous les cas, un Lorrain qui s'est bien acclimaté dans le sud-ouest.
26:10Exactement.
26:10Bravo.
26:11Parfait.
26:12On va passer, justement, à la bref de comptoir.
26:18Justement, pour préparer l'émission, on demande à chaque invité de réfléchir à un moment, justement,
26:22qu'il souhaite nous partager autour de la cuisine, d'un repas.
26:25On remonte à votre première communion, Christophe.
26:28Alors, on va remonter dans le temps.
26:29C'est en 1974.
26:30C'est le repas de communion dans un restaurant.
26:32Il y a même le curé qui a invité.
26:35Et on est en 1974.
26:37Ça fait un mois que Georges Pompidou est décédé, le 2 avril.
26:41Et on est en plein de campagnes présidentielles.
26:43La gauche, la droite et la gauche, c'est clairement identifié avec François Mitterrand,
26:47candidat unique de la gauche.
26:48Et en face, on a Valéry Giscard d'Estaing, héritier de Louis XV.
26:51Et donc, le repas se passe bien au début.
26:53Et comme dans tous les repas de famille, ça part, on va dire, en cacahuètes.
26:57Avec un oncle qui soutient Charbon Delmas, parce qu'il habite à Bordeaux.
27:01Des oncles qui soutiennent Valéry Giscard d'Estaing, dont mon père.
27:04Et puis un oncle qui travaille justement au PTT, qui soutient François Mitterrand,
27:08candidat de la gauche.
27:09Et quand je dis de la gauche, c'est le Parti Socialiste.
27:11Je veux dire, c'est le Parti Socialiste qui affichait clairement que toute personne
27:14qui ne combat pas le système capitaliste n'a rien à faire au Parti Socialiste.
27:18Ça a bien changé depuis.
27:20Et donc, c'est parti complètement en pugilat.
27:25À l'époque, je voudrais rappeler quand même que les campagnes électorales et présidentielles,
27:28c'était très clivé, très clivant.
27:32Mais là, encore plus, j'ai l'impression, parce qu'il y avait vraiment une gauche affirmée
27:36qui n'avait pas eu de pouvoir.
27:37Et les débats présidentielles de 1974, puis on aura le match retour en 1981.
27:41Et donc, c'est parti comme ça.
27:42Et au moment d'aller au Vepre, à l'époque, on faisait les Vepres à 17h, on allait à l
27:47'église.
27:47Personne ne pour m'emmener, quoi.
27:49Personne pour m'emmener.
27:49Parce que vous, comment vous avez regardé avec vos yeux d'enfant, ces oncles qui discutent ?
27:53J'avais 13 ans à l'époque, et ça me faisait un petit tilt.
27:56Puis je voyais ma famille qui se déchirait, c'était entre les oncles.
28:00Et puis, pendant un certain temps, ils se sont pu adresser la parole entre certains oncles, mon père et tout
28:05ça.
28:05Et donc, il n'y avait personne pour m'emmener au Vepre, je veux dire à l'église.
28:09Et donc, j'y suis allé, c'est mon frère qui a pris une voiture, qui m'a emmené, et
28:12il fallait un bouquet de fleurs.
28:14Et donc, j'ai pris, ça m'a marqué, un bouquet de fleurs qui était sur une tombe au cimetière
28:18pour assister à cette messe qui avait lieu à 17h.
28:21Et donc, je l'ai toujours gardé en mémoire, ce moment familial où il y avait une grosse tension
28:30et la politique arrivait, comme souvent dans les repas de famille, arrivait à...
28:35C'est intéressant ce que vous dites, parce qu'aujourd'hui, Elsa connaît encore mieux ça que moi,
28:38puisqu'elle est au cœur de l'Assemblée nationale, on parle de la montée de la radicalité des extrémistes.
28:42Mais avant, c'était très polarisé, en fait.
28:44Moi, j'ai vécu un peu cette période, il y avait deux camps.
28:46Donc, forcément, il y avait un affrontement très frontal.
28:48Aujourd'hui, c'est un peu disséminé.
28:49Donc, il y a des radicalités, il y a des extrêmes.
28:52Mais quand le crash test est là, ça bloque contre bloc.
28:57Et l'élection de 1974, c'est intéressant, parce qu'il y avait aussi un candidat écologiste,
29:02Rod Dumont, et pour la première fois, une femme est candidate, Arlette Aguillet.
29:06Et il y avait 12 candidats, parce qu'il n'y avait que 40 jours.
29:08La campagne était très, très courte, je dirais.
29:11Et c'est une campagne qui restait en mémoire, parce que Valéry Jusquard d'Estaing avait gagné, et après...
29:16Mais ça vous a quand même donné envie de faire la politique, vous auriez pu dire ce spectacle.
29:19Ça m'a marqué.
29:20Et pas forcément d'en parler à table, alors peut-être.
29:22On n'en parle souvent à table.
29:24Allez, on va vous emmener dans un restaurant.
29:26C'est des restaurants que vous connaissez bien, Christophe Bex.
29:29Direction le Resto U, dans le Dessous des Plats.
29:37Alors, je ne sais pas si vous avez un euro dans la poche, mais un euro, c'est le prix
29:40que coûtera le repas dans les Crous.
29:43Vous savez, c'est les restaurants universitaires.
29:45Ce sera pour tous les étudiants à partir de mai 2026.
29:48C'est un vrai défi.
29:50Reportage Maïté Frémont, Eva Billion et Philippe Le Croix.
29:56Paris, 13e arrondissement, sa faculté des sciences et ses 25 000 étudiants.
30:02Et sur l'heure du déjeuner, cette file d'attente au restaurant universitaire du quartier qui ne désemplit pas.
30:08Au menu ce vendredi-là, elle dorée à la grenobloise.
30:11Je suis étudiant depuis trois ans.
30:13Tu es boursier ?
30:13Oui, je suis boursier.
30:15Donc toi, le repas, il était déjà un euro ?
30:17Oui, j'ai toujours eu un euro.
30:18La plupart des étudiants non boursiers que je connais ne mangent pas au Crous parce que, mine de rien, 3
30:22,30 euros, ça reste un budget pour un repas.
30:24Et le repas à un euro, c'est quelque chose qui m'a fait énormément de bien.
30:28Combien sont-ils, non boursiers, à ne pas pouvoir manger à leur faim ?
30:32Selon un dernier sondage, sur 5 285 étudiants,
30:36Près de la moitié affirment avoir déjà renoncé à se nourrir pour des raisons financières.
30:41On a plus de 20% des étudiants qui ne mangent pas à leur faim.
30:44Plus de 60% des bénéficiaires dans nos épiceries sociales et solidaires, les Agorae,
30:48qui ne peuvent pas bénéficier de ce repas à un euro parce qu'ils sont justement exclus de ce système
30:52de bourse
30:52et qu'ils se retrouvent dans des situations de précarité extrême.
30:55Aujourd'hui en France, un étudiant sur quatre vit avec moins de 100 euros par mois une fois le loyer
31:00réglé.
31:01Face à ces constats, la mise en place du repas à un euro pour aider les étudiants les plus précaires
31:06va se généraliser à tous.
31:09Là, un euro, c'est-à-dire qu'on pourrait faire trois repas alors que là, on n'en fait
31:12qu'un.
31:13Je pense qu'il y aura forcément plus de queues du coup.
31:14Est-ce que les crocs vont réussir à suivre ?
31:16Est-ce que ça ne va pas désavantager finalement les étudiants qui sont boursiers ?
31:19C'est la question que personnellement je me pose.
31:22Et ces craintes, les professionnels des restos U les partagent aussi.
31:27Déjà sous tension, ils doutent de pouvoir absorber le flux.
31:30Alors comment proposer un repas à un euro pour les étudiants sans dégrader le contenu des assiettes ?
31:36Ce sera tout l'enjeu du crousse qui sert aujourd'hui 45 millions de plateaux par an.
31:43Alors Christophe Bex, vous avez dirigé un restaurant universitaire à Nancy.
31:48C'était en quelle année ?
31:49Entre 1999 et 2002.
31:51Et alors, est-ce que vous voyez aussi à l'époque que la question de se payer un repas le
31:55midi,
31:56ça pose problème à de nombreux étudiants ?
31:58Oui, déjà à l'époque, beaucoup d'étudiants ne fréquentaient pas les restaurants universitaires.
32:02Ils s'achetaient un paquet de pâtes, ils mangeaient entre eux.
32:04Mais je voudrais dire, non seulement les étudiants ont du mal à se nourrir,
32:07mais il faut savoir qu'un enfant sur quatre en France ne mange pas à sa faim.
32:10C'est pour ça que nous, dans le cadre des élections municipales,
32:12on propose des cantines gratuites et bio.
32:15Et pour revenir au restaurant universitaire, c'est une très bonne mesure, le repas à un euro.
32:18Mais déjà à l'époque, on était confrontés au manque de moyens.
32:22Parce que je tiens à saluer tous les personnels ouvriers qui travaillent au sein des oeuvres universitaires,
32:27dans les restaurants universitaires.
32:28Mais ce qu'il faut, c'est du matériel, il faut des locaux, il faut du personnel.
32:32Pour offrir cette offre à un euro, de bonne qualité,
32:35il y a des repas végétariens qui sont d'excellente qualité,
32:38mais il faut justement mettre les moyens derrière.
32:40Alors c'est ça. Est-ce que là, pour l'instant,
32:42parce qu'on sait que le gouvernement n'était pas favorable à cette généralisation du repas à un euro,
32:46ce sont les socialistes qui ont un peu forcé la main du gouvernement,
32:51pour l'instant, le gouvernement est un peu dans le déni.
32:54Là, le ministre de l'Enseignement supérieur dit
32:56« Oui, il faudra certainement plus de moyens, peut-être des embauches, des recrutements »,
33:00mais on ne connaît pas encore le chiffre.
33:02Alors il y avait des chiffres qui avaient été avancés,
33:04j'avais fait l'explication de vote lors de la niche du Parti Socialiste il y a un an,
33:09et il y avait des chiffres qui avaient été avancés, 50 millions,
33:11mais il faut embaucher des personnels ouvriers titulaires,
33:15enfin pas que des contractuels ou des gens qu'on va...
33:18Moi j'ai entendu dire que ça coûtait 90 millions d'euros, c'est pas...
33:20Ça coûte 50... Il y avait 30 millions qui étaient budgétés,
33:23je crois qu'il y a eu une rallonge de 20 millions d'euros,
33:25mais sur le nombre de personnels qu'il va falloir embaucher...
33:27Il faut des locaux, parce que quand on voit les files d'attente,
33:30on peut avoir les personnels, les chaînes et tout ça,
33:32mais il faut aussi des locaux, agrandir.
33:34Il y a des gros efforts qui ont été faits,
33:35mais la raison universitaire, c'est important de mettre
33:37les moyens. C'est comme beaucoup de mesures,
33:39pour les AESH, si je prends le lien avec les AESH
33:42qui travaillent auprès des enfants handicapés,
33:44si on ne met pas les moyens dans le recrutement
33:45et les moyens financiers,
33:47il faut un budget conséquent, c'est clair.
33:50Et 1 euro, est-ce que pour 1 euro,
33:52on peut proposer un repas de qualité ?
33:54Mais même déjà à 3,30 euros ou 3,50 euros...
33:57C'était combien à votre époque, Christophe Bex ?
33:59C'était 5 francs quand j'étais étudiant,
34:01mais après on était...
34:02Il faudra convertir avec l'inflation tout ça pour...
34:04Honnêtement, moi j'étais responsable d'un restaurant universitaire,
34:06on avait 8 francs pour faire un repas entrée plat dessert.
34:11Mais après l'État subventionne.
34:12Là je parle 8 francs coût d'enrée.
34:15Oui, là c'est autour de 8 ou 9 euros.
34:17Bien sûr, parce qu'après vous mettez
34:19tout ce qui est frais de fonctionnement,
34:20le matériel et tout ça.
34:22Donc c'est sûr qu'un euro,
34:23ou même pourquoi pas la gratuité...
34:24Non, c'est un prix en trompe-l'œil,
34:26c'est subventionné.
34:28N'importe comment, le repas universitaire,
34:30le traditionnel qu'on appelle,
34:31il est subventionné.
34:32Mais il était déjà subventionné
34:33quand il était à 3,30 euros, tout ça.
34:35Donc là, on le descend à un euro,
34:36c'est symbolique,
34:37mais ça permet à beaucoup d'étudiants.
34:39Et je rappelle aussi que le restaurant universitaire,
34:41ça permet à beaucoup d'étudiants
34:42de se retrouver.
34:43Sinon, ils vont se retrouver tout seuls
34:45dans leur chambre universitaire
34:46à faire cuire leur paquet de pâtes,
34:48ce qui ne coûte pas cher.
34:49Et là, ils peuvent rencontrer des gens.
34:51Et autour d'une table,
34:52même s'ils ne connaissent personne,
34:53ils vont être assis à côté de quelqu'un
34:54et ils vont discuter, échanger.
34:56Et vous qui avez bien connu,
34:57qui en avez dit riche,
34:57est-ce que ça ne fait pas un effet d'aubaine ?
35:02Comme vous l'avez clairement dit.
35:03Mais ceux qui ont un peu plus de moyens,
35:05qui sont aidés par leurs parents,
35:06qui ont un appartement à côté.
35:08Pourquoi payer un euro
35:09alors qu'ils pourraient payer beaucoup plus
35:10compte tenu de leurs revenus ?
35:11Moi, je suis pour que ça soit universel.
35:13C'est comme l'école.
35:15Les enfants qui ont les moyens,
35:16enfin les parents qui ont les moyens,
35:17à l'école, ils ne payent pas l'enseignement.
35:20Donc je pense qu'il faut aller
35:21vers l'universalité des prestations.
35:24Après, c'est une histoire d'impôt sur le revenu.
35:26Je pense qu'il faudrait mettre en place
35:2714 tranches et non pas 5 actuellement
35:29pour que chacun puisse cotiser.
35:30On paye un euro au Crous,
35:31mais Bing, on...
35:32Non, ce n'est pas Bing,
35:33c'est les 14 tranches
35:34qu'avait mis en place François Mitterrand.
35:35Vous vous souvenez,
35:36en fonction des moyens,
35:37c'est progressif et proportionnel.
35:39Voilà, on paye en fonction...
35:40Mais en contrepartie,
35:42vous avez accès à l'école,
35:43vous avez accès aux routes,
35:44vous avez accès au repas un euro.
35:46Et justement,
35:46puisque quand le gouvernement avait dit
35:49généraliser le repas un euro,
35:50certains avaient dit
35:51mais rendez-vous compte,
35:52les fils de millionnaires
35:52vont pouvoir bénéficier.
35:54Pour vous, c'est un faux débat, en fait.
35:56Les gens qui ont les moyens
35:57n'iront pas manger au repas un euro au couche ?
35:59C'est un faux débat aussi
36:00parce que ce n'est pas parce que
36:01nos parents sont millionnaires,
36:03milliardaires,
36:03enfin, qui ont beaucoup d'argent.
36:04Ça permet aussi aux jeunes,
36:06s'ils veulent s'émanciper de ses parents,
36:08s'ils ne veulent pas dépendre de ses parents,
36:09si leurs parents leur disent
36:10« Toi, demain, tu seras architecte ou médecin. »
36:12Non, non, moi, je vais faire autre chose.
36:14Eh bien, ça lui permet
36:15de s'émanciper aussi des parents.
36:17Et je trouve qu'il faut aller
36:18vers une prestation universelle.
36:20Tout à fait.
36:21Alors, vous l'avez soutenu, cette mesure.
36:23Est-ce que ce n'est pas,
36:24quand on voit un peu les difficultés
36:25dont on vient de parler,
36:26est-ce que ce n'est pas un cadeau
36:27empoisonné pour le Crouz, cette histoire ?
36:28Pour le Crouz, comme je disais,
36:29il faut donner les moyens
36:30non seulement en personnel,
36:32former les personnels,
36:33et puis au niveau des locaux.
36:35Il peut y avoir peut-être
36:35une amplitude horaire plus grande.
36:37Oui, on parle d'adapter
36:38les heures de cours à l'université
36:39pour permettre à certains
36:40peut-être de déjeuner
36:41à partir de 11h.
36:42Comme j'ai travaillé à l'université après,
36:44c'est vrai que les heures de cours,
36:45concentrées sur le mardi, mercredi, jeudi,
36:47il faut aussi permettre
36:49que les cours peut-être
36:50soient plus étendus
36:51le lundi et le vendredi.
36:53Pour libérer des créneaux
36:54entre 11h et 15h
36:55pour que les jeunes puissent venir manger.
36:57Enfin, les jeunes, les étudiants,
36:58les étudiants,
36:58ils ne sont pas tous jeunes,
37:00mais beaucoup.
37:00On parle de ces 1 euro,
37:02effectivement,
37:02c'est subventionné derrière.
37:04La présidente du CNUS,
37:06du coup, qui gère
37:06les différents Crouz,
37:08a signé un partenariat
37:09pour 100% de bœuf français.
37:10Justement, vous pensez
37:11qu'il y a une volonté de leur part
37:12de maintenir toujours de la qualité ?
37:14Parce qu'on peut se dire,
37:15avec la surfréquentation,
37:17ce qui va baisser,
37:17c'est la qualité ou les portions.
37:19Vous pensez qu'il y a une volonté,
37:20en tout cas,
37:20de proposer un menu
37:22qui soit bon, de bonne qualité ?
37:23Là, ça ferait justement...
37:25Si on peut consommer
37:27du bœuf français
37:27à condition qu'il y ait
37:28une filière qui soit
37:29en capacité de répondre,
37:30il ne faut pas que ça soit
37:31du bœuf qui soit engraissé
37:32en Espagne ou en Italie
37:33avec du maïs,
37:34mais si les fournisseurs
37:36sont en lien avec les Crouz,
37:37comme les cantines,
37:38comme les Ehpad,
37:39c'est comme ça
37:40qu'on recrée une filière
37:41sur l'ensemble du territoire.
37:42Et le Crouz de Nancy
37:43ou de Toulouse,
37:43s'il s'approvisionne
37:44auprès des producteurs locaux,
37:46tout le monde est gagnant.
37:47Et la qualité,
37:48on peut la faire.
37:48Les coûts ne sont pas plus élevés.
37:50L'argent qui est capté,
37:52la valeur du produit agricole,
37:53il est capté par l'industrie.
37:54Je veux dire,
37:55sinon, si on fait
37:55une filière directe
37:56et les producteurs
37:57ne seraient entièrement d'accord
37:59d'avoir des débouchés
38:00vers les restaurants universitaires.
38:02Et je tiens à rappeler
38:02que la qualité,
38:03parce que bien souvent,
38:05les gens ont en mémoire
38:05les restaurants universitaires,
38:07comme je dis,
38:07le repas à 5 francs,
38:08c'était purée saucisse.
38:10Ça s'est beaucoup,
38:11beaucoup amélioré.
38:12Et les repas végés
38:14sont d'excellentes factures.
38:15J'allais quand même poser la question
38:16parce que souvent,
38:17avec le recul,
38:18quand nous,
38:18on parle de la cantine,
38:20on résume ça
38:21aux choux de Bruxelles,
38:22etc.
38:23Vous avez été patron d'un crousse,
38:25vous avez en mémoire
38:26un plat que vous trouviez,
38:27finalement,
38:28très bon
38:28et pas si mauvais que ça,
38:30servi au crousse,
38:32qui avait un petit côté régressif.
38:33Je ne sais pas,
38:33peut-être que c'est une question idiote.
38:35Peut-être que vous aimiez
38:36les frites du crousse,
38:36après tout.
38:37Le plat préféré,
38:38bien entendu,
38:39les plats préférés,
38:40c'était couscous,
38:42moules frites
38:42et le steak frites.
38:44Bien souvent,
38:44les jeunes prenaient ça.
38:45Les frites,
38:45pourtant,
38:45à la cantine,
38:46ce n'est pas bon,
38:46en général.
38:47c'est réchauffé,
38:49non ?
38:49Non,
38:50elles étaient faites,
38:50justement.
38:51Donc,
38:51les frites du crousse
38:52étaient bonnes ?
38:52Oui,
38:53après,
38:54on produisait à l'époque
38:552000 repas jour,
38:56au traditionnel,
38:57donc c'est de la cuisine
38:58en grande quantité,
38:59mais il y avait l'obligation
39:00de la variété des entrées,
39:02trois plats
39:03et les desserts.
39:04Donc,
39:04il y avait une obligation
39:04de proposer une offre variée
39:08et cuisiner dans de bonnes conditions aussi.
39:10Et justement,
39:11c'est important,
39:12alors,
39:12il y a la question du coût
39:13et il y a la question aussi
39:14de l'éducation à l'alimentation,
39:15c'est important que les étudiants,
39:17on a toujours un peu
39:18les caricatures en tête,
39:19ne mangent que des pâtes,
39:20que des frites,
39:21etc.
39:21C'est aussi par le crousse
39:22peut-être de proposer
39:23des fruits,
39:24des légumes,
39:24des recettes un peu plus variées.
39:26Bien sûr,
39:26justement,
39:27avec l'offre qu'ils font,
39:28l'offre végétarienne
39:29qu'ils font dans les crous
39:30depuis plusieurs années,
39:31on peut travailler
39:32sur des légumes,
39:32faire des galettes de légumes
39:34avec des brocolis,
39:36avec du chou-fleur,
39:37avec les...
39:38comment les...
39:39Ah,
39:39les...
39:39ce qu'on met dans le couscous,
39:41les protéines...
39:42Les pois chiches.
39:43Les pois chiches.
39:44Avec le pois chiche,
39:45c'est une source de protéines
39:46inestimable,
39:46je veux dire,
39:47donc avec les pois,
39:48tout ça,
39:48on peut faire beaucoup de recettes
39:49et les cuisiniers sont prêts,
39:51bien entendu,
39:51à faire tout ça.
39:52Et on peut justement...
39:54Il y avait les semaines du goût
39:55aussi aux crous,
39:56tout ça.
39:56Et les étudiants sont prêts,
39:58tout le monde est prêt.
39:58Et c'est pour ça que
39:59dès le plus jeune âge,
40:00dans les cantines,
40:01il faut mettre en place
40:03une cuisine bio,
40:05produite localement
40:06et gratuite.
40:07C'est les défis des crous,
40:08des cantines,
40:09c'est de la restauration collective.
40:10Il y a quand même
40:10de plus en plus d'obligations,
40:12d'avoir du local,
40:13d'avoir du bio,
40:14il faut aller encore plus loin
40:15d'après vous,
40:15parce que c'est des centrales d'achat
40:17qui peuvent être énormes,
40:18qui pèsent beaucoup,
40:19justement,
40:20dans les commandes.
40:21Il y a les marchés publics,
40:22mais je pense qu'il faut aller vers ça
40:23pour justement que les enfants
40:25ont le plus jeune âge
40:26et auprès de leurs parents,
40:27ils disent,
40:28ce midi,
40:28j'ai mangé des brocolis,
40:29c'était super bon.
40:30Et les parents disent,
40:31ah oui,
40:31tu as mangé des brocolis.
40:32Et après,
40:33on fait une éducation au goût
40:34et puis je pense que tout le monde
40:36a le droit de manger
40:38des produits de bonne qualité.
40:40Et c'est important pour notre santé.
40:42Si on mange des produits
40:43de mauvaise qualité,
40:44c'est la sécurité sociale
40:45qui va avoir des problèmes.
40:47Donc je pense que l'alimentation,
40:48c'est la base.
40:49Et c'est politique,
40:50on l'a entendu,
40:51on va vous emmener
40:52dans un autre restaurant.
40:53On quitte le restaurant universitaire
40:54pour aller dans un tiers lieu à présent.
40:56C'est les pieds dans le plat.
41:03Qui aujourd'hui, Elsa,
41:04ne connaît pas les bouillons ?
41:05Ses restaurants sont très à la mode.
41:06Ils proposent une cuisine familiale,
41:07à des prix serrés
41:08et celui de Lille,
41:10le Chau-Bouillon.
41:11Figurez-vous,
41:12il se veut solidaire
41:13en proposant aux clients,
41:14cet original,
41:15des ateliers
41:15pour partager,
41:17avant ou après le repas,
41:19des savoir-faire
41:20en matière culinaire,
41:21histoire d'apprendre
41:22à mieux cuisiner
41:22et aussi
41:23à mieux se connaître.
41:24C'est un reportage
41:25d'Alicie Rodgeux
41:26et d'Eva Billion.
41:37Le premier ingrédient,
41:38c'est avant tout
41:39la bonne humeur.
41:40Ce matin,
41:41le menu de l'atelier solidaire
41:42est 100% asiatique,
41:44avec un taboulé
41:45et des perles de coco.
41:47Ici,
41:47on transmet des techniques
41:49et surtout,
41:49on recrée du lien social.
41:51Toujours d'avoir son couteau
41:53vers la planche
41:53plutôt que...
41:54J'ai l'habitude
41:55de les faire comme ça.
41:56Sauver ses doigts,
41:57alors ça,
41:57c'est vraiment...
41:58Tes doigts font que
41:59les mets comme ça,
42:00sur la carotte.
42:01Pour Louise,
42:01cette session est une première.
42:03Son objectif aujourd'hui...
42:04On prend le couteau de gens,
42:05apprendre aussi des choses
42:07et passer un bon moment,
42:09rigoler.
42:09Ça fait plusieurs fois
42:10que ma maman m'en parle.
42:12Par manque de temps,
42:13je n'ai jamais eu l'occasion,
42:14mais aujourd'hui,
42:15je ne travaille pas,
42:16donc c'est l'occasion
42:17de me rendre utile.
42:18La chef du jour,
42:19Tiffane Fatou,
42:20c'est la première fois
42:21qu'elle anime ici
42:22un cours de cuisine.
42:23Le but,
42:24ce n'est pas d'être
42:24un grand chef,
42:25mais vraiment de partager
42:26aussi bien pendant
42:27le temps de l'atelier
42:28que le temps du repas
42:29avec toutes les personnes présentes.
42:31Toutes les recettes
42:32sont terminées,
42:32c'est l'heure
42:33de la dégustation.
42:34Pour un repas acheté,
42:36un repas est offert,
42:37un système inclusif
42:38et solidaire.
42:39Personne ne sait
42:40qui a payé ou non.
42:41Autour de la table,
42:42une trentaine de personnes,
42:44les bénévoles,
42:45des travailleurs
42:45et des habitants du quartier.
42:47Pour eux,
42:48ce lieu en deux mots...
42:49La convivialité,
42:50le partage,
42:52et puis comme surtraité,
42:54ça permet de garder
42:54un lien social.
42:57On a des fonds
42:58de tout horizon,
43:00ce qui fait
43:00la richesse du lieu.
43:02Dans ce tiers-lieu,
43:03le bouillon solidaire
43:04met aussi un ensemble
43:05d'espaces créatifs
43:06solidaires et complémentaires.
43:08Le persil, par exemple,
43:09provient directement
43:10de la ferme urbaine,
43:11un lieu ouvert au public
43:12deux fois par semaine.
43:15Alors, je ne sais pas
43:16s'il y a un bouillon solidaire
43:19à Toulouse,
43:19mais est-ce que vous connaissez
43:21ce genre d'établissement ?
43:22Est-ce que vous en avez
43:23fréquenté certains ?
43:24Alors, les bouillons,
43:25c'est vrai qu'il y a
43:25une grosse...
43:25Alors là, solidaire.
43:26Ah non, solidaire,
43:27non, je ne sais pas.
43:27Vous connaissez les bouillons ?
43:28Tiers-lieu, en fait,
43:29ce qu'on appelle...
43:30Tiers-lieu, je connais.
43:31Je connais les...
43:32Alors, il y a plusieurs formes
43:33de tiers-lieu.
43:34Il y en a plus de 3500 en France.
43:36Qu'est-ce qu'on appelle
43:36tiers-lieu ?
43:37L'idée, c'est de retrouver
43:38des personnes entre
43:39leur lieu de travail
43:40et leur lieu d'habitation.
43:41Les gens se retrouvent
43:42pour diverses activités.
43:43En l'occurrence, là,
43:44c'est pour manger,
43:45effectivement,
43:45parce que ça crée du lien.
43:46Et avant ou après,
43:48on fait...
43:48Alors là, c'est très lié
43:49à la cuisine.
43:50Comment vous expliquez
43:51que la cuisine est souvent
43:51liée au mot lien social ?
43:54C'est vraiment fédérateur,
43:55la cuisine ?
43:55Ça permet vraiment
43:56de créer quelque chose
43:57plus que les autres activités ?
43:58Disons qu'on mange
43:59tous les jours.
44:00Et qu'en France,
44:01on a une tradition
44:02que, contrairement à d'autres
44:03pays européens
44:03ou dans le monde,
44:04on se met à table
44:04et c'est là qu'on va discuter
44:06avec des familles, amis
44:08et quand on reçoit
44:09des gens chez soi,
44:10c'est autour d'une assiette.
44:12Et on parle de l'assiette.
44:13Et même...
44:14Je reviens à ma séance
44:16de jeûne
44:16que je fais chaque année
44:17et la semaine
44:19où on fait du jeûne,
44:19on n'arrête pas
44:20de parler de nourriture.
44:22Oui.
44:22Ah bah c'est un...
44:23Ça doit être...
44:24Oui, mais moi,
44:25on m'a dit
44:25qu'à la séance de jeûne,
44:26il y a des gens
44:26qui deviennent dingues même
44:27parce qu'à force
44:28de ne pas manger...
44:29On ne pense qu'à manger.
44:30Oui, mais bien souvent,
44:31c'est la conversation,
44:34il y a la politique,
44:35la météo
44:35et la nourriture.
44:37Surtout chez les Français,
44:38vous l'avez dit.
44:38C'est très fédérateur
44:39parce qu'on a une culture,
44:40on a un pays d'immigration,
44:42plusieurs cultures,
44:43notre géographie,
44:44notre sol et tout.
44:45Nous sommes riches
44:46de cette variété
44:47de cultures et de recettes.
44:49Et vous travaillez, vous,
44:50sur un texte justement
44:51sur les tiers-lieux.
44:52Vous souhaitez quoi ?
44:54Faciliter leur implantation ?
44:56Pourquoi c'est important pour vous ?
44:57Faciliter l'implantation
44:59des tiers-lieux
44:59au niveau du foncier,
45:00au niveau juridique.
45:01Pourquoi ?
45:01Parce que je regardais
45:02une étude récente en France,
45:04dans chaque commune de France,
45:06dans chaque village,
45:06et il y avait deux tiers-lieux.
45:08Je vais schématiser.
45:09Il y avait l'église
45:09et il y avait le café.
45:11L'église,
45:11les gens y allaient
45:12tous les dimanches,
45:13ceux qui n'y croyaient pas,
45:15mais ils y allaient
45:15pour rencontrer des gens,
45:16prendre des nouvelles
45:16de l'ancien,
45:17de la petite fille,
45:18tout ça,
45:18et puis après,
45:18se retrouver au café.
45:19Et le café,
45:20c'était le salon
45:21de ceux qui n'en avaient pas.
45:22Donc, tous les gens
45:23se retrouvaient au café
45:23et discutaient,
45:24s'engueulaient.
45:26Et ça,
45:27ça, ça n'existe plus.
45:28Les écoles ont fermé,
45:29les églises,
45:29il n'y a plus personne dedans
45:30et les cafés ont fermé.
45:32Les cafés ont fermé
45:33et cette dynamique
45:34des tiers-lieux
45:35permet justement
45:35de recréer du lien
45:37sur différentes activités.
45:38Je veux dire,
45:39ça peut être des jeux de société,
45:40ça peut être pour se retrouver
45:41à faire des cafés bricoles,
45:43ça peut être une petite association
45:45qui tient un bar,
45:47échange de cuisine,
45:47des ateliers de cuisine,
45:48ça, c'est génial.
45:49C'est encore ce qu'ils font
45:50à Chaud-Bouillon.
45:51Ils n'ont pas révolutionné
45:53le tiers-lieux.
45:54Chacun vit avec sa culture.
45:55Moi, je vais venir avec mon pâté le rein,
45:57quelqu'un qui va venir
45:57avec son couscous,
45:59sa recette de nez,
46:00mais on va partager
46:02et on va manger ensemble.
46:03Et justement,
46:04parce que vous le disiez,
46:04il y a près de 20 000 bars tabac
46:06qui ont disparu en 20 ans.
46:08C'est ça.
46:08Il y a des études
46:09qui font le lien
46:09entre la progression
46:11du vote du Rassemblement National
46:12et la disparition de ces lieux.
46:15Est-ce que pour vous,
46:15si vous souhaitez les réhabiliter,
46:17c'est aussi politique ?
46:18Tout à fait,
46:18c'est fondamental.
46:19Moi, je le vois
46:20dans ma circonscription,
46:21on dit
46:21les services publics ont disparu.
46:22Je dis oui,
46:23les services publics ont disparu,
46:24mais les services privés,
46:25la boulangerie,
46:26l'épicerie et le café.
46:27Et ça permet aussi,
46:27quand il y avait un café,
46:28que les gens rencontraient
46:29d'autres personnes.
46:30On ne rencontrait pas
46:31son cercle d'amis
46:32où on se retrouve chez soi,
46:33mais on rencontrait des gens
46:34qui étaient de passage
46:35et qui ne partageaient pas
46:36forcément les mêmes opinions.
46:38Et c'était un échange,
46:39on prenait des nouvelles
46:40de tout le monde
46:41et la discussion
46:42pouvait peut-être s'enflammer,
46:43mais était peut-être
46:44plus modérée
46:44que derrière un ordinateur,
46:46derrière les réseaux sociaux,
46:47les gens peuvent s'enflammer.
46:49Quand on est en face-à-face,
46:50les yeux dans les yeux,
46:51la conversation est un peu
46:53plus mesurée.
46:54Et puis,
46:54chaque discussion
46:55est un enrichissement.
46:56Même si on ne partage pas
46:57les idées de la personne,
46:58on va connaître son histoire,
47:00son parcours
47:00et comprendre pourquoi peut-être
47:02il va voter à l'extrême droite.
47:04Et c'est là que la discussion
47:05devient intéressante.
47:06Comment compter recréer ces lieux,
47:08les réinventer,
47:09les revitaliser,
47:10en essayant de prendre
47:12un établissement
47:13qui existe déjà
47:14et en le subventionnant
47:15ou en créant
47:15ex nihilo des lieux ?
47:17Après, il y a plein de...
47:17Ou un mélange des deux ?
47:19Qu'est-ce qu'elles sont
47:19vos idées pour...
47:21Disons, c'est déjà
47:22avoir accès à du foncier,
47:23à avoir accès à un...
47:24Parce que souvent,
47:24si ces cafés ne marchent pas,
47:25c'est qu'ils ne sont pas rentables.
47:27Oui, parce qu'il n'y a personne de nom.
47:28Donc, il faut que la mairie
47:29les soutienne,
47:31parce qu'autrement...
47:31Il faut que ça soit
47:32co-construit par les citoyens et citoyennes.
47:34C'est leur initiative.
47:35L'idée, c'est de faciliter
47:36les initiatives
47:36qu'il peut y avoir.
47:37Déjà, on n'arrive pas
47:38à avoir un local
47:39ou alors c'est compliqué.
47:40Donc, cette proposition de loi,
47:41elle est là pour justement
47:43casser tous les freins
47:44et permette aussi aux municipalités
47:46de mettre à disposition un lieu.
47:48Et après, les citoyens et citoyennes
47:49vont faire ce qu'ils voudront.
47:51Avec l'associatif ?
47:52Voilà.
47:53Il y a plein d'idées,
47:55il y a plein d'expériences.
47:55Et il y a une grande envie
47:56aussi que les gens se retrouvent
47:58et discutent et cassent.
47:59Ce qui fait du mal,
48:00c'est l'isolement.
48:01Et il y a un tiers
48:02de ces tiers lieux, justement,
48:03qui sont dans le milieu rural.
48:05Ça peut permettre
48:06d'attirer aussi des jeunes,
48:08des familles,
48:08parce que c'est des lieux
48:09qui sont souvent aussi
48:10très ouverts aux enfants,
48:11où les enfants peuvent courir.
48:12C'est important aussi
48:13dans la ruralité
48:14d'avoir des lieux comme ça ?
48:14Eh bien, souvent,
48:15la personne, elle va dire
48:16je ne sais pas,
48:17parce que les gens
48:17viennent d'habiter dans les ruralités
48:18parce qu'ils travaillent
48:19souvent dans la métropole,
48:20mais ils vont dire
48:21tiens, ce village-là,
48:22il est sympa,
48:22il est dynamique
48:23parce qu'il y a un tiers lieu.
48:24Donc, ça va faire revenir
48:25des jeunes ou des moins jeunes
48:26et du coup, peut-être
48:27ouvrir l'école.
48:28Et c'est une dynamique intéressante
48:29qu'il faut activer.
48:30Bien entendu,
48:31la puissance publique doit aider.
48:32Mais je trouve que c'est nécessaire
48:34de recréer.
48:35On en a besoin.
48:36On en a besoin de liens.
48:38Tout le monde utilise ce mot lien,
48:39mais il faut que les gens
48:42redécouvrent l'envie
48:43d'échanger, de discuter.
48:44Quand vous sillonnez
48:44votre circonscription,
48:45vous êtes tombé un jour
48:46sur un lieu comme ça
48:47qui vous a plu
48:48et qui maintenant
48:49est un peu votre référent
48:50quand vous essayez
48:50d'expliquer votre initiative
48:52autour de vous,
48:53qui vous a marqué
48:53par l'initiative,
48:55par le côté humain
48:56et le côté atelier, etc.
48:59Il y a plein de tiers lieux
49:01dans ma commune.
49:02Il y a un tiers lieu
49:04qui se crée,
49:04il s'appelle
49:05Il faut un café bricole.
49:06Le café bricole,
49:07c'est tout simplement
49:08où vous avez votre cafetière
49:09qui est en panne,
49:10vous amenez votre cafetière
49:11en panne,
49:12on ne vous la répare pas,
49:13on vous aide à la réparer.
49:14On vous donne le tournevis,
49:15on vous explique.
49:16Donc ça crée une conversation
49:17avec les personnes
49:18et la personne,
49:19ça permet d'entretenir
49:21son matériel,
49:22de ne pas retomber
49:22dans un système de consommation.
49:24Et donc il y a plein
49:25d'initiatives comme ça
49:26et il y a plein de tiers lieux,
49:27oui, des tiers lieux artistiques
49:28où ils font du spectacle,
49:29il peut y avoir du cirque.
49:31Mais celui qui aide
49:32à réparer la machine à café,
49:34il est payé ?
49:34Non, non, non.
49:35Il est bénévole ?
49:36Oui, c'est...
49:37Un échange de bons procédés,
49:39peut-être que lui, après...
49:39Voilà, voilà, après on peut...
49:41Non, c'est des gens
49:42qui ont envie de se mettre
49:43à disposition.
49:43Des retraités qui essaient de...
49:45Des retraités ou pas forcément
49:46des retraités,
49:47des jeunes qui ont envie
49:48de s'ouvrir,
49:49de faire partager aussi
49:50leur envie.
49:51Ça peut être des cours...
49:52J'ai une passion.
49:53... d'informatique,
49:54la fracture numérique
49:56ou des cours de poésie,
49:58de chant,
49:59des chorales.
50:00Enfin, les gens...
50:02Après, il faut libérer du temps
50:03pour que les gens
50:03puissent avoir le temps
50:04après le travail de...
50:06Et c'est ça la difficulté
50:07parce qu'on habite
50:08dans les ruralités.
50:09Je dis les ruralités
50:10parce qu'elles sont
50:10toutes différentes.
50:12Ben, pour aller au travail,
50:13vous mettez une heure
50:13pour y aller,
50:14une heure pour y aller.
50:14On rentre, il est déjà tard.
50:15Et donc, c'est tout ça.
50:16Il faut libérer le temps.
50:18Allez, on écoute justement
50:19libérer le temps.
50:20C'est un peu votre slogan,
50:21Christophe Bex.
50:22On va finir ce repas
50:23sur une note sucrée
50:24avec le péché mignon.
50:28Et nous, on va libérer le sucre
50:29avec une tarte au flan
50:30appelée aussi,
50:31attention, flan pâtissier.
50:33Mais dans le jargon,
50:33vous entendez aussi
50:34souvent parler
50:35du flan parisien.
50:36Alors, qu'est-ce que c'est
50:38que ceci ?
50:38Quelle différence
50:39entre les deux ?
50:40Ils partagent quasiment
50:41la même recette d'appareil,
50:42comme on dit
50:43dans le jargon culinaire.
50:44Mais un détail les sépare.
50:46L'un repose sur une pâte.
50:48Regardez.
50:48On la voit.
50:49Voilà.
50:50C'est un flan
50:51sur une tarte.
50:52et l'autre, le vrai flan,
50:54il ne repose pas
50:55sur une pâte feuilletée.
50:58Alors, le flan pâtissier
50:59aura comme ça
51:00une base croustillante.
51:01Ça, c'est un souvenir d'enfance.
51:03C'est votre madeleine de Proust,
51:04comme on dit.
51:05Oui, oui, oui.
51:06Alors, je reviens toujours
51:06à ma mère.
51:06Libronée au flan pâtissier.
51:08Ma mère,
51:08qui était une excellente cuisinière,
51:09comme toutes les mamans,
51:10mais ma mère encore plus.
51:13Et j'adorais les parts de flan
51:15parce que, vous voyez,
51:16la première peau,
51:17vos dents,
51:18elles résistent un petit peu
51:19sur cette première peau.
51:20Après, vous tombez
51:21sur l'appareil,
51:21la crème, c'est moelleux,
51:22et vous retombez sur la pâte.
51:24Donc, il y a plusieurs sensations.
51:25Et puis, la vanille,
51:26j'adore la vanille.
51:26Mais il sent très bon.
51:28Oui, il est très, très bon.
51:29Et ça, le flan,
51:30j'en mange encore tout le temps.
51:32Dès que j'ai le choix
51:33au niveau des desserts,
51:34ça va être soit crème brûlée,
51:36soit le flan.
51:37Et on nous en propose
51:37beaucoup à cet état
51:38parce qu'il revient en force.
51:39Oui.
51:40Il était complètement tombé
51:41en désuétude.
51:42Oui, mais il y a une hype
51:43autour du flan.
51:44Il y a des concours.
51:46Il y a des gens
51:46qui font même, je crois,
51:47du footing
51:47et ils s'arrêtent
51:48manger des flans différents.
51:50C'est vrai que c'est très...
51:51J'avais vu un chef cuisinier,
51:53Christophe Michalak,
51:54qui avait fait...
51:55Il avait remis à jour le flan.
51:58Il a une excellente recette
51:59que je me suis inspiré
52:00pour en faire
52:01quand j'en fais chez moi.
52:02Mais arrive à...
52:02Vous faites le flan.
52:03Oui.
52:04Vous êtes multitage.
52:06Flan, pâté, l'orrain,
52:07flan pâtissier, bravo.
52:09J'aime bien cuisiner.
52:13Alors, c'est quoi votre secret
52:14pour un flan réussi ?
52:16Il faut préparer l'appareil
52:19la veille
52:19et le mettre au frais avant.
52:21Il faut mettre l'appareil au frais.
52:22pour qu'il durcisse un peu.
52:23Oui, on ne peut pas faire tout
52:24dans la même...
52:26On ne peut pas dire
52:26ce matin, je vais faire un flan.
52:27Ça se prépare la veille.
52:28D'accord.
52:29Pour que ça soit bien préparé.
52:31Et après,
52:31le faire aussi épais que ça,
52:33là, je suis assez impressionné.
52:35Il est vraiment délicieux.
52:36Et alors, juste parce qu'on s'est posé
52:38la question,
52:38vous, vous appelez ça
52:39une tarte au flan
52:40ou vous appelez ça flan ?
52:41Moi, j'appelle ça
52:42la tarte au flan
52:42parce qu'il y a une pâte
52:44et il y en a qui ne font
52:46que le flan sans pâte.
52:47Il y a plusieurs écoles.
52:48Il y a le flan parisien.
52:50Le flan parisien,
52:50c'est avec une pâte.
52:53Voilà, c'est ça.
52:53Voilà, mais c'est vrai
52:54que pour moi,
52:54quand j'entends flan,
52:55j'entends flan avec une pâte.
52:57Pourquoi on l'appelait parisien,
52:58du coup ?
52:59Parce que sûrement,
53:00nous, on aime bien à Paris...
53:02Oui, je ne sais pas,
53:02parce que peut-être
53:03qu'effectivement...
53:04Il doit y avoir
53:04une petite histoire là-dessus.
53:05Je vais enquêter
53:07pour le prochain.
53:08Et c'est une recette
53:09que j'ai toujours adorée.
53:12Sinon, vous êtes sucré
53:13et si on tape
53:14dans les autres gâteaux,
53:15vous avez d'autres choses
53:16qui pourraient vous faire
53:17traverser Paris
53:18ou la Lorraine ?
53:19L'éclair au chocolat.
53:20Ah, l'éclair au chocolat,
53:21comme ça ?
53:21Pourquoi ?
53:21Parce que quand je fais
53:22une pâtisserie,
53:22si je veux savoir
53:23si la pâtisserie est bonne,
53:24je prends toujours
53:24une éclair au chocolat.
53:25Ah, pour vous,
53:25c'est le curseur ?
53:27Parce qu'il y a le biscuit.
53:28Enfin, le biscuit.
53:31La pâte à choux.
53:32La pâte à choux, voilà.
53:33Et la crème.
53:35Et là, on voit tout de suite
53:35si c'est fait maison
53:36ou si c'est un truc...
53:37Et j'allais dire
53:37même le glaçage.
53:38Le glaçage aussi.
53:39On a parlé des avions.
53:41On finit avec les avions
53:43puisque le morceau
53:44que vous avez choisi,
53:44Christophe Beck,
53:45c'est un morceau
53:46de Charles-Hélique Couture
53:47comme un avion sans aile.
53:48Tout à fait.
53:49Comme un avion sans aile
53:54J'ai chanté toute la nuit
53:59J'ai chanté pour serre
54:04Heureusement que l'inventeur
54:05de l'avion
54:05n'a pas écouté cette histoire.
54:06Parce qu'on n'arrête pas
54:07d'avion.
54:08Oui, ça volerait moins sans aile.
54:10Pourquoi cette chanson,
54:10Christophe Beck ?
54:11Parce que Charlie Couture,
54:12déjà, c'est un petit gars
54:13de Nancy
54:14et que j'ai découvert
54:15quand j'étais plus jeune
54:16en 1981.
54:17Ce morceau, il date de 1981
54:18quand justement
54:19François Mitterrand est élu.
54:20Et c'est justement
54:21quand les radios libres explosent
54:22et Charlie Couture
54:23avec son look
54:24avec ses bretelles,
54:25sa petite barbichette
54:26et son look new wave
54:27m'a tout de suite plu.
54:29Et puis sa voix rocailleuse
54:30et puis ça fait penser
54:30au morceau de Bob Marley
54:31No Woman, No Cry
54:33c'est la mélodie.
54:36Donc, il y a beaucoup
54:38beaucoup d'émotions
54:39autour de ce morceau-là.
54:40J'ai encore écouté hier
54:41dans le train
54:42et ce n'est pas que j'ai envie
54:43de pleurer
54:43mais des fois presque
54:44parce que Charlie Couture
54:46c'est un artiste complet.
54:48Ce n'est pas qu'un musicien
54:50il fait de la peinture,
54:51il fait de la sculpture.
54:52Allez, ne pleurez pas
54:53Christophe Beck
54:54mais mangez encore
54:55de ce délicieux flan
54:56en écoutant Charlie Couture.
54:58Merci beaucoup.
54:59Merci à vous.
54:59On va accepter notre invitation.
55:00Merci Jean-Pierre.
55:01Merci à tous.
55:02Merci, merci beaucoup
55:03pour votre invitation.
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