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  • il y a 12 heures
Jeudi 2 avril 2026, retrouvez Bertrand Puiffe (Gérant actions internationales, Fidelity), François Chaulet (Président, Montségur Finance), Fabien Bourguignon (Head of dedicated Multi-Asset Solutions, CPR AM) et Philippe Zaouati (CEO, Mirova) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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00:00...
00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne sur Bismarck for Change.
00:12Pour rester à l'écoute des marchés chaque jour, vous nous suivez en direct à 17h à la télévision via
00:16vos box
00:16et vous nous retrouvez chaque soir en rattrapage, soit en replay sur bismarck.fr,
00:21soit en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:24Au sommaire de cette édition ce soir, à chaque jour, son Trump et le Trump d'hier soir ou de
00:29cette nuit
00:29pour nous en France et en Europe était un Trump particulièrement menaçant à l'adresse du régime iranien
00:37promettant encore des bombardements extrêmement durs pendant les deux à trois prochaines semaines.
00:43La position dure de Donald Trump trouve une réaction assez immédiate dans les marchés.
00:51On l'a vu en Asie la nuit dernière avec une lourde rechute des indices
00:55qui s'est suivie en Europe également par une baisse des indices actions
01:00et Wall Street qui est en train d'essayer de se stabiliser
01:02alors que le marché continue de brusser de rumeurs autour de la situation d'Hormuz.
01:08Téhéran et Oman seraient en train d'établir un protocole pour permettre peut-être
01:14de rendre le détroit d'Hormuz à nouveau praticable.
01:19Des informations évidemment à prendre avec de la distance
01:22et qui sont rapportées aujourd'hui par différentes agences d'information américaines
01:26et notamment l'agence Bloomberg.
01:28Pauline Grattel vous donnera plus d'informations sur cette séance encore particulièrement volatile
01:33qui a vu à nouveau les prix du pétrole s'envoler avec un baril de Brent ou un baril de
01:38brut léger américain
01:39autour de 110 dollars au moment où nous nous parlons.
01:43Les investisseurs espèrent pouvoir partir en week-end tranquille.
01:47C'est un long week-end qui s'annonce d'au moins 3 jours pour la plupart des places financières
01:52mondiales
01:53voire 4 jours pour certaines d'entre elles.
01:56Un long week-end au cours duquel évidemment beaucoup de choses peuvent se passer
01:59sur le plan géopolitique et des investisseurs qui sont sans doute en train de dérisquer au maximum
02:05leur portefeuille avant cette pause de 3 ou 4 jours.
02:09Voilà donc pour la situation du moment.
02:11Discussion à suivre avec nos invités de Planète Marché dans un instant.
02:14Et puis dans le dernier quart d'heure de Smart Bourse, nous reviendrons sur les enjeux de la finance durable.
02:19La finance durable qui s'est installée dans le paysage de l'investissement bien sûr au cours des dernières années.
02:24Comment la finance durable s'adapte-t-elle au nouveau monde
02:27et aux enjeux de souveraineté et d'autonomie stratégique en Europe notamment ?
02:32Nous en parlerons avec Philippe Zawati, le président de Mirova
02:36qui sera notre invité dans ce dernier quart d'heure de Smart Bourse ce soir.
02:51Tendance mon ami, chaque soir en ouverture de Smart Bourse,
02:53les infos clés du jour sur les marchés avec Pauline Grattel.
02:55Bonsoir Pauline.
02:56Et c'est encore bien sûr la géopolitique qui donne le tempo des marchés aujourd'hui.
03:01Oui, les marchés vivent aussi au rythme de Donald Trump car c'est aussi lui qui dicte la tendance.
03:06Après un rebond hier pour la première séance d'avril, les indices actions ont lourdement chuté au cours de la
03:12séance avant de rebondir.
03:14D'après Bloomberg, l'Iran serait en train de rédiger un protocole avec Oman sur le détroit d'Harmouz.
03:19Cette information a été notamment rapportée par l'agence de presse officielle Irna citant le vice-ministre iranien des affaires
03:26étrangères.
03:27Le CAC 40 qui perdait 1,5% rebondit autour de l'équilibre, autour de 7 950 points après cette
03:34info.
03:34Aux Etats-Unis, même topo, les indices ont ouvert en repli d'environ 1% avant de remonter autour de
03:40l'équilibre également.
03:41Enfin, l'indice VIX de la volatilité s'est envolé de plus de 10% autour de 30 points au
03:46cours de la séance.
03:46Donald Trump qui s'est exprimé dans une allocation officielle à la nation hier soir pour la première fois depuis
03:54le début du conflit.
03:54Oui, après 33 jours de conflit, le ton de Donald Trump a radicalement changé.
03:59Cette nuit, l'idée d'un retrait américain évoquée mardi est oubliée.
04:03Il a brandi la menace de frappe massive promettant de frapper extrêmement durement sur les deux à trois prochaines semaines
04:09pour renvoyer l'Iran à l'âge de pierre.
04:12Si les discussions se poursuivent en coulisses, l'incertitude demeure.
04:15Aucune mesure concrète n'avait été annoncée par Donald Trump pour le détroit d'Harmouz
04:19qui s'était contacté de contenter de parier sur une réouverture naturelle.
04:23Mais comme on le disait juste avant, l'Iran serait en train de rédiger un protocole pour le trafic sur
04:28le détroit.
04:29Bon, dans ce contexte toujours très tendu, on voit que c'est bien le pétrole qui dicte à nouveau la
04:34tendance.
04:35Oui, avant la nouvelle de Bloomberg, le baril de Brent s'envolait de 10% autour de 110 dollars.
04:39Là, il n'est en hausse plus que de 5% environ.
04:42Son équivalent américain, le WTI, bondissait de plus de 10% et évoluait au-delà du prix du baril de
04:48Brent supérieur à 110 dollars.
04:49Avant de se détendre un petit peu, le gaz naturel est en hausse de plus de 5% au cours
04:54de la séance.
04:55Également, en France, Total Energy en profite et gagne 4% au cours de la séance.
05:00Aux Etats-Unis, ExxonMobil et Chevron gagne plus de 3%.
05:03Et puis, intéressant de noter également que les marchés obligataires qui subissent aussi, bien sûr,
05:07les conséquences et les ramifications de ce conflit,
05:10semblent de plus en plus partagées sur l'attitude à adopter.
05:13Oui, entre risque inflationniste et risque récessif, les investisseurs obligataires sont peut-être en train de changer de regard.
05:20Les taux américains se sont détendus avec un 2 ans sous 3,80% et un 10 ans sous 4
05:25,30%.
05:26En Europe, le 10 ans allemand reste au niveau de 3% et le 10 ans français passe sous 3
05:32,70%.
05:33Enfin, sur le marché d'échange, le dollar est en hausse avec un indice dollar autour de 100.
05:38L'euro dollar de son côté se traite autour de 1,1550.
05:41Qu'est-ce qu'on peut attendre de la journée de demain sur les marchés, Pauline ?
05:45Demain, un grand nombre de places boursières resteront fermées pour le vendredi saint.
05:50Parmi elles, en Europe, la France, l'Italie, l'Allemagne, l'Espagne, mais aussi les Etats-Unis, le Canada ou
05:54encore Hong Kong, par exemple.
05:56Les investisseurs pourront tout de même regarder le rapport sur l'emploi américain du département du travail du mois de
06:02mars.
06:03Tendance, mon ami. Chaque soir en ouverture de Smart Bourse, Pauline Grattel est avec nous et vous apporte les infos
06:07clés du jour sur les marchés.
06:38Sous-titrage Société Radio-Canada
06:41C'est la première action internationale chez Fidelity.
07:11De payer du pétrole tout de suite et maintenant plutôt que d'attendre des livraisons à quelques mois.
07:16L'écart est parfois important. On a un Brent autour de 110 dollars aujourd'hui pour le contrat.
07:22Je crois que le contrat de référence et livraison joint maintenant.
07:25Le contrat décembre sur le Brent se traite autour de 80 dollars le baril.
07:30Et donc on voit quand même cette tension sur le très court terme. Qu'est-ce que ça nous dit
07:35? Qu'est-ce que cette situation nous dit ?
07:37Est-ce qu'on est toujours simplement dans un problème de prix ? Ou est-ce qu'il faut s
07:40'attendre à des problèmes sur les quantités, sur les volumes et sur la disponibilité de ce pétrole et de ses
07:46dérivés ?
07:47Alors sur le fait que la courbe est en situation de backwardation, c'est quelque chose qui n'est pas
07:51nouveau.
07:52Ça fait une dizaine d'années que le pétrole est en backwardation.
07:54Ce qui n'est pas forcément sur le très long terme. Effectivement, on est plutôt en contango.
07:58C'est le contraire. C'est-à-dire qu'effectivement, le prix du pétrole est plus élevé sur le long
08:03terme qu'à court terme.
08:04Alors pourquoi ? Jusqu'à présent, c'était parce que le marché jouait l'après-pétrole en se disant qu
08:10'on va en consommer de moins en moins.
08:11Ce qui était un prisme très européen puisque la consommation de pétrole continue tous les ans de croître. Il n
08:16'y a pas eu une année où elle a décru.
08:18Donc parce que les pays émergents, parce que les Etats-Unis, etc., consomment beaucoup de pétrole.
08:23Donc là, pour le coup, ce qui est intéressant de voir, c'est effectivement les niveaux qui sont anticipés dans
08:27cette backwardation.
08:28Le 80 dollars qui est à comparer à ce qu'on était à 50 dollars avant la crise.
08:33C'est-à-dire que le marché avait peur, notamment, et cette backwardation s'était accentuée parce qu'à l
08:40'époque, on avait peur qu'il y ait trop de stocks de pétrole.
08:44Et donc, ce qui se passe, c'est qu'effectivement, la crise actuelle est en train de résoudre ce problème
08:47de stocks.
08:48Alors, il y a un certain nombre des stocks qui sont bloqués, qui ne peuvent pas sortir et qui sortiront
08:52à un moment donné quand le Détroit sera réouvert.
08:54Ça, ça permettra de donner un peu d'air au marché du pétrole.
08:57Il faut l'avoir en tête.
08:58C'est-à-dire que les capacités de stockage sont quand même très importantes et sont saturées, que ce soit
09:01en Arabie saoudite, au Qatar, etc.
09:03Et donc, dès qu'effectivement, ça se réouvre, parce qu'il y a beaucoup qui disent, oui, mais on va
09:07mettre du temps pour réactiver les champs de pétroliers, ce qui est vrai, les champs gaziers.
09:11Mais en même temps, il y a beaucoup de stocks qui vont arriver à court terme.
09:14Donc ça, c'est plutôt positif.
09:15Mais le marché aujourd'hui, à 80 dollars, nous dit, là où on avait un problème de stock, on a
09:21un problème justement de rareté à 80 dollars.
09:24Mais ce 80 dollars, de notre point de vue, il incorpore quand même déjà une prime géopolitique.
09:29Nous, on voit quand même un prix du pétrole plutôt se stabiliser si on n'avait pas ce choc géopolitique.
09:33On n'était jamais à 50, on était plutôt à 70, 65, 70.
09:37Et c'est vrai que le 80, en fin d'année, est quand même assez pessimiste, qu'on ne sera
09:43pas revenu à la normale.
09:44Ça anticipe quand même que le Détroit soit réouvert, mais qu'on ne soit pas revenu à la normale.
09:48Après, c'est vrai que les grands discours qui ont eu lieu sur on va mettre sur le marché les
09:53stocks de pétrole, les stocks stratégiques,
09:55les 400 millions de barils, et notamment les Etats-Unis, dans ces 400 millions, avaient un engagement à sortir 173
10:02millions,
10:03sachant qu'ils ne sont qu'à 380 aujourd'hui, leur propre réserve, donc c'est la moitié de leur
10:09réserve qui aurait été sorti.
10:10Ils n'ont jamais reconstitué leur stock après les avoir écoulés en grande partie sur l'Ukraine.
10:14Ils ont un stock qui peut aller jusqu'à 900 millions de barils.
10:17Donc ça, pour nous, de toute façon, c'était que des mots.
10:20Jamais les Etats-Unis ne sortiront la moitié de leur stock stratégique pour tomber au plus bas historique.
10:26Jamais.
10:26Ça n'arrivera pas.
10:27Et je pense que le marché l'a bien compris, c'est pour ça que le prix du pétrole a
10:31continué à monter.
10:32Ça n'a rien fait.
10:34Et donc, c'est vrai qu'à court terme, il y a des tensions, notamment sur le diesel.
10:39Aujourd'hui, la tension n'est pas vraiment, en termes de volume, sur le brut.
10:43Le baril de diesel est à 200 dollars.
10:44Voilà, le baril, parce qu'il y a un problème de raffinage.
10:46L'essentiel du raffinage du diesel est fait à deux endroits, c'est dans le Golfe et en Russie.
10:51Donc, en Russie, on a bloqué, notamment, et un des gros consommateurs, c'est l'Europe et l'Asie, c
10:57'est vrai.
10:58Jusqu'à présent, la Russie ne pouvait plus, alors on ne peut toujours pas nous envoyer du diesel en Europe.
11:02Peu, on le voyait à nouveau un peu, alors ils peuvent envoyer du brut, il n'y a pas de
11:07problème.
11:07Le diesel, ça commence un peu à réouvrir les vannes pour aller vers l'Asie.
11:11Mais ça reste encore quand même très bloqué.
11:13Et donc, c'est vrai que, voilà, sur des choses comme ça, comme le diesel, on a des prix qui
11:18restent de rester à un niveau élevé.
11:20D'accord, mais vous dites, dans les scénarios dans lesquels on navigue aujourd'hui,
11:2480 dollars pour le prix du baril à décembre 2026,
11:30vous dites, ça intègre quand même déjà un certain nombre de perturbations
11:33qui vont au-delà de ces 2-3 semaines supplémentaires de combats.
11:38Il y a déjà, dans ce scénario de marché, quelque chose d'assez adverse.
11:41Il y a 10-15 dollars de primes géopolitiques, alors est-ce que c'est suffisant ou pas ?
11:44Effectivement, c'est la question.
11:46Nous, on pense que les choses vont se normaliser.
11:49Le choc est encore réversible.
11:51En tout cas, dans un temps donné, c'est ce qui est important, effectivement, qui sont disponibles.
11:56Et les infrastructures n'ont été que marginalement détruites.
12:00Donc, à partir de là, on peut penser...
12:02Certains développements, effectivement, qui étaient planifiés, notamment au Qatar,
12:06vont prendre un peu plus de temps, notamment sur le gaz.
12:09Mais ce n'est pas vraiment un problème parce que le gaz est en telle surcapacité au niveau mondial.
12:12Alors, c'est vrai qu'aujourd'hui, on ne le voit pas.
12:13On a vu les prix du gaz qui ont explosé parce qu'on ne peut plus sortir.
12:15Mais quand on regarde, basiquement, les projets qui vont arriver en production dans les années à venir,
12:24c'est pour ça que les prix du gaz étaient dans la crise très très bas,
12:26parce qu'il y a beaucoup de volume qui arrive.
12:28Ça, ce n'est pas grave si des projets sont un petit peu décalés.
12:31Tout peut se régler si, d'ici, effectivement, 15 jours à 3 semaines, ce scénario vaut maintenant,
12:36les choses reviennent à la normale.
12:39Fabien, si le pétrole, bien sûr, et le détroit d'Ormous sont les centres de gravité de cette crise,
12:44quels sont les messages renvoyés par le marché ?
12:47Et encore une fois, d'un problème de prix, est-ce qu'on peut se retrouver avec un problème de
12:52quantité et de volume ?
12:53Moi, ce que j'ai envie de regarder, c'est finalement où va ce pétrole.
12:56Est-ce qu'il va en Europe ? Est-ce qu'il va en Asie ?
12:58En fait, il va exclusivement en Asie et beaucoup moins en Europe.
13:03Et puis, le temps de trajet pour aller en Asie.
13:06Et en fait, pour aller en Asie, si on est en Corée du Sud, c'est à peu près une
13:09petite vingtaine de jours,
13:10en fonction d'un certain nombre de paramètres.
13:12En Europe, c'est plutôt un mois.
13:14Et donc, vingt jours, ça y est, on y est.
13:16Donc, on commence à voir, effectivement, des bateaux qui n'arrivent plus.
13:19Et on est au début de cette période-là.
13:21Et donc, pour les pays qui n'ont pas de réserve pétrolière massive,
13:25comme le Japon ou la Chine, par exemple, ça commence à être un vrai sujet.
13:28Et on commence à lire, alors, dans des pays, effectivement, pauvres,
13:31type Bangladesh, mais aussi Thaïlande, Vietnam,
13:35des mesures qui commencent dès à présent,
13:36et même...
13:37De rationnement.
13:38De rationnement qui ont été mis en place.
13:39Parce que là, on a un vrai sujet, effectivement, de quantité et pas uniquement de prix.
13:43Et ensuite, sur le marché mondial, on va avoir une vraie concurrence
13:46entre, effectivement, des pays et des activités à faible valeur ajoutée
13:49qui n'ont pas les moyens de se payer un pétrole à prix élevé,
13:52et des pays et des activités à forte valeur ajoutée
13:56qui auront les moyens de se payer ce pétrole.
13:57Donc, effectivement, il va y avoir des sujets quantité, je dirais,
14:00via le prix, également, pour ces pays ou ces activités.
14:04Donc, on arrive, là, dans une période critique, effectivement,
14:06pour comprendre comment le détroit d'Hormuz pourrait redevenir praticable.
14:11Une grosse visioconférence, aujourd'hui, emmenée par le Royaume-Uni
14:14avec une trentaine de pays pour essayer de mettre sur place une solution.
14:18Les dernières infos de presse qui nous disent que
14:21Téhéran, Oman, sont en train de discuter d'un protocole
14:25parce que l'heure de vérité ou le vrai point de douleur,
14:28il commence à partir de maintenant, d'une certaine manière.
14:31Pour moi, oui, puisque c'est maintenant qu'en Europe,
14:33on ne voit plus les bateaux arriver, également.
14:35En tout cas, on va rentrer dans cette période-là.
14:37Donc, pour moi, oui, le point de douleur va commencer à apparaître,
14:41et d'où, d'ailleurs, la mise en place de cette réunion.
14:46Après, dans les points rassurants que j'ai envie de partager,
14:49c'est le côté, on a beaucoup parlé des mines.
14:51Finalement, il semblerait que le détroit ne soit pas si miné que ça.
14:54Donc, ça, c'est quand même une chose importante.
14:56On a eu très peur, quand même, à un moment donné.
14:58Également, vous en avez parlé, la destruction des infrastructures.
15:02Finalement, il y a eu un accident sur le gaz au Qatar,
15:04mais hormis ça, le reste est très marginal.
15:07Il y a plutôt du débris qui tombe que d'une vraie attaque ciblée.
15:12Donc, si demain, les choses s'apaisent,
15:14on peut redémarrer la production assez facilement ?
15:16Alors, ça, il y a un deuxième sujet, effectivement.
15:18La question qu'on peut se poser, c'est de se dire,
15:20voilà, on coupe un puits de pétrole,
15:21combien de temps on met pour le redémarrer ?
15:23Donc, ça, normalement, c'est quelque chose qui est habituel,
15:25tout simplement, par exemple, pour de la maintenance.
15:27Et un puits de pétrole, ça se redémarre.
15:29Alors, après, ça dépend aussi du type de puits,
15:30du type de forage, mais assez rapidement,
15:32quand le temps est court.
15:33Donc, c'est en moins de six mois, normalement,
15:35si ça a été fermé moins de six mois, il n'y a pas de sujet.
15:37Après, quand la durée augmente,
15:40il y a des sujets de mise en place du redémarrage
15:43et potentiellement, si ça dure,
15:44aussi en fonction des champs pétroliers,
15:45de perte potentielle à terme.
15:47Donc, ça, ça peut être un sujet qui va dans les prix de long terme,
15:49c'est quelle est la perte potentielle sur le long terme
15:52de la capacité de production des puits ?
15:55Je pense que, pour le coup, on n'en est vraiment pas là.
15:57Et après, si on pense aussi des problématiques de long terme,
16:01c'est la reconstitution des réserves,
16:03si, effectivement, on pioche dans ces réserves-là.
16:05La surcapacité pétrolière, finalement, était assez limitée.
16:09Il y avait un excédent, mais assez limité.
16:11Si on commence à piocher de manière assez vigoureuse
16:13dans des excédents, puisqu'on parle d'un trou de 15 ans,
16:15de 15 millions de barils le jour,
16:17derrière, reconstituer en réaugmentant doucement
16:21la production de pétrole
16:22et combler à nouveau les réserves,
16:24en fait, ça déséquilibre le marché du pétrole
16:26et ça le met en tension pour une durée, finalement, assez longue.
16:28Et puis, on voudra peut-être en stocker un peu plus
16:30qu'auparavant, certains.
16:32En tout cas, il y aura peut-être une volonté
16:35d'avoir un niveau de stock stratégique
16:37un peu plus important que dans le passé.
16:39Et sur la vérité des prix du marché,
16:41là, 80 dollars pour le baril de Brent,
16:44livraison décembre 26,
16:46ça vous paraît, c'est la vérité du marché,
16:48mais vous êtes à l'aise avec ce prix-là ?
16:50Je suis difficilement à l'aise
16:53parce que le marché est très, très volatile.
16:55Effectivement, moins sur les échanges court-terme,
16:56mais c'est tellement binaire.
16:58Il suffit qu'il y ait effectivement
16:59de la destruction de capacités.
17:01Là, il y a un vrai sujet.
17:02Le prix s'envole tout de suite.
17:04Donc, moi, je partage assez l'avis.
17:06Il y en a déjà un certain niveau de primes de risque
17:08dans ces 80 dollars.
17:09Mais finalement, primes de risque,
17:10il reste assez faible
17:11si on a un vrai sujet de déficit
17:13de production de pétrole
17:14parce que les ajustements au reste du monde
17:16en capacité de production,
17:17c'est quand même extrêmement limité.
17:19C'est ça, c'est le point de non-linéarité
17:21qu'on a dans le scénario.
17:23Je pense qu'on a un point de non-linéarité.
17:25Florian, vos commentaires.
17:27Et puis, un peu plus globalement,
17:29Donald Trump confirme toujours
17:31que c'est deux à trois semaines encore supplémentaires.
17:34C'est un moment qui nous dit ça.
17:36J'imagine qu'on n'est déjà plus...
17:38On oublie les anticipations macro
17:40de début d'année, j'imagine.
17:42Mais dans quel type de scénario on est, là,
17:44dans un scénario de plus en plus adverse ?
17:46J'imagine.
17:47Oui, il y a effectivement différents éléments.
17:50Donc, le détroit d'Ormous, on sait,
17:51c'est 15 millions de barils le jour.
17:52Donc, une semaine de fermeture,
17:53ça fait 100 millions de barils en mois.
17:55Donc là, on est en gros
17:56à 300 millions de barils en mois.
17:59Hier, on a eu l'annonce
18:01à trois semaines potentiellement supplémentaires.
18:03Ça fait 300 millions.
18:03Donc, on est à 600 millions.
18:04Donc, les 400 millions, par exemple,
18:06qu'on avait mis...
18:07Enfin, de réserves stratégiques
18:08qu'on avait mis sur le papier
18:09décidées en commun de mettre sur le marché,
18:11c'est déjà absorbé, quoi.
18:12Oui.
18:12Plus la réouverture des trois d'Ormous,
18:14ça permet de faire passer des bateaux.
18:16Mais potentiellement, la normalisation,
18:17nos analystes nous disent
18:18que c'est 6 à 8 semaines.
18:20Donc, c'est 400 millions de barils perdus.
18:22Donc, on est sur le milliard de barils perdus.
18:24Donc, en fait, aujourd'hui,
18:25si on essaye de mettre un peu un échéancier,
18:28il reste en gros 70 jours de stock
18:30avant d'avoir vraiment, disons,
18:33de la destruction de demandes.
18:34Voilà.
18:34Donc, trois semaines plus cinq semaines.
18:37Donc, en fait, là, quand on dit
18:39trois semaines supplémentaires de conflits,
18:41effectivement, on arrive à un moment
18:42où on se dit que c'est plus tendu.
18:43En termes de conséquences macroéconomiques,
18:45tout le monde travaille en gros
18:46sur les mêmes églises.
18:47C'est-à-dire 10% d'augmentation
18:49des prix du pétrole,
18:50c'est 0,1, 0,2 de croissance en moins.
18:52Donc, on avait vu la Fed, la BCE,
18:54allez, ça fait 0,3, 0,5.
18:55Mais le problème en macro,
18:57c'est qu'à un moment, c'est non linéaire.
18:58C'est-à-dire que si les gens anticipent
19:00un choc de demande,
19:01là, on va avoir le marché du crédit
19:03qui se fige
19:04et on retrouve ce qu'on appelle
19:05des effets d'accélérateur financier,
19:07c'est-à-dire un développement non linéaire.
19:09Et là, on n'est plus simplement
19:11sur un choc pétrole,
19:12on est sur un choc financier.
19:13Et donc, si on passe les trois semaines là
19:15et qu'on se rapproche de l'échéancier
19:18sur les cinq semaines suivantes,
19:19ça va stresser.
19:20Donc, si ça reste fermé comme ça
19:22pendant un mois,
19:23on risque de basculer
19:25sur un scénario beaucoup plus sévère
19:26avec ces effets d'accélérateur financier.
19:28Je redonne le scénario.
19:29Alors, la BCE a fait quand même
19:30un très beau travail pédagogique
19:33en publiant effectivement
19:34un scénario central
19:35et deux scénarios alternatifs.
19:37Un scénario adverse
19:37et un scénario sévère
19:39pour la zone euro.
19:40Le scénario adverse,
19:42c'est une baisse de PIB
19:44au deuxième trimestre
19:45de l'ordre de 0,1 point.
19:47On serait à 0 sur le troisième trimestre
19:49et on reprendrait un chemin
19:50de croissance plus naturel
19:51au quatrième trimestre
19:52avec entre-temps
19:53une inflation
19:54qui pourrait s'établir
19:56sur les prochains mois
19:57un peu au-delà de 4%.
19:58Ça, c'est le scénario actuel
20:00à peu près, Florian ?
20:01Ça, c'est le scénario actuel
20:02basé sur les futurs.
20:03D'accord.
20:03Donc, le scénario d'inter,
20:04c'est devenu un scénario central.
20:06Là, le scénario
20:07sur lequel a construit
20:08les hypothèses,
20:09enfin construit
20:10la Banque Centrale Européenne,
20:12c'est avec des futures
20:12fins d'année autour de 80 dollars.
20:13C'est en gros
20:14ce qui correspond au scénario actuel.
20:16Là, on se dit
20:19si la situation actuelle
20:20vient à durer plus d'un mois,
20:22on peut avoir
20:22des développements non linéaires
20:24avec un stress financier
20:26beaucoup plus important
20:26sur le marché du crédit.
20:27Bon, cette dynamique du pétrole,
20:30elle profite à qui ?
20:31Sur les marchés,
20:32j'entends le secteur pétrolier,
20:34notamment.
20:35On voit une totale énergie
20:36en tête du CAC
20:36dès que le pétrole
20:37recommence à bouger.
20:39Oui, c'est forcément mécanique,
20:40des prix du pétrole plus élevés.
20:42C'est bon.
20:43Non, mais c'est bon
20:45pour l'activité
20:47et les profits
20:47des entreprises
20:48du secteur pétrolier.
20:50Alors, il y a plusieurs niveaux.
20:51Il y a effectivement
20:52le fait que, évidemment,
20:54leur business,
20:55c'est de produire des barils
20:55et de les vendre.
20:56Donc, plus le prix est élevé,
20:58mieux c'est.
20:58Plus maintenant,
20:59ils peuvent effectivement
21:00vendre à terme
21:00à des prix élevés.
21:02Donc, même si les prix
21:02étaient amenés à baisser
21:04à court terme,
21:06ils ont déjà sécurisé
21:07une partie de leur cash flow
21:09de ce point de vue-là.
21:10Donc, c'est plutôt intéressant.
21:11Après, ce qui est encore plus intéressant
21:12de mon point de vue,
21:13c'est les services pétroliers.
21:14Parce qu'une fois
21:15qu'on aura terminé cette crise,
21:16on va vouloir
21:17être moins dépendant
21:18de cette zone-là.
21:19Et donc, on peut penser
21:20qu'une grande partie
21:21des nouveaux projets
21:22qui vont arriver
21:22seront faits ailleurs.
21:23en se disant
21:24qu'on ne veut plus jamais
21:25revivre ça.
21:27Et là, il y a beaucoup
21:28de sociétés
21:29qui font notamment
21:30de la sismique.
21:32Par exemple,
21:33je pense que
21:33c'est la première société
21:34qui va être sollicitée,
21:35des sociétés de sismique,
21:36pour aller faire effectivement
21:37une campagne d'exploration.
21:39Parce que l'exploration,
21:40ça s'est un peu calmé.
21:41Oui, parce qu'effectivement,
21:42il y avait énormément
21:43de capacités
21:44qui sont censées
21:44d'arriver au Golfe.
21:45Le Shell, etc.
21:46a quand même changé
21:48beaucoup moins
21:48de nouvelles découvertes.
21:50Ce qui va se faire
21:50aussi aux US,
21:51c'est notre scénario
21:53qui n'est pas consensuel.
21:54C'est de dire
21:54que d'ici 2-3 ans,
21:56on va constater
21:56un début du déclin
21:58de la production américaine.
21:59Parce que la productivité
22:00des champs aux Etats-Unis
22:01sont en train de donner
22:01des signaux
22:02qui sont assez inquiétants,
22:03qui sont confirmés
22:03par les gens
22:04qui sont sur le terrain
22:04et qui montrent
22:06qu'on ne va pas pouvoir
22:07continuer à maintenir
22:08ces niveaux de production.
22:09Donc on atteint
22:09le pic du Shell.
22:10Voilà, le pic du Shell.
22:10Donc derrière,
22:12l'avantage,
22:12c'est qu'il y a énormément
22:13encore de pétrole
22:14qui se trouve en deep offshore,
22:15donc en offshore,
22:16donc sous l'eau,
22:17très profondément,
22:18et qui n'a pas été forcément
22:20sans aller sur le Groenland
22:21ou sur des choses comme ça,
22:22où il y a effectivement
22:23beaucoup de pétrole
22:23dans ces conditions-là,
22:25l'Arctique, Groenland.
22:26Mais sans aller jusque-là,
22:27il y a énormément de choses.
22:28Par exemple, au Guyana,
22:29il y a eu une découverte,
22:30une des plus grosses découvertes
22:31de l'histoire,
22:32donc en offshore,
22:32qui a été faite
22:33il y a 3 ans,
22:34qui va être exploitée
22:35en exploitation
22:36d'ici quelques mois.
22:37Mais c'est accessible,
22:38ce pétrole-là ?
22:38Parce que si c'est pas rentable
22:41à moins de 150 dollars
22:42le baril...
22:43C'est l'avantage
22:44de ce qui s'est passé,
22:45c'est-à-dire qu'il y a
22:45des révolutions technologiques
22:46qui font qu'aujourd'hui
22:47le pétrole deep offshore
22:48arrive à sur des prix
22:50entre 35-40 dollars
22:52en prix de revient.
22:53Donc effectivement,
22:54si les prix,
22:55même dans un scénario,
22:56on va dire négatif
22:57pour le pétrole,
22:57se stabilisent à 60-65,
22:59il y a un intérêt
23:00à aller développer
23:01ces champs-là à nouveau.
23:03Donc c'est vrai
23:03que les sociétés
23:03de services pétroliers...
23:04Alors c'est vrai
23:05qu'il y a eu un rattrapage
23:06de ce secteur-là
23:06très fortement,
23:07puisque pendant 10 ans
23:08il y avait un sous-investissement,
23:102012-2022,
23:11rattrapage depuis 3-4 ans,
23:13mais il y a encore
23:14déjà pas mal de rattrapage
23:15pour maintenir
23:15les productions
23:16des champs existants,
23:17pour éviter,
23:17parce qu'il y a eu
23:18sous-investissement
23:18pendant 10 ans,
23:19mais il y a cette exploration
23:20qui n'avait pas vraiment
23:22redémarré,
23:22puisque les sociétés
23:23de services
23:23qui ont bien marché,
23:24c'est les sociétés
23:25justement qui sont
23:25sur les champs existants
23:26et qui augmentent
23:26la productivité.
23:27Donc tout ce qui est
23:28en exploration
23:29devrait repartir,
23:30et derrière,
23:31tout effectivement,
23:31les plateformes de forage,
23:32les choses comme ça,
23:34à nouveau,
23:34que ce soit du côté,
23:35enfin, dans l'Atlantique,
23:36devra devenir,
23:37de notre point de vue aussi,
23:37un bassin très important,
23:39très stratégique,
23:40par rapport à sa proximité,
23:41par rapport à l'Europe,
23:41par rapport aux Etats-Unis,
23:43le fait qu'ils aient fait
23:43le Venezuela,
23:44ce n'est pas forcément
23:45donc étranger,
23:46le fait qu'ils anticipent
23:47même le déclin
23:48de leur production,
23:49même si c'est du pétrole
23:49lourd,
23:50mais bon quand même,
23:50il peut être traité
23:51par la raffinerie américaine,
23:52donc il y a un intérêt
23:52stratégique aussi.
23:54Donc on va avoir
23:54une reconfiguration
23:55de cette carte pétrolière
23:57au niveau mondial,
23:58et notamment,
23:59et ça va commencer,
24:00évidemment,
24:00parce que la production,
24:01ça ne change pas
24:01en quelques mois,
24:02la mètre des années,
24:03par contre,
24:04on va le voir
24:05sur la partie investissement
24:06en dépenses d'exploration,
24:08et ça,
24:09c'est quelque chose
24:10qu'on peut commencer
24:10à jouer.
24:11Donc les équipementiers
24:12et les boîtes de services
24:13dans ce secteur
24:14vont profiter
24:15de ces budgets d'exploration,
24:16effectivement.
24:17Une autre manière
24:18de voir les choses,
24:19peut-être, Fabien,
24:20c'est de se dire
24:20que cette crise
24:22est une piqûre de rappel
24:23aussi pour nous,
24:25en Europe,
24:26notre dépendance
24:27toujours aux énergies fossiles,
24:28et on peut imaginer
24:30qu'un réflexe serait
24:31de se dire
24:32que tout ça
24:33va accélérer
24:34encore un peu plus
24:34peut-être le thème
24:35de la transition énergétique.
24:37Alors,
24:37effectivement,
24:38en Europe,
24:38on voit ce qui se passe
24:40aujourd'hui
24:40sur les marchés,
24:42sur les spreads
24:42crédits État,
24:43où on voit,
24:44pour faire le lien,
24:45on a le spread
24:46crédits État italien
24:47qui s'écarte
24:48assez sérieusement
24:49puisqu'on frôle
24:49les 100 BP,
24:50alors même qu'il n'y a pas
24:51si longtemps,
24:52on était quasiment
24:52au niveau de la France,
24:54qui aujourd'hui,
24:55lui, je crois,
24:55est à peu près 70 BP
24:56actuellement,
24:57donc un vrai écartement.
24:58Pourquoi le mix énergétique,
25:00français,
25:01comparativement
25:01au mix énergétique italien ?
25:03Donc,
25:04une certaine urgence,
25:05effectivement,
25:06à accélérer
25:06cette transition énergétique,
25:08même pour les pays
25:09qui étaient peut-être
25:10un peu réfractaires.
25:11Alors,
25:11est-ce qu'on va aller
25:12dans une transition énergétique
25:14uniquement sur les renouvelables
25:15ou aussi le nucléaire ?
25:16Est-ce que ça peut aussi
25:17pousser l'Allemagne,
25:18qui est en vraie difficulté
25:20en termes de prix de l'énergie,
25:22de peut-être réviser un peu
25:24son positionnement sur le sujet ?
25:26Ça fait partie des interrogations
25:27qu'on peut avoir.
25:28Mais c'est vrai que typiquement,
25:29l'Allemagne,
25:30un vrai sujet
25:31de compétitivité relative.
25:32Et là,
25:33quand on regarde
25:33les prix de l'électricité
25:35en Europe,
25:36France-Allemagne,
25:37oui,
25:37bien sûr.
25:38À l'Allemagne,
25:38compliquée,
25:39Italie très compliquée,
25:40France très bien.
25:42Merci d'ailleurs,
25:42les centrales refonctionnent à nouveau.
25:46Et puis,
25:46dernier point important aussi,
25:48c'est que la zone européenne
25:49est une zone excédentaire.
25:52On a une balance des paiements
25:52qui est confortable,
25:54mais de moins en moins,
25:55en raison notamment de l'Allemagne
25:57et de ses difficultés
25:58vis-à-vis de la Chine.
26:00Et donc,
26:01il peut être important
26:02de diminuer nos déficits
26:04vis-à-vis des importations énergétiques.
26:06Donc,
26:06c'est aussi quelque chose
26:07qui peut nous pousser
26:08à dire,
26:09enfin,
26:10ce mouvement de fond,
26:12de perte,
26:13d'excédent,
26:14balance commerciale
26:15côté allemand,
26:16peut pousser aussi à se dire
26:17on se protège
26:19de notre dépendance énergétique
26:21et des importations.
26:21On a vu d'ailleurs
26:22l'excédent courant allemand
26:23fondre comme neige au soleil
26:25pendant la crise
26:27russo-ukrainienne,
26:28avant de redevenir positif.
26:30Là, on avait un prix du gaz.
26:31Mais voilà,
26:32un choc énorme énergétique
26:33qu'il fallait absorber.
26:35On a l'impression
26:35qu'il y a un énorme choc.
26:36En réalité,
26:37on était à 300
26:38pendant l'heure,
26:39là on est à 50,
26:40ça reste quand même raisonnable.
26:41Mais néanmoins,
26:42néanmoins.
26:43Mais ça veut dire
26:43que ce thème de la transition,
26:45il n'est pas nouveau
26:45dans le marché
26:46et beaucoup de stratégies
26:47se sont déployées
26:49sur ce thème
26:49de la transition énergétique.
26:50Mais ça le rend
26:52encore plus valable ?
26:53Alors,
26:54nous,
26:54on a une stratégie énergétique
26:55de transition énergétique
26:56chez CPR.
26:57Bien sûr.
26:57Donc,
26:58clairement,
26:58nous,
26:58on y croit énormément.
27:00Et clairement,
27:01ce genre de moment,
27:02pour nous,
27:03c'est un moment clé
27:05qui renforce
27:06cette stratégie
27:08de manière évidente.
27:09Je veux dire,
27:10le déséquilibre mondial
27:11qu'on observe
27:12et les conséquences
27:13qu'on a,
27:14le manque
27:15de certitude
27:17qu'on pouvait avoir
27:18par rapport
27:18à ses alliés,
27:19à la fluidité
27:20du commerce international,
27:21tout ça est remis en cause.
27:22Il y a une obligation
27:24et une urgence
27:24d'indépendance européenne.
27:27ça passe par l'énergie,
27:29mais ça aussi
27:29passe par l'armement,
27:30ça passe aussi
27:31par la santé,
27:31enfin,
27:32voilà,
27:33il nous faut être indépendant.
27:35Le sujet n'est pas nouveau,
27:36mais il se renforce
27:37crise après crise.
27:38Là, il a été un peu impacté
27:39dans la baisse globale
27:39des marchés,
27:40mais dans les tendances
27:41pour nous
27:42qui reprendront
27:43et qui seront renforcées
27:44post-crise,
27:45ou même
27:46quand la crise
27:47se calmera un peu,
27:49celle-là
27:49en fait réellement partie.
27:50Florian,
27:51si on essaye
27:52de regarder
27:53cette crise
27:53à travers les opportunités
27:55qu'elle peut ouvrir
27:56effectivement
27:56pour des investisseurs,
27:59comment vous regardez
28:00les choses ?
28:00On partage
28:01cette thématique
28:02de la souveraineté
28:03qui va sortir
28:03renforcée du conflit.
28:05Après,
28:06une des conséquences
28:06du conflit
28:07qu'on connaît,
28:07c'est l'inflation
28:08qui va être plus élevée.
28:10Donc,
28:10on a des forces
28:11taxflationnistes.
28:12Si on regarde
28:12les chiffres américains,
28:13on va être supérieur
28:14à 3% pendant un an
28:15et puis après un an,
28:16on risque simplement
28:17de rebaisser
28:18mais à 2,5%.
28:19Parce qu'on a un choc
28:20d'inflation sur les biens
28:21avec les droits de loi,
28:22un choc d'inflation
28:23sur l'énergie.
28:23On sait que dans le détroit
28:24d'Hormuz,
28:24il y a beaucoup
28:25d'engrais qui passent.
28:27Donc,
28:28on a un risque
28:28d'inflation alimentaire.
28:30Les farmeurs américains
28:31sont en train de dire
28:31qu'ils ne vont pas planter
28:32autant que prévu
28:33cette année.
28:34Donc,
28:34on va avoir un problème
28:35de production
28:35et de récolte.
28:37Plus sur la manœuvre.
28:38C'est-à-dire que là,
28:39il y a une restriction
28:39quand même à l'immigration
28:40qu'on a eue.
28:41C'est un secteur,
28:41on regardait le Peterson Institute
28:42qui risque d'être touché.
28:44Donc,
28:44ça fait beaucoup
28:45de chocs,
28:46d'effets de premier tour
28:46avec une saturation
28:47du facteur travail.
28:48Donc,
28:48aux États-Unis,
28:49il y a un vrai risque
28:50d'effet de second tour.
28:51Si on regarde l'histoire,
28:52quand l'inflation
28:53est supérieure à 2,5%
28:55durablement,
28:56on apprenne de corrélation
28:57entre les actions
28:58et les obligations.
28:59C'est-à-dire que depuis 30 ans,
29:00on vit sur des portefeuilles
29:01diversifiés
29:01où quand les obligations
29:04baissent,
29:05les actions montent souvent.
29:06Donc,
29:06on arrive à stabiliser
29:07les portefeuilles.
29:07Là,
29:08on n'y arrive plus.
29:08Et donc,
29:09la classe d'actifs
29:12c'est tout ce qui est
29:13soft commodities au départ.
29:15Donc,
29:15c'est une matière première
29:16alimentaire,
29:17mais c'est aussi
29:18derrière le cuivre
29:20potentiellement,
29:20l'or.
29:21Voilà.
29:21Donc,
29:22sur les matières premières,
29:23d'après nous,
29:23c'est effectivement
29:24une thématique de moyen terme.
29:25Je pense que disait Fabien
29:26sur cette idée de souveraineté
29:28et avec une idée
29:29de diversification.
29:30Et puis après,
29:31je pense qu'on va pouvoir
29:32ouvrir le débat.
29:32Mais on finit le conflit.
29:34On va quand même regarder
29:35la facture pour les États-Unis
29:37en termes budgétaires.
29:38C'est-à-dire,
29:38là,
29:38on a eu la décision
29:39de la Cour suprême,
29:40c'est 150 milliards en plus.
29:41Le conflit,
29:42on parle,
29:42alors les estimations
29:43sont très compliquées,
29:44mais potentiellement
29:442 milliards par jour.
29:46Donc,
29:46ça peut faire 100 à 150 milliards
29:47supplémentaires.
29:49Si on a un plan de relance
29:50derrière pour le consommateur,
29:51on peut vite se retrouver
29:52à 8% de déficit.
29:53Voilà.
29:54À un moment
29:54où les Japonais
29:56vont quand même avoir
29:56une banque centrale
29:57qui va accélérer
29:58potentiellement post-conflit,
30:00un débouclage
30:01des stratégies,
30:02en fait,
30:02de portage
30:03qui étaient vers les États-Unis
30:04peut arriver.
30:04Donc,
30:05on peut quand même avoir
30:06un contre-choc,
30:07en fait,
30:07qui vienne sur le dollar.
30:08Donc là,
30:09c'était logique
30:10d'avoir une appréciation
30:10du dollar
30:11du fait de l'indépendance
30:13énergétique des États-Unis.
30:15Mais post-choc,
30:16enfin post-conflit,
30:18on regardera
30:18la situation budgétaire
30:19et là,
30:20ça peut être compliqué.
30:21On voit d'ailleurs
30:21que plus le conflit dure,
30:23plus les actifs américains
30:24se retrouvent eux aussi
30:25embarqués
30:26dans la baisse.
30:28Ça a commencé très fort
30:29sur l'Asie,
30:30l'Europe,
30:31bien sûr,
30:31avec cette dépendance énergétique.
30:33Les premières semaines
30:34de conflit
30:35ont vu les actions américaines
30:36résister un peu mieux
30:37que les autres,
30:38mais elles se font
30:38quand même rattraper
30:39aujourd'hui.
30:40Sur le marché obligataire,
30:41justement,
30:42intéressant.
30:43Au départ,
30:46c'était même vu
30:46plutôt comme un choc
30:47de taux réels.
30:48Moi,
30:48j'ai vu les taux réels
30:49monter au départ
30:50avec l'idée
30:50que le marché obligataire
30:51se disait
30:51qu'effectivement,
30:53les États impécunieux
30:54allaient être tentés
30:55d'en remettre
30:55pour accommoder
30:56la situation
30:57et que ça allait faire
30:58monter encore
30:59les primes de termes
31:01pour dire les choses.
31:02Là,
31:02sur la séance du jour,
31:03avec un pétrole
31:04qui reprend quand même
31:045-10%,
31:05on voit que le marché obligataire
31:07n'est plus dans la même attitude.
31:08C'est ce qu'on disait,
31:09il y a un risque
31:09de développement non-linaire
31:10au bout d'avancée,
31:11ce qu'on s'est dit tout à l'heure.
31:12Là,
31:13on a maintenant
31:14un échéancier
31:15qui est relativement connu.
31:17Donc,
31:18attention au développement
31:19sur le marché du crédit américain.
31:21ça peut être point
31:21sur lequel il faut faire
31:22un petit peu plus attention.
31:23Et par contre,
31:24sur les taux souverains,
31:26on a une phase de hausse
31:27qui était finalement
31:27assez rapide.
31:28Là,
31:29elle peut continuer
31:30un petit peu,
31:30mais selon nous,
31:31il y a un point
31:32ou un moment
31:33qui a des développements
31:35récessionnistes.
31:35On ne refait pas
31:36de point haut
31:36sur les taux d'ailleurs.
31:37Ce qui est assez intéressant
31:38en termes d'investissement,
31:39c'est que là,
31:39on a de la volatilité
31:40sur les taux
31:40et donc,
31:41vous pouvez faire
31:41des produits structurés
31:42avec des barrières
31:43un petit peu plus élevées
31:44et des rendements
31:44en ce moment
31:45qui sont quand même
31:45très intéressants.
31:46Donc,
31:46nous,
31:47chez BNP Paribas,
31:48c'est des choses
31:48qu'on propose aujourd'hui
31:49à nos clients
31:50et sur le crédit,
31:51on différencie
31:52quand même assez largement
31:53ce qui peut se passer
31:54aux Etats-Unis,
31:54ce qui peut se passer
31:55en Europe.
31:56Oui,
31:56donc,
31:57dans cette volatilité,
31:58effectivement,
31:58c'est aussi
31:59des points d'entrée
32:00pour reprendre
32:02du rendement,
32:03pour dire les choses
32:05simplement.
32:05Bertrand,
32:06vos commentaires
32:06et puis,
32:07on va rentrer
32:08dans la saison
32:08de publication
32:08des entreprises
32:10avec toute
32:10la force d'analyse
32:12des bottom-up
32:15de Fidelity.
32:17Quel va être
32:18le comportement
32:18des entreprises
32:19face à ce choc
32:20de prix
32:20qui durera quand même
32:21un certain temps ?
32:23Est-ce qu'elles ont
32:24déjà la capacité
32:25d'en transmettre
32:26une partie,
32:27tout ou partie
32:27ou beaucoup moins
32:28qu'avant ?
32:29Est-ce que le marché
32:30a bien apprécié
32:32le choc
32:33qu'on pourrait avoir
32:33sur les marges ?
32:34Pour l'instant,
32:34les analystes
32:35n'ont cessé
32:35de réviser à la hausse
32:36leurs perspectives,
32:36notamment aux Etats-Unis.
32:38Je pense qu'il manque
32:39un peu de matière
32:40aussi pour juger
32:41des conséquences
32:42et des ramifications
32:43de cette crise
32:44pour les entreprises.
32:45C'est vrai que
32:45quand on regarde
32:46en 2022,
32:47les entreprises,
32:48en très grande majorité,
32:49ont pu répercuter
32:50sur les prix finaux.
32:54l'inflation
32:54et donc,
32:55on avait eu à l'époque
32:56avec la guerre
32:57en Ukraine
32:57qui commençait
32:59et avaient maintenu
33:00leur marge,
33:00voire certaines
33:01amélioraient leur marge.
33:02Là, on pense
33:03que les choses
33:03vont être un peu
33:04plus compliquées
33:04parce que le consommateur
33:05n'est pas dans une situation
33:06quand même flamboyante
33:07dans beaucoup
33:08de géographies,
33:09que ce soit en Chine
33:10ou en Europe.
33:11Même le consommateur américain,
33:12il y a quand même
33:13des signaux
33:13d'essoufflement.
33:15Donc là,
33:15on pense que ça va être
33:16un peu plus compliqué.
33:17Il va falloir faire
33:18vraiment du stock picking.
33:19Il y a des secteurs
33:19où ça va traditionnellement
33:20au marché
33:21quand on fait un comparable
33:22avec ce qui s'est passé
33:23dans les années 70,
33:24cette période de stagflation.
33:26On avait des secteurs
33:27comme par exemple
33:27le secteur des télécoms
33:28qui réussit à passer
33:29des hausses de prix,
33:31évidemment l'énergie.
33:31C'est un secteur qui monte aujourd'hui.
33:32Voilà, c'est un secteur qui monte.
33:33Donc il y a les utilities aussi,
33:35évidemment,
33:35qui peuvent passer des prix.
33:37Puis ce ne sont pas des choses
33:38dont on peut se priver.
33:39Donc on ne peut pas faire
33:40beaucoup d'arbitrage là-dessus.
33:41Donc il y a des secteurs
33:42qui vont s'en sortir
33:42et l'autre,
33:43c'est un peu plus compliqué.
33:44L'automobile
33:44qui est un secteur
33:45qui est au fond du trou
33:46en termes de multiples,
33:48de momentum,
33:50de détention,
33:51etc.
33:51par les investisseurs.
33:52Là, si c'est que
33:52dans cette configuration-là,
33:54il va falloir à nouveau
33:54réviser à la baisse
33:55les marges
33:56parce qu'effectivement
33:57ils auront du mal.
33:59En plus,
34:00l'environnement de demande
34:01qui est quand même
34:02mauvais pour eux
34:03en termes de bas de cycle
34:04ou proches d'un bas de cycle,
34:06là pour le coup,
34:08ça va être compliqué
34:08pour beaucoup d'acteurs
34:10dans cette filière-là.
34:11Donc il faut vraiment
34:12faire de la sélection
34:13à la fois de secteurs
34:13et au sein des secteurs
34:14aussi de valeur.
34:15Il y en a qui vont s'en sortir,
34:17d'autres moins bien.
34:18Après,
34:18d'un point de vue plus global,
34:20il y a quand même
34:20un risque très important.
34:21Si vous êtes chef d'entreprise
34:23d'une société côté,
34:23vous avez présenté vos résultats
34:24le premier trimestre,
34:25même s'ils sont bons.
34:26Derrière,
34:26vous allez dire
34:27attention,
34:27attention,
34:28attention,
34:29on n'a pas de visibilité,
34:30ce qui est vrai.
34:31On a vu Nike déjà hier,
34:32ou avant-hier.
34:33Donc on risque à voir
34:34effectivement par rapport
34:35à des attentes,
34:37des analyses qui n'ont pas
34:38arrêté d'être révisées
34:39en hausse
34:40depuis le début de l'année
34:41globalement.
34:42Pas sur les secteurs,
34:42mais globalement.
34:43Et puis quand je regarde
34:44par exemple un secteur industriel
34:46qui traite sur des ratios
34:47de valorisation
34:47qui sont stratosphériques,
34:49notamment en Europe,
34:51voilà.
34:51Bon, je veux dire,
34:52là, pour le coup,
34:52toute mauvaise nouvelle
34:53sur ce secteur-là,
34:54ça va être un peu compliqué.
34:55Quand on voit des sociétés
34:56comme Atlas Copco
34:56qui sont quasiment
34:57à 26 fois les profits,
34:59c'est des ratios
34:59de valeur technologique.
35:01C'est plus cher
35:01que les Max-Even.
35:02Exactement.
35:02Il y a un moment
35:03où il va falloir
35:04revenir sur Terre,
35:05il y a une force de rappel
35:06qui va être amplifiée
35:07par l'environnement actuel
35:08sur ces sociétés
35:09un peu cycliques
35:09qui traitent sur des niveaux
35:10de valorisation
35:10qui n'ont aucun sens aujourd'hui.
35:12Oui, oui.
35:12Enfin, qui avait du sens
35:14il y a un mois et demi.
35:15C'est déjà un peu tendu.
35:16Un mois et demi,
35:17c'était tendu.
35:17Oui, mais c'était
35:18la reprise cyclique.
35:19Ça pouvait être justifié
35:20par la reprise cyclique.
35:21Il fallait qu'elle vienne.
35:22C'était déjà une discussion.
35:24Mais là, pour le coup,
35:27elle est compliquée.
35:27Il y a des vrais risques.
35:29Alors, c'est contre-pied
35:29sur contre-pied
35:30en ce moment, évidemment,
35:31dans les marchés, Fabien.
35:32Mais effectivement,
35:33alors, Bertrand évoque
35:35l'industrie qui se paye
35:37sur des niveaux de valorisation
35:38effectivement stratosphériques.
35:39Je reprends le terme.
35:40À l'inverse,
35:41on a vu le PI des Max 7
35:43ou même du Nasdaq
35:45converger vers la valorisation
35:47du marché général,
35:48du S&P 500.
35:49C'est rare que le Nasdaq
35:51se paye à peu près
35:52le même prix que le S&P 500.
35:54Les Max 7 sont à 20 fois
35:56quasiment aujourd'hui.
35:57Ça crée des ratings.
36:00Ça ouvre déjà des opportunités.
36:02C'est une opportunité,
36:03en tout cas.
36:03Ce qui est intéressant,
36:04c'est qu'effectivement,
36:05on a eu ce côté un peu purge
36:07de la tech
36:08juste avant le début de la crise.
36:09Donc ça, ça a permis
36:10d'améliorer le positionnement
36:11qui était très tendu.
36:12Donc c'est vrai que
36:13quand on fait les comparaisons
36:14avec les stress passés
36:15sur les technologies,
36:16normalement,
36:16on finit en exponentiel
36:18de performance.
36:18Là, on est bien loin
36:19d'un exponentiel de performance.
36:20Et puis en termes
36:21de niveau de valorisation,
36:22on est bien loin
36:22des niveaux de valorisation
36:23des années 2000.
36:24Donc ça, c'est beaucoup plus propre.
36:26Et puis ensuite,
36:27tout à l'heure,
36:27on parlait de la résistance
36:28des titres américains.
36:29Et en fait,
36:30il y a une deuxième phase
36:31dans la valorisation
36:32des titres américaines,
36:33c'est l'effet croissance.
36:35C'est-à-dire que
36:35les titres américains,
36:36ce sont éventuellement,
36:37enfin, surtout des titres croissants
36:38par rapport à l'Europe
36:39et d'autant plus croissants
36:40quand on regarde le Nasdaq.
36:41Là, les mouvements de taux
36:42qu'on a eus
36:43sur les titres américains,
36:44c'est vraiment anti-croissance
36:45puisqu'on actualise
36:46des flux futurs
36:47et donc plus on a de croissance,
36:48plus les flux futurs sont importants
36:49et donc plus la hausse des taux
36:50est pénalisante.
36:51Ça, c'est le premier effet.
36:52Deuxième effet,
36:53on a un dollar
36:53qui s'est un peu renforcé,
36:56mais quand même renforcé.
36:56Et ça aussi,
36:57c'est très mauvais
36:58pour le Nasdaq
36:59puisqu'une grosse partie
37:00est notamment les MaxEvent
37:01où leur chiffre d'affaires
37:03est essentiellement fait
37:04hors zone dollar
37:05et donc en traduit en dollar,
37:06c'est moins bon
37:07si le dollar est monté.
37:09Donc ça,
37:09c'est deux facteurs
37:10finalement exogènes
37:11sur lesquels on a envie
37:12de parier en disant,
37:13et je partage l'idée
37:15de Florian en disant
37:16sur les taux longs,
37:17maintenant,
37:17on va peut-être
37:17commencer à pricer
37:19quelque chose de plus compliqué
37:20au niveau croissance.
37:21Donc peut-être des taux longs
37:22qui se stabilisent
37:22voire qui baissent.
37:23Un dollar
37:24qui était remonté
37:25parce qu'on pensait
37:26les Etats-Unis plus résistants,
37:27parce que aussi,
37:28certains pays
37:29vont devoir acheter
37:30peut-être plus d'énergie
37:32aux Etats-Unis
37:33et l'énergie aux Etats-Unis,
37:34ça s'achète en dollars.
37:36Et donc,
37:37on achète des dollars.
37:38Et ça,
37:39c'est quelque chose,
37:39donc pareil,
37:40je partage,
37:40qui risque de repartir en arrière.
37:42Et donc ça,
37:43d'un point de vue macro-facteur,
37:45c'est positif pour le Nasdaq.
37:46Et quand après,
37:47vous parliez de révision des EPS,
37:49dans le marché américain,
37:50aujourd'hui,
37:50si vous regardez les révisions
37:51un mois, trois mois
37:52des différents indices américains,
37:54c'est le Nasdaq
37:55qui a les meilleures révisions
37:56à la hausse,
37:57à la hausse
37:58en termes de EPS.
37:59Oui, je comprends.
38:00Donc,
38:00c'est vrai que
38:01ça semble cocher
38:02beaucoup de caisses.
38:03Oui, oui.
38:03Un Nasdaq
38:04qui a marqué son top
38:05en octobre dernier.
38:07Donc,
38:07ça fait partie des marchés
38:08qui avaient déjà commencé,
38:09comme vous le disiez,
38:10à baisser.
38:11Je ne peux même pas parler
38:12de correction.
38:12D'ailleurs,
38:13pourquoi les marchés
38:13ne corrigent pas plus,
38:14Fabien ?
38:15Parce que ça baisse.
38:17On est sur des drawdowns
38:18de 10%,
38:19mais si je remonte
38:21sans remonter jusqu'à Covid,
38:22Libération Day,
38:23c'est quasiment 20% de baisse
38:25en quelques jours
38:26pour le S&P 500.
38:27Je vais faire deux parallèles.
38:29Un premier parallèle
38:30sur le marché des taux
38:31ou sur le marché des taux
38:33très court terme.
38:34On a vu
38:35une envolée très rapide
38:36des anticipations
38:37à Banque Centrale
38:38puisqu'on est passé
38:38de moins 0,5
38:39à quasiment trois hausses
38:40de taux sur l'Europe.
38:41Et ça,
38:42est-ce que c'est une vue
38:42d'anticipation
38:43des longues de lire
38:44ou est-ce que c'est
38:45des débouclements
38:46de position
38:46par rapport à des gens
38:47qui étaient en position
38:49de pontification ?
38:50C'est un trait très consensuel.
38:52Voilà la pontification
38:53de la courbe des taux.
38:53Et dans les faits,
38:54on pense que c'est
38:55des débouclements de position
38:56de gens qui avaient
38:57des positions extrêmes
38:57parce que les indicateurs
38:58de volatilité étaient très basses
39:00et donc le choc
39:01n'était pas supportable.
39:02Ils ont dû déboucler
39:03et donc on est arrivé
39:03sur des niveaux de prix
39:06et d'anticipation de taux
39:07qui étaient très élevés
39:08et pour le coup
39:09qu'on considère
39:12attractifs.
39:12Alors si on fait le pareil
39:13maintenant avec le marché actions,
39:16finalement,
39:16est-ce qu'on avait
39:17un positionnement si fort
39:18sur les marchés actions ?
39:19Peut-être pas si fort que ça.
39:20Au-dessus de la moyenne,
39:23un peu élevé,
39:23mais pas si fort.
39:24Et surtout,
39:25par rapport aux périodes
39:26de sell-off historique,
39:28ce qui s'est passé
39:29et ce qu'on voit
39:30chez nos clients,
39:31c'est que
39:33les gens ont des...
39:35Les investisseurs ont plutôt
39:36des plus-values
39:37actuelles,
39:38assez importantes
39:39dans leur portefeuille,
39:40ce qui leur permet
39:43d'accepter,
39:44je dirais,
39:44les niveaux de baisse actuelles.
39:45Et au regard
39:46du pattern récent
39:48où à chaque baisse,
39:49finalement,
39:50à chaque choc,
39:50c'était une erreur
39:51de vendre son portefeuille,
39:55ils sont restés
39:56dans ce mood-là
39:57et comme ils ont
39:58un stock de plus-value
39:58latente très important,
40:00ils sont encore assez loin
40:01du force selling.
40:02Et donc,
40:02on peut avoir quelque chose
40:03qui peut glisser
40:04assez longtemps
40:06si la situation
40:07ne ressemble pas
40:08et comme la situation
40:09est très binaire,
40:10les gens n'osent pas
40:11vraiment bouger.
40:11Plus personne veut vendre
40:13dans le marché ?
40:14Non, mais depuis...
40:15À force de se prendre
40:16les pieds dans le tapis,
40:17les gens ne veulent plus vendre ?
40:18La remarque était très bonne
40:19en posant la question,
40:20c'est-à-dire,
40:21le Liberation Day
40:22l'année dernière
40:22a amené quand même
40:23beaucoup de portes de saloon.
40:24C'est-à-dire,
40:24les gens ont vendu
40:25sur les annonces
40:26et puis on a eu
40:27le fait d'un taco derrière
40:29avec les échéances
40:31et il y a eu
40:31pas mal de casse.
40:32Et plus spectaculaire
40:33que la baisse,
40:34le rebond.
40:35On a rattrapé un bear market
40:36je crois en deux ou trois semaines
40:37ce qui je n'ai jamais vu
40:38dans l'histoire.
40:39Le scénario en V en fait.
40:40Je pense que les investisseurs
40:41avaient un petit peu peur
40:42que le scénario en V
40:43se répète.
40:44Donc effectivement,
40:45si on regarde les métriques,
40:46on disait tout à l'heure
40:460,5 de croissance en moins,
40:49on fait simple,
40:49ça fait 5%, 7%
40:51de bénéfices par action en moins.
40:53Vu l'augmentation des taux longs
40:54en termes de valorisation,
40:56ça a fait un choc de 8-9%
40:57quelque chose comme ça.
40:58Donc en fait,
40:59notre message,
41:00c'est qu'il n'y a pas eu
41:00de surréaction
41:01à la baisse des marchés.
41:02Donc là,
41:02il y a un risque
41:03de développement non linéaire.
41:04Donc nous,
41:05l'attitude qu'on a
41:05depuis un petit moment,
41:06c'est plus de vendre les rebonds
41:08que d'acheter les coins.
41:09Quand même.
41:10Voilà.
41:10Après,
41:11sur l'Europe,
41:11on ne bouge pas tellement
41:12parce qu'on sait
41:13que c'est très cyclique,
41:14on est le choc d'entrée
41:15et puis nous,
41:15on est assez positif
41:16sur le plan allemand,
41:16on attend de voir les développements.
41:18Après,
41:18on est un peu plus prudent
41:19sur le Japon
41:20avec cette idée
41:21qu'on pourrait avoir
41:21un rebond du Yen
41:22en fait post-conflit
41:23et les émergents,
41:24il y aura sûrement
41:25des opportunités en fait
41:32parce qu'il y a un risque
41:32de développement non linéaire.
41:33Bon,
41:34pour conclure avec vous Bertrand,
41:35effectivement,
41:35l'attitude dans ce genre
41:36de moment,
41:37alors peut-être
41:38sur différents horizons de temps,
41:39mais la partie tactique
41:40et stratégique,
41:41comment on navigue ?
41:42Alors,
41:43il faut être opportuniste,
41:44évidemment,
41:44ça je pense qu'il y a
41:45des opportunités,
41:46notamment lors de la pub
41:48et les publications
41:49qui arrivent,
41:51très très vraisemblablement,
41:52il y aura des pics
41:53de volatilité
41:54sur les titres
41:54lors de leurs publications
41:56avec des surréactions
41:57dans un sens
41:58ou dans l'autre,
41:59avec des moments
41:59où il faudra prendre
42:00des profits effectivement
42:01sur des titres
42:02imaginons une industrielle
42:03qui ait des très bons résultats
42:04premier trimestre
42:05et que derrière le marché
42:06se focus là-dessus
42:07et pas sur le fait
42:08qu'il n'y a pas de visibilité,
42:09si le titre monte fortement,
42:10là ce sera sans doute
42:11le moment sur les valorisations
42:12déjà tendues
42:13de prendre des profits.
42:14À l'inverse,
42:15sur des secteurs
42:15qui sont déjà un peu
42:16au fond du trou
42:17comme le secteur des médias
42:18par exemple,
42:19pour d'autres raisons,
42:20l'intelligence artificielle,
42:22des choses comme ça,
42:23des titres qui,
42:24pour certains,
42:25se traitent à 4 fois,
42:265 fois les profits,
42:27qui payent 10%
42:28plus de dividendes,
42:30peut-être que ces sociétés-là
42:31en particulier dans un environnement
42:32un peu plus récessif,
42:33seront plus défensives,
42:35protégées par le dividende,
42:37par des bilans solides
42:37et si par hasard
42:39elles baissaient fortement
42:40parce que le marché regarde
42:41le risque de l'intelligence artificielle
42:43ce jour-là,
42:43c'est le moment
42:44de se repositionner aussi.
42:45Donc il y a beaucoup de choses
42:46à faire je pense
42:46pour pouvoir performer cette année,
42:48il va falloir être assez agile
42:50et je pense que
42:50les prochaines semaines,
42:51les prochains mois
42:52vont être importants.
42:52il reste 3 trimestres
42:54pour cette année 2026.
42:55Merci beaucoup messieurs
42:56d'avoir été les invités
42:57de Planète Marché ce soir.
42:58Bertrand Puy,
42:59Fidelity,
43:00Florian Roger,
43:00BNP Paribas,
43:01CIB
43:01et Fabien Bourguignon,
43:03CPR Asset Management.
43:15Le dernier quart d'heure
43:16de Smart Bourse chaque soir,
43:17c'est le quart d'heure thématique.
43:18Le thème ce soir,
43:19c'est celui de la finance durable,
43:20de la finance durable en 2026
43:22à l'heure des enjeux
43:24de souveraineté
43:25et d'autonomie stratégique
43:26pour l'Europe notamment.
43:27Nous en parlons avec
43:28Philippe Zawati à mes côtés,
43:29le président de Mirova.
43:31Bonsoir Philippe.
43:32Bonsoir, Grégoire.
43:32Merci beaucoup d'être là,
43:33ravi de discuter avec vous
43:35de ce sujet de la finance durable
43:36mais qu'on a exploré
43:37pendant des années.
43:38Alors, quoi qu'on en dise,
43:40quoi qu'on en pense,
43:41la finance durable est installée
43:42dans le paysage de l'investissement
43:44et Mirova en a été
43:45plus qu'un promoteur.
43:46Vous faites partie
43:47de ces sociétés de gestion
43:48pionnières dans l'univers
43:50de la finance durable.
43:51Je ne veux pas refaire
43:52tous les épisodes
43:53parce qu'il y a eu
43:54ces phases d'enthousiasme,
43:56ces phases de critique,
43:57de défiance, etc.
43:58Mon point était de dire
43:59la finance durable est là.
44:00Elle doit s'adapter
44:01aux enjeux du monde
44:02tel qu'il se développe aujourd'hui,
44:04ce nouvel ordre économique mondial.
44:06Et ma question était,
44:08effectivement,
44:08comment est-ce que la finance durable
44:09s'adapte à ce besoin grandissant
44:11de cette quête de souveraineté
44:13et d'autonomie
44:14qu'on a en Europe aujourd'hui ?
44:15Je crois d'abord
44:16que c'est important,
44:17effectivement,
44:17de commencer par ça,
44:18de dire que les dix dernières années,
44:19elles n'ont pas été du tout
44:21des années inutiles
44:23et que ce qu'on a construit
44:25dans cet écosystème
44:26de la finance durable,
44:27c'est quelque chose d'important.
44:28C'est important sur plein de questions,
44:30sur la question de la régulation,
44:31sur la question des données,
44:33sur la question de l'expertise,
44:35de la formation,
44:36de l'éducation.
44:36On a aujourd'hui un écosystème
44:38qui pense finance durable,
44:40impact, ESG,
44:42dans tous les rayons,
44:44dans tous les endroits
44:44du système financier.
44:46Donc, on part de là, je crois.
44:48Simplement, effectivement,
44:50le monde a changé radicalement
44:51ces deux, trois dernières années,
44:53complètement.
44:54Et donc, aujourd'hui,
44:56raconter qu'on fait de l'investissement
44:58exclusivement avec un angle climat
45:00ou un angle Green Deal
45:01en Europe, par exemple,
45:03c'est, disons,
45:05pour le moins difficile
45:06et voire peu crédible.
45:08Et donc, moi,
45:10je suis convaincu personnellement
45:11qu'il ne faut surtout pas
45:15se ratatiner dans une niche,
45:16quelque part,
45:18et se dire, voilà,
45:19moi, je veux rester durable,
45:21vert, green, à fond.
45:23Et donc, je...
45:24Il faut embrasser le sujet.
45:25Je ne regarde pas
45:26ce qui se passe dans le monde.
45:27Moi, je pense qu'il faut regarder
45:28ce qui se passe dans le monde.
45:29Ce qui se passe dans le monde,
45:29aujourd'hui, c'est la technologie,
45:31c'est la sécurité,
45:32c'est la souveraineté,
45:33c'est la géopolitique.
45:35Donc, si la finance durable
45:36ne tisse pas, en fait,
45:38ses thèmes habituels
45:38avec cela,
45:40alors elle disparaît.
45:41Quels sont les points d'intersection ?
45:42Est-ce que c'est majeur ?
45:44Est-ce que finance durable
45:46se confond en grande partie
45:48avec les enjeux
45:49de souveraineté,
45:50de résilience,
45:51d'autonomie stratégique ?
45:53Est-ce qu'il y a des limites
45:54aussi, peut-être,
45:55à cette rencontre,
45:57si je puis dire,
45:58entre la finance durable
45:58et ces enjeux modernes ?
46:00Il y en a de façon évidente.
46:01On a cru pendant 10-15 ans
46:03que le multilatéralisme
46:05allait résoudre les problèmes,
46:07les grands problèmes environnementaux,
46:08les grands problèmes de la planète
46:09et notamment le climat.
46:10On n'a plus de multilatéralisme.
46:12Donc, dire qu'on est autonome stratégiquement,
46:16c'est d'une certaine façon
46:16un premier aveu d'échec
46:18au sens où on se restreint
46:19à un endroit.
46:20Mais pour autant,
46:21on a des signes
46:23que cette transition,
46:24elle est là,
46:25elle progresse
46:26et même que, quelquefois,
46:28elle vient utiliser
46:31la géopolitique
46:32et la situation en cours.
46:33Regardez, par exemple,
46:34prenons ce qu'a dit Lecornu
46:36il y a deux jours.
46:37Donc, il dit,
46:37OK, on a plus de revenus
46:41grâce ou à cause
46:42de la crise pétrolière.
46:44Et donc, on ne va pas utiliser
46:45ces revenus
46:46pour donner des chèques
46:47à tout le monde.
46:48On va les utiliser
46:48pour accélérer
46:50l'électrification de la France.
46:52Donc, vous avez finalement...
46:53Alors, c'est un peu triste à dire.
46:54C'est vrai que c'est un peu déprimant
46:55d'une certaine façon
46:56de se dire
46:56ce que le multilatéralisme
46:58et dix ans de politique climatique
47:00n'a pas réussi à faire.
47:01C'est une guerre
47:02qui réussit à l'électrifier.
47:03Certes, c'est ça.
47:04Mais en tout cas,
47:05si moi, je cherche
47:06l'objectif à la fin,
47:08je me dis,
47:08j'essaye de pousser aujourd'hui
47:10à ce qu'on aille
47:11vers cette électrification,
47:12vers cette évolution.
47:13Et donc, d'une certaine façon,
47:15tous les moyens sont bons
47:15en espérant évidemment
47:17que les crises
47:17et les guerres s'arrêtent.
47:19On pensait
47:19qu'on allait faire
47:20la transition énergétique
47:21pour sauver la planète
47:23et le climat.
47:23On le fera peut-être avant tout
47:25pour se sauver nous-mêmes
47:27économiquement, Philippe.
47:28Pour se sauver économiquement.
47:29Et puis aussi,
47:30il y a cette question
47:31de qui sont ceux
47:33qui vont réussir
47:34à sauver le climat.
47:35Aujourd'hui,
47:36on sait que ce n'est pas
47:36les Américains.
47:37Ce n'est pas les Américains
47:38tels qu'ils sont gouvernés
47:39aujourd'hui.
47:39Alors, il y a le modèle chinois
47:40d'un côté,
47:41très industriel,
47:42avec effectivement
47:44des avancées importantes
47:46sur les énergies renouvelables,
47:48l'électricité, etc.
47:49Mais il y a un modèle européen.
47:51Ce modèle européen,
47:52il a une vocation
47:53plus universelle.
47:54Il a un modèle démocratique aussi.
47:57Il a ce modèle social
47:58qui va avec
47:58et qui intersectionne
48:00le social et l'environnement.
48:01Et donc,
48:02si on veut
48:02que ce qu'on imagine
48:04comme transition arrive,
48:06il faut défendre
48:06le modèle européen.
48:07Et pour défendre
48:08le modèle européen,
48:09aujourd'hui,
48:09une des armes que l'on a,
48:11il n'y en a pas 36,
48:12une des armes,
48:13c'est l'épargne.
48:14On est un continent
48:15qui épargne beaucoup.
48:16La France,
48:16je n'en parle même pas,
48:17on est à 20% d'épargne en France.
48:19Et aujourd'hui,
48:19cette épargne-là,
48:20elle va dans du court terme,
48:22beaucoup,
48:22et aussi beaucoup
48:24pour financer
48:25la tech américaine.
48:26Comment est-ce qu'on arrive
48:27à convaincre
48:28les épargnants européens
48:30qu'il faut réinvestir
48:31en Europe ?
48:31C'est tout ça,
48:32l'idée de l'autonomie stratégique.
48:33Ce modèle européen,
48:36il souffre
48:37dans la comparaison
48:37du monde actuel,
48:39mais j'entends votre point
48:41et j'y adhère.
48:42Je pense qu'on essaye
48:43de préserver quelque chose
48:44d'un peu plus respirable
48:46au sens démocratique,
48:47au sens climatique,
48:48peut-être.
48:49Dans la bataille actuelle,
48:50ce n'est pas facile
48:51de défendre ce modèle.
48:53Disons qu'il faut le défendre
48:54d'une façon différente,
48:55surtout.
48:56Moi, je ne pense pas
48:56qu'il faille revenir
48:57sur les fondements du modèle.
48:58Il faut revenir
48:59sur la façon
48:59dont on le défend.
49:01On est parti du principe
49:02que ce modèle,
49:02il se défendait tout seul
49:03sans rien faire
49:04et que,
49:05par définition,
49:06d'une certaine façon,
49:07peut-être avec un peu
49:07de certaine arrogance,
49:09il faut peut-être le dire,
49:11on le considère
49:11comme meilleur
49:12que les autres
49:13et que, donc,
49:13parce qu'il est meilleur
49:14que les autres,
49:15il n'a pas besoin
49:15d'être défendu.
49:16Eh bien, ça ne marche pas
49:17parce qu'il y a
49:18d'autres modèles
49:18qui existent
49:19et que, même si on pense
49:20que notre modèle,
49:21philosophiquement ou théoriquement,
49:23il est meilleur que les autres,
49:24eh bien, il a besoin
49:25d'être défendu.
49:26Défendu, ça veut dire
49:27l'autonomie stratégique.
49:28Ça veut dire défendu
49:29en autonomie énergétique,
49:31défendu en autonomie industrielle,
49:33défendu en autonomie alimentaire.
49:35Pour la première fois,
49:36la France est négative
49:37dans ses importations
49:41et exportations d'aliments.
49:43C'est quand même incroyable.
49:44C'est un pays
49:44qui est basé sur l'agriculture
49:46depuis très longtemps.
49:46Donc, autonomie,
49:47évidemment, alimentaire,
49:48autonomie informationnelle.
49:50On est aujourd'hui
49:51en risque énorme
49:52qu'on ne maîtrise plus
49:54l'information au sein du continent
49:55et qu'une information libre
49:56ne soit plus là.
49:57Vous êtes bien placé
49:58pour le savoir.
50:00Et donc,
50:02investir dans tout ça
50:03et évidemment aussi
50:04investir dans la sécurité
50:06et donc,
50:06y compris dans la défense.
50:07On va revenir à l'épargnant,
50:09mais le lien se fait naturellement,
50:11Philippe.
50:13Est-ce que la finance durable,
50:15le cadre réglementaire,
50:16notamment,
50:17qui accompagne la finance durable
50:18depuis plusieurs années maintenant,
50:20est-ce que ce cadre réglementaire,
50:22il est aussi à jour ?
50:23Vous citez le secteur de la défense.
50:25Ça fait partie des exclusions historiques,
50:28évidemment,
50:29de l'ESG
50:29avec le tabac,
50:30l'alcool,
50:32des secteurs qui sont
50:34historiquement exclus
50:35de ces stratégies.
50:36Les frontières ont bougé.
50:38Les choses ont changé.
50:39Les frontières bougent.
50:40Et je vois de plus en plus
50:41de gérants
50:42appliquant des stratégies ESG
50:44qui,
50:45alors,
50:46en demandant l'accord de leurs clients,
50:47sont prêts à investir
50:48dans les questions de sécurité,
50:50de défense
50:52ou à travers l'énergie,
50:54dans le nucléaire
50:55ou dans autre dimension.
50:57Je pense que les frontières bougent
50:58et qu'il faut tenir compte
50:59de la situation du monde
51:00tel qu'il est
51:01et aussi des besoins des épargnants.
51:03Aujourd'hui,
51:03un épargnant qui veut investir en Europe,
51:05il faut le convaincre.
51:05Et donc,
51:06aujourd'hui,
51:07la seule logique
51:07qu'on peut lui donner,
51:08c'est qu'il faut réinvestir
51:09dans l'armement
51:11au sens large,
51:12industriel,
51:12technologique
51:13et militaire
51:14du continent européen.
51:16Et ça doit pouvoir se retrouver
51:17dans une stratégie
51:18de finance durable.
51:19Moi, je pense que oui.
51:20Je pense que la finance durable
51:22a quelque chose
51:23à dire
51:24sur ces sujets.
51:25C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
51:28on peut investir différemment
51:30des autres
51:31sur ces questions.
51:32On peut apporter
51:33une expertise,
51:34une connaissance,
51:35une vision des choses
51:37qui va intégrer
51:38les facteurs environnementaux,
51:39sociaux
51:39et y compris démocratiques
51:42dans la façon
51:42dont on investit.
51:43Typiquement,
51:44investir dans une entreprise
51:46de défense
51:47qui est basée en France
51:48et une qui est basée
51:49aux États-Unis
51:51ou en Chine,
51:52ce n'est pas la même chose.
51:53parce que vous avez
51:54un cadre réglementaire différent
51:55et donc vous avez
51:56une approche différente.
51:57Donc, je crois
51:58que la finance durable
51:58a quelque chose
51:59à dire là-dessus.
52:00Et il y a un engagement
52:01possible avec ces entreprises
52:02quand vous êtes actionnaire.
52:03Il y a un engagement possible.
52:04Si la base actionnariale,
52:06je les cite,
52:07d'un Thalès,
52:08d'un Dassault Aviation,
52:09d'un Safran
52:09ou d'un Airbus
52:10aussi pour la partie militaire,
52:11si de nouveaux investisseurs
52:13viennent au capital
52:14avec cette idée
52:16qu'il faut défendre aussi
52:19la finance durable
52:20passe aussi
52:20par ce type d'investissement.
52:22Ça veut dire
52:22qu'il y a un nouvel engagement
52:23aussi avec ces entreprises.
52:24Il faudra faire
52:24un nouvel engagement.
52:25Cet engagement se fera
52:26avec les entreprises
52:27mais se fera aussi
52:27beaucoup avec les gouvernements
52:29parce que les donneurs d'ordre
52:30à la fin,
52:31ce sont les gouvernements.
52:33Et donc,
52:33la façon dont ces gouvernements
52:34en quelque sorte
52:35redirigent leur industrie
52:37militaire au niveau européen,
52:39ça sera une discussion
52:40à voir avec eux.
52:41Mais aujourd'hui,
52:42la question de la défense
52:43et de la sécurité,
52:44elle dépasse très largement
52:45la question de l'armement.
52:46Vous voyez bien
52:47que c'est quelque chose
52:47qui est en train
52:48de se disséminer,
52:49de se diffuser partout.
52:50Quand vous avez la polémique
52:51ou la bataille
52:53entre anthropique
52:54et le gouvernement américain,
52:56vous n'êtes pas sur l'armement.
52:57Vous êtes sur un sujet
52:58aujourd'hui qui est cœur,
52:59qui est la tech.
53:00Donc,
53:00vous investissez dans la tech
53:01et vous posez la question
53:01de savoir quelle va être
53:02l'intersection
53:04entre la tech et l'armement.
53:05Et ça,
53:06c'est vrai sur beaucoup
53:07d'autres sujets.
53:08Donc,
53:08on est sur des frontières
53:09qui sont beaucoup moins rigides
53:12qu'elles n'ont pu l'être
53:13dans le passé.
53:14Bon,
53:14comment on parle
53:15à l'épargnant
53:15de cette situation-là ?
53:17Alors,
53:17soit en direct,
53:18soit à travers
53:18des intermédiaires.
53:20Toute la chaîne,
53:21évidemment,
53:21d'intermédiation
53:22de la finance
53:23et de la gestion
53:24de l'épargne.
53:25Philippe,
53:26comment on mobilise
53:28ces capitaux privés
53:29et comment on leur explique
53:30effectivement
53:31qu'ils ont un intérêt
53:32direct,
53:33financier,
53:34notamment,
53:35à investir
53:35dans ces stratégies-là ?
53:37Eh bien,
53:37il faut leur expliquer
53:38la thèse d'investissement
53:39qu'on a.
53:40La thèse d'investissement,
53:41c'est qu'aujourd'hui,
53:41nous sommes au début
53:43d'un mouvement énorme
53:45d'investissement
53:46dans les capacités européennes.
53:48Parce que c'est obligatoire.
53:49Parce que l'Europe
53:50ne survivra pas sans ça.
53:51Et donc,
53:51on le voit bien,
53:52il y a tout un tas
53:52d'initiatives européennes
53:55qui ont été prises
53:56sur l'industrie,
53:57sur l'armement,
53:58sur d'autres secteurs.
54:00Et donc,
54:01nous,
54:01on pense qu'il faut jouer ça.
54:03Qu'il faut y croire.
54:04Et que plus on va y croire,
54:06et plus on va mettre
54:06de l'épargne là-dedans,
54:07plus il y a une chance
54:09de succès
54:09de ces stratégies-là.
54:11Et que les épargnants
54:12y ont un intérêt propre
54:14eux-mêmes,
54:15parce qu'ils vivent en Europe.
54:16Et donc,
54:17il y a une double raison,
54:18en quelque sorte,
54:18de vouloir investir
54:19dans cette économie européenne.
54:22Alors,
54:22après,
54:23moi,
54:24je pense personnellement
54:25qu'il faudrait qu'il y ait
54:26un avantage fiscal
54:27à investir en Europe.
54:28Je ne suis pas un grand fan
54:30des avantages fiscaux,
54:31mais je pense qu'aujourd'hui,
54:32il faudrait qu'il y ait
54:33un message
54:33très fort
54:34qui soit passé
54:34par les autorités,
54:37les gouvernements européens
54:38pour dire
54:39qu'on veut
54:40que l'épargne reste ici.
54:41Donc,
54:42qu'il y ait un nouveau produit,
54:43un produit européen ?
54:44Il y a un label Europe
54:45qui est en train
54:45d'être travaillé,
54:46mais le label
54:47ne sert pas à grand-chose
54:48tout seul.
54:48Un label sans incitation,
54:50on le sait,
54:50n'a pas un impact énorme
54:52sur les marchés.
54:54Il faut une incitation
54:55à investir en Europe
54:55aujourd'hui.
54:56Oui.
54:57Pourtant,
54:57on a des champions.
55:00On a un stock d'épargne massif.
55:02On a un stock d'épargne massif,
55:03on a des acteurs
55:04aujourd'hui
55:04de la gestion d'actifs
55:05qui sont parmi les leaders mondiaux
55:06et qui font renforcer.
55:08sur les marchés côtés,
55:08j'entendais.
55:08On a des champions
55:09sur les marchés côtés,
55:09dans la transition énergétique,
55:11dans la défense.
55:12On se plaint de ne pas avoir
55:13de GAFAM.
55:14On a sans doute raté
55:15ce virage-là,
55:16mais d'autres virages,
55:17on a réussi à les prendre.
55:18Il y a largement de quoi
55:19investir en Europe aujourd'hui.
55:20Et alors,
55:21voilà,
55:21sur les marchés côtés
55:22et puis évidemment,
55:23sur le non-côté aussi,
55:24de la même façon.
55:26Donc,
55:26on a besoin d'avoir
55:27ce message-là.
55:28Et aujourd'hui,
55:29c'est une des discussions
55:31autour de toute la démarche
55:34savings,
55:34c'est un épargne
55:35de la Commission européenne.
55:37l'union des marchés de capitaux,
55:38on dit l'union de l'épargne
55:40et de l'investissement.
55:40Et je trouve que c'est bien.
55:42Je trouve que ce changement
55:43sémantique est important.
55:44Dis quelque chose.
55:44Parce qu'on est parti
55:46d'une idée de...
55:46On va créer un grand marché
55:47de capital européen.
55:48C'est quelque chose
55:49d'un peu théorique,
55:50d'un peu financier.
55:50Ça fait un peu boîte noire.
55:51Et là, on se dit
55:51non mais à quoi ça sert en fait ?
55:53Donc,
55:53il y a l'épargne d'un côté,
55:54des épargnants,
55:55il faut effectivement
55:56rémunérer leur capital
55:57et leur épargne.
55:58Et puis, il y a l'investissement,
55:59ça c'est ce qu'on doit faire.
55:59Et il faut que l'épargne
56:00matche l'investissement.
56:01Et c'est ça
56:02le gros enjeu aujourd'hui.
56:04Et donc,
56:04on va s'inscrire là-dedans,
56:05nous,
56:06chez Mirova,
56:06en essayant de pousser
56:08ces produits
56:08sur l'autonomie stratégique.
56:10Bon.
56:11Chaque crise
56:11est une piqûre de rappel
56:13salutaire
56:13pour l'Europe.
56:15Chaque crise...
56:16Je ne vais pas vous dire
56:17chaque crise
56:17est une opportunité.
56:19mais on est là quand même.
56:20Non, c'est difficile
56:21parce qu'on reste
56:22sur un marché financier
56:23qui est malgré tout
56:23extrêmement fragmenté.
56:25On le sait bien,
56:26avec des fiscalités nationales,
56:27avec des grandes difficultés
56:29à créer
56:30des acteurs européens
56:31majeurs
56:32dans le domaine financier.
56:33Et donc,
56:34voilà,
56:35je ne dis pas
56:36que c'est facile,
56:37mais je crois que...
56:38Mais il y a à construire.
56:39Il y a matière
56:40à bâtir et à construire.
56:41Et je crois qu'il y a
56:41une vraie prise de conscience
56:42que cette question de l'épargne,
56:43au-delà,
56:44à côté des sujets
56:45industriels,
56:46énergétiques,
56:46etc.,
56:47est un vrai sujet
56:48d'autonomie stratégique.
56:49Merci beaucoup, Philippe.
56:50Merci d'être venu discuter avec nous
56:52de la finance durable
56:52à l'heure de 2026
56:54dans ce nouvel ordre mondial
56:56et face à ces enjeux
56:57de souveraineté
56:58et d'autonomie stratégique
56:59en Europe.
57:00Philippe Zawati,
57:01le président de Mirova,
57:02a été l'invité
57:02de ce dernier quart d'heure
57:03de Semimpance.
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