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  • il y a 13 heures
Dimanche 17 mai 2026, retrouvez Jean-Luc Maria (Cofondateur et PDG, Exotrail), Quentin Verspieren (Coordinateur du programme de sécurité spatiale, ESA), Antoine Fourcade (Co-Fondateur, Sirius Space), Philippe Blatt (Président & Managing Director, Astroscale) et Antoine Mangin (Directeur Scientifique, ACRI ST) dans SMART SPACE, une émission présentée par Cécilia Severi Gay.

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00:04Bonjour à tous et bienvenue dans Smart Space 3e rachat pour Sirius Space.
00:09Antoine Fourcade, le cofondateur du fabricant de petits lanceurs, sera en direct de sa toute nouvelle usine de blois avec
00:15nous.
00:16Et puis dans votre talk, on va se pencher sur la question des débris spatiaux, des solutions proposées, des opportunités
00:22engendrées par toute cette émulation.
00:24Les représentants d'ExoTrail, AstroScale et du Space Safety programme de l'ESA seront avec nous en plateau.
00:31Et puis enfin on va conclure avec votre séquence, espace durable et on découvrira une solution à ce colif dédié
00:37aux oliviers qui s'appuient sur la donnée spatiale pour protéger les exploitations de cet arbre méditerranéen.
00:45Voilà pour le programme, on démarre tout de suite sur Bsmart.
00:51Bsmart
00:53Construire des fusées, ça se fait dans des usines.
00:55Alors Antoine Fourcade, cofondateur de Sirius Space, est en train de bâtir son outil industriel à coup de rachat d
01:02'usines en difficulté pour fabriquer ses propres lanceurs sur le sol français.
01:07Antoine Fourcade, bonjour, bienvenue dans Smart Space.
01:10Bonjour, merci de me recevoir aujourd'hui.
01:11Alors en moins d'un an, trois usines, rachetées, une dans l'Essonne, une dans la Loire et une à
01:17Blois, c'est là que vous êtes actuellement.
01:20À ce rythme-là, vous allez finir par couvrir tout le tissu industriel français, Antoine ?
01:26Alors l'idée n'est plus de s'étendre, on a atteint notre taille critique aujourd'hui.
01:30On a cette première usine qu'on a reprise il y a un an qui était à côté de Paris,
01:34on est une société qui a été créée en Ile-de-France, à Nanterre.
01:37La deuxième usine qu'on a reprise qui est à côté de Saint-Étienne et la troisième qui est à
01:41Blois où on va assembler notre lanceur.
01:43Ces trois usines, elles travaillent ensemble pour former un groupe en plus qu'elle complète.
01:46La première, la CERM, s'occupe de nos prototypes, c'est de là qu'on a sorti nos premiers moteurs.
01:51La deuxième fabrique nos pièces en série et là où je me trouve actuellement, c'est là où on va
01:55assembler notre premier lanceur dans les deux prochains mois.
01:57Avec ces trois sites-là, vous couvrez l'ensemble de la chaîne de fabrication, donc de la conception à l
02:04'assemblage final.
02:05C'est une rupture finalement, j'allais dire totale, avec le modèle des start-up spatiales qui vont avoir plutôt
02:11recours à des sous-traitants.
02:15Comment vous justifiez-vous ce choix de tout intégrer en interne comme ça ?
02:19C'est quand même une prise de risque et puis un investissement.
02:22Un sujet de lanceur, c'est un sujet industriel.
02:24On a commencé, quand on a créé la société, à travailler sur la R&D, sur tout ce qui est
02:29immatériel.
02:30Et très rapidement, on s'est confronté à des problèmes sur la fabrication de notre lanceur et notamment lors de
02:34la fabrication de notre premier moteur.
02:35C'était long.
02:36Dans un premier temps, on s'est travaillé sur la partie un peu plus complexe et le reste, on n
02:40'en est pas moins pour autant.
02:41Sur la partie de fabrication additive, on n'avait aucun sous-traitant pour fabriquer nos moteurs qui tenaient nos délais
02:46pour être capables d'étirer rapidement.
02:47On a maîtrisé la fabrication additive, juste la partie impression, la fabrication additive métallique.
02:52Elle a suivi de ça, on s'attaquait à l'usinage en prototype avec l'achat de la CERM qui
02:57nous a permis de fabriquer pas moins de 4 moteurs en un mois sur la fin de l'année dernière
03:01et qui nous a permis de réaliser nos derniers essais moteurs.
03:04Maintenant, on a besoin de monter en cadence, assembler notre premier lanceur et dans ce contexte-là, on a besoin
03:09d'un site qui est un peu différent, qui est plus axé autour de l'assemblage.
03:13Et c'est là où on est venu nous chercher pour nous proposer le signe de Blois et on a
03:17trouvé qu'il y avait une vraie cohérence pour être capable de transformer ce site sur l'assemblage de notre
03:21lanceur.
03:22Alors justement, j'allais vous poser cette question. Là, vous êtes sur ce site-là, c'est anciennement Enerflu.
03:27C'était une usine automobile qui a été placée en redressement judiciaire.
03:31Là, c'est 100 emplois qui sont sauvés.
03:35Comment on convainc un tribunal ? J'avais vous posé la question, mais vous dites qu'on est venu vous
03:38chercher des affaires économiques pour vous confier une usine.
03:43Quand on est une start-up spatiale, une start-up qui a 5 ans d'exigence, est-ce que c
03:48'est facile d'arriver et de mettre ces enjeux-là sur la table ?
03:52Alors, on est venu nous chercher, c'est les acteurs publics qui sont venus nous chercher.
03:55Ce n'est pas le tribunal. On a un gros travail qui a été fait par la préfecture, la région,
04:00la communauté de communes qui sont venus nous proposer ce site-là.
04:03Et les administrateurs judiciaires qu'on remercie.
04:05On a mené un projet de diversification sur 4 axes qui se basent sur le spatial, mais pas que.
04:11Aujourd'hui, en dehors des activités spatiales de Sirius, on fait 30 millions de euros de chiffre d'affaires l
04:15'année dernière quand on consolide nos différentes structures industrielles.
04:17Donc, on a un revenu récurrent.
04:18On mène un business model qui va travailler sur 4 leviers clés.
04:21Le levier qui est le plus important pour nous, et pourquoi on fait ça, c'est la partie lanceur, où
04:26on a repris cette usine.
04:27Mais on a 4 autres business models.
04:30Historiquement, c'est un site qui est sur l'automobile.
04:32Derrière moi, j'ai des chaînes de production de pompes de direction assistées, notamment.
04:36C'est le business historique.
04:37On travaille pour les automobiles, mais aussi le bus et les camions.
04:39Aujourd'hui, c'est 100 % de notre chiffre d'affaires.
04:41L'idée en 2030, c'est d'arriver à 40 % du chiffre d'affaires sur ce secteur-là.
04:44Dans un premier temps, la partie spatiale, bien qu'elle va être très importante et qu'il est sujet de
04:48Sirius,
04:49on va la cantonner à 20 % du chiffre d'affaires du site.
04:51À la suite de ça, on va l'augmenter progressivement pour être capable de réaliser la montée en cadence.
04:55On a deux autres secteurs qu'on va travailler sur le site.
04:57On avait des problèmes pour être capable de livrer nos clients sur l'aéronautique, le spatial et la défense.
05:02Donc, on va être aussi prêt à être sous-traitant droit pour des grands acteurs de ce domaine-là.
05:07Et on travaille aussi sur la fabrication de pièces made in France,
05:10qui auraient ramené des produits qui étaient faits en Chine, en France.
05:13C'est un sujet aussi qui nous tient particulièrement à cœur chez Sirius.
05:16La réalisateurisation propres.
05:17En fait, ça va vous appuyer, vous solidifier sur votre modèle économique,
05:21peut-être pour moins dépendre des aides publiques.
05:24Mais finalement, il y a aussi là un savoir-faire à aller chercher,
05:28à aller transposer aussi à la fabrication de vos fusées derrière.
05:31On en parlait de l'automobile, vous l'avez dit.
05:34On parle de plus en plus d'ailleurs des synergies entre le secteur d'automobile et le secteur spatial.
05:40Pour développer le lanceur, on a cherché plein d'experts du monde spatial,
05:44des gens qui ont travaillé sur des grands projets pour mener la R&D du lanceur.
05:48Cependant, la fabrication du lanceur, on voulait aller être plus agressif,
05:52d'être plus compétitif sur les coupes.
05:53Et dans ce contexte-là, on allait chercher d'autres sous-traitants pour le faire.
05:57Et on allait chercher l'automobile.
05:58Et puis, ils sont très bons pour réaliser des pièces à très faite complexité.
06:01Ce n'est pas simple de faire un moteur de voiture,
06:03notamment avec les différentes pièces critiques d'une voiture,
06:05des pièces qui sont certifiques, qui sont sécuritaires.
06:07Il faut être capable de mener la R&D.
06:09On a un petit bureau d'études qui est rempli avec la société en parallèle,
06:13d'être capable de réaliser l'usinage,
06:15d'être capable de maîtriser pas mal de procédés spéciaux,
06:17la rectification, la tribofinition,
06:19ou encore les essais,
06:20qui est un sujet qui est très important aussi sur le développement de Sirius.
06:23Donc, on va travailler avec les équipes.
06:25On est en train, en ce moment, de travailler avec les équipes
06:27pour voir quelles sont leurs forces
06:28et comment on est capable de transposer tout leur savoir-faire,
06:31leur passé dans l'automobile sur le sujet de Sirius.
06:35D'ailleurs, vous parlez des essais.
06:36Vous avez quand même une cadence assez inédite.
06:39Vous avez validé quatre chambres de combustion en trois semaines
06:41sur le banc d'essai du DLR.
06:43Fabriquée, il faut le redire, en impression 3D.
06:46Cette fabrication additive-là,
06:49c'est elle qui vous confère cette cadence assez intense
06:53et assez enthousiasmante, on va dire,
06:57sur le marché des lanceurs et de la construction des lanceurs.
07:01Alors, la fabrication additive métallique,
07:02on va beaucoup s'en servir sur la partie du moteur,
07:05sur toutes les chambres de combustion,
07:06ou les organes tournant, les sous-ensembres qu'on a aussi essayé
07:10en fin d'année dernière, en début d'année,
07:12autour de la turbo-pompe,
07:13aussi des pièces humaines qu'on va réaliser en fabrication additive métallique.
07:16Cependant, c'est un bout de la chaîne de valeur.
07:18Un autre gros bout, c'est l'assemblage et l'usinage.
07:22Ces quatre chambres de combustion ont été faits 100% à l'interne,
07:25chez Sirius, sur le site de la CERN.
07:26Et aujourd'hui, on a besoin d'aller plus sur l'usinage de plus grande dimension
07:29et en plus grande cadence pour être capable de réaliser l'oblue du lanceur,
07:32qui est plutôt faite sur des procédés plus conventionnels que le moteur.
07:36Un mot sur les marchés que vous visez.
07:39Vous développez une gamme de micro-lanceurs
07:41pour des satellites qui vont jusqu'à 1100 kg.
07:44Sur ce marché-là, on a Rocket Lab, on a SpaceX,
07:47on aura bientôt d'autres Européens aussi en concurrence avec vous.
07:51Comment vous, vous comptez vous démarquer ?
07:54Quel sera votre avantage compétitif réel ?
07:59On a un climat géopolitique actuellement qui nous pousse à revenir sur la préférence européenne.
08:05On a beaucoup de clients qui étaient très contents de travailler avec des experts en SpaceX aujourd'hui
08:09et du fait de la guerre en Iran notamment, qui reviennent nous contacter.
08:14On a une demande qui est beaucoup plus importante aujourd'hui.
08:16Pour ce faire, en plus de ça, chez Sirius, on développe une gamme de trois lanceurs.
08:19Sirius 1, 13 et 15, qui sont basés sur une R&D commune.
08:22Ça nous permet de faire de la production en série de nos lanceurs.
08:24Et à la suite de ça, on va assembler nos différents lanceurs pour trouver la meilleure performance possible.
08:30Alors, le premier lanceur, le premier démonstrateur, Sirius 1B, son lancement est prévu en 2027.
08:37Vous allez me dire si c'est toujours le cas.
08:39Et puis, comme les retards sont la norme dans le secteur spatial,
08:43si vous pouvez nous assurer que vous tiendrez ces délais et comment, par quel biais ?
08:49Alors, les retards sont un peu en temps spatial, mais ce n'est pas pour autant qu'on ne fait
08:53pas notre possible.
08:54Dans l'automobile, on tient les délais.
08:56Et c'est là aussi qu'on a notre base chez Sirius.
08:58Donc, on a 12 mois de la fin de production de notre premier lanceur, qui va sortir du « Je
09:03suis ».
09:03Et à la suite de ça, on va attaquer les opérations de test avec le patir,
09:08les essais combinés, notamment du lanceur.
09:11Et on est en train de travailler aujourd'hui pour être capable de réaliser ce premier vol sur l'année
09:152027,
09:16dans un premier temps, un vol balistique.
09:17À la suite, suivra Sirius 13, qui est notre premier lanceur qui atteindra l'orbite.
09:21On peut imaginer ça pour quel mois, quel trimestre et puis depuis quelle base ?
09:26La base, on l'annoncera sous peu.
09:29On a encore plein d'annonces trépidantes chez Sirius.
09:31Et on vise plutôt le second semestre.
09:36Mais on vous invitera, dès demain, si vous voulez, venir voir notre usine,
09:40voir suivre cet assemblage du lanceur qui est en train de commencer.
09:44Alors, une dernière question avant qu'on se sépare, Antoine.
09:49On parle évidemment de beaucoup d'annonces.
09:51Vous l'avez dit vous-même, il va y avoir encore beaucoup d'annonces de votre côté.
09:56Les lancements, c'est plus compliqué de les voir.
09:58Et on suit les acteurs que vous représentez depuis déjà un petit moment,
10:01notamment dans cette émission Smart Space.
10:03C'est une course, c'est véritablement une course.
10:06Qu'est-ce qui fait que Sirius Space se distinguera et passera véritablement à l'acte
10:10quand d'autres, peut-être, ne passeront pas à l'acte ?
10:14On a une base industrielle qui est solide.
10:16On avance rapidement sur notre développement.
10:18En vertical, il existe beaucoup de la fabrication du lanceur.
10:21Donc ça, ça nous permet de gagner du temps et réduire notre dépendance à nos sous-traitants
10:24pour être capable de tenir nos délais et être capable aussi, demain,
10:27une fois qu'on a réalisé ce vol inaugural, d'être capable de réaliser la montée en cadence.
10:31C'est un sujet que l'automobile s'est géré depuis très longtemps.
10:33Le passage du prototypage à la série, c'est aussi dans l'ADN, notamment de la société Nerflu,
10:38notre dernière acquisition, qui va nous aider à tenir le planning du vol inaugural.
10:42Mais surtout, ce qui est important pour nous, demain, c'est les prochains vols.
10:44Trois vols en 2028, six vols en 2029 qu'on vise.
10:47Et c'est là où toute notre base industrielle va nous permettre de réaliser les premiers prototypes.
10:50Mais ça sera dans les mêmes usines.
10:52On réalisera l'assemblage série avec les mêmes équipes.
10:54Et ça nous permettra, on l'espère, de tenir tout notre planning.
10:57On n'en est qu'au va plus chez nous.
10:59Merci beaucoup Antoine Fourcade.
11:00On a hâte de suivre.
11:01Donc c'est tous ces lancements depuis cette émission Smart Space.
11:05On enchaîne, quant à nous, avec notre Space Talk sur Bsmart.
11:13Les débris spatiaux, c'est le fléau de l'orbite terrestre.
11:16Mais c'est aussi, paradoxalement, un vrai gisement d'innovation du secteur spatial aujourd'hui.
11:22Nouvelles technologies, nouveaux marchés, nouvelles réglementations.
11:26Comment transformer un problème en opportunité ?
11:29C'est la question qu'on va explorer ce soir avec trois acteurs qui sont en train de construire des
11:35solutions.
11:36Jean-Luc Mariam, à droite, PDG d'Exotrail.
11:38Bonjour.
11:39Bonsoir.
11:39Bienvenue sur le plateau de Smart Space.
11:41Juste à côté de vous, on a Quentin Verspiren, responsable du Space Safety Programme à l'Agence Spatiale Européenne.
11:48Bonsoir.
11:49Bonsoir.
11:49Bienvenue dans le plateau de Smart Space.
11:51Et puis en face, Philippe Blatt, président managing director chez Astroscale.
11:55Bonsoir.
11:55Bienvenue sur le plateau de Smart Space.
11:57Alors, d'abord, le cœur du problème.
12:00On a aujourd'hui plus de 35 000 objets qui sont traqués en orbite.
12:04Des millions de fragments invisibles, eux, pour nos radars.
12:08Est-ce qu'on est en train de rendre certaines orbites inutilisables, Quentin ?
12:14Alors oui, effectivement.
12:15On observe une prolifération des débris spatiaux qui est liée au fait qu'on a encore des progrès à faire
12:21dans la manière dont on gère nos missions durant leur vie, leur phase opérationnelle,
12:27mais aussi dans la manière dont on va les désorbiter, s'en débarrasser à la fin de leur vie pour
12:32éviter de polluer cette orbite.
12:34Et des fragmentations qui peuvent arriver sur des missions, des impacts avec des débris ou d'autres satellites, vont créer
12:42une multitude de débris qui peuvent être assez dangereux puisqu'ils se déplacent à des vitesses faramineuses en orbite basse.
12:48Les impacts peuvent arriver à des vitesses équivalentes à 10 km par seconde.
12:53Et donc, on imagine que même une petite bille de métal peut détruire un satellite entier.
12:59Donc, il est urgent d'agir. Vous pilotez le programme de sécurité spatiale de l'ESA, débris astéorique météorologie de
13:05l'espace.
13:06La liste est longue des dangers qui peuvent arriver en orbite terrestre. Quelle est la menace la plus immédiate aujourd
13:13'hui ?
13:14Alors, les menaces, on va dire, sur les activités spatiales, dont vous avez parlé de la météorologie de l'espace,
13:19dont je peux parler très rapidement, qui sont les éruptions solaires.
13:22Et ces éruptions solaires, elles peuvent perturber nos systèmes dans l'espace, mais aussi sur Terre.
13:27Et pour ce qui concerne les débris spatiaux et les opérations de nos satellites, cette activité solaire, elle va aussi
13:33perturber les orbites, la très haute atmosphère qui reste un petit peu à très haute altitude et qui interagit avec
13:41nos satellites.
13:42Et donc, ça crée beaucoup d'incertitudes, ce qui est le lien avec la question du trafic spatial et des
13:47débris spatiaux, où on a une recrudescence du risque de collision entre deux satellites, deux débris ou un satellite et
13:55deux débris.
13:56Et là, on parle de toutes les orbites, parce que vous parlez de l'orbite géostationnaire, mais ce risque-là
14:01de débris, il concerne toutes les orbites aujourd'hui ?
14:04Alors, il concerne principalement l'orbite basse, qui est l'orbite historiquement qu'on a le plus utilisée, et l
14:10'orbite géostationnaire.
14:12Ces deux là sont vraiment, ces deux zones orbitales, sont vraiment les zones qu'on surveille de près, déjà parce
14:18qu'elles sont les plus utiles, et donc parce qu'on les a le plus utilisées.
14:22Et en particulier, le développement des méga-constellations, qu'on observe depuis plusieurs années, se passe principalement en orbite basse,
14:30où le nombre d'objets a été multiplié par plusieurs ordres de l'ondeur.
14:35Bien sûr, on connaît ces chiffres, on parle souvent de Starlink notamment, des dizaines de milliers de satellites encore à
14:41venir.
14:43Alors, pardonnez-moi de la poser comme ça cette question, mais est-ce qu'on n'a pas un peu
14:47trop tardé à prendre au sérieux ce sujet-là ?
14:50Et je me tourne vers vous trois, pour vous poser cette question-là, vous parlez des risques, vous parlez de
14:55la puissance d'un micro-débris sur tout le marché, et on parle d'un marché économique, donc est-ce
14:59qu'on n'a pas un peu tardé ?
15:01Alors, l'espace est grand, les parties utiles de l'espace ne sont pas infinies.
15:07Et c'est cette réalisation, je pense, qui a pris du temps, on considérait qu'on avait assez de place.
15:12Mais on a commencé justement à se rendre compte que, de plus en plus, il fallait faire des manœuvres d
15:17'évitement de débris.
15:17Nous, c'est quelque chose à l'ESA, au niveau de la direction des opérations qui contrôlent les satellites, tels
15:22que Copernicus, etc.
15:24Dix ans en arrière, on ne faisait pas de manœuvres d'évitement.
15:27Maintenant, tous les mois, toutes les semaines, on a des alertes pour des manœuvres d'évitement.
15:33Et même s'il n'y a pas d'impact, ça, ça coûte.
15:35Il faut plus de personnel, il faut utiliser le carburant du satellite pour faire ses manœuvres, donc de facto, on
15:41réduit la durée de vie du satellite.
15:42C'est un moment où on ne peut pas faire d'observation pour le climat, pour la science.
15:47Donc, il y a tout un coût même de l'évitement de collision.
15:50La collision en elle-même n'est pas le seul problème.
15:52D'accord, s'occuper de ce problème-là.
15:55Alors, justement, on va parler de solutions concrètes.
15:57Vous êtes aussi là avec Exotrail et Astroscale pour parler de ça.
16:01Philippe Bladge, je me tourne vers vous.
16:03Chez Astroscale, vous êtes pionnier dans le retrait actif de débris, notamment.
16:07On en est où concrètement, techniquement, dans ces technologies-là ?
16:11On a passé la démonstration ?
16:13Alors, on a passé la démonstration, on n'est pas encore sur de l'opérationnel.
16:19Ça a toujours été le moteur d'Astroscale.
16:21C'est une vision qui date d'il y a 15 ans, ça a été le moteur d'Astroscale, libérer
16:26les orbites de l'encombrement futur.
16:28Vous aviez anticipé, vous, cette croissance exponentielle ?
16:31C'est une vision, il y a 15 ans, qui peut paraître...
16:33Il y a 15 ans, les constellations les plus importantes, c'était Iridium Global Star, 100 satellites.
16:38Iridium, aujourd'hui, 10 000 satellites.
16:40Alors, comment vous expliquez avoir vu, peut-être avant les autres, ce qui est besoin ?
16:44Non, mais parce qu'au-delà des constellations qui viennent accroître cette surpopulation, il y a eu des expériences, il
16:53y a eu des catastrophes en orbite.
16:55Un satellite Eutelsat heurté par un satellite russe, ça c'était complètement involontaire, qui a créé des milliers de débris,
17:02et ce sont des milliers de débris en orbite.
17:04Ça veut dire qu'une fois qu'ils sont produits, ils sont éjectés, ils occupent une grande place en orbite.
17:09Il y a eu des Chinois, des Russes et des Indiens qui ont tiré des missiles sur leurs satellites en
17:16fin de vie, pour faire des tests, pour montrer leur puissance spatiale.
17:20On a eu le cas russe, d'ailleurs, il y a 2-3 ans, maintenant.
17:23Qui ont augmenté de façon... c'est très significatif, on voit les courbes du CNES, d'augmentation des débris en
17:27orbite, on a trois sauts dans le temps,
17:30qui fait qu'on passe d'un problème anecdotique, connu, mais anecdotique, à un problème très important, d'effet boule
17:38de neige,
17:39qui fait que les débris créent des débris et rentrent dans une spirale qu'on appelle la spirale de Kessler,
17:44qui rend le problème, comment dire, inquiétant.
17:50Difficile à éviter aujourd'hui, si on veut avancer sereinement dans le secteur spatial et sur le marché de l
17:55'orbite, Jean-Luc Maria.
17:56Alors oui, peut-être quelques chiffres. On a passé en février la barre des 15 000 satellites actifs,
18:01les projections à 2035, c'est à peu près 45 000, à peu près 130 millions de débris de toute
18:08taille.
18:09Et comme disait Quentin, l'espace est grand, mais en fait, pour assurer des services terrestres, il y a quelques
18:16orbites d'intérêt.
18:17En fait, tout le monde va sur ces orbites-là, et donc c'est pour ça qu'il y a
18:20ces potentiels risques à ces endroits-là.
18:22Nous, côté Exotrail, la vision qu'on a, c'est important de parler de vision, parce qu'on est nécessairement
18:28sur des sujets de long terme.
18:29Nous, la vision qu'on a, elle est un peu plus large qu'uniquement le sujet des débris, c'est
18:33le sujet de l'infrastructure.
18:34L'infrastructure spatiale est en croissance, c'est une construction de long terme, comme les infrastructures terrestres.
18:39Et après une phase d'exploration, les 70 dernières années, on pense, nous, qu'on commence à rentrer dans une
18:45phase de sécurisation,
18:46de réglementation, justement, pour assurer un avenir plus durable.
18:50Et donc, ça, c'est la première façon de voir l'espace.
18:52La deuxième façon, c'est donc l'enjeu de durabilité qui est associé à cette croissance.
18:56La troisième façon de le voir, on va sûrement y revenir après, c'est le sujet militarisation de l'espace.
18:59Et c'est quand on combine les trois, qu'il y a un sujet pour nous d'intérêt, qui est
19:03de rendre cette infrastructure spatiale plus efficace.
19:08Votre pari, c'est quand même la mobilité ?
19:09Et donc, le dénominateur commun pour nous de tout ça, c'est qu'il faut avoir la capacité d'agir
19:15sur l'infrastructure une fois qu'elle est déployée dans l'espace.
19:17Et en fait, l'élément clé derrière tout ça, c'est d'avoir la capacité de bouger.
19:22Alors, quand on est autour de la Terre, on bouge naturellement.
19:24Mais ça, ça veut dire rester statique en termes d'infrastructure.
19:27Et donc, l'enjeu pour les prochaines années, c'est vraiment de rajouter une couche de mobilité pour aller rejoindre
19:32des objets, potentiellement pour dépolluer,
19:35mais aussi potentiellement pour augmenter la durée de vie des objets, pour aller inspecter des objets qui pourraient ne plus
19:40fonctionner, pour mieux comprendre ce qui s'est passé.
19:43Et donc, c'est un peu ce spectre plus large, nous, qu'on embrasse.
19:46Et on y répond par développer effectivement des solutions de mobilité.
19:50Ça passe par des moteurs et ça commence à passer par ce qu'on appelle des satellites de services en
19:54orbite.
19:54On pourra revenir sur la définition de ce que sont les services en orbite.
19:57Mais vous l'avez dit, c'est cette économie aussi de la durabilité qui est en train de se construire,
20:01en fait, finalement,
20:03et ces usages du haut qui sont en train d'émerger.
20:05C'est-à-dire qu'on a ce problème-là des débris spatiaux.
20:07Il faut trouver des solutions.
20:09Et le constat est posé.
20:10Mais plus on développe les technologies comme les vôtres, plus on arrive à se rendre compte qu'il y a
20:14tout un marché derrière qui peut éclore de ce besoin-là.
20:18Effectivement, c'est une course technologique.
20:21Nos solutions et notre ambition, c'est toujours la désorbitation des objets actifs,
20:26c'est-à-dire des objets qui sont non contrôlés, des débris.
20:29Donc ça veut dire qu'il faut s'en rapprocher, il faut se synchroniser, il faut s'amarrer.
20:33Donc c'est extrêmement complexe, extrêmement délicat, extrêmement sensible,
20:37parce qu'on peut arriver à créer d'autres débris si on s'y prend mal.
20:40Donc il y a tout un volet safety très important.
20:45Mais en faisant ça, qui était une mission, je dirais, liée à la durabilité de l'espace,
20:50on se rend compte qu'on développe des technologies qui permettent de faire plein d'autres choses.
20:54Oui, alors un exemple concret, vous venez de raconter qu'on peut s'approcher d'un satellite,
20:58ça peut rentrer dans le cadre de la défense, la surveillance ?
21:00Ça rentre typiquement dans le cadre de la défense, que ce soit en orbite basse ou en orbite géostationnaire.
21:05L'objectif, le satellite Luch, qui est un satellite russe, est approché d'un satellite européen, franco-italien,
21:12Athenafidus, il y a quelques années, et ça a créé un choc.
21:15On se rappelle de...
21:16Voilà, ça a créé un choc, on se rend compte, donc on n'est pas tout seul,
21:18non seulement on n'est pas tout seul, mais on a des gens qui ne veulent pas que du bien.
21:21Et donc il y a des besoins de réponse, des besoins de réponse, d'identification, d'inspection, de caractérisation,
21:26mais surtout de dire je suis là.
21:29Je suis là, je peux bouger, je te vois, et comme je te vois,
21:33tu peux t'imaginer que je peux aussi moi-même faire quelque chose pour défendre mes propres besoins,
21:38je peux éventuellement interférer sur ta volonté de vouloir me nuire.
21:43Et tout ça, ça demande de la mobilité.
21:45Et juste un point, sur ce qu'on appelle les services en orbite, ou la mobilité,
21:49tous les satellites jusqu'à présent, avant ces satellites dont on parle,
21:52étaient des satellites qu'on mettait sur une orbite,
21:55et dont l'objectif unique était d'être maintenu sur cette orbite.
21:58On le maintenait, mais c'était, je dirais, pas la mission principale.
22:01La mission principale, c'était de prendre des photos de la Terre,
22:04d'émettre des transmissions, de faire du Galileo,
22:07que ce soit en Géo, en Léo, en Méo, sur les différents types d'orbites,
22:12mais ils restaient sur leur orbite.
22:14Là, c'est une problématique totalement différente.
22:17C'est la première fois qu'on a des satellites voyageurs.
22:19C'est-à-dire des satellites qui sont capables de changer d'orbite,
22:22mais de façon dont la mission principale est de changer d'orbite,
22:26que ce soit pour faire de la mobilité, pour protéger des sites militaires,
22:30pour remplir de carburant un satellite, et aller le faire plusieurs fois.
22:33Et donc, c'est un paradigme complètement différent.
22:37La durabilité comme modèle économique à part entière,
22:41c'est un sujet aussi que le Space Safety Programme veut pousser, peut-être,
22:45pour mettre en avant ces enjeux-là ?
22:47Oui, tout à fait. Nous, on a deux lignes, on va dire, sur ce sujet-là.
22:50Il y a déjà, disons, gérer la situation d'urgence,
22:54qui est de moins générer de débris avec les satellites qu'on va produire dans les années qui viennent.
22:59C'est une approche qu'on appelle zéro débris,
23:01pour laquelle on investit énormément auprès de l'industrie,
23:04on travaille avec la communauté pour avancer de concert.
23:07Donc ça, c'est déjà, on va dire, la priorité.
23:10Mais malgré tout, si j'utilise une métaphore que Jean-Luc et Philippe ont beaucoup entendue,
23:16pour moi, le secteur spatial doit se normaliser,
23:19et en comparant le secteur spatial au secteur automobile, c'est très visuel.
23:23Un satellite, c'est extrêmement cher, on l'utilise jusqu'à ce qu'il n'ait plus de carburant,
23:27et ensuite, on s'en débarrasse.
23:28C'est comme si, pour conduire à Paris, vous achetiez une Ferrari,
23:32vous appelez l'usine à Modène,
23:34vous leur demandez de livrer la Ferrari à Paris en jet privé,
23:37parce que c'est l'équivalent, le même ordre de grandeur
23:38pour le coût du satellite et le coût du lanceur.
23:41Et ensuite, elle vous est livrée, et vous pouvez l'utiliser
23:44soit jusqu'à ce qu'elle tombe en panne, soit jusqu'à ce qu'elle n'ait plus de carburant.
23:47Alors, je n'ai jamais vu ce genre de voiture, mais je suppose que ça va assez vite.
23:51Et si on est un acteur un petit peu à l'ancienne, pas très sérieux,
23:54on la laisse au milieu de la route.
23:55Si on est un acteur assez sérieux,
23:58on la met sur le bas-côté et on la brûle.
24:00C'est le fonctionnement du secteur spatial.
24:03Et donc, ce que proposent très modestement Jean-Luc et Philippe,
24:06et aussi le programme de sécurité spatiale avec le soutien qu'on donne à diverses entreprises,
24:12c'est de dire, effectivement, il nous faut des dépanneuses.
24:14Il nous faut des gens qui puissent inspecter si jamais la voiture a un problème.
24:17Il nous faut des stations essence.
24:19Il nous faut des capacités de réparation.
24:21Alors, bien sûr, c'est plus facile à dire qu'à faire dans l'espace.
24:25Ça, c'est évident.
24:26Mais par contre, ce n'est pas uniquement une révolution,
24:29c'est en fait une normalisation du secteur.
24:31Alors, on est obligé, il faut parler réglementation aussi.
24:34Vous l'avez dit à un moment donné, et bon, c'est quand même le sujet brûlant,
24:38le U-Space Act, le texte dont tout le monde parle,
24:41et donc qui concerne aussi cette idée de durabilité,
24:46avec l'enjeu de créer un cadre harmonisé.
24:49C'est l'objectif de ce Space Act.
24:53C'est très ambitieux, assorti de certaines clauses d'accès au marché qui font débat.
24:59On a eu d'ailleurs des réactions côté Astroscale récemment aux Etats-Unis à ce sujet,
25:04avec des membres de l'entreprise qui disaient que c'était peut-être un peu rétrograde
25:08dans la vision d'aborder la réglementation européenne.
25:13Est-ce que c'est une solution qui peut permettre,
25:15les objectifs, c'est aussi de réduire d'ici 2030,
25:19donc l'émergence de débris dans l'espace ?
25:21Est-ce que c'est une solution ?
25:23Est-ce que c'est une bonne approche pour encadrer le secteur
25:28et pousser vers la durabilité ?
25:30Quel est votre regard là-dessus, monsieur ?
25:32Je peux m'exprimer là-dessus.
25:34Comme je disais tout à l'heure,
25:36quand on regarde l'histoire des infrastructures,
25:38on a besoin, à un moment donné,
25:40de passer d'une phase d'exploration un peu tout azimut
25:43à une phase où on va commencer à structurer, sécuriser et réglementer.
25:47C'est inéluctable.
25:48Si on veut avoir une exploitation de long terme de cet environnement
25:52qui est plus fragile probablement que tous les autres sur Terre
25:55parce que plus rare en termes d'orbite utile,
25:58alors c'est un passage obligé.
26:00Après, il y a une réponse d'entrepreneurs, d'entreprises
26:02qui est effectivement, attention à la réglementation,
26:05que ça ne vienne pas trop contraindre,
26:08trop contraindre, je ne dis pas contraindre,
26:10trop contraindre l'opération des entreprises comme les nôtres.
26:14Cela dit, les sujets qui nous intéressent,
26:16c'est quand même la croissance de l'infrastructure,
26:18c'est en particulier le sujet des débris spatiaux,
26:21pas que, mais en particulier.
26:23Et donc, c'est aussi à voir pour nous comme une opportunité de positionnement.
26:28Plus il va y avoir d'objets dans l'espace,
26:29plus il va y avoir besoin d'avoir un code de la route,
26:33parce que c'est quand même de ça dont on parle aujourd'hui.
26:36Et donc, en code de la route,
26:39il y a des entreprises qui sont là pour aider à le faire appliquer,
26:42pour trouver les solutions,
26:44pour bien signaler les déplacements, etc.
26:46Donc, c'est quand même un écosystème qui doit se bâtir.
26:51La réglementation est un passage obligé.
26:53Bien évidemment, il faut faire attention,
26:54et c'est le rôle d'entreprise comme nous,
26:56de porter aussi notre voie pour dire,
26:57voilà quelles sont les potentielles solutions,
27:00mais aussi attention à la compétitivité de nos entreprises,
27:03parce que comme toute réglementation,
27:04il faut voir le périmètre d'application.
27:07Il faut que les règles soient idéalement les mêmes pour tout le monde.
27:11Votre avis, Philippe Latte, sur la question ?
27:14C'est une réglementation nécessaire,
27:16en tout cas en ce qui nous concerne,
27:18pour arriver à faire des business plans.
27:21Notre objectif, c'est le service après-vente en orbite.
27:24Ça n'existe pas.
27:25C'est la seule industrie qui n'a pas de service après-vente.
27:28Le modèle que j'aime bien,
27:30alors j'ai adoré l'anecdote de Quentin,
27:32mais le modèle que l'on aime bien,
27:35nous, c'est le traffic management de l'aviation civile,
27:38qui est réglementé.
27:39Ça a pris 100 ans.
27:41Ce n'est pas simple.
27:42Avec une différence fondamentale,
27:44c'est que les avions, ils décollent d'un territoire,
27:46ils atterrissent sur un autre territoire.
27:48Donc ils survolent la Terre,
27:49et ils appartiennent toujours à une zone
27:51qui est référente d'un certain territoire,
27:54une certaine réglementation.
27:55Les satellites en orbite basse,
27:56ils tournent autour de la Terre.
27:57Donc ils sont lancés d'un certain endroit,
28:00mais après ils passent au-dessus de tous les pays.
28:01D'où la difficulté de la réglementation.
28:03Mais si on veut réglementer
28:06de façon à rendre les choses non anarchiques,
28:08parce qu'à part la réglementation
28:10sur les fréquences aujourd'hui,
28:11qui permet aux gens de ne pas s'interférer,
28:14à part ça, l'espace est anarchique.
28:17On a souvent abordé ce sujet.
28:19L'espace est anarchique en termes de trajectoire.
28:23Donc si on veut mettre un peu d'ordre là-dessus,
28:25uniquement pour pouvoir mettre
28:26davantage de satellites sans brouillage,
28:29avec des missions qui vont jusqu'au bout,
28:31sans fracturation,
28:33sans choc avec des débris
28:34ou d'autres satellites,
28:36et si nous on veut établir un business plan
28:38qui nous permet de désorbiter,
28:40de faire de la mobilité en orbite
28:41de manière à satisfaire ces réglementations-là,
28:44c'est une façon valable
28:45d'établir des business plans.
28:47Donc oui pour une réglementation,
28:49mais il faut bien la caliper.
28:51Oui pour une réglementation nécessaire
28:54à un bon trafic.
28:55Bien sûr.
28:55C'est ça, c'est pas une réglementation
28:57pour distribuer des amendes,
28:59c'est uniquement pour avoir un bon trafic.
29:00Le bon exemple,
29:01c'est la réglementation des fréquences.
29:02Personne n'est pour,
29:03personne n'est contre,
29:04mais tout le monde constate
29:05qu'il le faut absolument,
29:06parce qu'autrement,
29:07on ne peut pas communiquer.
29:11Je souscris totalement à ce qui a été dit.
29:13Cette réglementation,
29:14elle est importante
29:16pour garantir un certain niveau d'équité,
29:18je dirais, en Europe,
29:19sur ces sujets-là.
29:20La clause d'accès au marché
29:21est aussi quelque chose d'important,
29:23parce que bien sûr,
29:23l'idée n'est pas d'imposer
29:25des contraintes extrêmement fortes
29:26à l'industrie européenne
29:28pour laisser tous les autres
29:30qui voudraient fournir des services en Europe
29:31suivre des règles totalement différentes.
29:34C'est toujours cette question-là,
29:35finalement, qui revient,
29:37que ce soit dans le secteur spatial
29:38ou dans toute autre question
29:39de souveraineté numérique,
29:40notamment.
29:41Voilà.
29:42Et notre positionnement à l'ESA,
29:44alors bien sûr, sur le texte,
29:46je n'exprimerai pas d'avis particulier.
29:48Effectivement,
29:48on travaille avec tout type d'acteurs
29:49pour leur fournir un soutien technique
29:51et notre expertise
29:52de développeurs de systèmes et d'opérateurs.
29:55Mais notre rôle fondamentalement à l'ESA,
29:57c'est de se dire
29:58la réglementation viendra.
29:59Ça, c'est certain.
30:00Pas uniquement en Europe,
30:01on le voit tout autour du monde.
30:03Aux États-Unis,
30:04la réglementation est assez stricte.
30:06Au Japon.
30:07Et donc, la question, c'est
30:08comment est-ce que notre industrie,
30:09peut se positionner en avance
30:11pour être la plus compétitive
30:14dans un nouveau paradigme
30:15où les règles seront assez strictes ?
30:17Et ça, c'est 100% le rôle de l'ESA.
30:20C'est de dire
30:20comment est-ce qu'on accompagne
30:21cette transition ?
30:22Et une donnée intéressante
30:24dont on s'est rendu compte
30:25quand on a étudié
30:26notre stratégie zéro débris,
30:28c'était de dire
30:29qu'entre une plateforme de satellites,
30:30je veux dire un gros satellite
30:31en orbite basse,
30:33observation de la Terre,
30:34par exemple,
30:34entre un satellite
30:35qui va générer
30:36beaucoup de débris,
30:37une version assez ancienne
30:38et une version moderne
30:40que nous, on appelle zéro débris,
30:41le coût unitaire récurrent
30:44de ces modèles-là
30:44est à peu près le même.
30:46C'est de l'ordre de 2% environ
30:48d'augmentation
30:49entre une plateforme non zéro débris
30:51et une plateforme zéro débris.
30:53Ce qui coûte très cher,
30:54c'est le coût d'investissement.
30:55Et notre rôle d'organisme public,
30:58mais de la même manière
30:59pour le CNES,
30:59la DLR,
31:00l'Agence spatiale italienne,
31:02c'est d'aider
31:02à absorber
31:04ce coût d'investissement,
31:05à le soutenir.
31:06Et c'est ce qu'on fait
31:07via des contrats
31:07avec différents plateformistes,
31:09différents fournisseurs de systèmes
31:11pour lesquels
31:12on les paye
31:13pour développer
31:14ces nouvelles plateformes.
31:15D'abord parce que nous,
31:16on veut les utiliser
31:17pour toutes nos prochaines missions.
31:18Mais ensuite,
31:19eux pourront vendre
31:20ces nouvelles plateformes,
31:21pourront vendre ces services
31:22sur un marché
31:23qui le demandera.
31:26Absorber ce coût comme ça,
31:27ça rend service
31:28aux entreprises comme la vôtre
31:29pour pouvoir avancer.
31:30Vous avez besoin
31:31de toute façon
31:32de cette aide publique
31:33ou alors
31:34les investisseurs privés aussi
31:36voient l'intérêt
31:37de développer
31:38ces technologies-là ?
31:39Alors, il y a plusieurs façons
31:40de répondre à ça.
31:41La première,
31:42c'est,
31:43comme disait Quentin,
31:44c'est une transformation.
31:46C'est une transition.
31:48Le pouvoir public,
31:49les pouvoirs publics
31:50sont là pour accompagner
31:51les phases de transition.
31:52Donc, ils doivent se positionner.
31:53ce qu'on appelle
31:54un client d'ancrage.
31:55C'est fondamental.
31:56Et absorber,
31:57pas 100%,
31:58mais une partie,
31:59effectivement,
32:00des coûts de développement.
32:01À charge à des entreprises
32:03comme les nôtres
32:03de montrer
32:04à des investisseurs privés
32:05qu'en investissant
32:07sur le restant
32:08du développement,
32:09il y a une activité
32:10économique.
32:12Économique,
32:13ça ne veut pas dire
32:13que privé.
32:14Économique,
32:15c'est privé
32:15et institutionnel,
32:16in fine.
32:18mais à nous
32:18de montrer
32:19aux investisseurs privés
32:20qu'il y a cette voie-là,
32:21qu'il y a ces business plans
32:22qui sont possibles.
32:24Et donc,
32:25c'est bien dans la combinaison
32:26entre des clients d'ancrage
32:27type institutionnel
32:28dans cette phase de transition
32:30et des investisseurs,
32:31et là,
32:31je vais insister là-dessus,
32:32qui ont une compréhension
32:34de ces enjeux
32:35de long terme.
32:36C'est ça qui est fondamental.
32:37On parle un peu
32:38d'une licorne,
32:39c'est-à-dire que
32:39ce n'est pas évident
32:40encore aujourd'hui
32:41d'avoir suffisamment
32:42d'investisseurs
32:43qui ont cette compréhension-là
32:44et qui sont capables
32:45d'investisseurs
32:45sur le long terme.
32:46Alors,
32:47ça va dépendre aussi
32:48des zones géographiques.
32:49En Europe,
32:50effectivement,
32:50il y a encore du travail
32:52pour arriver à trouver
32:53cette typologie d'investisseurs
32:55qui ont à la fois
32:55cette vision de long terme
32:56et à la fois
32:57la capacité d'investissement
32:58suffisante.
32:59Donc,
32:59c'est un sujet
33:01assez profond.
33:02Il y a,
33:03on le voit depuis
33:04quelques années
33:05et là,
33:06ça s'est très fortement
33:06accéléré ces derniers mois,
33:08aux États-Unis,
33:08à nouveau,
33:09il y a une très forte dynamique
33:10d'investissement privé
33:12sur ces sujets
33:13de transformation
33:14de l'infrastructure.
33:15D'accord.
33:17Vous l'expliquez par quoi ?
33:18Alors,
33:19à la fois parce qu'il y a
33:20des entreprises
33:21du New Space américain
33:22qui commencent,
33:23qui sont vraiment
33:24commencées à arriver
33:25à un niveau de maturité,
33:26on va dire industriel.
33:28Il y a toujours
33:28un petit décalage
33:29quand même en Europe
33:30mais l'Europe est en train
33:31de suivre cette trajectoire-là
33:32donc on est assez,
33:34je suis assez confiant
33:35pour qu'en Europe,
33:35on arrive à faire émerger
33:37des sociétés
33:38comme les nôtres
33:39qui arrivent à se positionner
33:40avec un bon positionnement
33:42à l'échelle mondiale
33:43sur ces sujets-là
33:44de service à l'infrastructure
33:45et en particulier
33:46de durabilité.
33:48Donc,
33:48la combinaison,
33:49c'est un peu une ligne de crête,
33:50c'est très clair,
33:51mais on voit
33:52que les institutionnels
33:53font cet effort-là
33:54aujourd'hui,
33:55à la fois de prise de conscience
33:56et de structuration
33:58de premiers programmes
33:58d'accompagnement,
33:59clients d'ancrage.
34:00Nous,
34:01on arrive quand même
34:02à trouver des investisseurs
34:03qui comprennent
34:03ces problématiques-là
34:04et qui sont prêts
34:05à s'engager sur le long terme.
34:06Reste à trouver
34:07les bons investisseurs
34:08qui ont cette volumétrie
34:09financière suffisante
34:10et c'est bien
34:11dans la combinaison des deux
34:12qu'on arrivera
34:12à passer cette étape-là.
34:14Un mot,
34:14Quentin ?
34:15Oui,
34:15effectivement,
34:15on voit qu'il y a une appétence
34:17du secteur privé
34:17pour investir
34:18dans ces solutions-là.
34:19On a énormément de projets
34:20qui fonctionnent
34:21en cofinancement
34:22où l'ESA va financer
34:23uniquement une partie
34:24mais il y a une vraie motivation
34:25du côté industriel
34:26aussi d'investir là-dedans
34:27et on a aussi des outils,
34:29par exemple,
34:30un Investor Forum
34:31qui a été établi
34:32qui nous permet justement
34:33d'agréger
34:35cette demande d'investisseurs
34:37dans le genre d'entreprise
34:38telle qu'Astroscale
34:39et Exotrail
34:40et où nous,
34:41on va leur fournir
34:42un soutien
34:43pour comprendre
34:44les business plans,
34:46comprendre l'environnement.
34:47On est très fréquemment
34:48contactés
34:50par notre direction
34:51de la commercialisation
34:52en tant qu'experts
34:53sur ces sujets-là
34:53pour répondre
34:54à des investisseurs
34:55et leur dire
34:56tel projet,
34:57c'est plutôt porteur,
34:58l'environnement
34:59pousse à s'intéresser
35:00à des entreprises
35:01comme Astroscale et Exotrail.
35:02Ça,
35:02on le fait tous les jours.
35:03Avant de conclure,
35:05allez-y,
35:05Philippe Blatt,
35:06mais sur votre regard aussi
35:07avec cette branche en France,
35:09ça peut être intéressant.
35:10C'est un nouveau modèle
35:11malgré tout
35:11parce que
35:13les investisseurs privés
35:14dans le spatial,
35:16il y a 15 ans,
35:17ça existait très peu.
35:18Les investisseurs
35:19qui existaient,
35:20c'était les opérateurs télécom
35:21qui achetaient
35:22des satellites télécom
35:23pour faire un business.
35:24Ce n'était pas des investisseurs,
35:26c'était des clients.
35:27Là,
35:27on a des entreprises,
35:30des particuliers,
35:31des fonds,
35:32qui investissent
35:33sur l'espoir
35:34que ce marché
35:34va émerger.
35:35Et ça,
35:36c'est une catégorie
35:37d'investisseurs.
35:38Et à cela,
35:39mais aux institutionnels aussi,
35:41on a démontré,
35:42nous,
35:42une excellence
35:43et une valeur ajoutée.
35:44Montrer qu'on va offrir
35:46un service,
35:47quelque chose
35:47qui n'existe pas
35:48et qui va améliorer
35:52la qualité
35:53des services en orbite,
35:54d'une part,
35:55mais aussi
35:55qui va permettre
35:56de créer commercialement
35:57un vrai business.
35:59et ça,
36:00ça se fait
36:00par la technologie,
36:01ça se fait
36:02par un soutien
36:03institutionnel,
36:04c'est de l'investissement
36:04institutionnel,
36:05par exemple français,
36:07qui a un intérêt
36:08de soutenir l'entreprise
36:09parce que
36:10c'est mieux
36:11pour la France
36:11d'avoir des champions
36:12souverains français
36:13pour avoir
36:14des entreprises françaises
36:16qui soient les premiers mondiaux
36:17sur le sujet.
36:18Bien sûr.
36:18Donc,
36:18c'est un double investissement
36:20public-privé
36:21d'une nature
36:22pour le spatial
36:23qui n'était pas courante
36:24il y a encore 15 ans.
36:26Merci à tous les trois
36:27d'avoir pris le temps
36:28d'échanger sur ce sujet
36:29crucial des débris spatiaux
36:30et puis ces solutions
36:31innovantes qui émergent
36:32et ce nouveau marché,
36:33on en reparlera certainement
36:35dans cette émission ensemble.
36:36On enchaîne quant à nous
36:37avec notre dernière séquence
36:39sur Bismarck.
36:44L'Olivier,
36:45c'est 3000 ans
36:46de culture méditerranéenne
36:48et pourtant,
36:49il est menacé
36:50par des maladies
36:50qui s'étendent
36:51plus vite que jamais
36:52aujourd'hui
36:52pour protéger
36:55cet arbre.
36:57On découvre
36:57une solution
36:58issue de la donnée spatiale,
36:59un projet
37:00né de la collaboration
37:01du Space for Climate
37:03Observatory
37:03et de l'entreprise
37:04ACRI-ST.
37:05Antoine Mangin,
37:06directeur scientifique
37:07d'ACRI-ST
37:07est avec nous
37:08depuis Grasse.
37:09Bonjour Antoine Mangin.
37:11Oui, bonsoir,
37:12bonjour.
37:12Bienvenue sur le plateau
37:13de Smart Space.
37:14Alors,
37:15ce qu'Olivier,
37:15c'est l'idée
37:16qu'un satellite
37:17peut aider
37:18un oléiculteur
37:19du pays de Grasse
37:20à sauver ses arbres.
37:21Comment on passe
37:22de l'espace
37:22à l'olivier ?
37:24Alors,
37:26on fait le lien
37:27entre le spatial
37:29et l'olivier
37:30grâce à la participation
37:32des gens
37:32sur le terrain.
37:33C'est-à-dire qu'en fait,
37:34le projet
37:34SCOLIV
37:35que vous avez mentionné
37:37fait appel
37:37à plusieurs mécanismes.
37:39C'est un mécanisme
37:40de participation citoyenne
37:41par des gens
37:42qui sont amoureux
37:42de ce patrimoine
37:43des oliviers
37:44qui vont venir témoigner
37:46avec leur smartphone
37:47et d'autres moyens
37:48éventuellement
37:48sur l'état
37:51des olivrés
37:51et puis
37:52dans les cadastres
37:54des olivrés.
37:55Et à ce moment-là,
37:55on éduque
37:56le satellite
37:57petit à petit
37:58à reconnaître
37:58les oliviers,
37:59à reconnaître
38:00leur phénologie,
38:00donc leur état
38:01de croissance
38:02et à reconnaître
38:03aussi leur état
38:04de maladie
38:05que vous avez mentionné
38:06qui n'est pas forcément
38:07un problème majeur
38:08des oliviers.
38:09Mais on peut
38:10revenir dessus.
38:11Dites-nous,
38:12l'idée c'est
38:13de protéger
38:13les oliviers
38:14de quoi ?
38:15Et concrètement,
38:16à quoi vous les entraînez
38:17ces satellites ?
38:19On entraîne
38:20les satellites
38:21à les reconnaître
38:21pour pouvoir
38:22passer de Grasse
38:23avec qui on travaille
38:25à tout le sud
38:27de la France
38:27et à toute la Méditerranée
38:28facilement.
38:29C'est l'avantage
38:30du spatial,
38:30ces effets
38:31d'échelle
38:32de levier.
38:34Et en fait,
38:35on apprend surtout
38:36à comprendre
38:37comment l'olivier
38:38réagit par rapport
38:39à l'évolution climatique.
38:40Alors ça peut
38:41être au travers
38:41de la sécheresse,
38:42des stress hydriques,
38:44mais ça peut être
38:45au travers des maladies
38:45comme vous avez mentionné.
38:46Tout le monde a en tête
38:47la Xylella
38:49fastidiosa
38:50qui est en fait
38:51une bactérie
38:53qui a quand même
38:54pas mal décimé
38:55les oliviers
38:55dans les pouilles
38:56en Italie.
38:57Donc on est
38:58à l'affût
38:59des maladies
38:59mais qui sont
39:00peut-être induites
39:02par des évolutions
39:03du climat.
39:03Donc on met
39:04en correspondance
39:05des images satellites
39:06qui nous renseignent
39:07tous les cinq jours
39:08sur l'état
39:09des oliviers,
39:10leur état encore une fois
39:11de croissance
39:12et de maladie.
39:12Et puis
39:13tout ce qui est
39:14environnemental
39:15grâce au programme
39:16Copernicus
39:17qu'on utilise
39:18très largement.
39:19Donc l'état
39:20de la température,
39:21de la pluviométrie,
39:22de l'ensoleillement,
39:23etc.
39:24Et donc on fait
39:24un cocktail
39:25environnemental
39:26pour arriver
39:27à mettre
39:27en correspondance
39:29tous ces paramètres
39:30à l'aide
39:31et ça c'est
39:32très important
39:33pour nous
39:33de donner
39:34de participation
39:35citoyenne.
39:36Donc des gens
39:36de tous âges
39:38qui participent
39:38avec un smartphone
39:39à nous dire
39:40voilà ce qui se passe
39:41sur le terrain.
39:42Et donc on les implique
39:43et on recrée
39:44ce lien patrimonial
39:45des gens
39:46avec l'olivier.
39:46C'est assez fou
39:47votre donnée
39:48de base
39:49en fait
39:49elle vient
39:49de la terre
39:50elle vient
39:50des citoyens
39:52qui vont s'intéresser
39:53à ces arbres-là
39:55mais finalement
39:56quand même
39:56derrière cette application
39:57il y a en réalité
39:58une infrastructure
39:59scientifique
40:00assez lourde
40:00vous l'avez dit
40:01il y a la donnée
40:01satellitaire
40:02l'intelligence artificielle
40:03des laboratoires
40:04en France
40:05en Italie
40:05en Espagne
40:07comment cette
40:07collaboration-là
40:09elle est
40:10et quel est le rôle
40:11à ce moment-là
40:11d'ACRI-ST
40:12dans ce consortium ?
40:15ACRI-ST
40:15on s'est donné
40:17comme objectif
40:17de mettre en place
40:18un observatoire
40:19c'est un moyen
40:20d'observer
40:20qui est à la disposition
40:22des particuliers
40:23mais aussi des scientifiques
40:24tels que vous le mentionnez
40:27et en fait
40:28on met tous les ingrédients
40:29dans le même panier
40:30pour favoriser
40:31la recherche scientifique
40:33à comprendre
40:34le pourquoi du commun
40:35pourquoi
40:36on a
40:36on a une évolution
40:38de la croissance
40:40ou au contraire
40:41une décroissance
40:42des olivides
40:42dans certaines zones
40:43évolution de certaines maladies
40:45etc.
40:46donc en fait
40:46nous
40:46notre rôle
40:48c'est de faire
40:48un observatoire
40:49c'est-à-dire donner
40:50un moyen
40:51aux scientifiques
40:52de travailler
40:52aux collectivités territoriales
40:54de travailler
40:55pour avoir des moyens
40:56de remédiation
40:57et surtout
40:58d'estimer
40:59le potentiel
41:00oléicole
41:01qu'on a totalement oublié
41:02le patrimoine oléicole
41:04c'est quelque chose
41:04qui périclite
41:06malheureusement
41:07moi je suis du côté
41:08du pays de Grasse
41:09où juste au-dessus
41:10il y a des communes
41:11où il y a jusqu'à
41:11l'exploitation
41:12il y avait l'exploitation
41:13de 100 000 oliviers
41:14il y a encore
41:15une cinquantaine d'années
41:17actuellement
41:17on a une exploitation
41:18de 10 000 oliviers
41:19à peu près
41:20parce que c'est tombé
41:20à l'amendant
41:21c'est difficile
41:22etc.
41:23mais surtout
41:24dans le cadre
41:25des programmes
41:25d'alimentation
41:26territoriale
41:26etc.
41:28on sert aussi
41:29d'observatoire
41:30comme je disais
41:30aux collectivités
41:31territoriales
41:32pour mettre en évidence
41:33qu'il y a un patrimoine
41:34qui existe
41:35qui est sur pied
41:35c'est pas la peine
41:36de planter des fèves
41:38ou des jeunes
41:38tout un tas de oliviers
41:39qui existent
41:41Finalement
41:41ce projet
41:42Scolive
41:43il montre quand même
41:44que le satellite
41:44peut servir
41:45à un agriculteur
41:47du pays de Grasse
41:47vous l'avez dit
41:49est-ce que vous pensez
41:50qu'on a sous-estimé
41:51l'utilité quotidienne
41:53de la donnée satellite
41:54et comment
41:56vous avez réussi
41:57à la réhabiliter
41:58peut-être ?
41:59Alors
42:00on l'a pas
42:00on l'a pas
42:01sous-estimé
42:02on l'a survendu
42:04c'est peut-être
42:04un message
42:05que vous entendez
42:05pas souvent
42:06mais
42:06les satellites
42:07d'observation
42:08de la Terre
42:08existent
42:08depuis assez longtemps
42:09et il y a eu
42:10quand même
42:11des effets
42:11de publicité
42:14un peu audacieuse
42:15de dire
42:15avec le satellite
42:16on est capable
42:16de faire ci
42:17on est capable
42:18de faire ça
42:18etc
42:18et donc
42:19on a pu
42:20créer
42:20à certains endroits
42:21une certaine
42:22forme de désillusion
42:23sur la donnée spatiale
42:25pour deux raisons
42:25c'est que la donnée spatiale
42:27a très souvent
42:27été utilisée
42:29seule
42:29comme étant
42:30la vérité absolue
42:31ce qui n'est pas le cas
42:32c'est justement
42:34cette donnée spatiale
42:35doit être utilisée
42:36avec des données
42:37complémentaires
42:37de terrain
42:38ça c'est très important
42:39et surtout
42:41doit être utilisée
42:42dans le contexte
42:43que vous avez mentionné
42:44de l'émergence
42:45de l'intelligence artificielle
42:46enfin c'est pas l'émergence
42:47mais une prise
42:48de puissance
42:49absolument colossale
42:50de l'intelligence artificielle
42:51nous on éduque
42:53les satellites
42:54de Copernicule
42:55Sentinelle 2
42:55en l'occurrence
42:56à reconnaître
42:57des oliviers
42:58on connaît
42:58s'ils sont en bon état
42:59et tout ça
43:00ça n'est que
43:01de l'intelligence artificielle
43:02donc on a
43:03ces ingrédients là
43:04qui n'existaient pas
43:06ou peu auparavant
43:07mais qui ont été
43:08un peu surrendus
43:09donc on ne l'a pas
43:11sous-estimé
43:11mais maintenant
43:12on l'estime
43:12de mieux en mieux
43:13c'est ce que je veux dire
43:14oui et maintenant
43:16on est capable
43:16d'y apporter
43:17les solutions
43:17qui vont véritablement
43:19faire éclore
43:20l'intérêt
43:20de ces données spatiales
43:22en fait
43:23c'est ça
43:23un seul exemple
43:25très simple
43:25c'est que
43:26vu l'évolution
43:27du changement climatique
43:28avant on disait
43:28que les oliviers
43:30poussaient jusqu'à
43:30chez nous
43:31jusqu'à une altitude
43:31de 600 mètres
43:33on est en train
43:34de faire un travail
43:35de recherche
43:35justement pour voir
43:36jusqu'à quelle altitude
43:37on pourrait retrouver
43:38des conditions climatiques
43:39avec toutes les données
43:40qu'on a
43:41qui seraient peut-être
43:42à 700
43:42ou à 800 mètres
43:43d'altitude
43:44pour autoriser
43:45le gestionnaire
43:46de territoire
43:47à relancer
43:48des cultures
43:48sur le haut pays
43:49de Grasse
43:50par exemple
43:50mais une fois
43:52qu'on sait le faire
43:52sur Grasse
43:53ce qui est important
43:53avec le satellite
43:54c'est que le satellite
43:55regarde partout
43:56le smartphone
43:57qui nous aide
43:58à avoir des vérités
43:58terrain
43:58fonctionne partout
44:00et la combinaison
44:01des deux
44:01fonctionne partout
44:02par conséquent
44:02et à ce moment-là
44:04on pourrait très bien
44:04imaginer
44:05c'est ce qu'on imagine
44:06une extrapolation
44:06de nos résultats
44:07sur tout le pourtour
44:08méditerranéen
44:09pour voir l'évolution
44:10du climat
44:11et son impact
44:11sur les olivraies
44:12et les solutions
44:13de remédiation
44:14une solution
44:15qui va aller
44:15encore plus loin
44:16que ce que vous proposez
44:17aujourd'hui
44:18pour s'adresser
44:19au plus grand nombre
44:20merci beaucoup
44:21Antoine Mangin
44:22d'avoir pris le temps
44:22de répondre
44:23à nos questions
44:24aujourd'hui
44:24sur le plateau
44:25de Smart Space
44:26merci à tous
44:26de nous avoir suivis
44:28on se retrouve
44:29dès le mois prochain
44:30sur Bsmart
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