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  • il y a 10 heures
Ce samedi 16 mai, Frédéric Simottel, journaliste BFM Business, Yves Maitre, operating partner chez Jolt capital, Christian Chavagneux, éditorialiste à Alternatives Économiques, Jean-Francois Soupizet, consultant en développement international et stratégies numériques, et Dorothée Duron, cofondatrice du cabinet Blenders Partners, étaient les invités dans l'émission La librairie de l'éco présentée par Emmanuel Lechypre. La librairie de l'éco est à voir ou écouter le samedi sur BFM Business.

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Transcription
00:03BFM Business, la librairie de l'écho, Emmanuel Lechypre.
00:10Bienvenue dans la librairie de l'écho, l'émission de BFM Business qui vous offre chaque semaine le meilleur de
00:15la littérature économique.
00:16Alors évidemment pas d'émission sur les livres sans auteurs, ils seront nos invités dans la première partie de l
00:21'émission.
00:22Vous retrouverez ensuite Dorothée Duron et Christian Chavagneux pour leurs coups de cœur et leurs coups de gueule.
00:29Et puis évidemment la moisson d'études, de statistiques qu'on aime bien vous faire partager chaque semaine dans la
00:35librairie de l'écho.
00:36N'oubliez pas tous nos comptes librairie de l'écho sur tout, les réseaux sociaux pour retrouver les références précises
00:41des livres dont on parle dans l'émission.
00:44Et tout de suite, place aux auteurs.
00:51Aujourd'hui dans la librairie de l'écho, nous partons à la découverte du nouveau monde qui s'ouvre à
00:58nous grâce à la digitalisation et à l'intelligence artificielle.
01:03Quel nouveau monde, plein de promesses, plein d'illusions, plein de dangers aussi.
01:09Alors l'un de nos auteurs évoque un nouvel océan, tandis que l'autre l'envisage plutôt comme un nouveau
01:15continent.
01:16Mais vous verrez, l'idée évidemment de nouveau monde, de nouvelles règles, est à peu près partagée par nos deux
01:24auteurs.
01:25Alors celui qui nous emmène en plongée, c'est Yves Maître. Bonjour à Yves.
01:28Vous êtes dirigeant d'entreprise, ancien directeur général de HTC.
01:32Vous publiez « Arrêtez de dire bonjour » à votre IA, aux éditions First.
01:37Et celui qui nous embarque, lui, sur de nouveaux territoires, sur un nouveau continent, c'est Jean-François Soupizet.
01:43Bonjour.
01:45Bonjour.
01:45Vous êtes ancien fonctionnaire européen, spécialiste des technologies de l'information, conseiller scientifique de la revue Futurible.
01:52Et vous publiez « Big Tech », donc le septième continent, aux éditions FIP.
01:58On commence avec vous, Yves Maître.
02:01Pourquoi d'abord cette analogie avec l'océan ?
02:05Pourquoi d'ailleurs tous les deux, et vous me répondrez aussi Jean-François Soupizet,
02:08pourquoi cette image du nouveau monde ?
02:11Pourquoi l'image d'une nouvelle océan, par exemple ?
02:13Écoute, la problématique à laquelle j'ai été confronté, en se disant « voilà, je voudrais écrire quelque chose sur
02:19le monde digital »,
02:21c'est comment un peu le représenter.
02:23D'ailleurs, tout est dans le titre « dire bonjour à son AI » ou pas.
02:27Comment on se représente ce quelque chose dont on ne sait pas bien prendre par quel bout l'attraper.
02:33Et donc, j'ai essayé d'expliquer qu'en fait, on passait dans une autre dimension, dans un autre espace.
02:40Et comme un poisson est dans l'eau sans se rendre compte qu'il est dans l'eau,
02:43nous, on est dans le monde digital sans forcément se rendre compte qu'on est dans le monde digital.
02:47D'où cette analogie qui essaie de répondre à la question de comment on peut se représenter ce nouveau monde.
02:53Jean-François Soupizet, vous, votre vision du nouveau continent, là, on se dit « ça y est, c'est un
02:59peu le Far West », quoi, vous voyez ?
03:00Ce nouveau continent qu'on découvre, qui n'a pas de règles, où tout est à bâtir.
03:06Oui, alors, j'étais aussi à la recherche d'une métaphore.
03:11Et l'évidence, c'est que c'est un espace, un nouvel espace, qu'il est à la fois physique
03:18et informationnel,
03:20parce qu'on ne peut pas dire virtuel, ça n'aurait pas de sens, tout ce qui circule dans ces...
03:25Il est physique par les processeurs, les câbles, les satellites, etc.
03:28Et puis, c'est ce monde de l'information.
03:31Et il a quand même quelques caractéristiques particulières sur le temps qui est pratiquement réduit à l'immédiateté,
03:41et sur l'espace qui disparaît, c'est-à-dire les distances sont d'une certaine manière abolies.
03:47Alors, si vous ajoutez à cela qu'il y a des lois quand même spécifiques dans cet espace,
03:54en particulier en matière d'économie,
03:56il y a ce phénomène extraordinaire de gratuité en échange des données, par exemple.
04:03Alors, on va revenir à tout ça, et notamment avec vous, Yves,
04:07à tout ce qui est finalement tous ces scénarios de réglementation et de régulation qui pourraient venir.
04:14Mais d'abord, Yves Maître, soyons très clairs.
04:18Ce nouveau monde, on ne peut pas le refuser.
04:21On ne peut pas rester à l'écale.
04:23Vous commencez votre livre en expliquant comment, finalement,
04:27les Chinois ont fait une erreur terrible en refusant la modernité.
04:33Ils l'ont refusé quand ils ont détruit leur bateau pour ne pas partir à la conquête du monde.
04:37Ils l'ont refusé au 19e siècle avec la révolution du chemin de fer.
04:41Et ça leur a quand même coûté très cher.
04:42Ça leur a coûté 100 ans de, j'allais dire, plus que de crise, de guerre civile, de drame.
04:49Enfin bon, on a tous appris, peut-être à l'école ou dans sa ville,
04:53le combat qu'il y a eu entre Mao Tse-Tung et Chiang Kai-shek,
04:56cette affreuse guerre civile qui amène la Chine d'où elle est aujourd'hui
04:59et qui a en effet un esprit, peut-être parfois, d'une certaine revanche,
05:04ou en tout cas de retrouver son drame.
05:06parce qu'ils ont loupé un coche alors que c'était la première puissance mondiale
05:10pendant des millénaires et qu'aujourd'hui, on n'a pas le choix.
05:18Le seul choix qu'on a, c'est de vivre avec positivement ou de vivre avec négativement.
05:24Mais le fait de dire je peux refuser ou je ne peux pas refuser,
05:27qui va abandonner son téléphone portable aujourd'hui ?
05:29Et d'ailleurs la Chine ne fait pas la même erreur aujourd'hui que par le passé.
05:35Alors un point que moi j'ai trouvé vraiment fondamental dans votre analyse,
05:39c'est effectivement, vous insistez bien sur cette idée que l'intelligence artificielle
05:44n'est pas causale comme nous, mais plutôt probabiliste.
05:47Mais surtout, vous dites l'erreur magistrale, ce serait de croire que ces deux logiques,
05:51la logique de l'IA et la nôtre, sont des logiques qui peuvent se remplacer l'une l'autre.
05:58Ce ne sont pas des logiques qui sont en rivalité finalement ?
06:02Non, d'ailleurs c'est assez étonnant parce qu'aujourd'hui on a tous un cerveau
06:07et on a la moelle épinière qui est un petit peu reptilien.
06:10Donc c'est vraiment ce cerveau de base qui fait qu'on est un animal.
06:14Et puis après on a développé tout un cerveau, une partie causale,
06:18entre autres avec Descartes, la philosophie grecque, etc.
06:22et on nous a éduqués comme étant, toujours en répondant à la question du pourquoi.
06:29Mais en fait, on voit bien quand on conduit une voiture et puis qu'un chien traverse devant la voiture,
06:34on a un réflexe, quel qu'il soit, de tourner le volant, de freiner, quel que soit le réflexe.
06:38Et ce réflexe-là, il n'est pas cause-conséquence.
06:41Ce réflexe-là, il est purement statistique.
06:43J'ai l'impression que si je fais ça à ce moment-là, je vais pouvoir éviter quelque chose.
06:49Donc on sent bien que dans notre cerveau, dans notre capacité naturelle,
06:54on a aussi statistiquement emmagasiné des choses.
06:57Et c'est un peu ça ce que je veux dire.
06:59C'est-à-dire qu'aujourd'hui, l'intelligence artificielle et ce monde digital...
07:03C'est plutôt la logique du combien, là, pour le coup.
07:05C'est plutôt la logique du combien plutôt que celle du pourquoi.
07:07C'est la logique probabiliste.
07:08Mais ce n'est pas quelque chose qui est anti-naturel.
07:10C'est quelque chose qu'on n'a pas développé jusqu'à présent
07:13parce que la puissance de calcul de notre cerveau est limitée à la puissance de calcul de notre cerveau.
07:17Mais le fait de sous-traiter cette puissance de calcul à des ordinateurs
07:21peut nous permettre de regarder les choses de manière plus probabiliste.
07:25Et donc on n'est pas dans des antagonismes, on n'est pas dans des frictions.
07:29On est dans des complémentarités.
07:31Alors, sauf que ce qui vous inquiète quand même,
07:34c'est finalement que ce digital,
07:39il va s'insérer dans notre cycle éternel de la conscience, en fait.
07:45Et vous dites, bon, ok, ça va être une étape supplémentaire
07:49dans nos capacités de conscience,
07:54mais le risque, c'est de ne pas avoir conscience de la place
07:59que va prendre cette intelligence artificielle.
08:02Et de finalement, de lui céder tous nos choix.
08:06Oui, alors, en effet, je pense que le fait de se retrouver avec quelque chose,
08:13cette question de la représentation,
08:15donc appelons-nous sur quelque chose,
08:17selon Dichard et de l'EI,
08:18qui a une capacité de calcul énorme,
08:22nous peut, quelque part,
08:24nuire à notre capacité individuelle de faire des choix.
08:27C'est-à-dire qu'elle peut nous imposer, quelque part,
08:29un regard statistique qui n'est plus forcément un regard causal
08:33et qui peut, quelque part, nous atteindre
08:39dans notre conscience et dans notre liberté
08:42à prendre un certain nombre de décisions.
08:45Oui, tout à fait.
08:46Et parce que nous sommes un peu victimes, quand même,
08:48de cette illusion incroyable
08:50qui est que nous sommes assez enclin à croire
08:53que cette intelligence artificielle a une conscience.
08:56Ça va un peu plus loin de ça, si je puis me permettre.
09:00En fait, quand quelqu'un vous parle,
09:02on a l'habitude, dès sa plus tendance,
09:04que les gens nous parlent, nous nous font des signes.
09:07Et donc, on essaie toujours d'interpréter
09:09ce que quelqu'un veut nous dire.
09:11Et donc, tant qu'on a un signal,
09:12on essaie d'interpréter ce signal.
09:15Bonjour, comment tu vas ?
09:16C'est un signal.
09:18Comme il l'a dit, est-ce qu'il a voulu me le dire gentiment,
09:21méchamment, interrogatif, etc.
09:22La intelligence artificielle, elle n'a pas de sens.
09:25Elle ne fait que des mathématiques.
09:26Donc, elle donne une probabilité,
09:31une manière de regarder le monde
09:33qui est purement mathématique.
09:34Mais on a tellement, nous, l'habitude,
09:36quand on nous parle, quand on nous envoie un signal,
09:38de lui donner un sens,
09:39que quand on reçoit ce signal,
09:42on veut interpréter ce signal,
09:44on veut donner un sens.
09:45C'est-à-dire qu'on veut donner, quelque part,
09:46une conscience à quelque chose
09:48qui n'en a pas.
09:49Et ça, c'est un piège qui est assez terrible,
09:53parce que c'est vraiment pavlovien.
09:55Dès qu'on vous parle, dès qu'on reçoit un signal,
09:57on a, par nature,
10:00une interprétation de ce signal.
10:02Et donc, on veut que l'autre ait,
10:03on veut penser que l'autre va nous donner un sens,
10:06et donc à une conscience.
10:07Comment l'intelligence artificielle va-t-elle bouleverser
10:09les circuits économiques traditionnels ?
10:11Vous dites, ça va bouleverser le circuit économique du travail.
10:14Ça va bouleverser le circuit économique de l'argent.
10:17Oui, c'est un nouvel espace.
10:20Donc, ce nouvel espace fait qu'on passe,
10:23quelque part, d'un plan à un cube.
10:26Et évidemment, tout est remis en cause.
10:30Alors, on peut prendre des exemples concrets.
10:31Quand on voit aujourd'hui le bitcoin,
10:34qui est une monnaie virtuelle,
10:36ça, on arrive à peu près à l'appréhender.
10:37On sait ce que c'est qu'un bitcoin.
10:39On se dit, voilà, on a eu l'habitude d'échec, etc.
10:42On se dit, ok, le bitcoin, c'est une monnaie virtuelle.
10:44Mais l'argent est déjà tellement virtualisé aujourd'hui.
10:48Mais alors après, quand on regarde le bitcoin,
10:50il est soutenu par ce qu'on appelle la blockchain.
10:53Et donc, on se dit, ah là là, qu'est-ce que c'est qu'une blockchain ?
10:56Ça a l'air compliqué.
10:56Donc, on explique dans le livre, en fait, que ce n'est pas si compliqué.
10:59C'est juste une manière de trier les choses.
11:01Donc, c'est relativement simple.
11:02Mais la blockchain a une spécificité,
11:05c'est-à-dire qu'elle...
11:07Aujourd'hui, quand on fait une transaction économique,
11:09il y a des tiers de confiance.
11:10Donc, la banque est un tiers de confiance.
11:12Le notaire est un tiers de confiance.
11:13L'État est un tiers de confiance.
11:16Là, la blockchain, elle n'a plus besoin d'institutions
11:18pour être tiers de confiance.
11:19Elle a besoin d'une formule mathématique,
11:21qu'on appelle le H.
11:22Et donc, le tiers de confiance n'est plus humain
11:25ou n'est plus un représentant de l'humain.
11:27Et ça, ça veut dire, derrière, qu'on peut avoir des contrats.
11:31Je prends l'exemple du fait que, par exemple,
11:33on prend l'avion, on perd sa valise,
11:37on a souscrit un contrat, ce qu'on appelle un smart contrat.
11:41Et dès qu'on arrive, si la valise n'est pas là une heure après,
11:44eh bien, on reçoit, je dis n'importe quoi, 500 euros
11:46parce que c'est l'assurance qu'on avait souscrite.
11:47Et il n'y a pas d'humain qui rentre dans cette affaire-là.
11:50Donc, on a une chaîne de valeur qui est complètement digitalisée
11:53et qui a un certain nombre de caractéristiques
11:56de décentraliser les choses
11:58et de faire en sorte que le tiers de confiance
12:01devient non plus un tiers de confiance humain
12:03ou représentant de l'humain, l'État,
12:05mais un tiers, l'État ou des institutions
12:09qui reçoivent un pouvoir de l'État,
12:12régalienne,
12:12mais par des formules mathématiques.
12:15Donc, on rentre dans un monde économique
12:17qui est totalement différent.
12:18Et on rentre aussi dans un monde politique différent.
12:20Et on rentre dans un monde...
12:22Au niveau local, par exemple,
12:23ça va complètement bouleverser la vie politique locale.
12:25Oui, vous êtes maire de Paris, par exemple,
12:28puisque on fait cette émission depuis Paris,
12:30mais je prends cette ville pas ce qu'on y est.
12:31Et aujourd'hui, le plan de circulation d'une ville,
12:36c'est vraiment l'organisation de la société de la ville.
12:38Je veux dire, il y a des parcs,
12:39il y a des sens interdits,
12:40il y a des feux rouges,
12:40il y a des choses comme ça.
12:42Avec l'intelligence artificielle,
12:44le plan de la régulation de la ville
12:46peut être complètement digital,
12:48et donc complètement dynamique.
12:50Prenons le périphérique.
12:51Il a six voies.
12:52Il y a une voie du milieu.
12:53On comprend que la voie du milieu,
12:55elle est pour pas que les voitures se rendent dedans.
12:57Mais si on a des voitures complètement autonomes,
13:00qui sont donc des robots-voitures,
13:02on n'a plus besoin de la voie du milieu.
13:03Et on peut très bien dire,
13:04il y a quatre voies dans un sens et deux voies dans l'autre,
13:06ou cinq voies dans un sens et une voie dans l'autre.
13:08C'est-à-dire qu'on a des flux de circulation
13:09qui sont complètement dynamiques.
13:11Et c'est vrai que le maire,
13:13et donc les administrés,
13:15subissent quelque part la loi du software,
13:17et la loi du robot,
13:19et la loi de l'intelligence artificielle.
13:20Ce qui fait qu'un jour,
13:22la route qui passe devant chez eux
13:23peut être un énorme parking,
13:25ou alors pourrait être à sens unique,
13:28ou à double sens,
13:30ou complètement sans interdit des deux côtés.
13:32Voilà, donc en effet,
13:34aujourd'hui, le politique
13:36se retrouve très très opérationnellement,
13:39pied et puits loués,
13:41pied et main liés,
13:43par le software.
13:44Et d'ailleurs, on voit qu'un certain nombre de villes,
13:46je prends l'exemple de Lyon,
13:47essaient de se, entre guillemets,
13:48débarrasser d'un certain nombre de software
13:50de Microsoft
13:52pour retrouver une certaine liberté d'action.
13:55Parce qu'en effet,
13:56le politique local,
13:57mais pas uniquement,
13:58mais puis c'est ça dont on parlait,
14:00se retrouve un peu pied et poing liés
14:01avec ces grands mondes.
14:02Alors ce nouveau monde,
14:04il va faire naître aussi
14:06une nouvelle classe sociale
14:08que vous appelez les digitaliens.
14:10Oui, ce que je dis,
14:11c'est que, en fait,
14:12quand il y avait la royauté,
14:15il y avait le clergé,
14:17le tiers-État et la noblesse.
14:18Puis après,
14:19dans le monde industriel,
14:20il y a eu la bourgeoisie
14:21et les ouvriers.
14:22Aujourd'hui,
14:22on rentre dans un autre monde
14:24qui est le monde digital.
14:26Et en effet,
14:26il y a une espèce de ce que j'appelle
14:27une classe sociale
14:28qui sont les digitaliens.
14:30Alors les digitaliens,
14:31c'est une manière de penser,
14:32c'est une manière d'être,
14:33c'est une manière de se représenter le monde.
14:35Il y a des digitaliens
14:36qui sont manuels,
14:36que vous voyez dans la route,
14:38qui tirent de la fibre optique.
14:40Et puis vous avez des digitaliens
14:41qui font du code
14:42en télétravail,
14:43je ne sais pas,
14:44à Abidjan, par exemple.
14:45Donc oui,
14:46mais ils ont tous en commun
14:47une manière de réfléchir,
14:49une manière de concevoir la société,
14:51une manière de travailler entre eux.
14:53Et quelque part,
14:54cette manière d'être
14:55et de faire société,
14:57elle est beaucoup moins hiérarchisée
14:59que la société royale
15:03ou même la société industrielle.
15:05Alors justement,
15:06Jean-François Soupizet,
15:07ce nouveau monde
15:09avec ses nouvelles hiérarchies,
15:11c'est quoi ?
15:11C'est la jungle,
15:13c'est l'anarchie,
15:14c'est une dictature,
15:18c'est un monde démocratique.
15:21Comment il se présente,
15:21ce monde ?
15:23Alors, effectivement,
15:24c'est un nouveau monde.
15:26Mais permettez-moi
15:27de revenir une seconde
15:30sur l'exercice.
15:33ce qui fait la transformation,
15:36c'est qu'actuellement,
15:39chaque individu,
15:41chaque chose,
15:42au fond,
15:43est entouré
15:44d'un halo de données.
15:45Et que ça constitue
15:47une espèce de strate intermédiaire
15:49de plus en plus
15:50entre nous
15:51et notre perception
15:52et notre action possible
15:54sur le monde extérieur.
15:56Et il se trouve
15:57que cette strate
15:58est littéralement,
16:00d'abord,
16:01elle obéit,
16:02c'est ce fameux continent,
16:04il a des règles
16:05tout à fait spécifiques,
16:07en particulier,
16:08elle s'est développée
16:09sur un schéma
16:11de conquête
16:12et dans lequel
16:13c'est l'audience.
16:14Pourquoi ?
16:15Parce que
16:16dans ce monde-là,
16:17qui est un monde
16:18des réseaux
16:19en termes d'économie,
16:20le gagnant
16:21emporte la totalité
16:22de la mise.
16:24– Et vous dites
16:24– Et alors ?
16:25– Oui,
16:25allez-y.
16:27– Et
16:27
16:29– En fait,
16:30dans ce nouveau monde,
16:31ce sont les géants du net
16:32qui se sont
16:34accaparés
16:35le pouvoir
16:36et qui finalement
16:39échappent
16:40aux grilles
16:41d'analyse traditionnelle
16:43de la répartition
16:44des pouvoirs
16:44et des compétences
16:45entre
16:46les élus,
16:47les citoyens,
16:48les entreprises.
16:49– Tout à fait.
16:50– Voilà.
16:51– Tout à fait.
16:51– C'est en fait
16:55cet espace
16:56est structurellement
16:58de type oligopolistique
17:01et en fait
17:02les stratégies
17:05qui ont été
17:05mises en place
17:06et qui ont accompagné
17:08ce phénomène
17:08quand même extraordinaire
17:10d'avoir les fameux
17:10acteurs hyperscalaires,
17:12c'est-à-dire
17:13le marché
17:14c'est la dimension
17:14du monde,
17:16bénéficient
17:17de nouveaux pouvoirs
17:19et règnent
17:20justement
17:21en mettre
17:22sur
17:23cet espace-là.
17:25Ce faisant
17:26comme cet espace
17:27est en
17:28imbrication
17:29étroite
17:30avec le monde
17:31que l'on connaît,
17:32évidemment,
17:33il le change
17:33et il le change
17:34avec un certain
17:35nombre de nouveaux
17:37pouvoirs
17:37qui n'étaient…
17:38Alors,
17:39bon,
17:39traditionnellement,
17:40on avait les pouvoirs
17:41verticaux
17:42qui étaient les pouvoirs,
17:43je dirais,
17:44des institutions,
17:45de l'État,
17:45etc.
17:46et puis les pouvoirs
17:49plus horizontaux,
17:50d'ailleurs d'inspiration
17:51de type réseau,
17:53le pouvoir du marché.
17:55Et en fait,
17:56maintenant,
17:57on a des acteurs
17:59de dimension
18:01remarquable,
18:02bien supérieurs
18:04à la plupart des États
18:05et qui ont
18:06dans les mains
18:07un certain nombre
18:08de pouvoirs nouveaux.
18:10Alors,
18:10on peut en dire un mot
18:11de ces pouvoirs.
18:13Je les ai…
18:15Le premier pouvoir,
18:17c'est un pouvoir
18:17d'infrastructure.
18:20Là,
18:20on en a des exemples.
18:21Si on n'a pas
18:22les constellations
18:24de satellites,
18:25etc.,
18:25si on n'a pas
18:26les câbles sous-marins,
18:27mais même si on n'a pas
18:28le smartphone,
18:29etc.
18:30Donc,
18:30c'est un premier pouvoir
18:32d'infrastructure.
18:34Le deuxième pouvoir
18:36est un pouvoir
18:41de contact,
18:42d'interface.
18:44Alors,
18:44l'interface,
18:45qu'est-ce que ça veut dire ?
18:46Ça veut dire que,
18:47justement,
18:48entre nous
18:49et la réalité,
18:51il y a quelque chose
18:52qui s'est interposé.
18:54Et la maîtrise
18:55de cette interface,
18:56alors,
18:57ça peut être un smartphone,
18:58ça peut être
18:59un système
19:00d'exploitation,
19:02ça peut être
19:02ces interfaces.
19:03Et ces interfaces
19:04donnent un pouvoir
19:05très concret,
19:05au point que,
19:06dans la réglementation
19:08européenne,
19:08par exemple,
19:09on a créé ce concept
19:10de gardien des portes
19:12du marché,
19:13les gatekeepers,
19:15ces grands acteurs
19:17qui, en fait,
19:18représentent le marché.
19:19Le troisième pouvoir,
19:21c'est le pouvoir
19:22de logistique.
19:23c'est-à-dire que ces technologies
19:26et la maîtrise
19:27de cette strata
19:28permet,
19:30au fond,
19:31de gérer
19:32tout ce qui est
19:33mouvement
19:33de biens,
19:35de services,
19:35les camions,
19:37les drones,
19:37les chaînes d'approvisionnement,
19:38etc.
19:39Et là,
19:39on en a des exemples
19:40très concrets.
19:41Quand,
19:42par exemple,
19:42des entrepreneurs
19:44chinois,
19:44comme Alibaba,
19:48sa partie logistique
19:51décide de passer,
19:52de changer
19:53les règles
19:54de l'aéroport
19:58en Belgique
19:59et de s'appuyer
20:00sur l'Arabie saoudite,
20:02etc.,
20:03en quelques heures,
20:04vous avez toute une stratégie,
20:06tout un monde,
20:07des emplois,
20:07etc.
20:08Comment
20:11on peut envisager,
20:14finalement,
20:14de réguler
20:16d'une façon
20:16ou d'une autre
20:17ces nouveaux pouvoirs
20:19qui sont
20:19les plus gros
20:20concurrents
20:20que les États
20:21n'aient jamais
20:22eu,
20:22vous envisager ?
20:23C'est ça
20:23que j'ai bien aimé
20:24aussi dans votre livre,
20:25c'est-à-dire que
20:25vous ne tracez pas
20:28comme ça
20:29une direction,
20:30une conviction,
20:31vous déroulez
20:33les quatre scénarios
20:34qui sont les plus plausibles,
20:36finalement,
20:37sur cette régulation.
20:38Vous avez
20:39un scénario
20:40que vous appelez
20:40une gouvernance
20:41multilatérale
20:42faible,
20:45un dipôle
20:46conflictuel
20:46entre les sphères
20:47technologiques
20:47américaines
20:48et chinoises,
20:48une gouvernance
20:51inspirée
20:51de la gouvernance
20:52du net
20:52telle qu'elle est
20:53aujourd'hui,
20:53privée,
20:54et ce que vous appelez
20:55la balkanisation
20:56du numérique.
20:57Tout à fait.
20:58Un mot
20:58sur tous ces scénarios.
21:00Alors, le premier scénario,
21:01ce sont les sommets
21:05qu'on a vu
21:05très récemment,
21:07l'année passée,
21:08c'était à Paris,
21:09sommet mondial
21:10de l'intelligence
21:11artificielle
21:12avec la présence
21:13du président
21:14et puis
21:14du chef d'État
21:16de l'Inde.
21:17Cette année,
21:18c'était en Inde
21:19et que donnent
21:20ces sommets ?
21:21Des déclarations.
21:22Ces déclarations
21:23sont intéressantes
21:24parce qu'il y a
21:25tout un travail derrière,
21:26néanmoins,
21:27elles ne sont pas
21:28contraignantes.
21:29Il n'y a même pas
21:31d'organisme
21:32ayant pour mission
21:33de les faire appliquer.
21:35Donc, c'est nécessairement
21:37un multilatéralisme faible,
21:39c'est-à-dire
21:40au gré
21:40des décisions nationales.
21:42Le deuxième scénario,
21:44c'est de simplement
21:45de dire,
21:46de reconnaître
21:47la réalité.
21:48Dans ce domaine-là,
21:49aujourd'hui,
21:50soyons prudents,
21:51il y a deux acteurs
21:52majeurs
21:53qui utilisent
21:56les leviers
21:57de puissance
21:58et qui ont
21:59la capacité
22:01de les influencer
22:02par les dispositions
22:04du pouvoir américain
22:05et par le système chinois
22:07qui est différent
22:08mais qui,
22:09dans les deux cas...
22:11Donc, c'est le choc
22:12de deux univers parallèles
22:14qui se font miroir
22:17et concurrence,
22:18en fait.
22:19Tout à fait.
22:19Avec une Europe
22:20au milieu de tout ça
22:20dont on ne sait pas trop où est.
22:21Avec une Europe
22:22et des tas d'autres pays
22:24dont on ne sait pas
22:25s'ils vont être
22:26des vassaux,
22:27des alliés,
22:29etc.
22:30Et le dernier...
22:32Pardon,
22:33le troisième scénario...
22:36C'est ce que vous appelez
22:37la gouvernance...
22:38Technique.
22:39Oui,
22:39inspirée de ce qui se passe
22:40sur Internet.
22:41Oui, écoutez,
22:42Internet,
22:42ça fait plus de 35 ans
22:43qu'Internet fonctionne.
22:45Il s'est considérablement développé.
22:47Il a absorbé
22:48des langues
22:48et des cultures,
22:50etc.
22:50Et il est toujours là.
22:52Alors,
22:53au centre de ça,
22:55c'est l'ICANN
22:56qui est en fait
22:58aux mains des privés
22:59et qui à la fois
23:01se charge
23:02des normes,
23:03des aspects techniques
23:04et d'arbitrage
23:07en particulier
23:08dans les conflits commerciaux.
23:10Et puis,
23:10le dernier scénario,
23:12c'est un scénario
23:13dans lequel
23:16émergent
23:16plusieurs pôles.
23:17Alors,
23:18on voit bien
23:18parce qu'il y a des empires
23:19en construction
23:20ou tout au moins
23:21en projet.
23:22Ce n'est pas seulement
23:23les États-Unis,
23:24mais il y a aussi l'Inde,
23:26il y a aussi peut-être
23:27le Brésil,
23:28etc.,
23:29la Turquie
23:30et l'Union européenne
23:32qui,
23:32dans chaque domaine,
23:34se disent
23:34« Moi,
23:35je suis dominant
23:36dans ma région
23:37et j'édicte
23:40des règles
23:41et
23:44les États
23:45sur lesquels
23:46j'ai une influence
23:47les suivent.
23:49et c'est une balkanisation
23:50autour de
23:52cinq,
23:52six pôles. »
23:55Est-ce que c'est
23:55du coup
23:56l'anti...
23:58Vous faites référence
23:59au livre
23:59qu'avait écrit
24:00Joël Deronet
24:01qui s'appelait
24:02« Le cerveau planétaire » ?
24:04Oui.
24:05Je l'avais reçu
24:06dans la librairie de l'écho
24:07il y a quelques années,
24:07Joël Deronet.
24:10On y est pour vous
24:11à ce cerveau planétaire
24:13ou pas ?
24:14Moi,
24:14je n'ai pas la même vision
24:16des choses.
24:18J'écoute
24:18avec beaucoup
24:19d'attention
24:19et un très grand respect.
24:22Je pense que
24:23d'abord,
24:25juste pour compléter
24:26ce que vous avez dit
24:26sur le duo-pôle
24:27entre les États-Unis
24:28et la Chine
24:29qui est très juste
24:30à l'instant T,
24:33c'est-à-dire
24:33au moment où on parle,
24:35il y a quand même
24:35une petite chose
24:35parce qu'il y a
24:36l'Europe au centre
24:36et il faut quand même
24:38dire aux gens
24:39que l'intelligence
24:41artificielle américaine
24:43elle est pensée
24:44par rapport
24:44à la culture américaine.
24:46C'est la culture
24:47du Far West.
24:47Il y a un espace
24:48qui se libère
24:49et on est d'accord
24:49qu'on l'appelle
24:50Nouveau Continent
24:51ou qu'on l'appelle Mer,
24:52c'est la même chose.
24:53Et donc,
24:54les Américains,
24:55c'est des cow-boys.
24:56Ils foncent là-dedans
24:57et ils s'en fichent
24:57des règles.
24:58Ils arrivent
24:59avec leur pistolet
24:59et puis ils tirent
25:00sur toutes les anciennes compagnies,
25:02les Uber
25:02qui rèillent les taxis,
25:04les Airbnb
25:05qui enlèvent les hôtels.
25:06C'est des cow-boys.
25:07Donc, eux,
25:07ils ont cette philosophie-là,
25:08ils ont cette philosophie
25:09de ce continent
25:10qui est une philosophie
25:11de cow-boys.
25:12Les Chinois,
25:13eux,
25:13ils ont une autre philosophie.
25:15C'est le Parti communiste
25:17ou la dynastie,
25:18ce qu'on appelle
25:18la dynastie du Parti communiste.
25:20Alors,
25:20tout ce que vous voulez,
25:21mais la dynastie
25:23du Parti communiste
25:24contrôle l'harmonie
25:25entre la technique,
25:26l'économie,
25:27le social,
25:28etc.
25:29Parce que l'harmonie,
25:30c'est une valeur
25:31extrêmement importante
25:33pour nos amis asiatiques
25:34et chinois,
25:35mais pas que chinois.
25:36Et donc,
25:37ils ont réussi
25:38à construire
25:39une philosophie
25:40d'intelligence artificielle
25:41ou de monde digital
25:42autour de leurs valeurs.
25:43Et nous,
25:44les valeurs européennes,
25:45on essaie de copier les leurs.
25:46C'est-à-dire,
25:46on prend un peu d'Airbnb
25:48et puis un peu de TikTok,
25:49parce qu'il y en a un qui est américain
25:50et l'autre chinois,
25:51juste pour information,
25:52et on n'a rien de nous.
25:53Et pourquoi on n'a rien de nous ?
25:54Et pourquoi ça ne marche pas ?
25:55Et pourquoi on est mal ?
25:57Parce que ça ne correspond pas
25:58à nos valeurs.
25:58Donc moi,
25:59ce que je propose,
26:00c'est de dire,
26:00il faut qu'on fasse
26:02un monde
26:03ou une vision
26:04qui correspond à nos valeurs,
26:05c'est-à-dire,
26:06c'est quoi l'intelligence artificielle,
26:08c'est quoi le digital
26:08de la social-démocratie ?
26:10Vous avez, Jean-François Soupizet,
26:1130 secondes pour répondre.
26:13Alors ?
26:13Réagir,
26:14comme vous voulez.
26:15Oui, oui, tout à fait.
26:15Contre dire,
26:16si vous le souhaitez.
26:16Oui, non, mais ça,
26:18effectivement,
26:19on a une vision.
26:19Vous avez raison,
26:21il y a un élément culturel,
26:24même parfois religieux,
26:26etc.,
26:27qui joue leur rôle.
26:29Mais,
26:30ça n'est pas...
26:33Que fait l'intelligence artificielle ?
26:35Je vais revenir là-dessus.
26:37Non,
26:38vous n'avez pas le temps.
26:39Très vite.
26:40Dites-moi.
26:40Alors,
26:42elle utilise...
26:44D'abord,
26:45ce sont des algorithmes
26:47de type PAC.
26:48Vous avez dit,
26:48c'est de la probabilité.
26:50Mais l'homme,
26:51les humains,
26:52se comportent...
26:53On n'a plus le temps.
26:54Dites-moi juste sur l'Europe,
26:55comment vous envisagez sa place ?
26:57Alors,
26:58l'Europe doit faire
27:00certainement un aggiornamento,
27:02mais
27:05n'insistons pas
27:07sur le fait que l'Europe
27:08serait technologiquement
27:10en retard,
27:10parce que,
27:11justement,
27:12c'est la mise,
27:14la vision dans le temps long
27:16et le socle
27:19des valeurs européennes
27:21sur lequel,
27:21je voudrais revenir,
27:23mais on n'a pas le temps,
27:25qui sera au centre
27:28de la renaissance
27:29de cette Europe.
27:30C'est une très bonne conclusion.
27:31Merci beaucoup
27:32à tous les deux.
27:33Yves Maître,
27:34arrêtez de dire
27:34bonjour à votre IA.
27:36C'est aux éditions First.
27:37Jean-François Soupizet,
27:38Big Tech,
27:38le septième continent.
27:39C'est aux éditions FIP.
27:41On se retrouve tout de suite
27:42pour la deuxième partie
27:43de l'émission.
27:53On se retrouve
27:54pour la deuxième partie
27:55de cette librairie de l'écho.
27:57Vous retrouverez évidemment
27:58le coup de cœur
27:59de la rédaction,
28:00nos critiques,
28:02nos chiffres,
28:03nos statistiques,
28:04nos études,
28:04mais tout de suite,
28:05on démarre
28:06avec nos deux critiques du jour.
28:09À ma gauche,
28:09Christian Chamailleux,
28:11éditorialiste à
28:13alternativeéconomique.fr
28:14et critique des livres
28:16dans les pages
28:17d'Alternative Économique,
28:18le magazine.
28:20Et puis,
28:20à ma droite,
28:21aujourd'hui,
28:22Dorothée Duron,
28:23Dorothée qui est la cofondatrice
28:24du cabinet de conseil
28:27Blenders.
28:27Alors,
28:28chers amis,
28:29il se produit
28:29dans cette librairie de l'écho
28:30un quiproquo
28:31qui ne s'est jamais produit
28:33en 12 ans d'émission
28:34et dont je suis
28:34totalement responsable.
28:36Qu'on vous raconte un peu
28:36les coulisses de l'émission.
28:37Comment ça se passe ?
28:38Quand on termine une émission,
28:40en général,
28:41eh bien,
28:41nos critiques
28:42se mettent d'accord,
28:43discutent,
28:44on discute tous ensemble
28:44sur les livres
28:46qu'on va choisir
28:46pour la semaine suivante.
28:49Et là,
28:49la semaine dernière,
28:50Christian Chamailleux me dit
28:51« Eh bien,
28:52j'ai choisi un bouquin
28:53qui s'appelle
28:53« Vert de rage ».
28:55Donc,
28:56voilà,
28:56moi je note
28:56« Vert de rage »,
28:57etc.
28:58Je dis à Dorothée
28:59« Vert de rage ».
29:00On se procure le bouquin
29:02et on se rend compte,
29:03là,
29:04en faisant cette émission,
29:06que ce ne sont pas
29:07les mêmes livres
29:08et donc,
29:09le livre
29:10qu'avait choisi Christian,
29:11c'est le livre
29:12de François Jarige
29:13qui s'appelle
29:14« Vert de rage »
29:15aux éditions
29:16du Détour
29:17et le livre
29:18qu'a lu
29:19Dorothée,
29:20eh bien,
29:20c'est un livre
29:21qui s'appelle aussi
29:21« Vert de rage »
29:23mais qui,
29:24lui,
29:24s'appelle aussi
29:25« Les enfants du plomb »
29:26Martin Boudot
29:27et Sébastien Piquet,
29:29c'est aux éditions
29:31Michel Laffont
29:32et donc,
29:33qu'est-ce que je peux vous dire ?
29:34Rien d'autre que
29:35Christian va nous parler
29:36du « Vert de rage »
29:37qu'il a lu,
29:38Dorothée Duron va nous parler
29:39du « Vert de rage »
29:40qu'elle a lu
29:40et après,
29:41rassurez-vous,
29:42le livre qu'avait choisi
29:43Dorothée,
29:44eh bien,
29:44c'est bien le même
29:45que celui
29:45qu'a lu
29:46Christian Chavagneux.
29:48Dorothée Duron,
29:49donc,
29:50« Vert de rage »
29:51de Martin Boudot
29:51et Sébastien Piquet,
29:53de quoi s'agit-il ?
29:54Alors,
29:54c'est une bande dessinée
29:55qui retrace finalement
29:56une enquête
29:57faite par des journalistes
29:58sur ce qu'ils ont appelé
30:00les « enfants du plomb »
30:01c'est-à-dire
30:01un certain nombre,
30:02toute une génération d'enfants
30:03qui ont été contaminés
30:04par le plomb
30:05qui se situait
30:05dans des usines
30:07dans le nord de la France
30:08autour de « Métal Europe ».
30:09C'est pour ça que je n'ai pas tilté,
30:10c'était une thématique
30:11quand on a pu choisir
30:11de Christian.
30:12Complètement,
30:12et on voit vraiment
30:13ce cheminement d'enquête.
30:14Donc,
30:14c'est un petit côté
30:15Erin Brokovitch
30:16parce qu'on va vraiment
30:17de victime en victime
30:18de ceux qui avaient senti
30:19de voir les médecins
30:20et de remonter le fil
30:21pour essayer
30:21de trouver des responsables
30:24pour finalement
30:25obtenir une réparation.
30:27Alors,
30:27ce n'est pas tant une réparation
30:28par rapport
30:28à Erin Brokovitch
30:29où l'objectif
30:30c'est vraiment
30:30une réparation
30:31au sens pécunier du terme.
30:34Là,
30:34c'est plutôt
30:34une quête de vérité
30:35de comment on a pu
30:36laisser ça se produire,
30:37comment personne n'a vu
30:38que les sols
30:39étaient complètement plombés
30:40et comment on va réparer ça
30:41sans mettre à mal
30:43finalement un écosystème
30:44parce que
30:45toutes les personnes
30:45qui vivaient là-bas,
30:46ils n'ont pas envie
30:47de dire qu'il y a du plomb
30:47partout autour de chez eux
30:49parce que ça va faire
30:50effondrer évidemment
30:51l'immobilier,
30:52l'endroit où ils habitent.
30:53Et donc,
30:53on remonte tout le fil,
30:54on va jusqu'à « Métal Europe »
30:56où ils vont assister
30:57à un conseil d'administration,
30:58enfin une AG,
30:59pardon,
30:59pour essayer
30:59d'obtenir réparation.
31:01Mais au final,
31:02il n'y a pas de réparation
31:03et ça fait la grosse différence
31:04par un Erin Brokowicz.
31:05Et d'une certaine façon,
31:06ça fait aussi la différence
31:07entre ce qui se passe en France
31:08et aux États-Unis
31:09où aux États-Unis,
31:10il y a un sens
31:11de la responsabilisation,
31:12c'est-à-dire
31:12il faut trouver un coupable.
31:13Une fois qu'on a trouvé
31:14une maladie irlienne causalité,
31:16il faut un coupable.
31:16Donc on a les montants
31:17qui sont colossaux.
31:18De mémoire,
31:19c'était à peu plus
31:19de 600 millions d'euros
31:20qui avaient été obtenus
31:22300 millions d'euros
31:23pour 600 familles
31:23dans l'histoire
31:24Erin Brokowicz.
31:25Là,
31:26les réparations
31:26on n'en a pas beaucoup.
31:27Il y en a quelques-uns
31:28et c'est par le fonds de garantie
31:29qu'elles sont obtenues,
31:30donc par une mutualisation
31:31finalement des risques.
31:32Et donc on a un gros écart.
31:34Est-ce que c'est bien ?
31:34Ce n'est pas bien.
31:35Ce n'est pas le sujet.
31:36Mais en tout cas,
31:37c'est intéressant à lire,
31:38accessible à tout le monde
31:39pour bien comprendre
31:40les ressorts
31:41de ce genre de contamination.
31:44Merci.
31:45Et maintenant,
31:45j'écoute Christian
31:46pour découvrir
31:47l'autre verre de rage.
31:48Votre verre de rage à vous,
31:50celui de François Jarry.
31:52De quoi s'agit-il ?
31:53François Jarry,
31:53c'est un professeur d'histoire
31:55et donc il est spécialisé
31:56notamment sur l'histoire
31:57environnementale.
31:57Et là,
31:58il nous permet
31:59une petite plongée
31:59sur deux siècles
32:01de lutte populaire en France,
32:02de lutte environnementale en France.
32:04Donc il nous dit
32:05qu'au début du XIXe siècle,
32:07les luttes populaires écologiques,
32:08c'était des luttes
32:09pour la subsistance.
32:10On avait besoin d'eau,
32:11sauf que les tanneries
32:12dans les villes
32:12commencent à polluer les eaux.
32:14On a besoin de bois,
32:15sauf que ce qu'on appelait
32:15les usines à feu,
32:17les hauts fourneaux,
32:18les fournes,
32:18ça utilise le bois,
32:19donc il y en a moins
32:20pour la population.
32:20On a besoin de respirer
32:21un air sain.
32:25Commence à être vicié.
32:26Tout ça est très, très calme,
32:27nous dit François Jari.
32:28C'est des lettres individuelles
32:29ou des lettres collectives
32:30qu'on envoie aux autorités
32:31en disant,
32:31excusez-moi peut-être,
32:32est-ce que vous pourriez faire quelque chose
32:33parce que c'est quand même
32:34bien pollué autour de chez moi.
32:36Et puis, il trouve,
32:37il nous sort un bouquin de 1855,
32:401855,
32:40d'un gars qui écrit que,
32:42alors attention,
32:43avec les scientifiques,
32:44il y a de la nouvelle technologie,
32:46on vous dit que ça sert le progrès,
32:47mais la technologie
32:48va aller trop loin
32:49et on va même détruire le monde
32:50dans cette croyance
32:51au technos et du cielisme.
32:531855,
32:54c'est quand même assez original.
32:55Il nous dit,
32:56bon, début 20e,
32:57là, il y a un début
32:58d'écologie scientifique.
32:59C'est les médecins
33:00qui s'emparent du sujet
33:01et qui vont dire aux gens,
33:02il faut vraiment vous mobiliser
33:04parce que nous,
33:04on a analysé les fumées,
33:06vraiment,
33:06ça vous pose des graves problèmes
33:07de santé.
33:08Les gens qui sont spécialistes
33:09de la santé au travail aussi,
33:10ils viennent voir les ouvriers
33:11en disant,
33:11les usines, ça vous casse,
33:13il faut faire quelque chose.
33:14Évidemment,
33:15Première Guerre mondiale,
33:16entre deux guerres
33:16en pleine crise,
33:17Deuxième Guerre mondiale,
33:18Trente Glorieuses,
33:18là, c'est la croissance,
33:19ça tout va,
33:20priorité à la croissance,
33:21les côtés écolos disparaissent.
33:22Mais, nous dit François Jarrage,
33:24à partir des années 60-70,
33:25il y a une explosion
33:26des mobilisations écologiques.
33:28René Dumont,
33:29candidat écologique
33:30en 74 à la présidentielle,
33:32mais beaucoup d'associations
33:33écologiques qui se développent.
33:35C'est les années
33:35où les Amis de la Terre,
33:37où Greenpeace
33:38ouvrent leur antenne française.
33:41C'est les années
33:41où il y a une explosion
33:43du nombre de journaux écolos,
33:45notamment le célèbre
33:46La Gueule ouverte.
33:47Dans les années 80-90,
33:49on va jusqu'à aujourd'hui.
33:51François Jarrage,
33:51je vous montre les cycles.
33:52Il y a mobilisation,
33:53retrait de la mobilisation,
33:54début des années 2000,
33:55ça repart.
33:55Aujourd'hui,
33:56on est plutôt sur
33:57une contestation
33:58des mobilisations écologiques.
34:00Il y a quelques parties,
34:02chaque partie donne
34:02un propos général.
34:03Et après,
34:04il y a 3, 4,
34:054, 5 petites histoires
34:06tout à fait concrètes.
34:08Et donc,
34:08ça donne un vrai plaisir
34:10de lecture
34:11pour traverser
34:12ces deux siècles
34:12de mobilisation écologique populaire.
34:14Bon,
34:14voilà le livre
34:15que vous auriez lu
34:16dans votre environnement
34:16si je ne m'étais pas trompé.
34:17je vais le lire.
34:18Si je ne m'étais pas trompé,
34:20lamentablement,
34:21dans l'envoi du livre
34:23pour lire cette semaine.
34:25En revanche,
34:25vous avez lu tous les deux
34:27le livre qu'a choisi Dorothée,
34:29le livre de William Ury,
34:31dénouer les conflits insolubles.
34:33Au sein,
34:33je me suis dit
34:34que c'était aussi
34:34un peu d'actualité.
34:36C'est une bonne idée
34:36que vous avez eue là,
34:38Dorothée.
34:40Franchement,
34:40est-ce qu'il ne survend pas un peu
34:41dénouer les conflits insolubles ?
34:43Ça paraît incroyable.
34:44Ça paraît incroyable.
34:45À ce moment-là,
34:45il faut l'envoyer
34:45à Donald Trump,
34:47à tout le monde.
34:47C'est un peu...
34:49En le prenant,
34:49je me suis dit
34:50le type est ambitieux.
34:52Il a 75-76 ans,
34:55il a quand même
34:55roulé sa bof,
34:56c'est un prof de Harvard,
34:58d'anthropologie.
35:00Il a un vrai track record
35:02de dénouer des conflits.
35:03Et attention,
35:04il parle bien de dénouer.
35:05Il ne les résout pas.
35:06Il dit dénouer les conflits.
35:07Ça a l'air un détail,
35:08mais c'est quand même intéressant.
35:10Ce qui est intéressant
35:12dans ce livre,
35:12au-delà du fait
35:13qu'il est très à propos
35:14parce que c'est des conflits sociaux,
35:15c'est la géopolitique,
35:16c'est tous les conflits
35:17qui existent,
35:18ça c'est certain,
35:19c'est surtout qu'il est
35:19extrêmement vivant
35:20et improbable.
35:22Quand je dis improbable,
35:23c'est qu'il raconte
35:24plein d'anecdotes
35:24pour expliquer sa méthode
35:26et on croise
35:28Denise Rodman.
35:28Denise Rodman
35:29qui a aidé
35:30à créer la conversation
35:31entre Kim Jong-yong
35:33et Donald Trump
35:35en 2017.
35:36Vous parlez bien
35:36du basketeur.
35:37Oui, oui, oui, oui.
35:38Celui des Chicago Bulls,
35:39celui avec tous les tatouages,
35:40le meilleur défenseur,
35:41le mec qui a le plus grand score
35:42au rebond
35:43de toute la NBA.
35:44J'aime bien le basket.
35:46Donc, c'est pour ça
35:47que je dis,
35:47là franchement,
35:48moi je ne l'ai pas vu venir.
35:49Et en même temps,
35:49on a le conflit
35:51en Afrique du Sud,
35:52on a Chavez
35:53dans des moments
35:54très intimes
35:55avec sa famille,
35:56on a
35:57Denise
35:58en moment de conflit
35:59avec Nahori
36:00autour de Casino,
36:01enfin de Casino
36:02autour de
36:03ce qui se passait au Brésil.
36:04Donc, c'est très vivant.
36:05Et après,
36:06il y a dans le livre,
36:09vraiment,
36:09il décortique ce qu'est un conflit
36:11et comment il arrive
36:12à le résoudre.
36:13C'est-à-dire qu'il pose
36:13les bases d'un conflit,
36:14c'est une opposition,
36:15c'est une bipolarité,
36:16c'est quelque chose
36:17d'assez manichéen
36:18et que pour y arriver,
36:19il faut prendre de la hauteur
36:20d'une certaine façon
36:21et savoir zoomer
36:23sur des sujets individuels,
36:25dézoomer sur quelque chose
36:26de collectif
36:27et qu'en fait,
36:27c'est comme ça
36:28qu'on va trouver
36:28la troisième voie
36:29parce qu'on ne va pas
36:30résoudre un conflit
36:31en trouvant une solution
36:32médiocre entre les deux
36:33mais c'est plutôt
36:34en trouvant une autre voie
36:35où tout le monde est d'accord.
36:36Donc, c'est objectivement
36:38très riche
36:38parce qu'il y a plein d'exemples
36:40de la géopolitique,
36:41il y a vraiment
36:41des conflits sociaux,
36:42il y a de tout
36:44dans ce livre.
36:44Mais vous en sortez plus
36:45des anecdotes
36:46qu'une vraie méthode ?
36:47Non, ce n'est pas vrai.
36:48C'est justement
36:49ce qui est bien fait,
36:50c'est qu'il y a
36:50une vraie méthode,
36:51c'est étape par étape,
36:52les chapitres,
36:53c'est zoomer, dézoomer.
36:54Mais il y a quand même
36:54des grosses réserves
36:55sur ce livre.
36:56La première,
36:57c'est qu'il est de sa génération
36:58donc il nous raconte
36:59des conflits
36:59sans penser aux réseaux sociaux
37:01sauf qu'il fait le constat
37:03que les réseaux sociaux
37:03sont un facteur
37:06qui exacerbe finalement
37:07les conflits
37:07et la bipolarité.
37:08Il en parle
37:09mais finalement
37:10il ne met pas vraiment
37:11de solution,
37:11il dit juste
37:11ça aggrave le système
37:13et d'une certaine façon
37:14il ne parle pas d'algorithme,
37:16il ne parle pas de l'influence
37:17qu'ont les réseaux sociaux
37:18sur les dynamiques de conflits
37:19donc ça c'est dommage.
37:20Après, c'est une façon
37:22de rédiger à l'américaine
37:23donc tout est très scénarisé,
37:24c'est des anecdotes,
37:27on marche,
37:28on raconte,
37:28on a l'impression
37:29d'être au cinéma.
37:31C'est-à-dire que
37:31les histoires
37:32où on voit
37:32Dennis Rodman
37:33quand Uri est en train
37:36de se démener
37:36pour réussir
37:37à avoir son numéro
37:37de téléphone
37:38pour aller dans sa maison
37:39etc.
37:39Chavez c'est la même chose
37:41d'Inis
37:41où il parle de
37:42sa relation avec ses enfants.
37:44C'est à l'américaine
37:45mais objectivement
37:46ça se lit bien,
37:47c'est intéressant
37:47parce qu'il y a ce côté
37:48il faut prendre du recul,
37:50savoir respirer
37:51quand il y a un conflit
37:51et même
37:52dans un conflit familial
37:54ou dans une tension familiale
37:55parce qu'il parle
37:56de sujets de gouvernance,
37:57de conflits familiaux.
37:58Il y a quand même
37:58des choses à prendre.
38:00Alors Christian Chalagne,
38:01j'ai hâte de savoir
38:02ce que vous avez pensé
38:03de ce livre.
38:03Je vais écrire des livres
38:04moi aussi
38:04parce que s'il faut juste
38:05reculer,
38:06prendre un petit peu de recul
38:07quand on est en conflit,
38:08ça va être facile
38:09d'écrire le livre.
38:11Je ne sais pas,
38:11j'ai regardé effectivement
38:12la biographie du monsieur,
38:13il est vraiment intervenu
38:15dans des résolutions
38:16de conflits internationaux.
38:18Ce livre est un
38:19vrai professionnel.
38:20international.
38:22En tout cas,
38:23lui,
38:23c'est un vrai professionnel
38:24de la médiation.
38:26Le problème,
38:27c'est que je pense
38:27qu'il a été un professionnel
38:29de la médiation
38:29et qu'aujourd'hui,
38:30il est devenu
38:31un conférencier TEDx.
38:33Il en est à son,
38:33je crois,
38:34neuvième livre,
38:35celui-là,
38:35sur le pouvoir
38:36de dire oui,
38:37le pouvoir
38:37de ne pas dire non,
38:38le pouvoir
38:38de dire ni oui ni non.
38:40C'est devenu un business
38:41de raconter à peu près,
38:43je pense,
38:43je n'ai pas regardé
38:44les livres précédents,
38:44mais à peu près un peu
38:45toujours la même chose.
38:46Et Dorothée a raison.
38:48Déjà, moi,
38:48sur le style,
38:49je n'aime pas trop.
38:50On essaye de faire
38:51de la fausse empathie.
38:53Alors,
38:53pendant que j'écris ce livre,
38:55je descends en rafting
38:56et là,
38:56je me dis,
38:58il faut que je mène ma barque.
39:00Rafting,
39:00menez la barque.
39:01Oh,
39:02quelle belle anecdote.
39:03Bon,
39:03voilà,
39:05il nous raconte
39:05beaucoup de fois,
39:06il nous raconte
39:07les problèmes médicaux
39:07de sa pauvre fille
39:08qui était vraiment
39:09très très malade,
39:10dont on n'a absolument
39:11rien à faire
39:12par rapport au conflit.
39:13Tout d'un coup,
39:14l'anecdote,
39:14elle prend quatre pages,
39:15elle s'arrête
39:15et on passe à autre chose.
39:16Donc, moi,
39:17je n'aime pas du tout
39:17ce faux journalisme
39:19qui est censé donner
39:20de l'empathie.
39:21Alors,
39:21contrairement à ce que vous avez dit,
39:22Emmanuel,
39:22je suis d'accord avec Dorothée,
39:24les anecdotes sont là
39:25pour illustrer,
39:25mais c'est un livre de méthode.
39:27Vous voulez résoudre
39:28un conflit très très difficile,
39:29il y a trois piliers à suivre
39:31et dans les trois piliers,
39:32vous avez chacun trois machins
39:33parce qu'il a lu un jour
39:34que le chiffre 3,
39:35c'était un chiffre porte-bonheur,
39:36c'était le bon chiffre
39:37pour expliquer les choses.
39:38Donc,
39:39il y a trois piliers,
39:39chaque pilier a trois dimensions.
39:41Sur le fond,
39:42moi,
39:43ce qui m'a gêné,
39:43c'est que
39:45vous prenez n'importe quel conflit
39:46de l'Antiquité à nos jours,
39:48ça se passe n'importe où
39:49dans le monde,
39:50donc c'est ahistorique,
39:51ah géographique,
39:51et vous avez la méthode
39:52qui permet de résoudre
39:54les conflits,
39:54c'est la méthode universelle
39:55de résolution des conflits.
39:57On aimerait bien,
39:58effectivement,
39:58vous l'avez dit tout à l'heure,
39:59on aimerait bien l'envoyer
40:01chez M. Poutine
40:02ou en Israël
40:03pour l'aider
40:03à résoudre
40:05les conflits
40:06parce que,
40:06bon,
40:07ça paraît un petit peu survendu
40:08et puis,
40:09c'est très très américain.
40:10Je pense qu'un diplomate
40:11qui vient du Suréna
40:12ou du Malawi
40:13aura beaucoup de mal
40:14à appliquer la méthode
40:15de M. Uri
40:16qui, lui,
40:17évidemment,
40:18comme c'est un professeur
40:19à Harvard
40:20dans l'une des plus grandes universités
40:22du pays leader
40:22hégémonique du monde,
40:23c'est plus facile de dire
40:24écoutez,
40:25c'est moi le shérif,
40:25les gars,
40:26vous allez vous asseoir
40:27et vous êtes d'accord
40:27et moi j'ai ma méthode.
40:29Donc moi,
40:29franchement,
40:29je n'ai pas été
40:30un grand fan du livre.
40:32D'accord.
40:33Après,
40:33il essaie de donner
40:34un petit caractère universel
40:36parce qu'il fait des références
40:36dans tous les pays du monde
40:38et il termine notamment
40:39sur la Malaisie
40:40qui est un peuple
40:41que je ne connaissais pas
40:43qui est au fin fond de la Malaisie
40:44qui est censé être
40:44le plus pacifiste au monde.
40:45C'est son côté anthropologue.
40:46Voilà.
40:47Donc il fait son côté
40:48très anthropologue
40:48mais qui donne
40:49une espèce de tonalité
40:52anthropologique.
40:52Bon, ça se lit quoi.
40:53Non mais j'aime bien
40:54les livres avec des aspérités
40:55comme ça,
40:56c'est intéressant.
40:57Eh bien,
40:58merci beaucoup
40:59à tous les deux.
41:00Allez,
41:00on poursuit cette émission.
41:10Et on s'intéresse
41:11cette semaine
41:12à cet édu
41:13de Cofidis
41:14CF1
41:15qui décortique
41:17la situation financière
41:18des familles
41:19monoparentales
41:20qui sont,
41:21on le sait,
41:21les maillons
41:22les plus fragiles
41:23de la société française.
41:25Et les chiffres
41:26sont sans phare.
41:2762%
41:28des familles
41:29monoparentales
41:30craignent
41:31chaque mois
41:32de manquer d'argent
41:33pour couvrir
41:33les dépenses essentielles
41:35de leurs enfants.
41:36elles sont 41%
41:38à juger
41:39leur pouvoir d'achat
41:40faible.
41:4123%
41:42sont à découvert
41:43à la fin du mois.
41:44En gros,
41:45c'est deux fois plus
41:46que l'ensemble
41:47des familles françaises.
41:49Et plus de 7 familles
41:50monoparentales
41:51sur 10
41:51font particulièrement
41:52attention
41:53au prix des produits
41:54qu'elles achètent
41:55et réduisent
41:56leurs dépenses
41:57en essentielles
41:57contre 5 familles
41:59sur 10
41:59dans la population
42:01générale.
42:02Alors,
42:02quel portrait
42:02peut-on faire
42:03de ces familles
42:04monoparentales ?
42:043 fois sur 4
42:05le parent seul
42:06est une femme
42:07la plupart du temps
42:08elle a la garde
42:08exclusive
42:09de ses enfants
42:09à moins de
42:103000 euros
42:11de revenus
42:11par mois
42:12essentiellement
42:13son salaire
42:14les aides sociales
42:14ne concernent
42:15qu'une minorité
42:16de foyers
42:169% seulement
42:17la majorité
42:18assume
42:19seule
42:20l'intégralité
42:21de ses dépenses
42:22leur priorité
42:23c'est évidemment
42:23les enfants
42:2437%
42:25des dépenses
42:26mensuelles
42:26leur sont consacrées
42:27en moyenne
42:27jusqu'à la moitié
42:28pour les familles
42:29de 3 enfants
42:30l'alimentation
42:31et la cantine
42:32constituent de loin
42:33le premier poste
42:34de dépenses annuelles
42:35à peu près
42:351600 euros
42:37devant les vacances
42:38l'habillement
42:38et le mode de garde
42:39quand il faut faire des économies
42:41et bien les postes
42:42les plus souvent sacrifiés
42:43sont les vacances
42:44les vêtements
42:45et les jouets
42:47BFM Business
42:48la librairie de l'écho
42:49le coup de coeur
42:50de la rédaction
42:53et c'est celui
42:54de notre grand
42:55Manitou
42:56de la tech
42:56sur BFM Business
42:58Frédéric Simotel
43:00alors Frédéric Simotel
43:01il s'attaque
43:02est-ce que j'ose parler
43:03de Brulot ?
43:04oui peut-être
43:05oui un peu
43:05comme souvent
43:06avec Laurent Alexandre
43:08le titre est quand même
43:09un peu provocateur
43:10voilà ce livre
43:11qui nous promet
43:12grosso modo
43:12la mort de la mort
43:13c'est ça
43:14donc voilà
43:15Laurent Alexandre
43:16Alexandre Tsikopoulos
43:18vivre mille ans
43:19quand l'IA règne
43:20et la mort recule
43:22est-ce un rêve
43:23ou un cauchemar
43:24aux éditions
43:25Boucher-Chastel
43:26mon cher Frédéric
43:27oui édition Boucher-Chastel
43:28alors il sort le 14 mai
43:29ne cherchez pas
43:30il arrive
43:30on a eu une épreuve
43:31non corrigée
43:32alors ça fait un moment
43:33qu'on parle de ce sujet
43:34les pontes de la tech
43:35ils aiment bien se dire
43:36on vivra éternellement
43:37alors peut-être pas
43:38dans la même enveloppe corporelle
43:39c'est peut-être
43:39qu'on nous dépluera
43:40notre cerveau
43:41pour le mettre
43:41sur autre chose
43:42pourquoi pas
43:43sur un robot
43:44en tout cas c'est là-dessus
43:45que s'appuient les auteurs
43:46Laurent Alexandre
43:47donc on le connaît
43:48médecin, entrepreneur
43:49fondateur de Doctissimo
43:50techno-optimiste
43:51et puis oui
43:52entre guillemets
43:53grande gueule du secteur
43:54on peut le trouver
43:57irritant
43:57pour ses prises de parole
43:58mais il n'empêche
43:59il dit quand même
44:00pas mal de vérités
44:00ça se coude toujours un peu
44:01ça se coude toujours un peu
44:02après c'est le ton
44:04et l'autre
44:05c'est ça qui est amusant
44:06c'est Alexandre Tsikopoulos
44:07à 40 ans de moins
44:07c'est un start-upper
44:08et c'est un peu ça
44:09qui va jouer
44:11il joue un peu là-dessus
44:12sur cet échange
44:14générationnel
44:14entre ces deux-là
44:15et alors
44:17Laurent Alexandre
44:17avait déjà écrit un livre
44:18en 2011
44:19sur la mort de la mort
44:20donc il poursuit tout ça
44:21et donc les auteurs
44:23estiment que l'IA
44:24va rendre
44:25une partie croissante
44:26du travail intellectuel
44:27obsolète
44:28et du coup
44:29on va avoir
44:29une autre forme de vie
44:30donc l'IA
44:32l'expertise
44:33l'analyse
44:33de l'éducation
44:34de l'enseignement
44:35le management
44:35tout ça
44:35ça va être fait par l'IA
44:36ils décrivent
44:37un basculement
44:38civilisationnel
44:38où l'intelligence humaine
44:40cesse d'être
44:41la ressource dominante
44:42ce sera l'IA
44:42artificielle
44:43qui sera
44:44et donc on va
44:46parler de génétique
44:47de biotechnologie
44:48de cellules
44:48tous les sujets
44:49chers à Laurent Alexandre
44:50l'augmentation humaine
44:51et puis l'idée centrale
44:53c'est dire que la médecine
44:53ne cherchera plus seulement
44:54à soigner
44:55mais à ralentir
44:56réparer
44:56ou contourner
44:57le vieillissement
44:57donc c'est là où l'IA
44:59rejoint un peu
45:00le biologique
45:01le biologique
45:02donc ça donne le vertige
45:03et puis ça nous laisse
45:05ça nous pousse
45:05vers une crise
45:06mais qu'est-ce qui est scientifique
45:07enfin je veux dire
45:08on ne peut pas repousser
45:09des limites éternellement
45:10non et puis surtout
45:11d'un côté il nous dit
45:12avec l'IA
45:12les machines vont mieux penser
45:14le travail va disparaître
45:15et la mort va reculer
45:16mais si on
45:17qu'est-ce qu'on va faire
45:17qu'est-ce qu'on va s'emmerder
45:20on saura toujours
45:21s'occuper un peu
45:22mais on est quand même d'accord
45:23que le travail
45:23ça nous stimule
45:24oui le travail
45:25c'est la santé
45:26c'est la santé
45:27alors c'est un livre
45:28à lire donc avec deux regards
45:30le premier celui du
45:31technoprogressiste
45:32voilà on pose des questions
45:33profondes
45:34est-ce que l'identité humaine
45:35encore
45:37doit encore
45:38vivre
45:39face à cette IA
45:40est-ce qu'on peut vivre
45:41longtemps sans s'ennuyer
45:42est-ce qu'une société
45:43sans rareté intellectuelle
45:45est encore méritocratique
45:46on voit
45:47alors il décrit tous les liens
45:48entre IA et biotech
45:49et puis maintenant
45:50c'est un livre
45:50qui pose aussi
45:52à se poser
45:53beaucoup de questions
45:53parce que comme souvent
45:54Laurent Alexandre
45:55vous l'avez dit
45:56pour lui
45:57tout ce qui est technologiquement
45:58possible
45:59va arriver
46:00or
46:01ah oui
46:01on voit bien
46:02c'est un bon débat ça
46:03oui
46:03est-ce que ce qui est
46:05technologiquement possible
46:06est forcément inéluctable
46:07voilà
46:08justement mais non
46:09parce qu'il y a des contraintes
46:10politiques, économiques, énergétiques
46:11aujourd'hui on le voit
46:12alors ça peut arriver
46:13mais beaucoup plus tard
46:15mais voilà
46:15donc lui il appuie quand même
46:16beaucoup son raisonnement
46:18là-dessus
46:19puis il sous-estime
46:20quand même quelque chose
46:20quand on dit vivre Milan
46:21c'est une sous-estimation
46:23des liens biologiques
46:24enfin des limites biologiques
46:25à un moment
46:26notre corps c'est pour ça
46:26est-ce qu'on va dépluyer
46:27notre cerveau
46:28pour le mettre dans un robot
46:29enfin voilà
46:30moi je trouve
46:30c'est un livre assez intéressant
46:31parce que
46:32ah c'est peut-être ça
46:32vive Milan
46:33ben oui
46:34on déplogue
46:35on met toute notre mémoire
46:36va être enregistrée
46:38dans un robot
46:39puis on fera revivre ce robot
46:40puis ça me rappelle un livre
46:41c'est José Saramago
46:42qui est un prix Nobel
46:45écrivain portugais
46:46il me semble
46:47je vais pas dire des bêtises
46:48donc un prix Nobel
46:48et qui avait écrit un livre
46:50en 2005
46:50qui s'appelait
46:50les intermittences de la mort
46:52c'était un jour
46:53je vous conseille de lire ce livre
46:54parce qu'il est pas mal
46:55en fait la mort
46:56elle a un chagrin d'amour
46:57et elle se dit dans ce pays là
46:59un état imaginaire
47:00je travaille plus
47:02plus personne ne meurt
47:03on se dit c'est merveilleux
47:04mais le problème c'est que
47:04les gens continuent à avoir des accidents
47:05les gens continuent à tenter
47:07de se suicider
47:07les gens continuent à être malades
47:09les gens continuent à vieillir
47:10donc les hôpitaux sont pleins
47:12les assurances ne savent plus
47:13que faire
47:13la sécurité sociale
47:14c'est plus comment faire vu tout ça
47:16ramenons un peu d'économie
47:17voilà
47:18au milieu de toute cette science-fiction
47:20en tout cas voilà
47:21vivre Milan
47:22édition Boucher et Chastel
47:23je vous le conseille
47:24voilà c'est
47:25puisque
47:25voilà
47:26dans Laurent Alexandre
47:28il faut
47:29il faut prendre
47:29il faut prendre le tout
47:30et puis voilà
47:31on garde s'il nous intéresse
47:32merci
47:32cher Frédéric
47:33allez c'est l'heure
47:34de nos ultimes choix
47:44Christian Chavagneux
47:45quelle est votre ultime sélection
47:47pour aujourd'hui ?
47:48alors j'ai choisi une biographie
47:49qui se lit très très facilement
47:51la biographie de Antoine de Paris
47:53évidemment vous ne savez pas
47:54qui est Antoine de Paris
47:55Antoine de Paris
47:56c'est un petit monsieur
47:57un polonais
47:57qui à l'âge de 17 ans
47:59on est au début
47:59tout début du XXe siècle
48:01débarque à Paris
48:02et en fait il est
48:03un petit peu coiffeur
48:05quand il est en Pologne
48:05il est plutôt doué
48:06mais son rêve
48:07c'est d'aller dans
48:08la grande capitale du monde
48:09qui est Paris
48:10donc il arrive à Paris
48:11il trouve un coiffeur
48:12qui veut bien l'embaucher
48:12mais au début du XXe siècle
48:14à Paris
48:14quand vous travaillez
48:15chez un coiffeur
48:16on vous met au sous-sol
48:17dans une cave humide
48:17pays à rien du tout
48:18à faire des perruques
48:19pour ces dames
48:20et puis un jour
48:21c'est la fête des Catherine
48:22et il y a énormément
48:24de jeunes femmes qui viennent
48:25et là on lui dit
48:26ben non
48:26il faut que tu montes
48:27il faut que tu viennes coiffer
48:28et là c'est la sidération
48:29toutes les femmes
48:30qui viennent dans son salon de coiffure
48:31disent
48:32on veut le petit russe
48:33il parle en l'accent
48:34personne ne sait qu'il est
48:35on veut le petit russe
48:36et donc le gars
48:37commence à développer
48:39une vraie façon
48:41de coiffer les femmes
48:42jusqu'au jour
48:42où il y a une belle dame
48:44qui arrive
48:44et qui doit aller
48:45dans une cérémonie
48:46où il faut absolument
48:47porter un chapeau
48:48sauf que son carton à chapeau
48:50s'est perdu dans le voyage
48:51il faut faire quelque chose
48:52et là Antoine de Paris
48:52il est génial
48:53il sculpte sa coiffure
48:54en forme de chapeau
48:55et l'alala
48:57explose la soirée
48:58tout le monde en parle
48:59là dans les journaux
48:59et là il devient
49:01Antoine de Paris
49:01il va ouvrir son propre salon
49:03toutes les nobilités
49:04du monde entier
49:05viennent le voir
49:06les stars
49:06on ne l'appelle pas comme ça encore
49:07mais les stars du théâtre
49:09et du cinéma
49:09viennent le voir
49:10toutes les riches bourgeois
49:12veulent absolument
49:13se faire coiffer
49:13par Antoine de Paris
49:15c'est absolument magnifique
49:16on apprend que c'est sa femme
49:17donc il va développer
49:18des salons de coiffure
49:19et de vente de cosmétiques
49:20partout dans le monde
49:21on apprend que c'est sa femme
49:22qui gère tout
49:22et heureusement
49:23parce que lui
49:23il était incapable
49:24de gérer quoi que ce soit
49:25et grâce à sa femme
49:26lui c'est un artiste
49:27voilà
49:27il sculpte
49:28il sculpte les cheveux
49:30le livre débute
49:31avec une comédienne
49:32qui doit jouer au théâtre
49:33elle a une quarantaine d'années
49:35elle doit jouer
49:35un rôle d'une femme
49:37de vingtaine d'années
49:38et lui il arrive
49:38il la change tout
49:39et là tout le monde
49:40la regarde
49:41incroyable
49:42t'as gagné 20 ans
49:43et donc toutes les femmes
49:43veulent gagner 20 ans
49:44donc tout le monde vient
49:45et lui il invente deux choses
49:47la coupe à la garçonne
49:48donc les cheveux courts
49:49c'est les femmes
49:49qui se faisaient pas du tout
49:50qui va exploser
49:51dans les années 20
49:52parce que c'est le symbole
49:53du féminisme
49:53et puis le fait
49:54de laver les cheveux
49:55parce qu'il en avait marre
49:56de coiffer des cheveux
49:57sales et puants
49:58donc il a dit
49:59il a imposé
50:00à ses clients
50:01mais ça s'appelait
50:01Antoine de Paris
50:02lui il s'appelait
50:03Antoine de Paris
50:04c'est comme ça qu'il a été
50:04mais la marque c'était
50:05Antoine de Paris
50:05exactement
50:06il est parti à Hollywood
50:07il a coiffé
50:09toutes les stars
50:09qu'on connait
50:10jusqu'à Jeff Fonda
50:11parce qu'il est mort
50:11dans les années 70
50:12un peu appauvri
50:14parce que
50:14bon il était marié
50:15mais homosexuel
50:16et plein de petits jeunes
50:17sont venus
50:18prendre un petit peu
50:19grappiller sa fortune
50:20à la fin
50:21incroyable
50:22la partie économique
50:24n'est pas trop trop développée
50:25mais franchement
50:25on s'est complètement emballé
50:26par cette histoire incroyable
50:28c'est une aventure
50:29entrepreneuriale
50:29dingue en fait
50:30tout à fait
50:30incroyable
50:31la création
50:32personnages fascinants
50:34incroyable
50:34et c'est écrit par
50:35Martha Orsesna
50:37c'est ça
50:37c'est ça
50:38tout à fait
50:39Dorothée Duron
50:40votre dernière minute
50:41moi c'est un style
50:42complètement différent
50:43ça s'appelle
50:43CEO Ready
50:45c'est un livre
50:46que je viens de recevoir
50:46que j'ai commencé à lire
50:47et qui est
50:48franchement
50:48extrêmement amusant
50:49parce qu'on découvre
50:50que même les CEOs
50:51ils ont besoin de guides
50:52donc c'est signé
50:53par Mark Thompson
50:54qui est un coach
50:55de dirigeant
50:55de grandes entreprises
50:56américaines
50:57qui est très
50:58manifestement très très
50:59connu notamment aux Etats-Unis
51:00il a plus de 80 CEOs
51:01qui travaillent avec lui
51:02et surtout Byron Laughlin
51:03qui est au Nasdaq
51:05et qui lui s'occupe
51:06de tous les sujets
51:07de gouvernance
51:07donc qui est plutôt
51:08le spécialiste
51:09des board members
51:09et en fait
51:10à eux deux
51:10ils ont écrit ce livre
51:12qui a un conseil
51:13aux CEOs
51:14pour comment devenir CEO
51:15et en fait
51:16ce qui est franchement
51:17assez amusant
51:17dans ce livre
51:18c'est qu'on découvre
51:19que le CEO
51:20tout puissant
51:20il n'est pas tout puissant
51:22et qu'en fait
51:22il est très très contraint
51:23et que ce livre
51:24vient les aider
51:25à prendre en compte
51:26enfin constater
51:27qu'ils ont peut-être
51:28un très beau CV
51:28ils ont peut-être
51:29de très belles idées
51:29mais en fait
51:30il va falloir
51:31interagir avec
51:31d'autres personnes
51:32avec sept groupes
51:32de personnes
51:33évidemment
51:34les board members
51:35mais aussi
51:35les syndicats
51:36la presse
51:37les clients
51:38les investisseurs
51:38les médias
51:40les syndicats
51:41etc
51:41et donc c'est
51:42une jolie façon
51:44de comprendre
51:45vraiment
51:45quel est le rôle
51:46du CEO
51:46et c'est pas inintéressant
51:48parce que ça justifie
51:49peut-être certains salaires
51:50ça permet aussi
51:52de comprendre
51:52la relation
51:53board member
51:54CEO
51:55avec des board members
51:56enfin des conseils
51:56d'administration
51:57qui sont de plus en plus
51:58durs
51:58et qui du jour au lendemain
51:59peuvent se débarrasser
52:00d'un CEO
52:01sans qu'ils comprennent
52:01exactement pourquoi
52:02il y a deux ou trois
52:03histoires qui rappellent
52:04où le CEO
52:05du jour au lendemain
52:06il est viré
52:08menu militari
52:09sans vraiment
52:10comprendre pourquoi
52:10et vraiment
52:11en 48 heures
52:13pour des résultats
52:14trimestriels
52:14hasardeux
52:14etc
52:15donc c'est
52:16une plongée
52:17dans un écosystème
52:18finalement qu'on ne connaît
52:19pas assez
52:19et même si de loin
52:21on dirait un petit livre
52:22de développement personnel
52:23pour milliardaires
52:24ou millionnaires
52:25en tout cas
52:25non ça vaut le coup
52:26d'être lu
52:27ça permet de comprendre
52:28un certain nombre
52:29de ressorts
52:29des grandes entreprises
52:30américaines
52:31ce qui n'est pas
52:31inintéressant
52:32vous m'avez passionné
52:33totalement
52:34avec vos deux profils
52:36incroyables
52:37allez moi je termine
52:38avec un livre
52:39que j'avais un peu retenu
52:41que j'avais gardé
52:42un peu sous le coude
52:42avant de vous en parler
52:43parce que j'espérais
52:44qu'en fait que l'auteur
52:45viendrait un jour
52:46le présenter à Paris
52:47on l'avait déjà reçu
52:48dans l'émission
52:48Antonio Damasio
52:50puisqu'il s'agit
52:51de Louis
52:52alors lui aussi
52:52c'est une star internationale
52:54il est professeur
52:55mondialement reconnu
52:56de neurosciences
52:57de neurologie
52:58de psychologie
52:58de philosophie
52:59il avait écrit
53:00vous savez deux bouquins
53:01qui sont des gros best-sellers
53:01l'erreur de Descartes
53:02et Spinoza avait raison
53:05et il publie aussi
53:06l'intelligence naturelle
53:08aujourd'hui
53:08ça s'appelle
53:09l'intelligence naturelle
53:10et l'éveil de la conscience
53:11c'est chez Odile Jacob
53:12ça vient de sortir
53:13avec toujours son fil conducteur
53:15qui est de dire
53:16eh bien
53:16jamais l'intelligence artificielle
53:19ne sera soluble
53:20dans l'humain
53:20parce qu'il y a
53:21le vivant
53:22et rien
53:23dans notre intelligence
53:24et dans notre conscience
53:26ne pourra surpasser cela
53:29c'est passionnant
53:30et puis voilà
53:31pour faire écho
53:31à la première partie
53:32de notre émission
53:33sur l'intelligence artificielle
53:35voilà
53:35désolé de cette émission
53:36un peu mouvementée
53:38mais qui vous aura
53:39j'en suis sûr passionné
53:40on se retrouve la semaine prochaine
53:41et d'ici là
53:42bonne lecture
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