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Jeudi 19 mars 2026, retrouvez François Rimeu (Stratégiste senior, Crédit Mutuel AM), Frederik Ducrozet (Responsable de la recherche macro, Pictet Wealth Management), Mabrouk Chetouane (Head of Global Market Strategy, Solutions, Internationa, Natixis IM) et Zakaria Darouich (Responsable des solutions d’investissement Taux/Crédit, CPR AM) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:01Générique
00:08Bonjour et bienvenue à tous, je suis ravi de vous retrouver pour cette nouvelle édition de Smart Bourse.
00:12Vous le savez, tous les soirs, 17-18h en direct, on fait le tour de la planète marché, tout ce
00:17qui se passe, il s'en passe des choses.
00:19Les marchés qui ont du mal avec ce qui se passe du côté du Moyen-Orient, bien évidemment.
00:23Au sommaire de cette édition, on va se pencher tout de suite sur la BCE, sans surprise, un statu quo
00:29qu'on va analyser dans un instant avec nos experts.
00:32Les marchés, je le disais, qui voient rouge à peu près tous les compartiments de la cote.
00:37Et puis ça, il y a une contagion à l'or, au bitcoin, etc.
00:43Et puis enfin, en troisième partie d'émission, il n'y a pas que la BCE qui a parlé, on
00:47verra également la réaction des autres banques centrales.
00:49Mais tout de suite, tout ce que vous devez savoir sur cette journée boursière avec Pauline Grattel.
01:05Pauline, on démarre avec vous comme chaque soir avec un résumé qui va être un peu long, quand même, de
01:10cette journée qui a été très importante.
01:12Les indices européens, en tout cas, sont plombés par la situation au Moyen-Orient.
01:15Oui, on commence avec l'Europe. Les indices plongent. Le CAC 40 en France, c'est 2% à 7800
01:21points, avec les banques et accords en fort repli.
01:24Aux Etats-Unis, les indices évoluent en repli plus mesurés, de moins de 1% pour les grands indices.
01:30La situation au Moyen-Orient continue d'inquiéter les investisseurs.
01:33L'escalade se poursuit avec de nouvelles attaques de l'Iran contre des infrastructures de gaz naturel liquéfié au Qatar.
01:40Donald Trump appelle à une désescalade des frappes visant les infrastructures gazières.
01:44Il y a en tout cas qui prévient que suite à l'attaque de South Park, les représailles vont se
01:50poursuivre.
01:50Oui, et les chiffres parlent d'eux-mêmes.
01:52Les contrats à terme sur le gaz en Europe ont bondi de 35%, atteignant plus du double de leur niveau
01:57d'avant-guerre.
01:58De son côté, le baril de Brent a grimpé de 10% à 120 dollars au plus haut de la
02:02séance, soit une hausse d'environ 60% depuis le début du conflit.
02:07Une flambée brutale alimentée par cette série d'attaques ciblées.
02:10Elle a une également, donc la décision monétaire de la Fed.
02:14Oui, la Réserve fédérale maintient ses taux dans une fourchette comprise entre 3,5 et 3,75%.
02:20Les investisseurs ont attentivement suivi les propos de Jérôme Poel, qui estime être à la limite entre une politique restrictive
02:27et non restrictive.
02:28Le dot plot ne prévoit plus qu'une seule baisse de un quart de point cette année.
02:32Concernant le Moyen-Orient et la hausse des prix de l'énergie, Poel reconnaît que personne n'en connaît réellement
02:37les conséquences pour l'instant.
02:39D'une banque centrale à l'autre, la Banque centrale européenne était également attendue cet après-midi.
02:43Oui, la BCE a opté pour le statu quo, maintenant son taux de facilité de dépôt à 2%.
02:48Christine Lagarde appelle à des mesures fiscales temporaires et ciblées face à la crise énergétique.
02:54La hausse des prix de l'énergie fait revoir à la BCE ses prévisions d'inflation à court terme,
02:59à la hausse à 2,6% pour 2026 et ses prévisions de croissance à la baisse à 0,9
03:05% en moyenne cette année.
03:06A moyen terme, la BCE indique que tout dépendra de l'intensité et de la durée du conflit.
03:11Enfin, le Conseil des gouverneurs suit la situation et ajustera sa politique monétaire selon les données.
03:16Pauline, d'autres décisions monétaires étaient attendues ?
03:20Oui, de nombreuses, je vais vous les donner en série, mais il n'y aura pas de surprise.
03:23Toutes les banques centrales sont en fait dans l'attente des effets du conflit au Moyen-Orient,
03:26que ce soit sur les évolutions du prix du pétrole ou sur l'inflation que cela va engendrer.
03:32Donc, statu quo en série, la Banque du Japon maintient ses taux inchangés à 0,75%.
03:38Pareil pour la Banque nationale suisse qui les laisse à 0%.
03:41La Banque d'Angleterre a aussi opté pour le statu quo à 3,75% à l'unanimité,
03:47alors qu'avant la guerre en Iran, une baisse des taux était largement attendue.
03:51Enfin, la Banque de Suède maintient également ses taux inchangés à 1,75%.
03:56On surveille également, bien sûr, les marchés obligataires.
03:59Oui, le rendement américain à 10 ans se tend pour s'établir sur le seuil de 4,30% au
04:04plus haut de la séance.
04:05Le rendement allemand de même échéance se tend lui aussi pour évoluer à 3% au plus haut depuis un
04:11an.
04:11Les rendements portugais et espagnols à 10 ans touchent également un sommet annuel.
04:15Sur le marché des changes, le dollar cède du terrain, ramenant l'euro dollar autour de 1,1530.
04:20L'or, l'argent, l'aluminium, le cuivre et le bitcoin sont en chute.
04:24De 4% pour le bitcoin à 15% pour l'argent, au pire de la séance.
04:28Oui, les 5% également, 5% pour l'or.
04:31On passe à la microéconomie rapidement.
04:33On détaille les résultats d'Alibaba et de Micron.
04:36Oui, Micron Technology fait état d'un trimestre record et bien au-delà des attentes.
04:41Mais les investisseurs ont surtout noté que le groupe va investir massivement pour répondre à la demande
04:46avec plus de 25 milliards de dollars de dépenses d'ici la fin de l'exercice en août.
04:51Le titre cède 3%.
04:53Alibaba, de son côté, fait état d'un repli trimestriel de son bénéfice net de près de 70%,
04:58mais évoque une forte dynamique dans ses revenus d'IA.
05:02Le titre cède 7%.
05:03Enfin, quel sera le programme de demain ?
05:05Demain, on attend la balance commerciale de la zone euro pour le mois de janvier.
05:09Et demain, ce sera aussi une journée d'échéance sur les marchés
05:11avec l'arrivée à expiration de plusieurs produits dérivés
05:14à l'occasion de la séance des 4 sorcières.
05:17Voilà, et on aura les 3 sorciers en plateau.
05:19Merci Pauline.
05:20Allez, tout de suite, place aux experts.
05:32Comme tous les soirs, 3 experts sont avec nous en plateau
05:34pour décrypter ce qui se passe sur les marchés.
05:37On est ravis d'accueillir Zakaria Darwish.
05:38Bonjour Zakaria.
05:39Bonjour.
05:39Vous êtes responsable des solutions multi-actifs chez CPR-AM.
05:42Bienvenue à vous.
05:43Merci.
05:43À vos côtés, François Rimeux.
05:45Bonsoir François.
05:45Bonsoir.
05:46Stratégiste senior chez Crédit Mutuel Asset Management.
05:50Bienvenue.
05:50Et enfin, Mabrouk chez toi.
05:52Bonjour Mabrouk.
05:53Bonjour.
05:53Vous êtes responsable de la stratégie globale de marché chez Naktixis IM.
05:59C'est bien ça, merci.
06:00Voilà, parce que j'avais le titre en anglais, donc on a tout traduit juste avant l'émission.
06:05Bon, messieurs, on a besoin évidemment de vos lumières, de vos réflexions pour ce qui se passe sur les marchés.
06:11Ça se complique.
06:12Ça se noue.
06:13On a l'impression même que les marchés sont toujours un petit peu, on le disait, surpris.
06:17D'abord un peu optimistes peut-être sur une résolution du conflit qui ne devait pas durer si longtemps.
06:23On voyait que ça a baissé gentiment.
06:24Et puis on a l'impression que ça s'accélère Zakaria.
06:26On démarre avec vous.
06:28Avec moins de 2% aujourd'hui, on quitte le niveau des 7800 points sur le CAC 40 par exemple.
06:32Et on voit qu'il y a quand même toute la cote qui est en rouge aujourd'hui.
06:35Il n'y a pas tellement de valeur refuge en ce moment.
06:37Alors oui, effectivement, parce que le scénario de risque est en train de se dessiner
06:41et que les différentes banques centrales ont décrit, sans peut-être en citer le mot,
06:47c'est le scénario de stagflation.
06:48On a un scénario où l'inflation est beaucoup plus élevée que la cible,
06:53où la croissance est plutôt modérée.
06:56Donc dans ce scénario-là, en fait, si on sort les bouquins académiques de finances,
07:01l'actif refuge, l'actif qui fonctionne le mieux dans ce scénario-là, c'est le cash.
07:05Donc en fait, le phénomène auquel on est en train d'assister,
07:10c'est un phénomène de dégrossine dans lequel les investisseurs,
07:13qui semblaient s'inscrire dans un scénario très optimiste,
07:18avec un positionnement qui était très positif sur les actifs risqués depuis un certain temps,
07:24en jouant sur une tendance, sur un momentum qui est plutôt positif,
07:28en fait, ils se rendent compte de la réalité de la situation
07:31et du potentiel scénario de risque qu'on voit à l'horizon.
07:35Et du coup, on est en train d'assister à une vente des actifs risqués
07:39et un refuge vers le cash,
07:42et non pas d'autres actifs-refuges qu'on a pu connaître,
07:45tels que l'or, tels que les obligations d'État,
07:48qui, dans un scénario de stagflation, ont du mal à jouer ce rôle.
07:52Oui, et donc ça baisse, on a l'impression que tout le monde commence à regarder vers la sortie.
07:57Et voilà, et à peu près sur tous les actifs.
07:59François Rimeau, le mot-clé qu'on entend partout,
08:02c'est la durée de ce conflit.
08:05Je le disais, on espérait quelque chose d'assez rapide.
08:07En général, la guerre, c'est jamais très très rapide.
08:10C'est le problème, c'est que le temps est notre ennemi dans cette situation-là,
08:12et chaque jour, on n'a pas de résolution.
08:14C'est un jour de danger en plus pour les marchés.
08:17On revoit les scénarios de manière négative,
08:19donc l'impact sur l'inflation, donc l'impact sur la croissance.
08:22Et comme jour après jour, il semblerait que la situation s'envenime,
08:26qu'on perde encore de plus en plus d'offres,
08:28que ce soit de gaz ou de pétrole,
08:30qu'on se rende compte que ça va prendre de plus en plus de temps
08:33pour revenir à la situation initiale, si jamais on y revient,
08:36qu'on se rend compte qu'il va peut-être falloir même plusieurs années
08:38à certains endroits pour retrouver les capacités de production
08:41sur le gaz au Qatar, par exemple.
08:43Forcément, on revoit les scénarios de manière négative,
08:46et là où la lecture des marchés était effectivement très optimiste,
08:48au départ, en se disant, de toute façon, on connaît Trump,
08:52il va vouloir arrêter dès qu'il y aura un peu de...
08:54que ce soit un peu douloureux pour l'économie américaine,
08:57on se rend compte que c'est plus compliqué que ça,
08:59parce qu'il faut être deux pour s'arrêter,
09:01et c'est difficile de trouver un terrain d'entente,
09:05et on se rend compte que le côté « j'achète les baisses »,
09:08ce qui fonctionne depuis des années,
09:10dès que les marchés perdent 5%, il faut les acheter parce que ça rebondit,
09:13là aussi c'est plus compliqué parce qu'on est dans un scénario
09:15où potentiellement c'est quand même très disruptif pour l'économie,
09:17on parle d'une perte d'offres très importante sur les marchés énergétiques,
09:21et on n'a pas de solution de remplacement,
09:24donc on sait que ça peut être douloureux,
09:27et effectivement un scénario de stagulation,
09:29après ça dépendra de la réaction des États en face,
09:31est-ce qu'on aura comme d'habitude une réaction de dépense budgétaire supérieure
09:36pour faire en sorte que l'impact sur l'économie ne soit pas trop fort ou pas,
09:40donc ça donnera des conséquences très différentes sur le côté stagulationniste ou non,
09:44mais c'est évidemment très négatif pour l'ensemble de l'économie,
09:47et négatif pour les actifs risqués.
09:49Là on est encore dans le choc, on n'a pas encore pricé,
09:51quoique certains commencent à faire tourner les moulinettes,
09:53un pétrole durablement élevé autour des 100 dollars,
09:56en tout cas ce qui a mis le feu au poudre sans vrai jeu de mots,
09:58c'est les frappes israéliens sur le site gazier iranien de South Park,
10:01c'est un principal gisement de gaz du pays,
10:04dont les réserves s'élèvent à 14 000 milliards de mètres cubes,
10:07Téhéran qui a ciblé ses installations énergétiques,
10:09au Qatar en Arabie Saoudite,
10:12bien sûr le WTI a été plutôt épargné,
10:1496 dollars le baril,
10:16mais le Brent a progressé encore vers 114 dollars,
10:19et puis le Qatar qui confirme également d'importants dégâts
10:22de son terminal de GNL,
10:24le plus grand du monde,
10:25qui représente 20% des exportations mondiales de GNL.
10:29Donald Trump qui déclare qu'en cas de réponse iranienne,
10:33les Etats-Unis détruiront massivement
10:35l'intégralité du champ gazier de South Park
10:37avec une puissance jamais vue auparavant par l'Iran.
10:40On disait, oui, apaisement, pas forcément.
10:42Oui, il est sûr de perdre la midterm election s'il fait ça,
10:44donc je pense qu'à la limite, il réfléchit vraiment de manière,
10:48mais comme d'habitude, de manière très impulsive,
10:51et sans vraiment mesurer les conséquences.
10:53En tout cas, cette guerre déclarée contre l'Iran,
10:57globalement, on voit bien que l'administration américaine,
10:59ça fait très longtemps que globalement,
11:01ils regardent l'Iran comme étant une menace possible.
11:05Là, globalement, ils ont franchi le pas,
11:07sans trop savoir où ils mettaient les pieds par ailleurs.
11:08Donc on pense que, et là je rejoins, finalement,
11:10ce qui a été dit, c'est que le conflit est parti pour durer,
11:13parce qu'en fait, on ne connaît pas fondamentalement,
11:15d'ailleurs, les objectifs à atteindre.
11:16C'est un peu problématique,
11:18et c'est finalement ça aussi que price le marché.
11:20Mais pour revenir sur ce qui a été dit,
11:21il y a le mot de stagflation qui a été prononcé,
11:24et j'aimerais juste citer Jérôme Powell hier,
11:26qui, durant la conférence de presse,
11:29proposait de laisser de côté, finalement,
11:30ce terme stagflation qui collait véritablement
11:32à la situation des années, des années 70,
11:34au moment des deux chocs pétroliers,
11:36où on avait une inflation à deux chiffres,
11:37un taux de chômage à deux chiffres,
11:38et une croissance quasiment nulle,
11:40pour ne pas dire, de récession.
11:41Là, même, quand on regarde les scénarios de risque
11:45publiés par la BCE,
11:46juste après la conférence de presse de Madame Lagarde,
11:48on n'est pas encore dans cette thématique-là.
11:50L'inflation monte, certes,
11:51mais on n'est pas sur une inflation à deux chiffres.
11:52On n'est pas du tout sur l'inflation de 2022,
11:55qui avait tutoyé les 10% en Europe.
11:56On n'est pas encore dans ce scénario-là,
11:58puisque la grande différence, fondamentalement,
12:00me semble-t-il,
12:01c'est que, certes, on a des destructions
12:04sur l'appareil productif,
12:05notamment énergétique,
12:06dans le golfe Persique,
12:08mais quand on regarde, finalement,
12:09ce qui transite par Hormuz,
12:10et notamment pour aller, finalement, en Europe,
12:12prenons le Qatar et le GNL,
12:14c'est 8%, en fait.
12:15C'est très peu.
12:16Donc, en fait, on n'est pas du tout dans la thématique...
12:17Donc, tu n'as pas la même ampleur, finalement, qu'en 2022 ?
12:19En fait, ce n'est pas le même choc.
12:20C'est un choc sur les prix,
12:21ce n'est pas un choc sur les quantités de la même nature.
12:24N'oublions pas que, finalement,
12:24le gaz russe,
12:25qui arrivait de manière massive, finalement,
12:27en Europe et qui fournissait l'Europe en gaz,
12:29du jour au lendemain,
12:30enfin, du jour au lendemain,
12:30j'exagère un peu,
12:31mais on a eu subitement, finalement,
12:33une interruption du gaz russe
12:35qui représentait une quantité tout à fait substantielle
12:38de l'énergie,
12:39en tout cas du gaz consommé en Europe.
12:40Et donc, finalement,
12:41on n'est pas dans la même thématique,
12:42encore une fois.
12:43L'Europe a tiré, quelque part,
12:45les leçons, finalement,
12:45de cette situation
12:46en diversifiant de manière tout à fait significative
12:49son approvisionnement en gaz.
12:50On s'approvisionne en Algérie,
12:51on s'approvisionne, effectivement,
12:52en Norvège, aux États-Unis.
12:54Et donc, aujourd'hui, finalement,
12:55la situation est difficile,
12:56la situation est difficile
12:57parce qu'on ne sait pas où on va,
12:59en quelque sorte,
12:59on a une forme d'amateurisme complète
13:01vis-à-vis, finalement,
13:02de l'administration américaine
13:03de la part, vis-à-vis de cette guerre.
13:05Et, globalement,
13:05c'est ça qui effraie les marchés.
13:06Mais ça les effraie, finalement,
13:08dans une certaine mesure.
13:09Quand vous regardez les mesures de vol implicites,
13:10globalement, ça monte,
13:11mais on n'est pas non plus, finalement,
13:13sur un scénario
13:14de sortie de route massive des marchés.
13:16C'est compliqué,
13:17et si, effectivement,
13:18ça s'installe dans le temps,
13:19ça va générer des ralentissements
13:22significatifs de la croissance.
13:23Mais, là encore,
13:24personne ne sait.
13:25On n'est pas encore à l'abri
13:26d'une surprise,
13:27là encore et maintenant,
13:28de l'administration américaine,
13:29décidant, finalement,
13:30que le conflit doit s'arrêter
13:32puisque les dommages, globalement,
13:33vont être beaucoup plus importants
13:34aux Etats-Unis
13:35qu'ils ne le seront, finalement,
13:36pour Téhéran.
13:37Oui, ils pensaient être épargnés,
13:38mais, à un moment,
13:39quand même,
13:39ça va mordre sur le prix du galon.
13:41Mais ça va mordre déjà.
13:41Donc, on a plus de 20%
13:43depuis le début du conflit.
13:44On a des données, en fait,
13:45journalières et même hebdomadaires
13:47qui sont publiées
13:47par les administrations américaines
13:49chargées, effectivement,
13:49de monétorer les prix d'énergie
13:50sur le prix du diesel, notamment,
13:53qui est essentiel
13:54pour le transport, effectivement,
13:55aux Etats-Unis,
13:56qui est un secteur absolument essentiel.
13:59Eh bien, on a déjà,
13:59quasiment plus de 20% d'augmentation
14:01depuis le début de la crise.
14:03On n'aura plus d'effet, finalement,
14:04qu'avec Liberation Day,
14:05avec les tarifs ?
14:06Ce n'est pas les mêmes effets,
14:08en fait,
14:08et ça ne s'accroît pas
14:08tout à fait dans la même timeline,
14:11si je puis dire.
14:12Mais, ce qui est certain,
14:13c'est que vous touchez directement,
14:15en fait,
14:16au portefeuille des Américains
14:18via, effectivement,
14:19le canal de l'énergie,
14:20via le canal du prix du galon.
14:21Et, vous l'avez dit,
14:22pour des objectifs
14:22qui ne sont pas très clairs,
14:24en tout cas,
14:25vu des Etats-Unis.
14:27Zacharias,
14:27on fait la transition tout de suite,
14:29donc, justement,
14:29avec la réaction des banques centrales.
14:32Pour l'instant,
14:32on était sur une dynamique
14:33plutôt de baisse.
14:35Voilà.
14:36Que ce soit aux Etats-Unis,
14:37on parlait même de jumbo cuts.
14:38Je pense qu'ils sont passés
14:39un peu à la trappe.
14:40On verra avec Kéhu Noir.
14:42Là, on est plutôt sur
14:43un changement complètement
14:44de paradigme.
14:45Mais, pour l'instant,
14:46l'ensemble des banques centrales
14:47restent sur un statu quo.
14:48On observe la situation.
14:50Oui, je pense que le maître mot,
14:51en fait,
14:51pour les banquiers centrales,
14:52c'est acheter du temps,
14:53en fait.
14:55C'est le statu quo.
14:57Alors, il est exprimé
14:58de façon plus ou moins agressive
14:59selon les banques centrales.
15:01Je pense notamment
15:02à la Banque d'Angleterre
15:03qui a envoyé un signal
15:06particulièrement virulent.
15:07On va dire que,
15:07peut-être qu'il y a
15:09la mémoire de 2022 en tête
15:11qui a poussé
15:12à une communication
15:14un peu plus agressive.
15:15Mais, globalement,
15:16quand on le voit,
15:17dans différentes configurations,
15:19on avait des banques centrales
15:20dans différentes configurations.
15:22Et toutes ces banques centrales-là,
15:24ils prennent axe
15:25du fait que,
15:26si je cite Powell,
15:27c'est « we just don't know ».
15:29On ne sait pas
15:30à aujourd'hui,
15:31compte tenu de l'incertitude
15:33sur la durée
15:36du conflit,
15:37quel va être l'impact
15:38sur l'inflation
15:39et sur la croissance.
15:40Et le deuxième point,
15:41effectivement,
15:41je rejoins mon confrère,
15:43on n'est pas
15:44dans la configuration
15:44de 2022.
15:452022,
15:46on est entré
15:47dans une situation
15:47où on sortait
15:49des années...
15:50On avait encore
15:51les effets très positifs
15:53de la relance
15:54sur la demande
15:55fiscale,
15:56que ce soit aux US
15:57ou en Europe.
15:58Et, en fait,
15:59on est rentré
15:59avec une demande
16:00qui était très élevée.
16:01Aujourd'hui,
16:02en fait,
16:02on est dans une configuration
16:03de marché
16:04où la demande est là,
16:05mais avec une dynamique
16:06qui était plus faible
16:08sur certaines économies.
16:10c'est pour ça aussi
16:11qu'on parlait
16:11de baisse de taux,
16:13je pense notamment
16:14au Royaume-Uni,
16:15potentiellement aux Etats-Unis,
16:16dans différentes économies.
16:19Et, en fait,
16:22c'est pour ça
16:23qu'on a cette incertitude
16:25sur l'impact
16:26de hausse des prix
16:27de l'énergie,
16:28comment cet impact
16:28va se diffuser
16:29dans l'économie.
16:30Dans une économie
16:31où vous avez
16:31un marché de l'emploi
16:32qui est complètement tendu,
16:34on voit qu'il y a
16:35ces fameux effets
16:36de second tour,
16:37notamment sur la hausse
16:38des salaires,
16:39dans la configuration actuelle,
16:40je ne suis pas sûr
16:41que l'impact
16:42soit aussi important,
16:43aussi massif
16:44sur ces effets
16:45de second tour
16:46sur l'inflation.
16:46Et c'est pour ça
16:47que le maître mot,
16:48encore une fois,
16:49pour les banques centrales,
16:50c'est patience,
16:51c'est faire attendre
16:51les marchés,
16:52ouvrir de l'optionalité
16:53dans les différents scénarios.
16:55C'est-à-dire que le prochain,
16:56si la guerre s'arrête demain
16:57et si, finalement,
16:59les prix de l'énergie
17:00rebaisent très fortement,
17:01eh bien, en fait,
17:02la BCE,
17:03notamment aujourd'hui,
17:04a présenté trois scénarios.
17:05On revient vers
17:05le scénario de base
17:06et il n'y a pas lieu
17:07de monter les taux d'intérêt,
17:09mais il faut garder
17:10cette optionnalité,
17:11on va dire,
17:12à court terme,
17:12en tout cas,
17:13où les banques centrales
17:15s'achètent un peu de temps.
17:15On va voir les différents scénarios
17:17dans un instant.
17:17François-Rémeau,
17:18juste sur la Fed,
17:19il regarde évidemment l'inflation,
17:20il regarde également l'emploi.
17:21On est très attentifs
17:23à ce qui se passe
17:23du côté des jobs.
17:24Oui, ça,
17:25c'est pas nouveau.
17:26La Fed,
17:26elle est stressée
17:27sur le marché de l'emploi
17:28depuis maintenant
17:28de longs, longs trimestres,
17:31avec des signaux
17:32qui ont été inquiétants
17:33depuis un moment,
17:33même à l'été 2024,
17:36on avait déjà
17:36des premiers signaux inquiétants
17:37qui avaient amené
17:38à des baisses de taux.
17:39Donc ça fait longtemps
17:39que la Fed est inquiète
17:40sur l'emploi.
17:41On est dans un espèce
17:42d'équilibre précaire
17:43sur l'emploi
17:44où finalement,
17:44il y a peu de licenciements
17:45mais il y a très peu
17:46d'embauches en face.
17:47On ne crée pas d'emplois
17:48mais on est quand même
17:49sur un pseudo équilibre
17:50qui fait que le nombre
17:51d'inscriptions au chômage
17:52ne bouge pas,
17:52que l'inflation salariale
17:53reste finalement
17:55encore assez élevée
17:56même si elle diminue,
17:57etc.
17:59Donc la jauge de stress
18:00sur l'emploi de la Fed,
18:01elle bouge graduellement
18:03et aujourd'hui,
18:03la Fed nous dit
18:05qu'entre le risque
18:06sur l'emploi d'un côté
18:07et le risque
18:07sur l'inflation de l'autre,
18:09ce n'est pas vraiment
18:09lequel des deux
18:09est le plus important.
18:10Donc ils sont évidemment embêtés
18:12et ils n'ont d'autres choix
18:13aujourd'hui
18:14que de dire
18:16on ne sait pas
18:16et on verra.
18:18Effectivement,
18:19les scénarios
18:19peuvent être très différents
18:20les uns des autres
18:21donc il n'y a aucune raison
18:22pour une banque centrale
18:23aujourd'hui
18:23de se, entre guillemets,
18:24corneriser sur un scénario
18:25X ou Y.
18:26Mme Bruxerton,
18:27vous avez bien sûr
18:28vu les paroles
18:30tonalysés ?
18:31Dans son anglais parfait ?
18:33Quels sont les messages
18:35importants
18:35que vous avez retenus
18:36ou des petites phrases
18:37peut-être ?
18:38Elle est partie avant la fin
18:39surtout
18:40pour prendre son avion
18:41pour aller à Bruxelles
18:43c'est ce qui n'est jamais vu
18:44mais enfin bon
18:44non mais globalement
18:45elle est sur la même tonalité
18:46globalement
18:47que ses confrères
18:48alors il y a une configuration
18:49un peu particulière
18:50finalement pour l'Europe
18:51c'est que
18:52autant c'est vrai
18:52il y a une dynamique
18:53et ça a été parfaitement décrit
18:55aux Etats-Unis
18:56une inquiétude
18:56sur le marché du travail
18:57une inquiétude finalement
18:58sur l'inflation
18:58ce qui fait que
18:59on ne sait pas trop
19:00finalement
19:00avec une fonction de réaction
19:01qui est vraiment bicéphale
19:02aux Etats-Unis
19:03que faire ?
19:05Le marché finalement
19:06lui voit encore
19:07une petite baisse de taux
19:09d'ici la fin de l'année
19:09les projections médianes
19:11projettent effectivement
19:12une baisse de taux
19:13et quand on regarde
19:14la zone euro
19:15avec une révision
19:16à la baisse de la croissance
19:17donc ce qui a été annoncé
19:18par Christine Lagarde
19:19de 1,2 à 0,9
19:20une révision significative
19:22à la hausse finalement
19:22de l'inflation
19:24mais pas du sous-jacent
19:25donc ça c'est quand même important
19:26donc ça rejoint
19:27ce que disait Zakaria
19:27donc les effets de second tour
19:29manifestement
19:29à ce stade
19:30encore une fois limité
19:31on a le marché
19:32qui anticipe
19:32deux hausses de taux
19:33et donc là finalement
19:35d'ici la fin de l'année
19:36pour la banque centrale européenne
19:38donc on passerait
19:38de 2 à 2,5%
19:40alors même que
19:41et c'est là où véritablement
19:42je trouve que Christine Lagarde
19:43a peut-être manqué
19:43finalement quelque chose
19:44c'est de réancrer
19:45les anticipations
19:46des anticipations de taux
19:47dans la mesure où
19:48nous faisons face
19:49à un choc d'offres
19:50un choc d'offres négatif
19:51finalement
19:52qui pourra davantage
19:53poser sur l'activité
19:54qu'il ne pèsera
19:54sur l'inflation
19:55puisque ça va être du coup
19:56si on a encore une fois
19:57cette temporalité
19:59qui va jouer
19:59et qui va être déterminante
20:01sur la trajectoire
20:02de l'inflation en Europe
20:03et de l'activité
20:04je pense qu'on aura
20:05beaucoup plus d'impact
20:06et ça a été quand même
20:07relevé par Christine Lagarde
20:08sur la croissance
20:09qu'il y en aura finalement
20:10sur l'inflation sous-jacente
20:11et in fine
20:11sur les effets de second tour
20:12et donc là je trouve
20:14que finalement
20:14la manquée de conviction
20:15pour pouvoir ancrer
20:16ces anticipations de marché
20:17qui commencent à avoir
20:18un durcissement
20:19de la politique monétaire européenne
20:20alors même que
20:21on sait parfaitement
20:22que ça ne marchera pas
20:23enfin si on a affaire
20:23un pur choc d'offre
20:24et par ailleurs
20:25ce qui est quand même
20:26très étonnant
20:27et ça a été rappelé par Pauline
20:28on a déjà les taux longs
20:29qui en fait réagissent
20:30c'est-à-dire qu'en gros
20:31on a la partie longue
20:31de la courbe
20:32qui monte
20:33les taux allemands
20:34montent et atteignent 3%
20:36ça fait déjà une partie
20:37du travail de restriction monétaire
20:39donc au fond
20:40et là je trouve
20:41que c'est là où
20:42elle a manqué peut-être
20:42un peu de conviction
20:44à essayer d'encadrer
20:46puisque c'est ce qui finalement
20:47c'est le job
20:48un peu d'une banque centrale
20:49d'ancrer les anticipations
20:51pour pas effectivement
20:52se retrouver cornerisé
20:53à devoir ramer
20:54dans l'autre sens
20:54si jamais effectivement
20:55le marché va trop loin
20:56dans ses attentes
20:57d'accord
20:58alors il dit
20:58d'être un peu plus
20:59d'ovish c'est ça ?
21:00un peu plus incisif je dis
21:01donc pas d'ovish
21:02mais être beaucoup plus clair
21:03finalement sur la nature du choc
21:04et sur finalement
21:05les conséquences possibles
21:07et elle avait tout le chiffrage
21:08possible par ailleurs
21:09pour l'appuyer
21:10bon elle allait prendre son avion
21:11donc voilà
21:12elle a pu ça
21:14Zachara justement
21:14si on détaille
21:15les différents scénarios
21:17qui sont évoqués
21:18du côté de la banque centrale
21:19est-ce que vous pouvez
21:20nous le résumer ?
21:23oui bien sûr
21:23donc en fait
21:25la banque centrale
21:26a présenté deux choses
21:27d'une part
21:28des projections
21:30de son staff
21:30qui
21:31en prenant en compte
21:33les éléments actuels
21:34ce qui est fait important
21:36et qui nous rappelle
21:36un peu 2022
21:37c'est que finalement
21:38ils ont pris les données
21:39du marché
21:39après la hausse
21:41de l'énergie
21:42dans un schéma
21:43de fonctionnement normal
21:44ils s'arrêtent aux données
21:45à fin février
21:45pour inclure
21:47en fait
21:48cet impact
21:49sur la croissance
21:49en grande demande
21:50ils ont pris en compte
21:51l'actualité très très récente
21:52exactement
21:52c'est arrêté au 11 mars
21:54de mémoire
21:54et donc en fait
21:56on voit
21:56on voit un impact
21:58modéré
21:59sur l'inflation
22:00un impact très modéré
22:01sur l'inflation
22:02corps
22:02et puis une inflation
22:04une inflation
22:05corps
22:06qui revient
22:07quelque part
22:07vers l'objectif
22:08des 2%
22:082,1 de mémoire
22:10à l'horizon
22:10de prévision
22:14à côté de ça
22:15ils ont intégré
22:16en plus
22:16ils ont communiqué
22:17en plus
22:18sur un scénario
22:19adverse
22:20c'est un scénario sévère
22:21donc en fait
22:22on revient
22:23sur une logique
22:23avec des scénarios
22:25ils n'ont pas
22:26probabilisé
22:26ces scénarios
22:27donc ça
22:27c'est aux acteurs
22:29de marché
22:29de mettre
22:29une probabilité
22:30en fonction
22:31de la vue
22:32qu'on a sur le marché
22:33de l'énergie
22:33en particulier
22:34du coup
22:34par rapport
22:34à ce qui se passe
22:35au Moyen-Orient
22:35on a un scénario
22:37on va dire sévère
22:38où vous avez une hausse
22:39de l'inflation
22:40qui reste somme toute
22:41assez modérée
22:42une inflation headline
22:43une inflation totale
22:44mais une inflation corps
22:45qui reste très très modérée
22:46et un scénario
22:47sévère
22:48où on voit
22:48l'inflation headline
22:49monter de façon
22:50très massive
22:51au-delà des 6%
22:52pour revenir
22:53de façon
22:55assez rapide
22:56plus vers
22:58l'objectif
23:00ce qui est
23:01frappant
23:02dans ces scénarios là
23:02c'est que
23:03même dans le cas
23:04d'une hausse forte
23:06de l'inflation
23:07la BCE
23:08ne voit pas
23:09en fait de récession
23:10ne voit pas
23:10d'impact
23:12sur la croissance
23:13et ça c'est un élément
23:13assez intéressant à voir
23:14c'est dans le sens
23:15où quelque part
23:16en fait
23:17il y a cette logique
23:18derrière
23:19de temporalité
23:20que soulignait Mabrouk
23:21sur l'inflation
23:23comme un choc d'offres
23:24one-off
23:25sur lequel on verra
23:27l'impact
23:27sur une année
23:28et après
23:29on va avoir
23:30en fait un retour
23:31sur le prix
23:33sur les niveaux de prix
23:34une stabilisation
23:35du niveau de prix
23:36à l'horizon
23:37des 2028
23:38c'est vrai qu'on parle
23:39beaucoup du pétrole
23:39mais il faut dire
23:40qu'il y a beaucoup
23:41de secteurs connexes
23:41qui sont
23:43touchés
23:44l'aluminium
23:45tous ceux qui sont
23:46intensifs
23:46on a bien sûr
23:46le tourisme
23:47on a bien sûr
23:48voilà
23:50et puis après
23:50effectivement
23:51si on avait
23:51l'effet de second tour
23:52et de l'inflation
23:53il y a tout le secteur
23:54de la construction
23:54l'immobilier
23:55qui n'était pas
23:55en bonne forme
23:56mais qui commençait
23:56à se relever
23:57qui pourrait être
23:57à nouveau plombé
23:58donc en fait
23:59c'est vrai que
23:59cette inquiétude
24:00elle se diffuse
24:00on a l'impression
24:01par vague
24:02François Rime
24:02il joue quand même
24:03beaucoup de secteurs
24:04oui alors
24:04juste après
24:05pour revenir deux minutes
24:07sur ce que price
24:07le marché aujourd'hui
24:08quand on voit
24:08que les taux longs
24:09se tendent
24:10et qu'on se met
24:11à anticiper
24:11deux voire
24:13trois hausses de taux
24:14en Europe
24:15au UK
24:15ça s'est bien tendu
24:17ce matin
24:18je pense que le marché
24:19a aussi la mémoire
24:20de ce qu'ont fait
24:20les gouvernements
24:21lors des précédentes crises
24:22et ce qu'ont fait
24:23les gouvernements
24:23c'est qu'ils ont
24:26garanti entre guillemets
24:27que la croissance
24:29ne s'écrôlerait pas
24:30et la réponse
24:31a toujours été la même
24:31ça a été d'imprimer
24:32et de faire des déficits
24:33budgétaires très importants
24:34et ça a été rappelé
24:36par Christine Lagarde
24:37aujourd'hui
24:37c'est qu'elle dit
24:39qu'elle aimerait
24:40que les aides budgétaires
24:42et fiscales
24:42soient ciblées
24:43dans le temps
24:43donc on sent bien
24:44que sa crainte sous-jacente
24:45c'est que ce soit
24:46trop important
24:47et qu'on se retrouve
24:48dans un scénario
24:48un peu similaire
24:50à ce qu'on a connu
24:51en 2022
24:52on n'est pas sûr
24:53que c'est ce qui va arriver
24:54mais c'est peut-être
24:54une partie de ce que
24:55les marchés anticipent
24:56et si jamais
24:57on était dans le cas
24:58où on a encore
24:592, 3, 4% de PIB
25:00qui sont mis sur la table
25:01pour faire en sorte
25:02que ce soit moins douloureux
25:04pour les ménages
25:05et pour les entreprises
25:06à ce moment-là
25:07on est dans un scénario
25:08où l'impact sur la croissance
25:09est moins fort
25:09et à ce moment-là
25:10les marchés ont sans doute raison
25:11d'aller tendre
25:12des parties longues de courbe
25:13et sans doute que la BCE
25:14serait dans une situation
25:16où elle n'aurait
25:16d'autres solutions
25:17que de monter les taux
25:18je ne dis pas
25:19que c'est ce qui va se produire
25:20mais ce n'est pas illogique
25:21que les marchés
25:22aient cette mémoire-là
25:23parce qu'on sent bien
25:24que c'est clairement
25:25une possibilité
25:26on a vu l'Italie
25:26annoncer déjà
25:28baisser les taxes
25:29sur le pétrole
25:29alors ce n'est pas très important
25:30c'est 500 millions d'euros
25:31pour le moment
25:32mais imaginons
25:32que ça dure un mois
25:33un mois et demi
25:34deux mois
25:35et si on se retrouve
25:36fin mai dans la même situation
25:37on verra que là
25:38où on dit qu'aujourd'hui
25:39on n'a pas vraiment
25:40de marge budgétaire
25:41pour intervenir
25:41on se rendra compte
25:42que dans un moment
25:43dans deux mois
25:43tout d'un coup
25:44on aura trouvé
25:44des marges budgétaires
25:45parce que si tout le monde
25:46fait la même chose
25:46au même moment
25:47on trouve toujours
25:47ces marges budgétaires
25:48on l'a connue
25:49lors des crises précédentes
25:50donc ça explique je pense
25:51une partie du pricing actuel
25:52effectivement
25:53si on n'a aucune réaction
25:54des états
25:54il est probable
25:55que les faits soient récessifs
25:56il n'y a pas besoin
25:56de monter les taux
25:57mais il y a des scénarios
25:58où ce n'est pas impossible
26:00cela dit
26:00l'augmentation des taux d'intérêt
26:02notamment sur la partie
26:03longue de la courbe
26:04quand on commence
26:05à la décomposer
26:05un tout petit peu
26:06donc il y a une énorme
26:07contribution bien sûr
26:08des anticipations d'inflation
26:09quand on regarde
26:10la partie nominale
26:10mais quand on regarde
26:11finalement la partie
26:12taux réel
26:13ça baisse
26:14et là
26:15ça baisse en Europe
26:16ça baisse partout
26:18ça baisse appuyant partout
26:19donc en tout cas
26:20les taux réels
26:21ils ont quand même baissé
26:22par rapport
26:23les taux réels longs
26:24à 10 ans
26:25en tout cas
26:27en Europe ça a baissé
26:28en fait notre lecture
26:29consiste à dire
26:29que si vous avez
26:30une baisse des taux réels
26:31globalement ce qui se passe
26:32c'est que vous avez
26:32aussi en sous-jacent
26:33moins de croissance
26:34donc à un moment donné
26:35le pricing finalement
26:36la lecture
26:38qui consiste à dire
26:38si on a plus de taux
26:39ça veut dire qu'on aura
26:40plus de dépenses budgétaires
26:41à un moment donné
26:42je trouve que pour le moment
26:43ce n'est pas encore
26:44tout à fait le cas
26:44la majeure partie
26:45de la hausse des taux
26:46que l'on voit
26:47sur la partie nominale
26:48sur la partie longue de la courbe
26:48ça vient finalement
26:49encore une fois
26:50de ce pricing d'inflation
26:50les taux réels
26:52ne sont pas du tout
26:53entre guillemets en phase
26:53avec l'idée
26:55d'une augmentation
26:56de la dépense publique
26:57qui viendrait soutenir
26:57finalement l'activité
26:58en fait c'est ça justement
26:59que le marché price
27:00il n'y a quand même
27:00plus de risques
27:01et là je pense qu'on sera
27:02tous d'accord là-dessus
27:02sur la croissance européenne
27:04qu'il n'y en a finalement
27:05sur la croissance américaine
27:06et finalement
27:07on le voit bien
27:07dans le chiffrage
27:08qui a été publié hier
27:09par la Fed
27:10ils ont revu à la hausse
27:12leur croissance
27:12alors on ne sait pas
27:12ce qu'ils ont pris
27:13en fait comme hypothèse
27:14alors ça ça paraît
27:15quand même un peu surprenant
27:15au moins le statu quo
27:162-3
27:17donc ils sont passés
27:17à 2-4
27:18alors même qu'en Europe
27:19on révise à la baisse
27:19donc l'Europe finalement
27:21ce que fait la BCE
27:21c'est en phase avec
27:22finalement le pricing
27:24de marché
27:24sur les perspectives
27:25de croissance
27:26les perspectives d'inflation
27:27et les conséquences
27:27sur l'activité économique
27:29aux Etats-Unis
27:29on se dit mais cette économie
27:31marche sur l'autre
27:32c'est-à-dire qu'en gros
27:32il n'y a rigoureusement
27:34rien qui peut l'atteindre
27:34donc il y a beaucoup plus
27:35finalement de fragilité
27:36en zone euro
27:37avec bien évidemment
27:38le débat budgétaire
27:39au fond
27:40qui va se poser
27:41et avec dans certains pays
27:43aucune marge de manœuvre
27:44alors le Portugal dégage
27:45des excédents budgétaires
27:46ça c'est quand même fantastique
27:47en France on est encore
27:48dans une situation déficitaire
27:49qui laisse assez peu
27:50de marge de manœuvre
27:50pour pouvoir aller défendre
27:51le pouvoir d'achat des ménages
27:52donc on va voir
27:53comment tout ceci
27:54va se décliner
27:57est-ce que les banques centrales
27:58vont réutiliser
27:59l'arme du bilan
28:01a priori
28:01il y a très peu de chances
28:02en tout cas à ce stade
28:03c'est pas du tout
28:04ce qu'anticipe le marché
28:05effectivement
28:07monsieur on va profiter
28:08bien sûr de votre présence
28:08aussi
28:10éminent stratégiste
28:11pour vous demander
28:12ce qu'on fait
28:12sur les actifs
28:14sur son allocation
28:15est-ce qu'elle est bouleversée
28:16alors on a
28:17vous l'avez rappelé
28:18cash is king
28:19dans ces situations
28:21on le voit
28:21d'ailleurs pour beaucoup
28:22de gens qui sont en train
28:23peut-être de
28:24de jeter par-dessus bord
28:25ce qui avait bien monté
28:26de faire du cash
28:27est-ce que ça change
28:29fondamentalement
28:29les allocations
28:30on se souvient
28:31qu'on était en pleine
28:32rotation sectorielle
28:33avant
28:34avant cet épisode
28:37de guerre
28:37qui paraît
28:38qui va durer
28:38qu'est-ce qu'on fait
28:40aujourd'hui ?
28:40qu'est-ce qu'on fait
28:41aujourd'hui ?
28:42c'est une très bonne question
28:44ce qu'on peut
28:45en fait il faut
28:46il y a deux éléments
28:47le premier
28:48c'est de dire
28:49quand on regarde
28:50les épisodes précédents
28:51on va dire
28:51de l'administration Trump
28:52on a l'impression
28:53qu'il y a un seuil
28:54de douleur
28:54sur le côté économique
28:56ou tout ce qui est lié
28:57d'une façon
28:57ou d'une autre
28:58aux élections
28:58ou à l'opinion publique
29:00et la vue sur Trump
29:01qui limitent quelque part
29:05la durée
29:05on va dire
29:06de l'impact
29:06sur les marchés
29:08on aurait donc
29:09ce fameux
29:10taco trade
29:10une fois de plus
29:11taco pour l'éconyme
29:12maintenant il faut
29:13prendre acte
29:13du fait que
29:16il se dégonfle
29:18finalement
29:18il se dégonfle
29:18on voit que
29:20le chemin
29:22n'est pas
29:22aussi court
29:23que les dernières fois
29:23c'est-à-dire que
29:24si on regarde
29:24le Grand Land
29:25on regarde le Venezuela
29:26on regarde même l'Iran
29:27l'année dernière
29:27on est sur des épisodes
29:29très courts
29:30là en fait
29:30on voit que
29:31la porte de sortie
29:32notamment ce que
29:33soulignait mon confrère
29:34c'est qu'aujourd'hui
29:35la porte de sortie
29:35ne dépend plus que de Trump
29:36il faut au moins
29:38deux parties
29:39pour aller là-dessus
29:40donc en fait
29:41on prend acte
29:42c'est que même si Trump
29:43aujourd'hui disait
29:43bon finalement
29:45voilà
29:45on atteint nos objectifs
29:46on sait pas trop
29:48quels étaient
29:49mais voilà
29:49et on arrête là
29:50l'Iran
29:51il faudrait continuer
29:52à avoir un pouvoir
29:53de nuisance dans la zone
29:54tout à fait
29:55donc en fait
29:56on voit pas
29:57la situation cible
29:58se régler
29:59si les deux parties
30:00ne sont pas
30:03on va dire
30:04il y a un niveau
30:05de rationalité
30:05où ils réfléchissent plus
30:07à leur intérêt
30:08plutôt qu'une posture
30:10d'escalade
30:11mais maintenant
30:12il faut prendre acte
30:12du fait que
30:13la volatilité augmente
30:14que les niveaux de risque
30:15augmentent
30:15que les mouvements
30:16journaliers
30:17sur les actifs
30:18sont plus élevés
30:19et donc ça
30:20ça induit quoi ?
30:21ça induit de recalibrer
30:22quelque part
30:23un peu les portefeuilles
30:23de telle façon
30:24à pouvoir en fait
30:26maintenir une position
30:27sur la durée
30:28c'est-à-dire que
30:29le pire des scénarios
30:30aujourd'hui
30:30que vous pouvez avoir
30:31c'est ce qu'on appelle
30:33un gap risk
30:33c'est-à-dire que
30:34en fait vous avez
30:35un mouvement extrêmement fort
30:36sur un actif
30:38sur une journée
30:39vraiment sur
30:40une news
30:41sur une information
30:42ce qu'on a pu
30:43par exemple
30:43vivre pendant
30:45la période
30:45de Liberation Day
30:47l'année dernière
30:48et donc en fait
30:49c'est dans ce sens-là
30:50qu'on est un peu
30:51plus prudent
30:51on reste quand même
30:52malgré tout
30:53long sur les actifs risqués
30:54mais avec un calibrage
30:55de risque
30:56qui est beaucoup plus
30:57limité
30:58d'accord
30:58est-ce qu'il y a
30:59une incidence sectorielle
31:01justement
31:01est-ce qu'il y a des thématiques
31:03qu'on est en train
31:03de revoir
31:06alors il y a des thématiques
31:07qui sont un peu
31:08quelque part
31:08qui sont
31:09vous qui aimez
31:10les thématiques
31:11chez CPR
31:12donc un des points
31:15on voit que le débat actuel
31:17enfin que la situation actuelle
31:18pousse beaucoup plus
31:19pour les thématiques
31:20de type autonomie
31:21stratégique européenne
31:22qui reviennent
31:23sur le devant de la scène
31:25on parle beaucoup
31:25de la défense
31:26mais c'est beaucoup plus large
31:28l'approvisionnement
31:29en énergie
31:30il y a des choses
31:31qui ont été faites
31:31il y a des choses
31:32encore à faire
31:33sur le secteur de la santé
31:35sur le secteur
31:35des infrastructures
31:37donc il y a
31:37il y a pas mal de choses
31:39il y a pas mal d'éléments
31:39en fait qu'on voit
31:42qui étaient
31:43on va dire
31:43quelque part
31:44en tâche de fond
31:45et qui
31:46vis-à-vis des événements
31:47récents
31:48et en fait plus généralement
31:49vis-à-vis de l'administration
31:50Trump
31:50poussent à être
31:52encore plus
31:53sur le devant de la scène
31:53sur la situation actuelle
31:57on peut même souligner
31:58l'anecdote
31:59de Christine Lagarde
32:00qui a fait tout un laïus
32:01sur la transition énergétique
32:02et que le fait
32:03que cette guerre éclate
32:05et bien
32:06un des effets
32:07on va dire
32:07qui peuvent être
32:08un des fruits
32:09de cette guerre
32:10c'est accélération
32:11de la transition énergétique
32:12pour avoir
32:12encore une moindre
32:13dépendance de l'Europe
32:14vis-à-vis de ce type
32:15de situation
32:16même si on signale
32:17qu'en termes
32:17d'intensité énergétique
32:18c'est vrai que la croissance
32:19est quand même moins dépendante
32:20on voit quand même
32:21il reste du chemin à faire
32:22François Rimeau justement
32:23même question sur
32:24l'allocation d'actifs
32:25est-ce que c'est bouleversé
32:27ça change les choses
32:28ça change les choses
32:30c'est clair
32:32on est arrivé dans cette crise
32:33sur un cycle
32:36conjoncturel
32:37qui était positif
32:37accélération de la croissance
32:39globale
32:40ou en tout cas croissance
32:40soutenue à peu près partout
32:42un risque inflationniste
32:43qui était plutôt en baisse
32:43et là on a complètement
32:45l'inverse
32:45donc évidemment
32:46ça change les choses
32:46donc évidemment
32:47qu'il faut réduire les risques
32:49en tout cas
32:50c'est ce qu'on a fait
32:50la semaine dernière
32:51après la question c'est
32:52qu'est-ce qui est anticipé
32:53par le marché
32:54autant la semaine dernière
32:55on avait l'impression
32:55que l'on anticipait pas grand chose
32:56autant graduellement
32:57le marché pousse un peu
32:59et on anticipe un scénario
33:00de plus en plus douloureux
33:01donc c'est toujours
33:02la question de savoir
33:02qu'est-ce que le marché anticipe
33:04versus le scénario
33:05médian probable
33:06il n'y a aucune science exacte
33:09là-dedans
33:10mais aujourd'hui
33:11a priori
33:13c'est évident
33:14qu'on est moins bien payé
33:15pour le risque rémunéré
33:16qu'il y a trois semaines
33:17avant la crise
33:19il y a quelques actifs
33:22qui nous paraissent être
33:23non pas mis-pricé
33:24mais en tout cas
33:25un peu étonnant
33:26dans leur réaction
33:27dans ce contexte
33:29c'est qu'autant on a vu
33:30les anticipations
33:30de l'inflation très courtes
33:31jumper très fortement
33:33en zone euro par exemple
33:34on est à quasiment 4%
33:35sur le fixing
33:35de l'inflation de 2026
33:37ce qui est bien supérieur
33:38à ce qu'a fait la BCE
33:39dans ses prévisions
33:41mais c'est normal
33:42c'était arrêté au 11 mars
33:42et aujourd'hui
33:43la situation est bien pire
33:44mais 4% de l'inflation
33:45c'est beaucoup
33:46mais à l'inverse
33:46quand on regarde
33:47les anticipations
33:48de l'inflation de long terme
33:49donc les 5 ans dans 5 ans
33:50soit sur la partie US
33:52sur la partie euro
33:53aux US ça n'a pas bougé
33:54voire ça a baissé
33:55et en zone euro
33:56ça a monté
33:57mais pas énormément
33:57donc ça ne nous paraît pas
33:59très important
34:00comme mouvement
34:00étant donné les mouvements
34:02qu'on a en face
34:02sur les prix de l'énergie
34:04et sur l'impact
34:05que ça peut avoir
34:06je ne dis pas que ça va avoir
34:07mais que ça peut avoir
34:08ce qui peut paraître étonnant
34:09c'est le déleveraging massif
34:11qu'on a eu sur l'or
34:12et toutes les stratégies
34:13connexes aux métaux précieux
34:14or, argent, minières etc
34:17on a des prises de profit
34:19qui ont été massives
34:20les minières
34:21je crois que ça perd 30%
34:22depuis le plus haut
34:22l'or ça perd une quinzaine de pourcents
34:24quelque chose comme ça
34:25parce qu'il y avait des filles de levier
34:26peut-être aussi
34:27il y avait des gens
34:28qui avaient arbitré
34:29qui étaient venus
34:30oui
34:31on est dans un phénomène
34:32de déleveraging
34:33assez classique
34:34où il y avait énormément
34:34de momentum
34:35sur la case active
34:37donc beaucoup de positionnement
34:38donc ce n'est pas illogique
34:39que ça souffre
34:40quand on a une réaction
34:41très adverse de marché
34:42après on peut se poser la question
34:44si à terme
34:44est-ce que les raisons
34:46sous-jacentes
34:47qui ont fait
34:47que l'or montait
34:48depuis plusieurs années
34:50sont toujours là
34:50et nous il nous semble
34:51que oui
34:52donc on est plutôt
34:53à penser que
34:54se repositionner sur l'or
34:55sur ces niveaux-là
34:56c'est plutôt intéressant
34:57versus là où on était
34:59il y a encore trois semaines
35:00donc il y a des choses
35:01quand même à faire
35:02sur des mouvements d'actifs
35:03qui ne nous paraissent pas
35:04complètement cohérents
35:05si on essaie
35:06de prendre un peu de distance
35:07avec l'événement
35:07et qu'on se projette
35:08à horizon quelques mois
35:11avant que chez toi
35:11on nous m'ait dit
35:13l'or finalement
35:14ce n'est pas une valeur refuge
35:15alors ça vient
35:16contre-valancer
35:17peut-être les idées reçues
35:18on se dit
35:18bah tiens
35:19il y a un conflit
35:19tout le monde
35:20va se jeter sur l'or
35:21pas du tout
35:21non mais
35:23globalement
35:24c'est ce qui vient
35:25juste d'être dit
35:26à l'instant
35:26c'est que l'or
35:27a bénéficié
35:28d'un momentum
35:28effectivement
35:29tout à fait positif
35:30alors c'est très facile
35:31d'acheter une tendance
35:32à la hausse
35:32donc on est tous
35:33à paix finalement
35:34aspirés par cette tendance
35:35et notamment
35:36on va dire
35:36la dernière partie
35:37du segment
35:38des acheteurs
35:39à savoir
35:40les particuliers
35:41qui vont tous
35:41effectivement
35:42aller acheter
35:42cette classe d'actifs
35:44sans trop se poser
35:45de questions
35:45puisque finalement
35:46ça ne fait que monter
35:46et puis on présente
35:47l'or
35:48comme étant finalement
35:49aussi
35:49il y a cette thématique
35:50de la valeur refuge
35:50mais quand vous voyez
35:51une variation quotidienne
35:52du prix de l'or
35:53qui peut finalement
35:54faire du plus 6
35:55moins 7
35:56etc
35:56c'est pas véritablement
35:57le comportement
35:58d'une valeur refuge
35:59une valeur refuge
35:59c'est pas censé rajouter
36:01de la volatilité
36:02à un portefeuille
36:02c'est plutôt le contraire
36:03en fait
36:04et donc partant
36:05de ce constat là
36:06on peut décemment
36:07arriver à la conclusion
36:08assez rapide
36:08que oui
36:09c'est plutôt un actif
36:10qui bénéficie
36:11finalement
36:11d'un momentum positif
36:13un peu spéculatif
36:14par ailleurs
36:14basé sur du leverage
36:15etc
36:16et là encore
36:18je rejoins complètement
36:19ce qui vient d'être dit
36:19les facteurs structurels
36:21qui ont expliqué
36:21la montée tendancielle
36:22de l'or
36:23n'ont fondamentalement
36:24pas disparu
36:24diversification
36:25des banques centrales
36:26des réserves de change
36:26de la banque centrale
36:27volonté effectivement
36:28de se désensibiliser
36:30finalement vis-à-vis
36:31du grand frère américain
36:33qui selon les jours
36:34finalement peut être
36:36belliqueux
36:37ou plutôt coopératif
36:39ça dépend effectivement
36:41du petit déjeuner
36:42par exemple
36:43donc fondamentalement
36:44on se dit
36:45que le momentum
36:46est toujours là
36:47il est beaucoup moins fort
36:48effectivement
36:48que ce qu'on a observé
36:50il y a des points d'entrée
36:51sans doute
36:51effectivement
36:52à moins 15
36:52moins 20
36:52où il faut acheter
36:53puisque globalement
36:54la demande est toujours là
36:55maintenant il y a d'autres actifs
36:57effectivement risqués
36:57là aussi
36:58qui présentent finalement
36:59des incohérences
37:02de valorisation
37:04je pense notamment
37:05à ce bon vieux
37:07cette bonne vieille tech américaine
37:08qui a été littéralement
37:10finalement oubliée
37:10puisque c'était finalement
37:11le grand serpent de mer
37:12avant cette crise
37:14et quand on regarde
37:15un peu la valorisation
37:16de la tech
37:16on la compare finalement
37:17assez rapidement
37:18à ce qu'on a observé
37:20au cours des dernières années
37:21c'est plutôt pas cher
37:22fondamentalement
37:23quand vous regardez
37:23ce qu'anticipe
37:24le consensus
37:25en matière de croissance
37:26des bénéfices
37:27c'est vraiment pas cher
37:28pour le coup
37:29et quand vous la comparez
37:30par ailleurs
37:30à la tech européenne
37:31qui est sans commune mesure
37:34en matière de dépenses
37:35d'investissement
37:35dont on peut encore une fois
37:36discuter
37:37qu'elles ont été
37:38excessives etc
37:38je pense que c'est encore
37:39un faux débat
37:40un faux procès même
37:41qui est fait
37:42à ce secteur
37:43et bien fondamentalement
37:44je me dis que
37:45si le marché décide
37:46de repartir
37:47parce que le conflit
37:48finalement cesse
37:49on a un cessez-le-feu
37:50on a plus de visibilité
37:52et finalement
37:53on repart sur un momentum
37:54positif
37:54ça fera partie des secteurs
37:55qui vont repartir
37:57de manière assez significative
37:58puisque un peu délaissé
37:59un peu massacré
38:00et surtout pas cher du tout
38:02par rapport à ce qu'ils sont
38:02capables de délivrer
38:03et enfin le dernier
38:04le dernier point
38:04qu'on aime beaucoup
38:05alors on était très
38:06très positif
38:07sur la partie émergente
38:08notamment sur la partie
38:09Asie
38:10en raison
38:11effectivement
38:11de cette connexion
38:12à la tech
38:12on est vraiment cap
38:13sur les émerges
38:14que ce soit sur les actions
38:15comme sur les obligations
38:16alors plutôt actions
38:17du coup finalement
38:19mais bon
38:20bien évidemment
38:20le problème qui a Hormuz
38:21va plutôt impacter
38:22comme on a pu le dire
38:23l'Asie
38:24donc 38% de l'énergie
38:26en fait qui sort de Hormuz
38:27est destinée finalement
38:28à l'Asie
38:29à la Chine pardon
38:30donc c'est quand même
38:31une part significative
38:32et donc on se dit
38:33globalement
38:33bon est-ce qu'on vend
38:34la tech
38:35non on la garde
38:36et on garde effectivement
38:37tout ce qui est satellite
38:38donc l'Asie émergente
38:38on continue de penser
38:39qu'il y a encore des choses
38:40à faire dessus
38:40et surtout le LATAM
38:41qui va être effectivement
38:43la partie
38:44qui va être plébiscitée
38:46par tout un tas d'acheteurs
38:47qui vont chercher
38:48de l'énergie
38:49et qui vont chercher
38:50à s'approvisionner
38:50de l'énergie
38:51de manière sécurisée
38:52et donc globalement
38:53où est-ce qu'il y en a
38:53en fait dans le monde
38:54il y en a aussi
38:55en Amérique latine
38:55donc c'est beau
38:56on ne jette pas
38:57les émergents par-dessus
38:57non
38:58pas encore
39:00pour le moment
39:01on ne jette pas
39:01et nous on garde
39:02effectivement
39:02il faut rester relativement serein
39:05et ne pas vendre
39:06en fait
39:06parce qu'encore une fois
39:07on a eu ce signal
39:08en début de semaine
39:09finalement
39:09qu'on avait peut-être
39:10atteint le pic d'intensité
39:11en matière de conflit
39:13qu'on ne pouvait pas
39:14aller plus loin
39:15avec ce qui s'était passé
39:15le week-end dernier
39:17bon
39:17hier soir évidemment
39:18on nous a prouvé le contraire
39:19donc c'est pour ça
39:20qu'on repart sur un nouveau
39:21pic d'intensité
39:22mais le marché en fait
39:23résonne en matière de pic
39:24en regardant un peu
39:25les pics locaux
39:26si on atteint un pic
39:27de violence et d'intensité
39:29et qu'on perçoit finalement
39:30qu'on va vers une décrue
39:31et bien globalement
39:32c'est comme ça
39:33que le marché va pricer
39:34finalement
39:34une décrue du conflit
39:35c'est normalisé
39:36oui peut-être
39:36exactement
39:37je rappelle une chose
39:38le conflit qui oppose
39:39l'Ukraine et la Russie
39:40il a démarré en 2022
39:41il dure toujours
39:41entre temps
39:42les marchés certes
39:43ont beaucoup baissé
39:43et ils sont repartis de plus belle
39:45et ils ont vécu leur vie
39:46donc les conflits ça existe
39:48les marchés savent s'adapter
39:49à ce genre de situation
39:49on a atteint des records
39:50un petit peu partout
39:51d'ailleurs on était sur un record
39:52même sur le CAC 40
39:53juste avant
39:54effectivement la guerre
39:55sur les pays émergents
39:57Zakaria c'est vrai
39:58qu'on en parlait beaucoup
39:58en début de l'année
40:02Oui tout à fait
40:03donc en fait nous
40:04on est plutôt surpondéré
40:06reste du monde
40:07par rapport aux Etats-Unis
40:08mais dans un trade
40:08de dédolarisation
40:09de plus long terme
40:10l'exception effectivement
40:12c'est la tech
40:12le segment tech américain
40:14sur lequel on aime bien
40:15être présent
40:16et on aime être présent
40:17sur les deux
40:18on va dire
40:18les deux concurrents
40:21la Chine d'un côté
40:22et les Etats-Unis
40:25parce qu'on voit
40:26qu'il y a une course
40:27sur un segment
40:28sur lequel il y a
40:29beaucoup
40:30beaucoup d'investissements
40:31à court terme
40:32mais avec des prévisions
40:33de bénéfices
40:34qui sont extrêmement élevées
40:35et peut-être même
40:36en fait la clé
40:38de la croissance
40:39future
40:40pour différentes économies
40:43donc on reste positionné
40:45sur l'Asie
40:47et spécifiquement
40:48sur le segment
40:48de la tech
40:49sur les Etats-Unis également
40:50et on aime beaucoup
40:51en fait l'ATAM
40:52notamment
40:53notamment le Brésil
40:54en fait c'est une économie
40:55Vous vous êtes parlé
40:56avant d'émission
40:56un petit peu non ?
40:57Non pas du tout
40:57Ça fait très longtemps
40:58qu'on ne s'est pas parlé
41:01Sur le Brésil
41:02on est notamment
41:02très positif
41:03sur la devise
41:04même si la banque centrale
41:05elle est dans une logique
41:06de baisse des taux
41:07donc une des banques
41:08centrales qui ont bien
41:09baissé les taux
41:10de 50 points de base
41:11hier
41:1315% les taux
41:14Oui voilà
41:14donc il y a de la marge
41:16donc ça on pense
41:16que c'est un bon coussin
41:18pour la partie action
41:19pour la partie devise
41:21on voit que c'est
41:22une devise
41:23qui a plutôt bien
41:24bien vécu
41:25dans la configuration actuelle
41:26vu le profil
41:30sur les matières premières
41:31du Brésil
41:32donc on est aussi positif
41:34pour des raisons
41:35de portage
41:35sur la devise
41:37François Rimeau
41:37c'est vrai qu'il y a
41:38un actif qui a bien résisté
41:39c'est le billet vert
41:40justement
41:40en termes de valeur refuge
41:41c'est peut-être lui
41:41qui tire son épingle du jeu
41:43Ouais
41:43assez logique
41:46assez logique
41:47que dans une crise énergétique
41:48le dollar paye
41:49parce qu'en plus
41:50les États-Unis
41:51sont devenus indépendants
41:52sur la production de pétrole
41:54voilà
41:55il y a une logique totale
41:56en plus de ça
41:56il y avait un consensus
41:57mais tellement vaste
41:59sur le fait
41:59que le dollar
42:00devait baisser
42:00à 1,20
42:01à 1,25
42:01etc
42:03voilà
42:04tout ça est tout à fait
42:05mais alors
42:05d'une logique implacable
42:07Alors logique peut-être
42:07mais par rapport
42:08aux volontés de Donald Trump
42:09c'est vrai qu'en début
42:10de mandat
42:11Donald Trump
42:12ne décide pas de tout
42:12il ne décide pas
42:13de la valeur du dollar
42:14nous ce qu'on regarde beaucoup
42:15c'est le différencier
42:16de tauriel court
42:17entre les États-Unis
42:18et le reste du monde
42:19et quand on fait
42:20une courbe de corrélation
42:21entre les tauriels court
42:22euro et US
42:23versus le dollar
42:24ça marche très bien
42:25et aujourd'hui
42:26à 1,15
42:26mais c'est parfaitement cohérent
42:28donc il y a zéro surprise
42:30c'est logique
42:31que les États-Unis
42:32s'en sortent mieux
42:32et que leurs devises
42:33s'apprécient par rapport aux autres
42:34vu que leur pays
42:35sera moins impacté négativement
42:37par une crise énergétique
42:37que l'Europe
42:38le Japon
42:39ou autre
42:39donc il n'y a aucune incohérence
42:40là-dedans
42:41aucune
42:41en plus de ça
42:42dans le thème du deleveraging
42:44comme la majorité des acteurs
42:45étaient short dollars
42:47tout ça est aussi très cohérent
42:50moi j'ai toujours combattu
42:52la thématique de la dédollarisation
42:55combattu carrément
42:56oui parce que ça n'a pas de sens
42:57je trouve
42:59parce qu'il n'y a pas le choix
42:59finalement
43:00alors on peut
43:01certaines banques
43:01quand on voit
43:03l'errance de l'administration
43:05Trump
43:05c'est d'accord
43:06mais ce n'est pas quelque chose
43:07de structurel
43:07donc c'est surtout ça
43:10effectivement
43:10qu'il faut garder en tête
43:12et puis on a eu des mouvements
43:13on a été quand même
43:14en Europe traumatisés
43:15par ce qui s'est passé
43:16finalement en 2025
43:17avec cette dépréciation
43:19massive de l'euro
43:20vis-à-vis du dollar
43:21mais encore une fois
43:22on oublie en fait
43:22la séquence précédente
43:23qui consistait à dire
43:24que le dollar
43:25s'était massivement apprécié
43:26sans aucune raison
43:27là aussi
43:27donc on avait quasiment
43:28atteint la parité
43:28et on se retrouve
43:29à démarrer l'année
43:30avec quasiment
43:31une dépréciation
43:32de l'ordre de 10 à 15%
43:34et donc ça évidemment
43:35pour aller rattraper le coût
43:36c'est très compliqué
43:36et donc on se dit
43:38quelque part
43:38le dollar c'est plus fiable
43:40le dollar c'est
43:41à un moment donné
43:42on disait même
43:43que c'était terminé
43:44pour le dollar
43:45donc on n'en sert pas
43:46au dollar comme ça
43:46et puis effectivement
43:47avec une économie
43:48qui résiste beaucoup mieux
43:49finalement
43:50qui est indépendante
43:50énergétiquement
43:51on a mécaniquement
43:52des effets
43:53qui vont à la faveur
43:55du dollar
43:55et puis dernier point
43:56encore une fois
43:58une économie forte
43:59globalement
44:00lorsque le marché
44:00finalement anticipe
44:01une croissance économique
44:02plus forte finalement
44:03dans une zone
44:04et bien mécaniquement
44:05sa devise s'apprécie
44:05il y a une espèce
44:06de relation de long terme
44:07une espèce de relation
44:08de co-intégration
44:09qu'on aime bien dire
44:09en économétrie
44:10finalement entre les deux
44:12paramètres
44:12donc c'est pas une surprise
44:13ça va continuer
44:14et si le monde devient
44:15se polarise encore plus
44:17et bien finalement
44:18ça va offrir finalement
44:19un autre facteur structurel
44:20de maintien
44:21de la devise américaine
44:22à ces niveaux-là
44:23voire même
44:23d'une légère appréciation
44:24c'est pas quelque chose
44:25qu'on peut exclure
44:25en tout cas à court terme
44:26ni à moyen terme
44:27Très bien
44:27on termine là-dessus
44:28sur ces notions d'économétrie
44:29merci à nos trois experts
44:32pour leur vue
44:32Zachary Darwish
44:33chez CPR AM
44:35François Rimeux
44:36chez Crédit Mutuel AM
44:38également
44:38et Mabouk
44:39chez Twan
44:39chez Naptic 6
44:40dans un instant
44:42on continue justement
44:42à parler des réactions
44:44des banques centrales
44:45et de ce que ça implique
44:46sur le marché
44:47merci messieurs
44:48à très bientôt
44:59et dans le dernier quart d'heure
45:01de Smart Bourse
45:01on continue à parler
45:02macroéconomie
45:03et des banques centrales
45:04des impacts
45:05de leurs décisions
45:06évidemment sur les marchés
45:08avec notre invité
45:08Frédéric Ducrozet
45:09bonjour
45:11bonjour
45:11vous êtes responsable
45:13de la recherche macroéconomique
45:14avec vous
45:14on analyse
45:16on a eu vraiment
45:16une avalanche
45:19de décision
45:20ou plutôt de non décision
45:21statu quo
45:22pour la majorité
45:22des banques centrales
45:23sur ce qui se passe
45:24en ce moment
45:25quel est votre regard
45:26justement Frédéric
45:27sur ce qui s'est passé
45:28du côté de la Fed
45:28comme pour la BCE
45:31alors on savait
45:31que ça allait être
45:32un exercice de communication
45:33de risk management
45:35pour la plupart
45:35de ces banques centrales
45:36il n'y en a qu'une
45:37cette semaine
45:37la banque centrale d'Australie
45:39qui a monté
45:39les taux directeurs
45:40qui est déjà un petit peu
45:41une exception
45:42avant même ce conflit
45:44et donc qui finalement
45:45ne fait que mettre
45:46en oeuvre déjà
45:47plus ou moins
45:48les projets qu'elle avait
45:49les autres sont dans le flou
45:50total
45:50comme on l'est tous
45:52quelque part
45:53la réponse la plus honnête
45:54de toutes les banques centrales
45:55cette semaine
45:55aurait été simplement
45:56d'émettre un communiqué
45:57en disant
45:57en pause
45:58on ne sait pas
45:59on attend de voir
46:00que les chocs
46:02se dissipent
46:02on l'espère
46:03et que les effets
46:04directs et indirects
46:05se matérialisent
46:06c'est pas comme ça
46:07que fonctionne une banque centrale
46:08en tout cas
46:08dans leur fonction de réaction
46:11et dans leur
46:12je dirais
46:13calibrage
46:14des anticipations
46:15de marché en particulier
46:16elles se doivent
46:16d'être forward looking
46:17elles se doivent
46:18de nous donner
46:19un peu de clarté
46:21sur les directions à venir
46:22et ce que beaucoup
46:23d'entre elles ont fait
46:24et la banque centrale
46:26européenne en particulier
46:27c'est de parler
46:28de scénarios possibles
46:29et de réaction potentielle
46:31des banques centrales
46:32en fonction
46:33de l'évolution
46:34bien sûr
46:34des prix de l'énergie
46:35et du conflit
46:36dans sa durée
46:37dans sa sévérité
46:39dans sa propagation
46:41à l'économie réelle
46:42pas de grosse surprise
46:43sur le fait
46:43qu'il n'y a pas eu
46:43de décision
46:44alors justement
46:45Frédéric
46:45quels sont ces
46:45différents scénarios
46:47évoqués par la BCE
46:50pour elle
46:51c'est celle
46:51effectivement
46:51il faut le reconnaître
46:52objectivement
46:53qui a le plus travaillé
46:55et qui a été
46:55le plus flexible
46:56parce que
46:57d'habitude
46:58elle prend une date
46:59en l'occurrence
47:00qui aurait été
47:00mi-février
47:01très éloignée
47:02de tous les événements
47:03récents
47:04complètement déconnectée
47:05de la réalité actuelle
47:06pour faire des hypothèses
47:07pour travailler
47:08le staff des économistes
47:09de la BCE
47:09fait des projections
47:10cette fois
47:11elle a fait une exception
47:11ce qui arrive
47:12très très rarement
47:13mis à part
47:14la pandémie
47:15et encore
47:16la BCE
47:17ne l'avait jamais fait
47:18de vraiment
47:19coller au marché
47:20et essayer
47:20de déjà
47:22imaginer les projections
47:23d'inflation
47:23qui sont revues
47:24fortement à la hausse
47:25pour cette année
47:25à 2,6%
47:27de moyenne
47:27on est sur
47:28un impact
47:29très important
47:29sur la croissance
47:31une révision
47:32à la baisse
47:32de 30 points de base
47:33de 0,3%
47:34ce qui est là aussi
47:35quelque part
47:35déjà significatif
47:36alors qu'on est dans le flou
47:37et malgré ça
47:38la BCE nous dit
47:39attention
47:40ne nous précipitons pas
47:42en tout cas
47:42dans le scénario central
47:43il n'y a pas de raison
47:44de surréagir
47:45on vient d'avoir
47:46entre temps
47:46des sources
47:47qui arrivent souvent
47:48une forme de ballon d'essai
47:49dans le marché
47:50suggérant que la BCE
47:51pourrait déjà
47:52commencer à penser
47:53à une hausse de taux
47:53dès le mois d'avril
47:54je pense que c'est prématuré
47:55mais dans le scénario central
47:57il y a ce choc déjà
47:58qui est pour partie
48:00déjà matérialisé
48:01et la BCE
48:02qu'est-ce qu'elle nous a dit
48:03qu'elle surveillera
48:04les effets indirects
48:05autant si ce n'est plus
48:06que les effets directs
48:07sur l'inflation
48:08on a toute une liste
48:09d'indicateurs
48:09qu'il va falloir surveiller
48:10dans les semaines qui viennent
48:11oui
48:12de manière assez simpliste
48:13peut-être certains disent
48:14mais si on anticipe
48:16un choc sur l'économie
48:18de manière générale
48:18c'est-à-dire
48:19que voilà une baisse
48:20de la croissance
48:21comme vous voulez le dire
48:22pourquoi monter les taux
48:23ça sera un effet
48:24amplificateur justement
48:25de cette baisse
48:26ou c'est vraiment
48:27le trigger de l'inflation
48:28qui est le plus important
48:29pour la BCE
48:30alors elle a un mandat
48:32simple, unique
48:33très clair
48:34qui est la stabilité des prix
48:35et en plus de ce mandat
48:38qu'il a amené par le passé
48:39certains diront
48:40à juste titre
48:40je pense
48:41à faire des erreurs
48:42de politique économique
48:43sous Jean-Claude Trichet
48:44en particulier
48:45monter les taux
48:46effectivement
48:46quand c'est un choc d'offres
48:47et qu'on ne peut pas
48:48finalement faire grand chose
48:49pour faire baisser
48:49les prix de l'énergie
48:50si ce n'est peut-être même
48:51aider à limiter la casse
48:53dans l'économie
48:54ce n'était pas forcément
48:54la bonne décision
48:55maintenant
48:56ce qui s'est également passé
48:58depuis
48:58c'est une pandémie
48:59et une crise inflationniste
49:00sans précédent
49:01qui à mon avis
49:02entraîne
49:03chez beaucoup de banquiers centraux
49:04et notamment la BCE
49:05une forme de stress
49:07post-traumatique
49:08plus jamais ça
49:09et donc
49:10même si on peut être d'accord
49:11et l'immense majorité
49:13des économistes
49:13est d'accord
49:14en théorie
49:14avec le fait
49:15que la banque centrale
49:16FED, BCE et d'autres
49:17ne doit pas réagir
49:19à ce type de choc
49:20au moins initialement
49:21et bien on sait
49:22que l'alternative
49:23peut être plus grave encore
49:24si les anticipations
49:26d'inflation
49:27si les ménages
49:28les entreprises
49:28adaptent leur comportement
49:30à ce choc d'inflation
49:31et aggravent
49:32quelque part encore
49:33la situation
49:33en augmentant
49:34les prix
49:35les coûts
49:35les salaires
49:37etc
49:37tout ça dans une boucle inflationniste
49:39et c'est un scénario
49:40qu'on peut imaginer
49:41mais qui reste
49:42pour le moment
49:43j'espère encore
49:44loin d'être le scénario central
49:45alors voilà pour la BCE
49:48du côté de la banque centrale
49:49américaine
49:49donc il y a parlé hier
49:50également le statu quo
49:52mais là avec une optique
49:53un petit peu différente
49:53c'est vrai que pour la FED
49:54on était sur une anticipation
49:56de baisse de taux
49:58voire plusieurs baisses de taux
49:59là c'est un petit peu
50:01passé de mode
50:02ou certains l'espèrent encore
50:04pour la fin de l'année ?
50:06quelque part c'est plus facile
50:07pour les banques centrales
50:08qui vraiment allaient
50:09effectivement
50:09étaient tout proches
50:10de baisser les taux d'intérêt
50:11ils pensaient
50:12avaient préparé le terrain
50:14pour la FED aux Etats-Unis
50:15mais aussi la banque d'Angleterre
50:17c'est peut-être le revirement
50:18le plus radical de la journée
50:19une banque d'Angleterre
50:20qui elle aussi pense peut-être
50:21même à monter les taux d'intérêt
50:22alors qu'il y a deux semaines
50:23elle les aurait quasiment
50:25de manière certaine
50:26baissé
50:27toutes les situations
50:28sont différentes
50:29la théorie
50:29un choc d'offres
50:30vous ne devez pas réagir
50:32en tant que banquier central
50:32la pratique
50:33elle est très différente
50:35notamment comme je l'ai dit
50:36après 2022
50:37la FED
50:38est dans une situation
50:40encore plus compliquée
50:41vous l'avez dit juste
50:41avant avec vos invités
50:43les Etats-Unis
50:44sont moins exposés
50:45moins vulnérables
50:46à ce choc énergétique
50:47d'un autre côté
50:49le marché du travail
50:50est peut-être
50:51dans une situation
50:51plus fragile
50:52les derniers chiffres
50:53sont moyennement rassurants
50:55l'inflation était plutôt
50:57en train de ralentir
50:58malgré les tarifs douaniers
50:59on avait un boost budgétaire
51:00qui arrivait
51:01enfin
51:01toutes les conditions
51:02étaient différentes
51:03et en plus
51:03le boss
51:04le chairman
51:06va changer au mois de juin
51:07avec Kevin Walsh
51:08qui arrive
51:08et que le président
51:09espère voir baisser les taux
51:11donc c'est une équation
51:12très difficile
51:12dans le doute
51:13abstiens-toi
51:14je pense que c'est vraiment
51:15le conseil que retient la FED
51:17et qui retient pour le moment
51:19encore un biais baissier
51:20ça c'est crucial pour le marché
51:22mais honnêtement
51:23entre les lignes
51:23et dans la conférence de presse
51:24de Jérôme Powell
51:25qui a suivi
51:25c'est bien moins clair que ça
51:27elle aussi
51:27elle est quand même
51:28toujours bien dans le flou
51:29si l'économie justement
51:31dérapait
51:32d'un côté ou de l'autre
51:33de l'Atlantique
51:34ces banques centrales
51:35est-ce qu'elles arriveraient
51:36en soutien
51:36comme lors d'autres crises
51:38alors on pense
51:38au quantitative easing
51:39on pense à plusieurs
51:40elles ont un arsenal
51:41maintenant très très large
51:42pour être contre-acycliques
51:45oui
51:46quand il s'agit
51:47de monter les taux d'intérêt
51:48toutes ces banques centrales
51:49pensent que c'est plus facile
51:50parce que vous montez
51:51les taux d'intérêt
51:52vous
51:53effectivement
51:53créez des dommages
51:54vous ralentissez la croissance
51:55c'est le but
51:56vous ralentissez la demande
51:57pour in fine
51:58ralentir l'inflation
51:59quand il s'agissait
52:00au contraire
52:01de refaire
52:03remonter l'inflation
52:04vers sa cible
52:05c'était peut-être
52:05plus compliqué
52:06donc ça c'est un premier point
52:07mais la difficulté
52:08supplémentaire
52:09c'est qu'on ne parle que
52:10de ce conflit
52:11du choc énergétique
52:12et des conséquences
52:13directes et indirectes
52:14sur l'économie
52:15on n'a pas oublié
52:16et la banque centrale
52:17certainement pas
52:18les conditions
52:18qui prévalaient
52:19avant ce choc
52:20et notamment
52:21les craintes
52:22sur le marché du travail
52:23je l'ai dit
52:24liées à l'intelligence
52:25artificielle
52:26et à la disruption
52:27du marché du travail
52:28en particulier
52:29mais aussi
52:30de l'économie en général
52:31la crainte également
52:33et les inquiétudes
52:33sur le crédit privé
52:35notamment aux Etats-Unis
52:36plus qu'en Europe
52:37donc vous aviez
52:38d'autres raisons
52:39pour une Fed
52:39qui était déjà
52:40à un niveau
52:40plus élevé de taux d'intérêt
52:41probablement encore
52:42un peu restrictif
52:43pour au moins revenir
52:44à un niveau plus neutre
52:45voire légèrement en dessous
52:47je pense encore une fois
52:48que si ce choc énergétique
52:49finit par se dissiper
52:51en tout cas aux Etats-Unis
52:52le cas
52:53la justification
52:54reste valable
52:55pour une ou deux
52:56baisses de taux
52:57cette année
52:58mais c'est le calendrier
52:59qui à mon avis
52:59est encore plus incertain
53:01qu'il ne l'était
53:02il y a tout juste un mois
53:03Oui
53:03Alors on a vu bien évidemment
53:04Frédéric
53:05que cette guerre
53:06elle rebat complètement
53:07les cartes
53:08et même les allocations d'actifs
53:09on en parlait à l'instant
53:11avec vos camarades
53:13pour vous justement
53:14qu'est-ce qu'on peut faire
53:16dans ce contexte incertain
53:17comment on réagit
53:19dans les équipes de gestion
53:20que vous conseillez ?
53:22Tout dépend un peu
53:23du point de départ de chacun
53:24du profil de risque
53:25de l'horizon de temps
53:26évidemment que
53:27des investisseurs
53:28avec un horizon de temps
53:29très court
53:30vont pouvoir envisager
53:31toute une série d'ajustements
53:32y compris peut-être
53:33de protections
53:34qui ne sont pas encore
53:35excessivement chères
53:36sur des marchés
53:37qui malheureusement
53:38étaient d'ailleurs
53:38ceux qui ont privilégié
53:39il y a encore peu
53:40y compris en Europe
53:41ou dans les pays émergents
53:42ceux qui sont aujourd'hui
53:43les plus exposés
53:44à ce choc-là
53:45en tout cas de manière
53:46tactique, temporaire
53:48ce à quoi nous
53:49on a plutôt tendance
53:50à s'accrocher
53:51c'est à nos convictions
53:52de fond
53:53sur les actifs tangibles
53:55sur les actifs réels
53:56sur les actifs
53:57qui vous protègent
53:58contre l'inflation
53:59en l'occurrence
54:01de ce choc-là aussi
54:02peut-être un peu moins
54:03les actifs
54:05classiques
54:05de valeur refuge
54:06comme les métaux précieux
54:07qui vivent
54:08entre guillemets
54:08un peu leur vie
54:09en ce moment
54:10il y a une corrélation
54:11qui est plus élevée
54:12avec les marchés
54:12en général
54:13mais peut-être
54:14sur des valeurs
54:15de long terme
54:16dans des marchés
54:17qui ont toujours
54:18des perspectives
54:18de croissance importantes
54:20c'est toujours une mauvaise idée
54:22de surréagir
54:22dans ces cas-là
54:23et je pense que là aussi
54:25il faut se recentrer
54:26sur les convictions
54:28qu'on a
54:28sur un portefeuille
54:29qui de toute façon
54:30y compris en action
54:32va normalement
54:33encore
54:34délivrer des performances
54:35à long terme
54:35relativement insensibles
54:37à ce qui se passe
54:38au plan géopolitique
54:39même si ce choc
54:40vous l'avez dit
54:41et vous avez raison
54:42est de nature
54:42à changer la donne
54:44pour cette année
54:45En tout cas
54:45on observe un grand reset
54:47sur les indices d'action
54:48on était pratiquement
54:49sur les plus hauts
54:49on volait pratiquement
54:50de record en record
54:51encore mi-février
54:53là on voit que
54:54l'Asie et l'Europe
54:55perdent complètement
54:56leur avance
54:56par rapport aux Etats-Unis
54:58qui eux-mêmes
54:58étaient flat
54:59et s'enfoncent un petit peu
55:00dans le rouge
55:00depuis le début de l'année
55:03Absolument
55:03et les chiffres étaient
55:04pourtant tous en ligne
55:05avec cette histoire
55:06entre guillemets
55:08qui a qu'une dimension
55:09structurelle
55:09vous parliez aussi
55:10de la baisse du dollar
55:11on peut en débattre
55:12là aussi
55:13mais sans parler
55:15de vendre du dollar
55:16ou de vendre
55:16ses actifs en dollar
55:17et encore moins
55:18les valeurs technologiques
55:19qui sont celles
55:19justement aujourd'hui
55:20qui peut-être
55:21conservent des perspectives
55:22de croissance à long terme
55:23encore très bonnes
55:25il y avait ce mouvement
55:26de diversification
55:28qui était en cours
55:29on a souvent
55:29des cycles très longs
55:30sur la devise
55:31des cycles très longs
55:32sur certains types
55:33de marchés
55:34et je pense qu'on avait
55:35atteint un point d'inflexion
55:36l'année dernière
55:37avec la guerre tarifaire
55:39la guerre commerciale
55:40avec un certain nombre
55:41de questions
55:41sur les institutions américaines
55:43et sur la devise elle-même
55:44et effectivement
55:45la question est de savoir
55:46maintenant si c'est une pause
55:47de un, deux, trois mois
55:48ou plus
55:49dans un mouvement séculaire
55:51qui va reprendre
55:51ou s'il va falloir
55:53revoir des perspectives
55:54de croissance
55:55pour certains pays européens
55:57certains pays émergents
55:58en fonction notamment
55:59tout simplement
56:00de la vulnérabilité
56:02de l'exposition
56:02aux matières premières
56:04de la diversification
56:06ou pas
56:06que ces pays
56:07ont réussi à construire
56:08sur les années
56:09notamment récentes
56:10après la guerre
56:12en Ukraine
56:13et la crise énergétique
56:15et savoir
56:16s'il va y avoir
56:17peut-être plus
56:18de diversification
56:19au sein même
56:20de ces zones
56:20je pense aux pays émergents
56:21on ne peut pas mettre
56:22tous ces pays
56:23dans le même panier
56:24aujourd'hui
56:24vous aviez évoqué
56:25l'Amérique latine
56:25où je suis d'accord
56:27il y a là aussi
56:27des pays qui semblent
56:28moins vulnérables
56:29à cette crise-là
56:30il faut faire la distinction
56:32entre les effets immédiats
56:35de ce choc
56:35malgré les risques
56:37d'une guerre durable
56:39et les perspectives
56:40de long terme
56:40qui à mon avis
56:41côté dollars
56:43versus le reste du monde
56:44sont encore valides
56:46pas de surréaction
56:47à ce stade
56:48merci Frédéric
56:49Frédéric Ducrozet
56:50je rappelle que vous êtes
56:50responsable
56:51de la recherche macroéconomique
56:53chez PICTET
56:54Wealth Management
56:56cette édition de Smart Bourse
56:57se termine
56:58merci de nous avoir suivis
57:00vous nous retrouvez bien sûr
57:00en replay
57:01sur toutes les bonnes
57:02plateformes de streaming
57:03abonnez-vous également
57:04à Smart Trade
57:05et puis dès demain
57:07vous retrouvez
57:07Grévoir Favé
57:08à partir de 17h
57:09excellente soirée
57:10à tous
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