Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 mois
Avantages sociaux, salaire brut, cotisations, partage de la valeur… La fiche de paie reste difficile à comprendre pour beaucoup de salariés. On essaie de décrypter avec Boris Smolic, directeur grands comptes épargne à Malakoff Humanis et Jean de Calbiac, avocat en droit social.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:12Si vous êtes salarié, vous en avez une. La question c'est est-ce que vous la lisez et surtout
00:16est-ce que vous la comprenez ?
00:17Puisque la fiche de paye, ce n'est pas simplement l'information du salaire net.
00:21Il y a beaucoup d'autres lignes qui nous disent beaucoup de choses sur notamment vos cotisations,
00:26un peu moins sur celles de l'entreprise, même s'il y en a, on va expliquer tout ça avec
00:30mes invités.
00:31Boris Smolik, bonjour.
00:33Bonjour.
00:33Vous êtes responsable, directeur grand compte pour Malakoff Humanis, donc directeur grand compte épargne si je suis précis.
00:40Combien de fiches de paye chaque mois sont éditées par Malakoff Humanis ?
00:44Environ 10 000 salariés.
00:45Donc ça fait beaucoup de travail pour le service etrage, donc je pense que c'est une équipe quand même
00:49assez consistante pour éditer tout ça.
00:51Oui, oui, oui, tout à fait. Et on a un contrat social qui est assez riche.
00:55Donc beaucoup de lignes.
00:56Beaucoup de lignes à lire et à comprendre.
00:58À côté de vous, Jean de Calbiac, bonjour.
00:59Bonjour.
01:00Avocat en droit social, donc vous savez lire les fiches de paye et j'imagine que vous devez savoir lire
01:06les fiches de paye de vos clients
01:08ou en tout cas des salariés de vos clients quand vous les défendez, qu'il y a des contentieux.
01:11Vous allez nous expliquer justement dans ces 20 minutes qu'on va passer ensemble,
01:15parfois si certaines erreurs sur les fiches de paye peuvent avoir des conséquences aussi quand il y a des contentieux
01:20prud'homo.
01:21Et à côté de moi, comme tous les vendredis, Caroline de Seineville, bonjour.
01:24Bonjour Nicolas.
01:25On va mettre les pieds dans le plat tout de suite.
01:27Combien de personnes lisent vraiment leurs fiches de paye chaque mois ?
01:31Beaucoup. Le Club Landois a publié une étude en septembre dernier sur la compréhension de la fiche de paye par
01:36les salariés français.
01:3864% ?
01:3974% ?
01:40Entre la liste des réceptions de la fiche de paye. En revanche, concernant sa compréhension, ce n'est pas la
01:45même chose.
01:4783% ne lisent que la ligne relative aux salaires nets et seuls 13% déclarent comprendre toutes les cotisations
01:54qui sont inscrites sur leur fiche de paye.
01:55Jean de Galbiac, on avait eu un Maxime Sbailly, du Club Landois, qui était venu présenter cette étude. C'était
02:01en octobre dernier.
02:02Il nous disait que 15 millions de personnes la lisent. Donc ça fait de la fiche de paye le magazine
02:06le plus lu de France.
02:07Mais si on ne lit qu'une seule ligne, si c'était comparable à un magazine, ça équivaudrait à regarder
02:12quoi dans ce magazine ?
02:13Alors justement, c'est toute la question de comment est-ce qu'on est payé. Qu'est-ce qu'on
02:19regarde ? On peut regarder la première ligne, c'est-à-dire qu'on peut regarder le salaire brut, mais
02:24qui ne veut pas dire grand-chose.
02:25Et après, depuis l'entrée du prélèvement à la source, on va lire deux salaires nets. Un salaire net social
02:31et un salaire net effectivement payé aux salariés, c'est-à-dire après prélèvement à la source.
02:37Ce qui veut dire que le salaire brut, on ne le regarde pas forcément beaucoup, mais quand on est par
02:42exemple employeur, Boris Molic, le brut veut dire beaucoup plus de choses que le salaire net, non, au final ?
02:50Ça reste un élément déterminant, notamment dans le recrutement, puisqu'on parle toujours en salaire brut, éventuellement un salaire fixe.
02:57En tout cas, les employeurs.
02:58Les employeurs.
02:59Pas forcément les salaires à y ajustement.
03:00Mais lorsqu'on fait une promesse d'embauche ou qu'on rédige un contrat, ce contrat est rédigé avec des
03:06rémunérations brutes, qu'elles soient sur le salaire fixe, le salaire éventuellement variable, s'il y a une part variable.
03:14Et il y a tout un tas de composantes qu'on va retrouver dedans, qui vont apparaître directement sur le
03:20butin de salaire, mais pas dans le contrat de travail.
03:22Tout ce qu'on appelle les avantages sociaux, on y viendra peut-être tout à l'heure, mais ça va
03:26faire des lignes supplémentaires, mais qu'on ne détaille pas.
03:29En réalité, totalement dans le contrat de travail.
03:34Et c'est ça qui rend peut-être la lecture un peu plus compliquée pour les salariés.
03:39Certaines personnes, Jean de Colbiac, ils disent que la fiche de paye est limite plus importante que le contrat de
03:45travail à un certain stade.
03:47C'est-à-dire que c'est peut-être là où il y a les infos les plus importantes, surtout
03:51s'il y a des évolutions salariales, des avenants peut-être, ou même des accords oraux qui sont noués entre
03:57l'employeur et son salarié.
03:59Ce qui n'est pas forcément rajouté au contrat va l'être forcément sur la fiche de paye, que ce
04:04soit une augmentation salariale ou autre.
04:06Oui, c'est-à-dire qu'en fait, la fiche de paye va refléter la réalité de la situation d
04:10'un salarié à un moment donné.
04:12Donc, elle va refléter ces éléments.
04:14Qu'est-ce qu'elle va refléter ?
04:15Elle va refléter la rémunération brute.
04:16D'un point de vue contractuel et juridique, en fait, on se fie souvent à la rémunération brute, ne serait
04:20-ce que pour calculer une indemnité de départ ou pour des dommages à intérêts, on se réfère à la rémunération
04:25brute.
04:26Bien évidemment, le salarié va se voir par rapport au net, au net social.
04:30Et ça va faire naître chez lui, en fait, une question.
04:34Pourquoi y a-t-il une telle différence entre le brut et le net ?
04:37D'autant plus, et là, je vais me tourner encore vers le côté employeur, il y a une ligne qui
04:43n'est pas très explicite, cotisation patronale.
04:46Et c'est qu'une seule ligne, mais en fait, c'est une seule ligne qu'on pourrait ouvrir et
04:50ce serait un tiroir quand même assez long.
04:52Et Maxime Sbailly du Club L'enloi nous disait, il y a un petit problème avec cette ligne-là, c
04:56'est que les gens minimisent les vraies cotisations des employeurs dans le système social.
05:02Par exemple, dans cotisation patronale, on a quoi comme entrée ?
05:05On va avoir toutes les cotisations retraite, les cotisations chômage, on va avoir toutes les cotisations de notre système de
05:13protection sociale.
05:14Et donc, côté salarié, on voit aussi ces lignes-là.
05:17On se cotise même à la GS, l'assurance garantie salaire, mais dans les cotisations patronales, il y a certaines
05:21lignes que nous, on ne voit pas, mais où l'employeur paye quand même chaque mois.
05:25Elles sont globalisées, puisqu'il y a eu une volonté du législateur, par les années passées, de simplifier la lecture
05:31du contrat de travail.
05:31Et en simplifiant la lecture du contrat de travail, ça a été de compiler toutes ces cotisations patronales.
05:37Et donc, du coup, ça donne un côté un peu opaque à la réelle valeur du travail et à ce
05:44que la relation de travail coûte à l'employeur.
05:48Et donc, elles sont effectivement globalisées et donc, à l'intérieur, il faudrait pouvoir distinguer, sous-distinguer, donc, toutes les
05:58cotisations pour quel organisme de protection sociale ça finance, exactement.
06:04Et d'ailleurs ?
06:05D'ailleurs, ça représente quoi, en fait, comme conséquence, le fait qu'on ne comprenne pas les cotisations ?
06:10Justement, l'étude du Club Blondois montre que seuls 52% des salariés interrogés ont conscience que leurs propres cotisations
06:16ne financent pas leurs futures pensions de retraite.
06:19Ça, pour l'aspect retraite, oui.
06:20C'est un problème de compréhension de notre modèle de par répartition et capitalisation.
06:25Les gens pensent capitaliser, alors qu'en fait, on paye pour ceux qui sont actuellement retraités.
06:30On y reviendra peut-être après, mais il y a un truc peut-être plus grave, Jean de Calbiac, c
06:35'est si on ne comprend pas dans quoi l'entreprise, l'employeur cotise,
06:39peut-être que, justement, on sous-évalue le coût que l'on a pour l'employeur.
06:43Le ratio, c'est combien entre le net qu'on reçoit et ce qu'on coûte vraiment à l'entreprise
06:48?
06:48Alors, c'est une question qui est très intéressante puisqu'elle va, justement, dépendre de votre rémunération.
06:54Et c'est une particularité du droit de la sécurité sociale française, c'est qu'en fait, on a des
06:58cotisations qu'on appelle les cotisations plafonaires.
07:01Dit autrement, alors, en plus, avec un effet également d'exception qui est lié à des réductions Fillon.
07:07Mais c'est-à-dire que votre taux entre le net et le brut va être plus faible pour une
07:13haute rémunération et plus fort pour une faible rémunération.
07:17Et il est d'autant plus dommage que les salariés ne perçoivent pas l'importance des cotisations sociales patronales que
07:23ces cotisations sociales patronales.
07:25Et on le fait, puisque nous, en fait, on fait beaucoup d'études entre les pays dans le cadre de
07:29la mise en place de plans de rémunération.
07:31Ce sont les cotisations qui sont les plus importantes en Europe.
07:34C'est-à-dire qu'on est à un des niveaux de cotisation sociale patronale le plus important en Europe.
07:39Et le fait que les gens n'aient pas conscience de ça, est-ce que dans l'étude du Club
07:43Landois, ça a des conséquences sociales ?
07:46Je pense notamment aux gens qui se plaignent de ne pas être assez bien payés ou de penser que leur
07:49patron, par exemple, est un peu radin pour parler vulgairement.
07:52Ils n'ont pas conscience qu'en moyenne, ils coûtent deux fois plus cher à leur employeur que leur salaire
07:57?
07:57Ça, c'est pour jusqu'à quel niveau de rémunération qu'on va coûter deux fois ce qui apparaît sur
08:02le...
08:02Alors, graduellement, vous avez des cotisations qui sont calculées jusque sur la base d'un plafond de la sécurité sociale.
08:08Et après, vous avez des cotisations, notamment Agir Carco, qui sont payées jusqu'à 8 fois le plafond annuel de
08:17la sécurité sociale.
08:17Mais en fait, ce qui est frappant, c'est que finalement, on est dans des jeux de plusieurs poches qui
08:23se compensent.
08:24Et on le voit lorsqu'on fait les simulations.
08:26Et qu'est-ce que nous apprennent les simulations qu'on fait entre les pays européens ?
08:29C'est qu'en Europe, la France n'est pas forcément le pays le plus taxé.
08:34Vous allez par exemple en Angleterre, vous allez payer plus d'impôts en Angleterre ou en Allemagne qu'en France.
08:39Mais il y a moins de cotisations de sécurité sociale.
08:41Donc en fait, on a un effet transfert de charges.
08:44C'est que finalement, l'État reporte en France sur les entreprises, ce qui est payé directement par les salariés
08:53dans d'autres pays par le biais de l'impôt sur le revenu.
08:56Donc c'est terriblement efficace au niveau peut-être du consensus social.
09:00Mais le coût est un peu, est un coût qui est déguisé.
09:03Il y a un petit coût moral aussi.
09:04C'est que parfois, on minimise aussi ce que l'entreprise va apporter aux différentes composantes du système social.
09:11Si on devait conseiller à des gens de regarder leur fiche de paye et de leur dire, voilà, regardez pas
09:16le salaire, mais regardez les autres infos.
09:18Quelles seraient les trois grosses infos clés à regarder chaque mois si on ne devait en choisir que trois ?
09:23Vous allez me dire qu'il y a plus, mais si on devait en choisir trois ?
09:26Alors, il y a tous les systèmes de protection sociale que vont être les régimes de santé et de prévoyance.
09:33Puisque l'employeur, chômage également, mais l'employeur a l'obligation de co-financer ses régimes.
09:39Et selon l'entreprise à laquelle on va appartenir, cet effort va être plus ou moins conséquent.
09:43C'est-à-dire qu'à minima, ça doit être de 50%.
09:45Mais il y a des mutuelles ?
09:46Des mutuelles, des complémentaires.
09:48Et parfois, il y a des entreprises qui vont jusqu'à 90, voire 100% de la prise en charge.
09:54Donc, ça restitue nécessairement du pouvoir d'achat.
09:56Ça, il faut pouvoir le regarder sur son bulletin de salaire.
09:59Les autres éléments, c'est tout ce qui ne va pas être fiscalisé.
10:02Puisqu'on va avoir tout un tas de dispositifs d'avantages sociaux.
10:08Donc, on a parlé de la santé, on a parlé de la prévoyance, mais il y a de la retraite
10:12supplémentaire.
10:13Il y a des choses comme ça qui ne sont pas soumises à charge, ou très peu, simplement à ces
10:18GCRDS et à exonérer d'impôts.
10:21Et donc, ces éléments-là, on a du mal à bien les repérer sur le contrat de travail.
10:26On a du mal à les repérer, ou est-ce que culturellement, on a du mal à s'y intéresser
10:29?
10:29Parce que là, vous parlez d'une rémunération qui, en fait, est beaucoup plus tardive.
10:33Quand on parle de cotisation retraite, c'est-à-dire qu'on doit se projeter sur, grâce au salaire d
10:39'aujourd'hui,
10:39combien je vais gagner quand je ne travaillerai plus, et ça, les gens s'y intéressent.
10:42Sur la retraite, vous avez parfaitement raison.
10:43En revanche, sur les régimes de santé et de prévoyance, c'est immédiat, puisque ce sont des cotisations mensuelles.
10:48Ce sont des cotisations mensuelles, et donc ça restitue du pouvoir d'achat.
10:51Vous avez les frais de transport, de la même manière, quand on parle du pass Navigo.
10:5450% normalement.
10:5550% normalement, mais on a des entreprises, et c'est là où on mesure la qualité du contrat social,
11:00qui vont au-delà, et qui peuvent prendre l'intégralité.
11:03C'est RSE, on peut l'habiller comme on le souhaite.
11:07Ça, c'est les accords inter-entreprise qui vont se refléter sur la fiche de paye.
11:10Exactement.
11:11Et l'autre élément qui est très important, qu'il faudrait regarder sur le bulletin de salaire,
11:15c'est tout ce qui va concerner le partage de la valeur.
11:17Le partage de la valeur, que vont être l'intéressement, la participation,
11:21éventuellement les primes Macron, qu'on appelait les primes Macron,
11:24qui sont désocialisées pour partie et défiscalisées.
11:26On va avoir des abondements que l'on peut capter sur certains dispositifs d'épargne salariale.
11:31Et tout ça, on ne le verra jamais dans la fiche de paye.
11:35Enfin, on le voit sur une ligne spécifique.
11:36Mais ce ne sera pas dans le salaire net.
11:38Ce ne sera pas dans le salaire net, puisque c'est transféré immédiatement.
11:42Vous avez une ligne en haut de bulletin qui vient vous l'attribuer,
11:46et une ligne en bas de bulletin qui vient vous le retirer,
11:49puisque c'est versé à un organisme d'épargne, dont on fait partie, nous, Malakoff,
11:56d'épargne salariale ou d'épargne retraite.
11:57Et donc, ces éléments-là, il faut être capable de les réintégrer.
12:01Et c'est pour ça que les DRH ont compris que la lecture du bulletin de salaire à elle seule
12:06ne suffisait pas.
12:07C'est pour ça qu'ils font des BSI, des bulletins sociaux individuels,
12:11et qui va donner cette vision sur trois rubriques différentes.
12:17Le salaire fixe et éventuellement variable pour ceux et celles qui ont une part variable.
12:21Les avantages sociaux, que j'évoquais tout à l'heure,
12:23et qui, là, cette fois-ci, vont être valorisés par l'employeur en plus de la rémunération.
12:27Par des entreprises vraiment bien disantes,
12:29parce qu'on imagine que beaucoup d'entreprises ne vont pas le faire.
12:33Caroline, je me tourne vers vous.
12:34C'est un enjeu d'éducation financière, d'apprendre à lire sa fiche de paye ou pas.
12:39Et c'est la responsabilité de qui de l'enseigner aux salariés ?
12:43Peut-être dès la plus jeune enfance, d'ailleurs.
12:46Mais c'est pour ça que le Club Landois avait organisé un événement « T'as vu ton être »
12:49l'été dernier.
12:50Voilà, c'était la conférence avec l'étude.
12:52Oui, et qui était ouvert à tout sur la commune de Saint-Ouen pour pouvoir sensibiliser à ces enjeux.
12:57Après, l'employeur a aussi sûrement cette responsabilité de sensibiliser.
13:02Parce que dans l'étude, on montre notamment que près de 50% des salariés n'ont pas conscience
13:05que les cotisations patronales rentrent dans leur salaire.
13:07Donc voilà, il y a un vrai sujet aussi de sensibiliser sur ces questions.
13:10Là, ça ressemble presque à de la marque employeur, quand vous l'expliquez, le DRH,
13:15qui va expliquer tous les gains qui sont au-delà du salaire.
13:18Mais je m'intéresse à une autre chose, c'est les erreurs potentielles sur la fiche de paye.
13:22Puisque l'étude du Club Landois nous dit que la plupart des gens ne sont pas en mesure d'identifier,
13:26de repérer et de comprendre une erreur.
13:29Les erreurs créées sur la fiche de paye, quand il y a une affaire qui va être contentieux jusqu'en
13:34justice au prud'homme,
13:36ça a quelles conséquences, par exemple, sur un contentieux, une erreur sur une fiche de paye ?
13:40Qui est responsable ?
13:41Alors, il y a deux types d'erreurs que l'on voit fréquemment.
13:45On a parfois des erreurs dans la répartition de taux de cotisation,
13:50notamment parfois dans des régimes assez anciens qui n'ont pas été mis à jour.
13:54L'erreur qui est quand même la plus fréquente, c'est l'erreur en matière de retraite complémentaire,
14:01que l'on voit souvent en termes de cotisation à GERC-ARCO.
14:04Donc, ça fait référence à deux cas spécifiques auxquels...
14:08Des cas spécifiques ?
14:09C'est un, le cas des salariés expatriés,
14:12et donc notamment l'obligation pour l'employeur, dans certains cas,
14:15de maintenir les cotisations à ses salariés expatriés.
14:19Et c'est aussi parfois le cas lorsqu'on a des opérations supplémentaires ou complémentaires de la GERC-ARCO.
14:25Mais dans ce cas-là, l'erreur est redoutable,
14:27puisque la prescription, notamment en matière de retraite complémentaire,
14:31la Cour de question nous le rappelle,
14:33ne part pas à partir du moment où on a édité le bulletin de paille,
14:36mais elle part au moment du départ à la retraite.
14:39Donc, on l'a souvent lors des contentieux pour des caisses de retraite à GERC-ARCO.
14:44On a des contentieux avec des bulletins de paille qui datent des années 80-90,
14:49et où on est attrait en justice pour maintenant, donc en 2026,
14:55et la Cour de cassation nous dit que la prescription ne court pas.
14:58Et ce qui est d'autant plus regrettable pour les entreprises,
15:00c'est que lorsque les entreprises se caissent, se tournent vers les caisses de retraite à GERC-ARCO,
15:05parfois celles-ci ne disposent plus des données, non plus les points, la répartition des points,
15:11donc ça pose de très...
15:12Parce que les règles étaient différentes, les infos nécessaires ont changé,
15:15enfin ça doit être un sacré casse-tête pour les servicaires à âge dans ces cas-là.
15:20Qui peut gérer ce type de problématiques quand ça arrive au prud'homme ?
15:24On a l'obligation d'archiver, de conserver les bulletins de salaire,
15:29donc forcément on doit le faire avec des conseils qui nous accompagnent là-dedans,
15:36et pour pouvoir rétablir une situation telle qu'elle aurait dû être si erreur il y a eu.
15:41Toute erreur, c'est la responsabilité de l'entreprise sur la fiche de paille, on est d'accord, Maître ?
15:46Oui, je vous dirais qu'il y a quand même deux types d'erreurs.
15:50On a l'erreur qui est un peu juridique,
15:51mais moi je dirais que le bulletin de paille est quand même une sorte de thermomètre.
15:55C'est le thermomètre de la complexité de notre droit à la paille.
15:58Vous avez fait part de votre étude en disant que 13% des salariés comprenaient leur bulletin de paille.
16:04Pas beaucoup ?
16:05Non, je me permets de mettre en cause ce pourcentage qui me paraît extrêmement élevé.
16:11Il est plus facile pour un juriste français, on l'a vu dans nos études,
16:14de comprendre un bulletin de paille émis aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne
16:20que de comprendre un bulletin de paille émis en France.
16:24Et c'est vraiment le thermomètre finalement de deux points.
16:28C'est un, la complexité et surtout du niveau de prélèvement.
16:33Et ça me revient à une question, c'est finalement pourquoi est-ce que c'est si complexe ?
16:37Est-ce que c'est si complexe parce que finalement il y a des erreurs administratives
16:41ou est-ce que c'est si complexe puisque finalement on veut un peu cacher aux employés français
16:47le coût de leur modèle social actuel ?
16:50En gros, c'est qu'on le maintiendrait complexe pour pas que les gens viennent soulever le tapis en fait
16:56et regarder la poussière en dessous.
16:57Je ne dis pas du tout que c'est fait à dessein, mais en fait on en arrive à la
17:01conclusion.
17:02C'est-à-dire qu'un salarié, lorsqu'il regarde son bulletin de paille, ne comprend pas que parfois
17:07il y a entre le coût employeur et le net perçu pour le salarié un ratio de 2 à 2
17:14,5
17:14qui est absolument compliqué.
17:16Et le seul qui le comprenne, ce sont actuellement les URSAF qui s'engouffrent justement dans ce problème
17:21puisqu'on assiste, puisque vous parliez des erreurs, on a les erreurs devant le conseil de Prud'homme
17:25mais on a les URSAF qui se saisissent de ces erreurs devant les bulletins de paille
17:30et qui après avoir un peu modéré leur contrôle dans les années post-Covid
17:35recommencent de façon de plus en plus intense à faire des contrôles et des contrôles d'assiettes
17:39avec des données en fait en confrontant les données DSN, les données du bulletin de paille
17:43ce qui conduit en fait à des redressements pour les entreprises.
17:46Et finalement, le principal risque pour les entreprises actuellement, ça va être notamment le contrôle
17:51et le contentieux URSAF sur une légitiation qui est particulièrement complexe.
17:54Ça veut dire que chaque mois, vos services RH, avant d'appuyer sur envoyer ou de déposer
17:59plutôt maintenant, on dépose les fiches de paille sur des coffres forts numériques
18:01avant de déposer, il y a un double, triple, quadruple de chèques
18:05parce que chaque erreur peut avoir des coûts assez importants
18:09c'est un enjeu très fort cette fiche de paille pour les entreprises.
18:12Ah oui, oui, c'est un enjeu très très fort et c'est pour ça qu'on a une première
18:16étape
18:16qui consiste à faire une pré-paye et la contrôler
18:19et ensuite la valider une dernière fois avant les virements
18:24et l'envoi dans les coffres forts électroniques.
18:26Petite question d'actualité, l'IA là-dedans, elle va vous aider un peu ou pas ?
18:30Très certainement, très certainement.
18:31On n'en a pas encore mesuré pleinement les conséquences.
18:35Elle pourra faire des erreurs l'IA aussi ?
18:36Elle pourra faire des erreurs.
18:38Et ce qui voudra dire qu'on devra nous aussi contrôler l'IA.
18:41Et donc voilà, tout ça, on ne l'a pas, pour tout vous dire,
18:44on ne l'a pas du tout utilisé encore en paille.
18:47Alors il y a quelques lignes importantes que les gens ne calculent pas forcément
18:51sur leur fiche de paille mais qui en disent beaucoup quand même sur notre modèle social
18:54et qui peuvent mettre en lumière des choses qui fonctionnent très bien.
18:58Trois lettres, A, G, S.
19:00Si je dis A, G, S, fiche de paille,
19:02qu'est-ce que les salariés devraient comprendre quand ils lisent cette ligne ?
19:05Qu'est-ce qu'ils cotisent ? Pourquoi ?
19:07Quand on cotise, la cotisation AGS, les gens n'y pensent pas forcément
19:11mais à un moment dans leur vie, ça peut être très intéressant d'avoir cotisé.
19:15L'assurance garantie salaire.
19:17Justement, c'est le propre de l'assurance.
19:19C'est-à-dire qu'en fait, on a vraiment quelque chose qui est assurantiel,
19:21qui ne va pas s'appliquer à tout le monde
19:23et qui va couvrir quelques grands risques.
19:26Et justement, ce qui est amusant, c'est que finalement,
19:28la cotisation qui est la plus petite
19:29est également la cotisation qui est finalement la plus efficace.
19:33Ce qui montre qu'en fait, on peut faire beaucoup
19:35et qu'on peut être efficace avec, finalement, peu.
19:38Le reste, en fait, on n'est pas sur de l'assurance.
19:40C'est qu'en fait, on n'est pas sur...
19:41Même nos mécanismes ont été un peu dévoyés.
19:43On parle d'assurance complémentaire santé.
19:46Mais l'assurance complémentaire santé,
19:48finalement, on est un peu dans l'achat de prestations
19:50qui vont être redistribuées aux salariés.
19:53Donc, on n'a pas ce côté aléatoire.
19:56C'est de la rémunération globale et...
19:57On est sur une rémunération globale pour les salariés,
19:59mais on n'est pas vraiment sur un mouvement assurantiel.
20:02C'est passionnant, c'est technique aussi.
20:04Je pense que les gens n'auront pas encore tout compris
20:06sur la fiche de paye.
20:08Mais en fait, ce n'est pas qu'un salaire, cette fiche de paye.
20:10Ça en dit beaucoup sur notre relation de travail
20:12avec notre employeur.
20:14Ça en dit beaucoup sur la qualité aussi
20:15de ce que l'employeur peut nous donner.
20:17Je pense qu'on en reparlera,
20:19parce qu'il y a encore beaucoup à dire.
20:20Merci, Caroline, de m'avoir accompagnée.
20:22Merci, Jean de Calbiag, donc avocat en droit social.
20:26Et bien sûr, merci, Boris Smolik.
20:28Donc, responsable directeur, grand compte épargne
20:31chez Malakoff Humanis.
20:32À très bientôt sur Bsmart.
20:35L'émission est terminée.
20:36Arnois Ardouin s'est de retour la semaine prochaine.
20:39D'ici là, regardez nos programmes.
20:41À très bientôt sur Bsmart.
20:42Sous-titrage Société Radio-Canada
20:46Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations