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Ce jeudi 2 avril, les conclusions à tirer du sondage auprès des Français concernant le bilan économique d'Emmanuel Macron depuis 10 ans ont été abordées par Pierre-Henri de Menthon, directeur de la rédaction de Challenges, Gaël Sliman, président d'Odoxa, et Christian Saint-Étienne, économiste et auteur de "Trump et nous, comment sauver la France et l’Europe", dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Pour retour à tous, il est 10h34, on est toujours en direct sur BFM pour les experts, avec autour de
00:04la table Pierre-Henri Demanton, directeur de la rédaction de Challenges,
00:08Gail Slimane, président d'Odoxa et Christian Saint-Etienne, économiste et auteur de Trump et nous, comment sauver la France
00:14et l'Europe.
00:16C'est le premier jeudi du mois et vous le savez, comme tous les premiers jeudis du mois, c'est
00:21le sondage Odoxa.
00:22Sondage Odoxa, AJP, Challenges, BFM Business, sur le moral économique des Français.
00:27Et ce mois-ci, pour les 10 ans de la création du mouvement En Marche, Odoxa a sondé l'analyse,
00:36le bilan qu'ont fait les Français de 10 ans de macronisme.
00:39Alors 10 ans, pas tout à fait, cher Gail Slimane, puisque ça fait 9 ans, bientôt, au mois de mai,
00:45ça fera 9 ans qu'Emmanuel Macron occupe l'Elysée.
00:50Mais quels sont les principaux enseignements que vous tirez de ce sondage ?
00:56Alors, 9 ans, 10 ans, un bilan, mais un bilan économique.
01:01J'insiste, parce que sinon, le bilan politique, on le connaît, sondage après sondage, les Français nous disent pique-pendre
01:08d'Emmanuel Macron.
01:09Explosion du système politique.
01:10Sur notre dernier baromètre politique, on a une cote d'adhésion, une cote de rejet.
01:14Et il est, c'est celui qui concurrence la superstar Jean-Luc Mélenchon sur le palmarès du rejet.
01:20C'est-à-dire que vous avez 4 personnalités qui suscitent plus de 50% de rejet.
01:24Mélenchon est tout en haut à 70%, mais Emmanuel Macron, c'est le président, jamais on n'a vu ça,
01:29qui oscille autour des 55-56.
01:31Est-ce que c'est davantage que ses prédécesseurs ou pas ?
01:33On sait qu'on a dehors construit le monarque républicain.
01:36Ah oui, c'est sans comparer les deux autres, c'était les deux sœurs jumelles de Paris, Anne Hidalgo et
01:41Rachida Dati.
01:42D'où l'idée étrange, ce que j'ai répété souvent sur les plateaux, de choisir Rachida Dati comme candidate
01:47à Paris, alors que les Parisiens voulaient une alternance.
01:50C'est notre émission, on a un ancien élu parisien.
01:52Et qu'on a choisi le candidat le plus éruptif.
01:55Mais bon, j'en reviens à Emmanuel Macron.
01:57On revient aux considérations économiques.
01:58On n'est que sur l'économie, on le précise bien aux gens.
02:01Et donc, quand on leur demande quel est le bilan qu'ils tirent de l'élection d'Emmanuel Macron depuis
02:052017 sur le plan économique,
02:07est-ce plutôt une réussite, plutôt un échec ?
02:0983% nous disent que c'est un échec.
02:12Et il y a une unanimité qui est assez rare.
02:15C'est souvent le cas sur Emmanuel Macron.
02:17À part les sympathisants Renaissance, donc de son propre parti,
02:21Aix-en-Marche qu'il a créé il y a dix ans,
02:23on est à une majorité de plus des trois quarts.
02:27Les trois quarts des sympathisants LR, quasiment 100% de ceux du RN,
02:31plus de 80% de ceux de gauche nous disent que le bilan économique est un échec.
02:35Et même chez les En Marche, enfin Renaissance,
02:37vous en avez presque un tiers qui nous disent que c'est un échec.
02:41Même 30%.
02:42Donc c'est quand même conséquent.
02:43Un tiers de déçus du macronisme au sein même de sa famille politique.
02:46Au sein de ceux qui continuent de se dire.
02:48Parce qu'il y en a beaucoup qui ne se disent plus En Marche ou Renaissance
02:52parce qu'ils sont déçus.
02:52Là, c'est ceux qui disent encore l'être.
02:54Et alors on a choisi avec Challenge de faire, et à JP, de faire un bilan détaillé.
02:59Une fois qu'on a dit...
03:00Si on rentre dans le détail justement, c'est la question que j'allais vous poser.
03:02Pourquoi sont-ils si déçus ?
03:03Et j'invite d'ailleurs, on en parlait avec Pierre-Henri,
03:07les auditeurs et téléspectateurs,
03:09à regarder ce qu'a fait Challenge par rapport à ses résultats.
03:12Puisque moi je mesure la perception.
03:14Et Challenge, Pierre-Henri vous le dira dans un instant,
03:17a mesuré objectivement, sur des critères clés, ce que ça a donné.
03:21Donc on prend des domaines par domaine.
03:23Le développement de l'innovation, je rappelle que c'était l'homme de la Startup Nation,
03:26donc quelqu'un qui était à fond...
03:28Globalement, l'économie était la majeure d'Emmanuel Macron,
03:31beaucoup plus que le régalien.
03:33L'économie était la majeure, le Mozart de l'économie disait-on,
03:37mais le développement de l'innovation et l'attractivité de la France,
03:40et le développement des entreprises françaises,
03:42c'était vraiment trois domaines qu'il avait mis en valeur.
03:43Son marqueur de début de quinquennat.
03:44Exactement.
03:45Et on est entre les deux tiers et les trois quarts des Français
03:47qui nous disent que le bilan dans ces domaines, c'est un mauvais bilan.
03:51Et ce sont les trois domaines où il est le moins mal jugé.
03:54Je rappelle que ça fait six ans qu'on est quand même le pays le plus attractif
03:57pour les investissements étrangers, selon le baromètre EY.
04:01On laissera Pierre-Henri rebondir là-dessus.
04:03Tout de même.
04:05Fiscalité, croissance économique,
04:07bon, retraite, ça surprendra moins,
04:08pouvoir d'achat.
04:09Dans chacun de ces domaines, on est entre 80 et 90% de Français
04:13qui disent que le bilan est mauvais.
04:15Mais moi, mon préféré,
04:16alors en plus ça baisse depuis 2021, depuis sa réélection,
04:19mon préféré c'est sur le chômage.
04:22On en parlait en antenne.
04:23Oui.
04:24Le chômage, depuis que je fais des sondages,
04:26donc depuis la fin des années 90,
04:28depuis 97,
04:29donc ça va faire bientôt 30 ans,
04:32jusqu'à un passé récent,
04:34jusqu'à l'élection d'Emmanuel Macron,
04:36on ne s'embêtait pas.
04:37La seule priorité, l'unique priorité des Français,
04:39ce n'était pas le pouvoir d'achat,
04:40ce n'était pas l'insécurité,
04:41c'était le chômage, le chômage, le chômage.
04:43Au point qu'il nous arrivait parfois,
04:45on en avait marre,
04:46de sortir le chômage des listes en disant
04:48en dehors du chômage.
04:48On savait que c'était le numéro 1.
04:49On savait que c'était le numéro 1.
04:50C'était écrit, en dehors du chômage,
04:52quelles sont vos priorités ?
04:53Insécurité, immigration, pouvoir d'achat, etc.
04:56Là, on a un président de la République
04:58qui a été élu en 2017,
05:00notamment sur la promesse ratée
05:02à l'époque de son père spirituel,
05:05François Hollande,
05:06d'inverser la courbe du chômage.
05:09On ratait à quelques mois après.
05:11Alors qu'il a réussi en réalité,
05:14mais on l'a su après.
05:16Et du coup, c'est Macron qui en a profité.
05:17Enfin, ou pas d'ailleurs.
05:19Et donc, pendant des années,
05:20c'était le chômage.
05:21Aujourd'hui, vous testez les mêmes listes de priorités,
05:23le chômage arrive 8e, 9e, 10e.
05:25C'est-à-dire que les gens ont bien intégré
05:26que le chômage avait baissé.
05:28Mais il ne se refuse
05:29à attribuer cela à Emmanuel Macron.
05:32Et on a les trois quarts des Français
05:33qui nous disent,
05:34son bilan, il est mauvais aussi sur le chômage.
05:372 millions d'emplois créés.
05:38Après, j'aurais un dernier point à donner
05:42qui est sur les gagnants et les perdants.
05:44Mais je pense qu'on peut...
05:46Alors Pierre-Henri,
05:47comment vous avez traité ça dans le chat de cette semaine ?
05:49Alors nous, en fait,
05:50on avait quelque chose de très simple.
05:52C'est-à-dire qu'on a mis le sondage
05:53avec des gros camemberts tout rouges,
05:56entre 77 et 95 %,
05:59selon les thématiques.
06:01Et en face, on a mis des courbes objectives
06:05pour voir ce qui s'était passé.
06:08Et effectivement, factuellement,
06:11le bilan...
06:12Alors, il y a eu beaucoup de facteurs exogènes,
06:14etc.
06:15Oui, il y a été aussi...
06:16Mais malgré ces crises,
06:18le bilan, il n'est pas négatif.
06:21Donc, vous prenez les prélèvements obligatoires,
06:23ils ont plutôt baissé sur la période.
06:25L'attractivité, on en a parlé.
06:28L'emploi, on en a parlé.
06:29Le taux d'emploi est à un niveau...
06:31Le taux d'emploi, c'est-à-dire le nombre de gens qui travaillent.
06:34Donc, on a réussi à faire travailler plus.
06:37Les seniors, les jeunes avec l'alternance, etc.
06:40Donc, il est au plus haut historique, je crois,
06:43depuis je ne sais pas combien de temps, en 2025.
06:46Donc, objectivement, voilà.
06:48Après, il y a toujours un décalage,
06:50mais ça, Gaël le sait beaucoup mieux que moi.
06:52Par exemple, quand on s'amuse
06:53à demander aux gens
06:55des questions sur l'inflation,
06:57les gens, ils sont persuadés que l'inflation,
06:59elle est à 10-11%,
07:02alors qu'elle est autour de 2%.
07:06Parce qu'effectivement, il y a une perception,
07:09il y a ce qu'on appelle des dépenses contraintes,
07:12et le reste, ça se joue dans le caddie,
07:16et là, on le voit, ou à la pompe.
07:18On le voit.
07:19Donc, il y a une différence entre la perception.
07:21Alors, après, je ne suis pas analyste politique,
07:24mais je pense qu'effectivement, la politique intérieure,
07:26l'échec d'Emmanuel Macron,
07:28avec surtout la dissolution,
07:31en fin de règne,
07:33a complètement détruit son image
07:35de Start-up Nation,
07:37de tout ça a été oublié,
07:39emporté par cet échec.
07:41Après, en termes de politique économique
07:43ou de politique internationale,
07:45ça se discute un peu plus.
07:47Et donc, je pense qu'il pâtit de ça,
07:49plus d'erreurs politiques.
07:51On parlait de l'erreur de la cagnotte de Lecornu.
07:54Il y a eu une grosse erreur faite dès le départ,
07:57qui est, à mon sens, la baisse des APL, par exemple,
08:00qui a été un truc qui n'avait aucun intérêt économiquement,
08:03qui a donné une image.
08:05En plus, ça s'est fait quelques semaines après
08:07la suppression de l'ISF.
08:09Donc, bing, il a été vraiment marqué au fer rouge
08:13président des riches.
08:14Il traînait déjà son CV chez Rothschild,
08:17donc là, marqué au fer rouge là-dessus.
08:19Plus, effectivement, il y a eu des erreurs.
08:21Je pense que la start-up nation
08:23a duré trop longtemps.
08:25Toute cette communication autour de ça
08:26a fini par créer...
08:28Vous savez, c'est le mythe des premiers de cordée, etc.
08:31Ça a fini par créer un rejet.
08:33Il y a eu quelques sorties, ces gens ne savent rien.
08:35Donc, dans le discours économique,
08:37il y a les décisions politiques.
08:40Il y a le pas de chance, les facteurs exogènes.
08:42Les décisions politiques,
08:44peut-être...
08:46Les gilets jaunes, c'est effectivement pas...
08:49C'est pas un facteur exogène, pour le coup.
08:51C'est un problème de gestion politique.
08:53Oui, qu'on s'est créé tout seul.
08:54Qui s'est créé tout seul.
08:55Et puis, je pense aussi des erreurs de communication,
08:59mais même dans son core business,
09:01si je puis dire, pour parler un peu
09:03start-up nation,
09:05qui est la politique économique.
09:06Où, effectivement, il y a eu...
09:08Bon, et puis il y a eu le raté, bien sûr,
09:10de la réforme des retraites.
09:11Oui, mais si on...
09:12Alors, en dehors de toute considération politique,
09:15encore une fois, si on regarde objectivement
09:17les résultats économiques de la France
09:20entre 2017 et...
09:22Bon, de 2026, on verra ce que donnera 2027,
09:26mais cette décennie, Macron.
09:28On a le temps de faire des choses en France.
09:29Il paraît qu'il faut 10 ans pour faire des réformes.
09:32Ce que vous nous dites, Pierre-Henri de Menton,
09:34là, c'est que si on prend les chiffres,
09:37froidement,
09:38ils sont décorrélés
09:40de l'opinion qu'ont les Français...
09:42Sauf sur les finances publiques.
09:43...de l'évolution.
09:44Alors, sauf...
09:44Il y a des dégradations significatives
09:46sur les finances publiques.
09:47Oui, ça, un petit...
09:48On ne l'a pas testé.
09:49D'accord.
09:50On ne l'a pas testé.
09:51Oui, mais ça, alors, là-dessus,
09:53je peux vous donner la réponse,
09:54c'est que les Français,
09:55ils trouvent que c'est catastrophique
09:56le dérapage des finances publiques.
09:58Et vous leur dites,
09:59est-ce qu'il faut réduire les dépenses
10:00ou augmenter les impôts ?
10:01Est-ce que vous êtes prêts à faire des efforts ?
10:02Alors, Christian Saint-Étienne.
10:04Au fond, quand on écoute Pierre-Henri et Gaël,
10:07on a l'impression
10:08qu'il y a un divorce entre le réel et le perçu,
10:12je pense que l'explication,
10:14c'est que l'économie française,
10:15depuis 20 ans,
10:16a une croissance de 1% par an.
10:20Et donc, Macron,
10:22c'est 10 ans des 20 ans.
10:23C'est ça, croissance potentielle.
10:24Parce qu'il a été ministre de l'économie
10:25avant d'être président.
10:26Donc, il a été aux commandes...
10:29Et depuis 2012 à l'Élysée.
10:30Voilà.
10:30Donc, il a été aux commandes
10:34sur au moins une moitié
10:35des 20 dernières années.
10:36Donc, on a une croissance économique de 1%,
10:39qui est à peu près celle de la zone euro.
10:41C'est d'ailleurs,
10:43si on résume,
10:44une France qui est plantée
10:46dans une Europe qui est plantée.
10:48Il faut se rappeler
10:50que l'Europe,
10:51c'était la première puissance économique du monde
10:53en 2000.
10:54Aujourd'hui,
10:55on est derrière la Chine.
10:56Et on est en régression.
10:58Il faut rappeler que l'Europe,
11:00c'est 1% de croissance depuis 20 ans.
11:02Et que le monde lui-même,
11:03la planète, croît à 3%.
11:05Donc, en relatif,
11:06on se dégrade.
11:08Mais quand on a une France à 1%,
11:11et c'est là,
11:12je pense que mes camarades
11:13vont être d'accord,
11:14vous avez la moitié de la population
11:15qui est protégée.
11:17Dans la fonction publique,
11:196 millions de salariés,
11:21dans les professions protégées,
11:22dans les entreprises du CAC 40,
11:25dans les ETI qui fonctionnent,
11:27vous avez la moitié de la population
11:29qui bénéficie de ce 1% de croissance.
11:32et vous avez l'autre moitié
11:33qui est à zéro.
11:35C'est-à-dire que quand on est à 1%...
11:36Il y a quand même des transferts sociaux
11:38énormes en France.
11:39Donc, on ne peut pas dire
11:40qu'ils sont à zéro.
11:41Oui, mais quand vous avez
11:431% de croissance en revenu direct,
11:46vous avez la moitié de la population
11:47qui a des revenus qui stagnent.
11:49Vous avez un effondrement du commerce.
11:51Donc, vous avez eu des dizaines
11:53de milliers de suppressions
11:54de l'emploi dans le commerce
11:56de l'habillement.
11:57Vous avez une restructuration
11:59de l'ensemble de la distribution.
12:01La distribution, c'est un gros morceau
12:03de l'économie.
12:03Ce sont des gens qui sont payés au SMIC
12:05et donc qui sont restructurés
12:07en permanence.
12:09Donc, vous avez...
12:09Et très peu de perspectives aussi.
12:11Donc, vous avez une moitié
12:12de la population qui, certes,
12:16bénéficie au second degré
12:17de transferts sociaux,
12:18mais en perspective de salaire,
12:22de carrière,
12:23sont à l'arrêt depuis 20 ans.
12:25Et ça, je me permets de...
12:27Alors, ça va faire très prétentieux,
12:28mais le discours schumpeterien
12:30de dire, mais en fait,
12:31il y a une mutation de l'économie,
12:33maintenant c'est l'IA, etc.
12:35Eux, ils ne sont pas concernés.
12:36Il y a beaucoup de gens
12:37pour qui c'est très compliqué.
12:39Ce discours est inaudible.
12:41Oui, très intellectuel, concrètement.
12:43Parce que, bon,
12:44on va vous proposer un job
12:46à 60 kilomètres de chez vous.
12:48Non, et il va falloir une formation.
12:51C'est une des réformes,
12:52à mon avis, pas trop ratée.
12:53C'est celle de la formation professionnelle.
12:55C'est un apprentissage, bien sûr.
12:56Il y a encore des efforts énormes
12:57à faire là-dessus.
12:58Et ce discours-là,
12:59il ne passe pas, quoi.
13:00Gail Slimane.
13:01Oui, et pour rebondir
13:02sur ce que vous venez de dire
13:04l'un et l'autre,
13:04et notamment sur le point de Christian
13:06sur les gagnants et les perdants,
13:08d'une certaine manière,
13:09je pense que ça explique beaucoup
13:11du jugement que portent les Français,
13:13au-delà des gaffes,
13:14des bourdes qu'on a évoquées tout à l'heure,
13:16des bourdes politiques.
13:17Ça explique beaucoup
13:18du jugement des Français
13:19sur Emmanuel Macron,
13:20son bilan politique,
13:21mais même sur son bilan économique.
13:24Parce qu'on a posé cette question
13:25des gagnants et des perdants,
13:26et ce n'est pas la première fois
13:27qu'on la pose.
13:28On l'a déjà posé
13:28pour plein de présidents
13:29de la République.
13:30On avait déjà un peu ça
13:31sous Sarkozy.
13:32Le sentiment qu'il y avait
13:34deux Frances,
13:35une petite partie visible
13:37de l'iceberg,
13:38archi-minoritaire,
13:39qui en profitait à mort,
13:41et puis le reste,
13:43les gens qui triment,
13:45la France qui se lève tôt,
13:46comme le disait Nicolas Sarkozy,
13:47qui n'en profite pas.
13:48Et c'est déjà
13:49ce qui était reproché
13:50à Nicolas Sarkozy
13:51d'être le président des riches.
13:53Et là, Emmanuel Macron,
13:54c'est puissance 10.
13:55Donc quand on regarde
13:56ce que les Français pensent
13:58des gagnants et des perdants,
14:00ils nous disent,
14:01donc on leur demande,
14:02les grandes fortunes,
14:02est-ce qu'ils ont plutôt
14:03été avantagés ou désavantagés
14:05par la politique économique
14:06et fiscale conduite
14:07par Emmanuel Macron
14:08depuis 2017 ?
14:09Donc les grandes fortunes,
14:1077% des Français
14:11pensent qu'ils ont été avantagés.
14:13Les salariés à haut revenu,
14:1469% pensent qu'ils ont été avantagés.
14:16et quand on regarde
14:17ce que nous disent
14:18les Français les plus aisés,
14:19ils disent,
14:20oui, c'est vrai,
14:20on a été plutôt avantagés,
14:2273.
14:22Donc voilà,
14:23pour une fois,
14:24il y a une corrélation
14:26entre les deux.
14:26Les chefs d'entreprise,
14:2854% des Français
14:29pensent qu'ils ont été avantagés,
14:31mais quand on regarde
14:32ce que disent
14:33l'immense masse
14:34des petits patrons,
14:37travailleurs indépendants,
14:38petits patrons,
14:38eux, ils disent,
14:39bah non, pas du tout.
14:39Bon.
14:41Les cadres,
14:42une majorité de Français
14:43pensent qu'ils ont été avantagés,
14:44mais les cadres eux-mêmes
14:45ne le pensent pas.
14:46Les habitants des grandes villes,
14:48parce qu'il est perçu
14:48comme le président des riches,
14:49mais il est aussi perçu
14:50comme le président des villes,
14:51versus les campagnes.
14:53Les grandes villes,
14:5443% nous disent avantagés,
14:56une majorité nous disent désavantagés,
14:57mais c'est pas trop grave.
14:59Mais alors là où c'est terrible,
15:00c'est les chômeurs,
15:01les pauvres,
15:02les retraités,
15:03les ouvriers
15:04et les personnes
15:05qui vivent en zone périurbaine
15:06ou en milieu rural,
15:07on est entre les trois quarts
15:09et 90% des Français
15:11qui nous disent
15:11ceux-là,
15:12ils ont été désavantagés.
15:13Et je pense que c'est ça
15:14le péché originel
15:15d'Emmanuel Macron
15:16vis-à-vis de l'opinion publique,
15:18c'est ce qu'évoquait
15:19Pierre-Henri tout à l'heure,
15:20c'est cette idée
15:21qu'il favoriserait
15:22une partie de la population.
15:24Schumpeter,
15:25le brave Joseph,
15:26ça marche
15:27si vous vous dites
15:28que vous faites partie
15:29de la mondialisation heureuse,
15:30que vous êtes urbain,
15:31diplômé,
15:32que vous êtes mobile,
15:33on vous dit
15:34ton job est détruit
15:35mais c'est pas grave,
15:36tu vas en apprendre à un autre.
15:37Voilà,
15:38il y en a
15:38ou même moins loin que ça.
15:39C'est les somewhere
15:40et les anywhere.
15:42Exactement,
15:43exactement.
15:43Et ça fait sens
15:45avec les fameux
15:46somewhere et anywhere,
15:46ça fait sens
15:47avec ce qu'il avait dit
15:49sur il y a ceux qui
15:50c'était ceux qui ne sont rien
15:51et les autres
15:52c'était ceux qui ont réussi
15:54et ceux qui ne sont rien.
15:55Il y a,
15:56ça fait sens avec tout ça.
15:57Hollande,
15:58c'était pire,
15:58les sans-dents.
15:59Oui,
16:00mais Hollande,
16:00il l'a dit en off
16:01et ça a été balancé,
16:02ça a été répété.
16:04Alors que là,
16:05il a assumé ça.
16:06On appelle ça
16:07les macroneries,
16:08il y en a eu pas mal
16:09effectivement.
16:11Juste pour compléter,
16:12effectivement,
16:12les moyennes
16:14ne veulent plus rien dire.
16:15Vous avez un quart
16:16de la population
16:17qui est mobile,
16:19éduquée,
16:19qui peut bouger
16:20et il faut toujours
16:22se souvenir
16:23que même dans la France
16:24d'aujourd'hui
16:25avec l'agriculture
16:26qui fait 3%
16:27de l'économie,
16:27vous avez quand même
16:28un quart de la population
16:29qui vit dans le monde rural,
16:31donc des gens
16:32qui vont à la pompe,
16:33des gens qui n'ont pas
16:35de perspective de carrière
16:36très forte,
16:37des gens qui ont été
16:38très touchés
16:39par la désindustrialisation
16:40parce que les usines
16:41qui ont fermé,
16:42elles n'étaient pas
16:43rue de Rivoli,
16:44elles étaient dans
16:45ces zones-là.
16:45Donc vous avez un quart
16:47qui est à la tête
16:50hors de l'eau
16:51et vous avez un quart
16:52qui est en difficulté
16:53et puis vous avez
16:54les classes moyennes
16:55au milieu.
16:56Donc les moyennes,
16:58c'est ce que j'ai essayé
17:00de dire tout à l'heure,
17:01une économie à 1%,
17:02ce n'est pas tout le monde
17:03qui progresse à 1%.
17:04Et oui, évidemment.
17:06Il nous reste quelques minutes.
17:07Allez, il est 10h51,
17:08on est toujours en direct
17:09sur BFM Business
17:10et il y a un an,
17:11Donald Trump affiché.
17:13C'est à Yves Douanier,
17:14vous vous souvenez
17:14sur ces panneaux
17:15qui ne voulaient rien dire.
17:16On était à la rédaction
17:17en train d'essayer
17:18de décrypter
17:19ces différents chiffres,
17:20ça n'avait aucun sens.
17:22Il n'empêche qu'il y a un an,
17:23la guerre commerciale
17:25a été déclarée
17:26au monde entier.
17:28Christian,
17:28ça t'étienne.
17:29Un an plus tard,
17:31quelles sont les conclusions
17:32que l'on peut tirer ?
17:33Quels ont été les effets
17:35de cette guerre commerciale ?
17:37Trump attendait
17:38de la guerre commerciale
17:40deux choses,
17:41la réindustrialisation
17:42des États-Unis
17:42d'une part
17:43et des recettes fiscales.
17:45qui lui permettraient
17:47de financer,
17:48par rapport à la discussion
17:50qu'on vient d'avoir
17:50sur la France,
17:51c'est psychédélique,
17:52qui lui permettrait
17:53de financer
17:54la baisse des impôts
17:55sur les ultra-riches.
17:57Alors,
17:57la baisse des impôts
17:58sur les ultra-riches,
17:59il l'a faite passer
18:00par la fameuse OBB,
18:02One Big Beautiful Law,
18:04de juillet 2025.
18:07Oui.
18:07Et de facto,
18:10il n'a pas eu
18:10en contrepartie
18:11des recettes fiscales
18:13des droits de douane
18:15qu'il attendait.
18:16Il attendait 600 milliards,
18:17c'est plutôt
18:18de l'ordre de 200 milliards.
18:20Il va devoir
18:21déjà rembourser
18:22une partie,
18:23mais enfin...
18:24Après la décision
18:25de la Cour suprême,
18:26ça devrait quand même
18:27rester autour de 200 milliards.
18:28Alors,
18:29il attendait surtout
18:30de ses droits de douane
18:32de refaire des États-Unis
18:33une très grande puissance,
18:34ce qui est d'ailleurs
18:35aussi psychédélique
18:36parce que c'était déjà
18:37la première puissance du monde.
18:39Il est fort quand même
18:40politiquement
18:40puisqu'il avait réussi
18:41à convaincre
18:41100 millions d'Américains
18:42que les États-Unis
18:43étaient en déshérence
18:44alors que c'était
18:45la première puissance du monde,
18:46passons.
18:47Mais en fait,
18:48pour terminer,
18:49l'effet majeur
18:51de ses droits de douane,
18:52et d'ailleurs,
18:53je l'ai dit au moment,
18:54il y a un an,
18:55et je l'ai même écrit,
18:56ce qui se passe,
18:58il a cru qu'il refaisait
19:00des États-Unis
19:00de la première puissance du monde.
19:02En réalité,
19:03il est en train
19:03d'isoler les États-Unis.
19:05Et pour comprendre ça,
19:06il y a deux chiffres
19:07à avoir à l'esprit.
19:08Les États-Unis,
19:09c'est à peu près
19:0923% du PIB mondial,
19:11mais quand vous regardez
19:12sa part du commerce mondial
19:14en prenant la moyenne
19:15import-export,
19:16c'est juste la moitié
19:17aux ennemis.
19:18Et donc,
19:18il n'a pas compris ça.
19:20C'est-à-dire qu'en mettant
19:21les droits de douane,
19:22il a provoqué
19:23ce que les autres ont fait,
19:24c'est-à-dire
19:25l'Union européenne
19:26qui signe le Mercosur,
19:28qui signe un accord
19:28avec l'Inde,
19:29qui conclut un accord
19:31avec le Japon,
19:31et ainsi de suite.
19:32C'est-à-dire,
19:32le commerce mondial
19:33va se faire autour
19:34des États-Unis.
19:35Et de fait,
19:36il est en train
19:37d'affaiblir les États-Unis
19:38plutôt que de les renforcer.
19:39Alors, tout à fait d'accord.
19:40Juste compléter,
19:41puisqu'on commence
19:42à avoir les chiffres
19:43sur le commerce international
19:45de l'an dernier.
19:46Oui, il y a progressé,
19:47ils sont tombés les chiffres.
19:49pratiquement un an
19:50de soi-disant guerre commerciale.
19:52Et donc là,
19:53il y a eu un chiffre
19:53de McKinsey,
19:54je crois qu'il a sorti,
19:55qui confirme
19:56ce qu'avait dit l'OMC,
19:57etc.
19:57C'est que ça progresse.
19:59C'est combien ?
19:59La mondialisation
20:00va très bien.
20:03Les flux,
20:04d'abord,
20:05il y a une résilience
20:05des acteurs économiques
20:06qui sont peut-être
20:08plus malins
20:08que Donald Trump
20:09pour la plupart.
20:11Et il y a des flux,
20:12effectivement,
20:12qui sont mis en place
20:13sud-sud,
20:14etc.
20:14Et qui pourraient être
20:15à nouveau perturbés
20:16pour d'autres raisons
20:17aujourd'hui.
20:18Donc, ça n'a absolument
20:19pas changé.
20:20Ça a effectivement
20:21contribué à isoler
20:22un peu plus
20:23les Etats-Unis
20:24en termes commerciales,
20:26mais aussi une image
20:27quand même catastrophique
20:29un peu partout.
20:31Et puis, moi,
20:32je garde en termes d'image
20:33quelque chose
20:34d'assez fort
20:35et assez triste.
20:36C'est cette,
20:37comment dirais-je,
20:38espèce de jeu de théâtre
20:40sinistre
20:41sur le terrain de golf
20:42en Écosse
20:44avec von der Leyen
20:45qui signe
20:47convoqué
20:47par Donald Trump.
20:48Donc, il y a eu
20:49quand même, je pense,
20:50un affaiblissement
20:52de l'Europe,
20:53malheureusement,
20:54en tout cas,
20:54dans sa gouvernance.
20:55Un affaiblissement stratégique.
20:56Un affaiblissement stratégique,
20:58un espèce de mouvement
20:59de panique
20:59qui s'est créé
21:00et qui n'était pas
21:02tout à fait justifié.
21:03Alors, heureusement,
21:04derrière,
21:05on a signé,
21:06malgré notre classe politique
21:08que Kempton
21:09Christian Saint-Étienne,
21:11on a signé des accords
21:12qui est avec le Mercosur,
21:14qui est avec l'Inde,
21:15etc.,
21:16qui font qu'effectivement,
21:17on passe à travers,
21:18en tout cas,
21:19ces petits cadeaux
21:21empoisonnés
21:21de Donald Trump.
21:22Une dernière question.
21:24Est-ce qu'on n'a pas assisté,
21:25depuis un an aussi,
21:27à la plus grande
21:27manipulation de marché
21:29et le plus grand délit
21:31d'initié
21:31qu'on ait jamais vu
21:32orchestré par la Maison-Blanche ?
21:33Question un peu provoque
21:34Christian Saint-Étienne,
21:36mais vous avez écrit
21:38un livre,
21:38je rappelle,
21:39« Trump et nous,
21:40comment sauver la France
21:41et l'Europe »
21:41aux éditions,
21:42Odile Jacob,
21:42est-ce qu'on n'insiste pas,
21:43depuis un an,
21:44à la plus grande
21:46opération de délit
21:47d'initié
21:47et de manipulation
21:48de cours
21:49organisée depuis
21:50la Maison-Blanche ?
21:51Avec des cours
21:52qui font le yo-yo
21:52en permanence,
21:53en fonction de ce que racontent...
21:55Sur le marché du pétrole,
21:56récemment,
21:57c'est presque prouvé.
21:58Son propre fils
21:59aurait gagné
22:0030 millions de dollars
22:03dans l'heure précédente
22:05de l'annonce
22:05de son père.
22:07Donc,
22:08les délits d'initié
22:09ont été colossaux,
22:10notamment au moment
22:12des annonces
22:13du 2 avril,
22:15des amis de Trump
22:17qui étaient
22:18dans le bureau ovale,
22:19qui, à la télévision,
22:21se vantaient
22:21d'avoir gagné
22:22plusieurs milliards de dollars
22:23dans les jours précédents.
22:25Donc,
22:27c'est sans précédent
22:29dans l'histoire
22:30des États-Unis.
22:31Ça me semble.
22:31Ça serait,
22:32en Europe,
22:33on irait directement en taule
22:34par rapport
22:34à ses comportements.
22:36Donc,
22:37on peut penser
22:38que les États-Unis,
22:40le peuple américain
22:41a été en partie
22:43sidéré
22:44par la façon
22:45dont il gouverne
22:45les États-Unis.
22:47Je pense que,
22:48néanmoins,
22:48le jour où il ne sera pas là,
22:50la machine judiciaire
22:51américaine
22:52va se mettre en route
22:52et on va avoir
22:54des conséquences.
22:54des années de procès.
22:55Moi, c'est ma conviction
22:56depuis un bon moment
22:58sur les aspects
23:00de délit d'initié,
23:01je suis à peu près convaincu
23:02et y compris
23:03sur les aspects
23:04de droit international
23:06bafoué
23:07parce que les États-Unis
23:08sont un État de droit
23:10et donc,
23:11pour le moment,
23:11il a toutes les manettes.
23:13Rien qu'après les midterms,
23:14ça risque de changer.
23:16Je pense que ça peut changer
23:17même le soir
23:18des midterms
23:18parce qu'il n'est pas du tout
23:20évident
23:21qu'il accepte
23:22les résultats.
23:23Mais y aura-t-il des midterms ?
23:24C'est la question
23:24qui se pose aujourd'hui.
23:25Et même certains
23:28doutent
23:28si les sondages sont mauvais,
23:30il y a des moyens.
23:33On active
23:34des amendements
23:35qui datent de
23:35je ne sais pas quoi,
23:371792,
23:37je ne sais quoi,
23:38mais il n'y a pas
23:40beaucoup de limites.
23:41Ce qui s'est passé
23:41avec la milice,
23:43j'appelle ça
23:43une milice ICE,
23:45prouve qu'il n'y a
23:46pas beaucoup de limites
23:47et tout le monde
23:48en mémoire
23:49effectivement
23:49la tentative
23:50de coup d'État
23:51qu'il y a eu
23:51à Washington.
23:52Ah oui,
23:52effectivement.
23:54Bon,
23:54y aura-t-il
23:55des midterms ?
23:55Y aura-t-il
23:56à Trump en prison
23:57dans 6 mois
23:58ou dans 6 ans ?
23:59Si Dieu lui prête vie.
24:00Trump en prison
24:00dans 18 mois,
24:02voilà.
24:02Alors en attendant
24:03juste pour la blague,
24:04allez voir
24:06trumplibrary.com
24:07c'est le futur musée
24:09de Trump à Miami
24:11avec une statue en or
24:12de Donald Trump
24:14et donc Donald
24:15cherche un milliard
24:17de dollars
24:19pour financer
24:19et vous avez
24:22une réplique
24:24grandeur nature
24:24de Air Force One.
24:25Je crois qu'on vient
24:26lui refuser
24:27l'autorisation d'ailleurs.
24:28Merci à tous les trois
24:29pour cette émission
24:29disponible en podcast.
24:30et vous avez
24:30une réplique
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