- il y a 9 heures
Ce lundi 23 février, la décision de la Cour suprême sur les droits de douane "réciproques", et le bilan des un an de la guerre commercial engagée par Donald Trump, ont été abordés par François Ecalle, fondateur de FipEco.fr, Christian Parisot, économiste et conseiller auprès d'Aurel BGC, et Philippe Mabille, journaliste économique et ancien directeur des rédactions de la Tribune, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Et pour parler de tous ces sujets, j'ai le plaisir d'accueillir autour de la table François Eccal.
00:04Bonjour François, fondateur de Fipeco.fr.
00:07Christian Parizeau, bonjour Christian, économiste et conseiller auprès d'Aurel BCG.
00:12Et Philippe Mabille, bonjour Philippe.
00:13Bonjour.
00:14Journaliste économique, ancien directeur des rédactions de La Tribune.
00:17Alors pour commencer, évidemment, et on va prendre le temps d'y revenir en longueur,
00:24la décision de la Cour suprême ce vendredi, vendredi dernier.
00:30Qui donc est revenu sur les droits de douane.
00:34Alors il ne faut pas se tromper, c'est les droits de douane réciproques
00:39qui ont été retoqués par la Cour suprême.
00:43Une claque très clairement infligée à Donald Trump.
00:47Philippe, je commence avec vous.
00:48Oui, c'est sûr que la méthode Trump en a pris un coup.
00:51Ah oui, c'est le retour de l'État de droit finalement.
00:54Exactement.
00:55Qui se rappelle au bon devoir du président américain.
00:57C'est le retour de l'État de droit parce qu'il le savait très bien.
01:00Il fallait un accord du Congrès normalement pour pouvoir faire ce qu'il a fait.
01:03Mais il a décidé, vous l'avez vu, comment il signait, avec son beau stylo,
01:09ces droits de douane qu'il infligeait.
01:11La façon dont même il en a fait une arme de diplomatie économique.
01:14Il y avait un chantage diplomatique puisque la dernière en date étant la crise sur le Groenland
01:20où il a menacé la France et certains d'autres pays de taxes de 200% sur nos vins et
01:24nos champagnes.
01:25Donc voilà, cette méthode Trump a montré ses limites.
01:29Si on regarde d'ailleurs sur le plan économique, ça n'a pas eu d'effet très très positif pour
01:34le déficit commercial américain à date.
01:36Donc ça ne marche pas très bien.
01:37Et ça pose surtout la question de l'instabilité permanente dans le pays où on est.
01:42Et la question simplement, c'est que là, il a donc fait une riposte.
01:46Il a proposé une nouvelle taxe de 10 et même de 15% sur le maximum pour à peu près
01:525 mois.
01:53Après, il faudra quand même en passer par le Congrès.
01:55Ça veut dire qu'il va être rattrapé à un moment donné par la patrouille.
01:58Et là, il y a un vrai sujet d'instabilité qui se précise puisque dans quelques mois, il va y
02:03avoir les élections mid-term.
02:04Mais donc, est-ce qu'il aura encore les marges de manœuvre au Congrès pour faire voter les droits de
02:09douane
02:09dont il essaye de faire finalement le levier de la Nouvelle-Amérique conquérante
02:16qui attire des investissements étrangers ?
02:18Ce qui a plutôt bien marché, ça en revanche, il faut reconnaître, ça reste à vérifier.
02:24Mais c'est sûr que l'an dernier, on a passé toute l'année 2025 dans l'instabilité Trump,
02:28dans ce qu'on appelait le Trump trade.
02:30On ne savait pas très bien de quel côté la tartine allait retomber.
02:34Ça nous remet en 2026 alors qu'on espérait avoir de la visibilité dans une situation d'instabilité.
02:40On verra un peu plus tard l'impact effectivement sur la croissance et l'économie de cette instabilité.
02:45Mais Christian, on essaie d'y voir un peu clair ce matin sur les conséquences.
02:51Bon, Philippe l'a dit d'abord.
02:53Pourquoi la Cour suprême, peut-être qu'on le rappelle, a jugé illégal ses tarifs douaniers ?
02:59C'est parce qu'il n'est pas passé par le Congrès, c'est ça ?
03:01Oui, parce que dans la loi qu'il utilisait, c'est une loi d'urgence
03:04et dans laquelle a été mentionné que le président américain a le droit de réguler, y compris des taxes.
03:09Donc réguler.
03:10Mais qu'est-ce que ça veut dire réguler ?
03:12Et donc ce qu'a considéré la Cour suprême, c'est que réguler, ça ne veut pas dire imposer définitivement
03:16et de manière illimitée un droit de douane.
03:19Pourquoi ? Parce qu'un droit de douane, c'est un impôt.
03:21Et donc ça voudrait dire qu'on donne au président américain le droit de lever l'impôt.
03:26Or, c'est le Congrès américain qui vote l'impôt
03:28et non le président américain qui décide de mettre l'impôt.
03:31Et ça, c'était une porte ouverte énorme.
03:32Ça veut dire que demain, le président américain pouvait lever n'importe quel impôt au niveau fédéral
03:36sans l'avis du Congrès.
03:38Donc il y a une limite très forte.
03:39Alors c'est vrai que l'exécutif va vite, la justice est lente.
03:43Donc c'est vrai que là, c'est un rappel.
03:45Mais on sait que Donald Trump a fait plein de décrets qui sont inconstitutionnels, illégaux
03:49et il se fait retoquer.
03:51Bon ben là, on a juste la preuve que ce n'était pas constitutionnel.
03:54Deuxième chose, ça a un impact très fort parce que l'avantage qu'avait cette loi d'urgence,
03:59ça permettait à Donald Trump d'annoncer globalement
04:01« Je vais vous mettre 20% de droit de douane sur tel pays, sur telle chose. »
04:05Là maintenant, on passe dans des sections, dans une section très définie du droit américain.
04:10Et donc maintenant, pour mettre en place un droit de douane,
04:12il faut mener une enquête par le département du commerce.
04:15Et donc le département du commerce doit soit prouver
04:17que le pays a des pratiques qui ne sont pas normales
04:23et qui lui permettent d'exporter de manière injustifiée à des coûts plus bas,
04:28soit montrer qu'il y a une concurrence de certains secteurs
04:32qui sont déloyales vis-à-vis des États-Unis,
04:33soit montrer qu'il y a une situation d'urgence qui pénalise un secteur américain.
04:37Donc vous voyez déjà…
04:38Tout ça prend un temps fou, non ?
04:39Prend un temps fou parce que minimum 75 jours pour déposer la plainte.
04:43Après, il y a un retour des industriels qui doivent modifier.
04:46Et donc globalement, ça limite énormément la capacité maintenant de Donald Trump
04:50de dire du jour au lendemain « Je vais te taxer Champagne français. »
04:53Ben non, parce que si tu veux taxer Champagne français,
04:55il faut que tu ouvres une procédure.
04:56Alors il l'ouvrira.
04:57Mais alors, c'est à du bon et du mauvais.
04:59C'est-à-dire que ça nous enlève le risque
05:01que d'un seul coup, du jour au lendemain, on soit taxé.
05:03Il ne va pas pouvoir dire « Le 20 mars, ça y est, je mets des droits de douane. »
05:08L'inverse, par contre, attention,
05:10parce que maintenant, il y a une procédure qui va être mise en place
05:12beaucoup plus complexe.
05:14Et donc, ça veut dire que quand c'est jugé définitivement,
05:16c'est beaucoup plus compliqué pour revenir en arrière.
05:19Là, c'est une procédure assez lourde.
05:21Dernier point important quand même,
05:23là, il a mis en place la section 122.
05:26C'est une section temporaire de droits de douane de 15%.
05:30Cette section, normalement, elle va durer 5 mois environ.
05:34Mais derrière, il y a un vote du Congrès.
05:35Et là, le gros problème, c'est que
05:37est-ce que les parlementaires américains vont le suivre,
05:39comme ça a été dit ?
05:40Parce qu'aujourd'hui, si on regarde un dernier sondage
05:42qui a été fait suite à la décision de la Cour suprême,
05:47il y a 60% au total des Américains
05:49qui approuvent cette décision de la Cour suprême.
05:51Et quand on regarde dans l'électorat,
05:53forcément 88% des démocrates.
05:55Bon, ça, c'est pas étonnant.
05:56Mais par contre, il y a 60% des Républicains
05:58qui approuvent ou qui sont neutres face à cette décision.
06:01Il n'y en a véritablement que 40
06:03qui ne sont pas d'accord avec la Cour suprême.
06:05Donc, son électorat de base ne le suit pas.
06:07Pourquoi ? Parce qu'aux yeux des Américains,
06:08maintenant, et ça se voit très clairement dans les enquêtes,
06:10droits de douane égale taxe sur la consommation.
06:13Contrairement à ce qu'il avait promis.
06:15Et égale inflation, oui.
06:16Via le mécanisme d'inflation.
06:17Enfin, ils ont compris.
06:18Donc, clairement, je vois mal le Congrès,
06:21aujourd'hui, accepter une hausse généralisée
06:24des droits de douane sur tous les produits chinois,
06:25par exemple, parce que derrière, forcément,
06:28au niveau des élections, ça ne passera pas,
06:30y compris sur leur base républicaine.
06:32Donc, c'est quand même une vraie limite pour Donald Trump.
06:35Bon, plus un risque budgétaire,
06:37mais ça, c'est une autre problématique.
06:39Mais en tout cas, très clairement,
06:40on lui a retiré une arme de négociation qu'il avait,
06:43en bien ou en mal, vous en pensez ce que vous voulez,
06:45mais il y a un vrai frein, aujourd'hui,
06:47dans son action politique
06:48et au niveau de ses contraintes au niveau international.
06:50Donc, ça veut dire plus de stabilité à court terme
06:54pour les 5 mois à venir au moins ?
06:58Pour 5 mois, oui, mais alors, je vais juste vous prendre un exemple.
07:00Moi, je ne comprends pas qu'on puisse poser,
07:01qu'ils ne puissent pas le faire là, globalement,
07:03mais que sur 5 mois, ils puissent dire
07:05je vous remercie 10 et puis le lendemain, je décide 15.
07:07Alors, attention quand même.
07:07Et en fait, là, ça ne pose pas de problème.
07:08Il y a une petite ambiguïté quand même,
07:10parce que la loi dit qu'il peut le mettre sur 5 mois à 15%
07:13à condition qu'il y ait un déficit de la balance des paiements du pays
07:16vis-à-vis des États-Unis.
07:18Oui, ils sont en déficit à peu près avec tout le monde, les Américains.
07:21Non, justement, pas forcément de tous les pays.
07:25Et puis, dernière chose quand même,
07:26ça pose quand même un petit problème,
07:27parce qu'il y a certains pays asiatiques
07:29qui ont fait des accords commerciaux
07:30avec des taux de 19 ou de 20%.
07:33Donc, est-ce qu'ils rompent ces accords commerciaux
07:35et donc, dans ce cas-là,
07:37ils enlèvent leur contrepartie d'investir aux États-Unis ?
07:40Ça, c'est une vraie incertitude.
07:42Certains pays n'ont pas intérêt.
07:43Par exemple, l'Indonésie, ce matin, nous a dit
07:44non, non, moi, je reste à 19%.
07:46Pourquoi ?
07:46Parce qu'il y a tellement d'exanctions
07:48qui ont été mises dans l'accord commercial
07:49que l'Indonésie n'a pas du tout intérêt
07:51à revenir en moyenne à 15%.
07:53Elle préfère...
07:54Même l'Union européenne qui a fini par faire un accord
07:56dont on s'est posé la question
07:57de savoir s'il était bon ou mauvais,
07:59aujourd'hui, il dit, finalement,
08:00nous, on a envie de garder notre accord.
08:02Donc, on a exactement le même type de phénomène.
08:04On préfère, avec Donald Trump,
08:06tenir que courir.
08:07Et donc, il valait mieux, peut-être,
08:09négocier ce qui s'est passé
08:10dans la confusion de l'année dernière,
08:12mais avoir un accord à peu près stable
08:14que de se retrouver dans une nouvelle période
08:16d'instabilité qui est ouverte
08:18par la colère orange, si je puis dire,
08:20qu'a poussé Donald Trump
08:22en annonçant qu'il était retoqué.
08:24Juste un petit mot,
08:25je vous mets juste...
08:26Mettez-vous à la place
08:27d'un importateur américain.
08:28Aujourd'hui, il est sous cette section 122.
08:31Donc, il doit se poser la question,
08:32est-ce que j'achète à l'Inde ?
08:33Donc, est-ce que j'achète
08:34avec le nouveau taux de 15% ?
08:36Ou est-ce que j'attends
08:38que le congrès américain
08:39d'ici juillet valide ce taux de 15%
08:42ou valide un autre taux ?
08:44Ou alors, est-ce que j'attends
08:45fin juillet que cette section 122
08:48arrive à son terme ?
08:49Et dans ce cas-là,
08:50j'aurai peut-être même plus
08:50de droits de douane
08:51vis-à-vis de mes importations de l'Inde.
08:53Donc, ça veut dire quoi ?
08:54Qu'on rentre de nouveau
08:56dans un cycle de confusion
08:57au niveau du commerce mondial,
08:58de stockage, déstockage, surstockage,
09:01de tensions sur les chaînes d'approvisionnement.
09:02Donc, je ne vous dis pas
09:03que ce n'est pas gérable,
09:03on me l'a fait tout au nom
09:04de l'année 2025,
09:05mais c'est vrai que ce qui donnait,
09:07on avait des enquêtes
09:07qui étaient plutôt bonnes
09:08sur ce début d'année,
09:10décembre, janvier,
09:11parce que beaucoup d'industriels,
09:12y compris d'industriels asiatiques,
09:13avaient sous-investi
09:14tout au long de l'année dernière,
09:16recommençaient à investir
09:16parce qu'ils disaient
09:17ça y est, on a une visibilité,
09:18on connaît les règles du jeu,
09:19on va de nouveau pouvoir
09:20attaquer le marché américain.
09:21Et là, on repasse dans un cycle.
09:23Donc, attention,
09:24c'est une vraie incertitude
09:25pour pas mal,
09:26pour le commerce mondial,
09:27même s'ils s'adaptent.
09:28On en reparlera sûrement,
09:28mais ils s'adaptent forcément.
09:30Mais attention,
09:30on revient quand même
09:31dans cette période d'incertitude
09:32sur quels seront
09:33les vrais droits de douane
09:34qui seront in fine appliqués
09:35pour les entreprises.
09:36J'arrive toujours pas à savoir
09:37si c'est une bonne
09:37ou une mauvaise nouvelle,
09:38François Hécal,
09:39cette décision de la Cour suprême.
09:40D'abord, c'est quand même
09:41une très bonne nouvelle
09:41pour l'État de droit
09:43aux États-Unis,
09:43parce que d'abord,
09:44c'était pas évident du tout
09:46que la Cour suprême
09:47prenne cette décision
09:48compte tenu de sa composition.
09:49Et oui, c'est ça,
09:50il y a quand même une majorité
09:51de juges favorables à Trump.
09:53qui a été très net,
09:53puisque je crois
09:546 contre 3.
09:556 contre 3,
09:56ça veut dire que je crois
09:57qu'il y a 3 juges conservateurs
09:59qui ont voté
10:00pour cette décision,
10:01ce qui n'était pas du tout
10:02gagné d'avance.
10:03Donc ça, de toute façon,
10:04c'est une très bonne nouvelle.
10:06Après,
10:07est-ce que c'est une bonne nouvelle
10:08pour l'Europe ?
10:09Et la question qui se pose
10:10à l'Europe aujourd'hui,
10:11c'est que faire
10:12de l'accord commercial
10:13que le Parlement européen
10:15doit recommencer
10:16à examiner
10:17pour le ratifier,
10:17est-ce qu'il faut le ratifier ou pas ?
10:19J'avoue, moi, je ne sais pas,
10:21je ne suis pas un spécialiste
10:21du droit américain.
10:23D'un côté,
10:24je me dis qu'on a signé,
10:25enfin, on a signé,
10:26donc on a signé,
10:27qui reste à ratifier,
10:28signé un accord
10:30qui n'est pas terrible du tout,
10:33mais...
10:33Mais qui était le moins mauvais
10:34des accords autour du monde.
10:35Qui n'était pas terrible,
10:37mais est là,
10:38qui risque d'être moins pénalisant,
10:40je dirais.
10:41Voilà,
10:41il risque d'être moins pénalisant,
10:42donc on peut se dire,
10:43bon, dans ces cas,
10:44on prend,
10:45voilà, on maintient,
10:46et finalement,
10:46ça sera moins pire
10:47que ce qu'on pensait.
10:48Mais d'un autre côté,
10:49on peut se dire
10:50que si on essaye
10:51de renégocier,
10:53peut-être qu'on arrivera
10:54quand même à mieux,
10:55parce que Trump,
10:55en effet,
10:56ne peut plus utiliser
10:58son arme,
10:59ce qu'il utilisait
11:00jusqu'à présent,
11:01qui consistait à dire,
11:02si vous n'êtes pas gentil
11:03avec moi,
11:03je vous mets 50%
11:04de droits de douane.
11:06Donc,
11:06il aura beaucoup plus
11:07de mal à négocier.
11:08Donc,
11:09entre les deux,
11:09j'avoue,
11:10je ne sais pas bien
11:11quelle est la bonne stratégie
11:14pour l'Europe.
11:14La bonne nouvelle,
11:15quand même,
11:15c'est qu'on a échappé,
11:16finalement,
11:17à une guerre commerciale,
11:18une vraie déflagration.
11:19Il n'y a pas eu...
11:20Oui, on va y venir.
11:21On va y venir, évidemment,
11:22mais il n'y a pas eu
11:22de déflagration.
11:23On le craignait à un moment.
11:24Vous vous souvenez
11:24quand il montrait son tableau
11:25en disant
11:26tous les mauvais pays,
11:27les méchants.
11:28C'était vraiment
11:29le fameux jour de libération
11:31qui était plutôt
11:31un jour de l'aberration économique.
11:33Là, aujourd'hui,
11:35on a un changement,
11:36effectivement,
11:36des règles du jeu.
11:37Mais ce qu'on a compris,
11:38c'est que,
11:38comme vous l'avez très bien dit,
11:39ses marges de manœuvre
11:40sont quand même
11:40beaucoup plus limitées.
11:41Il y a le sujet
11:42des mid-terms,
11:43donc il y a un vrai enjeu
11:44pour lui,
11:44pour pouvoir continuer
11:45ou non
11:45à mettre en œuvre
11:46cette politique économique.
11:48On voit,
11:48les Américains
11:49se rendent bien compte,
11:50je crois que 93%
11:51des hausses de droits de douane
11:52ont été payées
11:52par le consommateur américain.
11:54Les gens l'ont bien vu.
11:55Ça n'a pas encore été vu
11:57dans un choc inflationniste réel,
11:58mais c'est peut-être un peu tôt.
12:00Regardez ce qui se passe,
12:01il est encore très très dur
12:02avec la Fed,
12:04Donald Trump,
12:05parce que la Fed
12:06reste un peu l'arme au pied.
12:07Elle devrait baisser les taux,
12:08mais pour l'instant,
12:09elle est plutôt
12:09sur une stabilité
12:11dans cette période
12:12d'incertitude
12:12sur l'impact économique
12:13des droits de douane.
12:15Et donc,
12:15on voit bien
12:16que la politique
12:17qui a été menée
12:18sur le plan commercial
12:19n'a pas eu les effets,
12:20en tout cas,
12:21sur le plan du déficit,
12:22qu'il attendait,
12:23qu'il avait annoncé.
12:24La seule nouvelle
12:25pour les États-Unis,
12:26c'est en France
12:27chez les investissements.
12:28Le trade entre
12:29j'augmente les droits de douane,
12:31mais j'exige des investissements
12:32si vous produisez chez moi,
12:33ça, ça a plutôt été
12:34en faveur des États-Unis.
12:35Après,
12:36il va falloir vérifier,
12:37c'est ce que vous disiez aussi,
12:38qu'à la fois ces accords
12:40sont maintenus
12:41ou changés
12:41avec la nouvelle situation
12:43et que les projets
12:44d'investissement
12:44qui ont été annoncés
12:45se réalisent vraiment.
12:46Et notamment dans les usines,
12:47parce qu'installer une usine
12:49aux États-Unis,
12:49ça prend du temps.
12:50Donc,
12:50ça recrée
12:51une nouvelle incertitude
12:52pour tout ça.
12:53Il y a une petite bombe budgétaire,
12:54Christian Parizeau.
12:55C'est les 175 milliards de dollars
12:59que potentiellement,
13:01Washington
13:02pourrait devoir rembourser
13:04à plus de 1000 entreprises.
13:06Je crois,
13:07c'est l'estimation
13:07de la peine Wharton.
13:09175 milliards de dollars.
13:11Est-ce qu'il faut
13:12qu'on réclame notre dû ?
13:14Alors,
13:14c'est compliqué.
13:15Ce n'est pas si simple que ça.
13:16C'est ça le problème.
13:17On est là pour expliquer.
13:18Alors,
13:19juste un petit...
13:20Oui,
13:20alors pourquoi ?
13:21Parce que c'est vrai
13:21qu'il y a une invalidation
13:22des droits de douane.
13:23Mais vous êtes dans
13:24deux cas de figure.
13:25Soit vous êtes un importateur américain
13:27et quand vous importez un bien,
13:28vous faites une estimation
13:29des droits de douane
13:30que vous devez payer
13:31à l'administration américaine.
13:32Cette estimation
13:33est en suspens.
13:34Vous faites votre chèque,
13:36vous payez l'administration américaine
13:37et après,
13:37l'administration américaine
13:38check,
13:39vérifie
13:39et vous dit
13:40quel taux vous avez payé.
13:41Donc ça,
13:42c'est de l'argent
13:42qui peut revenir très vite
13:43aux entreprises.
13:44C'est ce qui explique en partie
13:45le fait que Wall Street
13:46a plutôt bien réagi
13:47parce qu'on est parti
13:48sur le chiffre
13:49de 175 milliards
13:50et on s'est dit
13:50175 milliards,
13:52c'est de l'argent
13:52qui va aller dans le compte
13:53des entreprises.
13:54Naturellement,
13:54on a acheté du Microsoft,
13:56on a acheté Apple,
13:57on a acheté toutes ces grandes
13:57entreprises américaines
13:58qui avaient payé
13:59beaucoup de droits de douane
13:59et on s'est dit
14:00ils vont d'un seul coup
14:01avoir de l'argent.
14:01En plus,
14:02ça tombe bien pour les techs,
14:04ils auront un impôt en moins,
14:05ça va financer leurs investissements
14:06donc tout le monde était euphorique.
14:08Mais ça,
14:08c'est une petite partie en été.
14:09Donc ça,
14:10si vous êtes en attente
14:11de jugement
14:14du trésor américain,
14:15on va appliquer le taux,
14:16vous allez recevoir l'argent
14:16assez rapidement.
14:17Le problème,
14:18c'est qu'une fois
14:19que l'administration américaine
14:20vous a fait payer
14:21le droit de douane,
14:22ça y est,
14:22c'est validé,
14:23le trade est fait,
14:24c'est fini,
14:24c'est clos.
14:25Et donc,
14:26c'est à vous
14:26d'aller devant
14:27une justice américaine,
14:29d'aller devant
14:29un tribunal fédéral américain
14:31et de demander
14:32un remboursement
14:33parce que la loi a changé,
14:34parce que la loi
14:34a été invalidée.
14:35Et là,
14:36on est dans une procédure
14:37qui peut durer
14:37un an,
14:38deux ans,
14:38et en plus,
14:39on va avoir des tribunaux
14:39qui vont être naturellement
14:40inondés de demandes
14:41et donc ça va être
14:42très compliqué.
14:43Alors déjà,
14:43ça pose un problème
14:44parce que les petites entreprises,
14:45le petit importateur,
14:46le petit détaillant américain
14:47qui a importé
14:48trois biens de Chine,
14:49est-ce qu'il va aller
14:50véritablement demander ?
14:51Ça,
14:51on ne sait pas,
14:51mais s'il demande,
14:52ça va être compliqué pour lui.
14:54Donc,
14:54on parle déjà
14:55que le Congrès
14:55va devoir statuer
14:56pour faire quelque chose
14:58qui va faciliter
14:59pour les petites entreprises
15:00parce que sinon,
15:01il n'y a que les grandes
15:01qui vont en profiter.
15:03Et puis,
15:03deuxièmement,
15:03pour les grandes,
15:04c'est un long combat judiciaire.
15:05L'administration américaine
15:06va faire traîner les choses.
15:08Les cabinets d'avocats
15:08se frottent les mains.
15:09ça va nourrir les cabinets d'avocats,
15:10mais je ne suis pas sûr
15:11que ça nourrit.
15:11Et donc,
15:12pour l'impact budgétaire,
15:13c'est peut-être l'explication
15:14parce que moi,
15:14personnellement,
15:15je pensais que les taux longs
15:16américains allaient
15:16beaucoup plus se tendre
15:17et beaucoup plus réagir
15:19à cette information.
15:19mais ça explique peut-être
15:21parce qu'on se dit
15:21que finalement,
15:21si c'est étalé sur 2-3 ans,
15:23ce n'est pas insoutenable.
15:24Par contre,
15:24ça pose quand même un problème
15:25parce que le CBO,
15:27le Congrès de Budget Office
15:28qui fait des simulations
15:29sur le déficit public américain
15:31sur les 10 prochaines années,
15:32avait intégré
15:33ces droits de douane
15:34dans ces simulations
15:35et dans le fait
15:36que ça contribuerait quand même
15:37comme des recettes additionnelles
15:39pour l'État fédéral.
15:40Donc ça,
15:40ce sont potentiellement
15:41des recettes
15:41qui peuvent disparaître,
15:42potentiellement,
15:42au-delà de la section 122
15:45qui va maintenir
15:45les droits de douane
15:46pendant 150 jours.
15:47Mais au-delà,
15:48on ne sait pas.
15:48Donc on est quand même
15:49sur cet élément
15:50d'incertitude très importante.
15:52Par contre,
15:53ça peut inciter les marchés
15:54notamment à rejouer
15:55la demande intérieure américaine
15:56pour deux choses.
15:56Parce que d'une part,
15:57on a les tax refunds
15:58qui sont records.
15:59Grâce à la loi
15:59qui a été mise en place,
16:01on est sur presque
16:02800 dollars en plus
16:03pour chaque Américain
16:04lié à ces tax refunds,
16:06ce refinancement
16:07des trop perçus derrière.
16:09Et puis,
16:09on aura quand même
16:10un effet trésorerie
16:11pour quelques entreprises
16:12qui va être positif.
16:13Donc certains pensent
16:14que ça peut avoir
16:14quand même un petit effet stimulant
16:16sur la conjoncture américaine
16:17qui a tendance
16:18à ralentir actuellement
16:18qui pourrait redémarrer
16:19un petit peu.
16:20Mais ça ne sera qu'un effet
16:21très ponctuel,
16:22très court terme.
16:22Mais ça explique pourquoi
16:23la bourse a plutôt bien réagi
16:25à cette annonce.
16:25Alors que c'est quand même
16:26une grande source
16:27d'incertitude supplémentaire.
16:28Évidemment.
16:28Le CAC 40
16:29qui a pulvérisé son record
16:31vendredi ce matin.
16:32Ça se calme un peu quand même.
16:33On va revenir sur
16:34l'état de la croissance américaine
16:36avec le PMI
16:36du mois de février.
16:38Mais François,
16:39on est quand même
16:40un an,
16:41grosso modo un peu plus d'un an
16:42après l'arrivée
16:43de Donald Trump.
16:43un peu moins d'un an
16:45après le Liberation Day.
16:48Et on a eu des chiffres
16:49qui sont tombés vendredi
16:51de la balance commerciale
16:53américaine.
16:54Il se trouve qu'en dépit
16:56de toute cette tempête Trump,
16:59ça n'a absolument rien changé
17:01au déficit commercial.
17:02Pire,
17:03ça a été le plus important
17:05de l'histoire des États-Unis,
17:061241 milliards de dollars.
17:08Est-ce qu'on n'a pas vécu
17:09une grande hallucination collective
17:10tous ensemble en 2025 ?
17:13Finalement,
17:13ces droits de douane
17:14n'ont rien changé à l'histoire.
17:16Je reviens juste
17:17sur le coût budgétaire
17:19de cette décision
17:20d'accord suprême.
17:21En fait,
17:21il y a deux effets.
17:22Il y a le premier,
17:23en effet,
17:24qui est que des importateurs
17:26ont payé des droits de douane
17:27et qu'ils vont demander
17:28à se le faire rembourser,
17:29ce qui risque de prendre
17:30pour beaucoup d'entre eux
17:31beaucoup de temps,
17:32voir s'ils arrivent
17:33effectivement à se faire rembourser.
17:34Le deuxième effet,
17:35c'est qu'il y a un impôt
17:36qui est annulé.
17:37Et donc,
17:38chaque année,
17:39jusqu'à la fin des temps,
17:41à l'horizon,
17:41en effet,
17:43c'est quoi ?
17:44C'est 300 milliards,
17:44non ?
17:45Je ne sais pas.
17:47Ça dépend sur quelle période.
17:49Comme toujours,
17:50dans ces cas.
17:51c'était 300 milliards par an.
17:52Chaque année,
17:53chaque année,
17:53chaque année,
17:54il y a la perte d'un impôt.
17:55Alors,
17:55qui va être remplacé
17:57potentiellement
17:57par de nouveaux droits de douane,
17:59etc.,
18:00mais on ne sait pas combien.
18:01Voilà,
18:01c'est pour ça que je...
18:02Bon,
18:03je ne sais pas.
18:03Il y a deux choses.
18:05Il y a deux effets.
18:06Il y a un remboursement
18:07de taxes déjà payées
18:08et puis il y a des taxes
18:09qui ne rentreront pas
18:10et qui seront éventuellement
18:11remplacées par d'autres taxes.
18:13On ne sait pas très bien.
18:14Après,
18:14pour ce qui est
18:15de la balance commerciale,
18:16moi,
18:16je ne suis pas un spécialiste
18:17de la macroéconomie américaine,
18:19mais ce que je me dis,
18:20c'est qu'il y a probablement
18:22eu quand même
18:22un effet
18:23en 2025
18:25de,
18:25je dirais,
18:27d'importation
18:27par anticipation.
18:29C'est-à-dire que
18:30il y a...
18:32importateur des entreprises,
18:34dans un mois,
18:35vous allez payer 50%
18:37de droits de douane
18:37sur les produits,
18:39vous les achetez
18:39tout de suite
18:40et vous les stockez.
18:41Donc,
18:42je ne sais pas
18:43dans quelle mesure,
18:45mais moi,
18:45si j'étais économiste
18:47chargé des Etats-Unis,
18:49je me dirais
18:49qu'est-ce qui se passe
18:50du côté des stocks ?
18:51Est-ce que ces importations
18:52n'ont pas été stockées ?
18:53Après,
18:55c'est vrai
18:55qu'on a l'impression
18:57qu'il y a une...
19:00finalement,
19:01ça a été payé
19:01par les consommateurs
19:04américains
19:04et les entreprises
19:05américaines
19:06qui n'ont pas
19:07substitué
19:08à ces produits importés
19:09des produits américains,
19:10contrairement
19:11à ce que pensait Trump.
19:12Après,
19:12le pari de Trump
19:13qui était
19:14qu'on allait remplacer
19:16des importations
19:17par de la production nationale,
19:19de toute façon,
19:19ça ne peut marcher
19:20qu'à moyen long terme.
19:21Ça ne se fait pas
19:21du jour au lendemain.
19:22Ça ne se fait pas
19:22du jour au lendemain.
19:23Quand vous augmentez
19:24les droits de douane,
19:25c'est vrai que
19:25dans un premier temps,
19:27ça peut avoir pour effet
19:28de dégrader
19:28votre balance commerciale.
19:29Après,
19:30vous pouvez espérer
19:31à plus long terme
19:32qu'il y aura
19:33plein d'investissements
19:33aux Etats-Unis,
19:34plein de productions,
19:35etc.
19:36Mais ce n'est pas
19:36du jour au lendemain.
19:37Philippe,
19:38plus 18% d'augmentation
19:40du commerce international
19:41en 2025.
19:42On pensait avoir
19:43une guerre mondiale
19:44qui allait accélérer
19:47le découplage
19:47entre les continents,
19:49les grandes régions.
19:50Plus 18%.
19:51Alors en valeur,
19:51c'est plus 5% seulement
19:52en volume.
19:53Mais en réalité,
19:54ça n'a eu aucun effet
19:55sur le commerce.
19:56Quasiment aucun effet.
19:58C'est-à-dire commercial.
19:58D'abord,
19:59tout ça pour ça.
20:00Alors c'est vrai
20:00que ça nous a,
20:01nous les commentateurs,
20:02pas mal occupés,
20:03les économistes,
20:04parce que c'était quasiment
20:06journalistique.
20:07Pour les jours,
20:08il y avait un droit de ban,
20:09etc.
20:09On a vraiment eu une année
20:11assez incroyable.
20:12C'est sûr que ça n'a pas marché.
20:14Mais parce qu'il y a d'abord,
20:15je pense,
20:15une forte résilience
20:16du commerce mondial.
20:18Souvenez-vous,
20:18il y avait cette formule
20:19taco,
20:20Trump always chicken out.
20:21Ça veut dire qu'il finit
20:22toujours par se coucher.
20:23Ça a été le cas
20:23avec les Chinois.
20:24Le truc qui aurait été
20:25vraiment dangereux,
20:25c'est s'il y avait eu
20:26une vraie guerre
20:27avec les Chinois.
20:28Mais vous avez vu
20:29comment ça s'est passé.
20:30Il a commencé par montrer
20:31les dents.
20:31Les Chinois ont montré
20:32les muscles.
20:33Ils ont dit,
20:33nous, on va fermer
20:34sur les terres rares,
20:35etc.
20:36Et ça a été un partout
20:37la balle au centre.
20:38Globalement,
20:39ça s'est apaisé.
20:40Parce que le vrai sujet,
20:41c'est le déficit
20:42des États-Unis
20:42vis-à-vis de la Chine.
20:43Alors là,
20:43il y a eu quand même
20:44un petit effet
20:45parce qu'on en subit,
20:46nous, l'Europe.
20:46Absolument.
20:47C'est vrai que,
20:49visiblement,
20:50avec les Chinois,
20:50il y a eu un accord
20:51et ça a l'air
20:53de ne pas bien se passer.
20:54Ils ont réduit
20:54200 milliards de dollars
20:55les importations chinoises.
20:56Mais les surplus
20:56de production chinoise
20:57qui ne vont plus aux États-Unis,
20:59ils vont chez nous.
20:59Et ils vont chez nous
21:00de façon massive,
21:01au point qu'on a des ministres
21:02qui disent qu'il faut
21:03arrêter ça publiquement.
21:05Donc, on a un vrai sujet
21:06aujourd'hui,
21:07au-delà des États-Unis
21:08et de la politique
21:09erratique de Donald Trump,
21:11c'est pour l'Europe
21:12de replacer un peu
21:14ses pions
21:14sur ce nouvel échiquier
21:16parce que ça ne va pas changer.
21:17Il ne faut pas se faire
21:17d'illusions.
21:18Je pense qu'ils vont trouver
21:19des solutions.
21:20Mais Trump en a encore
21:21pour au moins trois ans.
21:22Je ne sais pas
21:23s'il aura une majorité
21:23au Congrès.
21:25Aujourd'hui,
21:26c'est l'Europe
21:26qui est quand même amenée
21:27à se poser des vraies questions
21:28sur sa politique commerciale.
21:30Est-ce qu'elle doit
21:30se protéger ?
21:31On a quand même
21:32des débats à la Commission
21:33et puis dans certains pays,
21:36est-ce qu'il faut faire du Trump ?
21:37Est-ce qu'il faut faire
21:38un peu de protectionnisme
21:39pour se protéger
21:40des voitures chinoises,
21:42des batteries chinoises
21:42et d'un certain nombre
21:43d'autres choses ?
21:44Il y a un dernier débat
21:45dont on n'a pas du tout parlé
21:46mais qui est dans le débat
21:48sur la guerre commerciale
21:50et les déficits commerciaux.
21:51Là où Trump,
21:52vis-à-vis de l'Europe,
21:53quand même se moquait
21:54un peu du monde,
21:54c'est qu'ils ont un énorme excédent
21:56dans les services
21:56et notamment de numérique.
21:57Et là, il y a un réveil aussi
21:59de l'Europe sur ces sujets
22:00et on voit bien
22:01que c'est les GAFA
22:03aujourd'hui
22:03qui dominent quand même
22:04totalement l'administration
22:06américaine
22:06et se servaient
22:07de Donald Trump
22:08pour essayer de remporter
22:10des points
22:10contre nos régulations.
22:12Si Trump a moins d'armes
22:14du côté commercial,
22:15ça va peut-être
22:16jouer un peu
22:17en notre faveur
22:18pour pouvoir montrer
22:18aux Américains
22:19que nous non plus,
22:20on ne se laisse pas faire.
22:20En tout cas,
22:21c'est ce qu'on peut espérer
22:21parce que sinon,
22:23là, on est vraiment
22:23dans une stratégie
22:24de vassalisation.
22:25Il y a une stratégie
22:26de prédation économique,
22:27on le voit bien.
22:27On commence seulement
22:28à se réveiller.
22:29Christian Parizeau,
22:29quel bilan vous tirez
22:31d'un an de guerre commerciale ?
22:32Oui, déjà d'une part,
22:33pour redresser
22:34votre balance commerciale,
22:36il faut déjà peser
22:37sur la demande intérieure.
22:38Quand vous avez aujourd'hui
22:39un pays au niveau national
22:41qui consomme plus
22:42qu'il ne produit,
22:43vous ne pouvez pas avoir
22:43une balance commerciale
22:44qui se redresse.
22:45Et donc,
22:45on pouvait avoir
22:46un effet droit de douane
22:48pour réduire
22:49le déficit commercial
22:50si ça avait pesé
22:51sur la consommation
22:52des ménages
22:53en vraiment réduisant
22:55leur capacité à consommer.
22:56À ce moment-là,
22:56peut-être qu'on aurait eu
22:57un équilibre américain.
22:58Ce n'est pas ce qu'on a vu.
22:59Ce qu'on n'a pas vu du tout.
23:00On n'a pas vu du tout.
23:01Alors, d'une part,
23:02parce que politiquement,
23:02c'est difficile
23:03à dire aux Américains
23:04que vous allez être plus pauvres.
23:05Ce n'est pas ce qu'a vendu
23:06Donald Trump.
23:07Et puis, d'autre part,
23:08parce qu'il y a
23:09de plus en plus,
23:09en plus,
23:10des mesures de soutien fiscale
23:11qui vont arriver,
23:12qui vont encore soutenir
23:13la consommation.
23:14On a vu que les Américains,
23:15face à ce choc,
23:16ont préféré réduire
23:17leur taux d'épargne,
23:18s'endetter plus.
23:19Tout aussi,
23:20la sortie de Donald Trump
23:21pour faire baisser
23:21les taux d'intérêt
23:22sur les crédits à consommation,
23:23ce qui est contre-productif.
23:24Parce que, encore une fois,
23:25si vous voulez rééquilibrer
23:26votre balance commerciale,
23:27il faudra encore
23:28que les Américains
23:29consomment moins.
23:30Donc, on est sur quelque chose
23:31qui n'était pas tenable
23:32et qui n'était pas logique.
23:33Donc, de toute façon,
23:33quoi qu'il arrive,
23:34quoi qu'il fasse,
23:35les droits de douane
23:36n'allaient pas rééquilibrer
23:37la balance commerciale.
23:37Par contre,
23:38ça pose quand même
23:39un problème pour Trump
23:40parce que lui,
23:41il espérait quand même
23:42que derrière
23:42les accords commerciaux,
23:43il y ait des investissements
23:44massifs aux Etats-Unis.
23:46Et donc, je me pose la question,
23:47est-ce que l'Europe
23:48va encore considérer
23:50qu'il faut acheter
23:50du gaz américain
23:51pour être taxé à 15%
23:53alors que tous les autres
23:54sont taxés à 15% ?
23:55Donc, ça peut quand même
23:56lui poser un problème
23:57par rapport au moyen terme,
23:59en tout cas,
23:59à sa logique
23:59de réindustrialisation
24:00des Etats-Unis.
24:01Ça, c'est un premier point
24:02quand même
24:02qu'il faut tenir compte.
24:04Donc, ça va jouer forcément
24:05dans les négociations
24:06Etats-Unis-Europe.
24:07C'est clair que là,
24:09il se trouve affaibli.
24:10Donc, ça, c'est un premier point.
24:12Mais est-ce que nous,
24:13on est capable
24:13d'être agressifs
24:14dans ces discussions ?
24:15Oui, alors après,
24:16oui et non.
24:17On ne l'a pas beaucoup été
24:18jusqu'à présent.
24:18On ne l'a pas été
24:19mais parce qu'il y avait aussi
24:20un sondage vis-à-vis de l'Ukraine.
24:21Ce qu'a dit l'Europe.
24:22Clairement, plus ou moins,
24:23ce qu'on laissait filtrer
24:24parce que les Etats-Unis
24:26menaçaient de ne plus du tout
24:27aider l'Ukraine.
24:28Alors, les Etats-Unis
24:29n'aident pas l'Ukraine
24:30sur la partie fourniture d'armes
24:32puisque c'est l'Europe qui paye
24:33et qui aide aujourd'hui l'Ukraine
24:34mais sur la partie renseignements
24:36notamment
24:36et menaçaient de bloquer
24:37les renseignements
24:38qui sont très utiles
24:39à l'Ukraine
24:40dans leurs conflits.
24:41Donc, l'Europe ne pouvait pas
24:43se permettre
24:43de complètement être en guerre
24:45avec les Etats-Unis
24:46mais là, il y a quand même
24:47une vraie perte de négociation
24:49de la part des Etats-Unis.
24:50Maintenant, on peut voir
24:52que Trump,
24:53en termes de com,
24:53pourra quand même communiquer
24:55mais je dirais
24:56qu'on commence à percevoir
24:57que s'il perd les mid-termes,
24:59ça va quand même
24:59beaucoup obliter
25:00sa capacité demain
25:02parce qu'à terme,
25:03ce qu'a dit
25:03la Cour constitutionnelle
25:04ne jouait pas
25:05ce qui revient au Congrès
25:06revient au Congrès
25:07il faudra passer
25:08et les décrets légaux
25:09il faudra bien
25:10à un moment donné
25:10faire passer des lois au Congrès
25:12donc c'est ça surtout
25:13qu'il faut retenir
25:13à mon avis
25:14et qui est très important
25:15donc s'il perd sa majorité
25:16au Congrès
25:17là oui, effectivement
25:18pour l'année prochaine
25:19et les deux années
25:20qui lui resteront de son mandat
25:21ça sera beaucoup moins
25:22de capacité d'action
25:24de la part de M. Trump.
25:25Peut-être que le pic de pouvoir
25:27donc de Donald Trump
25:28est passé
25:28qu'on entendra moins parler
25:30dans les semaines
25:31et les mois à venir.
25:33On aura l'occasion
25:34d'en reparler
25:34en tout cas
25:35on va revenir en France
25:35dans la seconde partie
25:36de l'émission
25:37on se quitte
25:38pour une très courte
25:38pause publicitaire
25:40et on parlera budget
25:41et instabilité fiscale
25:43il n'y a pas que les normes
25:44qui bougent
25:44ou les politiques américains
25:45il y a la fiscalité française aussi
25:47François Leclerc a lancé quelque chose
25:49ne nous quittez pas
25:50on revient dans une minute
25:51à tout de suite
25:52on revient
25:52à tout de suite
25:52Sous-titrage Société Radio-Canada
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