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Ce mercredi 13 mai, la visite officielle de Donald Trump à Pékin, les défis du futur président de la Fed et la manière d'attirer davantage les chercheurs en France ont été abordés par Clémentine Gallès, cheffe économiste et stratégique chez Société Générale Private Banking, Erwann Tison, directeur des études de l'Institut de l'Entreprise, et Patrick Bertrand, directeur général des opérations d'Holnest, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Allez on est de retour sur le plateau, il est 10h pile, nouvel horaire des experts 9h30, 10h30 tous les
00:05jours en direct sur BFM Business.
00:08On a encore une demi-heure de débats, de controverses à passer ensemble, toujours avec Clémentine Gallès,
00:13chef économiste et stratégiste de Société Générale Private Banking, avec Patrick Bertrand, directeur général des opérations Dolnest,
00:20et Erwann Tison, directeur des études de l'Institut de l'Entreprise et chargé d'enseignement à l'Université de
00:25Strasbourg.
00:26Je voulais qu'on parle évidemment de la grande actualité internationale.
00:31Aujourd'hui c'est le président américain Donald Trump qui atterrit à Pékin pour une visite officielle avec Xi Jinping,
00:38les deux premières puissances mondiales au sommet qui se rencontrent.
00:41C'est toujours un événement et c'est la première fois d'ailleurs que le président est reçu par son
00:48homologue chinois depuis sa réélection.
00:52On va simplement balayer un peu ensemble les enjeux de cette visite.
00:58C'est d'abord et avant tout géopolitique Clémentine Gallès, non ?
01:02Alors oui, il y a évidemment des sujets géopolitiques d'actualité chaude autour du conflit en Iran, de Taïwan,
01:10mais le nerf de la guerre, pour moi, dans les discussions, il va rester sur des sujets commerciaux.
01:17Sur le business.
01:18Sur les enjeux d'échanges commerciaux entre la Chine et les États-Unis
01:25qui alimentent beaucoup la politique économique de Donald Trump depuis son second mandat,
01:31mais aussi depuis son premier mandat.
01:33On l'a vu par l'illustration des fameux tarifs douaniers avec, à un moment, une surenchère,
01:40une surescalade vis-à-vis de la Chine pour finalement redescendre assez rapidement.
01:44Oui, alors on est un peu perdu parce que ça change en permanence avec Donald Trump.
01:48Pour mémoire, on est environ aujourd'hui, à date, parce que ça peut changer évidemment,
01:53environ 30% de droits chinois sur les marchandises américaines.
01:58Et à l'inverse, les Américains ont mis 47% dans l'autre sens.
02:03Ça, ce sont les calculs du Peterson Institute.
02:06Alors c'est 47%, mais en fait, en effectif, on est plus près de 20%
02:10parce qu'il y a quand même pas mal d'exemptions sur pas mal de biens.
02:12Donc au total, quand on regarde les rentrées fiscales liées à ce qui vient directement de la Chine,
02:18on est plutôt à 20%.
02:20Alors ce qu'on peut constater sur les flux commerciaux entre la Chine et les États-Unis,
02:24c'est que quand on regarde les statistiques officielles, ils ont réduit et réduit assez nettement.
02:31Pour autant, ils ont réduit parce qu'une bonne partie des marchandises ont été déroutées par d'autres canaux.
02:39Et donc la Chine continue en fait d'alimenter beaucoup les États-Unis.
02:44Et le déficit commercial américain de l'autre côté en reflet,
02:47qui n'est pas seulement vis-à-vis de la Chine, mais continue d'être nettement dégradé.
02:52Et donc pour l'instant, peu d'impact de ces tarifs douaniers.
02:57D'accord.
02:57Impact sur l'Europe quand même, parce qu'on a vu nous déferler beaucoup de produits chinois
03:01qui n'étaient plus vendus aux États-Unis quand même, non, Erwin Tison ?
03:05Oui, de toute façon en plus c'est affiché par la Chine comme un objectif d'augmenter ses parts de
03:11marché au niveau mondial.
03:13C'est toute la question, ça recoupe un petit peu ce qu'on disait avant,
03:16c'est toute la question aussi de la réponse européenne,
03:18de la façon dont on doit ou pas s'organiser pour justement répondre.
03:23Et ça, ça passe par plusieurs choses.
03:24Ça passe par une électricité pas chère et disponible et donc non taxée.
03:28Ça passe par des compétences qui soient abondantes et qui soient en tout cas formées,
03:32ce qu'on n'a plus forcément.
03:33Et ça passe aussi par une politique industrielle européenne
03:36qui soit organisée et surtout qui soit harmonisée.
03:38Et des droits de douane ou pas ?
03:40Thomas Grébine qu'on avait il y a quelques jours sur le plateau
03:43avait commis ce rapport qui a fait beaucoup de bruit en disant qu'il fallait absolument
03:46augmenter de 20-30% les droits de douane
03:49parce que plus de la moitié de l'industrie européenne était menacée par les Chinois.
03:53Thomas est beaucoup plus expert que moi sur ces sujets-là,
03:54donc je ne prendrai pas le risque de le contredire.
03:56Mais c'est un cas de conscience pour ceux qui défendent une économie libérale et ouverte,
04:02comme j'en fais partie.
04:04On voit économiquement qu'en fait la construction de droits de douane
04:07et en tout cas tous les mécanismes qui veulent justement réduire la surface du libre-échange
04:12sont néfastes pour la croissance mondiale et pour l'augmentation du bien-être des gens.
04:15Mais ça fait partie du nouveau jeu mondial et de ce nouvel équilibre effectivement des puissances.
04:20Et donc le problème c'est qu'on ne sera pas crédible aujourd'hui,
04:23vu qu'on n'est pas crédible à la fois sur la puissance, on va dire, militaire,
04:27parce qu'il n'y a pas d'armée européenne,
04:28on n'est pas crédible sur la puissance technologique parce qu'on ne pèse pas dedans,
04:30on n'est pas crédible sur la puissance énergétique, ni sur la puissance économique,
04:33parce que malheureusement le PIB par habitant diminue,
04:36ni sur la puissance, on va dire, financière et budgétaire.
04:38Il faut bien qu'on le soit sur autre chose.
04:40Donc du coup c'est vrai que ce lovier, à défaut d'être puissant sur d'autres domaines,
04:43il faut effectivement peut-être que sur le volet commercial,
04:45on montre un peu plus les muscles,
04:47sachant qu'en plus on a un vrai avantage comparatif par rapport aux deux autres blocs.
04:52Donc les convictions des libéraux malheureusement se trouvent un peu ébranlées par...
04:56Un peu compliqué en ce moment, mais il faut s'adapter,
04:58il faut être aussi pragmatique et s'adapter aux nouvelles règles du jeu et du commerce mondial,
05:04bien évidemment.
05:05Patrick, qu'est-ce que vous allez regarder dans cette rencontre au sommet ?
05:08Avec un vrai changement, vous veniez de l'évoquer,
05:11on ne peut plus parler de mondialisation.
05:15Ceci dit, les échanges ont augmenté quand même en 2025, y compris en volume.
05:21Là je parle plus globalement,
05:23on est plutôt dans une bipolarisation du monde avec deux blocs
05:28et certains blocs autres comme l'Europe qui essaye d'émerger.
05:32Donc je pense que c'est ce que ça révèle et on ferait bien d'y prendre garde.
05:38Il y a eu plusieurs alertes sur l'évolution de ces deux blocs,
05:42tant sur le plan commercial que sur le plan technologique.
05:45Après il y a un deuxième sujet qui est Taïwan.
05:48Mais pas Taïwan au sens géopolitique, ça fait partie de la Chine, etc.
05:54Mais qui est représentative d'un sujet que tout le monde a bien en tête,
06:00c'est que les semi-conducteurs c'est le pétrole du 21ème siècle.
06:03Et quand on regarde Taïwan, Chine, Etats-Unis,
06:07on a cette problématique entre terres rares, raffinage des terres rares,
06:12qui sont absolument indispensables aux semi-conducteurs,
06:16et aux puces électroniques.
06:18On a une capacité, notamment avec TSMC à Taïwan,
06:23de création de semi-conducteurs et la technologie qui convient aux Etats-Unis.
06:27Donc on voit bien qu'il y a là une interdépendance
06:30qui n'est plus une interdépendance uniquement de marché en disant
06:35pour vendre j'ai besoin d'avoir accès à d'autres marchés.
06:38Là il y a une problématique d'accès à une technologie
06:42qui, comme je le disais en préambule, est le pétrole du 21ème siècle.
06:47Plus rien ne marche si on n'a pas accès aux semi-conducteurs.
06:51Donc je pense que le principal sujet, le cœur du sujet va être Taïwan,
06:56mais encore une fois pas au sens, je vais l'envahir, pas l'envahir, etc.,
06:59au sens géopolitique ou historique,
07:01mais plus au sens de ce que ça représente en termes d'enjeux.
07:06Et je crois que le sujet majeur est là.
07:10On est encore dans la course, nous, Européens,
07:12face à ces deux géants, effectivement,
07:14on le voit, chinois ou américains, en termes de tech.
07:18Peut-être pour rebondir sur les histoires de tarifs douaniers.
07:22C'est vrai que la Chine, elle est dans une posture pas du tout libérale.
07:26Elle fait face, depuis le Covid, à une conjoncture à deux vitesses
07:30avec une demande des Chinois, des ménages qui est quasiment à tonnes
07:33du fait de l'éclatement de la bulle du marché immobilier.
07:36Et par contre, un secteur productif très largement subventionné,
07:41donc très surcapacitaire.
07:43Et surcapacitaire, oui, c'est ça.
07:45Il doit se déverser à l'international.
07:46Voilà, cette dynamique commerciale de la Chine extrêmement importante
07:52qui est un peu freinée vis-à-vis des États-Unis,
07:55même si, comme je disais tout à l'heure, ça passe par d'autres routes
07:57et qui, du coup, se déversent sur l'Europe.
08:00Et donc, des vraies questions sur la capacité européenne à y répondre
08:04et à se protéger face à cet afflux.
08:08Oui.
08:09On voit que ça va être compliqué, quand même, tout ça.
08:11Sur l'IA, un dernier mot.
08:13L'IA, on revient à ce que j'évoquais tout à l'heure.
08:16Le moteur, on sait où il est.
08:18Et donc, il y a un enjeu, finalement, d'équilibre géopolitique dans le futur,
08:26si tant est qu'on considère que l'IA va être un point essentiel.
08:31Et les États-Unis ont intérêt à ce que ça ne se développe pas trop,
08:36d'où les restrictions de livraison de puces électroniques
08:40et de semi-conducteurs à la Chine.
08:42Donc, on est là au cœur, probablement, d'une discussion,
08:47avec peut-être un point aussi qu'on peut rajouter,
08:50d'une façon plus générale, dans cette logique de bipolarisation,
08:53c'est que, curieusement, on est en face d'un pays, d'un bloc, la Chine,
08:58qui est plutôt calme, entre guillemets, dans sa démarche.
09:02Mais ferme.
09:02Mais ferme, calme mais ferme.
09:05Et de l'autre côté, dans un environnement qui est totalement aléatoire.
09:10Et dans ce type de situation, on sait que le calme et le long terme payent toujours.
09:18Donc, ça va être intéressant de voir ce qui va ressortir de ces discussions,
09:22ce qui va être mis en avant.
09:24Bon, écoutez, business, il y a une palanquée de tous les grands patrons de la tech,
09:27enfin, pas tous, mais beaucoup de grands patrons de la tech,
09:30font partie du voyage.
09:31Yann Janssen de Nvidia, Tim Cook, Apple, Elon Musk,
09:37ils accompagnent tous le président américain.
09:40Erwan, vous souhaitez agir ?
09:41Oui, parce qu'il y a effectivement le côté, on a l'impression un peu d'avoir les deux grandes
09:47puissances,
09:47notamment sur la tech, demain, qui sont en train de discuter,
09:49qui sont en train de prévoir, justement, un peu sans nous.
09:52Mais moi, je ne suis pas défaitiste, contrairement à tout ce qu'on peut entendre,
09:58je ne parle pas sur ce plateau, mais sur le fait que l'Europe sera vassalisée.
10:02Parce que même si on ne maîtrise pas la tech qui est l'IA,
10:05je pense qu'il y a de plus en plus d'études qui sont faites dessus.
10:08La valeur, elle ne sera peut-être pas non plus que sur le support,
10:11elle sera surtout dans l'usage.
10:12Il y a cette phrase que j'ai entendu d'un marketeur il n'y a pas longtemps,
10:15qui disait, c'est celui qui a inventé, on a inventé le frigo,
10:18mais celui qui en a tiré la plus grande rente, c'est Coca.
10:20Et je pense qu'en fait, l'Europe, là-dessus, a son rôle à jouer.
10:23Et c'est d'ailleurs la stratégie que fait, de manière extrêmement intelligente, Mistral.
10:27Mistral a arrêté d'investir sur son LLM.
10:30Pourquoi ? Parce que, je parle sous le contrôle de Patrick,
10:32mais c'est un environnement qui est intense en capitaux,
10:35en capitaux où vous pouvez avoir un acteur qui vient comme anthropique
10:39balayer OpenAI en l'espace de trois mois,
10:42alors qu'on imaginait qu'OpenAI allait être la plus puissante entreprise de toute l'histoire.
10:47Demain, on n'est pas à l'abri qu'un nouveau game changer,
10:49Apple, s'est décidé potentiellement, avec son changement de direction,
10:52à investir aussi dans l'IA.
10:54Il suffit qu'il sorte un nouveau modèle qui soit un peu plus impressionnant.
10:56Donc, cette course en avant par escalier,
10:58si on n'est pas sûr de la gagner, autant ne pas la faire.
11:01Par contre, autant anticiper celle d'après.
11:02Et là-dessus, l'Europe, je pense, a énormément de choses à inventer.
11:06Et là, ça tient plus au domaine peut-être de la diversité de son économie
11:10par rapport justement aux États-Unis et à la Chine,
11:12et à ses structures aussi, on va dire, à la fois culturelles,
11:15éducatives et surtout démocratiques,
11:17où on a la possibilité d'inventer justement des nouveaux usages
11:19pour utiliser cette ArtTech-là.
11:21Et la vraie division qu'on pourrait avoir des équilibres d'efforts
11:24dans les prochaines années, c'est effectivement utiliser des technologies
11:27américaines ou chinoises,
11:28mais avec un degré de dépendance qui soit le plus faible possible.
11:33C'est là où justement, on revient sur les racines de la souveraineté,
11:36c'est la réciprocité des dépendances.
11:37Et derrière, d'inventer des usages qui soient fortement généreux.
11:40Et choisir ces dépendances.
11:40Après, ce qu'on voit, c'est que malheureusement,
11:42plutôt que d'adopter ces technologies,
11:44on pense d'abord à les réguler, à les normer,
11:47et que souvent, on est en retard.
11:47Je pense notamment aux véhicules autonomes,
11:50par exemple, un rapport du Haut-Commissariat au plan
11:52qui est très intéressant,
11:54le nom d'étalier en début de semaine.
11:56On a déjà deux ans de retard sur les États-Unis ou la Chine
11:59dans l'application.
12:00Et on se dit bien que c'est les boîtes américaines ou chinoises
12:02qui vont venir faire circuler des véhicules autonomes en Europe.
12:04On a plus que ça, on a six ans de retard sur les véhicules autonomes,
12:06sachant que ce qui est dommage,
12:07c'est qu'en plus, on avait trois ans d'avance en 2017,
12:09parce que les premiers brevets au niveau mondial
12:10ont été déposés par Navia,
12:12qui est une entreprise lyonnaise.
12:13Lyonnaise, absolument.
12:14Et qui, là-dessus, cette histoire, je l'avais racontée ici,
12:19mais je l'avais racontée dans un premier bouquin.
12:21Patrick en parlera mieux que moi, je pense.
12:22Mais c'est une entreprise qui avait tout,
12:23qui avait en plus avec un consortium, avec Valeo.
12:26C'est dramatique.
12:27Mais quand ils ont demandé à l'État en 2017 d'avoir,
12:29parce qu'un véhicule autonome, pour que ce soit performant,
12:31il faut qu'il roule, il faut qu'il s'entraîne.
12:33Ils ont demandé justement d'avoir des ouvertures de route
12:35pour leur donner 10 km autour de Rouen,
12:37en circuit fermé, et ne pas circuler de nuit,
12:39parce que problème de sécurité, etc., principe de précaution.
12:42Aux États-Unis, la Californie a ouvert,
12:44toutes ces routes en disant,
12:45vous avez le droit de faire 10 millions de kilomètres
12:48de circulation sur 5 constructeurs différents.
12:50Et en Chine, ils ont dit, circulez,
12:52si jamais il y a des accidents, on s'arrangera après.
12:54Donc, on est passé de leader potentiel mondial à...
12:59Patrick ?
13:00Ce n'était pas le temps du label Notre-Dame.
13:02Non, c'est vrai, oui, c'est vrai.
13:04On faisait des voies d'exception.
13:06On a proposé Emmanuel Macron,
13:08mais ce qu'évoquait Erwan, c'est intéressant,
13:10parce que dans le métier du logiciel,
13:12on a parlé du Sasspocalypse.
13:14C'est-à-dire de l'apocalypse de l'utilisation du logiciel
13:17en mode abonnement.
13:19Et en réalité, nous n'y croyons pas,
13:22et on revient sur la logique des usages,
13:24c'est qu'évidemment, l'IA permet de faire du code basique
13:29extrêmement rapidement,
13:30donc ça donne l'impression qu'on n'a plus besoin de logiciel, etc.
13:33Mais en réalité, on a besoin de compétences
13:36sur des usages spécifiques.
13:38Et c'est là que l'Europe, Erwan le soulignait,
13:41que l'Europe peut tirer sa chance
13:43dans le développement des usages
13:45à partir d'outils technologiques
13:46qui certes, pour certains,
13:48on a quand même deux ou trois très belles entreprises
13:50en France et en Europe,
13:51sont développées ailleurs,
13:52mais notre chance peut être là.
13:54Les applications et les usages.
13:56Et on a démontré une vraie compétence
13:59depuis très très longtemps dans ces domaines-là.
14:01Ça marche.
14:01Allez, dernier sujet.
14:02Il est 10 heures passées de 14 minutes.
14:04Vous êtes toujours en direct sur BFM Business.
14:07Je voulais qu'on parle un peu des défis
14:08du prochain président de la Fed.
14:11Avec vous, Clémentine Gallès,
14:13les sénateurs américains,
14:15hier, ont confirmé l'arrivée de Kevin Warsh
14:17au conseil des gouverneurs
14:20de la Banque Centrale des États-Unis.
14:22C'est la dernière étape
14:23avant qu'ils ne valident la nomination.
14:27du futur président de l'institution.
14:31Jerome Powell,
14:32qui a été bien secoué par le président américain,
14:35la quittera ce vendredi, le 15 mai.
14:38Le futur président,
14:39il arrive dans un contexte particulier.
14:413,8% d'inflation aux États-Unis.
14:44On est en plein pic.
14:45Quels sont, selon vous,
14:46les défis du prochain président de la Fed ?
14:49Qu'est-ce qu'il va falloir surveiller ?
14:50Son défi principal,
14:51ça sera de mener son métier de banquier central,
14:54c'est-à-dire de faire face à un contexte
14:56d'inflation élevé.
14:58Alors, l'inflation,
14:59elle a progressé en avril à 3,8,
15:02mais elle était déjà,
15:03depuis quelque temps,
15:05au-dessus de la cible.
15:06En fait, depuis le choc Covid,
15:08elle n'a pas retrouvé
15:09un niveau de normalisation
15:10proche de 2%,
15:11contrairement aux pays européens.
15:14Elle est restée un peu plus élevée,
15:16et aujourd'hui,
15:17elle est proche de 4%,
15:18donc ce qui est bien éloigné
15:19de la cible d'autour de 2%
15:21de la Banque centrale.
15:23Et pour ça,
15:23trois raisons.
15:24La première,
15:25c'est le choc énergie,
15:26comme on l'évoquait tout à l'heure,
15:27ce qui se passe en Iran,
15:28forcément a un impact aussi
15:30sur le prix du carburant,
15:32et c'est ce qui explique
15:33la progression,
15:34notamment en avril.
15:35Mais il n'y a pas que ça.
15:36La deuxième raison,
15:37c'est les tarifs douaniers,
15:38qu'on a aussi évoqués tout à l'heure,
15:40qui impactent les prix des biens
15:41et qui donc se transmettent
15:43en termes d'inflation.
15:44Et puis la troisième raison,
15:45c'est plus en sous-jacence,
15:46surtout les prix des services globalement.
15:49L'économie américaine
15:50se porte plutôt bien
15:52et donc génère aussi intrinsèquement
15:54un certain niveau d'inflation.
15:56Un triple moteur inflationniste
15:59dont Donald Trump
16:00est à l'origine des deux premiers
16:01quand même,
16:02très directement.
16:03Complètement.
16:03Et on n'a pas évoqué
16:04la politique migratoire aussi,
16:06qui a contribué
16:07à un certain déséquilibre
16:08sur le marché du travail
16:09et donc des tensions salariales,
16:11et qui a aussi contribué
16:12à ce niveau d'inflation
16:15que l'on observe aujourd'hui.
16:17Donc Kevin Marsh
16:18va devoir faire face
16:19à ce niveau d'inflation.
16:21Alors aujourd'hui,
16:21les taux d'intérêt
16:22de la réserve fédérale
16:23sont déjà assez restrictifs.
16:26Oui.
16:26Mais il n'y a pas si longtemps
16:27que ça,
16:28les marchés...
16:28On est à 4% aux Etats-Unis.
16:30On est à...
16:31Non, un petit peu moins,
16:323,50, 3,75.
16:35Il n'y a pas si longtemps que ça,
16:36les marchés anticipés,
16:38parce que c'était aussi
16:39la volonté de Trump
16:40que les taux pourraient baisser
16:42d'ici la fin de l'année,
16:44les récents chiffres d'inflation,
16:47confirment plutôt
16:48que Kevin Marsh
16:49va être plutôt de bonne augure,
16:51qu'il patiente
16:52avant d'ajuster
16:53sa politique monétaire.
16:54Bon, il avait plutôt
16:55rassuré les marchés,
16:56Kevin Marsh,
16:56dans son profil,
16:58parce qu'on craignait
16:59un futur président
17:01complètement soumis
17:03au président américain.
17:05Kevin Marsh
17:06était un profil
17:07plutôt solide.
17:08On voit que les tensions
17:08vont être quand même
17:10tout de suite
17:11assez fortes
17:12entre la Maison-Blanche
17:13et la Fed, Patrick.
17:14Oui, l'enjeu est là.
17:16Alors, effectivement,
17:17il a été plutôt bien accueilli
17:19parce qu'il a la courbe
17:21d'expérience
17:22des crises financières,
17:24notamment de 2008.
17:25Bon, mais l'histoire
17:27n'est pas forcément
17:28un éternel recommencement
17:29et une garantie
17:30de compétence dans le futur.
17:31Je pense que le principal sujet,
17:32vous l'avez soulevé,
17:33et ça rejoint
17:35ce qui était évoqué
17:36sur une autorité indépendante
17:37de l'électricité,
17:38c'est est-ce que je suis indépendant ?
17:40Parce qu'il y a la forme
17:41et le fond.
17:42L'indépendance,
17:43ce n'est pas de la forme.
17:44Formellement,
17:45c'est indépendant.
17:46Mais il y a le fond.
17:47Est-ce que je le serais ?
17:48Il y a un point
17:49qui est intéressant aussi,
17:51c'est toujours
17:52cette différence
17:53entre les missions
17:54de la Banque fédérale
17:56et de la Banque centrale européenne.
17:58En fait,
17:59ce qu'on oublie très souvent,
18:01la Banque fédérale
18:03a une double mission.
18:05Elle a la mission
18:06de contenir l'inflation,
18:07d'essayer de veiller
18:08à ce qu'il y ait
18:09une stabilité financière,
18:11mais aussi
18:12de veiller
18:13à ce qu'il n'y ait pas récession.
18:14C'est-à-dire,
18:14elle doit se préoccuper
18:15du plein emploi.
18:16Oui,
18:16il a un double mandat
18:17à la FED.
18:18Mais qui est respecté
18:19pour l'instant.
18:19Non,
18:19mais donc,
18:20j'allais dire que
18:22c'est plutôt rassurant
18:24sur le plan formel
18:25en ce sens
18:26qu'on ne va pas,
18:28on est obligé
18:29de jouer les deux
18:29parce qu'on a un double mandat
18:31de jouer les deux
18:31au sens de
18:33essayer de trouver
18:33le niveau d'inflation
18:34qui convient bien
18:35pour ne pas mettre
18:36en péril l'économie.
18:37Donc,
18:38on est dans un cadre
18:39et je suis toujours étonné
18:40qu'on n'ait pas réfléchi,
18:42alors t'es étonné,
18:43il y a une raison,
18:43qu'on n'ait pas réfléchi
18:44plus avant
18:45au niveau des missions
18:46de la Banque Centrale Européenne.
18:48La raison,
18:49c'est que
18:49la Banque Centrale Européenne,
18:51elle gère
18:51une monnaie sans État.
18:53Alors que
18:54la Banque Fédérale,
18:55elle gère
18:56un État
18:57global
18:57et qui est cohérent.
18:59Donc,
18:59il y a un point de réflexion
19:00mais je vois
19:01que vous ne partagez pas
19:02totalement ce que j'exprime.
19:04Disons que la BCE,
19:05elle a quand même
19:06comme objectif
19:07le plein emploi aussi.
19:09C'est juste un objectif
19:09de second rang
19:10par rapport à l'inflation
19:11qui reste son objectif premier.
19:13Mais bon,
19:13je pense que
19:14la Banque Centrale Européenne
19:15n'a pas intérêt
19:16non plus
19:17à mener
19:17la zone euro
19:18en récession
19:20parce que le risque,
19:21ça serait que l'inflation
19:22soit trop basse
19:23à ce moment-là.
19:25C'est vrai.
19:27C'est mon point de réaction,
19:28désolé.
19:28Erwan ?
19:29Oui,
19:29il y a un mandat
19:29qui commence
19:31effectivement
19:31d'un point de vue
19:34observateur extérieur.
19:35Ça va être très intéressant
19:35parce qu'il va commencer
19:36avec des tensions
19:37très importantes
19:38avec les Maisons Blanches
19:39dans un contexte
19:39d'hyperinflation
19:41un peu importante
19:42avec en plus
19:43une crise du crédit
19:44qui potentiellement
19:45peut se profiler.
19:47Un shadow banking
19:48comme on dit
19:49qui est de plus en plus important
19:50avec des engagements
19:52hors bilan
19:52qui ne sont pas toujours respectés.
19:54On ne parle plus
19:54de cette crise
19:54parce que c'est vrai
19:55que là,
19:55ce que vous évoquez,
19:57on l'a surveillé
19:57comme le lait sur le feu
19:58sur BFM Business
20:00il y a quelques semaines encore.
20:02Là,
20:02on n'en parle plus du tout
20:03de cette crise
20:03du crédit privé.
20:04Elle continue de couver
20:05parce qu'elle ne s'est pas résorbée
20:06en l'espace de deux mois
20:07et vous ajoutez à ça
20:08en plus
20:09une volonté
20:11affichée de la part
20:12de Donald Trump
20:12d'affaiblir drastiquement
20:14le dollar
20:15justement parce qu'il est conseillé
20:17par certains
20:18de ses plus proches
20:19qui lui disent
20:20que c'est la meilleure façon
20:20qui pourra justement
20:22de faire revenir
20:22des investissements
20:23qui permettront
20:24de construire des usines
20:24qui permettront
20:25d'embaucher
20:26les ouvriers
20:26de la Rosbelle.
20:27C'est ça,
20:27toute la politique économique
20:28de Trump,
20:28c'est ça,
20:29c'est faire en sorte
20:30que son électorat
20:30à la fin de son mandat
20:31ait un boulot
20:32ou en tout cas
20:33ait augmenté son salaire.
20:34Tous les autres fondements
20:35de la puissance américaine
20:36que ça passe
20:37de l'innovation
20:38dans les biotechnologies,
20:39de l'innovation technologique,
20:40de l'apport aussi
20:41des travailleurs étrangers.
20:43Vous avez une personne
20:43sur deux
20:44dans la Silicon Valley
20:45qui n'est pas née
20:47sur le sol américain
20:48et on a décidé
20:49d'augmenter,
20:49enfin Trump a décidé
20:50d'augmenter
20:50de 100 000 dollars par an
20:51la contribution
20:52des entreprises
20:53qui les embauchent.
20:53Les frais de visa.
20:54Exactement.
20:55Alors la plupart
20:55des entreprises
20:56peuvent se les payer.
20:58Anthropik,
20:58Tesla peuvent payer
20:59mais pour les stars,
21:01pas pour tout le monde.
21:01Et donc c'est une opportunité.
21:03Moi je pense que
21:03ce qui se passe aujourd'hui
21:04aux Etats-Unis,
21:06Chaque crise
21:06est une opportunité.
21:07Pour l'Europe
21:08c'est une opportunité
21:08extraordinaire
21:09parce que vous avez
21:10d'une possibilité
21:11d'attirer des profils étrangers
21:13parmi les meilleurs
21:13chercheurs du monde.
21:14Alors on a essayé
21:15pour les universités
21:16ça n'a quand même pas
21:17très bien marché.
21:18Je ne sais pas
21:19combien d'universitaires
21:20américains
21:21sont venus
21:21sur le sol français
21:22mais ça se compte
21:23Mais pourquoi ça n'a pas marché ?
21:25Autre le côté universitaire
21:26parce que vous n'avez
21:28qu'un autre problème
21:28mais par exemple
21:29sur la recherche
21:29quand vous écoutez
21:30ce que vous disent
21:31les principaux dirigeants
21:32des principaux instituts
21:33de recherche français
21:34ils vous disent
21:35moi je veux bien
21:36faire venir
21:37un vaccinologue
21:37des Etats-Unis
21:38une star dans son domaine
21:39mais ma grille de salaire
21:41c'est 25 000 euros
21:42par an.
21:42On ne les paye déjà
21:44pas correctement
21:45nos chercheurs
21:45et on veut faire venir
21:47des chercheurs
21:48qui ont souvent
21:50quitté la France
21:51pour les Etats-Unis
21:51avec des salaires
21:52entre 4 et 6 fois
21:54supérieurs
21:56il suffirait de peu
21:57il y a l'aspect salarial
21:59mais il y a aussi
21:59l'aspect normatif
22:00parce que vous avez
22:00même des chercheurs
22:01qui vous disent
22:02moi je suis prêt
22:02je m'en fous du salaire
22:03parce que ce qui compte
22:04quand on est face
22:05à des passionnés
22:06ils vous disent
22:06moi ce qui compte
22:06c'est ma matière
22:07mais quand derrière
22:08ils se retrouvent
22:08à faire 2 heures
22:09de reporting par jour
22:10sur leur recherche
22:11donc du coup
22:11casser un peu
22:12le mécanisme
22:12de sérendipité
22:13et que de l'autre côté
22:14ils se retrouvent
22:15à chaque fois
22:16qu'ils ont envie
22:17de tester quelque chose
22:17ils ont dit
22:18ah non ça t'as pas le droit
22:19ah non ça il faut remplir
22:20le formulaire béton
22:21le principe de précaution
22:22ou inscrit dans la constitution
22:24trois mois
22:24en dehors de la paillasse
22:26quand on est en biologie
22:27pour aller chercher
22:29les subventions
22:30auprès des différentes
22:31agences concernées
22:32donc c'est
22:34bon
22:35ça tient un peu de choses
22:36il faut pas grand chose
22:37il faut effectivement
22:38faire un vrai investissement
22:39dans la recherche
22:40pour casser certaines grilles
22:41parce qu'aujourd'hui
22:41au CNRS
22:42de ce que j'ai compris
22:43toutes les grilles
22:44sont équivalentes
22:45donc c'est à dire
22:46qu'un chercheur en sociologie
22:47j'ai rien contre la sociologie
22:48un chercheur en économie
22:49un chercheur en histoire
22:49un chercheur en musicologie
22:51et un chercheur en intelligence artificielle
22:52sont payés la même chose
22:53et donc peut-être
22:54qu'il faudrait revoir ça
22:55et deuxièmement
22:56avoir un vrai investissement
22:57mais qui soit normatif
22:58c'est à dire
22:59avec des allègements
22:59dans la recherche
23:00et financier
23:01pour leur permettre
23:01il y a des gens
23:02qui ne peuvent plus
23:03travailler aux Etats-Unis
23:04qui sont parmi les meilleurs
23:05de leur domaine
23:05et qui ne demandent qu'une chose
23:06c'est de venir en Europe
23:07et particulièrement en France
23:08vu l'histoire de la France
23:09notamment sur la santé
23:11et par le cadre de vie
23:13quand même
23:13on n'a qu'à mettre
23:14un cluster
23:15pardon le terme
23:16je faisais en ce moment
23:17on n'a qu'à mettre
23:17un groupement d'intérêts
23:20autour de la Côte d'Azur
23:22et à Paris
23:22et on fait deux groupements
23:24comme ça
23:24on en fait venir
23:24Bah oui
23:24Sophia Antipolis
23:25et Paris Sacré
23:26et Lyon
23:27et Lyon
23:28bien sûr
23:29n'oublions pas
23:31évidemment
23:31Pour revenir
23:32plus spécifiquement
23:33aux enjeux
23:34de nouveaux gouverneurs
23:35de la réserve fédérale
23:37il ne faut pas oublier
23:38non plus
23:39que le contexte
23:39est assez politique
23:40aux Etats-Unis
23:41avec les mid-terms
23:42qui arrivent en fin d'année
23:43et je regardais
23:44on a un indicateur
23:45de confiance
23:46des ménages américains
23:48qui a atteint
23:49hier ou avant-hier
23:50un plus bas historique
23:52et ce qui pèse
23:53c'est vraiment
23:53les sujets
23:54qu'on vient d'évoquer
23:55c'est à la fois
23:55ce niveau d'inflation
23:56qui pèse sur
23:57le pouvoir d'achat
23:59surtout d'une partie
24:00de la population
24:01Bah oui
24:01c'est la courbe en cas
24:02comme on dit
24:02c'est-à-dire que la croissance
24:03américaine
24:04ne profite
24:05qu'à une petite minorité
24:06quand la majorité
24:08du pays
24:09Et c'est cette même population
24:10qui est pénalisée aussi
24:12par des taux d'intérêt
24:13de crédit
24:14notamment immobilier
24:15qui reste élevée
24:16et donc cet arbitrage
24:17qui est compliqué
24:18qui est la difficulté
24:20et c'est la raison d'être
24:21de l'indépendance
24:22d'une banque centrale
24:22et c'est ce que va devoir
24:24mener
24:24Kevin March
24:25après il ne faut pas oublier
24:27qu'il n'est pas seul
24:28décisionnaire
24:29il y a un comité
24:30de politique monétaire
24:31board
24:32et qui n'est pas modifié
24:34de façon très significative
24:36et qui devrait mener
24:37sa mission
24:38avec beaucoup de questions
24:40beaucoup d'enjeux
24:41sur le niveau
24:41des taux d'intérêt
24:42du marché
24:43les taux d'intérêt américains
24:45ont de nouveau
24:46touché les 4,5
24:47les taux longs
24:48cette fois
24:48les taux
25:00à un niveau
25:00très élevé
25:01et un niveau
25:01des déficits
25:02qui est très élevé
25:03et donc
25:04qui pose aussi
25:05des questions
25:06à la fois
25:06sur le financement
25:07de la dette
25:08et sur le niveau
25:09du dollar américain
25:11avec un refinancement
25:12qui se fait
25:13de plus en plus
25:13à court terme
25:14on fait des T-bills
25:16plutôt que des T-bonds
25:17ça a quelles conséquences
25:19ça ?
25:19en tout cas
25:20ça a eu comme conséquence
25:21la pression
25:22de Donald Trump
25:23sur la baisse
25:23des taux courts
25:24de la réserve fédérale
25:25donc c'est vrai
25:26que le trésor
25:27a émis de plus en plus
25:28à court terme
25:28pour faire face
25:29à la hausse des taux
25:30sur la partie longue
25:31et maintenant
25:32souhaiterait
25:33que les taux courts
25:34baissent davantage
25:35et d'où l'enjeu
25:37de maintien
25:38de cette indépendance
25:39de la banque centrale
25:39qui doit tenir bon
25:41pour faire face
25:42à un risque
25:43d'inflation
25:44de plus tard
25:45qui resterait
25:46plus durablement
25:47plus élevé
25:47c'est inquiétant pour vous
25:48qu'on refinance
25:50davantage
25:51à très court terme
25:52la dette des Etats-Unis
25:54plutôt que la l'ombre
25:54ça génère
25:55un risque
25:56d'instabilité
25:57supplémentaire
25:58oui
25:58parce que du coup
25:59les chocs peuvent être
26:00beaucoup plus marqués
26:01évidemment
26:02si la maturité
26:03est plus longue
26:04mais c'est vrai
26:05que la charge
26:06de la dette
26:06aux Etats-Unis
26:07en point de PIB
26:08est aujourd'hui
26:09assez élevée
26:12malgré le fait
26:13qu'ils aient déjà
26:13raccourci assez significativement
26:16leur maturité d'émission
26:17bon merci beaucoup
26:19tous les trois
26:20Clémentine Gallès
26:21chef économiste
26:21et stratégiste
26:23chez Société Générale
26:25Private Banking
26:26Patrick Bertrand
26:27directeur général
26:27des opérations
26:28d'Alnest
26:29et Erwan Tison
26:30directeur des études
26:32de l'Institut
26:33de l'entreprise
26:34et enseignant
26:35à Strasbourg
26:36d'Alnest
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