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  • il y a 10 heures
Mardi 24 mars 2026, retrouvez Meline Solana-Cruz (responsable développement commercial, Hector le Collector), Aude Charbonnier (hématologue, Responsable médicale de la RSE, Institut Paoli-Calmettes,), Véronique Faujour (Secrétaire générale, Crédit Agricole S.A.), Clémence Maisons (Fondatrice, Belsia) et Baptiste Verneuil (Chargé de projet - Santé-Énergie-Climat, The Shift Project) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

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00:08Bonjour à toutes et à tous, bienvenue, c'est Smart Impact, l'émission des entreprises à impact positif.
00:13Voici le sommaire, c'est Véronique Faujour, la secrétaire générale du Crédit Agricole SA
00:18et déléguée générale de la fondation Gramine Crédit Agricole qui sera invitée du grand entretien.
00:23Tout à l'heure, cette fondation vient de lancer un fonds à impact pour l'adaptation au changement climatique
00:28par, pour et avec les femmes.
00:31D'abord, je reçois Méline Solana-Cruz qui est la responsable développement commercial d'Hector le Collector.
00:36Comment faciliter le tri des biodéchets, notamment au milieu professionnel ?
00:40Le débat de notre émission, il portera sur le bilan carbone de l'économie de la santé
00:45avec les résultats de l'étude menée par The Shift Project.
00:498% de nos émissions de gaz à effet de serre proviennent de ce secteur.
00:52Et puis dans notre rubrique consacrée aux startups, la bonne idée du jour, elle est signée Belsia
00:57et ses chips artisanales haut de gamme.
01:01Voilà pour les titres, c'est l'heure de Smart Impact.
01:09L'invité de ce Smart Impact, c'est Méline Solana-Cruz.
01:13Bonjour.
01:14Bonjour.
01:14Bienvenue, vous êtes responsable développement commercial d'Hector le Collector.
01:18Alors c'est quoi Hector le Collector ? Présentez-nous l'entreprise.
01:21Hector le Collector, c'est une entreprise qui est née en 2020 à Toulouse.
01:26C'est le fruit de deux personnes, donc de Valentin et Quentin,
01:30qui ont pris à bras le corps la gestion des biodéchets alimentaires au sein des collectivités, des entreprises.
01:36Puisque la question majeure, c'était que deviennent nos biodéchets aujourd'hui ?
01:42La plupart sont dans les ordures ménagères classiques.
01:45C'est incinéré, alors que les biodéchets, c'est 80% d'eau.
01:50Donc on dépense de l'énergie pour brûler de l'eau.
01:54Donc ce qui est absurde.
01:56Ce qui est absurde, absolument.
01:58Et donc cette idée est née en 2020.
02:00On est arrivé à Paris assez récemment.
02:03On est dans cinq grandes villes en France.
02:05Et on fait de la collecte dans un cadre hyper urbain, en mobilité douce,
02:10avec nos bacs de 35 titres.
02:14Et ensuite, on valorise ces biodéchets par le biais notamment de la méthanisation.
02:19Alors on va rentrer dans le détail, peut-être rappeler le cadre réglementaire.
02:23Ce tri des biodéchets, des déchets alimentaires, il est obligatoire depuis deux ans.
02:29Ils peuvent être valorisés soit en compost, effectivement, soit en biogaz par méthanisation.
02:33Il y a environ 32% de nos déchets, de nos ordures ménagères,
02:38qui sont des biodéchets et qui finissent encore souvent,
02:41alors là je parle des particuliers, mais c'est vrai aussi des entreprises et des collectivités,
02:45dans les poubelles classiques.
02:47Pourquoi ?
02:47Il y a plusieurs raisons à ça.
02:50Déjà, il y a une grande disparité entre les cadres urbains et le cadre rural,
02:55puisque la plupart du temps, dans un cadre rural, on va avoir un composteur, notamment.
03:02Donc dans le cadre rural, la plupart du temps, les biodéchets vont être réutilisés au sein même du domicile.
03:09D'ailleurs, dans l'ADEME, il y a une des parties qui est assez marante,
03:12puisqu'on parle de nourrir les poules.
03:14Alors oui, évidemment, on a toujours cette habitude.
03:17Dans le cadre urbain, c'est différent, c'est beaucoup plus complexe.
03:21Il y a des points d'apport volontaire qui ont émergé suite, justement, au renforcement de la loi AGEC,
03:27mais on se rend compte aujourd'hui que les points d'apport volontaire sur rue ne sont pas encore hyper
03:33efficaces.
03:34C'est pas rentrer dans les habitudes, dans les mœurs ?
03:36Non, c'est compliqué.
03:38Le sondage parle de gens qui y sont sensibilisés, malgré tout, au réel, au pourcentage capté.
03:44On se rend compte qu'il y a encore une grande disparité.
03:47Ça vient de plusieurs éléments.
03:48Je pense que dans un premier temps, il y a un manque de sensibilisation sur le sujet.
03:53Pour les particuliers, ne serait-ce que de leur dire
03:56« on a un point d'apport volontaire qui n'est pas loin, et donc vous pouvez y poser les
03:59biodéchets ».
04:00Pour les professionnels, c'est différent.
04:01Ils ne peuvent pas se reposer sur ce point d'apport volontaire,
04:05puisqu'ils doivent justifier de tickets de pesée,
04:08pour justifier de la bonne valorisation de leurs biodéchets alimentaires.
04:12Donc là, c'est encore un cadre qui est différent pour eux.
04:16Et alors, quand vous, vous démarchez des professionnels, des entreprises,
04:21peut-être aussi d'ailleurs des collectivités,
04:23mais quels arguments vous employez pour les convaincre ?
04:28Parce qu'il y a la loi, mais manifestement, elle ne s'applique pas encore suffisamment.
04:32On a plusieurs points.
04:34Alors nous, dans un premier temps, on a une logique qui n'est absolument pas moralisatrice.
04:38On est sur une notion de pédagogie et de sensibilisation.
04:42Je pense que c'est le plus important aujourd'hui.
04:45Et donc, quand on vient vers les entreprises, on a plusieurs points.
04:51Dans un premier temps, moi, ce que je mets en avant,
04:53c'est le fait qu'aujourd'hui, on a ce tri, cette valorisation qui est obligatoire.
04:59Évidemment, il y a le volet légal, mais également la sensibilité de chacun sur le sujet.
05:06Et l'argument principal, moi, que je mets en avant, qui est une logique factuelle aujourd'hui,
05:13c'est en effet de se dire que, est-ce qu'on peut continuer résolument
05:18à laisser passer cette énergie potentielle par le biais de la méthanisation ?
05:23Est-ce qu'on peut laisser passer sur ces 12 millions de tonnes de déchets alimentaires
05:28qu'il y a en France sur 2023 ?
05:31Est-ce qu'on peut se permettre de se dire
05:32que ces 12 millions de tonnes peuvent représenter 12 millions de kilowatts-heure ?
05:38Il ne faut pas les laisser passer.
05:40Et donc, je les sensibilise à la fois sur l'importance de la valorisation des biodéchets
05:46et en même temps sur le rappel du cadre de la loi AGEC.
05:51Pour faire de la pédagogie, vous utilisez quoi ?
05:53Quels arguments ? Il faut être plutôt dans le jeu, dans le ludique,
05:57plutôt dans, effectivement, la liste d'arguments, un peu des deux ?
06:03Non, pas de liste d'arguments particulières.
06:07C'est vraiment de la sensibilisation, ce qui signifie que, par exemple,
06:11quand j'arrive dans une entreprise, la plupart du temps, on accompagne dès le début.
06:16C'est-à-dire que, quand on vient poser un bac,
06:19on ne fait pas que poser un bac et se dire
06:21« Ok, très bien, c'est là, à la semaine prochaine, on passe les collecter ».
06:24On a aussi, et ça, c'est quelque chose que je porte énormément dans cette philosophie,
06:31c'est de leur proposer un temps de sensibilisation
06:35pour que les collaborateurs puissent prendre le bon geste
06:40et ne pas le rendre...
06:42Ce n'est pas leur dire « Si vous ne le faites pas, ce n'est pas bien ».
06:44Oui, on n'est pas dans la culpabilisation.
06:45Exactement, c'est leur dire que c'est important de le faire
06:50et de mettre en avant les enjeux.
06:52Et donc, nous, on propose un petit burger quiz, par exemple,
06:57autour des déchets et de l'écologie,
07:00de manière à proposer un temps d'échange.
07:01Un jeu !
07:02Oui, tout à fait.
07:03Vous jouez le rôle d'Alain Chabat, vous êtes le maître du jeu,
07:07la presse du jeu, c'est ça, poser les questions ?
07:09Alors, je ne dirais jamais que j'ai autant de talent qu'Alain Chabat,
07:14mais j'aime beaucoup, en effet, ce côté ludique et somatique.
07:19Et ça marche mieux ?
07:19Vous voyez qu'ensuite, ça infuse, en quelque sorte,
07:24dans l'esprit des collaborateurs, c'est ça ?
07:25Absolument, et on se rend compte aussi que par des questions très simples
07:30sur quelle est la deuxième industrie la plus polluante, etc.
07:33On se rend compte que, la plupart du temps,
07:35les gens sont soit en maîtrise du sujet,
07:38donc ils sont sensibles, soit sont en pleine découverte.
07:40Et il y a beaucoup de surprises.
07:42Beaucoup de surprises de leur part.
07:43Des choses auxquelles ils ne s'attendent pas.
07:45Dans la filière, qu'est-ce qu'ils deviennent ?
07:47Ils sont méthanisés, ensuite, ces biodéchets ?
07:51C'est quoi leur parcours, en quelque sorte ?
07:52Le parcours est très simple.
07:54Dans un premier temps, on a la personne qui fait son tri.
07:58Le tri est fait, il y a une collecte qui est effectuée,
08:02et ensuite, ça part auprès du méthaniseur.
08:05Le méthaniseur, lui, c'est une cuve dans laquelle
08:09vous allez avoir une atmosphère qui est contrôlée,
08:12et la décomposition des biodéchets va générer du méthane
08:18qui va être capté et réinjecté dans le circuit du gaz de ville.
08:22Et à l'issue également, et ça, c'est intéressant de le souligner,
08:27à l'issue de cette décomposition, on récupère également le digesta,
08:30et le digesta va servir à faire de l'épandage.
08:33Donc, notamment, pour les agriculteurs, c'est un avantage aussi.
08:36Il y a un retour à la terre et une énergie qui est générée.
08:39Vous êtes déployé dans combien de villes aujourd'hui ?
08:41Aujourd'hui, on est dans cinq villes en France,
08:44et on arrive dans cinq nouvelles villes.
08:47Donc, on est, je pourrais vous les mentionner,
08:49mais on est évidemment à Paris, puisque c'est moi qui m'en occupe.
08:52Nous sommes à Toulouse, nous sommes à Niord, nous sommes à Montpellier,
08:55nous sommes à Nîmes, nous arrivons à Marseille, à Bordeaux, à Nantes, à Lille également.
09:00Est-ce que vous voyez des disparités ?
09:02C'est pour ça que je vous pose la question.
09:03C'est-à-dire que des endroits où c'est plus difficile de convaincre,
09:10où il y a beaucoup plus de retard à rattraper,
09:13où est-ce que finalement, c'est assez homogène région par région ?
09:17Je trouve qu'il n'y a pas de microclimat,
09:19il y a par contre des sensibilités qui sont différentes.
09:22On se rend compte qu'à Paris, il y a quand même une sensibilité qui est accrue sur le sujet.
09:28Dans certaines villes, c'est un petit peu plus complexe,
09:31mais par contre, au niveau des infrastructures, c'est quasi similaire.
09:37C'est quasi similaire, mais après, comme pareil, le rapport de l'ADEME le soulignait,
09:44par région, on a une sensibilisation qui est plus ou moins accrue
09:48et on a aussi, tout simplement, la manière dont les gens, les habitations qui changent ça.
09:54C'est une obligation légale, ok, mais ça coûte cher aux entreprises ?
09:58Et cette notion, ça peut être un frein, justement, au développement de ce tri des biodéchets ?
10:02Toute source de dépense, aujourd'hui, est un frein, quelle qu'elle soit.
10:05Et quel que soit le secteur, d'ailleurs, c'est toujours un frein pour une entreprise qui ait une dépense.
10:13Ce qu'il faut voir derrière, c'est qu'il y a un effet de bascule,
10:16puisqu'on diminue le volume des ordures ménagères.
10:20Donc, le volume d'OMR étant diminué, de facto, il y a une compensation qui se fait.
10:25On paye moins de volume d'ordures ménagères
10:27et on a ce circuit de biodéchets qui apporte de la valorisation.
10:31Donc, en effet, c'est un coût pour les entreprises.
10:34Dire que ce serait gratuit, ce serait mentir,
10:36parce que sinon, on aurait un petit peu de mal à aller collecter les biodéchets.
10:39Vous-même, l'entreprise n'existerait plus ?
10:42Exactement.
10:43Mais le coût est modeste,
10:46eut égard à ce que ça apporte, en général,
10:49et à l'économie sur les OEM.
10:50Un dernier mot, parce qu'il y a les entreprises,
10:52et puis il y a aussi les événements.
10:55Vous proposez aussi des services de collègues de biodéchets sur les événements.
10:59Ça doit être différent, particulier, quand même ?
11:01C'est différent, mais c'est tout aussi passionnant.
11:04Pour une raison simple, c'est qu'on se rend compte que la plupart du temps,
11:09sur les événements, le tri des déchets est plutôt complexe à faire,
11:13et passe souvent au second plan.
11:15Donc, on accompagne les organisateurs d'événements,
11:19aussi sur ces collectes des biodéchets, et pas que,
11:24mais ça nous permet justement aussi d'aider, par le biais d'outils,
11:29d'outils à la fois de quantification et de suivi, et notre présence,
11:36d'améliorer ce tri des déchets,
11:39puisqu'on se rend compte que c'est souvent assez complexe sur les événements.
11:43Sur les événements, effectivement.
11:44Merci Méline Solanacouz, et à bientôt sur BeSmart4Change.
11:48On passe tout de suite à notre débat,
11:49le bilan carbone du secteur de la santé.
11:58Le bilan carbone du secteur de la santé.
12:00Au programme de notre débat, j'accueille le docteur Aude Charbonnier.
12:04Bonjour, bienvenue.
12:05Vous êtes hématologue, responsable médical de la RSE à l'Institut Paoli Calmette,
12:09et vous êtes shifteuse en santé.
12:10Donc, ça veut dire que vous participez au Shift Project.
12:13Baptiste Verneuil, bonjour et bienvenue.
12:15Bonjour.
12:16Ingénieure de projet santé au Shift Project.
12:19Peut-être quelques éléments de présentation pour démarrer l'IPC,
12:22l'Institut Paoli Calmette, en quelques mots.
12:25C'est un centre anticancéreux qu'il y a à Marseille.
12:28Donc, comme son nom l'indique, on n'y soigne que des maladies cancéreuses.
12:32Et on fait beaucoup d'hématos.
12:34C'est un centre où il y a beaucoup d'hématos.
12:36Et moi, je suis hématologue et spécialisée en leucémie, dans le domaine des leucémies.
12:41Voilà.
12:42Et avec des enjeux environnementaux qui sont réels.
12:45Qui sont réels.
12:46Sur lesquels vous travaillez depuis un certain temps ?
12:49Oui, c'est un gros hôpital et on a cette chance d'avoir, de s'être mobilisés concernant ce sujet
12:56depuis un moment.
12:57Et on a cette chance aussi de travailler au sein du groupement des centres anticancéreux,
13:02qui s'appelle Unicancer et qui est assez dynamique avec un groupe de travail.
13:06On va détailler tout ça, vous nous direz ce que vous faites, cette étude du Shift Project.
13:11Je crois qu'il y a eu, vous les faites secteur par secteur en quelque sorte, c'est ça l
13:14'idée ?
13:15Alors oui, c'est ça.
13:16Alors, au Shift Project, on est une association d'intérêt général.
13:20Notre thématique, c'est l'énergie, le climat.
13:23Et on parle de différents secteurs économiques, donc des secteurs du duel de la transition,
13:28la mobilité, le bâtiment, l'énergie, etc.
13:30Mais on parle aussi d'autres secteurs, notamment celui de la santé.
13:33Donc moi, de mon côté, je suis ingénieur et je travaille sur le programme qu'on mène sur la santé.
13:36Et avec une première question sur ce bilan carbone, 46 à 50 millions de tonnes de CO2 par an,
13:44c'est près de 8% des émissions nationales.
13:46Qu'est-ce qui pèse le plus lourd, Baptiste Verneuil ?
13:48Alors, un peu de tout.
13:50Ce qui pèse le plus lourd, ça va être les consommations de médicaments, de dispositifs médicaux.
13:55En santé, dans le système de santé, on en consomme beaucoup.
13:58À titre d'exemple, c'est à peu près 41 boîtes de médicaments par an et par habitant.
14:01Donc c'est des quantités qui sont assez importantes.
14:04Et donc pour produire...
14:05Donc c'est la fabrication de ces médicaments.
14:06C'est ça.
14:07Pour produire ces produits de santé, il faut des énergies fossiles à à peu près toutes les étapes.
14:13Dès les matières premières, les médicaments, c'est des composants chimiques
14:17et souvent des dérivés du pétrole.
14:19À titre d'exemple, pour produire 1 kg de paracinamol, il faut 1,3 kg de pétrole.
14:23Ensuite, ces matières premières, il faut les transformer.
14:25Donc souvent, il faut de la chaleur, de la vapeur industrielle.
14:27Donc des consommations d'énergie fossile, du gaz, du charbon.
14:30Ensuite, on doit transporter ces produits.
14:33Transporter en avion, en bateau, en camion.
14:34Donc avec du pétrole.
14:36En fait, du pétrole se retrouve à toutes les étapes de la chaîne de valeur industrielle.
14:40Pour ces productions de produits de santé.
14:43Et donc ça, ça pose deux problèmes.
14:44Déjà, le problème du changement climatique.
14:46Parce que quand on consomme des énergies fossiles, on émet du gaz à effet de serre dans l'atmosphère.
14:50On participe au changement de la planète.
14:52Et le second problème, c'est la dépendance en ces énergies fossiles.
14:56Dans un contexte où, en France, on importe 99% du pétrole que l'on consomme.
15:01Et donc, on est tendanciellement dans une raréfaction de ces approvisionnements d'énergie fossile à l'échelle mondiale.
15:06Ce que vous dites, ça vaut pour les médicaments et pour les dispositifs médicaux, c'est exactement la même, à
15:12peu près la même logique.
15:13Oui, les dispositifs médicaux, que ce soit des seringues, des poches à perfusion, des masques chirurgicaux, c'est du plastique.
15:17Et donc, c'est du pétrole en fait.
15:19C'est du pétrole.
15:19Oui, tout à fait.
15:21Quand vous faites le bilan de l'IPC, un peu avec les mêmes questions, les mêmes réflexes, qu'est-ce
15:28que vous trouvez ?
15:30Alors, les bilans vraiment précis, c'est en cours, c'est ce qu'on appelle le scope 3.
15:35Et ça, voilà, c'est en cours.
15:38Les émissions externes.
15:40Mais en revanche, on croit vraiment les résultats des shift projects.
15:44C'est-à-dire qu'on le sait, on a déjà des...
15:48Ça intègre depuis le départ notre vision de tout ce qu'il faut faire.
15:53Qu'est-ce que vous vous êtes donné, un objectif en matière de réduction de durabilité au sein de l
16:00'Institut Paulie Calmet ?
16:01Alors, c'est le plus difficile, c'est d'avoir quelques objectifs et pas tout, parce qu'il faudrait tout
16:05changer en même temps.
16:08Mais donc, du coup, de regarder là où il y a le plus d'émissions, par exemple, et où c
16:13'est le plus simple et où on va avoir un impact immédiat.
16:17Et donc, le plus simple pour nous, par exemple, c'est de changer de mode de prescription, c'est-à
16:24-dire de passer de l'intraveineux au PEROS, c'est-à-dire des médicaments qu'on prend par la bouche,
16:29quand c'est possible.
16:30Parce que là, vous réduisez la masse, le coût de transport, l'émission du transport, même le risque infectieux pour
16:39le patient, c'est tout bénéfice.
16:42Si on regarde, par exemple, moi je pense au bloc opératoire, vous avez travaillé sur l'empreinte énergétique, environnementale d
16:50'un bloc opératoire.
16:51Et puis après, est-ce qu'on peut améliorer cet impact ?
16:55Oui, alors les blocs, nous, il y a un bloc, un green bloc, un bloc vert qui est, c'est
17:03peut-être, c'est par rapport au médecin, moi je suis médecin, je n'utilise pas le bloc opératoire.
17:09Et en fait, il y a des postes très émissifs et il y a aussi beaucoup de matériel qu'on
17:15ne récupère pas alors qu'on pourrait le récupérer.
17:17Donc, il y avait vraiment beaucoup de choses sur lesquelles on pouvait travailler tout de suite.
17:23Et notamment, les gaz anesthésiques, et ça, Baptiste va nous en parler un petit peu, mais ça, ça a été
17:30changé immédiatement parce que c'est un impact majeur.
17:34Parce que c'est des gaz qui ont un effet de serre bien plus important que celui du carbone.
17:40Ça, c'est un levier, entre guillemets, parce que c'est jamais totalement simple, mais c'est un levier assez
17:46simple à activer ?
17:48Alors, assez simple, ça peut poser des contraintes localisationnelles.
17:51Déjà, il faut changer de fournisseur, il faut mesurer l'impact que ça peut avoir en termes de qualité des
17:56soins.
17:57Ça, d'ailleurs, en tant qu'ingénieur, nous, au Chief Project, on n'est pas capable de le dire.
18:00On fait confiance, totale confiance aux médecins, qu'ils le disent bien mieux que nous.
18:04Mais effectivement, en fait, pour transformer, par exemple, un bloc opératoire, un bloc opératoire, c'est un environnement particulier où
18:09l'usage unique est omniprésent,
18:11les consommations énergétiques avec de la ventilation, de la climatisation sont omniprésentes, où on a des gaz médicaux assez spécifiques.
18:18Donc, ça demande des réflexions qui sont très spécifiques, en fait, qui vont toucher à plusieurs spécialités médicales.
18:23Et donc, à cette spécialité médicale, de s'en emparer pour trouver des solutions qui ne dégradent pas la qualité
18:28des soins.
18:28Qu'est-ce que vous proposez, vous, d'une manière générale, avec cette étude, pour réduire l'impact climatique du
18:34système de santé ?
18:35Alors, nous, dans nos différentes études, en fait, on a établi une feuille de route avec différents leviers de décarbonation.
18:41Il y en a beaucoup, il y en a énormément.
18:43Et nous, le cœur de notre travail, c'est de modéliser l'effet de ces études pour pouvoir les prioriser.
18:48Essayer de voir lesquels sont les plus importants et à faire en premier, lesquels sont plutôt secondaires.
18:53Donc, c'est ce qu'on a proposé. On peut en citer beaucoup.
18:56On en a déjà cité quelques-uns.
18:58Mais si on doit résumer, on a des leviers qui sont individuels et qui peuvent être activés individuellement par chaque
19:04professionnel de santé.
19:06Par exemple, ça peut commencer par monter un groupe de réflexion au sein de son service hospitalier,
19:10en fait, pour réfléchir aux leviers qui sont adaptés à ces spécificités.
19:13Et on a aussi des leviers collectifs qui vont toucher aux organisations,
19:17qui vont impliquer des changements de mode de rémunération, de réalisation du travail.
19:22parce que transformer un bloc opératoire, par exemple, ça demande du temps.
19:26On n'a pas forcément ce temps disponible.
19:27Donc, ça demande des changements collectifs d'organisation.
19:31Un mot, justement, sur cette sensibilisation.
19:34J'imagine que ça fait partie du projet.
19:36Parce que, bon, quand on travaille dans un centre de cancérologie,
19:41c'est peut-être pas l'environnement...
19:42Enfin, même si le lien, il est réel.
19:45Mais c'est peut-être pas ce à quoi on pense prioritairement.
19:48Donc, il faut sensibiliser le personnel.
19:52Oui, c'est bien le problème des soignants.
19:55Parce qu'en fait, on est déjà hyper investi dans le soin.
20:00Et on est investi dans le soin de notre patient,
20:04et pas dans la santé globale.
20:06Et c'est pas notre culture encore.
20:08Et c'est cette culture qu'il faut faire changer absolument.
20:12Et nous, on a, pareil,
20:14on a cette chance d'être un groupe qui travaille.
20:16Donc, moi, je suis responsable médical.
20:18Mais il y a un groupe RSE avec des promoteurs
20:22qui diffusent, ou qui nous remontent les infos.
20:26Mais on a tout de suite, et en permanence,
20:29changé et pensé à la diffusion
20:32pour sensibiliser tous les soignants.
20:38On a un petit podcast, par exemple,
20:40donc en interne et en externe.
20:43Tous les jours, sur notre intranet,
20:44il y avait un éco-geste dont on parlait.
20:50Donc, des choses très simples,
20:53qui touchent tout le monde.
20:54Et ensuite, on a formé les managers, en premier.
21:00Et voilà, certains avec un peu de réticence dans le temps,
21:04parce qu'il y a trop de choses à faire.
21:05Oui, voilà, j'ai déjà beaucoup de choses à faire.
21:06J'ai déjà beaucoup de choses à faire, etc.
21:08Mais c'était vraiment important.
21:10Et ça, ça s'est fait sur l'année dernière.
21:13Et je trouve qu'il y a un changement depuis.
21:15Et puis, on a des...
21:17Par exemple, dès qu'il y a des nouveaux internes,
21:18on fait un cours.
21:20Et il y a des...
21:22Voilà, notre chef de projet qui est dans le technique
21:24qui fait ce cours avec moi.
21:26Et donc, on impacte autant les personnels techniques
21:29que les personnels soignants.
21:31Enfin, voilà.
21:32Et moi, j'ai monté un groupe,
21:34mais que je n'ai pas eu le temps de développer pour l'instant,
21:38de réflexion sur l'adaptation en santé,
21:40qui n'est pas trop le sujet aujourd'hui,
21:41mais qui est complètement mêlée à ça.
21:44Parce qu'on parlait des pénuries, par exemple, de pétrole.
21:50Voilà.
21:50Comment on fait ?
21:51Quels sont nos plans B ?
21:52Comment on peut réfléchir déjà à ça ?
21:54Est-ce que ce qu'on voit à l'œuvre, là,
21:57à l'Institut Pauli Calmet,
21:59c'est plutôt rare,
22:02derrière cette question,
22:04il y a l'état de prise de conscience
22:05du secteur de la santé aujourd'hui ?
22:07Alors, on a clairement des établissements
22:10qui sont avant-gardistes,
22:12et je les en félicite.
22:15Tendanciellement, ce qu'on peut observer
22:16depuis 5-6 ans,
22:18à peu près,
22:20ça fait 5-6 ans qu'on parle de la santé,
22:24c'est que, à la fois les professionnels,
22:27à la fois les industriels qui produisent les produits de santé,
22:29à la fois les institutions publiques,
22:30se saisissent de ce sujet
22:31et, en tout cas, partagent notre constat.
22:34Après, les actions entreprises sont diverses,
22:37sont plus ou moins à la hauteur,
22:39des fois, elles le sont vraiment,
22:40des fois, elles le sont un petit peu moins.
22:42Donc, nous, c'est aussi notre travail,
22:43c'est d'aller sensibiliser,
22:44d'aller inciter à ce changement-là.
22:47Mais, en tout cas, tendanciellement,
22:49c'est sûr que le constat est de plus en plus partagé.
22:51Ce n'est pas plus compliqué à l'hôpital public ?
22:54À l'hôpital public, alors, oui et non.
22:56D'un autre côté, ça peut avoir des avantages.
22:58Les achats des hôpitaux, c'est les achats publics.
23:01Et donc, en fait, avec de la réglementation publique,
23:03on peut inciter à ce que ces achats publics soient redirigés
23:05vers des produits moins carbonés,
23:08moins émetteurs en émissions de gaz à effet de serre,
23:09par exemple, en valorisant les achats de produits de santé
23:12fabriqués en Europe ou en France
23:14à travers des critères environnementaux dans les achats publics.
23:17Donc, on a des leviers différents dans l'établissement public.
23:20Ça, finalement, dans les...
23:21Enfin, nous aussi, je vois...
23:23Dès qu'on a une politique qui a envie de s'emparer de cette thématique,
23:28on peut changer notre politique d'achat.
23:30Et nous, depuis l'année dernière,
23:31on a au moins un critère environnemental sur tous nos achats hors médicaments.
23:38Et ceux des médicaments vont arriver progressivement.
23:41Je vais être très concret de réduire l'utilisation de plastique,
23:45par exemple, dans le secteur de la santé.
23:46Parce que, je ne sais pas, vous n'avez pas...
23:50Les seringues, elles sont en plastique,
23:52elles sont dans un...
23:53Je ne sais pas, j'imagine un emballage plastique.
23:56Enfin, il y a quelques critères de sécurité qu'il faut respecter.
24:01Est-ce qu'il y a tant d'alternatives que ça ?
24:03Alors, on a l'impression que non.
24:05Mais en réfléchissant bien, en invitant, par exemple...
24:08On a eu une super conférence, là, avec Nathalie Gontard,
24:11qui est venue nous parler du plastique.
24:14Et bien que, pensant être au courant,
24:18j'ai appris beaucoup, beaucoup de choses.
24:20Et c'est vrai que ça fait partie de nos pollutions
24:25qu'on voudrait absolument diminuer.
24:27Mais ça met en jeu toute la qualité des soins.
24:32Voilà, donc ça veut dire que si on choisit de stériliser
24:36plutôt que de prendre du matériel à l'usage unique,
24:41c'est toute une organisation.
24:43Et puis tout d'un coup, on se rend compte que la stérilisation,
24:45elle émet beaucoup de gaz à effet de serre si on fait ça.
24:47Donc là, c'est là qu'on a besoin d'aide.
24:49Vraiment, parce qu'on ne sait pas à quoi choisir
24:51à notre niveau de terrain.
24:56Donc du coup, effectivement, il y a vraiment beaucoup de choses.
24:58Ensuite, la sobriété des soins.
25:01Si vous prenez un kit pour utiliser un matériel sur dix
25:06et que vous jetez le kit après,
25:08il vaut mieux commander.
25:10Et ça se fait dans les hôpitaux, hélas, au bloc, ça se fait.
25:13Donc effectivement, nous, on n'essaie de plus le faire.
25:15Et c'est dans la sobriété qu'on peut utiliser moins de plastique.
25:18Ensuite, je me souviens, à la fin de cette conférence,
25:21je me suis revue avec toutes les poches en plastique
25:27remplacées par des bouteilles en verre
25:29et une tubulure en caoutchouc.
25:31C'est inimaginable.
25:33Donc ça veut dire qu'il vaut mieux donner du médicament
25:35que faire de l'intraveineux si on peut, etc.
25:38On y revient.
25:38Merci beaucoup à tous les deux
25:40et à bientôt sur Be Smart for Change.
25:42On passe tout de suite au grand entretien de ce Smart Impact
25:46avec Véronique Faujour, la secrétaire générale de Crédit Agricole, SA.
25:55Prête pour l'impact, c'est la question que je pose.
25:57Chaque jour, à une personnalité qui compte dans notre économie.
26:00Et je reçois Véronique Faujour.
26:02Bonjour.
26:02Bonjour Thomas.
26:03Bienvenue.
26:03Vous êtes la secrétaire générale du Crédit Agricole, SA
26:06et déléguée générale de la fondation Gramine Crédit Agricole.
26:11Alors peut-être qu'on peut commencer par expliquer
26:12ce qu'est Crédit Agricole, SA par rapport au groupe.
26:15C'est quoi ? C'est la société cotée, c'est ça ?
26:17Crédit Agricole, SA, c'est le véhicule coté.
26:19En fait, c'est la propriété des caisses régionales.
26:22Donc on a 39 caisses régionales au sein du groupe Crédit Agricole
26:25qui sont des banques de plein exercice
26:27que tout le monde connaît
26:28parce que tout le monde a l'habitude de naviguer dans nos territoires
26:30et donc c'est un peu une marque familière, Crédit Agricole.
26:33Donc c'est caisses régionales qui sont des banques
26:35et qui détiennent un véhicule, une holding,
26:37qui s'appelle Crédit Agricole, SA,
26:39et qui elle-même est finalement celle qui est l'organe central du groupe,
26:43mais également en pilotage des métiers du groupe,
26:47c'est-à-dire l'assurance, l'asset management,
26:49le crédit conso, etc.
26:52Donc en fait, tout cet édifice
26:54forme le groupe Crédit Agricole,
26:5710e Banque Mondiale et 1ère Banque Française.
27:00Avec un modèle coopératif
27:04qui est né il y a combien de temps ?
27:05140 ans, c'est ça ?
27:06C'est ça, c'est né dans le Jura,
27:09d'abord au service de l'agriculture,
27:11et d'abord, et ça me touche beaucoup
27:12parce que c'est aussi un peu mon engagement à la Fondation Gramine,
27:16mais c'est d'abord né le Crédit Agricole
27:18pour financer des paysans que personne ne finançait.
27:22Et donc cette longue histoire mutualiste coopérative
27:27a formé l'une des plus grandes coopératives mondiales
27:30qui est le Crédit Agricole aujourd'hui.
27:31Et ça reste dans l'ADN du groupe ?
27:34Ah oui, bien sûr.
27:35Dans les prises de décisions quotidiennes.
27:37Le modèle coopératif, le modèle mutualiste
27:40est vraiment au cœur de notre ADN
27:42et on est tous très attachés au groupe Crédit Agricole
27:45à cette responsabilité en proximité,
27:47mais surtout cet ancrage dans la vie réelle
27:50et aussi cette décentralisation.
27:52On est très attachés à ça.
27:53Ça veut dire que le Crédit Agricole
27:54a accompagné des grandes transformations,
27:58pas seulement dans l'agriculture,
27:59des grandes transformations économiques, sociales
28:01de notre pays depuis des décennies.
28:03C'est un groupe qui a grandi avec les Français,
28:05en quelque sorte, puisqu'en fait,
28:06il est né de l'agriculture,
28:07il a accompagné le développement
28:10et la modernisation de l'agriculture
28:12et en même temps, il a accompagné
28:14l'accès à la propriété des Français,
28:16il a accompagné l'accès des comptes aux femmes,
28:18etc.
28:19Donc en fait, c'est un groupe
28:20qui a suivi toujours les évolutions sociétales
28:23et aujourd'hui, les évolutions sociétales,
28:25c'est les transitions qu'on connaît,
28:28démographiques, sociétales et bien sûr environnementales.
28:31Oui, on va en parler évidemment ensemble.
28:32Quelques chiffres, vous en avez donné quelques-uns,
28:3554 millions de clients dans 46 pays,
28:37157 000 collaborateurs
28:40et donc une place de numéro 1 français,
28:43c'est ça ?
28:47Avec un certain nombre de filiales,
28:49l'assurance, Amundi,
28:51ces filiales, quelle part elles prennent,
28:53quel rôle elles jouent dans la stratégie globale du groupe ?
28:55En fait, c'est un groupe qui a pour principe
28:58l'universalité.
29:00Ça veut dire quoi ?
29:00Ça veut dire qu'en fait,
29:01ils s'adressent à tout type de clients.
29:03Crédit Agricole, on ne choisit pas nos clients.
29:05On a des clients très modestes,
29:06aux plus fortunés,
29:07des toutes petites entreprises
29:08aux très grandes entreprises internationales
29:11et cette universalité, en fait,
29:13pour l'accompagner,
29:13il faut qu'on soit capable
29:15de fournir à nos clients
29:16toutes les solutions possibles.
29:18Et c'est pour ça qu'en fait,
29:19que petit à petit,
29:19on a enrichi l'offre bancaire
29:22par l'assurance,
29:23l'asset management,
29:24par le crédit conso,
29:26par tout un tas de services
29:27pour répondre aux besoins de nos clients.
29:29C'est les demandes des clients
29:31qui ont créé ces différentes branches
29:34et ces nouveaux métiers.
29:35Exactement, c'est cette universalité
29:36que je pourrais dire
29:37la banque pour tous,
29:39avec tous les besoins,
29:40tous les produits et services,
29:41partout, tout le temps.
29:42Oui, ça aurait pu être la raison d'être,
29:43mais la raison d'être,
29:44c'est agir chaque jour
29:45dans l'intérêt de nos clients
29:46et de la société.
29:48Alors, elle est très vaste,
29:51cette raison d'être.
29:52Comment elle se traduit concrètement
29:54dans vos actions ?
29:55Quand on dit agir chaque jour
29:57dans l'intérêt des clients
29:58et de la société.
29:58Je pense qu'en fait,
29:59c'est un peu ce principe
30:00d'utilité et d'universalité
30:01qu'on a chevillé au corps
30:03au crédit agricole,
30:03mais ça se manifeste
30:04très concrètement
30:05pour les clients
30:06par cette présence forte
30:08dans les territoires.
30:09C'est important pour nous
30:11d'être une banque
30:12ancrée dans le sol
30:14comme l'est l'agriculture,
30:15en fait.
30:16Donc, cette réalité de la France
30:17qu'on vit aux côtés
30:19de nos clients
30:20et donc ces banques
30:21très implantées
30:21dans les territoires,
30:23autonomes,
30:23qui sont capables
30:24de prendre des décisions
30:25au plus près du terrain
30:26et de comprendre
30:27ce qui est utile à Lille
30:28n'est pas forcément
30:29la même chose à Perpignan.
30:31Et donc, on a vraiment besoin
30:32d'avoir cette réalité,
30:34ce réalisme au crédit agricole
30:35et c'est comme ça
30:35que ça se traduit
30:36d'agir chaque jour
30:37dans l'intérêt
30:38de nos clients
30:38et de la société.
30:39Et ce maillage territorial,
30:42vous pouvez le maintenir,
30:43c'est un défi
30:44qui se pose
30:44à toutes les banques
30:47parce qu'avec la désertification
30:49de certains secteurs,
30:51c'est une vraie question.
30:53Donc, il y a forcément
30:55une réduction
30:56du nombre d'agences
30:57ou pas d'ailleurs ?
30:58Ce n'est pas une réduction
30:59du nombre d'agences,
31:00c'est en fait,
31:00comme on l'a toujours fait,
31:01on suit finalement
31:02les évolutions de nos clients.
31:03On va là où ils sont,
31:05on va là où ils ont besoin
31:06de nous
31:06et donc, c'est normal
31:08que cet organisme vivant
31:09évolue aussi
31:10selon les besoins des clients.
31:12C'est-à-dire que parfois,
31:12il faut en regrouper les agences ?
31:13Pour être clair,
31:14parfois, il faut en regrouper.
31:15Parfois, il faut éviter
31:16d'avoir des toutes petites agences
31:18avec très peu de personnes
31:19à l'intérieur,
31:19c'est dangereux.
31:20Donc, il faut aussi
31:22savoir protéger
31:23non seulement nos collaborateurs
31:24mais aussi nos clients
31:25mais surtout,
31:26rester bien en contact
31:27avec leurs besoins.
31:29Alors, on va parler,
31:30on va ouvrir un chapitre
31:31et on va y consacrer du temps
31:32sur la place,
31:33le rôle des femmes
31:34dans la banque.
31:36Est-ce que, déjà,
31:37quelle place ça prend
31:39dans la stratégie,
31:41la stratégie RH,
31:43la stratégie RSE
31:44d'un groupe comme le vôtre ?
31:45Déjà, c'est une réalité.
31:47On est un groupe bancaire
31:49avec autant de femmes
31:50que d'hommes.
31:51Donc, cette diversité,
31:52elle est déjà réelle
31:53puisqu'en fait,
31:54on a autant d'effectifs
31:55de femmes que d'hommes.
31:56Et ça continue,
31:57plus on monte dans les échelons ?
31:58Et alors, plus on monte
31:58dans les échelons,
31:59la volonté,
32:00c'est plus d'accompagner
32:01les femmes, justement,
32:02dans cette montée en puissance
32:04dans l'empowerment
32:06et dans leur volonté
32:07d'accéder à des postes
32:08à responsabilité.
32:09Donc là, en fait,
32:10aujourd'hui, concrètement,
32:11on est à 40% à peu près
32:12de femmes dans nos organes
32:14de direction, globalement.
32:15On est à 35%, je crois,
32:17de femmes dans le comité exécutif
32:19de Crédit Ricolle et ça.
32:20Et la volonté,
32:21c'est vraiment une volonté
32:22de mixité, finalement.
32:24C'est-à-dire,
32:24le vrai équilibre
32:26dans les entreprises,
32:27c'est d'arriver à avoir
32:29cette très bonne collaboration,
32:31coopération entre les femmes
32:32et les hommes
32:32parce que chacun apporte
32:33son expérience,
32:35sa sensibilité,
32:36enfin, peu importe.
32:37Il y a un certain nombre
32:39d'études qui le prouvent.
32:40C'est un levier d'innovation,
32:41c'est un levier de performance.
32:43Même si, par cynisme,
32:45on pourrait se dire
32:46qu'il faut féminiser
32:47et féminiser jusqu'à
32:49tous les niveaux hiérarchiques.
32:50Oui, oui.
32:51On sait tous tout ça,
32:53mais c'est aussi juste normal,
32:54c'est la moitié de l'humanité.
32:55D'accord.
32:56Et quand on est
32:57une grande banque universelle,
32:58on se doit aussi
32:59d'être représentatif
33:00de cette clientèle
33:01qu'on sert tous les jours.
33:03Alors, en préparant l'émission,
33:05on a trouvé cette citation.
33:07Alors, vous m'avez appris
33:08quelque chose,
33:09c'est sur l'un de vos derniers
33:10postes LinkedIn,
33:12vous donnez ce chiffre
33:12qui est quand même frappant.
33:13En 2025,
33:15une femme sur trois en France
33:16n'a toujours pas
33:16de compte bancaire à son nom.
33:18On est pourtant 60 ans
33:19après la légalisation,
33:22enfin, le changement de la loi
33:23qui permettait aux femmes
33:23d'ouvrir un compte bancaire
33:24sans l'autorisation de leur mari.
33:25Ça vous met en colère, ça ?
33:29En colère, je ne dirais pas,
33:31plutôt ça m'inquiète.
33:32Et j'ai envie de me mobiliser
33:35parce qu'en fait,
33:36c'est une constante, en fait.
33:37L'autonomie des femmes,
33:38elle passe d'abord aussi
33:40par l'autonomie financière.
33:41C'est tellement important,
33:43et je le vois, moi,
33:44dans les pays émergents
33:44avec la fondation Gramine,
33:46mais sans aller si loin,
33:48on peut déjà le constater en France.
33:49Et quand on sait
33:50qu'effectivement,
33:51une femme sur trois en couple
33:52n'a pas son compte personnel,
33:54et souvent,
33:54j'en parle autour de moi,
33:55et les hommes me disent
33:56« Oui, on fait ça depuis des années,
33:58il n'y a pas de problème, etc. »
34:00Et en fait,
34:00la réalité,
34:01c'est qu'il n'y a aucun problème
34:02quand tout va bien
34:03dans un couple.
34:04Mais le jour où ça se gâte,
34:05c'est un vrai problème.
34:07Parce que la plupart du temps,
34:08de toute façon,
34:09la femme a...
34:10Le détricotage du compte commun,
34:12c'est extrêmement complexe.
34:13Et par ailleurs,
34:14si elle n'a pas sa capacité
34:16de prendre le large
34:17quand elle en a besoin
34:18et quand c'est nécessaire
34:19qu'elle le fasse,
34:20parce que parfois,
34:20c'est nécessaire,
34:22si elle n'a pas de compte,
34:23c'est très, très difficile pour elle.
34:24Quasiment impossible.
34:26Puisqu'on parle
34:27des femmes,
34:28de la place des femmes
34:29dans la banque
34:29ou dans la société,
34:30il y a cette initiative
34:31qui s'appelle
34:31le Cercle Potentiel.
34:33Oui.
34:34C'est quoi ?
34:34Le Cercle Potentiel,
34:36au sein du Crédéricol,
34:37c'est la fédération
34:38un peu de toutes les initiatives
34:39qui existent
34:40dans notre très grand groupe.
34:41On a 170 000 collaborateurs,
34:43donc c'est très grand.
34:44Et qui permet de rallier
34:45toutes ces initiatives,
34:47toute cette communauté de femmes
34:50qui agit justement
34:51en termes de sororité,
34:53d'entraide,
34:54mais aussi qui promeut
34:55la mixité,
34:56parce qu'encore une fois,
34:57je pense que c'est ça
34:58le bon modèle,
34:59et qui accompagne,
35:00qui parraine,
35:01qui coach,
35:03qui a un système de mentorat.
35:04Enfin bref,
35:05c'est vraiment
35:06un environnement
35:07extrêmement favorable
35:08pour accompagner les femmes.
35:09parce que parfois,
35:11il faut susciter l'ambition
35:13ou susciter la vocation.
35:14Ça existe encore, ça ?
35:15Cette espèce de frein
35:17ou d'autocensure
35:18qu'on a pu voir à l'œuvre,
35:21ça existe encore ?
35:22Ça existe toujours.
35:24Moi, j'ai trois filles,
35:25je vois très bien
35:26le mécanisme de rétention
35:29qui peut exister,
35:30de ne pas oser,
35:31d'attendre
35:31qu'on vienne nous chercher.
35:33Oui, bien sûr,
35:34ça existe encore.
35:35Il faut se donner les moyens
35:36d'être en confiance
35:38et d'oser franchir le pas.
35:40Alors, vous êtes,
35:41on l'a dit,
35:41un délégué général
35:42de la fondation Gramine
35:44Crédit Agricole.
35:45Alors déjà,
35:45je veux bien
35:46que vous nous la présentiez
35:47cette fondation
35:47parce qu'elle a une histoire
35:48passionnante, particulière.
35:50Elle a une histoire
35:51vraiment intéressante
35:52parce qu'elle est née
35:53il y a 17 ans maintenant
35:55d'une rencontre
35:55entre le professeur Younius,
35:58donc célèbre professeur
35:59prix Nobel de la paix,
36:00l'inventeur de la microfinance
36:02à l'échelle mondiale quand même,
36:03et puis le Crédit Agricole.
36:05Et donc,
36:06c'est l'époque
36:07de la crise des subprimes
36:09et donc on voit émerger
36:11cet homme
36:12qui a écrit un livre,
36:13d'ailleurs je vous le conseille,
36:14même s'il est ancien,
36:15il est toujours très actuel,
36:17qui est banquier des pauvres.
36:19Et en fait,
36:20cet homme-là
36:20arrive à démontrer
36:21qu'en prêtant
36:22à des gens
36:23à qui personne ne prête,
36:25donc des pauvres
36:26qui a priori
36:27sont peu solvables
36:28dans des environnements
36:29très risqués,
36:29dans des pays vulnérables,
36:31en fait,
36:31c'est source
36:32de développement économique
36:33et il rembourse très bien.
36:34Et en particulier,
36:35les femmes.
36:36Et donc,
36:37c'est cette rencontre
36:38entre cette finance inclusive,
36:40en quelque sorte,
36:41très accessible,
36:42et un Crédit Agricole
36:43qui a toujours défendu
36:44cette universalité,
36:46cette accessibilité à tous,
36:47qui fait qu'on crée
36:48une fondation.
36:49Et pourquoi une fondation ?
36:51Parce que, en fait,
36:52le but,
36:52c'est que tous les bénéfices
36:54qu'elle engrange
36:56par son activité
36:57de microfinance
36:58et de microcrédit,
36:59elle le réinvestit
36:59dans son objet.
37:01Donc, en fait,
37:01à but non lucratif,
37:03mais en France,
37:04on ne peut pas être
37:05une fondation
37:06et faire du business.
37:06En l'occurrence,
37:07quand vous prêtez
37:08à quelqu'un
37:08et qu'il vous rembourse,
37:09c'est du business.
37:10Même si,
37:10in fine,
37:11ce n'est pas le but
37:13en soi de gagner de l'argent.
37:15Eh bien,
37:15on est obligé,
37:16en quelque sorte,
37:17donc on a installé
37:18notre fondation au Luxembourg.
37:19Parce que le Luxembourg,
37:21pour la microfinance,
37:22c'est un peu une terre promise
37:23qui permet,
37:24justement,
37:25de créer ce statut
37:26de fondation
37:26auquel on était très attachés,
37:28mais en même temps,
37:29de développer une activité
37:30de microfinance
37:31et de microcrédit.
37:31Alors,
37:32quel type d'action
37:32vous menez ?
37:34Peut-être même
37:34dans combien de pays
37:35vous êtes présents
37:37avec cette fondation ?
37:38On est dans 40 pays,
37:38à peu près.
37:41On sert à peu près
37:4280,
37:43selon les années,
37:4480 institutions
37:45de microfinance
37:46dans ces 40 pays.
37:48On a un encours
37:49à peu près
37:50de 80,
37:51100 millions d'euros
37:52par an.
37:53On a fait tourner
37:53depuis la création,
37:56on l'a fait tourner,
37:57notre capital de départ
37:58qui était de 50 millions,
37:59on l'a fait tourner
37:59plusieurs fois,
38:00on est arrivé à peu près
38:01à 500 millions.
38:02On a,
38:03comme ça,
38:03prêté
38:05et été remboursé
38:06de ces sommes.
38:07Donc,
38:07dans ces 40 pays,
38:08en fait,
38:09schématiquement,
38:09on est principalement
38:10dans trois dimensions
38:12du monde.
38:12On est beaucoup en Afrique,
38:14ça c'est historique
38:15pour la fondation.
38:16Le continent africain
38:17n'est pas un continent
38:18le plus investi
38:20dans l'industrie
38:22de la microfinance.
38:23C'est plutôt
38:23l'Amérique latine,
38:24plutôt l'Asie.
38:25Donc nous,
38:25on est traditionnellement
38:27et historiquement
38:27très implantés
38:28en Afrique,
38:29de l'Ouest ou de l'Est.
38:31Et puis,
38:31notre deuxième zone
38:32d'influence,
38:33c'est l'Asie,
38:33l'Asie du Sud-Est.
38:35Et la troisième,
38:35c'est l'Europe,
38:36l'Europe centrale.
38:37Et derrière ces chiffres,
38:38il y a des milliers,
38:40des dizaines de milliers
38:41d'histoires,
38:41ce que vous disiez,
38:42c'est-à-dire
38:42d'hommes,
38:43de femmes
38:44qui, grâce
38:45à cette microfinance,
38:47ont pu créer
38:49une activité
38:50et de l'activité
38:51économique autour d'eux.
38:52Et cette fondation,
38:53elle a récemment lancé
38:55un fonds
38:55qui s'appelle
38:56Women Empowerment
38:57for Climate.
38:58Alors là,
38:58on est à la fois
39:00dans le social
39:00et dans l'environnemental.
39:01C'est destiné aux femmes ?
39:03C'est par,
39:04pour,
39:04avec les femmes ?
39:05C'est ça ?
39:05De quoi il s'agit précisément ?
39:07Exactement.
39:07En fait,
39:08on est parti
39:08d'un constat très simple
39:09qui est que
39:11les femmes
39:13en matière d'environnement
39:14sont les principales victimes
39:16des changements climatiques.
39:17Et on les présente
39:18d'ailleurs comme ça.
39:19Ce sont celles
39:20qui vont chercher l'eau,
39:21chercher le bois
39:22pour faire chauffer
39:23la marmite
39:24du ménage.
39:25Ce sont celles aussi
39:26qui sont les plus exposées.
39:27Je ne sais pas
39:28si vous savez
39:28ce chiffre terrifiant
39:29qui est que
39:3080% des viols
39:32recensés par
39:33Médecins Sans Frontières
39:34sont liés
39:35à ces femmes
39:36et ces filles
39:36qui vont chercher
39:37l'eau,
39:38le bois
39:38à ces moments
39:40particuliers.
39:41Et donc,
39:41tout ça,
39:42au-delà du fait
39:43que c'est un drame social,
39:45c'est aussi un drame économique
39:46parce qu'en fait,
39:47les femmes
39:47qui vont passer du temps
39:48à chercher du bois,
39:49de l'eau,
39:50etc.,
39:50elles sont une force
39:52économique
39:53complètement sous-estimée,
39:54sous-investie.
39:55C'est des millions
39:55de secondes
39:56dans le monde
39:57qui sont perdues
39:58comme ça
39:58et gâchées
39:59pour l'économie mondiale.
40:00Donc,
40:01on est parti de ça
40:02et on s'est dit
40:03mais en fait,
40:03les femmes ne sont pas seulement
40:04les victimes
40:05du changement climatique.
40:06ce sont des agents
40:07incroyables de ce changement
40:09et elles sont complètement
40:09sous-financées,
40:11sous-investies
40:12et sous-représentées
40:13dans les institutions,
40:15dans les entreprises
40:16alors qu'elles détiennent
40:17au plus près du terrain
40:18des solutions très concrètes
40:20pour faire avancer
40:20les choses.
40:21Donc,
40:21en fait,
40:22on s'est dit
40:22on va créer un fonds
40:24spécifique
40:24qui va être fléché
40:26sur les entreprises,
40:28les femmes
40:29qui utilisent
40:30des produits
40:31et des services
40:32pour les femmes,
40:33pour les accompagner
40:34mais aussi
40:35qui sont gouvernées
40:36avec beaucoup de femmes
40:37dans leur gouvernance.
40:38Pourquoi ?
40:39Parce qu'en fait,
40:40on est à un moment
40:41important
40:41où par rapport
40:43à l'eau,
40:44l'accessibilité à l'eau,
40:45par rapport
40:45à l'accessibilité
40:46à l'énergie,
40:47par rapport
40:48à l'agriculture,
40:49en fait,
40:50on est à un moment clé
40:50où il faut trouver
40:51des solutions concrètes
40:52du terrain.
40:53Et donc,
40:53on se dit
40:54qu'on va investir
40:55ce fonds
40:55dans ces entreprises-là
40:57qui font des produits
40:58pour les femmes
40:59mais aussi
40:59qui inventent
41:00des solutions particulières
41:02pour l'agriculture,
41:02sur l'eau et l'énergie
41:04de par le monde,
41:05Asie,
41:05Afrique
41:05et on va investir
41:07dans ces sociétés-là.
41:08Donc ce fonds,
41:09il est là pour ça.
41:09C'est tout récent
41:10ou il y a déjà
41:11un certain nombre d'actions ?
41:12Non, non,
41:12il est tout récent
41:13et on l'a annoncé
41:14il y a quelques mois
41:15et on est en train
41:16de le lancer,
41:17de le déployer.
41:17On est en plein déploiement.
41:19Bon, alors,
41:19il y a une tradition
41:20dans cette émission.
41:21L'invité du Grand Entretien
41:22pose une question
41:23à celui ou celle
41:23qui va lui succéder.
41:25La semaine dernière,
41:26on avait David Sussman,
41:27le président de Sifoudia,
41:29président également
41:30de la fondation
41:31Pur Océan
41:33et voici sa question
41:34sur l'action collective.
41:36Bonjour Véronique.
41:38Alors ma question pour vous.
41:40Dans les pays fragiles,
41:42l'accès au financement
41:43est évidemment essentiel
41:45mais est-ce qu'il transforme
41:47réellement les choses
41:48dans un écosystème autour
41:49et si l'on regarde
41:51les blocages en face,
41:52qu'est-ce qui manque
41:52le plus d'après vous
41:53aujourd'hui ?
41:54L'argent,
41:55le courage
41:56ou la capacité
41:58a travaillé tous ensemble.
42:00C'est l'action collective.
42:02Ça me fait penser,
42:04je fais une toute petite digression
42:06mais j'ai réuni
42:08la famille Gramine
42:09il n'y a pas très longtemps
42:10au Crédit Agricole.
42:12On était 80,
42:13ils venaient du monde entier
42:14et il y avait une femme
42:15qui gérait le Pakistan
42:16en particulier
42:17qui m'a fascinée
42:18et cette femme,
42:19elle me disait
42:20dans notre business
42:22« There is no fear,
42:23you have to be brave ».
42:25Et ça me fait penser à ça
42:26parce qu'en fait,
42:26il faut du courage.
42:28En fait,
42:28je pense qu'il faut avoir
42:29le courage
42:30de surmonter beaucoup de choses.
42:31D'abord,
42:32le courage de se dire
42:33que nous,
42:33occidentaux,
42:34on n'a pas les solutions
42:35à tout
42:36et que d'abord,
42:37les solutions,
42:38elles viendront
42:39des territoires
42:39dans lesquels on investit.
42:41Donc moi,
42:42je suis très attachée
42:43à cette finance de proximité
42:44qui fait que d'abord,
42:46on parle aux gens
42:47qui sont sur place
42:48et eux,
42:49ils savent
42:49où il faut aller investir,
42:51ce dont les populations
42:52ont vraiment besoin,
42:53etc.
42:53Donc avoir le courage
42:54de dire que non,
42:55on ne sait pas tout
42:56et qu'on doit être à l'écoute
42:57de ceux qui vivent
42:58la réalité des terrains.
42:59Et ce qui vient
43:01appuyer votre démonstration,
43:02c'est cette enquête
43:04mondiale inédite
43:04que vous avez publiée
43:06récemment
43:06sur la conséquence
43:08de la réduction
43:08des financements internationaux.
43:11C'est vrai qu'on voit
43:13notamment
43:13venu des États-Unis
43:14mais pas seulement,
43:14l'Europe a aussi
43:15sa part de responsabilité,
43:17notamment dans le secteur
43:18de la finance inclusive.
43:19Qu'est-ce qui est en train
43:20de se passer
43:20et à quel point
43:21c'est problématique ?
43:23C'est un vrai séisme,
43:24on le sait tous,
43:25l'aide mondiale,
43:27effectivement pas seulement
43:28américaine
43:28mais aussi européenne,
43:29française,
43:30japonaise,
43:31etc.
43:31est en chute libre.
43:33Donc évidemment,
43:34on a voulu savoir
43:35comment ça se passait,
43:36les répercussions
43:37sur le terrain
43:37auprès de nos partenaires.
43:38Donc on a fait cette enquête
43:41dans une quarantaine
43:42de pays je crois
43:42et donc ça nous a permis
43:44d'avoir une vision
43:45assez panoramique
43:46des conséquences.
43:47Et en fait,
43:48il y a deux choses
43:48intéressantes à savoir.
43:49L'une évidente
43:50que oui c'est un séisme,
43:51oui ça va bouleverser,
43:53oui ça va être compliqué.
43:54Mais la deuxième
43:55qu'il faut entendre
43:56c'est
43:56et oui comme toujours
43:57on va s'adapter.
43:58Et donc ça je trouve
44:00extraordinaire,
44:01c'est cette capacité
44:02des pays émergents
44:02et de nos partenaires
44:03en particulier
44:04de toujours trouver
44:05des solutions.
44:06Et donc de mon point de vue,
44:08ce qui va,
44:08voilà,
44:09ce qui va être nécessaire,
44:10en tout cas ce qui va
44:11accélérer les choses,
44:12c'est quelque chose
44:13qui est en train de se faire
44:13mais qui est encore
44:14assez embryonnaire
44:15mais qui va exploser.
44:17C'est enfin
44:18cette coopération
44:20dé-silotée
44:20entre le monde public
44:21et le monde privé.
44:22En fait,
44:23et d'ailleurs c'est un peu
44:24l'histoire de notre fonds.
44:25C'est-à-dire qu'en fait,
44:27chacun dans son silo,
44:28chacun dans son couloir de nage,
44:29en fait,
44:30c'est plus tellement possible.
44:31Et donc il va falloir
44:32être capable
44:33de mettre en commun
44:35des fonds
44:36pour qu'on ait
44:37une finalité objective
44:38sur des actions.
44:40Par exemple,
44:40pour être très concrète,
44:42le fonds Femmes et Climat,
44:43ce qu'on fait,
44:44c'est qu'en fait,
44:44on a des fonds publics
44:46qui acceptent,
44:47un peu,
44:48vous savez,
44:48comme les tranches napolitaines.
44:50Vous avez des tranches napolitaines,
44:52donc une première tranche napolitaine
44:53qui serait
44:53les fonds publics
44:55qui, eux,
44:56seraient versés au fonds
44:58mais qui accepteraient
44:59de ne pas gagner d'argent,
45:01de ne pas en perdre
45:01mais de ne pas gagner d'argent.
45:02Et ce fonds-là,
45:04cette tranche napolitaine,
45:05le chocolat,
45:06on va dire,
45:06elle est très nécessaire
45:08au fonds vanille
45:09qui est au-dessus,
45:10qui, lui,
45:10veut gagner de l'argent
45:11et ne veut pas perdre.
45:13Donc c'est le fonds privé
45:14qui arrive.
45:15Et la dernière tranche napolitaine,
45:17c'est la fraise
45:18et là, pour le coup,
45:19ça, c'est les fondations.
45:21C'est-à-dire que,
45:21en gros,
45:22si je résume,
45:23on a besoin de fonds publics
45:25qui sont capables
45:25d'investir sans retour.
45:28On a besoin de fonds privés
45:29qui, eux,
45:30vont avoir légitimement
45:31besoin d'avoir un retour.
45:32Et on a besoin
45:33de fondations privées
45:35qui vont être capables
45:36d'investir en subventions
45:37parce qu'il va falloir
45:38accompagner tout ça.
45:39Mais si, là aussi,
45:40on reste très concret,
45:41il y a déjà des projets,
45:43des programmes
45:44que vous voyez affectés
45:46par cette réduction
45:49des financements internationaux
45:51en matière de finances inclusives
45:53et donc qui obligent
45:56à réagir, finalement,
45:57à trouver une solution.
45:57Oui, oui, bien sûr.
45:58On le voit très concrètement.
45:59Nos partenaires nous disent,
46:00évidemment,
46:02tout le bonus, en fait,
46:05qu'on avait imaginé,
46:06notamment en matière d'éducation,
46:08notamment en matière d'alimentation,
46:10tout ça,
46:10on va être obligés
46:11d'y renoncer.
46:12Donc ça, c'est grave.
46:14Mais c'est pour ça
46:15que j'essaie d'avoir
46:15de l'espoir.
46:16Oui, oui, soyons positifs.
46:17Pour être positifs,
46:18je me dis que ces solutions
46:19d'adaptation
46:20sont en train de se faire
46:21justement pour ne pas
46:23baisser la garde
46:23sur l'alimentation
46:24et sur l'éducation
46:25qui sont majeures.
46:27Il va falloir,
46:28et on est en train de le faire,
46:29il va falloir finalement
46:30nous regrouper,
46:31coopérer ensemble
46:32et de créer ces coopérations
46:34qui ne sont pas naturelles,
46:35finalement,
46:36entre le public,
46:37le privé
46:38et les fondations.
46:39Donc ça,
46:40c'est la solution à l'œuvre.
46:41Il nous reste à les 3 minutes,
46:423 minutes 30,
46:43je dirais qu'on parle de l'Ukraine
46:44parce que Crédit Agricole
46:45a décidé de rester
46:47très présent en Ukraine.
46:49Question générale,
46:50pourquoi ?
46:51Et puis,
46:51vous me disiez avant
46:52que l'interview ne démarre
46:53que vous étiez vous-même
46:54allé physiquement plusieurs fois
46:56en Ukraine
46:56ces dernières années.
46:58Alors,
46:59le Crédit Agricole
47:00a une franchise en Ukraine
47:02qui est très importante
47:03puisqu'en fait,
47:04on a plus de 2 000 collaborateurs.
47:06Et donc,
47:07quand le conflit est né,
47:08évidemment,
47:09on n'allait pas laisser tomber
47:10nos 2 000 collaborateurs.
47:12Et donc,
47:12tout ce qu'on a essayé
47:13de faire,
47:14c'est dans un premier temps
47:16de voir comment
47:16on pouvait être à leur côté,
47:18les supporter
47:18dans le sens anglais du terme.
47:22Mais en fait,
47:23très vite,
47:23on s'est rendu compte
47:24qu'ils avaient eux-mêmes,
47:25et je reviens
47:26sur cette capacité d'adaptation
47:28qui est quand même incroyable
47:29quand je la regarde,
47:31ils ont montré eux-mêmes
47:33qu'ils étaient en capacité
47:34de prendre leur destin en main
47:36et donc,
47:36ils ont fait tourner la banque
47:37de façon remarquable.
47:38Aujourd'hui,
47:39Crédit Agricole Ukraine
47:40est une banque
47:41qui tourne merveilleusement bien.
47:43ils ont continué
47:44à servir l'économie,
47:45ils ont continué
47:45à servir les clients.
47:47Moi,
47:47je me rappelle,
47:47mon premier voyage,
47:49j'avais rencontré,
47:50je ne sais pas si on a le temps
47:51donc je vais aller vite,
47:51mais mon premier voyage,
47:52j'avais rencontré une femme
47:54qui était directrice d'agence.
47:56Et donc,
47:56quand la gare a éclaté,
47:57elle a fermé son rideau,
47:59elle ne pouvait plus ouvrir,
48:00elle était sur la zone de conflit.
48:01Et donc,
48:02ce qu'elle m'a raconté,
48:03c'est que pour continuer,
48:05finalement,
48:05à récolter l'épargne
48:06et à prêter,
48:07parce qu'il fallait bien
48:08avoir de l'argent liquide,
48:09en fait,
48:10elle avait pris sa petite bagnole
48:11et donc,
48:12elle allait chercher
48:13chez les gens
48:13l'argent pour l'épargne
48:15et elle allait apporter
48:16chez les autres
48:16le liquide.
48:17Vous imaginez
48:18ce qu'elle a fait,
48:19cette femme ?
48:19Et donc,
48:20il y avait à la fois,
48:21pour moi,
48:22la conviction
48:23qu'on est un groupe,
48:24en fait,
48:24au service de nos clients
48:25et de la société
48:26et ça,
48:26on le vit chaque jour,
48:27mais en même temps,
48:28la volonté de tout un pays
48:30de continuer
48:31et d'être bien présent
48:32dans cette espèce
48:33de résilience forte
48:34qu'ils ont.
48:34Vous avez mis en place
48:35une sorte de fonds
48:36de solidarité,
48:37d'urgence pour l'épargne ?
48:38On a ajouté ça,
48:39on a ajouté ça
48:40parce qu'effectivement,
48:41il y a plusieurs leviers
48:42pour aider.
48:43Il y a un levier
48:43qui est aider
48:44nos collaborateurs d'abord
48:45et donc,
48:46par exemple,
48:47si votre maison,
48:48Thomas,
48:48pendant la guerre,
48:49elle est victime d'un missile,
48:50vous n'êtes pas remboursé
48:51par l'assurance.
48:52Et donc,
48:52on a monté un fonds
48:53de prévoyance
48:53pour nos collaborateurs
48:54si jamais il se passe
48:55quelque chose de grave
48:56dans leur vie,
48:57matériel,
48:58immatériel.
48:59Et puis,
48:59de l'autre côté,
49:00on a accompagné
49:01les populations
49:01et notamment
49:02les enfants
49:03et les femmes.
49:04On a aidé
49:05les hôpitaux
49:05au début de la guerre.
49:07L'hôpital de Kiev
49:09périnatalité
49:10avec les petits
49:12primaturés
49:12a été bombardé.
49:13On a investi
49:15dans cette nouvelle
49:17salle prénatale
49:19qui est très,
49:19très moderne
49:20aujourd'hui
49:21et on a accompagné
49:22finalement
49:23le fait
49:24que l'hôpital
49:25ressurgisse
49:26mais on a aussi
49:26financé
49:27des groupes électrogènes.
49:28Un des problèmes
49:29là-bas,
49:29c'est quand
49:29l'électricité
49:30est pilonée,
49:31il faut continuer.
49:32Quand vous allez
49:32en Ukraine,
49:33vous avez plein
49:33de groupes électrogènes
49:34et on en a financé
49:36beaucoup
49:36pour que l'activité
49:37continue
49:37et les hôpitaux
49:38continuent
49:39à être en capacité
49:40de soigner
49:41leurs malades.
49:42Merci beaucoup
49:42Véronique Faudjour
49:43et à bientôt
49:44sur le Smart
49:45pour la chaîne.
49:46C'est un plaisir de partager
49:47et c'est l'heure
49:48de notre rubrique
49:49Start-up et innovation.
49:50Tout de suite.
49:57Smart Ideas,
49:58notre rubrique consacrée
49:59au Start-up
50:00avec Clémence Maison.
50:02Bonjour.
50:02Bienvenue.
50:03Vous êtes la cofondatrice
50:04de Belsia.
50:05C'est une marque
50:06de chips
50:07qui a 10 ans.
50:08La première chips
50:08elle est sortie en 2016,
50:10créée avec votre mari Mathieu.
50:12Comment est née l'idée ?
50:12C'est quoi l'histoire
50:13de Belsia ?
50:14L'idée,
50:14c'était de diversifier
50:17la ferme
50:18avec une culture
50:19issue de la ferme,
50:20donc la pomme de terre.
50:21Les parents de Mathieu
50:22avaient une ferme
50:23plutôt classique,
50:24pomme de terre,
50:24céréales.
50:25Et du coup,
50:25l'idée,
50:26c'était de créer
50:26un produit.
50:28avec la pomme de terre,
50:29il y a 10 ans,
50:29quand on a créé les chips,
50:30il n'existait pas du tout
50:31de chips artisanales
50:32en France.
50:33L'idée,
50:34c'était de retrouver
50:36une chips
50:36avec un vrai goût
50:37de pomme de terre.
50:38Donc,
50:39c'est des chips artisanales,
50:40chips artisanales,
50:42haut de gamme.
50:43J'ai lu ça
50:43en préparant l'émission.
50:45Alors,
50:45qu'est-ce que ça veut dire ?
50:46Qu'est-ce qui rend
50:46vos chips haut de gamme
50:48par rapport à d'autres ?
50:49Alors,
50:49haut de gamme
50:50et surtout différenciante,
50:52on va dire.
50:53On cultive nos pommes
50:54de terre sur la ferme,
50:55donc tout est fait
50:55sur la ferme.
50:56On utilise une méthode
50:57de cuisson dite
50:58au chaudron,
51:00contrairement aux industriels
51:01où ça va être
51:01de la cuisson en continu.
51:03Et du coup,
51:03au chaudron,
51:03les pommes de terre
51:04sont plongées
51:05par petits lots
51:05à plus faible température,
51:07un petit peu plus longtemps.
51:08Elles sont un peu plus épaisses.
51:10On retire tout l'excès
51:11d'huile en sortie de cuisson
51:12et volontairement,
51:13on assaisonne moins.
51:14Et du coup,
51:14quand on goûte la chips,
51:15elle est moins grasse,
51:16moins salée,
51:17un peu plus épaisse,
51:18plus croustillante.
51:19J'ai tout de suite envie
51:19de les goûter là.
51:20Vous m'avez créé un truc.
51:21Pourquoi ce nom-là ?
51:22Belsia,
51:23ça vient d'où ?
51:23Belsia,
51:24nous,
51:25du coup,
51:26en région centre,
51:27on est au...
51:29Le nom originel
51:31du terroir,
51:32c'est la Beauce.
51:33Et du coup,
51:33Belsia,
51:34c'est Beauce en latin.
51:35Ah d'accord,
51:36c'est le nom latin
51:36de la Beauce.
51:37Je me suis posé
51:39cette question.
51:40Comment vous sélectionnez
51:41vos ingrédients ?
51:42Parce qu'il y a
51:43les pommes de terre,
51:43ça c'est vous,
51:44mais après,
51:45il y a d'autres ingrédients
51:45pour faire les chips.
51:47Oui,
51:48maintenant,
51:48on a une quinzaine
51:49de recettes dans la gamme
51:50et du coup,
51:51chaque recette,
51:52l'idée,
51:53c'était de mettre
51:53le meilleur du terroir français
51:55dans nos paquets de chips.
51:56Donc,
51:57chez Belsia,
51:57pas d'additifs,
51:58pas de conservateurs,
51:59pas d'arômes.
52:00Et en fait,
52:01on va trouver
52:02d'autres agriculteurs
52:04du terroir
52:05qui proposent des ingrédients.
52:06Nous,
52:07nos recettes sont plutôt
52:08assez simples finalement
52:09puisqu'on ne peut pas
52:10mettre d'arômes,
52:10donc on ne pourra pas faire
52:11de recettes un peu exotiques
52:13comme on en voit.
52:14Et voilà,
52:15chaque ingrédient,
52:16et on travaille
52:17avec des producteurs
52:18de piment d'espelette,
52:19d'ail,
52:20d'oignon,
52:20d'herbe de Provence,
52:21mais tout est 100%
52:24français,
52:25pas local,
52:25parce que du coup,
52:26au piment d'espelette,
52:27il faut un peu faire
52:27des kilomètres.
52:28Il faut faire quelques kilomètres,
52:29ça c'est sûr.
52:29Mais tout est 100% français
52:31et vraiment pas d'arômes.
52:33Comment la marque a évolué ?
52:34Ça fait 10 ans
52:35que vous en êtes où aujourd'hui ?
52:36Ça fait 10 ans,
52:38oui,
52:38ça fait 10 ans maintenant,
52:39donc 2026.
52:40Là,
52:402026,
52:41pour nous,
52:41c'est une grosse année
52:41parce que ça fait 3 ans
52:42qu'on est sur le projet
52:43d'agrandissement
52:44et on va mettre en route
52:46notre nouvelle chipserie
52:47dans un mois maintenant,
52:49qui va nous permettre
52:49de tripler nos volumes.
52:53Ça va plutôt bien,
52:54on est une entreprise
52:55en croissance
52:56depuis 10 ans,
52:58on recrute tous les ans,
52:59là on va doubler
53:00nos effectifs
53:00dans un mois
53:01pour pouvoir mettre en route
53:02la nouvelle chipserie.
53:05Ça veut dire
53:05que vous allez chercher
53:06les pommes de terre
53:07dans d'autres exploitations
53:09ou ça reste quand même
53:09vos pommes de terre ?
53:10Ça reste chez nous,
53:11c'est ça.
53:12Depuis 10 ans,
53:13tous les ans,
53:13on augmente notre surface
53:14de culture de pommes de terre,
53:16on est parti,
53:17il y a 10 ans,
53:17on avait planté 1 hectare,
53:19là cette année,
53:20on va faire la nouvelle plantation
53:23d'ici 15 jours,
53:243 semaines,
53:24là on va planter 35 hectares,
53:26mais voilà,
53:27tout est encore fait
53:28sur la ferme
53:30et c'est le but
53:31de valoriser un produit
53:33de la ferme,
53:33donc le but
53:34c'est de garder
53:35cette culture sur la ferme.
53:36Est-ce qu'on vous a regardé
53:37un peu de haut au début ?
53:39Oui,
53:40parce que quand on innove,
53:42c'est parfois compliqué.
53:45On a eu pas mal de gens
53:47qui nous ont dit
53:48bah oui,
53:48mais nous,
53:48moi je l'ai déjà eu,
53:49cette idée,
53:49j'aurais pu le faire,
53:51ok,
53:51mais bon,
53:51tu ne l'as pas fait.
53:53Et on a eu l'idée,
53:54bah en fait,
53:54vous êtes un peu fou,
53:57quoi.
53:57Parce que,
53:58voilà,
53:58c'est quand même,
53:59il y a certes le travail
54:00sur la ferme,
54:01mais il y a quand même
54:01tout le reste
54:01d'être entrepreneur.
54:03Avec Mathieu,
54:03au début,
54:03on était tous les deux
54:05ingénieurs
54:05dans deux secteurs différents,
54:07mais c'est vrai
54:07qu'on ne maîtrisait pas
54:08la compta,
54:09le marketing,
54:09la communication,
54:10même le commerce,
54:11en fait,
54:11ce n'était pas notre,
54:13enfin,
54:13on ne savait pas,
54:14mais on a tout appris
54:15sur le,
54:16bah en faisant,
54:17en fait,
54:17on a tout appris,
54:18on s'est aussi entouré
54:19de personnes
54:19qui avaient plus
54:20les compétences
54:22que nous
54:22sur certains domaines
54:24pour nous aider.
54:26Et voilà,
54:26au bout de dix ans,
54:27je pense qu'on est quand même
54:28fiers de ce qu'on a créé.
54:30On est une entreprise
54:31en croissance,
54:32donc c'est quand même bien.
54:34On valorise le terroir,
54:35on valorise le territoire,
54:37on valorise les acteurs locaux
54:38en s'entourant de,
54:40bah tous nos collaborateurs
54:41viennent d'à côté,
54:42enfin,
54:42je pense qu'on est quand même,
54:43ce n'est pas facile,
54:44mais on est content
54:45de ce qu'on a créé.
54:45Eh bien,
54:45bravo,
54:46en tout cas,
54:47d'avoir créé cette marque
54:49et j'ai tout de suite envie
54:50d'aller goûter
54:50les chips Belsia,
54:52donc je vais rendre l'antenne
54:53parce que je ne vais pas
54:54les manger en direct.
54:55Merci beaucoup
54:55d'avoir participé
54:56à cette émission
54:57Bon Vent à Belsia.
54:58Voilà,
54:58c'est la fin de ce Smart Impact.
55:00Merci à toutes et à tous
55:02de votre fidélité
55:03à la chaîne des audacieuses
55:04et des audacieux.
55:05Merci de nous suivre
55:08et à tous de suite.
55:15Sous-titrage Société Radio-Canada
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