- il y a 23 minutes
Mercredi 4 mars 2026, retrouvez Daphné de Kermoal (directrice RSE, Kereis), Florent Jouanny (consultant, cabinet Axys), Alexandre Hacpille (Fondateur, Zone Libre), Valentin Lautier (Fondateur, Homaio) et Alexandre Roesch (Délégué général, Syndicat des énergies renouvelables (SER)) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:08Bonjour à toutes et à tous, bienvenue, c'est Smart Impact, l'émission des entreprises à impact positif.
00:13Voici le sommaire, c'est Alexandre Roche, le délégué général du syndicat des énergies renouvelables,
00:17qui sera l'invité du grand entretien tout à l'heure, 26 minutes, pour réagir notamment à cette programmation pluriannuelle
00:25de l'énergie,
00:26et notamment au développement de l'hydrolien, les turbines sous-marines ou fluviales.
00:30Auparavant, je reçois Daphné de Carmoil, qui est directrice RSE du groupe Kéreïs,
00:34également directrice générale de Kéreïs Fort Impact, le fonds de dotation de ce groupe de courtage en assurance.
00:40On verra quels projets sont soutenus de la santé au handicap, en passant par les aidants.
00:45Le débat de ce Smart Impact, il portera sur le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières,
00:50définitivement entré en vigueur au 1er janvier, quels produits importés sont concernés,
00:55et pour quelle efficacité ? Réponse dans une dizaine de minutes.
00:59Et puis, dans notre rubrique start-up et innovation, je vous présenterai Zone Libre,
01:02qui met en contact les grandes marques et les talents créatifs issus des quartiers populaires.
01:08Voilà pour les titres, c'est l'heure de Smart Impact.
01:16L'invité de Smart Impact, c'est Daphné de Carmoil, bonjour, bienvenue.
01:21Vous êtes la directrice RSE du groupe Kéreïs et directrice générale de Kéreïs Fort Impact,
01:27qui est le fonds de dotation de ce groupe de courtage en assurance.
01:30Quelques mots, on va passer plus de temps sur le fonds de dotation,
01:33mais la stratégie RSE d'un groupe de courtage en assurance, ça consiste en quoi ?
01:38Alors, ça consiste à coller au business de la stratégie du groupe tout court.
01:46Et Kéreïs, c'est un groupe spécialiste de l'assurance de personnes, avant tout et historiquement.
01:52Et donc, naturellement, le fonds de dotation et les activités du fonds
01:55se calent sur cette notion de service à la personne et donc de proximité.
02:00Donc, nous travaillons sur quatre grandes thématiques.
02:03La prévention des risques de santé, l'insertion, la réinsertion socio-professionnelle,
02:07les enfants et les jeunes adultes souvent en difficulté,
02:09et la recherche médicale, avec deux sous-jacents, que sont le handicap et les denses.
02:14Et donc, ces priorités du fonds de dotation,
02:18elles s'inscrivent naturellement dans la démarche RSE globale du groupe, c'est ça ?
02:23C'est ça, exactement. Parce qu'effectivement, on a une démarche RSE en trois axes.
02:29Nous protégeons nos clients et nos partenaires,
02:32nous accompagnons nos collaborateurs et toute notre chaîne de valeur
02:35dans leur propre démarche RSE,
02:37et nous accélérons notre transition écologique et sociétale.
02:40Et c'est dans ce cadre-là que le fonds de dotation a été créé.
02:45Il a été créé quand, d'ailleurs ?
02:46En 2023.
02:47En 2023, donc c'est encore assez récent.
02:52Si on rentre un peu dans le détail, ça représente quoi ?
02:55Combien de projets ?
02:56Peut-être quel budget alloué, si vous pouvez donner les chiffres ?
02:59Oui, bien sûr, ça représente 20 projets,
03:02pour un budget total de 500 000 euros par an.
03:05Et ce sont des projets qui sont à la fois des projets d'envergure plutôt nationale,
03:10mais surtout, pour 70% d'entre eux, des projets locaux.
03:14L'idée, toujours cette idée de proximité,
03:17qui d'ailleurs est une des valeurs du groupe,
03:19cette idée d'être au plus près de nos collaborateurs,
03:22de notre écosystème et de la vie qui nous entoure.
03:25Ça veut dire que les idées, elles remontent des collaborateurs,
03:29parfois localement, qui vous ciblent,
03:32qui vous flèchent telle ou telle association, telle ou telle chose ?
03:34Alors, c'est même mieux que ça.
03:37Si, il leur arrive de nous suggérer des associations,
03:40mais surtout, n'importe quel collaborateur de n'importe quelle entité du groupe
03:44peut proposer un projet, une association, une fondation, une organisation,
03:48soit parce qu'il est bénévole,
03:50soit parce qu'il a envie que le groupe s'en occupe.
03:54Et si je peux continuer à développer, finalement,
03:58c'est que le collaborateur a une idée en tête,
04:02propose son projet, le dépose sur une plateforme dédiée à ça.
04:08Et à partir de là, un comité international,
04:11parce que, là encore, représente toutes les filiales du groupe,
04:14de sélection des projets composés de collaborateurs du groupe,
04:17pré-sélectionne, les fait pitié,
04:20et les finalistes de cette première étape
04:23sont après présentés au conseil d'administration,
04:26qui décident de les soutenir ou non.
04:27Et après, une fois qu'ils sont soutenus,
04:30ces mêmes collaborateurs deviennent les parrains et marraines du projet,
04:33intègrent la communauté des parrains et marraines
04:35pour pouvoir, justement, faire le lien entre l'association,
04:38le groupe,
04:39et d'être au-delà d'un fonds de dotation simplement redistributif,
04:45mais essayer le plus possible de créer des partenariats,
04:49de créer du lien pour faire vivre les projets.
04:52Et donc, ça veut dire des projets un peu partout,
04:55en France, en Italie, en Allemagne, enfin en Belgique,
04:59parce que c'est le local qui prime, en quelque sorte.
05:02Exactement, c'est le local qui prime, près de là où nous sommes implantés.
05:06On ne soutient pas de projets dans un pays où on ne serait pas.
05:11Et oui, on a des projets aussi bien, on en a un en Belgique,
05:17justement sur la question de l'aidance,
05:19ce qui s'appelle les petits pas de la grenouille.
05:22Déjà, rien que le nom est super, donc ça donne envie d'en parler.
05:25C'est quoi ?
05:26C'est aider les aidants, c'est ça ?
05:28C'est aider les aidants, oui, parce que les petits pas de la grenouille
05:31proposent des week-ends de répit aux parents d'enfants atteints de polyhandicap,
05:37pour qu'ils puissent souffler, en fait.
05:40Vous aidez aussi, je crois, l'Association française des aidants.
05:43Il y a des lignes directrices, en quelque sorte,
05:45qu'on retrouve d'une association, d'une cause à l'autre ?
05:49Oui, en fait, le conseil d'administration choisit les projets
05:56en fonction des quatre thématiques principales.
06:00Et donc, à partir de là, dans ces thématiques,
06:03il y a effectivement, je me rends compte, vous avez raison,
06:05année après année, il y a des genres de constantes qui remontent,
06:10d'autant plus qu'on essaye de ne pas faire de soutien one-shot,
06:12mais de faire des soutiens plutôt pluriannuels.
06:14Donc, oui, il y a l'aidance, les parents aidants,
06:20les aidants, personne, comme vous et moi.
06:24Donc, l'Association française des aidants,
06:26on les aide à construire un dispositif d'aide aux familles aidantes.
06:31Donc, les petits pas de la grenouille, on vient d'en parler.
06:34Il y a l'association autour des Williams,
06:36qui propose à des parents d'enfants atteints d'un syndrome assez rare,
06:41qui est le syndrome de Williams et Buren,
06:44de partager des week-ends ensemble,
06:46pour pouvoir justement soulager et raconter leurs difficultés,
06:51et puis être accompagnés de coachs
06:53et de suivre les dernières évolutions des recherches dans ce domaine-là.
07:00Il y a aussi, alors, on ne peut pas tous les citer,
07:02puisque vous l'avez dit, il y a une vingtaine, c'est ça, 20 projets.
07:05C'est chaque année 20 projets.
07:07Donc là, on parle de ceux qui ont été accompagnés en 2025,
07:09mais je comprends qu'il y a un suivi qui dure.
07:14Ça va de l'Institut Pasteur de Lille au Clown de l'Espoir, par exemple,
07:18pour donner un peu le spectre.
07:21L'Institut Pasteur de Lille, alors là, c'est quoi ?
07:23C'est de la recherche fondamentale que vous avez décidé d'accompagner ?
07:27Oui, plutôt sur la thématique des maladies liées aux évolutions de l'âge.
07:34D'accord.
07:35Et les clowns de l'espoir, comme son nom l'indique ?
07:37Et les clowns de l'espoir, ce sont des binômes composés de clowns et de marchands de sable
07:41qui viennent dans des services de néonates, très curieusement,
07:45mais ça a un impact très positif, très important,
07:49sur le personnel soignant, sur les parents et sur les tout petits-petits nourrissons
07:55dans plusieurs services de néonates de la région des Hauts-de-France.
07:59Il y a toujours, alors vous l'avez dit, il y a une enveloppe globale de 500 000 euros.
08:06J'imagine qu'il y a toujours cette question,
08:08est-ce qu'on saupoudre, entre guillemets, c'est-à-dire 20 projets,
08:13ou est-ce qu'on se dit, tiens, là, on va plutôt, au contraire,
08:16mettre le paquet sur un peu moins de projets pour leur donner plus de moyens ?
08:20Comment vous faites ce choix, cet équilibre-là, en quelque sorte ?
08:24Alors, c'est le conseil d'administration qui le fait.
08:28D'abord, 500 000 euros, c'est quand même une somme.
08:31Je ne dis pas que c'est rien, c'est beaucoup d'argent.
08:33Ça n'est pas rien.
08:34Et dans les règles de fonctionnement du fonds,
08:39il y a justement cette idée de ne pas saupoudrer...
08:41Enfin, il y a plusieurs idées.
08:42Il y a l'idée de ne pas saupoudrer.
08:43Donc, on a un montant minimum et un montant maximum
08:48qui sont proposés.
08:51Et puis, surtout...
08:53Parce qu'il faut, pardon de nous interrompre,
08:55mais j'essaie de bien comprendre.
08:56Parce qu'il faut quand même un certain montant
08:59pour avoir de l'efficacité et de l'impact, c'est ça ?
09:01Pas forcément.
09:02Non, pas forcément.
09:03Mais justement, pour éviter le saupoudrage,
09:07on limite.
09:09D'accord.
09:09On a une limite basse.
09:10Et donc, montant maximum, ça peut aller jusqu'à combien ?
09:13Ça peut aller jusqu'à 50 000 euros.
09:15D'accord, 50 000 euros.
09:16Alors, il y a encore d'autres initiatives dont j'aimerais parler,
09:19et notamment autour de la question de la santé mentale des jeunes.
09:23C'est vrai en France, et pas seulement.
09:24C'est une vraie question de santé publique majeure.
09:28Il y a notamment le Clubhouse.
09:30Je crois qu'il y en a deux.
09:31Il y en a un à Paris et un à Nantes, c'est ça ?
09:33C'est ça ?
09:34Alors, c'est quoi le Clubhouse ?
09:35En fait, il y en a plusieurs des Clubhouse.
09:39Il y en a...
09:40Je ne me souviens plus combien il y en a en France,
09:42mais il y en a un certain nombre.
09:43Et c'est quoi ?
09:44Alors, j'avoue, je ne me connaissais pas.
09:44Ce sont des lieux qui sont ouverts pendant la journée
09:47et qui accueillent des personnes qui ont des problèmes psychiques
09:53dans leur parcours de réinsertion sociale et ou professionnelle.
09:57Donc, la particularité d'un des deux de Paris, d'ailleurs,
10:00parce qu'il y en a deux à Paris, il y en a un qui vient d'ouvrir,
10:02est d'accompagner aussi les jeunes.
10:04Parce que, comme vous l'avez dit, c'est une grande cause nationale
10:06et les jeunes ne sont pas forcément toujours accompagnés
10:12comme ils pourraient l'être.
10:14Donc, ce sont vraiment des lieux...
10:16Moi, j'y suis allée plusieurs fois.
10:18Des lieux où, vraiment, les jeunes viennent.
10:20Ils participent à la vie de cette maison, finalement,
10:24pendant la journée.
10:25Donc, ils participent aux travaux de...
10:30Zut !
10:31De préparation du déjeuner, je vais y arriver.
10:33Oui, très bien.
10:33De préparation du déjeuner.
10:35Mais ils ont aussi des ateliers où ils apprennent à refaire leur CV.
10:38Et puis, ils apprennent tout simplement à revivre ensemble.
10:42En communauté.
10:44Donc, c'est vraiment très précieux.
10:47C'est en France, mais c'est aussi, je crois, la fondation Isos.
10:50Oui, c'est en Espagne.
10:51C'est en Espagne.
10:51Donc, là aussi, c'est un collaborateur qui fait remonter l'existence de cette fondation.
10:57C'est ça.
10:58Exactement.
10:59Et donc, c'est aussi l'enjeu de santé mentale, c'est ça ?
11:02C'est l'enjeu de santé mentale des jeunes adultes, entre 17 et 25 ans, à peu près.
11:09Et c'est de la même façon que les Clubhouse.
11:11C'est un lieu où ils viennent.
11:12Comment ça marche, là ?
11:14On a démarré en année 2026.
11:17Alors, j'ai compris le processus, mais il y a des candidats.
11:22On candidate pour pouvoir bénéficier de l'aide du fonds de dotation Caris for Impact ?
11:30Oui, il y a chaque année un appel à projet qui est interne, vraiment à destination des collaborateurs, qui est
11:35ouvert.
11:36En général, tout début avril jusqu'à fin mai.
11:39Les collab ont un mois et demi pour proposer leur projet.
11:43Et puis après, ça suit le processus de présélection.
11:46Avec un renouvellement quand même, on va terminer là-dessus.
11:49Parce que vous nous l'avez dit, on cherche à accompagner quand même dans la durée, mais il faut quand
11:53même renouveler.
11:55Alors oui, en fait, il y a donc 70% des projets qui sont des projets pluriannuels.
12:01Ça fait trois ans que le fonds existe.
12:03Donc, dans les 70%, il y en a un certain nombre qui vont arriver à échéance.
12:10Il y en a, sur les 20, j'ai regardé il n'y a pas très longtemps, il y en
12:14a plus que trois qui vont continuer en 2026 et 2027.
12:22Donc, ça laisse pas mal de perspectives.
12:24Il va y avoir beaucoup de renouvellements.
12:25Il va y avoir beaucoup de renouvellements cette année, oui.
12:26Merci beaucoup, Daphné de Carmoëlle.
12:28A bientôt sur Be Smart for Change.
12:30On passe à notre débat.
12:32Connaissez-vous le MCAF ?
12:36C'est le débat de ce Smart Impact.
12:44On parle du MCAF, c'est l'acronyme en anglais, anglo-saxon, pour mécanisme d'ajustement carbone aux frontières.
12:52J'accueille Florent Jouani.
12:53Bonjour.
12:53Enchanté.
12:54Vous êtes associé chez Axis Consultants.
12:56Et Valentin Lottier, bonjour.
12:58Enchanté.
12:58Bienvenue, fondateur d'Omaillot.
13:00On va présenter vos entreprises respectives en quelques mois.
13:03Axis Consultants ?
13:04Axis Consultants, c'est un cabinet de conseil en transformation durable.
13:07Nous avons 35 ans d'existence et nous sommes 250 collaborateurs.
13:12Et Omaillot, vous étiez déjà venu dans nos émissions ?
13:15Absolument, il y a quelques semaines.
13:16Donc Omaillot, une plateforme d'investissement qui permet aux investisseurs privés d'accéder au marché des quotas d'émissions européens
13:21et à d'autres marchés de quotas d'émissions à travers le monde.
13:23Donc vraiment au cœur de ce mécanisme d'ajustement carbone aux frontières
13:27qui est définitivement entré en vigueur au 1er janvier.
13:32Peut-être une question assez générale là aussi, et je vous pose la même à tous les deux.
13:37Pourquoi l'Union européenne a mis en place ce système ?
13:41Dans un premier temps, c'est déjà pour répondre au pacte vert, donc au réchauffement climatique.
13:48C'est pour lutter contre la fuite carbone.
13:51Qu'est-ce qu'on appelle la fuite carbone ?
13:53En fait, on a mis en place des échanges de quotas
13:59qui a fait que les entreprises, petit à petit, ont été soumises à un prix carbone de plus en plus
14:04croissant
14:06avec un risque justement qu'il y ait une délocalisation dans des pays
14:11où les normes environnementales sont un peu moins strictes.
14:15Et donc c'est là où le CBM ou MACF est entré en vigueur
14:19justement pour lutter contre ces délocalisations des entreprises
14:25et justement mettre un prix, on va dire, standard,
14:28que ce soit pour les pays qui produisent en dehors de l'Union européenne
14:33ou dans l'Union européenne.
14:36Ce mécanisme, Valentin Lottier, il a été mis en place d'une façon un peu transitoire.
14:43C'était quoi ? C'était un test en quelque sorte avant l'entrée en vigueur définitive ?
14:46Non, en fait, ce qui se passe, c'est que la tarification des émissions
14:49pour les industries assujetties en Europe existe depuis 2005.
14:53Depuis 2005, on a un certain nombre de secteurs économiques
14:55qui doivent acheter un nombre de quotas équivalents à leurs émissions
14:59à un prix de marché.
15:01Mais du coup, les entreprises étrangères, elles, ne font pas face à ce prix.
15:05Et donc ce problème, entre guillemets, dure depuis 20 ans maintenant.
15:10Pour résoudre ce problème, la Commission européenne
15:13et l'ensemble des pays membres de l'Europe ont décidé de mettre tout le monde
15:17à la même enseigne, quelque part, en disant aux producteurs étrangers,
15:22lorsque vous voulez vendre en Europe, vous devez vous acquitter
15:25du prix du carbone européen.
15:27Alors, c'est une toute petite subtilité, c'est qu'en fait,
15:30ils doivent s'acquitter du prix du carbone européen
15:32moins le prix du carbone chez eux.
15:35Ce qui permet, en fait, d'avoir des conditions uniformes pour tout le monde.
15:40Le retard, quelque part, c'est ce MACF
15:43qui intervient presque 20 ans trop tard, entre guillemets,
15:46même si avant, il y avait des mécanismes pour éviter les flux de carbone.
15:50Mais ce n'est absolument pas transitoire.
15:52Le mécanisme, comme vous l'avez dit, est en vigueur
15:54et il devrait continuer à se renforcer dans les années qui viennent.
15:58Il y a eu une phase transitoire et une entrée définitive en vigueur
16:01au 1er janvier, c'est ça ?
16:02Alors oui, ça c'est vrai.
16:03Il y a eu pendant plusieurs années, en deux ans je crois,
16:06si je n'ai pas de bêtise,
16:07une phase pendant laquelle les entreprises devaient simplement
16:10effectuer les déclarations sans devoir payer les certificats.
16:14Et à partir du 1er janvier, il y a l'obligation, cette fois-ci,
16:19de s'acquitter des droits, donc des certificats CBAM
16:23dont le prix est indexé sur le cours des quotas européens.
16:26Ce mécanisme d'ajustement carbone aux frontières,
16:29pourquoi il intéresse un cabinet comme le vôtre
16:32et pourquoi il intéresse vos clients ?
16:34Dans un premier temps, c'est réglementaire.
16:36Donc déjà, toutes les entreprises vont devoir y passer
16:39s'ils remplissent, enfin tous les importateurs,
16:41s'ils remplissent les conditions.
16:43Donc les conditions sont relativement simples à comprendre.
16:48Maintenant, dans la démarche, ça va être un peu complexe.
16:50C'est-à-dire qu'il va y avoir une complexité sur le calcul
16:55qui de premier abord, encore une fois, peut paraître très simple,
16:57mais il va falloir que les importateurs collectent l'information
17:01auprès des producteurs, justement, pour avoir l'intensité carbone.
17:06Ensuite, il va falloir acheter les fameux quotas
17:09et comme l'a dit effectivement Valentin,
17:11ces prix peuvent varier et donc du coup,
17:14il peut y avoir des risques de sous-déclaration.
17:18Et nous, du coup, on accompagne toutes les entreprises,
17:20justement, à s'assurer que la collecte des informations,
17:23que le prix de la MACF est correct.
17:28Et par ailleurs, également, il y a des logiciels, justement,
17:33qui permettent également de faciliter tout ceci.
17:36Oui, le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières
17:38avec des secteurs, des produits qui sont prioritaires
17:42ou ça concerne tout le monde ?
17:44Alors, l'idée a été de créer le mécanisme miroir
17:49du système de quotas d'émissions.
17:51Qui est concerné par les mécanismes de quotas d'émissions ?
17:54Ce sont les producteurs d'énergie, énergéticiens,
17:56les transporteurs maritimes et aériens
18:00et les industriels de l'acier, du ciment, du papier,
18:05de la pétrochimie, et ainsi de suite.
18:06Et donc, les produits concernés par le MACF
18:11à l'importation en Europe sont ceux-là,
18:14l'aluminium, l'acier, le ciment, et ainsi de suite.
18:17Mais progressivement, il va y avoir une extension
18:20aux produits aval, c'est-à-dire aux produits
18:23semi-transformés ou transformés.
18:24Parce que sinon, on peut tout simplement délocaliser
18:28non plus la production de matière primaire,
18:31mais également sa transformation.
18:33Et donc, on déplace le problème en aval de la chaîne de valeur.
18:37Donc, pour résoudre cela, la Commission a déjà annoncé
18:40qu'elle allait étendre le mécanisme également
18:42sur les produits aval de la chaîne.
18:45Alors, on a bien expliqué le système.
18:48Je ne vous ai pas demandé, mais je vais le faire maintenant.
18:49Est-ce que vous en pensez ?
18:50Est-ce qu'il est adapté ? Est-ce qu'il est bien pensé ?
18:53Je commence avec vous.
18:56Le système d'échange de coûts à démission,
18:58il a mis presque 15 ans à trouver sa forme définitive.
19:04Forme qui, aujourd'hui, fonctionne très bien.
19:06Pour moi, le MACF, ça va être pareil.
19:09Il va y avoir des évolutions, des itérations, des retours en arrière.
19:12Et c'est normal, étant donné à la fois l'ambition du système,
19:19l'impact que ça a sur l'économie,
19:21sur les flux de marchandises internationaux,
19:23sur les finances publiques,
19:26et le fait que l'Europe soit la première région à le mettre en place.
19:31Maintenant, est-ce que fondamentalement,
19:32donc indépendamment de ces implémentations actuelles,
19:39qu'est-ce que j'en pense fondamentalement ?
19:40Je pense que c'est absolument nécessaire.
19:42Tous les défis stratégiques de l'Europe,
19:44qui sont la souveraineté énergétique,
19:46la compétitivité industrielle,
19:48la réindustrialisation,
19:50dépendent de l'implémentation réussie,
19:53à la fois des systèmes de coûts à démission,
19:55et de leur colorolaire international,
19:58qui est, leur effet miroir, si vous voulez,
19:59qui est les mécanismes de leissement carbone aux frontières.
20:01Florent Jouani, est-ce qu'il y a des risques,
20:04des risques pour les exportateurs,
20:07qui sont évidemment hors Union européenne ?
20:10Il y a forcément des risques.
20:12Il y a forcément des risques.
20:13On a parlé de protectionnisme climatique, douanier.
20:17Il y a un risque, effectivement, de hausse des prix,
20:21qui soit répercuté sur le consommateur final,
20:25sur les importateurs, sur les produits en tant que tels.
20:28Il y a un risque géopolitique.
20:31Il ne faut pas oublier que,
20:33durant la dernière COP,
20:35il y a eu, effectivement, de nombreuses plaintes
20:37de certains pays de la CBM.
20:39La CBM ?
20:41La MACF, excusez-moi.
20:42D'accord, donc de ce mécanisme,
20:43des pays concernés par ce mécanisme d'ajustement carbone aux frontières.
20:46Exactement, avec cette dualité entre le Nord et le Sud,
20:49il peut y avoir un risque au niveau de l'Organisation mondiale du commerce.
20:55On voit qu'il y a déjà la Russie qui a déposé des plaintes à ce niveau-là.
20:59Peu de chances que ça aboutisse,
21:00mais à terme, il peut y en avoir de plus en plus.
21:04Donald Trump a également émis des doutes
21:06et voit d'un mauvais oeil cette taxe.
21:09Il a demandé à ce qu'il y ait également des flexibilités.
21:13Donc, à tous les niveaux, il peut y en avoir.
21:14Après, moi, je rejoins Valentin.
21:17Toutes ces réactions-là, c'est le signe que l'Europe se protège.
21:20Exactement.
21:20Et heureusement.
21:22Mais ce qui est d'autant plus intéressant,
21:24c'est qu'en fait, on voit qu'il y a eu beaucoup,
21:27au niveau du multilatéralisme,
21:29de discussions qui n'ont pas forcément abouti.
21:32Là, pour une fois, l'Europe a accéléré, a avancé,
21:35souhaite se protéger de ses industries,
21:38réinternaliser.
21:38Donc, ça ne peut être que positif.
21:40Après, il y aura forcément des biais.
21:41Et là, on va itérer sur du futur.
21:44Mais je pense que pour le réchauffement climatique
21:47et la protection de nos industries, c'est nécessaire.
21:50Avec une question,
21:51alors qu'il y a vraiment une question de consommateur,
21:54est-ce qu'il va forcément y avoir un impact
21:57sur le prix pour le consommateur final ?
22:01C'est-à-dire, si ça renchérit des importations,
22:04est-ce qu'il y aura forcément une répercussion ?
22:07C'est une bonne question.
22:08C'est très possible.
22:11Alors, le prix peut être répercuté de deux manières.
22:14Soit il est repoussé vers l'aval,
22:20c'est-à-dire vers le consommateur.
22:21Soit il vient rogner les marges.
22:25Mais dans tous les cas, il peut être répercuté.
22:28Maintenant, ce que ça va surtout créer comme effet,
22:31c'est que des acheteurs de produits importés
22:35vont être incités à se tourner vers des produits locaux,
22:41locaux européens.
22:43Et donc, là est le vrai effet...
22:45Oui, c'est une préférence européenne qui se met en place.
22:47Exactement.
22:48Donc, ça, c'est un premier effet.
22:51Il faut aussi comprendre que lorsque les importateurs payent
22:55ce certificat MACF, qui en fait n'est pas vraiment une taxe,
22:59même si on l'appelle comme ça, on pourrait y revenir,
23:01ça génère des recettes pour la Commission européenne et pour l'Europe.
23:04Ces recettes sont redistribuées aux États membres
23:07et permettent de soutenir la compétitive industrielle des industries,
23:10l'innovation européenne et de protéger en partie les ménages
23:15les plus affectés par l'augmentation éventuelle des prix.
23:18Donc, c'est un mécanisme qui est redistributif au sein de l'Europe,
23:22qui protège nos industries, qui favorise la consommation locale.
23:27Et pour moi, ce sont ça les enjeux principaux
23:30et les effets économiques principaux que la MACF va permettre.
23:33Même question, Florent Joigny, sur l'impact prix éventuel.
23:38Moi, c'est indéniable.
23:39C'est indéniable qu'il y en aura un.
23:41Ils ne pourront pas répercuter tout, effectivement,
23:44sur le consommateur final.
23:45Donc, effectivement, je pense qu'il y aura une baisse.
23:49Une baisse de la marge.
23:50Une baisse de la marge, exactement.
23:51Le prix carbone, il va fluctuer.
23:53On l'a vu, justement, ces derniers mois, ces dernières années.
23:57Si un prix carbone est élevé, en revanche,
23:59on pense que ça peut favoriser l'innovation,
24:02ça peut favoriser potentiellement la décarbonation
24:05dans certains secteurs comme l'électricité.
24:07En revanche, un prix carbone un peu plus faible
24:11peut ralentir la transition.
24:13Donc, il y a toujours du pour et du contre.
24:16Mais il y aura indéniablement un effet prix.
24:19C'est certain.
24:20Merci beaucoup à tous les deux et à bientôt sur Be Smart for Change.
24:24C'est l'heure du grand entretien de ce Smart Impact.
24:27On parle énergie renouvelable.
24:34Prêt pour l'impact, c'est la question que je pose chaque jour,
24:36vous le savez, à une personnalité qui compte dans notre économie,
24:40dans notre société.
24:41J'accueille Alexandre Roche.
24:42Bonjour, bienvenue.
24:43Bonjour.
24:44Vous êtes le délégué général du CERC,
24:45le syndicat des énergies renouvelables,
24:48que vous allez déjà, allez, on pose le décor,
24:50nous présenter en quelques mots.
24:52En quelques mots, le syndicat des énergies renouvelables,
24:54c'est un syndicat professionnel qui représente les intérêts
24:57de l'ensemble des filières de production d'énergie renouvelable en France.
25:00Donc, on en compte 11,
25:02à la fois pour produire de l'électricité renouvelable,
25:04de la chaleur renouvelable, des gaz renouvelables et des biocarburants.
25:07Il représente l'ensemble de la chaîne de valeur de chacune de ces filières.
25:11On a des équipementiers, des développeurs de projets.
25:13Ça représente un peu plus de 500 entreprises.
25:16Et voilà, on est l'interlocuteur des pouvoirs publics
25:18pour promouvoir le déploiement des renouvelables en France.
25:21Avec un chiffre d'affaires global de ces filières évalué à 10 milliards d'euros.
25:25Et ça représente 15,8% de la consommation d'énergie primaire.
25:30Ça, c'est des chiffres 2024.
25:3211 filières, c'est vrai que, bon,
25:34quand on lit ENR, énergie renouvelable,
25:37on va penser traditionnellement éolien, photovoltaïque,
25:42les barrages hydrauliques, etc.
25:43Mais 11 filières, il y en a qu'on ne soupçonne pas ?
25:46Oui, il y a des filières, d'abord, de production de chaleur.
25:49C'est vrai qu'on en parle beaucoup moins dans le débat public.
25:52On pourrait y revenir beaucoup d'électricité,
25:54alors qu'en fait, c'est un quart du mix énergétique aujourd'hui en France.
25:57Nous, on a du bois énergie, on a de la géothermie,
26:00on a du solaire thermique,
26:02et puis on a des filières plus innovantes,
26:04comme par exemple l'hydrolien,
26:05donc l'énergie qui utilise le courant des marées,
26:09de l'houlot moteur.
26:10Donc on a toute une série, une gamme de solutions
26:13qui, combinées les unes aux autres, peuvent être complémentaires.
26:16Et c'est vrai qu'on a plutôt tendance à parler beaucoup d'électricité
26:19et pas tellement des autres.
26:20Qu'est-ce qui pèse le plus économiquement aujourd'hui ?
26:23Quelle est l'énergie renouvelable qui pèse le plus dans l'économie française ?
26:27Alors, on a historiquement beaucoup d'hydroélectricité en France.
26:31Il faut savoir qu'on a 25 gigawatts d'électricité hydraulique en France.
26:34Donc ça, c'est une filière qui pèse,
26:36notamment en termes de fiscalité locale, qui pèse beaucoup.
26:39Et puis on a des filières un peu insoupçonnées,
26:42comme le bois énergie, par exemple,
26:44à la fois pour les usagers industriels,
26:46mais aussi pour les gens qui veulent s'équiper chez eux
26:48de poêle à bois, poêle à granulés.
26:50Ça, c'est une filière qui fait quand même 40 000 emplois, par exemple.
26:53On n'en parle pas beaucoup.
26:55Le bois énergie, c'est plus puissant, entre guillemets, économiquement
26:59que, par exemple, le photovoltaïque en France aujourd'hui ?
27:02C'est à peu près similaire.
27:03Ça se voit, oui.
27:04C'est à peu près similaire.
27:06Voilà, c'est un autre tissu d'entreprise.
27:08C'est beaucoup de petites PME.
27:11Donc, chacune a des avantages
27:13et est déployée sur le territoire de manière un peu différente.
27:16Mais c'est vrai que quand on analyse les chaînes de valeur,
27:20encore une fois, il y a d'autres filières qui sont insoupçonnées,
27:22qui ont un poids économique et en termes d'emploi qui est non négligeable.
27:25Et laquelle progresse le plus, si on regarde là, en tendance ?
27:28Alors, celle qui a beaucoup progressé ces deux dernières années,
27:31c'est le solaire, avec des entreprises qui ont beaucoup recruté.
27:36Portée par quoi ? Par la réglementation ? Par la demande ?
27:38Alors, il y a eu, c'est vrai, une loi d'accélération des énergies renouvelables en 2023.
27:43Il ne faut pas oublier que 2022, c'était il n'y a pas longtemps,
27:45début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie,
27:49avec un parc nucléaire qui produisait moins que prévu.
27:51Donc, on avait vraiment un besoin d'accélérer le déploiement des sources,
27:55en particulier de production d'énergie renouvelable.
27:57Donc, il y a eu, en effet, un cadre pour accélérer le déploiement du solaire.
28:01Et puis, les entreprises ont recruté et se sont structurées
28:04pour développer de plus en plus de projets.
28:07Donc, c'est une filière qui s'est beaucoup développée,
28:09sans doute celle qui s'est développée le plus rapidement ces dernières années.
28:12La programmation pluriannuelle de l'énergie,
28:15la PPE 3 a été publiée récemment, décret du gouvernement, du Premier ministre.
28:22Votre première réaction, ça a été enfin ?
28:24Tout à fait.
28:25Ça fait deux ans et demi, presque trois ans qu'on travaillait sur ce texte,
28:29qui est, je le rappelle, la feuille de route énergétique de la France.
28:32Donc, ce n'est pas n'importe quoi.
28:33Pourquoi ? Pour cinq à dix ans ?
28:34Pour une période de dix ans, jusqu'en 2035.
28:37Et c'est important de pouvoir se projeter sur le long terme,
28:40parce que l'énergie, c'est un secteur qui a une inertie.
28:43Il faut planifier à l'avance.
28:44Il y a des investissements assez intensifs en capital.
28:47Donc, on ne peut pas piloter comme ça, d'une année sur l'autre,
28:49ce genre d'investissement.
28:50Donc, c'était très attendu,
28:52parce que beaucoup d'acteurs des filières énergétiques,
28:55pas que des renouvelables d'ailleurs,
28:56étaient un peu dans le brouillard.
28:59Et donc là, ça permet de clarifier la volonté du gouvernement,
29:05l'ambition volumétrique notamment,
29:07des différentes filières, le nucléaire, les renouvelables,
29:11les enjeux aussi d'efficacité énergétique, etc.
29:13Donc, c'est vraiment un texte assez stratégique, en réalité,
29:17qui a été mis sur la table.
29:18Pourquoi il a pris autant de temps ?
29:18Pourquoi il y a eu deux ans et demi, presque trois ans de retard ?
29:21Il a pris du temps, parce que ça reflète aussi l'instabilité politique
29:26qu'on observe dans le pays depuis quelques temps, désormais.
29:31Voilà, il a été repoussé à plusieurs reprises.
29:32Il y a eu énormément de consultations.
29:34Il y a eu des propositions de loi qui ont été déposées
29:37à l'Assemblée nationale et au Sénat et qui n'ont pas pu aboutir.
29:41Et donc, voilà, faute de pouvoir aboutir par la voie législative,
29:45le gouvernement a décidé, et nous, on considère que c'est une bonne chose
29:48d'agir par décret, parce qu'on ne pouvait plus vraiment attendre.
29:50Là, il y avait vraiment urgence.
29:52Bon, et alors ?
29:53Le premier mot, c'est enfin.
29:54Et le deuxième, c'est quoi ?
29:55C'est déçu ou pas ?
29:57Non, nous, on considère que c'est quelque chose
29:59qui permet de relancer les investissements.
30:02Il faut avoir en tête qu'on était vraiment arrivé dans une situation de quasi-blocage.
30:07Depuis septembre 2025, il n'y avait plus d'appels d'offres lancés sur les énergies renouvelables.
30:11Donc là, ça doit permettre de relancer des appels d'offres.
30:14En tout cas, c'est ce qu'on attend, nous, dans les prochaines semaines.
30:17Par exemple, l'exemple de l'éolien en mer est assez intéressant.
30:21C'est vraiment un grand programme industriel qui était bloqué.
30:25Il y a des appels d'offres 9 et 10 dans le jargon qui attendent de pouvoir être lancés.
30:30Et l'APP va permettre de déclencher ces nouvelles étapes.
30:34Donc, on est plutôt satisfait.
30:36Bien sûr, les ambitions auraient pu être plus importantes.
30:38Mais en tout cas, nous, on observe que c'est quelque chose qui va débloquer la machine
30:42et qui doit être suivi de mesures concrètes désormais de mise en place.
30:45Mais alors, moi, j'ai lu beaucoup de réactions,
30:47notamment d'ONG ou d'Associations de défense de l'environnement,
30:50qui disaient que c'était un repli qui était quand même globalement critique sur cette PPE.
30:55Elles font de la politique ? Elles noircissent le tableau ?
30:58C'est vous qui êtes plus prudent ?
31:01Non, ce qui est vrai, c'est que sur le solaire,
31:03je viens d'expliquer que c'était une filière qui s'est développée rapidement.
31:06La PPE acte un ralentissement du déploiement annuel du solaire.
31:11Donc ça, c'est vrai et c'est un point de déception.
31:14Nous, on voit le verre à moitié plein parce qu'on partait d'une situation
31:17dans laquelle on était à l'arrêt.
31:19Donc ça permet de relancer la machine.
31:21Et derrière, sur le solaire, on a des projets industriels de Gigafactory
31:27dans le sud de la France et dans l'est de la France.
31:29Et c'est très important de pouvoir se doter,
31:31de regagner un peu en souveraineté industrielle sur la production de panneaux.
31:35Ça, c'est des projets qui étaient bloqués du fait de cette absence de visibilité.
31:39Donc la PPE, elle a aussi cet avantage de pouvoir relancer
31:43les ambitions industrielles sur cette filière, par exemple.
31:46Donc on a tendance à voir le verre à moitié plein, bien sûr.
31:50Et c'est normal.
31:51On aurait souhaité, comme d'autres acteurs, avoir plus d'ambition.
31:54Mais on va essayer déjà de voir un peu au jour le jour,
31:58dans les prochains mois, comment débloquer tout ce qui était à l'arrêt.
32:02RTE, le réseau de transport de l'énergie, a publié son rapport annuel sur 2025,
32:08avec déjà un record d'exportation, 17% de la production, je crois, qui a été exportée.
32:16La part du renouvelable, là-dedans, c'est quoi ?
32:18C'est à peu près 30%.
32:21Elle augmente très régulièrement ?
32:23Elle augmente très régulièrement, et elle va augmenter encore plus.
32:27Quand on regarde justement les scénarios de long terme d'RTE,
32:30le gestionnaire de réseau de transport,
32:31on voit que dans tous les scénarios, même avec des relances massives du nucléaire,
32:36on aura besoin de plus d'électricité.
32:37On pourra sans doute y revenir sur la question de l'équation globale.
32:40Et les renouvelables feront plus de la moitié de la production d'électricité en 2050,
32:45dans l'ensemble des scénarios.
32:47Donc on est en train de parler de quelque chose qui va faire la moitié,
32:50au moins, de notre production d'électricité en France.
32:52Oui, alors j'ai organisé sur une autre chaîne, Public Sénat,
32:56pour ne pas la nommer, un débat au moment du décret PPE.
33:00Et alors, j'ai eu la surprise de me retrouver avec un défenseur du nucléaire,
33:04un défenseur des énergies renouvelables.
33:07Ça a été un des débats les plus houleux de ces six ou dix derniers mois.
33:13Pourtant, moi, j'ai l'impression que vous êtes simplement complémentaires.
33:17Comment vous expliquez cette espèce d'antagonisme, là,
33:20entre le nucléaire et les énergies renouvelables ?
33:23Le sujet aujourd'hui, c'est que, et vous l'avez dit,
33:25on a un déséquilibre entre l'offre et la production.
33:28En 2022, on n'est pas passé loin d'une situation assez critique.
33:32Parce que les réacteurs étaient en maintenance et tournaient à bas régime.
33:37Voilà, la corruption est sous contrainte.
33:40Aujourd'hui, la production nucléaire a de nouveau revenu, on va dire, à ses niveaux normaux.
33:47Les renouvelables ont continué de se développer.
33:49Et il y a un élément, par contre, qui ne s'est pas développé.
33:51C'est la consommation d'électricité en France.
33:54Alors, c'est une bonne et une mauvaise nouvelle.
33:55C'est une bonne nouvelle, parce que ça montre que les Français, et globalement, l'économie, peut être plus sobre.
34:01Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, l'électricité, qui fait à peu près 100% des débats dans le
34:07débat public,
34:07c'est 27% de la consommation d'énergie en France.
34:10Donc, l'équation, c'est d'augmenter cette part au maximum pour électrifier les usages, chasser les fossiles.
34:19Et aujourd'hui, on n'y est pas encore.
34:20On est dans cette période conjoncturelle où on a un surplus de production, pas assez de consommation encore.
34:25Et assez classiquement, ce qui se passe dans ce genre de situation, c'est que ça tend la situation.
34:33Nous, au contraire, on pense au CER que c'est une chance.
34:37Parce qu'on a, contrairement à d'autres pays en Europe, si on regarde ce qui se passe autour, en
34:41Allemagne, en Italie, etc.
34:42Eux, leur électricité, elle n'est pas décarbonée à 100%, comme c'est le cas chez nous.
34:46Donc, la première étape pour eux, c'est d'abord de décarboner leur électricité pour ensuite l'utiliser ailleurs.
34:50Nous, on a déjà fait ce chemin.
34:52Donc, c'est une chance, en réalité.
34:54Le deuxième élément, c'est que cette situation, elle génère des prix bas pour l'électricité, pour les clients industriels
35:01notamment.
35:02Et donc, ça devrait faciliter, justement, les bascules des fossiles vers l'électrification.
35:05Alors, c'est la question que j'allais vous poser.
35:07Cette électrification massive, elle repose, pas seulement, évidemment, mais aussi, beaucoup, peut-être,
35:13sur, justement, le secteur industriel.
35:16J'ai en tête l'exemple d'ArcelorMittal qui a annoncé la bascule d'un four en four électrique.
35:23Ça va prendre des années.
35:24C'est un très gros investissement.
35:25Mais c'est un bon exemple à suivre, ça ?
35:27C'est un bon exemple à suivre.
35:29Si ArcelorMittal convertit l'ensemble de ces fours, ça deviendra le premier consommateur d'électricité en France devant la SNCF.
35:36Il y a, en effet, une série de secteurs industriels, que ce soit dans la zone de Fossurmer ou de
35:41Dunkerque,
35:42qui sont clairement identifiés comme des zones prioritaires pour l'électrification et la décarbonation.
35:49Ce sont des zones qui sont assez émettrices de gaz à effet de serre.
35:53Donc ça, c'est un exemple.
35:55Il y a ensuite le secteur du bâtiment, la production de chaleur, que ce soit pour les Français, le quotidien
36:05des Français,
36:05mais aussi dans le secteur industriel.
36:07On utilise pas mal de chaleur fossile.
36:10Et puis, il y a bien sûr les transports.
36:12Je disais tout à l'heure que l'électricité, c'est 27% de la consommation d'énergie en France.
36:17Il faut avoir en tête, et je pense que les gens qui nous écoutent l'ont pas forcément en tête,
36:20on consomme encore 60% d'énergie fossile en France.
36:24Le débat se focalise, nucléaire, éolien, solaire.
36:28Et en fait, 60% de notre consommation, c'est des fossiles.
36:31Ça représente à peu près 60 milliards de dépenses annuelles.
36:35C'est le budget de la défense.
36:38Et l'objectif de la transition énergétique, c'est de chasser ces fossiles pour les remplacer par des décarbonés.
36:43On va le voir s'afficher.
36:4559,6%, c'est ça, 60% de la consommation finale énergétique provient des énergies fossiles.
36:52Est-ce qu'on est quand même sur une baisse régulière ou on n'y arrive pas à faire baisser
36:56?
36:56Non, non, on est sur une baisse régulière, donc c'est la bonne nouvelle.
36:59On va pouvoir y arriver.
37:01Et encore une fois, on voit aussi que le secteur de la chaleur, la chaleur renouvelable, par exemple, se développe
37:06année après année.
37:08C'est un risque économique dont on parle, cette dépendance aux énergies.
37:11C'est un risque économique énorme. C'est un risque même de souveraineté dans le contexte international actuel.
37:16On a voulu se passer du gaz russe, du pétrole russe.
37:19Résultat, on s'est tourné vers les importations de gaz liquéfiés américains.
37:23On voit aujourd'hui que la politique de l'administration Trump n'est pas totalement alignée sur celle des Européens,
37:29pour utiliser un euphémisme.
37:30Donc, il y a vraiment, et c'est d'ailleurs comme ça que ça a été présenté par le Premier
37:35ministre,
37:35c'est un enjeu presque désormais de souveraineté nationale, pouvoir se passer des énergies fossiles.
37:40Et bien sûr, c'est un enjeu climatique par ailleurs.
37:43Cette PPE, cette programmation pluriatuelle de l'énergie, qu'est-ce qu'elle propose, notamment en matière de bioénergie, de
37:53gaz renouvelable ?
37:54Est-ce que ça fait partie des secteurs qui sont plutôt boostés, plutôt ralentis par la PPE ?
38:00Oui, la PPE propose de développer une gamme de solutions, et les gaz renouvelables en font bien sûr partie.
38:05Nous, on est plutôt satisfait.
38:08Aujourd'hui, le gaz renouvelable, en tout cas en fin 2024, c'était un peu plus de 3% de
38:11la consommation de gaz naturel en France.
38:13Donc, on a clairement de la marge de manœuvre pour progresser et décarboner le gaz vert.
38:18Donc oui, il y a des objectifs assez clairs qui sont prévus dans la PPE.
38:2244 TWh de gaz injecté, pour être précis.
38:24Maintenant, derrière, il va falloir mettre en œuvre cette ambition, et ça, ça passe par un dispositif qu'on appelle
38:33les CPB, les certificats de production de biogaz.
38:35Ça veut dire quoi ? C'est que les fournisseurs de gaz auront l'obligation désormais d'incorporer une part
38:40minimale de gaz vert dans leurs offres au client final.
38:43Et ça, ça se fera vers un mécanisme de marché, d'échange de certificats de production de biogaz.
38:48Cette trajectoire de CPB, il va falloir la définir désormais pour déclencher les investissements.
38:54Mais oui, la PPE prévoit le déploiement du gaz renouvelable, et c'est une bonne chose, parce que c'est
38:59vraiment un peu le couteau suisse de la transition énergétique, le gaz renouvelable, parce qu'on peut faire à la
39:03fois de la chaleur avec ça.
39:04On peut aussi produire de l'électricité, et on peut l'utiliser dans les transports avec le bio et GNV.
39:10Donc, tout ça a une infrastructure constante.
39:12Donc, c'est vraiment quelque chose qui est intéressant et qui, en plus, vient dans un débat compliqué aujourd'hui,
39:19dans une situation compliquée pour le monde agricole.
39:22C'est aussi un relais de revenus additionnels pour l'agriculture française.
39:27Donc, ça coche quand même énormément de gaz, et c'est important de pouvoir continuer à développer.
39:33Oui, infrastructure constante, parce qu'en fait, le gaz renouvelable, il s'insère dans le réseau.
39:38Il s'injecte. Le gaz renouvelable, c'est un gaz qui a les mêmes propriétés physiques et chimiques que le
39:42gaz naturel, et il s'injecte dans le réseau classique.
39:44Il n'y a pas d'investissement majeur à anticiper de ce côté-là.
39:48Vous avez parlé de l'hydrolien, de ces turbines.
39:51Alors, j'avoue que je connaissais ça de loin, mais de quoi on parle ?
39:55Et qu'est-ce que ça représente ?
39:57J'imagine que, pour l'instant, c'est peanuts dans notre production d'énergie en France.
40:01Pour l'instant, on n'a que des installations pilotes.
40:03Et la grande nouvelle de la PPE, c'est qu'on va, et ça sera une première quasiment dans le
40:09monde, pouvoir passer à la phase commerciale et industrielle.
40:13Donc, c'est quoi ? C'est des turbines ?
40:15Donc, ce sont des turbines qui sont posées sur le fond de la mer et qui tournent au gré des
40:23marées.
40:23Et ce qui est bien, c'est que les marées, on connaît avec une très grande précision des siècles à
40:28l'avance, à la fois leur périodicité et leur intensité.
40:32Donc, c'est une énergie qui est potentiellement très puissante.
40:35On a, il faut le savoir, parmi les courants les plus puissants du monde, au large du Ra-Blanchard en
40:41Bretagne et du Front Verde.
40:42Donc, on a deux zones extrêmement, avec énormément de courant, qui d'ailleurs ne posent pas du tout de problème
40:47de coactivité,
40:48puisque dans ces zones-là, en général, il y a tellement de courant qu'on ne pêche pas.
40:52Voilà, c'est au fond de la mer, donc il n'y a pas d'impact paysager ou visuel.
40:57Et on a un potentiel quand même assez conséquent.
40:59Nous, on estime qu'on a 5 gigawatts de potentiel en puissance.
41:02Donc, c'est quasiment 3 EPR2.
41:06Et donc, l'idée sur laquelle...
41:073 centrales nucléaires, c'est ça ?
41:083 centrales nucléaires en puissance.
41:11Et l'idée, c'est vraiment de...
41:13On s'est doté d'un tissu de PME française capable de déployer ces technologies.
41:20Et ça fait maintenant quelques années qu'on attend de pouvoir passer à la phase réellement industrielle.
41:24Donc, la PPE, elle prévoit un premier appel d'offre de 250 MW sur la zone du Ra-Blanchard que
41:29je viens de mentionner d'ici 2030.
41:31Donc, ça permet aussi de diversifier les options technologiques qu'on aura à notre disposition.
41:37Ça veut dire que c'est un secteur dans lequel la France peut être à la fois pionnière et leader
41:43?
41:44Clairement.
41:44Clairement.
41:45L'autre pays qui regarde ça de près, c'est le Royaume-Uni.
41:50Mais très clairement, on est bien positionné pour pouvoir exporter ensuite derrière.
41:55Je vous pose cette question parce qu'on aurait pu dire la même chose du photovoltaïque il y a quelques
41:59années ou quelques décennies.
42:01Et on a laissé filer finalement la compétence industrielle et l'efficacité, on va dire, ou la compétitivité en Asie
42:12et principalement en Chine.
42:13Qu'est-ce qu'on a loupé là ?
42:14C'est vrai.
42:16On était trop tôt ? La demande n'était pas encore là ?
42:18Non, on n'était pas trop tôt.
42:20Au contraire, on était, je pense, sur le bon pari puisque la Chine a fait le même.
42:26Et dans beaucoup de secteurs économiques, je pense qu'on a pu voir que la Chine ne s'est pas
42:29trompée dans ses paris.
42:30Donc la Chine, elle a simplement saisi l'importance de cette transition énergétique et en particulier du solaire, peut-être
42:38de façon plus fondamentale que nous.
42:40C'est-à-dire que dans son plan quinquennal et décennal de déploiement des technologies stratégiques, très vite, elle a
42:45identifié le solaire et s'est donné le moyen de le faire.
42:48Alors, c'est vrai, certainement pas dans le cadre d'une économie de marché pure et parfaite comme on la
42:51connaît en Europe, mais elle a déployé des volumes conséquents.
42:54Donc nous, on constate quand même qu'il y a un réveil au niveau européen sur cette technologie comme sur
43:02d'autres.
43:02Il y a un règlement européen qui a été adopté l'année dernière qui s'appelle NZIA et qui permet,
43:06dans les cahiers des charges, des appels d'offres qui seront mis à disposition des opérateurs,
43:12d'inclure des critères, je le dis avec mes mots, de contenu local.
43:17Et puis on attend des propositions additionnelles de la Commission européenne.
43:21Donc il y a une prise de conscience, je pense grandissante, qu'en Europe, sur certaines technologies stratégiques et le
43:26solaire en fait partie,
43:27il faut regagner la souveraineté industrielle.
43:30C'est pour ça que je mentionnais les projets Gigafactory tout à l'heure.
43:32Donc oui, on a quelque part un peu raté cette bataille industrielle, mais on est en train, en tout cas
43:38on l'espère, d'essayer de regagner un petit peu de terrain.
43:41Alors le principe de cette émission, vous le connaissez sûrement, c'est que l'invité de la semaine précédente pose
43:46une question à celui ou celle qui va lui succéder.
43:49Il y avait le directeur stratégie et développement du groupe Avril, directeur général délégué de Sophie Protéole qui était à
43:56votre place, Xavier Dorchy.
43:57Voici sa question.
43:58Une question sur votre vision prospective de l'évolution du mix d'énergie renouvelable entre ces différentes sources et les
44:07enjeux d'alimentation régulière.
44:09L'alimentation régulière, derrière ça il y a la question du pilotage évidemment des ENR.
44:17Moins pilotable ? Pas pilotable ?
44:20Alors, on a en effet dans le secteur de l'électricité des sources qui sont variables, solaire et l'éolien.
44:27Mais aujourd'hui honnêtement, et quand on regarde ce qui se passe dans d'autres pays dans le monde qui
44:31ont des taux de pénétration beaucoup plus élevés que chez nous,
44:34on voit que c'est des sujets qui sur le plan technique sont tout à fait gérables.
44:39On a, et c'est une grande chance en France, je le rappelle, une grosse capacité hydroélectrique.
44:45Il ne faut pas l'oublier avec des STEP, des stations de transfert d'énergie par pompage.
44:50Donc ce sont deux bassins d'eau situés à différents niveaux.
44:53Quand on a trop d'électricité, on turbine de l'eau du bassin inférieur vers le bassin supérieur.
44:59Et quand on a besoin d'électricité, on fait l'inverse.
45:00Donc on a 5 gigawatts de STEP comme ça en France.
45:03Encore une fois, ce n'est pas des choses que vous trouvez dans d'autres pays.
45:06On est un pays très interconnecté.
45:09Donc on peut aussi gérer la variation de la production en exportant lorsque c'est nécessaire.
45:15Et puis bien sûr, avec ce qui se passe dans le secteur de la mobilité électrique,
45:19le prix des batteries est en train de s'effondrer littéralement.
45:21Donc on a toute une gamme de solutions de flexibilité qui sont soit déjà disponibles,
45:26soit en train de se déployer.
45:28Et bien sûr, les renouvelables, plus elles vont pénétrer le système,
45:30plus elles vont prendre de responsabilités, plus elles auront de devoirs.
45:34Et ça, c'est géré par toute une série de mécanismes dans lesquels je ne vais pas rentrer.
45:38Mais en tout cas, la variabilité aujourd'hui que certains appellent intermittence
45:42quand ils veulent le connoter de façon négative,
45:44ce n'est plus un sujet technique.
45:45Oui, et c'est clairement la critique principale qui est opposée aux énergies renouvelables,
45:51effectivement, l'intermittence, le fait que ce ne soit pas ou moins pilotable
45:56avec ce qui s'est passé en Espagne et au Portugal il y a quelques mois.
46:00Est-ce qu'on sait exactement ce qui s'est passé ?
46:02Est-ce que les ENR sont responsables, co-responsables du blackout ?
46:06Alors, sur le cas espagnol, il y a eu un rapport intermédiaire de l'association des gestionnaires
46:12de réseaux de transport européens, ENSOE, et quand vous regardez ce rapport,
46:16on voit qu'ils décrivent le phénomène qui est intervenu,
46:21mais à ce stade, on n'a pas encore de conclusion définitive sur quel a été l'élément déclencheur.
46:27Donc, c'est vrai qu'on avait vu, lorsque c'était arrivé,
46:29beaucoup de gens se précipitaient sur les plateaux télé pour dire que c'était la faute des renouvelables.
46:34On voit que lorsque les experts, et l'ENSOE, c'est quand même la conjonction
46:38de l'ensemble de l'expertise des gestionnaires de réseaux de transport en Europe,
46:41ils savent un peu ce qu'ils racontent, généralement,
46:44eux établissent un diagnostic qui, pour l'instant,
46:46ne pointe pas du doigt les énergies renouvelables.
46:48Donc, on comprend qu'il y aura un rapport final, sans doute, vers avril, si je ne dis pas de
46:53bêtises,
46:53donc on en saura un peu plus à ce moment-là,
46:55mais je pense qu'à ce stade, il faut faire un peu preuve de prudence sur les conclusions définitives.
47:00Alors, l'autre critique, j'enchaîne les questions, c'est que les énergies renouvelables coûtent cher.
47:07Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
47:09Non, les énergies renouvelables ont coûté cher, si on regarde le coût de production.
47:14Le solaire, à l'époque, il y a 15-20 ans, c'était 600 euros du mégawatt-heure.
47:19C'était très cher.
47:20Aujourd'hui, et grâce au soutien public, et c'est une bonne nouvelle,
47:26le soutien public a été efficace,
47:28il a permis de rendre ces technologies quasiment dix fois moins chères.
47:31Il n'y a pas beaucoup de technologies dans le secteur énergétique
47:34qui ont été divisées par dix ces dernières années.
47:38On voit même que certaines technologies sont plutôt sur des trajectoires inverses.
47:41Donc, oui, le coût unitaire des énergies renouvelables, aujourd'hui, il est très faible
47:46et il est compétitif par rapport à d'autres options décarbonées.
47:49Et puis après, il y a ce que ça rapporte.
47:51Il y a une étude, je crois, qui a été réalisée par Columbus Consulting
47:54sur les retombées fiscales des énergies renouvelables.
47:57Qu'est-ce qu'elle dit, cette étude ?
47:58Tout à fait.
47:58C'est une étude récente qui, je pense, permettra aussi peut-être
48:01d'irriguer un peu les débats sur les élections municipales.
48:04Elle dit que les énergies renouvelables ont rapporté, en 2024,
48:072,2 milliards d'euros de fiscalité aux collectivités.
48:12Donc là, on parle de la fiscalité directe et qui revient vraiment dans les territoires.
48:19Il y a 77% de ces 2,2 milliards qui reviennent au bloc communal,
48:23c'est-à-dire aux communes et aux intercommunalités.
48:26Oui, donc c'est des recettes qui sont là aussi prévisibles ?
48:29Alors, c'est des recettes qui sont en effet assises sur les actifs qui sont sur les communes,
48:35donc qui sont prévisibles, sauf parce qu'on commence à tout démanquer,
48:38mais normalement, on ne va pas prendre ce chemin-là.
48:41Donc, c'est prévisible et ça sera en augmentation au fur et à mesure
48:45que les énergies renouvelables se développeront.
48:47Et c'est une source, quand vous regardez les dotations
48:50qui sont quand même en baisse dans les collectivités,
48:52c'est un élément quand même intéressant pour des élus qui ont des projets,
48:56notamment quand on regarde dans l'étude,
48:59les communes très rurales,
49:01on voit que les énergies renouvelables ou l'éolien,
49:04ça peut représenter un quart, voire plus, du budget de la commune.
49:08Donc, c'est un élément quand même assez important
49:11et qui doit, je pense, être plus mis en évidence
49:14pour démontrer aussi l'utilité sociale dans les territoires de ces énergies renouvelables.
49:18Est-ce qu'il y a encore beaucoup de désinformation autour des énergies renouvelables ?
49:21Il y a de plus en plus, malheureusement, de désinformation,
49:24sans doute parce qu'elles ont un rôle croissant dans le système.
49:28Si vous regardez Côte à Climat, qui est un peu l'observatoire des médias
49:32sur ces sujets de désinformation,
49:34il y a eu 665 fake news climatiques sur la télé et la radio française en 2025.
49:41Une grosse partie de ces fake news tournent autour des énergies renouvelables.
49:46Il y a eu d'ailleurs un pic de désinformation au moment où le Parlement examinait le projet de loi
49:51sur la PPE 3.
49:52Donc, c'est assez intéressant de voir qu'il y a des épisodes comme ça un peu qui enflent.
49:57Mais oui, il y a de plus en plus de désinformation et c'est compliqué
50:00parce que le sujet énergétique, l'équation énergétique, on vient de le voir,
50:04elle n'est pas évidente.
50:05Il y a quand même beaucoup de chiffres.
50:07Et donc, il faut vraiment faire preuve de pédagogie pour éclairer au mieux le débat.
50:13Oui, 665 cas, ça fait 13 en moyenne par semaine.
50:16C'est quand même pas mal pour la télévision et la radio.
50:19Merci beaucoup Alexandre Roche à vous sur Be Smart for Change.
50:22On passe tout de suite à notre rubrique Startup.
50:31Smart Ideas, c'est notre rubrique consacrée aux startups, à l'innovation.
50:35J'accueille Alexandre Akpi. Bonjour.
50:37Bonjour Thomas.
50:38Bienvenue, vous êtes le fondateur de Zone Libre que vous avez créé en mai 2025.
50:42C'est quoi Zone Libre ? Racontez-moi.
50:45En fait, l'idée de départ de Zone Libre, c'est de reconnecter deux mondes.
50:48Et deux mondes qui ne se parlent pas vraiment, qui ne se comprennent pas vraiment.
50:52Il y a d'un côté le monde des entreprises, des marques, des institutions culturelles aussi.
50:56Et puis de l'autre, une génération, la génération qu'on appelle la Gen Z,
51:00qui a entre 18 et 25 ans.
51:03Et entre ces deux mondes, il y a une vraie incompréhension.
51:06Et cette incompréhension, elle se traduit en fait par un impact business qui est important,
51:13des pertes économiques.
51:14On a vu dans le luxe, par exemple, que le luxe a perdu jusqu'à 80 millions de clients ces
51:19trois dernières années.
51:20Et parmi ces 80 millions, l'essentiel vient de la Gen Z.
51:24Donc, il y a cette incompréhension, il est urgent de pouvoir y trouver une solution.
51:30Donc, vous dites un laboratoire de créativité non formaté.
51:33Non formaté, oui.
51:34Ça veut dire que les grandes marques, elles sont dans une…
51:36C'est un peu le lot des très grandes entreprises.
51:41Il y a des process, etc.
51:44On finit par tout formater ?
51:46En fait, on finit par avoir des codes, beaucoup de codes qui sont très fixés, très figés
51:51et qui se développent au fur et à mesure des campagnes, des produits et tout ça.
51:55Et notre créativité, elle est non formatée parce qu'en fait, elle vient de la Gen Z.
51:59Et c'est ça.
52:00En fait, notre différence chez Zonlib, c'est que tous nos créatifs sont de cette génération.
52:04Et cette génération, elle pense différemment.
52:07Elle ne pense pas de manière codée ou pas avec les mêmes codes que les entreprises d'aujourd'hui.
52:12Elles pensent en fait avec leur valeur, avec leur vision du monde, avec leur sensibilité.
52:17Et donc, moi, je n'ai que des créatifs de la Gen Z.
52:20J'en ai 18 de plein d'expertises différentes, du storytelling, du stylisme, dans la mode,
52:26de la création de contenu, plein d'expertises comme ça.
52:28Ils viennent aussi du Grand Paris.
52:31Et le fait qu'ils soient jeunes, qu'ils viennent du Grand Paris apporte une créativité
52:34qui est profondément humaine, en fait, très sincère.
52:36Ils viennent puiser au fond d'eux, en fait, ce qu'ils ont envie de dire
52:40pour créer des relations plus fortes avec les marques qui leur parlent.
52:43Quand vous dites qu'ils viennent, pour certains, du Grand Paris,
52:45ça veut dire parfois de quartier prioritaire de la ville.
52:48Exactement.
52:49Et avec la difficulté de se dire, tiens, je ne vais pas forcément oser travailler dans ce secteur-là
52:55ou bosser pour ce type de marque.
52:57En fait, ils n'ont pas toujours les réseaux, tout ça, ils n'osent pas toujours.
53:00Et alors qu'ils ont une créativité, ils ont des talents qui sont fous.
53:02Et surtout, et c'est pour répondre à votre point sur le non-formaté,
53:07ce sont souvent des profils non-académiques.
53:09C'est-à-dire qu'ils ont, et ça, c'est aussi spécifique à la Gen Z,
53:12ne pensent pas selon forcément les process et les paradigmes d'avant.
53:17Ces profils-là, ils pensent différemment.
53:19Parfois, ils sont allés en école, ils sont partis.
53:21Parfois, ils n'ont pas fait d'école, mais ils ont des talents juste incroyables.
53:24Alors, comment ça marche ?
53:25Les marques qui vous contactent, c'est quoi ?
53:28C'est un appel d'offres tout simple, c'est une campagne de pub,
53:30c'est une campagne d'accompagnement d'un produit ?
53:33Alors, en fait, on met les marques en face des jeunes.
53:36C'est ça aussi qui est intéressant.
53:38Et c'est là qu'il y a un vrai dialogue qui se crée dès le départ
53:41et qui permet aux jeunes de bien comprendre
53:42qu'est-ce qu'on peut dire de la marque qui est vraiment intéressante et qui nous parle.
53:46Il y a une phase de décodage, on va dire.
53:48Après, il y a une phase de création, où là, les jeunes trouvent des idées.
53:52Et ça peut aller vraiment très, très loin.
53:54Et ce n'est pas forcément des idées liées aux réseaux sociaux.
53:56On pourrait penser que cette jeunesse est tout le temps sur les réseaux.
53:59Non, elle pense de plein de manières différentes
54:01et elle pense beaucoup à l'expérience humaine.
54:04Donc, ils trouvent des idées d'expérience humaine,
54:08parfois après ce qu'elle est sur le digital,
54:11mais qui vont créer cette connexion avec les marques.
54:13Et après, on amplifie sur différents médias.
54:16Comment cette génération qui baigne dans la technologie
54:20utilise déjà l'intelligence artificielle
54:23et appréhende le risque pour la création humaine
54:28de la concurrence de l'intelligence artificielle ?
54:30On a beaucoup de discussions là-dessus.
54:31C'est passionnant.
54:32C'est passionnant.
54:33Encore la semaine dernière, j'étais avec toute l'équipe,
54:35on discutait de ces sujets-là très naturellement.
54:38Et en fait, ils sont beaucoup en contrôle.
54:40C'est pour ça que j'adore cette génération.
54:41C'est une génération qui est smart,
54:43qui est très en contrôle.
54:45En fait, c'est une génération, je dirais presque post-Internet
54:47ou post-avènement de l'Internet.
54:50C'est-à-dire qu'ils ont compris les rouages,
54:52ils ont compris comment ça marche,
54:53ils ont compris les risques,
54:54ils ont compris les opportunités,
54:55ils savent jouer avec ça.
54:56Et l'IA, c'est pareil, en fait.
54:58Ils savent ce que c'est très bien,
55:00ils savent en jouer,
55:01mais ils savent aussi ne pas en jouer
55:03et quand ne pas en jouer.
55:04On avait une discussion notamment sur l'importance des livres
55:07où il y en avait un jeune qui me disait
55:08« Mais en fait, l'avenir, c'est les livres. »
55:11Parce que là, les livres, en fait, ça existe, c'est physique,
55:13on peut le lire, tout le monde n'a pas accès,
55:15donc on peut avoir des vraies sources d'inspiration
55:17alors que ce qui est sur Internet,
55:18c'est disponible partout.
55:20Merci beaucoup, Alexandre Acquic.
55:22Bon vent à Zone Libre.
55:25Voilà, c'est la fin de ce Smart Impact.
55:27Je voudrais remercier Nathalie Croizet,
55:29la coordinatrice éditoriale,
55:30Alexis Mathieu à la prod,
55:32Fabien Bouknog, le réalisateur,
55:34Alexis Oustaba-Sidis au son.
55:36Belle journée à toutes et à tous.
55:38Je vous dis à très vite.
55:45Sous-titrage Société Radio-Canada
55:45Sous-titrage Société Radio-Canada
55:46Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires