Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 24 minutes
Mardi 31 mars 2026, retrouvez Samira Boussem (responsable ESG, Flexstone Partners), Cathy Dufour (déléguée générale, l'Ameublement français), François Kalfon (Député européen), Cécile Denormandie (déléguée générale, EPE) et Camille Decreux (cofondateur, Fiers) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:08Bonjour à toutes et à tous, bienvenue, c'est Smart Impact, l'émission des entreprises à impact positif.
00:13Voici notre sommaire du jour, c'est Cécile Denormandie, la déléguée générale d'entreprise pour l'environnement
00:19qui sera l'invité du grand entretien tout à l'heure, 26 minutes, pour voir si les entreprises françaises
00:25maintiennent leurs engagements malgré le backlash. D'abord, je reçois dans une minute Samira Boussem,
00:31responsable SG chez Flextone Partners, acteur international du private equity.
00:36On parle de l'évolution de l'investissement responsable. Est-ce vraiment un levier de création de valeur ?
00:42Réponse tout de suite. Et puis notre débat, il portera sur les normes européennes en matière d'objets importés,
00:47censés respecter la même exigence que les produits fabriqués sur notre continent.
00:51On parlera notamment d'ameublement, secteur confronté à la fast déco venue d'Asie.
00:57Et puis dans notre rubrique qui est consacrée aux start-up, la bonne idée du jour, elle est signée FIER,
01:01marque française de produits alimentaires qui emploie des personnes en situation de handicap.
01:05Voilà pour les titres, c'est l'heure de Smart Impact.
01:14L'invité de ce Smart Impact, c'est Samira Boussem. Bonjour.
01:18Bonjour.
01:18Bienvenue, vous êtes responsable SG chez Flextone Partners, que vous allez nous présenter en quelques minutes.
01:25Tout à fait. Flextone Partners fait partie de la galaxie Natixis Investment Managers.
01:29C'est un gérant de fonds de fonds dans le capital investissement avec à peu près 12,4 milliards de
01:35dollars d'actifs sous gestion et conseil.
01:37C'est 67 personnes basées à Paris, New York, Singapour et Genève.
01:42On est donc globaux, mais avec une expertise locale.
01:45On est un spécialiste du small mid-cap avec une ADN assez simple, sélectionnée de manière rigoureuse et disciplinée.
01:53Les meilleurs gérants qui ont la capacité de créer de la valeur opérationnelle.
01:58C'est quoi le small mid-cap ?
02:00Petite et moyenne capitalisation, PME, TI.
02:03C'est là où finalement, on est vraiment proche de l'économie réelle.
02:07Et toute notre approche responsable fait sens, puisqu'on va aller sélectionner des gérants, comme je viens de le dire,
02:13qui ont la capacité et la volonté d'accompagner les sociétés, ces petites sociétés, dans leur transformation et donc dans
02:19leur transformation responsable.
02:21Et ça, c'est clé pour nous et c'est sur ce sur quoi on travaille.
02:25Avec, évidemment, toutes les questions autour de l'efficacité, de la rentabilité.
02:29Et de ces mots, ces acronybles, RSE, ESG, est-ce qu'on sait encore ce que ça veut dire aujourd
02:35'hui ?
02:35Alors, c'est une bonne question.
02:36Et d'ailleurs, pour la petite histoire, en septembre de chaque année, à Genève, il y a un peu la
02:41grande messe de Building Bridge,
02:43où se réunissent les ONG, tout le monde autour de la finance durable.
02:47Et John Kerry, l'ex-secrétaire général des États-Unis, est arrivé pour des panels.
02:52Et en fait, il a utilisé des termes très intéressants.
02:55Au lieu de dire ESG, il a dit arrêtons avec l'ESG et parlons d'efficiency, security and gross.
03:01Et je pense qu'aujourd'hui, effectivement, tous ces acronymes, il faut arrêter.
03:04Il faut arrêter d'avoir des acronymes spécifiques pour ces sujets,
03:07puisque finalement, ce sont des sujets réels, des sociétés.
03:11Et sans revoir ces sujets ou sans travailler dessus, on n'arrivera à rien.
03:16Et d'une certaine façon, stratégiques et transversaux, c'est ce que je comprends aussi.
03:21Ça fait partie du day-to-day, du business as usual, si je puis me permettre ces termes.
03:27Donc en fait, aujourd'hui, quand on regarde une société,
03:29quand on veut accompagner des gérants, puisqu'on est en fonds de fonds,
03:32donc ces gérants-là investis dans des participations,
03:35ils vont créer de la valeur opérationnelle.
03:37Cette valeur opérationnelle, elle ne peut pas être dissociée entre
03:40« je vais chercher de la croissance » et puis « ah non, je vais aller travailler sur les employés,
03:45sur des sujets sociaux, sur des sujets d'efficience énergétique, par exemple. »
03:49Donc ça fait partie, finalement, de cette création de valeur opérationnelle.
03:53Votre stratégie d'investissement responsable, comment vous la définissez ?
03:56Alors, on la définit plutôt, on n'est pas en train de chercher,
03:59donc on investit au travers de gérants, on fait du fonds de fonds,
04:02donc on n'investit pas en direct dans les participations.
04:05Donc nous, on veut vraiment sélectionner des gérants qui ont cette capacité
04:08et la volonté de travailler avec leur participation.
04:11Donc concrètement, ça veut dire qu'ils investissent dans leur participation
04:15et ils vont les accompagner, ils ont une réelle exécution, finalement,
04:19d'aller mettre en place des plans d'action.
04:21Et donc quand on analyse ces plans d'action,
04:23on regarde vraiment de quoi on parle concrètement
04:25et quels sont finalement les moyens déployés.
04:29Et ça, c'est important.
04:30Donc on est plus dans une approche de transformation, d'accompagnement
04:33et on ne cherche pas forcément des gérants qui sont déjà en place sur ces sujets.
04:39On est aussi là pour accompagner.
04:41Parce que pour nous, ce qui est important, c'est aussi la trajectoire.
04:43Ce n'est pas juste le moment, comment on est à aujourd'hui,
04:47c'est quelle est la trajectoire, la volonté et la conviction.
04:50Et alors, ça répond en partie à la question que je vais vous poser maintenant
04:53sur le backlash, sur le retour de bâton.
04:55On est quand même dans une période particulière aux États-Unis, en Europe.
05:01Est-ce que vous, vous le ressentez ?
05:02Ou est-ce que, justement, il y a une trajectoire qui ne s'infléchit pas ?
05:08Alors, effectivement, il y a eu tous ces sujets, le SG backlash.
05:12Alors, je ne sais pas si vous visualisez la hype cycle de Gardner,
05:15qui est en fait une courbe assez intéressante,
05:19qui finalement, qui n'a rien à voir avec le SG,
05:21mais qui est utilisée pour un peu définir les étapes d'innovation.
05:26Donc, on a toujours l'engouement, un pic,
05:29et puis des illusions, et ensuite un plateau.
05:31Et bien, on peut l'utiliser sur l'investissement durable.
05:33On a exactement les mêmes phases.
05:35Donc, c'est vrai qu'au début, on a eu un engouement,
05:37on a eu un peu beaucoup de marketing.
05:39On a mis énormément de choses sur les épaules de l'ESG.
05:43Sauver la planète, je pense qu'on était un peu...
05:46Ambitieux.
05:47Exactement, merci.
05:48Un peu beaucoup ambitieux.
05:50Et puis surtout, il ne faut pas se voiler la face.
05:53Ce n'est pas vrai, ce n'est pas ça qu'on cherche avec l'ESG.
05:55Donc, en fait, on a mis énormément de choses sur les épaules de l'ESG.
05:58Donc, on arrive aujourd'hui à ce...
05:59Enfin, finalement, ce qui se passe aujourd'hui peut être vu comme mérité.
06:03Et je pense que, voilà, c'est cet ISJ backlash dont on parle aujourd'hui.
06:08On sait pourquoi il est là.
06:10Maintenant, je pense que ce qui est important de se dire, c'est qu'au final, oui, il y a
06:17tout ce bruit autour.
06:19Mais pour moi, c'est une opportunité.
06:20Une opportunité de remettre l'église au milieu du village, de repositionner finalement qu'est-ce qu'on veut, de
06:26quoi on parle exactement.
06:27Et il y a eu un article récemment de François Guemme, qui est professeur à HEC et surtout, qui est
06:34le co-auteur du sixième rapport du GIEC, qui dit la fin de l'ISJ backlash.
06:39Pourquoi il dit ça ? Il dit ça par rapport au contexte.
06:41François Jemen, c'est ça ?
06:42Oui, exactement, pardon.
06:43François Jemen, qui dit, je ne sais pas si vous l'avez vu dans les échos, et qui dit à
06:48juste titre, finalement, aujourd'hui, on a parlé de cette transition autour du climat.
06:55Et on ne l'a pas positionné là où on aurait dû le positionner.
06:57Quand on parle, par exemple, de souveraineté, ce n'est pas juste la souveraineté énergétique.
07:01On le voit aujourd'hui avec le contexte géopolitique.
07:04Tout ce qui est en train de se passer, le prix du gaz, le prix du pétrole, qui augmente de
07:08plus de 20-30%, ça a un impact sur l'économie.
07:11Donc si on repositionne ces sujets-là liés à l'économie et à ce qu'on veut en faire, je
07:17pense que finalement, l'ISJ backlash, c'est peut-être sa fin, ou en tout cas, on est sur plutôt
07:21une direction positive, à mon sens.
07:23Oui, mais il y avait quand même le Net Zero Banking Alliance, ou Alliance, qui voit les banques américaines la
07:31quitter.
07:32Oui, c'est vrai.
07:32Là, c'est quand même quelque chose de très concret, en termes de réduction des engagements en matière de finances
07:40responsables des grandes organisations bancaires.
07:44Mais après, les investisseurs institutionnels, est-ce qu'ils se désengagent ? Non. Est-ce que la Net Zero Asset
07:48Owners a été impactée ? Non.
07:50Elle a redéfini récemment son cadre pour être plus pragmatique.
07:54Donc je pense qu'on va plus vers des stratégies ou en tout cas des éléments plus pragmatiques.
07:58Donc les investisseurs institutionnels n'ont pas fini avec leurs engagements.
08:04Ils sont peut-être plus pragmatiques.
08:07Et donc voilà.
08:08Et pareil, récemment, il y a eu un article disant que des épargnants attaquaient des fonds de pension américains et
08:15canadiens
08:15parce qu'ils ne prenaient pas en compte le risque climatique.
08:17Donc on a de tout finalement dans le spectre.
08:20Et maintenant, il faut trouver sa place.
08:22Et au contraire, peut-être qu'on va avoir maintenant une vision plus claire et réaliste
08:26de ce que l'on peut faire et de ce que l'on doit faire.
08:30Avec quand même cette espèce de palier, je trouve toujours ce chiffre.
08:34La finance durable, c'est 1% de la finance mondiale.
08:37Et on en reste là. Ça ne bouge pas.
08:40Ça ne bouge pas parce que déjà, de quoi on parle en fait ?
08:43De quoi parlons-t-on ? 1% c'est quoi ?
08:46Et puis ça prend peut-être du temps.
08:49Non, ce n'est pas beaucoup, mais qu'est-ce qu'on compte dedans, dans ces 1% ?
08:53De quel fond parle-t-on ? Est-ce qu'on a toutes les données dessus ?
08:57En tout cas, on sait qu'on a un besoin assez vrai, qu'aujourd'hui, on a un vrai gap.
09:02Ça, il faut le reconnaître.
09:03Donc qu'est-ce qu'on doit faire aujourd'hui pour ne plus creuser ce gap en fait ?
09:08Donc il y a un vrai travail, je pense.
09:10Parce que vous êtes d'accord avec moi, vous détenez là un levier, le levier financier,
09:16qui est peut-être, moi je suis convaincu que c'est le plus efficace en termes de transformation.
09:21Pourquoi on reste, il y a ce plafond de verre là des 1% ?
09:25Je suis d'accord, il y a trop de définitions, on ne sait plus où sont les labels, etc.
09:28Mais il n'empêche qu'on voit bien qu'il n'y a pas un mouvement mondial pour passer à
09:315 ou 10%.
09:32Donc c'est quoi ? C'est moins rentable ? C'est tout simplement pour ça ?
09:35Je ne pense pas que ce soit moins rentable.
09:37En fait, déjà, comment on calcule cette rentabilité ?
09:40Est-ce qu'aujourd'hui, justement, on ne fait pas un focus trop sur ce côté rentable court terme
09:45et qu'on ne garde pas le côté rentable long terme ?
09:47Donc déjà, posons-nous la question de quand on parle de rentabilité,
09:51est-ce qu'on garde les bons indicateurs ?
09:53Est-ce que finalement, toutes ces externalités négatives,
09:56aujourd'hui, finalement, une société, lorsqu'elle impacte de manière négative l'environnement,
10:02ça retombe sur son business à elle-même ?
10:04Donc du coup, quand on parle de rentabilité, est-ce que ça, je l'intègre ?
10:07Est-ce que, par exemple, quand je suis dans mon portefeuille et que j'ai plusieurs sociétés,
10:10j'ai une société qui va apporter des solutions autour du climat,
10:14est-ce que finalement, ça ne va pas être une opportunité pour une autre société que j'ai dans mon
10:17portefeuille
10:18qui va permettre d'améliorer ce rendement ?
10:19Donc est-ce qu'on utilise les bons indicateurs ?
10:22Est-ce qu'on se pose les bonnes questions ?
10:23Est-ce qu'au final, aujourd'hui, ce qu'on veut faire,
10:26c'est plutôt justement ne plus avoir cet impact global sur l'économie ?
10:30Aujourd'hui, on le voit.
10:31Il va y avoir un impact monstrueux par rapport à ce qu'on est en train de vivre
10:36sur ce contexte géopolitique avec la hausse du pétrole du gaz
10:39et du coup, ça va se répercuter finalement sur l'économie en fait.
10:43Donc qu'est-ce qu'on fait au final ?
10:45Comment on mesure tout ça ?
10:47Est-ce qu'on n'est pas en train de simplifier finalement cette donnée
10:50et que du coup, on a effectivement une vision court-termiste
10:55comparée à une vision longue-termiste ?
10:57Merci beaucoup Samira Boussem, à bientôt sur Vsmart4Change.
11:01On passe tout de suite à notre débat.
11:03Attention à la face déco.
11:10On parle de la face déco dans ce débat avec Cathy Dufour.
11:14Bonjour, bienvenue.
11:15Vous êtes la déléguée générale de l'abeublement français.
11:18François Calfon, bonjour.
11:19Heureux député du Parti Socialiste.
11:22Alors, je disais face déco, de quoi on parle ?
11:24C'est quoi la face déco ?
11:26C'est la face fashion ?
11:27C'est à peu près la même chose, mais pour le monde de la décoration et du meuble,
11:31on va le retrouver sur les mêmes plateformes chinoises que sur la face fashion.
11:36Chine, alors un peu moins depuis le scandale des poupées pédopornographiques,
11:40mais surtout, beaucoup plus inquiétant,
11:43Temu et puis d'autres plateformes qui sont en train d'arriver,
11:45type Joybuy, TikTok, etc.
11:47Mais nous, on va se concentrer principalement sur Temu.
11:5017% des Français ont acheté au cours des 12 derniers mois
11:53au moins un produit d'ameublement et de décoration sur cette plateforme
11:57à des prix défiant toute concurrence.
12:00Nous, on pense qu'il y a de la vente à perte quand on regarde les prix,
12:03avec des pratiques commerciales tout à fait douteuses
12:06et surtout des produits absolument non conformes à la réglementation européenne.
12:09Ça, on va y revenir.
12:10Sur le constat, sur cette déferlante,
12:13elle est, François Calfon, conjoncturelle ?
12:16Elle est beaucoup plus importante depuis quelques mois ?
12:19Qu'est-ce qu'on peut en dire ?
12:19Écoutez, c'est simple.
12:20Elle est structurelle pour deux raisons.
12:22Pas conjoncturelle, elle est structurelle pour deux raisons.
12:25La première, c'est l'état de l'économie chinoise.
12:27Comme tout le monde sait que la Chine n'est pas une démocratie
12:30et qu'ils ont une masse de travailleurs,
12:31dans le temps, on disait les travailleurs de l'intérieur
12:34qui viennent vers les côtes,
12:35pour maintenir le pacte social.
12:37Ça a toujours été le deal en Chine.
12:39Il n'y a pas la démocratie,
12:40mais on vous donne le bien-être économique.
12:42Eh bien, il faut donner du travail à tous ces gens-là.
12:44Et donc, ces plateformes qui n'ont rien de privé,
12:47en réalité, sont l'exutoire du fait
12:50qu'il n'y a plus de croissance en Chine
12:52et qu'il faut une paix sociale.
12:53Ils avaient parié sur une consommation intérieure
12:55qui allait progresser.
12:57Elle progresse moins que prévu.
12:58Elle progresse moins que...
13:00Elle est même tout à fait déprimée.
13:03Et du coup, la question de la vente à perte,
13:05est structurante.
13:06Parce qu'en réalité, dans toutes les industries,
13:08dans l'automobile, c'est pareil,
13:09dans toutes les industries,
13:11la Chine subventionne ses exportations.
13:14Pour des raisons.
13:14D'abord, on pense que c'est pour nous tuer.
13:18C'est pour nous tuer.
13:19Mais d'abord, à court terme,
13:20pour maintenir un cadre social
13:22qui permet aux partis communistes chinois
13:24de rester sur ses bases.
13:26Et comme c'est l'atelier du monde,
13:28ils ont un excès de cash
13:31tellement considérable,
13:32les poches tellement profondes
13:33qui peuvent se permettre
13:34de subventionner leur économie.
13:36Après, le deuxième aspect
13:37et plus économique,
13:39c'est qu'ils achètent
13:41de la part de marché
13:41en tuant leurs concurrents.
13:43Alors, c'est dans l'automobile,
13:45c'est dans les biens de consommation finaux.
13:47Ça, c'est les plateformes.
13:49Et ensuite, bien sûr,
13:50il y a des monopoles.
13:51Et quand ils auront tué tout le monde,
13:53les prix remonteront.
13:54Je peux même donner une anecdote.
13:56On est en peu de temps,
13:56mais je suis allé voir
13:58chez nos amis de Seb,
13:59Hoover,
13:59la dernière usine d'aspirateurs
14:02en France,
14:03à Vernon,
14:04dans l'Eure,
14:04pas loin d'ici.
14:05Et maintenant,
14:06c'est même eux qui fournissent
14:07les machines,
14:08outils,
14:08qui permettent, par exemple,
14:09la plasturgie au sein.
14:11Mais ça, en soi,
14:12ils savent le faire,
14:13tant mieux.
14:14Encore une fois,
14:15ils les fournissent
14:15à des prix défiant
14:16toute concurrence.
14:17Et vous savez ce qu'ils ont inventé
14:18pour nous tuer ?
14:19Même pour la production locale,
14:21ils ont inventé une taxe
14:22à l'exportation de ces machines
14:24pour renforcer le coût
14:25de la production locale.
14:26Donc, profondeur
14:29et un parti communiste.
14:30Et le deuxième aspect,
14:31d'une phrase,
14:31parce que ça,
14:32il n'y aura pas besoin...
14:32Parce que sinon,
14:33il n'y aura plus le temps pour...
14:34Non, il n'y aura pas besoin.
14:35Évidemment,
14:35il y a les tarifs de Trump.
14:36C'est-à-dire qu'il n'y a plus
14:37le débouché américain.
14:38Donc, c'est là où on a vu
14:39l'explosion
14:40de toutes ces plateformes en Europe
14:41comme seul débouché.
14:42Et on va voir
14:42quelle solution...
14:43Vous voyez, c'était une phrase utile.
14:44Quelle solution
14:45on peut mettre en place.
14:47Mais on a vu,
14:48malheureusement,
14:49dans l'univers
14:50de la mode du prêt-à-porter,
14:52des enseignes françaises
14:53qui étaient là
14:54depuis très longtemps
14:54disparaître les unes après les autres.
14:55Est-ce qu'on en est là aussi
14:57pour les enseignes
14:58d'ameublement
14:59et de décoration ?
15:00On n'en est pas là
15:00pour le monde
15:01de l'ameublement,
15:02fabrication et distribution,
15:03même si on est dans un climat
15:04qui est quand même
15:04très morose en Europe.
15:06Sur la fabrication française,
15:08en France,
15:09on a quand même aujourd'hui
15:10encore 37%
15:11de parts de marché
15:13de la fabrication française
15:14de meubles
15:15sur ce qui est vendu en France.
15:17C'était le double
15:17il y a 25 ans.
15:18D'accord ?
15:19Donc,
15:19ce qui nous inquiète là
15:21aujourd'hui en effet,
15:22c'est cette concurrence déloyale
15:23des plateformes chinoises
15:24qui cassent les prix,
15:26les référents prix du marché,
15:27qui ne payent pas la TVA,
15:29qui ne payent pas
15:30l'éco-contribution
15:30et donc,
15:32ce qui est forcément
15:32encore plus simple
15:33d'être moins cher
15:34quand on ne respecte déjà pas
15:36ces deux obligations
15:37réglementaires,
15:37qu'on ne respecte pas
15:38les conditions de sécurité.
15:40Et il y a un tel phénomène
15:41d'accélération
15:42que ce qui nous inquiète nous,
15:43c'est qu'on est en train
15:44de casser des référents
15:45prix du marché,
15:45le consommateur va être
15:46de plus en plus perdu
15:48sur ce qui est la vraie valeur
15:49des choses.
15:50Et donc,
15:51nos 37% de parts de marché
15:53aujourd'hui,
15:54nous,
15:55on alerte aujourd'hui
15:56pour ne pas que ça devienne
15:5715% dans 10 ans
15:59ou peut-être moins.
16:00Alors,
16:01on va voir quel levier
16:01activé effectivement
16:02avec ce chiffre
16:03qui vient de la Commission européenne.
16:04Je me suis dit
16:05mais ce n'est pas le bon chiffre.
16:06En 2024,
16:06sur un million de produits
16:08importés dans l'Union européenne,
16:10seulement 82
16:12ont été contrôlés
16:13physiquement.
16:14C'est la Commission européenne
16:15qui donne ces chiffres.
16:16Ils ne sont pas farfelus.
16:17C'est quand même
16:17un fiasco absolu.
16:20Comment ça s'explique ?
16:21Déjà,
16:22les opérations de contrôle,
16:23c'est les États membres,
16:24ce n'est pas la Commission européenne.
16:25Quand vous avez,
16:26moi j'ai rencontré la douane,
16:27ils ne peuvent pas le dire,
16:28moi je peux le dire à leur place,
16:29c'est les agents de Bercy.
16:30À chaque fois qu'on fait
16:31des réserves de précautions,
16:32on tape dans les agents de la douane.
16:34C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
16:35il y a 16 000 agents de la douane
16:37et la DGCCRF
16:39sur la conformité des produits,
16:40sécurité.
16:41Vous savez combien il y a d'agents
16:42en France
16:42pour 70 millions d'habitants ?
16:443 500 agents.
16:45C'est-à-dire qu'ils ne peuvent pas travailler.
16:47Donc, il y a quand même des réponses.
16:49Il y a eu l'incapacité physique
16:50à contrôler tous ces produits.
16:52La réponse, c'est bien sûr
16:53la data,
16:54l'intelligence artificielle, etc.
16:56On a une loi douanière
16:57qu'on a anticipée d'ailleurs,
16:59puisqu'on a mis en place
17:00deux façons anticipées,
17:01alors que la loi n'est même pas prise.
17:03Une taxe à 3 euros
17:05sur laquelle va s'ajouter 2 euros.
17:07Alors attention,
17:07ce n'est pas par la commande,
17:09c'est par chaque catégorie de produits
17:10que vous commandez.
17:12Et quand on sait
17:13que le ticket moyen,
17:14alors ce n'est pas les meubles,
17:15c'est 2,60 euros sur les plateformes,
17:17vous rajoutez quand même 5 euros,
17:18ce n'est pas rien,
17:19ça fait 7,50 euros,
17:20ça change totalement la nature.
17:22Et si vous,
17:22dans une même commande,
17:25il y a 3 catégories de produits,
17:26c'est 15 euros.
17:27Donc déjà,
17:28ça freine énormément les choses.
17:30Vous envoyez déjà les effets ?
17:31Les effets,
17:32c'est que la France a anticipé,
17:33par une loi,
17:34sur la taxe à 3 euros,
17:36et qu'il n'y a plus
17:37d'importation en France,
17:39quasiment plus.
17:39On est passé de ça à ça,
17:41d'importation par les plateformes.
17:43Parce qu'elles sont allées,
17:44c'est pour ça qu'il faut
17:45une loi européenne,
17:46dans d'autres pays,
17:47et c'est les camions
17:48qui ramènent les commandes.
17:49Donc les effets,
17:51la taxe à 5 euros,
17:52ils sont énormes.
17:53Deuxième chose,
17:54parce qu'on peut aller accélérer,
17:55on a 13 minutes,
17:56peut-être 5 maintenant,
17:58la stratégie de Chine
17:59est tout simplement
18:00d'arrêter l'histoire
18:02du petit colis.
18:02Donc là,
18:03on a un problème,
18:04c'est qu'ils sont en train
18:05d'ouvrir des méga-entrepôts
18:07en Pologne,
18:09c'est des hectares,
18:10des hectares d'entrepôts,
18:12comme ça,
18:12et certes,
18:13ils seront soumis
18:14non plus à la taxe
18:15sur le petit colis,
18:15mais à la TVA,
18:16mais il y a
18:17une espèce d'autoroute.
18:19Alors,
18:21comment on lutte ?
18:21Donc la taxe à 5 euros.
18:22Deuxième chose,
18:23parce qu'on n'aura jamais
18:24les agents du service public
18:25dans tous les pays
18:26en nombre suffisant,
18:28eh bien aujourd'hui,
18:28quand vous prenez
18:29un conteneur en Roissy
18:30et que vous prenez
18:31un pays non conforme
18:32sur les douanes,
18:33non conforme sur la sécurité,
18:35eh bien c'est le seul produit
18:36lui-même
18:37qui est réputé non conforme.
18:39Demain,
18:39avec le passeport numérique
18:40du produit,
18:41le produit est réputé
18:43non conforme,
18:43donc un,
18:44je ne sais pas quoi,
18:45un meuble,
18:46les fameux matelas enroulés,
18:48eh bien,
18:49avec le passeport numérique
18:50produit
18:50et les databases européennes,
18:52et je félicite la France,
18:53je me suis battu pour,
18:55et l'autorité douanière européenne,
18:56il y aura des databases européennes.
18:58Le produit est non conforme en France,
19:00contrôlé par la DGCCRF,
19:02il apparaît non conforme,
19:03l'ensemble des douanes
19:04et des autorités
19:05de contrôle de la sécurité
19:06des produits,
19:07il est réputé non conforme.
19:09Deuxième instrument,
19:10et comme ça,
19:10on ne sera pas trop technique,
19:12l'inversion de la charge
19:13de la preuve
19:13sur la responsabilité.
19:14Aujourd'hui,
19:15Tému,
19:16Chine,
19:16etc.,
19:17c'est l'histoire
19:17des poupées pédopornographiques.
19:19Ah,
19:19mais ce n'est pas nous,
19:20nous on a vendu un produit,
19:21on retire le vendeur,
19:22c'est une place de marché,
19:23c'est comme si vous étiez placé
19:25dans un marché physique,
19:26il y a une contrefaçon,
19:27le placier dit,
19:28il n'y aura plus commerçants.
19:29Mais la vérité,
19:30c'est qu'en l'été,
19:30ils commandent,
19:31c'est un peu comme sur Uber,
19:34etc.,
19:34c'est les vrais employeurs,
19:36et donc,
19:36il y a une inversion
19:37de la charge de la preuve
19:38qui est prévue
19:38dans la réforme douanière
19:39qui va rentrer en discussion,
19:41vous êtes réputé responsable
19:44en tant que plateforme
19:45des produits défectueux,
19:46ça,
19:46ça change tout.
19:46Double question,
19:47Cathy Dufour,
19:48sur ces nouvelles réglementations,
19:51est-ce qu'elles vous semblent
19:52potentiellement efficaces ?
19:53Et puis,
19:53sur ces contrefaçons
19:55ou ces produits non conformes,
19:56de quoi on parle ?
19:57À quel point ça peut être dangereux
19:59pour les consommateurs ?
20:01Tous les produits ne sont pas dangereux
20:02puisqu'il n'y a pas forcément
20:03des enjeux de sécurité
20:04sur tous les produits,
20:05mais vous prenez les chiffres,
20:06je crois,
20:06qui ont été donnés hier
20:07par le ministre Papin,
20:09700 contrôles
20:10de la DGCCRF
20:11l'année dernière,
20:1370% de non conformité,
20:15dont 45%
20:16de dangerosité.
20:18D'accord ?
20:18Sur le meuble,
20:20c'est le cas,
20:20on a testé des lits superposés
20:21pour des enfants,
20:22des tables allongées,
20:23c'est catastrophique,
20:24on a des risques
20:25de strangulation,
20:26on a des risques
20:26de pendaison,
20:27d'étouffement,
20:28enfin,
20:29voilà,
20:29et les produits sont
20:30parfaitement non conformes.
20:31C'est un trafic organisé,
20:32je pense qu'il faut
20:33qu'on en ait complètement
20:33conscience.
20:35On a des produits
20:36qui contournent
20:36la réglementation,
20:37on a des plateformes
20:38qui contournent la réglementation
20:39qui ont malheureusement
20:39toujours un coup d'avance.
20:40On met 3 euros en France,
20:42c'est bon,
20:43on atterrit ailleurs
20:44et puis on fait passer
20:44la frontière.
20:45Il y a l'Europe
20:46qui va mettre
20:47la taxe petit colis,
20:48on est en train
20:49de construire
20:49des entrepôts
20:50en Pologne
20:50pour pouvoir
20:52gérer la logistique
20:53différemment.
20:53Donc,
20:54il faut vraiment
20:54qu'on ait une réponse,
20:55je pense,
20:55très ciblée
20:56sur les plateformes
20:57parce que
20:58les vendeurs tiers,
20:59ils apparaissent,
21:00ils disparaissent.
21:01C'est-à-dire que la réponse
21:02technologique
21:02dont nous parlait
21:03François Calfont
21:04à l'instant,
21:04elle vous semble
21:06suffisante ?
21:07C'est une brique
21:08du mur
21:09qu'il faut...
21:09C'est une brique du mur,
21:11elle nous semble
21:11absolument nécessaire
21:12et je pense que
21:13le sujet
21:14de la coordination aussi,
21:15on le voit
21:16quand on s'aperçoit
21:16que d'un point de vue fiscal,
21:17il y a un problème
21:18sur la TVA.
21:19En général,
21:20nous,
21:20les produits
21:21qu'on a testés,
21:22ils étaient frauduleux
21:23sur la TVA,
21:25l'éco-contribution,
21:26la sécurité,
21:27l'information produite
21:27aux consommateurs.
21:29Bon,
21:29et les pratiques commerciales,
21:30j'en ai pas parlé,
21:31mais voilà,
21:32donc il y a un moment...
21:34En l'état,
21:34parce que je dis
21:35l'évolution de la réglementation,
21:36mais en l'état
21:37du droit européen,
21:38on peut tout à fait
21:38taper TEMU,
21:39parce que par exemple,
21:40il y a tout ce qui est
21:42la pratique
21:42des pratiques addictives
21:44de fausse promotion
21:46et de jeux,
21:46de gaming.
21:48C'est-à-dire que
21:49si vous...
21:49Moi,
21:50je me suis inscrit
21:51sur TEMU
21:51juste pour voir,
21:52mais vous êtes
21:53abreuvés
21:53de réduction,
21:56de jeux...
21:56C'est parce que du harcèlement,
21:57encore en permanence,
21:58on sollicite notre attention.
22:00la loi qui régule
22:01l'Internet
22:01et toutes ces plateformes,
22:03ils sont déjà sanctionnables.
22:04Simplement,
22:05je vais le dire
22:05avec des mots simples,
22:06la commission faisait dodo.
22:08C'est-à-dire qu'il n'y a pas
22:08une enquête
22:09qui était ouverte.
22:10Votre serviteur
22:11sur l'affaire de Chine,
22:12je suis allé voir
22:12la commissaire en charge,
22:13Mme Verkunen,
22:14pendant la...
22:16Finalement,
22:17pendant le scandale
22:17des poupées sexuelles,
22:18il y avait des...
22:19Comment dire ?
22:20Des informations préalables
22:22qui étaient ouvertes,
22:24aucune enquête
22:25contre Chine.
22:27au premier trimestre.
22:28L'enquête vient de tomber.
22:29Donc, en réalité,
22:30c'est les États membres,
22:31ce n'est pas la commission
22:32qui est dans un État flottant,
22:34c'est les associations
22:35de consommateurs,
22:36ce sont les professionnels
22:37qui peuvent mettre
22:37la pression sur la commission.
22:39Et quand on regarde
22:39le moi profond
22:40de la commission,
22:41parce que
22:42M. Thierry Breton
22:43a laissé une boîte à outils
22:44pour taper très violemment
22:46ces plateformes,
22:47pourquoi la commission
22:47ne les utilise pas ?
22:48Parce que derrière,
22:49c'est de la politique.
22:50Mme Van der Leyen
22:51qui dit
22:52« Je n'ai plus
22:52le débouché américain,
22:54je veux pouvoir faire
22:55du commerce
22:55avec la Chine »,
22:57voire un peu
22:58les voitures allemandes
22:59qui sont les machines
23:00outils allemandes,
23:01etc.
23:02Et donc,
23:03on est peu allant
23:03sur, finalement,
23:06les...
23:07sur l'ouverture
23:09d'enquête.
23:09On a les règlements
23:09mais on les utilise
23:11assez peu ces lois.
23:13Et on peut le faire.
23:15Après,
23:15il y aura aussi
23:16toute une série de choses
23:17sur le contenu local.
23:20L'économie du meuble,
23:22ça peut être aussi
23:22les commandes
23:23par les appels d'offres.
23:24Donc,
23:24nous nous battons
23:25pour du « made in Europe »,
23:27pour du contenu local
23:28dans les appels d'offres.
23:29Un dernier mot
23:30sur, effectivement,
23:31une sorte de préférence européenne
23:32qui pourrait sauver
23:33un secteur comme le vôtre
23:34ou en tout cas
23:35le booster.
23:36Oui, bien sûr.
23:37Enfin, nous,
23:37on milite beaucoup
23:38pour le coût d'usage.
23:39Je pense que ça,
23:40c'est un point important.
23:41Enfin, on travaille
23:41sur des produits
23:42qui sont durables,
23:43qui ont une valeur d'achat
23:44bien supérieure,
23:45évidemment,
23:45à ce qui arrive de Chine
23:46et qui ne respectent pas
23:47la réglementation.
23:48Mais dans la durée,
23:50pour le consommateur,
23:51ça vaut le coup.
23:51Donc, je pense qu'on a
23:52une vraie réflexion
23:52à avoir sur le coût d'usage
23:55et c'est vrai aussi
23:55dans les marchés publics
23:57avec peut-être une façon
23:58de repenser aussi
23:59les achats publics
24:01qui sont très one-shot
24:02en fonction de subventions
24:04et qui ne regardent
24:05probablement pas
24:05sur notre catégorie de produits
24:07la notion d'entretien
24:08et de durée d'utilisation.
24:11Donc là,
24:11on est dans la dimension française
24:12d'achat public en France,
24:13soit de l'État,
24:14soit des collectivités locales.
24:15L'achat public,
24:16il y a une réforme des marchés publics
24:20puisque c'est une législation européenne
24:22et nous nous battons,
24:23c'est là l'autre aspect,
24:24pour qu'il y ait ce made in Europe
24:25qui aujourd'hui,
24:26on n'a pas le droit
24:26de discriminer
24:27par l'origine du produit.
24:29Et c'est un chemin de croix
24:31en toute laïcité
24:32à opérer en Europe
24:33pour convaincre
24:34nos partenaires européens
24:35qui ne sont pas
24:35sur cette vision-là.
24:36Merci beaucoup,
24:37merci à tous les deux,
24:38à bientôt sur Bsmart4Change.
24:40On passe au grand entretien
24:41de ce Smart Impact
24:42avec Cécile Denormandie,
24:43la déléguée générale
24:44de l'Association française
24:46des entreprises
24:46pour l'environnement.
24:52Prêt pour l'impact,
24:53c'est la question que je pose
24:54chaque jour
24:54à une personnalité
24:55qui compte
24:56dans notre économie.
24:58Je reçois aujourd'hui
24:59Cécile Denormandie.
25:00Bonjour, bienvenue.
25:01Bonjour.
25:01Vous êtes la déléguée générale
25:03d'EPE,
25:03Entreprises pour l'environnement.
25:05C'est quoi, EPE ?
25:05Ça existe depuis combien de temps ?
25:07Qui vous représentez ?
25:08Alors, EPE,
25:09c'est une association
25:11qui rassemble
25:12une soixantaine
25:13de grandes entreprises françaises
25:14qui sont engagées
25:15sur les sujets
25:17de l'environnement.
25:18C'est une association
25:19qui existe depuis 1992,
25:21donc le sommet de la Terre
25:22à Rio,
25:23qui à l'époque,
25:24voilà,
25:24avait généré,
25:25évidemment,
25:26des réactions
25:26dans le monde privé
25:27et avait conduit
25:29à la création
25:29d'entreprises
25:30pour l'environnement.
25:32Donc nous,
25:33on rassemble
25:34ces grandes entreprises.
25:35C'est les grands groupes,
25:35vraiment,
25:36c'est les plus grandes entreprises.
25:37Il y a à peu près
25:3870% du CAC 40,
25:40le reste,
25:40c'est OSBF 120,
25:41donc c'est vraiment
25:42une unicité
25:43de grands groupes
25:44de taille.
25:45Ce qui veut donc dire,
25:46et on y reviendra peut-être,
25:47que c'est des entreprises
25:49qui travaillent
25:50et qui font leurs chiffres d'affaires
25:51sur le monde entier,
25:52donc qui ont une empreinte
25:54internationale.
25:55Effectivement,
25:55c'est un élément important.
25:57Comment vous les aidez
25:59par un travail
26:00de réflexion
26:01des contenus,
26:02des commissions
26:03qui les alimentent
26:04en fait en information ?
26:06C'est effectivement
26:07un lieu
26:08qui se veut un lieu
26:09d'échange
26:10entre grandes entreprises
26:11où elles échangent
26:12sur ce qu'elles font,
26:13donc échangent entre pairs
26:14sur les bonnes pratiques,
26:15sur les choses
26:16qu'elles ont enclenchées
26:19transformationnelles
26:19dans leurs entreprises
26:20et qui marchent.
26:21C'est aussi un lieu
26:22où on peut échanger
26:22sur des choses
26:23qui ont moins bien marché
26:24et donc on apprend aussi
26:25beaucoup de ces pairs
26:26quand il y a des choses
26:27qui ont moins bien fonctionné.
26:28Donc, vraiment,
26:29un lieu d'apprentissage collectif
26:31sur les enjeux
26:32de la transition écologique.
26:34C'est aussi un lieu
26:35de travail
26:36dans lequel,
26:37nous,
26:37associations,
26:38on les alimente
26:41sur les sujets
26:42émergents du moment,
26:43en lien évidemment
26:44avec la transition écologique.
26:45et donc,
26:47on travaille à la fois
26:48sur des dynamiques sectorielles
26:51vraiment en lien
26:51avec l'environnement,
26:52donc le climat,
26:54le carbone,
26:55la biodiversité,
26:56l'eau,
26:57la santé environnementale.
26:59Donc, ça,
26:59tout ça,
27:00dans ces groupes de travail-là,
27:01on travaille avec
27:01les directions
27:02développement durable
27:03de ces grands groupes.
27:04Mais ça veut dire
27:04que vous avez la capacité
27:07par, justement,
27:08vos actions,
27:08ces rendez-vous,
27:09de faire évoluer
27:10les décisions stratégiques,
27:12les choix stratégiques
27:13de ces grands groupes ?
27:16Notamment,
27:17pardon,
27:17moi,
27:18je suis toujours frappé
27:19par les bonnes pratiques,
27:20c'est-à-dire de se dire,
27:21OK,
27:22j'ai tel chef d'entreprise
27:23ou tel directeur
27:24ou directrice
27:26développement durable
27:27qui me dit,
27:28tiens,
27:28ça,
27:29ça marche,
27:30ça accélère
27:31la prise de décision ?
27:32Une particularité d'EPE,
27:34c'est que c'est une association
27:36qui a aussi pour vocation
27:37d'impliquer les dirigeants
27:38de ces grandes entreprises,
27:39à la fois parce que
27:40certains sont impliqués
27:41dans la gouvernance
27:42de l'association
27:43et donc ça veut dire
27:44quelque chose quand même
27:45quand un dirigeant
27:46s'implique dans la gouvernance
27:47d'une association
27:47qui s'appelle
27:48Entreprise pour l'environnement
27:50et effectivement,
27:51ça peut donner lieu
27:52à des sources d'inspiration
27:53qui parfois se concrétisent
27:56vraiment dans la vraie vie.
27:58Je vous prends un exemple
27:58très pratico-pratique
28:01sur lequel on travaille
28:02en ce moment,
28:03c'est l'exemple
28:04des vêtements professionnels
28:05de travail en lin.
28:09Les grandes entreprises
28:10ont toutes des vêtements
28:12de travail professionnels
28:13qui en général
28:13sont en coton.
28:14Le coton,
28:15c'est une culture
28:16qui est irriguée,
28:17qui consomme beaucoup d'eau,
28:18qui traverse le monde entier
28:19dans des grands bateaux
28:21ou sur des routes
28:23et qu'on ne produit pas
28:24en France.
28:26Il y a certains
28:27de nos membres,
28:28je pense à la SNCF
28:29ou à EDF,
28:30qui se sont inspirés
28:31les unes des autres
28:33pour travailler
28:34sur la mise en place
28:35d'une filière
28:35de vêtements professionnels
28:37en lin
28:37fait en France
28:38avec une culture
28:39comme le lin
28:40qui n'est pas irriguée.
28:41Ça, c'est un exemple
28:42très concret,
28:44vertueux,
28:44de partage
28:45de bonnes pratiques.
28:47Finalement,
28:47tous les groupes
28:48qui ont des vêtements
28:48d'entreprise.
28:49La raison d'être
28:50de l'association
28:52d'entreprise
28:52pour l'environnement,
28:53c'est une seule planète
28:54et un monde prospère.
28:56Le mot prospère,
28:57c'est une façon de dire
28:57qu'on n'est pas non plus là
28:59pour la décroissance ?
29:02Le monde prospère,
29:03c'est une façon de dire
29:05que les transformations profondes
29:08auxquelles travaillent
29:09les entreprises,
29:11ça reste pour proposer
29:12une vie meilleure.
29:14C'est aussi de se dire
29:15que les entreprises
29:17peuvent être sources
29:18de solutions,
29:20de transformations positives
29:22et donc c'est aussi
29:23cette promesse
29:24de prospérité
29:25plus pour nous,
29:26les humains,
29:27de se dire
29:27la promesse,
29:28ce n'est pas
29:29je fais face aux crises
29:31et donc je suis dans le réactif
29:32et dans le renoncement
29:34et je ne propose
29:34que du négatif.
29:35mais je réfléchis
29:37à rendre la vie meilleure,
29:39c'est aussi,
29:40ça s'applique aussi
29:41à toute la réflexion
29:42que peuvent avoir
29:42les pouvoirs publics.
29:43Oui, évidemment,
29:44avec aussi cette idée
29:45d'une santé commune globale,
29:50le One Health Summit
29:51qui se tient début avril
29:52à Lyon,
29:53c'est un peu ça l'idée
29:54de la santé humaine,
29:55la santé de la planète
29:56et aussi d'une certaine façon
29:57la santé des entreprises.
29:59Tout est lié.
30:00Vous travaillez
30:00sur la préparation
30:02de ce sommet
30:03pour y faire quoi ?
30:04Pourquoi il vous semble important ?
30:05Alors, c'est important
30:06qu'on parle aujourd'hui
30:08du One Health Summit,
30:09donc le concept
30:10d'une seule santé,
30:11qui est un concept
30:12qui est assez partagé
30:14et compris au niveau
30:15justement des pouvoirs publics,
30:17une santé,
30:17donc humaine,
30:18animale,
30:21végétale.
30:22Et finalement,
30:23c'est un concept
30:24qui peut paraître
30:26un peu éloigné
30:27du fonctionnement
30:28d'une entreprise.
30:28qu'est-ce qu'une entreprise
30:29pourrait avoir à faire
30:30avec ce concept
30:31d'une seule santé ?
30:31Et en fait,
30:32la réalité,
30:33c'est que les entreprises
30:34se saisissent
30:35de ce concept-là
30:36quand elles se mettent
30:37à réfléchir
30:38la transition écologique
30:40en des termes
30:41de transition intégrée.
30:43C'est-à-dire,
30:43ce que je fais,
30:44par exemple,
30:44pour diminuer
30:45mon empreinte carbone,
30:46il faut que je le réfléchisse
30:47en me disant
30:48qu'il ne faut pas
30:48que ça aille
30:50augmenter mon impact négatif
30:51sur la biodiversité,
30:52par exemple,
30:53pour prendre cet exemple-là,
30:54ou alors utiliser plus d'eau
30:56et donc augmenter
30:56mon impact négatif
30:57sur l'eau.
30:58Donc,
30:58je réfléchis
30:58de façon intégrée
31:00pour prendre en compte
31:01tous les enjeux
31:02de la transition écologique.
31:03Et donc,
31:04dans le cadre
31:05de ce congrès One Health
31:07qui est organisé
31:08par la France,
31:09la France à la présidence
31:10en avril,
31:12il nous semble important
31:13et intéressant
31:13de montrer aussi
31:15de quelle façon
31:16les entreprises
31:16peuvent contribuer
31:17sur ce sujet
31:18d'une seule santé.
31:21Je voudrais qu'on parle
31:22un peu de ce contexte
31:23effectivement géopolitique
31:25et économique.
31:26On reviendra au backlash
31:27dans un instant,
31:28mais il y a d'abord
31:29ce contexte géopolitique
31:31qui,
31:32alors,
31:33est-ce qu'il faut employer
31:34le terme choc pétrolier ?
31:35Il y a eu tout un débat
31:35cette semaine
31:36autour des propos
31:37du ministre de l'Économie,
31:39mais ce qui est sûr,
31:40c'est qu'il y a un risque
31:41de ralentissement
31:42de l'économie.
31:43Est-ce que c'est forcément
31:45une mauvaise nouvelle
31:46ou est-ce que ça peut aussi
31:47être un accélérateur
31:48de changement,
31:49une crise comme celle
31:50qu'on est en train de faire,
31:50une crise énergétique ?
31:51C'est vrai qu'on vit sans doute
31:53un moment de bascule
31:55alors là,
31:55qui se concrétise
31:57vraiment très fort
31:58ces jours-ci
31:59avec le blocage
32:00du Détroit d'Hormuz,
32:01mais qui est en réalité
32:03enclenché depuis quelques mois,
32:05je dirais peut-être
32:05depuis l'exemple
32:06de Donald Trump
32:07pour trouver une date
32:11de début à cette bascule.
32:14Depuis 2015,
32:15depuis l'accord de Paris,
32:17les entreprises,
32:17elles sont engagées
32:18dans la transition écologique
32:21pour des questions climatiques.
32:25Depuis peu,
32:26le contexte géopolitique
32:27qui s'impose
32:28fait que pour beaucoup
32:29d'entreprises,
32:30on s'engage
32:31dans la transition écologique,
32:32aussi pour des questions
32:33de souveraineté,
32:35c'est-à-dire,
32:36je dépends
32:36d'une énergie carbonée
32:37qui ne passe plus
32:38par le Nettoir d'Hormuz,
32:40donc je suis obligée
32:41de décarboner
32:43mon entreprise,
32:44mes usines,
32:44donc aller vers
32:45de l'électrification propre.
32:49Chez nous,
32:49en France,
32:50quand on électrifie,
32:51on a de la chance,
32:52c'est une électricité décarbonée,
32:55mais ça passe aussi
32:55par des énergies renouvelables.
32:58C'est une des questions
32:59de compétitivité.
33:01Quand je dépends,
33:01par exemple,
33:02de plastique,
33:03parce qu'on parle
33:04beaucoup du pétrole,
33:05il y a aussi beaucoup
33:05de produits chimiques
33:06qui sont bloqués
33:07par le Nettoir d'Hormuz,
33:08donc je pense au plastique,
33:09je pense à tout ce qui
33:10permet de fabriquer
33:11les engrais,
33:12évidemment,
33:13ça accélère
33:14des changements
33:15qui sont rendus
33:17nécessaires
33:18par ces questions
33:19aussi de compétitivité
33:21puisque les prix explosent.
33:23Et pour vous prendre
33:23l'exemple du plastique,
33:24très concrètement,
33:25ça veut dire
33:25est-ce qu'il faut
33:26que j'accélère
33:26sur le recyclage du plastique
33:27parce qu'on voit bien
33:28qu'il y a parfois
33:30des événements géopolitiques
33:32qui bloquent
33:32complètement les process.
33:33Et donc,
33:34c'est sûrement trop tôt
33:35pour le dire,
33:36mais on peut prendre
33:37la crise provoquée
33:40par l'invasion
33:41de l'Ukraine
33:41par la Russie
33:42qui a déjà provoqué
33:43une crise inflationniste,
33:44une crise sur l'énergie.
33:46L'accélérateur de changements,
33:48vous l'avez vu à l'œuvre
33:49dans les grandes entreprises
33:50que vous représentez
33:51à ce moment-là ?
33:52Ce qui a été très notable
33:54au moment
33:54de la crise ukrainienne,
33:56c'est qu'effectivement,
33:58pour des questions
33:59vraiment de coûts,
34:02tout ce qui a été engagé
34:03sur les travaux
34:04d'efficacité énergétique,
34:05c'est-à-dire
34:06je consomme moins d'énergie
34:07parce que ma facture explose,
34:10ont été extrêmement mis en avant
34:12et développé plus vite
34:13de ce fait-là
34:15parce qu'on va chercher
34:16les fuites de chaleur,
34:18les fuites de...
34:19les inefficacités
34:21dans le fonctionnement
34:22des usines
34:22et ça,
34:24ça a un effet vertueux
34:25sur le climat immédiat
34:27et sur la facture
34:27et l'électricité
34:29immédiatement aussi.
34:31Je vais vous citer
34:33pour parler du backlash.
34:34La majorité silencieuse
34:35n'est pas du tout
34:36dans le backlash.
34:36Nos membres,
34:37qui représentent
34:37les plus grandes entreprises françaises,
34:39sont même plutôt moteurs,
34:40importants de réenchanter le récit,
34:42ça on pourra en parler,
34:43pour montrer le rôle positif
34:44des entreprises
34:44dans la transition écologique.
34:46Je suis d'accord avec vous là-dessus.
34:48Le rôle des entreprises
34:49pour trouver de nouveaux récits
34:51et sortir du tout anxiogène,
34:56on va dire,
34:57c'est assez évident.
34:58Mais quand même,
34:59ce retour de bâton,
35:00ce backlash,
35:01il est réel.
35:02Par exemple,
35:03pour les grands groupes
35:04qui travaillent aux Etats-Unis,
35:05comment ils font aujourd'hui ?
35:06Ce n'est pas forcément
35:07ce que je constate.
35:09En réalité,
35:11c'est vrai que les membres d'EPO
35:12sont des très grands groupes.
35:13Quand on engage
35:14une transformation
35:15dans un très grand groupe,
35:17on engage des investissements,
35:19on engage des équipes
35:20et en fait,
35:21on ne change pas de cap
35:22tous les six mois
35:23parce qu'il y a
35:24une déclaration politique
35:26qui viendrait amoindrir.
35:29Nous, ce qu'on constate,
35:31c'est que les transformations
35:32qui sont engagées,
35:33elles sont poursuivies,
35:34que les investissements
35:35continuent de se faire,
35:37qu'il y a 70% des entreprises
35:38qui déclarent vouloir poursuivre
35:40et augmenter leurs investissements
35:42dans la transition écologique.
35:45Donc, ça veut dire quoi ?
35:46Ça veut dire qu'elles gomment
35:46certains mots
35:47de leur communication ?
35:48Donc, ce bâclage,
35:50il peut se caractériser
35:51de façon effectivement
35:52très concrète
35:55sur les entreprises
35:56qui travaillent aux Etats-Unis
35:58par une modification
35:59très profonde
36:00de leur vocabulaire.
36:01Donc, voilà,
36:01il y a des mots bannis,
36:03des mots comme climat.
36:05Voilà, tout simplement,
36:05on ne parle pas de climat,
36:06on ne parle pas
36:07de changement climatique.
36:08Donc, on remplace
36:09par des mots
36:10qui passent
36:11les fourches codines
36:13de l'administration.
36:15Mais néanmoins,
36:17les changements
36:18continuent de se faire.
36:20Il n'y a pas un changement
36:21de politique,
36:21c'est plus une espèce
36:23de cosmétique sémantique.
36:26Il y a une cosmétique sémantique
36:28et il n'y a pas
36:30de changement stratégique majeur
36:31pour les raisons
36:32qu'on vient d'évoquer
36:34de souveraineté
36:35et de compétitivité,
36:36mais aussi pour des raisons
36:37je dirais très concrètes
36:40de sécurité physique.
36:42Parce qu'en fait,
36:42le changement climatique
36:43dont on parle tant,
36:45vous et moi,
36:46mais c'est pareil
36:47pour les entreprises,
36:48elles envoient les effets
36:49en réalité dès aujourd'hui.
36:50Quand on parle
36:51d'inondations,
36:52quand on parle
36:53de sécheresse,
36:53quand on parle
36:54de tempêtes,
36:55ça veut dire
36:56des usines qui se ferment,
36:57ça veut dire
36:57des gens qui ne peuvent
36:58plus aller au travail.
36:59Et donc, tout ça
37:00fait que ce changement climatique
37:01s'imposant,
37:02les stratégies des entreprises
37:03pour s'adapter
37:04cette fois-ci
37:05au changement climatique,
37:06elles sont également
37:07en cours.
37:08Oui, mais on est
37:10dans une concurrence
37:11entre continents
37:14et donc,
37:15dans le même moment,
37:16l'Europe,
37:16elle freine aussi
37:17sur ses ambitions
37:19environnementales.
37:20Le Green Deal,
37:21le Pacte Vert,
37:22il est un peu détricoté
37:23sur un certain nombre
37:24d'enjeux,
37:25d'ambitions.
37:26Est-ce que ce n'était pas
37:27justement le meilleur moment
37:28pour afficher
37:29plus d'ambitions environnementales ?
37:31L'Europe avec la CSRD,
37:33puisque c'est un peu
37:33de ça dont on parle là,
37:36ça c'est le bilan extra-financier.
37:37Pas seulement, il y a aussi,
37:38pardon,
37:39je vous interrompe,
37:39mais il y a aussi,
37:40par exemple,
37:41l'objectif de 2035
37:43sur la fin des ventes
37:44de véhicules thermiques,
37:45c'est aussi un vrai coup de frein.
37:48Et l'ambition de l'Europe,
37:51ça a été quand même longtemps
37:52d'avoir ce coup d'avance
37:54et d'être moteur.
37:55Et ce qu'on peut dire aujourd'hui,
37:58ce qu'on constate,
37:58c'est que la Chine
38:00se met à faire quelque chose
38:02qui ressemble de très près
38:03à la CSRD européenne,
38:05finalement,
38:05et que donc quand même
38:06ce rôle moteur
38:07sur des ambitions mondiales
38:09à la hauteur des enjeux,
38:12il peut être réel
38:13et évidemment qu'il faut pousser
38:16en ce sens,
38:17puisqu'on voit bien
38:17que ça peut emporter ses effets.
38:19Et je dirais par ailleurs
38:20que la Chine
38:22est aujourd'hui
38:22le leader mondial
38:24en termes de transformation écologique
38:27de son économie
38:27et de ses entreprises
38:28et de très loin
38:29sur certains aspects
38:30quand on parle du photovoltaïque,
38:32quand on parle
38:33de la voiture électrique,
38:34justement,
38:34la production des batteries.
38:36Et donc nécessairement,
38:38ça doit nous interpeller.
38:40Ça doit nous questionner.
38:41Alors on va consacrer
38:42un chapitre important
38:42aux questions de l'eau,
38:44aux enjeux hydriques.
38:45en quoi ça devient
38:46vraiment une question stratégique
38:49pour les entreprises
38:51que vous représentez,
38:52pour la continuité
38:53de leurs activités ?
38:56Les sécheresses de 2022
38:58et 2023 en France,
39:00qui en ont conduit
39:01à des arrêtés préfectoraux,
39:03des arrêtés sécheresses,
39:04donc ça veut dire
39:05j'arrête certaines activités
39:07qui consomment de l'eau
39:08parce que j'en ai pas assez
39:09pour tous les usages,
39:12ont été pour beaucoup
39:13un déclencheur quand même
39:15d'une réalité hydrique
39:17qui n'était pas forcément
39:18complètement touchée du doigt
39:19dans nos géographies tempérées.
39:21Mais c'est vrai
39:22qu'on a eu des arrêtés sécheresses,
39:23y compris en Normandie.
39:25C'est des choses
39:26qu'on n'imaginait pas
39:27pouvoir nous arriver,
39:28en tout cas pas si vite.
39:29Et pour beaucoup d'entreprises
39:31qui dépendent de l'eau
39:33pour leur process industriel,
39:35pour leur capacité
39:36de fabrication et de production,
39:38ou par exemple
39:39pour une centrale nucléaire
39:40pour refroidir
39:42ces réacteurs nucléaires,
39:44c'est nécessairement
39:48un enjeu
39:49qui est aujourd'hui
39:49nécessaire à prendre en compte.
39:51Et finalement,
39:52la question
39:52que doivent se poser
39:53les entreprises
39:54et qu'elles se posent,
39:55c'est pas
39:55combien aujourd'hui
39:56me coûte mon mètre cube d'eau
39:58que j'ai,
39:59c'est combien va me coûter
40:01le mètre cube d'eau
40:01que je n'aurai pas.
40:03Donc le jour où je n'ai pas
40:04ce mètre cube d'eau
40:05qui me manque,
40:06quel coût ça a
40:07pour mon entreprise ?
40:08Et ça peut vouloir dire
40:09pour certaines entreprises
40:10éteindre une usine,
40:12éteindre une usine,
40:13vous imaginez
40:13toutes les conséquences
40:14que ça a,
40:15ne serait-ce que
40:16pour la rallumer
40:16en termes de consommation
40:17justement énergétique,
40:19mais d'arrêt tout simplement
40:20de l'activité de l'entreprise.
40:22Donc cette question
40:22de l'eau,
40:23elle est très prégnante
40:25de ce point de vue-là
40:26pour les entreprises.
40:27Il y a aussi
40:28des questions
40:28de qualité de l'eau
40:29qui sont aussi
40:30des enjeux importants.
40:31Avec quelles solutions
40:32qui sont déjà enclenchées
40:34ou sur lesquelles
40:35vous réfléchissez ?
40:36Il y a des solutions
40:38technologiques
40:39qui sont déjà existantes
40:41ou à l'étude
40:42de sobriété,
40:44d'utilisation de l'eau.
40:46Je pense notamment
40:47à des solutions
40:48de réutilisation
40:49en circuit fermé
40:51de l'eau
40:51dont l'entreprise,
40:53dont l'usine a besoin.
40:54Ça,
40:54c'est des innovations
40:56technologiques.
40:56de ce que font
40:57nos voisins
40:57des pays du sud
40:58de l'Europe notamment.
40:59Absolument,
41:00l'Espagne étant déjà
41:01confrontée à une crise
41:02majeure hydrique
41:03qui sont effectivement
41:04très avancées
41:05sur ces technologies-là.
41:07Et on a en France
41:07par ailleurs
41:08des champions
41:09de l'eau
41:10qui ont des tas
41:11de solutions technologiques
41:12à apporter.
41:13Et il y a aussi
41:14une réflexion à avoir
41:15sur comment je finance
41:17ces transformations-là.
41:19Donc toute une réflexion
41:20intéressante et importante
41:21que mène le secteur
41:22bancaire en France.
41:24Alors,
41:24il y a une tradition
41:25dans cette émission.
41:26L'invité du Grand Entretien
41:27pose une question
41:28à celui ou celle
41:29qui va lui succéder.
41:30La semaine dernière,
41:31c'était Véronique Faudjour
41:32qui est la secrétaire générale
41:34de Crédit Agricole ESA.
41:35Elle est également déléguée générale
41:36de la fondation
41:37Gramine Crédit Agricole.
41:39On l'écoute.
41:40Bonjour Cécile,
41:41j'ai une question
41:42à te poser.
41:43Pourquoi est-il important
41:44d'intégrer la dimension sociale
41:47dans la transition écologique ?
41:49Merci pour cette question
41:51fondamentale
41:51qui est au cœur
41:53des enjeux
41:55et de la réussite
41:56d'un projet de société
41:57qui fonctionne.
41:59La transition écologique
42:01est un facteur
42:02d'exclusion supplémentaire.
42:04Et ça,
42:04c'est important de le dire,
42:06de s'en rendre compte.
42:07C'est plus difficile
42:08de passer
42:09d'une voiture diesel
42:10à une voiture électrique
42:11quand on est
42:14dans une situation
42:15d'exclusion de la société.
42:17C'est plus difficile
42:18de manger bio,
42:19c'est plus difficile
42:20d'isoler son logement
42:21et de ne pas subir
42:22les fortes chaleurs.
42:23Donc la dimension sociale
42:25et la notion
42:26de transition juste,
42:28elle est fondamentale
42:29pour que ce projet
42:30de société
42:30puisse avancer.
42:33les entreprises,
42:34elles ont un rôle
42:35dans cette transition juste.
42:36C'est évidemment
42:38un rôle partagé
42:40avec les pouvoirs publics.
42:42C'est indéniable.
42:42C'est peut-être d'abord
42:44les pouvoirs publics
42:45au niveau français
42:45et européen d'ailleurs
42:46qui ont tardé,
42:48je ne dis pas
42:48qu'ils ne le font pas,
42:49tardé à intégrer
42:50cette dimension sociale
42:51aux enjeux environnementaux.
42:53C'est indéniablement
42:55eux qui peuvent donner
42:56des impulsions
42:56très fortes.
42:59Néanmoins,
43:00les entreprises,
43:00elles ont aussi
43:01un rôle à jouer
43:02parce que déjà
43:03une entreprise,
43:04c'est des salariés.
43:05Alors chez EPE,
43:06avec des grandes entreprises,
43:08c'est les millions
43:08de salariés dans le monde
43:10qui sont à son niveau
43:14un acteur de changement potentiel.
43:15Qui sont des acteurs
43:16de changement
43:16ou des acteurs
43:17qui subissent le changement.
43:19Et donc l'entreprise,
43:21elle peut agir
43:21vis-à-vis de ses salariés
43:23dans la prise en compte
43:24du changement climatique,
43:26des fortes chaleurs.
43:27Par exemple,
43:28comment j'adapte
43:29les horaires de travail
43:30quand il fait très chaud.
43:32L'entreprise,
43:33elle peut aussi avoir
43:34un rôle sur la prise en compte
43:35et le développement
43:37de nouveaux parcours,
43:38de nouveaux métiers.
43:39Quand on parle de nature
43:41et donc d'espace vert
43:43et de renaturer
43:46certaines zones abîmées,
43:49il faut des gens
43:50qui vont planter des arbres,
43:52tailler des haies,
43:53enfin tout ça.
43:54Donc ça,
43:54c'est aussi développer
43:56des filières,
43:57pourquoi pas,
43:58d'insertion professionnelle
43:59sur ces secteurs-là
44:00de la société.
44:01Donc c'est développer
44:03l'insertion professionnelle,
44:04développer les nouveaux emplois,
44:06accompagner les parcours
44:07professionnels
44:07de ses propres salariés
44:09vers les nouveaux emplois.
44:11Et puis c'est aussi
44:12être source d'inspiration
44:13et de solutions
44:14qui soient accessibles à tous
44:16dans le cadre
44:16de cette transition écologique.
44:17Dans la question
44:18de Véronique Faudjour
44:20sur cette dimension sociale,
44:21moi j'entends aussi
44:23la question
44:24de l'acceptabilité
44:27de la transition
44:28ou de la transformation
44:29environnementale.
44:30c'est vrai que ça ne se pose
44:32pas pour tous les secteurs,
44:34mais si je pense évidemment
44:35au secteur de l'éolien,
44:37c'est une vraie question
44:38qui s'est posée,
44:39qui se pose encore.
44:41Est-ce qu'on n'a pas su
44:42trouver les mots ?
44:43Il y a une question
44:45de narratifs,
44:47effectivement.
44:48Quelle histoire
44:49on raconte
44:50pour embarquer
44:50tout le monde ?
44:51C'est fondamental.
44:53Il y a eu
44:54beaucoup des narratifs
44:55par la négative,
44:57des narratifs
44:58qui peuvent faire peur.
45:00Il y a un enjeu
45:01important
45:02à embarquer
45:03sur des narratifs
45:04beaucoup plus positifs
45:05et des narratifs
45:06qui disent
45:07qu'on vit
45:08un moment de changement,
45:09on vit un moment de bascule.
45:10Très certainement,
45:11on rentre
45:11dans une nouvelle ère,
45:12finalement.
45:13Je ne sais pas
45:14comment elle s'appellera.
45:15Et cette nouvelle ère,
45:17elle peut être aussi
45:17la promesse,
45:19encore une fois,
45:20d'une vie meilleure,
45:21d'une vie avec
45:22moins de pollution de l'air,
45:24plus de nature.
45:25C'est des promesses
45:26qui peuvent aussi
45:27embarquer
45:27beaucoup plus largement.
45:29Cette question du narratif,
45:30elle est très importante
45:31à l'échelle
45:32des entreprises
45:33pour embarquer
45:34toute leur chaîne de valeur,
45:35c'est-à-dire
45:36leurs fournisseurs,
45:37leurs clients,
45:38évidemment leurs salariés,
45:39et puis aussi
45:40les dirigeants.
45:41Mais parfois,
45:41elles hésitent
45:42à communiquer
45:43sur ce qu'elles font bien
45:45parce qu'elles ont peur
45:46d'être attaquées.
45:47On ne peut pas
45:47tout faire bien
45:48quand on engage
45:50une transformation
45:51environnementale
45:52ou sociétale.
45:53Il y a effectivement
45:54cette réticence
45:56parfois
45:57à parler
45:58des mutations positives
46:00ou des externalités
46:01positives
46:01d'une entreprise.
46:03Oui,
46:03et pourquoi ?
46:05C'est vrai
46:05que l'entreprise,
46:06elle est très concentrée
46:08pour diminuer
46:08ses impacts négatifs.
46:10Diminuer son impact carbone,
46:12diminuer son impact
46:12sur la biodiversité,
46:14consommer moins d'eau.
46:15Donc ça,
46:15tout ça,
46:15c'est évidemment fondamental
46:17et elles sont engagées
46:19à le faire.
46:19Elles prennent
46:20des engagements
46:21publics pour le faire.
46:22Mais elles ont peur
46:23d'être attaquées
46:24sur ce qu'elles n'ont pas
46:24encore fait
46:25si elles communiquent,
46:26c'est ça ?
46:26Et c'est vrai
46:27qu'en parallèle
46:28de ces actions-là,
46:29elles engagent évidemment
46:30des transformations
46:31qui contribuent positivement
46:37à la transition écologique.
46:38il peut y avoir
46:39des éléments régénératifs
46:40même dans l'activité
46:41Des éléments régénératifs,
46:42absolument.
46:43Ou,
46:44c'est vrai,
46:44pour prendre l'exemple
46:45du train,
46:46par exemple,
46:47une nouvelle ligne de train,
46:49ça contribue quand même
46:50à l'impact négatif carbone
46:52de l'entreprise.
46:53Puisque pour construire
46:54une ligne de train,
46:55on va avoir besoin d'acier,
46:57on va couper des forêts
46:59en deux,
47:00en tout cas,
47:00ça va perturber
47:01les corridors
47:03des animaux
47:03qui vivent dans cette forêt,
47:04ça va détruire
47:05de la faune et de la flore,
47:06ça a des impacts négatifs
47:07qui sont publics
47:10et qui sont mesurés
47:11et c'est très bien.
47:12Mais c'est vrai
47:12qu'on peut aussi réfléchir
47:14en se disant
47:14mais cette ligne de train,
47:17notamment,
47:18par exemple,
47:18pour prendre l'exemple
47:19du fret,
47:21Combien de camions
47:22en moins sur les routes ?
47:24La réalité,
47:24c'est que c'est
47:2550 fois moins
47:26d'impact carbone
47:28qu'un camion
47:28sur une route.
47:29de le mettre
47:30sur un train.
47:3250 fois moins,
47:33ce n'est pas deux fois moins.
47:34De 50 tonnes,
47:35je passe à une tonne.
47:36Donc ça,
47:36évidemment,
47:37c'est une contribution
47:38positive,
47:38quelque part.
47:40Comment on peut
47:41en parler ?
47:42Comment on peut
47:42la mesurer ?
47:43Ce sont des sujets
47:45importants et intéressants
47:46à traiter,
47:46notamment en collectif
47:47avec les entreprises.
47:49je trouve que vous travaillez
47:49là-dessus,
47:50vous avez dirigé
47:51une enquête
47:51qui révèle
47:52comment les entreprises
47:53pilotent leurs impacts
47:55environnementaux.
47:56Ça veut dire quoi ?
47:57Ça veut dire
47:57qu'il faut construire
47:59des outils justement
48:00pour évaluer cet impact
48:02et pouvoir en parler,
48:04pouvoir communiquer après ?
48:05Ce qui est intéressant
48:06à ce stade,
48:07c'est effectivement
48:08de comprendre
48:09comment les entreprises
48:11mesurent cet impact positif
48:12pour celles
48:13qui le mesurent,
48:14comment elles mesurent
48:15cette contribution positive.
48:17Qu'est-ce qu'elles en font ?
48:19Est-ce qu'elles la communiquent
48:20à leurs financeurs ?
48:23C'est aussi une façon
48:24intéressante
48:25de regarder le sujet,
48:26c'est de voir
48:27comment les banques,
48:29les assurances
48:30peuvent être intéressées
48:32et se mobiliser
48:34sur cette question
48:35de la contribution positive
48:37de ce qu'elles vont financer.
48:39et donc l'EPE
48:41engage effectivement
48:42tout un cycle de travail
48:43sur ce sujet-là.
48:45Il nous reste 2 minutes 30,
48:46on va terminer
48:47par un thème important
48:50qui est l'intelligence artificielle.
48:53J'imagine que vous y réfléchissez
48:56aussi au sein de votre association.
48:59Est-ce qu'il y a une réflexion
49:01sur l'IA,
49:04je vais dire frugale par exemple,
49:06ou en tout cas
49:09un moyen,
49:10un levier
49:10pour réduire son impact ?
49:11Parce qu'aujourd'hui
49:12il y a une course mondiale
49:13et peut-être que cette question-là
49:15on ne se la pose pas suffisamment.
49:16Cette question-là
49:17elle est centrale
49:18parce qu'en fait
49:18la question de l'IA
49:20ça a presque pris le pas
49:22sur toutes les autres questions
49:23parce que ça va très vite,
49:24parce que les enjeux
49:25sont énormes
49:26pour les entreprises
49:27de mettre en place
49:29au bon moment
49:29et aux bons endroits
49:30les bonnes technologies d'IA.
49:32Et c'est vrai
49:33que l'IA peut être
49:35extrêmement positive
49:36pour la transformation écologique
49:38parce qu'elle peut amener
49:38énormément de solutions.
49:39Je pense par exemple
49:40à la détection
49:41des fuites d'eau
49:42sur un réseau d'eau
49:43que l'IA permet de faire
49:44de façon incroyablement efficace.
49:46Mais elle a des impacts
49:48qui sont aussi
49:48extrêmement négatifs
49:49et je pense à la consommation
49:52d'énergie
49:52qui est très importante
49:54pour les data centers.
49:55Je pense à l'impact foncier
49:57parce qu'il faut mettre
49:58ces data centers
49:59sur du foncier.
50:02Et je pense à la consommation
50:03en eau,
50:04on y revient.
50:04Mais pour refroidir
50:05ces systèmes-là,
50:06il faut beaucoup d'eau.
50:08Et donc la réflexion
50:09autour des impacts
50:10de l'IA,
50:11elle est centrale
50:11et elle est effectivement
50:16prise en compte
50:17par les entreprises
50:17qui s'y mettent
50:18avec toute la difficulté
50:20aussi de bien mesurer
50:21ces impacts,
50:21d'accès à la donnée
50:23de l'impact de l'IA
50:24aujourd'hui.
50:25Mais est-ce qu'on peut
50:27le faire tout seul ?
50:28Vous voyez ce que je veux dire ?
50:29Un chef d'entreprise
50:30qui décide
50:31de parier
50:32sur une IA frugale,
50:34où est-ce qu'il la trouve ?
50:35Ce n'est pas si simple.
50:36S'il n'y a pas
50:37un mouvement
50:38à minima français
50:39ou européen,
50:40est-ce qu'on peut y arriver ?
50:41C'est un sujet compliqué,
50:42c'est intéressant
50:43de le traiter en collectif,
50:44c'est aussi pour ça
50:44qu'on en parle chez EPE
50:45parce qu'on rassemble
50:4761 membres
50:48et ça permet
50:49de réfléchir de concert
50:51parce que c'est un sujet
50:53qui touche les entreprises
50:55mais qui va marcher
50:56sur trois,
50:56c'est comme un tabouret,
50:57il faut trois pieds,
50:59l'entreprise,
50:59oui,
51:00les pouvoirs publics
51:01et aussi les citoyens
51:03consommateurs.
51:04Je vais poser la question
51:05de est-ce qu'on a vraiment
51:06besoin d'utiliser l'IA
51:07pour cette tâche particulière ?
51:09Merci beaucoup,
51:10Cécile Denormandie
51:11à bientôt sur
51:12Be Smart for Change.
51:13On passe tout de suite
51:13à notre rubrique
51:14Startup.
51:22Smart Ideas
51:23avec Camille Decreux,
51:24bonjour.
51:25Bonjour.
51:25Co-fondateur de Fier
51:27que vous avez créé
51:28en 2022,
51:29c'est quoi Fier ?
51:30Comment l'aventure
51:31a commencé ?
51:32Alors Fier,
51:33c'est une marque
51:34qui a pour vocation
51:34de commercialiser
51:35des produits
51:35qui sont tous fabriqués
51:36par des personnes
51:37en situation de handicap
51:38et c'est une marque associative
51:39donc avec un modèle
51:40économique un peu particulier,
51:41on reviendra peut-être dessus.
51:43Et en fait,
51:43l'idée nous est venue,
51:44donc moi je travaillais,
51:45on est quatre co-fondateurs,
51:47on travaillait tous
51:47dans un grand groupe
51:49agroalimentaire américain
51:51et il y a un de nous quatre
51:52qui a une fille trisomique
51:53qui travaille dans un ESAT
51:56qui est donc une structure adaptée
51:57qui permet de faire travailler
51:58les personnes
51:58en situation de handicap
51:59et qui nous expliquait
52:01l'impact qu'avait l'activité
52:03sur sa fille
52:03et notamment le manque
52:05d'activité plutôt
52:07et en fait,
52:08ces structures-là
52:08avaient des difficultés
52:09à trouver des débouchés
52:10pour ce qu'ils produisaient
52:12et donc on s'est dit
52:12bon ben en fait,
52:13ce qu'on fait nous
52:14pour un grand groupe américain,
52:15pourquoi est-ce qu'on le ferait pas
52:16pour des personnes
52:17juste à côté de chez nous
52:18qui en ont besoin
52:19et qui ont des difficultés
52:21juste à avoir
52:22cette compétence-là.
52:24Donc c'est comme ça
52:24que l'idée est venue.
52:26Et alors donc,
52:27la gamme de produits,
52:28c'est quoi ?
52:29Et puis ensuite,
52:29on va essayer de comprendre
52:30où et comment
52:31ils sont fabriqués.
52:32Alors aujourd'hui,
52:33on a une trentaine de produits
52:34qui sont des produits
52:35d'épicerie,
52:36donc on a de la confiture,
52:38on a du café,
52:39on a des chouchous,
52:41on a des houmous,
52:42enfin on a plein plein de choses.
52:44Des boissons aussi.
52:44On a aussi lancé des boissons
52:45tout récemment
52:46et donc c'est des produits
52:47à chaque fois
52:48qui sont fabriqués
52:48dans une dizaine
52:49d'ESAT ou d'entreprises adaptées
52:51par des personnes
52:52en situation de handicap
52:53un peu partout en France.
52:54Donc on a des produits
52:54qui sont fabriqués
52:55en Bretagne à côté de Rennes,
52:57d'autres qui sont fabriqués
52:57à côté d'Agin,
52:58d'autres qui sont fabriqués
52:59à Calais.
53:00L'idée vraiment
53:01de la démarche,
53:02c'est de pouvoir regrouper
53:04tout ce qui est fait
53:04par ces structures
53:06peu importe où.
53:07Avec donc cette dimension
53:09d'économie sociale et solidaire,
53:11c'est une entreprise
53:12qui rentre dans ses statuts,
53:14c'est ça ?
53:14C'est ça, exactement.
53:15Alors on a vraiment
53:16voulu pousser le modèle
53:17parce qu'on s'est dit
53:17bon ben c'est bien
53:18de créer une marque comme ça déjà.
53:19Alors c'était déjà
53:20une première difficulté
53:21mais on a voulu
53:22s'en rajouter une deuxième,
53:23c'est qu'on s'est dit
53:23qu'on voulait créer
53:24la première marque
53:25sans but lucratif
53:25en grande distribution.
53:27Donc en fait,
53:27tout appartient à une association,
53:29enfin un fonds de dotation,
53:30tout appartient,
53:32donc rien ne nous appartient
53:33nous à titre personnel,
53:34on n'a pas d'actionnaire,
53:35on n'y a rien à réunérer
53:36et ça faisait aussi partie
53:37de nos envies
53:39de prouver qu'il y avait
53:39un autre modèle économique
53:40qui était faisable
53:40et qui pouvait être pérenne
53:42aussi dans le monde
53:44de la distribution.
53:45Alors justement,
53:45on va essayer de le comprendre
53:46ce modèle économique déjà.
53:48Ces ateliers de production,
53:50ces ESAT,
53:50ils récupèrent une partie
53:52d'un pourcentage de la vente
53:54j'imagine.
53:55En fait,
53:56nous,
53:56toute notre mission,
53:57c'est déjà un engagement
53:59de transparence totale
54:00sur la répartition de la valeur.
54:01En fait,
54:01tout notre travail est là,
54:02nous,
54:03de toute façon,
54:04c'est du consommateur
54:05au producteur,
54:06tout le monde peut savoir
54:07qui gagne quoi.
54:08Nous,
54:08sur un produit,
54:09sur un pot de confiture
54:10ou un paquet de café,
54:11fier,
54:12en tant que structure,
54:13on prend 7% du prix de vente
54:14qui nous permet
54:15de payer les coûts
54:16de fonctionnement,
54:17les coûts logistiques,
54:18etc.
54:19Et il y a,
54:19en moyenne,
54:19il y a plus de 60%
54:20du prix de vente
54:21qui retourne directement
54:22à l'ESAT
54:23ou l'entreprise adaptée
54:24qui produit.
54:25Ensuite,
54:25il y a la logistique,
54:27il y a la rémunération
54:28du magasin,
54:29etc.
54:29Mais il y a au minimum 60%,
54:31donc c'est vraiment
54:32un modèle qui est inversé
54:33par rapport à ce qui se fait
54:35dans le monde
54:35de la grande distribution
54:36où,
54:36en général,
54:36le producteur
54:37ou la cause
54:38est plutôt minoritaire
54:39dans la répartition
54:39de la valeur.
54:40Et ça veut dire
54:41qu'il n'y a pas de bénéfices
54:43dans une entreprise
54:44comme la d'autres
54:44ou alors s'il y a
54:45des bénéfices
54:45qui sont forcément redistribués.
54:48Donc nous,
54:49la société commerciale
54:50qui est 100% détenue
54:51par une association,
54:52tous les bénéfices
54:53remontent dans l'association
54:54qui doit les redistribuer
54:55par essence
54:56et contrainte juridique
54:57mais on est ravis
54:58de le faire en tout cas.
54:59Donc c'est vraiment
55:00le modèle circulaire
55:01on va dire.
55:02Alors où en est la marque ?
55:034 ans après sa création,
55:05elle distribuait comment
55:06et comment elle touche
55:07les consommateurs ?
55:08Alors en fait,
55:09tout notre enjeu nous
55:10c'est d'être une marque
55:11grand public.
55:11On ne veut surtout pas
55:12être une marque spécifique
55:14à impact, etc.
55:16On se dit que le meilleur moyen
55:17d'avoir justement
55:20une action qui est utile
55:22pour le plus grand nombre
55:22c'est d'être une marque
55:23du quotidien.
55:24Donc on a voulu commencer
55:25par la grande distribution.
55:26On est aujourd'hui
55:26dans un peu plus de 1500
55:27supermarchés en France,
55:28partout en France
55:29et ça c'est pour le coup
55:30on en est plutôt fiers.
55:32C'est le cas de le dire.
55:33Sans jeu de mots.
55:35Donc on est dans quasiment
55:36toutes les enseignes
55:37de la grande distribution française.
55:38On peut nous retrouver
55:39à Nice comme à Calais.
55:40Et elle trouve son public
55:41cette marque ?
55:42Et en fait,
55:42on est une toute petite marque
55:44dans un univers
55:44de grands groupes
55:46et forcément
55:46on n'a pas les mêmes moyens
55:47que d'autres grandes marques
55:49pour faire de la communication,
55:50etc.
55:51Mais en fait,
55:51ça prend du temps
55:53et c'est aussi notre enjeu
55:54c'est d'apprendre
55:55à la grande distribution
55:56parce qu'on a commencé
55:57avec ça
55:57qu'il y a des projets
55:59sur lesquels
55:59il faut prendre le temps.
56:01Et c'est vrai
56:01que c'est difficile
56:02dans un monde
56:02qui va très vite,
56:03notamment le monde
56:04de la distribution,
56:04de leur dire
56:05en fait avec Fierre,
56:07vous ne pouvez pas avoir
56:07les mêmes règles du jeu
56:09qu'avec tout le monde
56:10parce qu'en fait
56:10tout va moins vite,
56:11la production va moins vite
56:12et aussi la distribution
56:13va moins vite.
56:15Donc tout notre enjeu
56:16est là,
56:16en tout cas
56:17c'est de petit à petit
56:18se faire connaître
56:19mais de prendre le temps
56:20de bien le faire.
56:22Merci beaucoup Camille Decreux,
56:23peut-être que cette interview
56:25donnera des idées
56:26à pas mal
56:26de nos téléspectatrices
56:27et téléspectateurs.
56:28Bon vent à Fierre.
56:30Fin de cette émission,
56:31merci à toutes et à tous
56:31de votre fidélité,
56:32à demain.
56:33Sous-titrage Société Radio-Canada
56:39Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations