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  • il y a 3 heures
Mardi 17 mars 2026, retrouvez David Sussmann (Président fondateur, Seafoodia & Pure Ocean), Alexandre Hervaud (Responsable éditorial, 100 Transitions), Philippe Dehedin (président, Modéal), Hervé de Lanversin (Cofondateur, Saewards) et Karine JEAN-JACQUES (Fondatrice, Ka.ji.ji) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

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00:01Générique
00:08Bonjour à toutes et à tous, bienvenue, c'est Smart Impact, l'émission des entreprises à impact positif.
00:13Et voici le sommaire, c'est David Sussman, le fondateur de Sifudia, qui sera l'invité du grand entretien.
00:18Tout à l'heure, 26 minutes pour découvrir cette entreprise créée aux Etats-Unis.
00:22Il y a 30 ans, comment concilier le business des produits de la mer et la préservation de l'océan
00:28?
00:28Réponse dans une vingtaine de minutes, car auparavant je reçois Philippe Dehédin, le président de Modéal,
00:34entreprise spécialisée dans la construction modulaire, ce qu'on appelle le hors-site.
00:38On parlera notamment d'un projet emblématique à Cuéron, c'est en Loire-Atlantique.
00:42Dans notre rubrique Transitions urbaines, chaque mois avec Alexandre Hervaud, vous le savez,
00:46dans la perspective des municipales, on vous présente une ville et une entreprise emblématique.
00:50Direction Marseille aujourd'hui pour découvrir Seawards et ses solutions de dessalement de l'eau de mer.
00:56Et puis dans notre rubrique consacrée aux start-up éco-responsables, je vous présenterai KJJ et ses accessoires textiles zéro
01:05déchet.
01:05Voilà pour les titres, c'est l'heure de Smart Impact.
01:14L'invité de ce Smart Impact, c'est Philippe Dehédin. Bonjour.
01:17Bonjour.
01:17Bienvenue, vous êtes le président de Modéal. Je veux bien que vous nous présentiez votre entreprise pour commencer. C'est
01:22quoi Modéal ?
01:23Alors Modéal, c'est une entreprise française qui est spécialisée sur la construction modulaire,
01:27à la fois pour des bases-vies fixes ou sur des bases-vies mobiles,
01:32et également pour fabriquer à partir de constructions modulaires des bâtiments permanents pour tout type d'usage.
01:37Voilà, de l'habitat jusqu'à la santé, les bâtiments industriels, etc.
01:42Qui sont vos clients ?
01:44Alors les clients, il y en a plusieurs. Il y a des loueurs. On vend beaucoup à des loueurs,
01:48puisque aujourd'hui les bases-vies sont utilisées beaucoup sur des chantiers de bâtiments et des chantiers de TP,
01:53donc pour des durées relativement courtes.
01:55Et puis après, c'est tous les maîtrises d'ouvrage pour les bâtiments.
01:59Donc ça peut être des collectivités pour des écoles, pour des crèches,
02:02ça peut être des industriels pour des bâtiments en milieu industriel,
02:06ça peut être des promoteurs pour du bâtiment.
02:10Est-ce que c'est aussi ce qu'on appelle le hors-site ?
02:12Alors c'est une partie du hors-site.
02:15Le hors-site, parce qu'il y a beaucoup de jargon dans ce métier-là,
02:18mais le hors-site, c'est effectivement un périmètre un petit peu plus large.
02:23C'est de préparer les éléments d'un bâtiment.
02:25On est un élément constructif du hors-site, sachant que le hors-site fait du 2D, fait de la 3D.
02:30Là, la 2D, c'est des éléments, ça peut être des bétons, des panneaux, etc.,
02:34qui sont faits en usine et qui sont ensuite emmenés sur chantier, déjà tout préparés.
02:36Nous, on est dans la catégorie, entre guillemets, du hors-site 3D.
02:40C'est-à-dire qu'en fait, on fabrique à partir d'éléments qui sont...
02:44Nous, on est dans la technologie de l'acier.
02:46Il y en a qui sont dans d'autres technologies, mais nous, on fait des technologies de l'acier.
02:48On fait des boîtes, pour faire simple, des bases de boîtes en acier soudé.
02:53Et qu'ensuite, on habille selon les besoins du client.
02:56Mais ici, une boîte type, tu rentres dans le détail, ou alors il y a plein de tailles et de
03:02formes différentes ?
03:02Alors, il y a... Parce que l'avantage, c'est que c'est quand même de l'industrie.
03:06Oui, c'est pour ça que je vous pose la question.
03:07On essaie d'industrialiser. Notre savoir-faire à nous, c'est d'essayer d'industrialiser la personnalisation.
03:13C'est un peu le positionnement de Modéal.
03:15Alors, bien évidemment, pour faire ça, on a un certain nombre de boîtes type.
03:18Et après, en fait, on fait en fonction du besoin du client.
03:21Donc, soit le client, on arrive à jouer comme un Lego avec différentes briques standards, entre guillemets,
03:26qui sont ensuite personnalisées et adaptées.
03:29Soit on fait du... On part d'une feuille blanche.
03:32Vous produisez en France ?
03:33On produit tout en France. Donc, on a sept sites.
03:35Le siège est en Vendée. On a des sites en Vendée, à côté de Nantes, à côté d'Orléans, à
03:40côté de Metz et autour de Lyon.
03:42Avec donc quel type de matériau ? C'est de l'acier uniquement ?
03:44Alors, la base est acier. Je sais, nos structures sont à base d'acier principalement.
03:50Et ensuite, on utilise tout type de matériaux, puisque le principe, c'est qu'on fait du bâtiment complet.
03:54Et donc, on intègre dans la construction comme dans la finition tous les corps d'État.
04:00Puisqu'en fait, on habille de panneaux. On peut faire des bardages de tout type de matériaux, bois, minéraux, métal,
04:06etc.
04:06Puis ensuite, on intègre de l'électricité, de la pomberie, des fenêtres, du revêtement de sol, du placo quand il
04:12faut, etc.
04:13Alors, je veux bien qu'on se concentre sur un projet qui n'est peut-être pas le plus gros,
04:17mais qui est assez emblématique, ou en tout cas intéressant,
04:21comme Odéal réalise, en Loire-Atlantique, à Couéron. Alors, de quoi on parle ?
04:26Effectivement, ce n'est pas forcément le plus gros, mais c'est un projet qui est relativement intéressant,
04:31parce qu'il montre bien ce que le modulaire peut faire.
04:34La mairie de Couéron nous a demandé de faire un bâtiment pour France Service,
04:39qui est un bâtiment de 190 mètres carrés, mais qui est construit dès le départ avec l'architecte,
04:45ce qui est un point important, parce que l'architecte est associé dans le modulaire,
04:47ce qui n'est pas toujours un sujet qu'ils font nous-mêmes.
04:50Et de ce projet-là, il a été construit dès le départ pour être modulable, et donc évolutif,
04:57puisqu'il démarre sur un bâtiment France Service, donc un bâtiment très administratif,
05:01mais ensuite, il est prévu qu'il puisse être utilisé pour une école et pour une crèche en petite enfance.
05:06Et donc, dès la conception, le bâtiment a été conçu pour pouvoir être réemployé,
05:11donc facilement déplaçable, avec des fonctionnalités techniques qui peuvent être ajustées.
05:16Par exemple, comme on sait qu'on va demain pouvoir le réutiliser en petite enfance,
05:21on a adapté les sujets de plomberie, de huisserie, etc.
05:24Comment on va passer de France Service à la crèche ?
05:28Exactement, puisqu'aujourd'hui, ce n'est forcément pas du tout le même usage.
05:31Donc, le bâtiment de départ, il est fait à partir de dix modules qui sont assemblés pour faire le bâtiment
05:37complet,
05:38mais par exemple, tout ce qui est regroupement de plomberie, regroupement d'électricité, gestion des huisseries,
05:42a été déjà pensu pour la réutilisation future.
05:46Et on a essayé d'optimiser, parce que c'était un sujet qui était important pour la mairie,
05:50les sujets d'impact environnementaux.
05:52À la fois, mon transport, on était en local, puisqu'on a des usines,
05:55il s'est fabriqué sur nos deux usines qui sont juste à côté de Cuéron,
06:00mais qui a permis de gérer les déchets, la consommation de matière,
06:04puisque le principe industriel d'être sur site fait qu'on utilise quatre fois moins de matière
06:08qu'une construction traditionnelle.
06:09On a moins de déchets, on optimise beaucoup plus.
06:12On a des réductions d'impact CO2, à la fois au départ et sur la durée de vie.
06:17Et c'est un peu le savoir-faire ou la force de Modéal,
06:20c'est de concevoir pour l'usage, mais pas l'usage instantané de départ,
06:24l'usage dans la durée de vie du bâtiment ou de ses usages.
06:28Oui, de prévoir plusieurs vies au bâtiment, en quelque sorte.
06:32Et on a des équipes dédiées, un site dédié, qui sait aujourd'hui le déplacer, le transformer, le réhabiliter.
06:38Et y compris le recycler en fin de vie, quand demain ils auront envie de s'en séparer complètement.
06:43Donc ça fait partie des services complémentaires, en quelque sorte, que vous proposez ?
06:47Tout à fait, tout à fait.
06:48Parce qu'en fait, on fait de la conception jusqu'à la fin de vie.
06:51On est même partenaire pour la destruction ultime de bâtiments.
06:55Mais ces enjeux de durabilité, de réutilisation et même des matériaux qu'on va utiliser, de la gestion des échelles,
07:08c'est devenu un présupposé des contrats ou pas forcément dans votre secteur ?
07:14Alors, c'est très ambigu.
07:16Justement, j'étais avec le député de Loire-Atlantique ce matin au téléphone et on échangeait sur ces sujets-là,
07:21c'est important.
07:21C'est à la fois une volonté d'y aller, puisque notamment dans la loi AGEC, on fixe des pourcentages
07:27de réemploi qui sont croissants.
07:31Les ressources ne sont pas infinies sur la planète.
07:34Donc forcément, toute solution qui va réduire le gâchis de ressources est forcément un sujet qui a son importance.
07:40Et après, ça se confronte dans la réalité à deux sujets qui sont l'incitation économique.
07:48Est-ce qu'elle est bien réelle ?
07:49Puisque aujourd'hui, selon les situations de marché, ce n'est pas toujours aussi intéressant de faire du recyclé ou
07:54du neuf,
07:54avec les incitations fiscales ou autres que l'on peut avoir.
07:58Et puis après, il peut y avoir des équilibres de gens qui préfèrent du neuf plutôt que du réemploi.
08:03Mais dans l'absolu, aujourd'hui, le réemploi a une tendance croissante que nous, en tant que modèle, on essaye
08:08d'adopter dès le départ.
08:10C'est-à-dire que s'il n'y a pas besoin de faire du neuf, on essaie de minimiser
08:14le neuf.
08:15Juste pour donner un exemple, aujourd'hui, notre structure de base en acier, elle est calibrée normativement pour durer au
08:22moins 50 ans.
08:24Et les bâtiments modulaires sont utilisés quand c'est sur des chantiers en location temporaire, sur des durées entre les
08:30deux et quatre ans.
08:33Ce qui veut dire qu'ils pourraient potentiellement faire quasi dix cycles.
08:36Et sur un bâtiment permanent, c'est pareil, c'est très rare qu'un bâtiment soit utilisé dans le même
08:41usage pour 50 ans ou au-delà.
08:43Et donc, potentiellement, chacune des carcasses, entre guillemets, ou des boîtes de départ, a vocation à pouvoir être réutilisées plusieurs
08:50fois.
08:52Les refabriquer, c'est débile, parce qu'aujourd'hui, ça consomme de l'acier.
08:55L'acier, c'est hyper consommateur pour le CO2.
08:58C'est ce que j'allais vous dire.
08:59Ça suppose des fours, ça suppose une énergie très importante.
09:03Et les événements actuels et récents sont en train, peut-être aussi, de remettre encore plus sur le devant le
09:09besoin de se réinventer en termes d'économie, du réemploi.
09:13Domaine dans lequel, nous, on est plutôt en avance, puisqu'effectivement, on a fait l'acquisition dans le groupe d
09:18'une société spécialisée dans le réemploi il y a quelques années,
09:21qu'on a complètement intégrée et qui, aujourd'hui, intègre neuf réemplois, occasions, en fonction des besoins évolutifs du client.
09:28Ça existe de l'acier bas carbone ou ça n'a pas beaucoup de sens ?
09:31Si, si, ça existe. Forcément, bien évidemment, parce que tout le monde est là-dessus.
09:35Donc, nos fournisseurs vont sur ces technos-là, à la fois en utilisant des énergies spécifiques qui sont décarbonées de
09:43plus en plus, que ce soit hydrogène.
09:45En France, on a aussi des usages nucléaires et il y a des discussions en cours, si vous avez suivi
09:50l'actualité, avec Arcelor sur l'électrification des fours.
09:55Notamment des fours. Effectivement, en France, si on électrifie un four, avec une énergie décarbonée, c'est bon.
10:01On en bénéficie, sachant que, comme on dit toujours, la meilleure énergie, c'est celle qu'on n'a pas
10:07besoin d'utiliser.
10:10Même si elle est de plus en plus propre.
10:11Donc, effectivement, le réemploi est important.
10:13Il y a aussi, au-delà du facteur industriel, il y a de plus en plus d'acier qui sont
10:17faits à partir d'acier recyclé.
10:19Alors, ça permet de refabriquer des barres neuves au départ.
10:23Nous, ce que l'on essaye de faire, c'est de récupérer le parc de boîtes modulaires qui a été
10:27mis sur le marché depuis des années,
10:29la croissance importante du modulaire et qui, aujourd'hui, sont soit inutilisées, soit en fin d'usage,
10:36pour pouvoir justement les transformer, les adapter aux contraintes réglementaires, notamment thermiques, et en les rhabillant à neuf.
10:42Voilà, effectivement. Quelques chiffres sur le hors-site, le chiffre d'affaires de ce secteur, 1,2 milliard d'euros
10:49en 2024
10:50pour la construction modulaire et hors-site en France, ça correspond à environ 1% du chiffre d'affaires total
10:55du secteur de la construction,
10:56qui n'est pas énorme. Est-ce que c'est quand même une croissance assez régulière ?
11:02Alors, en dehors du fait que c'est difficile, cette année, de lire les sujets, parce que le marché de
11:08la construction n'est quand même pas en grande forme,
11:11mais globalement, si on prend sur les quelques dernières années, le marché du hors-site et du modulaire croît à
11:17peu près 3 fois plus vite
11:18que la construction traditionnelle, se heurte quand même, parce qu'il faut le dire, en termes de croissance,
11:23à des lobbies bétonneux qui sont très forts, et qui, aujourd'hui, n'ont pas fait la promotion du hors
11:29-site,
11:30mais de plus en plus, on voit que ça a de l'importance. Ça a de l'importance pourquoi, ce
11:34hors-site ?
11:35Un, c'est les chantiers propres. Deux, ça permet de gérer la main-d'oeuvre, qui est un vrai sujet
11:41pour tout le monde,
11:42puisque, aujourd'hui, contrairement à des chantiers qui se passent en extérieur, nous, on propose des horaires, entre guillemets, de
11:47bureaux.
11:48Donc, vous pouvez être dans une usine au chaud, avec des équipements adaptés, 9h-17h, même si on peut faire
11:54des fois des plages plus longues.
11:57En termes de qualité, c'est régulé, etc. Donc, voilà, il y a plein d'avantages qui font que le
12:02hors-site et le modulaire
12:03progressent, aujourd'hui, plus vite que le traditionnel.
12:07Maintenant, voilà, il y a des aspects culturels, des aspects historiques qui font que ce n'est pas encore le
12:11cas.
12:11Mais je pense qu'on peut atteindre, d'ici quelques années, 4-5% du marché total. Donc, triplé.
12:17Merci beaucoup, Philippe Dehédin, et à bientôt sur Bsmart4Change. On passe tout de suite à notre rubrique Transitions urbaines.
12:31Transitions urbaines, c'est notre rendez-vous mensuel consacré aux villes, à leur attractivité économique, avec Alexandre Hervaud.
12:38Salut, Alexandre.
12:39Salut, Thomas.
12:39Tout va bien ?
12:40Très bien.
12:40Bon, depuis des mois, on est placé dans la perspective de ces élections municipales.
12:44On y est.
12:44On choisit à chaque fois une commune et une entreprise emblématique, et donc, on a choisi Marseille,
12:49aujourd'hui, ville à haute, à haut suspense électorale, mais on n'est pas là pour en parler,
12:56on n'est pas là, on n'est pas là, on n'est là pour découvrir Seawards. Bonjour Hervé de
12:59l'Anversin, bienvenue.
13:01Merci.
13:01Vous êtes le cofondateur de Seawards, vous êtes né à Marseille, d'ailleurs.
13:05Oui, j'y ai grandi aussi.
13:05Vous avez grandi, vous avez bossé dans la finance.
13:07Oui.
13:08Créé donc Seawards 2021 avec Hubert Moncoudiol, c'est ça ?
13:12Moncoudiol, oui.
13:12Et donc, pourquoi vous êtes revenu à Marseille ? Et comment on peut expliquer cette trajectoire
13:18qui vous ramène aujourd'hui au dessalement de l'eau de mer ?
13:20Retour à ses racines, je ne sais pas. Condition nécessaire, mais pas suffisante, il y a la mer, à Marseille.
13:28Non, on hésitait, on a réfléchi, on voulait être en région. L'impact régional pour nous est important. Et puis,
13:39on hésitait, on a hésité avec la Bretagne.
13:42Mais finalement, ça s'est fait à Marseille, c'est les circonstances aussi. Et on travaille de très près avec
13:46la région, avec la métropole.
13:48On y reviendra là-dessus, mais comment on passe de la finance au dessalement de l'eau de mer ?
13:51Ah ! On n'a pas le temps.
13:54C'est trop long pour raconter ça.
13:55C'est trop long pour raconter. Non, simplement, à un moment donné, on se rend compte que dans la finance,
14:01on travaille bien, on vit bien, mais il manque certaines choses.
14:06Ou dans la vie tout court, d'ailleurs, je pense. À un certain moment, on se rend compte de ça
14:09et on veut combler ces manques.
14:12Et voilà, ça a été une quête, en fait. Et on part, on ne sait pas très bien vers où,
14:17mais on y va.
14:18Et puis finalement, on arrive au dessalement d'eau de mer, avec une raison d'être qui est importante.
14:23Alors, le dessalement d'eau de mer, on a dit, c'est le principe de SeaWorld.
14:26Et alors, vous, la boîte, qui est en pleine phase de R&D encore, recherche et développement, vous misez sur
14:33un procédé qui s'appelle la cryo-séparation.
14:36Ceux qui ont fait du grec, cryo, savent que ça veut dire froid.
14:38Est-ce que vous pouvez nous expliquer un petit peu en quoi ça consiste comme principe et à quoi ça
14:42change par rapport aux technologies habituelles ?
14:45Bien sûr. Déjà, un petit peu de contexte. Le monde est face à une crise de l'eau majeure, principalement
14:53due à l'explosion démographique qu'on a vécue depuis un peu plus d'un siècle,
14:57avec la révolution industrielle. Face à ce problème démographique et pas face à de la carence de l'eau, il
15:04faut, on doit changer certaines habitudes, ça c'est sûr,
15:07mais il faut aussi élargir la ressource. Le dessalement d'eau de mer le fait, depuis maintenant 30 ans. Israël
15:13s'est construit là-dessus, au Moyen-Orient, ils vivent grâce à ça, l'actualité nous le rappelle aujourd'hui.
15:18C'est devenu une cible d'ailleurs. Exactement. Mais pas que au Moyen-Orient, je ne sais pas si vous
15:22vous rappelez, les tensions entre l'Inde et le Pakistan, c'était sorti aussi.
15:28Donc ça va devenir de plus en plus... Donc on doit élargir la ressource eau. Ils le font. Aujourd'hui,
15:36on a 22 000 unités de dessalement d'eau de mer dans le monde,
15:42qui produisent l'équivalent de 17% du besoin. L'UNESCO a sorti un papier récemment, en 2030, le besoin
15:52en eau excèdera de 40% les ressources.
15:55C'est considérable. 17% à peine sont produits par le dessalement d'eau de mer. Et pour autant, le
16:03dessalement d'eau de mer rejette tous les ans 54 milliards de mètres cubes d'eau.
16:09Mètres cubes équivalent de tonnes. C'est considérable. Pardon, d'eau, je dis d'eau, je dis n'importe quoi.
16:13Excusez-moi.
16:14De sommâtre, enfin en tout cas.
16:15De rejet polluant et extrêmement polluant parce que...
16:19Alors que les procédés traditionnels, ça rejette des déchets polluants, c'est ça ?
16:23Oui. C'est du concentré de sel et des produits chimiques extrêmement nocifs pour l'environnement.
16:30Et donc, on en revient à la question que posait Alexandre sur le procédéal.
16:33Donc, il faut trouver une innovation. Il faut innover pour trouver une solution pour élargir la ressource sans polluer.
16:37Sinon, on va à la catastrophe. On l'a déjà avec le plastique. Là, ça sera encore bien.
16:42Donc, voilà. Donc, on s'est mis à chercher. On innove. Pour ça, la troisième solution, on chauffe, on filtre.
16:50Troisième solution, on refroidit. Donc, on refroidit l'eau de mer. L'eau de mer se cristallise progressivement dans la
16:58descente en température.
17:00Et on intervient, si on peut prendre 0 et moins 7.
17:04Vous filtrez ? Il y a une sorte de filtrage ?
17:05On ne filtre rien du tout. Non.
17:06Il y a une pré-filtration pour éviter que les organismes vivants rentrent dans notre process, mais c'est léger.
17:12Sinon, on refroidit. Donc, l'eau se transforme progressivement en glace.
17:15À moins 7, moins 8, il y a une prise totale.
17:17Nous, on intervient à moins 2,4, moins 2,5, à un moment où seules les molécules d'eau pure
17:24ou faiblement chargées en sel sont déjà cristallisées.
17:29Donc, vous mélangez.
17:30Et vous les récupérez à ce moment-là ?
17:31Exactement. Et donc, à ce moment-là, on sépare le solide du liquide.
17:33OK.
17:34Et ce faisant, on extrait de l'eau douce et potable de l'eau de mer.
17:38Alors, quelques chiffres sur SeaWorlds. 15 collaborateurs aujourd'hui, une levée de fonds qui est annoncée à 5 millions d
17:45'euros.
17:45Vous êtes donc à Marseille, au port de Somati, cette technologie de cryoséparation.
17:49Et puis, vous avez été d'ores et déjà lauréate d'un concours ADEME, le concours Innove au Haut.
17:56Et vous êtes aujourd'hui en phase prototype, on l'a bien compris.
17:59C'est quoi les étapes ? La feuille de route jusqu'au démonstrateur industriel, éventuellement la première commercialisation.
18:05Alors, c'est une feuille de route sur laquelle on travaille depuis quelques temps déjà.
18:08On a notre prototype en environnement réel maintenant à Somati.
18:11Ce prototype nous permet de travailler sur la démonstration de l'efficience industrielle.
18:16Ça, ça sera le démonstrateur, vous en avez parlé, le pilote, qui sera installé à Somati, on l'espère, courant
18:23du premier semestre 2027.
18:25OK.
18:26Ce pilote, qui sera en fait la version zéro de notre usine, va nous permettre, grâce à cette fenêtre sur
18:34le monde que l'on a à Somati, de faire la démonstration de cette efficience industrielle
18:39et donc de pouvoir démarrer notre phase de commercialisation, donc notre go-to-market.
18:45Après ça, on travaille sur l'installation d'unités pilotes dans des zones prioritaires.
18:52Donc, ces zones prioritaires, c'est le Moyen-Orient, parce que c'est le plus gros marché, c'est l
18:56'Afrique du...
18:56Le bassin méditerranéen, pour nous, c'est le premier marché, donc l'Afrique du Nord, Espagne.
19:01Et puis, les territoires marins, donc toutes les îles, donc peut-être la Grèce, peut-être la Sicile, qui a
19:08un grand besoin, et tous les autres.
19:09Mais on installera des unies pilotes qui seront des vitrines technologiques.
19:14Oui, parce que c'est ça, votre modèle économique, si on peut le préciser, c'est plutôt la vente de
19:19technologies.
19:20Oui, la vente de machines, en fait, la vente d'usines, mais nous, dans l'usine, on ne s'occupera
19:25pas de la construction,
19:27on s'occupera des machines qui sont dedans, de leur assemblage, de leur fonctionnement, de leur exploitation.
19:32Et voilà, une fois qu'on aura ces vitrines technologiques, chaque vitrine technologique, en partenariat avec des acteurs locaux,
19:37nous aidera à déployer dans la région nos usines.
19:43C'est, comme vous dites, on va fournir l'unité de dessalement, c'est gros comment ?
19:50Peut-être que ça dépend du site et de la quantité d'eau qu'on veut dessaler.
19:55Voilà, de la capacité et du site.
19:57Pour vous donner un exemple, le pilote qui sera installé à Marseille, qui fera 200 m3 jour,
20:03donc 200 m3 jour, on consomme à peu près 200 litres, donc c'est 1000 personnes.
20:10Il est dans 200-250 m2.
20:13Ok, donc ce n'est pas gigantesque en termes d'emprise au sol.
20:19Non, c'est un de nos objectifs, ça c'est l'agilité, pour pouvoir être au plus près du besoin.
20:24Aujourd'hui, une des questions sur les usines de dessalement, c'est que pour être efficace, ils consentent leur capacité,
20:31donc ils créent des énormes usines.
20:34En Jordanie, on a une usine qui est en cours de fabrication, qui va faire un million de litres, 2
20:38m3 jour,
20:40donc c'est considérable, et donc avec un impact au sol énorme.
20:43Nous, on va être plus léger, être au plus près du besoin.
20:46Donc l'impact moindre, ça évite des problèmes de transport, de stockage, etc.
20:50Alors, on l'a évoqué très rapidement, mais ce contexte géopolitique de conflit au Moyen-Orient,
20:55avec des usines de dessalement visées par l'Iran et certains de ses alliés,
21:00qu'est-ce que ça vous inspire, ce contexte ?
21:03Aujourd'hui, pas grand-chose, parce qu'il faut voir d'abord comment tout ça va évoluer.
21:08À court terme...
21:10Mais ça renforce l'aspect stratégique.
21:13Enfin, vous êtes dans un secteur stratégique, la preuve, puisque les usines de dessalement sont ciblées.
21:18On le savait déjà, mais ça éclaire cette spécificité de l'eau,
21:26qui devient une ressource stratégique essentielle et stratégique.
21:32Ça veut dire, si j'ai cinq minutes, que notre projet,
21:36l'innovation industrielle sur laquelle nous sommes en train de travailler,
21:39va nous permettre de déployer un nouveau modèle industriel,
21:42qui est la suite de notre raison d'être,
21:46c'est-à-dire l'innovation au service de l'industrie
21:49pour élargir la ressource au lieu de la consommer
21:52et pour respecter l'environnement au lieu de le polluer.
21:57Et enfin, et pas le moindre, au service du plus grand nombre,
22:00au lieu de... pour quelques-uns.
22:02Voilà.
22:02Et ça, ce qui se passe en ce moment est en train d'éclairer ce problème de l'eau
22:07par rapport à toutes ces communautés.
22:10Allez, il nous reste 3 minutes, 3 minutes 30, parler de Marseille.
22:12Ben oui, parlons de Marseille, parce que c'est là que vous êtes basé,
22:14c'est là d'où vous venez. Petit chiffre-clé sur Marseille,
22:16c'est la deuxième ville de France, presque 2 millions d'habitants,
22:20si on compte la métropole, qui regroupe 91 communes.
22:24C'est le premier port de France en termes d'emploi,
22:26notamment 42 000 et quelques, très touristique, 5 millions,
22:302,5 millions de croisiéristes en 2024,
22:33presque 60 kilomètres de littoral.
22:36Vous avez évoqué un petit peu les partenaires que vous avez eus au niveau local,
22:39notamment la région.
22:40Est-ce que vous pouvez nous dire un petit peu sous quelle forme ça a pris,
22:42ne serait-ce peut-être que dans votre implantation,
22:44au port de Somati, près de l'Estac ?
22:46C'est quoi les formes de soutien, finalement, que vous avez trouvées ?
22:49Eh bien, par exemple, le port de Somati est exploité par le MINE,
22:54sous délégation de la métropole,
22:57en partenariat, main dans la main, avec la région.
22:59Donc, nous sommes sur le port de Somati, à Marseille,
23:04grâce aux appuis, pas aux appuis, mais à l'accompagnement de la région et de la métropole.
23:10Et dans le cadre d'un projet qui est assez intéressant,
23:13de restructuration du port de Somati,
23:16pour construire un pôle économique sur l'économie bleue.
23:19Et on est la première entreprise, en fait, à avoir été choisie pour rejoindre ce pôle.
23:24Cette économie bleue, justement, qui est un filon qu'on sent que Marseille veut exploiter,
23:28il y a le projet à fausse sur mer, les projets à fausse sur mer.
23:31Vous sentez vraiment que l'écosystème est, comment dirais-je, très réceptif ?
23:37Oui, l'écosystème régional est très réceptif.
23:40La région, oui, est aux manettes pour accompagner cette évolution régionale.
23:48C'est à jouer dans votre choix ?
23:49C'est-à-dire le fait d'avoir tout cet écosystème de l'économie bleue pour venir s'installer là
23:53?
23:53Oui, ça a joué dans mon choix.
23:56C'est le soleil, peut-être ?
23:57Oui, le retour aux racines.
23:58Voilà, le retour aux racines, au fait que je connais bien aussi, quand même.
24:01Voilà, ça, ça joue aussi.
24:03Mais il y a là-dedans une dimension qui est importante.
24:07On est sur un port.
24:08Et votre sujet à vous, c'est aussi l'urbain.
24:13Et le port, c'est le lien entre l'urbain et le marin.
24:17Moi, quand j'étais jeune, je lisais beaucoup Cousteau.
24:20Ils disaient la même chose que ce qu'on dit aujourd'hui.
24:22On n'a pas tellement évolué depuis.
24:24On connaît très peu la mer, en fait.
24:26Il y a énormément de choses à faire, énormément de recherches à mener sur l'environnement marin.
24:31Et le port est le point d'entrée de cette relation entre l'urbain et la mer.
24:37Et l'urbain a beaucoup à gagner à mieux connaître la mer.
24:39Et nous, on peut être un premier marche vers ce voyage.
24:45Qu'est-ce que vous attendez du futur ou de la future mer de Marseille ?
24:50Ah, rien.
24:51C'est vrai ?
24:51C'est un principe général ?
24:54Oui.
24:55Je vous ai dit, je suis né à Marseille, je connais Marseille.
24:57Donc, pour l'instant, je n'entends rien.
25:00C'est une ville merveilleuse, Marseille.
25:03Mais pas facile.
25:05Donc, moi, je fais mon chemin et j'attends aider la ville.
25:10Peut-être que la ville m'aidera.
25:12La région et la métropole, aujourd'hui, nous aident.
25:16On verra.
25:17Merci beaucoup.
25:20Vous irez voter, quand même.
25:22Oui, mais je ne vote pas, mais je ne vote plus à Marseille.
25:24Ah, ben voilà.
25:25On a le verrière.
25:26Merci beaucoup, Hervé de l'Anvers-Saint-Boroto, à Marseille.
25:30Et bravo pour ce projet.
25:32Cette entreprise, c'est plus qu'un projet Seaward.
25:34Merci, Alexandre.
25:35De rien.
25:36On a pris la décision hier.
25:37On va continuer, même après les municipales, d'explorer les villes françaises.
25:40Parce qu'il va falloir demander aux nouveaux élus ce qu'ils veulent faire.
25:43Et donc, voir ce qu'en attendent les chefs d'entreprise.
25:48Merci encore.
25:48On passe au grand entretien de ce Smart Impact.
25:50Avec une autre histoire marseillais, je reçois David Sussman, le président de SeaFoodia.
25:58« Êtes-vous prêt pour l'impact ? »
26:00C'est la question que je pose.
26:01Chaque joueur a une personnalité qui compte dans notre économie.
26:05Aujourd'hui, je reçois David Sussman.
26:06Bonjour.
26:07Bonjour.
26:07Bienvenue.
26:07Vous êtes le président fondateur de SeaFoodia, qui fait de ses 30 ans.
26:11Vous l'avez créé en 1996.
26:13C'est d'abord une histoire américaine, c'est ça ?
26:16C'est ça.
26:17Il y a 30 ans, après un MBA, je décide de travailler pour une entreprise qui va exporter,
26:23travailler à l'international.
26:24Et je rêvais du monde américain à cette époque.
26:27Je crois que c'est encore le cas aujourd'hui.
26:28Il y a beaucoup de jeunes dirigeants qui rêvent de ça.
26:31Et donc, dans un garage, avec un distributeur de produits de la mer canadien, je crée de
26:35zéro, SeaFoodia, pour exporter des produits de la mer durables et responsables à partir
26:41du Canada dans le monde entier.
26:42Vous avez toujours voulu créer une entreprise ?
26:45Ça faisait partie d'un projet, je ne sais pas, d'adolescent ou d'enfant, presque ?
26:50Oui, tout à fait. Je me souviens très bien, c'était à 16 ans, cours de première, on
26:55parlait de géopolitique, de géostratégie et surtout des flux internationaux qui, en
27:01fait, dépassaient. Pour la première fois, on est en 87, les flux internationaux, vous
27:04savez Thomas, qui dépassent l'Atlantique dans le Pacifique. Et c'était vraiment ce switch.
27:09Et je me souviens de tous ces containers sur l'eau et je me suis dit, un jour je serai
27:12acteur. Alors je me suis passionné pour les flux internationaux et puis j'étais passionné
27:16par l'océan et l'alimentaire. Regardez, j'ai terminé là-dedans. Et j'avais très
27:20très peur d'être au chômage et je me suis dit, le plus tôt possible, il faudrait créer
27:23mon entreprise. J'avais aussi des dirigeants d'entreprise, il est vrai, des entrepreneurs
27:27dans la famille. Et donc, dès 18 ans, en fait, j'ai créé ma première boîte. Alors
27:31que, pas loin d'ici d'ailleurs, je commençais une école de commerce où je suis resté une
27:34petite journée avant de créer ma boîte. Mais bon, j'ai quand même repris des études,
27:37dont un MBA aux Etats-Unis qui m'a fait ensuite, qui m'a donné l'idée de créer
27:41ma société aux Etats-Unis. Donc, il y a 30 ans, le 1er avril prochain, Fiche D d'ailleurs.
27:46Oui. Et alors, la question, c'est, parce que Sifudia, ce n'est pas une marque qui est
27:50connue du grand public. Vous êtes une entreprise B2B. Mais alors, ça pèse quoi, Sifudia, aujourd'hui ?
27:56Alors Sifudia, c'est environ 400 millions d'euros de chiffre d'affaires. C'est l'équivalent
28:01de 7000 containers, 7000 grands semi-remorques. Et c'est environ 100 000 tonnes. En fait,
28:07notre impact, c'est près de 1 million de tonnes. Donc, on pèse environ 1,85ème de la pêche mondiale.
28:14Environ un demi-pourcent. Donc, c'est à la fois infime et à la fois énorme. J'appelle ça vraiment
28:19une vraie responsabilité que nous avons aujourd'hui.
28:21Oui. Ça, c'est un mot important et on y reviendra évidemment, le mot responsabilité.
28:24Mais alors, ça va d'où ? C'est les poissons ? C'est les crustacés ? Qu'est-ce
28:28qu'on trouve dans
28:30les produits que vous proposez, en fait ?
28:31Alors, c'est une centaine d'espèces qu'on commercialise dans 70 pays. Et c'est principalement
28:37ce que j'appelle des pêches durables et responsables. Et c'est principalement des
28:40petits pélagiques. Vous savez, ces petits poissons gras qui sont en bande organisée,
28:45macro, haran, anchois, sardines, qu'on retrouve principalement en Atlantique Nord, mais dans
28:51le monde entier.
28:52Comment vous contrôlez la chaîne de valeur ? Parce que j'imagine que vous faites appel
28:56à des pêcheurs, à des pêcheries. Comment vous contrôlez ça ?
28:59Tout à fait. Bon, ce qui est passionnant dans notre métier, c'est acheter au bout
29:02du monde et vendre au bout du monde et répondre aujourd'hui aux besoins de l'humanité qui
29:06sont de nourrir les hommes. Puisque vous savez qu'il y a 3 milliards de personnes qui
29:09dépendent directement de la pêche et en fait des pêches dans le monde pour se nourrir.
29:13Et ça, pour moi, j'étais fasciné par tous ces enjeux. Alors, le contrôle, ça passe
29:18par la traçabilité, qui est un enjeu en masseur. La traçabilité, c'est aller contrôler
29:22directement à la source les pêches, où c'est pêcher, comment c'est pêcher, quel type
29:29de pêche ? Est-ce que les pêches sont certifiées ? Est-ce qu'elles sont contrôlées ? Et est
29:34-ce
29:34qu'elles sont organisées ? Et ensuite, est-ce qu'on est capable de vraiment avoir cette
29:38traçabilité ?
29:39Est-ce que c'est parfois un défi très compliqué à relever ?
29:41Alors, c'est un défi énorme aujourd'hui pour cette industrie. Après, pour nous, à partir
29:47du moment où vous travaillez avec des pêcheries certifiées et qui sont normées, que vous
29:51êtes sur des pêches, par exemple, MSC, ASC, etc., et vous pouvez retrouver ça, même
29:55vous, le consommateur, sur l'étiquette, oui, à ce moment-là, c'est possible, mais
30:00ça représente un gros tiers aujourd'hui des pêches dans le monde. Vous avez quand même
30:03un gros tiers qu'il faudra arrêter quasiment immédiatement, puis il y a un autre enjeu,
30:07on en parlera peut-être plus tard, qui sont les enjeux de la pêche illégale, notamment,
30:11etc. Mais la traçabilité, dans notre groupe, c'est le cœur, c'est-à-dire que nous, on
30:15a notre rapport de sustainability, notre rapport ESG, qui nous engage justement à ne pas toucher
30:20les pêches durables, les responsables, etc., et n'être que dans les pêches durables
30:24des responsables dans le monde. Alors, on parlera de pêche illégale tout à l'heure,
30:27parce que c'est forcément un chapitre important, mais effectivement, cette notion de surpêche,
30:33que font vos concurrents, et comment vous existez face à ceux qui pratiquent la surpêche ?
30:40Alors, bon, c'est un marché oligopolistique, c'est un marché où il y a énormément d'acteurs,
30:44d'abord. C'est un peu comme, voilà, l'agriculture, vous savez, vous avez énormément d'acteurs
30:48dans ce domaine-là. C'est la même chose dans les pêches. Il faut imaginer des villages au bout du
30:51monde,
30:51vous avez un village, trois bateaux, voilà, c'est une société. Et puis, vous allez 20 kilomètres
30:55plus loin, un village, trois bateaux, c'est une autre société, etc.
30:58Et puis, on peut voir une flotte de, je ne sais combien de dizaines de bateaux chinois
31:02qui sont en train de... Ça existe encore, ça ?
31:05Oui, bien sûr, ça existe. Alors, je voulais surtout ne pas parler de pays, mais là, alors,
31:09ces fameuses flottes dont vous parlez aujourd'hui, moi, je l'assimilerais plus à de la pêche illégale
31:16qu'énormément de flotte sur certaines espèces. Ah bon, c'est... Parce que quand même,
31:22globalement, la pêche est raisonnée, globalement. Je répète, c'est un tiers, en gros, des pêches
31:26qui ne vont pas, d'accord ? Pour répondre à votre question, donc, si vous voulez...
31:30Comment vous existez face aux très gros, quoi, et à ceux qui n'ont pas éventuellement
31:36les mêmes principes que vous ?
31:38On n'est pas du tout sur les mêmes segments, sur les mêmes marchés. Nous, on travaille
31:42avec des gros industriels qui sont normés, qui sont en France ou dans les pays développés,
31:48qui ont des règles très claires, justement, et un cahier des charges qui est clair, donc
31:52à ce moment-là, ça se passe très bien. Nous, on est sur ce type de clients. Mais par
31:55contre, si vous voulez, c'est justement ce tiers qui ne va pas, qui nous impacte indirectement,
32:00parce que ça éclabousse, finalement, notre industrie. Et c'est ce à quoi je m'attèle
32:05aujourd'hui, de... C'est pour ça que je suis là aussi aujourd'hui, pour interpeller
32:08à la fois les entrepreneurs, les pouvoirs publics et la société civile, pour qu'elles
32:13se mobilisent, qu'elles prennent conscience des enjeux, c'est-à-dire que même s'il y
32:15a des sociétés qui le font correctement, il y en a beaucoup. La plupart des industriels
32:19qu'on voit particulièrement en France, ils font les choses très bien. C'est pas ici
32:22que ça se passe mal. En effet, c'est plutôt au bout du monde. Et oui, il existe des pêches,
32:27des flottis qui font ça illégalement, tout dans le monde. Voilà, c'est de vrais enjeux.
32:31Mais sur les types de pêches, est-ce qu'il y a des types de pêches, des modes de pêche
32:34qu'il faudrait interdire ? Bien sûr. Il faudrait interdire, si vous voulez, tout ce qui peut
32:38racler au fond de l'océan. Je vais vous donner des images très simples. Le dragging, par
32:42exemple, bien sûr que ça devrait être interdit. Et ça doit être interdit sur les poches
32:45qui sont... dans la mesure où vous allez détruire les écosystèmes. Aujourd'hui, on peut
32:50cibler une pêche. Vous avez les moyens aujourd'hui, lorsque vous pêchez, de cibler
32:53une seule espèce et de ne pas pêcher, par exemple, le bycatch, c'est-à-dire les espèces
32:58qui viennent dans vos filets, en plus. On peut l'éviter. On peut éviter aujourd'hui
33:02de pêcher des dauphins. Tout ça, ça peut être évité assez facilement. Et c'est
33:06en train de se mettre en place, particulièrement dans les pays européens, mais pas encore
33:10assez dans le monde. La bonne nouvelle, c'est qu'on en parle. Et on en parle d'ailleurs
33:13aujourd'hui, et je vous remercie pour ça. Mais bien sûr qu'on peut l'éviter.
33:16Le souci, il est qu'au-delà des 200 000 nautiques, c'est le Far West. On ne sait pas
33:20ce qui se passe. Regardez, quand vous regardez l'horizon, je veux dire, l'océan, c'est 70%
33:24de la planète. Donc, il y a énormément de choses aujourd'hui. On ne sait pas ce qui se
33:28passe, même s'il y a un traité en haut de mer qui a été mis en œuvre, d'ailleurs
33:31grâce à la France. La France, deuxième surface maritime au monde. C'est un enjeu business
33:37colossal. Des opportunités pour les entrepreneurs magnifiques. On oublie, et on n'a pas pris
33:44conscience que les États-Unis, ils ont juste 10% de plus de surface maritime au monde.
33:48Après, c'est nous. Ça explique d'ailleurs pourquoi ils veulent intelligemment, peut-être,
33:51essayer de posséder le Groenland. Mais la France, c'est la moitié de la surface
33:55maritime de l'Europe. On a une vraie responsabilité, Thomas.
33:58Et ce traité, ce traité haute mer, qu'est-ce qui change ? Est-ce qu'on est encore un
34:04peu
34:04dans le déclaratif, et bon, c'est un progrès, mais un petit progrès ?
34:09Alors, c'est un point de départ.
34:11D'accord.
34:12On est loin d'être où nous devons être. Mais c'est un point de départ. On en parle
34:16de l'IUCN, vous savez, cette convention à Nice des Nations Unies l'année dernière.
34:20Mais c'est un point de départ. On a le mérite au moins de parler de ce qui se passe
34:24au-delà des 200 000 nautiques, c'est-à-dire 300 kilobènes de nos côtes. C'est la moitié
34:28de la planète. Le Far West, c'est la moitié de la planète. Il faut être conscient.
34:32Donc aujourd'hui, on va partir de quoi ? Oui, ils vont mettre en place quelques normes,
34:35ils vont étudier, ils vont échanger, etc. Est-ce que clairement, ça va empêcher
34:38aujourd'hui la pêche illégale ? Clairement, non. Est-ce qu'on est sur la bonne voie ?
34:42Oui.
34:43Les zones préservées, ce n'est pas le terme exact, mais il ne me revient pas.
34:46Les aires marines protégées.
34:47Merci beaucoup. Les aires marines protégées, est-ce qu'elles sont vraiment protégées ?
34:50C'est une des critiques exprimées par un certain nombre d'associations, en disant
34:53que cette appellation, elle n'est pas réelle.
34:58L'objectif, c'est que 30% dans le monde, d'ici 20-30, il y ait des aires marines
35:04protégées.
35:05La réalité, bien sûr que non, ce n'est pas protégé. On n'a pas les technologies
35:09aujourd'hui. Mais moi, j'ai la conviction, comme les interpreteurs et je pense les auditeurs
35:16ici présents, que les technologies aujourd'hui sont de plus en plus à notre portée.
35:19On vit une vraie révolution grâce à l'intelligence artificielle et les moyens que nous avons
35:24mis à disposition aujourd'hui pour mettre en oeuvre ce contrôle vont être de moins
35:28en moins chers, de plus en plus faciles via les satellites et autres. Et ça fait partie
35:32des enjeux, d'ailleurs, des projets de recherche qu'on est en train de financer avec
35:35Pur Océan, l'ONG que je préside aussi, dont on parlera ultérieurement.
35:38Et donc, j'ai envie de vous dire que c'est mieux que rien. Encore une fois, c'est un
35:42point
35:42de départ. On va étudier des aires marines protégées, mais on est très loin de l'objectif.
35:47Donc, je m'en réjouis. Je suis heureux d'en parler ce matin. Et bien sûr qu'on n'est
35:51pas du tout là où on devrait être. Mais c'est un point de départ.
35:53C'est déjà un bon point de départ. Vous dites, je pense que l'entreprise qui ne s'engage
35:57pas en RSE va disparaître. Est-ce que c'est toujours vrai aujourd'hui ? Parce qu'il y a
36:03cette espèce de bâclage, de retour de bâton, peut-être un peu surestimé d'ailleurs,
36:08mais bon, réel aussi. Et donc, chez certains, je ne dis pas chez tous, mais chez certains,
36:13la tentation d'appuyer sur le frein et de se dire, finalement, l'engagement environnemental
36:17et sociétal en a moins besoin.
36:18Vous avez raison qu'on vit... Vous savez, moi, je crois aussi Cléo Tran, d'accord ?
36:22Oui.
36:22C'est-à-dire que ce n'est pas une ligne droite.
36:24Non.
36:24Alors, est-ce qu'on vit un réchauffement climatique ? C'est certain.
36:27Ça, celle-là, cette ligne, on en est sûr.
36:29Voilà. Est-ce que ce réchauffement climatique impacte la planète ? On en est certain.
36:33Est-ce qu'on a besoin de changer les choses ? On le sait.
36:36À partir de là, nos entreprises, elles sont nées à l'époque, pour certaines,
36:39depuis 99 ans, je vous rappelle, c'est la date en France d'une entreprise.
36:43On ne savait pas, en fait, l'impact qu'on pourrait avoir sur la planète.
36:46Aujourd'hui, on le sait.
36:47Moi, je crois que les entreprises, elles sont en train de se renouveler.
36:49Et globalement, les entrepreneurs, comme moi, ils sont pour la plupart parentes,
36:54ils sont avant tout des hommes et des chefs de famille en responsabilité.
36:57Moi, j'ai cinq enfants.
36:58Tous les matins, je me lève.
37:00Qu'est-ce que je laisse à mes enfants ?
37:01Et qu'est-ce que j'ai envie de leur raconter comme belle histoire sur mon projet d'entreprise ?
37:04Eh bien non, ce n'est pas uniquement faire du profit et gagner de l'argent.
37:07Ce n'est pas ça, un projet d'entreprise.
37:09Un projet d'entreprise aujourd'hui, c'est avoir une entreprise à mission
37:13qui a donné du sens dans l'environnement qui est le nôtre aujourd'hui.
37:15Quels sont les combats que nous avons, nous, entrepreneurs, aujourd'hui ?
37:18Parmi les combats que nous avons, c'est vivre avec notre environnement,
37:21notre société, du local à l'international.
37:24Et donc, cette responsabilité qu'on a de s'engager pour l'environnement,
37:27pour moi, elle est évidente.
37:29Bien sûr que des entreprises ont fait marche arrière.
37:31Bien sûr que des entreprises, particulièrement celles qui ne sont pas des entreprises familiales,
37:34font du greenwashing, du bluewashing.
37:36Là aussi, j'ai la conviction, et dans vos locaux, j'ai croisé des entreprises qui s'occupent de notation.
37:41Moi, j'aimerais qu'il y ait de plus en plus de notation.
37:43Et je pense que tout ce qu'on va dire aujourd'hui, et à la télévision aujourd'hui,
37:46on sera capable de noter, de dire c'est vrai, c'est pas vrai, etc.
37:48Moi, je crois en la science.
37:49Je crois que la science pourra prouver, en fait, précisément ce que nous disons.
37:54Eh bien, ou pas.
37:55Les entreprises, pourquoi je dis qu'elles vont mourir, Thomas ?
37:57Parce que malgré tout, les banques aujourd'hui, nos institutions financières,
38:03les banques, les investisseurs, nos collaborateurs nous regardent et nous notent.
38:07Plus nous serons notés, plus ils verront la réalité de nos actions.
38:11Et nos actions, ce sera de plus en plus facile de les noter.
38:15Donc, on sera rattrapé.
38:17Et pour moi, je reviens sur ce que je voulais dire,
38:19j'ai la conviction qu'aujourd'hui, on vit une situation délicate,
38:23principalement due, il faut être très clair, à Donald Trump
38:25et certains pays qui sont dans l'extrémisme.
38:27Mais je suis convaincu qu'il va y avoir un rebond qui sera extraordinaire
38:30dans les 10 ou 20 années qui viennent, par contre.
38:33Et que l'avenir, je suis serein dans 20 ans.
38:36Par contre, ce sera un désastre sur certaines zones du monde
38:39dans les 10 ou 20 ans qui viennent.
38:41C'est certain.
38:41Il faudra des désastres pour que les hommes s'en rendent compte.
38:44Mais collectivement, moi, j'ai foi en l'humanité.
38:47Je pense qu'on aura moins de guerres
38:48et qu'on sera capables tous ensemble de construire ce monde meilleur
38:51et de protéger notamment notre océan.
38:53Parce que l'océan, c'est notre poumon, c'est la santé.
38:56Je veux juste que tout le monde s'en rende bien compte.
38:58C'est 70% de la planète.
38:59Alors, il va falloir qu'on garde du temps quand même
39:01pour parler de la fondation Pure Océan de l'ONG que vous avez créée.
39:05Mais je voudrais qu'on ouvre le chapitre pêche illégale.
39:08Et je vais utiliser pour ça la question que celui qui était à votre place
39:10la semaine dernière, David Prudhomme, le directeur du Digital Campus
39:14Paris a posé.
39:15C'est une question de consommateur.
39:18Bonjour, David.
39:19J'ai compris que si Foodia s'occupait de ce qu'on avait dans notre assiette
39:22quand il s'agissait de produits de la mer.
39:24Alors, j'ai une question toute simple.
39:26C'est comment je fais quand j'achète du poisson
39:29ou un produit de la mer pour savoir
39:31si ce que j'ai dans mon panier est bien arrivé
39:35en respectant les équilibres de la mer
39:39et c'est-à-dire de l'équilibre halieutique des océans.
39:42Voilà, c'est ma question.
39:44Et alors, pour illustrer la question de David Prudhomme,
39:46on a trouvé ce chiffre.
39:48Un poisson sur cinq pêchait illégalement dans le monde.
39:52Est-ce que moi, consommateur, David Prudhomme consommateur,
39:55on peut le savoir, ça ?
39:58Finalement, non.
39:59Vous ne pouvez pas le savoir, mais encore une fois,
40:01en France, aujourd'hui, à Paris,
40:04je pense qu'il y a peu ou pas de poissons
40:06qui sont arrivés illégalement ici.
40:08C'est trop contrôlé.
40:10Donc, à l'échelle de la France ou de Paris,
40:12je pense que c'est bien contrôlé.
40:14Et pour savoir si un poisson est durable et responsable,
40:17encore une fois,
40:17vous regardez sur votre emballage,
40:19vous savez, vous avez le Nutri-Score.
40:20J'adore le Nutri-Score,
40:22notamment,
40:23malheureusement qu'ils ne sont pas sur les emballages.
40:24et vous avez des certifications ASC, MSC, etc.
40:28Vous regardez s'il y a des certifications.
40:30Ça, c'est la première chose.
40:30La deuxième chose,
40:31si vous n'avez pas d'emballage
40:32et que vous êtes au restaurant,
40:34vous posez la question,
40:35par exemple, le bar,
40:36c'est quoi quel bar ?
40:37Quel est le nom latin ?
40:38De quelle origine ?
40:39Il est congelé ?
40:40Il est frais ?
40:41Il vient de Rungis ?
40:42Il ne vient pas de Rungis ?
40:43Vous allez rapidement avoir le retour,
40:45en fait,
40:46de votre chef ou de votre restaurateur.
40:48Vous verrez que pour la plupart du temps,
40:49ils ignorent.
40:50Et malheureusement,
40:50vous avez souvent d'ailleurs un restaurant
40:51qui termine chez le restaurateur
40:53qui a été parfaitement tracé,
40:55le restaurateur va marquer autre chose
40:56sur la carte.
40:57Et il faut absolument
40:58qu'on arrive à avoir d'ailleurs
40:59des QR codes
41:00qui vous donnent l'impact global
41:02sur cette traçabilité
41:03et sur l'origine du produit.
41:06Donc, posez cette question
41:07d'où vient le produit.
41:08Ensuite, évidemment,
41:10et encore une fois,
41:11parce que vous savez,
41:12un sujet dont on n'a pas parlé,
41:14on est sur la place illégale,
41:15c'est la pollution.
41:16La pollution a l'impact santé
41:17sur la pollution.
41:18Vous avez des polluants
41:19dans l'océan, c'est vrai.
41:20Les polluants sont plutôt
41:22sur les gros poissons
41:22que les petits poissons.
41:24Oui, parce qu'ils sont
41:24au bout de la chaîne alimentaire.
41:25Exactement.
41:26Donc, et les polluants,
41:27on n'a pas le temps de parler
41:28des PC, etc.
41:29Mais il faut plutôt privilégier
41:32les poissons blancs
41:33et plutôt privilégier
41:35le projet d'Atlantique,
41:37d'ailleurs, particulièrement,
41:38et les poissons gras
41:39qui sont très bons.
41:40Le poisson gras,
41:42le fameux macro,
41:43harang,
41:44anchois,
41:44sardines, etc.
41:45Il a de l'oméga-3,
41:47il a 2 EPA,
41:48des achats excellents
41:49pour votre santé,
41:50pour le cœur
41:50et pour le cerveau.
41:51Ce sont des bons produits
41:52santé.
41:54Après, pour revenir
41:54sur la pollution
41:56ou pas la pollution,
41:56vous avez dans l'océan,
41:58d'accord,
41:58qui est un monde qui bouge.
41:59Vous avez des gires,
42:00vous savez, partout,
42:00des courants extraordinaires.
42:02Il y a des endroits
42:02où c'est très concentré,
42:03on appelle ça le 7e continent,
42:04c'est très pollué.
42:05Mais vous avez des endroits,
42:06c'est pas du tout pollué,
42:08c'est pur.
42:09Et là, vous avez justement
42:10des pélagiques
42:11qui sont vraiment purs,
42:12dont vous pouvez avoir
42:13des certifications
42:14et que je vous invite
42:14vraiment à consommer,
42:15parce que finalement,
42:16sur Terre,
42:17vous n'aurez jamais
42:17des produits aussi purs.
42:18Même si on est
42:19des labels bio,
42:20etc.,
42:21malheureusement,
42:22le climat a fait
42:23que vous retrouvez,
42:23comme vous le savez bien,
42:24du microplastique,
42:25notamment partout.
42:27Oui.
42:28Vous avez créé Transformers.
42:29Transformers,
42:30c'est un groupe
42:30d'entrepreneurs
42:31pour rendre la ville
42:32de Marseille
42:33plus attractive.
42:35Déjà, pourquoi ?
42:37Expliquez-moi la démarche.
42:38Alors, c'est une petite centaine
42:40d'amis entrepreneurs marseillais.
42:42Comme je vous l'ai dit,
42:42je pense qu'on peut avoir
42:44une entreprise
42:45qui est mondiale,
42:46on peut avoir une ONG aussi
42:47qui est mondiale,
42:48mais on vit tous
42:48finalement dans notre chaptel.
42:50Et donc,
42:51vu du sommet de l'Église,
42:52moi, je pense que nous sommes
42:53aussi en responsabilité.
42:55Alors, à Marseille,
42:56on a énormément d'enjeux.
42:57C'est une ville
42:57absolument extraordinaire
42:59où j'ai grandi,
42:59que j'adore
43:00et qui me passionne,
43:01mais on a énormément d'enjeux.
43:02Et malheureusement,
43:05parfois,
43:05c'est aux industriels,
43:07c'est aux chefs d'entreprise
43:08de se mobiliser
43:09pour faire avancer des projets.
43:10Parce que c'est souvent
43:11les entrepreneurs
43:12qui transforment le monde.
43:13Moi, j'ai cette conviction.
43:14Les entrepreneurs,
43:15les intrapreneurs
43:16changent le monde.
43:17Et nous sommes en responsabilité.
43:18Et quel type de projet
43:19vous avez mené alors ?
43:20Alors, par exemple,
43:21c'est les logements insalubres
43:25et particulièrement
43:26tous les immeubles
43:27qui sont en péril.
43:28Vous savez qu'après
43:28le drame de la rue d'Aubagne,
43:30on a aujourd'hui toujours
43:31plus de 1000 immeubles
43:33en péril à Marseille.
43:35C'est absolument colossal.
43:36Donc, notre idée,
43:37c'était de soutenir
43:38les projets locaux
43:39et de soutenir
43:41et d'investir
43:41pour rénover
43:42des immeubles en péril.
43:43Donc, c'est en cours.
43:44Avec les projets locaux
43:46que nous soutenons,
43:47nous sommes adossés à eux
43:48pour créer,
43:49nous les entrepreneurs,
43:50la rénovation
43:51en fait d'immeubles en péril.
43:52C'est un projet.
43:53Un deuxième objectif,
43:54c'est justement,
43:55parce qu'on a parlé
43:55d'environnement et d'écologie,
43:56porter la mise en place,
43:58la création
43:59d'une maison
44:00océan climat à Marseille.
44:01Parce que j'ai la conviction
44:02que Marseille,
44:02c'est un centre
44:03où on a vécu
44:04Cousteau,
44:05la Comex,
44:06etc.
44:06Et finalement,
44:07il n'y a pas de maison
44:08qui regroupe tout le monde.
44:09Et je le vois bien
44:09avec Pure Océan,
44:10chacun travaille de son côté,
44:11mais il n'y a pas
44:11un endroit commun
44:12où on peut,
44:13les ONG,
44:14les associations,
44:15travailler tous ensemble
44:16au service du bien commun
44:17et de l'humanité.
44:18Ça n'existait pas.
44:18Troisième axe,
44:19nous, les entrepreneurs,
44:21on a la conviction
44:22que lorsqu'on est
44:22un entrepreneur,
44:23vous l'avez dit,
44:24je vous ai dit,
44:25mon idée,
44:26je l'avais à 16 ans.
44:26Vous avez énormément
44:27d'entrepreneurs
44:27qui, dès l'âge
44:28de 14-15 ans,
44:30rêvent d'être présentateur télé,
44:31mon cher Thomas,
44:33ou rêvent,
44:34d'ailleurs,
44:34ma compagne me disait
44:35ce matin,
44:36j'ai fait un stage
44:37et surtout ne le dis pas
44:38quand j'avais 15 ans
44:39avec Thomas,
44:40parce que je rêvais
44:41d'être présentateur télé.
44:42Donc bref,
44:43vous avez inspiré des gens.
44:44Moi, j'étais déjà
44:45à 15 ans inspiré,
44:46je voulais être chef d'entreprise.
44:47Donc à Marseille,
44:47on a décidé de créer
44:48l'école des transformeurs.
44:49Lorsque vous avez,
44:50pour les secondes,
44:51premières terminales,
44:52vous sortez de l'école,
44:53au lieu d'aller
44:54au conservatoire de musique
44:55ou jouer au basket,
44:57vous allez rejoindre
44:58l'école des transformeurs
44:59pour rencontrer
45:00des dirigeants d'entreprise
45:01et commencer à mener
45:02des projets entrepreneurio
45:03de façon protégée
45:05à partir de 15 ans.
45:06La parenthèse,
45:06elle est dans les quartiers
45:07nord de Marseille.
45:08On peut tous imaginer
45:09ce qui s'y passe.
45:10C'est la question
45:10que j'allais vous poser
45:11sur l'impact finalement
45:13sociétal d'une entreprise
45:14et sur les choix
45:15de recrutement
45:16qu'on peut faire.
45:17Est-ce que vous faites
45:17en sorte d'aller recruter
45:20dans des quartiers,
45:21de donner l'idée
45:22à des jeunes
45:23qui se disent
45:23tiens, ça c'est pas pour moi ?
45:24Si, au contraire,
45:25viens travailler.
45:26Bien évidemment.
45:27Vous savez,
45:28j'avais vu les statistiques
45:29dans les plus grandes entreprises
45:30du monde.
45:30Souvent,
45:31les dirigeants
45:32ont fait assez peu d'études
45:34finalement.
45:34Ça arrive.
45:35Ça arrive.
45:36Et finalement,
45:36le système des débrouillards
45:38commence à 15-16 ans.
45:39Donc nous justement,
45:40on va aller cibler
45:40dans l'école d'Eti
45:41les jeunes gamins
45:42qui n'ont pas peut-être
45:44la chance
45:44de faire les études
45:46que d'autres pourront faire.
45:47On les récupère
45:48à l'âge de 15 ans
45:49et on en fera
45:50les entrepreneurs
45:50qui, j'espère,
45:52deviendront nos vice-présidents,
45:53directeurs généraux,
45:54etc.
45:54de toutes ces grandes entreprises.
45:55Parce que je pense
45:56que l'éducation,
45:57c'est fondamental
45:58et que ça se joue
45:59dès 14-15 ans
45:59et que c'est là en plus
46:00qu'on peut les embarquer
46:01sur nos convictions
46:02de changement,
46:03de paradigme.
46:04Parce qu'on passe
46:05dans un changement de paradigme,
46:06évidemment.
46:06J'appelle ça
46:07les jeunes entrepreneurs
46:10transformeurs engagés.
46:11Les jeunes entrepreneurs
46:12transformeurs engagés.
46:13Alors, cette fondation,
46:15Fondation Pure Océan,
46:16vous l'avez créée quand
46:17et pourquoi ?
46:18Vous vous êtes dit
46:19il faut aller encore
46:20un peu plus loin
46:21dans l'engagement
46:22de l'entreprise ?
46:24Oui, c'est ça.
46:25Il y a une vingtaine d'années,
46:26rapidement,
46:27j'ai pris conscience
46:28que j'adorais ce que je faisais.
46:31J'arrivais en vivre,
46:32j'achetais des produits
46:32de façon responsable
46:33dans le monde entier
46:34et j'ai commencé
46:34à parcourir le monde.
46:35Et je suis allé chercher
46:36toutes les pêcheries
46:37durables et responsables
46:38et je suis allé observer.
46:38Et là, j'ai vu l'horreur.
46:40J'ai vu les difficultés
46:42en fait que nous avions
46:43à préserver cet océan
46:44que j'aime tant
46:44parce que j'ai grandi à Marseille
46:46et je plongeais
46:46depuis le plus jeune âge
46:47et je naviguais
46:48et je nageais.
46:49J'adore, si vous voulez,
46:51l'océan
46:52et la nature
46:53en règle générale.
46:54Et j'ai pris conscience
46:55qu'il fallait,
46:56un, le préserver
46:58parce que sinon,
46:59j'allais scier la branche
47:00de notre arme,
47:01d'accord ?
47:02Et nous allons scier
47:03la branche.
47:04Deux, il fallait communiquer
47:05là-dessus
47:05parce que tout le monde
47:06en était peu conscient.
47:08Et trois,
47:08il fallait surtout
47:09le comprendre
47:09et mieux l'appréhender
47:11parce que l'océan,
47:12finalement,
47:13on le connaît très mal.
47:15On connaît neuf,
47:16il y a neuf espèces sur dix
47:17à découvrir.
47:18On connaît une espèce sur dix,
47:19d'accord ?
47:19Donc c'est énorme,
47:20imaginez une bibliothèque,
47:22vous avez encore
47:24neuf poissons à découvrir,
47:25on connaît 250 000 espèces,
47:27on estime qu'il y en a
47:28entre 3 et 5 millions.
47:29Et mieux les connaître
47:29et mieux les connaître
47:30en grande profondeur.
47:31À partir de là,
47:33j'ai décidé,
47:34et puis là aussi,
47:35je pense que c'est
47:35une réflexion familiale,
47:36une réflexion aussi
47:37que j'ai eue en Amérique du Nord
47:39où ils sont très philanthropes,
47:40les entrepreneurs.
47:41Mais ils payent
47:42moins d'impôts que chez nous.
47:43Bref, c'est un autre modèle.
47:45Néanmoins,
47:45ils sont très philanthropes
47:46et j'étais marqué
47:46par mes 5 ans aux Etats-Unis.
47:48Et donc,
47:49j'ai décidé d'allouer
47:50environ 10% de mon résultat
47:51à des actions
47:51de mécénat et de philanthropie.
47:53Et donc,
47:54j'ai commencé à me rapprocher
47:55d'ONG,
47:56les plus grandes de ce monde,
47:57etc.
47:58Et je me suis rendu compte
47:58que c'était des projets fabuleux
48:00mais qui manquaient probablement encore
48:01et que là,
48:02il fallait créer quelque chose
48:03que c'était comme les entreprises,
48:04l'ONG des entrepreneurs
48:05qui va soutenir l'Océan,
48:07la préserver
48:07et financer des programmes
48:08de recherche très appliqués,
48:10très concrets.
48:11Et donc,
48:11Pur Océan,
48:12ça va aller financer
48:13des programmes de recherche
48:13très concrètement
48:15de la recherche scientifique
48:18appliquée
48:18et non pas fondamentale
48:19comme le fait par exemple
48:20le CNRS.
48:21Oui.
48:21D'accord.
48:22Et donc,
48:22vous organisez par exemple
48:23le dîner de l'Océan.
48:25Alors,
48:25il y en a un qui va avoir lieu
48:25à Paris ce jeudi 19 mars,
48:28deuxième édition.
48:30Qu'est-ce qui va se passer ?
48:31C'est quoi l'objectif
48:32d'un événement comme celui-là ?
48:33Alors,
48:34déjà,
48:34c'est de retrouver nos mécènes
48:35parce qu'on lève environ
48:371,4 million d'euros par an.
48:38Alors,
48:39ce qui est probablement
48:40une goutte d'eau
48:40mais c'est déjà,
48:41ça nous permet de financer
48:426 projets scientifiques par an
48:44depuis 9 ans.
48:45On a l'avis environ
48:4610 millions d'euros.
48:47C'est 34 projets scientifiques
48:49très concrets
48:49qu'on a financés
48:50mais sur près de
48:522500 projets reçus.
48:54C'est-à-dire que
48:54des projets scientifiques
48:55dans le monde
48:56et de la demande
48:57est là.
48:57Et là,
48:57je fais appel aux entrepreneurs
48:59intéressez-vous
49:00à tous ces scientifiques
49:00qui souhaitent justement
49:01et qui cherchent du financement.
49:03Donc,
49:03on va retrouver nos mécènes.
49:05On va les remercier.
49:06On va échanger
49:06puis surtout,
49:07on leur annoncera finalement
49:09les lauréats de l'année
49:10puisque aujourd'hui...
49:12Donc,
49:12les programmes que vous allez
49:14financer cette année.
49:15D'accord.
49:15Ça sera l'annonce.
49:16On avait quelques axes
49:17si vous voulez.
49:17Je peux quand même
49:17vous en parler.
49:18Oui,
49:18on ne va pas annoncer
49:19les lauréats
49:21trop tôt
49:22mais en revanche,
49:23les axes que vous avez choisis,
49:24c'est ça ?
49:25Tout à fait.
49:25Alors,
49:26on a un axe par exemple
49:27qui sont les abysses,
49:28les grandes profondeurs.
49:30Et quel sera l'impact
49:31si nous allons justement
49:33creuser trop profond
49:35et typiquement
49:36faire de l'exploitation
49:37notamment pour le pétrole,
49:39etc.
49:39Et je ne suis pas convaincu
49:40que ce soit une très bonne idée.
49:41Bref,
49:42on va étudier l'impact
49:43et ce sera autour des caribes.
49:45Axe 1.
49:45Axe 2.
49:46On a un enjeu majeur
49:47aujourd'hui,
49:47vous le savez,
49:48dans la pollution de l'océan,
49:49c'est le plastique
49:50et le microplastique.
49:52Et on a un projet aujourd'hui
49:55grâce au calamar.
49:56On va étudier
49:57donc tout ce qui est biomimétisme.
49:59Alors,
50:00j'adore,
50:00je suis fasciné.
50:01Voilà,
50:02on est tous fascinés par ça.
50:03Le biomimétisme,
50:04on va étudier comment
50:04les mâchoires de calamar
50:05finalement
50:06pourraient nous inspirer
50:08à fabriquer un plastique
50:10low cost
50:10parce que
50:11pour remplacer le plastique,
50:12il faut le remplacer
50:12par autre chose
50:13qui est durable
50:14et responsable
50:15et pas plus cher.
50:16Alors,
50:16avis aux entrepreneurs,
50:17allez-y
50:18parce que
50:19c'est un vrai débat.
50:20c'est 300 kilos
50:21de plastique
50:22par seconde
50:22qui sont déversés
50:23au minimum
50:24par seconde
50:24dans le monde.
50:25Donc,
50:26à partir des mâchoires
50:27de calamar.
50:28Extraordinaire.
50:29Troisième axe.
50:30Allez,
50:30le dernier,
50:30il nous reste une minute.
50:31Allez,
50:31le dernier
50:32sur la pêche illégale.
50:33Finalement,
50:34pour étudier
50:35la pêche illégale
50:35en Atlantique Nord,
50:37on va étudier
50:38les oiseaux,
50:39le vol des oiseaux
50:40et leurs mouvements
50:42d'accord ?
50:42Pour aller étudier
50:43la pêche illégale.
50:44Donc,
50:44on fera,
50:45on aura la visibilité
50:46de la pêche illégale
50:47dans le monde
50:47grâce à la nature
50:48elle-même.
50:49C'est génial.
50:50Oui,
50:50c'est génial.
50:51Bon,
50:51par exemple.
50:52Oui,
50:52et on aura
50:53beaucoup d'autres
50:53à découvrir.
50:54Donc,
50:54ce 19 mars,
50:56le dîner de l'océan,
50:57c'est à l'hôtel
50:57de Poulperie
50:58à Paris.
50:59Merci beaucoup,
51:00David Sussman,
51:00bon vent à Sifoudier.
51:02On passe à notre rubrique
51:03consacrée aux startups.
51:12Smart Ideas,
51:13c'est notre rubrique
51:14consacrée aux startups.
51:16J'accueille Karine Jean-Jacques.
51:17Bonjour.
51:18Bienvenue,
51:18vous êtes la fondatrice
51:19de KJJ.
51:20Alors,
51:20vous avez créé
51:21cette entreprise
51:21en 2023,
51:22mais en fait,
51:23autour de cette idée,
51:24ça fait combien d'années
51:25que vous travaillez
51:26et surtout,
51:26quelle est l'idée ?
51:27Donc,
51:27ça fait une dizaine d'années
51:28que j'ai commencé
51:29à entreprendre.
51:30L'idée,
51:31c'était de créer
51:32des accessoires textiles
51:34éco-responsables
51:34pour l'hygiène
51:35des femmes
51:36et des bébés.
51:37Je suis issue de quartier,
51:38donc je voulais aussi
51:39mêler du social
51:40dans mon projet.
51:42D'accord.
51:42Et alors,
51:42de quels produits
51:43on parle ?
51:44Alors là,
51:44on parle de produits
51:46d'hygiène éco-responsables,
51:48donc pour l'hygiène
51:49dans la salle de bain,
51:50par exemple,
51:50les lingettes lavables,
51:51mais mon produit phare,
51:53c'est les serviettes
51:53hygiéniques lavables.
51:54D'accord.
51:54Et c'est une solution aussi
51:56pour la lutte
51:56contre la précarité menstruelle.
51:57Évidemment,
51:58parce que c'est un vrai phénomène
52:00dont on parle assez peu
52:02et dont il faut parler
52:03en France.
52:04Alors,
52:05moi j'entends
52:05serviettes hygiéniques lavables,
52:07j'imagine que ça doit être
52:09la question que tout le monde
52:09vous pose,
52:10mais est-ce que c'est possible
52:11qu'on nous garantissait
52:13la sécurité,
52:14la propreté,
52:15etc.
52:15C'est vrai qu'on pose
52:17la même question,
52:17d'ailleurs pour les couches bébés,
52:19on peut faire des couches lavables.
52:20C'est vrai que je fais
52:22beaucoup de salons
52:22et sur Paris,
52:25salons Marjolaine,
52:26salons Dubio.
52:27Et c'est vrai qu'il y a
52:27des personnes qui me disent
52:28mais c'est un retour en arrière
52:30ce produit-là.
52:31Et donc moi,
52:32je leur dis non,
52:32c'est un retour à l'essentiel.
52:34C'est quand même
52:34un produit meilleur
52:35pour la santé.
52:36On sait ce qu'il y a
52:36dans notre produit.
52:38Ce sont des matières
52:39qui sont saines
52:40et certifiées.
52:42Il y a aussi
52:43ce côté écologique.
52:45On fait moins de déchets
52:46et le côté aussi santé.
52:50Alors justement,
52:50les matières,
52:51les matériaux
52:52que vous avez choisis
52:52pour créer ce produit
52:55ou ces produits,
52:56quels sont ces matériaux ?
52:57Donc on utilise
52:58du coton bio.
52:59Il y a aussi du pull.
53:01Donc c'est une matière
53:01qui est respirante
53:03mais c'est l'imperméable
53:04en fait,
53:04ce qui permet
53:05que ça ne fuit pas.
53:07Et puis on a
53:08la partie absorbante.
53:10C'est de l'éponge de bambou
53:10qui est certifiée
53:11au Ecotex.
53:12Et donc c'est la partie absorbante
53:13de la serviette.
53:15Est-ce que ça a été compliqué ?
53:17Est-ce que ça vous a demandé
53:18pas mal d'innovation,
53:20de recherche et développement
53:22pour créer le produit en fait ?
53:24Parce que des fois,
53:24on se dit,
53:25on a une super idée
53:26et puis après,
53:27c'est compliqué
53:28de trouver les fournisseurs,
53:30de trouver les filières,
53:32etc.
53:32Moi, j'étais déjà dans la couture.
53:34Donc je savais
53:35et je connaissais bien
53:36les matières aussi.
53:37L'éponge de bambou,
53:38c'était une matière
53:38que j'utilisais
53:39pour faire les bavoirs
53:40de mes enfants
53:41parce que j'ai des enfants.
53:43Ce que j'utilisais
53:44pour faire les lingettes lavables aussi.
53:46C'est une matière
53:47qui est très absorbante.
53:48Ensuite,
53:48le fournisseur,
53:49je l'ai trouvé aussi,
53:50c'est un peu le seul
53:51en région parisienne.
53:53Maintenant,
53:53il est à Chartres.
53:54Mais voilà,
53:55c'est un fournisseur
53:56pour les couches lavables
53:58et donc tout ça est lié.
53:59Donc l'écosystème
54:01ou la filière existait déjà.
54:03Est-ce qu'il y a
54:03des certifications
54:04qui garantissent
54:06justement les matières,
54:07la qualité des matières
54:08que vous utilisez ?
54:09Oui,
54:10la certification pour le bio,
54:12c'est la certification GOTS
54:13et puis pour les matières
54:15qui sont,
54:16où on dit
54:17qu'il n'y a pas
54:17de substances nocives dedans,
54:18qu'il ne reste pas
54:19de produits chimiques,
54:21c'est la certification
54:21OECOTEX
54:22et c'est ce qu'il y a
54:23dans deux des composants
54:25de mes produits
54:26qui ne sont pas
54:27du coton bio.
54:28Ça reste synthétique
54:29que l'imperméable
54:30mais c'est quand même
54:31certifié OECOTEX.
54:32Alors vous nous l'avez dit,
54:34il y a aussi
54:34une fibre sociale
54:35dans votre entreprise,
54:37c'est KGJ.
54:38Comment vous contribuez
54:39à une sorte
54:40d'insertion sociale ?
54:41On peut employer
54:41ce terme-là ?
54:42C'est de l'insertion.
54:43Donc on est
54:43une entreprise d'insertion
54:45qui est conventionnée
54:47par la DETS,
54:49ça s'appelle,
54:49mais c'est la préfecture
54:50pour dire plus simplement.
54:53Et en plus,
54:53on est implanté
54:54dans un quartier prioritaire
54:55de la ville,
54:55à plaisir,
54:56dans les Yvelines,
54:57le Valibou,
54:59où on recrute
55:00des femmes,
55:01souvent des femmes,
55:02on a eu déjà un homme
55:02mais c'est beaucoup
55:03des femmes
55:04qui ont ce savoir-faire
55:05de la couture,
55:07qui ont ce talent
55:08de la couture
55:08mais qui ont quand même
55:09des freins sociaux.
55:11Et donc on les accompagne
55:12sur ces freins sociaux
55:13en les envoyant en formation,
55:15en leur trouvant des stages
55:16et puis aussi,
55:17je pense que ce milieu
55:19de la couture,
55:20comme c'est un métier
55:21qu'elles aiment,
55:22ça leur redonne
55:23confiance en elles.
55:24Ça, souvent,
55:25c'est un frein.
55:27Vous voyez la différence
55:28et vous voyez la différence
55:29entre la personne
55:30qui rentre chez vous
55:31et éventuellement
55:32qui part pour faire
55:33un autre job après ?
55:35elles sont toutes timides
55:37et là,
55:38elles sont super fières
55:39quand on finit un travail
55:40parce que nous,
55:40on travaille avec des entreprises,
55:42peut-être qu'on va en parler,
55:43mais on travaille
55:43avec des collectivités
55:44et donc,
55:45elles sont super fières
55:46de voir les produits
55:47même en magasin,
55:48de voir que les produits,
55:49on va les utiliser.
55:51Ça, c'est...
55:52Oui, elles sont...
55:5330 secondes pour dire justement
55:54les collectivités,
55:55les entreprises
55:56avec qui vous travaillez.
55:57On propose l'upcycling,
55:58on propose la valorisation
55:59des tissus de stock dormant.
56:01Par exemple,
56:02on a travaillé sur les JO,
56:03les bâches des JO,
56:05donc on en a fait des pochettes.
56:07Pour CELIO,
56:08on a récupéré
56:09les bâches de vitrines
56:11de magasins
56:13pour en faire aussi
56:14des pochettes d'ordinateur.
56:15Et bien voilà,
56:16c'est de belles idées
56:17et de belles réalisations.
56:18Merci Karine Jean-Jacques
56:19et bon vent à KJJ.
56:21Voilà, c'est la fin de ce Smart Impact.
56:23Je vous dis à demain
56:24pour une nouvelle émission.
56:26Merci de votre fidélité.
56:27Salut.
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