- il y a 10 heures
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Coronavirus. La gestion de l’épidémie a créé des frictions au sein du couple exécutif. Le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, allant jusqu’à désavouer publiquement le Premier ministre, Edouard Philippe. Récit.
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NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le confinement a été compliqué pour de nombreux couples.
00:14Si l'on en croit un sondage IFOP, 1 sur 10 voudrait prendre aujourd'hui ses distances.
00:19Visiblement, Emmanuel Macron et Edouard Philippe n'ont pas échappé aux tensions.
00:22Comment le couple exécutif a-t-il encaissé la pandémie de coronavirus ?
00:26Récit d'Olivier Beaumont du service politique du Parisien.
00:36Il y a un peu plus d'un an et demi, le 10 octobre 2018, en plein remaniement,
00:41Edouard Philippe fait une sortie remarquée à l'Assemblée nationale
00:44pendant la séance des questions au gouvernement.
00:46Olivier Beaumont, décrivez-nous cette scène.
00:49Quelques semaines auparavant, Gérard Collomb et Nicolas Hulot avaient quitté le gouvernement
00:53et Edouard Philippe avait même assuré l'intérim au ministère de l'Intérieur
00:58en attendant un remaniement et un nouveau ministre de la Transition écologique.
01:03Un remaniement qui tarde à venir à tel point qu'on commence à se poser des questions.
01:07Qu'est-ce qu'il se passe au plus haut sommet de l'État ?
01:10N'y aura-t-il pas des tensions d'ailleurs entre Edouard Philippe et Emmanuel Macron ?
01:13Face à ces rumeurs, Edouard Philippe va répondre dans l'hémicycle en ayant cette formule.
01:18Personne ne mettra le début du commencement de la moitié d'une feuille de papier à cigarette
01:22entre le président de la République et le Premier ministre.
01:24C'est une expression qu'avait déjà employée un certain Alain Juppé en 2012.
01:30C'est le mentor en politique d'Edouard Philippe.
01:32Il avait employé cette formule pour démentir également toute tension avec le président de l'époque,
01:37un certain Nicolas Sarkozy.
01:40Emmanuel Macron avait nommé Edouard Philippe le 15 mai 2017.
01:44Pourquoi ce choix ?
01:45Emmanuel Macron, il faut se souvenir que le soir de sa victoire,
01:48c'est tout le paysage de politique français qui est bousculé.
01:50Et il y a ce fameux nouveau monde, il faut reconstruire la vie politique.
01:54Et il y a cette main tendue que Emmanuel Macron fait auprès d'Edouard Philippe.
01:59Il faut savoir qu'il ne se connaissait pas du tout.
02:01C'était un Juppéiste.
02:02Et puis c'est vrai que sur le fond, en tout cas, il y a des vraies lignes de convergence,
02:05y compris dans le programme très pro-libéral aussi,
02:09qu'Emmanuel Macron avait défendu pendant la campagne présidentielle.
02:12Un programme qui, en certains points, correspondait aussi beaucoup
02:15à celui qu'Alain Juppé avait défendu pendant la campagne pour la primaire de la droite.
02:20Et donc, qu'est-ce qu'il aime chez Edouard Philippe, Emmanuel Macron ?
02:23Philippe, il est issu du Conseil d'État.
02:25Il y a une rigueur et puis aussi une complicité.
02:28Macron est très vite aussi séduit, il faut le dire, par l'intelligence d'Edouard Philippe.
02:32Chaque semaine, le lundi, à l'heure du déjeuner,
02:35le président de la République reçoit le Premier ministre à l'Élysée pour déjeuner.
02:39Mais jamais, il n'y a d'écho, personne ne sait en fait ce qui se dit dans ces déjeuners.
02:44Donc, c'est une vraie relation de confiance.
02:45En tout cas, Edouard Philippe ne va jamais rapporter la nature de ses échanges avec le président.
02:49C'est quelque chose de très précieux pour Emmanuel Macron.
02:51Et c'est vraiment une relation de confiance et de loyauté.
02:58Olivier Beaumont, on va revenir avec vous sur la gestion de la crise du coronavirus
03:01par Emmanuel Macron et Edouard Philippe.
03:04Les premiers cas de Covid-19 sont officiellement recensés en France le 24 janvier.
03:09Elle a eu un cas de suspicion de coronavirus en France.
03:12Il a été pris en charge par SOS Médecins à Bordeaux.
03:14Même si on découvrira bien plus tard qu'il ne s'agissait pas des vrais premiers cas,
03:18Emmanuel Macron et Edouard Philippe s'emparent de ce dossier.
03:21Très vite. Alors, c'est vrai qu'ils ont une autre actualité, c'est la réforme des retraites.
03:25On est en plein dedans, ils ont les pieds dans la glaise.
03:27Mais voyant cette épidémie en Conseil des ministres, il le dit à Emmanuel Macron,
03:31il va falloir que le gouvernement s'empare de ce dossier.
03:33Même si la vie doit continuer, on sait qu'on part quand même dans une grande part d'incertitude.
03:38C'est Edouard Philippe qui se retrouve en première ligne face à l'épidémie ?
03:41Oui, il est clairement aux commandes.
03:43Et c'est lui qui, à partir de ce moment, commence à mettre en place quotidiennement
03:47des réunions interministérielles avec les principaux ministres concernés par la crise,
03:53Jean-Michel Blanquer, Christophe Castaner à l'intérieur,
03:57bien sûr le ministère de la Santé, aussi celui des Transports.
04:00L'idée, c'est d'être au front, d'être en première ligne pour essayer de parer à ce virus
04:06et commencer à annoncer un certain nombre de mesures
04:09qui vont comme ça pouvoir s'égrener au fur et à mesure des jours et des semaines.
04:13Fin février, de nouveaux foyers de contamination apparaissent un peu partout en France.
04:18Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, parle de l'éventualité d'un scénario à l'italienne.
04:24C'est une crise sans précédent qui se profile pour l'exécutif ?
04:26Oui, c'est une crise sans précédent parce qu'à partir de ce moment-là,
04:29on prend vraiment conscience que si on parle de scénario à l'italienne,
04:34se pose forcément la question d'un probable confinement partiel ou total du pays.
04:41Mettre sous cloche le pays, quelles peuvent en être les conséquences ?
04:44Ça veut dire quoi ? Est-ce qu'on ferme les écoles ? Est-ce qu'on bloque toute l
04:47'économie ?
04:48Plein de questions qu'on se pose à ce moment-là.
04:50Ils n'ont pas la réponse.
04:51On sait qu'on est face à quelque chose de totalement inédit et même quasiment surréaliste.
04:56Le jeudi 12 mars au soir, Emmanuel Macron s'adresse pour la première fois aux Français depuis le début de
05:02la crise.
05:02Cette épidémie qui affecte tous les continents et frappe tous les pays européens
05:09est la plus grave crise sanitaire qu'ait connue la France depuis un siècle.
05:14Il est très grave, il est solennel parce qu'il emploie des mots très durs, très lourds.
05:18Il dit qu'elle a déjà touché plus d'un millier de nos compatriotes.
05:21Il parle des héros en blouse blanche à destination des personnels hospitaliers.
05:26Il dit par exemple aux personnes âgées de plus de 70 ans et à toutes celles et ceux qui souffrent
05:31de maladies chroniques
05:31de rester autant que possible à leur domicile.
05:35Et il y a aussi cette autre annonce.
05:37À partir du lundi suivant et jusqu'à nouvel ordre,
05:40les crèches, les écoles, les collèges et les lycées et les universités seront fermés.
05:48Mais le premier tour des élections municipales est maintenu.
05:52Olivier Beaumont, est-ce que ça faisait débat au sein du couple exécutif ?
05:56Oui, Edouard Philippe, lui clairement, il est pour maintenir le premier tour.
06:01Emmanuel Macron, il se pose des questions.
06:02Il va finir par se ranger sur l'avis du conseil scientifique
06:06qui considère dans son avis qu'avec un modus en pérandi assez strict,
06:11on peut garantir les conditions sanitaires de maintien de cette élection.
06:16Le samedi 14 mars, c'est au tour du Premier ministre de s'adresser aux Français.
06:20J'ai décidé. La fermeture a compté de ce soir minuit
06:24de tous les lieux recevant du public non indispensables à l'avis du pays.
06:30Il s'agit notamment des restaurants, cafés, cinémas, discothèques.
06:37Elle était prévue, cette allocution d'Edouard Philippe ?
06:39Alors non, c'est une allocution surprise qui prend de court un petit peu tout le monde.
06:43Personne ne s'y attendait, il n'était pas forcément programmé.
06:45Sauf qu'il va y avoir un événement marquant.
06:48C'est un week-end où il fait très beau.
06:50Et le pouvoir va être frappé par ces images qu'on peut voir à la télévision,
06:54notamment de Français qui se promènent dans les parcs et dans la rue
06:58et qui ne respectent pas trop, finalement, les consignes qui avaient été données
07:02par le président de la République, 48 heures plus tôt,
07:05de faire attention, d'être prudent au niveau des interactions sociales.
07:09Et donc, Edouard Philippe va décider de prendre une mesure très drastique
07:13pour commencer à confiner comme ça un peu plus le peuple français
07:16après déjà les annonces de fermeture des établissements scolaires
07:20qui doivent débuter le lundi suivant.
07:22En revanche, Edouard Philippe est clair sur l'autre question qu'on peut se poser.
07:26Faut-il ou non maintenir le premier tour des municipales ?
07:29Sa réponse est claire, il est maintenu.
07:33Cette intervention a été coordonnée avec l'Elysée ?
07:36Elle a été coordonnée.
07:37Edouard Philippe n'a pas pris cette décision comme ça, tout seul,
07:40au déboté, dans l'urgence.
07:42Elle prend l'opinion française à rebours et elle surprend tout le monde.
07:46Mais non, non, c'est une décision qui est faite vraiment en concertation
07:49à ce moment-là avec le président de la République.
07:52Le lundi 16 mars à 20h, Emmanuel Macron fait sa deuxième allocution télévisée
07:57en moins de cinq jours et annonce le confinement du pays.
08:00Une allocution qui est encore plus grave et encore plus solennelle.
08:04Il a ces fameux mots qu'il va employer et qui vont beaucoup marquer l'opinion.
08:08Nous sommes en guerre.
08:09Il va d'ailleurs le marteler plusieurs fois à six reprises dans son discours
08:13et il prend cette mesure inédite.
08:15Il va confiner le pays pendant 15 jours au minimum.
08:20Le lendemain, c'est une ancienne membre du gouvernement
08:22qui va critiquer la gestion de la crise d'Emmanuel Macron et d'Edouard Philippe.
08:26C'est Agnès Buzyn, l'ancienne ministre de la Santé
08:29qui depuis s'est lancée dans la campagne à Paris.
08:32Il se trouve qu'Agnès Buzyn n'a pas réussi son challenge
08:34puisqu'elle n'est arrivée que troisième dans la capitale au premier tour.
08:37Et elle se confie dans les colonnes du monde avec des propos rapportés,
08:41propos tonitruands où elle le dit, je la cite,
08:44« Quand j'ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais
08:47que la vague du tsunami était devant nous,
08:51je suis parti en sachant que les élections n'auraient pas lieu.
08:55Depuis le début, je ne pensais qu'à une chose,
08:57le coronavirus, on aurait dû tout arrêter. »
09:00Et bien sûr, ces mots font l'effet d'une bombe.
09:02Ça veut dire plusieurs choses.
09:04Ça veut dire aussi que quelque part,
09:05le gouvernement avait des informations dès la fin du mois de janvier
09:08et qu'il n'aurait peut-être pas estimé à sa juste mesure
09:11l'ampleur de cette pandémie à venir.
09:14Le cas échéant a-t-il voulu cacher des choses ?
09:17Et puis elle dit aussi que pour elle,
09:19la tenue du premier tour des municipales était une pure folie.
09:22Elle en a alerté Edouard Philippe et malgré tout, il l'a maintenue.
09:25Donc on peut dire que ces propos mettent clairement l'exécutif dans l'embarras
09:29et c'est un euphémisme.
09:32Le 2 avril, Mediapart dévoile une enquête intitulée
09:35« Masque, l'épreuve d'un mensonge d'État ».
09:38Cette affaire des masques, c'est ce qui va cristalliser les critiques
09:41à l'encontre de l'exécutif ?
09:42Oui, parce que les Français se posent plein de questions
09:44où sont les masques, pourquoi les hôpitaux ne sont pas équipés
09:47et puis on explique aux Français que ça ne sert à rien de porter des masques
09:51et puis quelques semaines plus tard, on va leur dire
09:53« Mais si, c'est important, protégez-vous ».
09:56Donc personne n'y comprend plus rien
09:58et cette enquête de Mediapart, elle prouve quoi ?
10:00Que les stocks sont au plus bas,
10:01que la France n'est pas en capacité de pouvoir s'approvisionner
10:04et qu'elle n'a même pas l'autonomie, l'indépendance sanitaire
10:07pour pouvoir répondre à cette attente.
10:09Le lundi 13 avril, à 20h, Emmanuel Macron s'exprime à la télévision
10:13devant plus de 36 millions de Français.
10:15Oui, une allocution qui est très attendue
10:17parce que ça fait déjà un mois quasiment
10:19que les Français sont confinés, que le pays est sous cloche,
10:22que l'économie est à l'arrêt.
10:23Et pour la première fois, effectivement,
10:25Emmanuel Macron va esquisser un « mea culpa ».
10:28Comme tous les pays du monde, nous avons manqué de blouses,
10:32de gants, de gel hydroalcoolique.
10:33Nous n'avons pas pu distribuer autant de masques
10:36que nous l'aurions voulu pour nos soignants.
10:38Et la nouveauté de cette allocution,
10:40c'est que le chef de l'État prend une décision.
10:43Il annonce que le 11 mai, le pays commencera son déconfinement.
10:47Pourtant, le lendemain soir, Jérôme Salomon,
10:49le directeur général de la Santé,
10:50annonce pendant son point presse
10:52que le nombre de morts a encore augmenté
10:55avec 762 décès en seulement 24 heures,
10:59un record depuis le début de l'épidémie.
11:01L'exécutif maintient le cap du 11 mai ?
11:04Oui, parce que dans les prévisions
11:06des épidémiologistes et des virologues,
11:08on voit que là, on est au niveau plateau de l'épidémie
11:11et que la courbe dans les jours et les semaines qui vont venir,
11:14elle risque de retomber si tout le monde continue
11:16de maintenir les gestes barrières essentiels.
11:20Et malgré tout, il y a aussi cette pression
11:22que met clairement Emmanuel Macron.
11:24Il faut que le pays reprenne pour deux raisons essentielles.
11:27Il y a la question de l'école,
11:28auquel lui, il est très sensible.
11:30L'école à distance, c'est très compliqué
11:32pour un certain nombre d'enfants.
11:33Et puis aussi parce que la France n'a pas les moyens,
11:35clairement, au niveau économique et financier,
11:37de pouvoir prolonger encore ce confinement.
11:40Il faut que le pays reparte.
11:42Dès confiner le pays à partir du 11 mai,
11:44est-ce que c'était une décision commune
11:47entre Emmanuel Macron et Édouard Philippe ?
11:49En tout cas, c'est une décision
11:50qui va prendre de court l'ensemble du gouvernement
11:53puisque j'en veux pour preuve que quand il fait cette allocution,
11:55les membres du gouvernement sont avisés
11:57que seulement un quart d'heure avant son expression.
12:00Et donc, les ministres découvrent quasiment en direct
12:02les annonces présidentielles.
12:04Le lundi 27 avril, Olivier Beaumont,
12:06vous écrivez avec Nathalie Chuc un article dans Le Parisien
12:09intitulé « Déconfinement, friction au sein du couple Macron-Philippe ».
12:14Qu'est-ce qui les divise à ce moment-là ?
12:16Ce qui se passe, c'est que le gouvernement est clairement sous pression.
12:18Emmanuel Macron a mis la barre haute
12:20à cette date du 11 mai qui a pris tout le monde de court.
12:22Clairement, les ministres n'en dorment plus.
12:25Le Premier ministre a une pression maximale sur les épaules
12:28parce que c'est à lui qu'Emmanuel Macron demande
12:30de mettre en œuvre l'organisation du plan de déconfinement.
12:35Et donc, au début, Édouard Philippe avait pensé
12:37communiquer là-dessus début mai.
12:39Et donc, Édouard Philippe décide d'accélérer
12:41parce qu'on voit bien que les Français, ils en ont marre d'attendre
12:45pour avoir des réponses concrètes à ce plan,
12:47notamment par rapport au fait que l'école puisse reprendre ou pas.
12:51Et donc, Édouard Philippe décide le lendemain, le mardi 28 avril,
12:54de présenter à l'Assemblée nationale ce plan de déconfinement,
12:58plan et annonce qui seront suivi d'un vote dans l'hémicycle.
13:02Et là, sur cette question du vote des députés,
13:04dans la foulée, Emmanuel Macron et Édouard Philippe ne sont pas du tout d'accord.
13:08Oui, parce que lorsqu'Édouard Philippe prend cette décision,
13:11très vite, Emmanuel Macron a des remontées de nombreux parlementaires
13:15sur son téléphone qui dénoncent la méthode,
13:18ils trouvent que ça va trop vite, qu'on ne peut pas voter un plan
13:20qu'on découvre quelques minutes auparavant dans une allocution.
13:23C'est un autre hiatus au sein du couple exécutif,
13:27avec ce sentiment aussi que l'Union nationale est en train de voler en éclats.
13:30Et ces tensions entre le chef du gouvernement et le président de la République
13:33vont éclater au grand jour ?
13:35Oui, parce qu'Emmanuel Macron va prendre une décision inédite,
13:38au moins dans l'histoire de ce quinquennat.
13:40C'est-à-dire que lui-même, il va se mettre à envoyer des messages
13:44directement à l'attention de certains journalistes
13:47pour faire comprendre que lui, il n'est pas d'accord avec cette décision
13:51de faire un vote tout de suite après l'allocution
13:53et que lui pensait raisonnable aussi de reporter au minimum
13:56de 24 heures ou de 48 heures ce vote,
13:59de manière à ce que les oppositions puissent elles aussi
14:02bien digérer ce discours et elles aussi pouvoir, pourquoi pas,
14:06faire des contre-annonces à ce plan de déconfinement.
14:11Plan de déconfinement qui est dévoilé donc le mardi 28 avril
14:15à l'Assemblée par Édouard Philippe.
14:17Et pour justifier cette mesure de déconfinement,
14:20il utilise des mots très forts.
14:22Nous sentons que l'arrêt prolongé de la production
14:26de pans entiers de notre économie
14:29présenterait pour le pays
14:30non pas seulement l'inconvénient pénible du confinement,
14:35mais en vérité celui bien plus terrible du risque de l'écroulement.
14:39Écroulement, pourquoi ?
14:40Parce qu'on ne peut plus attendre.
14:43Il met clairement le pays face à ses responsabilités
14:45et il justifie le fait de déconfiner
14:48par le fait que le pays n'a plus les moyens d'attendre
14:51et que s'il continuait, ce serait toute l'économie
14:53et tout le tissu social qui s'en écroulerait.
14:56Et il en profite pour régler ses comptes.
14:58Il en profite aussi au passage parce que Édouard Philippe,
14:59il est très critiqué pendant cette séquence,
15:02notamment sur la gestion de crise,
15:04aussi sur la communication gouvernementale.
15:06Et donc, il en profite pour répondre, je le cite,
15:09aux commentateurs, ça s'adresse aux journalistes,
15:12aux éditorialistes, mais aussi aux membres de l'opposition,
15:15aux députés, à ces commentateurs donc,
15:18qui sont passés, là je le cite à nouveau,
15:20du café du commerce à certains plateaux de télévision
15:24en parlant de réseaux pas très sociaux, mais colériques.
15:28Édouard Philippe en profite aussi pour justifier
15:30le changement de doctrine,
15:31notamment sur le port du masque,
15:33en disant que les scientifiques ont évolué
15:36et qu'ils disent qu'aujourd'hui,
15:37il est préférable de porter les masques
15:40dans de nombreuses circonstances.
15:42Donc là aussi, ça lui permet de se justifier
15:44sur les intermoiements précédents de l'exécutif,
15:47sur la question très sensible du port du masque.
15:52Le dimanche 3 mai, le Sénat annonce qu'il va lancer
15:55une commission d'enquête sur la gestion de la crise.
15:57C'est une annonce qui n'est pas très surprenante.
16:00On sait que l'Assemblée nationale avait déjà fait savoir
16:03via l'opposition qu'il y avait une demande
16:05de création d'une commission d'enquête.
16:07Ce n'est pas forcément une bonne nouvelle pour l'exécutif,
16:09puisque le Sénat est majoritairement à droite aujourd'hui,
16:13donc il est tenu par l'opposition.
16:15On peut s'attendre à une commission d'enquête
16:17qui ne sera pas forcément tendre avec l'exécutif
16:20à l'heure où les comptes vont commencer à être réclamés
16:23pour le pouvoir.
16:25Le lundi 4 mai, Edouard Philippe est devant les sénateurs
16:29pour présenter son plan de déconfinement,
16:31plan voté par l'Assemblée,
16:33mais qui est rejeté par les sénateurs.
16:35Ce n'est pas vraiment une surprise.
16:36Très logiquement, la droite rejette
16:39le plan de sortie de confinement
16:41qui est proposé par le Premier ministre.
16:43Il le rejette aussi, pourquoi ?
16:44Parce que, parallèlement, il y a la prorogation
16:47de l'état d'urgence sanitaire qui est adoptée,
16:49prolongement de deux mois de cet état d'urgence
16:51qui est reconduit jusqu'au 23 juillet.
16:54Et là-dessus, les oppositions sont contre.
16:57Autant ils avaient quasiment voté d'un seul homme
16:59la première fois le 23 février
17:01parce que le contexte s'y prêtait,
17:03c'était un contexte d'urgence
17:04et il fallait répondre à cette crise
17:06et puis au confinement.
17:08Autant là, les oppositions considèrent
17:10qu'en cherchant à prolonger de deux mois supplémentaires
17:13cet état d'urgence sanitaire,
17:15la majorité cherche à installer de fait
17:18un régime d'exception qui n'a pas lieu d'être.
17:21Le mardi 5 mai au matin,
17:22Emmanuel Macron se rend dans une école de Poissy
17:25en région parisienne
17:26pour rassurer élus, parents et enseignants
17:28avant la reprise des cours progressives
17:30à partir du 11 mai.
17:32Et dans une interview,
17:33il en profite pour lancer une nouvelle pique
17:35à son Premier ministre.
17:36Une semaine seulement après les premières tensions,
17:40Emmanuel Macron va à nouveau semer le doute
17:42dans sa relation avec Édouard Philippe
17:44puisqu'il va prendre clairement du champ
17:47avec le mot d'écroulement
17:49qu'avait prononcé Édouard Philippe
17:51une semaine plus tôt dans l'hémicycle
17:52en disant cette phrase.
17:54Non, ce n'est pas ces grands mots.
17:55Manière de dire que lui n'aurait jamais
17:57employé ces termes-là.
17:58Olivier Beaumont, le 15 mai,
18:00Emmanuel Macron et Édouard Philippe
18:01fêtent leurs trois ans de collaboration
18:04à la tête de l'État.
18:05Et pourtant, aujourd'hui,
18:06il y a des rumeurs de départ d'Édouard Philippe.
18:09Alors c'est vrai que depuis le début du quinquennat,
18:11à plusieurs reprises,
18:12on a fait état de ces rumeurs
18:13qui étaient fondés avant même,
18:15d'ailleurs, que l'épidémie ne commence.
18:17Souvenez-vous, pendant la réforme des retraites,
18:20d'aucuns disaient qu'à l'issue des élections municipales,
18:22s'il était réélu au Havre,
18:23Édouard Philippe pourrait très bien retourner au Havre
18:25et donc quitter le gouvernement.
18:26Une chose est sûre,
18:28c'est qu'Emmanuel Macron,
18:28qui parle maintenant dans ses allocutions
18:30du monde d'après,
18:31de cette capacité à pouvoir se réinventer,
18:34lui compris,
18:35il laisse entendre que les deux années
18:38qui lui restent d'ici 2022
18:39vont être profondément bousculés,
18:43qu'il va y avoir une recomposition,
18:45y compris de la vie politique.
18:47Est-ce qu'Édouard Philippe
18:48est dans l'équation politique
18:50d'Emmanuel Macron aujourd'hui ?
18:52C'est la question qui se pose.
18:54Et en même temps,
18:54j'ai aussi envie de vous citer un précédent
18:57du quinquennat Sarkozy
18:58qui a été plusieurs fois jalonné
19:01de tensions avec son Premier ministre,
19:03François Fillon,
19:04dont on a dit à plusieurs reprises
19:05qu'il risquait de prendre la sortie.
19:07Au final, l'histoire retiendra
19:09qu'il a fait tout le quinquennat
19:10aux côtés de Nicolas Sarkozy.
19:27Merci à Olivier Beaumont.
19:30Codesource est le podcast d'actualité du Parisien,
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19:44Cet épisode de Codesource
19:46a été conçu et préparé par Raphaël Pueyo,
19:48production Stéphane Jeuneste
19:50et Mathias Ardoi,
19:51réalisation Benoît Laure.
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